Série Noire




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je suis parolier, c'est-à-dire que j’écris des textes de chansons, j’ai commencé il y a 13 ans par de
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                            Sommaire


     p. 4                     La dernière tâche
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Tout à coup, une nouvelle attaque, insidieuse, inexorable… La mort est de plus en plus 
présente  aux  alen...
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            FIN DE NUIT

         Le matin se profile
     En d’infimes lueurs bleues
    Cherchant comme ...
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           Ton cafard se soulève
           Réveillant les envies
          Qui ternissent tes rêves
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          PROFILEUR

       Je suis profileur
      Je fais mes délices
      De quelques indices
    Dans...
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              Dans la grande peur
             Berçant des entrailles
             Je coupe et je taille
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                    VOITURE 05 PLACE 12 CÔTÉ FENÊTRE
                        COMPARTIMENT NON FUMEUR


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     Dix minutes de retard on va pas y arriver.
Lui, il étale une deuxième couche de son angoisse.
Elle, e...
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     On va louper notre correspondance tu crois que le retard va diminuer ?
Lui, il marmonne entre ses dents...
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     j'étais dans le train entre Bordeaux et Marseille avec mes filles
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                   Des gouttes de sang
                   Petits bouts de chair
                  Dans la c...
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              LA LONGUE NUIT

         En ce jour de trop longue veille
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                 Ils étaient bien là
                 Sur cette chaussée
                  Le regard en bas
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     fin de l’entracte

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        Le décor est bien différent de celui de ma terre d’origine.
Il fait froid.
Je me cache en entendan...
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            L’AMÈRE

        La mère a mis
       Ses habits sales
       Dans la machine
           À dél...
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                        Tout à l’envers
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         Visage fermé 
         La discrétion 
       Près du balcon 
         Rideaux tirés 
        Peti...
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une nouvelle que j’aimerais voir se transformer en un scénario de film, elle a été écrite
après un texte d...
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Tout à coup, elle entend un remue-ménage. Le choc de quelques bises griffe l’espace dans
le couloir, des pas ...
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dans la douceur de sa bulle, dans le calme soyeux de cette chambre chaude comme un
refuge.
Voici l’ami fiévre...
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mine sombre et l’air un peu gêné. Des toux plaintives s’évadent avec maladresse.
Elle doit s’asseoir sur un b...
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      Devant le grand bleu de cette île
       Je pense à ton dernier départ
         À la beauté de ton r...
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                   Devant le grand bleu de cette île

                   Devant le grand bleu de cette île...
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                    CREVASSES

          Dans ma cité      En ce repaire
             De HLM    J’ai des f...
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          Je sue très fort J’ai de la haine
      Dans mes neurones     Comme un lépreux
            Et tout...
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                             remerciements à


