Sociologie des publics

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Support réalisé pour le groupe ABF Poitou-Charentes : formation auxiliaires 2013-2014

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Sociologie des publics

  1. 1. Sociologie des publics en bibliothèque Formation d’auxiliaire 2013-2014 Association des Bibliothécaires Français Groupe Limousin / Poitou-Charentes Carole Parisot Coordinatrice de projets de médiation aux publics Réseau des médiathèques de Poitiers
  2. 2. Plan de l’intervention – 1 journée 1. Qu’est-ce que la sociologie ? 2. La sociologie des publics et des usages 3. Une enquête à connaître : Les pratiques culturelles des Français 4. Publics en bibliothèque : jeunesse et ados 5. Publics cibles : les publics empêchés ou spécifiques Carole Parisot Coordinatrice de projets de médiation aux publics Réseau des médiathèques de Poitiers
  3. 3. 1. Qu’est-ce que la sociologie ? Apparition à la fin du XIXe siècle Même si l’étude des usages et des organisations a interpellé les penseurs et les historiens dès l’Antiquité, le terme sociologie apparaît en France en 1839, terme popularisé par Auguste Comte (1798-1857) à partir de 1848. Alexis de Toqueville (1805-1859) est également considéré comme un des précurseurs de cette science de la société pour ses études sur la Révolution française et sur les Etats-Unis. Mais c’est grâce à Emile Durkheim (1858-1907), formé à l’école du positivisme *, que la sociologie connaîtra en France une forte impulsion à la fin du XIXe siècle : Les Règles de la méthode sociologique, 1895. Domaine public Définition du positivisme : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/positivisme/62852 Carole Parisot – ABF 2013
  4. 4. 1. Qu’est-ce que la sociologie ? Définition (Déf Petit Larousse) : étude scientifique des sociétés humaines et des faits sociaux. La sociologie cherche à comprendre et à expliquer : > l’impact du social sur les représentations (façons de penser) > les comportements humains (façons d’agir). Les sociologues s’intéressent à la fois : au travail, à la famille, aux médias, aux rapports de genre (hommes/femmes), aux relations, aux réseaux sociaux, aux statuts et aux fonctions, aux religions ou encore aux formes de cultures et aux ethnicités. Par exemple : le sociologue va étudier, par croisement, les effets chez l’individu de l’appartenance à une catégorie socio-professionnelle dans le choix de son habitat ou de sa pratique culturelle. Carole Parisot – ABF 2013
  5. 5. 2. La sociologie des publics En lecture publique Les publics sont :  au coeur des décisions politiques des acteurs culturels ;  au centre de leurs réflexions et de leurs actions. « Le public est aujourd’hui une des raisons même de l’existence de la bibliothèque au même titre que la collection et la médiation » ainsi  débute le chapitre sur l’approche du public de Philippe Debrion dans  Le Métier de bibliothécaire (Cercle de la librairie - Edition 2007)  Carole Parisot – ABF 2013
  6. 6. 2. La sociologie des publics En bibliothèque  Le Manifeste de l’UNESCO, 1994 (in Le Métier de bibliothécaire) sur la bibliothèque publique identifie trois  grandes missions des bibliothèques publiques :  éducation, culture, information.   La bibliothèque propose des espaces, des collections et des services.  Mais pour qui ?  Il est nécessaire de connaître les publics auxquels on  s’adresse et ceux que l’on voudrait toucher. Connaître leurs pratiques de  lecture mais aussi leurs pratiques culturelles plus largement car toutes ces  pratiques se cumulent, se côtoient, se répondent.  Les connaître pour mieux penser nos bibliothèques d’aujourd’hui et essayer  d’imaginer leur place dans un monde en profonde évolution.  Des publics captifs Des publics non captifs Carole Parisot – ABF 2013
  7. 7. 2. La sociologie des publics et des usages Quelques grands sociologues à connaître  Pierre Bourdieu (1930-2002) : en 1964, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron publient Les Héritiers (éd. De Minuit), ouvrage qui rend compte d’une analyse détaillée des comportements culturels des étudiants. Avec son ouvrage La Distinction (éd. De Minuit, 1979), Bourdieu rompt avec les analyses sociologiques qui isolent les groupes sociaux les uns des autres et les pratiques culturelles entre elles. Sur le concept de l’habitus, il une analyse de la mise en relation (domination et soumission) des groupes sociaux au sein de l’espace social et des pratiques culturelles différenciées les unes par rapport aux autres : ainsi, la pratique de la lecture d’un groupe social ne peut donc être comprise qu’en relation avec les autres pratiques de ce groupe et des autres groupes sociaux. Une analyse de la mise en relation Source : www.gallica.fr Carole Parisot – ABF 2013
