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à la supérieure qui pourrait les rappeler quand ellele jugerait à propos et qui les rappellerait toujourslorsque l’âge et ...
Un nouveau départ (1811-1830)La première mesure qui devait contribuer aurelèvement de l’hôpital fut, sans contredit, le dé...
nistration et une grande foi en la Providence, Mère Ma-rie du Calvaire fit commencer les travaux avec 6 sousen poche ! Ell...
L’année suivante un traité de gré à gré fut passé avec Gué-rinet et Saintier pour un bâtiment destiné aux aliénés.L’établi...
L’hospice des enfants et l’enseignementAvec le traité de 1830, tous les espoirs étaientpermis. Un legs de 20 000 f dû à la...
Enfin la sœur aperçut une petite lumière, ils en prirentla direction. C’était bien l’hôtellerie où ils devaientpasser la n...
souffrit en silence et pria pour ses persécuteurs…Les années s’écoulaient, elle demeurait ferme àson poste, forçant les mé...
était alors chargée dessalles militaires. Elle serad’ailleurs honorée en 1917de la médaille de bronzepour les services ren...
Liste des Supérieures de l’hôpital du BlancIl est difficile de dater exactement les passagesdes premières supérieures. Sur...
dire qu’elle était infirmière). Puis quelques années plustard, ce fut une surprise de voir arriver la sœur de srStJean, sr...
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Revue 2010 les soeurs à l'hôpital

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Revue 2010 les soeurs à l'hôpital

  1. 1. L’hôpital du Blanc et les sœurs de la congrégationJeanne Delanoue : une longue histoirepar Sœur Michelle MORIN *Si l’hôpital du Blanc est aujourd’hui ce qu’il est - un hôpital de proximité, moderne, bien classé dansle département et la région -, n’est-ce pas le fruit d’une longue évolution au cours de presque trois centsans ?En effet, depuis 1713, il a fait l’objet d’une attention particulière des notables, des habitants du Blanc,des membres des conseils d’administration qui ont su prendre les bonnes décisions dans les différentstournants, du personnel médical et soignant qui s’y est dévoué, souvent sans tapage, au jour le jour, toutau long de ces trois siècles, des religieuses de la Providence, filles de Jeanne Delanoue, qui l’ont fait vivreau quotidien.Oui, les Blancois ont de quoi être fiers de leur hôpital ! Ne serait-il pas dommage pour tous qu’ildisparaisse du paysage ?Étant sœur de Jeanne Delanoue, j’ai cherché à retrouver cette longue histoire de la petite graine seméepar SteJeanne Delanoue elle-même, en terre berrichonne, devenue cet arbre aux multiples branchesqu’est aujourd’hui l’hôpital. J’ai nettement conscience de l’imperfection de ce propos très incomplet, centrésurtout sur l’œuvre de près de 200 religieuses qui y ont consacré leur vie au fil des jours.Il pourrait être bon d’étudier aussi les différents conseils d’administration, ou le dévouement deschirurgiens, médecins, personnel soignant. Cela n’enrichirait-il pas cette histoire de l’hôpital du Blanc unpeu oubliée au fil du temps… Avis aux amateurs !Cependant, aussi imparfaite qu’elle soit, cette recherche peut, me semble-t-il, aider les Blancois àapprécier davantage leur hôpital en le défendant malgré tout. Sa fermeture ne serait-elle pas un réelappauvrissement de la vie sociale du Blanc ?Les débutsEn 1713, lesnotables et les ha-bitants se rendi-rent compte qu’uneffort devait êtreentrepris en faveurdu bien public…Avec Pierre LouisDuthois, ils achetè-rent donc en 1713et 1716 un corpsde logis dans lefaubourg Saint-La-zare, au profit d’unhôpital.A cette mêmedate (1713), l’ar-chiprêtre Joseph-Marie Grasset arriva à la cure deSaint-Génitour. Dès 1724, il fit des démarches pour quedes Sœurs de la Providence, ordre nouvellement fondéà Saumur, soient envoyées au Blanc. Il n’est pas impos-sible que les prêtres de Récollets vivant en communautédepuis 1619, en Ville haute, soient intervenus auprès ducuré du Blanc pour l’orienter dans sa démarche.En effet il y avait aussi à Saumur un couvent desRé-collets au courant de l’œuvre novatrice de Jeanne. Lesarchives, elles, précisent que « c’est à la demande desecclésiastiques duBlanc » qu’il fut dé-cidé de mettre deuxsœurs en cette ville.Toujours est-ilque c’est en 1728que SteJeanne De-lanoue en personneaccompagna deuxde ses filles à l’hô-pital du Blanc, aufaubourg Saint-La-zare « pour soignerles malades, lespauvres infirmes,faire des travauxmanuels et y donnerquelques leçons  ».Dès le départ, lessœurs avaient donc pour rôle de soigner, d’enseigneret d’éduquer.A vrai dire, on ne connaît pas le nom des deuxpremières sœurs ni de celles qui leur ont succédé de1728 à 1789, les archives ayant souffert de l’outragedes ans. Mais la règle (une nouveauté à l’époque !)signifiait que les sœurs envoyées dans les paroisses«  devaient toujours se regarder comme membres dela maison de la Providence, obligées en cette qualitéde porter l’habit (gris-bleu) et d’en suivre les règlesautant qu’il se pourrait faire. Elles seraient soumisesL’hôpital et ses jardins vers 1900 (Au premier plan, l’abattoir, à l’emplacementde l’actuelle école de soins infirmiers...)Revue des Amis du Blanc et de sa région 19 « Au fil du temps... »* Religieuse de la communauté Jeanne Delanoue du Blanc.
