dddddddd

534 vues

Publié le

sssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss

Publié dans : Économie & finance, Business
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
534
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
7
Actions
Partages
0
Téléchargements
7
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

dddddddd

  1. 1. Les,fucteurs de pet-fortnance de 1 ‘entreprise.Ed. AUPELF-UREF, John Libbey Eurotext. Paris 0 1995, pp. 125 138. 10Le principe du partage des profits et perteset la fonction transactionnelle de la monnaie(tontines et modèle financier islamique)S. ORDODY DE ORDODCrédit Lyonnais, FranceL’économie islamiquedéfinit un systèmequi prescrit desmoyens spécifiquesde compor-tementssociaux et économiquespour tout individu, qui ont trait notammentau droit de lapropriété, aux mécanismes incitations et allocations de ressources, prisesde déci- des desion. Elle reposesur un précepte fondamental, admis comme axiome, l’interdiction du tauxd’intérêt, “Riba”, défini comme étant “le retour fixe et prédéterminéde l’usagede la mon-naie”. Elle n’interdit cependant pas la rémunération de son usage, à condition qu’ellerésulte de l’activité qu’elle finance, constatéea posteriori. Alors que le modèle économiqueet financier contemporain est fondé sur un mode derémunération de référence des fonds prêtés, le taux d’intérêt fixe et prédéterminé telque : r = Pl - PU, PU étant le montant du principal prêté à to, Pl le montant rembourséen fin de période, tr, la différence entre PI et POcorrespondant au montant des intérêtspayés. Le modèle économiqueet financier islamiqueest fondé sur le principe du partagedes profits et pertes qui substitue à la précédenteformule la suivante : TC @E(R-C) = =(DE(PP), où JTconstitue le taux de rémunération périodique d’un prêt consenti. Le pour-centageQ correspondà un partagecontractuel, entre le prêteur et l’emprunteur, desperteset profits escomptés d’une opération de financement, ceux-ci étant définis comme la dif-férence entre le total desrecettesanticipées(R) et le total descoûts estiméssur la périodeconsidérée(C). 125
  2. 2. S. 0rdod.y de Ordod Par définition, le système économique et financier islamique s’appuie sur une rémuné-ration des fonds prêtés basée exclusivement sur le principe du partage des profits et pertes.Avec la généralisation d’un tel système, si des opérations d’achat-vente à court terme, detype MURABAHA, sont réalisables, comment assurer la gestion financière d’une entre-prise qui cherche à court terme à satisfaire deux objectifs : le besoin de liquidité, soit unedemande, et un désir de fructifier, soit une offre ? Cette question soulève bien des contro-verses qui discréditent la viabilité du système économique et financier islamique. Dans ce système, comment évaluer le profit effectivement réalisé sur des périodes infé-rieures à six mois ? Cela exige une comptabilisation complète en sous-périodes trèscourtes. Une telle hypothèse, envisageable sur trois, voire un mois, devient quasimentimpensable au jour le jour. Même un système de traitement informatique extrêmementsophistiqué ne résoudrait pas les difficultés issues de l’interdépendance comptable liée àl’activité entre les sous-périodes. Une suggestion consisterait à répartir également le pourcentage du profit annuel surplusieurs mois. Cependant, la mesure des profits et pertes étant obtenue LI posteriori, leurattribution, au titre d’une rémunération rétroactive du financement du besoin de fonds deroulement, manque d’immédiateté pour le pourvoyeur de fonds. Par ailleurs, l’utilisationpar la banque des fonds de compte à terme pour des opérations à court terme, solutiontechniquement possible, reste insatisfaisante pour une allocation optimale des ressourcesdisponibles. Au milieu des années 1980, la position du docteur Mohamad Wejatullah Siddiqi à cesujet était exhaustive : “Il ne paraît pas possible de satisfaire tous les besoins financiers dusecteur productif sur la base du principe du partage des profits et pertes. Les besoins defonds de roulement et autres besoins de liquidités à court terme devraient être satisfaitspar des prêts sans intérêt, dans le cas où la contribution de ces fonds au profit de l’entre-prise ne peut pas être comptabilisée. Mais puisque les banques ne retirent aucuneprofitabilité de telles opérations, le risque que ce besoin ne soit pas satisfait est évident.Or, en réalité, elles devraient être persuadées d’y consentir sur le motif d’une incitation àla régulation de l’entreprise et pour le bien de la communauté des affaires. Car, bien queleur profitabilité ne puisse pas être objectivement calculée, ces avances contribuent néan-moins à la création additionnelle de richesses en facilitant le processus de production” [7].Le soutien à la profitabilité d’un projet d’une entreprise par l’apport de cash-flow à titregratuit fait référence au prêt bénévole, QUARD-HASAN. Imaginer et admettre sans critique une attitude aussi philanthropique des banquessemble vraiment utopique. Comment donc satisfaire le besoin de trésorerie des entreprisessans trahir le principe du partage des profits et pertes ? Une réponse à cette question peutêtre recherchée dans l’examen du fonctionnement des “tontines”, ou, selon une termino-logie plus scientifique, des “associations rotatives d’épargne et de crédit” (AREC). Detradition ancestrale, elles relèvent de la pratique courante, notamment des peuplesd’Afrique et d’Asie. Christian Rietsch propose de définir la tontinc comme “un système que se donne ungroupe de personnes pour s’obliger collectivement à épargner en vue de jouir tour à tourd’une somme importante” [6]. Autrement dit, il s’agit d’un groupe de personnes agissanten circuit fermé, au sein duquel chaque membre apporte périodiquement un certain mon-tant, et chacun son tour, à chaque période, est constitué adjudicataire pour la Icvéc del’ensemble des apports des autres membres. 126
