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— 16 —  savoir pourquoi,      » à quoi bon,  ce faire des découvertes ? »                 dites-moi,                      ...
— 17 —losophie et Morale, par Jules Andrieu,      pré-parateur au baccalauréat     ès lettres ;    2° Dune publication    ...
— 18 —   Page 59 :   « Mais lanimal qui accapare lattention dumonde savant, cest le singe. Carl Vogt ter-mine ses belles E...
— 19 -lâme de nos enfants. —Diantre!                  quest-ce                      donc Mon être?...         Eh! eh!que c...
— 20 -   instituteurs      et des pères de famille vraiment   honnêtes.      LEducation       populaire      est une pacot...
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— 25 —brochure.      Jarrive    à la presse périodique,cest-à-dire    au journal. — Après avoir renduun hommage légitime a...
— 26 —    la science, la honte au niveau de                                              lhonneur,    placent sans façon l...
-27     -affichant      des allures tout à fait indépen-dantes.     Habitués      à souffler le froid et lechaud,    ils v...
-28-       lobligeance    toute désintéressée dun    a    nal étonnamment                                   jour-         ...
-   29 —rose NOTABLEMENT          DÉCOLLETÉE, portant sur                  NUES une écharpe         dun bleuses épaulessap...
— 30 —     On mobjectera         maintenant      ce que lon  voudra ; je le déclare, lécrivain                            ...
— 31 —sépanouir       au    bas dune feuille qui se ditconservatrice,        des oeuvres aussi niaises quim-              ...
— 32 — dire : « Le maître sera content !... » Le maî- tre, le monstre qui va se baigner dans le sang des petits enfants, q...
— 33 —encore ! Que        voulez-vous ? « Cest imprimé !Cest le papier qui          le dit ! » O puissance      dela press...
— 34 — lhistoire, cette grande institutrice   de lhu- manité; si nous voulons être une nation libre ou une horde asservie ...
— 35 —   Hommes dordre et de conservation,     cetteparole  du cardinal de Richelieu    est encorevraie aujourdhui;  elle ...
DU MÊME         AUTEUR    Pour paraître prochainement : la 2e éditionde Nos Vrais Sauveurs : la Famille lEcole,précédée de...
Mauvaise presse 1874
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Mauvaise presse 1874

  1. 1. Caron, Ernest (chef dinstitution à Paris). Un Coup doeil sur la mauvaise presse... par Ernest Caron,.... 1874.1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques doeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de laBnF.Leur réutilisation sinscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait lobjet dune licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produitsélaborés ou de fourniture de service.Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de larticle L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il sagit : *des reproductions de documents protégés par un droit dauteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sanslautorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèquemunicipale de ... (ou autre partenaire). Lutilisateur est invité à sinformer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.5/ Les présentes conditions dutilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateurde vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.6/ Lutilisateur sengage à respecter les présentes conditions dutilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de nonrespect de ces dispositions, il est notamment passible dune amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.
  2. 2. UN COUP DOEIL SUR LAMAUVAISE PRESSE dédié Opuscule spécialement AUXPERES DE FAMILLE& AUX INSTITUTEURS PAR ERNEST CARON Chef institution,Paris d à Auteur de lInstruction laïque, de Nos Libres Penseurs, de Nos Vrais Sauveurs: la Famille, lEcole, tc. e PARIS LIBRAIRIE CATHOLIQUE 38, RUE SAINT-SULPICE, 38 1874
  3. 3. A LA MÊME LIBRAIRIE LOUVRIERSES DEVOIRS ET SES DROITS PAR G. CHAULIN Joli volumein-12— Prix: franco, 2 francs.
  4. 4. UN COUP DOEIL. SUR LA MAUVAISE PRESSE Dans un pays où le besoin dinstruction se fait sentir plus vivement chaque jour, dans un pays où le goût, je dirais mieux, la passion de la lecture, se répand jusque dans la classe populaire, le plus grand ennemi de la société, la puissance la plus destructive de la vie nationale, cest la mauvaise presse. Tel est le fait qui simpose, dans sa hideuse brutalité, à lattention des instituteurs et des pères de famille, et qui réclame impérieusement toute la sollicitude des hommes chargés des pou- voirs publics. Jinvite surtout les partisans de la libertéabsolue de la presse à vouloir bien lire ces quelques pages, où je me charge de démon-