  2. 2. à la supérieure qui pourrait les rappeler quand ellele jugerait à propos et qui les rappellerait toujourslorsque l’âge et les infirmités les rendraient incapablesd’exercer leur emploi » (1).En 1728, l’hôpital avait six lits. Les sœurs ysoignaient les malades et les pauvres infirmes. Lesmédecins et chirurgiens s’engageaient à donnergratuitement les soins aux pauvres, tandis qu’on leurfournissait drogues et médicaments.Déjà dès 1741, des bâtiments avaient été agrandiset, à la veille de la Révolution, l’hôpital comptait huitlits. Il y avait un couloir d’entrée sur la rue, à maingauche, deux chambres basses, un petit cabinet formantcuisine et le logement des sœurs.En 1787, quand la ville du Blanc organisa l’instruc-tion de la jeunesse, cela se fit donc dans le vestibule del’hôtel-dieu que l’on sépara en deux salles, l’une pourles garçons et l’autre pour les filles, sous la surveillancedes sœurs, plus à l’aise pour y donner les leçons.Ainsi, l’hôpital traversa sans trop de difficultésla plus grande partie du XVIIIesiècle grâce à denombreuses libéralités.Cour de l’hôpital vers 1910La Révolution et la décrépitudeLa Révolution devait être funeste à l’hôpital endiminuant ses revenus.Depuis 1728, deux sœurs avaient toujours étéprésentes au Blanc. En 1789, c’était :- Marguerite Gasnault admise dans la Congrégation le7 mai 1765,- Gabrielle Venon qui venait de prononcer ses vœuxle 15 mai 1788.Du fait des événements, elles n’avaient rien reçude la municipalité depuis longtemps ; le 7 août 1793,elles réclamèrent leurs gages. C’est ainsi que le 23nivôse (13 janvier), le conseil général eut l’occasion des’occuper des religieuses qui, pour rester près de leursmalades, s’étaient probablement sécularisées. On ne lesmolesta pas autrement qu’en leur imposant le serment1) J.A. Macé (aumônier), Vie de Jeanne de La Noue, fonda-trice de la Providence de Saumur, Saumur, 1845, p. 271.d’égalité et de liberté, lequel ne pouvait embarrasserleur conscience. Elles comparurent donc devant lamunicipalité et là, en vertu de la loi du 9 nivôse, ellesfurent contraintes, sous peine d’être congédiées, de jurer« d’obéir à la nation et à la loi, de maintenir l’égalité etla liberté, de les défendre même au péril de leur vie ».Ce serment est enregistré et signé des deux religieu-ses, ainsi que du maire et des officiers municipaux.Pendant toute la durée de la Révolution, l’hôpitalconserva ses sœurs. Marguerite Gasnault mourut le 4frimaire an X (1802), septuagénaire, Gabrielle Venonresta seule à son poste et fut souvent réduite auxfonctions de concierge. A la réouverture, elle devintéconome et mourut le 29 novembre 1823.De 1789 à 1791, l’hôpital fut occupé par desHollandais, puis par des prisonniers étrangers. Maisl’établissement devint quasi-inexistant, ses revenusayant presque totalement disparu (2).Vers l’an V de la République (1797), l’hôpitalpériclita encore. Le registre des entrées est mêmeinterrompu. En 1816, le maire écrira « que depuis plusde vingt ans, il n’a pu recevoir de malades sauf en casd’extrême urgence »... ce qui s’explique car avant laRévolution, l’hôpital jouissait de 1600 à 1700 livres derevenus, mais, pendant la tourmente révolutionnaire,les capitaux ayant été convertis en assignats, le revenuse trouva réduit à 200 livres.Il semble que la population soit restée indifférenteà cette situation.Pourtant dès l’an VIII (1800), on avisa au moyende rétablir l’institution. 1200 F auraient suffi pourl’entretenir. Une commission proposa de frapper d’unetaxe tous les cabaretiers, bouchers et tanneurs la fixantà 1 F par poinçon de vin (11-12-14 fructidor), mais celan’alla pas plus loin …Le 22 germinal an IX (1801), la commune cherchaitalors un presbytère. Considérant que la maison de l’hos-pice ancien de cette ville était depuis longtemps inoccu-pée, on offrit au curé une partie de l’immeuble en réser-vant quelques chambres pour retirer les effets mobilierset pouvoir y mettre quelques malades, le cas échéant !En 1810, le maire Souvigny estimait que l’hôpitalne pourrait se relever que grâce à une dotation du gouver-nement, ou par la création d’un octroi, et comme la villedétestait les octrois, en porte-parole de ses administrés, ilconclut qu’un hospice est inutile au Blanc : « L’expérien-ce a démontré que l’hospice n’était ni dans les goûts, niselon les mœurs des habitants de cette commune, pourlesquels seuls il était fondé, puisqu’il avait sans cesseaugmenté ses capitaux en accumulant ses revenus, quepresqu’aucuns malades ne voulaient y consommer » (3).2) Cf. Ferdinand Chertier, Le Blanc sous la Révolution.3) Pierre Voisin, "L’Hôtel-Dieu - ses difficultés et son dévelop-pement", Voix du Centre, série de cinq articles, 1937.Les sœurs de l’hôpital« Au fil du temps... » 20 Revue des Amis du Blanc et de sa région
  3. 3. Un nouveau départ (1811-1830)La première mesure qui devait contribuer aurelèvement de l’hôpital fut, sans contredit, le décret du19 janvier 1811, relatif aux enfants trouvés, abandonnésou orphelins pauvres. Le décret instituait un hospiced’enfants trouvés par arrondissement et ordonnaitl’installation d’un "tour" (4)où l’on pouvait déposeranonymement ces enfants. A partir du 1erjanvier 1812,l’hôpital du Blanc devait en outre pouvoir recevoir lesenfants naturels.Comme les revenus ne s’élevaient qu’à 300 Fenviron, on envisagea de prélever une allocation surl’octroi. La ville s’opposa d’abord à cet octroi, maisfaute de ressources, elle se rendit à la raison. En 1812,c’était chose faite. L’octroi était la deuxième étape versune "recréation" de l’hôpital.A cette époque, on caressa au Blanc l’idée d’un hô-pital général d’arrondissement pour les étrangers et lesmilitaires. La commune y voyait des moyens pour ne passupporter seule les frais d’entretien de l’établissement.Ce projet ne put être mis à exécution (5).Deux sœurs encapuchonnées (de dos) sur