  8. 8. 2. La sociologie des publics et des usages Quelques grands sociologues à connaître  Nicole Robine : Spécialiste des pratiques de lecture, elle pointe la répartition inégale du « capital  culturel » et reprend l’analyse de Pierre Bourdieu, pour qui le poids de  l’apprentissage familial, prolongé et consolidé par l’école, détermine la  reproduction des comportements culturels et pour qui l’inclination à fréquenter les lieux et les oeuvres de culture dépend largement de l’héritage culturel transmis au sein de la famille. Cette hypothèse permet de comprendre pourquoi l’essor de la diffusion de l’offre culturelle n’a pas entraîné mécaniquement une profonde démocratisation de l’accès aux institutions culturelles. L’importance de l’héritage familial Source : article de Jean-François Hersent BBF 2000 – Paris, t. 45, N°5 http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2000-05-0150-012  Son ouvrage à connaître : Lire des livres en France, des années 1930 à 2000, éd. Cercle de la librairie, 2000 Carole Parisot – ABF 2013
  9. 9. 2. La sociologie des publics et des usages Quelques grands sociologues à connaître  François de Singly : Plutôt spécialisé en sociologie des familles, de l’éducation et des rapports  hommes/femmes, il a mis au point une méthodologie du questionnaire largement  répandue dans les universités françaises : - L’importance de savoir lire des chiffres « descriptifs » et explicatifs - L’importance des questions sur les opinions, les valeurs et les représentations - L’échantillon - Les déterminants sociaux : sexe, âge, richesse sociale, vie privée, etc. - Questions ouvertes et questions fermées - Règles pour favoriser l’expression personnelle  - L’exploitation du questionnaire, etc.   La méthodologie Ouvrage important : L’enquête et ses méthodes : le questionnaire, Nathan université, 1992  Source : www.gallica.fr Carole Parisot – ABF 2013
  10. 10. 2. La sociologie des publics et des usages Quelques sociologues à connaître  Bernard Lahire : Professeur de sociologie à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon et membre du  CNRS. Ses thèmes : les raisons de l’échec scolaire à l’école primaire, l’histoire du  problème social appelé « illettrisme », réussites scolaires en milieu populaire et  les conditions de vie et d’exercice des écrivains. Philippe Coulangeon : Directeur de recherche et membre de l’Observatoire sociologique du changement (FNSP/CNRS). Ses thèmes de recherche : pratiques culturelles, stratification sociale, inégalités, démocratisation. Ainsi que l’évolution des parcours professionnels dans les secteurs artistiques, en particulier la musique. Ouvrage important : La sociologie des pratiques culturelles, La Découverte, coll. Repères, 2005 Carole Parisot – ABF 2013
  11. 11. 2. La sociologie des publics et des usages Quelques sociologues à connaître  Christophe Evans : Chargé d’études en sociologie au service Etudes et recherche à la BPI. Ce service  existe depuis 1976 et à une double mission : > connaître les profils et les usages des publics à la BPI > explorer les pratiques culturelles liées au livre et à la lecture  Il est a l’origine de nombreuses études sur les usages depuis plusieurs années. Les enquêtes sont en ligne sur le site de la BPI : http://www.bpi.fr/fr/professionnels/etudes_et_recherche2.html Etudes des usages en bibliothèque Carole Parisot – ABF 2013
  12. 12. 2. La sociologie des publics et des usages Quelques grands sociologues à connaître  Olivier Donnat : Economiste, chercheur au Département des Etudes, de la Prospective et  des Statistiques au Ministère de la culture et de la communication  (DEPS).  Spécialiste de la sociologie culturelle, et auteur notamment de  Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique (éd. De La  Découverte, 2008). > étude nationale commanditée environ tous les 8 ans depuis 1973 : 1981, 1989, 1997 et 2008. > à savoir, une autre enquête sur les pratiques de lecture a été réalisée  en 2005 par le CREDOC, commande de la Direction du Livre et de la  Lecture Les pratiques culturelles Carole Parisot – ABF 2013
  13. 13. 3. Les enquêtes à connaître Interrogations sur la lecture depuis les années 50 Fin 50, début 60 : Source : www.123rf.com  Des sondages apparaissent : IRES, IFOP, Syndicat des Editeurs…  Des enquêtes nationales effectuées par l’INSEE (1967) et le Ministère de la culture (à  partir de 1973). Au cours des années 80/90 :  Différents ministères (Education Nationale, Culture, Défense, Justice… ) effectuent  des enquêtes et sondages sur des groupes spécifiques : notamment les jeunes.  Maisons d’édition, organismes de livres et de presse : vocation commerciale. Au début, approches quantitatives (schématiques ou répétitives) qui évolueront par la suite  en approche qualitative (analyse croisée).
