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Le papillon évocateur de beau temps, dans taâdhoudiat el amal (coopérative de l’espoir) etzneza (cortège funèbre) est anno...
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Atef maâtallah (plasticien)

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Atef maâtallah (plasticien)

  1. 1. http://www.lapresse.tn/11022013/62574/par-dela-les-figures-et-les-maux.htmlL’entretien du lundi : Atef Maâtallah (plasticien)Par-delà les figures et les maux Diplômé de l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Tunis, Atef Maâtallah est un jeune plasticien quicommence à se faire une place dans le paysage artistique tunisien. Une signature bien singulière qui sejoue des apparences, qui met en scène une réalité que l’artiste fait sienne et qu’il maquille avec sa paletteet son coup de crayon. Atef Maâtallah est l’invité de «l’Entretien du lundi».Si tu nous parlais du projet «Politiques»...C’est un projet qui me tient à cœur et que j’ai initié avec un groupe d’amis en 2012. Nous voulionstravailler sur le concept d’une exposition collective qui viendrait donner la réplique à tout ce qu’il y avaitcomme propositions plastiques sur la révolution qui manquaient, la plupart du temps, de recul et deprofondeur. Nous nous sommes adressés à plusieurs espaces qui ont bien accueilli l’idée, mais nousavons finalement opté pour un espace public, à savoir le Centre national d’art vivant de Tunis.Nous comptons relancer l’aventure avec «Politiques II». Nous comptons sur la participation d’artistes«engagés» étrangers tels que Chedy Al Zakzouk, un artiste palestinien qui a été censuré à Dubaï, et deuxvidéastes. Nous sommes, actuellement, en train de collecter les fonds et les subventions dont une partiesera allouée à l’entretien de l’espace (lumières). Améliorer les conditions de l’exposition est primordialpour nous.Qu’est-ce que tu reproches au juste aux propositions plastiques qui ont été faites autour ou sur la«révolution»?Pour moi, cela restait au premier degré, voire dans l’illustration et dans une narration linéaire. Les pires ontété proposées lors des expositions et autres manifestations organisées à l’étranger et qui n’ont pasvraiment avantagé notre art. Le problème c’est qu’il n’y a pas eu une vraie volonté de voir ce qui se faitconcrètement sous nos cieux, un vrai travail de commissaire d’exposition quoi... On s’est juste empresséde donner des images à la révolution en mettant cela, des fois, sur le compte de l’art contemporain.On peut donc parler d’art contemporain tunisien...Je suis plutôt classique dans mon approche et je ne suis pas sensible à ce qui relève de l’artcontemporain en Tunisie. Il ne suscite rien en moi. Ce que véhicule «Dream City» par exemple relève,pour moi, davantage du festif que de l’art.Personnellement, je ne comprends pas ce genre de pratiques dites contemporaines et je ne suis passensible à ce qui se fait dans ce sens.Comment peux-tu définir ce que tu fais?Je ne suis pas du tout dans les étiquettes (sourire). D’ailleurs, je ne me considère pas comme peintre, jesuis plutôt metteur en scène et je m’inspire beaucoup des rencontres fortuites que je fais lors de mesdéplacements dans les transports en commun.
