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Anael et le SU Agen.

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Anael et le SU Agen.

  1. 1. 31/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Vert/31_07_2015/pla_5000_Midi_Olympique_Vert/xml_arts/art_29760151.xml 1/3 DEPUIS PLUS D’UN AN, LES JOUEURS D’AGEN ONT «ADOPTÉ» ANAËL, 4 ANS, FRAPPÉ PAR LA MALADIE. UNE SOURCE DE MOTIVATION COMMUNE EST NÉE DE CETTE RENCONTRE ÉMOUVANTE OÙ CHACUN VIENT PUISER SES FORCES. Agen LE FILS DES HOMMES Par Romane PAULIN  Samedi 18 octobre 2014, 18 h 30, sur la pelouse du stade Armandie. Un petit garçon se dresse seul, au centre d’une foule d’âmes. Avançant tant bien que mal, titubant, Anaël, 3 ans, s’apprête à donner le coup d’envoi fictif du match opposant Mont­de­Marsan à Agen. Agen, cette ville, ce club, cette demeure où il est comme chez lui. À cet instant, seule l’immensité de la mascotte du club l’effraye un peu. Pas le reste. Car son combat, celui qu’il mène jour après jour auprès de ses parents, Laurent et Estelle, est bien plus effrayant que 6 245 spectateurs debout dans ce stade si bruyant. Connaître son histoire nous marque à jamais. Trois jours après avoir soufflé ses deux premières bougies, Anaël est souffrant. Il ne mange plus, se plaint de maux de tête. « Peut­être la chaleur », pensent Laurent et Estelle. La vérité est bien plus rude qu’un simple coup de chaud : après plusieurs examens médicaux, on découvre chez Anaël une tumeur cérébrale de 3,5 cm. Un épendymome. Une cellule anarchique dont l’espérance de guérison est de 18 %. Le monde s’effondre autour d’Anaël et de ses parents. En urgence à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, l’opération de la dernière chance est engagée. Elle dure onze heures au lieu des trois prévues initialement. À la sortie de la salle d’opération, le chirurgien annonce le bilan. La lourde intervention chirurgicale a laissé des traces : un nerf optique a été touché, ainsi que des séquelles au niveau respiratoire et de la déglutition. Anaël ne pourra plus boire ni manger sans sonde. Ni même parler. Pour ses parents, pas le temps de penser, il faut lutter. Après un mois de coma artificiel, Anaël est réveillé, encore paralysé du côté gauche, mais ce jour­là, comme un rayon de soleil à travers la brume, il tend son petit pied à ses parents pour y recevoir un baiser. Pour survivre, il subira encore treize opérations en un an et demi, censées améliorer son quotidien, l’aider à moins souffrir. Chaque intervention est une nouvelle vie : il réapprend à marcher, à se dresser dans cette cruelle réalité. « Le match n’est pas fini », nous confie Laurent, installé dans la salle de vie du SUA après
  2. 2. 31/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Vert/31_07_2015/pla_5000_Midi_Olympique_Vert/xml_arts/art_29760151.xml 2/3 avoir rendu visite aux joueurs à l’heure de la reprise. La partie n’est pas terminée, et du haut de ses 3 ans et demi, Anaël offre une leçon de vie. Quelques secondes passent tandis qu’il défie brusquement son entourage du regard quand Antoine Erbani entre dans la pièce. « Salut vous ! Alors, comment va le guerrier ? », interroge le troisième ligne lot­et­garonnais, tapant dans la main d’Anaël qui esquisse alors un immense sourire. Comme des frères. Comme un de ses pères. C’est un fait : à Armandie, Anaël est le fils de toute une équipe, de tout un staff, de tout un club, comme sous protection. « Alors, vous êtes parti un peu en vacances ? », enchaîne le jeune troisième ligne. « Nous sommes partis passer une journée à la plage, raconte Laurent. Maman était plus confiante que papa mais… » Estelle, présente à ses côtés, tranche : « C’était important que l’on puisse faire comme tout le monde. Emmener Anaël à la plage, voir la mer, faire des châteaux de sable. Et cela s’est très bien passé ! » Car derrière leur combat quotidien, Laurent et Estelle sont les parents d’un petit garçon qui a fêté ses 4 ans il y a dix jours et qui, avant de mourir, doit vivre. UNE FORCE PUISÉE AUPRÈS DES JOUEURS Le sujet est tabou mais terriblement réel. Il faut verbaliser. « Lors d’une des dernières opérations, le chirurgien a détecté la présence de métastases », avoue le papa, le regard tout à coup baissé. Les voix des deux parents se font désormais presque silencieuses. Ils chuchotent la vérité et ces mots si difficiles à libérer : « Il n’y a donc aucun espoir. » La maman s’exprime à son tour : « Le jour de cette opération, dans la salle de réveil, lorsque le chirurgien nous a annoncé la nouvelle, je n’ai pas tenu le coup. Il fallait que je sorte, que je craque. Anaël a