De l’analyse des discours électroniques à
l’analyse du discours numérique : quelles entrées
pour quels corpus?
F. Mourlhon...
I. Les discours électroniques :
quelles mises en série?
Corpus : ensemble de textes (écrits, oraux, sur
écran) regroupés e...


Avec les premières productions langagières sur Internet
(analysées à partir de 1992 environ en Sciences du
langage)
- o...
Premiers types de corpus (reposaient sur des couplages
plus ou moins explicites avec l’existant) :

Au départ, pour l’anal...
Entrées choisies, dépendantes de l’histoire du
champ
Séminaire MODYCO de J. Anis à Nanterre
entre 1995 et 2004
(sous l’ang...
Ce qui était normal, car le projet n’était pas de décrire le
fonctionnement de la communication électronique, mais


D’ap...


« Mais on peut se demander si, à force de
réinterroger les disciplines mères, on ne court pas le
risque de tourner le d...
L’ADN a un projet plus
ambitieux


L’ADN paraît se placer sous l’angle d’une exploration complète des
dispositifs numériq...
II. Morceaux choisis en Analyse
des discours électroniques




La question de « la sous couche technique » et de
son imp...


Réflexion sur l’épaisseur temporelle :
-- schémas de connexion, tels que dans Anis
(liste de diffusion, visualisation d...
-- rythme et tempo (H. Bays) autant que geste
et intonation // notion d’échoïsation à revisiter
sans doute.
III. Ce que l’analyse du discours numérique
apporte à la réflexion sur la constitution des
corpus


La question renvoie à...
Elle rend aussi plus visible la question des
discours produits simultanément (qui
demanderaient plusieurs récoltants conjo...
Elle met également la question
l’interlocuteur type (lecteur, scripteur)
-- dans le cours de fac, même problématique pour ...
L’ADN remet aussi en avant la question de la
multidimensionnalité de la lecture


Ordre de lecture (site, page facebook, ...


L’ADN ferait émerger la question de ce que j’appelle « l’objet de
mots » [dégradé qui va de l’emballage (contenant + so...
Au final
 L’ADN

met en avant la question du dispositif
(support, format, formulation en lien avec des
pratiques sociales...
Est réactivée la question des
genres


Genres éditoriaux relativement souples (Beacco, opposition
genres éditoriaux/genre...
Modèle de Maingueneau à revisiter sur un second plan :
distinction entre les genres auctoriaux, les genres
routiniers inst...
Autre proposition


Noms donnés aux réalisations langagières circulantes
(FMD) qui correspondent
-- soit à des formats (c...
Conséquence sur la constitution de corpus


En travaillant en ADN, on peut partir du principe qu’on travaille sur
des for...
Si on considère les thématiques, les domaines ou les
acteurs comme discriminants au premier chef pour la
constitution d’un...
En ADN
Quelques critères d’appariement « plus adaptés » :
- Flux (site, fil de discussion, etc. très fréquenté ou
plus con...
Intervention du 22 novembre 2013 copie
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Intervention du 22 novembre 2013 copie

669 vues

Publié le

Publié dans : Formation
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
669
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
258
Actions
Partages
0
Téléchargements
0
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Intervention du 22 novembre 2013 copie

