Extrait de "LOU"

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Extrait d'une nouvelle, "LOU", par Lydie Lefèvre.
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Extrait de "LOU"

  1. 1. — Appelez les secours ! Vite ! Il faut aider cette femme. Au carrefour de la rue Saint-Jean, une jeune femme gît sur la chaussée. Les badauds, attirés par les cris du vieillard, forment un cercle autour d'elle. Les mains dans les poches, les regards portés sur la victime, ils ne bougent pas. Comme des spectateurs aux premières loges, ils se régalent de la scène. Le vieil homme, dépassé par les événements, se fraie un chemin en poussant violemment les curieux. — Dégagez ! Laissez-moi passer ! Il s'empresse d'aller jusqu'au bistrot sur le trottoir d'en face. Essoufflé, il demande au barman : — S'il vous plaît, appelez les pompiers. Il y a une femme étendue sur la chaussée. Le barman lui tend un téléphone. — Tenez, faites le 15. Face à l'indifférence du tenancier, le vieil homme comprend qu'il ne peut compter que sur lui- même. Il compose le numéro. — Les urgences. — Allô ? Allô ? — Oui, je vous écoute monsieur. Que se passe-t-il ? — Une femme a eu un accident, elle est allongée sur le sol. — Pouvez-vous me dire à quel endroit ? — Au carrefour Saint-Jean. — J'envoie une équipe immédiatement monsieur. Restez près d'elle, et surtout ne la bougez pas. Le vieillard raccroche et pose le combiné sur le comptoir. Il ne remercie pas le barman et se précipite dans la rue. Soudain, il s'arrête. Il fronce les sourcils, regarde autour de lui. Se frottant les yeux, il s'exclame : — Nom de Dieu, c'est impossible ! Le carrefour de la rue Saint-Jean est désert. Plus de femme sur la route, plus de gens attroupés. La sirène des pompiers se fait entendre à quelques pâtés de maisons. Hébété, le vieil homme s'assied sur un banc et tente de reprendre ses esprits. Le camion de pompier arrive. Ne constatant aucun accident, il repart aussitôt. Les bras croisés, la tête inclinée vers la droite, Joseph, le vieillard, revoit un à un les visages des curieux, et celui de cette inconnue. Cette femme allongée sur le ventre, le visage reposant sur le côté laissant entrevoir un filet de sang coulant à la commissure de sa bouche, n'a pas pu disparaître dans un tel état. À la fois choqué et troublé, il se lève, quand brusquement, il sent une forte pression sur son épaule le contraignant à s'asseoir. Il tourne la tête et pousse un cri effroyable. L'inconnue est assise à côté de lui. Elle le regarde, lui sourit et lui dit : — Tu n'as pas rêvé Joseph. J'étais bien là-bas. La voix tremblante, bégayant, il répond :
  2. 2. — Allez-vous-en ! Vous n'êtes pas réelle ! La femme pose sa main sur la sienne. Joseph la retire vivement. — Pas réelle ? Pourtant, vous avez senti ma main, non ? — Vous êtes morte ! — Pas encore. J'ai besoin de votre aide. — Fichez le camp ! Laissez-moi tranquille ! Joseph s'énerve, il veut partir mais une force mystérieuse l'en empêche. L'inconnue se présente à lui. — Je m'appelle Tina. Cet accident n'est pas le fruit du hasard. Je suis morte pour permettre à quelqu'un de vivre. Joseph écoute attentivement les propos de Tina. Calmé, il l'interroge : — Je ne comprends pas. Pourquoi avez-vous besoin de moi ? Et pourquoi moi ? Et, que s'est-il passé ? Aucun véhicule ne vous a heurté. Comment êtes-vous décédée en plein milieu de ce carrefour sans avoir été renversé par une voiture ? — Vous avez vu ce que je voulais qui soit vu. Vous avez un don cher Joseph. Vous seul pouvez m'aider à mener à bien cette mission. — Une mission ? Un don ? — Regardez autour de vous. Que voyez-vous ? Il scrute les alentours. Les rues sont vides. Pas un passant, pas une voiture, pas un bruit. Il est seul, assis sur un banc en compagnie de Tina. Son cœur s'emballe, il panique. — Je veux que tout redevienne comme avant. Où sont les gens ? Dites-moi où suis-je ! — Reprenez-vous, la vie va reprendre son cours une fois que nous aurons achevé notre discussion. — Je suis en plein cauchemar, sortez-moi de là ! — Écoutez-moi et cessez de vous agiter. Plus vite vous comprendrez, plus vite vous serez tranquille. Est-ce clair ? Le vieil homme hoche la tête de bas en haut. — Vous avez la faculté de pouvoir dialoguer avec les morts. C'est pourquoi je suis là. Vous ne savez pas encore comment utiliser ce don, vous n'en êtes pas encore maître. Ma mission, qui est à présent aussi la vôtre, sauver une petite fille appelée Lou. Cette enfant subit les maltraitances de son père. Elle a onze ans et vit dans la cité au nord de la ville. Lou est ma fille. Elle et moi souffrons en silence depuis des années. Son père est un alcoolique invétéré. Il est violent et nous séquestre dans l'appartement. Vous devez la sortir de là. Vous m'avez vu morte, mais je ne le suis pas encore. Je suis aux portes de l'enfer. Mon mari m'a roué de coups et j'ai perdu connaissance. Actuellement, je suis allongée sur le sol dans ma cuisine. Lou est enfermée dans le placard de sa chambre. Elle pleure. Comprenez-vous ? Si vous n'intervenez pas, ma fille mourra. Il ne me reste plus beaucoup de temps, les portes s'ouvrent et m'attirent vers elles. — Que puis-je faire pour sauver votre fille ? Je ne la connais pas, je ne sais rien de vous. — Votre don vous aidera dans votre quête. Faites-moi confiance.
  3. 3. Sur ces dernières paroles, Tina disparaît. Joseph sursaute au brouhaha des passants. Il écarquille les yeux. Toute la ville est de nouveau animée.

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