Etude khettara Tafilalet

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Etude khettara Tafilalet

  1. 1. ROYAUME DU MAROC MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DU DEVELOPPEMENT RURAL ET DES PECHES MARITIMES  OFFICE REGIONAL DE MISE ENVALEUR AGRICOLE DU TAFILALET Errachidia -=-=-=- SER/BE Réalisé par : OURAHOU M. Octobre 1998
  2. 2. 1 Introduction Bien que liée socio-économiquement et administrativement au Tafilalet, la zone deFezna-Jorf-Hannabou située en rive droite de l’oued Gheris, constitue une entitéhydraulique indépendante. Faute des conditions topographique, cette zone n’a pas dechance de bénéficier des eaux du barrage Hassan Eddakhil (figure n° 1).L’activité agricole qui caractérise cette zone, depuis l’antiquité, se maintient grâce àl’exploitation conjuguée des eaux de crues par les ouvrages de dérivation et des eauxsouterraines moyennant un système de captage traditionnel : khettaras, et dernièrementpar l’introduction des groupes motopompes. Cette région possède des étendues en terres arables importantes, estimées àenviron 8.000 ha de terres dites « bours », dont certaines ont connu une mise en culturedurant les années humides. Ainsi, les efforts sont à déployer pour irriguer le maximum deterres pouvant contribuer à la résorption du déficit céréalier. Outre la recharge de la nappe et la mise en culture des terres « bours », la remiseen état des ouvrages de captage des eaux de crues et des eaux souterraines estinévitable. Dans le Tafilalet, les paysans ont au cours de l’histoire développé et affiné destechniques habiles d’une ingéniosité remarquable de mobilisation de l’eau. Qu’elle soitsouterraine ou de surface, l’eau a été maîtrisé par des procédés adaptés capables de laconduire aux champs. Ces procédés sont de deux types : - dérivation des eaux de surface par des digues fusibles et les seguias; - mobilisation des eaux souterraines par les khettaras.
  3. 3. 2
  4. 4. 3 CHAPITRE I CARACTERISTIQUES DU BASSIN VERSANT DE GHERISI- MILIEU NATUREL I.1- Cadre géographique et hydrographique de l’oued Gheris Le bassin versant de l’oued Gheris est situé au Sud-Est du massif du Haut Atlas. Ils’étend du Nord-Ouest au Sud-Est, entre 30° 40’’ et 32° 00’’ N et 4°20’’ et 6° 00’’ W. L’oued Gheris drainant les massifs du Haut Atlas est caractérisé par un réseauhydrographique très développé, qui traversant les plateaux pré sahariens et lespalmeraies de Tafilalet avant de se perdre dans le saharien. Son principal affluent est l’oued Todgha dont les ressources abondantesalimentent la palmeraie de Tineghir. Le cours moyen de cet affluent traverse la palmeraiede Tinejdad avant de recevoir en rive gauche l’oued Tanguerfa, pour former l’ouedFerkla, qui arrose les petites palmeraies d’Izilf, Meroutcha, Mellab et Touroug avant dese joindre à l’oued Gheris. A l’aval, l’oued Gheris est dérivé par une batterie de barrages (El Gueffifat, SidiMejbar, El Gara, Lahmida, My Brahim et Meharza) qui dérivent les eaux de crues versles périmètres concernées : Fezna, Jorf, Hannabou et Sifa. Sur cette partie, l’ouedGheris coule parallèlement à l’oued Ziz, séparé par un corridor de 3 à 12 km. En aval de Tafilalet, la confluence des oueds Ziz , Gheris et Maïder forment l’ouedDaoura qui se perd dans le Sahara. Les caractéristiques générales du bassin versant sont comme suit :II- GEOLOGIE Le bassin versant de Gheris s’étale du Nord au Sud sur trois entitésmorphologiques distinctes : - le bassin du Haut Atlas calcaire du domaine atlassique limité au sud par l’accident Sud-atlassique (axe Tadighoust-Tineghir) ; - le bassin Errachidia-Boudenib du domaine sillon sud-atlassique (partie orientale du sillon pré-africain) ; - le bassin quaternaire du Tafilalet au Sud du domaine Sud-Est marocain. Les coupes géologiques de chaque entité sont illustrées dans la figure n° 2. Concernant La zone d’étude dite de Tafilalet, elle est caractérisée par
  5. 5. 4
  6. 6. 5  Bassin quaternaire du Tafilalet Ce bassin est constitué de l’ensemble des plaines alluviales du S-E marocains’étendant, en général, depuis la vallée de Todgha à l’Ouest jusqu’à celle de Ziz à l’Est,puis descendant vers le Sud entre les deux oueds Gheris et Ziz jusqu’à leur confluence. Au niveau de la zone d’étude, Fezna-Jorf-Hannabou, la plaine est de formationquaternaire alluviale. Un recouvrement alluvial hétérogène recouvre cette plaine, peuépais et repose sur du primaire à peu près imperméable (figure n° 2-3).III- CLIMATOLOGIE III.1- Pluviométrie Le régime annuel des pluies est caractérisé par deux saisons humides d’automne(Septembre, Octobre, Novembre, Décembre) et de printemps (Mars, Avril) séparés parune brève saison d’hiver avec des précipitations relativement faibles et par une saisond’été très marquée par la sécheresse. En moyenne, les précipitations annuelles dans lazone dErfoud sont de 80 mm. Tableau n° 1 : Précipitations moyennes mensuelles en mm Mois S O N D J F M A M J J A AnnéeErfoud 10.3 14.5 12.0 11.2 7.4 3.8 10.9 8.0 4.6 2.5 0.6 2.7 87.8 Source : ORMVA/TF,1997 III.2- Température III.2.1- Température moyenne mensuelle minimale et maximale Tableau n° 2 : Température moyenne mensuelle minimale et maximale Mois S O N D J F M A M J J A AnnéeT. max 35.8 28.4 21.6 17.7 17.9 20.2 23.9 28.0 31.3 37.5 42.0 40.7 28.8T. min 20.5 13.2 8.2 4.2 2.6 4.6 8.0 13.0 17.2 21.2 26.2 25.2 13.7 Source : ORMVA/TF,1997 III.2.2- Indice bioclimatique Le quotient pluviométrique d’Emberger s’exprime par l’expression : 2 x 1000 x P Q = ------------------------- (M + m) (M – m) Avec : P : moyenne des précipitations annuelles ; M : moyenne des maximas du mois le plus chaud ; m : moyenne des minimas du mois le plus froid.
  7. 7. 6 Pour la zone d’Erfoud, : Q = 14.02 et M – m = 39.4 °C. Ainsi, la zone de Fezna-Jorf-Hannabou fait partie de la région saharienne à hiver froid (figure n° 3). III.2.3- Indice d’aridité de Martone L’expression de cet indice est donnée par la formule suivante : I = P / ( t + 10) Avec : P : pluviométrie moyenne annuelle ; t : température moyenne annuelle. Pour Erfoud ; I = 2.8, soit un climat de type saharien.IV- EVAPORATION Elle est calculée par la méthode de Penman : E = 0,22 . 10 –3 . (qs – q) . (0.93 + u2) Avec : E : évaporation en kg/m²/j ; qs : taux d’humidité ; q : concentration massique en vapeur d’eau dans l’air mesurée au dessus de la surface évaporante ; u2 : vitesse du vent mesurée à 2m au dessus de la surface évaporante en m/s. Tableau n° 3 : Evaporation potentielle mensuelle en mm Mois S O N D J F M A M J J A AnnéeErfoud 122 122 82.4 60.5 77.5 91.5 157 200 260.2 273.8 320.5 286 2.197,4 Source : ORMVA/TF,1997V- HYDROGEOLOGIE D’après l’étude réalisé par Jean Margat en 1952, on note les principalesconclusions suivantes : 1- Le haut Atlas calcaire A cause de sa nature calcaire perméable en grand, la totalité de ses ressourcesen eau est drainé par : - les oueds et leurs affluents (Oued Todgha, Oued Ifegh, Oued Gheris) ; - les sources de divers types (sources de Todgha, source de Tahamdount,…).
