Mémoire natacha-laurent

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Mémoire natacha-laurent

  1. 1. Mémoire L’efficacité des campagnes de prévention en santé publique Master 2 Information et Communication spécialité Communication et Contenus numériques Parcours Santé Laurent Natacha Directrice de Mémoire : Mme Peyron-Bonjan Christiane 2014-2015
  2. 2. 1 Mémoire : L’efficacité des campagnes de prévention en santé publique Réalisé par Mlle Laurent Natacha Sous la direction de Mme Peyron-Bonjan Christiane « Je, soussignée Natacha Laurent certifie que le contenu de ce mémoire est le résultat de mon travail personnel. Je certifie également que toutes les données, tous les raisonnements et toutes les conclusions empruntés à la littérature sont soit exactement recopiés et placés entre guillemets dans le texte, soit spécialement indiqués et référencés dans une liste bibliographique en fin de volume. Je certifie enfin que ce document, en totalité ou pour partie, n’a pas servi antérieurement à d’autres évaluations, et n’a jamais été publié. ”
  3. 3. 2 Table des matières Chapitre introducteur ________________________________________________________ 3 1. Définitions du sujet____________________________________________________________________ 3 1. A. Qu’est-ce qu’une campagne de prévention ____________________________________________ 3 1. B. Définition de la notion de santé _____________________________________________________ 3 1. C. Définition de la notion de « publique »________________________________________________ 3 1. D. Définition de la santé publique ______________________________________________________ 3 1. E. Les différents types de prévention selon l’OMS _________________________________________ 4 2. Les campagnes de prévention ___________________________________________________________ 4 2. A. Pourquoi les campagnes de prévention sont importantes ________________________________ 4 2. B. Les différentes campagnes existantes_________________________________________________ 5 3. Enquête exploratoire __________________________________________________________________ 6 3. A. Les campagnes de prévention contre l’obésité _________________________________________ 6 3. B. Les campagnes cancer du poumon pour la lutte contre le tabagisme : _____________________ 14 3. C. Les limites de la prévention traditionnelle ____________________________________________ 20 Chapitre 1 : Le cadre théorique _______________________________________________ 22 1. 1. Historique de la prévention et de la santé publique ______________________________________ 22 1. 2. Le cadre sociologique de la prévention _________________________________________________ 23 1.3. Le marketing social _________________________________________________________________ 23 1. 4. Prévention et éducation : reconsidérer les stratégies éducatives ____________________________ 23 1. 5. Les français et le digital _____________________________________________________________ 24 1. 5. A. Situation globale des habitudes des français ________________________________________ 24 1. 5. B. Focus sur les habitudes des jeunes sur internet ______________________________________ 26 1. 6. L’e-santé _________________________________________________________________________ 28 1. 7. Présentation des outils numériques utilisés dans la santé et le bien-être______________________ 30 1. 7. A. Internet______________________________________________________________________ 30 1. 7. B. Les réseaux sociaux ____________________________________________________________ 31 1. 7. C. Les sites de partage de vidéos ___________________________________________________ 32 1. 7. D. Les applications mobiles ________________________________________________________ 32 1. 7. E. Les serious game : Promouvoir des comportements favorables à la santé_________________ 34 1. 7. F. Les objets connectés ___________________________________________________________ 34 1. 8. Les avantages de ces outils numériques ________________________________________________ 35 1. 9. Les dangers du numérique ___________________________________________________________ 35 Chapitre 2 : Etude et analyse _________________________________________________ 37 2.1. Avis sur les différents outils du numérique ______________________________________________ 37 2.2. Analyse du sondage sur les nouvelles stratégies de prévention en santé publique ______________ 41 CONCLUSION______________________________________________________________ 45 Bibliographie :_____________________________________________________________ 46 ANNEXES _________________________________________________________________ 49
  4. 4. 3 Chapitre introducteur 1. Définitions du sujet 1. A. Qu’est-ce qu’une campagne de prévention Une campagne de prévention permet de relayer un message qui va servir à proscrire ou à recommander un comportement particulier. 1. B. Définition de la notion de santé Selon l'OMS en 1946, « la santé ne consiste pas seulement à une absence de maladie ou d'infirmité mais représente un état complet de bien-être physique, mental et social ». La santé est « cette chose mystérieuse que nous connaissons tous mais que d'une certaine manière, nous ne connaissons pas », s’exclame le philosophe Hans Georg GADAMER. Le silence qui entoure la question de la santé pourrait donc entre considèré comme un symptôme révélateur de la connaissance que l’homme a de lui- même. La définition mondiale intègre donc le bien être. 1. C. Définition de la notion de « publique » La notion de « publique », se réfère à la santé pour tous. Elle n'est pas l'apanage du corps médical. Nous sommes tous acteurs de la santé publique : éducateurs, communicants, journalistes, économistes, politiciens, chimistes... La santé publique est une discipline multidisciplinaire. Implication personnelle, vigilance des professionnels de santé́ et responsabilité́ collective sont les différents volets de la santé publique. La santé publique est l’approche collective et administrative des problèmes de santé d’une population sous ses aspects politiques, économiques, réglementaires et institutionnels. Ces domaines d’interventions sont l'hygiène de l’environnement, organisation des soins, surveillance de l’état de santé de la population, organisation de la prise en charge, prophylaxie, le dépistage et la prise en charge de la santé des collectivités. C'est pour cette raison qu'elle est difficile à appréhender. 1. D. Définition de la santé publique L'OMS rajoute dans sa définition de santé publique : « un concept social et politique qui vise une amélioration de la santé, une plus grande longévité et un accroissement de la qualité de vie de toutes les populations par le biais de la promotion de la santé, de la prévention des maladies, ainsi que par d'autres interventions afférentes à la santé ». L’OMS définit la promotion de la
  5. 5. 4 santé comme l’ensemble des processus qui permettent aux gens, individuellement et collectivement, d’augmenter leur contrôle sur leur santé. 1. E. Les différents types de prévention selon l’OMS L'OMS (Organisme mondial de la santé) distingue trois types de prévention :  « La prévention primaire : ensemble des actes visant à diminuer l'incidence d'une maladie dans une population et a donc réduire, autant que faire se peut les risques d'apparition de nouveaux cas. Sont par conséquent pris en compte à ce stade de la prévention les conduites individuelles à risque, comme les risques en terme environnementaux ou sociétaux.  La prévention secondaire : est de diminuer la prévalence d'une maladie dans une population. Ce stade recouvre les actes destinés à agir au tout début de l'apparition du trouble ou de la pathologie afin de s'opposer à son évolution ou encore pour faire disparaître les facteurs de risque.  La prévention tertiaire : qui intervient à un stade où il importe de diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives dans une population et de réduire les complications, invalidités ou rechutes consécutives à la maladie. » (OMS) 2. Les campagnes de prévention 2. A. Pourquoi les campagnes de prévention sont importantes Le développement des campagnes de prévention est indispensable pour agir sur un comportement avant l'apparition d'une pathologie et par ce faire contenir la dépense de soins. La prévention doit avoir pour but de donner aux personnes davantage de maîtrise de leur propre santé, davantage de moyens de l'améliorer et leur permettre de faire des choix judicieux pour parvenir à cet état de bien-être complet. Ces comportements à risque sont des facteurs qui jouent sur l'apparition de ces pathologies. Il faut dont les éviter le plus possible. La santé ne se limite donc pas à l'aspect uniquement « médical ». La santé est un élément indispensable au développement social, économique et individuel. Sensibiliser les individus est primordial pour leur épanouissement. Pour cela des moyens de prévention sont mis en place afin que les personnes adoptent un mode de vie sain et parviennent ainsi à leur état de santé optimal. « Les individus ne sont plus consommateurs de soins mais aussi producteurs de leur état de santé », selon Augustun Loubatan Tabo. Les gouvernements, les médias, les ONG, bénévoles... sont tous des médiateurs pour promouvoir une bonne santé. Le système de santé doit s'orienter de plus en plus vers un système préventif plutôt que vers un système curatif. Le choix de la prévention : agir tôt et fortement sur tout ce qui a une influence sur notre santé.
  6. 6. 5 « Le risque n’est pas toujours visible alors que certaines satisfactions ressenties lors de l’exposition aux facteurs de risque peuvent être bien présentes. Il n’est lie `à l’exposition que de façon parfois incertaine. Dans ce contexte, la perception du risque devient un enjeu majeur. L’information dont disposent les individus et la manière dont ils appréhendent les risques pouvant influencer de manière importante leurs comportements, l’étude des circonstances de choix individuels rendent nécessaire de s’attacher aux différentes sources d’incertitude auxquelles sont confrontés les individus (Tversky et Fox (1995)). » 2. B. Les différentes campagnes existantes L'INPES (institut national de prévention et d'éducation pour la santé) est l'établissement public chargé de mettre en œuvre les politiques de prévention et d'éducation pour la santé depuis 2002. L'institut met en place différents outils adaptés à chaque public. Ses objectifs sont de sensibiliser, d'informer et de conseiller à l'aide de campagnes de communication, de publication, d'intervention auprès de personnes cibles, d'experts... Les principaux domaines qui sont visés par la prévention de nos jours sont l'alcoolisme, le tabagisme, la sécurité routière, la nutrition. Dans les campagnes publicitaires sont plus généralement ciblés les jeunes. En effet, de nombreux dossiers leurs sont consacrés. L'INPES effectue régulièrement des enquêtes « baromètre santé » abordant les multiples comportements et attitudes des français. Toutes ces campagnes ont pour but de faire évoluer, modifier un comportement, inciter le changement. Le contenu du message est important, il se doit d'être créatif, de surprendre afin de toucher les individus. La prévention joue sur la charge émotionnelle, par exemple comme l'utilisation de la peur. Exemples : Les campagnes de prévention pour la sécurité routière :
  7. 7. 6 En termes de prévention de la sécurité routière, l’Etat mise sur des campagnes chocs dans le but de heurter la population et inciter à la prudence. L'évaluation de l'efficacité des campagnes de prévention est importante. Comment sont évaluées les campagnes? Les campagnes sont difficiles à évaluer car elles ont un impact dans un temps assez long. Leurs effets peuvent être visibles quelques années après leur diffusion. Question de recherche : Les campagnes sont-elles efficaces sur la population? Le but cette question est d’évaluer plusieurs campagnes de prévention en santé publique afin de connaître les points négatifs et les points positifs de celles-ci. Le but est de trouver des solutions afin d’y remédier. 3. Enquête exploratoire La lutte contre le tabagisme et contre l'obésité sont les principaux domaines d'intervention de l'INPES. Dans ces différentes actions, l'institut cherche à responsabiliser les individus quant à leurs comportements. L’enquête exploratoire va donc porter sur des campagnes abordant ces deux thèmes de la prévention. Elles ont été élaborées par l’INPES avec l’aide d’agence de communication. Les campagnes ont été analysées grâce au site de l’INPES et celui de manger- bouger. Des statistiques du DRESS (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) ont été utilisées pour comparer les études de l’INPES. 3. A. Les campagnes de prévention contre l’obésité La nutrition est un élément essentiel de santé publique. C'est devenu un domaine d'intervention
  8. 8. 7 prioritaire des pouvoirs publics. La malnutrition et le manque d'activité physique ont un rôle non négligeable dans l'apparition de certaines maladies comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète. Le surpoids et l’obésité́, qui correspondent à̀ un excès de masse grasse, sont fréquemment associes à un risque accru de morbidité́ et de mortalité́. Ce sont des facteurs dont il est possible d'intervenir collectivement et individuellement. Les pouvoirs publics se sont donc dotés d'un plan de santé public à partir de 2001: le PNNS. Différents programmes ont vu le jour afin de promouvoir l'activité physique et une alimentation saine et équilibré avec l'aide des professionnels de la santé et des institutions de santé. Cette prise de conscience a vu l'émergence de campagnes de prévention dont notamment le « manger- bouger » mis en place par l'INPES. Les médias, source numéro un sur l'alimentation d'après une enquête de l'instit. En effet, pour 49,8% des français expriment être informés grâce aux médias, 20,5% en sont informés par les professionnels de santé et 16,8% sont informés par l'entourage proche. Manger-bouger fait donc partie du programme national nutrition santé mis en place par l'Etat depuis janvier 2001qui a été prolongé et du PO (plan obésité) qui vient complété le PNNS. Réduire l'obésité, réduire le surpoids, augmenter l'activité physique, réduire la sédentarité, améliorer les pratiques alimentaires, et les rapports nutritionnels et réduire la prévalence des pathologies nutritionnels, tels sont les axes du PNNS. Le programme agit au niveau national mais aussi au niveau régional. Au niveau régional, les agences régionales de santé prennent le relais. L'INPES a effectué une enquête en 2008 pour mesurer l'impact de ces campagnes sur la population. Un constat favorable est sorti de cette étude. Cette étude montre que 87 % des Français accueillent favorablement les messages sanitaires insérés dans les publicités alimentaires, 71 % d’entre eux les ont mémorisés et ce quelques mois seulement après leur mise en place en février 2007. 79 % pensent que c’est un bon moyen de sensibiliser les personnes à l’importance d’une alimentation équilibrée. Les instances de santé publique tentent d'établir de nouvelles normes comportementales vis à vis de la nutrition. Campagnes « manger, bouger » : Les messages sont clairs et faciles à comprendre, utiles et crédibles. Elle incite à manger plus de fruits et de légumes. Elle s'adresse à l'ensemble de la population. Son objectif est de mettre en avant le bénéfice d'une consommation de fruits et légumes sur l'organisme. D'autres campagnes incitent à la pratique régulière d'activité physique. Elle recommande de pratiquer « l'équivalent d'au moins 30 minutes de marche rapide par jour ». Son objectif global est de démontrer aux français que la pratique d'une activité physique peut s'inscrire dans le quotidien.
