L’EAU                                        DANS UN MONDE                                        QUI CHANGE              ...
Figure1.8               Les demandes en énergie enregistrées et prévues et les prix du pétrole présentent une             ...
Chapitre 2                                         •	   On s’attend à une augmentation des                                ...
nécessaire pour la production d’énergie     Figure2.2        Le coût de l’énergie auprès des consommateurs                ...
traitement de la pollution de l’eau,     témoignant de l’importance des inno-                                             ...
l’eau au prix fort. Les ménages les plus Table4.4        engagements d’aide officielle au développement                   ...
changement climatique pourrait coûter                      estime les investissements supplémen-     au monde au moins 5% ...
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démographique, qui a décliné progressi-      Figure7.8          La productivité de l’eau industrielle varie               ...
•	   La part de l’eau d’irrigation utilisée      Chapitre 8     pour la production de biocarburants est     négligeable au...
l’eutrophisation, la contamination, les      Chapitre 10           pêcheries et les constructions urbaines.               ...
•	   Les écosystèmes méditerranéens sont            •	   Généralement, les zones très arides (site     diversifiés, vulnér...
•	   Le développement des compétences insti-               17. Oxfam.2007.AdaptingtoClimateChange–           tutionnelles ...
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  1. 1. L’EAU DANS UN MONDE QUI CHANGE 3è Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eauFaits et chiffresChapitre 1 • Le monde, en revanche, n’est pas en voie d’atteindre la cible des ODM en matière d’assai-Les bénéfices d’investir dans l’eau nissement. Entre 1990 et 2006, la proportion de• Les investissements dans l’eau potable et personnes sans accès à un assainissement amé- l’assainissement contribuent à la croissance lioré a diminué de seulement 8%. Sans une accé- économique. Pour 1 USD investi, l’Organisa- lération immédiate, le monde n’atteindra même tion Mondiale de la Santé (OMS) estime que pas la moitié de la cible sur l’assainissement d’ici le retour sur investissement varie de 3 USD à 34 USD selon la région et la technologie.1 2015. En se fondant sur les tendances actuelles, la population totale sans accès à un assainissement• La perte économique générale, seulement en amélioré en 2015 aura légèrement diminué, en Afrique, due au manque d’accès à l’eau et à un assainissement de base est estimée à 28,4 mil- passant de 2,5 milliards à 2,4 milliards.4 liards de dollars par an, soit à 5% du PIB.2 Crises mondiales et eau• La pauvreté reste élevée en Afrique subsaha- rienne. Près de 50 % de la population vit en • La démographie et la consommation croissante dessous du seuil de pauvreté absolue d’1,25 USD induite par l’augmentation des revenus par par jour tandis que 75% de la population mon- habitant sont les moteurs, ou pressions, ayant diale vit en dessous de 2USD par jour. l’impact le plus important sur l’eau.Une meilleure préparation pour faire face • La demande en énergie, pour le chauffage,aux catastrophes : la lumière, l’électricité et les transports, croit rapidement (voir Figure 1.8). L’augmentation• Les investissements dans les infrastructures de la production de bioénergie a des impacts d’eau réalisées par le Corps des ingénieurs de l’Armée des Etats-Unis entre 1930 et 1999 ont potentiellement importants sur la qualité et la rapporté 6USD par dollar dépensé et ont permis disponibilité de l’eau. de contrôler les dommages provoqués par les • L’agriculture est de loin le plus grand consom- inondations, en dépit de la croissance de la mateur d’eau douce, environ 70% de l’ensemble population et de la valeur des biens menacées des prélèvements d’eau douce sont destinés à sur cette période. l’irrigation pour l’agriculture. La pénurie d’eau• Dans les pays pauvres où le PIB par habitant se douce peut limiter la production alimentaire et situe en dessous de 760USD, le coût des cata son approvisionnement, exerçant des pressions strophes représente 14% du PIB. Dans les pays sur les prix des aliments et la dépendance riches (c’est-à-dire un PIB par habitant > 9.361USD), croissante des pays aux produits alimentaires ce taux s’élève approximativement à 4%. importés. Une demande croissante d’alimentsAtteindre les Objectifs du Millénaire pour due à la hausse de la démographie ainsi que lele développement en termes d’eau et changement des régimes alimentaires, la baissed’assainissement de la production dans certains pays, les coûts• Le monde est en voie d’atteindre la cible sur accrus des intrants agricoles comme les fertili- l’eau potable des Objectifs du Millénaire pour le sants (provoqués par les coûts de l’énergie), des Développement (ODM). Les tendances actuelles mesures incitatives liées à la bioénergie dans suggèrent que plus de 90% de la population d’autres pays et d’éventuelles spéculations finan- mondiale utilisera des sources d’eau potable cières, ont tous contribué à une hausse excessive améliorées d’ici 2015.3 des prix des aliments (voir Figure 1.9).
