A bout de souffle

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A bout de souffle

  1. 1. A bout de souffle – J.L GodardIntroduction :Nous avons étudié « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard, réalisé en 1959. Ce film fut lepremier long métrage de Jean-Luc Godard et le manifeste de la nouvelle vague.Nous allons voir dans quelle mesure, Godard incarne ce mouvement cinématographique quiremet en cause les dogmes du cinéma de l’époque.I – Jean Luc GodardBiographieJean Luc Godard est un cinéaste et critique Français qui est née le 3 décembre 1930 à Paris.Son enfance se déroule alors entre la France et la Suisse : il fait ces études à Nyon (Suisse) etau Lycée Buffon à Paris.En 1949, il rejoint la Sorbonne ou il suit des études en ethnologie, mais cest aussi uncinéphile passionné. Il passe en réalité plus de temps dans les ciné-clubs et à la Cinémathèquefrançaise, ou il rencontre André Bazin, François Truffaut, Jacques Rivette Eric Rohmer; lesfuturs cinéastes qui formeront le mouvement que lon appellera la Nouvelle Vague à la fin desannées 1950. Mais il rate son examen dentrée à lécole de cinéma lIDHEC.Il écrit en 1950 ces premier articles dans la Gazette du cinéma, à la même époque il publie sespremiers articles aux Cahiers du Cinéma ; revue qui introduit une critique radicale du cinémade lépoque.Il abandonne rapidement ses études pour se consacrer pleinement au cinéma. Un emploioccasionnel lui permet de sacheter sa première caméra avec laquelle il réalise divers courts
  2. 2. métrages. (1954 : Opération béton)Sa rencontre avec le producteur Georges de Beauregard lui permet de réaliser son premierlong métrage, A bout de souffle en 1959. Grand succès public et critique de la fin des années50, ce film lui fait commencer une longue et fructueuse carrière, jalonnée de films devenuscultes dont Vivre sa Vie, Le mépris, Pierrot le Fou, Week end, Je vous Salue, Marie. Carrièrequi nest dailleurs pas finie, comme peut lattester Film Socialisme, son dernier long métrage,sorti en 2010.Tout au long de ses films, il développera un style particulier, aussi bien informel (les effets demontage tels que les faux raccords, les jump-cuts ou encore la caméra portée à lépaule)quintellectuel (il sintéressera essentiellement aux rapports que lon peut entretenir à limage,au cinéma).Jean Luc Godard, son style• Jean Luc Godard joue de la mise en abyme sur le cinéma. Par exemple dansDétectives où lon voit une caméra JVC qui filme.• Les personnages vont au cinéma (Pierrot le fou, les Carabiniers, Éloge de lamour oùune scène se passe à lEspace Saint-Michel), ils tournent un film comme dans Le Mépris,Passion, Prénom Carmen, For Ever Mozart et parlent de films (ex : dans Éloge de lamour,on voit laffiche de Matrix, dans le Mépris et 2 ou 3 choses, on voit l’affiche de Vivre sa vie).• Godard utilise des références à des réalisateurs : Présence de Gérard Blain dansCharlotte et son Jules, de Jean-Pierre Melville dans À bout de souffle, de Fritz Lang dans LeMépris, de Samuel Fuller dans Pierrot le fou, Woody Allen dans King Lear, de Jean-LucGodard lui-même dans La Chinoise, Prénom Carmen, Soigne ta droite, King Lear et Notremusique.• Godard nous rappelle que nous regardons un film, que cest du cinéma. Il filme le clapindiquant que « ça tourne » dans La Chinoise et dans Le Gai Savoir. Et les personnagesparlent des autres films de Godard. En effet dans Week end, Jean Yanne dit : "ça fait chier cefilm » ou encore dans le même film on voit un personnage ensanglanté affirmer "cest pas dusang cest du rouge".• Godard renvoi des films a dautres films. Dans Une femme est une femme, Belmondoparle dÀ bout de souffle. Marie regarde Le Mepris dans Le livre de Marie. Dans Hélas pourmoi, un personnage au vidéo club reprend la formule de Belmondo dans À bout de souffle : "jem’en souviens, et non pas je m’en rappelle". Eddie Constantine, dans Allemagne année neufzéro, reprend la formule des Carabiniers : "un soldat salue un artiste".Jean Luc Godard : ses thèmes favoris• On pourrait diviser ses films en deux catégories. Il y aurait A bout de souffle, Vivre savie et le Mépris. Leur point commun, cest au départ un personnage principal que lon suitcomme dans un documentaire. Ce sont trois films tristes, ce sont les plus rigoureux. La partdautobiographie y est plus grande que la part dinvention, Godard s’y exprime à travers lespersonnages principaux.• Disons, pour simplifier, que dans le Petit soldat, une femme est une femme et Les
