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La culpabilité collective: Comment devons-nous donc comprendre cette culpabilité partagée? Devrons-nous nous sentir coupable à tout moment? Y aurait-il une forme de vie qui nous exempte des erreurs des autres?

  1. 1. 1 La culpabilité collective: pour une compréhension herméneutique de l’Être Humain Clément TSANGA MBIA La culpabilité aussi bien qu’on puisse la définir comme le fait d’être coupable, se définit également comme une abjection ou une responsabilité. L’idée de rédiger cet article part du questionnement que nous nous sommes fait lors d’un congrès sur les limites et périphéries de la Bioéthique au 21e siècle tenu à Granada le mois de mai passé. Il était question de montrer dans une certaine mesure que l’acte moral est avant tout un fait universel en ce sens où les actes délibérés qu’un être humain qui vivrait dans un coin perdu du monde puisse être partagés par ses semblables qui vivraient dans un autre coin. Pour matérialiser ce que nous venons de dire, nous allons présenter quelques cas concrets. Un individu qui se retrouverait dans une terre étrangère est avant tout un immigrant, de ce fait il est vu comme un ambassadeur de son pays dans cette terre où il se trouve. Si ce dernier vient à poser un acte malsain dans ce pays d’accueil, cet acte ne sera pas seulement partagé par lui, non plus par sa famille, ses proches, son pays d’origine son origine raciale sinon par tout le commun des mortels. Nul ne dira qu’il n’ait jamais fait l’expérience de se sentir coupable de la faute commise par un de ses frères, un de ses parents, un de ses compatriotes ou un de ses frères de même race.Tous, nous connaissons cette rude épreuve et partageons avec les autres leur faute. C’est ici la clé de compréhension de cet article qui n’a aucune prétension d’extrapoler sur l’Homme non plus de faire porter le voile de l’erreur à celui qui la commet sinon, une manière de nous amener à une compréhension herméneutique de l’être humain. Notre nature a été predisposée à partager les erreurs des autres. Partant donc de cette thèse de départ on pourrait dire qu’aucun domaine dans lequel intervient l’être humain ne puisse pas être lieu de culpabilité collective. Nous voulons donc présenter de façon général les divers domaines dans lesquels l’Homme exerce son action. Il s’agit: du domaine culturel, social, économique, religieux, politique et sportif.
  2. 2. 2 Domaine culturel Nous avons l’habitude d’entendre que la culture est ce qui reste lorsque nous avons tout perdu. La critique que nous portons à cet adage populaire est qu’on ne peut pas concevoir la culture comme un acquis sinon comme un pré acquis, c’est d’ailleurs pourquoi nous soutenons la thèse de ce qui pensent que le binome Nature-culture va de paire. Dire Clément serait dire Nature et en d’autres termes culture. Clément est la condition de possiblité aussi bien de la nature que de la culture dans la mesure où il est par nature un être culturel. Certains penseraient que la culture est négative à cause des schémas falsifiés qu’ils se montent dans leur subconscient. Aucun individu ne saurait se présenter hors de sa culture. De ce fait, lorsque nous, culturellement parlant, agissons soit dans notre pays ou hors de nos frontières, la première approche est qu’on se fait est nous identifier en fonction de notre culture. C’est pourquoi il est beaucoup plus facile de reconnaître soitles origines d’un individu par son nom ou par son langage. Un tel qui vient du Nord d’un autre qui vient du Sud. Il en est de même pour celui de l’Ouest que pour celui de l’Est. Personne ne s’est jamais posée la question du comment elle est arrivée à détecter cela. La culture cohabite avec l’être humain et le rend ambassadeur de son peuple auprès des autres. L’acte que je poserai, s’il est plausible honorerait à tous ceux qui partagent ma culture. Et il en serait de même s’il est négatif. Dans un même pays cela se fait trop