  2. 2. Figure1.8 Les demandes en énergie enregistrées et prévues et les prix du pétrole présentent une demande en croissance régulière et une hausse rapide des prix Btus (quadrillions) Valeur nominale en dollars par baril 250 250 Prévisions Prévisions Liquides Charbon 200 200 Prix élevés 150 150 Gaz naturel Référence 100 100 Prix bas Renouvelables 50 50 Nucléaire 0 0 1980 1990 2000 2005 2010 2020 2030 1980 1990 2000 2007 2020 2030 Note :L’hypothèsederéférencesupposeunecroissancemoyenneduPIBde2,4%paran,l’hypothèsehaute unecroissancede3,0%paran,etl’hypothèsebasseunecroissancede1,8%paran. Source :FondésurEIA2005,2008a. Figure1.9 Les prix du blé et du riz ont augmenté brusquement ces dernières années Prix enregistrés et prévus du blé et du riz, 1970−2017 Blé Riz US$ par tonne US$ par tonne 800 1.500 Prévisions Projections Prix réel 1.250 Prix réel 600 1.000 400 750 500 200 250 Prix nominal Prix nominal 0 0 1970 1980 1990 2000 2010 2017 1970 1980 1990 2000 2010 2017 Source :Fondésurl’OCDEetlaFAO2008.2 Le 3é RAppORt MOndiAL des nAtiOns Unies
  3. 3. Chapitre 2 • On s’attend à une augmentation des besoins en ressources naturelles, y com-Moteurs démographiques pris d’eau douce, en raison d’espérances• La population mondiale augmente de vie plus longues, de la mondiali- d’environ 80 millions de personnes par sation des échanges et de la publicité an, ce qui entraîne une augmentation entraînant plus de consommation par de la demande en eau douce d’environ les jeunes dans les pays développés et 64 milliards de mètres cube par an.5 en voie de développement.• On estime que 90% des 3 milliards de • On estime que la population urbaine personnes qui devraient s’ajouter à va doubler entre 2000 et 2030 en la population d’ici 2050 seront dans Afrique et en Asie. D’ici à 2030, les les pays en voie de développement, villages et cités du monde en dévelop- beaucoup dans des régions où la pement constitueront près de 81% de population actuelle ne dispose pas d’un l’humanité urbaine.7 accès durable à l’eau potable et à des sanitaires adéquats.6 • Avant 2030, le nombre de citadins sera, selon les estimations, d’environ 1.8 mil-• La plupart de la croissance démogra- liards de plus qu’en 2005 et représentera phique arrivera dans des pays en voie environ 60% de la population mondiale. de développement, principalement dans les régions qui sont déjà en • Aujourd’hui, on estime à 192 mil- lions le nombre d’immigrants dans le stress hydrique et dans des secteurs ne monde, par rapport à 176 millions en disposant que d’un accès limité à une l’an 2000.8 eau potable saine et des équipements d’assainissement adéquats. • On pense que les secteurs côtiers, avec 18 des 27 méga-cités du monde (dont• Plus de 60% de la croissance démogra- la population est d’au moins 10 mil- phique mondiale entre 2008 et 2100 lions d’habitants), vont faire face aux aura lieu en Afrique sub-saharienne plus grandes pressions migratoires. (32%) et en Asie du Sud (30%). Ensemble, on estime que ces régions • Environ 75 % des personnes résidant compteront pour la moitié de la popu- dans des zones de basse altitude sont lation mondiale en 2100. en Asie, les plus vulnérables étant les pauvres.• Avant 2050, on s’attend à ce que 22 % de la population du monde ait 60 ans • L’implication nette de ces processus ou plus, par rapport à 10 % en 2005. démographiques est claire; le monde En même temps, presque la moitié de aura, dans les 20 ans à venir, considé- la population mondiale aura moins de rablement plus de personnes dans les 25 ans. régions urbaines et côtières vulnérables. Plan2.1 Zones prévues de croissance et de déclin démographique, 2000–2080 Ratio de la population 2080/2000 Augmentation 1,00-1,24 1,25-1,49 1,50-1,74 1,75-1,99 2,0-2,99 3,0-5,8 Baisse 0,5-0,7 0,8-1,0 Aucune donnée disponible Source :Lutz,Sanderson,etScherbov2008.FAits et ChiFFRes 3
