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Ign tn

  1. 1. Ils étaient assis sur leurs skis, le dos appuyé contre un mélèze se retire le manteau blanc, reste cetteflamboyant et regardaient scintiller la neige qui s’exposait inscription profondément sculptée àtoute cristalline aux rayons fuyants du soleil d’automne. Ils même la roche: Merci.avaient marché deux longues heures avant d’atteindre le som-met de Tracouet puis avaient tracé sur les blancs alpages d’en- Merci à toutes celles et tous ceux quiivrantes courbes qui ressemblaient à d’éphémères signatures. aujourd’hui, comme hier, entreprennentHeureux, ils savouraient maintenant ce moment de bonheur pour le bien de nos générations futures.qu’ils auraient voulu éternel. Merci à vous, Michel Michelet et Georges Lathion, qui avez fé- déré, il y a 50 ans déjà, ces hommes hors du commun, pion-Dans leurs rêves les plus fous, ces passionnés de la première niers et visionnaires, profondément attachés aux valeurs deheure ne pouvaient imaginer qu’un jour cette montagne, notre terre, celles qui font la fierté du montagnard. Avec eux,jusque-là réservée à quelques téméraires skieurs, serait acces- vous avez ouvert la voie jusqu’au Mont-Fort, créé des emplois,sible à tous. apporté confort et bien-être à toute la région, donné vie à Télénendaz.Et puis, il y a 50 ans… d’intrépides entrepreneurs s’élancèrentavec audace et courage sur les pentes alors inexplorées du dé- Ce patrimoine vous nous l’avez transmis. A nous tous de le pré-veloppement touristique pour offrir aux enfants de ce pays, server pour que demain, assis sur leurs skis, le dos appuyéun espace de liberté et d’indépendance. contre ce mélèze ancestral, nos enfants puissent se prélasser en regardant scintiller la neige sous les doux rayons d’un nou-Depuis, des multitudes de flocons sont venus recouvrir leurs veau printemps.traces pour laisser aux générations suivantes l’ivresse intacte Philippe Lathion,d’écrire leur propre histoire. Mais à chaque printemps, lorsque président du conseil d’aministration
  2. 2. Qui marche dans la neige ne peutplus cacher son passage. (proverbe chinois)
  3. 3. Ainsi commencent, souvent, les légendes, les énigmes, Enthousiasmé – peut-être un peu incrédule aussi –les contes d’Andersen à Perrault, de Grimm à Gougaud. on s’attela à l’ouvrage: négocier des servitudes, pour passer. Déjà fallait-il amener jusque sur le replat de PrachalierIl était une fois… donc, une envie. le courant électrique. Parce qu’il n’y en avait pas. Puis…Une envie folle d’aller sur la montagne, léger;pour descendre en la chevauchant, ivre de liberté. Il était une fois… C’était il y a 50 ans maintenant.Alors on commença par… s’asseoir à table. Paraît-il. Je pourrais – j’y ai pensé – vous dire ce conte, qui tintPour discuter – eh oui! – pour étudier, pour calculer. davantage du commun des mortels que des fées.Et puis, on a noté la date (le 7 du mois de juin de l’an 1958), Mais à quoi bon.pour rédiger acte authentique d’une dénommée On l’a déjà fait. Oui oui… Retournez à vos bibliothèques.«Télécabine Haute-Nendaz/Tracouet» dotée du capital On appela tout simplement « Nendaz » ce livre-là.récolté par 79 souscripteurs. Et le signer. C’était en 1988 je crois.On avait déjà couché le fantasme sur papier millimétré. Alors suivez-moi donc, en tournant et en retournantL’objet du rêve aurait 13 pylônes pour soutien, les pages de cet album.4,2 kilomètres de câbles pour porteur, et 23 cabines de Car le rêve vit toujours: monter léger et descendre4 places, chacune, pour l’extase. Il pourrait, tenez-vous en liberté.bien, remonter sur 800 mètres de dénivelé, 160 personnes En 2008? Oui, en 2008 !– 160 heureux – par heure. Une merveille.Mieux, un mirage… Venez? Vous verrez?
  4. 4. En 2008 on va toujours léger jusqu’à Tracouet.Mais on y va de même à Combatseline,à Tortin, au Plan du Fou et même, c’estincroyable, jusqu’au Mont-Fort, jusqu’au ciel.Des câbles – des fils ténus – ouvrent desvoies irréelles. Comme si une alliance étaitscellée maintenant entre Dieu, la montagneet les hommes…
  5. 5. … les hommes qui ont oeuvré pour rendrele rêve possible. Ils ont bâti des vaisseauxpour amarrer au sol nos machines à remonter.Ils ont érigé des sortes de tours, des sortesde ponts, pour dire au ciel allégeanceet à la montagne appartenance.
