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réelle et impression de réussite se révèlent souvent concordants.Mais le sentiment defficacité personnelle influence égale...
le modèle soit dun niveau de compétence très élevé. Voir le ou les modèles éprouverquelques difficultés avec la tâche avan...
Sherer, M., Maddux, J.E. (1982). The self-efficacy scale : Construction andvalidation.          Psychological           Re...
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Efficacité personnelle

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Efficacité personnelle

  1. 1. Cours de Nadja Acioly-Régnier et Jean-Luc Gurtner – psychologie de l’éducationLe sentiment defficacité personnelle Définition Au confluent de la psychologie de la personnalité, de la psychologie sociale et de la psychologie clinique, le sentiment defficacité personnelle est un concept développé à lorigine par A. Bandura (1977) pour traduire limpression quon sest forgée dêtre capable, pour une certaine activité, dans un certain domaine, de : • se motiver à y investir un certain effort • mobiliser certaines ressources cognitives appropriées, • élaborer des réponses adaptées aux sollicitations qui pourraient en émaner • disposer dun certain niveau de contrôle sur lissue des événements Typiquement, lefficacité personnelle se mesure par le niveau de performance quun individu se sent en mesure de réaliser dans une certaine activité, par exemple, la proportion de réponses correctes quil pense pouvoir donner, le temps quil pense pouvoir résister, le degré de complexité des situations quil pense pouvoir maîtriser, etc... Le sentiment defficacité personnelle est donc une mesure subjective de la probabilité et du niveau de réussite attendu dans une certaine activité. Il doit donc être clairement distingué de la probabilité objective de réussite, celle quun maître par exemple attribuerait à tel ou tel de ses élèves; deux individus peuvent en effet avoir la même probabilité objective de réussite, sils ont par exemple le même niveau de connaissances et le même degré de préparation; ils nen auront pas pour autant nécessairement le même sentiment defficacité personnelle. Un sentiment defficacité personnelle élevé est généralement associé à de meilleurs résultats, des prises de décisions plus appropriées, une meilleure santé et une intégration sociale supérieure, alors quun sentiment defficacité personnelle faible ou diminué se retrouve en cas de dépression et saccompagne de sentiments danxiété, dimpuissance et de visions pessimistes quant à son avenir personnel (Bandura, 1997). Utilité du concept defficacité personnelle Savoir estimer son efficacité personnelle permet en premier lieu de se rassurer, de lutter contre lanxiété et le trac liés à lincertitude; en conséquence le concept defficacité personnelle a une utilité qui dépasse largement le cadre pédagogique. On le retrouve en particulier dans le domaine de la thérapie et de la performance artistique ou sportive. Pour le thérapeute, ou le chercheur, le sentiment defficacité personnelle dun patient ou dun sujet se révèle être un excellent prédicteur de la performance à laquelle parviendra celui-ci. Bandura et Schunk (1981) observent ainsi que la proportion de soustractions que les élèves imaginent pouvoir réussir rien quen regardant un test correspond de manière presque parfaite au nombre de soustractions quils vont effectivement réussir dans le test. Bouffard-Bouchard et al., (1990) montrent que ce sentiment est également en accord certain avec lestimation, une fois le test complété, du nombre de réponses correctes effectivement données. Ainsi, sentiment defficacité personnelle, performance
  2. 2. réelle et impression de réussite se révèlent souvent concordants.Mais le sentiment defficacité personnelle influence également le développementpersonnel par ses effets sur la motivation; la recherche montre en effet que la quantitédeffort que lon est disposé à investir dans une activité dépend directement de sonsentiment defficacité personnelle pour lactivité en question. Le travail augmentant alorsla probabilité de succès, le sentiment defficacité personnelle va sen trouver à son tourrenforcé; la disponibilité à accepter momentanément la difficulté, voire à la rechercheraugmentera aussi. Les situations difficiles étant aussi celles qui font faire les plus grandsprogrès, on voit ainsi par quel mécanisme le sentiment defficacité personnelle, lorsquilest élevé, accélérera le développement de compétences diverses alors quil le ralentiralorsquil est faible.De nombreux travaux mettent également en évidence combien le sentiment defficacitépersonnelle affecte les choix dorientation et de carrière, ainsi que les décisions enmatière de parcours personnels dans lexistence. Là où cest possible, les individustendent naturellement à éviter les situations, les activités ou les milieux pour lesquels ilsne sestiment pas compétents et à sorienter vers les activités à propos desquelles ils sereconnaissent une certaine efficacité. Ainsi les auto-limitations que les jeunes se mettentvis-à-vis de certains domaines ou de certaines professions sont souvent le résultat dunsentiment dinefficacité plutôt que de réelles incapacités. Si lon sait, comme on le verraci-dessous, que les messages reçus de lentourage à propos de leurs compétences ainsique les modèles aperçus alentour affectent significativement le sentiment defficacitépersonnelle, on comprendra pourquoi, par exemple, les adolescentes se détournentvolontiers des carrières techniques