et maintenant, 
nos terres 
documentaire transmédia sur la résistance 
à l’accaparement des terres en Afrique 
Julien LE N...
et maintenant, 
nos terres 
documentaire transmédia sur la résistance 
à l’accaparement des terres en Afrique 
3 résumé du...
3 
Résumé du projet 
et maintenant, nos terres… en quelques mots 
Contexte 
Le 3 octobre 2013, 300 émigrés 
clandestins me...
4 
Héros de la 
résistance locale 
CAMEROUN À Mundemba, au 
sud-ouest du Cameroun, Nasako 
Besingi, dirigeant d’une ONG 
l...
5 
note d’intention 
L’Afrique est traversée par une 
contradiction, entre les cen-taines 
de milliers de personnes 
qui c...
6 
Personnages 
Nasako Besingi, 
résistant de la terre 
Mundemba, au sud-ouest du 
Cameroun, à quelques kilomètres 
de la ...
7 
Emmanuel Elong 
Paysan et membre actif du 
Synaparcam (Syndicat des pay-sans 
riverains de la Socapalm au 
Cameroun), E...
“Géant endormi”, n’attendant que les investisseurs pour s’éveiller à la 8 
croissance agricole. Elle estime à 1 000 millia...
en t-shirt et en sandales, qu’il en aille ainsi », poursuit-il, à l’occasion 9 
d’un déplacement dans la capitale des État...
remettent un courrier à Vincent Bolloré, le PDG du groupe éponyme, 10 
devant le siège à Puteaux dans les Hauts-de-Seine. ...
11 
Aujourd’hui, l’entreprise occupe 10 000 hectares à quelques encablures 
de la frontière mauritanienne sur les bords du...
12 
Senethanol, société anonyme inscrite à Dakar le 14 juillet 2010, est à 
l’origine d’un projet d’investissement foncier...
Conclusion / Ouverture 13 
L’après “Révolutions vertes” 
« Les réponses du système alimentaire du XXe siècle ne sont pas c...
14 
support de diffusion et de communication 
Nous avons lancé le projet début 2014, en mettant en ligne le site 
Internet...
interactivité prévue pour la diffusion web 15 
Le film, squelette du 
documentaire 
Structuration en grands 
chapitres 
Mi...
16 
État d’avancement du projet / contenus 
Juin 2014 — deux mois avant le tournage 
Séquence d’introduction 
L’enjeu est ...
17 
Nous nous appuierons également sur l’expertise de Samuel Nguiffo, 
directeur du CED (Centre pour l’environnement et le...
18 
premières images des contenus 
À GAUCHE Novembre 2013 : cinq mois 
après avoir remis une lettre de protesta-tion 
au g...
19 
partis-pris artistiques 
Quelques partis pris donneront une 
réelle identité à notre travail, avec 
l’objectif de susc...
partis-pris artistiques 20 
Musique et ambiance 
sonore 
Nous souhaitons utiliser la 
musique comme un élément fort 
du ré...
21 
partis-pris artistiques 
Routes : liens et ruptures 
Sur le terrain, les trajets ryth-meront 
notre itinéraire. Les 
r...
22 
Terres et nature 
d’Afrique 
La nature aura également une 
place prépondérante dans notre 
travail. Les différences en...
23 
Réalités des portraits 
Notre propos s’appuiera en 
grande partie sur des entretiens, 
des rencontres. Nous voulons le...
24 
Matériel 
Note Ce matériel est déjà en 
notre possession. 
Image 
- caméra JVC GY-HM100 
- appareil photo réflex Canon...
25 
Planning prévisionnel 
11/2013 › 04/2014 
Écriture 
07/2014 
Sortie d’un premier teaser 
07/2014 › 09/2014 
Tournage 
...
26 
les auteurs 
Benjamin Polle 
Diplômé d’un baccalauréat lit-téraire, 
d’une licence de philos-ophie 
à la Sorbonne et d...
27
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Maintenant nos terres — Projet documentaire sur l'accaparement des terres en Afrique de l'Ouest

1 392 vues

Publié le

Graphisme et mise en page pour la plaquette web d'un documentaire dédié à l'accaparement des terres en Afrique de l'Ouest — Plus d'infos sur www.orianejuster.fr/works/et-maintenant-nos-terres-documentaire-graphisme et sur www.maintenantnosterres.com

Publié dans : Design
0 commentaire
1 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
1 392
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
205
Actions
Partages
0
Téléchargements
7
Commentaires
0
J’aime
1
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Maintenant nos terres — Projet documentaire sur l'accaparement des terres en Afrique de l'Ouest

  1. 1. et maintenant, nos terres documentaire transmédia sur la résistance à l’accaparement des terres en Afrique Julien LE NET 06 12 13 28 10 julienlenet@live.fr Benjamin POLLE 06 45 74 14 82 benjaminpolle@gmail.com
  2. 2. et maintenant, nos terres documentaire transmédia sur la résistance à l’accaparement des terres en Afrique 3 résumé du projet 4 déroulé du film 5 note d’intention 6 narration envisagée 14 diffusion & communication 15 interactivité état d’avancement du projet 16 contenus 19 partis-pris artistiques 24 aspects techniques 25 planning et financement 26 les auteurs
  3. 3. 3 Résumé du projet et maintenant, nos terres… en quelques mots Contexte Le 3 octobre 2013, 300 émigrés clandestins meurent noyés au large de l’île de Lampedusa. En mars 2014, ce sont 500 migrants africains qui forcent le triple rideau de barbelés aux abords de Ceuta, l’enclave espagnole au Nord du Maroc. Chaque vague de migration suscite au mieux l’émoi en Europe, mais ne conduit pas à s’interroger sur ses causes. « Ce sont en réalité 800 millions d’Africains qui veu-lent venir en Europe. Toutes les raisons qui pouvaient les pousser à rester sur leur continent ont été supprimées », estime l’économiste Serge Latouche. L’une de ces raisons est la dérive des modes de production agricole industri-els, alors que 2014 a été déclarée année de l’agriculture familiale par l’ONU (Organisation des nations unies). Sujet Le sujet des grandes entreprises et des investisseurs internation-aux qui achètent massivement des terres en Afrique est souvent abordé, mais demeure difficile-ment mesurable. Depuis 2000, plus de 30 millions d’hectares seraient concernés par ces projets agricoles de grande ampleur. Palmiers à huile, hévéa, canne à sucre, ces projets industriels que les ONG décrivent comme “accaparement de terres” sont tournés vers l’exportation et visent l’Afrique au premier chef. Nous voulons raconter une autre histoire de l’accaparement des terres. Celle des organisations paysannes et la société civile qui, en Afrique, se mobilisent, ont déjà gagné des combats, et commen-cent à faire reculer des projets. Entre le Cameroun et le Sénégal, nous irons à la rencontre de quatre organisations qui illustrent les différents modes de résistance tout en portant une revendication commune pour un autre modèle de développement agricole en Afrique. Format Et maintenant, nos terres est un documentaire transmédia sur la résistance des organisations pay-sannes à l’accaparement de terres en Afrique. Le récit est structuré en quatre chapitres qui présentent des fa-cettes différentes du sujet. Le film sera diffusé dans plusieurs versions : un format linéaire “clas-sique” de 52 minutes, ainsi qu’un format numérique interactif. Ce dernier comportera des vidéos, sons, photos et écrits supplémen-taires pour aller plus loin. Et maintenant, nos terres est un documentaire transmédia sur la résistance des organisations paysannes à l’accaparement de terres en Afrique. Le film, qui dure 52 minutes, sera divisé en quatre chapitres enrichis en contenus additionnels dans sa version digitale. Depuis 2000, plus de 30 millions d’hectares seraient concernés par les achats massifs de terres. CI-CONTRE 5 juin 2013 à Puteaux (Hauts-de-Seine) : quatre organisations paysannes remettent en main propre une lettre à Vincent Bolloré pour demander un meilleur partage des terres. Photo ReAct