  8. 8. 7
  9. 9. 8 2- Le bassin Errachidia-Boudenib Ayant pour origine le Haut Atlas, les différentes ressources en eau de cette zonesont essentiellement superficielles. Les ressources en eaux souterraines sont importantes dans le Turonien et lesnappes alluviales. Les eaux de ces nappes se renouvellent par infiltration de la pluie etse déchargent au niveau des sources et par drainage dans les oueds. 3- le bassin quaternaire du Tafilalet Les ressources en eau de cette partie sont issues du bassin du Haut Atlas calcairesuite aux cours d’eau temporaires (eaux de crues). On note aussi l’importantdéveloppement des nappes alluviales dans cette zone au niveau de la plaine alluvialequaternaire comprise dans la zone de rapprochement des Oueds Gheris et Ziz. Les deux principales nappes de cette partie sont : la nappe de Fezna-Jorf-Hannabou et la nappe du Tafilalet. Elles se différencient en : nappes phréatique devallée, nappe phréatique drainée par cours d’eau, nappe profonde et aquifèrediscontinue à faible productivité (figure n° 4). Les principales données de la nappe du bassin de Gheris sont récapitulés dans letableau n° 4.Tableau n° 4 : principales données relatives à la nappe du bassin versant de GherisVallée Nappe étend prof grad déb.moy app.an Pui.ac ampl.fl réser. Concet km² (m) hydr (l/s) nuel quif uctuati (Mm3) .eau (%o) (Mm3) (m) on (m) (g/l) Todgha 80 10 8-10 200-500 2 - - - 0.7-2.5 Ghelil 80 10 4 100-200 0.3 5-15 - - 0.4-0.9Todgh Ferkla 90 10 4 100-150 1 9-15 0.3-3 30-100 0.5-1.1Ferkla Chtam 40 8 3 50-100 0.5-1 5-15 - 20-30 0.2-5 Mellaab 15 3 3-4 70-100 0.2-0.5 10-20 - 10-20 1-8 Gheris 100 15-20 5 200 - 11-15 - 30-50 1.5-2Gheris Fezna- 150 8 2 150-250 5 8-20 0.8-3 20-50 0.6-22 JorfVI- PEDOLOGIE IV.1- Pédologie et mise en valeur dans le bassin de Gheris Les principales classes de sols définies dans la zone sont les suivants : - Classe I : sols minéraux bruts qui vont de la roche jusqu’aux sables éoliens. Ils proviennent des oueds et éoliens ;
  10. 10. 9
  11. 11. 10 - Classe II : sols peu évolués d’apport d’irrigation et éolien ; - Classe III : Sols isohumiques à horizon humifère très distingué, ayant un aspect homogène profond, et forts calcaire ; - Classe IV : sols halomorphes. Ce sont des sols formés sur des matériaux salifères inutilisables pour l’exploitation agricole. Tableau n° 5 : Répartition des classes de sols en superficie Classe Classe Classe Classe Classesous-bassin palmeraie I II III IV Total 3.002 4.452 1.780 635 9.869 Tadighoust 471 261 133 47 912 Gheris Goulmima 1.945 - 465 - 2.410 amont Tilouine 290 580 102 - 972 Touroug 296 776 61 191 1.324 autres - 2.835 1.019 397 4.251 1.913 1.153 1.247 - 4.313 Todgha Mellaab 336 720 784 - 1.840 Tinejdad 1.577 433 463 - 2.473 623 2.137 - 520 3.280 FeznaGheris aval Jorf 623 2.137 - 520 3.280 Hannabou Total 5.538 7.742 3.027 1.155 17.462 Source : Maîtrise des eaux de crues de Fezna-Jorf-Hannabou SCET, 1982 Le potentiel agricole du bassin versant de Gheris s’élève à 17.500ha, dont 10.800ha environ (classe II et III), soit 62 %, peuvent faire lobjet dune intensification de laproduction agricole. Le reste peuvent faire l’objet d’une exploitation extensive. IV.2- Pédologie et mise en valeur de la zone Fezna-Jorf-Hannabou La zone possède un potentiel des terres agricoles de 3.280 ha dont les terres dela classe I et II (2.760 ha) peuvent convenir à une production agricole intensive, soit unpourcentage de 84 %. Le reste est inexploitable (sols salés). Selon l’étude de photo-interprétation, les superficies dominées uniquement par lesbarrages est comme suit : - Secteur 1: zone Fezna avec une superficie totale d’environ 880 ha répartie en : - 94 ha intensif ; - 182 ha semi-intensif ; - 604 ha extensif (eaux de crues)
  12. 12. 11 - Secteur 2: zone El Achouria et Jorf couvrant une superficie d’environ 1.150 ha dont : - 280 ha intensif ; - 720 ha semi-intensif ; - 150 ha extensif (eaux de crues) - Secteur 3: aval du secteur 2, Bouya et Hannabou avec une superficie totale d’environ 1.220 ha - Secteur 4: comprenant les plaines de Bao-Bao et de l’Oulja d’une superficie totale de l’ordre de 180 ha.VII- HYDROLOGIE D’après l’étude de maîtrise des eaux de crues de Fezna-Jorf-Hannabou en 1982,les caractéristiques hydrologiques du bassin de Gheris sont : : - les apports annuels moyens sont de 110 Mm3 ; - le débit moyen annuel est de 3.5 m3/s ; - les apports annuels à la station Lahmida pour différentes fréquences sont comme suit : Tableau n° 6 : Apports annuels à la station Lahmida Fréquence 10 20 50 80 90 Apports 3 (Mm ) 228 180 90 33 3.7Les ajustements statistiques à différentes lois (Galton, Person III, Log-normale) a permisd’estimer les débits maximum observés : Tableau n° 7 : Débits maximums observésPériode de retour 2 5 10 20 50 100 Q max (m3/s) 130 330 520 800 1.200 1.700 En résumé, les résultats les plus fiables basés sur des séries les plus longues auniveau de la station Lahmida sont les suivants : - débit moyen annuel : 3.47 m3/s ; - volume moyen annuel : 110 Mm3/an ; - débit de crue de projet centennal : 1.700 m3/s ; - volume de crue de projet centennal : 360 Mm3/an .
  13. 13. 12 CHAPITRE II SYSTEMES DE CAPTAGE DES EAUX SOUTERRAINES Les eaux souterraines ont pour origine les précipitations qui s’infiltrent entre lesparticules ou les fissures du sol pour constituer une réserve souterraine. Elles peuventêtre renouvelables au cas d’existence d’une alimentation directe ou indirecte, ou nonrenouvelables lorsqu’elles se trouvent profondes et isolées dans des formationsgéologiques très anciennes. Elles sont caractérisées par leur dynamique continue qui est fonction du type deformations qu’elles traversant et leurs caractéristiques : capacité de réserve en eau,perméabilité, coefficient d’infiltration Les différents types de sources d’eaux souterraines rencontrés au niveau de bassinversant de Gheris se distingue en : - nappes des vallées fluviales; - nappes phréatiques ; - nappes profondes ; - sources.A- GENERALITESI. TYPES D’EAUX SOUTERRAINES Ces eaux peuvent être soit libres lorsqu’elles rencontrent un substratumimperméable en dessous, soit artésiennes lorsqu’elles sont isolées entre deux couchesimperméables. Selon leur origine et leur localisation, les eaux souterraines sont répartis en : - Eaux aquifères : elles sont en relation étroite avec le climat. Ce sont des eaux douces ayant pour origine la pluie et la neige. C’est le plus importante source en eau existante dans la région ; - Eaux minérales : ce sont des eaux douces ou minérales, chaudes et riches en matières fondues. Elles sont constituées pendant l’éruption de volcans. - Eaux fossilifères : ce sont des eaux douces ou salines constituées pendant la période même de formation des roches. Elles sont conservées dans des lacunes de roches sédimentaires jusqu’à présent. - Eaux océaniques : ce sont des eaux salines issues de la percolation des eaux des mers et des océans dans des formations en contre de la pente de la côte.
  14. 14. 13 - Eaux fluviales : ce sont des eaux douces issues des infiltrations des eaux des fleuves à travers des formations plus perméables.II. SYSTEMES DE CAPTAGE DES NAPPES II.1- Captage des nappes des vallées fluviales Dans ce cas, on parle des « sous-écoulements » ou des « under-flows », qui sontalimentés à partir des eaux superficielles. Leur vitesse d’avancement est très faible,environ 10 m/j. Le captage de ces nappes se réalise par :  Barrage souterrain ou drain Dans les vallées très encaissées, on édifie des barrages souterrains à ,simplecorroi en argile, ou à maçonnerie ou à béton armé, pouvant s’opposer à l’écoulement deseaux en travers les alluvions. Tandis que dans de larges vallées, on a recours aux barrages avec despalplanches jointives de bois, d’acier ou de béton, ou des injections de ciment dans lesgraviers ou parfois des écrans en paroi moulée. L’aqueduc doit avoir une pente inférieure à celle du lit de l’oued pour pouvoirdéboucher les eaux vers le canal à ciel ouvert, qui sert pour l’irrigation de la palmeraie. La crête du barrage doit être calée à 0.60 ou 0.80 m au dessous du lit de l’oued,en vue d’éviter l’affouillement du barrage et permettre le passage de l’excès d’eaux endessus de la crête.  Galeries filtrantes (voir chapitre B) II.2- Captage des nappes phréatiques Leur captage peut s’effectuer par deux procédés à savoir :  Galeries filtrantes ou aqueducs filtrants (voir chapitre B)  Puits Leur creusement se fait, suivant le type de terrain, par havage ou fonçage àdiamètre intérieur variant de 1.70 à 2.50 m. Leur cuvelage ou revêtement se fait soit en maçonnerie de moellons d’épaisseurde 0.40 m à 0.50 m, soit en béton d’épaisseur de 0.06 à 0.10 m soit en buses de béton. L’augmentation du débit d’un puits peut s’effectuer par des galeries decomplément creusés horizontalement et sous forme d’un « V » au niveau qui apparaît le
  15. 15. 14plus riche en eau. Leur direction doit être perpendiculaire à celle de l’écoulementsouterrain. II.3- Captage de la nappe profonde Il se fait à l’aide des forages tubés ayant un diamètre de départ de 0.40 à 0.50 met un diamètre minimal de pied de 0.15 m. Leur profondeur qui dépasse souvent 200 m,peut donner naissance aux puits artésiens (sources Aïn El Atti). Ce système commence à prendre de l’ampleur dans la zone, après le rabattementexcessif de la nappe suite aux successions des années de sécheresse. II.4- Captage des sources On rencontre différents types de sources à savoir :  Sources filoniennes ou diaclasiennes Elles ont pour origine les nappes profondes sous pression, ce qui leur confère uncaractère de salinité et de chaleur. Ceux-ci les rendent sans intérêt pour l’irrigation.  Sources d’affleurement ou de déversement Elles proviennent soit des nappes situées dans un terrain peu perméable,reposant sur une couche imperméable mise en surface dans une dépression, soit desdiaclases recoupés par une dépression topographique (vallée). Ces sources, surtoutrencontrées dans les pays de montagne, s’opposent à certaines sorties d’eaux que l’ontrouve dans les terrains calcaires : - exsurgences : qui sont des sorties de rivières souterraines formés dans les marnes calcaires ; - résurgences : c’est le retour à l’air libre d’un cours d’eau après un parcours souterrain plus ou moins long. Le captage se fait en ouvrant perpendiculairement à la direction des filets d’eau etlégèrement au dessus de la ligne d’émergence, une tranchée descendant jusqu’à lacouche imperméable de support de la nappe. Ensuite, on utilise un drain de poterie , deciment, un aqueduc drainant ou une galerie visitable pour acheminer les eaux vers lepérimètre d’irrigation. L’eau pénètre dans les drains par les joints. Dans le cas de galerie ou d’aqueduc,le pied amont est en pierres sèches ou maçonné avec des ouvertures (barbacanes) pourlivrer passage aux eaux. Le pied aval doit être étanche. Pour le captage des sources amenées par des fissures, on dégage simplementles venues d’eau appelées « griffons » de la source sans chercher de les couper àl’amont.