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Un recueil de poèmes inédits et de textes de chansons écrits par Bernard Pichardie.

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  1. 1. Série Noire http://www.gratuibook.fr/ présente Série Noire textes de Bernard PICHARDIE Éditions SOLMAT 1
  2. 2. Série Noire je suis parolier, c'est-à-dire que j’écris des textes de chansons, j’ai commencé il y a 13 ans par de la poésie mais qui lit de la poésie ? … ! ! ! j’ai donc essayé de trouver des compositeurs pour mes textes et plus de 50 ont posé leurs notes sur mes mots … quelques interprètes ont eu le courage ( ou l’inconscience ) de poser leurs voix sur nos chansons quelques titres sont maintenant sur des C.D. et je suis toujours à la recherche de chanteuses et chanteurs motivés j’ai eu également des envies d’explorations de styles d’écritures, nouvelles, théâtre, essais … … toujours pour le plaisir de la création et de la rencontre par le biais de la co-écriture ce petit recueil peut être communiqué par courriel via internet certains textes peuvent être déposés sur des sites ou des blogs je souhaite qu’on me le signale pichardie@pichardie.com et qu’on ajoute les noms des auteur(s) et, pour les textes de chansons, des compositeurs avec le lien vers l’un de mes blogs j’accepte toutes les critiques éventuelles Bernard Pichardie www.pichardie.com http://chantsongs.musique.com 2
  3. 3. Série Noire Sommaire p. 4 La dernière tâche p. 6 Fin de nuit p. 8 Profileur p. 10 Voiture 05 place 12 côté fenêtre compartiment non fumeur p. 13 Le kid killer p. 15 La longue nuit p. 17 Silex p. 21 L’amère p. 23 Maison à vendre p. 25 Héloïse p. 29 Devant le grand bleu * p. 31 Crevasses * coécriture avec Marie-Noëlle RINAUDO http://marino.musique.com 3
  4. 4. Série Noire     LA DERNIÈRE TÂCHE                                                                                                                                              Le besogneux                    Il  sait  qu’il  va  bientôt  accomplir  sa  dernière  tâche.  Il  a  peu  de  temps  pour  se  préparer,  juste  quelques  instants  pendant  lesquels  il  va  puiser  dans  les  réserves  ses  forces ultimes. Il veut donner le maximum. Parmi les élus, une dizaine de vainqueurs mais  qui perdront la vie. Il le sait, il l’accepte sans révolte. Depuis les premiers jours, depuis les  premières lueurs, le rite est identique. Alors, il se tient prêt.   Il pense à elle sans cesse en s’étourdissant de travail. Il ne pense à rien d’autre. Elle est sa  seule raison de vivre, son seul but. Mais, il y a un « Mais »… Son avenir à elle se fera sans  lui.  Terrible  constat…  Mais  pas  de  parade  possible,  pas  de  dérobade  ni  de  fuite.  Aucun  refuge pour éviter la mission. Il n’a d’ailleurs pas l’intention de reculer devant l’épreuve  finale.   Le désespéré                    Il avance de son pas lent le long du sentier. Il piétine sur les feuilles jaunies en  pleurant ses derniers désespoirs. Les giboulées d’un printemps tardif ont fait place à la  canicule. Il se sent à l’abandon, ballotté par les rafales d’un vent qui s’engouffre dans ses  pensées.  Les  doigts  de  sa  main  droite  s’agrippent  à  cette  lettre  déposée  au  fond  de  sa  poche. Les analyses confirment la sentence. Il a tout perdu, ses éclats de rêves se sont effilochés.  Il  n’a  plus  qu’une  idée  en  tête,  partir.  Partir  pour  se  terrer  loin  de  sa  terre,  loin  de  son  terroir, de son territoire réduit en lambeaux. Ses racines ne coulent plus dans ses veines, elles ne sont plus que des miettes dérisoires.  Il crache des frissons face au souffle torride qui lui lacère la peau de ses colères.    La mission‐suicide                    Le voici fin prêt … Conditionné depuis sa naissance à la finalité de son parcours  terrestre,  il  n’a  qu’une  envie,  la  posséder.  Elle,  elle  est  seule  face  à  de  trop  nombreux  prétendants. Elle est légère, accueillante, disposée à se laisser séduire. Par lesquels ? 4