  4. 4. 4 Héros de la résistance locale CAMEROUN À Mundemba, au sud-ouest du Cameroun, Nasako Besingi, dirigeant d’une ONG locale, participe activement à la lutte des communautés contre le projet d’Herakles Farms, filiale d’un fonds d’investissement new-yorkais, qui veut implanter 60 000 hectares de palmiers à huile au coeur d’une réserve naturelle. La coopération africaine CAMEROUN, CÔTE D’IVOIRE LIBÉRIA ET SIERRA LEONE Le ReAct (Réseaux pour l’action collective transnationale) a pris le parti de la coordination transnationale pour faire pression sur le groupe Bolloré. Dans la lignée du community organizing de l’activiste américain des années 1930 Saul Alinsky, les membres du ReAct ont travaillé avec les syndicats de riverains des plantations du géant français dans quatre pays d’Afrique. Un politicien pro-paysannerie SÉNÉGAL La CSS (Compagnie Sucrière Sénégalaise), filiale du groupe franco-suisse Mimran, produit un million de tonnes de cannes à sucre chaque année, sur les bords du fleuve Sénégal. L’entreprise a engagé un programme d’investissement de 100 millions d’euros pour augmenter de 50% sa production de sucre et compte pour cela s’étendre sur 1 000 hectares supplémentaires, au milieu desquels se trouvent plusieurs villages peuls. Aliou Diack, politicien local, entend bien défendre ses concitoyens. Coordonner la résis-tance Nord-Sud SÉNÉGAL-FRANCE À quelques dizaines de kilomètres de la CSS, 37 villages sénégalais de Ndaël (Nord du Sénégal) sont situés au beau milieu d’un investissement de 20 000 hectares porté par Senhuile-Senethanol, un con-sortium sénégalo-italien arrivé depuis moins de deux ans. Ce dernier illustre la profession-nalisation de la coordination entre les différents acteurs de la société civile, au Nord comme au Sud pour faire pression sur les projets d’investissement massif dans l’ag-riculture. Hautement médiatisé au Sénégal, ce projet est un symbole du foncier qui s’inscrit de plus en plus au coeur des politiques des États d’Afrique. Déroulé du film Quatre chapitres principaux 1 2 3 4 À GAUCHE Nasako Besingi s’est engagé contre l’investissement d’Herakles Farm dans sa région natale de Mudemba (Sud Ouest du Cameroun). Photo Grain À DROITE Aliou Diack, politicien séné-galais, défend la cause des paysans peuls. Photo Cesti conclusion Dessiner l’avenir d’une agriculture paysanne innovante Pour ces acteurs de la résistance, il n’est pas simplement question d’une lutte contre des projets, mais bien d’un refus du modèle agricole industriel qui est imposé à leur continent. Nous ouvrirons le récit par la découverte du centre Songhaï de Porto-Novo, la capitale politique du Bénin. “L’Afrique relève La Tête”, tel est le leitmo-tiv du centre Songhaï qui s’est fixé comme objectif de réduire le chômage et le sous-emploi des jeunes en les formant à l’agricul-ture biologique, à la transforma-tion agroalimentaire et à la gestion des ressources naturelles.
  5. 5. 5 note d’intention L’Afrique est traversée par une contradiction, entre les cen-taines de milliers de personnes qui continuent d’avoir faim et l’Eldorado des fonds d’investisse-ment qui achètent le sol, entre les indicateurs économiques au vert et l’impossibilité pour des sociétés encore largement rurales de vivre de leur travail. Sénégal, Cameroun, Mali, Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra Leone… Nombreux sont les pays d’Afrique où des formes de résistance et de manifestation s’organisent et se développent. Ce documentaire s’articule autour des notions de prise de conscience et de combat : nous voulons don-ner à voir quelques figures de ces sociétés civiles et paysannes qui s’éveillent. Nous voulons com-prendre comment s’organise leur résistance, dans quel contexte, avec quels outils et pour quels idéaux. Notre tournage se déroulera entre les 21 juillet et 1er septembre 2014, entre le Cameroun, le Bénin et le Sénégal. À notre retour, nous avons pour ambition de donner à ce film la plus large de diffusion : › un déroulé linéaire pour des télévisions francophones et anglophones › un documentaire transmédia interactif pour des médias pureplayers francophones et anglophones
  6. 6. 6 Personnages Nasako Besingi, résistant de la terre Mundemba, au sud-ouest du Cameroun, à quelques kilomètres de la forêt primaire millénaire du parc national Korup, l’un des plus grands et diversifiés d’Afrique. C’est ici qu’en 2011 Herakles Farms a créé une filiale, la SGSOC (Sithe Global Sustainable Oils Cameroon), avec pour objectif d’implanter 60 000 hectares de palmiers à huile. Nasako Besingi est un “gars du coin”. Il est le fondateur d’une ONG de défense de l’environne-ment et des droits de l’Homme. Depuis janvier 2014, il est poursuivi en justice pour avoir ouvertement protesté contre les conditions de réalisation de l’investissement, dont il a pris connaissance dès 2009, alors que l’accord était encore en négo-ciation officieuse avec l’État du Cameroun. Il lui est reproché d’avoir organisé en novembre 2012 une distribu-tion de t-shirts pour mobiliser les villageois à l’occasion d’une cérémonie politique locale. Les t-shirts sont saisis par la police dans son bureau, Nasako Besingi est arrêté, avec quatre autres vil-lageois, avant même d’arriver sur le lieu de la cérémonie. Herakles et les autorités lui intentent deux procès. Emmanuel Elong, Aliou Diack, Ardo Sow et les femmes de l’agriculture africaine Nasako Besingi est l’un de ces héros de la paysannerie ouest-afr-icaine avec lesquels nous sommes en contact et dont nous vou-lons raconter l’histoire, entre le Cameroun et le Sénégal. À Nasako Besingi répondent Emmanuel Elong, Aliou Diack et Ardo Sow. narration envisagée Les femmes, le coeur de l’agriculture africaine Aborder la question de l’agricul-ture en Afrique sans traiter la place des femmes qui comptent pour 75% des producteurs sur le continent serait une absurdité. Tout au long du tournage, nous mettrons en avant le rôle des femmes dans la défense des droits paysans. Comme celui de Mariam Sow (à droite), respons-able de l’ONG Endat Pronat, que nous avons rencontrée à l’occa-sion de sa venue à Paris et à qui nous donnerons la parole.