ressentir. On aime à s’affirmer quand tout va bien que nous sommes de telle region et quand tout va mal, nous fuyons notre région pour dire que nous sommes citoyen du monde. Ce que nous oublions parfois est que nous pouvons tout fuir, nous cacher même ou renier nos racines mais il y a un bonhomme en nous qui nous rappelerait sans cesse qui nous sommes et d’où nous provenons. Ce bonhomme est la conscience. Car elle est là, nous persecute, nous hante et nous harcèle. Domaine social L’Homme si on s’en tient à la vision de Aristote est un “animal social” cela nous plonge à nouveau dans la thématique de la nature de l’homme. Dire société, c’est dire Clément et bien plus c’est dire Homme. Ma société est mon lieu de prédilection. Les actes que je pose ont des repercussions sur toutes les personnes qui vivent dans ma société. C’est pourquoi je ne serai jamais identifé sans ma société. La question est de savoir si cette société mérite de porter le poids de mes erreurs. N’avons nous pas été prédestinés à partager la même destinée? Autant de questions qui certainement n’ont pas de réponses si nous nous situons dans la perspective de l’argumentation. Les médias nous rappelle à longueur de
  3. 3. 3 journée qui nous sommes et par conséquent font porter aux autres inderectement nos erreurs. Pour preuve, il suffit qu’il se produise un événement triste dans un pays étranger et que cet évènement soit causé par un immigrant, on ne dira pas un tel à poser cet acte sinon le sujet X de nationalité Y a posé tel acte et par conséquent les ressortissants de ce pays sont des dangers publics. Rien qu’à voir avec les attentats du 11 septembre où tous les musulmans sont devenus des terroristes ou même avec le phénomène de l’immigration clandestine en Espagne où tous les africains sont devenus sénégalais et au besoin tous arrivent en Espagne soit à bord d’une pirogue ou à pied. Pour un individu ou un petit groupes d’individus, tous les autres qui qui ne font parties de cette histoire sont obligés d’être carricaturés. Ainsi va la société. Ne soyons donc pas étonné qu’on vous sifle dans la rue en terme de “pauvre- misérable” ou bien qu’on vous taxe de terroriste. Serais-tu toi le coupable? Pourquoi porter ces préjugés et encaisser ses injures déplacées? Domaine économique Avec le concept de “société de bien être” on a fait porter à tous les habitants de l’hexagone la tunique du Roi. Tout porte à croire que ceux issus de ses pays dit “développés” sont tous nantis. C’est une grosse leurre voire même une chimère car la réalité a cessé d’être réel pour devenir fictive à travers d’un seul mot: “la société du bien être”. Conscient de cela, les individus qui très souvent sont issus de ces pays, au moment de relationner avec d’autres ne vont pas le faire à partir d’une perspective relationnelle sinon à partir d’une perspective de supériorité. Le fait d’être citoyen des États Unis te transforme en Homme puissant même quand ta famille sombre dans l’obscurantisme béat. Tout cela montre que sur le domaine économique, très souvent ce qui compte, ce ne sont pas les individus mais les infrastructures. La dimension humaine est loin d’être la préoccupation de ceux qui pensent en termes économiques. Cette responsabilité est partagée par tous et fait que même le misérable qui vagabonde dans la rue, au nom de la théorie du bien être se passe pour le super riche qui va vers le super pauvre. Quel contraste! Domaine religieux Le concept chrétien du péché originel nous interpèlle. La question que beaucoup se posent est de savoir pourquoi dit-on qu’un nouveau-né porte le péché alors qu’il n’a jamais commis de faute? Nous nous sommes intéressés à ce sujet et cela nous a permis de