  14. 14. 3. Les enquêtes à connaître Les organismes de sondages et d’enquêtes IPSOS : Etudes statistiques sur des sujets d’actualité politiques, sur la consommation et les modes de  vie. INSEE : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques   CREDOC : Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie TNS SOFRES   Par exemple, Les Français et la lecture : http://www.tns-sofres.com/etudes-et-points-de-vue/lesfrancais-et-la-lecture A connaître DEPS : Département d’Etudes de la Prospective et des Statistiques (Ministère de la Culture)  Par exemple, les Chiffres clés : http://www.tns-sofres.com/etudes-et-points-de-vue/les-francais-etla-lecture Médiamétrie  Mesures d’audiences : Télévision, radio, Internet et Cinéma Le Baromètre SOFIA / SNE / SGDL  Par exemple, Usages du livre numérique en France : http://www.sne.fr/dossiers-etenjeux/numerique/barometre-sur-les-usages-du-livre-numerique.html Le Motif : Observatoire du livre et de l’écrit de la Région Ile-de-France
  15. 15. 3. Une enquête à connaître Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique  Il existe un site Internet qui présente tous les résultats et les analyses : http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/ Atelier : étude de cette enquête      Par groupe de 3 personnes  Lire attentivement un des chapitres de la synthèse de l’enquête  Dégager la liste des points les plus pertinents à porter à notre connaissance : usages et publics Citer au moins 2 chiffres ou pourcentages qui révèlent un comportement ou un usage à prendre  en compte pour la connaissance des publics  Désigner un rapporteur qui présente le résumé à l’ensemble du groupe Carole Parisot – ABF 2013
  16. 16. 3. Une enquête à connaître Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique INTRODUCTION IN Entre 1997 et 2008 : essor de la culture numérique et de l’Internet Plus de la moitié des foyers disposent d’une connexion haut débit à Internet (aujourd’hui, chiffre rectifié à 75 % de Français, source Baromètre) La diffusion rapide de l’ordinateur et d’Internet va de pair avec l’enrichissement du parc audiovisuel et entraîne d’autres usages à la maison et/ou ailleurs :  conditions de réception des programmes TV transformées : TV à la demande ou à la carte, VOD…  diversification de l’offre  succès du home cinéma  lecteurs et graveurs ont remplacé les magnétoscopes  les consoles de jeux  lecteurs MP3 : lecture nomade, en streaming…  téléphones portables multifonctions : élargissement des possibilités de consommation…  échanges et stockages de contenus audiovisuels (évolution constante depuis les années 90)  nomadisme des pratiques : lié aux possibilités technologiques.
  17. 17. 3. Une enquête à connaître Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique La montée en puissance de la culture d’écran L’évolution technologique, et conjointement l’équipement des foyers, démultiplient les accès (notamment à distance via la dématérialisation des contenus). AVANT : appareils dédiés à une fonction. MAINTENANT : appareils nomades et multifonctions, au croisement de la culture, du divertissement et de la communication interpersonnelle (réseaux sociaux et web 2.0).  porosité entre culture et distraction  prédominance des écrans (tout peut être visualisable)  Internet : « média à tout faire » Sources photos : www.photo-libre.com
  18. 18. 3. Une enquête à connaître La montée en puissance de la culture d’écran LES PUBLICS L’Internet à des fins personnelles concerne surtout les moins de 45 ans (graphique 1) : plus de 2 internautes sur 3 se connectent tous les jours. Les jeunes et les milieux favorisés/personnes diplômées : principaux utilisateurs d’Internet Les personnes âgées ou peu diplômées : consommateurs de télévision.
  19. 19. 3. Une enquête à connaître La montée en puissance de la culture d’écran Contrairement à la TV, qui implique une audience passive, Internet touche les personnes qui ont une participation importante à la vie culturelle. Corrélation visible dans le graphique 2. Précision : la corrélation est plus visible pour les pratiques liées à l’image (cinéma, musée) plutôt que celles liées au texte (théâtre, lecture).
  20. 20. 3. Une enquête à connaître La montée en puissance de la culture d’écran 31 h / semaine : volume global de temps consacré aux écrans. La durée d’écoute de la TV augmente avec l’âge, et vice-versa, le temps que les 15-24 ans ne passent plus devant la TV ils le consacrent à Internet et aux jeux vidéo.
  21. 21. 3. Une enquête à connaître Le recul de la télévision et de la radio dans les jeunes générations Le temps passé devant la TV est resté stable, mais depuis l’apparition du petit écran (émergence dans les années 50), 1ère fois que les jeunes sont en recul (graphique 4).
  22. 22. 3. Une enquête à connaître Le recul de la télévision et de la radio dans les jeunes générations Côté radio, baisse d’audience plus importante (rappel : seconde jeunesse dans les années 80 avec les radios libres). Seules les pers. de + de 65 ans n’ont pas réduit leur temps d’écoute radio (graphique 5). Nouveaux usages : streaming, podcasts, blogs… La musique en progression : 34 % des Français en écoutent tous les jours (27 % onze ans plus tôt). En devenant numérique, la musique a gagné en accessibilité (échanges, stockages, transmission d’un support à l’autre, ordinateur, smartphone, baladeur MP3, etc.)
  23. 23. 3. Une enquête à connaître Le profond renouvellement des préférences en matière de musique et de films MUSIQUE On parle de « musicalisation » de la vie quotidienne :  diversification des genres  renouvellement des préférences musicales  émergences régulières de modes d’expression jeunes Plus on est jeune, plus la préférence va à la musique anglo-saxonne (graphique 6) FILMS Presque même constat : les – de 35 ans apprécient davantage les films américains, tandis que les + de 45 ans se penchent plus vers les films français. Les 35-45 ans sont dans une position d’entre-deux et se déclarent indifférents à la nationalité des films. Constat : les jeunes ont plus accès aux autres cultures, voyagent plus ou ont plus accès aux univers culturels globalisés où la langue anglaise règne en maître (graphique 7).
  24. 24. 3. Une enquête à connaître La lecture de presse et de livres toujours en recul Diminution de la lecture de presse et de livres depuis 1980. Est-ce remplacé par d’autres types de lectures ? On constate une démultiplication des actes de lecture sur écran et un avènement de la presse gratuite (tableau 1).