  3. 3. Carabiniers, Godard a filmé dabord ses pensées. Dans A bout de Souffle, vivre sa vie et leMepris, il a filmé dabord ses sentiments" François Truffaut en 1963.Thèmes abordés dans ses films. FilmsLa trahison • A bout de souffle • Une femme est une femme • Le petit soldat • Le mépris • Une femme mariéeLa guerre- la révolution-lutte des • Le petit soldat • Les carabiniersclasses • Masculin Féminin • La chinoise • Un film comme les autres • British sound • Le gai savoir • Lutte en Italie • Ici et ailleursLa prostitution • Vivre sa vie • Deux ou trois chose que je sais dellelamour • A bout de souffle • Le petit soldat • Une femme est une femme • Le mépris • Pierrot le fou • Masculin FémininCambriolage-vols-meurtre • A bout de souffle • Bande à partImaginaire- la science-fiction • Alphaville • Made in USA • Hélas pour moiLa mort • Pierrot le fouLHistoire • Les enfants jouent à la Russie • Allemagne neuf zéroLa pensés -le langage -la • Puissance de la parole • France tour détour deux enfantscommunication • six fois deux • A bout de souffleLe cinéma • Eloge de lamour • Vrais faux passeport • Histoires de cinéma
  4. 4. • Grandeur et décadence dun petit commerce de cinéma • Numéro deux • A bout de souffleII – Présentation du film et du courantcinématographiqueRésuméSur la route qui le ramène à Paris, Michel Poiccard, un jeune escroc, se fait arrêter par unpolicier quil abat avec une arme cachée dans la voiture quil conduisait, volée à Marseille. Ilse rend à Paris afin de récupérer un magot et retrouver Patricia, une américaine, futurejournaliste qui vend le New York Herald Tribune dans les rues et dont il est tombé amoureux,pour enfin senfuir avec elle à Rome. Mais les difficultés pour récupérer largent senchaînentet ses sentiments pour Patricia deviennent de plus en plus flou. Parallèlement, la policeretrouve sa trace et se fait menaçante. Cest sous leur pression que Patricia dénonce Michel...Premier long métrage de Jean-Luc Godard, scénario de François Truffaut, début de laNouvelle Vague...¤ La nouvelle vagueA bout de souffle est considéré comme le manifeste de la Nouvelle Vague. Godard réalise cefilm daprès un sujet de Truffaut, inspiré dun fait divers. Le terme "Nouvelle Vague" apparaîtsous la plume de Françoise Giroud dans lExpress du 3 octobre 1957.Elle se cale principalement sur un modèle proposé par André Bazin, un des fondateurs desCahiers du Cinéma, qui vise à être dans la continuité du néoréalisme italien, mouvementapparu après la guerre, et considéré comme le premier pas dans la modernitécinématographique.La Nouvelle Vague peut être donc considérée comme la modernité française. Elle cherche àmontrer la réalité du monde comme elle est, au cinéma.Le mouvement nest pas le fruit dune longue recherche sur le cinéma, mais le produitimmédiat dune époque et le fruit de la rencontre de plusieurs jeunes cinéastes. Il sinscrit dansle contexte historique de lépoque et traduit les mouvements de société :• Début des Trentes Glorieuses• Début des révoltes étudiantes• Guerres dAlgérie• Mouvement pour la libération de la femme• Transformation du modèle familial : modèle familial (les quatres cents coups); lamodernisation de la structures familial (lamour à vingt ans) jusquau divorce (lamour au
  5. 5. fuite)Là où elle se distingue vraiment des autres modernités (quil y a pu avoir en Angleterre, auxÉtats Unis, …), cest sur le plan technique :les tournages se font en extérieur et non plus dans des studios (qui donneront une expressionde réel) → Jean-Luc Godard a choisi Paris car la capitale est en perpétuelle mouvement. Al’image de Michel, qui ne cesse de se déplacer à pied ou en voiture dans les rues de Paris. Savie n’est plus qu’une fuite. Et la caméra le suit dans sa chute, passant d’un plan à un autre,donnant au spectateur le sentiment d’être à bout de souffle. Finalement, dénoncé par Patricia,Michel est résigné à se faire emprisonner plutôt qu’à vivre dans la déception, fuyant. Il meurtsur le pavé après une dernière et longue