  9. 9. 8 Une troisième campagne a été lancée pour inciter la population à réduire leur consommation de produits gras et sucrés. Elle a été lancée en septembre 2005. Elle s'adresse à l'ensemble de la population également. Une autre campagne a été lancé à partir de juin 2008, elle consiste à expliquer comment pouvons-nous manger « Au moins 5 fruits et légumes par jour » et « des féculents à chaque repas ». L'objectif de cette campagne est de permettre une meilleure compréhension de ces repères pour que chacun se les approprie. Il s'agit également de favoriser le passage à l'acte, en valorisant la notion de plaisir. Pédagogiques, les messages de cette campagne donnent à tous des idées concrètes et pratiques pour mieux manger et va au-delà de la simple fonction d'informer. Ils incitent à se rendre sur le site manger-bouger pour obtenir des solutions. Grace à ces supports manger-bouger peut faire la promotion d'une nutrition positive associant nutrition et plaisir, prenant en compte la diversité des situations, reconnaissant la complexité de l'acte alimentaire et sa dimension sociale et culturelle. Les spécificités de certains groupes de population sont prises en compte (les jeunes) et leurs parents, les personnes de plus de 55 ans et les femmes enceintes). Depuis 2007, la loi française impose aux marques de produits alimentaires d'introduire des messages sanitaires dans leurs campagnes de communication. « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour » ; « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière » ; « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé » ; « Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas ». Deux exemples de campagnes mises en place par l'INPES : La campagne « manger-bouger » est une campagne qui a été très médiatisé depuis quelque année.
  10. 10. 9 1. INPES; 2005 2. INPES, 2007 Les deux affiches ci-dessus ont été réalisées par l'INPES. Elle s'adresse aux enfants. Ce sont des affiches ludiques et colorées. La première recommande de manger plus de fruits et de légumes. Cette campagne est diffusée principalement avant ou après des programmes pour la jeunesse. La seconde recommande ce qu’il est préférable de manger lors des différents repas de la journée.
  11. 11. 10 L'INPES a effectué une post-enquête des messages sanitaires en octobre 2007 auprès de la population française. L'enquête a utilisé comme cible les plus de 15 ans. Cette enquête a été mise en perspective avec des enquêtes précédentes afin de les comparer. Plusieurs questions ont été posées sur les habitudes alimentaires des personnes interrogées afin de mesurer l'impact de ces messages préventifs. Analyse de l'enquête de quelque question de l'enquête : 3.INPES, 2008 82% des personnes interrogées de 15 ans et plus n'ont pas modifié leur habitude alimentaire et cela malgré les messages sanitaires sur une alimentation saine et équilibré. De plus la raison de ce changement est due à des problèmes de santé. Seulement 4 personnes ont mentionné les messages de prévention comme cause de changement.
  12. 12. 11 4.INPES, 2008 A la question, « à quelle fréquence selon vous faut-il manger des fruits et légumes par jour pour être en bonne santé ? », 43% mentionnent 5 fruits et légumes par jour. On note une évolution par rapport à 2005 et 2006. Ce qui montre que le message « manger au moins 5 fruits et légumes par jour » est retenu par quasiment la moitié. Les messages de 5 fruits et légumes par jour est encrai dans mœurs de la population. Il est aujourd'hui connu de tous. Question sur la notoriété du site « manger-bouger » : 5.INPES, 2008
  13. 13. 12 Les publicités de prévention donnent l'adresse du site internet de l'INPES destiné à offrir des solutions. Il propose par exemple de composer des repas équilibrés. Le site propose aussi une application mobile « La fabrique à menus » qui permet de créer une liste de course à partir des différents menus élaborés pour toute la semaine. Une solution astucieuse et pratique. En effet, elle est pratique afin de ne rien n'oublier et ne pas être tenté par des aliments gras. Mais le site internet n’est cependant pas assez remarqué par les individus. En effet seulement 31% des personnes interrogées connaissent le site. Le test a ensuite posé la question s'ils avaient changé leur habitude alimentaire depuis la diffusion des messages : 6.INPES, 2008 79% des personnes répondent que non. On peut se poser la question de l'efficacité réelle de ces messages. Passer de l’intégration d’un message sanitaire à une modification des pratiques ne va pas de soi. Voici les messages que les personnes interrogées aimeraient voir dans les publicités : 7.INPES, 2008
  14. 14. 13 Enquête entière sur le site manger-bouger : http://www.mangerbouger.fr/IMG/pdf/EtudeMessagesSanitaires-2.pdf L’obésité en France : Nous allons comparer ses résultats avec le taux d'obésité en France afin de voir si les campagnes ont eu un impact. Et voir la pertinence de cette enquête réalisée par l'INPES elle-même sur ces propres moyens de prévention. 8.DRESS, 2015 Malgré les campagnes de prévention, le taux d'obésité est toujours en augmentation. On dénombrait plus de 6 922 215 personnes obèses en 2012. Entre 1997 et 2012, le taux est passé de 8,5% à 15%. D'après un rapport du DRESS en 2015, les niveaux de consommation en fruits et légumes sont insuffisants par rapport aux recommandations (au moins 400 g par jour, soit l’équivalent de 5 portions), 40 % seulement des consommations sont conformes à̀ celles-ci. Les niveaux d’activité́ physique sont insuffisant également, qu’elle soit mesurée de façon globale ou par la pratique d’un sport de façon habituelle. La pratique semble en effet suffisante pour seulement 3 à 5 adultes sur 10. Le temps passé devant des écrans est quand à lui enlèvé : la majorité́ de la population adulte et entre 30% et la moitié des enfants passent plus de trois heures par jour devant un écran, en dehors des temps de travail ou scolaire. L'exposition de l'enfant et des populations vulnérables aux publicités a un impact sur les préférences et choix alimentaires. Il faut renforcer l'éducation nutritionnelle en milieu scolaire et créé des campagnes adaptées à des publics spécialisés en renforçant le message de santé et réduire les effets de la pression publicitaire. La publicité a un fort pouvoir de persuasion notamment chez les enfants
  15. 15. 14 3. B. Les campagnes cancer du poumon pour la lutte contre le tabagisme : Le tabac est l'une des premières causes de cancer. Le tabac fait environ 60 000 décès par an en France selon le baromètre santé de l'INPES. Un fumeur sur deux meurt de son tabagisme. Plus de 90% des fumeurs commencent avant l'âge de 20 ans. Pour lutter contre ce fléau, l’Etat se doit de réagir sur la cible jeune. En effet les jeunes sont beaucoup plus influençables. Il faut agir tôt afin de leur éviter de commencer à fumer sachant qu'il est difficile d'arrêter de fumer. La mortalité́ par cancer du poumon est l'indicateur le plus spécifique des effets du tabac sur la santé. Si, à la suite de l'importante baisse du tabagisme en France, notamment parmi les hommes, on observe actuellement une diminution du taux standardisé de décès pour les tumeurs du larynx, de la trachée, des bronches et du poumon, la consommation de tabac constitue la première cause de mortalité́ évitable, loin devant l’alcool. Si le nombre de décès continue de progresser, le taux standardisé de décès a continué́ de diminuer entre 1990 et 2011 chez les hommes (-23 %), alors qu’il progresse toujours chez les femmes durant cette période (+100 %), en lien direct avec le développement du tabagisme féminin au cours des dernières décennies. Si l’on considère l’ensemble des deux sexes, il existe une baisse globale de 7%. En 2010, 26,0 % des femmes et 32,4 % des hommes de 15-75 ans déclarent fumer quotidiennement. Après une longue période de baisse depuis la fin des années 1970, la prévalence du tabagisme quotidien est en légère hausse entre 2005 et 2010 (+7 %). Cependant, la proportion de fumeurs de plus de 10 cigarettes a diminué́ passant de 72 % à 68 % entre 2005 et 2010. La consommation chez les adolescents a aussi considérablement baissé et la hausse des niveaux d’usage observée entre 2008 et 2011 ne remet pas en cause à ce stade la forte baisse du tabagisme enregistrée dans cette population depuis plus d’une décennie. La présence d’enfants en bas âge vient modifier les habitudes de consommation des fumeurs au domicile. Le pourcentage de répondants fumeurs déclarant que personne ne fume au domicile passe ainsi de 37 % à 59 % en présence d’enfants de moins de 4 ans dans le foyer. L'INPES participe au programme national de réduction du tabagisme. Elle réalise des campagnes de prévention qui s'additionne aux différentes mesures prises par l'Etat dans cette lutte (loi Evin, interdiction de fumer dans les lieux publics, interdiction de vendre du tabac aux mineurs...). Depuis 2000, les différentes campagnes mettent l'accent sur les risques du tabagisme actif, sur les raisons d'arrêter, les conséquences sur les non-fumeurs, l'aide à l'arrêt. Ces campagnes cibles soient la population générale soit un public ciblé (jeunes, femmes …). Une directive européenne de 2001 a imposé que doit figurer sur les paquets la teneur en nicotine, goudron et en monoxyde de carbone. A partir de 2011, les fabricants de tabac ont du se conformer à la réglementation en vigueur, qui dispose qu'une image dissuasive doit être imprimé sur tous les paquets de tabac sur au moins 40% de la surface arrière du paquet. Deux messages doivent dorénavant y figurer :
  16. 16. 15 Sur la face la plus visible, l'un des deux messages : Fumer tue ou Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage Sur l'autre face, une photo en couleur accompagnée d'une légende illustrant les dangers du tabac et ses effets sur l'organisme. Ces campagnes accompagnent la politique d'augmentation des prix du tabac afin d'inciter l'arrêt. De plus le développement des cigarettes électroniques a eu une influence sur la diminution des ventes en 2002-2003, même si elles n'aident pas à l'arrêt, elles sont perçues comme un outil de sevrage. A partir de 2016, les paquets neutres feront leur apparition. Les paquets auront tous la même taille et couleur, sans logo permettant de les distinguer. Le nom de la marque sera inscrit en petit caractère, dans la même police pour toutes les marques. Les messages sanitaires et les images choc occuperont 65% de la surface du paquet. L'objectif de cette mesure est de rendre moins attirant les paquets auprès des fumeurs. L’emballage générique supprime le caractère attrayant des paquets de cigarettes, initialement conçus comme support de communication. Il amoindrit l’image positive des marques. Il supprime le caractère attrayant des paquets de cigarettes, initialement conçus comme support de communication. Il amoindrit l’image positive des marques au final, l’emballage générique possède une force de dissuasion telle que cela limitera probablement les achats des jeunes. Paquet de tabac actuellement en vente : 9, INPES, 2006