  25. 25. 3. Une enquête à connaître La lecture de presse et de livres toujours en recul LA PRESSE Recul bien avant l’arrivée d’Internet 13% en 1997 et 11% en 2008 : lecture d’un journal plus d’une fois / semaine (graphique 8)
  26. 26. 3. Une enquête à connaître La lecture de presse et de livres toujours en recul LES LIVRES Baisse des moyens et grands lecteurs, augmentation des non lecteurs. > Vieillissement du lectorat. 53% déclarent spontanément lire peu ou pas du tout de livres (graphique 9).
  27. 27. 3. Une enquête à connaître La lecture de presse et de livres toujours en recul LE LECTORAT La différence des pratiques de lecture selon les milieux sociaux se creuse en 10 ans : décrochage d'une partie des milieux populaires (graphique 10) ; disparité hommes (62%) femmes (42%) qui déclarent s'éloigner de la lecture de livres. Les femmes lisent plus de livres que les hommes (graphique 11).
  28. 28. 3. Une enquête à connaître Une fréquentation des équipements culturels globalement stable La progression du temps passé devant les écrans n'empiète pas sur les sorties et la fréquentation des lieux culturels (graphique 12).
  29. 29. 3. Une enquête à connaître Une fréquentation des équipements culturels globalement stable 23% des Français n'ont fréquenté aucun lieu culturel dans l'année. Ceux-ci cumulent en général tous les handicaps en matière d'accès à la culture : lisent peu, écoutent rarement de la musique, n'utilisent pas Internet, modes et loisirs centrés sur la TV. 29% ont assisté exceptionnellement à un spectacle (spectacle vivant, danses folkloriques ou cirque) alors qu'ils ont par ailleurs des activités extérieures. 27% d'autres Français manifestent un intérêt plus diversifié pour la vie culturelle : visites de sites patrimoniaux, expositions, cinéma et musiques actuelles... mais de façon occasionnelle. 22% manifestent un mode de loisirs tournée vers la culture, extérieur du domicile : les principaux usagers des équipements culturels. Les médiathèques ont connu un léger tassement : 28% s'y sont rendus les 12 derniers mois. (31% onze ans plus tôt) PUBLICS L'âge moyen des personnes qui fréquentent les équipements culturels a augmenté à cause de 2 facteurs :  plus de seniors dans la société française  désaffection des jeunes dans la fréquentation de ces lieux Carole Parisot – ABF 2013
  30. 30. 3. Une enquête à connaître Une culture plus expressive Le développement du numérique a transformé le paysage des pratiques amateurs (fin de la culture top-down ou culture institutionnelle), de la création et la diffusion des contenus culturels (autoproduction, web collaboratif) surtout en matière audiovisuelle (tableau 3).
  31. 31. 3. Une enquête à connaître Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique Révolution numérique et générations Les pratiques culturelles de la dernière décennie se sont prolongées et amplifiées malgré l’apparition d’Internet. Cependant, deux ruptures sont à noter chez les jeunes :  baisse importante de la durée d’écoute de la radio  stagnation de l’audience télévisuelle D’autres indices montrent les changements en cours : > Ils préfèrent la culture anglo-saxonne > Ils ont activement participé au recul de la lecture de livre / presse > Ils désertent les équipements culturels Internet a radicalement modifié les conditions d’accès aux contenus culturels et déstabilisé l’équilibre économique de certains domaines (musique, presse) mais pas bouleversé en profondeur les pratiques.
  32. 32. 3. Une enquête à connaître Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique Révolution numérique et générations Pratiques difficiles à dégager clairement car le recul des jeunes est compensé par la progression des babyboomers (intérêt pour la culture + important que leurs aînés). - génération née avant la Seconde Guerre mondiale : Rien ne venait contester la suprématie de l'écrit ; pas concernée par la TV et le boom musical. - génération des baby-boomers : 1ère à profiter de l'ouverture du système scolaire et du développement des industries culturelles, notamment de la musique. - génération des 30-40 ans : a bénéficié de l'amplification des phénomènes précédents et a assisté à la transformation du paysage audiovisuel, génération médias. - génération des - de 30 ans et des digital natives : Élevée dans la culture des écrans dans un contexte marqué par la dématérialisation des contenus et la généralisation de l'Internet à haut débit.
  33. 33. 3. Une enquête à connaître Que faire des enquêtes en bibliothèque ? > Mettre en relation les données (résultats) avec sa réalité au quotidien > A l'inverse, observer les comportements et les relier à des enquêtes officielles > Bâtir sa réflexion d'après des constats chiffrés et des faits particuliers observés Par exemple : baisse générale de la lecture chez les jeunes, certes mais certains se passionnent pour les classiques ou les romans Fantasy. > Etayer un argumentaire pour convaincre son supérieur (ou sa tutelle) d’un projet à mener. > S’appuyer sur des chiffres pour évaluer son investissement ou réajuster son projet au besoin.