  7. 7. 7 Emmanuel Elong Paysan et membre actif du Synaparcam (Syndicat des pay-sans riverains de la Socapalm au Cameroun), Emmanuel Elong lutte contre les projets d’extension de la Socapalm, la plus grande entreprise camerounaise de pro-duction d’huile de palme, tombée dans l’escarcelle du groupe Bolloré en 2000. Aliou Diack Autre pays, autre contexte, autre ethnie, autre langue, mais config-urations pourtant très analogues. Aliou Dack est l’ancien président de la communauté rurale de Mbane, et défenseur des dizaines de villageois peuls installés au milieu des terres sur lesquelles est implantée la CSS (Compagnie sucrière sénégalaise) au Nord du Sénégal depuis quatre décennies. Ardo Sow À quelques dizaines de kilomètres de là, sur une autre des rives fertiles et très convoitées du Lac de Guiers, Ardo Sow est le porte-parole du groupement des 37 villages sénégalais, installés au beau milieu d’un investissement de 20 000 hectares porté par Senhuile-Senethanol. Contexte « Accaparement de terres » quèsaco ? Ardo, Aliou, Emmanuel et Nasako incarnent l’opposition à la ruée sur les terres, celle-là même que nous voulons donner à voir en images et dont nous voulons décrire les outils. Une ruée sur les terres dont les grandes entreprises et certains États sont les premiers acteurs. Ils achètent ou louent à très long terme (50 ou 99 ans reconductibles) des quantités massives de terres (à partir de 1 000 hectares) dans les pays en dévelop-pement, pour y établir des projets agricoles de grande échelle. Les objectifs des uns et des autres diffèrent. Pour les entreprises concessionnaires, il s’agit de revendre des matières premières alimentaires cotées au prix fort sur les marchés internation-aux et exploitées sur des terres louées pour des sommes modiques. Les États en manque de terres arables disponibles (Arabie Saoudite, Chine, Inde, États-Unis, Malaisie, pays européens), veulent garantir leur suffisance alimentaire et énergétique. L’utilisation pour les transports d’agrocarburants dérivés de produits agricoles, encouragée dans les pays de l’OCDE pour diminuer leur dépendance aux énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), jouent un rôle grandissant dans cette pression sur le sol. Estimations de l’ampleur du phénomène : 45 fois la superficie de la France concédés en 10 ans Les estimations de l’ampleur du phénomène varient : 36 millions d’hect-ares via 942 concessions depuis 2000 pour le Land Matrix, 30 millions d’hectares d’après la Banque mondiale entre 2000 et 2013, et 15 à 20 millions entre 2006 et 2009 selon l’Ifpri (International Food Policy Research Institute). Quelle que soit l’estimation retenue, la majorité des investissements se produit en Afrique subsaharienne. L’Afrique, un “Géant agricole endormi” particulièrement visé par les accaparements de terres L’Afrique est le continent par excellence de ces nouveaux investisse-ments fonciers. Elle est décrite comme disposant d’importantes réserves foncières peu ou pas valorisées. La Banque mondiale la qualifie ainsi de
  8. 8. “Géant endormi”, n’attendant que les investisseurs pour s’éveiller à la 8 croissance agricole. Elle estime à 1 000 milliards de dollars en 2030 le potentiel agricole du sous-continent. Sur le papier, les investisseurs, que s’arrachent les États en mal de dével-oppement, font entrer des capitaux et des devises dans les pays hôtes, et garantissent des emplois. Dans les faits, si les IDE (Investissements directs à l’étranger) en Afrique Subsaharienne ont bondi de 5 à 30 mil-liards de dollars entre 2000 et 2007, une moyenne de 0,005 emploi à l’hectare est accessible aux populations locales sur les terres ainsi cédées. Leurs occupants, fermiers et ruraux, établis traditionnellement sur un continent où seuls 5% des superficies font l’objet d’un cadastre formel, sont souvent expulsés. Pourquoi “Et Maintenant nos terres” ? Ces « accaparements de terres » ressemblent à s’y méprendre à la compétition coloniale de la fin du XIXe siècle et font craindre à Jacques Diouf, directeur du FAO (Food and agriculture organisation), « une forme de néocolonialisme ». Pitso Montwedi, alors ambassadeur d’Afrique du Sud en charge des droits de l’homme, note lors de la XVIe session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en mars 2011 : « D’abord ils ont pris les hommes, maintenant ils prennent nos terres ». ET MAINTENANT NOS TERRES. Les chiffres sont accablants : 90% de la production agricole en Afrique est de petite échelle, contre 70% dans le reste du monde. Alors que la population mondiale est à plus de 50% urbaine, 62% de l’Afrique est rurale. La faim y concerne encore un quart de la population. La pro-duction agricole y a reculé de 12% en moyenne par habitant depuis 1962, alors qu’elle a crû de 35% mondialement. Pourtant, les solutions de développement par l’agriculture en Afrique sont là, nombreuses et variées. C’est celles-là même que Nasako, Aliou, Ardo et Emmanuel appellent de leurs voeux. Après avoir montré la lutte actuelle, ce sera la deuxième ambition de ce documentaire transmédia : imaginer une Afrique de 2050 où l’accès aux crédits est simplifié, où les possibilités de distribution des productions locales pullulent, où la diversité des espèces cultivées est protégée et promue. ET MAINTENANT NOS TERRES. Les quatre principaux chapitres chapitre 1 S’opposer “en chemise et en sandales” « Moi, et bien d’autres, nous sommes résolus à nous opposer pacifique-ment à Herakles. Comprenez bien que je n’ai aucun problème particulier avec Herakles ou toute autre entreprise qui veut faire des affaires au Cameroun. Cependant, nous continuerons à nous opposer à ce qui ne peut être considéré autrement que comme une spoliation de terre », écrit Nasako Besingi, fondateur et directeur de l’ONG SEFE (Struggle to Economize the Future Environment). Depuis qu’Herakles est arrivée, « la compagnie veut raser la forêt pri-maire et y installer ses hectares de palmiers à huile à la place », dit-il dans une tribune au Huffington Post en février 2013. Selon différentes estimations, environ 14 000 personnes dans 89 villages sont installées au milieu de la forêt vierge, menacées d’expulsion. Pour lui et tous les autres villageois qu’il a entrepris de sensibiliser, l’arrivée d’Herakles est synonyme de promesses très précaires d’em-bauches, mais surtout de pertes de leurs terres, leur principale source de revenus. « Je souhaite le développement pour mon pays et mon peuple. J’ai déjà fait beaucoup de sacrifices dans ce sens et je ne renoncerai pas tant que le projet Herakles ne sera pas arrêté. Si pour que nos voix soient entendues, cela veut dire venir à Washington, au beau milieu de l’hiver, CI-CONTRE Nasako Besingi en train de manifester contre les impacts de la firme américaine Herakles Farm Photo : IPS News