course. De plus, Le film doit être tourné comme unreportage sur ses deux acteurs. L’opérateur tient la caméra à la main, et chaque fois que celaest possible, on utilise la technique du reportage télévisuel avec caméra cachée filmant lesacteurs au milieu de la foule anonyme. (la séquence de filature sur les Champs-Élyséespendant un défilé de De Gaulle et Eisenhower est tournée comme un reportage télévisé).A bout de souffle est un vrai documentaire sur le Paris de l’été 1959 et montre de nombreuxquartiers : le Quartier Latin, les quais de la Seine, les Champs-Élysées, Montparnasse...Mais pour Godard " tourner un film hors de Paris est très difficile. Cest aussi difficile quepour un industriel de simplanter en province. Un romancier peut travailler en province maispas un cinéaste, cest presque impossible. Pourtant, il est certain que la province est plusintéressante que Paris. A Paris tout a été vu. Il y tourne donc par « obligation ».Godard choisit plutôt les décors naturels (extérieur) plutôt que les décors intérieurs. Pour lesséquences d’intérieur, le film exclut tout recours au studio de cinéma et privilégie leschambres de bonnes, choisies précisément pour leur exiguïté, qui a une conséquence pour lamise en scène car les acteurs se voient obligés d’enjamber le lit et l’opérateur de les cadrertrès souvent en gros plan, faute de recul. Mais ces décors naturels ne peuvent accueillir quedes acteurs libre de leurs mouvements, sans maquillage et vêtu simplement en tenu de jours. La caméra est plus libre, elle peut se porter à lépaule. Cette liberté permet de tourner avecdes budgets moins conséquents, ce qui amène certains artistes à imposer leur style, comme ledit François Truffaut « Nimporte qui peut être metteur en scène », sans la contrainte desstudios. Ce mouvement impose donc une redéfinition des relations au film : celle duspectateur et du réalisateur au film : celui ci est-il le résultat dun travail de plusieurspersonnes, ou bien dune seule ; on peut aussi remarquer que l’on appelle désormais leréalisateur « auteur ».Par ailleurs, le tournage n’a duré que 4 semaines, ce qui implique que la vitesse d’exécutionétait aussi présente au cœur du film que dans sa réalisation. « Si nous avons pris la caméra à lamain, c’était pour aller vite, tout simplement. Je ne pouvais pas me permettre un matérielnormal qui aurait allongé le tournage de trois semaines. ». Il souhaite tourner au plus vite,car un tournage coute cher, or le budget était réduit. Ce qui a des conséquences esthétiques,Pas de travellings sur rail, pas d’éclairages additionnels, utilisation d’une pellicule ultra-sensible qui était alors utilisée uniquement par les photographes et les cinéastesdocumentaires. Les réalisateurs de la nouvelle vague brisent certaines conventions,notamment celles de continuité. Cest ainsi que dans À bout de souffle, Godard coupe lesblancs dans certains dialogues par la technique du « Jump Cut », ce qui rend un effet assezsurprenant et déstabilisant pour le spectateur. Il ne sagit pas uniquement de rompre avec unetradition par provocation, mais bien de faire ressentir quelque chose de nouveau à ce dernier,ou encore de critiquer les dialogues habituels du cinéma, insinuant que les blancs existent «réalité » ;
  6. 6. « Le jump cut est la juxtaposition de deux plans sans que la caméra ait notablement changéde position. Cela produit un effet de saute comparable au retrait de nombreux photogrammesdans un même plan tout en produisant une ellipse temporelle plus grande. En 1959, le terme"jump cut" nexiste pas encore et cest, dit-il, parce que son film est trop long que Godarddécide de supprimer systématique le contrechamp sur Michel dans sa conversation avecPatricia dans la voiture qui les conduit au siège du New York Herald Tribune. Godard auraitpu suivre le conseil de Melville qui lui avait dit de supprimer les séquences qui ne servent pasà faire avancer laction et exclure la séquence entière du montage. Les dix jump cut entre lesonze plans successifs sur Patricia en voiture où larrière-plan des rues de Paris changeindiquant ainsi que du temps sest écoulé ont été accusé de désorienter le spectateur. Godardaffirmera plus tard avoir tiré au sort le contrechamp qui resterait, celui sur Belmondo oucelui sur Seberg. On se gardera pourtant de le croire tant, avec cette séquence, il magnifieson actrice en accumulant les plans sur elle et rien que sur elle pour terminer, dans les sixderniers plans, par un blason annonciateur de la scène douverture du Mépris.