  1. 1. De l’analyse des discours électroniques à l’analyse du discours numérique : quelles entrées pour quels corpus? F. Mourlhon-Dallies, Paris V, EDA.
  2. 2. I. Les discours électroniques : quelles mises en série? Corpus : ensemble de textes (écrits, oraux, sur écran) regroupés en vue de répondre à une hypothèse de recherche. Ce regroupement s’effectue sur la base de ce que le chercheur juge : - comparable (critères d’appariement) - représentatif (en qualité/typicité et en quantité/taille du corpus)  - Toute constitution de corpus se heurte implicitement à deux limites : Il faut pouvoir le récolter (et l’archiver) Il faut pouvoir en penser les lignes de découpe, les entrées d’analyse etc. Il existe à condition d’être «montrable» et «pensable».
  3. 3.  Avec les premières productions langagières sur Internet (analysées à partir de 1992 environ en Sciences du langage) - on s’est trouvé face à un impensé (de l’émergent), souvent plurisémiotique, très polyphonique (polylogue polyfocalisé). - on s’est trouvé aussi face à du corpus pré-archivé (investigabilité et traçabilité), relativement massif (quantitativement intéressant) et jouant sur des empans temporels plus longs éventuellement que les corpus exploratoires souvent mobilisés en AD française.
  4. 4. Premiers types de corpus (reposaient sur des couplages plus ou moins explicites avec l’existant) : Au départ, pour l’analyse des discours électroniques : - Pas d’entrées spécifiques créées - Mise en série avec des corpus oraux (conversations) ou écrits (genre épistolaire, presse, théâtre) – critères d’appariements sur la base de ressemblances  Les discours électroniques étaient mis en regard avec des discours d’une autre nature, créant ainsi une interdisciplinarité « deux à deux »
  5. 5. Entrées choisies, dépendantes de l’histoire du champ Séminaire MODYCO de J. Anis à Nanterre entre 1995 et 2004 (sous l’angle de l’écriture électronique, dans les forums, les courriels, les listes de diffusion, les textos et les tchats) Cediscor, Paris 3 Analyse du discours centrée sur genres, didacticité, discours rapporté (forums, courriels) Sous groupe CMO Lyon 2 Conduit par M. Marcoccia Analyse conversationnelle, Émotions (forums, tchats)
  6. 6. Ce qui était normal, car le projet n’était pas de décrire le fonctionnement de la communication électronique, mais  D’approfondir des notions déjà bien ancrées en AD, à partir des nouvelles réalisations langagières qu’offraient les discours électroniques (d’où l’impression d’avoir affaire à des morceaux choisis, ce que MA Paveau a très justement qualifié d’extraction).  Problématique de l’ancien et du nouveau, posée en introduction des Carnets 8 du Cediscor. Logique comparatiste. Mais déjà question du « même » du « différent » et du « radicalement autre ». II.
  7. 7.  « Mais on peut se demander si, à force de réinterroger les disciplines mères, on ne court pas le risque de tourner le dos aux spécificités des discours de l’internet, dès lors qu’on veut en cerner les particularités. Si l’on espère vraiment voir du « nouveau », l’identifier, peut-être faut il se montrer avant tout sensible à des entrées nouvelles en discours, comme si avant de se repérer, de se décrire, le nouveau devait se penser » (Introduction, Carnets du Cediscor n°8 (2004, p.17).
  8. 8. L’ADN a un projet plus ambitieux  L’ADN paraît se placer sous l’angle d’une exploration complète des dispositifs numériques en eux-mêmes et pour eux-mêmes (même si les comparaisons de proche en proche ne sont pas exclues, sous la forme de déclinaisons, reformulations, avatars entre sites, blogs, tweets, versions papier)  L’ADN paraît chercher à fonder ses propres catégories d’analyse : technoconversationnalité, mémoire numérique etc…En cela elle produit des notions hybridées, relevant plutôt d’une interdisciplinarité notionnelle (si l’on reprend le Manifeste de Nicolescu) que d’une interdisciplinarité mettant en regard deux à deux des disciplines (littérature et forums de discussion pour les didascalies/ ponctuation et smileys).  Les corpus construits dans cette perspective semblent également plus homogènes, car puisés principalement dans le réservoir du numérique (sans forcément s’inscrire dans une logique comparatiste) mais leur hétérogénéïté constitutive pose difficulté : analyse d’un dispositif, mais éclaté (notamment, multicanal, polyphonique, mouvant etc.)  III.