  3. 3. Il existe deux grandes familles de tontines, les tontines commerciales où l’épargnantremet ses liquidités en dépôt à un garde-monnaie moyennant rémunération de ce serviceet les tontines mutuelles à l’intérieur desquelles l’argent circule entre les membres. Parmicelles-ci on distingue : - les tontines à levées à tour de rôle selon un ordre qui provient d’un arrangement entreles membres à la date de création de la tontine. Les mises, le prix du tour et la position dutour dans le temps sont entièrement prédéterminés d’avance. - les tontines à levées tirées au sort, la position du tour dans le temps de chacun restantindéterminée à l’origine. Seul le tour est inconnu. - les tontines à levées par enchères, chaque membre qui n’a pas encore été adjudicatai-re pouvant formuler à chaque tour une offre pour acquérir le droit de lever la totalité desapports des autres membres. L’ensemble des trois variables demeure indéterminée. L’étude de la seconde famille de tontines permet de mettre en évidence l’existence d’unprix de la liquidité qui ne s’apparente pas au taux d’intérêt et qui encourage un compor-tement d’arbitrage de l’individu selon une analyse de portefeuille. Leur contribution àl’équilibre généra1 complémente l’application du principe du partage des profits et pertes.Ainsi, M. Dromain constate que les personnes de confession musulmane, majoritaires auSénégal, se tournent de préférence vers des instruments d’épargne et de crédit conformesaux principes de l’Islam, telle la tontine sénégalaise qui ne fait pas intervenir l’intérêt ]2].Le besoin de liquiditéLe concept et la fonction de la monnaie dans le système économique et financier fondésur le principe du partage des profits et pertes diffèrent de ceux du système financier tra-ditionnel. Pour ce dernier, la monnaie est considérée comme un bien comme les autres,acheté ou vendu pour un prix, le taux d’intérêt, en rapport avec ceux d’autres actifs. Dansle cas du premier modèle, la monnaie n’est pas considérée comme un bien, mais commeun simple moyen d’échange. Elle ne ferait pas l’objet de négociation pour elle-même, surun marché qui serait le sien. Deux raisons objectives écarteraient l’idée qu’il puisse y avoir un marché associé aubien monnaie : d’une part, on démontre, tant à l’aide de la théorie de la structure des tauxd’intérêt que par l’analyse du comportement des prêteurs et emprunteurs, que le prix de lamonnaie n’est pas unique à un instant donné ; d’autre part, ainsi que le fait remarquerClower, la monnaie est omniprésente sur tous les marchés en tant que contrepartie [Il.Elle sert d’instrument d’échange, motif de transaction, ou d’instrument d’épargne-inves-tissement, motif de spéculation.Le prix de la liquiditéKeynes a été le premier à mettre en évidence trois motifs de détention de la monnaie, lemotif de transaction, le motif de spéculation et le motif de prccaution qu’il pressent etauquel il associe la notion d’incertitude dans l’économie, en mettant en évidence le phé-nomene de la trappe à liquidité en relation avec le principe de la demande effective. Cettemême incertitude conduit l’individu à adopter un comportement qui peut paraître, selon la 127
  4. 4. S. Ordody de Ordodthéorie classique,irrationnel eu égard à la satisfaction de son besoin de liquidité présentou à venir.Taux de rendement impliciteSelon la théorie classique,l’individu a a priori une préférencerationnelle immédiate pourune consommationà l’infini, de sorteque le taux d’intérêt est le prix à payer à l’épargnantpour sa renonciation à cette consommation. Les analysesfinancières de la tontine, quelle que soit sanature, sur l’ensemblede soncycle de vie, effectuées par les professeursN. Mourgues et T. Pairault, dans le cadre duprogramme de recherche de l’Université des Réseaux d’Expression Française (UREF),tendent d’une part à démontrer I’irrationalité du comportement de l’individu confronté àcette hypothèse, d’autre part à mettre en évidence l’inexistence de taux de rémunérationexogène desfonds mis à disposition de la tontine explicites [4,5]. Au cours de la durée de vie de la tontine, chaque membreest ou bien prêteur vis-à-visdesautrestant qu’il n’a pasencore été adjudicataire pour lever la totalité de la mised’unepériode donnée, ou bien emprunteur dès qu’il en a été le bénéficiaire. Dès lors, l’analysede la tontine peut s’effectuer de deux manières. Dans le premier cas, les fonctions prêteur et emprunteur de l’individu sont séparées, cequi suppose que, pour l’individu, la date du passage saposition créditrice à saposition dedébitrice soit connue. Si l’on souhaiteappliquer un taux à chacune de ces fonctions, ondistingue le taux créditeur