E N T R E T I E N S A N I TA I R E



                            Hygiène et salubrité,
                     un service en...
Au plan de la SST, plusieurs éléments cau-                                                               la santé de nos p...
nos surfaces de sol, avoue Marius Berger.                                                                    tant la disti...
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Objectif Prévention - mars 2007

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Article paru dans la revue ’’objectif prévention’’ de l’ASTSSAS (association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales) en mars 2007. Cet article relate le succès de l’implantation de nouvelles pratiques en hygiène et salubrité.

Publié dans : Santé & Médecine, Technologie
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Objectif Prévention - mars 2007

  1. 1. E N T R E T I E N S A N I TA I R E Hygiène et salubrité, un service en pleine spécialisation ! l’été 2004, nous prenions la décision de À moderniser nos outils et nos techniques de travail. L’avènement des infections no- Aujourd’hui, avec socomiales dans les établissements de santé au Québec (hausse des isolements, éclosions l’émergence des bacté- de diarrhées associées au clostridium difficile, etc.) motivait notre démarche. La mise en ries multirésistantes, on place de pratiques perfectibles dans un con- Jean Desbiens texte de prévention des infections devenait s’aperçoit de plus en une nécessité ; le déploiement de l’utilisation plus de l’incidence de Chef du Service d’hygiène et salubrité CSSS Haut-Richelieu – Rouville de linges en microfibre à usage unique pour les surfaces, combiné au lavage à plat des En 2004, en vue de la spécialisa- surfaces de sol, s’annonçait comme une ave- l’environnement dans nue intéressante. Cependant, nous voulions tion à venir, le Service d’hygiène profiter de cette occasion pour introduire des la transmission des équipements utilisables par l’ensemble des et salubrité décide de mettre à employés de notre service, sans limite liée à infections. niveau les pratiques en vigueur, la physionomie, au sexe, à la capacité phy- sique ou à l’âge. à commencer par l’entretien des DES OUTILS ET DES TECHNIQUES des linges de ratine dans une solution désin- chambres des clients. Des consul- DE TRAVAIL DÉSUETS fectante, une vadrouille sèche en coton pour tations au Québec et à l’étranger À ce moment, le Service d’hygiène et sa- les planchers et un seau avec tordeur pour le lubrité était équipé d’outils conventionnels. trempage et l’essorage de la vadrouille (mop) aboutissent à l’implantation de Parmi les équipements standards, les em- pour laver les planchers, ces outils étant mu- ployés utilisaient principalement un chariot nis d’un manche en bois. De plus, deux per- pratiques novatrices en termes de ménage, un petit seau pour le trempage sonnes intervenaient dans l’entretien quoti- d’hygiène hospitalière, et ce, tout dien des chambres, soit un préposé aux travaux lourds et un préposé aux travaux lé- en améliorant la santé et la sécu- gers. L’efficacité de cette pratique pouvait être améliorée. rité du travail (SST). Marius Berger était superviseur à la qualité des opérations lors des changements au Service d’hygiène et salubrité du CSSS Haut-Richelieu – Rouville. Aujourd’hui, il est conseiller cadre aux Nouveaux chariots de désinfection pour les chambres. activités hôtelières, CSSS Jardins Roussillon. Les seaux de couleur différente permettent de mieux différencier les solutions. OBJECTIF PRÉVENTION – VOL. 30, NO 2, 2007 – 3
  2. 2. Au plan de la SST, plusieurs éléments cau- la santé de nos patients. Nous nous sommes saient problèmes. Ainsi, le seau d’eau pour donc pris en main », raconte Marius Berger. laver les planchers, en plus d’alourdir sub- Considérant les investis- À la suite à cette décision, nous nous stantiellement le chariot, devait être vidé ré- sommes informés des différentes façons de gulièrement (à chaque chambre lors d’iso- sements importants faire en vigueur dans de nombreux établisse- lement) ; les linges pour la désinfection des ments de santé au Québec. En général, on surfaces devaient être tordus à chaque utili- pour renouveler notre retrouve toujours les mêmes équipements, sation (puisqu’ils trempaient dans la solution les mêmes outils et une organisation de tra- désinfectante) ; les manches en bois, en plus parc d’équipements, vail comparable. Nous ne voulions pas seule- d’être difficiles