et scientifiques, arguant dun déficit de compétence,alors même quobjectivement, elles ne diffèrent en rien des garçons sur le plan descapacités (voir lévolution des intérêts à ladolescence dans le chapitre consacré audéveloppement cognitif). Déterminants de lefficacité personnellePour Bandura, quatre sources dinformations permettent à lindividu de fixer sonsentiment defficacité personnelle. Il sagit- des résultats de ses expériences antérieures dans lactivité en question,- de lobservation dautrui en train dexécuter la conduite visée,- de toutes formes de persuasion, verbale ou non-verbale émanant de son entourage,- des indications physiologiques ou détat émotionnel qui lui parviennent de sonorganisme (stress, tensions, inquiétudes, etc...)Pour léducateur ou le thérapeute, ces quatre sources constituent autant de moyens dagirsur le sentiment defficacité personnelle de lélève ou du patient. Ainsi, par exemple,permettre à lindividu de voir quelquun aux prises avec la même activité et réussir à lamaîtriser augmente limpression defficacité personnelle alors que constater léchecdautrui la diminue. De nombreux travaux montrent même que linfluence du modèlesera dautant plus importante que les caractéristiques de celui-ci et celles du sujet sontproches (Schunk & Hanson, 1985), notamment en termes dâge, de sexe ou de niveau decapacité. Utiliser des enfants comme modèles pour des enfants se révèle ainsi favorableet même préférable à lintervention dadultes dans ce rôle. Point nest besoin en effet que
  3. 3. le modèle soit dun niveau de compétence très élevé. Voir le ou les modèles éprouverquelques difficultés avec la tâche avant de parvenir à la résoudre influence mêmedavantage le sentiment defficacité personnelle et, au bout du compte, la performance dusujet que lobservation dun modèle capable de maîtriser immédiatement la situation(Schunk & Hanson, 1985). Prodiguer des encouragements réalistes, souligner lesprogrès effectués contribuent également à augmenter le sentiment defficacitépersonnelle alors que toute dépréciation des compétences le diminuera. Enfin, diminuerle stress, lanxiété ressentie face à une situation, ou modifier le sens quil attribue à telleou telle réaction de son organisme aussi agira sur lefficacité personnelle. Limites du concept defficacité personnelleMalgré le nombre de travaux attestant de lexistence et du fonctionnement du sentimentdefficacité personnelle, quelques auteurs mettent en doute la simplicité de la relationentre efficacité personnelle et performance ultérieure. Norwich (1987), par exemple,relève que, dans le domaine des mathématiques, le concept defficacité personnellesouffre de lambiguïté de sa mesure; estimer davance sa probabilité deffectuercorrectement une performance donnée peut en effet se révéler une tâche trop complexepour un élève en-dessous dun certain âge. Dautre part, dans les études portant sur ledomaine scolaire, il est souvent difficile de distinguer entre effet dun changement dusentiment dauto-efficacité et effet dû à une amélioration du niveau de connaissances etde maîtrise des sujets. Dans ces études en effet, le sentiment defficacité personnelle àpropos dune activité particulière après entraînement y est souvent comparé à celui dontfaisaient preuve les élèves avant cet entraînement. Or lentraînement na pas affecté quele sentiment defficacité personnelle des élèves, il a aussi contribué à améliorer leursconnaissances et leurs capacités en la matière. Dans un tel paradigme, leffet delentraînement porte sur le degré de maîtrise dune technique autant que sur le sentimentdefficacité personnelle des élèves Un construit spécifique ou général ?Certains auteurs (Sherer & Maddux, 1982 ; Schwarzer & Jerusalem, 1995) suggèrentquexiste également un sentiment defficacité personnelle général qui renvoie au degréde confiance que chacun de nous possède en ses capacités à faire face à toute nouvellesituation ou problème inconnu, générateurs de stress. Des travaux récents montrentmême que ce concept est universel, et quil est reconnu en Asie comme en Europe ou enAmérique, au Sud comme au Nord (Scholz, Gutiérrez Doña, Sud, & Schwarzer, 2002).Des variations dans le niveau de ce concept existent cependant entre les cultures, plusbas chez les ressortissants de pays asiatiques que partout ailleurs et plus élevés enAmérique du Sud quen Amérique du Nord. Létude de Scholz et al. montre enparticulier que les ressortissants français font preuve ici dun sentiment defficacitépersonnelle très élevé (3ème plus élevé des 25 nationalités testées). Scholz, U., Gutiérrez Doña, B., Sud, S., Schwarzer, R. (2002). Is General Self-efficacy a universal construct ? Psychometric findings from 25 Countries. EuropeanJournal of Psychological Assessment, 18, 242-251. Bandura, A. (1977). Self-efficacy : Towards a unifying theory of behavioral change.Psychological Review, 84, 191-215. Bandura, A. (1997). Self-efficacy : The exercice of control. New York : Freeman.
  4. 4. Sherer, M., Maddux, J.E. (1982). The self-efficacy scale : Construction andvalidation. Psychological Reports, 51, 663-671. Schwarzer, R., Jerusalem, M. (1995). Generalized Self-efficacy scale. In J.Weinman, S. Wright, & M. Johnston (Eds.), Measures in health psychology : A usersportfolio. Causal and control beliefs. (pp. 35-37). Windsor, UK : NFER-NELSON. Schunk, D.H., & Hanson, A.R. (1985). Peer models: Influence on childrens self-efficacy and achievement. Journal of Educational Psychology, 77, 313-322.

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