tel que la sommedesmontantsprêtéscapitalisésà ce taux, jus-qu’à la date de remboursement,soit égale au montant des fonds reçus en contrepartie parle participant à la date de remboursement, celui-ci dépendantdesenchèresà cette date. Letaux débiteur est défini de manièreanalogue.On constatealors que les taux débiteurssontstructurellement inférieurs aux taux créditeurs, que plus la durée du prêt est longue, moinsla position créditrice est rentable. La séparation de la position créditrice de la positiondébitrice est par conséquentnon défendable. Un systèmeoù les taux créditeurs et débi-teurs seraientstructurellement divergents est inconcevable, car, accepter cette divergencequi signifie que le prêteur ne prête pasau plus offrant et que l’emprunteur n’emprunte pasau moindre coût, revient à admettre que les agentséconomiquessont irrationnels. Si, au contraire, les opérationsde prêt et d’emprunt sont étroitement associées, sansdis-tinction entre les positions créditrice et débitrice de l’individu, il devient définitivementimpossible d’expliciter un taux d’intérêt, même distinct pour chaque individu, car iln’existe, pour chacun d’entre eux, aucuneréelle possibilité d’actualiser les flux. Il en résulte que l’adhésion d’un agent économiqueà une tontine n’est pasmotivée parun niveau de rémunération recherchéa priori, ni mêmeescompté,le taux de rendementde cette adhésionn’étant éventuellement identifiable qu’implicitement et a posteriori.Le coût de l’immédiatetéA chaque période du cycle de vie de la tontine, tous les membresapportent leur contribu-tion par leur cotisation, d’un montant toujours préétabli, le plus souvent égal. On définitpar ailleurs le “tour”, soit le moment où un membrebénéficie descotisations verséespartous les autres membresde la tontine, le “cycle” c’est-à-dire l’ensemble des tours étalés 128
  5. 5. Pu-luge des profits et pertes et,fonction trunsactionflelle de lu monnaiesur la durée nécessaire au désintéressement de tous les membres, le “lot principal” àchaque séance, soit la cotisation individuelle unitaire multipliée par le nombre demembres, les “petits lots”, tous montants autres que le lot principal résultant de l’activitéde la tontine et pouvant être mis à la disposition des membres. A partir de ces principes de base du fonctionnement de la tontine, s’observent les com-posantes du mécanisme des enchères qui déterminent le coût de la liquidité à un instantdonné, dans le cadre d’un marché fermé constitué d’un nombre de personnes bien établi. Dans ce contexte, la tontine s’apparente à un marché, “à la criée”, de libre concurren-ce pure et parfaite où se confrontent soit une offre de liquidités constantes (lot principal)à un besoin de liquidités évolutif décroissant, chaque membre ayant déjà levé la totalitéde la mise ne pouvant plus y avoir droit une seconde fois, soit une offre (les petits lots) àune demande de liquidités, parfaitement flexible, tous les membres pouvant avoir le béné-fice de ces petits lots à chaque tour pendant toute la durée du cycle de la tontine. Le coût ou le prix d’acquisition des liquidités exprimé par le montant atteint par lesenchères reflète la rareté de l’offre de la liquidité et la pression de la demande. Sur la duréedu cycle (lots principaux), on observe une fonction linéaire négative par rapport au tempsdu montant des enchères, une forte différence du niveau des enchères entre le début et lafin du cycle, comme entre les réunions. Au cours d’une réunion (les petits lots), il ressortune relative constance entre le montant de la première et de la dernière enchère, ainsiqu’une absence totale de corrélation entre le montant de l’enchère et le montant du petitlot. On en déduit que le montant atteint par l’enchère associée au lot principal mesure leprix de l’immédiateté du besoin de liquidité. Plus l’individu exerce rapidement son droitunique à lever la totalité de la mise, plus le coût de l’exercice de ce droit est élevé. Lemontant atteint par l’enchère attachée au petit lot mesure, quant à lui, le prix du degréd’urgence du besoin de liquidités, l’individu n’ayant de restrictions d’aucune nature &accéder à cette catégorie de liquidités. En définitive, s’il n’existe pas un marché de la monnaie stricto serzsu, mécanisme le dela tontine tend à montrer qu’il peut exister un marchéde la liquidité, différencié de celuide la monnaie,dont l’instrument de mesureest le prix de sadisponibilité. Ce prix n’est-ilpas lui-même l’expression d’une contrepartie ?Le motif de précautionAu sujet des tontines, un débat existe sur la prise en compte d’une préférence intertem-porelle de l’agent économique qui y adhère. Pour Nathalie Mourgues, l’absencede tauxd’intérêt explicite l’amène à nier cette préférence intertemporelle [4J Christian Rietsch,quant à lui, s’opposeà cette conclusion et affirme que le mécanismedes enchèresmesu-re avec précision les préférences intertemporelles de chacun, selon le degréd’immédiateté, voire d’urgence à satisfaire son besoinde liquidité [6]. Les positions cré-ditrices et débitrices de chacun expriment cette préférence qui se manifeste sansautretechnique de rationnement que par le prix. Il ne s’agit cependant plus, dans le cas présent, d’une préférence intertemporelle ausensclassiquedu terme tel que, sansrémunération de l’épargne connue a priori, l’agentéconomiquetend à consommerimmédiatementà l’infini. Au contraire, l’individu partici- 129