à désinfecter, entraînaient des ment sortir des clichés, mais également nous problèmes selon la taille de la personne qui il était primordial que donner une approche qui ne contribuerait les utilisait ; d’incessants allers-retours vers la pas à rendre les patients plus malades à leur réserve d’hygiène et salubrité étaient néces- les produits choisis sortie qu’à leur entrée. saires afin de réapprovisionner les chariots ; Nous avons ensuite regardé vers l’Europe. les solutions n’étaient pas toujours diluées puissent évoluer à Il y a plusieurs années que les Européens sont adéquatement et de nombreuses bouteilles confrontés à différentes bactéries multirésis- de produits chimiques se trouvaient à la por- la même vitesse que tantes. Ils ont donc développé des façons de tée de tous sur les chariots. faire novatrices en matière d’hygiène hospi- LE MONDE CHANGE ! nos besoins. talière, en particulier avec le déploiement des linges en microfibre ainsi que du lavage à « Lorsqu’on parle d’hygiène et salubrité, plat, techniques de plus en plus présentes en on a souvent à l’esprit les gens du ménage, un Amérique du Nord, particulièrement aux qualificatif qui représente bien mal le travail sion des infections. Et qui dit désinfection de États-Unis. Un autre aspect important, ces effectué, explique Marius Berger, superviseur l’environnement dit hygiène et salubrité. » techniques y ont également été implantées à la qualité des opérations lors de l’implan- « Nous nous devions de repenser nos fa- tout en tenant compte de l’ergonomie des tation. Mais les temps changent. Aujourd’hui, çons de faire afin de nous assurer de fournir à équipements afin de faciliter la tâche des tra- avec l’émergence des bactéries multirésis- nos patients l’environnement le plus propice vailleurs. tantes, on s’aperçoit de plus en plus de l’in- à leur prompt rétablissement, et à nos col- cidence de l’environnement dans la transmis- lègues de travail, un milieu favorable à la dis- LA RECHERCHE DE pensation sécuritaire de soins. Nous sommes NOUVEAUX PRODUITS un des maillons importants dans la préven- Après avoir établi le cahier des charges tion des infections. Les équipes de prévention pour les équipements souhaités, nous avons et celles de soins ont un rôle à jouer. Nous fait appel à différents fournisseurs afin de sommes le troisième élément du trio ; il faut connaître leurs produits qui pourraient ré- travailler ensemble, notre objectif est le même : pondre aux nouveaux besoins. Nous nous at- tendions à une écoute intéressée de nos partenaires, pensant qu’ils s’inspireraient de nos critères pour nous épauler dans notre dé- marche et ainsi enrichir leur gamme de produits. Quelques fournisseurs ont présenté des équipements qui ne répondaient cepen- dant pas complètement à nos attentes, d’autres ont remis en question ce que nous souhaitions utiliser. Qu’à cela ne tienne ! Nous nous sommes organisés par nos pro- pres moyens. Quelques contacts transatlantiques plus tard, un ensemble de produits réalisés selon nos demandes était acheté et expédié par avion pour un essai in vivo à long terme. Une préposée en hygiène et salubrité au départe- ment d’obstétrique a donc eu la responsabi- lité d’essayer ces nouveaux outils de travail. Il a fallu ajuster quelques accessoires, im- planter la codification pour chaque couleur de linges dédiés à la désinfection des surfa- ces, effectuer des tests d’efficacité sur les revêtements, adapter la routine de travail aux nouvelles façons de faire, programmer des cycles de lavage pour la microfibre, etc. « Ma réelle hâte était de voir l’efficacité des ban- Sylvie Legault utilise un outil de balayage à plat France Coupal utilise un outil de lavage à plat avec deaux de vadrouillage et de lavage jetables avec bandeaux jetables. bandeaux jetables. en plein hiver, avec la slush et le calcium sur 4 – OBJECTIF PRÉVENTION – VOL. 30, NO 2, 2007