  16. 16. 15 Les eaux de captage des sources doit être réchauffées dans les bassins avantutilisation pour être aptes à l’irrigation, du fait qu’elles sont souvent froides.  Sources d’émergence Elles sont alimentées par les nappes phréatiques et apparaissent dans les pointsdéprimés de la surface du sol situés à une côte inférieure au niveau de cette nappe.B- KHETTARAS : ANCIEN SYSTEME DE MOBILISATION DES EAUX SOUTERRAINES DANS LE TAFILALETI-PRINCIPE GENERAL Ce mode est à adopter quand la nappe phréatique n’est pas trop profonde,lorsque le sol a une pente suffisante pour pouvoir dominer les terrains à irriguer et quandle périmètre se trouve en contrebas de la zone de captage. Communément appelées « khettaras », elles permettent de capter les eaux dessous-sols en creusant une galerie dans une zone de glacis en dessous du niveauhydrostatique général de l’eau (figure n° 5). De point de vue hydrogéologique, la situation classique des khettaras peut être : 1- En bordure des reliefs (figure n° 5) Dans ce cas, les prélèvements se font dans la nappe dite phréatique. Lapalmeraie est éloigné de 5 à 10 km du relief et la profondeur des alluvions par rapportaux colluvions au niveau de la palmeraie est importante et le niveau piézomètrique de lanappe est profond. En contrepartie, les colluvions se trouvant en bordure des reliefs sont peuprofonds et reçoivent, d’ailleurs, les eaux de ruissellement ce qui rend la nappe proche etbien alimentée. Le champs captant des khettaras se situe, ainsi, dans cette zone. 2- Dans une vallée Souvent localisée au resserrement topographique « Foum » d’une vallée, la nappese trouve proche de la surface. Dans ce cas, on parle du « drain » (figure n°6). Généralement, la nappe dite « des vallées fluviales » coule parallèlement auxfleuves.III. DESCRIPTION DES KHETTARAS Le nombre total de khettaras mises en place à travers la zone de Tafilalet s’élèveà 570 khettaras (2.900 km) dont 250 sont actuellement fonctionnelles. Ce tarrissementest justifié par la succession des années de sécheresse qui ont entraîné une baissenotable de la piézomètre de la nappe.
  17. 17. 16
  18. 18. 17
  19. 19. 18 Généralement, les oasis irriguées par ces khettaras présentent descaractéristiques semblables: - un climat aride de type présaharien avec des pluies rares; - une terre abondante et fertile; - une main dœuvre laborieuse et abondante; - des sources en eaux très limitées des eaux superficielles et presque inexistante; - un système de culture adapté aux milieux humains et physiques; - des agriculteurs très attachés aux coutumes et maîtrisent mieux les techniques dirrigation traditionnelles; - un système ancestral de gestion et de direction développé sous lesprit communautaire de la Jmaa. Les zones de localisation des khettaras dans la zone d’action de l’ORMVA/TF sontreportées dans la figure n° 7. II.1- Historique Ce système de captage des eaux souterraines est née en Iran puis. Il a étérépandu par les Arabes lors de leurs conquêtes dans toutes les autres régionsprésahariennes (sahara algérienne et marocaine), dans les oasis syriennes etégyptiennes et au Moyen Orient (Palestine, Arabie Saoudite, Turkestan, …) . La dénomination technique de ce procédé de mobilisation des eaux change d’unpays à un autre : on l’appelle ‘’Quanat’’ en Iran, ‘’Karis’’ en Afghanistan ‘’Fouggara’’ enAlgérie, et ‘’Figgara’’ en Tunisie, ‘’Areines’’ en Belgique, ‘’Quanawat’’ en Syrie,‘’Chain of wells’’ en chine et ‘’Khettara’’ au Maroc. Les géographes arabes qui ont décrit le Tafilalet au XIème siècle et au XVIème sièclenont pas esquissé lexistence de ces khettaras. Selon les auteurs, cette technique fûtintroduite par les agriculteurs du Draa au XVIIème siècle, et exactement par lesspécialistes de Todgha. Les plus anciennes khettaras du Tafilalet dateraient du XVIIème siècle (OuledYoussef, Hannabou) et du XVIIIème siècle, au début 1730 (Sifa). cette technique a été dictée par les considérations suivantes : - Une mobilisation gravitaire des eaux en l’absence à l’époque de systèmes de puisage performants ;
  20. 20. 19
  21. 21. 20 - La construction n’exigeait pas des dépenses pécuniaires au départ, mais uniquement un volume de travail important dont le coût d’opportunité est quasi nul ; - Le transport de l’eau en galerie permettait de minimiser l’évaporation et les dépôts solides suites aux tempêtes de sable qui caractérisent la région ; - La disponibilité continue en eau d’irrigation; - La rareté des eaux superficielles dues aux irrégularités des précipitations; - Des vastes périmètres cultivables pourvu dun type de sol fertile. II.2- Importance économique et intérêts des khettaras II.2.1- Intérêts et avantage Contrairement aux autres procédés, le système de la Khettara ne nécessite pasdénergie pour lextraction de leau . LAghrour, quant à lui, exige de lénergie humaineet/ou animale et la motopompe fait appel au carburant ou à lélectricité . Les khettaras nexige pas un équipement pécuniaire de départ (animal de trait etpetits matériels) pour son exécution, mais un investissement de travail important envolume dont le coût dopportunité est quasi nul . Les frais de fonctionnement de la khettara sont moins onéreux que ceux desautres systèmes, seul quelque opérations de curage dentretien sont à réaliser . La khettara permet une exploitation rationnelle de la nappe, puisque sonécoulement gravitaire est fonction de la recharge de la nappe. En résumé, Les Khettaras, connues depuis lantiquité, présentent des intérêtsimportants, à savoir : - Elle évitent le recours au pompage à coût dénergie élevé ; - Elles captent leau en amont du glacis, dans la zone où les caractéristiques de la nappe sont favorables ; - Ce sont des équipements à caractère collectif ; - Elles interdisent toute surexploitation de la nappe ; - Elles jouent un rôle social, puisquelles constituent la source deau potable de plusieurs ksours ; - Elles jouent en complémentarité avec les autres procédés de mobilisation des eaux de surface pour réduire leffet de lirrégularité du climat et de renforcer la pérennité de la disponibilité en eau .
  22. 22. 21 De ce fait, le système de khettara est un moyen de mobilisation bien adapté auxconditions particulières de la zone du Tafilalet . I.2.2- Inconvénients - La technologie archaïque utilisée pour le creusement de la khettara fait appel à une importante masse de travaux de terrassement . Selon P.Pascon, il faut 300 journées de travail pour obtenir 1 l/s dans les petites khettaras (30 l/s) et 1.500 N.J.T pour les grandes khettaras (60 l/s). Au Tafilalet, le N.J.T est estimé en moyenne à environ 750 pour les khettaras de faible débit variant entre 5 l/s et 20 l/s . - Le creusement des khettara sélève du travail artistique et empirique . En effet, seules quelques spécialistes qualifiés peuvent bien arriver à franchir une nappe fournie et caler la galerie suivant une pente régulière et appropriée pour amener leau jusquau périmètre à irriguer . cette race dhydrauliciens autodidactes se raréfie de plus en plus et le creusement de nouvelles Khettaras nest plus mis en œuvre . - Son fonctionnement dépend seulement de la recharge de la nappe c-à-d des facteurs dalimentation par précipitations, apport des oueds, ….etc. ce qui entraîne, une irrégularité annuelle des superficies cultivées et la variation des rendements des cultures . - Les rendement peuvent être limités par des pertes énormes qui se produisent dans la partie adductive, et qui sont évaluées à environ 30 à 50 % de débit drainé en amont . - Leur caractéristique de grande longueur engendre des coûts daménagement assez onéreux, ce qui entrave toute intervention étatique qui se limite aux opérations diffuses . II.2.3- Importance économique Dans le bassin de Gheris et de Ziz, J. Margat avait dénombré pendant les années60,260 khettaras dont 142 vives totalisant 713 km. Ces Khettaras débitaient environ1.050 l/s et permettaient lirrigation de 2.130 ha. Pendant les années 80, les Khettarasproduisaient seules 75 à 80 % de leau souterraine. LAghrour produisait 6 à 12 % et lesstations prélevaient entre 12 et 14 %. Ainsi, le volume total prélevé variant de 35 à 50Mm3. Dans les deux bassins Gheris et Ziz, on compte prés de 208 Khettaras dont 118sont en fonctionnement. Elles concernent environ 4.600 agriculteurs et dominent à peuprés 3.882 ha . En outre, leau souterraine présente une grande valeur agricole que les eaux decrues. Daprès J. Margat : " on constate au Tafilalet quun (1) Mm3/an permet de faire
  23. 23. 22vivre 3 à 4 habitant par hectare irrigué par les eaux de crues, et prés de quinze (15)lorsquil sagit dun débit pérenne, soit 4 à 5 fois plus ". II.3- Caractéristiques des Khettaras Les Khettaras sont formées par : II.3.1- Partie drainante (Qana) Elles est généralement constituée dune galerie profonde denviron 10 à 20 m etqui sert à drainer et à collecter les eaux de la nappe. Sa longueur varie en fonction de laprofondeur de la nappe en tête de la Khettara, du gradient hydraulique de la nappephréatique et de la pente du terrain naturel. Dans la zone de Haouz, la profondeur entête peut atteindre 40 à 50 m. La longueur de cette partie drainante varie dune centaine de mètres (200 m enmoyenne ) à quelques kilomètres. Elle est généralement en terre avec une largeur de0,35 à 0,60 m permettant à peine le passage dun homme et une hauteur de galerie de1,20 à 2,00 m. Ces dimensions sont réduites au strict minimum et à peine suffisante pourlaisser à un khettariste la possibilité dexécution de louvrage et dassurer les travauxdentretien par suite. Létat de fonctionnement dune khettara est fonction du calage et du profilage dece tronçon. En effet, la galerie la plus basse peut bien assurer un bon drainage de lanappe et peut entraîner, ainsi, le tarissement de lavoisine à côte élevée. La pente de lagalerie est inférieure au gradient hydraulique et varie, en général, entre 0,05 et 0,15 %Le débit moyen oscille entre 6 et 10 L/s . Dans certaines régions telles que Rissani et Alnif, ce qui ne pas le cas dans larégion détude Fezna- Jorf- Hannabou, les khettaras se subdivisent en tête en deux outrois branches sous forme dun "V" en vue daugmenter laire de collecte et améliorer sondébit. II.3.2- Partie adductive Ce tronçon qui fait suite de la galerie captante permet de véhiculer les eaux versles périmètres dirrigation. Il est réalisé en galerie, puis en tranchée lorsque la profondeurdevienne moins importante et nexcède pas 4 m. Ceux-ci, pour éviter les risquesdeffondrement du toit de la galerie, qui peut engendrer des pertes en rendement descultures et des frais dentretien très élevés. Il convient de signaler quen plus du rôle dacheminement des eaux collectées,cette partie continue toujours à recueillir des apports par le toit et les parois, ce qui rendla matérialisation de la limite entre ces deux premières parties difficile. En contrepartie,son radier en terre et non étanche est sujet dune perte énorme des eaux par infiltrationou par des fuites, estimées à 50% du débit drainé. Les deux premiers tronçons sont entrecoupés par un ensemble de puits ouregards souvent couverts, et ayant servi pour le creusement des Khettaras. Ces regardsservent, actuellement, pour le curage, l’entretien et laération de la galerie.