  6. 6. S. Ordody de Ordodpant à une tontine épargne par précaution, quel que soit le niveau de rémunération de cetteépargne, pour diminuer le coût de la mise à disposition des fonds nécessaires à la satis-faction de son besoin de liquidité.Lu maîtrise du couple disponibilitéhon-immédiatetéLe raisonnement intertemporel de l’individu ne s’applique pas à des événements exclusi-vement dus au fonctionnement de la tontine en elle-même, mais prend en compte desévénements extérieurs, prévus ou escomptés. Le prix à payer pour l’accès, à un moment donné, à un certain niveau de liquiditésn’implique pas un gain en soi du fait de la participation à une tontine. Mais la disponibi-lité d’une certaine somme à un certain moment doit permettre la réalisation d’un gain quiest à évaluer en dehors de la tontine. La tontine n’est alors qu’un instrument, un servicequi s’intègre dans une optique économique plus globale, la gestion du besoin quotidien detrésorerie d’une entreprise. Ce service a des coûts, coûts d’opportunité et de couverture,que le trésorier, par une approche intertcmporelle liée à la connaissance de ses besoinsfuturs, a pour vocation de minimiser. Ainsi, on suppose que l’adhésion de l’agent économique à une tontine répond bien à uncomportement rationnel. 11anticipe le volume et les délais de ses besoins de liquidités, etrecherche en conséquence la participation à une tontine au sein de laquelle il prévoit lepositionnement, au cours de son cycle, de l’exercice de son droit d’adjudication. Selon ledegré d’incertitude lié à la nécessité de se procurer des liquidités à un instant donné, ilchoisit une participation ou bien à une tontine dont les tirages par chacun des membres estprédéterminé à l’avance, cas où le coût d’opportunité est réduit à zéro, ou bien à une ton-tine à enchères, en essayant de réduire les situations d’urgence qui accroissent d’autant lerisque d’un coût d’opportunité élevé. II est permis de penser que plus tard à l’intérieur du cycle de la tontine le droit de tira-ge est exercé, moins élevé sera le coût d’opportunité. Toutefois, si chaque membre tientle même raisonnement au sein de la tontine, le coût d’opportunité aura tendance à êtrelisse, notamment sur la première moitié de la durée du cycle. Cependant, la participationà une tontine signifie l’apport et l’immobilisation de liquidités au titre des cotisations tantque l’exercice du droit de tirage n’a pas été effectué. La renonciation à l’utilisation de cesdisponibilités pour investir ou consommer immédiatement a aussi un coût qu’il importeégalement de minimiser en raccourcissant au mieux le délai de récupération de ces fonds,de sorte qu’une pression sur les enchères, en début de cycle de la tontine, s’exerce natu-rellement. Le coût de cette immobilisation s’apparente au prix d’une couverture à terme du besoinfutur anticipé de trésorerie. Si cette anticipation est certaine, l’agent économique partici-pe à une tontine dont les tours de tirages sont mutuellement préétablis en fonction de ladurée de couverture escomptée, afin de réduire le coût d’immobilisation autant que pos-sible. En cas d’incertitude, la durée de couverture devient aléatoire, de sorte qu’il enrésulte une prime de risque supplémentaire qui se traduit par le prix (ou coût d’opportu-nité) de la mise à disposition de liquidités atteint à un instant donné par les enchères. 130
  7. 7. Partage des profits et pertes et,fimction transactionnelle dc la monnaieLa gestion d’un portefeuille tontinierLes tontines sont très diversifiées. Une gamme infinie peut ct doit exister pour permettreà chacun d’établir un échéancierde cotisationset de ressources adapté au rythme de per-ception de sesrevenus ou à sa structure de cash-flow. Chaquetontine peut être considéréecomme un outil ou produit financier a part entiè-re. En effet, chaquecatégorie ou variante permet à tout adhérent au systèmetontinier dcbénéficier d’un service financier particulier, taillé sur mesure à ses besoins. Le choixd’une combinaisonprécisede plusieurstontines par un individu confirme que celui-ci agitavec un comportement rationnel d’arbitrage, visant à optimiser sonrecoursen fonction dumontant des fonds placésou perçus (épargneet avance), du délai de placement ou d’ob-tention desfonds (opportunité d’investissementou dépenses exceptionnelles) et descoûts21supporter.Chaquecombinaisonconstitue un portefeuille tontinier, composédestontinesque fréquente l’individu. Ce portefeuille tontinier a pour propriété d’être perpétuellement évolutif. SelonJ.L. Lespés, les tontines se caractérisent comme des innovations financières réaction-nelles, remarquables par leurs performances et leur compétitivité [3]. Leur diversitéattestequ’elles réagissenteffectivement 21 contraintes qui varient en permanencedans desle temps. Parler d’innovation financière est possibleà propos d’un instrument financierlorsqu’il améliore l’efficacité économiquedes arbitragesdes agentséconomiques. II ne faut cependantpas écarter toute notion de risque de la pratique tontinière, princi-palement le risque de défaillance au respect desobligations de chaque membre,relativesà leur appartenanceà une ou plusieurstontines. Chaque tontine a un