  34. 34. 3. Une enquête à connaître Lecteurs, lectorats, publics En France, la sociologie de la culture (et de la lecture) est fortement liée aux politiques culturelles. Elle est née des interrogations sociales, économiques et politiques sur la diffusion de la culture. L’engagement militant et professionnel des bibliothécaires a souvent déterminé les choix des thèmes d’investigation. C’est pourquoi cette sociologie s’est vite orientée vers les « faibles lecteurs », a cherché à comprendre les écarts entre pratiques et représentations et a montré la diversité des attentes face à l’écrit. Pour aller plus loin, consulter les résultats d’enquêtes sur le site de la BPI : http://www.bpi.fr/fr/professionnels/etudes_et_recherche2.html Les 11-18 ans et les bibliothèques municipales La lecture de bandes dessinées Lire des mangas à l’adolescence Les jeunes et la presse magazine … (source, Caroline Daviron – ABF 2009)
  35. 35. 4. Publics en bibliothèque Un public polymorphe Outre les origines sociales et culturelles extrêmement différentes, on peut distinguer plusieurs types de publics selon leurs usages. - Le public captif : les abonnés qui fréquentent la bibliothèque (unité de temps et de lieu) - Le public captif sur place : autrement dit les séjourneurs qui n’ont pas forcément de carte d’abonné, pas forcément de consultation de documents, ils cherchent un lieu pour se reposer, se divertir, se rencontrer… - Le public captif à distance : qui utilisent les services en ligne (pas d’unité ni de temps ni de lieu) - Le public internaute : qui viennent en bibliothèque pour se connecter à Internet - Le public audience : présent uniquement lors des animations - Le public occasionnel : de passage, souvent pour découvrir le lieu (plutôt dans les grandes villes) - Le public non captif : tous ceux qui ne fréquentent pas les bibliothèques (par méconnaissance, manque de nécessité, par éloignement, par handicap, pour raisons physiques ou socio-psychologiques, etc.)
  36. 36. 4. Les publics jeunes 1. Le public enfant en bibliothèque : bref historique Avant le milieu XIXe siècle : - bibliothèques tenues par le clergé, peu d'alphabétisation (peu de lecture autonome). - L'enfant pauvre est mis au travail (écarté du livre). 2e moitié du XIXe - intérêt pour l'éducation (apparition mot «bébé», sous influence de la culture anglaise). 7 - livres d'images destinés aux enfants > classes aisées et instruites. Fin XIXe 1881-1882 : Jules Ferry rend l'école publique gratuite et obligatoire. L'alphabétisation de masse est en route : c'est l'acquisition d'un savoir. En parallèle : culture de masse de l'image (images d'Epinal, très bon marché) et de la littérature populaire (Bibliothèque bleue de Troyes, littérature de colportage). > Objets non destinés aux enfants dans un 1 er temps (sauf pour les livres de prix et les scolaires). Source : texte de Natacha Lavergne pour l’ABF Sources photo (domaine public) : Gallica et Médiathèque de Troyes
  37. 37. 4. Les publics jeunes 1. Le public enfant en bibliothèque : bref historique Début XXe Un début timide : ouverture de l'Heure Joyeuse, à Paris (5e), en 1924, sous l'influence américaine. Accueil des enfants de 7 à 17 ans. Entre deux guerres : > Augmentation du taux d'alphabétisation, > Création des mouvements de jeunesse, du ministère de la jeunesse (1936), > création d'éditions centrées sur l'éducation de l'enfant, le Père Castor, qui place l'enfant comme acteur de sa lecture (lettre de Paul Faucher au Ministre de l’Éducation). Droits réservés : site Internet de L’Heure Joyeuse et des éditions Le Père Castor
  38. 38. 4. Les publics jeunes 1. Le public enfant en bibliothèque : bref historique A partir de 1945 > Création des BDP : apport du livre pour les enfants scolarisés (bibliobus dans les écoles) > Création des réseaux de bibliothèques publiques (pas toujours avec des livres enfants et réseaux disparates) Archives municipales de la Ville de Blois 20 novembre 1959 : Déclaration des droits de l’enfant « L'enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite et obligatoire au moins aux niveaux élémentaires. Il doit bénéficier d'une éducation qui contribue à sa culture générale et lui permette, dans des conditions d'égalité des chances, de développer ses facultés, son jugement personnel et son sens des responsabilités morales et sociales, et de devenir un membre utile de la société. L'enfant doit avoir toutes possibilités de se livrer à des jeux et à des activités récréatives, qui doivent être orientés vers les fins visées par l'éducation ; la société et les pouvoirs publics doivent s'efforcer de favoriser la jouissance de ce droit. » > L'enfant est maintenant considéré comme une personne. Ce qui sera renforcé par la création de la pédopsychiatrie et pédopsychanalyse développés par des gens comme Winnicott (Angleterre) et Françoise Dolto. www.p hoto-l ibre.co m
  39. 39. 4. Les publics jeunes 1. Le public enfant en bibliothèque : bref historique A partir de 1965 1965 : création de la Bibliothèque ronde de Clamart : première bibliothèque destinée à accueillir exclusivement des enfants (au départ, ne s'adresse pas encore aux tout-petits). Changement sociétal après 1968 > L’enfant est vraiment considéré comme une personne > Place plus grande accordée à l'éducation > Émergence de collections jeunesse généralisées chez les éditeurs. Droits réservés : http://www.lapetitebibliothequeronde.com/Informations/Mentions-legales www.123FR.com et BnFGallica.