  5. 5. Série Noire   Tout à coup, une nouvelle attaque, insidieuse, inexorable… La mort est de plus en plus  présente  aux  alentours.  Des  signaux  envoyés  ont  été  confirmés  par  les  nombreuses  disparitions  inexpliquées.  Malgré  cela,  rien  ne  vient  perturber  le  travail  du  groupe.  S’il  faut disparaître, ce sera dans l’unité. Il  a  conscience  que  le  départ  est  proche,  la  force  est  en  lui.  Le  soleil  a  posé  ses  mille  rayons  sur  la  campagne  environnante.  La  vitesse  de  réaction  pour  rejoindre  celle  qui  a  été  choisie  sera  déterminante.  Il  voit  bien,  il  sait  bien  qu’il  n’est  pas  le  seul  en  lice.  Ses  coéquipiers sont également sur le qui‐vive. Un léger tremblement suivi d’une envolée. La mission débute dans la frénésie.     Échec et mat                    En quelques jours, il a perdu les fruits de sa passion. Il ne reste rien de ses heures  de préparation, de ses heures de soin intensif. Sa main tremble en déchirant le rapport  des analyses reçu ce matin. L’ennemi a laissé le mal se propager. Ses possessions ont été  possédées. La mort s’est engouffrée dans la grande majorité de ses colonies. Il se doute  que  les  demandes  d’indemnisation  sont  les  étapes  d’un  parcours  semé  d’embûches,  de  mesquineries. Les assureurs ne sont pas rassurants. Le « Gaucho », dont les quantités répandues sur le maïs ont été triplées par erreur, a fait  de nouvelles victimes… Il n’a pas envie de lutter. Face au soleil de plomb, il approche le revolver de sa tempe… Le corps d’un faux‐bourdon au bas‐ventre déchiqueté vient s’écraser à côté du trou laissé  par la balle.   Final dans la joie et l’allégresse                    Pas loin de là, dans un rucher non contaminé, la reine commence la ponte avec  frénésie. Autour d’elle, les abeilles frétillent, s’agitent sans relâche. La vie est belle ! …  Bernard Pichardie  juillet 2005 5
  6. 6. Série Noire FIN DE NUIT Le matin se profile En d’infimes lueurs bleues Cherchant comme un reptile Les cernes de tes yeux Tout au bord du trottoir Enrobé de murmures Tes pensées dérisoires Se projettent sur un mur Tu traînes ta carcasse En gestes fatigués Entassés dans l’impasse Où gisent tes regrets Ton blues se déchaîne Cimenté à ta rue Ton blues te ramène Au final des exclus Tu écoutes sans violence La plainte d’un refrain Les griffes d’une absence Pénétrant le crachin La trompette se vide Le long de ton coma En musique livide Accrochée à tes pas 6
  7. 7. Série Noire Ton cafard se soulève Réveillant les envies Qui ternissent tes rêves Hantés par la survie Ton blues se déchaîne Cimenté à ta rue Ton blues te ramène Au final des exclus Tu balances ton spleen Tout près du caniveau Tandis que se débine Le froid de ton cerveau Tes souffrances s’agitent Craquelant tes frayeurs Ton agonie palpite Au fin fond de ton cœur Et tu craches ton sommeil Vers l’ultime décor Englué d’un soleil Ressemblant à la mort Ton blues se déchaîne Cimenté à ta rue Ton blues te ramène Au final des exclus musique Olivier DENANS paroles Bernard PICHARDIE chanson déposée à la SACEM    pour écouter la maquette de la chanson  http://chantsongs.musique.com/206962/FIN-DE-NUIT 7
  8. 8. Série Noire PROFILEUR Je suis profileur Je fais mes délices De quelques indices Dans tous les bas-fonds Où sévit le crime Devant les horreurs De la mort immonde Je cherche et je sonde Dans le plus profond Des sévices intimes Je suis profileur Je cherche et je traque Dans ces culs-de-sac Donnant sur l’effroi Je poursuis l’enquête Sur le grand malheur De quelques ruelles Vidant leurs poubelles J’ fais mon cinéma Au fond de ma tête Je suis profileur Je pêche et renifle Des traces de gifles Sur des joues d’enfants Des lèvres de femmes 8
  9. 9. Série Noire Dans la grande peur Berçant des entrailles Je coupe et je taille Sur le grand écran De désirs infâmes Je suis profileur Je sens les rancunes Qui n’ font pas la une De tous les journaux Et des magazines Loin de leurs clameurs Parfois je m’emballe Dans une arrière salle Devant des photos Je vois je devine Je suis profileur Je fais mes délices De quelques indices Dans tous les bas-fonds Où sévit le crime Devant les horreurs De la mort immonde Je cherche et je sonde Dans le plus profond Des sévices intimes Bernard PICHARDIE texte déposé, à la recherche d’une musique 9
