Les métropoles, horizon indépassable de la croissance économique?

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Diaporama utilisé lors du colloque décentralisation, Poitiers, décembre 2014

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Les métropoles, horizon indépassable de la croissance économique?

  1. 1. Les métropoles, horizon indépassable de la croissance économique? Olivier Bouba-Olga obouba@univ-poitiers.fr
  2. 2. Discours dominant • Il faut concentrer l’activité productive dans certains lieux (grandes métropoles, clusters, …) les autres vivant de la redistribution et du résidentiel – Soutien à la métropolisation – Fusion des régions – Plan Campus + Labex + Idex + … • Hypothèse sous-jacente : il existe des effets taille 2
  3. 3. Objectif • Mise en débat des éléments de preuve : – La productivité des régions françaises : de nombreux problèmes de méthode – L’importance des effets d’agglomération : les résultats (très) nuancés de l’économie géographique – La croissance de l’emploi des territoires français • Source Bouba-Olga & Grossetti (2014) + compléments à venir
  4. 4. Avertissement • Faire la différence entre la métropole en tant que lieu d’agglomération de l’activité et la métropole institution • Il ne s’agit pas de réfuter le fait urbain, mais de contester le lien étroit entre très forte agglomération de l’activité (« ville globale ») et performance économique • Notre conclusion : la croissance économique française ne repose pas que sur le dynamisme d’une dizaine de métropoles…
  5. 5. #1. Analyse macro-régionale
  6. 6. Le creusement des disparités interrégionales : de nombreux problèmes de méthode
  7. 7. Davezies & Pech, 2014 • « depuis le milieu des années 2000, on assiste à la fois à une forte accélération des inégalités de PIB par habitant et à un ralentissement de la réduction des inégalités interrégionales de RDB par habitant » • « entre 2006 et 2011, le coefficient de variation des RDB/habitant régionaux progresse de 7% et celui des PIB/habitant régionaux de 28% » • Problème : cela s’explique entièrement par la situation de l’Ile-de-France…
  8. 8. Davezies & Pech, 2014
  9. 9. Des disparités faibles et stables, hors Ile-de-France.05 .1 .15 .2 .25 1990 1995 2000 2005 2010 années PIB/hab. (ensemble) RDB/hab. (ensemble) PIB/hab. (hors IDF) RDB/hab. (hors IDF) Coefficients de variation
  10. 10. L’évolution des disparités évolution des disparités 2006-2011 PIB par habitant RDB par habitant Coef. Variation, Davezies & Pech (2014) 28% 7% Coef. Variation, Insee (octobre 2014) 21% 5% Q3/Q1, Insee (octobre 2014) 1% 4% Coef. Variation hors IDF, Insee (octobre 2014) 7% -4% Complément économétrique : pas de croissance significative des disparités pour le PIB par habitant, trend décroissant pour le revenu par habitant
  11. 11. La surproductivité apparente de l’Ile-de-France
  12. 12. La surproductivité de l’Ile-de-France • « L’agglomération parisienne, à cet égard, constitue un important sujet d’inquiétude. Fournissant près de 30 % du PIB national, elle est le moteur de la croissance française. Si l’ensemble du pays avait sa productivité, la croissance du pays ferait un bond de 50 % ! »(Davezies, 2009) • « les contribuables des villes les plus productives financent à fonds perdus les territoires urbains les moins efficaces » (Levy, 2013) • Problème : affirmations qui s’appuient sur l’indicateur PIB par habitant
  13. 13. Productivités régionales • Productivité = richesses créées/ressources utilisées • Le PIB par habitant : un très mauvais candidat, le PIB par emploi est préférable • PIB/H = PIB/L * L/H • La moitié de la surproductivité de l’IDF s’explique par un ratio L/H beaucoup plus fort que la moyenne • La surproductivité apparente de l’IDF passe d’environ 60% à environ 30%
  14. 14. Du PIB par habitant au PIB par emploi 1 1.11.21.31.41.51.61.7 1990 1995 2000 2005 2010 annee PIB par habitant PIB par emploi emplois/habitants source : Insee La "surproductivité" apparente de l'Ile-de-France (Cas particuliers de la Picardie et du Languedoc-Roussillon également)
  15. 15. Les limites du PIB par emploi • Effets de spécialisation car division du travail à l’échelle nationale (voir internationale) • Leur prise en compte réduit encore la surproductivité de 10 points  reste donc une surproductivité IDF de 20% • Surtout : régionalisation très particulière du PIB, sur la base des salaires versés – Problème régions capitalistiques – Problème surtout si les salaires ne sont pas liés étroitement à la productivité des individus = effet « Piketty »
  16. 16. Effets « Piketty » .055.06.065.07.075 partdes1%supérieurs .255 .26 .265 .27 .275 1990 1995 2000 2005 2010 annee part des 10% supérieurs part des 1% supérieurs Source des données : Piketty L'évolution des inégalités salariales en France
  17. 17. Le poids de l’Ile-de-France dans les hautes rémunérations (2011) %IDF postes salaires versés top 10% top 1% top 0,1% GZ 24.2 30.1 47.4 61.5 72.6 KZ 39.5 51.3 62.2 78.1 85.8 MN 28.5 43.9 62.3 75.7 87.2 dont MA 41.9 52.4 66.0 77.3 87.7 tous secteurs 25.1 31.0 46.8 64.8 78.7 Breaking news ! l’Ile-de-France s’avère sous-productive si on enlève de l’échantillon les 10% des personnes les mieux payées
  18. 18. #2. Les enseignements de l’économie géographique
  19. 19. Que nous dit l’économie géographique? • Structures spatiales dépendent du jeu des forces d’agglomération et des forces de dispersion – Forces d’agglomération : économies d’échelle, externalités technologiques, préférence pour la variété, spatial mismatch – Forces de dispersion : coûts de transport, congestion, pollution, prix du foncier • Pas de conclusion ferme, tout dépend de l’ampleur des forces et de leur évolution
  20. 20. Quels résultats empiriques? • Il existe des effets d’agglomération statistiquement significatifs mais de faible ampleur : doubler la densité permettrait de gagner 1 à 2% de productivité (Combes et Lafourcade, 2012 ; duranton et al., 2009 ; …) • De plus, ces gains sont largement internalisés par les entreprises, pas de nécessité de prôner le renforcement de la concentration : We also show that those localization benefits are relatively well internalized by firms in their location choice: we find very little difference between the geography that would maximize productivity gains in theshort-run and the geography actually observed (Martin et al. 2011)
  21. 21. #3. La croissance de l’emploi des territoires français
  22. 22. Croissance par zone d’emploi (1999- 2011)
  23. 23. Analyse économétrique du taux de croissance Effet testé ZE 2008-2011 AU 2006-2011 Effet taille Non significatif Non significatif Effets sectoriels +++ +++ Effet « inertie » +++ +++ Effets macro-régionaux +++ Non testable
  24. 24. Conclusion
  25. 25. Conclusion • L’histoire, la spécialisation et le contexte macro-régional comptent, pas la taille  problème important de politiques reposant sur des allants de soi non fondés empiriquement • Idem sur l’idée d’une nécessaire concentration de la recherche ou les discours sur les clusters ou la classe créative
  26. 26. Conclusion • Alternative : penser la complémentarité entre les différents territoires mais attention, – il n’y a pas de division du travail du type Métropole- productif/non métropolitain-résidentiel – Certaines métropoles souffrent – Certains territoires non métropolitains réussissent bien sans être connectés aux métropoles • Importance d’une analyse contextualisée (non spatialement limitée) des territoires et de la mise en œuvre de politiques adaptés

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