  6. 6. Depuis que la roue existe la mécanique n’aplus eu de cesse de créer le mouvement;le rendre souple, harmonieux. Et commele mouvement est lui-même créateur…Chacun a, quelque part en lui, une mesurede mécanique et une once de poésie. De cettefusion-là naissent l’amour ou l’ivresse, l’écritureou la musique, l’arbre à cames ou la charpente…
  7. 7. Si j’avais osé leur dire, à magrand-mère, à mon grand-père, qu’un jour viendrait oùles machines aplaniraientleurs alpages, les rouleraient,les bétonneraient? Qu’on yalignerait les autos ?Osé leur dire que leursdescendants faucheraientleurs prés pour… le ski?Il aurait fallu, déjà, y songersoi-même. C’eut été du rêve.C’est une réalité.
  8. 8. Le bonheur simple d’une main qui tend lesésame; d’un sourire, vœu de bonne journée.On ne pense guère à l’administration, à lafinance, à la communication… Trop confinées?Rôles secondaires ? Que l’on pressent pourtantprimordiaux. Comme ailleurs il y faut desconnaissances et du talent. Comme ailleursle quotidien est travail.
  9. 9. … monter léger et descendre en liberté…A pieds, à vélo, à mountainboard.La montagne se vit maintenant dans l’autresens aussi. Encore lever les yeux bien sûr,et remonter la pente; mais le télésiège estmagique qui renverse l’effort. Les beaux joursau grand air on peut s’offrir seule la descente.
  10. 10. Un dard, un œil, une pointe, que dis-je, un cataclysme.Un couteau tranche, sépare le ciel de la terre d’où jaillit un feu.Pourpre brûlante. C’est l’astre, le soleil, sa majesté. Enchâssédans la tranche de l’atmosphère il se laisse regarder à l’œil nu,boule de feu un instant inoffensive. Le temps de s’arrondir, dedégager son disque précieux de la gangue. Car à peine le filouateux dépassé il vire à l’éclatance, inonde l’univers de lumièreet brûle la pupille qui se détourne alors, vaincue.
  11. 11. Il neige. Au petit jour, trois flocons– ou un grand vol de papillons blancs –vous mettent la joie au cœur.Et la turbine, là-haut, crache une neigesélective qui supplée à celle, égalitaire,des nuages.Après il faudra façonner: rendre la pentesûre, faire la piste lisse. Délices.
  12. 12. Que reste-t-il des traces d’antan?Dans la neige s’entend.Un gros scarabée la fait: bien droite,bien lisse, bien plate… Collective.Mais oui! La machine maintenant fait biennos calculs, notre café; elle lave notrechemise et sèche nos cheveux. Pourquoi nelaisserait-elle, dans la neige, nos traces aussi?
  13. 13. Faire le point: la météo, le bulletind’enneigement, l’état du balisage...Dans le calme des arrière-salles.Car il faut orienter les foules, canaliserles flots, assurer les cheminements.Et puis décider. Et puis agir.Et, peut-être, secourir. Il y faudra alorsdes gestes justes et prompts.
  14. 14. Prêt? Prêt!Les hommes sont à leurspostes. L’œil, l’oreille,la main au service du plaisir.Le «téléphérique» va devenirtélé féerique.Tournez !
  15. 15. Un peu de neige vous change toute lamontagne. Parée ainsi elle peut assouvirnos envies. Souvenez-vous :…la chevaucher, descendre en liberté…?Et la liberté, cela s’apprend vite.Regardez les enfants ?Salut les grands ! On descend.
  16. 16. La glisse, apprise, repousseles limites jusqu’aux confinsde l’ivresse. Entre ciel etneige la terre s’est esquivée,presque. On pourrait y lireun morceau d’allégorie.A l’enseigne du bonheur.
  17. 17. Un sage m’a expliqué que la lune est le rêvefait par le soleil.Oh! le beau rêve, sombre et serein.Lorsque le ski a rendez-vous avec la lunele comble de la féerie n’est pas loin.Et si le plaisir était… rond?Saisissons-le, parce qu’au firmament nocturnele cercle parfait ne dure qu’une nuit.
  18. 18. Cuisiner c’est partager; servir c’est donner.Il faut des mains habiles, des espritsouverts, des cœurs généreux. Et faire soncontent d’être l’envers du décor.A quoi serviraient la salle à manger,la terrasse, s’il n’y avait la cuisine?
  19. 19. Photos: F. Panchard - J.-P. Guillermin - Klopfenstein - LDD I Textes: SG Atelier d’écriture I Graphisme: P. Charbonnet I Impression: IGN I Reliure: Les Arcades I Laminage/ vernis : KMC © Télénendaz - 2008

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