  2. 2. Parle-nous de ces rencontres...Ce sont des gens que je croise au gré de mes déplacements et que je prends en photo. Une fois dansmon atelier, je peins, j’habille, je maquille, j’éclaire et je mets en scène tous ces personnages. Le passageà la peinture n’est pas assuré.Nous sentons beaucoup de poésie dans tes tableauxEn fait, j’écris en peignant.Il y a des objets et d’autres figures qui font leur apparition ici et là dans mestoiles....Tu peins surtout les marginaux et la part oubliée d’une société. Certains même ont qualifié ton travail depeinture du peuple. Cela est, d’ailleurs, souligné dans ta dernière exposition «Wra el blayek» (No man’sland)Cela s’est imposé à moi par les transports publics, comme je l’ai déjà dit. Mais au-delà du populaire ou dupopulisme, ce qui m’intéresse c’est le palpable, le vécu et l’authenticité des gens et des choses. Il fautjustement transcender le titre en arabe Wra el blayek (derrière les panneaux) pour aller vers des idéesderrière les mots (et les maux), derrière les masques et derrière la toile aussi (sourire).Est-ce pour cela que tu as choisi de peindre sur l’envers de la toile?Entre autres, oui. D’ailleurs, techniquement, cela est très intéressant, très pratique également. Et puis lapeinture n’est pas une chose facile, c’est un travail d’atelier qui nécessite beaucoup de temps et beaucoupd’engagement.La photographie est omniprésente dans tes peintures. On décèle cela dans tes cadrages et tesgros plans...Je prends beaucoup de photos qui représentent, surtout, des moments que je vis. Il y a, d’ailleurs, ceuxqui passent plus que d’autres. La peinture vient les recueillir par la suite.Est-ce que tu envisages d’exposer des photos?La photographie est, essentiellement, pour moi un support et une étape avant de passer vers autre chose.C’est une matière que j’ «exploite» pour la transformer après. En effet, mes personnages photographiés,je les habille, les mets en situation, les maquille...Es-tu de ceux qui travaillent beaucoup dans leurs ateliers?Certains me demandent si je transpose ou si je projette mes «sujets», directement, sur la toile. En réalité,je passe beaucoup de temps dans le dessin qui donne les premières allures à mes figures. Ma réponseest donc oui, je travaille assez en atelier.Qu’en est-il du passage à l’acte d’exposer?Je n’ai pas exposé, souvent. Je n’ai finalement que trois expositions à mon actif en Tunisie, même si mestravaux ont rencontré les cimaises de galeries à Dubaï et à Abou Dhabi. Cela est dû, je pense, auxproblèmes que j’ai avec des thèmes impersonnels et imposés, des fois, dans des expositions collectiveset, surtout, avec cette absence de volonté chez certains galeristes de dénicher de nouveaux talents.Que penses-tu de nos espaces d’exposition?Ils souffrent d’un grand problème d’aménagement, d’éclairage et d’équipement. Aussi, la plupart d’entreeux ne sont pas adaptés pour accueillir des œuvres d’art. Auteur : Propos recueillis parMeysem MARROUKIAjouté le : 11-02-2013http://www.tunisiartgalleries.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2322:wra-liblayek-de-atef-maatallah-cet-arriere-pays-qui-est-le-mien&catid=2:tagpress-tunisie&Itemid=70Wra liblayek de Atef Maâtallah.Cet arrière-pays, qui est lemien!
  3. 3. Tout compte fait, l’hyperréalisme du premier regard est enrichi par unsurréalisme satirique, d’où la picturalité particulière de Atef Maâtallah, qui est pour les artsplastiques, ce qu’est l’art du tatouage pour les femmes berbères...Originaire d’El Fahs et diplômé des Beaux-Arts de Tunis, Atef Maâtallah avec deux de ses amisplasticiens, Ibrahim Mattous et Khaled Abed Rabbah, ont fait l’unanimité en tant quedécouvertes de l’année 2012 à l’Aire libre d’El Teatro avec l’exposition de peinture Lokhrine (lesautres).Depuis, plusieurs galeries «commerçantes» se sont intéressées à ces jeunes talents; entreautres la galerie El Marsa où Atef Maâtallah expose actuellement et jusqu’au 10 février, unesérie de tableaux scéniques, avec des personnages imprégnés d’un noir mélancolique, d’unegrisaille dépressive, balancés par des couleurs vivantes, primaires, de la vie quotidienne dansl’arrière-pays