(http://www.cineclubdecaen.com/realisat/godard/aboutdesouffle.htm )De plus, le point de vue du spectateur est parfois pris en considération dans le film par lebiais de regards camera et interpellation du spectateur, des jeux de mise en abyme sur lecinéma questionnant les différents points de vue cinématographiques, de nombreux jeuxdarrêt sur image, de ralentis, de style saccadé sont également créés… Tout cela sunit afin quele film rappelle sans cesse quil est un film, que cest du cinéma.→ Dans la première scène de A bout de souffle, Michel se tourne vers les spectateurs, commequand il dit « si vous aimez pas la mer...si vous aimez pas la montagne...,si vous aimez pas laville..., allez-vous faire foutre ! » → De plus lors de louverture du film on voit Michel, qui se cache derrière un journal et nous regarde du coin de lœil, et dans la dernière scène on observe Patricia qui regarde les spectateurs et leur demande « quest-ce que cest : dégueulasse ? ». → Godard parle de cinéma dans le cinéma, notamment lorsque l’on peut voir en arrière plan laffiche du cinéma : « Vivre dangereusement jusquau bout » et par ailleurs, on remarque Michelsur les Champs-Elysées contemplant une affiche dHumphrey Bogart (L’idole de J-L Godard,il a d’ailleurs attribué un de ses tics à Michel Poiccard, celui de passer son pouce sur seslèvres) « Plus dure sera la chute » et enfin les personnages vont au cinéma comme dans lascène ou Michel et Patricia sembrasse dans une salle de cinéma. Enfin, dans la scène de laconférence de presse, Parvelesco est le cinéaste Jean-Pierre Melville.Jean-Luc Godard apparaît aussi au milieu du film et on le voit ensuite dénoncer MichelPoiccard aux policiers. Ces éléments montrent que Godard multiplie les références au cinéma.→ Godard utilise de la mise en abyme sur le cinéma, comme on peut le constater dans lascène de linterview de Parvelesco, ou lon film un cameraman.Donc on peut dire que Godard a décidé de montrer ses influences, et le fait que tout œuvredécoule dune autre, doù le mot transtextualité: un texte est produit par le glissement dunautre. Le film revendique une certaine cinéphilie, en multipliant les références, les allusions.C’est une sorte dexacerbation de la transtextualité dans lart, cest à dire que toute œuvre estinspirée par une autre, que ce soit directement (remake par exemple ou adaptation) ouindirectement (un style ne nait pas tout seul).
  7. 7. Ainsi, ce mouvement ne cherche pas à reproduire la réalité comme elle devrait être mais àmontrer la réalité du cinéma comme elle est.Analyse Thème, personnageLes principaux thèmes abordés dans ce film sont lamour, la trahison, le meurtre, le volThèmes abordés Explications Lamour Ce film raconte avant tout une histoire d’amour impossible.La trahison Godard veut évoquer dans le film, la trahison de Patricia vis à vis de Michel, puisque celle-ci décide de le dénoncer à la police afin de ne pas « avoir des problèmes avec son passeport » au lieu de senfuir avec lui. Ce qui diverge des histoires d’amour en général.Le meurtre et le vol Toute au long du film, on observe un enchaînement dacte délictueux de la part de Michel Poiccard. En effet, il va commencer par un simple vol de voiture puis par un meurtre et ensuite par un délit de fuite. On peut constater ici, que ces scènes donnent limpression que pour Michel Poiccard ces actes sont normaux, et de plus, la sympathie adoucit notre jugement quant à ses actes. A Bout de Souffle, film manifeste de la Nouvelle Vague, est classé dans le genre dufilm noir, mais on peut aussi l’analyser sous la catégories du film policier.Cest un film policier car on a affaire à un agresseur (Michel Poiccard) , une victime (lepolicier tué sur la RN7), et un inspecteur (linspecteur Vitale) et le film tourne en partieautour de lenquête. Le film entier est un hommage aux films policiers, noirs, américains, etplus particulièrement, rend hommage à certains films en glissant quelques références, tel desfilms de Bogart, La femme à abattre, ou encore Forty Guns......Si certains élémentscaractéristiques du film policier sont absents, Godard déconcerte par la déconstruction qu’ilfait subir à ceux qui sont présents dans le film.Mais on peut constater que l intrigue amoureuse est plus importante que l’intrigue policière.Un jazz léger accompagne le meurtre du policier, et déréalise l’action, annule la dramatisationdue à la transgression, alors que le thème musical « policier » accompagne des scènes dedéclaration amoureuse (quand Poiccard dit par exemple « J’aime une fille qui a des très jolisyeux, une très jolie bouche… »).Personnages