  10. 10. Série Noire VOITURE 05 PLACE 12 CÔTÉ FENÊTRE COMPARTIMENT NON FUMEUR Le voyageur se dit parfois Arriverai-je un jour chez moi Mon âme est-elle planétaire Il n’est jour, semaine ni mois Qui ne me fasse sédentaire Le voyageur ne s’en va guère Le voyageur ne s’en va pas Gilles Vigneault Entre Marseille et Bordeaux, 0ctobre 2002 Il a dix minutes de retard on va louper notre correspondance à Bordeaux qu’il dit. Il, c’est le vieux monsieur. Elle, elle ne dit rien comme d’habitude. Elle laisse dire. Le train vient de repartir. De TOULOUSE MATABIAU. C’était écrit sur les panneaux du quai de la gare. Certains somnolent. Certains rêvassent. Il y a des nuages qui défilent au-dessus du vert des branches frémissantes. C’est ce qu’elle voit à travers la vitre. Il fait froid, hein ? … Une bribe de conversation s’échappe. Quelques mots futiles. Une odeur forte de camembert envahit l’espace. Le jeune à casquette vient de sortir le fromage et le pain. Tout le compartiment profite. ******* 10
  11. 11. Série Noire Dix minutes de retard on va pas y arriver. Lui, il étale une deuxième couche de son angoisse. Elle, elle n’écoute plus. Une sonnerie caracole sur l’air de « j’ai le synthé qui me démange ». Quelques paupières se soulèvent. Le portable s’approche de l’oreille de l’étudiante en droit. Oui on a dépassé Toulouse tu m’attendras à la gare non je n’ai pas mangé oui je t’aime à tout à l’heure. Un bébé crie. Un enfant pleure. L’ambiance est assurée. J’ai mon cholestérol qui a encore monté le docteur veut que je fasse des examens et des analyses moi j’en ai marre il va me dire de faire le régime. La place 36 débite ses états d’âme et de santé. Ralentissement en rase campagne. Arrêt Le haut-parleur crache ses recommandations. ******* On n’aura pas la correspondance à Bordeaux. Lui, il est reparti pour un tour. Tension à cru. Elle, elle fait semblant de dormir, alors lui, il s’arrête. Redémarrage. Gros soupirs. Accélération. Quelques jambes se déplient et s’allongent sur des places libres. Une échappée s’élance vers le wagon aux en-cas conditionnés. Passage d’une gare égarée près d’une ville pavillonnaire. La casquette a fini son repas odorant. Le contrôleur passe. Des mains se tendent, des billets s’agitent puis rejoignent leurs propriétaires, agrémentés de perforations intimes. ******* 11
  12. 12. Série Noire On va louper notre correspondance tu crois que le retard va diminuer ? Lui, il marmonne entre ses dents. Elle, elle n’en peut plus, elle ne répond pas, soulevant les épaules. On dépasse des caravanes. Puis on s’engouffre dans un tunnel. Absorbant. Absorbés dans des pensées sans conter. Une petite lumière jaune signale l’occupation d’un lieu. Une deuxième petite lumière du même jaune fadasse se joint à la première. Les envies vont souvent par paires. Des gouttelettes s’éparpillent sur les carreaux. Des commentaires fusent. Le temps n’est plus ce qu’il était pour un mois de mai c’est incroyable on se croirait en novembre les prix des légumes vont encore augmenter cet été. Les têtes les plus anciennes dodelinent. Des soupirs de lassitude saupoudrent la banalité des réflexions. ******* Je suis sûr qu’on n’aura pas la correspondance à Bordeaux. Lui, il n’en finit plus avec son obsession. Elle, elle lit son horoscope. Soudain, un bruit effrayant. Déraillement Voici que le compartiment se froisse comme un accordéon. Le son produit est bien différent. Je vais louper ma correspondance. Dit-il en mourant. Elle, elle ne l’entend plus. Bernard Pichardie nouvelle du recueil « Nouvelles FraÎches » 12
  13. 13. Série Noire j'étais dans le train entre Bordeaux et Marseille avec mes filles c'était pendant les vacances de la Toussaint 2001 et tout à coup, l'idée m'est venue de transposer les événements du 11 septembre au niveau d'une cour de récréation ... une chanson à la recherche d’interprètes LE KID KILLER Pour entrer en classe Y a un portillon Le silence efface Quelques cotillons C’est un écolier Qui a des frissons Il a oublié Toutes ses leçons Un canon scié Dans la main du gnome Vite il a tiré Puis a mis la gomme Le Kid Killer Le Kid Killer Le Kid Killer S’est fait la malle Le Kid Killer Le Kid Killer Le Kid Killer Est en cavale 13
  14. 14. Série Noire Des gouttes de sang Petits bouts de chair Dans la cour des grands Tout près des waters Plus d’instituteur Devant cette école Des cris et la peur Quand la mort décolle Un petit killer A joué l’affreux Semant la terreur L’effroi et le feu Le Kid Killer Le Kid Killer Le Kid Killer S’est fait la malle Le Kid Killer Le Kid Killer Le Kid Killer Est en cavale musique Christian LAPORTE paroles Bernard PICHARDIE chanson déposée à la SACEM pour écouter la maquette de la chanson http://chantsongs.musicblog.fr/57489/LE-KID-KILLER 14