  40. 40. 4. Les publics jeunes 1. Le public enfant en bibliothèque : bref historique Les années 80 > demande éducative forte de la part des parents et des enseignants : création des bibliothèques avec section jeunesse et accueil de classes régulier. Aujourd'hui > l’enfant est au centre de la famille, il est même considéré comme étant « la famille » selon les sociologues (familles recomposées, familles monoparentales, union libre, etc.) Il a sa disposition tout un champ culturel : film, musique, télévision, produits, multimédia, livres... Il est souvent amené à faire ses choix en matière culturelle.. Source : www.photo-libre.com
  41. 41. 4. Les publics jeunes 2. Typologie : les différents âges L’âge préscolaire, les tout-petits (0-3 ans), l'éveil L’âge de la scolarisation maternelle (3-6 ans) : la socialisation L'âge d'apprentissage de la lecture (5-8 ans) La préadolescence (10-13 ans) L'adolescence (12-18 ans) L'adulescence (18- 25 ans et plus...) Attention, s'adresser à l'enfant ou ado en prenant en compte son environnement. Les âges sont simplement indicatifs, ne surtout pas présenter des collections par âge, celui qui lit des livres « pour les petits » risque d'être stigmatisé. Éviter de créer le malaise. Une référence à connaître : Lecture jeune http://www.lecturejeunesse.com/index1024.php?menu=1&page=revue_lecture
  42. 42. 4. Les publics jeunes 3. Les adolescents Pratiques culturelles multiples et cumulées > même si la presse et les livres sont en recul, toujours proposer ces accès : les adolescents picorent ici ou là toutes sortes d'objets culturels. > Concomitance de différents usages : les ados ont plusieurs pratiques simultanées (musique + travail scolaire + chat, etc.), refuser ces usages c'est les voir déserter la bibliothèque. Adopter plus de souplesse en essayant de réguler et de responsabiliser. > Ne pas opposer imprimés et numériques Ne pas tout miser sur par ex. les albums. Proposer des albums est un plus mais peut être un écueil si on ne sait pas proposer autre chose d'aussi attractif en relais, on perdra ce lectorat. Cultiver la polyvalence et penser aux équivalences et aux compléments en ressources numériques.
  43. 43. 4. Les publics jeunes 3. Les adolescents Un constat depuis longtemps : rupture dans la fréquentation des jeunes du collège au lycée (13-18 ans). Période où ils ont d'autres centres d'intérêt : beaucoup de travail scolaire, passent du temps au collège ou au lycée (dedans ou à proximité). Or, ils sont présents toutefois en bibliothèque mais pas régulièrement et pas forcément inscrits (séjourneurs). > Préoccupations liées à leur développement (copains, copines, relations amoureuses, etc.) Mais ce n'est pas parce qu'ils ne fréquentent pas ou peu la BM ou le CDI qu'il n'y a plus d'usage. (Attention à la notion d'univocité, la BM salvatrice, etc.)
  44. 44. 4. Les publics jeunes 4. Politiques publiques pour la lecture des jeunes en bibliothèque a)La construction de médiathèques b)La spécialisation des bibliothécaires médiateurs (formation continue) a)La bibliothèque «hors les murs» (animations, partenariats...) b)L'accueil des classes généralisé Exemples d'équipements remarquables en matière d'accueil des jeunes : Meuzac, Mont-de-Marsan, BFM de Limoges, BMI de Guéret et bien d'autres ! La plus grosse difficulté étant de prévoir à long terme les usages. > Discussion avec les architectes et les élus, savoir se positionner par rapport à sa connaissance professionnelle mais ne pas rompre le dialogue en décrétant qu'on est expert, le résultat ne sera pas de toute façon la bibliothèque idéale, mais le résultat d'un compromis entre les attentes de chacun avec une grosse pondération : le budget.
  45. 45. 4. Les publics jeunes 5. Des pistes pour rendre la bibliothèque attractive  Considérer le public dans sa globalité  Prévoir des espaces ouverts, colorés et agréables (usages mixtes)  S’ouvrir à ce qui fait l'intérêt des publics jeunes (jeu vidéo, Internet, etc.,)  Rendre le public actif (faire participer un groupe à l'aménagement d'un espace, à la constitution d'un nouveau fonds, prendre auprès de ces jeunes un avis d'expert… et en tenir vraiment compte !)  Permettre un va et vient sans « cassure » entre les usages personnels et scolaires, entre les usages en ligne et papier, etc.  Organiser d’autres types d'accueil de classes, dépasser la visite avec emprunt (utile certes, mais ne s'adressant qu'au public de manière captive) : susciter plutôt l'envie.  Avec les classes, mener de vrais projets avec des enseignants motivés (≠ visite consommation).  Insister sur les animations  Voir ce qui se fait dans d'autres bibliothèques et le transposer à son environnement.