  9. 9. en t-shirt et en sandales, qu’il en aille ainsi », poursuit-il, à l’occasion 9 d’un déplacement dans la capitale des États-Unis, invité pour expliquer la situation à Mundemba. Herakles, un des fauves de la finance internationale à l’assaut des terres africaines, est obligé de revoir son projet camerounais à la baisse Filiale de la banque d’investissement The Blackstone Group, Herakles Farm est un symbole. L’entreprise incarne le profil de ces nouveaux investisseurs, attirés par les perspectives de rendement des projets agricoles, qui arrivent en Afrique en force. En 2010, Herakles débute le développement de son exploitation d’huile de palme avant même d’avoir l’ensemble des autorisations officielles. Les efforts de Nasako n’ont pas été vains. Ce n’est qu’en novembre 2013 qu’Herakles obtient finalement une concession par décret présidentiel. La superficie concédée passe de 73 086 à 19 843 hectares ; la durée du bail naguère de 99 ans est ramenée à 3 ans ; le coût du loyer est relevé à 3 333 FCFA (5 euros) par hectare et par an, contre 500 FCFA par hectare et par an initialement envisagés. Des avancées significatives vers “les conditions acceptables pour les Camerounais et leur environnement naturel”, qui n’ont pas fait que des amis à Nasako Besingi. Le 31 décembre 2013, il est convoqué, à la demande d’Herakles Farms, pour « publication d’informations fausses via internet ». En procès depuis le 28 janvier 2014, c’est l’énième des menaces, des arrestations et des attaques violentes dont lui et d’autres sont les victimes. Il risque 6 mois de prison et des dommages et intérêts de 4 000 de dollars américains. Transition Face à des décisions nationales qui donnent la priorité aux inves-tisseurs étrangers, la résistance n’est pas que locale. Des formes de coopération africaines émergent. Ainsi, du travail mis en oeuvre par l’association ReAct (Réseaux pour l’action collective transnationale). Leur méthode, inaugurée en 2010, a fait ses preuves. CI-DESSOUS Vincent Bolloré, interpellé le 5 juin 2013 devant le siège du groupe dans les Hauts-de-Seine Photo : ReAct chapitre 2 Des villageois ouest-africains poussent le géant français Bolloré à une négociation directe Bel aboutissement qui pourrait en appeler d’autres : le 5 juin 2013, plusieurs organisations paysannes et civiles ouest-africaines manifestent chacune dans leur pays pour faire entendre leur ras-le-bol vis-à-vis des conditions d’investissement de la Socfin, un groupe belge et luxembour-geois spécialisé dans la culture de palmiers à huile et d’hévéa. La holding contrôle 150 000 hectares d’hévéa et de palmiers à huile en Afrique de l’Ouest et en Asie. Le groupe familial de Vincent Bolloré en est un des actionnaires principaux. Un an plus tard, les discussions ont abouti à l’organisation d’une première rencontre entre le groupe français et les syndicats paysans à la fin du mois de juin 2014 à Paris. Nous tournerons intensivement à ce moment et suivrons le mini sommet au plus près. La manifestation internationale n’est pas l’oeuvre du hasard. C’est le plus gros coup du ReAct. Créée voilà deux ans, l’association abrite un groupe de Grenoblois engagés, qui s’est donné pour mission d’accompagner les luttes des travailleurs et des riverains des firmes multinationales françaises. Leur seul outil est l’action directe non violente, sur le modèle des méthodes de Saul Alinsky. C’est au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone et au Libéria que le ReAct a coordonné pendant plusieurs mois et par un travail de fourmis quatre organisations de “riverains”. Quand ces derniers manifestent le 5 juin 2013, le même jour, leurs représentants à Paris, spontanément regroupés dans le Repar (Relai parisien des riverains des plantations),
  10. 10. remettent un courrier à Vincent Bolloré, le PDG du groupe éponyme, 10 devant le siège à Puteaux dans les Hauts-de-Seine. Un début de négociation inédite entre un groupe international et des agriculteurs africains Dans ce courrier, le Comité des Riverains de la SOGB (Société des caoutchoucs de Grand-Béréby) en Côte d’Ivoire, de la Synaparcam au Cameroun, de la Maloa en Sierra Leone et du Concern Citizen Union au Libéria demandent le respect d’un espace vital de 250 hectares de terres cultivables autour des villages riverains pour les paysans locaux. Elles rappellent que les baux de longue durée concédés par les États aux inves-tisseurs étaient assortis de services sociaux, qui souvent n’ont jamais vu le jour. Le courrier appelle à ce que les engagements pris à ce sujet soient tenus. Enfin, les signataires demandent la tenue d’une rencontre internationale en Afrique, en présence des groupements de riverains et des représentants de Bolloré. Interpellé par des représentants du Repar venus lui remettre la lettre, Vincent Bolloré prend quelques minutes pour les entendre devant l’en-trée du siège et s’étonne : “Mais qu’est-ce que j’ai fait de mal ?” Il décide cependant de jouer le jeu. Après une nouvelle rencontre tenue le 27 novembre 2013 à Vaucresson (Hauts-de-Seine) réunissant plu-sieurs représentants du Repar, de la Socfin (Pierre Bois d’Enghien) et du groupe Bolloré (Cédric Bolloré, directeur des activités industrie et Marie- Annick Darmaillac, secrétaire générale adjointe du groupe), ces derniers s’accordent sur le principe d’une rencontre entre des représentants de la Socfin et les riverains des plantations. Transition Bolloré n’est en rien comparable à Herakles. Le Groupe Bolloré fait partie des entreprises étrangères historiquement présentes en Afrique. Elles ont profité des vagues de privatisations initiées à la fin des années 1990 et sont devenues des acteurs économiques impor-tants, pourvoyeurs d’emplois et de devises. chapitre 3 40 ans d’agriculture intensive contre 200 ans d’agriculture traditionnelle « La question des achats massifs de terre en Afrique subsaharienne n’est pas neuve. Les investisseurs historiques ont installé des monocultures agricoles sur de larges superficies de terre au moment de la Guerre Froide, à la différence des investissements plus récents portés par le développement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Le cas de Jean-Claude Mimran au Nord du Sénégal est typique de cette première typologie. La première interrogation porte alors sur le bénéfice réel que retire le pays de la présence de l’entreprise, et ce qu’elle lui apporte sur le long terme », analyse Antoine Glaser, journaliste spé-cialiste des questions africaines, à l’occasion d’un entretien qu’il nous a accordé. Difficile question qui taraude les villageois de Pathé Badio, d’Ala Indé, Silama, Dioukaly, Mambaye. La CSS (Compagnie sucrière sénégalaise) voisine se présente à la fois comme le premier employeur privé du pays, avec 6 000 salariés, mais n’a eu de cesse depuis son arrivée à Richard- Toll dans le Nord du Sénégal dans les années 1970 de réduire les espaces d’agriculture vivrière et de pâturage. « Des emplois, d’accord, mais à quel prix ? Et pour quel développement ? », s’interrogaient nombre des locaux, rencontrés par Benjamin Polle à l’occasion d’un premier reportage écrit sur place à l’été 2012.