  8. 8. Jean-Paul Belmondo - Rôle : Michel Poiccard :Le personnage de Michel Poiccard est construit sur le modèle du marginal du film noiraméricain. Godard y ajoute un côté provocateur.La construction du personnage est hétérogène : il cumule l’élégance désenchantée de Bogartet la spontanéité du Gabin des années 30. De Bogart, il conserve le chapeau, les cravates etl’élégance vestimentaire ainsi que le geste ou il passe ses doigts sur la bouche ; du jeuneGabin, la désinvolture, et une certaine raillerie caractéristique des Parisiens.Les caractéristiques du personnage de Michel :- obsession pour les voitures (répond à l’obsession de la vitesse chez Godard).- misogynie (Michel n’arrête pas de proférer des propos sexistes).- sensibilité: cette misogynie affichée n’est que le masque la dissimulant.Michel est bien « la frivole » du couple alors que Patricia exprime son désir d’indépendanceet son comportement de femme libre.- superstition : Michel est superstitieux. Il lutte contre le temps, ne cessant tout au longdu film de demander l’heure. Cette obsession de la course jusqu’à bout de souffle estrelayée par l’achat systématique des différentes éditions de France Soir, comme si lepersonnage allait y lire son destin.Avec Michel Poiccard, Godard propose en fait un nouveau type de personnage de film,beaucoup plus moderne et beaucoup moins défini par les contraintes de la constructionscénaristique. Sans être un porte-parole du réalisateur, il permet à celui-ci d’exprimer, nonsans contradiction, une série de jugements moraux sur la lâcheté, la lucidité ou la sincérité, etbeaucoup plus encore un scepticisme assez amer sur les relations entre les hommes et lesfemmes. Mais surtout, Michel existe par son corps, sa voix, sa gestuelle, ses mimiques et sesgrimaces. Il s’observe souvent dans un miroir, renouvelle certains tics comme celui de secaresser les lèvres, d’allumer sa cigarette, la retirer de sa bouche, mettre et enlever sonchapeau et ses lunettes noires. Godard le cadre souvent en plan serré et saisit chaque détail desa gestuelle. Il lui tire littéralement le portrait.Jean-Paul Belmondo jouera lalter ego de Godard dans plusieurs de ses films comme dansPierrot le Fou.Jean Seberg - Rôle : Patricia Franchini :Jean Seberg est une actrice américaine. Elle s’est fait connaître en jouant dans deux filmsaméricains d’Otto Preminger : Sainte Jeanne et Bonjour tristesse. De son rôle deJeanned’Arc, elle a gardé sa coupe de garçon, devenue si célèbre.Le narcissisme adolescent de la jeune fille est souligné par de nombreux plans où elle observeson visage dans un miroir ; ce narcissisme se retrouve dans les séquences où Patricia seregarde dans des miroirs ou se compare à la jeune fille peinte par Renoir sur l’affiche.Et aussi la séquence dans la chambre d’hôtel : « Tu aimes mieux mes yeux, ma bouche oumes épaules ? ».Patricia, c’est le portrait d’une jeune femme moderne. Godard a voulu la saisir telle quelle :pas de maquillage, des vêtements très simples, d’allure sport, ce qui est encore rare en 1959pour un personnage de jeune femme au cinéma. Le costume de Patricia a provoqué unerupture radicale avec les usages dominants de la représentation de la féminité au cinéma.Les caractéristiques du personnage de Patricia :- Américaine parlant français : charme incontestable de son accent et de ses fautes de français.- Les questions qu’elle pose : « Qu’est-ce que c’est l’horoscope ? », « Qu’est-ce queC’est gazait ? », Longue série qui amène au « Qu’est-ce que c’est dégueulasse ? »