  17. 17. 16 Image que l'on retrouve sur certain paquet : 10.INPES, 2010 11.INPES, 2011 → Utilisation de la culpabilité et de la honte : présence d'un enfant en bas âge. Il s’agit de dire aux fumeurs d’arrêter de fumer en leur expliquant qu’ainsi leurs enfants ne respireront plus la
  18. 18. 17 fumée de leurs cigarettes. Exemple de paquet neutre qui sera en vente à partir de 2016 : 12.Francebleu, 2015 L'INPES mise sur des images chocs afin de provoquer le déclic chez les fumeurs. La lutte contre le tabagisme passe par l'usage des émotions négatives, à savoir la peur, la culpabilité et la honte. Lors de leur élaboration le but est que ces émotions agissent sur la persuasion. Les acteurs conçoivent ces dispositifs de manière rationnelle en cherchant à optimiser leur efficacité, notamment, en se référant explicitement à des savoirs scientifiques. Les campagnes s'inscrivent dans une recherche de l'affectif. La peur est qualifiée de négative dans les classifications réalisées par les chercheurs en marketing (Bagozzi et Moore, 1994). Elle permet de rendre conscience d'une menace éventuelle. La présentation des dangers lié au tabagisme fait naitre une émotion négative de peur désagréable dont le fumeur va chercher à̀ se débarrasser afin de rétablir un équilibre psychologique. Un moyen d’y parvenir est de se protéger de la menace en cessant de fumer. « L'émotion phobique apparait pertinente en vertu de la motivation présumée qu’elle déclencherait chez les individus pour modifier les comportements nuisibles à leur bien-être », d'après une étude sur l'utilisation de la peur dans les campagnes de Prévention. Les campagnes de prévention sont plus efficaces sur les non-fumeurs que sur les fumeurs. La consommation de tabac a-t-elle diminué depuis ces avertissements sanitaires ? L'INPES a effectué de nombreuse évaluation quant à leur efficacité. Selon une étude de l'ITC France, qui a mené une enquête sur un échantillon de fumeur adulte entre fin 2006 et 2007 sur l'impact de l’avertissement sanitaire sur les paquets de cigarettes : 68,7% déclarent les avoir remarqués. 32,3% déclarent les avoir considérés avec attention. 49,1% des fumeurs déclarent que ces messages les font « réfléchir » sur les risques sanitaires
  19. 19. 18 liés au tabagisme. Il ressort de l'étude qu'il faut une évolution de ces avertissements vers des messages encore plus explicite. « Fumer tue » ne marche plus. Il faut réinventer le message pour qu'il soit entendu. 13.INPES; 2014 Le taux de fumeur régulier est en légère baisse en 2014 par rapport à 2010. Les fumeurs occasionnels quant à eux sont en hausse, on peut noter une hausse de ??
  20. 20. 19 14.INPES, 2014 La prévalence du tabagisme se stabilise comme le montre le graphisme ci-dessus. Les chiffres sont cependant largement supérieur par rapport à des pays comme la Grande Bretagne, l'Australie ou encore le Canada. On peut observer une hausse de la prévalence du tabagisme chez les jeunes de 15-19 ans, faisant de ce fait une priorité dans la lutte contre ce fléau. Malgré une tendance générale à la baisse, c'est encore insuffisant. 15. INCA, 2012
  21. 21. 20 Le graphique ci-dessus représente l'évolution de la mortalité par cancer entre 1980 et 2012 en France. Sachant que le tabagisme est l'une des premières causes du cancer évitable en France. Constat : Les campagnes de prévention sont de plus en plus nombreuses depuis quelque année. C'est devenu un versant incontournable de la sphère politique. Mais pas toujours efficace. La connaissance seule ne suffit pas à changer le comportement. La majorité́ des discours de prévention sont des discours négatifs. Plus les discours sont négatifs, moins ils fonctionnent. Les conseveurs de ces campagnes utilisent des messages chocs pour marquer les esprits et ainsi prendre conscience du problème. Les messages qui provoquent des émotions négatives doivent être utilisés avec précaution pour éviter des réactions de rejet. C'est le cas pour les campagnes contre le tabagisme. Le recours à des émotions négatives (peur, honte, responsabilité...) ne fonctionne visiblement pas. 3. C. Les limites de la prévention traditionnelle L'enquête exploratoire montre que les messages de prévention rencontrent aujourd'hui des limites. Aussi bien pour les campagnes contre l'obésité que celles contre le tabagisme. Certes, elles permettent d'éveiller les consciences mais n'ont pas permis de modifier réellement les comportements nuisant à la santé. Il paraît indispensable d'améliorer les stratégies de prévention pour avoir plus de résultats. Les campagnes de doivent pas seulement informer, sensibiliser ou promouvoir un comportement mais inciter la population à l'adopter ainsi qu'offrir des solutions aux français. De plus les campagnes publicitaires de prévention ne suffissent pas car elles sont noyées dans un amas de publicité. Les téléspectateurs n'y prêtent plus attention. Elles doivent s'insérer dans une démarche plus globale, c'est à dire dans une campagne de communication plus globale. Toute la complexité de la prévention est qu'il faut dévendre un produit contrairement au marketing traditionnel. Faire évoluer un comportement est quelque chose de très long. Il n'y a rien à vendre. Il faut se baser sur son discours pour toucher les gens, l'inciter au changement. La créativité est la réussite d'une campagne. Il faut agir sur plusieurs leviers : l'humour, la pédagogie et non seulement faire référence à l'information pure et simple des dangers d'un comportement à risque. « Les méthodes de prévention des pouvoirs publics ne sont pas adaptées aux révolutions technologiques qui permettent de mieux connaître et de cibler un public pertinent ni de
  22. 22. 21 l’accompagner sans limite de temps ni de mobilité » (Alain Cordier 2013). Problème empirique issu de l'enquête exploratoire : Les deux campagnes sur l'obésité et sur la lutte anti-tabac, sur deux registres complètement différents ne sont visiblement pas très efficaces. Il faut donc s’orienter vers d’autre type de campagne de prévention. La question du support se pose c’est-à-dire la question de la forme que doit revêtir le message et non pas du fond. Il faut chercher de nouveaux moyens de communication, autre que les campagnes sur les médias traditionnelles ou les messages sanitaires sur les paquets d’emballage. Les nouveaux moyens de communication peuvent-ils être un outil favorable dans de la santé publique? Doivent-ils collaborer avec les pouvoirs publics afin de préserver la santé publique ? Comment réinventer la prévention avec le digital? La population serait-elle plus réceptive à une communication sur les supports numériques ? Quelles sont les habitudes des français sur le digital ? Ont-ils confiance aux numériques pour des questions relatives à la santé ? Faut-il utiliser les stratégies de communication digitale pour la prévention en santé publique ? Problème : Les nouvelles techniques de communication peuvent-ils venir en aide à la prévention en santé publique ? Le premier chapitre porte sur les habitudes des français afin de savoir si le choix du numérique pour une campagne est justifié. Les habitudes des jeunes sont également passées en revue car ils sont la cible prioritaire des campagnes de prévention. Il est important de ce fait de connaître leur habitude pour élaborer des campagnes qui ont un impact réel sur eux. Le deuxième chapitre est consacré aux résultats du sondage ainsi qu’aux avis des professionnels.
  23. 23. 22 Chapitre 1 : Le cadre théorique 1. 1. Historique de la prévention et de la santé publique Les individus se sont développés de façon naturelle de tout temps en fonction de différentes pressions extérieures ou intérieurs. C'est à partir du 19ème siècle que l'Etat s'est soucié de la santé publique de la population et ainsi a voulu agir sur le développement de son peuple. La prévention est issue de l'hygiénisme et du pasteurisme. Son efficacité reposait sur le développement de la vaccination, sur l'installation de dispensaires et d'une médecine salariée, enfin sur l'élaboration d'une politique de santé publique. Le recours à la communication en matière de santé publique remonte donc à l'époque de l'hygiénisme. « L'hygiénisme est l'art de se nourrir et de se soigner en harmonie avec les lois de la nature et par la bonne connaissance des aliments spécifiques à l'espèce humaine ». Les moyens utilisés étaient des affiches, des tracts et des brochures... Au 20ème siècle, les avancés scientifique ont laissé place à de nouvelles stratégies en matière de prévention. Le développement des « mass media », a permis le recours systématique aux campagnes de prévention pour mettre en avant la santé publique. La prévention est devenue un pan incontournable des politiques publiques. Leur mise en œuvre s'est fait dans un contexte où les maladies infectieuses n'étaient plus la menace principale de la population mais des maladies chroniques dégénératrices dont les comportements à risque avaient une influence sur celles-ci. La culture de la prévention est désormais une préoccupation majeure face à l'apparition de drames sanitaires. La prévention leur permet d'avoir un contrôle sur les risques liés à leur santé en mettant tout en œuvre pour limiter le développement, l'apparition de maladies et d'accidents. Face aux risques, l'une des solutions, la plus adéquates est de limiter la part des comportements à risques dans l'apparition de pathologie. Les risques sanitaires ne sont pas toujours connu c'est la raison pour laquelle l'Etat a dû mettre en place des politiques de santé publique dans lesquelles il se devait d'informer la population sur les risques auxquels elle est exposée. L'exposition à ces risques laisse une place importante à la prévention plutôt qu'au curatif. C'est pour cette raison que la loi de santé publique du 9 aout 2004 a pour axe majeur le développement d'une politique de prévention. La communication est l'outil qui permet de prévenir ces risques. La prévention et la promotion de la santé permet donc à chaque individu d'être acteur de sa vie. Chacun dispose d'une liberté de choix dans son mode de vie. La santé est une ressource et une priorité. Les facteurs socioculturels, les conduites à risque, l'environnement, le système de santé et les facteurs individuels sont des déterminants de la santé. En d'autres termes la prévention recouvre aussi bien les actions collectives que les actions individuelles. La protection de la population dans son ensemble prime sur l'individu. La santé publique passe par la prévention mais également par la promotion de celle-ci. Il nécessite donc des stratégies de prévention multiples qui vont de la prévention primaire à la réduction des risques tant pour la santé que pour la sécurité publique.