ou derrière les panneaux de signalisation (wra liblayek) et que l’artiste a intitulée«No man’s land».Frêle et chétif de corps, costaud dans le travail et la créativité, Atef a le coup d’œil juste, la têtebourrée d’images, le cœur gros et grand, les entrailles nouées à cause de la bêtise humaine,ainsi qu’un imaginaire chimérique. Toujours émerveillé, le sourire aux lèvres, hyperémotif,hyperactif, affable, sans aucun recul, ni distanciation, par rapport à la réalité ou à la fiction,jusqu’à frôler la naïveté et l’innocence enfantine.Au-delà des «clichés»Dans son parcours de travail, de loisirs ou de retour au bercail, cet enfant prodige capture avecson appareil photo, des personnes connues ou inconnues, opprimées, réprimées, déprimées oucomprimées par le poids de la vie, par la mort et le rude climat, le besoin, la dépendance, ledésespoir, la dérive, la maladie chronique lourde, la faim...Désarmé, avec uneenvie de renverser ces situations, il réagit par une technique picturaleinsolite, qui consiste à utiliser l’envers de la toile. Il projette la photo, contourne, puis hachure austylo en saccades, avec hargne et précision, des plages de couleur, des ombres, des lumières,des expressions et des attitudes.Son apport personnel imagé est l’ajout d’un élément fabuleux, fictif ou «fantaisiste» qui peutêtre paradoxal, parodique, complémentaire ou explicite. La composition de l’œuvre est,souvent, en diptyque ou triptyque avec une plage vide, donnant libre cours à l’évasion enprésence de l’objet parachuté, suspendu, ne tenant qu’à un fil pour imploser avec le rêve dechangement pour une vie meilleure.Ainsi, l’oiseau libre est libérateur dans bzaouech (approximatif : bambins), de la maman pensiveet mélancolique, portant un foulard paradoxalement éclatant de couleurs vives.
  4. 4. Le papillon évocateur de beau temps, dans taâdhoudiat el amal (coopérative de l’espoir) etzneza (cortège funèbre) est annonciateur de joie printanière après une éprouvante traversée dudésert.La grenouille détourne l’attention et diminue la tension, face à une vieille mendiante qui coassela charité dans jemâa essalem (mosquée de la paix).La plume acquiert un poids et une valeur pour l’oiseau déplumé dans hchich ou rich(approximatif : en vrac). La chauve- souris vole la nuit au «marché noir», aux journées noires etaux fumées noires sans feu ! La théière et la cigarette génératrices du kif, deviennent afflictionet dépendance dans hchicha. La cassette de Coran s’effiloche comme le deuil après lesfunérailles dans zneza. L’insecte parasite le sandwich de l’affamé dans les quartiers malfamés«sans titre» et sans commentaire! Le briquet charrie, taquine, le désir de s’immoler de nahragrouhi.Les «tarifs» hors-jeu, des dérivatifs hors la loi bleue, elle-même précédemment hors la loimauve et qui se croit maintenant hors d’atteinte et hors de danger face aux rouges! La lampesuspendue par un fil d’espoir pour que des enfants puissent voir un jour le bout du tunnelobscur avec «pied à Tunis Marine». L’envol du corbeau avide et sans scrupules est loin duregard du vieux clown enfoulardé, fardé et inébranlable parce que protégé par la carapace dupersonnage d’«Ibrahim Mattous». Le saut du chat gris-noir devant le regard d’«apoplexie»,masquée et méconnaissable parce que la nuit, tous les chats sont gris!Tout compte fait, l’hyperréalisme du premier regard est enrichi par un surréalisme satirique,d’où la picturalité particulière de Atef Maâtallah, qui est pour les arts plastiques, ce qu’est l’artdu tatouage pour les femmes berbères. Il s’incruste non sans douleur, d’une façon indélébile etinsolite à la peau, avec un effet souverain et surnaturel !A chaque femme, un tatouage particulier et aux plasticiens, un Atef Maâtallah singulier, puisquec’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artiste.Le détour des amateurs et férus d’art est vivement conseillé, pour consacrer ce talent !Auteur : Samia CHAOUCH (Critique d’art) le 27-01-2013source : lapresse.tn No mans land - ‫ - وراءل ب الي ك‬Atef Maatallah ‫ - م .ع‬Galerie El Marsa, La Marsa, jusquau 10 Fevrier 2013.

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