Melle Morgane ChevalierMaîtrise Sciences de l’Education, Paris V            Année 2002/2003               NOTE            ...
INTRODUCTIONTout au long de l’année, dans le cadre de l’enseignement relatif à la sociologie de laformation, certaines que...
1. Situation du marché de l’emploi en FranceDepuis les chocs pétroliers des années 70, crises qui révèlent finalementl’ess...
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Les jeunes disponibles sur le marché du travail sont de plus en plus « déqualifiés »par rapport à la moyenne des jeunes dé...
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CONCLUSIONLes parcours de vie des jeunes de moins de 25 ans, disponibles sur le marché dutravail, sont la preuve d’une soc...
BIBLIOGRAPHIENicole-Drancourt C. et Roulleau-Berger L.,« L’insertion des jeunes en France »,PUF, réédition 2002Nicole-Dran...
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Jeunes et travail

  1. 1. Melle Morgane ChevalierMaîtrise Sciences de l’Education, Paris V Année 2002/2003 NOTE DE RECHERCHE Mme Catherine Agulhon E 100
  2. 2. INTRODUCTIONTout au long de l’année, dans le cadre de l’enseignement relatif à la sociologie de laformation, certaines questions sur les jeunes et leur entrée dans la vie adulte ontretenu mon attention. J’ai été intriguée par les changements que l’on connaît enFrance au lendemain des chocs pétrolier des années 70. Bien entendu, lesbouleversements économiques m’étaient connus. En revanche, je n’avais pas établide corrélation avec les transformations qui ont suivies au sein de l’institution scolaire.Il m’est donc apparu intéressant de chercher à comprendre pourquoi et comment lesphénomènes, que nous connaissons, aujourd’hui, en termes d’insertionprofessionnelle, prennent leurs sources il y a plus de vingt années de cela.La société étant perpétuellement en mutation, la question est de savoir comment lesjeunes s’y adaptent et quelle place ils y prennent. En clair : quelle est l’évolution durapport au travail des jeunes ?Les dispositifs d’aide à l’insertion sont conçus pour accompagner vers l’emploi laminorité des jeunes les plus démunis en capital social et scolaire et, en réalité,constituent une des ressources majeures d’accès au salariat pour la plupart desjeunes actifs sortant du système scolaire.De nombreuses analyses ont été menées sur ce sujet et elles participent toutes àmettre globalement en relief les transformations sociales, particulièrement la relationde plus en plus étroite entre école et entreprise. 2
  3. 3. 1. Situation du marché de l’emploi en FranceDepuis les chocs pétroliers des années 70, crises qui révèlent finalementl’essoufflement du taylorisme, un climat d’incertitude s’est installé entraînantl’exigence d’adaptabilité et de flexibilité tant au plan de l’organisation du travail qu’auplan des différents investissements (matériels et immatériels) pour y faire face. De cefait, les grandes entreprises « se mondialisent, se délocalisent, s’externalisent,s’atomisent, se dématérialisent, se transversalisent, se tertiarisent, se servicialisent,se coalisent et se désocialisent ». Tout cela a pour principale conséquence laréduction des effectifs salariés, et c’est sans compter sur la modernisationtechnologique, qu’on connaît dès le début des années 80, qui accroît leslicenciements. Par conséquent, on assiste à laccablement des conditionsd’embauche, non seulement par un degré d’exigences accru en qualificationstechniques mais par l’explosion d’exigences sociales très sélectives. Lesrecrutements d’ouvriers se déplacent ainsi vers des niveaux plus élevés del’enseignement technique, à l’instar des autres formations qui se voient réclamer unniveau constamment revu à la hausse. Parallèlement, les employeurs exigent deplus en plus de qualités individuelles et morales.Emergence du chômage de masse, précarisation du marché de l’emploi, essor d’uneconcurrence effrénée face à l’emploi…telle est la réalité aux début des années 90,pourtant il ne s’agit pas pour autant d’un effondrement du marché de l’emploi maisplutôt de sa métamorphose. C’est l’heure de la restructuration et cependant la faiblecompensation entraînée par la tertiarisation ne comble pas tout. Dès lors, peut-onparler d’éclatement du système d’emploi « à la française » ? On entend par cesystème d’emploi, un système référencé au contrat de travail typique, à duréeillimitée et à plein temps qui donne accès à la protection sociale. Or c’est l’éclatementprogressif des conditions d’emploi des travailleurs qui permet de préserver lesystème d’emploi : les jeunes étant relégués aux emplois subalternes. D’ailleurs, ilsne sont pas les seules victimes car globalement seuls les 24-50 ans travaillent. Maiscela ne signifie pas pour autant qu’on sacrifie nos jeunes. Il reste néanmoins vrai queles jeunes ne se voient pas faciliter pour autant leur intégration à une vie plus stable. 3