  46. 46. 4. Les publics jeunes PUBLIC ETUDIANT Les ennemis des bibliothèques publiques ??? - Squattent des tables, passent des heures à travailler, ou à draguer - Ne sont pas forcément inscrits (car inscrits à la BU, mais pas de place pour travailler et pas ouverte le samedi, etc.) - Public autonome mais demandeur d’espace et de multimédia (wifi, prises électriques, etc.) - Bientôt dans la vie active, donc leurs demandes évolueront > Usagers de demain, il est fondamental de bien les accueillir, sans pour autant que ce public en chasse un autre (demandeurs d’emploi, femmes au foyer, retraités, actifs, etc.) © Ecole Nationale des Ponts et Chaussées
  47. 47. 5. Les publics cibles Publics empêchés ou spécifiques Depuis une vingtaine d’années, les bibliothèques développent des actions vers les publics dits empêchés qui ne peuvent se déplacer pour des raisons physiques : - détenus en prisons, - mobilité réduite (handicap), - pas de moyen de transport (service de portage à domicile… ) ou pour des raisons socioculturelles : - peur d’entrer dans un lieu culturel, - accès aux documents problématique (souffrance psychologique, incompréhension de l’organisation ou illettrisme) © 123RF Carole Parisot – ABF 2013
  48. 48. 5. Les publics cibles Personnes détenues        Des fonds souvent tenus par des détenus bénévoles Des documents obsolètes, fonds vieillissants Des ouvrages qui ne prennent pas en compte le taux d’illettrisme Un budget d’achat ridicule (« On a de quoi acheter un dictionnaire cette année… ») Des usages déviés (le papier de la Bible ou du Coran sert à rouler des cigarettes) Un accès à la bibliothèque trop souvent réglementé (peu d’heures d’ouverture) Dons de livres à mettre en place (sans pour autant « se débarrasser ») Pourtant, la bibliothèque en prison est enjeu important de réinsertion. > Convention qui définit le partenariat avec le SPIP : présence d’un bibliothécaire, ateliers d’écriture, rencontres avec des écrivains… Carole Parisot – ABF 2013
  49. 49. 5. Les publics cibles Illettrisme 10% à 20% de la population française est concernée à des degrés divers par l’illettrisme malgré la scolarité des enfants ; or, l’écrit a pris une place centrale. Il y a 20 ans, les illettrés étaient davantage assimilés et plus transparents car on leur confiait volontiers des tâches manuelles. De plus, les garçons pouvaient bénéficier d’une seconde chance quand leur illettrisme était détecté au service militaire. Aujourd’hui, facteur d’inégalité et d’exclusion : obstacle pour trouver/garder un emploi ; pour être reconnu socialement dans toutes ses activités personnelles. Impact psychologique : image de soi négative. Conséquence politique : obstacle à l’exercice de la citoyenneté. Carole Parisot – ABF 2013
  50. 50. 5. Les publics cibles L’illectronisme Ce néologisme désigne l’incapacité à utiliser correctement l’informatique de base et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Retirer de l’argent, acheter un titre de transport, de nombreux actes de la vie quotidienne nous confrontent aux écrans. Les publics touchés par cette exclusion : jeunes ou adultes faiblement qualifiés, étrangers en cours d’alphabétisation, et les personnes en situation d’illettrisme. les bibliothèques ont pour mission de réduire cette « fracture numérique », mais ont-elles vraiment les moyens de mettre en place ce type de formation ? par exemple : formation aux primo utilisateurs de la bureautique (les personnes qui ne savent pas utiliser une souris. Carole Parisot – ABF 2013
  51. 51. 5. Les publics cibles Personnes mal francophones Ce terme prend en compte tous les publics immigrés ou en asile qui ne maîtrisent pas notre langue, et en particulier, ceux qui n’ont pas bénéficié d’une formation FLE. Cela concerne des femmes (parfois entraînées par leurs enfants) ou des hommes (par ex. envoyés par la Croix Rouge), les ROMS, etc.     Adapter les formulaires d’inscription avec des pictogrammes Organiser des visites découvertes par groupes linguistiques (avec traducteur) Montrer comment faire une recherche documentaire sur le catalogue en ligne Orienter et aider aux choix de documents. Bien entendu, ces actions doivent être portées par une politique avérée et des moyens. Carole Parisot – ABF 2013
  52. 52. 5. Les publics cibles Exclusion physique  Handicapés visuels, auditifs ou moteur  Personnes à mobilité réduite (malades, hospitalisées ou âgées)  Handicapés mentaux Les personnes en situation d’exclusion sont peu présentes en bibliothèque car leur accueil ne peut se faire qu’avec l’aide d’une personne relais (physique ou morale). Sans l’appui d’une institution ou d’une association, sans traducteur ou accompagnateur spécialisé, l’accueil est impossible ou extrêmement réduit. Toutefois des solutions existent, et les bibliothèques doivent s’organiser en ce sens. Site à consulter : http://alphabib.bpi.fr/xwiki/bin/view/Main/WebHome Carole Parisot – ABF 2013
  53. 53. 5. Les publics cibles Malvoyants et aveugles Tout d’abord, constituer un fonds adapté :        Livres en braille (machine pour les réaliser à la demande ou commandes spécifiques) Livres tactiles (pour les enfants principalement) Signalétique en braille (orientation et repérage des documents : jeux en braille) Textes lus / audio enregistrés sur CD (l’édition se développe) Livres en gros caractères (pour les déficiences visuelles légères) Ressources numériques à synthèse vocale (ex. Vocale Presse) Appareil de lecture au format Daisy (ex. partenariat avec la Médiathèque Valentin Haüy) > développer des partenariats et organiser l’accueil (sur rendez-vous, etc.) Carole Parisot – ABF 2013
  54. 54. 5. Les publics cibles Sourds et malentendants Tout d’abord, constituer un fonds adapté :  DVD en audiovision ou audio-description : le procédé consiste à intercaler dans la bande-son des descriptions nécessaires à la compréhension du film.  Signalétique apposée sur les documents concernés  Projection en audio-description  Animations traduites en Langue des signes (LSF) > développer des partenariats et organiser l’accueil (sur rendez-vous, etc.) Carole Parisot – ABF 2013
  55. 55. 5. Les publics cibles Personnes à mobilité réduite  Personnes en fauteuil roulant : cf. normes d’accessibilité.  Rampe d’accès ou ascenseur en cas d’espaces sur plusieurs niveaux (loi de 2015)  Portage à domicile : catalogue adapté, dialogue et écoute, service personnalisé. > Eviter de confier cela au service social mais plutôt à un bibliothécaire.  Tournées en services hospitaliers (partenariat avec la bibliothèque de l’hôpital).