  15. 15. Série Noire LA LONGUE NUIT En ce jour de trop longue veille Je suis debout anéanti J’entends comme un essaim d’abeilles Se profiler sur ma folie Je ne suis pas sûr D’avoir bien compris Je sens des ratures Au fond de ma vie Les gens me regardent Sans faire de bruit Leurs flèches blafardes Décochent leur mépris J’ai comme une angoisse Le souffle d’un cri Je porte la poisse De mon agonie Je ne suis pas un assassin Je veux savoir où est la faille J’avais du sang sur les mains Mais la mémoire en moi défaille Je ne crois plus en mon étoile Devant le seuil de mon chagrin Qui étale sur moi son voile En me vidant de mon crachin 15
  16. 16. Série Noire Ils étaient bien là Sur cette chaussée Le regard en bas Sans aucune pitié Le temps était lourd En ce soir d’été Je devenais sourd Sous les coups de pieds Y avait cet enfant Démantibulé Et puis moi devant Mais j’ai oublié En ce jour de trop longue veille Je suis debout anéanti J’entends comme un essaim d’abeilles Se profiler sur ma folie Je ne suis pas coupable Mais ils veulent ma mort Ils sont impitoyables Entourés de rapports Je suis devant mes juges Exposé affaibli Je n’ai comme refuge Qu’une trop longue nuit Une trop longue nuit Une trop longue nuit Bernard PICHARDIE texte déposé, à la recherche d’une musique 16
  17. 17. Série Noire SILEX Nous finirons la guerre Avec des lance-pierres Si nous vivons demain Nous en viendrons aux mains Guy Béart Beauronne, août 2002 J’ai aiguisé mon silex. Je termine la peinture du mammouth sur ma roche préférée. Je remets quelques bouts de bois dans le foyer. Ma décision est prise, je veux trouver le secret bien gardé par cette tribu lointaine. Je laisse les autres. Je quitte ma grotte. … Je marche… Je marche. … Je marche… 17
  18. 18. Série Noire entracte amie lectrice ami lecteur le moment est venu de faire une pause elle peut durer quelques secondes quelques minutes quelques jours quelques mois quelques années l’essentiel est de profiter d’elle pour RESPIRER 18
  19. 19. Série Noire fin de l’entracte 19
  20. 20. Série Noire Le décor est bien différent de celui de ma terre d’origine. Il fait froid. Je me cache en entendant quelques cris qui me semblent provenir de créatures humaines. Des gens étranges apparaissent. Je reste caché derrière un rocher aux formes bizarres. Je m’accroche à un objet que je tire. Une lumière vive me fait sursauter. Le froid est de plus en plus fort. Je m’avance et pénètre dans la grotte. Un grand bruit retentit. Je me retrouve prisonnier… Extrait de la Provence du 08/07/03 Un homme en haillons et à l’allure primitive a été retrouvé mort dans un congélateur... 20
  21. 21. Série Noire L’AMÈRE La mère a mis Ses habits sales Dans la machine À délaver Et cette nuit Tout va très mal Elle a de la fuite Dans les idées Elle pense à lui Qui prit la mer Il est parti Sur un bateau Beaucoup trop lourd Et sans espoir De son retour Elle broie du noir Elle se sent seule Elle fait la gueule Elle a le cerveau Bien trop rouillé D’avoir pleuré Et elle prend l’eau De tout côté Elle est vidée Y a pas de bras Pour protéger Toute sa couvée Il faut laver Le petit dernier Laver Maria Frotter sécher Le sol ciré Elle brame elle rame Essuie d’un revers Le creux de la vague Elle a le coeur 21
  22. 22. Série Noire Tout à l’envers Elle se sent comme Un terrain vague Sans son homme Dans la cuisine Elle crie elle pleure Complètement Lessivée Et elle s’assied Sur un banc De sardines Elle veut se noyer La mère a mis Ses habits sales Dans la machine À délaver Et cette nuit Tout va très mal Elle a de la fuite Dans les idées musique David CHARTIER paroles Bernard PICHARDIE chanson à la recherche d’interprètes prix SACEM du meilleur texte au concours de « Textes à Chanter » du Cabaret Studio de Nantes en 1999 pour écouter la maquette de la chanson http://chantsongs.centerblog.net/128068-L-AMERE 22