  4. 4. 2. l’insertion juvénile, selon les logiques de construction des trajectoiresDans son article, C. Nicole-Drancourt présente une enquête dont l’objectif est decomprendre ce qui est observé et non pas d’expliquer en cherchant les causes. Ils’agit donc d’en reconnaître les logiques des trajectoires individuelles. Il convient deconsidérer les pratiques juvéniles dans la « spécificité des rapports sociaux quicaractérisent cette période de la vie ». C. Nicole-Drancourt propose une typologiefournissant un cadre d’analyse des comportements des jeunes enquêtés, dans le butde mieux appréhender les logiques de construction de l’insertion. • 1er groupe : les femmes en insertion stableIl s’agit là de femmes n’ayant jamais travaillé. Malgré des situations d’emploi parfoismédiocres, de lourdes charges familiales et bien qu’elles ne soient pas forcémentplus diplômées que les autres, elles ne conçoivent pas d’être femmes au foyer. Plusle rejet de cette situation est fort, plus le rapport à l’activité l’est en retour. Quant à larapidité de l’insertion, elle s’explique parce que ces jeunes femmes saisissent toutesles opportunités d’emploi dès la première insertion. En outre, les stratégies familialespermettent le maintien régulier de l’activité. On retiendra que la formation, le statutprofessionnel ou le salaire de ces femmes sont souvent d’un niveau supérieur à ceuxde leur conjoint. De plus, les négociations conjugales aboutissent à l’organisation dela famille selon les contraintes féminines, d’ailleurs, ces femmes maîtrisentparfaitement le calendrier familial et, en particulier, celui des naissances. • 2ème groupe : les femmes en insertion précairemalgré la spécificité de chaque itinéraire, tous leurs parcours alternent des périodesd’activité et des périodes de non-emploi longues et récurrentes. Pourtant, leurrapport à l’activité est fort. En fait, ces jeunes femmes n’arrivent pas à affronter lesobstacles qui s’accumulent dès la fin de leur formation. Ayant échoué à s’insérerrapidement, leur activité devient vite dépendante au sein de la famille, et non pasautonome comme les femmes du groupe précédent. Dès lors, elles vont enchaînerles emplois précaires et les périodes de non-emplois selon les incidents familiaux.Pourtant, à terme, la logique de construction des trajectoires va finir par prévaloir surcelle de la dépendance. Ces femmes vont en effet utiliser les périodes de non-emploipour avoir un enfant ou encore se réorienter. Par conséquent, la logique 4
  5. 5. d’engagement professionnel va primer et un processus positif va s’amorcer pourconduire à la stabilisation professionnelle. On peut en conclure que la précaritéd’emploi leur a donné le temps d’apprendre à être autonomes. • 3ème groupe : les hommes en insertion stableCes jeunes gens ont un fort rapport à l’activité. L’emploi est conçu comme le principalvecteur de réalisation personnelle. Certains d’entre eux sont très mobiles, ilschangent délibérément d’emplois pour mieux se trouver et acquièrent des qualités desouplesse et d’adaptation. Ces atouts, qui leur permettent de maintenir une activitéstable, sont donc le « produit d’aptitudes et d’apprentissages sociaux acquis ».D’autres sont moins mobiles et moins ambitieux mais plus raisonnables (leur rapportà l’activité est suffisamment fort), ils vont se satisfaire des opportunités qu’ilsestiment compatibles avec leurs atouts. Dans les deux cas, on note un rapport fort àl’activité et une logique d’enchaînement vers la stabilisation professionnelle. • 4ème groupe : les hommes en insertion précairesComme pour les femmes du deuxième groupe, leurs itinéraires