la placedu Marché (actuelle place de la Libération), vers 1900Le roi Louis XVIII eut le dernier mot en signantle 14 décembre 1815 aux Tuileries l’ordonnancerétablissant l’hôpital du Blanc avec :-1a fondation de 12 lits pour les malades et indigents,- l’installation d’un local des malades,- l’installation d’un local pour les "enfants trouvés",- le prélèvement de 2000 F sur les produits d’octroi.4) Tour : coffre cylindrique tournant sur son axe, encastré dans lemur situé près de la porte des hôpitaux.5) Cf. Pierre Voisin, op. cit.La décision royale n’eut pas l’effet d’une baguettemagique. Cependant, en 1817, une sœur fut envoyée auBlanc pour « ouvrir un asile pour les petits enfants ».Elle ne resta pas longtemps. A la mort de GabrielleVenon (1823), personne ne la remplaça. Le maire duBlanc, Collin de Souvigny, envoya lettre sur lettreà la supérieure de la Providence pour lui demanderl’envoi d’une sœur ; il n’en voulait qu’une, malgré lerèglement qui en imposait deux à la fois. On fut mêmeobligé de confier le service à une laïque « intelligenteet humaine ».Enfin le 25 juillet 1828, deux sœurs étaientannoncées : srStLouis eut la charge de supérieure.On offrait 100 f par an à chacune et on leur promettaitdes élèves pour l’enseignement de la lecture et ducatéchisme. Comme par le passé ! L’hôpital jouissaitalors de 700 f de rentes.En 1830, un traité définitif s’établit entre l’Ordrede la Providence et la Commission administrative aprèsapprobation du ministre de l’Intérieur.L’établissement redevenait viable, il pouvaitprendre son essor !SrMarie-Thérèse, depuis 26 ans au Blanc, pendant l’exposition de 2009.Les vitraux et la statue de sainte Anne proviennent de la chapelle del’hôpital, le tableau des bienfaiteurs se trouvait dans le hall d’entréeLa chapelleMère Marie du Calvaire, alors supérieure del’hospice, désirait une chapelle pour son établissement.Elle saisit une occasion favorable pour en exprimer levœu à l’administration.Dès 1831, une délibération administrativeconsidéra indispensable d’établir à l’hospice du Blanc,un oratoire pour le service particulier des résidents.Ce projet fut repris en 1832. « Cette construction étaitvraiment d’une utilité indispensable, tant pour lesbesoins de l’hospice que pour l’école des petites fillestenue par les sœurs »...Mais il fallait financer. Avec l’accord de l’admi-Revue des Amis du Blanc et de sa région 21 « Au fil du temps... »Les sœurs de l’hôpital
  4. 4. nistration et une grande foi en la Providence, Mère Ma-rie du Calvaire fit commencer les travaux avec 6 sousen poche ! Elle les confia à un certain Joseph Morin...Elle quêta et joignant l’obole du pauvre à la plus grossesomme du riche, elle put solder les dépenses de chaquesemaine... Ainsi monsieur Appé, curé du Blanc, fit donà l’hospice de la somme de 1200 f pour l’établissementde cet oratoire ets’engagea à faireface aux travauxsupplémentaires,à pourvoir auxfrais de décora-tion intérieure,à tous les objetsnécessaires à lacélébration duculte, à chargepour l’adminis-tration de l’ora-toire de fairecélébrer au-ditoratoire pendantsix ans, tous lesdeuxièmes same-dis du mois, unemesse à l’intention du donateur.Ainsi, Mère Marie du Calvaire réussit à mener sonœuvre à bonne fin…Le bâtiment achevé, il manquait un tabernacle.La supérieure se souvint en avoir vu un dans un vieuxgrenier, au-dessus de la sacristie, relégué là depuisl’époque de la Grande Révolution. Elle l’emporta pourle faire réparer et nettoyer par madame Lafargue et safille. Quelle ne fut pas leur surprise en l’ouvrant poury passer le plumeau, de voir voltiger des hosties ! lacustode était renversée et les hosties répandues.Appelé,monsieur le curé arriva et constata que les SaintesEspèces n’avaient subi aucune altération. Il les remitdans la custode et les emporta à l’église. Mère Mariedu Calvaire n’eut donc pas la joie de voir résider le St-Sacrement dans le petit sanctuaire !En 1909, on fit quelques réparations : les mursfurent repiqués et un "gobetage" en ciment fut décidé.En 1935, la chapelle ayant besoin d’être restaurée,l’économe,aprèsvotedesadministrateurs,refitlatoitureet les ardoises remplacèrent avantageusement les tuiles.En 1938, le travail fut repris et ce fut le ravalementdes murs extérieurs. 1939 vit la réfection intérieure :carrelage en mosaïque, peintures, pose d’un lambris, devitraux dus au maître verrier Luc Tournier 5, rue desUrsulines à Tours. On ajouta un confessionnal neuf,une statue du Sacré Cœur et un frontispice au-dessusdu retable. En 1966, elle fut encore restaurée et repeintegrâce à la bienveillance de l’administration.La chapelle fut rasée au moment des grands travauxpour le renouvellement de l’hôpital vers 1975. Une sal-le cultuelle la remplaça, l’autel y fut d’abord transféré,mais bientôt on prit conscience que cette salle pouvantêtre au service des différents cultes, il ne pouvait yavoir des éléments privilégiés pour un culte particulier.On ne monta donc pas les vitraux comme cela avait étéinitialement prévuet on donna l’autelau Père Robert pourla paroisse de Tour-non-Saint-Pierre.Quelques pointsdu règlement in-térieur de l’hô-pital1895  : le curéde la paroisse seraadmis à l’hospiceaux heures dési-gnées pour l’exerci-ce du culte et sur lademande librementexprimée d’un ago-nisant. Sa liberté deconscience doit être respectée. En aucun cas, le curé nedoit être mis en possession des clés de l’établissement.Art. 21 (non daté) : le service des cultes est or-ganisé à l’hôpital de manière à assurer le respect et laliberté de conscience et à permettre l’accomplissementdes devoirs religieux.A cet effet, les ministres des différents cultes doi-vent avoir accès auprès des malades qui, soit au mo-ment de leur entrée, soit pendant leur séjour, réclamentleur assistance par l’intermédiaire de l’administrationhospitalière. Celle-ci transmet les demandes des mala-des sans délai aux ministres des différents cultes.Les prières publiques dans les salles sontformellement interdites (6).Les différents agrandissements au XIXesiècleSi l’activité éducative était intense au sein del’établissement, elle n’était pas seule. L’hospice devintvite insuffisant, il fallut l’agrandir, le surélever...Ce fut d’abord l’affaire d’une douzaine de millefrancs. Le conseil municipal reconnut la nécessitéd’une subvention de 8000 F. Un moment, il pensamême à la construction d’un édifice sur un autre terrain,ce qui provoqua une crise au sein de l’assemblée.En 1832, ce fut la construction de la chapelle surl’insistance de Mère Marie du Calvaire.Le 18 février 1838 eut lieu l’adjudication de travaux.6) Archives de la Maison Mère.