nom, un règlementintérieur qui définit son organisation,sesrègles de fonctionnement et crée ainsi au gérantet aux membres,desobligations administrativesou financières. Des garantiesou descau-tion peuvent être exigées des adjudicataires. Un membre qui n’a pas encore étéadjudicataire et qui faillirait au versementde sa cotisation est expulsé avec (s’il est rem-placé) ou sans(s’il est pénalisé)remboursement sesmisesantérieures.En cas de litige dedurable et ultime, le recours à la justice est exercé. Il peut néanmoinsen résulter éven-tuellement une perte totale des misesde chacun des membres.Au portefeuille tontinier,doit donc être ajouté un critère de qualité du risque ou encore de risquerésiduel. Produit financier, la participation à une tontine procure en définitive un service, plus oumoins risqué, dont la contrepartie est le prix, y compris sousforme d’acceptation, d’uneperte en cas de sinistre. Comme tous les biens et services, le paiement de ce prix répondau motif de transaction de la monnaie. Néanmoins, son utilisation provient du désir del’agent économiquede se prémunir face à un risque de carence en liquidités en cas debesoinimmédiat. Elle projette, éclate et répartit dansle futur l’immédiateté immanentedubesoinde liquidités. L’analyse du mécanismetontinier intègre dansle motif de transaction le motif de pré-caution à détenir ou non de la monnaie.Le critère fondamental est la mobilisation del’épargne, quel que soit le rendementescomptépar l’individu. 131
  8. 8. S. Ordody de OrdodÉconomie formelle ou informelle ?Le mécanisme tontinier est considéré en marge de la science économique moderne carhors de son contrôle. Il appartient à une économie qualifiée d’informelle qu’il faudraitdompter pour l’intégrer, l’absorber, voire l’anéantir dans le système économique et finan-cier contemporain. Or, l’analyse tend à montrer que le système tontinier pourrait bien contribuer, par natu-re, a l’équilibre général pour motif de précaution associé au motif de transaction de lamonnaie.La vitesse de circulation de la monnaieL’analyse quantitative de la monnaie est normalement connue sous la formulation donnéepar Fisher : MV = PY, où M est la quantité de monnaie existante dans l’économie, V savitesse de circulation, c’est-à-dire le nombre de transactions réalisées par une unité demonnaie pendant une période donnée, P le niveau général des prix, Y le nombre de tran-sactions ou la masse des flux réels pendant cette même période. Cette relation classiqueuniverselle établit un lien entre les variables réelles et monétaires de l’économie.La monnaie est composée de liquidités, billets ou pièces, de dépôts à vue, de la quasi-monnaie comprenant les dépôts à terme, aisément monétisables. Cet ensemble, qui formela masse monétaire, est contrôlable par les organismes d’émission des billets ou des pièceset d’intermédiation financière, banques ou caisses d’épargne.Hors de ces circuits habituels, dits formels, de l’économie moderne, existent les tontines.Or elles influencent la relation de Fisher. Elles permettent d’approfondir les composantesde la vitesse de circulation de la monnaie et le comportement d’arbitrage de l’individudestiné à satisfaire au volume de ses transactions.Les composantes de la vitesse de circulation de la monnaieLes tontines font circuler la monnaie en contrepartie, non pas d’un échange définitif debiens et services, mais d’une accumulation temporaire, éphémère, de créances et de dettes. Au sein de la tontine, ce n’est donc pas l’argent qui circule entre les adhérents qui s’ac-cumule. En changeant constamment de mains, la monnaie laisse une trace, chaqueparticipant devenant créancier ou débiteur de ses partenaires. Si dans les banques com-merciales traditionnelles, les dépôts et les crédits sont des stocks qui progressentlentement et qui n’affectent que faiblement la liquidité de ces institutions, dans le bilandes tontines, les dépôts et les crédits sont au contraire des tlux qui augmentent très rapi-dement pendant le cycle de vie de la tontine, et qui disparaissent instantanément le dernierjour, faisant varier constamment et fortement la liquidité de ses membres. Les positions créditrices et débitrices sont à cet égard intéressantes à observer. Elless’équilibrent dans le temps à chaque période du cycle de vie de la tontine et fluctuentd’une façon parfaitement symétrique. Elles s’équilibrent aussi dans l’espace pour l’en-semble des participants et non pour chacun d’entre eux. En conséquence, les tontines contribuent à l’équilibre monétaire de l’économie endiminuant les encaisses oisives qu’elles redistribuent par le jeu de l’accumulation de 132
