B a ba

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  1. 1. “Une langue pauvre conduit à ne parler qu’à ceux qui sont comme vous et donc contribue à appauvrir encore la langue, tandis qu’une langue forte vous amène à échanger avec ceux qui sont différents” Alain Bentolila “A quoi bon se débarrasser des dictateurs, si l’éducation n’a pas fait des peuples résistant à l’obscurantisme et à l’intégrisme ?” Alain BentolilaSource : le nouveleconomisteB-A BAExpression écrite et orale, les nouveaux illettrésMaîtrise de moins en moins bien les fondamentaux, attention au risque de régression durable.Tel pourrait être le bulletin scolaire de toute une génération, au regard de sa capacité às’exprimer de manière écrite ou orale. Le phénomène est aujourd’hui mesurable et il faitapparaître de réelles carences aussi bien à l’entré e du système scolaire qu’à sa sortie.Certaines techniques d’enseignement et priorités dans les programmes sont certes à revoir,notamment dans l’apprentissage de la prise de parole. Le monde professionnel n’estcependant pas exempt de responsabilités en la matière. Fonctions et secteurs d’activitéprivilégient les forts en maths plutôt que les forts en thème. Résultat, les sciences dites“dures” mobilisent bien plus l’attention des élèves et des étudiants que les “humanités”.Pourtant, tous seraient bien inspirés de reconsidérer la moindre valeur accordée à la langueécrite et parlée. Il en va de leur insertion mais aussi de leur ascension professionnelle, quand ilne s’agit pas d’éviter purement et simplement l’exclusion. Sans oublier bien entendu l’enjeudémocratique : la faiblesse du langage conduit souvent à recourir à la violence et lesdifficultés de compréhension font la part belle aux discours extrémistes.Durant deux heures chaque semaine, 150 étudiants inscrits en première année de laprestigieuse université Pierre-et- Marie-Curie vont à ce cours un peu particulier en traînant lespieds. Tous ont en commun de ne pas avoir obtenu la moyenne au bac de français, ce qui leurimpose de devoir suivre cet enseignement obligatoire en orthographe et en syntaxe.Impensable il y a quelques années dans cette fac d’élite en matière scientifique, maisindispensable aujourd’hui, compte tenu du faible niveau d’un nombre croissant d’étudiants.“Il y a un désintérêt de l’écrit dès lors que les étudiants arrivent à l’université. Nous essayonsde leur faire comprendre que les outils de construction sont essentiels pour objectiver leurs
  2. 2. connaissances”, détaille Claire Blain, le professeur responsable du pôle français à l’universitéPierre-et-Marie-Curie. Cette remise à niveau serait-elle une exception universitaire française ?Pas vraiment, une vingtaine d’établissements de l’enseignement supérieur ont instauré ce typed’enseignement pour pallier les carences de leurs étudiants.L’expression écrite et orale, un mal français ? Une pathologie évolutive en tout état de cause.Et l’aggravation constatée ces dernières années fait de cette question l’une despréoccupations numéro un au ministère de l’Education nationale. Une maîtriseimparfaite de la langue écrite ou parlée conditionne en effet le devenir de toute unegénération, que ce soit dans sa vie citoyenne ou professionnelle. L’épanouissement ou lamarginalisation repose aussi sur ces fondamentaux. La tentation de se laisser séduirepar un discours extrémiste n’y est pas étrangère.La baisse incontestable de niveauLe niveau baisse ! Le constat revient régulièrement : chez le recruteur à la lecture d’une lettrede motivation, chez le téléspectateur en lisant les bandes défilantes au bas des programmesdes chaînes d’information ou chez le justiciable au moment de signer un procès-verbal rédigépar un jeune policier. A chaque fois, des fautes d’orthographe apparaissent là où ellesn’étaient pas envisageables une décennie plus tôt. Analyse purement empirique qui ne sevérifie pas sur le plus grand nombre, objecteront les plus optimistes.