Église de Tournon-Saint-Pierre : l’ancien autel de la chapellede l’hôpital (photo Francis Calvet)Les sœurs de l’hôpital« Au fil du temps... » 22 Revue des Amis du Blanc et de sa région
  5. 5. L’année suivante un traité de gré à gré fut passé avec Gué-rinet et Saintier pour un bâtiment destiné aux aliénés.L’établissement fut entièrement reconstruit de1838 à 1840, date où fut faite la réception des travaux(20 février).Le jardin fut agrandi en 1844. Il y eut aussi lacréation d’une nouvelle salle d’asile, l’acquisition del’ancienne auberge de la Promenade aux Maillet. Enfin,en 1875, on acheta la maison Brunet attenante pour8500 f dans le but de créer un hôpital militaire.Ce n’est qu’avec l’apparition de la caserne quele projet fut remis à l’étude. En effet, un sixième dela population du Blanc était alors composé de soldatset cela occasionnait des problèmes de santé commele signale Michel Germain : « Les militaires, pour laplupart célibataires, fréquentaient les cabarets et lesmaisons de prostitution. Les médecins constatèrentque beaucoup de militaires en traitement à l’hospice,étaient atteints de maladies syphilitiques » (7).La commission administrative de l’hospice ap-prouve donc le 20 octobre 1874 la construction mili-taire dans l’enclos de l’établissement. Le 13 août 1875,le maire expose au Conseil municipal, l’urgence deconstruire un local pour accueillir ces malades ainsi que7) Michel Germain, La garnison blancoise, Éditions Art & T,2004.les filles porteuses de cette affection.Le 10 mai 1878, le maire réceptionnait les bâtimentsde l’hôpital militaire. Les dépenses s’élevaient à 63 386,18 f, conformément au devis du 17 septembre 1875 avecun supplément de 18 828, 18 f soit en tout : 82 214, 36 f.L’hôpital prenait une nouvelle allure et il ne futplus possible de distinguer les bâtiments originels.En 1878, l’hôpital se composait ainsi :A la droite du bâtiment :- une salle pour les femmes,- une salle pour les hommes (au-dessus),- des servitudes pour les lessives,- à la suite, des « cabanes pour les fous »,Du côté gauche :- l’hôpital militaire récemment bâti,Entre les deux se trouvaient :- 1 parloir,- 1 bureau,- le réfectoire des sœurs,- dans la cour : la chapelle.A l’extrémité du jardin :- 4 classes communales,- l’asile faisait suite avec sa cour et ses 2 salles,- au-dessus de l’une d’elles fut établi l’ouvroir en 1856 (8).8) Archives de la Maison Mère.Plan de l’hôpital après la reconstruction de 1830-1840Revue des Amis du Blanc et de sa région 23 « Au fil du temps... »Les sœurs de l’hôpital
  6. 6. L’hospice des enfants et l’enseignementAvec le traité de 1830, tous les espoirs étaientpermis. Un legs de 20 000 f dû à la bienfaisance deM. Legrand de Châteauroux ajouta un réel souffled’espérance.Tout au long de ce XIXesiècle, l’hospice des en-fants et l’enseignement semblent avoir occupé une placeessentielle dans l’établissement hospitalier du Blanc.De 1830 à 1882, on relève 42 sœurs enseignantes,14 aux soins des malades !... et une dizaine de sœurspour les services généraux.En 1829, Mère StJean de la Croix fit d’abord laclasse aux enfants pauvres et bientôt les deux religieusesvirent avec satisfaction se presser les petites filles àinstruire… Il y en eut 80 en 1832, ce qui motiva l’appeld’une troisième sœur en 1833, puis d’une quatrième en1842.... Le chiffre s’éleva à plus de 200 en 1848 et à120 élèves pour une seule classe en 1857 !Les classes se multiplièrent : un asile (= classematernelle) et 4 classes élémentaires. De plus en 1856,srSteHyacinthe inaugura un "ouvroir" de chemiseriepour hommes dans le but de procurer du travail rétribuéaux jeunes filles et adolescentes. Il rendit de grandsservices à la population ouvrière lors du fonctionnementde la filature. Le directeur Giberton accorda même unesubvention de 150 f aux sœurs.L’enseignement dispensé était en partie gratuit, mais0,75 f était demandé aux élèves qui pouvaient payer.En 1864, les 26 et 27 octobre, il y eut à Saint-Génitourla bénédiction de trois autels par les évêques de Bourges, deLimoges et d’Angoulême. A cette occasion, note Constan-tin Gaudon dans l’Histoire du Blanc, « il y eut de grandesfestivités et processions, les jeunes filles élevées à l’hôpitalse faisaient remarquer par leurs costumes blancs et leurspetites bannières blanches et roses » (9).C’est en 1882, à la fin de l’année scolaire, queMère StMacaire (alors supérieure de l’établissement)reçut notification de la laïcisation des classes qui durentêtre transférées à l’extérieur.Les soins aux maladesL’enseignement semble prioritaire à cette époque,mais il y avait aussi le service des malades.En 1815, le rétablissement de l’hôpital du Blancstipule une fondation de 12 lits et l’installation d’unlocal des malades.Acela s’ajoute en 1849, une chambredes fous, dans la cour, et en 1851, deux chambres pourles incurables et un dortoir pour les femmes...Parmi les premières sœurs soignantes on note :- Sœur SteScolastique. Elle fut employée dans le servicehospitalier. S’il y avait quelques malades répugnantesou contagieuses, srSteScolastique était toujours prêtemême en dehors de son service,9) Constantin Gaudon, Histoire du Blanc, 1868, p. 128.