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L'essai du bout du monde 20 ans plus tard

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L'essai du bout du monde 20 ans plus tard

  1. 1. LE 3 JUILLET 1994, NOUVELLE-ZÉLANDE - FRANCE : 20-23 LA PASSE MAGNIFIQUE DE GUY ACCOCEBERRY POUR JEAN-LUC SADOURNY RESTE LE SYMBOLE DE « L’ESSAI DU BOUT DU MONDE », SYNONYME DE PREMIÈRE SÉRIE GAGNÉE CHEZ LES ALL BLACKS. RETOUR SUR UN MOMENT SACRÉ DE L’HISTOIRE DU XV DE FRANCE. L’ESSAI DU BOUT DU MONDE Par Jérôme PRÉVÔT jerome.prevot@midi-olympique.fr Quatre-vingt mètres, sept passes, trente-trois secondes et pour finir, une offrande royale. Dans la brume d’un petit matin de 1994, le XV de France commandé par Philippe Saint-André arracha ainsi sa première série de tests en Nouvelle-Zélande. Une farandole de dernière minute, avec une retransmission coupée, dès le coup de sifflet final, si brutalement, qu’à moitié endormi sous l’effet d’une sortie prolongée, on se demanda si l’on n’avait pas rêvé, si la dernière passe de Guy Accoceberry pour Jean-Luc Sadourny n’était pas trop belle pour être vraie. « Vous tombez bien. Hier, nous nous sommes réunis chez William Techoueyres à Arcachon avec Olivier Merle, Olivier Roumat, Laurent Cabannes, Xavier Blond et Pierre Berbizier. Ça s’est décidé au dernier moment, et c’était une façon de célébrer l’événement. » Guy Accoceberry s’est couché au petit jour, et n’a pas été surpris par notre appel. Cet « essai du bout du monde », il en demeure le porte-étendard : « On m’en parle tous les jours. Plus encore que si j’avais aplati. Huit personnes sur dix me disent : mais pourquoi n’as-tu pas marqué toi même ? » L’ancien demi de mêlée de Tyrosse et de Bordeaux-Bègles répond toujours la même chose, sans tricher. « Quand je prends le ballon, c’est pour y aller tout seul, mais du coin de l’œil, j’ai vu deux taches noires, deux vaches landaises revenaient sur moi. J’ai vu Jean-Luc sur ma gauche, ça m’a paru logique de le servir. » À 28 ans, il se sentait tellement gâté par le destin : deux premières capes et deux victoires chez les All Blacks. « Le coach Pierre Berbizier m’a dit qu’après de tels débuts, je pouvais presque m’arrêter. » Il avait été choisi
  2. 2. pour ses qualités d’éjecteur, personne idoine pour fluidifier le jeu des Bleus : « Oui, c’était mon style. En rugby pur, Fabien Galthié était meilleur que moi. » UNE CONDITION PHYSIQUE AU SOMMET Cette relance magnifique, il la connaît par cœur : « Je suis resté dans l’axe parce que sur le seul regroupement, c’est le talonneur Jean-Michel Gonzalez qui a joué mon rôle. » La génèse de ce mouvement génial vient d’un trio de surdoués : « Philippe, Émile et Jean-Luc étaient de super relanceurs et les All Blacks jouaient la montre en cette fin de match. Leur ouvreur Bachop a manqué une première touche. Jean-Luc préféra dégager. Philippe l’a engueulé : « On n’a plus le temps, faut tout jouer. » Et puis, trente secondes plus tard, rebelote, toujours par Bachop. Philippe n’a pas hésité et tout s’est déroulé dans le bon timing, Benazzi qu’on chambrait pour sa prétendue maladresse a fait un geste digne de Maso ou Trillo. » Sean Fitzpatrick, le capitaine des All Blacks, se souvient de ce moment… : « On a manqué une touche et les Français ont pu exercer leur style si imprévisible. On a dit que nous n’étions pas en forme, que nous nous réservions pour nos grandes retrouvailles avec les Springboks. Ce n’est pas vrai, ces Français étaient très forts à l’image de mon ami Philippe Saint-André. Je suis d’ailleurs très fier d’avoir été invité plus tard à une réunion de cette équipe. » À revoir les images vingt ans après, on est frappé par une chose : le soutien inépuisable dont bénéficia chaque porteur du ballon. « Cette équipe était dans une condition physique incroyable grâce à Pierre Berbizier et Marc Bichon. C’était encore l’époque où les tournées permettaient de découvrir la vie de professionnel. Moi qui m’entraînais trois fois par semaine, tout d’un coup, je le faisais deux fois par jour et nous devenions de plus en plus performants. En plus, nous étions contents de partir, même pour sept semaines, alors que les joueurs d’aujourd’hui donnent l’impression d’y aller par simple obligation. » Guy Accoceberry aime rappeler cette tournée mythique dans sa globalité : « On nous parle de cet essai mais il y eut le premier test de Christchurch et surtout un match de très haut niveau contre les All Blacks B, qui comptaient une moitié de futurs mondialistes. Il y eut un essai extraordinaire de Benazzi qui passa bien sûr totalement inaperçu. Même les entraînements étaient incroyables. Les deux dernières séances avant Auckland n’ont pas vu un ballon tomber. Pierre Berbizier
  3. 3. nous l’a encore dit hier soir. Il n’avait quasiment rien à faire, tout marchait à la perfection. »

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