alternent des emploisprécaires et de longues périodes d’inactivité. Mais la comparaison s’arrête là. Ce quiprime, c’est la quête identitaire qui, selon ces hommes, ne passe pas par le travail.Leur rapport à l’activité est très faible. Cette recherche d’eux-mêmes jusqu’à un âgeavancé explique que le « savoir être » attendu par les employeurs en plus du« savoir-faire » leur fasse défaut. C’est l’errance de ces jeunes qui instaure laprécarité. Mais, comme pour les femmes, cet enchaînement négatif cesse avant latrentaine. Les jeunes hommes ont alors pu mûrir et acceptent de « canaliser leurrecherche existentielle dans des engagements plus conformes et plus traditionnels ».un moratoire expérimental semble leur être nécessaire pour « être adultes ». Dansce cas, la précarité comporterait une dimension stratégique et contribuerait àl’intégration de ces jeunes gens.Finalement, ce que C. Nicole-Drancourt démontre peut se résumer ainsi : les modesd’insertion juvénile seraient à comprendre « en termes de gestion sexuée deprocessus complexes d’inscription et d’intégration sociale ». Les individus participentdonc à la définition des contraintes sociales et leurs décisions sont socialementconstruites. Par conséquent, selon les trajectoires individuelles, les mêmes 5
  6. 6. ressources et les mêmes contraintes n’auront pas le même impact ni la mêmesignification. C’est pourquoi, selon C. Nicole-Drancourt, l’insertion des jeunes ne peutêtre appréhendée « qu’à travers les logiques de construction de leurs proprestrajectoires ». 3. Que fait-on en France pour l’insertion de ces jeunes ?Les espaces d’activités juvéniles n’ont jamais appartenu au « noyau dur du salariatmoderne » et la nouvelle donne productive et économique n’ouvre pas les portes dumarché primaire aux jeunes actifs. Mais ceci n’est pas une nouveauté ou unphénomène propre aux années 80-90 : les jeunes ne sont pas plus exclusaujourd’hui qu’hier. Aussi la société française tend à mobiliser l’ensemble des jeunesdans une logique d’engagement professionnelle, soit en les scolarisant soit eninstitutionnalisant en termes d’activité la position de tous les jeunes non scolarisés.L’un dans l’autre, cela aboutit à la quasi-disparition des jeunes recensés en« inactivité » dès le début des années 80.Dans les années 80 et 90, au moment où le chômage et la diversification des formesd’emploi minent les fondements de la société salariale, le jeune dit « précaire » estau centre de toutes les recherches sociologiques. Ces jeunes précaires sont desjeunes non scolarisés et en situation d’emploi atypique. Or, il est évident là encoreque ces jeunes sont quantitativement minoritaires dans une jeunesse (entendons parlà les 12-25 ans) mobilisée à plus de 60% dans des structures de formation initiale,d’autant qu’on connaît alors une massification et une démocratisation del’enseignement et des projets politiques tel que « 80% d’une classe d’âge au niveaubac pour l’an 2000 ». Cela dit, le jeune en difficulté est aujourd’hui la figureemblématique du jeune travailleur dans une société en pleine mutation qui casse lesystème d’emploi unique de la société salariale classique au profit d’un systèmed’emplois pluriels qui multiplie les emplois tremplins et les emplois satellites auxmarges de l’emploi classique.Les marchés réservent leurs meilleurs emplois, en matière de stabilité, de salaires,de conditions de travail et d’avantages sociaux, à quelques uns. Pour les jeunes, lepréjudice se traduit par proportionnellement moins d’emplois classiques et plusd’embauche sur des espaces « d’emploi spécifique ». 6
  7. 7. Les jeunes disponibles sur le marché du travail sont de plus en plus « déqualifiés »par rapport à la moyenne des jeunes débutants. Or il existe une différence nonnégligeable entre les « actifs débutants » et les « actifs jeunes ». Cette différence estdue au fait que le mouvement de démocratisation de l’enseignement est plus rapideque celui de certification de la main d’œuvre. En clair, l’allongement de la scolarité semêle au tarissement de la population des jeunes inactifs : la baisse des jeunessortant de bas niveau de qualification est moins rapide que la baisse de la populationglobale des jeunes travailleurs. Paradoxalement, la part relative des jeunes