  9. 9. Partage des prqfits et pertes et fonction transactionnelle de la monnaiedetteset de créances.Elles accélèrentla vitessede circulation de la monnaie,en fonctiond’un certain nombre de variables qui caractérisent le fonctionnement de chaque tontine.Par contre, elles n’ont pas pour vocation d’injecter de la monnaie nouvelle dansl’écono-mie. La vitesse de circulation de la monnaie devient donc intrinsèquement mesurable,enrelation étroite avec le processus d’accumulation de dettes et de créances.Celle-ci diffèreavec chaquetontine et dépenddu nombre de participants, du montant de la cotisation uni-taire, de la durée du cycle de vie de la tontine, du nombre de tours et de leur périodicité,sachant que le nombre de tours au cours du cycle de vie de la tontine, définissant lenombre de parts, est généralementégal au nombre de participants, et doit être en tous casun nombre entier multiple du nombre de participants. A chaque période, le volume dessommesqui circulent reste constant et correspondà l’ensembledes versementseffectuéspar les membres,soit le montant de la part multiplié par le nombre de parts. Le rythme decirculation dépend,quant à lui, de la période écoulée entre chaque tour. Le volume de liquidités et son rythme de circulation, ainsi déterminés,constituent lesdeux composantes essentielles la vitesse de circulation de la monnaieinfluencée par les detontines.Les “stimuli” de la vitessede circulation de la monnaieDans la Théorie Générale, Keynes ne fait pratiquement aucun développementau sujet dela détention de monnaiepour motif de transaction.11 renie pasl’idée de Fisher ou Pigou neselon laquelle il existe une relation proportionnelle entre quantité de monnaie et revenu,exprimée par un coefficient au contenu très vague qui dépend, selon lui, de caractéris-tiques structurelles, du système bancaire, de l’organisation industrielle, des habitudessociales. Cette dernière intuition, Keynes l’a abandonnée pour privilégier et généraliserle phé-nomènede la trappe à liquidité rattachéeau motif de spéculation, l’individu choisissant dedétenir de la monnaie dèslors qu’il estime que la perte anticipée d’un investissementencapital risque d’être supérieureau produit escomptéde sa rémunération. Tenant comptede l’incertitude de l’environnement, il associecette démarcheà la notion d’efficacité mar-ginale du capital rattachée au principe de la demandeeffective. Il considCrcle coefficientstructure1qui relie la quantité de monnaie au revenu comme relativement stable à courtterme. En supposantqu’une parfaite liquidité dc la monnaien’existe pas, la théorie du porte-feuille confond de mêmele motif de spéculationavec le motif de transaction en optimisantla détention de monnaie plutôt que de titres par la minimisation de leurs coûts de trans-formation, et la maximisation des rcndcmcnts attendus des titres. L’ensemble dupatrimoine de l’individu, le volume destransactions,en fonction desbesoinset ressourcesfuturs prédéterminés,étant alors pris en compte, on démontre que la dktcntion moyenneoptimale de monnaiepour une pkriode donnéeest une fonction inverse du taux d’intCr&.Cette approcheconfirme alors le fondement de la justification du taux d’intérêt de la théo-rie classique,tel que plus le taux d’intérêt est élevé, moins l’individu aura tendance àconserver de liquidités, ct inversement. Néanmoins,ce constat n’est valable que si l’on considkre un modèle où le risque esttotalement ignoré pendantla période où toutes lesdécisionssont prises,ct si tous lescoûts 133
  10. 10. S. Ordody de Ordodet r&munérations sont connus avec certitude à l’avancè. De plus, il suppose une parfaiteliquidité du marché, et par conséquent n’envisage pas l’hypothèse de rareté de la monnaie. Adhkrcr à une tontine signifie précisément la prise en compte de besoins de liquiditésfuturs incertains et l’application de la loi de l’offre et de la demande à la satisfaction deces besoins. Ces deux phénomènes, apparentés au motif de précaution à se prémunircontre ce risque de non liquidité immédiate, se traduisent par des coûts d’opportunité decouverture, en contrepartie de gains réalisés en dehors de la tontine grâce à la réalisationde cette disponibilité. L’ensemble de cet environnement agit sur les composantes de la vitesse dc circulationde la monnaie à partir du moment où l’individu tente de maîtriser et maximiser la satis-faction de son besoin de liquidités.La contribution des tontines à l’équilibre généralL’objectif de tous modèles économiques est la recherche d’un équilibre @néraI de pleinemploi, aussi stable que possible. Cet objectif doit être atteint sans nuire au comportementrationnel des agents économiques. Il n’est permis de parler de modèle économique que sices deux préceptes sont respcctk sans compromis, le second étant 211‘origine du premier. Le système tontinicr ct Ic principe du partage des profits et pcrtcs ont pour particulari-té commune d’appartenir à un modèle économique général qui renonce aux postulatsclassiques dc la formation des taux d’intérêt et qui en nie I’cxistence explicite. Ce modè-le, en revanche, rejoint celui de Keynes qui relie l’épargne au rcvcnu global. Ainsi, à chaque période de référence, siY = c + s avec Y : rcvcnu global de l’économie, C : niveau de consommation ; C = cY, c étant la propen- sion marginale à consommer, S : niveau dc I’kpargnc ; S = SU, s étant la propension marginale a épargner, s = l-cMo=Md Mo étant I’offrc globale nominale de monnaie, Md étant la demande globale nominale dc monnaie,soit l’équivalentM/P = M(Y) + M(n) M étant l’offre globale dc monnaie, P étant le niveau général des prix, M(Y) la demande dc monnaie pour motif de transaction, M(X) la dcmandc dc monnaie pour motif dc spkulation, z étant la richesse nouvelle créée,on peut cncorc Ccrire:M/P = Y/V + M(@E(R-C)), V étant la vitesse dc circulation de la monnaie. Cc modClc a pour objectif dc minimiser Ics cffcts pcrvcrs dc l’absorption dc chocs Cco-nomiques cxterncs futurs imprévisibles, tant à court terme pour motif de transaction dedétention de la monnaie qu’à long terme pour motif dc spCculation, cet objectif se tradu-sant dans Ics faits par Ic motif dc précaution interactif au sein des deux autres motifs. 134