  11. 11. 11 Aujourd’hui, l’entreprise occupe 10 000 hectares à quelques encablures de la frontière mauritanienne sur les bords du fleuve Sénégal et du Lac de Guiers, et entend les agrandir encore pour porter sa capacité annu-elle de production de sucre de 100 000 à 150 000 tonnes par an. Pour y parvenir, l’entreprise s’apprête à étendre son exploitation de 1 000 hect-ares supplémentaires, au milieu desquels se trouvent les villages peuls, parfois implantés depuis deux siècles. Aliou Diack, politicien local et défenseur infatigable de la cause paysanne Un rapport de force “inacceptable” pour Aliou Diack, l’ancien prési-dent de la communauté rurale de Mbane qui regroupe l’ensemble des villageois. Il s’est manifesté par des prises de parole et une grève de la faim. « Ces peuls ont le droit de vivre de leur culture sur leurs terres. Des agronomes ont sérieusement travaillé la question et estiment que chaque famille africaine devrait pouvoir bénéficier de 3 hectares de terre pour en vivre décemment. Ils ne peuvent pas se nourrir exclusivement de cannes à sucre », dit-il. Transition Depuis 2008, l’accaparement des terres est devenu le cheval de bataille de nombres d’ONG internationales qui soutiennent active-ment les résistances paysannes locales. Ainsi sur la rive opposée du Lac de Guiers. Chapitre 4 40 000 Européens opposés à l’expulsion de 37 villages sénégalais Une pleine page dans le journal Libération, et de multiples relais dans des médias italiens : la venue en février 2014 de quatre représentants de 37 villages de Ndiaël, au Nord du Sénégal, aura eu un petit écho, quatre ans après le début du conflit au Nord de la Teranga entre les villageois et un groupe sénégalo-italien. CI-DESSUS L’usine de la Compagnie Sucrière Sénégalaise à Richard-Toll au milieu de 10 000 ha de canne à sucre Photo : NDARinfo & CSS
  12. 12. 12 Senethanol, société anonyme inscrite à Dakar le 14 juillet 2010, est à l’origine d’un projet d’investissement foncier dans la région. Dans un premier temps, la société signe un bail avec la communauté rurale de Fanaye pour la production de patates douces, d’éthanol et de graisses animales sur une superficie de 20 000 hectares. Divisés sur le bien-fondé de ces exploitations pour le développement économique régional, les villageois pros et antis s’affrontent le 26 octo-bre 2011. Bilan de l’altercation avec la police : deux morts et plusieurs blessés graves. L’ancien président Abdoulaye Wade arrête le projet et le relocalise finale-ment 30 kilomètres plus loin, dans la réserve naturelle de Ndiaël, où 20 000 hectares de terres forestières sont reclassés en terres agricoles. Cette concession est gérée par une nouvelle société enregistrée à Dakar le 26 juillet 2011, à la même adresse que Senethanol. Elle s’appelle Senhuile, à 51% la propriété de Senethanol et à 49% de Tampieri Financial Group, groupe familial italien mis sur pied en 1965. Élu en mars 2012, Macky Sall appelle à des concertations avec les populations locales quelques mois après sa prise de fonction mais ne remet pas en cause le projet. « La résistance locale et le plaidoyer au Nord doivent strictement aller de pair », estime Katia Roux, chargée de la souveraineté alimentaire à l’ONG Peuples Solidaires, dans un entretien qu’elle nous a accordé. Avec Renée Vellvé de l’ONG GRAIN, elle est à l’origine de l’invitation lancée à Ardo Sow, porte-parole du groupement des 37 villages, Fatou Ngom, coordinatrice d’ActionAid au Sénégal, El Hadji Thierno Cisse, membre du CNCR (Conseil national de concertation et de coopération des ruraux) et Mariam Sow, d’ENDA Pronat, fin février 2014. Leur déplacement, à Paris et à Rome en l’espace d’une semaine, servait à donner le coup d’envoi aux “Appels urgents” imaginés par Peuples Solidaires, depuis la création de l’ONG en 1983. Il s’agit de cam-pagnes de lettres et d’emails destinés à faire pression sur les décideurs économiques et politiques, après avoir été sollicités par des associations, des syndicats ou tout groupe organisé localement. « Un appel citoyen à mobilisation et un relais international qui peut changer la situation sur place. Un dialogue politique ou une négociation économique peuvent en découler », dit Katia Roux. En avril, l’Appel Urgent en faveur de la continuation de l’agriculture paysanne à Ndiaël avait rassemblé quelque 40 000 signatures entre la France et l’Italie. “Une manière de remotiver les paysans sur place” Les villageois, situés au milieu des nouvelles exploitations et regroupés en association, critiquent vertement les impacts du projet sur leurs con-ditions de vie. « 9 000 personnes sont menacées d’exode, 100 000 têtes d’animaux sont en danger, des écoles, mosquées et cimetières risquent de ne plus exister, des milliers d’arbres et flores sont menacés de dispari-tion, des millions de litres d’eau douce sont gaspillés », estime Ardo Sow, le porte-parole des populations. Pour eux, “l’Appel Urgent” constitue un coup de collier salvateur. « C’est une manière de remotiver les paysans sur place. C’est une sorte de sec-ond souffle pour la mobilisation », se réjouit Ardo Sow. Pour lui, « Il ne faut pas le laisser passer, sinon beaucoup d’autres suivront ». Transition Pour ces acteurs de la mobilisation locale, il est bien entendu question d’un combat contre un investisseur – le refus du projet Senhuile-Senethanol est total – mais également de promouvoir une autre forme d’agriculture : familiale, fondée sur les savoirs paysans, respectueuse de l’environnement et économiquement plus intelli-gente. « On affecte 200 kilomètres carrés à une firme qui produit des biocarburants pour l’Europe au moment où le gouvernement décaisse des milliards afin d’importer pour nourrir le pays », résume Ardo Sow.