  5. 5. — 4 —trer succinctement cette vérité, en me pla- çant au point de vue presque exclusif de lajeunesse, et en écartant complétement de la question qui, du reste, est purement moraleet intellectuelle, la politique, cette vilaine chose qui nous a fait tant de mal jusquici, etnous en fera peut-être bien plus dans lavenir. Le Saint-Père, dans une audience donnée,le 29 mars dernier, aux élèves de lUniversitécatholique de Rome, répondit à une adressetouchante, par un discours dont jextrais etcite à dessein, ici, ces paroles remarquables : « Toutes les fois que, dans la société hu-maine, il sest produit quelque désordre,quelque révolution, quelque renversementde lordre public, la jeunesse a toujours étéprise comme point de mire, par les uns pourla rappeler et la maintenir dans la bonnevoie, par les autres, pour la corrompre da-bord dans son coeur et ensuite dans sonesprit... Je vous le répète, dans toutes lesrévolutions... toujours on a cherché à cor-rompre la jeunesse. On ne manque pasdexemples, anciens et modernes, qui viennentà lappui de cette affirmative, considéréesous sa double origine » Qui donc oserait nier que cela est vrai,dans notre malheureux pays plus que par-
  6. 6. — 5 — tout ailleurs? Lenfant, cette chose si sainte,cette fleur immaculée, " cette âme rose, » cette âme qui murmure et chuchote des hymnessi ineffables, si divins, il est aisé de voir ce quen fait trop souvent, parmi nous, le génie du mal, fidèlement servi par les satel-lites de la mauvaise presse : des athées, des matérialistes, des libertins et quelquefois des scélérats. Na-t-on pas remarqué que les plus grands criminels ont été dépravés, dès lenfance, parles mauvaises lectures ? Nen a-t-on pas vu, en pleine cour dassises, confesser que cestla basse littérature qui les a entraînés dansla voie qui aboutit fatalement au bagne et àléchafaud? Engeance honteuse, éclose dufumier des infâmes doctrines, nourrie parléducation sans Dieu, par cette éducationmenteuse et monstrueuse, que les apôtres du socialisme ont juré dimposer à notre mal-heureux pays, sous le titre insensé dInstruc- tion laïque! Race hideuse et malfaisante,crachant cyniquement sur le prêtre, aprèsavoir craché sur ce quon appelle famille,patrie, honneur, après avoir craché sur samère, après avoir craché sur son Dieu ! Mais il faut bien, mobjectera-t-on, ouvrirlesprit de la jeunesse aux idées nouvelles,
  7. 7. — 6 —cest-à-dire aux idées de progrès, de liberté,de patriotisme, etc. Et les ouvrages que vousattaquez si vertement ne sont-ils pas, pourla plupart, très propres à remplir cet objet ?— A cela, je répondrai nettement que lesidées nouvelles, idées dites libérales, sontcorrompues dans leur principe par la plupartde ceux-là mêmes qui vont les prônantparmi nous, et quelles deviennent, en rai-son de leur exagération insensée, de leurimpiété révoltante , des idées subversives detout ordre et de toute morale, capables dejeter dans lesprit de nos enfants les notionsles plus fausses et les plus monstrueusessur lhistoire, sur la morale, sur la religion,sur les hommes et sur les choses, capables,malgré leur prétention dassurer le bien-être des masses, capables, dis-je, do faire ré-trograder tout un peuple jusquaux dernièreslimites de la barbarie. Je vais le prouver avecdautant plus de facilité que les arguments abondent autour de moi. Je prends dabord, entre mille et une pro- ductions du même genre, une brochure in-titulée : MAXIMILIEN ROBESPIERRE, laquelle vient dêtre répandue à profusion jusque dans les campagnes :
  8. 8. « Robespierre, dit lauteur, mérita le sur-nom dIncorruptible, décerné par ses contem-porains, et que lhistoire lui a conservé Le9 thermidor 1794, il meurt sur léchafaud avecson frère et ses amis dévoués : ils furent exé-cutés sans jugement. Un assassin, un gen-darme, lui avait fracassé la mâchoire duncoup de pistolet, au moment de son arres-tation. « Sa mémoire fut flétrie par tous les gou-vernements qui se sont succédé Cest le sortréservé à tous les martyrs succombant dansla grande tâche daméliorer les lois politi-ques et sociales de lhumanité Sa vie futtoute dévouée au peuple . Son visage graverespirait la bienveillance » Cest ainsi que se fait lapothéose des plusvils scélérats; cest avec cette sincérité quesécrit lhistoire, dans le sens des idées nou-velles ! Si jouvre le livre qui fait actuellement lesdélices des partisans des idées nouvelles, leQuatre-Vingt-Treize, de M. Hugo, parmitoutes les énormités dont cette oeuvre four-mille, je détache celle-ci, qui sétale à lapage 42, chap. IX, du tome II : « Féraud, dont Boissy-dAnglas Saluera latête, laissant à lhistoire cette question :
  9. 9. — 8 —Boissy-dAnglas a t-il salué la tête, cest-à-dire la victime, ou la pique, cest-à-dire lesassassins ? » Et je ne puis mempêcher de frémir ensongeant que ces lignes ont été écrites par unhomme, dont les poésies sublimes ont trans-porté dadmiration les âmes honnêtes et sensi-bles, par un homme de génie qui na pas craintde mentir à ses convictions et doutrager cequil y a de plus respectable et de plus sacré,dans le but de flatter les vils instincts de lec-teurs sans principes... Comment ne frémi-rais-je pas, ensuite, à la pensée que ces livrespernicieux, trop souvent, hélas ! sont lus parnos enfants eux-mêmes, quil en est qui pé-nètrent, avec une facilité déplorable, jusquedans un certain nombre de nos écoles pu-bliques ? Parlerai-je, à ce sujet, dune Histoire deFrance fort remarquable, due à la plume dunhomme qui brilla naguère à la tête de lUni- versité ? Je le ferai, avec un sentiment de profond regret. Voltaire.... . " ce singe de génie,Chez lhomme, en mission, par le diable envoyé. » VICTOR HUGO.