  9. 9. II. Morceaux choisis en Analyse des discours électroniques   La question de « la sous couche technique » et de son impact : Réflexion amorcée avec les smileys (et leur évolution en gestures mobiles, bandeaux défilants, leur coloration/FMD) Réflexion amorcée sur les frappes (plus ou moins économiques, pour obtenir un caractère donné / Anis + équipe de Louvain sur les bords de l’écran) Réflexion sur l’aspiration outillée de sites, (Beaudoin, revue Réseaux no 116, 2002/6, Parcours sur Internet / Fleury + Beaudouin et alii, dans les Carnets 8 du Cediscor en 2004)
  10. 10.  Réflexion sur l’épaisseur temporelle : -- schémas de connexion, tels que dans Anis (liste de diffusion, visualisation des connexions et de la participation, ceci est possible parce qu’une liste de diffusion est relativement stable et limitée)
  11. 11. -- rythme et tempo (H. Bays) autant que geste et intonation // notion d’échoïsation à revisiter sans doute.
  12. 12. III. Ce que l’analyse du discours numérique apporte à la réflexion sur la constitution des corpus  La question renvoie à ce qu’on y cherche et donc au regard fondateur qui a prédéterminé le découpage du corpus L’ADN met sur le devant de la réflexion la notion de multicanalité/ analyse multimodale, qu’elle rend obligatoire là où elle a été longtemps contournée : -- Les réunions (ppt, écoute discrète ou lecture de messages sur les téléphones, discussions en aparté, prise de notes, questions orales, discours de celui qui passe le ppt) / Mosaïque discursive multicanale sans archivage numérique/ Problématique de l’oralographique / LF 175, sept. 2012 réunions+ conversation mobile / Problématique des tâches instrumentées sur ordinateur en classe de langue en présentiel. .
  13. 13. Elle rend aussi plus visible la question des discours produits simultanément (qui demanderaient plusieurs récoltants conjoints) -- Les cibistes // tchats (question de l’ubiquité/ cf. Langage et travail, SNCF dans une gare) -- Les Conseils d’administration et les conseils des ministres (évoqués sur D8 par R. Bachelot et F. Mitterrand) Analyses presque jamais effectuées en raison de leur complexité, mais des réalités d’enchevêtrement qui préexistent au numérique, dès lors qu’on raisonne sur des situations et des dispositifs
  14. 14. Elle met également la question l’interlocuteur type (lecteur, scripteur) -- dans le cours de fac, même problématique pour la question de la participation et des lectures et cours suivis antérieurement (groupes composites, parcours diversifiés) : pas d’étudiant type. -- pas de mode de réception unique : en cours, les uns lisent les polys distribués, les autres non, les uns suivent le ppt, les autres non, les uns se connectent sur le net durant le cours, les autres pas. Mais là encore, pas de visualisation ni de traçabilité, alors que dans le cas des corpus numériques, c’est plus visible.
  15. 15. L’ADN remet aussi en avant la question de la multidimensionnalité de la lecture  Ordre de lecture (site, page facebook, plusieurs circulations possibles), vrai aussi de la presse tv magazine (on commence par l’horoscope, la grille des programmes, les pages people / on ne lit pas tout). Idée de lecture sélective.  Spatialisation de la lecture (emballages de corn flakes, de farine, comme mosaïque de micro textes // sites (sans son ni vidéo bien sûr, quoique maintenant il y ait des surfaces téléchargeables sur le support papier aussi).
  16. 16.  L’ADN ferait émerger la question de ce que j’appelle « l’objet de mots » [dégradé qui va de l’emballage (contenant + somme de discours écrits) à la bouteille à la mer (emballage de protection d’un message)+ à la stèle funéraire (support d’écriture et monument)] Dans la série, on aurait aussi les tags, les graffitis de prisonniers sur les murs des cellules… N.B. : « objet de mots » a été forgé par nos soins dans le domaine didactique des Simulations globales, où il s’agit de recréer des univers de vie. Quand on est dans cette démarche, on s’aperçoit qu’il existe beaucoup d’objets porteurs de mots, qui font corps avec le langage. Hypothèse sur la page perso : image de soi, portrait + mots (et/ou portrait de mots)???