  23. 23. Série Noire Visage fermé  La discrétion  Près du balcon  Rideaux tirés  Petit panneau  Sur cette grille  En pleine ville  Pour les badauds    Maison à vendre  Y a des secrets  Pas partager  Ne pas comprendre  Faut du silence  Par solitude  Par habitude  De l’absence    Des gros cailloux  Tombés en pluie  Sans préavis  Autour du trou  Il est cinq heures  Des gens s’amusent  Des rires fusent  Dans la torpeur    Plaque de marbre  Et puis devant  Voici le vent  Entre les arbres  Y a la police  Des gyrophares  Près de la mare  Un chien qui pisse  23
  24. 24. Série Noire On voit des pas  Le long du mur  Des regards durs  En petits tas  Un bruit qui court  La silhouette  D’une estafette  Traverse la cour    Un cri résonne  Sous les lueurs  C’est le violeur  Qu’on emprisonne  Y a ceux qui savent  Ceux qui se sauvent  Bien loin du fauve  Au fond de la cave    Visage fermé  La discrétion  Près du balcon  Rideaux tirés  Petit panneau  Sur cette grille  En pleine ville  Pour les badauds    Maison à vendre  Y a des secrets  Pas partager  Ne pas comprendre  Faut du silence  Par solitude  Par habitude  De l’absence    Bernard PICHARDIE  texte déposé, à la recherche d’une musique  24
  25. 25. Série Noire une nouvelle que j’aimerais voir se transformer en un scénario de film, elle a été écrite après un texte de chanson dont on peut écouter la maquette : http://chantsongs.musique.com/182115/HELOISE Marseille, décembre 2001 HÉLOÏSE … « Le soir quand les murs se rapprochent Quand je me sens sous-marin Je casse les hublots de ma chambre Et je saute de mon appartement » … Michel Polnareff ***** « J’ai mis un papillon Sur mon front J’entends le bruit de ses ailes Il paraît que j’ai une petite cervelle » Doucement, Héloïse se réveille. Ce matin, son rêve lui colle au front comme un papillon froissé. Elle prend son temps en pensant à madame Rivière qui la fait dessiner. « Elle est très gentille madame Rivière, elle me donne toujours quelques bonbons. Elle dit à maman d’attendre dans la pièce où il y a des jeux et des livres et puis elle reste seule avec moi. Des fois, elle me pose des questions, je réponds si je veux. Parfois je veux, parfois je veux pas. Si je veux pas, je réponds quand même… Mais je mens pour avoir les bonbons. Elle me fait jouer aussi, et dessiner. Elle me demande à chaque fois si je veux essayer de lire. Je lui dis que je ne sais pas lire. C’est pas vrai. Je sais lire un peu. J’apprends en cachette avec ma copine Sophie. C’est notre secret à toutes les deux. J’ai juré devant Nini ma poupée préférée que je lirai devant papa et maman quand ils ne se disputeront plus. » 25
  26. 26. Série Noire Tout à coup, elle entend un remue-ménage. Le choc de quelques bises griffe l’espace dans le couloir, des pas feutrés déambulent tout près de sa chambre. Un léger bruit suinte vers son oreiller, la poignée de la porte tourne lentement, un œil pénètre et se pose sur elle. Elle fait semblant de dormir. La porte se referme. Il est trop tôt pour prendre le petit déjeuner. Doucement, elle saisit un livre et suit de page en page Blanche Neige et les sept nains. « J’aime bien les nains. Ils chantent tout le temps. Ils n’ont pas de maman ni de papa. C’est peut-être pour ça qu’ils sont heureux… À part Grincheux… » Elle décide de se lever, sort de sa chambre et découvre de nombreux adultes, parents ou amis, agglutinés de manière étrange en ce début de journée… Voici des mains qui tremblent et des gestes fatigués qui la guident vers la cuisine. Voici des caresses qui semblent un peu trop compassées. ********************************* La petite Héloïse s’installe à la table de la cuisine. Elle aime l’odeur de chaud sucré qui se dégage de la casserole. Une tante vient de lui confectionner un vrai chocolat à l’ancienne. Un bon quart de lait entier, deux cuillères de cacao pur, une de sucre, une de miel, la moitié d’une gousse de vanille, un morceau de bâton de cannelle et quelques gouttes de kirsch. Il faut que la préparation chauffe lentement, le temps que les arômes se développent. Et la magie opère… Deux grosses tartines, chargées d’une fine couche de beurre demi-sel recouverte d’une douce nappe de confiture de myrtilles, viennent compléter harmonieusement la saveur chocolatée. « Un jour, je vais essayer de grandir. Je le vois au fond de mon bol quand j’ai bu mon chocolat. J’aime bien y laisser des traces avec mes doigts… J’ai pas envie de me laver, je vais juste faire couler l’eau dans la salle de bain. Mes dents, ça oui, je vais les brosser. Je ne veux pas sentir de la bouche comme le vieux Paul. Il pue quand il m’embrasse… Aujourd’hui, y a trop de monde dans la maison. Je voudrais être seule avec papa et maman mais ils ne sont pas là. » Elle met une robe blanche et un corsage tout doux. Les souliers des dimanches lui font un peu mal aux pieds. Elle a grandi depuis l’année dernière… L’année dernière, elle était encore une toute petite fille et pourtant elle devinait déjà les tensions entre ses parents, les mots lancés pour affaiblir l’autre. Elle préférait se retrancher 26