compris que ça n’allait pas. » Et puis, à nouveau le regard fixe, résolue à admettre : « Nous avons discuté longuement, repris notre souffle, et nous nous sommes dit qu’il fallait faire comme si tout allait bien. Jusqu’au bout. Anaël se battait chaque heure, chaque minute pour nous. Nous lui devions cette reconnaissance. » Peu après, la vie a donc repris son cours. Normalement. Après trois interventions en quinze jours, Anaël a découvert Disneyland. « Il était très fatigué mais la magie des lieux a fait le reste », sourit Laurent. Pour affronter chaque lendemain de ce quotidien épuisant, l’aide est comptée. Elle se concrétise notamment autour du SUA, particulièrement sensible au combat de la famille Ruant. Nullement indifférent à cette vie de poussière que tentent de façonner contre la mort Anaël et ses parents. « Daniel Dubroca nous a permis de mener notre première action pour l’association, « A2CM _ Tous ensemble pour Anaël ». » Des petits oursons en peluche à l’effigie du club ont été vendus jusqu’à récolter près de 4 000 € ce jour­là. Laurent poursuit : « Je suis un ami de son neveu depuis notre plus jeune âge. Mais Daniel ne connaissait pas notre histoire. Il a pris conscience de la difficulté et de la dure lutte menée par Anaël. Il ne nous connaissait pas et il a tout mis en œuvre pour nous épauler. Voilà pourquoi je me sens plus fort quand je viens ici, à Armandie. Parmi tous ces joueurs qui nous aident. Anaël a été adopté par tous ces hommes et je dois bien avouer qu’un tel soutien nous aide à continuer la bataille. » Cette bataille qui a un prix : chaque mois, ce sont 5 000 € de prises en charges qui sont nécessaires pour soigner le garçonnet. Le seul revenu du couple est celui de la présence parentale (ils ont dû cesser de travailler), équivalent à 930 € par mois. « Les joueurs et les dirigeants nous aident jour après jour. Ils sont formidables, explique le père. C’est au contact de ces guerriers que je viens chercher la force nécessaire pour faire avancer ma famille. Lionel Mazars, Marc Giraud, Antoine Erbani, Alexis Bales, Arthur Joly… au milieu de ces joueurs je
  3. 3. 31/7/2015 Detaille Article http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Vert/31_07_2015/pla_5000_Midi_Olympique_Vert/xml_arts/art_29760151.xml 3/3 me nourris de leur force. » UN CARACTÈRE HORS DU COMMUN De la force, Anaël paraît en avoir à revendre malgré ce mal qui s’est emparé de lui. « On l’appelle notre petit champion. Non par prétention mais simplement parce que dans les services hospitaliers, alors qu’il subissait deux cures de chimiothérapie très puissantes qui terrassent la plupart des personnes, Anaël ne s’est jamais laissé faire. Alors qu’il était au plus mal, il demandait à ce qu’on l’installe dans son petit tricycle. Il titubait, avait du mal à tenir sur ses jambes, mais qu’importe… » nous livre Laurent avec fierté, tandis que son fils tente d’amener l’attention vers lui en grimpant périlleusement au sommet du canapé de la salle de vie du SUALG. Ainsi, quelques jours d’entraînements plus tard et fort d’un mental d’acier, Anaël s’est levé sur ses deux jambes et s’est mis à enchaîner les pas, sans aide ni maintien, tête haute. La panique brisée par un caractère hors du commun, il force ainsi le respect. Il l’a prouvé une fois de plus lors du coup d’envoi entre Mont­de­Marsan et Agen. « Il s’est entraîné toute une semaine pour parvenir à taper dans un ballon. Il tenait à peine sur ses jambes mais il le voulait plus que tout. Et comme tout le reste, on ne pouvait rien faire contre ça. » Les joueurs, impressionnés par un tel courage, l’ont accueilli lui et ses parents dès la fin de la rencontre pour fêter la victoire et partager bien plus que des sourires. « Agen est ma ville et la force de ce club coule dans mes veines », nous confie Laurent. Contraints de partir vivre à Castelnau­de­Médoc (Gironde), pour une question de proximité avec l’hôpital Pellegrin de Bordeaux où est soigné, Anaël, Estelle et Laurent ont du mal à se détacher de leurs racines. Le SUA et Agen restent omniprésents. La question s’impose. « Vous reviendrez ? » Laurent peine à affronter les regards qui l’entourent. « Nous sommes conscients que bientôt, Anaël va… » Le mot tant redouté ne parvient pas à sortir de sa bouche et laisse planer un silence étourdissant, qui semble avoir figé le stade Armandie. Comme un voile noir tout à coup érigé sur les cieux. « Nous reviendrons à Agen. C’est certain. Anaël rejoindra à ce moment­là le Lot­et­Garonne, et nous serons là pour l’accompagner. » Jusqu’à la fin du match.

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