  4. 4. 4 comprendre que le thème du péché originel qu’on attribue généralement à Adam et Eve est une façon de nous rendre tous solidaires de cette heureuse faute et partant de cette solidarité humaine partagée depuis toujours que nous nous reconnaissions comme être humain limité et appelé à la perfection. C’est d’ailleurs pourquoi la perfection n’est pas le propre de l’homme. Il est dit dans ce sens que l’erreur est humaine et si donc nous étions parfaits, nous ne commeterions pas d’erreurs. Un autre cas serait l’interdiction de consommer tel alimenta u nom de ma religion. Tous ceux qui confessent cela, l’ont reçu comme interdiction et jamais se sont posés la question du pourquoi. En acceptant déjà de ne pas consommer cet aliment, signifierait que je partage avec les autres ce qui est interdit. Par conséquent je deviens solidaire au nom d’une norme que ma religion a établit. Domaine politique La politique est une forme de gouvernement et par conséquent elle génère des partis qui d’une certaine manière vendent leur image auprès des populations. Lorsqu’un individu politique prend la parole, il ne parle pas en son nom sinon au nom de celui de son parti. Ses erreurs et ses imbécilités ne vont pas seulement tomber sur lui sinon sur tous les militants et partisans de son parti. Ainsi d’une manière ou d’une autre, même sur le plan politique on dirait que nous partegeons la faute des autres. Domaine sportif Nous allons commettre la même erreur qui consiste à croire que parler du sport signifierait parler du football. Effectivement nous voulons parler du football dans la mesure où c’est l’un des sports qui regorge une diversité culturelle, ethnique raciale riche et abondante. Mais il faut le dire, si le football qui en principe est un sport collectif et qui répond aux normes de l’unité dans la diversité est pris comme archétype, c’est parce qu’en son sein on retrouve comme nous l’avons souligné une interculturalité de grande envergure. Ce qui se passe sur le terrain, loin d’être un esprit collectif devient un esprit étiquetté. Le joueur qui est appelé à tirer un penalty, s’il vient à le louper ne sera pas nommé comme joueur de l’équipe mais comme individu X de nationalité Y qui a loupé le penalty. Cela s’est fait voir de façon flagratante lors de la coupe du monde en Afrique du Sud. Où une selection nationale qui à 99% de joueurs immigrés a tout de suite jetter l’éponge à ces joueurs qui se sont fait remarqué par leur vagabondage et leur voyoutisme pendant le mondial. Ces joueurs ont cessé d’être
  5. 5. 5 sélection Nationale du pays X pour devenir Joueur Y du pays Z. Ce qui s’oublie est que du moment où on décide de porter le maillot d’un pays pour défendre les couleurs de cette nation, on se convertit automatiquement à l’individu de ce pays et par conséquent on fait partager nos erreurs avec les concitoyens. Donc en sifflant un joueur qui joue pour ton pays, ou en le taxant de tous les maux, il faut se dire que tu te siffles toi-même et que tu te taxes de ce que tu peux lui avancer comme paroles. Parce que dire joueur de mon pays, c’est dire Toi. Une fois de plus la culpabilité est partagée. Comment devons-nous donc comprendre cette culpabilité partagée? Devrons-nous nous sentir coupable à tout moment? Y aurait-il une forme de vie qui nous exempte des erreurs des autres? RICŒUR, Paul, dans son livre Soi-même comme un autre, constatant la disparition de l'ego de l'idéalisme de Descartes ou Kant, il s'efforce de refonder l'ego, le Soi-même, mais désormais en référence permanente à l'Autre. « l'Autre n'est pas seulement la contrepartie du Même, mais appartient à la constitution intime de son sens » Cela veut dire que pour une herméneutique de la personne, il est indispensable de se situer dans la perspective d’un Tu qui est est un Moi. Cette nouvelle forme de pensée est partagée aujourd’hui par un grand nombre d’auteurs surtout juifs tel que Levinas qui aborde la question du Visage ou même de Martin Buber qui défend la Relation. Il faut dire en fin de compte que la nature humaine est un facteur universel et cette universalité est ce qui fait que nous puissions partager avec ou sans notre vouloir les erreurs des autres.

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