  4. 4. nécessaire pour la production d’énergie Figure2.2 Le coût de l’énergie auprès des consommateurs de tout type. L’expansion de l’appro- a augmenté depuis les années 70 visionnement en énergie affectera par conséquent les ressources en eau.Coûts estimés de l’énergie, 1970-2005 (valeur nominale en US$ par million Btu) 16 • L’eau virtuelle correspond à l’eau contenue dans les biens et services ou 14 consommée lors de leur processus de 12 production. Le volume mondial des flux 10 d’eau virtuelle contenue dans les pro- duits s’élève à 1.625 milliards de mètres 8 cubes par an, représentant approximati- 6 vement 40% de la consommation d’eau 4 totale. Environ 80% de ces flux d’eau 2 virtuelle sont liés au commerce des pro- duits agricoles et le reste au commerce 0 des produits industriels. 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 Source :FondésurEIA2008. Chapitre 3 tendances récentes et avancées de la • On s’attend à ce que 95 % de l’aug- science et de la technologie mentation des populations urbaines ait lieu dans des pays en voie de dévelop- • L’innovation a connu une accélération pement, particulièrement en Afrique et en réponse aux pressions récentes des en Asie où on estime que la population politiques et du grand public afin de urbaine va doubler entre 2000 et 2030. réduire les émissions de gaz à effet de serre qui contribueraient au change- • Les taux d’urbanisation sont bien plus ment climatique mondial. bas dans les pays développés, et même en déclin dans certains pays. • Le recours aux énergies renouvelables a augmenté dans le monde entier Moteurs économiques (voir Figure 3.2) grâce à la diminution des coûts permise par les innovations • On estime actuellement que la crois- techniques. sance de la production mondiale s’est ralentie à 2,2% en 2009, bien que ce • Si l’on maintient les politiques chiffre puisse être inférieur en raison de actuelles, l’Agence internationale de la volatilité économique résultant de la l’énergie estime que les demandes crise financière mondiale. mondiales en énergie augmenteront de 55% d’ici 2030. • Les dernières prévisions de Goldman Sachs’ estiment que le Brésil, la Chine, • La Chine et l’Inde représenteraient à l’Inde et la Fédération de Russie vont elles seules 45% de cette hausse estimée dépasser la force économique combinée (fondé sur des chiffres prudents de du G-8 d’ici 2032. croissance économique), et l’ensemble des pays en voie de développement • L’Afrique subsaharienne, longtemps un représenterait 74%. retardataire en matière de croissance, montre un taux de croissance de 6% • On estime que la production d’élec- ou plus, dû dans une large mesure au tricité issue de l’hydroélectricité et pétrole et aux matières premières. d’autres sources d’énergies renouvelables augmentera d’un taux moyen annuel de • Des investissements adéquats dans la 1,7% entre 2004 et 2030, représentant gestion, les infrastructures et les services une croissance totale de 60%. d’eau peuvent générer un rendement économique élevé tout en évitant les • Du fait que les énergies renouvelables coûts liés aux catastrophes, à la pollu- sont insuffisantes pour satisfaire tion et à la contamination de l’eau. l’augmentation considérable de la demande en énergie prévue d’ici 2030, • Les gains de la mondialisation n’ont pas l’extraction de carburant fossile et le été distribués équitablement. On estime développement de l’énergie nucléaire qu’1,4 milliard de personnes vivent avec continueront à augmenter, ainsi que seulement 1,25USD par jour.9 leurs impacts sur les ressources en eau • Les coûts de l’énergie ont augmenté depuis et l’environnement. le début des années 70 (voir Figure 2.2). • Le plus grand nombre de brevets • Selon l’Agence internationale de l’éner- dans le domaine du suivi-évalution gie, le monde nécessitera 60% d’énergie des impacts environnementaux entre de plus en 2030 qu’en 2020. L’eau est 1978 et 2002 ont été déposés pour le4 Le 3é RAppORt MOndiAL des nAtiOns Unies