  24. 24. 23 II.3.3- Réseau de distribution (Mesrefs) A la sortie de la galerie, la Khettara se prolonge par un canal tête morte avant dedesservir le périmètre. Ce canal de conception souvent rudimentaire, soit en terre ou enmaçonnerie traditionnelle, véhicule les eaux vers les parcelles par le biais dun réseau decanaux secondaires et tertiaires toujours en terre appelé "mesrefs". En période de pénurie, les agriculteurs procèdent à lédification dun bassindaccumulation qui joue un rôle vital dans laccumulation dun volume important et danssa répartition entre les ayants droits. Cette répartition est gérée par le "Cheikh- Khettara"et ses "Mezregs". La tête morte et le bassin daccumulation, sil existe, servent pour labreuvementdu bétail, de lavoir et au puisage de leau nécessaire à la consommation domestique. Ce canal envahi souvent par des graminoïdes et des herbes est assujetti auxpertes importantes deaux par infiltration et absorption. II.4- Performances des Khettaras : Efficience Létat dune Khettara, et donc son efficacité, dépend des caractéristiquessuivantes : - La longueur du bras captant, sa pente, sa direction par apport au sens de lécoulement de la nappe ; - Létat du tronçon adducteur (revêtu ou non) ; - Laménagement des cheminées ou puits (construits, couverts, …) ; - La présence ou linexistence dun bassin daccumulation (revêtu ou non). La débitance des Khettaras est freinée par le manque dentretien fréquent oudaménagement : - Léboulement dans le bras captant des matériaux excavés, dû peut être à laugmentation de lhumidité à lintérieur des galeries à terre non consolidée. - Lensablement de la galerie, si le regards sont non couverts, du fait que ces khettaras se localisent dans les couloirs de vents de sable ; - La longueur insuffisante de captage dans la nappe ; - Les infiltrations élevées dans le tronçon adducteur ; - La pente irrégulière, et par fois une contre-pente due au curage non rigoureux ;
  25. 25. 24
  26. 26. 25 - les casses des feuillets de pierres de couverture des puits ou des tronçons couverts. Concernant le rendement d’une khettara, il est estimé à 60% en moyenne, enraison des pertes qui se produisent en particulier dans la partie adductrice ou ellespeuvent atteindre 30 à 50 % du débit drainé en amont. Il y a plus au moins une liaisonétroite entre la profondeur des puits, la longueur de la khettara et son débit au moins aumoment de son creusement. En effet, les longues khettaras qui sont aussi celles dont lespuits de tête sont les plus profonds, sont celles qui débitent le plus. II.5- La khettara : Unité organisationnelle Les khettaras ont été conçues pour une meilleure exploitation au moindre coût desressources hydrauliques ; cette ressource rare à un rôle éminent dans l’organisationsociale et de l’espace marquée par l’existence d’un réseau d’irrigation très dense quidemeure le véritable organisateur de ces paysages et de ces sociétés. Les emplacements de ces ouvrages sont le résultat d’une adaptation au milieunaturel ; mais aussi ils sanctionnent des rapports sociaux tumultueux marqués par desconflits et des tractions dont seule l’histoire peut rendre compte. En effet, tributaires deseaux de khettaras captées généralement de loin en dehors du territoire du ksar, lesksouris se sont alliés en unité qui suit généralement la khettara. Dans son acceptation locale la khettara, constitue et demeure l’unité hydrauliquede gestion avec une triple signification :  Unité hydraulique, secteur desservi par les drains de collecte, le canal d’amenée et le réseau de distribution ;  Unité humaine : communauté d’irrigation propriétaire du secteur et du réseau d’irrigation ;  Unité juridique : ensemble de règles qui régissent la distribution de l’eau et la maintenance des infrastructures. a/- Lois coutumières "El Ouorf" en vigueur Concernant l’élection et le choix de l’aiguadier communautaire, cette fonctionrevient à celui qui a une meilleure connaissance pour la conduite des travaux d’entretienet d’extension de ces ouvrages mais également pour l’organisation du tour d’eau entreles bénéficiaires. Dans certains cas, plus particulièrement en ce qui concerne le système des parts,le cheikh de la khettara est élu démocratiquement par suffrage entre les détenteurs dedroits d’eau. Des lois régissent également l’extension de ces ouvrages à savoir : - Une extension sans limites lorsque la khettara se trouve isolée ;
  27. 27. 26 - Une extension permise après accord unanime des communautés, propriétaires des khettaras avoisinantes ; - Chaque khettara est protégée par un droit d’emprise qui est d’environ quatre à cinq fois la profondeur des puits. - La distance séparant les deux points de desserte des deux khettaras avoisinantes doit être égal à celle séparant les deux puits de départ des khettaras. - La distance qui sépare les bras captants des khettaras avoisinantes doit être dau moins 100 m pour éviter linfluence entre les khettaras (effet de Dupuit). b/- Gestion des eaux Au niveau de la zone du projet, les droits deau sont similaires dune khettara àlautre. En effet, chaque khettara est administrée par un "cheikh-khattara", celui-ci estaidé par le conseil de la Jmaa qui est élu par les bénéficiaires. La technique de partage de leau par la "Nouba", le droit juridique et les coutumesde gestion sont similaires, excepté le nombre des ayants droits, la superficie dominée etle débit des khettara qui sont variables. La gestion des eaux véhiculées par les khettaras obéit à des lois coutumières derépartition appelées « droits d’eau » c’est le volume des travaux fourni par usager lorsde l’édification de la khettara qui constitue la référence d’appropriation de la ressource,laquelle se transmet d’une génération à une autre. Ces règles qui demeurent encorevivaces actuellement, peuvent être classées en deux types : - Une appropriation dite collective pour laquelle l’eau est rattachée à la terre et les propriétaires de la khettara sont nécessairement ceux du périmètre qu’elle irrigue ; - Une appropriation dite de parts dont l’unité est appelée « Ferdia » correspondant à une durée de 12 heures d’irrigation durant laquelle le ou les propriétaires, détenteurs de parts bénéficient de la totalité de débit de la khettara. Dans les deux cas, la répartition de l’eau est assurée entre les propriétaires partour d’eau, sous le contrôle du cheikh et ses mezregs de la khettara ayant le rôle desaiguadiers communautaires. Le détenteur d’un droit d’eau peut en faire usage, le vendre ou le louer pour unepériode déterminée, il peut aussi en faire la base d’un contrat d’association. L’appropriation de ces eaux paraît de point de vue juridique comme illégale. Eneffet, elles échappent à la législation moderne qui incorpore toutes eaux superficielles et
  28. 28. 27souterraines au domaine public ( Dahir du 1 Juillet 1914, Dahir du 8 Novembre 1919 etDahir du 1 Août 1925). Par ailleurs l’existence de ces droits d’eau se justifie aux yeux de leurs titulairespar : - contribution dans la construction et l’entretien des ouvrages de captage ; - droit coutumier de première occupation du territoire sur lequel se trouve l’eau ; - droit de passage d’une seguia appartenant à une communauté d’aval (doit de Mlou).  Tour deau Le système de répartition qui prédomine est une appropriation dite de parts dontlunité est appelée "Nouba" et parfois « Ferdia » correspondant à une durée de 12heures dirrigation durant laquelle le ou les propriétaires, détenteurs de parts bénéficientde la totalité de débit de la Khettara. Cette Nouba se fait généralement du levée soleil aucoucher ou inversement. Il est rare, à cause de la micro propriété, quun agriculteurpossède le droit deau supérieur à la Nouba. Le tour deau est fonction du nombre de "Noubas" dans la Khettara. Si celui-ci estde 30, le tour deau sera normalement de 15 jours. Le tour deau est en application detelle manière à intermitter le temps dirrigation entre le jour et la nuit. Si un agriculteur àirrigué le jour, il arrosera la prochaine "Nouba" au cours de la nuit. c/- Statut juridique Les périmètre de Khettaras sont des espaces de très anciennes occupations parlhomme. tous les droits sont minutieusement enregistrer et déposés de la Jmaa. Lestatut juridique est exclusivement privé "Melk". La vente de la propriété foncière est souvent accompagnée de celle du droit deau.Parfois, la vente porte uniquement soit sur la propriété de leau soit sur celle du sol ouuniquement sur les arbres (palmiers dattiers) . La location temporaire de leau est une opération courante notamment lors de lapériode des cultures maraîchères. Il peut y avoir aussi échange des parts deau dans letemps entre les usagers selon les besoins dirrigation. d/- Entretien et réparation de la Khettara En contrepartie, ce droit entraîne aussi des obligations vis-à-vis du groupementconstitué par lensemble des ayants droits de la ressource. Ces obligations portentessentiellement sur la participation à lentretien et le respect du mode dusage de leaupratiqué. Cest le même aiguadier "Cheikh- Khettara" et ses "Mezregs" qui se chargent decette opération appelée "Attahjir". Il consiste à rappeler chacun des ayants droits par le
  29. 29. 28nombre de journées de travail qui lui incombe en se basant sur la loi dun ouvrier parNouba et par semaine. Par exemple, si le nombre de Nouba dune Khettara est de 30, uneffectif moyen de quatre (4) ouvriers par jour sont affectés pour des opérationsdentretien : curage, déblocage, obstruction de fuites, …etc. En ce qui concerne les travaux de construction en maçonnerie, en béton oudextension en amont, un fond de caisse est constitué sur la base 100 dhs par Noubapour lacquisition des matériaux ou pour la rémunération de la main dœuvre spécialisée . Chaque vendredi, après la prière, les bénéficiaires de la plupart des khettaras seréunissent pour discuter et organiser les procédures dentretien et de réparation de lakhettara . II.6- Procédés dexécution des khettaras Ce sont lexutoire dune source et les sites dapparition des résurgences quiconstituaient les premiers repérages de ces filets deau souterrains permettantlorientation et les tracés de ces khettaras. Ainsi, lexécution des travaux commence delaval. La cote de départ est imposée par le niveau de parcelles situées à lamont dupérimètre à irriguer . A partir de la tête morte les travaux commencent par lexécution dun canal à cielouvert, qui prend la forme dune galerie, une fois la masse des déblais devenueimportante (profondeur supérieur à 4m) . Lexécution de la galerie se fait simultanémentdans les deux sens : - Des ouvriers procèdent au creusement de cette galerie à partir de la tranchée en allant contre le sens de lécoulement ; - Dautres ouvriers entament les travaux à lautre bout, à partir dun puits exécuté à 20 m de la tête de la tranchée en allant dans le sens découlement ; Le même procédé se répète entre deux puits consécutifs, jusquà lexécution totalede la galerie. Les déblais sont évacués à partir des puits au fur et à mesure de lavancementdes travaux par un ouvrier désigné pour cette tâche; il utilise seulement un couffin, untreuil en bois et une corde quil traîne manuellement ou par traction animale. Les déblaisextraits sont déposés tout autour du puits en vue de protéger les ouvertures des regardscontre lensablement. Les tas de ces déblais constituent le trait caractéristique de cetterégion et le témoin du volume de travail consenti par les populations via les moyensmanuels rudimentaires. Lespacement des puits varie surtout en fonction de la nature du terrain traversé;ils sont plus rapproché (10 à 15 m) dans les terrains non consolidés ou louvrage est plusexposé aux éboulements que dans les terrains consistants (20 à 30 m) . La variationdécartement entre regards donne une illusion sur le changement dans la nature descouches souterraines traversées.