  10. 10. — 9 — Voltaire y est présenté à la jeunesse comme« LAPOLOGISTE DE LA TOLÉRANCE RELI-GIEUSE, » dont " les plus constants efforts fu-rent dirigés contre le POUVOIR SPIRITUEL,QUI EMPÊCHAIT DE PENSER... Le mal socialdevint son ennemi personnel, ET LAMOUR DELA JUSTICE SA PLUS ARDENTE PASSION !!! » Est-ce que lamour de la justice ne repose pas sur la vérité? me permettrai-je de dire à léminent historien. Est-ce quil est un seul écrivain qui sache, à lexemple de Voltaire, faire monter le dégoût au coeur et la rougeur au front, par le cynisme avec lequel il ait, comme Voltaire, érigé le mensonge en prin- cipe et lhypocrisie en système? Vous nous apprenez que Voltaire, dans une brochure intitulée : « A LONDRES : LI- BERTÉ, ÉGALITÉ, » nous donnait LA DEVISE DE LA RÉVOLUTION. » Et vous oubliez de citer, à lappui de votre dire, ces belles pa- roles, tirées dune lettre do Voltaire, datée du 17 avril 1765 : « Le peuple ressemble à des boeufs, à qui il faut un aiguillon, un joug et du foin » Et celles-ci : « Il est à propos que le peuple soit guidé et
  11. 11. — 10 —non pas instruit; il nest pas digne de lêtre. »(Lettre du 19 mars 1766.) Vous nous montrez Voltaire « FAISANTALLIANCE AVEC LES SOUVERAINS ET SE COU-VRANT DE LEUR PROTECTION. » Vous nousrappelez, par une citation empruntée à lacorrespondance de Voltaire, que ce sensiblecitoyen « avait toujours la fièvre le 24 août,anniversaire de la Saint-Barthélemy. » Etvous ne nous dites pas sil tombait de fièvreen chaud mal, LE 5 SEPTEMBRE, ANNIVER-SAIRE DE ROSBACH, le généreux patriote quiécrivait au roi prussien Frédéric, notre en-nemi juré, ces paroles quune plume fran-çaise reproduit en frémissant : « Le peuple français est sot et volage, vail-lant au pillage et lâche dans les combats. »Paroles infâmes qui nous dévoilent claire-ment le but secret de « LALLIANCE AVEC LESSOUVERAINS, » but odieux, qui semble avoiréchappé à votre intelligente sagacité. Si du livre historique nous passons auroman, lesprit soi-disant nouveau, trop sou-vent esprit de mensonge et de corruption, serévèle à nous sous des traits plus éclatantsencore. Il est si facile, dans ce genre de lit-
  12. 12. - 11 —térature, de toucher à toutes les questions quipassionnent les esprits et les coeurs ! si faciledy mêler, en un monstrueux accouplement,lhorrible avec le beau, le faux avec le vrai,le vice avec la vertu ! Je me bornerai, dans une étude si concise,à signaler une collection qui semble sa- dresser particulièrement à la jeunesse ; jainommé la Bibliothèque des BONS romans illus- trés. Si vous ne la connaissez point, quelques titres pris au hasard suffiront pour vous édi- fier à son sujet : Le Couvent : MÉMOIRES DUNE RELIGIEUSE ; les Jeunes Filles de Paris ; les Alcôves mau- dites; les Collets noirs; la Chasse aux Fem- mes et aux Lions, en Algèrie ; le Roman de Mademoiselle Giraud, ma femme (42e ÉDI- TION). Il nest pas besoin, à coup sûr, douvrir lun de ces chefs-doeuvre pour constater le poison perfide quy ont audacieusement glissé, jusque entre les lignes, des écrivains appar- tenant à une école fatale, lesquels simagi- nent faire oeuvre de moraliste, en analysant les plus viles dépravations du coeur humain, faire acte de vertu, en mettant à nu le fond des abîmes où sengouffrent lhonneur du foyer et la dignité de la femme... Disons-le
  13. 13. — 12 — avec douleur, jusquen ces temps diniquités, la mère était restée debout, intacte, sur son piédestal; il est tels de ces mauvais citoyens qui len font descendre et qui la jettent sur la houe du trottoir, aux applaudissements de la foule hébétée... Les malheureux ! si on les laisse faire, il ne nous restera bientôt plus rien, au milieu de nos hontes, qui soit digne de notre respect !... Comme il est dans la logique de la mau- vaise presse dassurer le triomphe de limmo- ralité par lanéantissement du principe reli- gieux, les habiles de la confrérie ne man- quent pas de préparer, dune époque à lau- tre, une cuisine toute spéciale à lusage des amateurs de hauts mets. Il nous ont servi, en ces derniers temps : la Vie de Jésus ; la Religieuse; le Moine; le Maudit, et autresproduits trempés dans la même fange, des-tinés avant tout à la diffusion des idées nou-velles. La chute du Catholicisme est le delenda Carthago de ces apôtres de lenfer. Tripleaveugle qui ne le verrait! Quadruple menteurqui oserait le nier ! Chose remarquable, cest toujours à cor-rompre la jeunesse que ces vaillants réfor-mateurs de la société travaillent avec une
  14. 14. — 13 —ardeur vraiment digne d une plus noblecause. Je viens de signaler la Bibliothèquedes BONS Romans illustrés. Je rencontre main-tenant, dans la Bibliothèque des Merveilles,éditée par la maison Hachette, librairie émi-nemment classique, et pas toujours catho- lique, je rencontre, dis-je, certains livres éminemment dangereux, que les pères defamille et les instituteurs les plus honnêtes vont, je le sais, acheter sans défiance. Il y a peu de temps, lun de mes élèves me communiquait lun de ces ouvrages, inti- tulé : Éclairs et Tonnerre, par W. Ponvielle, et mindiquait ingénument les passages qui lavaient le plus fortement scandalisé. Je vais les reproduire textuellement, ici, dans lintérêt de la cause sacrée que je dé- fends. Page 6 : « Quand Julien essaya de donner un dé- menti aux chrétiens, et de reconstruire le temple profané par la mort du Sauveur, il oublia de rétablir larmure qui avait protégé successivement deux édifices, et dont il igno- rait la puissance. La foudre ne tarda pas à détruire les échafaudages et à disperser les ouvriers envoyés par César : linsuccès écla- tant de lennemi de la religion nouvelle fut