  13. 13. Conclusion / Ouverture 13 L’après “Révolutions vertes” « Les réponses du système alimentaire du XXe siècle ne sont pas celle du XXIe siècle. Le système alimentaire mondial doit désormais se donner d’autres objectifs que la quantité. Nombreux sont ceux qui caricaturent l’agroécologie comme un retour en arrière et une forme de nostalgie pour l’agriculture de nos grands-parents, alors que c’est une forme d’agricul-ture fondée sur un système riche en savoir-faire transmis d’un agricul-teur à l’autre. Elle repose sur une connaissance fine des liens entre les plantes, les arbres et les animaux, et réplique à l’échelle d’un champ les interactions des écosystèmes naturels. Et pour les agriculteurs du Sud, qui ne peuvent ni hypothéquer leurs terres ni acheter à prix d’or des intrants, c’est sûrement là une voie de développement bien plus dura-ble, » estime Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation depuis mai 2008, qui finit son 2e mandat à ce poste en 2014. Les solutions alternatives pullulent… Notamment celles fondées sur l’agroécologie Que ce soit par les trésors d’inventivité qui sont déployés pour améliorer la production. Comme au Malawi où 120 000 agriculteurs pratiquent les implantations d’arbres à même de capter le nitrogène dans le sol, ce qui multiplie ensuite les rendements de blé par quatre sans aucun ajout d’engrais. Ou que ce soit par la distribution. L’association Wouol – “entraide” et “solidarité” – au Burkina Faso rassemble une soixantaine de groupements agricoles, et 2 500 membres individuels. Elle parvient à rassembler chaque année 60 tonnes de mangues fraîches et séchées, 100 tonnes de noix de cajou, bissap (boisson préparée à partir d’une variété d’hibiscus), gingembre, piments ou ananas, dont une partie est exportée en Allemagne. Nasako, Emmanuel, Ardo et Aliou, chacun à sa façon, sont à nos yeux porteurs d’un message d’avenir pour un développement africain intégré par l’agriculture, dont nous voulons apporter l’illustration en conclusion de ce travail. Les Centres Songhaï au Bénin font des émules dans le reste de l’Afrique de l’Ouest Cette illustration nous irons la chercher au Bénin, en conclusion du film. Le Centre Songhaï de Porto-Novo, la capitale politique du Bénin, vise à réduire le chômage et le sous-emploi des jeunes en les formant à l’agri-culture biologique, la transformation agroalimentaire et à la gestion des ressources naturelles. L’accès aux terres, semences, et outils est égale-ment facilité pour permettre aux jeunes de se prendre en charge dans leur communauté et éviter l’exode rural. Créé en octobre 1985 par le prêtre dominicain, docteur en électronique, en microbiologie et en sciences de développement, Godfrey Nzamujo, le centre de Porto-Novo accueille 300 jeunes par an. Ils y passent 18 mois, partagés entre les salles de cours et les champs. En plus de 20 ans, 5 000 fermiers y ont été formés. Une réussite qui a valu au centre les honneurs du secrétaire général des Nations Unis Ban Ki-moon, ainsi que de nombreux autres chefs d’États africains. Pourquoi autant d’intérêt ? Cette formation fixe les paysans dans les campagnes et offre un modèle de développement rural, aux antipodes des bidonvilles urbains et à l’immigration massive. Le modèle fait tâche d’huile et s’exporte dans une quinzaine de pays d’Afrique de l’Ouest.
  14. 14. 14 support de diffusion et de communication Nous avons lancé le projet début 2014, en mettant en ligne le site Internet du projet, la Page Facebook et le fil Twitter. Peu de temps après, nous avons mis en ligne le blog, que nous alimentons régulièrement depuis. Un chantier en construction Depuis plusieurs mois, nous avons mis sur pied une page de présen-tation du projet, un blog, une page Facebook et un fil Twitter. Ce sont les premières pierres du projet interactif que nous construisons. La base de données d’interviews et d’articles que nous avons com-mencé à constituer viendra, pour certains éléments, alimenter des capsules du documentaire. Celui-ci, une fois monté et dével-oppé, sera intégré sur la page de notre site, www.maintenantnosterres.com
  15. 15. interactivité prévue pour la diffusion web 15 Le film, squelette du documentaire Structuration en grands chapitres Mix d’images du terrain, d’entretien avec des experts, d’infographies pédagogiques et d’images d’archive Format 52 minutes Les capsules de contenu enrichi Contenus supplémentaires venant compléter l’information du film : portraits d’acteurs de la résistance, entretiens complets avec les experts, zooms thématiques sur l’accaparement (pays, cas, mouvements historiques, etc.) Le retour au film est facile et les capsules ont une page dédiée. Format vidéos, sons, photos, infographies, textes… Les parcours En fonction de son profil, l’utili-sateur aura différents parcours : Le “pressé” › un chapitre Visite 9 minutes Le “spectateur” › tous les chapitres Visite 52 minutes Le “curieux” › tous les chapitres + quelques capsules Visite 60 min en 2 visites Le “militant” › tous les chapitres + toutes les capsules Visite 90 min en 3 visites
  16. 16. 16 État d’avancement du projet / contenus Juin 2014 — deux mois avant le tournage Séquence d’introduction L’enjeu est de rendre facilement intelligible un phénomène dont la majorité ignore tout. Pour cela, nous souhaitons nous appuyer sur deux outils. Animation Une vidéo d’animation de une à deux minutes, sur une musique type Staff Benda Bilili et une voix off, viendra expliciter les enjeux de l’acca-parement des terres est prévue. Le synospsis ainsi que le contenu de la voix-off seront validés début juin. La réalisation de l’animation est prise en charge par Oriane Juster, graphiste freelance en charge des aspects artistiques du projet depuis ses origines, et est prévue pour début juillet. Extraits d’entretien Plusieurs experts en expliqueront les enjeux : - Mathieu Boche, chercheur au CIRAD (Centre de coopération International en recherche agronomique pour le développement) - Jacques Berthelot, agroéconomiste - Mamadou Cissokho, président du Roppa (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest) Chapitre 1 Raphaël Meigno, membre actif de la Coalition nationale contre les acca-parements de terres au Cameroun, sera l’un de nos contacts référents une fois arrivés à Yaoundé le 22 juillet. Il s’est engagé à nous conduire dans les villages concernés par le cas Herakles. Nous passerons du temps avec Nasako Besingi, qui nous racontera son histoire et le développe-ment agricole qu’il imagine pour sa région natale. Nous assisterons à son procès. Une fois notre terrain achevé, nous interviewerons des responsables de la SGSOC, du ministère de l’agriculture et du développement rural camerounais, et des représentants d’Herakles, au Cameroun et dans la maison-mère aux États-Unis. Chapitre 2 Nous resterons auprès d’Emmanuel Elong, qui fera le récit de l’impact de la Socapalm sur les modes de vie locaux et qui nous a donné son accord pour participer à notre film.