  5. 5. traitement de la pollution de l’eau, témoignant de l’importance des inno- Figure3.2 L’utilisation de sources d’énergie renouvelables a augmenté dans le monde vations en matière de technologies de entier entre 1990 et 2004 l’information et de la communication pour la gestion durable des ressources Changement annuel moyen dans la production d’énergie renouvelable, 1990-2004 (pour cent) en eau. 25 Monde• La révolution verte en Asie a doublé 20 OCDE la production céréalière entre 1970 et 1995, alors que les terres réservées aux 15 céréales ont augmenté seulement de 4%. À la fin des années 90, il est claire- 10 ment apparu que de nombreuses per- sonnes, y compris les segments les plus 5 pauvres de la population, ont largement 0 bénéficié de l’augmentation des revenus Biomasse Géothermale Hydro Déchets/ Solaire Éolienne Approvisionnement et des besoins en main-d’œuvre, ainsi solide biogaz/ total en énergie biomasse liquide primaire que de la baisse du prix des aliments associés à la révolution verte. Source :Fondésurl’OCDE2008.• Plus d’un tiers de la production de maïs aux Etats-Unis en 2008 a été utilisé afin de produire de l’éthanol et approxima- • Le Conseil mondial des entreprises tivement la moitié des huiles végétales pour le développement durable estime produites dans l’Union Européenne a été que le coût total du remplacement de utilisée pour produire du biodiesel. Bien l’infrastructure vieillissante pour l’ap- que l’impact soit extrêmement difficile provisionnement en eau et de l’assai- à mesurer, on estime que la production nissement, dans les pays industrialisés, bioénergétique est responsable de 70-75% pourrait s’élever à 200 milliards de de la hausse mondiale des prix de certains dollars par an. stocks d’aliments, mais aussi d’environ • Dans la plupart des systèmes publics 70% de la hausse du prix du maïs. d’eau en milieu urbain, les charges cou- vrent souvent à peine les coûts récur-Chapitre 4 rents d’opération et d’entretien, laissant peu ou pas de fonds pour recouvrer lespolitiques, lois et finances coûts d’investissement, de modernisa-• Il existe plus de 400 accords recensés tion et d’expansion. Une étude de tels concernant les bassins versants parta- systèmes menée dans 132 villes de pays gés,10 dont la majorité entre deux pays à revenu élevé, moyen et faible a révélé riverains. que 39% n’ont même pas récupérées leurs coûts d’exploitation et d’entretien• Selon les estimations, la corruption (vrai dans 100% des villes du Sud-est dans le secteur de l’eau peut augmenter asiatique et du Maghreb). les coûts de réalisation des cibles sur l’eau et l’assainissement des ODM de près de 50 milliards de dollars (Rapport mondial sur la corruption 2008).11 Figure4.8 L’aide officielle au développement destinée au secteur de l’eau et de l’assainissement• Selon le Rapport mondial sur la augmente après un déclin dans les années 90 corruption 2008, dans certains pays, la corruption absorbe jusqu’à 30% du Aide officielle au développement destinée au secteur de l’eau (milliards de US$) budget. La corruption réduit l’accès à l’eau en détournant les fonds prévus 5 pour les investissements ou les opéra- Pays du Comité d’aide au développement, annuel tions d’exploitation et d’entretien. 4Financement – le chainon manquant 3 Pays du Comité d’aide au développement,• Aux Etats-Unis, l’investissement pour moyenne mobile 2 transformer l’infrastructure de l’appro- Agences multilatérales, moyenne mobile visionnement en eau et des égouts aux 1 normes actuelles coûtera plus de mille milliards de dollars au cours des 20 0 Agences multilatérales, annuel prochaines années, avec des centaines 1971 1976 1981 1986 1991 1996 2001 2006 de milliards supplémentaires requis pour la maintenance des barrages, des Source :FondésurOECD-CAD2008. digues et des voies fluviales.FAits et ChiFFRes 5
  6. 6. l’eau au prix fort. Les ménages les plus Table4.4 engagements d’aide officielle au développement démunis arrivent à consacrer dans ce des agences bilatérales et multilatérales, 2004–06 cas-là de 3 à 11% de leurs revenus pour s’approvisionner en eau.12 (millionsUS$) Le financement par l’aide extérieure secteur 2004 2005 2006 • L’aide officielle au développement Transportparvoiesd’eau 416 503 304 qu’allouent les pays donateurs et les Centraleshydroélectriques 755 480 652 donateurs multilatéraux au secteur Ressourceseneauagricole 608 830 790 de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement a augmenté durant les Approvisionnementeneauetassainissement 3.127 4.405 3.879 années 70 et 80, puis diminué pen- Totaldusecteurdel’eau 4.951 6.218 5.625 dant les années 90, avec moins d’aide Totaldetouslessecteurs 79.431 107.078 104.369 accordée aux infrastructures