  30. 30. 29 Le parcours des Khettaras, qui varie de 1 à 20 km, nest rectilignequexceptionnellement, il suit généralement le sens général de lécoulement de la nappe.En outre, les moyens traditionnels de bougies utilisés comme guide dalignement nedonne pas de satisfaction. Quand à la pente de ces drains, elle est optimisée de façon àpermettre le maximum découlement deau et à dominer la maximum de terrains agricole. La construction dune Khettara nécessite beaucoup de force de travail. En effet, laconstruction dune Khettara de 4 km, comportant des puits de 12 m de profondeurmaximum requiert, le travail de 40 hommes pendant 4 ans. Très approximativement et pour une Khettara moyenne, le travail nécessaire àfournir pour obtenir une unité de débit, est estimé à 700-800 journées de travail parlitre/seconde. Dans les réseaux ou plusieurs Khettara sont parallèles et selon les lois régissantlexécution de ces galeries (El ouarf), lécartement entre les parties captantesavoisinantes est en général supérieur à 200 m pour éviter leffet de linfluence entre lesKhettaras. Dans les parties transporteuses, les Khettaras sont plus rapprochées de 50 à100 m.III- CONJONCTURE ACTUELLE DES KHETTARAS Dès lantiquité ces travaux sont réalisés par les membres de la Jamaa, pourlesquels la "terre et eau" sont les deux éléments dévaluation de la puissance et de lavaleur de la Kbila. Après les années de sécheresse et son effet sur lexode rural, cette organisationcommençait à disparaître, et les travaux étaient confiés à des corporations douvriersspécialisés. La technologie utilisée rudimentaire et fait appel uniquement à la maindœuvre, largement disponible et peu exigeante pour sa rémunération, à son matérieltrès simple: sapes, pioche, cordes, treuil en bois, …etc. et parfois à la traction animalequant la profondeur devenait importante. Les conjonctures sociales et économiques actuelles, fondées sur la recherche deluxe, de rentabilité et de profit ont été derrières une disparition progressive, ou du moinsun relâchement de ces traditions, un délaissement des terrains agricoles de plus en plusaccentué par lexode rural massif et une pénurie de la main dœuvre qui coybottedaccomplir les travaux manuels forcés et de grande ampleur, tel que ceux exigés par laconstruction de la Khettara. Cette tendance na fait que saggraver après la régression de lespritcommunautaire de la Jmaa et avec lavènement et la multiplication de la motopompe quisimpose par sa souplesse dutilisation, son efficacité et son rendement. Ainsi, plusieurs efforts sont déployer en vue de préserver ce patrimoine ancestral,signe de vigueur et daudacité des filalis.
  31. 31. 30 CHAPITRE III GEOLOGIE ET HYDROGEOLOGIE DE LA ZONE DU PROJET L’étude des roches, des formations géologiques et de l’hydrogéologie de la zonenous permettent d’identifier la réserve de la nappe, ses caractéristiques chimiques,physiques et dynamiques.I- GEOLOGIE La structure géologique de la zone Fezna-Jorf-Hannabou est similaire à toute lazone de la plaine de Tafilalet ; elle est constituée de deux éléments nettement distincts :un socle primaire plissé et un recouvrement alluvionnaire quaternaire (figure n° 8). I.1- Primaire La tectonique primaire est relativement simple : synclinaux à large rayon decourbure et anticlinaux plus aigus, dissymétriques, fréquemment déversés et mêmefaillés vers le Nord. L’ensemble est de direction sensiblement Est-Ouest, légèrement arqué, etprolonge les plis du massif de l’Ougnat. Il apparaît que le remplissage quaternaire à faible épaisseur recouvre un fondprimaire de calcaires et marnes dévoniens reposant sur des schistes viséens. Cescalcaires forment des « richs » enterrés, sauf d’étroits goulets. I.1.1- Stratigraphie des terrains primaires a/- Ordovicien Ce sont des grès blancs avec quelques bancs de calcaire ou de quartzite et desniveaux schisteux (e >= 400 m). Leur perméabilité est faible. b/- Gothlandien Ce sont des schistes satinés d’épaisseur variant entre 30 et 50 m. C’est un niveauperméable. c/- Dévonien  Dévonien inférieur Les formations qui caractérisent ce niveau sont par ordre comme suit : - schistes grès roses similaire aux schistes satinés ; - calcaire noir compact ; - grès blancs semblable aux grès ordoviciens ; - calcaire noir compact.
  32. 32. 31 Leur épaisseur est d’environ 50 m et sont généralement imperméables.  Dévonien moyen Ce sont des marnes et des marno-calcaires avec des niveaux gréseux. Elles sontaussi imperméables et ont un épaisseur de 50 m.  Dévonien supérieur Ce sont des calcaires bleus en grande dalle compactes avec quelques niveauxmarneux. Ils sont caractérisés par des fissurations moyennes mais suffisantes pourassurer une perméabilité en grand sensible, et par des traces de circulation d’eau(encroûtement des fissures, géodes).  Carbonifères Ce sont des schistes et des marno-schistes vert-bleus, et sont caractérisés parune perméabilité totale. I.2- Pétrographie des formations quaternaires Les formations quaternaires sont très variées, mais peuvent se répartir en quatrecatégorie : a/- Formations éoliennes Il s’agit des dunes de sable appuyés contre les berges hautes de l’oued Gheris,soit d’amas de sable sur les pentes des riches primaires, soit encore de zones localesd’ensablement. Ces sables présentent plusieurs dommages pour les khettaras, lesksours et les palmeraies. b/- « Regs » Ce sont des cailloux peu ou pas roulés, généralement peu épais, et se localisentautour des affleurements primaires. c/- Alluvions actuelles de l’oued Ils sont bien développés au niveau de Gheris,. Ces alluvions sont souventcimentés en poudingues cachés ou affleurant, surtout au niveau du barrage El Gara etMoulay Brahim. Ces formations contiennent des « under-flows ». d/- Le recouvrement fluvio-lacustre (figure n° 9) Son épaisseur dépasse souvent 15 m au niveau des palmeraies, sauf aux abordsdes richs. Cette formation est composée de trois éléments essentiels :
  33. 33. 32  Limons : C’est un dépôt fluviatile d’épandage, remarquablement homogène dans toutel’étendue de la palmeraie. L’épaisseur varie de 7 à 10 m et deviennent faible ens’approchant des richs. Vers leur base, ils deviennent progressivement plus argileux etplus compacts. Ils sont toujours plus ou moins salés ( chlorures de sodium, magnésium, et gypse).Cette salinité date certainement de leur dépôt. La circulation de la nappe phréatique et des eaux de crues tendent au déssalagedes limons vers le bassin de décantation de Maïder. Les limons présentant une trèsbonne perméabilité pour les infiltrations, mains ne peuvent ni contenir une grosseréserve d’eau, ni permettent l’écoulement des débits importants.  Marnes Elles sont plus ou moins gréseuses et plus ou moins argileuses, fréquemmentconglomératiques à leur base. Elles présentent souvent un aspect caractéristique« panaché » jaune et gris. Leur épaisseur dépasse 2 m au niveau de la palmeraie. Cetteformation est généralement peu perméable, mais sa faible épaisseur , ainsi que seslacunes permettent aux infiltrations d’atteindre la base du quaternaire. Ces marnes sont plus salines que les limons et sont probablement le principalagent de la salure de la nappe phréatique.  Poudingues Ils sont absolument constants et homogènes et n’étant percés que par lespointements primaires. Ils affleurent par endroits dans le lit de l’oued Gheris, à partir dusite du barrage El Gara jusqu’à l’aval du barrage My Brahim. Leur épaisseur doit varier entre 10 et 20 m suivant la profondeur du primaire, etreposent directement sur ce dernier. Bien que le ciment soit généralement perméable par porosité, la perméabilité despoudingues est remarquablement grande, due à tout un réseau de fissures et aux litslenticulaires de graviers et cailloutis non consolidés. Ces poudingues sont le lieu de cheminement essentiel et le gîte de réserve de lanappe phréatique.II- GRANULOMETRIE ET CLASSIFICATION DES SOLS IRRIGUES PAR LES KHETTARAS II.1- Granulomètrie (annexe n° 1) Daprès une étude réalisée en 1999 sur la salinité des sols et qualité des eauxdirrigation des khettaras du Tafilalet, il a été constaté que pour une profondeurnexcédant pas 20 m, la texture est généralement équilibrée avec prédominance des
  34. 34. 33sables et limons. Ceci peut être expliqué par le travail annuel et fréquent du sol. Au delàde 20 m, la texture varie selon lendroit (équilibrée à limoneuse). II.2- Classification (annexe n° 2) La conductivité électrique varie dune khettara à lautre. Elle est de 5,6 mmhos/cm(3,6 g/l) au niveau du périmètre Mostaphia Hannabou à 38,2 mmhos/cm (24 g/l) à Rosia-Mounkara. En général, la teneur en sel des sols est élevée au niveau des horizonssuperficielles (0 - 20 m) à cause de la remontée capillaire due à une forte évaporation.III- HYDRODYNAMIQUE DE LA NAPPE FEZNA-JORF-HANNABOU Les ressources en eau souterraines exploités actuellement proviennent soit desstations de pompage, soit des résurgences de l’oued, soit d’un réseau de khettaras àsavoir : 28 khettaras pour le Jorf, 3 pour El Krair, 3 pour El Bouya, 10 pour Hannabou, 15pour Fezna et 24.pour Ksours Sifa. III.1- Hydrogéologie de la nappe phréatique Cette nappe représente la dernière unité hydrogélogique de la vallée du Gheris, etse situe dans la boucle du Gheris immédiatement à l’amont de la plaine de Tafilalet. Selon les différentes études hydrogéologiques, cette nappe s’est constitué enquaternaire, pendant la période où les précipitations sont importantes. Et à cause desinfiltrations abondantes et l’existence d’un substratum primaire imperméable, une réserved’eau assez importante est innée dans la zone. Cette réserve est estimée auparavant àenviron 300 Mm3, à débit d’alimentation de 120 l/s, ce qui a donné naissance auxkhettaras. Actuellement, elle varie de 20 à 50 Mm3. La nappe phréatique de cette zone coule généralement dans des formationsplioquaternaires. Ces formations sont constitués à base de conglomérats plus ou moinscimentés et d’alluvions ayant une épaisseur variable de 15 à 20 m. Ces formationsreposent sur les calcaires schisteux du Primaire dont la frange d’altération de quelquesmètres constitue un réservoir souterrain apprécié actuellement. Cette nappe se localiseentre les reliefs imperméables (Koudiats de Fezna, de Mounkara et de Maha) et lemassif de l’Ougnat, qui, est le plus important en débit. Cette nappe émerge au niveau du barrage Meharza sous forme de résurgences,tandis qu’au Sud, l’écoulement de la nappe est très faible. Vers Le Sud-Ouest, ladépression observée est due à la présence de nombreuses khettaras. Actuellement,l’exploitation intensive de la nappe par pompage crée une dépression générale dans lazone. La forme de la nappe est généralement convexe, mais souvent perturbé par desaxes de drainage naturel ou des alimentations par des seguias des eaux de crues.