- Sœur SteGeneviève : elle se distingua lors d’uneépidémie de choléra.- Sœur Marie StVincent : son service était très bien tenuavec une propreté impeccable.On relève ainsi 14 sœurs au service des maladesavant 1882.Les sœurs surent se faire aussi apprécier au servicedes militaires :- Sœur SteDosithée fut envoyée à leur service dès 1873.Elle était pleine d’attentions. Elle mourut le 8 novembre1885 dans sa 72eannée et sa 46ede religion. Sa sépultureeut lieu au Blanc et une foule immense y assista,- Sœur StSébastien de 1886 à 1887,- Sœur Marie Florentine en 1895,- Sœur Marie Clémentine de 1895 à 1900,- Sœur SteLuce. Le 17 septembre 1900, elle revenaitau Blanc pour y prendre à l’hôpital le service desmilitaires. Son bon esprit, sa bonté, son dévouement laferont bientôt aimer de toutes ses sœurs et de ses chersmalades comme elle les appelait. Le jour de Noël 1901,elle sentit des frissons et fut prise d’une fièvre qui, dèsle début, lui enleva toutes ses forces. Les médecinsfinirent par reconnaître des accès de typhoïde et direntqu’il y avait peu d’espoir de sauver la bonne sœur. Le 5janvier 1901, elle expira doucement. Elle était dans sa34eannée et sa 11ede religion. Toute la garnison s’associa au deuil des religieuseset les soldats, par l’intermédiaire de leurs chefs, offrirentdes couronnes à l’humble sœur qui les soignait avec latendresse et le dévouement d’une mère. La garnison toutentière avec ses chefs ; colonel et commandant en tête,assista en tenue à la sépulture. Il était beau et touchant deles voir défiler en faisant respectueusement le salut mi-litaire devant sa tombe. Le major lui-même fit son élogeen ville dans plusieurs maisons. Une feuille locale, sefaisant l’écho du public, consacra une de ses colonnes àfaire l’éloge du dévouement de la bonne sœur (10).Sœur SteHyacinthe : une personnalité attachanteElle était originaire de Mazé en Maine-et-Loire. En1832, âgée de 22 ans, elle est envoyée au Blanc commesupérieure de la Communauté avec la responsabilitéde l’Hospice. En ce temps-là, on ne voyageait pasfacilement, les diligences étaient rares et la plus grandepartie du parcours devait s’effectuer à cheval. Le bravehomme qui avait été choisi pour l’accompagner n’étaitpas fort expérimenté. Il prit un chemin de traverse ets’égara. A 10 h du soir, srSteHyacinthe et son guideerraientàl’aventuredansunboisqu’ilfallaitabsolumenttraverser. L’orage grondait, la pluie tombait, seuls leséclairs éclairaient le sentier. Le cheval était effrayé etla sœur se mourait de peur sans oser descendre de lamonture que le pauvre conducteur tenait par la brideen s’efforçant de l’amadouer pour la faire avancer.10) Archives de la Maison Mère.Les sœurs de l’hôpital« Au fil du temps... » 24 Revue des Amis du Blanc et de sa région
  7. 7. Enfin la sœur aperçut une petite lumière, ils en prirentla direction. C’était bien l’hôtellerie où ils devaientpasser la nuit. Ils arrivèrent épuisés de faim, de fatigueet trempés par la pluie. L’hôtelier les reçut avec bonté ;il conduisit la bonne sœur dans une chambre et allumale feu et quand elle fut restaurée et couchée, on vintchercher ses vêtements pour les faire sécher.Le voyage se termina bien, mais la jeune sœur futaccueillie assez froidement par l’administration. Quandon la vit à l’œuvre, on lui fit confiance. « Son port noble,plein de dignité, les traits réguliers de son visage,qui reflétait une vive intelligence, une bonté exquise,attiraient l’attention et suscitaient des réflexionsimprudentes.Alors elle s’entoura de précautions, elle nesortit jamais seule sans être revêtue de sa cape, tenanttoujours ses yeux modestement baissés ! » Elle quittaLe Blanc en 1837, fut supérieure générale de 1838 à1850. Elle y revint de 1854 à 1873, comme supérieure.Elle fonda l’ouvroir en 1856 en confiant la direction à srStLéon, ouvroir de chemiserie dans le but de procurerdu travail rétribué aux jeunes filles adolescentes.1955 : srThomas de Jésus (aux contagieux), srAngèle de StDominique (lingerie), mère Marie Edouard, srSteCharité(cuisine). Au premier plan, srYvonne (à la médecine) etsrSteLucienne (aux soins des opérés)Un Noël inattenduEn Berry, à cette époque, à l’occasion de Noël, onmettait sur le lit des enfants, un noëlet, sorte de gâteaudont la forme ressemblait plus ou moins à un enfant !Ce Noël-là, les jeunes filles du Blanc voulurentfaire une surprise à Mère SteHyacinthe qui aimaitbeaucoup les enfants et l’idée leur vint d’habiller unnoëlet à la sortie de la messe de minuit. Ainsi les sœursauraient, elles aussi, leur noëlet.Elles le déposèrent dans le tour et sonnèrentvigoureusement avant de partir en courant. Les sœursallaient se mettre à table. Surprise, car cela arrivaitrarement, Mère SteHyacinthe dit : « C’est un Jésus quele Bon Dieu nous envoie, qu’il soit le bienvenu, l’heurene pouvait être mieux choisie !  » Et elle s’empressad’aller au tour. « Mais qu’est-ce que cela ? Ce n’est pasun enfant, c’est un monstre ! » Elle n’osait le toucher…Les sœurs accoururent et regardant de plus près, onreconnut que le monstre était inoffensif. Le lendemain,jeunes filles et sœurs partagèrent dans la joie le fameuxnoëlet !Mère StMacaire (1835-1901) : une femme forteQuand elle fut envoyée au Blanc en 1875, MèreStMacaire resta stupéfaite d’être placée à la tête decet établissement, alors un des plus considérables dela Congrégation. Elle s’y soumit religieusement. Ason arrivée, elle fut accueillie avec bienveillance parl’administration et avec cordialité par ses sœurs.Elle fit de son mieux et ce mieux fut bien. Envraie fille de Jeanne Delanoue, elle n’aurait paschangé un iota à la règle pratiquant la Sainte Pauvretéet le détachement. Elle avait un grand dévouement etétait toujours la première à la peine. La réputation duprochain était à l’abri quand elle était présente à