de grande envergure, avant d’augmenter de nou- Partdusecteurdel’eauparmi l’ensembledessecteurs 6,2 5,8 5,4 veau en 2000 (voir Figure 4.8). • Les dirigeants se sont engagés lors du sommet du G-8 de juin 2002, à Source :OCDE,DCD/CAD2007. Évian en France, à donner la priorité au secteur de l’eau. L’aide publique au développement a augmenté substan- • De plus, l’infrastructure de l’eau se dété- tiellement les années suivantes. Alors riore avec le temps. Des taux de fuite que le montant consacré au secteur (perte) de 50% ne sont pas rares dans de l’approvisionnement en eau et de les systèmes de distribution urbains. l’assainissement a augmenté, l’aide aux • Dans les régions rurales, le fait de autres secteurs est restée relativement négliger les budgets relatifs aux opéra- stable (voir Tableau 4.4). Cependant, le tions et à l’entretien et le recouvrement montant total des prêts pour l’eau est des coûts contribue à la généralisation resté en dessous de 6% du total de l’aide de la non fonctionnalité des réseaux. publique au développement, et la part Une récente enquête sur près de 7.000 de l’eau dans le total des prêts a décliné. réseaux d’eau en milieu rural en Éthiopie a révélé que 30 à 40% d’entre Chapitre 5 eux n’étaient pas fonctionnels. La pénu- rie de financement pour les salaires, le Changement climatique et futurs carburant, les matériaux et les pièces possibles détachées était un facteur commun. • Les prédictions actuelles du Groupe • Si les estimations des coûts actuels sont d’experts intergouvernemental sur correctes, les ressources pour le secteur de l’évolution du climat (GIEC) concer- l’assainissement devraient presque être nant la hausse des températures et du doublées pour atteindre l’objectif de 2015 niveau des mers, et l’intensification des (bien que les estimations des dépenses sècheresses et des tempêtes suggèrent actuelles sous-estiment probablement que des déplacements de population les contributions des ménages pour leurs substantiels auront lieu dans les 30 à propres services d’assainissement). 50 prochaines années, particulièrement • L’Organisation mondiale de la dans les zones côtières. santé estime le coût annuel total • Les analyses de l’Organisation de pour atteindre en 2015 l’objectif du Coopération et de Développement Millénaire pour le développement Économique (OCDE) estiment que relatif à l’assainissement à un peu plus 40% des investissements pour le de 9,5 milliards de dollars. développement sont actuellement • Si l’on ajoute le coût total du traite- menacés.13 Elles indiquent qu’alors que ment tertiaire des eaux usées des flux de nombreux efforts de développement de déchets dans les zones urbaines, le contribuent à réduire la vulnérabilité total s’élève à 100 milliards de dollars, face à la variabilité et au changement soit la valeur actuelle de l’aide officielle climatiques, les risques climatiques au développement annuel. sont rarement inclus explicitement dans les projets et les programmes de Faire payer l’eau développement. • Dans les pays en voie de développe- • Le Rapport Stern 2006 a conclu que ment, la situation est compliquée par d’ici 2050, les événements climatiques le recours fréquent aux petits distri- extrêmes pourraient réduire le PIB mon- buteurs d’eau privés qui revendent dial d’1% et que, s’il ne ralentissait pas, le6 Le 3é RAppORt MOndiAL des nAtiOns Unies
  7. 7. changement climatique pourrait coûter estime les investissements supplémen- au monde au moins 5% de son PIB par taires nécessaires pour les infrastruc- an.14 Si des prédictions encore plus dra- tures d’approvisionnement en eau d’ici matiques se réalisaient, le coût pourrait 2030 à 11 milliards de dollars, dont s’élever à plus de 20% du PIB mondial. 