  17. 17. 17 Nous nous appuierons également sur l’expertise de Samuel Nguiffo, directeur du CED (Centre pour l’environnement et le développement), qui suit la résistance depuis le début. Notre présence sur le terrain nous permettra de vérifier la réalité des engagements pris par le Groupe Bolloré dans le cadre du “plan d’actions” mis sur pied au Cameroun après que deux associations camerounaises et l’association Sherpa formée de juristes et d’avocats ont déposé plainte en 2010 pour violation des « principes directeurs » (non contraignants) édictés par l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. Il nous racontera de quelle manière la coordination des mobilisations s’organise via le ReAct et nous espérons pouvoir assister à une réunion organisée par le groupe Bolloré en France ou au Cameroun. De son côté, Éloïse Maulet, représentante du ReAct avec laquelle nous sommes en contact depuis octobre 2013, nous expliquera les principes de fonctionnement du ReAct et ses objectifs. Enfin, nous interviewerons des responsables de la holding Socfin et du groupe Bolloré pour saisir leurs motivations à s’engager dans une démarche de dialogue avec des représentants locaux, et mettre en images leur vision du développement agricole en Afrique. Au Cameroun, après nos terrains et à notre retour à Yaoundé, nous prendrons l’attache de Yannick Vernet, nommé directeur général de la Socapalm (Société camerounaise des palmeraies) et de la Safacam (Société africaine forestière et agricole du Cameroun), en juin 2013. Chapitre 3 Aliou Diack, avec lequel nous sommes en contact, s’est dit vivement intéressé par le principe du film et souhaite y apporter son soutien. Il nous facilitera l’accès aux villages aux alentours de la CSS, dans lesquels nous irons passer plusieurs jours, pour saisir l’état d’esprit, les attentes et les initiatives. Aliou Diack nous présentera sa compréhension de la situation et ce qui, selon lui, constituerait un rapport de force plus équitable entre la société et les populations environnantes. Nous interviewerons plusieurs représentants locaux de la CSS et Antoine Glaser, journaliste spécialiste de l’Afrique que nous avons déjà rencontré, apportera un éclairage plus historique sur les investissements agricoles en Afrique. Chapitre 4 Lors de leur venue en France, nous avons rencontré Ardo Sow, Fatou Ngom, El Hadji Thierno Cisse, et Mariam. Nous rencontrerons à nouveau chacun d’eux au Sénégal. Ardo Sow a accepté de nous accompagner dans les villages de Ndiaël. Nous y interrogerons les communautés sur l’impact de la mobilisation internationale quelques mois après son lancement. Katia Roux, que nous avons déjà rencontrée à plusieurs reprises, nous a expliqué le principe des “Appels Urgents”. Nous confronterons son analyse et ses ambitions à la réalité du terrain. À notre retour, nous contacterons les responsables de Tampieri Financial Group pour recueillir leur position par rapport au projet et à la mobilisation internationale. Ouverture Pour la conclusion béninoise du film, nous nous appuierons sur les points de vue d’experts aux positions différentes, avec qui nous sommes en contact ou que nous avons déjà rencontrés : - Olivier de Schutter, rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation à l’ONU - Pierre Rabhi - agriculteur écrivain - Lionel Zinzou - banquier d’affaires Enfin, Godfrey Nzamujo, fondateur du projet Songhaï, nous présentera son modèle d’agriculture lors de notre séjour à Porto-Novo. contenus
  18. 18. 18 premières images des contenus À GAUCHE Novembre 2013 : cinq mois après avoir remis une lettre de protesta-tion au groupe Bolloré, les représentants parisiens des “riverains” (groupement de syndicats paysans en Afrique de l’Ouest) sont reçus au siège social du groupe à Puteaux (Hauts-de-Seine). Durée 25 min. À GAUCHE David Ngangang, l’un des représentants parisiens des “riverains”, nous reçoit chez lui à Mantes-la-Jolie en décembre 2013. Durée 25 min. À DROITE Katia Roux explique le principe des “Appels Urgents”, méthode développée par l’ONG Peuples Solidaires à notre caméra le 18 mars 2014 dans ses bureaux à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Durée 10 min Quelques captures d’écran de nos premiers rushes. À DROITE En février 2014, quatre représentants des paysans de Ndiaël, au Nord du Sénégal, lancent un “Appel Urgent” en faveur de 37 villages menacés d’expulsion. Portfolio d’env. 20 photos
  19. 19. 19 partis-pris artistiques Quelques partis pris donneront une réelle identité à notre travail, avec l’objectif de susciter l’intérêt et d’impliquer le spectateur dans le récit. Macroscopique / microscopique Notre sujet joue avec des échelles très variées. Aux grandes déci-sions internationales de dével-oppement agricole répondent les problématiques ultra-locales des communautés. Les projets industriels qui s’étal-ent sur des milliers d’hectares côtoient les petites exploitations familiales de quelques ares. Ce jeu d’échelles se retrouvera dans nos images. Nous alternerons des plans serrés sur les hommes, les acteurs que nous rencontrerons, et des plans larges et longs sur les terres, encore sauvages ou cultivées.
  20. 20. partis-pris artistiques 20 Musique et ambiance sonore Nous souhaitons utiliser la musique comme un élément fort du récit. En plus des ambiances sonores et musicales que nous capterons sur place, nous utili-serons des musiques d’artistes africains avec qui nous sommes en relation. Engagés par leur travail artistique et sensibles à notre approche, certains d’entre eux sont prêts à nous laisser utiliser certains de leurs titres.
  21. 21. 21 partis-pris artistiques Routes : liens et ruptures Sur le terrain, les trajets ryth-meront notre itinéraire. Les routes, capricieuses, feront le lien entre les cas et délimiter-ont les chapitres du récit. Les temps de transports nous servi-ront également à recueillir plus d’informations de la part de nos interlocuteurs, qui seront souvent nos guides sur le terrain.