  24. 24. 23 1. 2. Le cadre sociologique de la prévention La santé publique connait de profondes transformations. Dans le passé, elle a été centrée sur le modèle médical au niveau de la recherche notamment. Ces évolutions soulèvent de nouveaux questionnements. Des éléments extérieurs viennent avoir une influence sur la santé : des éléments macrosociaux, économiques, culturels. (Why are some people healthy and other not? The Déterminants of healthy of population, Evans,Barer et Marmor, 1994). Les sciences sociales ont une importance à ne pas négliger dans la santé publique. « Dans de nombreux secteurs, la recherche s’intéresse davantage aux conditions d’un bon état de santé qu’à soigner des maladies. Elle se focalise sur la médecine préventive et prédictive, celle-ci pose d’ailleurs de nombreux problèmes d’éthique, dès lors que la pratique individuelle de la médecine hippocratique ou traditionnelle est supplantée par une approche collective des problèmes de santé, voire d’environnement. C’est d'ailleurs ainsi que la recherche médicale sera vraisemblablement amenée à se rapprocher davantage encore des sciences humaines et sociales" (F. Kourilsky, 12 sept. 2001). 1.3. Le marketing social Les campagnes de prévention publicitaire en santé publique s’appuient sur le marketing social de Kotler (1970). Le marketing commercial doit s'appliquer au domaine social selon lui, « le marketing est une activité humaine orientée vers la satisfaction des désirs au moyen de l'échange. L'optique du marketing sociétal est une orientation de gestion tournée vers la satisfaction du client et vers le bien-être à long terme du consommateur et du public en général en tant que moyen permettant à l'organisation d'atteindre ses objectifs et d'assumer ses responsabilités » .Il définit le marketing social comme “ l’élaboration, l’exécution et le contrôle de programmes cherchant à̀ accroitre l’adhésion à une idée, à une cause ou à̀ un usage social, dans un ou des groupes cibles”. Il permet donc d’influencer un public-cible. Le marketing social utilise les techniques du marketing commercial pour résoudre les problèmes sociaux qui reposent essentiellement sur le changement de comportement. Son but est de modifier les comportements sociaux. Il diffère de l'éducation dans le fait qu'il cherche à influencer. Le marketing social reconnaît des principes qui s'appliquent au marketing commercial : l'évaluation des besoins, identification du public cible, mise au point de produits et évaluation des résultats. Selon Kotler, le marketing social « utilise les concepts de segmentation de marché, de recherche sur le consommateur, de développement, de communication, de facilitation, de stimulant et la théorie de l'échange pour maximiser la réponse du groupe visé ». Le marketing social propose une démarche en neuf étapes (Kotler et al, 2002 ; Gallopel, 2003) comprenant : l’analyse du problème social contre lequel le praticien veut lutter, le choix de la cible d’action prioritaire, la fixation des objectifs, la connaissance de la cible, le choix d’un concept de campagne, le plan de campagne, le pré-testage de la campagne, l’application et enfin l’évaluation des résultats. 1. 4. Prévention et éducation : reconsidérer les stratégies éducatives Selon le docteur Alain Morel : « Une politique de santé dans le domaine des addictions ou des comportements à risque comporte toujours deux grands volets: d’une part des mesures dites
  25. 25. 24 «structurelles» qui concernent en particulier le dispositif légal et réglementaire et, d’autre part, des mesures éducatives «de prévention» qui concernent en particulier les apprentissages individuels et collectifs de comportements favorables à la santé et au bien vivre ensemble. » Dans la partie structurelle, on retrouve toute la législation comme par exemple les lois interdisant de fumer dans les lieux publics. En France, l'éducation à la prévention est très en retard. Cette éducation des comportements à risque doit s'articuler autour de cinq points, toujours selon le docteur et psychiatre Alain Morel : « 1-S’inscrire dans une démarche de promotion de la santé et ne pas se contenter d’informer 2-S’adresser aux jeunes de façon appropriée en les associant à l’élaboration des messages 3-Intervenir dans la durée et aux différentes étapes de la vie 4-Associer les familles et agir auprès d’elles 5-Articuler les actions, en particulier les interventions individuelles et collectives. » L'INPES fournit des matériaux pédagogiques aux enseignants afin qu'ils soient un relais de l'éducation à la santé dans le milieu scolaire. 1. 5. Les français et le digital 1. 5. A. Situation globale des habitudes des français 16We are social, 2015 Les français sont de plus en plus connectés. L’utilisation de smartphone est en constante augmentation : ces téléphones sont en effet les plus proposés par les opérateurs, à moindre cout, et l’arrivée de la 4G permettant un accès à internet encore plus performant depuis son téléphone
  26. 26. 25 mobile va contribuer à amplifier cette diffusion de smartphones. Il y a en France 66,1 millions de personnes, 55,4 millions d’internautes (84%) et 30 millions d’utilisateurs sur les réseaux sociaux (45%). Combien de temps passent les français avec les médias ? 17We are social 2015 Les internautes français passent en moyenne 3h53 par jour sur Internet depuis un PC et 1h17 depuis un mobile. Ils accèdent aux réseaux sociaux durant 2 heures quotidiennement, alors qu’ils regardent la télévision pendant plus de 3 heures. Quels sont les réseaux sociaux les plus utilisés par les français ?
  27. 27. 26 18We are social, 2015 C’est Facebook qui attire le plus de personnes en France (32% de la population), suivi par Google+ (10%) et Twitter (9%). 1. 5. B. Focus sur les habitudes des jeunes sur internet Il est indispensable de connaitre les habitudes des jeunes car ils sont les premières cibles des campagnes de prévention. Car il est plus facile d’agir tôt. Les jeunes, les médias, leurs pratiques : les jeunes sont nés avec des TIC qu’ils se sont totalement appropries. Les jeunes se caractérisent par ailleurs par un usage plus actif du smartphone et des MMS que les générations précédentes.
  28. 28. 27 19. LightspeedResearch 2015 « Lightspeed research » a effectué un sondage afin de connaître les préférences des jeunes français entre 13 et 16 ans. Le téléphone portable arrive en tête. Internet arrive à la deuxième place. On peut voir que la télévision est le média le moins aimé par les jeunes. Il faut en déduire qu’il serait recommandable d’effectuer des campagnes de prévention qui touche les supports utilisés par les jeunes en l’occurrence sur les smartphones et sur internet. La consommation et les services doivent donc s’adapter à une connexion qui ne connaît pas les limites géographiques, ni contraintes temporelles. 20. IPSOS, 2015
  29. 29. 28 L'usage des réseaux sociaux chez les jeunes est en augmentation depuis 2013. Ce qui montre bien qu'ils ont une place importante dans leur vie et qu'il est donc indispensable de développer une stratégie de communication sur ces supports (source Ipsos). Toujours d’après Lightspeed Research, les applications mobiles les plus téléchargées par les jeunes sont les jeux, ils sont 83% à en télécharger. Les réseaux sociaux occupent la deuxième place, ils représentent 63% des applications installées. La santé ne représente que 11% des applications téléchargées par cette tranche d’âge. Les sportives et les éducatives peinent aussi à sortir du lot puisqu’elles représentent respectivement 21% et 9% des téléchargements. 1. 6. L’e-santé Selon la commission européenne, la e-santé se définit comme : « l’utilisation des TIC dans les produits, services et processus de santé, associée à des modifications organisationnelles dans les systèmes de soins de santé et à de nouvelles compétences, afin d’améliorer la santé de la population, l’efficacité et la productivité dans la prestation des soins de santé et la valeur économique et sociale de la santé. L’interaction entre patients et prestataires de services dans
  30. 30. 29 le domaine de la santé, la transmission de données entre institutions ou la communication entre patients et/ou professionnels de la santé entrent également dans le cadre de la santé en ligne ». Les NTIC sont associés à la santé et au bien-être. Les opportunités des NTIC font l’objet d’investissements de plus en plus conséquents dans le secteur de la santé. Dans cette nouvelle ère sont proposés de nouveaux services et de nouvelles applications avec des modèles économiques plus ou moins matures. Des partenariats sont donc à inventer entre le secteur pharmaceutique et celui des soins, des patients, de la communication et des technologies. Une façon nouvelle d'appréhender la prévention en le fondant sur l'interaction qui existe entre l'individu, la société et les machines. Elle est née de l’introduction des outils informatiques qui permettent l’interaction de l’individu avec des outils intelligents, l’interaction des individus entre eux, et surtout l’intégration par ces machines des données obtenues dans des programmes capables d’amener les individus à modifier leurs comportements en fonction de la somme des résultats obtenus et de ses susceptibilités individuelles. En se connectant sur ces machines auxquelles il fournit des informations pour évaluer son risque, l’individu va recevoir des informations préventives personnalisées. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication doivent être au service de la prévention. En effet, nous entrons dans une nouvelle ère de la prévention. Avec l'explosion d'internet et des réseaux sociaux comme Facebook, twitter. Ils sont intéressants et ont une grande dimension de diffusion notamment chez les plus jeunes. Ce sont des moyens complémentaires des campagnes de prévention traditionnelles. Ils ont un avantages par rapport aux autres c'est qu'ils permettent de rentrer directement en contact avec la population. Ainsi l'internaute peut avoir un soutien individuel et personnalisé. « La e-santé ne constitue pas simplement un outil de modernisation des pratiques. Elle est aussi porteuse de changements plus profonds, en permettant une plus grande implication des patients, dans leur prise en charge. Mais nous n'y trompons pas, l'existence d'une technologie ne suffit pas. L'adaptation des organisations, l'accompagnement du changement et la promotion des bonnes pratiques de l'échange et de partage de l'information sont les clés du déploiement de l’e- santé. » Cette citation du ministre de la santé Mariol Touraine démontre bien la prise de conscience des pouvoirs publics de l'impact du numérique sur la santé des français et sur la nécessité de réformer le système existant.