85% dans les pays en développement.16Le coût de l’adaptation face au • Oxfam estime les coûts actuels d’adap- tation au changement climatique pourchangement climatique l’ensemble des pays en développementLes estimations varient parce qu’elles à 50 milliards de dollars par an. Alorsdépendent des futures émissions de gaz à qu’il existe un grand débat sur ceseffet de serre, des mesures d’atténuation estimations, elles fournissement unet des hypothèses concernant le change- ordre de grandeur utile permettantment climatique d’origine anthropogé- d’évaluer les ressources disponiblesnique même et de l’efficacité des pays à s’y pour l’adaptation.17adapter. Certaines estimations des coûts de • Les ressources actuelles du Fonds pourl’adaptation pour les pays en voie de déve- l’environnement mondial (environloppement sont présentées ci-après : 160 millions de dollars) sont large- ment insuffisantes pour répondre aux• La Banque mondiale estime que le coût besoins prévus.18 supplémentaire des nouveaux investis- sements d’adaptation ou de protection innovation technologique et face aux effets du changement clima- politiques tique irait de 9 à 41 milliards de dollars • World Energy Outlook 2006 prévoyait un p-ar an. Une actualisation récente du taux de croissance moyen de la produc- Programme des Nations Unies pour le tion énergétique de 7% par an.19 développement situe le point médian des • D’ici 2030, on estime que les biocar- coûts d’adaptation à approximativement burants satisferont 4% de la demande 37 milliards de dollars par an en 2015.15 mondiale en carburant pour le transport• La Convention-cadre des Nations Unies routier, au lieu de 1% actuellement. sur les changements climatiques estime que le montant des investissements Changement social supplémentaires pour l’adaptation au • Dans les pays les plus riches au monde, changement climatique va de 28 à la sensibilisation accrue au changement 67 milliards de dollars, et qu’il s’élèvera climatique décide lentement les gens à une hauteur de 100 milliards de dol- à changer leur style de vie et à adopter lars par an d’ici plusieurs décennies. On un mode de vie plus durable. Figure6.3 Le ratio de la consommation d’eau par rapport au piB a baissé dans de nombreux pays Mètres cubes d’eau par dollar du PIB 6 Egypte 0,5 Portugal Inde Espagne Irak Fédération Chine de Russie 5 Maroc États-Unis Iran, Rep. Italie Islamique 0,4 Japon Chypres Grèce Jordanie Canada 4 Turquie Israël Tunisie Royaume- Algérie 0,3 Uni Jamahiriya France arabe libyenne Allemagne 3 Arabie saoudite Suède Malte Norvège 0,2 2 0,1 1 0 0,0 1975 1980 1985 1990 1995 1997 2000 1975 1980 1985 1990 1997 2000 Source :FondésurMargatetAndréassian2008.FAits et ChiFFRes 7
  8. 8. • Il est improbable que ces changements survivent avec moins de 2USD par jour, à eux seuls permettront de lutter et une sur trois avec moins d’1USD par contre les pressions engendrées par la jour. Plus de 660 millions de personnes croissance des niveaux de vie au sein sans assainissement adéquat vivent des économies de marché émergeantes, avec moins de 2USD par jour et plus qui consomment davantage de biens et de 385 millions avec moins d’1USD de services. par jour. Ces chiffres mettent claire- ment en relief qu’il est financièrement difficile pour les ménages d’investir Chapitre 6 dans l’amélioration de leur accès à pouvons-nous nous permettre de ne l’assainissement. Ceci est important car pas investir dans l’eau? ce sont souvent les ménages, et non les Exemples du coût économique provoqué agences publiques, qui investissent le par le manque d’investissement dans l’eau : plus dans un assainissement de base, avec un ratio d’investissement des • Au Kenya, l’impact conjugué des inon- ménages par rapport au gouvernement dations hivernales de 1997/98 et de la allant généralement de 10 à 1.23 sècheresse constatée entre 1998 et 2008 est estimé à 4,8 millions de dollars, • Quelque 1,4 milliard de personnes sont soit en réalité une réduction de 16% recensées comme pauvres, dont 44% du PIB.20 Les indices suggèrent que les vivent en Asie du Sud, approximative- inondations et les sècheresses au Kenya ment 24% en Afrique subsaharienne et se traduisent par une perte annuelle en Asie de l’Est, et 6,5% en Amérique directe de 22% de PIB sur une période latine et dans les Caraïbes.24 de deux ans et demi. • Les pauvres en milieu urbain vivent • Les inondations de l’an 2000 au dans des établissements informels du Mozambique ont engendré une baisse fait d’une croissance urbaine rapide. de 23% du PIB et une augmentation de 77% de la population en Amérique l’inflation de 44%. latine est urbaine et 38% en