  27. 27. Série Noire dans la douceur de sa bulle, dans le calme soyeux de cette chambre chaude comme un refuge. Voici l’ami fiévreux au sourire fragile qui se dandine, contenant sa faiblesse. Voici des parents fébriles au regard malheureux qui s’avancent vers elle. « Je fais des dessins sur une feuille, j’y laisse quelques secondes de ma vie et j’y recherche ma folie. Y a trop de vent elle part par la fenêtre comme un papillon… Tant pis pour madame Rivière… Demain, je vais la revoir, je vais lui cacher tous mes ennuis… Y a trop de bruits dans la maison aujourd’hui. Je n’ai pas encore vu papa et maman. Ils ne sont pas souvent ensemble avec moi, même pendant les repas. Ils ne se parlent pas beaucoup et quand ils parlent, c’est souvent pour se dire des méchancetés. C’est pour ça que je veux pas de frère ou de sœur. » Un glissement familier se rapproche d’elle. Le chat recherche sa main pour y déposer sa langueur. Machinalement, elle parcourt d’un doigt malhabile son pelage. Il ronronne en silence, défait le gros dos puis abandonne la chaise et va jouer avec les rideaux, pas très loin des fadaises débitées par des bouches pincées. Héloïse se lève s’éloigne dans la solitude d’un rêve égaré… Voici la pluie de mots qu’on souffle en tremblant et qu’on chuchote de peur qu’elle ne s’y frotte. ********************************* « Je joue avec mon camion. Il paraît que c’est un jeu de garçon… J’aime bien mon camion. Avec lui je vais partir très très loin de la maison… Pour enfin ne plus dormir… J’emporterai Nini et si Sophie veut venir avec moi, je serai contente… Je ne vais pas en parler à madame Rivière, elle ne serait pas d’accord et le dirait à maman… Souvent, j’entends le vent qui souffle à côté de moi, mais rien ne bouge, pas une feuille d’arbre… Alors, je devine que le vent est dans ma tête… » Ses songes bien en poche, la petite Héloïse, tout habillée de blanc, va rentrer dans l’église. Elle ne comprend pas pourquoi quelques larmes s’écoulent et lentement se brisent au creux de cette foule qui vibre sans éclat… Voici des papillons qui, voltigeant près d’elle, soulèvent un frisson, la frôlent de leurs ailes sous la clameur des cloches et le tendre printemps. Les membres de la famille et les amis s’installent, pénétrant le silence du lieu de leur mélancolie. Des hochements de tête s’échangent en signe de reconnaissance. Des mouchoirs palpitent sur des rides trop poudrées. Quelques anciens posent leur casquette, la 27
  28. 28. Série Noire mine sombre et l’air un peu gêné. Des toux plaintives s’évadent avec maladresse. Elle doit s’asseoir sur un banc. Elle se serre contre son papa… Elle chantonne dans ses bras tandis qu’un orgue étend ses nappes poisseuses sur le recueillement de l’assistance. Héloïse a perdu sa maman, mais elle ne le sait pas. ********************************* « Maintenant, j’ai fait des dessins sur tous les murs, comme ça ils ne s’envoleront plus… Ils resteront autour de moi… Je veux des câlins mais les grandes personnes n’ont pas le temps… Il paraît que je vais déménager quand ma tante va repartir chez elle… Un homme et une dame sont venus me voir plusieurs fois, ils m’ont montrée des photos de leur maison et de deux filles qui vivent avec eux… Ce ne sont pas leurs enfants mais ils les aiment beaucoup… Ce matin, madame Rivière, elle m’a dit que demain je vais voir papa… » Elle tape au carreau et cherche à capter le regard creux des passants trop pressés. Elle attend pour briser ses chaînes un clin d’œil ou un joli sourire, une petite trace humaine pour embellir son avenir. Elle a du brouillard dans la tête, du désespoir dans sa vie. Depuis ce jour où