“Il y a un fantasme du niveau qui baisse. Les inscriptions sur les murs de Pompéicomportaient déjà des fautes d’orthographe”, rappelle un inspecteur d’académie contraint des’exprimer sous le couvert de l’anonymat, compte tenu de la réserve imposée aux hautsfonctionnaires en période préélectorale. Malheureusement, la réalité statistique a de quoisusciter de l’inquiétude. Entre 1987 et 2007, le ministère de l’Education nationale a mesuréles performances d’un panel de 2 500 à 4 500 élèves sur les connaissances de base : lire, écrireet compter en fin de CM2. Le résultat est édifiant. Pour ce qui est de la lecture, en 2007“deux fois plus d’élèves se situent au niveau de compétence des 10 % d’élèves les plusfaibles de 1987”.Pour la compréhension d’un texte nécessitant la rédaction écrite d’une réponse, “le taux denon-réponse augmente de manière constante de 1987 à 2007. Il renvoie au fait que les élèvesfrançais ont tendance à s’abstenir de répondre aux questions exigeant un effort derédaction”, conclut l’étude. Quant à la dictée de 85 mots, le nombre de fautes est passéde 10, 7 en 1987 à 14,7 en 2007. Le pourcentage d’élèves qui faisaient plus de 15 erreursétait de 26 % en 1987, il atteint 46 % 20 ans plus tard. Il ressort de cette enquête que lacatégorie sociale d’appartenance joue un rôle dans la faiblesse du niveau, notamment pour la
  3. 3. lecture qui va déterminer ensuite la maîtrise de l’expression tant écrite qu’orale. Le ministèrereconnaît néanmoins que la baisse importante des résultats a touché toutes les catégoriessociales, “ ce qui laisse supposer un effet principalement lié à l’apprentissage scolaire”,conclut-il sans prendre la peine de s’épargner.L’accumulation des carences tout au long du cursusOr les carences accumulées en début de parcours se retrouvent tout au long du cursus. Dansles murs de la prestigieuse Sorbonne, le professeur Alain Bentolila a refroidi plus d’unétudiant de son master de linguistique générale. 10 sur 75 ont eu la fâcheuse surprise derécolter un 2 sur 20 “Lorsque je les reçois en tête à tête pour leur expliquer la raison de cettenote, ils réagissent en me disant : “Mais on ne m’avait pas fait ces remarques avant !”Ils ont suivi un cursus qui les a amenés du collège au lycée puis à la licence et c’est à moi, enquatrième année, de pointer leurs faiblesses. Le système a levé les barrières et a installé uncursus complaisant et cruel car le constat des insuffisances se fait très tard.” Et que dire deceux qui sortent très tôt du système scolaire ? Une équipe de chercheurs, dirigée par AlainBentolila, épluche les résultats des tests dispensés lors de la journée d’appel et depréparation à la défense (JAPD). Le taux de celles et ceux qui sont considérés commeillettrés ne varie pas à la baisse. Il demeure, depuis des années, bloqué à 10,5%. Au final,le diagnostic est assez préoccupant, puisqu’aux difficultés de lecture et de compréhension decertains s’ajoutent l’incapacité à restituer ou à synthétiser de manière claire et compréhensiblepour d’autres.La défaillance des techniques d’enseignementLa faute à qui ? Difficile d’exonérer le système scolaire, notamment dans sa partie obligatoirepour toute une génération. Ce sont d’abord des techniques d’enseignement qui ont causé pasmal de dégâts. Plus précisément, la méthode d’apprentissage de la lecture dite “globale”. Ellea privilégié, durant 20 ans, la reconnaissance des mots plutôt que la méthode dite “syllabique”qui met l’accent sur le déchiffrage. “L’institution a mis du temps à se rendre compte des effetsde ce choix. Il y a eu une opposition entre les tenants du “code”, c’est-à-dire de l’accent missur le fait de déchiffrer, et les défenseurs du sens, c’est-à- dire de la méthode globale”, soupireun haut fonctionnaire du ministère de l’Education nationale.Le linguiste Alain Bentolila va même jusqu’à rechercher les causes du mal encore plus tôt.Dans le rôle des parents, au moment de l’acquisition du langage. “On ne prend plus assez soinde la langue des enfants, qui est laissée livrée à elle-même. Un enfant ne peut se former aulangage qu’à la condition que ses parents soient dans