  11. 11. Partage des profits et pertes ct,fimction transactionnelle de la monnaieLa volonté d’épargnerEu égard au principe du partage des profits et pertes, le processusd’épargne émanedcdeux facteurs, l’un objectif, l’autre psychologique : la possibilité d’épargner et la volontéd’épargner. La possibilité d’épargner est une relation comptable entre la consommationetle revenu. Le revenu constitue une limite relative, quantitative, pour toutes les variablcspsychologiques qui influencent la décision d’épargner. La psychologie, quant à elle,dépendde facteurs institutionnels, de la perception de l’environnement économique,dc laconception de son niveau de patrimoine à maintenir. Ccttc dernière est animée par uncomportement rationnel composéd’un désir de se provisionner pour faire face aux aléasdu futur, quel que soit le rendementescompté,et de la recherchedu profit pour lui-même,motif de spéculation. En conséquence,l’épargne serait donc essentiellementen relationavec un revenu indéterminé, le profit. Le principe du partagedesprofits ct pertesne satisfait cependantque le désir de sepro-visionner à long terme. Dans un contexte dc court terme, à l’appui des mêmesconceptsde volonté et de capacité d’épargner, l’agent économiqueraisonnealors dansle cadre desmécanismes relatifs aux tontines. Considérons exclusivement l’offre et la demande de monnaie pour motif detransaction :Mo = Md = kY = (C+~)/V,Ct=cl +c2, Ct étant le coût total de la satisfaction du besoinde trésorerie, c 1 le coût d’opportunité de la satisfaction du besoin de trésorerie, c2 le coût de couverturc dc la satisfaction du besoinde trésorcrie,on peut écrire :S = Y-C = f(Ct = cl + c2), S résultant d’une relation comptablc ct étant défini comme la capacité à épargner. Si S < 0, C > Y, autrement dit l’individu se trouve dans une situation de déficitd’épargneface à un besoin de trésorerie immédiat nécessaire pour satisfairesonbesoindcconsommationprésent, supérieurà son revenu. Dans ccttc hypothèse, Ct = cl et c2 tendvers 0. Si l’on supposeque l’individu n’a paseu l’occasion de secouvrir dansle passé dcsonbesoinprésentde trésorerie, plus élevé est Ic déficit de l’épargne, plus élevé est le coûtd’opportunité. Si S > 0, C < Y, autrement dit l’individu disposed’un excès dc disponibilités immé-diatcs. Dans ce cas, évcntucllement Ct = c2 ct cl tend vers 0. Dans cette hypothCsc, sil’agent économiqueest rationnel ct si l’on admet que :Ct = cl + c2 < c’l, avec c’l = cl lorsque c2 tend vers 0,ct Ct = c I + c2 > ~‘2, avec c’2 = c2 lorsquec I tend vers 0,celui-ci tente de minimiserCt souscontraintes probabilistcscn fonction de sesprqjectionsescompt6es aléatoiresde ressources besoinsdc tr6sorcrie. et et Trois observationspeuvent être formulées à partir dc cette démonstration : La préférence pour la consommation présente, contrairement à la théorie classique,dcvicnt une notion objective, quantifiable, dont le coût est d’autant plus élevé qu’elle estincontournable, impossibleà reporter dans le futur, et qui par conséquentaffecte l’équi-libre général présentet futur de l’économie. 135
  12. 12. S. Ordody de Ordod Le mécanisme tontinier, par les obligations contractuellesqu’il engendreentre les par-ticipants, incite ou induit, selon lescirconstances,une épargneindividuelle forcée. En casd’excès d’épargne, l’agent économiquedoit apporter sacontribution par sescotisations :en cas de déficit d’épargne, avec ces mêmescotisations, il doit amortir sa position débi-trice vis-à-vis des autresmembres. Mais, plus fondamentalement, il ressort une sorte de confirmation que la décisiond’épargner dansune tontine, pour motif de transaction de la monnaie, s’analysedavanta-ge en terme de coûts comparésà un gain qui lui est extérieur, que de rendementexplicite,non identifiable à priori, dégagépar la tontine. Par conséquent,l’épargne pour motif despéculation s’oriente à long terme dans le cadre du mécanismedu partage des profits etpertesLe contrôle de la massemonétaireMo = Md, soit M/P = M(Y) + M(n).Considéronsd’abord que Mo demeureconstanteet M(Tc)=0. On ne s’intéressedonc qu’àla fonction transactionnelle de la monnaie.M(Y) = YN = (C+S)NSi S = Y-C et S = f(Ct), on peut écrire :M(Y) = IN(C+f(Ct)). On suppose,de plus, que sur le marché de la liquidité destontines Ct = cl, car c2 relè-ve plutôt de décisionsindividuelles antérieuresdéconnectées la situation instantanéedu demarché, bien que cl soit a posteriori influencé par c2. Par ailleurs, on raisonne sur l’hy-pothèse que l’information relative au dénouementde chaque transaction est parfaite, desorte qu’il est possiblede déterminer un coût Ct moyen pondéréglobal pour l’économie. Si maintenantf(Ct) est constant, on retrouve bien une relation étroite entre la vitessedecirculation de la monnaie et le volume destransactions. L’individu, pour seprocurer desliquidités, a le choix entre céder desbiensou des titressur le marché secondaire ou bien recourir au mécanismedestontines. Ce choix est établien fonction du degré de liquidités dudit bien ou titrekréance, sachantque seul, à l’aide dela