  35. 35. 34 En se référant aux caractéristiques des forages réalisés par la DRH en 1999, on constate que la nappe du quaternaire est plus importante en débit que la nappe profonde du primaire : Caractéristiques des forages réalisés par la DRH dans la zone Fezna-jorf (1999)C,R N° IRE PT(m) NP(m) RS(g/l) CE Q(l/s) Formation captée 4296/57 41,00 Sec - - - Dévonien 4302/57 110,00 18,60 4,13 5,78 0,56 Dévonien 4303/57 103,00 Sec - - - DévonienFezna 4304/57 103,70 15,95 0,91 1,27 11,20 Dévonien 4038/57 165,00 30,99 3,07 4,30 6,25 Infracénomanien 4039/57 91,00 16,25 1,35 1,89 1,99 Infracénomanien 4297/57 118,00 22,70 1,15 1,61 3,20 Ordovicien 4299/57 251,30 9,30 2,36 3,30 2,30 Dévonien 4300/57 85,00 7,33 23,80 33,32 DévonienJorf 4031/57 103,70 Sec - - - Ordovicien 4264/57 28,00 13,38 2,51 3,51 16,42 Conglomérat quaternaire 4040/57 27,60 16,16 1,41 1,97 15,29 Conglomérat quaternaire III.2- Perméabilité de la nappe La nappe est étendue sur une superficie de 150 km². La perméabilité des sols de la zone est comme suit : Perméabilité coefficient de type de sols perméabilité (m/s) Perméabilité élevée 10-3 à 3 x 10-3 alluvions sablo-graveleux Perméabilité 10-5 à 4 x 10-4 conglomérat et calcaire moyenne marnes lacustres, lacustres Perméabilité faible 10-6 à 4 x 10-5 calcaires, compacts et limons Dans la zone, il apparaît que les variations verticales de perméabilité sont bien plus grandes que les variations horizontales. Ainsi, il est important de connaître des formations dans une section verticale que la surface de celle-ci, pour lévaluation des ressources en eau et du débit de la nappe. III.3- Hydrodynamique de la nappe La transmissivité constitue le paramètre déterminant pour évaluer le débit de la nappe. Daprès les essais de pompage, T  0.5 à 2 x 10-2 m/s, soit k = 10-3 m/s (perméabilité élevée). Les vitesses moyennes déduites des débits moyens écoulés à travers les sections définies seraient de 2 à 6 m/jour, en partant dun coefficient de vide de 5%.
  36. 36. 35 Le débit moyen découlement de la nappe varie de 100 à 300 l/s, avec desvariations importantes damont en aval. Le débit découlement de la nappe étant faible, comparé au débit des apports (2,2Mm3), il en résulte un caractère secondaire des apports soutenus par lamont et lagrande prédominance des apports de surface. III.4- Régime de la nappe phréatique (figure n° 10) Elle est en fonction de la pluviométrie et de la fréquence des crues sur l’OuedGhéris. III.4.1- Régime saisonnier ou annuel Le suivi de la piézomètrie de la nappe de Fezna-Jorf-Hannabou durant les sixdernières années (1995-2000) montre que les fluctuations de la nappe est décroissantde l’amont vers l’aval. En effet, au niveau de Fezna et Achouria, les fluctuationssaisonnières et annuelles sont très importantes et varie de 3.5m jusqu’à 8.9m, alorsqu’au niveau de Jorf la variation moyenne est de 3.5m, et plus en aval (Bouya, Krair etHannabou), le niveau est presque stable (figure n° 10 ). Niveau min Niveau max Variation Puits Zone (m) (m) (m) El Ghouard 12.00 16.06 4.06 El Ghafouli Fezna 13.20 22.20 9.00 Laksibat 13.80 21.87 8.07 Achouria Achouria 12.90 18.45 5.55 O, Ghanem SP 07.03 10.70 3.63 Jorf O, Ghanem Mosqué 06.70 10.32 3.62 Ben Jbilat Krair 06.60 08.85 2.25 Hannabou Hannabou 09.08 09.70 0.62 Moyenne On observe une "vague phréatique" de transmission de charge de lamont verslaval, entre Jorf et Hannabou. Linfiltration des eaux de crues dans les oueds et surtout dans les champs irriguésapparaît comme le principal facteur de la recharge. En effet, le coefficient dinfiltrationmoyen à appliquer aux épandages de crues varie de 40 à 50%.  Régime inter-annuel Létude de ce régime éclaire les conditions dalimentation de la nappe et permetune évaluation approximative des données de son bilan. Le niveau de la nappe, avant les années quatre vingt, n’excède pas 3 m à ElBouya et 4 m au Jorf. Alors qu’actuellement, il se situe, sous la palmeraie, entre 8 et 20m de profondeur, 12 à 22 au Fezna, 7 à 10 m au Jorf et 6 à 9 m vers l’aval (El Bouya, ElKrair).
  37. 37. 36 A l’aval, il apparaît que la nappe a retrouvé son niveau piézomètrique normal,grâce aux apports des eaux de crues. Au contraire, le niveau amont est toujours enrabattement. En général, on a constaté : - entre 1960 et 1968, une remontée importante suite aux crues de 1965. - un abaissement rapide de 1968 à 1972/73; - puis, une relative constance de niveau; Les principales conséquences de cette baisse sont : - diminution du débit dexploitation des stations de pompage; - limitation de lévaporation directe; - stabilisation du front de salinité; - tarissement des khettaras et des puits III.5- Ecoulement de la nappe On distingue trois couloirs d’écoulements différents (figure n° 11): - couloir en amont de Fezna entre Koudiat Tantana et Oued Gheris, permettant d’alimenter seulement les périmètres de Fezna. Le sens d’écoulement est Ouest-Est ; - couloir du Jorf entre Koudiat Tantana et Koudiat Mounkara, alimentant les périmètres d’Achouria, et de Jorf ; - couloir entre Koudiat Mounkara et Koudiat Maha desservent les palmeraies d’El Bouya, El Krair, Hannabou et Ksours Sifa. Dans ce cas le sens d’écoulement est sensiblement Nord Ouest-Sud Est. Généralement, la ride dévonienne semble bien se comporter comme un barragesouterrain naturel qui joue un rôle capital dans l’allure de cette nappe, et surtout sur lesdirections de ses exutoires. La direction générale de l’écoulement est sensiblement Ouest-Nord Ouest à l’Est-Sud Est. Le gradient hydraulique moyen est de 0.2 %.
  38. 38. 37 III.6- Nature chimique et physique des eaux  Concentration en sel La conductivité électrique des eaux des khettaras et des puits varie d’une région àl’autre. En effet, la concentration moyenne de l’amont en aval est de : - Fezna : 2.35 g/l (3.29 mmhos/cm), - Achouria : 2.70 g/l (3.78 mmhos/cm), - Jorf : 2.14 g/l (2.99 mmhos/cm), - Mounkara : 2.46 g/l (3.44 mmhos/cm), - El Bouya : 1.75 g/l (2.45 mmhos/cm), - Krair : 1.71 g/l (2.39 mmhos/cm), - Hannabou : 1.77 g/l (2.48 mmhos/cm), La variation de cette concentration entre eaux des khettaras est importante , etpasse de 1.41 g/l au niveau de la khettara Khtitira-Hannabou jusq’au 2.88 g/l au niveaude la khettara Souihla Oulad Ghanem-Jorf. Ainsi, on constate qu’il existe une limite de séparation (limite Mounkara) entre leszones à salinité elevée (Fezna, Achouria, Jorf et Mounkara) dont la concentrationdépasse 2 g/l (2.80 mmhos/cm) et les zones à salinité moyenne (El Bouya, Krair etHannabou). Du fait que la salinité est généralement moyenne à elevée (Classe C4), ces eauxne peuvent être utilisées que dans des sols de bonne perméabilité (sols de structure :argile, limon et sable) et par des plantes suffisamment tolérantes (palmier dattier,luzerne, céréales, …etc). Il semblerait que la nappe Fezna-Jorf-Hannabou est formée de deux nappes dontla nature chimique des eaux est différente : - une nappe s’étendant au Nord, qui longe l’oued Gheris et s’écoule au delà de Jorf ; - une nappe au Sud-Ouest, qui afflue vers la nappe de Tafilalet et dans laquelle s’effectue de nombreux prélèvements par les khettaras.  Teneur en Sodium Les eaux des différentes khettaras sont classés en S1 (fiable teneur en sodium)excepte celles de sifa classées en S2 (Laaguilia: CE = 15,6 mmhos/cm). Généralement,les eaux des khettaras sont chlorées sodiques.  Température Les eaux des diverses khettaras n’est pas chaude et présentent une températuremoyenne d’environ 15 °C, ce qui note l’absence des apports ascendants.