  31. 31. 30 Chiffres de l’e-santé : 21. Microsoft prévention et numérique, 2014 1. 7. Présentation des outils numériques utilisés dans la santé et le bien-être Les « nouvelles technologies » sont aujourd’hui au cœur du développement de nombreuses stratégies de prévention. Site internet, sites de partage de vidéos, réseaux sociaux, application mobiles, serious game, objets connectés sont de plus en plus nombreux dans le domaine de la santé. Ils sont développés par les organismes institutionnels comme l’INPES, l’Etat, des associations de prévention, des marques, des assureurs, des mutuelles etc. Il convient d'exploiter ces nouveaux vecteurs de communication. Les acteurs de la santé bien que familiers avec ces outils sont encore en retrait par rapport aux industriels du tabac par exemple qui n’hésite pas à développer leur de stratégie de communication. En effet, les organismes de prévention doivent faire face à̀ la forte communication des entreprises d’alcool et de tabac qui publient sur des sites, des réseaux sociaux et créent des applications. Selon certains auteurs, cette concurrence mine les efforts des politiques de santé publique (Nicholls, 2012). YouTube est une plateforme très utilisée par les marques de tabac et d’alcool pour faire leur promotion. L'INPES a développé, ces dernières années des nouveaux outils en matière de prévention des risques liés à l’alcool et aux drogues par exemples (sites internet, applications mobiles...) : chacun de ces dispositifs de communication est de plus en plus orienté vers la prise de contact entre l’individu concerné et le professionnel de santé. 1. 7. A. Internet
  32. 32. 31 Nombreux sont les sites internet de santé qu’ils soient généralistes ou dédiés à une pathologie comme l’alcool ou la sécurité routière. Les sites généralistes ont des parties consacrés aux conduites addictives. On y trouve forums, mails, quizz, chat afin d’apporter de l’aide aux internautes qui fréquentent ces sites cherchant généralement des réponses à leur questions. Les sites internet proposent des jeux et des tests pour appréhender ses connaissances en matière de comportements à risque. Ils fournissent des conseils pour commencer le processus d'arrêt de ces comportements avec la possibilité d'entrer en contact avec un thérapeute et même de recevoir des contenus pas SMS. Bon nombre des jeunes d’aujourd’hui sont à̀ l’aise pour obtenir et échanger des données d’information par l’Internet. Il s’agit pour eux d’un outil pédagogique qui est presque devenu une seconde nature. Pour les jeunes en ligne, l’Internet donne aux habitants du monde entier un moyen de se connecter et d’obtenir des données d’information et des idées sans restriction 24 heures sur 24. L’Internet a aussi la capacité́ de créer instantanément l’anonymat, permettant ainsi plus facilement aux jeunes d’intervenir dans le domaine de la prévention et de s’y impliquer plus activement en posant des questions, en cherchant des appuis, en présentant leurs points de vue sur la prévention et en participant avec d’autres à des discussions. L’Internet permet à̀ l’usager de mieux contrôler le flux des communications qui fait partie de tout effort de prévention: vous pouvez ainsi écrire et envoyer des réponses sans que des questions viennent interrompre le cours de vos pensées. Les communications sur Internet sont aussi par nature plus souples au niveau de l’attention demandée, les usagers peuvent ainsi lancer des idées en ligne pour voir ce qui se passe, les essayer pour ainsi dire. Ils peuvent prendre leur temps pour réfléchir aux réponses, reprendre éventuellement la discussion à divers stades de la conversation. L’INPES a développé plusieurs sites de santé dédié à certaine pathologie. On peut par exemple retrouver le site « manger-bouger » qui parle ne nutrition. En complément de la ligne d’aide à l’arrêt, l’INPES a lancé́ un site Internet dédié à l’arrêt du tabac : tabac-info-service.fr, dont l’objet est de permettre aux internautes d’accéder à un accompagnement personnalisé dans leur démarche d’arrêt ou celle de leurs proches. On y trouve notamment : l’annuaire des consultations de tabacologie et d’aide à l’arrêt du tabac, des éléments sur les risques du tabagisme et les bénéfices de l’arrêt du tabac et les solutions pour arrêter de fumer. Ce site fournit du matériel d’auto-support (y compris du coaching par Internet) destiné aux usagers et des outils destinés aux professionnels de santé́. 1. 7. B. Les réseaux sociaux Aujourd'hui, grâce aux réseaux sociaux l'interaction est possible, ils permettent aux internautes d'échanger entre eux, de partager leur expériences, de donner des conseils. De plus tous les professionnels de santé que ce soit les pharmaciens, les laboratoires, les organismes de santé
  33. 33. 32 investissent le phénomène. Ils deviennent beaucoup plus accessibles. En France, de nombreux internautes partagent des programmes de nutrition, de sport, ils sont suivis par de nombreux abonnés. Leur influence ne cesse de croitre au fil des ans. On peut les considérer comme de véritable leader d’opinion chez les jeunes en particulier. L’utilisation des réseaux sociaux permet d’utiliser différentes plates-formes et de transmettre ainsi plus rapidement les informations. Sur twitter, plusieurs profils, en majorité́ généralistes sur les addictions et la santé, traitent aussi du tabac, de l’alcool et des drogues. Ils sont diffusés par des organismes de prévention. L’INPES dispose de son propre profil qu’elle met régulièrement à jour. Plusieurs pages Facebook sont recensées, en majorité́ généralistes sur les addictions et la santé, sont proposées par des mutuelles étudiantes et quelques organismes de prévention. 1. 7. C. Les sites de partage de vidéos On retrouve différentes chaines dédiés à la prévention sur YouTube. Ces chaines généralistes ou dédiées au tabac, à l’alcool, aux drogues, diffusent des vidéos de campagnes de prévention développées l’INPES, des organismes de prévention... L'INPES dispose de plusieurs chaines YouTube : – INPES : Des vidéos régulièrement mis en ligne/ 2 058 abonnés / 6 126 342 vues – manger-bouger : 66 abonnés mais pas de mise à jour depuis deux ans – OnSexprime.f qui parle de la sexualité des jeunes : 15 306 abonnés / 5 344 992 vues 1. 7. D. Les applications mobiles De plus en plus d'application sur la santé sont proposées (plus de 100 000). Pour la plupart sont payantes. C'est un marché en plein devenir qu'il ne faut pas négliger dans le domaine de la santé publique. La plupart apportent des informations pratiques sur les maladies, les acteurs du système de santé (pharmacies, hôpitaux, médecins), les médicaments, ou encore un soutien aux utilisateurs, en l’accompagnant dans la poursuite d’un régime, en leur permettant de mesurer leurs performances physiques, de suivre des paramètres de santé ou d’évaluer les facteurs de risques liés à certaines pathologies. Et ces outils trouvent toute leur efficacité en matière de prévention et de mise à disposition d’informations pratiques qui aident à lutter contre la maladie. Ils offrent une grande palette de mise en forme de l’information, allant d’un support purement informatif vers une démarche complétement participative. Ils permettent une liberté
  34. 34. 33 de ton, une approche décalé que l’on retrouve notamment dans certaines campagnes de prévention utilisant les réseaux sociaux. Le public est très friant actuellement des applications de remise en forme tel que celles qui permettent d'effectuer une activité physique quotidiennement. Ces applications permettent d'améliorer notre quotidien. Il existe également des applications qui aident à l'arrêt du tabac. La majorité des applications destinées aux patients ont pour principale fonctionnalité de fournir des informations. 36 % vont au-delà et assurent une forme d’éducation des patients. 31 % permettent de recueillir des données et 14 % des affiches. 9 % d’entre elles assurent une fonction de conseil et 8 % une fonction d’alerte et de rappel. Seules 2,4 % permettent de communiquer avec un médecin ou avec d’autres patients. 62 % d’entre elles concernent la prévention et la promotion de modes de vie sains : forme, bien être, diététique, gestion du stress, sommeil, tabagisme (Source : IMS Health). Les applications de téléphonie mobiles de prévention Alcool, Tabac, produits psychoactifs, proposent un simulateur d’alcoolémie (Simalc), font du coaching, permettent l’envoi de SMS à un capitaine de soirée ou un ami, ou de tester son souffle. Les applications de l'INPES : « Mes courses par la rubrique à menus » qui permet de faciliter de créer des listes de course à partir de menus sains et équilibrés pour toute la semaine. « Bouger plus » permet de faire un bilan hebdomadaire afin de savoir si l’on pratique les 30 minutes de marche recommandés par jour (conseils ; chronomètre, calcul de distances…). « L'alcoomètre » : permet d’évaluer sa consommation d’alcool et de s’informer des risques sur la santé. Dans un premier temps l’utilisateur se fixe un objectif de réduction de sa consommation d’alcool. Il peut ensuite suivre celle-ci au quotidien grâce à un carnet de consommation. Enfin, un bilan lui est présenté chaque semaine afin de suivre l’évolution de sa consommation et d’évaluer concrètement les résultats de ses efforts. « Tabac, infos, service » : C’est comme un coach pour arrêter de fumer. Exemples d’application mobile de prévention qui ne sont pas proposées par l’INPES : Quitnow est une application qui aide à l’arrêt progressif du tabac. L’application offre des indicateurs basés sur ceux de l’OMS à propos des progrès de l’utilisateur et une liste des réussites qu’ils réussissent à débloquer une par une et au fur et à mesure. Le motivant à atteindre son objectif. Quitnow est aussi social puisqu’il permet de discuter avec d’autres utilisateurs afin de partager les progrès des utilisateurs et de s’encourager mutuellement. Quiz Santé. Partant du constat que de nombreux mobinautes français utilisent leur smartphone dans la salle d’attente de leur médecin, IDS Santé lance le premier site mobile permettant aux patients de tester leurs connaissances santé juste avant la consultation médicale : Quiz-
  35. 35. 34 Santé.fr. : Mesure de connaissances patientes en temps réel A travers l’analyse des résultats des quiz, cette web App permet de : Révéler le niveau de connaissances des patients sur différentes pathologies Mesurer l’impact des campagnes d’information ou de prévention en temps réel. Déceler les idées reçues ou identifier les tabous. Runkeeper : application gratuite permettant de suivre les activités sportives de ses utilisateurs grâce au GPS du smartphone. L’application intègre de la musique et les réseaux sociaux en plus de ses fonctions. Les utilisateurs peuvent partager leurs données et leurs performances sur facebook. 1. 7. E. Les serious game : Promouvoir des comportements favorables à la santé Les serious game sont des jeux vidéo qui ne sont pas accès uniquement sur le divertissement mais qui ont une fonction pédagogique. C'est un jeu qui permet d'apprendre en s'amusant, ils sensibilisent, informent sur un sujet sensible. Il permet de toucher les plus jeunes notamment qui sont très influençable. Les jeux sérieux sur le thème de la santé ont pour but de sensibiliser la population à un sujet sensible, leur bien-être. Ces jeux s'adressent généralement aux patients touchés par une maladie (rare ou non) et à leurs proches. (Source wiki) L'Etat encourage le développement des serious game. En effet, il octroie des subventions aux projets les plus prometteurs. Les projets d'innovation retenus pourront bénéficier de subventions allant jusqu'à 45 % des dépenses de développement. Les serious games et les jeux repères permettent de simuler des situations liées à la consommation d’alcool, et de tester les effets d’une consommation de drogues. Les serious game représenteraient un outil potentiellement très puissant parce qu’ils mettent la personne qui joue dans un état de profonde concentration, le « flow » (Csikszentmihalyi, 1990), qui pourrait être favorable aux apprentissages et aux évolutions de comportement. 1. 7. F. Les objets connectés Un objet connecté est un matériel électronique qui peut communiquer avec un smartphone, une tablette tactile et/ou un ordinateur. Communiquer en ce sens qu'il peut envoyer et recevoir des informations, ceci par le biais d'une liaison sans fil, Bluetooth ou Wifi. L'intérêt principal, c'est l'interactivité, la possibilité de récupérer des informations, ou d'envoyer des statistiques, de créer des règles, etc. La santé, un des grands axes des objets connectés. Il n'est plus nécessaire de se rendre dans une pharmacie ou chez son médecin pour suivre son rythme cardiaque, sa tension, sa masse graisseuse. Avec un bracelet connecté, une balance ou un tensiomètre, non seulement vous pouvez réaliser vos mesures à domicile, mais il vous est aussi offert la possibilité d'effectuer un suivi, soit tout seul en collectant les informations sur le net, soit en collaboration avec un médecin qui pourra ajuster les soins en fonction des résultats obtenus. Le sport. Avec une montre sportive ou un bracelet connecté, vous pouvez comptabiliser les
  36. 36. 35 kilomètres courus -ou marchés-, vous accédez à des statistiques, à votre historique, à vos records, et vous pouvez synchroniser vos résultats sur votre smartphone ou votre tablette, avec souvent un coaching en ligne. Ce genre d'objet connecté apporte en sus des fonctions de partage, importantes pour permettre de s'étalonner et de se motiver mutuellement. SmartStop est un patch connecté conçu par l’entreprise pharmaceutique américaine Chrono Therapeutics. Cette dernière à récemment réussi à collecter 32 millions de dollars pour financer son projet. Celui-ci se présente sous la forme d’un petit patch à coller sur la peau ou à insérer dans un bracelet. L’objectif étant de fournir une aide adaptée à son porteur lorsqu’il souhaite arrêter de fumer. Connecté à un smartphone ou une tablette via Bluetooth, SmartStop diffuse des doses qu’il personnalise selon le profil du fumeur et les informations qu’il a au préalable enregistrées. L’utilisateur peut bien évidemment régler le dosage lui-même. Ce patch connecté peut également, grâce aux données collectées par l’application, anticiper la sensation de manque et ainsi diffuser la nicotine avant que l’utilisateur ne ressente le manque. Le dispositif envoie aussi, tout au long de la journée, des notifications pour encourager le fumeur durant son sevrage. Enfin, la dernière fonctionnalité de l’application est de pouvoir partager son expérience avec les autres membres de la communauté afin de s’entraider. 1. 8. Les avantages de ces outils numériques L'un des avantage du numérique c'est l'anonymat. Chaque utilisateur est « caché » derrière son écran. Il est beaucoup plus simple pur eux de parler, de s’exprimer. Les sites internet de santé donnent généralement accès à des forums de discussion sur les domaines de la santé et du bien- être. L'avantage de ces forums pour les internautes est l'anonymat dans leur échange. En effet, ils permettent une interaction entre eux en toute anonymat afin d'exposer leur problème, meurs témoignages et partager leur connaissances, sans craintes. De plus, ces forums sont très fréquentés. Autre avantage du numérique, c'est la gratuité d'accès. Des campagnes personnalisées et ciblées : la communication sur le net permet un meilleur ciblage que la communication mass media qui est généraliste, qui s'adresse à tous. Permet d'adapter son message au récepteur. De ce fait elles deviennent plus incitatives. Le numérique permet d’accompagner l’individu dans ces activités en toute mobilité, en lui enseignant les bonnes pratiques. 1. 9. Les dangers du numérique – Les réseaux sociaux posent le problème du manque de confidentialité́ – La géolocalisation sur les questions de santé et d’addictions inspire de la méfiance. – Le manque de transparence quant à l'utilisation des outils numériques et la sécurité des données.