  15. 15. — 14 — accueilli avec des transports de joie par les chrétiens dispersés dans tous les coins de lempire. Aucun des philosophes qui combat- taient pour les dieux de Platon ne sut leur répondre que ce prétendu miracle était pro- duit par la loi naturelle, à laquelle le des Juifs avait dû pendant si temple longtemps sa conservation merveilleuse. » Page 157, il sagit dun chef de brigands,enfermé dans une prison bavaroise, au mi-lieu de ses complices, soutenant leur arro-gance par ses théories abominables. « La foudre éclate et vient le frapper aumilieu de ses affreux discours. Les maillonsde fer, et non ses blasphèmes, avaient attiréla catastrophe. » Page 158 : « Ces événements étranges auront certaine-ment une haute portée philosophique, car ilsnous prouvent que le Cosmos nest point or-ganisé sur le plan dun État despotique, surlequel règne un pouvoir arbitraire. » Page 165 : « Les journaux ont raconté, au mois daoût1868, quun gendarme avait vu ses bottes
  16. 16. -15 -mises en pièces par un orage. Quel sacrilége !Les bottes ne sont-elles pas au gendarme ceque le Saint-Sacrement est à léglise? » Page 214 : « Il paraît quil fut frappé dun coup defoudre, qui tomba sur un parapluie en soiequil tenait à la main. Il se vit enveloppé duntourbillon de flammes, qui ne lui fit aucunmal. Malheureusement, il se crut sauvé par la protection divine. Oubliant que le taffetaspouvait être pour beaucoup dans le miracle, il se crut obligé, depuis cet événement, de se consacrer à la défense de lautel et du trône,jusquà la fin de sa carrière, qui fut longue. Il neut pas lieu de se féliciter davoir tenu la promesse quil avait faite au Dieu qui lance son foudre contre les pécheurs. Le livre des Merveilles se termine par cettemaxime remarquable : « Dans ce monde infini, où nous vivons sans trop savoir pourquoi, il nest pas dhomme in- telligent qui nait des découvertes à faire, sil utilise ses loisirs à admirer et étudier la nature. » Etrange savant, qui, sans doute, navez point écrit un si triste ouvrage « sans trop
  17. 17. — 16 — savoir pourquoi, » à quoi bon, ce faire des découvertes ? » dites-moi, à quoi bon utiliser ses loisirs « à étudier et admirer la, nature, » si lon se place à votre point de vue ? Soyons logique, mon garçon, soyons logique. Vivre comme la brute est assurément ce quil y a de mieux à faire en pareil cas (1). Voilà, certes, des choses assez putréfiantes que lon peut sétonner, à bon droit, de ren-contrer dans dos livres destinés à la Et que diraient jeunesse. les partisans de la libertéabsolue de la presse, de cens qui jentendspossèdent un fonds de véritable honnêteté,que diraient-ils, si janalysais ici les volu-mes les plus de la Bibliothèque remarquablesdémocratique, de la Bibliothèque nationale etde lEcole mutuelle : COURS DÉDUCATION PO-PULAIRE, et de cent autres productions dumême acabit? Je me contenterai doffrirquelques citations tirées : 1° Du livre intitulé : École mutuelle : Phi- (1) Je trouve dans le Catalogue (1874) des livrespour distributions de prix de la maisonà la page 9, laquelle porte Hachette, pour en-tête : « Educa-tion, Pédagogie, Piété, » je trouve : FONVIELLE DE), Les Merveilles du Monde invisible;(W.Éclairs et Tonnerre. » Cest trop fort !
  18. 18. — 17 —losophie et Morale, par Jules Andrieu, pré-parateur au baccalauréat ès lettres ; 2° Dune publication modeste, mais tout àfait humanitaire, et qui se présente à noussous ce titre : lÉducation populaire! Voyons dabord Philosophie et Morale : Page 29 : « Ils (les Chaldéens et les Égyptiens) avaientle tort de croire que le Ciel soccupe de nous...Pour les premiers Grecs, pour les sauvages etpour les paysans de nos jours, le Ciel nest,au contraire, quun immense couvercle quirepose sur les monts. » Page 31 : « La Bible défend toute divination, cest-à-dire tout commerce avec les sciences. » Page 32 : « Il (lHébreu) la voulu cruel et vindica-tif (Jéhovah) , ce Dieu très personnel ,voilé, irritable comme la foudre, et qui habi-tait volontiers les montagnes et les buissons. » Page 65 : « Le moyen âge a cru en Adam, puisquilapleuré toutes ses larmes et tous ses syllo-gismes sur le péché dÈve. »
  19. 19. — 18 — Page 59 : « Mais lanimal qui accapare lattention dumonde savant, cest le singe. Carl Vogt ter-mine ses belles Etudes sur lhomme par cettepensée : quil vaut mieux être un singe per-fectionné quun Adam dégénéré. » M. Jules Andrieu termine, lui, son beaulivre Philosophie et Morale par cette penséevraiment exquise : « La Morale attend tout encore de la scienceet de la liberté. » Mest avis, cher philosophe de lÉcole mu- tuelle, et je vous dois ce sincère hommage, que vous nêtes pas seulement un habile pré- parateur au baccalauréat ès lettres, mais que vous faites encore un excellent préparateurDE ou A la morale... Mais, grand homme,de grâce, dites-le-nous, quentendez-vouspar la science et la liberté, ces deux Messiesimpatiemment attendus par la morale? Oh !vous le savez bien, car, soit dit sans flatterie,la science, vous en débordez ; la liberté, vousla possédez dans de très honnêtes conditions,puisquil ne sest rencontré personne qui sefut avisé de vous empêcher, vous et vos sem-blables, dempoisonner à plaisir le coeur et
  20. 20. — 19 -lâme de nos enfants. —Diantre! quest-ce donc Mon être?... Eh! eh!que cela peut le matérialisme et laserait-ce, par hasard, licence?... Car, enfin, si votre morale, attendTOUT encore de la science et de la liberté, elledoit se réduire à très peu de chose, ou, pour pieux dire, à BIEN du tout. Je parie que vous naviez pas songé à cela. La logique et la philosophie, voyez-vous, saccordent très mal entre elles, quand la morale est absente du logis. Et dire quil sest trouvé un jury capable de décerner une mention honorable (Exposi- tion de 1867) à léditeur de la Bibliothèque nationale et de lEcole mutuelle ! et que plu- sieurs de ces livres, qui ont atteint le comble de labjection dans limpiété et limmoralité, se rencontrent entre les mains de nos enfants, au foyer de la famille et jusque sous loeil de linstituteur! En vérité, ou sommes-nous? où allons-nous?... Voici maintenant venir, avec de petits airs cauteleux et cafards, lEducation populaire (1), est utile de signaler à lattention des quil (1) Dabord éditée par la librairie classique Dela- grave, lÉducation populaire paraît maintenant chez Sandoz et Fischbacher, éditeurs protestants.