actifsnon qualifiés tend à augmenter car leur présence se développe en proportion alorsqu’elle diminue en effectif. En effet, dans les années 90, près de 70% des jeunesactifs ont ainsi un niveau inférieur au CAP/BEP alors que 45% seulement des jeunessortants du système éducatif sont dans cette situation. D’autre part, la hausseglobale des certifications des jeunes a un effet pervers puisqu’elle renforce lastigmatisation des jeunes actifs peu qualifiés : les employeurs se servent tropfacilement de l’argument pour juger les jeunes non qualifiés d’inemployables. Plusles jeunes sont issus de milieux défavorisés, plus ils sont soumis à des conditions devie précaires économiquement, socialement et affectivement, et plus les probabilitésde poursuivre une scolarité longue sont faibles pour eux. Alors que la structure desemplois sur l’ensemble de la population active évolue vers le haut depuis desannées, la structure de la population juvénile ne change pas. Cette stagnation desactifs jeunes à la base de l’échelle des professions est le reflet d’une réalité : lesmoins de 25 ans se retrouvent sur le marché du travail parce qu’en recherched’emploi et/ou en échec scolaire.L’intégration des jeunes n’est jamais passée par leur accès au salariat moderne maispar la mise en œuvre d’un processus y conduisant : il s’agit du processus desocialisation professionnelle. Aussi ce qui est intéressant ce n’est pas le marché dutravail en soi mais l’accès à ce marché. Or la nouvelle donne productive, lancée àpartir des années 70, bouleverse le processus de mise au travail des jeunes : nil’école ni l’emploi ne prennent en charge la socialisation professionnelle. La criseéconomique et les mutations qui l’accompagnent laissent les jeunes travailleurs enmanque d’espaces d’accueil pour s’expérimenter. Mal encadrés par l’école,l’entreprise ou le tissu social et familial, les jeunes devront faire preuve dedébrouillardise et prendre en charge, seuls, la question de leur mise au travail. 7
  8. 8. 4. La contribution de l’EtatL’augmentation du chômage juvénile, l’accentuation du turn-over chez les jeunes, lerelâchement de la liaison formation/emploi génèrent en effet de fortes inquiétudes.Elles s’accompagnent d’un sentiment de malaise envers l’école et sa capacité àrépondre aux besoins du marché du travail. Par conséquent, depuis les années 70-80, les gouvernements successifs mettent en place des dispositifs d’aide à l’emploien direction des jeunes. La priorité de l’Etat est l’abaissement du chômage juvénile.On considère alors que les offres d’emploi existent mais que certains jeunes n’ontpas les qualifications suffisantes. Dès lors, les efforts vont se concentrer sur larequalification des jeunes. Or, en formulant les problèmes en termes de formation etnon en termes de socialisation, l’efficacité des dispositifs ne peut être qu’affaiblie.Dans son article, G. Mauger nous rappelle que B. Schwartz a proposé augouvernement son rapport sur l’insertion sociale et professionnelle des jeunes en1981. Derrière la volonté d’articuler insertion sociale et insertion professionnelle, il atenté de faire admettre la double dimension formation/socialisation dans l’élaborationdes futurs dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes. Les dispositifs jeunes ont pourprincipal objectif à l’époque de requalifier les jeunes insuffisamment scolarisés pourles aider à s’insérer professionnellement. Dès lors, tout jeune non inscrit dans unprocessus d’insertion sera pensé comme étant « exclu ». Mais le chômage étant deplus en plus menaçant dans les années 80, on se concentre sur la notiond’employabilité des jeunes. Ce faisant, on ne pense pas simultanément la dimensionsociale et professionnelle de l’insertion des jeunes. Certaines mesures phares,comme la mission « Nouvelles Qualifications » ou le « Crédit FormationIndividualisé » créés en 1989, chercheront à retrouver une cohérence d’action.Néanmoins ces mesures ne sont reconduites qu’en partie par la loi quinquennale de1993. L’Etat met alors en place deux types de politiques d’insertion : une à l’égarddes entreprises pour les inciter à embaucher des jeunes, l’autre à l’égard des jeunespour améliorer leur employabilité. Les dispositifs mis en place ont pour objectifs defaire baisser le coût du travail juvénile et de favoriser financièrement l’embauche desjeunes par des primes et des contrats « aidés ». En outre, l’alternance devient unenjeu central du rapprochement école/entreprise. En 1983, le rapport Prost proposed’élever les connaissances des jeunes et de réunifier le système éducatif techniqueet général. On prolonge les filières professionnelles vers le supérieur, en créant des 8