  39. 39. 38 Salinité des eaux des khettaras dans la zone de Fezna-Jorf-Hannabou (2000)N° Labo Zone Nom Khettara Salinité (g/l) CE (mmhos/cm) Classe CE moyenne 38 Lambarkia Fougania 1,77 2,47 C4 47 Souihla 2,88 4,03 C4 56 Jorf El Aissaouiya 1,72 2,40 C4 2,99 soit Classe C4 57 Saidia 1,57 2,19 C3 39 Lakbira 2,77 3,87 C4 41 Lambarkia Tahtania 2,83 3,96 C4 48 Mounkara Lahloua 1,72 2,40 C4 2,46 soit Classe C4 55 El Aissaouiya 2,84 3,97 C4 43 Jdida 1,77 2,47 C4 Bouya 2,43 soit Classe C4 54 Lakdima 1,72 2,40 C4 42 Jdida 1,71 2,39 C4 Krair 2,39 soit Classe C4 50 Lakdima 1,72 2,40 C4 40 El Oustania 1,78 2,49 C4 44 Khtitira 1,42 1,98 C3 45 El Alouiya 1,78 2,49 C4 46 El Mostaphia 1,77 2,47 C4 Hannabou 2,47 soit Classe C4 49 El Fougania 1,82 2,54 C4 51 Sayed 1,88 2,78 C4 52 Lakdima 1,74 2,43 C4 53 Lagrinia 1,83 2,56 C4 Moyenne 1,95 2,73 C4 2,73 soit Classe C4 Salinité des eaux des SP et puits dans la zone de Fezna-Jorf-Hannabou (1993)N° Labo Zone Nom Khettara Salinité (g/l) CE (mmhos/cm) Classe CE moyenne 637 SP El Ghafouli 2,78 3,97 C4 638 Fezna SP Laksiba 1,94 2,78 C4 3,36 soit Classe C4 217 Puits Fezna 2,35 3,35 C4 216 Puits Achouria 2,46 3,51 C4 Achouria 3,86 soit Classe C4 636 SP Achouria 2,95 4,21 C4 639 Jorf SP Sidi Mejbar 1,99 2,85 C4 2,85 soit Classe C4 Moyenne 2,41 3,45 C4 3,45 soit Classe C4
  40. 40. 39 En résumé, la morphologie phréatique est déterminée par deux facteurspermanents et un facteur variable : - la topographie du primaire et l’existence de la ligne des richs dévoniens formant barrage ; - la vallée relativement profonde de l’oued Gheris formant un drain ; - le réseau d’irrigation et la répartition des zones d’irrigation. III.7- Systèmes de mobilisation de la nappe Il existe plusieurs systèmes d’exploitation de la nappe, qui sont fonction de : - revenu des agriculteurs ; - disponibilités en eau ; - superficie de l’exploitation ; - évolution technique. Généralement on distingue : III.7.1- Khettaras Sur les 59 khettaras qui desservent ces palmeraies, 39 sont taries ouabandonnées, dont la plupart des khettaras situées à l’amont de Jorf. Le débit moyenannuel des khettaras est de 220 l/s. Leurs parties drainantes se développent dans un glacis de colluvions d’unelargeur variant entre 2.5 et 5 km. Ces nombreuses khettaras alimentent les palmeraiesde Jorf, Bouya, Krair et Hannabou. Elles sont orientées Est-Ouest, cest à dire sensiblement parallèles au sens del’écoulement de la nappe (Nord Est-Sud Ouest). Le régime régressif de la nappe a entraîné un déssechement total des khettars deFezna et partiel des khettars de Jorf. Les khettaras de Bouya-Krair et Hannabou sontcomplétement fonctionnelles, malgré la diminution des débits véhiculés (figure n° 12). III.7.2- Sources Elles se réduisent à la résurgence de Meharza dans l’oued Gheris. Il s’agit plusexactement de plusieurs venues d’eau : - un dégorgement visible de la nappe phréatique au pied de la falaise de la vallée du Gheris (rive gauche) au droit du ksar Meharza ;
  41. 41. 40
  42. 42. 41 - une résurgence des eaux de l’under-flow du Gheris, provoquée par un amincissement du remplissage alluvionnaire. Ces eaux proviennent essentiellement du drainage de la nappe phréatique rive gauche par l’under- flow du Gheris et aussi d’un apport plus en amont de la nappe rive droite. III.7.3- Station de pompage et points deau Ce sont des stations de pompage développées pendant ces dernières années àcause du rabattement de la nappe et le tarissement de plusieurs khettaras. On rencontre dans cette région des stations privées, des stations à caractèrecollectif crée par l’ORMVAT (figure n° 13) et des puits individuels réservés à l’eaupotable (habitats et mosquées). Ces stations qui sont au nombre de 197 actuellement, permettent d’irriguerenviron 1.254 ha soit 40 % de la superficie totale irriguée. Elles prélèvent, ainsi, un débitfictif continu de 1.050 l/s, soit un volume total annuel de 8 Mm3, ce qui note le rôle capitaljoué par ce système. L’introduction de ces stations a été débuté par l’Office par création des stationscollectives. Elles présentent plusieurs avantages à savoir : - substitution des khettaras par irrigation d’une superficie importante ; - introduction de nouvelles techniques culturales ; - développement de l’esprit coopératif entre les agriculteurs dans le domaine agricole; - augmentation de la productivité agricole ; - introduction de nouvelles variétés culturales. Néanmoins, ce système exige un coût élevé pour creusement et équipements depuits et des frais d’énergie importants. Son principal inconvénient réside dansl’exploitation intensive de la nappe phréatique (8 Mm3/an) sachant qu’il est localisé dansl’exutoire de cette nappe. Ceux-ci a entraîné le rabattement de la nappe, voire letarissement des khettaras et la résorption de la réserve. III.7.4- Systèmes traditionnelles en disparition  Chadouf C’est un système connu depuis l’antiquité et qui est en totale disparitionactuellement. C’est une longue perche en bois basculante autour d’un axe horizontalfonctionnant comme un système de levier. L’équilibre de ce bras de levier est assuré parun contrepoids suspendu à l’extrémité de son petit bras de telle manière à équilibrer lerécipient quant il est plein. Le rendement est faible et varie de 3 à 6 m3/h. La profondeurdu cours d’eau ne dépasse guère 3 m.
  43. 43. 42  Aghrour Communément nommé aussi système « Delou », il est introduit par les romainspendant leur conquête du Nord Africain. Le fonctionnement est assuré par une tractionanimale moyennement un treuil différentiel en bois. Le débit prélevé varie de 15 à 20m3/h avec une profondeur moyenne du puits de 10 m. Malgré que c’est une technique archaïque qui demande beaucoup d’efforts etgénère une faible productivité, elle est très économique de point de vue de l’exploitationde la nappe : - Les débits exploités sont faibles en comparaison avec les techniques modernes, - L’irrigation se fait en temps opportun ; à l’aube et au coucher de soleil. III.8- Facteurs d’alimentation de la nappe phréatique III.8.1- Les précipitations La part de ces pluies est quasi–nulle et pratiquement négligeable à cause de lapluviométrie faible et de la difficulté de pénétrer profondément pour atteindre la nappe(évaporation ou transpiration importante). III.8.2- Apport de l’oued Ghéris D’après J.Matgat, le niveau de la nappe est en relation étroite avec la fréquencedes crues de l’Oued Ghéris. Cet apport, sous forme de sous-écoulement, est la plusimportante source d’alimentation de la nappe, mais il est caractérisé par une irrégularitéannuelle et inter-annuelle. III.8.3- Eaux d’irrigation de crues Les canaux en cours de réhabilitation peuvent bien participer à l’alimentation de lanappe. La principale conclusion à retenir est la grande rapidité de l’alimentation de lanappe phréatique par l’épandage des crues, ce qui permet d’envisager un projet pourrantrationaliser l’utilisation des eaux de crues pour alimenter la nappe. La zone est équipé actuellement par un réseau d’irrigation dense, prélevant deseaux de crues de l’oued Gheris par quatre barrages (El Guefifat, Sidi Mejbar, El Gara etLahmida) avec un débit total de 42 m3/s, soit un apport moyen de 20 Mm3/an. III.8.4- Apports des autres nappes Il apparaît que la nappe de la zone Fezna-Jorf-Hannabou est alimentée à partirdes autres nappes et particulièrement par celles de Tinejdad-Touroug. A priori, son débitdalimentation savère faible.