  37. 37. 36 – L’absence d'informations sur la fiabilité des applications – Les éventuels problèmes d’éthiques et de règlementaires des sites de prévention.
  38. 38. 37 Chapitre 2 : Etude et analyse 2.1. Avis sur les différents outils du numérique Les professionnels de la santé pensent que ces outils d’auto-support sont plus efficaces que l’absence d’intervention pour l’aide à l’arrêt du tabac, mais ne semblent pas supérieurs au conseil bref d’un professionnel de santé. Ces techniques peuvent entre utiles pour les patients qui souhaitent arrêter de fumer mais qui ne souhaitent pas entre pris en charge par un professionnel de santé. La problématique de la prévention est qu’elle va à l'encontre de certains besoins et désirs. Elle nécessite un arbitrage entre le plaisir immédiat et la santé à long terme. D’une manière générale, ces jeunes bénéficiaires de la prévention ne la réclament pas. Les professionnels de la prévention doivent aussi se mettre d'accord sur les besoins des usagers qui ne sont parfois pas conscients de leurs besoins réels. Pour certains scientifiques, ces technologies restent encore à être tester car selon eux il manque des preuves scientifiques sur les mécanismes concernant leur efficacité en terme de prévention. Concernant les applications de téléphonie mobile, une récente revue de littérature (Free, 2013) a montré́ que l’envoi de SMS augmente l’efficacité́ des applications pour l’arrêt du tabac (et réduit les fortes consommations d’alcool. Avis sur les médias sociaux :  Schein R. and Al, literature review on effectiveness of the use of social media. A report for Peel Public Health, 2010 : Les médias sociaux sont des diffuseurs de messages complémentaires aux médias traditionnels. Ils permettent de toucher un large public. Les risques de ces médias sociaux pour les campagnes seraient liés à la fracture numérique, aux évolutions rapide des plateformes et des usages.  Rednet Project - Efficacité́ des Interventions utilisant les sites web pour diminuer les messages de produits, 2011 : Le téléphone mobile semble idéal pour cibler les jeunes car ils l’utilisent facilement, il est anonyme, et accessible partout et tout le temps. Il y a des preuves que les SMS peuvent être utilisés pour des changements de comportement à court terme. Des contenus intéressant les jeunes ont été́ mis en évidence : recevoir de la musique pour se relaxer, proposer des modalités d’interactivité́ avec les autres par messages ou blogs. Les forums représentent une source d’informations très riche pour analyser des contenus afin de mieux connaitre et comprendre les besoins et attentes des jeunes. Il est important d'effectuer un travail de veille pour comprendre les attentes de la population.  Philippe Tcheng, Choisir le numérique pour répondre aux nouveaux défis de la prévention, conférence prévention et numérique, la nouvelle donne pour l’action
  39. 39. 38 publque, 13 mai 2014 : Les applications sont des atouts pour aider le patient à entretenir des interactions avec son médecin. Elles permettre de mettre en place une prévention secondaire.  Renaud, L. Impact d’un site internet dans une campagne de Promotion de la santé : le défi santé 5/30, santé publique, volume 21 HS, novembre- Décembre 2009 pp 89-103 : Un site internet peut jouer un rôle d’accompagnement dans une campagne de prévention de la santé. Il procure un soutien virtuel et technique, en plus de poursuivre une démarche interpersonnelle avec des organismes communautaires et des professionnels de la santé. Diverses caractéristiques ont sans doute contribué à développer la motivation et la fidélisation des utilisateurs : les objectifs spécifiques, le contenu, l’architecture et les techniques d’utilisation du site, la convergence des médias et l’apport des partenaires, l’approche d’accompagnement virtuel, médiatique, interpersonnel et technique et l’apport des professionnels de la santé.  Michaud A., Belanger R. - Les adolescents, internet et les nouvelles Technologies: un nouveau pays des merveilles? Revue Médicale Suisse N° 253 du 16/06/2010 Les nouvelles technologies ont des aspects positifs : l’accès rapide à̀ des informations à caractère éducatif, la possibilité́ d’échanges à caractère social ou intellectuel, et l’ouverture à des renseignements dans le domaine de la santé, des drogues ou de la sexualité́. Les points négatifs sont l’inexpérience et la difficulté́ à juger de la validité́ des informations, ou le risque que les jeunes prennent en diffusant des informations sur le web. La dépendance à internet et le risque de violence sont probablement surestimés. Une surveillance ouverte et interactive de la part des parents constitue une bonne prévention. L’investigation du rapport que chaque jeune patient entretient avec ces outils fait partie intégrante de tout bilan de santé. Les parents doivent s’intéresser à ses supports pour maintenir le dialogue.  RAPPORT D’INFORMATION FAIT au nom de la commission des Affaires culturelles sur l’impact des nouveaux médias sur la jeunesse, Par M. David ASSOULINE, Sénateur : La réduction de la fracture numérique est donc un objectif majeur que doit se fixer la France, afin que les jeunes issus de milieux défavorisés puissent également être des « digital natives ». Les nouveaux médias ont des vertus éducatives.  Cameron D. Norman, Medias sociaux et promotion de la santé, Global Heath Promotion, vol 19 N° 4, 2012 Sur ces réseaux, les messages peuvent être commentes, modifies, amplifies. Les médias sociaux sont des espaces où se construisent et circulent les normes sociales relatives aux comportements.