  9. 9. diplômes professionnels et techniques de haut niveau et en multipliant lespasserelles vers les formations classiques. Pour mieux professionnaliser les étudeset articuler plus étroitement l’enseignement aux contenus des emplois, « l’alternancesous statut scolaire » est envisagée avec l’introduction de séquences éducatives enentreprise, inclues dans les cursus de formation technique et professionnelle (CAP,BEP, BT, Bac Pro, BTS, DESS, etc.). En 1997 on élabore les stages diplômantsayant pour but de rapprocher l’Université et l’entreprise. Enfin, toujours dans le cadredes efforts en matière d’insertion juvénile, l’Etat met en place dès 1983 un processusde décentralisation accordant aux conseils régionaux un rôle croissant dansl’élaboration des politiques de formation professionnelle des jeunes.Sur le marché du travail, il s’agit de développer des structures d’accueil spécifiquesaux jeunes de 15 à 25 ans non scolarisés : d’où les Permanence d’Accueil,d’Information et d’Orientation (PAIO) et les Missions Locales (ML). Ce programmeaboutit en 1984 aux dispositifs 16/25 ans de formation en alternance. Soit sous statutde stagiaires de la formation professionnelle (SIVP, TUC), soit sous statut de salariés(contrats emploi/adaptation, contrats de qualification, apprentissage), les jeunes sevoient offrir des emplois à durée déterminée (à temps plein ou à temps partiel) quiimposent une contrepartie en formation à l’employeur. Dans le secteur privé, il s’agitessentiellement de contrats en alternance (de qualification, d’adaptation oud’apprentissage) alors que, dans le secteur public et associatif, il s’agitessentiellement de contrats d’expérience d’emploi (contrats emploi/solidarité, contratemploi de ville puis contrat « emplois-jeunes »).Au début des années 90, les pouvoirs publics veulent que les entreprises s’engagentplus et surtout mieux. Les employeurs qui utilisent les mesures sont en effetnombreux : de juin 1986 à juin 1989, 70% des jeunes entrant dans la vie activepassent par une ou plusieurs mesures du dispositif, ce qui montre l’importance del’offre sur les marchés. Néanmoins, dans la majeure partie des cas, les employeursqui font appel à ces dispositifs le font en les détournant de leur fonction initiale, c’est-à-dire en cherchant à les adapter à leurs préoccupations de flexibilité, loin desobjectifs de leur mission d’ « entreprise formatrice ». 9
  10. 10. CONCLUSIONLes parcours de vie des jeunes de moins de 25 ans, disponibles sur le marché dutravail, sont la preuve d’une socialisation professionnelle difficile de nos jours. Toutporte à croire qu’en dépit de diplômes négociables et d’espaces de préparation àl’emploi les jeunes se frayent eux-mêmes un parcours lent et progressif vers la miseau travail. Aussi, selon C. Nicole-Drancourt et L. Roulleau-Berger, on peut analyserbeaucoup de parcours jeunes comme une recherche active de nouveaux espaces desocialisation susceptibles de leur apprendre l’usage d’une société qu’ils cherchent àintégrer et non à fuir.Depuis 25 ans, l’action publique en direction des jeunes se centre prioritairement surla mobilisation du système éducatif. Dans les efforts pour articuler politiques d’emploiet politiques éducatives, les premières passent par les secondes et non l’inverse. 10
  11. 11. BIBLIOGRAPHIENicole-Drancourt C. et Roulleau-Berger L.,« L’insertion des jeunes en France »,PUF, réédition 2002Nicole-Drancourt C. et Roulleau-Berger L.,« Les jeunes et le travail »,PUF, 2001.Nicole-Drancourt C.,« Mesurer l’insertion professionnelle »,In Revue française de la sociologie, n°XXXIII, 1992.Mauger G.,« Les politiques d’insertion :Une contribution paradoxale à la déstabilisation du marché du travail ».Maruani M. et Reynaud E.,« Sociologie de l’emploi »,La Découverte, 2001. 11

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