  21. 21. — 20 - instituteurs et des pères de famille vraiment honnêtes. LEducation populaire est une pacotille de petits livres à bon marché (52 cours à 0 fr. 05 pièce) ; cela paraît tous les quinze jours, de-/ puis le 15 décembre 1872. Lon a pris le soin de recommander cette petite encyclopédie démocratique et sociale a MM. les instituteurs, les délégués canto- naux, les maires, etc. Rien de plus naturel, puisque cest par lenfant que les ardents promoteurs de la civilisation nouvelle pré- tendent opérer, à leur manière, la réédifica- tion de lédifice moral et à demi- intellectuel, ruiné dans notre infortunée patrie. A travers lalphabet, les éléments de la lecture, de lécriture, de la grammaire, du système métrique, etc., on a su glisser, avec une adresse toute voltairienne, les principes essentiels de la morale indépendante. Dans politique : « Quaimes-tu? » lAlphabetdemande-t-on à lenfant. Et lenfant de ré-pondre : « Dabord ma patrie, mes parentsensuite, puis mes compatriotes, enfin le genrehumain et LA NATURE ENTIÈRE. » (Page 25.) La nature entière!!! Comme cela est poé-tique, ravissant ! Cela ne fait-il pas songerau mariage de Marat, du peuple, EN lami
  22. 22. -21 —FACE DE LA NATURE? Cela ne nous ramène-t-il pas un peu à la déesse RAISON?... Etpourquoi parler de Dieu, après tout? Cestune vieillerie. Le bon Dieu nest plus denotre temps « Que dois-tu apprendre ? » dit-on ensuite aujeune disciple. Ici se place une énumération où il nest nullement question de la religion. Il ny a pas lieu den être surpris. « Quelle est la mission du peuple français ? Cest dêtre lINITIATEUR et le LIBÉRATEUR du genre humain (Pauvre peuple ! il devrait bien commencer la besogne par lui-même.) en donnant aux autres lexemple de TOUTES les vertus (Dame ! on sen aperçoit déjà.) et en conservant les institutions républicaines, seules capables damener lordre, la liberté, la pros-périté de tous les Français, etc., etc., etc. !!! » Loeuvre sacro-sainte serait il complète, si le cléricalisme, " cette lèpre sociale quil faut extirper à tout prix, » comme il a été dit ailleurs, ny était pas vertement pincé; si lon ny donnait pas le coup de trique fra- ternel aux prêtres, « ces ennemis acharnés des lumières, opposés à tout progrès au sein des masses, gardant, pour les intérêts de la domination politique, les richesses de la science et des arts. »
  23. 23. — 22 — « Cest sous Robert, est-il dit plus loin, quese passa la grande comédie de lan 1000Lan,1000 passa sans cataclysme... . Mais leclergé garda précieusement ses nouvelles ri-chesses. » (Histoire de France, page 187.) Ainsi donc, la foi catholique, qui nous à donné la Trève-Dieu, les Associations de la paix, la Chevalerie, les Croisades ; à qui nous devons Charlemagne, Suger, saint Louis,saint Bernard, saint Thomas, Albert le Grand ; à qui nous devons Duguesclin, Bayard, Jeanne dArc, cest-à-dire laffranchissementde notre territoire; la foi catholique, quinous a préservés de lignorance et de la bar-barie, en conservant et en développant, aufond des monastères, le précieux dépôt desconnaissances humaines ; la foi catholique,à qui nous devons encore, il ne faut pas lou-blier, la fondation décoles et duniversitéscélèbres, notamment lUniversité de Paris,surnommée la Citadelle de la foi catholique,voilà comme elle est présentée à lesprit denos enfants par les agents de la mauvaisepresse... Cette rénovation de la piété, dueaux terreurs religieuses de lan 1000, ces ma-nifestations solennelles, éclatantes, du senti-ment le plus intime, le plus respectable, trai-
  24. 24. — 23 —tées de Comédie humaine ; en vérité, cela estassez grotesque. Le Catéchisme, « ce code vulgaire de la plushaute philosophie (1) » enseigne à nos enfantsque « Dieu nous a créés pour le connaître, laimer, le servir, et, par ce moyen, obtenir la vie éternelle. » Tel nest point lavis de MM. les instituteurs laïques, délégués can- tonaux, cantonniers, maires, gardes cham- pêtres et autres beaux diables endoctrinés par les savants de lÉducation populaire. Ces braves gens vous affirmeront, avec un petit air de gravité comique et lÉducation popu- laire à la main, peu daccord, en cela, avec les révérends Pères de lÉcole mutuelle : « QUE LE PROBLÈME DE LORIGINE DE LHOMME NEST PAS ENCORE RÉSOLU. » (Histoire gé- nérale,) A propos dhygiène, cette médecine pré- ventive trop négligée par le pauvre peuple, les docteurs de lEducation populaire blâ- ment lhabitude « de transporter les enfants dès le lendemain de leur naissance à la mairie, et QUELQUEFOISà léglise. » Lon ne saurait trop apprécier ce quil y a (1) Lamartine.