  44. 44. 43 III.9- Débouchés de la nappe phréatique : Les destinés de cette nappe sont en quatre catégories : - exploitation par puits, pompages et khettaras ; - utilisation naturelle par la végétation (Palmiers) ; - infiltrations dans le substratum primaire ; - écoulement normal vers l’aval III.10- Bilan de la nappe Pour les apports de la nappe phréatique ou damont, il sagit de la nappephréatique de la plaine de Gheris qui débouche au niveau de Bouya-Kraïr (350 l/s) Les khettaras prélèvent environ 220 l/s. Lorigine de ces apports étant, généralement, leau des crues, ils sont doncaffectés par la même irrégularité. Daprès Ruhard, les apports par infiltration directe(apports verticaux) sont estimés à 10 Mm3. III.10.1- Emergences et écoulement souterrain aval Les seules émergences visibles à laval du bassin de Fezna-Jorf représententenviron un débit de 15 à 20 l/s deau très salée (Mellahia : 5 à 6 g/l). Par contre, vers leSud-Ouest, un écoulement souterrain vers le Tafilalet est estimé à 350 l/s. III.10.2- Exploitation - 7 stations de pompage office : 7 x 20 l/s x 8 h x 3600 x 312 = 1.3 Mm3; - 190 station de pompage privé : 190 x 6 l/s x 5 h x 3600 x 312 = 6.4 Mm3; - 20 khettaras : 20 x 6 l/s x 24 h x 3600 x 360 = 3.7 Mm3. III.10.3- Bilan (figure n° 14) Le module dalimentation daprès Margat est de 3.6 l/s/km² (1960); alors quil estestimé par la SCET à 2.1 l/s/km² (1986). Le module dévaporation est estimé à 0.87l/s/km² par SCET en 1986. Le bilan actuel de la nappe est comme suit :
  45. 45. 44 Actif Passif- Ecoulement souterrain amont : 12,20 Mm3 - Ecoulement aval : 11,00 Mm3 - Prélèvements : 11,70 Mm3- Infiltrations eaux de crues : 02,20 Mm3 - pompage : 08,00 Mm3 - khettaras : 03,70 Mm3- Infiltrations par épandage : 11,00 Mm3 - Emergences : 00,50 Mm3- Infiltrations de pluies - - Evapotranspiration : 02,20 Mm3- Affluences - Total : 25,40 Mm3 Total : 25,40 Mm3 Le bilan présenté ne constitue quun ordre de grandeur compte tenu de lavariabilité importante. Cette variabilité se situe entre des extrêmes où il a été enregistréun déficit important de la nappe 1963-1964. D’après ce qui suit, l’introduction de la motopompe a été le facteur principal derabattement de la nappe, voire du tarissement des khettaras. En effet, le pourcentage deprélèvement de la nappe par cette technique a évolué de 1 % en 1981 à 25 % en 2000. 1981 2000- Stations collectives 04,00 % 05,20 %- Stations privées 01,00 % 25,00 %- Khettaras 36,00 % 15,00 %- Ecoulement aval 47,00 % 44,00 %
  46. 46. 45 CHAPITR IV SYSTEME DAMENAGEMENT DES KHETTARAS Malgré le développement dune technique moderne de stations de pompage, lamodernisation et la sauvegarde du système séculaire avantageux des khettaras commetechnique ingénieuse et trait particulier des oasis devient inévitable. De ce fait, lesagriculteurs de la zone nont jamais cessé daménager ce patrimoine en faisant appel àleurs simples techniques traditionnelles par "Touiza" ou par "Ferdia". En outre,lORMVA/TF déploie, Actuellement, des efforts considérables afin de restaurer cethéritage. La quasi-totalité des khettaras sont réalisées depuis des siècles. Les interventionsrécentes portent essentiellement sur les extensions et/ou sur les améliorations delefficience du réseau.I- TECHNIQUES TRADITIONNELES Devant labsence des appareils de mesure et de moyens matériels adaptés pourla construction de la khettara, les populations antiques faisaient recours aux techniquessimples et archaïques. a- Implantation et creusement des khettaras De point de vue conception, les khettaristes se basent sur les données empiriqueset sur leur propre ingéniosité. Lalignement nest pas souvent respecté. En effet, lutilisation de moyensrudimentaires de nivellement (bougie-khettaraiste- ombre) ne donnent pas satisfaction.Mais, cet alignement nest pas recherché dans la plupart des cas et les khettaristes secontentent de prendre des directions variables en suivant la ligne de lécoulement de lanappe. En ce qui concerne les réseaux des khettaras dans la zone Fezna-Jorf-Hannabou,la réglementation adopté stipule que la distance qui sépare entre les parties drainantesdes khettaras avoisinantes doit être dau moins de 100 m, qui doit être respecté pouréviter leffet de linfluence entre elles. Lespacement des puits ayant servi pour lexécution de la khettara (10 à 30 m) estfonction de la nature des terrains traversés. Les puits deviennent de plus en plusrapprochés tant que le terrain devient de plus en plus ébouleux. La pente en vigueur est variable, mais généralement inférieur au gradienthydraulique, et est comprise entre 0,5 et 1,5 %0 de telle manière que la lame deau soitde 40 à 50 m tout le long du parcours. Les dimensions adoptées pendant l’exécution de la galerie varie de 0.40 à 0.60 mde largeur et de 1.20 à 2.00 de hauteur, juste suffisante pour le passage d’un homme(figure n° 15). L’ouverture des puits est de 1.00 x 1.20 m².
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  48. 48. 47 b- Curage des khettaras A nos jours, la plupart des khettaras sont colmatées. Cela est du fait que : - les puits non bien aménagés à la base (au niveau du bras captant) quà la sortie (mauvaise couverture de lentrée des puits) font lobjet de colmatage par lensablement; - laugmentation de lhumidité au niveau de la galerie entraîne des éboulements surtout en terrains meubles; - la décantation des calcaires, en particulier dans les khettars à eau riche en bicarbonate de calcium. En vue daméliorer la débitance des khettaras, les agriculteurs procèdent,demblée, par leurs propres moyens au nettoyage moyennant de petit matériel : unesape, un couffin et un treuil en bois. Souvent, cette procédure est vaine et peutengendre des contre-pentes le long de la galerie. Le moyen de mesure de nivellement enusage se base sur la hauteur de la lame deau qui doit dépasser les chevilles dutravailleur (c-à-d de 40 à 50 cm). Lévacuation des déblais se fait par des couffins ou sceaux entraînés au moyendune corde roulée sur des poulies en bois grand diamètre ou sur des treuils en bois.Pour soulever des charges lourdes, la corde est entraîné par des ouvriers assis sur lebord du puits en utilisant la force de leur pieds, parfois on fait appel à la traction animale(figure n° 16). c- Approfondissement et reprofilage de la khettara Au cas où le curage na pas aboutit à lamélioration du débit où en cas derabattement de la nappe, les paysans procèdent au reprofilage de la khettara. Cettetechnique consiste en terrassement de la galerie de telle façon à avoir une penteuniforme et régulière. Etant donné la fixité de la cote de la sortie du canal adducteur nécessaire pour ladomination du maximum de superficie, toute intervention déconseille les travaux répétésde curage et/ou de reprofilage qui abaissent le fond des khettaras. Cette opération estaccompagnée souvent : - soit, dun décalage des parcelles vers laval du périmètre en délaissant certains parcelles en amont; - soit, dun rétrécissement de la superficie irriguée; - soit, dun nivellement des parcelles qui est souvent onéreux.
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  50. 50. 49 d- Extension des khettaras Suite au rabattement du niveau piézomètrique de la nappe au cours de cesdernières années, la plupart des khettraas sont en tarissement ou à faible débit. Ainsi,les khettaristes font recours à lextension des khettaras en amont, qui permettent souventdaméliorer leur débit. Un autre procédé daugmentation de débit consiste en creusement des galeries en"V" au niveau du bras captant. Dans la zone détude, ce procédé est formellementopposé par El Ouarf qui interdit toute déviation du tracé hors de celui spécifié par lesJmaas. e- Revêtement des galeries et des canaux Pour éviter les pertes énormes des eaux , qui peuvent atteindre 50 %, et leséboulements qui surviennent, les agriculteurs procèdent au revêtement des galeries etdes mesrefs moyennant de la maçonnerie sèche ou à mortier bâtard (figure n° 17). Auniveau de la partie captante, cette maçonnerie est traversée par des barbacanes etdépourvue de radier avec une couverture en feuillets de pierres sèches et des palmes. Ce revêtement peut être, aussi, réalisé avec des palmes ou des branchesd’arbres fixées par des pieux en bois (fascines). e- Aménagement des puits Pour faire face au colmatage des khettaras par lensablement, les paysansprocèdent à la couverture des puits par des feuillets en pierres sèches dépaisseursupérieur à 10 cm, souvent mal posées et mal jointoyées, ce qui entraîne ensuite deséboulements et le bouclement de la galerie (figure n° 18).II- TECHNIQUES MODERNES Vu l importance des réseaux de khettaras existantes qui fournissent une eaupérenne garantie destinée à lirrigation de petits périmètres agricoles et dans plusieurscas à lalimentation en eau potable des populations rurales, les pouvoirs publics avaiententrepris des études et des travaux colossaux de modernisation et daménagementdivers, dans le but daméliorer les débits exploités et maintenir la pérennité de cesouvrages traditionnelles : II.1- Maîtrise des données de base Avant dentreprendre des travaux daménagements, il était nécessaire deffectuerdes mesures et relever certaines données de base permettant didentifier et de définir lesactions réaliser.
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  53. 53. 52 a- Levés Topographiques Les réseaux de khettaras doivent être porté sur des fonds topographiques au1/20.000éme et 1/10.000éme. Puis chaque khettara doit faire lobjet dun levétopographique précis sur toute sa longueur. Les cotes de différents puits ( au fond et ensurface ) , les niveaux de la galerie et la ligne deau seront relevés sur des profils enlong. Cela permettra de définir les caractéristiques physique précises de chaque khettara. b- Mesure de débits Un campagne de mesure de débits doit être lancée sur l’ensemble des khettaras.Pour chaque khettara, les mesures seront effectuées sur toute la longueur au niveau dechaque puits. Les résultats portés sur une courbe débit en fonction de la distancepermettront didentifier les parties captantes, les parties où seffectuent des pertes parinfiltration et les parties adductrices. c- Prospection géologique et géotechnique L’identification des horizons de terrains traversés par les khettaras s’avèreinéluctable. Elle permettra de donner une idée sur les venues d’eau, de focaliser lesfailles, de localiser les khettaras et les tronçons où les problèmes de calcination seposent ; de décider ou non de l’extension de la khettara. d- Analyse des eaux et des sols En connaissant la composition des eaux et des sols irrigués par la khettara, onpourra bien décider du dosage de ciment et des agrégats à utiliser, des amendementsqu’on peut apporter aux sols et de type de cultures à mettre e place. e- Définition des actions à entreprendre A partir de ces éléments, les interventions seront définies et hiérarchisées enfonction, de leur importance. Les principales opérations qui semblent être réaliséesporteront sur : - La construction et / ou le revêtement des tronçons où des pertes par infiltration aient été localisées. - Le nettoyage des parties où il y avaient des dépôts dues aux effondrements et à lensablement. - La construction des parties meubles où les risques d’éboulement étaient importants. - La correction des pentes et le reprofilage des galeries là où il y avait des contre-pentes. - La construction des ouvrages hydrauliques d’alimentation de la nappe des khettaras (barrages collinaires, bassins d’accumulation,…etc).

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