  22. 22. 22 Terres et nature d’Afrique La nature aura également une place prépondérante dans notre travail. Les différences entre les modèles agricoles sont visuelle-ment fortes. Elles se voient par leurs impacts sur les milieux naturels. Alors que dans les pro-jets industriels la nature disparaît au profit d’espaces symétriques et de plants ordonnés, les parcelles paysannes s’inscrivent dans une nature monumentale, à peine domptée. Nous jouerons avec l’al-ternance des images pour rythmer et contextualiser notre récit. partis-pris artistiques
  23. 23. 23 Réalités des portraits Notre propos s’appuiera en grande partie sur des entretiens, des rencontres. Nous voulons les retranscrire de la manière la plus naturelle possible. Nous utili-serons peu d’effets, nos images seront celles de la perception humaine. Nous voulons retran-scrire la réalité du terrain et des témoignages, sans magnification ni sophistication de l’image. partis-pris artistiques
  24. 24. 24 Matériel Note Ce matériel est déjà en notre possession. Image - caméra JVC GY-HM100 - appareil photo réflex Canon EOS 500d Son - magnétophone Roland R05 - micro cravate Autres - Réflecteur - Projecteur / LED - Disques durs - Ordinateur portable Le plus Jean-Baptiste Verwaerde, réalisa-teur, cinéaste-vidéaste, ingénieur du son, cameraman, Journaliste Reporter d’Images, nous apporte son aide dans le choix des matéri-els les plus adaptés et dans leur meilleure utilisation. Diffusion Le public du film sera franco-phone et anglophone, sous le dou-ble format d’un film au déroulé autonome et d’un documentaire transmédia. Nous voulons sollic-iter plusieurs médias au Sénégal et au Cameroun. Peu habitués à ces formats, plu-sieurs d’entre eux pourraient être intéressés par un document de terrain multimédias sur un sujet au coeur des enjeux du développe-ment de l’Afrique. Sollicité, le directeur du Quotidien, où Benjamin Polle a travaillé en 2012, a dit son intérêt pour le projet. À l’occasion de notre déplacement à Dakar, nous irons le rencontrer. En France, nous sommes en contact avec Alternatives Économiques et Mediapart, et souhaitons élargir le spectre de nos recherches à des médias audiovisuels, plus à même de développer un documentaire transmédia (une partie télévi-suelle, une partie numérique). Par ailleurs, notre site a été lancé en anglais et nous avons l’am-bition de sous-titrer le film et le documentaire. Nous recherchons des partenaires pour traduire les textes et d’éventuels diffuseurs anglo-saxons. Développement web post-production Nous sommes en relation avec Nicolas Servain, concepteur réal-isateur richmedia, à la maîtrise d’ouvrage de plusieurs webdoc-umentaires dont Exilés au large de Damas (diffusé sur La Vie en septembre 2013) et Les déplacés du Mali racontent l’attente (dif-fusé sur Rue 89 en juin 2013). Il s’est dit très intéressé par le projet et nous a fait part de son souhait de contribuer à sa mise en forme au retour du tournage. aspects techniques
  25. 25. 25 Planning prévisionnel 11/2013 › 04/2014 Écriture 07/2014 Sortie d’un premier teaser 07/2014 › 09/2014 Tournage 09/2014 › 10/2014 Développement d’une charte vidéo Montage 10/2014 › 11/2014 Développement web et graphisme 12/2014 Diffusion Financement Le budget du film et la campagne de crowdfunding sur la route Pour contribuer au financement de notre projet, nous avons déposé un dossier au CNC dans le cadre de l’Aide à l’écriture et à la Scam pour la bourse d’écriture Brouillon d’un rêve multimédia. Afin de faire vivre la communauté autour du projet et de recueil-lir une source de financement complémentaire, nous lancerons en juillet prochain une campagne de crowdfunding (financement participatif) qui se déroulera durant notre tournage et que nous animerons à chacune de ses étapes. Nous mettrons au point un teaser, composé de l’animation sur l’acca-parement des terres et de plu-sieurs des rushs que nous avons déjà à notre disposition. Nous la mettrons en ligne peu avant notre départ. Nous envisageons égale-ment de nous porter candidat à la deuxième édition du Concours Première Caméra coorganisé par AB Groupe, Capa, France Info, KissKissBankBank et Racontr. Les lauréats, présélectionnés sur la base d’une collecte réussie sur la plateforme de financement collab-oratif, seront choisis en septembre 2014, à notre retour de tournage. planning & financement Budget prévisionnel Pré-production et tournage Frais de communication : hébergement web, graphisme… 1 500 € Déplacements 5 000 € Matériel 1 500 € Frais divers : logement, administratif, santé… 3 000 € Total 11 000 € Post-production Montage et développement web 7 000 € Graphisme et communication 2 000 € Total 9 000 € Total 20 000 €
  26. 26. 26 les auteurs Benjamin Polle Diplômé d’un baccalauréat lit-téraire, d’une licence de philos-ophie à la Sorbonne et d’un master de conseil en stratégie des entreprises de l’école Audencia à Nantes. Il a réalisé plusieurs stages de journalistes et reporters à l’agence AEF, les Échos, Alternatives Économiques, le magazine Paris Berlin, l’AFP et le journal sénégal-ais Le Quotidien. Il a collaboré avec Alternatives internationales, Le Monde dans le cadre de la première édition du Monde Académie et le site économique spécialisé consultor.fr Benjamin travaille depuis deux ans pour l’agence d’information News Tank Culture en tant que rédacteur. 06 45 74 14 82 benjaminpolle@gmail.com Julien Le Net Ingénieur agronome, diplômé d’Oniris (Ecole Nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l’Alimentation) et d’un master de conseil en stratégie des entre-prises à Audencia Nantes. Il a réalisé plusieurs expériences dans l’aide au développement au Cameroun dans la microfinance communautaire (ONG SAIMED) et au Brésil auprès de coopératives agricoles familiales, travaille aujo-urd’hui depuis 2 ans pour weave AIR, en tant que consultant en stratégie et innovation sociale. Expériences de rédaction pour le Goethe-Institut, le réseau européen GLEN, le site musical exportMusic et de réalisation d’entretiens vidéo pour le festi-val Make It Up et l’ONG Le Cap Durable en Afrique du Sud. 06 12 13 28 10 julienlenet@live.fr Oriane Juster Le graphisme de Et Maintenant, nos terres est assuré par Oriane Juster, graphiste freelance diplômée de l’ESAG Penninghen. orianejuster.fr Note Toutes les photos non-légendées dans ce document ont été prises par Julien Le Net ou Benjamin Polle.
  27. 27. 27

×