uneconversation.Il y avait sept ans que Mère StMacaire était auBlanc, tout allait pour le mieux, lorsque à la fin de1882, elle reçut notification de la laïcisation des classesqu’elle aimait tant. C’était le premier coup portéau démembrement de sa maison fondée par JeanneDelanoue elle-même. Ce fut un moment terrible, ilfallait agir…Elle se met en campagne afin de trouver un asileet des ressources pour la création d’une école libre...Monsieur le baron de Villeneuve prend la tête d’unesouscription. Tous les deux cherchent un local conve-nable pour quatre classes… Ils réussissent : l’école pri-maire s’installera chez madame Hérault de la Véronneen attendant la construction des classes rue de Ruffecen 1883. Six mois plus tard, l’ouvroir est aussi prié dequitter l’établissement et peu après l’asile lui-même…Le cœur de Mère StMacaire saignait, mais descœurs charitables se dilatèrent. Un nouveau terrainest acheté pour l’Asile (= maternelle) rue Faye et lesconstructions destinées aux classes s’augmentent poury recevoir l’ouvroir. Il ne restait plus à Mère StMa-caire que la direction de son cher petit hôpital. Maishélas ! elle n’était pas au bout de ses épreuves. Satan setrouva des adeptes parmi les nouveaux membres de laCommission hospitalière ; il en résulta une déplorablescission. On parla même de laisser l’hôpital. Mère StMacaire, qui les gênait dans leurs projets infernaux, sevit en butte aux contradictions de toutes sortes, maisne perdit pas courage. « Dieu m’a toujours secouru àtemps » disait-elle. Elle tint tête à l’ennemi, combattit,Revue des Amis du Blanc et de sa région 25 « Au fil du temps... »Les sœurs de l’hôpital
  8. 8. souffrit en silence et pria pour ses persécuteurs…Les années s’écoulaient, elle demeurait ferme àson poste, forçant les méchants eux-mêmes à admireret à louer son courage, sa vertu, sa grandeur d’âme.Audébutdel’année1900,MèreStMacaireressentitles premières attaques du mal qui devait la conduireau tombeau. Elle continua d’abord à travailler, maisbientôt une opération fut jugée nécessaire. Dès qu’ellefut remise, elle revint au Blanc et se remit à l’œuvreavec une nouvelle ardeur. Mais hélas le mal n’était pascomplètement détruit… elle s’affaiblissait de plus enplus, le mal gagnait …Le 15 septembre, elle quittait cet hôpital où elleavait tant souffert. Elle avait offert à Dieu le sacrificede sa vie pour qu’il conservât à sa chère Communautécet établissement qui remontait à la vénérable MèreDelanoue. Elle mourut le 7 octobre 1901 dans sa 67eannée et 45ede religion.Dès que la nouvelle de sa mort fut connue au Blanc,les pauvres, les riches, les bons, les méchants eux-mêmes trouvaient quelque chose à dire à sa louange.Monsieur le Maire se fit l’écho de la population : « ellefut le bon génie de l’hospice pendant 26 ans ! (11)» …J’ai tenu à garder le style de l’époque, celui-ci nemontre-t-il pas clairement la mentalité d’alors.Le développement de l’hôpitalA partir de 1882, l’enseignement étant installéhors les murs de l’hôpital, celui-ci put se développerpour le plus grand bien des habitants du Blanc. Etcela, d’autant plus qu’en 1881, un legs important deMangin de Beauvais (ferme de Beauvais et moulin deChavigny) permit d’apporter de grosses améliorationsà l’établissement qui fonctionna alors tout à faitnormalement sous le supériorat de Mère St Macaire.Cependant de 1893 à 1902, il y eut de très vivestensions entre la direction de l’hôpital et la communautédeSteAnnedelaProvidencedeSaumur.MèreStMacairepensait alors qu’étant donné le courant anti-religieux del’époque, tous les prétextes étaient bons pour exacerberla tension avec la communauté. Les administrateursenvisagèrent même de renvoyer les sœurs. Mais MèreMarie StLouis, alors supérieure générale sut résisteraux différents assauts de la Commission en lui rappelantadroitement mais fermement les engagements pris en1830 par un traité définitif…Tout se calma petit à petit et la vie continua àl’hôpital !Une épidémie de variole !L’archiprêtre Guidault, curé du Blanc, décrit dansson journal l’épidémie de variole qui toucha la ville duBlanc.11) Archives de la Maison Mère.« 6 mars 1908 - La ville est en ce moment sousl’impression de la panique causée par la variole. Cetteépidémie sévit surtout dans le quartier de l’hospice.Toute la rue St-Lazare en est contaminée. Elle a prisnaissance des familles de Roulants que l’on reçut parpitié à l’hospice, où trois sur six moururent aprèsavoir fait leurs devoirs religieux. Deux religieusesfurent atteintes, puis dans la ville, presque le mêmejour plusieurs cas se produisirent et aujourd’hui on encompte une quarantaine. Deux personnes ont succombé.On les a enterrées sans passer par l’église et 10 h aprèsleur décès.Les écoles sont licenciées, les catéchismessuspendus. La municipalité a supprimé la foireimportante du 8 mars. La population en masse s’estfait vacciner. Beaucoup de malades sont transportés àl’hospice où ils reçoivent les soins des religieuses dontle dévouement n’a de limites que celles de leurs forces.25 mars - L’épidémie décroît : jusqu’ici on acompté 15 décès sur 42 cas de maladie. Il n’y a qu’unseul homme qui ait succombé. Il a été enterré 2 h aprèsson décès.Par décision de la commission d’hygiène, ona pendant trois jours procédé à la désinfection del’église, de tout le mobilier et des murs à deux mètresde hauteur, ainsi que du pavage. Toutes les chaises ettous les bancs mobiles ont été soumis à la vapeur deformol pendant sept heures. Le maître-autel a été lavépar un pulvérisateur.Vers le 8 mars, pendant trois jours, les reliques deStGénitour furent exposées et chaque soir on fit desprières pour obtenir la protection du Stpatron de laparoisse… » (12)La guerre de 1914-1918Période bien sombre pour la France entière quecette grande guerre ! …Le Blanc n’était pas sur le front, mais la ville étaitdevenueunebasearrièredesoins.Desconvoisdeblesséset de malades s’y succédaient. Il fallut s’organiser.C’est ainsi que trois hôpitaux fonctionnèrent auBlanc : deux ouverts spécialement pour faire face àl’urgence de cette période difficile, le SBM (13)dont lepersonnel est foncièrement catholique, l’autre dans lecollège réquisitionné par la municipalité. C’est là quese dévouera surtout Mlled’Airoles.Le troisième est l’hôpital mixte tenu toujours parles sœurs :- SrGrégoire de Naziance avait la charge de supérieurede 1909 à 1919,- SrMarieAngélina s’était déjà fait remarquer lors des épi-démies de scarlatine de 1907 et de variole en 1908. Elle12) Cf. aussi René Desmaisons, "L’épidémie de variole auBlanc en 1908", Au fil du temps..., n° 3, janvier 2002.13) SBM : Secours aux blessés militaires.Les sœurs de l’hôpital« Au fil du temps... » 26 Revue des Amis du Blanc et de sa région