  40. 40. 39 Les médias sociaux ont transformé́ la communication électronique de masse de monologues à des conversations. La conversation correspond aux objectifs décrits par la charte d’Ottawa avec un accent particulier sur le renforcement de l’action communautaire, le développement de compétences individuelles et la création d’environnements favorables à la santé. Elle contribue à̀ la réorientation des services de santé et à une discussion plus large quant à̀ la définition, la création et la mise en œuvre de politiques publiques favorables. Les médias sociaux offrent aux individus de nombreux moyens pour se connecter et partager de différentes manières selon leurs messages et leurs préférences d’apprentissage. Ces messages prennent la forme de courts rapports ou essais dans des blogs, de tweet... Les outils évoluent vite et l’important est le message et non le support. La diversité́ des moyens se développe : téléphones mobiles, tablettes, ordinateurs portables. Les professionnels de santé́ doivent tenir compte de ces évolutions.  Les avis de professionnels de la communication : Pour les professionnels, il est important de tenir compte de la tendance chez les jeunes d'aujourd'hui. Ils regardent la télévision tout en étant sur les réseaux sociaux, en recherchant des informations sur ce qu’ils voient. Ils regardent des sports publicitaires sur les autres médias (plateformes VOD, replay, plateformes de téléchargement), il faudrait développer des sports de prévention sur ces plateformes. Pour les professionnels de la communication, les médias sociaux offrent des usages plus pertinents que les communications de masse en matière de prévention. L’arrivée de la 4G va permettre de consommer encore plus de données dans de meilleures conditions. Différents avis sur les serious game :  Éric Sanchez, Muriel Ney et Jean-Marc Labat dans la revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, vol. 8, n° 1-2, 2011 : Selon ces deux auteurs, les serious game sont des solutions de remplacement aux pratiques traditionnelles. Ils sollicitent la motivation des étudiants et de leur permettent de développer des connaissances dans le cadre de situations d’apprentissage complexes. Dans ces jeux, la situation ludique est importante. Le « sérieux » n'est pas lié au jeu en lui-même mais aux interactions entre celui qui joue et l'objet. Pour enseigner il faut recréer la situation que l'on veut enseigner. Les situations qui sont évoquées dans ces jeux sont complexes et nécessite de mélanger des éléments de la réalité physique avec un élément qui relève de la simulation. L'erreur permet dans un jeu d'apprendre, c'est un espace de réflexion, il permet de tester sa façon de penser et d'agir.  Jean-Paul Fournier, maître de conférence lors de la conférence sur les serious game et la santé (Segamed 2013) :
  41. 41. 40 Les serious game sont des « atouts considérable pour l'enseignement ». Le jeu est un élément important pour faire passer un certain nombre d'informations. Il se pose la question de la place que l'on peut lui attribuer. Cependant le principe de ces jeux est qu'ils permettent de capter l'attention. C'est le « flow ». Le fait d'être immergé sans se rendre compte de ce que l'on fait.  Communication persuasive et communication engageante pour la santé : Favoriser des comportements sains avec les m ́médias, Internet et les serious games. Didier Courbet, Marie-Pierre Fourquet-Courbet, Robert-Vincent Joule, Françoise BERNARD : Les serious game ont des objectifs sérieux d'éducation, d'apprentissage ou de communication persuasive. « Ils permettent de dépasser la simple réception passive des messages médiatiques persuasifs classiques en faisant participer les joueurs ». D'après ces trois auteurs, les serious game implique des processus psychosociaux qui sont de l'ordre de trois. Les SG créent un environnement virtuel interactif facilitant l'apprentissage. Le principe d'essais-erreurs est un des mécanismes fondamentaux de l'apprentissage humain. Le fait de répéter un comportement et de tester différentes possibilités permet d'acquérir le bon comportement à avoir. L’apprentissage est facilité par la répétition des informations et de la tache à apprendre. Les SG diminuent les risques de lassitude, de frustration ou d’ennui provoqués par la répétition. Le troisième processus est la personnalisation des jeux. Ils personnalisent certaines informations qu'ils donnent en retour aux joueurs en fonction de leur profil et de leur niveau. Cette adaptation augmenterait l’implication du joueur et faciliterait des changements effectifs de comportement. Les SG contribuent à̀ modifier des comportements à risque par la capacité́ à réguler de façon satisfaisante ses propres comportements et les facteurs dont ils dépendent, en vue d’objectifs personnels. Avis sur le marketing social comme moyen de prévention :  Marketing social et efficacité des campagnes de prévention de santé publique : apports et implications des récents modèles de la communication persuasive par Audrey Marchioli Les recherches en communication de santé publique peuvent aider le marketing social à changer les comportements en matière de santé et accroître l’efficacité des campagnes. Suivant un double objectif scientifique et opérationnel, l’article envisage, après une présentation des récents modèles persuasifs, leurs apports au marketing social ainsi que des implications pratiques utiles aux praticiens. Le savoir-faire et les techniques du marketing ne se limitent pas aux entreprises, ils peuvent également s’entendre au domaine social. Le marketing prend alors l’appellation de marketing social. En utilisant les principes et les techniques du marketing, il vise à̀ influencer un public- cible afin qu’il accepte, rejette, modifie ou abandonne volontairement un comportement bénéficiant à un individu, à un groupe ou à la société́ dans son ensemble L’objectif principal des campagnes de marketing social dans le domaine de la santé est de créer,
  42. 42. 41 renforcer ou modifier certaines attitudes afin qu’elles génèrent des comportements davantage bénéfiques pour la santé Afin d’atteindre ses objectifs et accroitre l’efficacité́ de sa démarche, le marketing social peut intégrer les recherches en communication persuasive de santé publique. En suivant la conception de la communication persuasive de Chabrol et al., (2004), la communication persuasive de santé publique inscrit son objet d’étude au sein d’un système d’échanges socio- économiques et socio- politiques à multiples enjeux, dans lequel une organisation (i.e., les pouvoirs publics) dotée d’intentionnalités, cherche à orienter les comportements des publics (i.e., les citoyens ) également dotes d’intentionnalités, de manière à ce que ces comportements contribuent à̀ réaliser les objectifs de l’organisation (i.e., changer les comportements néfastes pour la santé). Le marketing social et la communication persuasive de santé publique poursuivent un même objectif : changer les comportements de santé2. C’est pourquoi la communication de santé publique et principalement les recherches sur la réception et l’influence peuvent être d’un apport précieux au marketing social pour accroitre l’efficacité́ des campagnes  Gallopel-Morvan, K., Le marketing social peut-être très utile dans un Programme de santé publique – Santé de l’Homme n° 412 – Mars Avril 2011. : Le marketing social serait efficace pour améliorer l’impact des programmes de santé publique. Le marketing social utilise l’étude des publics, l’analyse de l’environnement, la segmentation selon le sexe, l’Age, le milieu social, l’instauration d’une offre adaptée à̀ un public visé. Dans le marketing social, il est nécessaire d’avoir une connaissance approfondie du public et de l’environnement (opinions, croyances...). Une bonne connaissance du marketing utilisé par les alcooliers, industries du tabac est un atout pour contrer leurs actions. 2.2. Analyse du sondage sur les nouvelles stratégies de prévention en santé publique J’ai effectué un sondage afin de connaître les habitudes d’un échantillon de la population. Afin d’évaluer la pertinence d’une campagne de prévention sur des supports numériques. Le sondage a été réalisé grâce au site surveymonkey. Dans une première partie le sondage porte sur les campagnes de préventions existantes dans le but de mesurer leur impact et la seconde partie porte sur les nouveaux moyens de communication en prévention afin d'analyser leur efficacité. Le sondage a été réalisé sur un échantillon de 100 personnes entre 15 et 59 ans. Une série de questions leur ont été posées. Question 1 sur les campagnes de préventions de santé publique existante, elle est divisée en plusieurs sous questions :
  43. 43. 42 « Quel est votre avis sur les campagnes de préventions ? » – Sont-elles changées vos habitudes ? Pour 40 des personnes interrogées, les campagnes de prévention n'ont absolument pas changé leurs habitudes. Pour 32 personnes, les campagnes leur ont été réceptives mais n'ont pas forcément changé leurs habitudes. Et seulement 28% ont changé leurs habitudes. – Sont-elles assez visibles ? 68% pensent qu'elles sont assez visibles, 16% trouvent qu'elles ne sont pas assez visibles et 16% n'y prête pas attention. Pensez-vous que la fréquence d'apparition des publicités de prévention est suffisante ? 60% des personnes interrogés pensent que leur fréquence n'est absolument pas suffisante. Pour 24% des personnes interrogées, les publicités de prévention sont suffisantes. Les messages visuels sont-ils clairs ? Les messages visuels sont clairs pour 80% des personnes. Aucune n'ont répondu qu'ils n'étaient pas clairs. On peut dire qu'en termes de visibilité et de compréhension du contenu des messages de prévention, il n'y a aucun problème. Cependant elles n'ont visiblement pratiquement aucun impact sur les habitudes de la population. La suite du questionnaire porte sur les outils numériques de la prévention en santé publique : Question 2 : Sentez-vous concernés par les questions de santé ? 79 personnes ont répondu ne pas être concernés. Seulement 21 sont sensibilisées aux problèmes de santé. Questions 3 : Avez-vous une application santé (dédié au sport, nutrition, aide à l'arrêt d'une addiction...) sur votre smartphone ou votre tablette ? (Si oui, précisez) 54 personnes ont répondu oui sur les 100 interrogés. Les oui sont plus nombreux chez les femmes qui utilisent essentiellement des applications liées à la forme et à la nutrition comme les applications Nike running, 7minutes d'exercices par jour, compteur de calories... Dans les applications de lutte contre le tabagisme on retrouve l'application Quitnow. Question 4 : Connaissez-vous un site internet d'informations dédié à la prévention ? (nommez- le) Seulement 20 personnes connaissent un site lié à la prévention (INPES 10, manger bouger 3, santé.gouv.fr 3, aides 4).
  44. 44. 43 Question 5 : Avez-vous déjà regardé une vidéo de prévention via YouTube ? 64% des personnes ne regardent pas de vidéo de prévention via YouTube ou autres plateforme vidéo. Question 6 : Connaissez-vous les "Serious game" ? Les serious game ne sont pas connu puisque seulement 24 personnes les connaissent. Question 7 : Les serious game sont des jeux éducatifs, pensez-vous qu’ils peuvent vous aider à changer une de vos habitudes ? Question 8 : Suivez-vous sur les réseaux sociaux une page / profil en rapport avec le bienêtre et la santé ? 44% suivent sur les réseaux sociaux une page liée à la santé et au bien-être. Question 9 : Seriez-vous plus réceptif aux messages de préventions transmis par les nouveaux outils numériques par rapport aux outils traditionnels ? 68% des personnes seraient plus réceptifs aux messages transmis par les outils numériques plutôt que les outils traditionnels. Les trois dernières questions portent respectivement sur l’âge, la catégorie socio- professionnelle et le sexe des participants. Ce qui ressort du sondage réalisé est que les campagnes publicitaires de prévention ne fonctionnent pas. Il faut absolument les modifier. Les jeunes ne se sentent pas concernés pas les problèmes de santé. De ce fait comment les pousser à utiliser ces outils pour les questions de santé ? Les plus âgés se préoccupent plus de leur santé mais n’utilisent moins les nouvelles technologies pour ce domaine-là. Les personnes interrogées ne seraient pas contre à une stratégie de communication sur les supports numériques. De plus en plus utilisé, Il reste encore à les faire connaître. Concernant les applications mobiles liées à la santé et au bien-être aucune application de l'INPES a été citée. Il faut développer une stratégie qui tourne autour de ces applications afin de les faire connaître auprès de tous. Il en va de même pour les sites de santé encore pas assez connu par la population. Les applications mobiles qui ont été cité : NikeRun, Runtastic, 7 minutes d’exercices, weighwatchers, santé plus, forum santé, quitnow, compteur de calorie, fatsecret, exercices
  45. 45. 44 quotidien…C’est principalement des applications liés au sport qui ont été le plus cité. Les serious game ne sont pas connu du plus grand nombre, ils sont encore au stage de l’étude et du développement. L’échantillon est favorable à une prévention sur des supports numérique ce qui confirme l’hypothèse que les stratégies de communication peuvent être efficace sur ces supports. L’hypothèse sur l’inefficacité des campagnes traditionnelles est confirmée. Malgré les efforts des organismes de prévention pour développer leur prévention sur certain supports numériques comme les sites internet et les sites de partage de vidéo, elles ne sont pas efficaces puisque le sondage révèle qu’ils sont très peu connus. Concernant les serious game, il aurait fallu faire tester un de ces jeux pour avoir un avis plus concert des participants mais impossible puisque le sondage a été réalisé via un éditeur de sondage sur internet.
  46. 46. 45 CONCLUSION Si les médias sociaux jouent ce rôle important de diffusion, il est important que les institutions de la santé en tiennent compte et l’utilise. Le recours aux outils du numérique doit rester des outils complémentaires. Seule la complémentarité́ des actions assure l’efficacité́ de la communication. Une campagne de communication vise à̀ alerter, à donner une visibilité́ à un sujet, à délivrer un message. Il est nécessaire de communiquer dans la durée, continuellement, et de multiplier les approches créatives et les canaux de diffusion. Les campagnes créent un terrain favorable aux changements de comportement mais nécessitent d’être relayées par des actions de proximité́ plus pédagogiques et pérennes. « Les campagnes de communication nécessitent également d’être relayées par des pairs. Or, ces pairs aujourd’hui se trouvent souvent sur les réseaux sociaux et sur le web. Il nous faut donc conquérir les jeunes là où ils sont : s’est-il̀-dire sur le web. Il faut leur donner le désir d’adopter des comportements favorables à̀ leur santé au travers des moyens et des techniques de leur époque. », Annick GARDIES Les jeunes enfin, se caractérisent par un rapport particulier à l’autorité́. Ce qui explique la nécessité, souvent, de mettre en retrait de la communication l’émetteur qu’est l’Etat, au profit par exemple de la mise en scène et de la médiation des pairs, dont on sait l’influence dans la vie de tous les jours de nos adolescents, et donc l’efficacité́ potentielle de communication qui s’appuie sur cette mécanique. Pour l’ensemble de ces raisons, la cible jeune est difficile à̀ sensibiliser et à atteindre dans le cadre de campagnes de prévention des risques, à l’inverse des campagnes publicitaires marchandes où ils figurent comme la cible favorite des marques. Les jeunes doivent être au cœur des actions de terrain et au cœur des politiques publiques, car chacun sait que plus les habitudes de vie favorables à la santé sont prises tôt, plus elles portent leurs fruits. Il est plus efficace de travailler sur une cible particulière et sur un support particulier. Il s’agit de choisir le média avec lequel la cible est la plus familiarisée. Les organes de prévention ont élaboré des campagnes numériques comme le « manga interactif » de l’INPES pour inciter les jeunes à ne pas succomber à certain comportements à risques. Il aurait fallu pouvoir analyser son efficacité, si les jeunes sont réceptifs à cette campagne. Autre limite, les applications mobiles de prévention encore peu utilisé, ils auraient été judicieux de faire tester sur période assez longue ces applications pour en connaître leur efficacité.