Afrique. • On estime que l’incapacité à lutter On estime que ces chiffres augmente- contre la variabilité en Éthiopie a pro- ront dans les prochaines décennies en voqué une baisse de 38% du PIB et on raison d’une prévision de l’expansion prévoit une croissance de la pauvreté urbaine. de 25% sur la période 2003-2015.21 L’eau et la santé • Dans le monde entier, on a enregistré • Chaque dollar investi dans l’améliora- plus de 7.000 catastrophes majeures tion de l’approvisionnement en eau et depuis 1970, provoquant des dom- de l’assainissement a en moyenne un mages matériels d’une valeur minimum gain de rendement de 4 USD à 12 USD, de 2000 milliards de dollars et des selon le type d’opération. pertes humaines d’au moins 2,5 mil- lions de personnes.22 • Près d’un dixième de la morbidité mon- diale pourrait être évité par une amé- piB, investissements dans l’eau et lioration de l’approvisionnement en utilisation de l’eau eau, de l’assainissement, de l’hygiène et • En 2007, 3 milliards de personnes de la gestion des ressources en eau. De vivaient dans des zones rurales, dont telles améliorations réduisent la morta- la majorité dépendait de l’agriculture lité infantile et améliorent la santé et la comme moyen de subsistance. nutrition de manière durable. • Alors qu’il existe une relation forte • En 2000, les diarrhées ont représenté 17% entre les investissements dans l’eau des 10,6 millions de décès d’enfants de et la croissance, la relation entre la moins de cinq ans, et le paludisme 8%.25 quantité d’eau utilisée et le niveau • Quelque 1,4 million d’enfants meurent de développement d’un pays est peu chaque année de maladies diarrhéiques probante. qui pourraient être évitées. La diar- • De nombreuses économies pauvres rhée ordinaire reste parmi les plus en eau se sont développées tandis que meurtrières des maladies liées à l’eau, le ratio d’eau utilisée par rapport au à l’assainissement et à l’hygiène, et PIB décline dans de nombreux pays est responsable de 43% des décès.26 La développés (voir Figure 6.3). région Sub-saharienne et l’Asie du Sud sont les régions les plus touchées. eau et réduction de la pauvreté • La dénutrition est une cause sous- • Près de deux personnes sur trois jacente de 53% de tous les décès chez n’ayant pas accès à l’eau potable les enfants de moins de cinq ans.8 Le 3é RAppORt MOndiAL des nAtiOns Unies
  9. 9. • La mortalité globale des moins de cinq ans a chuté de 93 pour 1.000 Figure7.6 en raison de l’expansion des zones d’irrigation, les prix des aliments ont chuté pendant 30 ans naissances vivantes en 1990 à 72 pour avant d’augmenter de nouveau 1.000 en 2005 – soit une baisse de 22,5%. Mais le rythme des progrès a Irrigation (millions d’hectares) Indice des prix des aliments (1990 = 100) été inégal selon les régions et pays. La baisse a été plus lente en Afrique 300 Taux de croissance annuelle de l’irrigation (par décennie) 1971–1980 : 2,2% sub-saharienne. 1961–1970 : 2,1% Irrigation 250• La malnutrition représente environ un tiers de la charge de morbidité dans les 200 1981–1990 : 1,6% pays à revenu faible et intermédiaire. 1991–2000 : 1,2% 150• Le manque d’accès à une nourriture suffisante et sûre, en partie lié à la 100 gestion des ressources en eau, est Indice des prix des aliments l’une des causes de la malnutrition, 50 2000–03 : 0,1% mais jusqu’à 50% de la malnutrition 0 est liée à des diarrhées répétées ou des 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2008 infections intestinales par des néma- todes à la suite de l’ingestion d’une Source : FondésurleComprehensiveAssessmentofWaterManagement inAgriculture2007 ;FAOFAOSTAT. eau malpropre, du manque d’instal- lations sanitaires ou d’une mauvaise hygiène. Les tendances dans l’utilisation de l’eau• Sur les 350 à 500 millions d’épisodes de Tendances récentes : maladies cliniques estimés survenant • Avec une croissance rapide de la popu- chaque année, environ 60% sont en lation, les prélèvements d’eau ont triplé Afrique sub-saharienne, tout comme au cours des 50 dernières années. 