  9. 9. était alors chargée dessalles militaires. Elle serad’ailleurs honorée en 1917de la médaille de bronzepour les services rendus,- SrMarie-Albine étaitaussi pour les soins auxmilitaires (1901-1919),- SrMarie Corentin(1911-1921), srSteChantal (1914-1915),srStLouis (1917-1918)et srFélix de Valois sedévouaient aux soinsdes malades. SrFélix deValois, particulièrement,fit preuve du plusgrand dévouement audétriment de sa santé  ;elle recevra, elle aussi, lamédaille d’honneur desépidémies,- SrStErnest fut d’abord garde-malade à domicile puisplus spécialement au service des femmes incurables,- SrStGéréon s’activait à la lingerie, tandis que srFrancis de Jésus aidait à la cuisine.« Quand un convoi de blessés est signalé, c’est ungrand travail : va-et-vient avec l’hôpital mixte pourle service de stérilisation, lits à faire, préparatifs detoutes sortes… A partir de 8 h du soir on peut attendrele convoi... Oh ! Le lugubre débarquement que celui deces malades et blessés aux vêtements collés par le sanget la boue, parfois mangés de vermines… Le dernierarrivage avait été terrible par la saleté des malheureux,plus encore que par leurs blessures. Les pieds surtoutétaient dans un tel état qu’il fallait couper les souliers etmettre le tout dans un bain pour décoller les chaussettesqui tombaient alors en lambeaux avec la peau…Nos majors sont chargés du triage. Ils vont à la gareavec les infirmiers et les autos d’ambulance recevoirles blessés qui seront répartis entre les trois hôpitaux :les blessés à la Croix-Rouge et au collège, les maladesà l’hôpital mixte qui a des pavillons d’isolement ... »Ainsi s’exprime mademoiselle d’Airoles relatantce temps de guerre au Blanc (14). Chaque lieu d’hôpitaldevait donc faire face aux diverses situations qui seprésentaient à chaque nouveau convoi (15).La modernisation de l’hôpitalEn1937,onconstruisitunpavillond’isolement,une14) Cf. Geneviève Duhamelet, Mlle d’Airoles, Éditions del’UCSS, 1950.15) Sur la Seconde Guerre mondiale, cf. du même auteur,"Des sœurs dans la tourmente", Au fil du temps..., n° spécial1, novembre 2009, p. 45 sq.clinique chirurgicale etla maternité.Il y avait alors huitreligieuses ; mère MarieMadeleine de Jésusy était la supérieure.De 1952 à 1962, lesentrées ont doublé, lesinterventions triplé etles accouchements ontaugmenté de 50 %.Toutsemblait aller pour lemieux !De 1965 à 1970,l’effectif du personnelhospitalier est passé de64 à 95 personnes avecdes créations de nou-veaux postes : anesthé-siste, ophtalmologiste,gynécologue et internes.En1966 :construc-tion de services généraux : cuisine, lingerie, chaufferie,réfectoire et deux pavillons de dépannage de 34 et 24lits.En 1970 : rénovation des bâtiments qui logeaientla chirurgie. Création de nouveaux services (médecine,consultations externes, électrocardiographie, nouvellematernité).A la suite de ces transformations le nombre de litspassa de 140 en 1965 à 250.En 1971, une maison de retraite dépendant de l’hô-pital fut construite à la Cubissole sur un terrain apparte-nant à la commune.En juin 1982, ouverture de la maison de retraitede la rue Saint-Lazare, dans les locaux de l’hôpital an-cien : 50 pensionnaires plus 10 convalescents.En 1977, il y avait eu l’ouverture d’une écoled’infirmières. SrJeanne d’Arc Soamanpionna, premièreinfirmière malgache des sœurs de Jeanne Delanoue,y a fait ses études. Une école d’aides soignantes futégalement créée. SrSolange Fonteneau y participaactivement.En 1981, l’hôpital comptait 226 agents. Il était lepremier employeur de la ville. On comptait 50 lits pourle service de médecine avec 2 médecins, 50 lits pour lachirurgie avec 2 chirurgiens, 6 lits pour l’ophtalmologieavec un ophtalmologue, 19 lits pour la maternité avecun gynécologue, 50 lits pour les moyens et longs sé-jours au Pavillon Thomassin, 140 lits de maison de re-traite : 80 à la Cubissole, 60 rue Saint-Lazare. Une unitéde radiologie était à la disposition de tous les services.Cour de l’hôpital dans les années 50 : à droite l’aile donnant sur la rueSaint-Lazare ; au centre, la clinique(à l’emplacement de l’ancien hôpital militaire) ;à gauche, partie de la chapelleRevue des Amis du Blanc et de sa région 27 « Au fil du temps... »Les sœurs de l’hôpital