  47. 47. 46 Bibliographie : Blogdumoderateur, Etude ipsos 2015 http://www.blogdumoderateur.com/etude-ipsos-junior-connect-2015/ consulté le 5 mai 2015 Cameron, D. N. (2012). Médias sociaux et promotion de la santé. Global Heath Promotion, vol 19 n° 4. Chiffres du digital en France : http://fr.slideshare.net/wearesocialsg/digital-social-mobile-in- 2015, consulté le 30 mars 2015 Cordier Alain, un projet global pour la stratégie nationale de santé 19 recommandations du comité « sages », septembre 2013 Courbet Didier, Fourquet-Courbet Marie-Pierre, Communication persuasive et communication engageante pour la santé : Favoriser des comportements sains avec les médias, Internet et les serious games, 2014 : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01015237/document DRESS, Rapport du DRESS : L’état de santé de la population en France http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/rappeds_v11_16032015.pdf consulté le 30 mars 2015 Du système de santé curatif à un modèle préventif grâce aux outils numériques http://fr.slideshare.net/RenaissanceNumerique/lb-sante-preventive-renaissance-numerique-1 consulté le 16 mars 2015 Esante.gouv.fr, Les serious games, le futur de la formation médicale ? http://esante.gouv.fr/le-mag-numero-7/les-serious-games-le-futur-de-la-formation-medicale consulté le 30 mars 2015 Etienne Jean-Claude et Corne Christian, Les enjeux de la prévention en matière de santé, 2012 : LES ENJEUX DE LA PRÉVENTION EN MATIÈRE DE SANTÉ http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2012/2012_03_prevention_sante.pdf consulté le 15 décembre 2014 Gallopel Karine Utilisation de la Peur dans les campagnes de Prévention: Résultats et Discussions autour des Comportements Tabagiques de Jeunes Français, 2000 : http://www.escp-eap.net/conferences/marketing/pdf/gallopel.pdf Consulté le 17 janvier 2015 Haug Severin, Dymalski Andrea, Schaub Michael, Prévention du tabagisme sur Internet : évaluation des offres disponibles, démonstration globale de leur efficacité́ et appréciation de leur utilité́ par des groupes cibles en Suisse, 2011 http://www.zora.uzh.ch/58803/1/Synthesebericht_F.pdf consulté le 15 mars 2015 INCA, Données cancer en France, 2012 http://lesdonnees.e-cancer.fr/les-fiches-de-synthese/1-types-cancer/12-cancer-poumon/30- epidemiologie-cancer-poumon-france-metropolitaine-incidence-mortalite.html
  48. 48. 47 Consulté le 17 janvier 2015 INCA, Enquête individuelle et nationale sur les consommations alimentaires Enquête INCA 1999 http://www.mangerbouger.fr/pro/IMG/pdf/EtudeInca1.pdf consulté le15 février 2015 INCA, INCA 2 Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires 2006-2007 http://www.mangerbouger.fr/pro/IMG/pdf/EtudeInca2.pdf consulté le 15 février 2015 INPES, Baromètre santé nutrition 2012, http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/718.pdf, consulté le 15 févier 2015 INPES, Baromètre santé 200, consulté le 15 février 2015 : http://www.inpes.sante.fr/70000/dp/10/dp100126.pdf INPES, POST-TEST DES MESSAGES SANITAIRES apposés sur les publicités alimentaires auprès des 8 ans et plus : http://www.mangerbouger.fr/IMG/pdf/EtudeMessagesSanitaires- 2.pdf consulté le 15 février 2015 INPES, Viêt Bguyen-Thanh, Les dispositifs efficaces en matière de prévention et d’aide à distance en santé, 2014 http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1536.pdf consulté le 20 février 2015 Marchioli Audrey, Marketing social : Marketing social et efficacité des campagnes de prévention de santé publique : apports et implications des récents modèles de la communication persuasive, 2006, https://hal.archives-ouvertes.fr/sic_00584746/document consulté le 30 mars 2015 « Manger-bouger » : ObEpi, 3ème enquête épidémiologique nationale sur l’obésité́ et le surpoids en France, 2013 : http://www.mangerbouger.fr/pro/IMG/pdf/EtudeObepi_obesite.pdf consulté le 15 février 2015 Michaud A. & Belanger R. (2010). Les adolescents, internet et les nouvelles technologies : un nouveau pays des merveilles ? Revue Médicale Suisse N° 253. http://revue.medhyg.ch/article.php3?sid=34909 consulté le 30 mars 2015 Nations Unis, pourquoi utiliser l’internet pour la prévention de l’abus parmi les jeunes, 2004 http://www.unodc.org/pdf/youthnet/handbook_internet_french.pdf consulté le 15 mars 2015 Oullier Olivier et Sauneron Sarah, Nouvelles approches de la prévention en santé publique. L’apport des sciences comportementales, cognitives et des neurosciences, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000139.pdf RAPPORT D’INFORMATION FAIT au nom de la commission des Affaires culturelles sur l’impact des nouveaux médias sur la jeunesse, Par M. David ASSOULINE, 2014 Renaud L., (2012), Intervenir en santé via internet et la téléphonie mobile : des modes d’actions particulièrement prometteurs mais qui soulèvent certains enjeux, Actes du colloque ACFAS,
  49. 49. 48 Montréal. http://blogsgrms.com/internetsante/2012/09/04/internet-et-la-promotion-de-la-sante/ et http://blogsgrms.com/internetsante/2012/05/24/intervenir-en-sante-des-populations-via- internet-etla-telephonie-mo consulté le 25 janvier 2015 Sanchez Eric, Ney Ney et Labat Jean-Marc, Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, vol. 8, n° 1-2, 2011 : http://www.erudit.org/revue/ritpu/2011/v8/n1- 2/1005783ar.pdf consulté le 16 mars 2015 Tcheng Philippe, Choisir le numérique pour répondre aux nouveaux défis de la prévention, conférence prévention et numérique, la nouvelle donne pour l’action publique, 13 mai 2014 Schein, R., Wilson, K., & Keelan, J. (2010), Literature review on effectiveness of the use of social media. A report for Peel Public Health. http://www.peelregion.ca/health/resources/pdf/socialmedia.pdf consulté le 25 janvier 2015 WILQUIN Jean-Louis, BECK, François, GUIGNARD Romain, ARWIDSON Pierre, Sylviane RATTE, INCa ; Geoffrey T. FONG, Lorraine CRAIG, Ryan David KENNEDY, Pete DRIEZEN, Université́ de Waterloo, Canada, Une évaluation des politiques de lutte contre le tabagisme en France, Recours à une cohorte de fumeurs, 2008 http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1111.pdf, consulté le 20 février
  50. 50. 49 ANNEXES Elaboration d'une campagne de prévention par l'INPES : Vie privée sur internet : L’essor d’internet a créé de nouvelles dérives en termes de violation de la vie privée. Il est difficile aujourd’hui de concilier vie privée et internet. La législation a dû s’adapter, la loi du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004 va permettre de garantir le respect de l’identité humaine, des droits de l’homme, de la vie privée et des libertés individuelles ou publiques sur internet. Cette loi a créé la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Cette création faite suite au projet SAFARI (Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus) sous la présidence de Georges Pompidou qui visait à identifier chaque citoyen par un numéro et d’interconnecter tous les fichiers de l’administration, ce projet a suscité de forte opposition, ce qui a conduit le gouvernement de l’époque à créer cette commission. 22. INPES 2010
  51. 51. 50 Cette dernière est une autorité administrative indépendante chargée de la protection des données personnelles sur internet. Elle va garantir notamment un droit à l’oubli permettant l’effacement des données personnelles. L’application de ce droit n’est cependant pas encore effective, ce droit est introduit dans le projet de règlement de la Commission européenne sur la protection des données personnelle, il suscite de nombreuses critiques notamment de la part de l’association française des éditeurs de logiciels et solutions internet considérant que ce droit serait une forme de censure d’internet. La commission bénéficie de pouvoirs étendus: informer, protéger, réguler, contrôler, sanctionner, et anticiper (cf. http://www.cnil.fr/linstitution/missions/). Elle va garantir un certain nombre de droits aux citoyens qu’ils vont pouvoir revendiquer (droit d’accès, droit à l’information, droit d’opposition, droit de rectification et le droit d’accès indirect). Pour faire respecter vos droits, vous pouvez porter plainte directement sur le site de la CNIL qui pourra faire l’usage de ses pouvoirs de contrôle et de sanction: http://www.cnil.fr/vos-droits/plainte- en-ligne/. On peut se poser néanmoins des questions sur la crédibilité et l’efficacité de cette commission tout d’abord au vu du nombre de sanctions attribué par celle-ci par rapport au nombre de plaintes déposées ainsi que le manque de moyens dont dispose la commission. Pour les sites ou les blogs hébergés à l’étranger, votre démarche a très peu de chance d’aboutir. En effet, internet va poser problème par son caractère transfrontalier. On peut citer comme exemple les divergences existantes entre la France et les Etats-Unis. Les américains considèrent les données personnelles comme des données purement commerciales alors qu’en France ce sont des éléments de nos personnalités. En Europe la défense de la vie privée est un droit fondamental qu’il faut protéger à tout prix, alors que les américains considèrent cette défense contraire au principe de la liberté d’expression, principe fondamental que l’on retrouve dans le premier Amendement de leur Constitution. Une protection internationale relève donc de l’impossible avec les divergences juridiques et culturelles existantes. La législation antitabac en France Après la découverte des effets cancérigènes du tabac quasi simultanément en Grande-Bretagne et aux États-Unis en 1950, de grandes campagnes furent lancée dans ces deux pays la même année. En France, ce n’est que seize ans plus tard que Simone Veil, alors ministre de la Santé fit voter la loi qui porte son nom. L’efficacité des campagnes antitabac de l’Inpes repose depuis lors en partie sur le fait qu’elles peuvent s’appuyer sur des mesures législatives et réglementaires contraignantes. Les grandes lois La loi Veil du 9 juillet 1976 est le premier grand texte visant explicitement à lutter contre les méfaits du tabagisme. Elle s’attaque principalement à la publicité, prévoit des interdictions de fumer dans certains lieux à usage collectif et impose l’inscription de la mention « Abus dangereux » sur les paquets de cigarettes. C’est 11 ans après les États-Unis, où les avertissements de santé ont fait leur apparition sur les paquets en 1965. Cette loi a permis de stabiliser la consommation de tabac jusque-là en augmentation.

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