  25. 25. — 24 — dexquis dans ce quelquefois. Les sycophantes de lEducation populaire ont vraiment lair dignorer que. grâce à Dieu, la naissance laïque, linstruction laïque, le mariage laïque et lenfouissement laïque, en dépit des pré- dicateurs de la fraternité universelle, nont recueilli, parmi nous, quun assez petit nom" bre dadeptes, et que la libre pensée pure, ainsi quil a été facile de le constater, nen- globe quune fraction dérisoirement infini- tésimale de la population française. Un conseil tout fraternel, pour finir, aux auteurs de lÉcole mutuelle, de lÉducationpopulaire et tutti quanti : Quand tentés vous serez par le démon de la composition, je vous engage sincèrement, Messieurs, à consulter avec goût cette sorte de compilation colos- sale, modestement intitulée GRAND DICTION-NAIRE DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE, élaboréesous la direction dun ancien instituteur, parun escadron de docteurs plus ou moinsdoctes, de littérateurs plus ou moins lettrés, « par un escadron de pédants, » eût dit Des-préaux ; tour de Babel élevée à la honte dela vraie morale et de la vraie religion. Mor-bleu ! vous accoucherez chacun dun petitchef-doeuvre, je vous le prédis. Je crois en avoir dit assez sur le livre et la
  26. 26. — 25 —brochure. Jarrive à la presse périodique,cest-à-dire au journal. — Après avoir renduun hommage légitime aux efforts dhommesintelligents et généreux, toujours dévoués àde respectahles convictions, à de nobles prin-cipes, toujours Mêles au poste du combat,il va mêtre donné de signaler en peu demots un mal non moins grave, un péril non moins redoutable que celui que jai claire- ment indiqué par les pages qui précèdent. Sous diverses banniêres aux inscriptions fastueuses, aux reflets éclatants, se sont en- rôlés dinfatigables lutteurs, grands semeurs didées ou, trop souvent plutôt, disons-le, propagateurs hypocrites du mensonge et de lerreur. Les uns présentent aux amateurs de la chair « ladresse des petites dames et des fri- cotiers en renom, poussent le public aux tri- pots (1) » et autres mauvais lieux. Les autres racontent avec enthousiasme les procès cri- minels, exaltent ladultère, justifient la pros- titution, préconisent le duel, légitiment le sui- cide. Ceux-ci, à laide dune métaphysique astucieuse, élèvent la sottise à la hauteur de (1) Louis VEUILLOT,les Odeurs de Paris
  27. 27. — 26 — la science, la honte au niveau de lhonneur, placent sans façon les médiocrités, les peti- tesses, les nullités et les bassesses au-dessus des supériorités morales et intellectuelles. Ceux-là vont sapant, tantôt à petit bruit, tantôt à grand fracas, les bases de la famille et de la société, bafouant à plume que veux- tu le grand principe de lautorité et du res- pect ; essayant de détruire, en même temps que la religion, la propriété et lhérédité, ces maîtresses colonnes de lédifice social ; exci- tant toutes les intempérances et toutes les convoitises ; obscurcissant à plaisir les no- tions premières du bien et du mal ; et tous, avec un succès merveilleux qui se traduit en bonnes espèces sonnantes, sans exploitent vergogne lincurable bêtise humaine. A côté de ces lugubres farceurs, se révèle, aux regards de lobservateur une stupéfait, catégorie dindividus, dont le caractère toutspécial échappe aisément à la perspicacitédes naïfs et des bonshommes de notre époque :je veux parler dune variété du genre Tar-tufe, non encore définie par la science. Cesgaillards-là écrivent dans des journaux hon-nêtes, conservateurs, religieux même. A loc-casion, ils nhésitent pas à vous affirmer, sansrire, quils sont catholiques sincères, tout en
  28. 28. -27 -affichant des allures tout à fait indépen-dantes. Habitués à souffler le froid et lechaud, ils vous ont une façon touchante demêler le rire de Voltaire aux pleurs de Jéré-mie. Et, ce qui est un signe du temps, cespuritains à rebrousse-poil, véritables camé-léons du journalisme, obtiennent de la sottisepublique un succès insolent. Leurs élucubra-tions se rencontrent entre les mains les plushonnêtes, les plus religieuses... «Que voulez-vous ? me dira-t-on ; il y a tant de bonnes gensqui sont enchantés de trouver, mêlées dans lemême bocal, la religion facile et la morale àla mode ; il faut bien les contenter... » Et puisla propagande cafarde est si habile ! On vajusquà offrir des primes, des remises, des abonnements de faveur aux instituteurs et aux curés de campagne, tout comme cela se tripote, en dautres officines, à légard des marchands de vin, distillateurs, limonadiers, taverniers, gargotiers et liquoristes. Pour ma part (je dois cette confidence au lecteur), jai eu la bonne fortune de recevoir, un matin, au réveil, sous la forme dune an- nonce-réclame, une feuille charmante que lon na point manqué, sans doute, dadres- ser à tous les instituteurs de France et de Navarre. Je devais évidemment cette faveur