  10. 10. Liste des Supérieures de l’hôpital du BlancIl est difficile de dater exactement les passagesdes premières supérieures. Sur plusieurs documentscompulsés les dates ne correspondent pas.Mère StLouis,Mère StJean de la Croix,Mère Marie du Calvaire,Mère StClément,Mère StÉtienne,1854-1873 : Mère StHyacinthe,1873-1875 : Mère StAl-bert,1875-1901 :MèreStMacaire,1901-1909 : Mère M. An-gélina,1909-1919  : Mère Gré-goire de Naziance,1919-1922  : Mère SteAugustine,1922-1928 : Mère StBer-nardin,1928-1936 : Mère MarieMadeleine,1936-1943 : Mère MarieMadeleine de Jésus,1943-1949  : Mère LouisBertrand,1949-1953  : Mère StGustave,1953  : Mère Joseph deJésus,1954 : Mère M. Édouard,1955-1958 : Mère Jeanne de Chantal,1958-1962 : Mère Marie-Madeleine,1962-1966 : Mère StJoseph,1966-1976 : Mère StJean Chrysostome. SrSolange Fonteneau (sœur de srSt JeanChrysostome) est restée au Blanc de 1968 à 1982 (seulede 1976 à 1982), date à laquelle elle fut atteinte d’unepénible hémiplégie. Après les premiers soins à l’hôpitaldu Blanc, elle quitta définitivement son cher hôpitalfin mars 1983. Il n’y aura plus de sœurs à l’hôpital duBlanc (16).Souvenirs ! Souvenirs !...Plusieurs ex-employées de l’hôpital ayant bienconnu les sœurs ont accepté de partager quelquessouvenirs… Ne sont-ils pas porteurs de toute une viedans cet hôpital du Blanc des années 60 à 82 ?1) « Affectée en 1955 au Pavillon de l’hôpital, masœur y a connu plusieurs religieuses. Tout d’abord,srThomas de Jésus, puis au fil des années srMarie-Lucie, srMarie de la Providence… SrSolange fut ladernière religieuse de ce service destiné à accueillir lespersonnes âgées ou invalides.Côté chirurgie, srSteLucienne, puis srSt Jean(Chrysostome), toutes dévouées à leurs malades et trèsproches des familles.En médecine, srSteYvonne, puis srMarie SteIrène,service parfois surchargé.Vers les cuisines ré-gnait srSteCharité aidéede son équipe. En plusdes tâches régulières, ilfallait également assu-rer la cueillette des dif-férents fruits et légumesdu jardin et effectuer lesconserves particulière-ment appréciées durantl’hiver. En ce temps-là,il y avait un jardinier.Des bâtiments que nousconnaissons actuelle-ment ont été construitsdans le potager d’alors.Pour la lingerie c’était srAngèle de StDominique.On y lavait, repassaittout le linge de l’établis-sement ».2) «  Je travaillaisà l’hôpital dans les an-nées 60. A cette époque, il était géré par les sœurs…Comment pourrais-je oublier cette petite voix de maîtrede "Bonne Mère Marie-Thérèse". C’est elle qui était lechef ! Qu’elle était charmante ! Toujours souriante !En chirurgie, je travaillais sous l’œil vigilant de srStJean… Le soir elle était très fatiguée… Il faut dire queles sœurs se levaient avant 6 h du matin car elles allaientprier à la petite chapelle dans la cour. Quelle journée !Jamais couchée avant 23 h et il fallait la réveiller aubeau milieu de la nuit quand il y avait besoin (il faut16) Archives de la Maison Mère.1966 : srSteBathilde (lingerie), srStJean Chrysostome (infirmière),Mère StJoseph (responsable), srStDidier,srMarie de la Providence (infirmière).Les sœurs de l’hôpital« Au fil du temps... » 28 Revue des Amis du Blanc et de sa régionJeanne d’ArcSoamanpionna,sœur Jeanne d’Arcnée le 15 avril 1950,élève infirmière 1981-83
  11. 11. dire qu’elle était infirmière). Puis quelques années plustard, ce fut une surprise de voir arriver la sœur de srStJean, srSolange !Je me souviens aussi du petit pavillon au fond del’hôpital, vers la Creuse. Il était géré par srHélène (jecrois) ; elle passait avec une telle fluidité que j’avaisl’impression de voir passer un ange. Très sérieuse ellene parlait que lorsque c’était nécessaire, mais elle étaittrès juste et gentille… Que de travail il fallait fournir,mais n’est-ce pas le secret d’une vie bien remplie ? Ily avait aussi un directeur que j’aimais bien : monsieurViguier, mais on le voyait peu.Un autre souvenir me fait toujours rire : ce n’étaitpas la promenade des Anglais, non, mais la promenadedes cafards, le long de ce vieux couloir, le soir, lorsqu’iln’y avait plus que les petites veilleuses. Étant moi-mê-me parfois veilleuse de nuit, je n’avais même pas peur,sauf quand cela faisait trop de bruit, le long des plin-thes en bois.Quand j’y repense, je me dis : « Ah, c’est biensûr qu’il avait besoin d’être refait cet hôpital des an-nées 60. Je suis contente de ce bel hôpital moderne demaintenant, l’après 2000, même s’il m’arrive de meperdre dans ces longs couloirs !... »3) « Pendant les vacances de Noël 1953, nous ve-nions avec mes sœurs et mon frère dans la cour de l’hô-pital pour jouer. Au milieu de cette cour, il y avait unechapelle. Nous y allions souvent pour mettre un sou quifaisaitchanterle"gloria"àl’angequirecevaitlapièce…Quand nousn’avions plusde pièces, MèreMarie Édouardvidait la "ca-gnotte" de l’an-ge et nous re-commencions !A cettedate,srSteCha-rité travaillaitaux cuisines del’hôpital. Je l’aiconnue car ma-man y faisait unremplacement.Dans cettemême périodesrSteLuciennetravaillait enchirurgie. Elle medemandait ce que je voulais faire plus tard. Je lui répon-dais que je voulais faire le même travail qu’elle : soignerles malades.J’ai dû être entendue car à 28 ans, j’ai commencé àtravailler à l’hôpital pour y faire toute une carrière... »4) « Durant cette période j’ai bien connu srStJeaninfirmière en chirurgie au rez-de-chaussée et srSolan-ge qui nous faisaient les cours d’aide soignantes. Ellepassait aussi près des malades pour savoir ce qu’ilsvoulaient manger. Je dirais que j’ai été très marquéeen bien par Bonne Mère Marie Édouard et srSteLu-cienne.En 1955, j’ai connu srGabrielle, srMarie-Édouard,très calme, très douce, elle essayait d’arrondir lesangles – SrStDidier avec qui il était facile si l’onavait de bons rapports avec elle, sinon il fallait faireattention. Elle voulait que son personnel assiste à lamesse le dimanche matin.SrStBarthélémy était au pavillon. Elle était douce,calme, ne voulant faire de peine à personne. SrStJeanétait en chirurgie... »Les sœurs quitteront officiellement l’hôpital duBlanc en 1976. Seule srSolange Fonteneau resterajusqu’en 1982.Cependant la petite graine semée en terre du Blancen 1728 est devenue un grand arbre ! Tout peut continuer,espérons-le, pour longtemps encore… Que deviendrait laville sans ce fleuron qui, contre vents et marées, a rendutant de services à la population ?(Illustrations : Archives de la Maison Mèrede Saumur et coll. des Amis du Blanc)* **Entrée de l’hôpital (2008)Revue des Amis du Blanc et de sa région 33 « Au fil du temps... »Les sœurs de l’hôpital

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