gestion d’un portefeuille tontinier, l’individu peut atteindre un degré vraisemblable deliquidité parfaite au moindre coût à un instant donné. En effet, la cessiond’un bien outitrckrcance implique la renonciation de son usageou de sa rentabilité, voire la réalisa-tion éventuelle d’une perte en capital pour cause d’urgence. La part de la contribution des tontines au volume destransactionspeut être déterminéepar le rythme de circulation de la monnaie (fréquence des tours) et le volume de liquidi-tés disponibles(a chaque tour) au sein de la tontine. Si l’on suppose que cescomposantesdemeurent inchangCes, f(Ct) varie alors en fonction de la pressionou non de la demande.Autrcmcnt dit, si f(Ct), par exemple, augmente,on en déduit que l’élévation de la vitessede circulation de la monnaiegrâce au marchésecondairedesbiens ou des titres est insuf-fisante pour satisfüirc l’accroissementde la demande.F(Ct) ne peut s’orienter à la baisseque si les caractéristiquesde l’ensembledes tontines sont modifiées, de sorte que V aug-mente, OLI si l’offre de monnaie s’accroît et inversement. Considcronsh nouveau I’enscmblc de la relation M/P = IN(C + f(Ct)) + M(z). 136
  13. 13. Partage des profits et pertes et,fonction transactionnelle de la monnaie Selon le principe du partage des profits et pertes, il n’y a injection de monnaie supplé-mentaire dans l’économie que dans la mesure où il y a présomption d’accroissement derichesse exprimée par le profit escompté d’un investissement. La création de monnaie nepeut donc s’effectuer qu’en contrepartie d’une créance nouvelle. Cet apport de monnaiesupplémentaire se constitue ensuite en disponibilités monétaires qui circulent dans l’éco-nomie, de sorte que l’une ou l’autre composante de la fonction transactionnelle de lamonnaie peut varier. Ces variations ne sont toutefois significatives que si, à la fonctiontransactionnelle de la monnaie, est associée l’obligation de réserves obligatoires (100%)de sorte que l’offre de monnaie destinée à cette fonction soit parfaitement connue. Avec la crise bancaire des années 1980, certains économistes, parmi lesquelsKindelberger, ont défendu l’idée d’établir un système financier d’équilibre qui prônel’existence parallèle et séparée de deux types de banque, associés à deux fonctions dis-tinctes de la monnaie : la fonction de paiement et la fonction de portefeuille. Ils prétendentd’ailleurs que l’instabilité financière d’un système bancaire proviendrait, et de l’applica-tion de réserves obligatoires fractionnelles, et d’une rémunération fixe sur les dépôts. En dernier ressort, les autorités monétaires disposent d’un ultime indicateur de sur-chauffe de l’économie, le niveau général des prix, afin de réguler conjoncturellenent laquantité de monnaie offerte.ConclusionAu niveau individuel, l’épargne se mobilise à court terme comme à long terme en fonc-tion du profit escompté. Dans le premier cas, la disponibilité de liquidités, à un instantdonné, procure un gain sous contrainte d’en minimiser le coût. Dans le second cas, lathéorie du portefeuille, sans même l’application du principe du partage des profits etpertes, montre que l’individu épargne pour motif de spéculation, quel que soit le rende-ment escompté. Ce comportement rationnel de l’individu permet, au niveau global.,d’écrire une équation d’équilibre qui met en relation l’offre de monnaie à court terme avecle prix de la liquidité et celle à long terme en fonction de profits futurs, d’abord escomp-tés, puis constatés. Ce modèle repose sur la généralisation du motif de précaution appliqué tant au motifde transaction que de spéculation à détenir ou non de la monnaie. Ce modèle est destinéà absorber et à répartir les chocs économiques liés à un environnement incertain grâce àla parfaite flexibilité conjoncturelle du prix du capital, adaptée au comportement ration-nel de l’individu. Ce motif de précaution associé au besoin de liquidités ne pourrait-il passusciter l’étude d’organismes de type “assurances” qui, moyennant le paiement d’uneprime en fonction de la fréquence des tirages, et/ou le blocage de fonds sur une périodedéfinie, couvriraient le besoin de liquidité des agent économiques ? Il semble en réalité possible d’essayer de concevoir un modèle économique et financierd’équilibre complet sur l’hypothèse de l’élimination du taux d’intérêt fixe et prédétermi-né. 137
  14. 14. S. Ordody de OrdodBibliographie 1. Clower R.W. (1969). Monrfury Theory. Penguin. 2. Dromain M. (1990). L’épargne ignorée et négligée : les résultats d’une enquête sur les tontines au Sénégal. In : Lelart M. éd. La tontine, pratique injbrmelle d’épargne et de crédit duns les puys en voir de dt!vrlopprment. John Libbey, Paris : 139-76. 3. Lespès J.L. (1990). Les informalités tontinières : traditions et innovations. In : Lelart M. op. cit. : 323-46. 4. Mourgues N. (1990). Réflexions sur les mécanismes financiers des systèmes tontiniers. In : Lelart M. qx cit. : 24566. 5. Pairault T. (1990). Mkanique drs ,sy.stL:mr.s tontiniers chinois. Note dc rcchcrchc UREF/AUPELF, no 91- 17. 6. Rietsch C. (1990). Les parumètres de hase des tontines ù Niamey. Note dc recherche UREF/AUPELF, no 90-8. 7. Siddiyi W. (198 1). Rationalité du syst2me huncuire islurnique. Document de la Banque Arabe d’lnvestissemcnt International. 138

×