  29. 29. -28- lobligeance toute désintéressée dun a nal étonnamment jour- répandu dans le monde conservateur. « Nous avons depuis longtemps, dit la feuille, une idée ORIGINALE pour le LANCEMENT (sic) dun roman-feuilleton, ET qui est absolument NEUVE. Or, qui est tout à la fois ori- » lidée ginale et neuve est parfaitement connue de tous ceux qui ont lu, le 6 juillet de la pré- sente année, la quatrième page dun journal quelconque de Paris. Au milieu du bruit délicieux des et des tam-tams, cymbales la feuille ajoute : « Nous croyons que ce roman (les TRAGÉDIES DE PARIS) est appelé à réussir plus brillamment encore que ses aînés (les CHEVALIERS DU LANSQUENET, les VIVEURS DE PARIS , le MARI DE MARGUERITE) . On va ci-dessous en lire le premier chapitre, que nous faisons im- primer A part, pour lenvoyer A des personnes qui aiment A lire. » Suit le prologue, intitulé : la SAGE-FEMME. « Laccoucheuse » est une certaine madameAngot, parente, on le présume du moins, dela légendaire dame de la balle, « forte engueule, pas bégueule, » et représentée,un grand tableau peint à " sur lhuile, » sous lestraits dune jeune dame « vêtue dune robe
  30. 30. - 29 —rose NOTABLEMENT DÉCOLLETÉE, portant sur NUES une écharpe dun bleuses épaulessaphir... » Au deuxième étage de la maison où de-meure madame Angot, et dont le rez-de- chaussée est occupé par le propriétaire, " gros homme nommé Vignot et surnommé Fil-en-Quatre, » dans une chambre misé- rable où lon remarque " une paillasse èventrée et un matelas MINCE COMME UNE GALETTE , » ( Quelle richesse de style ! ) sépanouissent : 1° Un jeune homme dont lensemble du visage « offre une beauté frap- pante, MAIS une beauté FATIGUÉE ou, POUR MIEUX DIRE , FLÉTRIE ; » de chacune de ses prunelles « tombait un feu morne ; » 2° Une jeune femme belle « comme un rêve, ressem- blant à un ange, MAIS A LANGE DE LA DOU- LEUR » Le prologue tentateur se termine par le suicide du beau jeune homme qui, en pré- sence de la belle jeune femme, « appuie contre sa tempe le canon dun pistolet, » et dont le corps " sabat lourdement dans la chambre pleine de fumée. » Premier truc ! Lon en verra bien dautres dans ce roman appelé, dit-on, à éclipser son illustre devan- cier, les Mystères de Paris.
  31. 31. — 30 — On mobjectera maintenant ce que lon voudra ; je le déclare, lécrivain galant fait là une oeuvre sublime, bien quassez étrange- ment troussée ; et les instituteurs que lon a gratifiés dun si alléchant spécimen, « sils aiment à lire, » sont incontestablement des mortels favorisés ; voilà de quoi les récréer, tout en développant leurs connaissances litté- raires et surtout.. morales. Leurs intéressants élèves en tireront bien aussi quelque petit profit. Allons ! allons tout le monde sera heureux ; ainsi le veut, dailleurs, je dois leprésumer, le journal conservateur, catho-lique, indépendant et multicolore, le Nar-quois ! (1) » Lon concoit jusquà un certain point, jenconviens, qu un journal, un journal sérieuxmême, attache do limportance au roman-feuilleton. Le roman-feuilleton exerce unepuissance dattraction incalculable sur le pu-blic. Mais na-t-on pas lieu de sétonnerquand on voit (et le cas est assez fréquent) (1) Demandez aux bureaux du journal le Nar- quois les entrefilets les plus orthodoxes du pro-phète Saint-Genest (voir larticle MIRACLES). De-mandez. . il y a là do quoi satisfaire àtous les goûts. peu près
  32. 32. — 31 —sépanouir au bas dune feuille qui se ditconservatrice, des oeuvres aussi niaises quim- des oeuvres remplies, le plus sou-morales,vent, de mensonges, de bourdes, de traves-tissements et de calomnies historiques ouautres, qui se répandent et sincrustent tropaisément dans les esprits, grâce à limbécil-lité humaine ? A lappui de mes assertions, je vais citerun trait remarquable qui ne sera point dé-placé dans cet opuscule. Il se publie actuellement, dans un petitjournal à la tête duquel se trouvent des hom- mes qui, paraît-il, ont travaillé jusquici dans lintérêt de la bonne cause, il se publie, dis- je, un roman mille fois infâme, dont voici, en quelques mots, le sujet : Un homme égorge un à un, lentement, un certain nombre de petits enfants, à mesure lui amène. Les gémissements, les quon les cris de ces innocentes victimes ne troublent son atroce impassibilité... Lécrivain point se complaît dans des détails effroyables. Son oeuvre terminée, légorgeur regarde, avec un sourire de satisfaction, une baignoire remplie du sang de ces pauvres petites créa- tures, dont les cadavres sont amoncelés au- tour de lui. Il se frotte les mains et semble
  33. 33. — 32 — dire : « Le maître sera content !... » Le maî- tre, le monstre qui va se baigner dans le sang des petits enfants, quel est-il ?... Cest là que réside tout lintérêt du roman... Lavez- vous deviné, vous qui me lisez? Non... Eh bien ! je vais vous le dire, et vous hésiterez à me croire. Il vous répugnera dadmettre quun romancier ait pu imaginer et écrire de telles horreurs. Cest bien vrai pourtant, car je nerêve point : le maître, le personnage au bain de sang, CEST UN ROI DE FRANCE, cest leroi Louis XV ! Et cest avec des insanités decette espèce que lon prétend avancer lin-struction et léducation du peuple, que lonprétend assurer son bonheur ! Pauvre peuple ! pauvres enfants ! vous lisezet vous croyez ! Que ne lisez-vous donc lesouvrages écrits par les amis du bon sens etde la vérité?... Aujourdhui, lon vous ditque Louis XV faisait assassiner, tous les ma-tins, quarante ou cinquante petits enfants,afin de se procurer un bain tonique, tout endégustant un numéro du Siècle, du Figaro oudu Petit-Journal, vous le croyez! Demain,lon vous racontera que Dagobert, Charle-magne et saint Louis se nourrissaient dechair humaine et buvaient le sang dans lecrâne do leurs victimes : vous le croirez