un mélange d’exigence et debienveillance et n’hésitent pas à le reprendre lorsqu’il commet des erreurs.” L’étape suivantese joue à l’école maternelle où la scolarisation dès deux ans a eu tendance à transformer ceslieux en une super garderie. “Il y faut des maîtres formés spécifiquement et les notions debilan et de progression doivent y être acceptées. Ce qui permettra ensuite de demander desmoyens supplémentaires”, poursuit Alain Bentolila.L’école primaire comporte également sa part de responsabilité. “Les élèves sont trop passifs,ils ne prennent pas assez la parole et n’écrivent pas suffisamment. Entre différents maîtres, lademande de production écrite peut varier de 1 à 7. Or les élèves verbalisent ce qu’ils ont vu etécrit”, note cet inspecteur d’académie qui relate, enthousiaste, une expérience menée dans uncollège de sa circonscription. “Les enfants réalisaient un journal-école. Face au tableau
  4. 4. interactif, un clavier sans fil circulait de manière à ce que chacun puisse écrire le titre et lesous-titre pour chaque article. Dans ce type d’exercice, l’implication de chacun était totale.”Quant au lycée, c’est sans doute l’impréparation à l’enseignement supérieur qui lui est le plusreproché. Ce qui explique les nécessaires remises à niveau, initiées par les présidentsd’université. Cette moins bonne maîtrise de l’écrit mais aussi de l’oral explique en partie lespiètres résultats de l’enseignement supérieur en premier cycle. Certes, le défaut d’orientationjoue un rôle, mais il est impossible d’exonérer le niveau des étudiants.L’expression orale tout aussi préoccupanteA tous les stades du parcours scolaire, si l’écrit est insuffisamment maîtrisé, il fait néanmoinsl’objet d’attention. L’expression orale est tout aussi préoccupante, mais elle est en outredélaissée. “C’est un problème universel, mais qui se pose plus particulièrement en France. Ilfaut à la fois une démarche de participation et une qualité de l’expression orale. Nousinsistons sur cela dès l’école maternelle qui est, par excellence, l’école du langage, indiqueJean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement au ministère de l’Educationnationale. N’oublions pas que dire c’est discourir, mais l’histoire de l’école en France estconstruite sur la valorisation de l’écrit et des auteurs. D’ailleurs il n’y a pas, dans notre pays,de mesure spécifique sur ce point. Le seul lieu où la prise de parole est valorisée est sansdoute les grandes écoles. Ailleurs, il n’existe pas de matière spécifique dédiée, alors quedans le monde professionnel, le niveau d’exigence de l’expression orale a augmenté”,regrette Nicole Geneix, ex-secrétaire générale du syndicat d’enseignants SNUI et aujourd’huidirectrice de l’éducation à Istres (Bouches-du-Rhône). Une étude menée par le CNRS sur 1000 enfants donne une idée de l’hétérogénéité du niveau à l’entrée en sixième. “Les mieuxlotis maîtrisent 2 500 mots, tandis que 11  % ont un champ lexical qui ne dépasse pas 350mots, soit un écart de 1 à 7”, souligne Alain Bentolila.Le monde professionnel préfère les forts en mathsLa baisse de niveau régulière dans la maîtrise de l’expression écrite et orale ne peut cependantse résumer à un procès exclusif de l’école. D’autant que l’institution a réagi à partir de2008. “Les programmes ont été recentrés dans le primaire autour des fondamentaux :lire, écrire, calculer avec un cadre de progression défini. Par ailleurs une aidepersonnalisée de 2 heures par semaine a été instaurée pour les élèves les plus endifficulté”, détaille Jean-Michel Blanquer, le directeur général chargé del’enseignement. Enfin, pour mesurer l’impact de cette réforme, une évaluationsystématique, et non plus sur un panel, est menée chaque année sur 800 000 enfants enfin de CE1 et de CM1. Les premiers résultats, qui portent sur l’évolution 2008 / 2011,semblent encourageants. A l’intérieur de chaque classe d’âge découpée en quatregroupes de niveau, celui des “plus faibles” passe 8,5 à 7,5 % du total, tandis que legroupe des “plus forts” passe de 44 à 51 %.