  56. 56. 5. Les publics cibles Personnes âgées Le vieillissement de la population augmente (même si en 2009, nous enregistrons des scores de natalité) ; c’est une réalité qu’il faut prendre en compte.  Penser à l’accessibilité physique des collections (escaliers, hauteurs d’étagères, etc.)  Concevoir une signalétique adaptée (par ex. : un rayon Biographies à part)  Fonds de livres en gros caractères (ou liseuses électroniques)   Attention de ne pas faire de « racisme anti-vieux » : par ex. dire Madame et non « mamie » et étendre le choix des livres dans les conseils. Ne pas associer un public à un usage : par ex. s’ils apprécient les romans du terroir ou romans d’amour, proposer aussi du Giono ou du Zweig et pas seulement du Christian Signol ou du Françoise Bourdin, les personnes âgées ont chacune leur niveau de culture.   > La notion de fidélité et de reconnaissance est importante : dialogue et proximité permettent de lutter au quotidien contre des situations d’isolement ou de sentiment de solitude.
  57. 57. 5. Les publics cibles Handicapés mentaux L’accueil de ce public est particulièrement enrichissant mais aussi parfois déstabilisant : il faut se faire confiance et bien préparer l’accueil avec les éducateurs spécialisés.  Monter un partenariat avec les IME (Instituts Médicaux Educatifs) Important : il faut toujours la même personne pour accueillir  Ces enfants ou jeunes adultes ont besoin davantage de repères que les autres  Ne pas parler trop vite, prendre le temps d’un échange chaleureux (c’est ce qu’ils retiennent le plus)  Une simple lecture d’albums peut déclencher des réactions étonnantes (même les psy sont parfois surpris). > Un plaisir partagé comme n’importe quel groupe !
  58. 58. 5. Les publics cibles Publics précaires, fragiles ou dépendants La pauvreté est une réalité dans notre société de consommation. La bibliothèque constitue pour certaines personnes en situation difficile (sans ou en recherche emploi, fragilisées par un traumatisme, dépendantes, etc.) un lieu de socialisation et d’apprentissage de la citoyenneté, un lieu de réconfort, mais aussi le théâtre de tensions sociales (publics dits agressifs). La pauvreté des ressources n’implique pas forcément une pauvreté intellectuelle, la dernière enquête montre que beaucoup d’érudits qui fréquentent quotidiennement la bibliothèque vivent du revenu minimum d’insertion. Lire Des pauvres à la bibliothèque, Serge Paugam et Camila Giorgetti Enquête parue en 2013 : http://www.enssib.fr/breves/2013/04/04/des-pauvres-la-bibliotheque-0
  59. 59. Conclusion L’accueil des publics : l’importance de la médiation La médiation n’est pas un mot fourre-tout, cela correspond à un programme et une intention à tenir afin que les publics rencontrent des objets culturels auxquels ils n’auraient pas forcément eu accès « naturellement ». Un bibliothécaire est un médiateur par définition puisqu’il ouvre l’accès aux documents. Aujourd’hui, la tendance est à l’ouverture et à la transparence : la médiation consiste aussi à montrer ce que l’on fait en coulisse, expliquer comment on gère les biens publics (et donc l’argent public issu des impôts), et donner un rôle de contributeur au lecteur. > Bibliothèque comme outil social et lieu de vie citoyenne (participation) De manière générale, à l’heure où les pratiques culturelles sont le fait d’une minorité de Français qui les cumule, il est reconnu que ces pratiques, notamment la lecture, favorisent l’intégration. > Intégration et sentiment d’appartenance sont importants surtout dans un contexte de crise sociale et économique.
  60. 60. Sources Support de formation établi d’après : le support de Caroline Daviron – ABF 2009 http://abf2009.blogvie.com/files/2009/11/sociologie-des-publics.pdf l’édito de Natacha Lavergne sur la sociologie des publics jeunes http://abf-poitou-charentes-limousin.blogspot.fr/p/sociologie-des-publics.html les sources du wiki Bibliopédia sur la Sociologie et les pratiques culturelles http://www.bibliopedia.fr/index.php/Sociologie_et_Pratiques_culturelles A LIRE Accueillir les publics : comprendre et agir, de Marielle de Miribelle, Cercle de la librairie, 2013 : > le chapitre Regards sur les publics (p. 289 à p. 358). Contact : carole.parisot@mairie-poitiers.fr / 05 49 52 31 77 – Twitter@CaroleParisot MERCI DE VOTRE ATTENTION !

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