  34. 34. — 33 —encore ! Que voulez-vous ? « Cest imprimé !Cest le papier qui le dit ! » O puissance dela presse ! O tempora ! ô mores !... Je conclus enfin. A quelque point de vue quil se soit placépour juger la grande question de la presse, le philosophe, le chrétien, sil sent battre dans sa poitrine un coeur vraiment français, pro- clamera quil serait grand temps de voir se fermer, au milieu de nous, lère désastreuse des honteuses pasquinades et des lugubres palinodies, quil serait grand temps dêtre sérieux. Quand le soleil de la justice paraît descendu jusquà lhorizon, quand la terre tremble et va, peut-être demain, nous manquer sous les pieds ; quand, moralement, une nation semble toucher à son agonie, non-seulement il appar- tient à ceux qui sont les gardiens et les tu- teurs des grands intérêts sociaux, de sonder labîme et de jeter le cri dalarme, mais il leur incombe de saisir résolûment le gou- vernail et de résister au flot montant de la démoralisation. Il y a là, du reste, une oeuvre de salut public, on face de laquelle per- sonne na le droit de rester indifférent. Tous nous sommes intéressés à nous demander si nous voulons enfin comprendre les leçons de
  35. 35. — 34 — lhistoire, cette grande institutrice de lhu- manité; si nous voulons être une nation libre ou une horde asservie ; si nous voulons redevenir un grand peuple ou continuer à descendre la pente qui conduit fatalement à la barbarie. Le mal dont nous souffrons tous, le mal qui nous tue, cest la mauvaise presse; je défie aucun homme respectueux de la vérité doser me contredire. Eh bien ! que ceux qui peuvent tenir une plume ; que ceux qui savent manier la parole ; que tous les hommes de bon sens et de coeur," indistinctement, unis- sent leurs efforts contre lennemi commun. Que ceux-là surtout qui gardent entre leurs mains lespérance et la force du pays, queles pères de famille et les instituteurs, tra- vaillent dabord à relever le grand principe dautorité, si violemment attaqué tous lesjours par la mauvaise presse. Il ne faut plus que les mauvais livres et les mauvais jour-naux pénètrent auprès de nos enfants. Sinous éloignons de ces êtres si chers le poisonqui tue les corps, pourquoi ne repousserions-nous pas, avec la même sollicitude, le virusqui tue les âmes, en pervertissant les conscien-ces, en énervant les volontés, en abrutissantles intelligences, en avilissant les caractères?
  36. 36. — 35 — Hommes dordre et de conservation, cetteparole du cardinal de Richelieu est encorevraie aujourdhui; elle sera encore vraie de-main, si nous le voulons : « Quand la France est au plus bas, cest lemoment où elle va sélever au plus haut ;plongez-la dans labîme, elle remontera jus-quau ciel. "Paris —Imp Nouv (assoc ouv ), 14, rue des Jeûneurs — G Masqumet Ce.
  37. 37. DU MÊME AUTEUR Pour paraître prochainement : la 2e éditionde Nos Vrais Sauveurs : la Famille lEcole,précédée de lettres de NN. SS. les évêque,dOrléans et de Chartres, adressées à lau- teur. Plusieurs journaux, notamment lUnivers,le Bulletin catholique et le Dimanche illustrede Toulouse, ont donné des comptes rendustrès élogieux de cet opuscule. Le Journal de lEcole primaire, dans sesnuméros des 15 et 30 novembre dernier, apublié in extenso la partie de louvrage inti-tulée lEcole, en la faisant précéder des ré-flexions suivantes : Les pages qui vont suivre sont extraites dunlivre aussi bien pensé que vigoureusement écrit :Nos Vrais Sauveurs, etc. Nous avons peu lu delivres que la crise actuelle a fait surgir, qui nousarent intéressé autant que ce petit volume de64 pages, et nous espérons, en citant lestimableauteur, faire éprouver cette impression à reconnu nos lec-teurs. Nous ne doutons pas quaprès avoirle merite hors ligne de cet opuscule substantiel,ils ne fassent plus que de lui accorder une sympa-thie stérile et de platoniques éloges et ne cher- chent à le répandre autour deux. Cest éminem-ment un livre de propagande, une de ces lumières à la fois vives et simples, quil faut projeter par-tout pour éclairer les ténebres où se remue lapropagande athée et socialiste Beaucoup de petits livres comme celui-ci, répandus par ceux qui ont mission de charité spirituelle aussi bien queladau- mônes materielles, auraient bientôt change face des choses et corrigé les faits. Ne les négligeons donc pas lorsquils se présentent. A Nous laissons la parole à lauteur.

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