  5. 5. La sphère professionnelle a elle aussi une sérieuse part de responsabilité dans ladévalorisation de l’écrit et de l’oral. Elle a épousé, voire accentué, la tendance généralequi veut que les sciences dures soient mieux considérées que les humanités. Les classespréparatoires scientifiques et commerciales attirent beaucoup plus de candidats auxgrandes écoles que les “prépas littéraires”. Résultat, dans le top management desentreprises, les forts en maths sont bien plus nombreux que les forts en thème, a tel pointque les normaliens comme Denis Olivennes (groupe Lagardère) font souvent figured’exception face aux polytechniciens et aux HEC. Même constat pour les métiers et lesfonctions. Les directeurs administratifs et financiers ont une influence et une rémunérationsouvent supérieures aux hommes de ressources humaines. Les seuls littéraires à tirer leurépingle du jeu semblent être les avocats, qui surfent sur la judiciarisation de la vie tantpersonnelle que professionnelle. Mais là encore, les spécialistes du droit fiscal et du droitcommercial, souvent bardés d’un double cursus, sont bien plus prisés que les civilistes etles pénalistes.Dans l’univers de la création, scénaristes et paroliers restent cantonnés à la confidentialitéquand réalisateurs et interprètes mobilisent le devant de la scène. Derrière le succès du filmLe Prophète mis en scène par Jaques Audiard ou encore la saison 2 de la série Braquo, peuconnaissent la “plume” Abdel Raouf Dafri, le scénariste français sans doute le plus doué pourles films policiers. Même anonymat pour Eddy Marnay qui a composé les titres à l’origine dusuccès planétaire de Céline Dion ou encore Gérard Presgurvic qui a travaillé pour PatrickBruel et Florent Pagny.Le microcosme politique ne valorise pas plus les forts en thème. Dans les cabinetsministériels, la plume est souvent confinée aux seconds rôles. Exception faite d’HenriGuaino, scribe de l’actuel président de la République. Il est néanmoins intéressant deconstater qu’après la dissolution du gouvernement Jospin, son conseiller en communicationManuel Valls est devenu maire d’Evry (Essonne) et joue un rôle majeur dans la campagne deFrançois Hollande. Celui qui, à l’époque, écrivait les discours, Aquilino Morelle, a intégrél’Inspection générale des affaires sociales. Seuls les initiés auront remarqué qu’il est l’auteurdu rapport sur les dégâts causés par le Mediator.Un passeport indispensable pour l’insertion professionnelleS’il est encore nécessaire à démontrer, le lien entre la maîtrise de la langue et l’insertionprofessionnelle tient à un chiffre. Alors que l’illettrisme (à ne pas confondre avecl’analphabétisme, voir encadré) représente 10,5% de la population majeure, il touche 30%des allocataires du RSA. Or les stages de remise à niveau sont sans effet, car ils nepermettent pas de travailler en profondeur et en amont sur les difficultés de lecture oud’écriture. A l’autre bout de la chaîne, la responsable du pôle français à l’université Pierre-et-Marie-Curie, Claire Blain, note que la “non-maîtrise des outils linguistiques se retrouve demanière globale dans le projet professionnel des étudiants. Ils sont souvent moinsimpliqués et seront tentés de se dire qu’ils peuvent toujours faire écrire leur lettre demotivation par une tierce personne”.Et c’est justement lors de cette étape que se situe l’un des enjeux capitaux pour l’avenir de cesfuturs actifs. Dans le secteur public, le recrutement passe par un concours, tout commel’avancement souvent conditionné par des examens internes. Au sein de l’entreprise, lettre demotivation et entretiens souvent multiples constituent aujourd’hui encore le principal mode desélection. Or à diplôme équivalent, ce sont bien les performances écrites et orales qui