  3. 3. nos surfaces de sol, avoue Marius Berger. tant la distinction des différentes solutions Lorsque les premiers flocons sont tombés, j’ai utilisées) ; été rassuré par les résultats. Quelques ajuste- Au-delà de l’amélio- > bandeaux de vadrouillage et de lavage je- ments plus tard, tout fonctionnait à mer- tables afin de ne jamais les utiliser dans plus veille. » L’essai s’est déroulé sur plusieurs ration qualitative au d’une chambre (ceci élimine la possibilité de mois et les résultats se sont montrés très transmission des infections d’une chambre à concluants. niveau de la prévention une autre ainsi que la manipulation du seau Nous avons alors « conçu » notre chariot de la vadrouille) ; avec le catalogue d’accessoires fourni par un des infections, nous > équipements en plastique et en alumi- fabricant européen. Ce chariot devait non nium pour une désinfection plus aisée ; seulement être pratique, ergonomique et constatons une évolu- > équipements légers, maniables et ajusta- facile à désinfecter, il devait également être bles afin qu’ils soient utilisables par tous. utilisable par tout le personnel et surtout tion positive dans Depuis l’été 2005, toutes les chambres de évolutif. En effet, nous avons appris, au cours l’hôpital sont ainsi entretenues. Plus d’un an des dernières années, que nos besoins peu- l’allègement de la tâche et demi après avoir instauré ces techniques vent changer très rapidement. Considérant les de travail, les résultats sont très concluants. investissements importants pour renouveler des préposés en hygiène Au-delà de l’amélioration qualitative au ni- notre parc d’équipements, il était primordial veau de la prévention des infections, nous que les produits choisis puissent évoluer à la et salubrité. constatons une évolution positive dans même vitesse que nos besoins. l’allègement de la tâche des préposés en hy- Nous sommes par la suite passés par le giène et salubrité. processus normal d’acquisition afin d’équiper Nous avons également implanté d’autres l’ensemble des travailleurs des unités de soins. efficace possible dans la limitation de la pro- équipements spécialisés adaptés à des tâches Entre-temps, intéressé par notre démarche, pagation des infections nosocomiales. spécifiques. Par exemple, les préposés-bran- un distributeur local s’est assuré l’importation Désormais, la majorité des produits sur les cardiers du bloc opératoire ont été pourvus de cette gamme d’équipements, ce qui en chariots sont dilués lorsque l’employé com- d’équipements conçus spécifiquement pour facilite désormais grandement l’acquisition. mence son travail. En plus de limiter grande- l’entretien des salles entre les interventions, ment le risque d’accident auprès de notre éliminant d’un coup une multitude d’irritants IMPLANTATION DES NOUVEAUTÉS équipe et de notre clientèle, cette façon de dus aux outils d’avant. Bien d’autres projets À l’arrivée des équipements, le personnel faire nous assure de l’efficacité constante des sont en cours de réalisation afin de trouver assigné à l’entretien des chambres ainsi que solutions désinfectantes. D’autres outils utili- des solutions encore plus novatrices aux situa- l’ensemble des remplaçants ont été formés sés maintenant : tions que nous rencontrons ! aux nouvelles techniques de travail. Il ne > linges dédiés à la désinfection des surfaces s’agissait pas seulement d’acheter de nou- qui sont de couleur différente selon leur uti- LA QUALITÉ DU TRAVAIL veaux chariots, mais bel et bien de revoir lité ou la solution dont ils sont préimprégnés Finalement, l’ensemble de ces change- l’ensemble de nos pratiques afin d’être le plus (ceci évite d’avoir à les tordre tout en facili- ments, et plus particulièrement l’implantation de nouveaux équipements, nous aura permis d’améliorer la qualité de notre travail tout en tenant compte des réalités vécues par cha- cun des travailleurs et travailleuses de notre secteur. Selon Marius Berger, ces services deviennent de plus en plus spécialisés et la tendance n’est pas près de s’inverser. « À la vue de l’avenir qui attend les ser- vices d’hygiène et salubrité et de l’importance croissante de leur rôle dans le contexte ac- tuel, il s’avère primordial de valoriser notre personnel dès à présent, en lui fournissant les outils nécessaires à la bonne réalisation de l’ensemble des tâches qui lui incombent. En effet, l’augmentation de la qualité du travail que l’on attend de ces personnes est directe- ment liée à la qualité des outils que l’on met à leur disposition. Lorsque l’on regarde la mission première des services d’hygiène et salubrité, qui est d’offrir à notre clientèle un environnent propre et microbiologiquement sain en mettant en place des façons de faire préventives en termes de transmission des infections, il ne fait aucun doute que nous Le linge bleu en microfibre sert pour les surfaces de Le linge rose en microfibre est utilisé sur les sur- avons pris la bonne voie. » • mobilier de chambre. faces des espaces sanitaires. OBJECTIF PRÉVENTION – VOL. 30, NO 2, 2007 – 5

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