  17. 17. Au final  L’ADN met en avant la question du dispositif (support, format, formulation en lien avec des pratiques sociales situées).  C’est une problématique discursive, qui met en jeu la notion de genre discursif
  18. 18. Est réactivée la question des genres  Genres éditoriaux relativement souples (Beacco, opposition genres éditoriaux/genres théoriques construits)  Genre et hypergenre/ Maingueneau (site perso) : « Les hypergenres « dialogue », « lettre », « journal », etc.) permettent de « formater » un texte : ce ne sont pas des genres de discours, c’est-à-dire des dispositifs de communication sociohistoriquement définis, mais des modes d’organisation textuelle aux contraintes pauvres, qu'on retrouve à des époques et dans des lieux très divers et à l’intérieur desquels peuvent se développer des mises en scène de la parole très variées. » Le blog, le tweet, le forum ne seraient ils pas des scénographies particulières à l’intérieur d’hypergenres ?  le forum /discussion publique, débat ou le courriel par rapport à l’épistolaire (on retombe sur du déjà fait en AC électroniques)
  19. 19. Modèle de Maingueneau à revisiter sur un second plan : distinction entre les genres auctoriaux, les genres routiniers institués et les genres conversationnels (or une consultation médicale est conversationnelle et glisse du professionnel au familier, cf. Mondada 2013), le dernier type serait à nuancer. L’idée de conversationnalité (Paveau, Dictionnaire d’ADN, Technoconversationnalité) est sûrement plus prudente.
  20. 20. Autre proposition  Noms donnés aux réalisations langagières circulantes (FMD) qui correspondent -- soit à des formats (comme blog, courriel) lesquels associent étroitement des supports ayant une matérialité et des formulations récurrentes (mise en forme fortement infléchie par le dispositif de communication) -- soit à des genres routinisés (pensés comme cristallisations de marques) très stabilisés avec un fort ancrage institutionnel (genres professionnels). -- A quoi s’ajoutent des genres discursifs théoriques en surplomb, qui imposent au chercheur une nouvelle dénomination et redécoupent la matière discursive telle qu’elle se donne spontanément (conversation écrite asynchrone en petit groupe de familiers aux préoccupations proches recouvre en fait les noms en circulation de « courrier des lecteurs d’une revue spécialisée » + « « forums de discussion » / Glottopol 10).
  21. 21. Conséquence sur la constitution de corpus  En travaillant en ADN, on peut partir du principe qu’on travaille sur des formats discursifs (comme si autrefois on avait constitué en AD un corpus d’affiches) tels le blog, la page facebook, le site web. (Cela rejoint l’idée de dispositif).  Comment resserrer intellectuellement un corpus de cette nature? Tentation (qui revient alors à pratiquer de l’analyse des discours électronique et pas de l’analyse des discours numériques ; cela n’est pas interdit ni condamnable, mais cela ne participe pas du projet original de l’ADN) : un corpus de blogs en cuisine, un corpus de pages personnelles de différents sportifs, un corpus de sites de chaînes de radio.
  22. 22. Si on considère les thématiques, les domaines ou les acteurs comme discriminants au premier chef pour la constitution d’un corpus, alors on minore la sous couche technique et/ou le dispositif comme objet d’étude et de réflexion Ne pourrait on pas aussi constituer un corpus de pages personnelles sans photos ni vidéos, un autre avec, etc.. Est-ce pertinent? Comparer des messages Facebook en circuit ouvert ou en circuit fermé (R. Metioui)? Quels critères moulés sur le dispositif lui-même pour une ADN qui se démarque de l’Analyse des discours électroniques ???
  23. 23. En ADN Quelques critères d’appariement « plus adaptés » : - Flux (site, fil de discussion, etc. très fréquenté ou plus confidentiel) - Fréquence d’intervention (messages postés par des habitués ou à titre exceptionnel) - Présence (on se voit ou pas, synchrone ou pas) - Intensité de l’échange (réponses du tac au tac, délai) - Composition (texte, texte+son, texte+vidéo, mini forum + photo, etc.) 

×