  6. 6. font la différence. Quant aux créateurs d’entreprise ou aux indépendants, leur réussitepasse par leur capacité à vendre oralement un projet qu’ils auront préalablement écrit.Le syndrome des technosA une autre extrémité de l’échelle sociale, les “spécialistes” souffrent également decarences en matière d’expression écrite et orale. Médecins, experts de tous ordres,avocats, magistrats, économistes ont du mal à sortir de leur jargon professionnel pourexpliquer une situation au plus grand nombre ou transmettre une information en tête àtête. Habitués à échanger d’abord avec leurs pairs, ils perdent progressivement l’habitude dechoisir les mots qui pourraient être compris par ceux qui n’appartiennent pas à leurmicrocosme. Résultat, le patient va nourrir du ressentiment à l’égard de son thérapeute à qui ilreprochera de ne pas lui avoir délivré une information correcte.Le justiciable se plaindra du non respect de ses droits, faute d’information claires sur ledéroulement d’une procédure. Sans compter les problèmes de cohésion interne, dans uneentreprise, entre l’encadrement et l’exécution “Un bac p+ 5 qui utilise un langage hyper-spécialisé ne doit tout de même pas perdre de vue qu’il doit se faire comprendre par un bacplus 2” prévient un inspecteur d’académie. En la matière, les bonnes pratiques s’acquièrentégalement dès la formation. “Nous avons un effort à réaliser pour élargir le champ deconnaissances et éviter cette hyper-spécialisation qui risque de devenir obsolète” met en gardeMarie-Danièle Campion, recteur de l’académie de Rouen.La violence en l’absence de motsEst-ce véritablement une surprise, la population pénitentiaire compte deux fois plusd’illettrés que la moyenne nationale “et ils ont un taux de récidive deux fois supérieur aureste de la population carcérale”, précise le linguiste Alain Bentolila. Une mauvaisemaîtrise de la langue, surtout parlée, est souvent le détonateur du passage à l’acteviolent, précisément chez les jeunes. A bout d’arguments, ils optent alors pourl’affrontement physique. Eric Debarbieux, l’un des meilleurs spécialistes des violencesscolaires en France, estime d’ailleurs que la lutte contre les violences à l’école et contrel’illettrisme vont de pair. Il en veut pour exemple les expériences menées en ce sens auQuébec où des séances de lecture organisées avant les cours donnent des résultats positifs.Les conséquences d’une mauvaise maîtrise de l’expression tant écrite qu’orale neconstituent pas uniquement un enjeu sécuritaire mais bel et bien un défi démocratique.“Une langue pauvre conduit à ne parler qu’à ceux qui sont comme vous et donccontribue à appauvrir encore la langue, tandis qu’une langue forte vous amène àéchanger avec ceux qui sont différents”, analyse Alain Bentolila. Un message à entendre àl’heure où les discours fondamentalistes martelés avec une syntaxe réduite au strict minimum,touchent justement ceux qui maîtrisent le moins bien le verbe. Invité à s’exprimer lors d’uncolloque organisé, le 1er février à Casablanca par un hebdomadaire marocain, le linguiste alancé, un rien provocateur, à l’assistance composée d’une partie de l’intelligentsia marocaine :“A quoi bon se débarrasser des dictateurs, si l’éducation n’a pas fait des peuples