la rouille de l’absence s’est déposée sur elle, laissant ses stigmates indélébiles, elle clôture son esprit, elle s’évapore vers un ailleurs. ********************************* 14 H 30. Un parloir. D’un côté, un homme, sans menottes, le regard usé de trop de nuits d’insomnie. Ses mains se collent à la vitre dans un geste pathétique et dérisoire. Les mots lui manquent. La sueur s’échappe sur sa chemise. Il n’ose pas regarder en face. De l’autre côté, une fille pleure. Petite enfant cassée, trop silencieuse. Le cœur en grande misère, elle tape au carreau, le corps fatigué, avec au fond des yeux un cri d’oiseau blessé. Elle s’appelle Héloïse… Quel beau prénom… Bernard Pichardie nouvelle du recueil « Nouvelles FraÎches » 28
  29. 29. Série Noire Devant le grand bleu de cette île Je pense à ton dernier départ À la beauté de ton regard À tous ces instants si fragiles Où nous vivions en liberté Dans la tendresse de l’amitié Qui accompagnait notre enfance Sur papier crépon ou buvard Le tam-tam de nos confidences Devant le grand bleu de cette île Devant le grand bleu de cette île Je retrouve nos illusions Nos p’tits bateaux en perdition Et nos jouets d’enfants fébriles Carte postale devant mes yeux Le souvenir de tes adieux Nos amours pour les mêmes filles Le temps d’une récréation Battements des coeurs qui sautillent Devant le grand bleu de cette île Devant le grand bleu de cette île Les discussions de nos seize ans Qui voguaient à contre-courant Sur nos idées souvent futiles Les relents de rhum et de marc La fumée et le tintamarre Je recherche encor des réponses À tes angoisses d’adolescent Tes cris et tes coups de semonce 29
  30. 30. Série Noire Devant le grand bleu de cette île Devant le grand bleu de cette île Je congédie mon amnésie Et je sors de mes rêveries Le feu galopant sous mes cils Carte postale entre mes mains Dernier voyage et mon chagrin Mes émotions à fleur de vide Je me rappelle tous mes oublis Le souvenir de ton suicide Devant le grand bleu de cette île Musique Jean-Pierre LOMBARD Paroles Marie-Noëlle RINAUDO/Bernard PICHARDIE chanson déposée à la SACEM la maquette de la mélodie de base de la chanson à la recherche d'interprètes peut être écouter sur le blog de Marie-Noëlle : http://marino.musique.com/288163/DEVANT-LE-GRAND-BLEU 30
  31. 31. Série Noire CREVASSES Dans ma cité En ce repaire De HLM J’ai des frissons Sur le frimas Des nuits de veille Je sens monter Du réverbère La couleur blême De son néon Vers mon fracas Et ma bouteille Je crache ma peur Du noir J’ai des crevasses En face de moi Et je m’efface Devant vos lois Je flaire au fond De mes entrailles Cette mort lente Qui me poursuit Par les éclats D’une seringue Derrière mon front Quand je déraille Je suis la pente De mon ennui Sous mon grabat Je cherche un flingue J’ai de la rancœur Bien noire J’ai des crevasses Là sur ces bras Et je me glace Dans cet effroi Je vois ce corps Avec mes chaînes Qui m’emprisonnent Couvert de bleus À cause des coups De vos cerbères 31
  32. 32. Série Noire Je sue très fort J’ai de la haine Dans mes neurones Comme un lépreux Et tout à coup Je vocifère Je vide mes pleurs Si noirs J’ai des crevasses Autour de moi Je les enlace De mes crachats Depuis ce jour De découverte De ton regard De ton amour De ta douceur À ta fenêtre J’ai fait le tour De mon cafard De mes erreurs J’ai mis mon cœur En double file Prés de ton âme Et de tes draps Pour colmater Mes déchirures J’ai le bonheur Qui se profile Comme une lame Ouvrant la voie De la beauté D’une bouture Ma petite fleur D’espoir Plus de crevasses Plus de coma J’ai mon espace Rempli de toi Ma petite fleur D’espoir Bernard PICHARDIE texte déposé, à la recherche d’une musique 32
  33. 33. Série Noire remerciements à Patrick Marino Solène et Mathilde toi, lectrice ou lecteur qui a eu le courage ( ou l’inconscience ) d’aller jusqu’au bout … à moins que tu ne commences par la fin et Bernard eh oui, quoi ! … j’ai le droit de me remercier, non ? ! ! ! pichardie@pichardie.com www.pichardie.com http://chantsongs.musique.com pour ceux qui ont un petit moment et qui veulent me faire plaisir en votant pour moi : http://www.zikpot.fr/artiste-Bernard%2BPichardie http://www.gratuibook.fr/ Éditions SOLMAT 33

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