  9. 9. - Vraie culture générale : elle parle plusieurs fois de livres à Michel, mais aussi de peintures etde musiques.- Indépendance- Indécision amoureuseOriginalité du filmLa volonté de Godard est de saisir une époque.Dans son langage dabord.Le monologue de Michel nous permet d’apprécier son comportement (on sait quel genred’homme il est) : sa fascination pour la vitesse, son arrogance, sa misogynie agressive etostentatoire allant de pair avec son émotivité (il est amoureux de Patricia). Tout est ditdu personnage sans explications interminables, avec rapidité et brio.Godard rompt avec les contraintes traditionnelles du dialogue, dont faisait partie, par exemple,le refus du bavardage excessif. Or, ses personnages non seulement n’arrêtent pas de bavarder,mais parlent souvent pour rien dire, comme Michel.Godard explore toutes les facettes du langage verbal dans au moins deux directionsdifférentes : il intègre d’abord le français parlé de son époque, l’argot d’un certain milieu,celui de la faune intellectuelle des rives gauche et droite.… Par ailleurs, il offre à sespersonnages un très grand nombre de références culturelles d’ordre littéraire, pictural, musicalet cinématographique. Le français parlé par Michel inclut des expressions en langueétrangère, de l’américain passe-partout, à l’espagnol de la chanson populaire Buenas noches,mi amor, des westerns et films noirs « Amigo », à l’italien de touristes. Il y a chez Michel unvéritable plaisir à jouer avec la sonorité des mots et des noms propres.Le dialogue « godardien » enregistre toutes les injures et expressions populaires en cours aumoment de la réalisation du film. À l’époque, cette avalanche de mots grossiers etd’expressions familières a beaucoup choqué.Bruits de la ville et de la vie.Cette invasion de la langue quotidienne s’accompagne d’une bande sonore qui offre une largeplace aux bruits du réel : Klaxons, moteurs et freins de voitures, sirènes de police et biend’autres agressions sonores urbaines. Mais Godard fait également usage des moyenscontemporains de communication et de reproduction : téléphone, radio, bandes sonores defilms. La bande sonore fait une large place à l’environnement social, politique et médiatiquedans lequel baignent les personnages.Musique.Les thèmes de jazz composés par Martial Solal jouent un rôle de premier plan dans lastructure rythmique du film. Ils accentuent sa modernité. Les thèmes musicaux de Solal sontomniprésents tout au long de la bande sonore. Godard les reprend chacun plus de dix fois. Onpeut dire que Godard est un précurseur de la bande originale de film.Les dialogues sont systématiquement ponctués de mesures sonores.Dans A bout de souffle, la représentation du corps passe uniquement par la verbalisation. Lefilm est pudique et ne montre jamais les acteurs nus. Il sous-entend qu’ils ont fait l’amour,mais davantage par le trajet des vêtements et par l’ellipse sous le drap.
  10. 10. III – Analyse d’unextraitExtrait n°1 : Début du film,Michel Poiccard est au volantd’une voiture volée en campagnesur la route de Paris. Il souhaite yrécupérer son argent etconvaincre Patricia de son amour afin qu’elle accepte de partir avec lui à Rome.C’est le début du film, Godard occupe donc une place proche de Michel car il se trouve dans la voiture et également afin de présenter naturellement la personnalité du personnage. Godard est ici assit à la place du passager avant. Godard ne s’embête pas à filmer de manière très technique. Le monologue de Michel et la façon dont la scène est filmée, dévoile le fil conducteur du film et de la Nouvelle Vague : une césure face aux dogmes cinématographiques, et de vie en société. La musique rythme également, le monologue : elle est intrigante mais elle joue aussi avec le spectateurlorsque Michel regarde ce dernier : dit « si vous aimez pas la mer...si vous aimez pas lamontagne...,si vous aimez pas la ville..., allez-vous faire foutre ! » durant les pauses (points desuspensions) la musique a des sonorités aigues jusqu’à cette conclusion : « allez-vous fairefoutre ! » Le franc parler de Michel et son comportement naturel qui est familier « con »,« allez-vous faire foutre ! » … nous rapproche du personnage et de la réalité … ceci est voulupar Godard, et une caractéristique de la Nouvelle Vague.

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