  7. 7. résistant à l’obscurantisme et à l’intégrisme ?” Le propos ne devait bien évidemment rienau hasard, dans un pays où l’analphabétisme touche près de 40 % de la population.Illetrisme et analphabétismeDes maux différentsIl est important de ne pas confondre l’illettrisme qui concerne de personnes passées par lesystème scolaire mais qui n’ont pas acquis les connaissances leur permettant d’être autonomedans la vie courante (lire un programme de télévision, comprendre un bulletin météo, écrireune liste de courses). L’analphabétisme concerne celles et ceux qui n’ont pas été en contactavec le système éducatif.Selon la dernière enquête menée par l’INSEE, 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans etrésidant en France, soit 3,1 millions de personnes, est touchée par le phénomène del’illettrisme. 59 % sont des hommes et plus de la moitié ont plus de 45 ans. Un sur deux résidedans des zones faiblement peuplées, mais, à l’encontre des idées reçues, 57 % des personnesen situation d’illettrisme ont un emploi contre 11 % en situation de chômage.Compréhension de l’écritLa France en 22 ème positionTous les trois ans, l’OCDE évalue au sein des 34 Etats membres et 41 pays partenaires lesconnaissances et les acquis des jeunes de 15 ans en lecture, mathématiques, et sciences. Dansla catégorie performances des élèves en compréhension de l’écrit, Hong Kong arrive enpremière position suivi de Singapour, du Canada, de la Nouvelle- Zélande et du Japon. LaFrance se situe en 22e position derrière l’Estonie, l’Islande et l’Irlande. Pour ce qui est dupourcentage d’élèves dit “résilients”, c’est-à-dire capables d’atteindre l’excellence en dépitd’une appartenance à un milieu social défavorisé, la France arrive en 9e position derrière la
  8. 8. Corée, la Finlande, la Nouvelle-Zélande, le Japon ou encore le Portugal, mais devantl’Allemagne, le Royaume-Uni et le Danemark.Par Franck BouazizPierre Dupont dit :24/02/2012 à 14 h 05 minExcellent article mettant en exergue les enjeux de la faiblesse de la langue. Ancien enseignantdu primaire, la pirouette rhétorique, référence à l’antiquité ne convainc guère. Recentrer lessituations de langage au coeur de l’enseignement certes mais on déplore aussi la faiblesse deséchanges oraux dans la cellule familliale, tout comme l’on constate la faiblesse des supportslus par les enfants dans certains foyers (parfois seulement le programme télé) à l’heure dulivre numérique.De la stupéfaction aussi lorsque je repense à certains jeunes collègues qui multipliaient lesfautes de syntaxes à l’oral et d’orthographe (accord du participe passé) au tableau pourtanttrès bien notés lors des inspections.Diane dit :24/02/2012 à 19 h 34 minCher Franck Bouaziz,je viens de lire ton article très complet et intéressant sur le B A-BA qui, pour moi, est la basede notre insertion en société, à tous les niveaux. Bravo!!!Si tu veux, je peux alimenter le débat car je suis Ecrivain public bénévole au sein d’uneassociation AIDEMA(dans le 19ème) où nous faisons face à ces problématiques! XavierPéron, Ecrivain Public « en chef » pourrait, si cela t’intéresse bien sûr, te rencontrer pour uneinterview! Un doc, en deux parties a été fait sur l’Association et ses usagers! Cela te donneraun aperçu de ce qu’il s’y « construit » ! Voici les liensPrête moi ta plume Part 1 – Vidéo Dailymotionhttp://www.dailymotion.com/…/xgnipk_prete-moi-ta-plume-..Prête moi ta plume Part 2 – Vidéo Dailymotionhttp://www.dailymotion.com/…/xgmd4u_prete-moi-ta-plum...et son mail pour le joindre éventuellement : aidemaparis@yahoo.frMerci de ton attention à ma prose!
  9. 9. Colette Diane (ex-Nouvel Economiste!!!)

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