80% des décès. La plupart des 1 million • Cette tendance s’explique en grande et plus d’Africains qui meurent chaque partie par le développement rapide de année de la malaria sont des enfants de l’irrigation, stimulé par la demande moins de cinq ans. alimentaire dans les années 1970 et• Le taux de paludisme que l’on pourrait par la poursuite de la croissance des éliminer par la gestion de l’environ- économies basées sur l’agriculture.29 nement - en éliminant les masses Tendances attendues au cours des 50 d’eau stagnante, en modifiant les prochaines années : contours des réservoirs, en introdui- sant des drainages ou en améliorant • Il y a encore des incertitudes impor- tantes sur l’ampleur de la demande la gestion de l’irrigation - diffère selon future. Entre 2000 et 2050 la popula- les régions, avec des variations en tion mondiale devrait croître de 6 à fonction de l’habitat des vecteurs de la 9 milliards et la demande pour les den- maladie, atteint une moyenne mon- rées alimentaires et autres marchandises diale de 42%. va augmenter de façon significative. • Le plan d’action pour la MéditerranéeChapitre 7 porte sur l’exploration des futursL’utilisation de l’eau et ses possibles pour les économies baséesnombreuses réalités sur l’agriculture les plus vulnérables aux effets attendus du changement• L’utilisation de l’eau est inégale parmi climatique.30 les pays. Les 10 plus grands consom- mateurs d’eau sont l’Inde, la Chine, Approvisionnement en eau et les Etats-Unis, le Pakistan, le Japon, la assainissement domestiques Thaïlande, l’Indonésie, le Bangladesh, • En 2006, 54% de la population mondiale le Mexique et la Fédération de Russie. disposaient d’une connexion au réseau• L’agriculture est de loin le premier d’eau dans leur maison, terrain ou cour, consommateur d’eau. L’agriculture irri- et 33% utilisaient d’autres sources d’eau guée représente 70% des prélèvemºents potables améliorées. Les 13% restants d’eau, et jusqu’à 90% dans certaines (884 millions de personnes) comptaient régions. sur des sources non améliorées.• Approximativement 20% du total de • Les plus grands progrès ont été réalisés l’eau utilisée dans le monde provient en Asie de l’Est, avec une croissance de de sources d’eaux souterraines (renou- la couverture de sources d’eau potable velables ou non). Cette part augmente améliorées de 68% en 1990 à 88% en rapidement dans les zones arides.28 2006.31FAits et ChiFFRes 9
  10. 10. démographique, qui a décliné progressi- Figure7.8 La productivité de l’eau industrielle varie vement de 2,2% par an lors de la dernière grandement selon les pays décennie du 20ème siècle, et qui baissera jusqu’à 1,6% en 2015, à 1,4% en 2015- 1995 US$ par mètre cube par an, dernière année disponible 30, et à 0,9% en 2030-50.33 150 • Une partie des pressions actuelles exer- 125 cées sur les ressources en eau provient de la demande croissante nécessaire pour 100 le fourrage. La production de viande nécessite 8 à 10 fois plus d’eau que la 75 production céréalière. 50 • Les dernières prévisions disponibles montrent une augmentation moyenne 25 de 0,6% par an des terres irriguées entre 0 1998 et 2030, comparée à 1,5 % entre les années 50 à 90. k ie e e s e rie ie ne ie e ie ni ar ni qu gn vi an ss an ar ng i -U da em tto ra Ru lg hè lo tu um • Uk Sur la même période (1998-2030), en ts Ho ol Bu Po Le an Li tc de a M Ro Ét D ue n raison des augmentations continues de la io iq t bl ra pu productivité agricole, on a produit 36% dé Ré Fé en plus d’aliments avec 13% d’eau en Source :Fondésurl’ONUDI2007. plus.34 • Hormis l’Afrique subsaharienne et Les implications du prix des aliments l’Océanie, toutes les régions sont sur sur la sécurité alimentaire en voie d’atteindre la cible sur l’eau • La hausse récente des prix des princi- potable des Objectifs du Millénaire pour paux produits agricoles a provoqué une le Développement (OMD). En revanche, augmentation des personnes souffrant si la tendance actuelle se maintient, 2,4 de la famine allant de 850 millions à milliards de personnes continueront à ne 963 millions. pas avoir accès à un assainissement de • Entre septembre 2007 et mars 2008, base d’ici 2015.32 le prix de la farine, du maïs, du riz et • La couverture d’approvisionnement en d’autres céréales a augmenté en moyenne eau et d’assainissement est nettement plus de 41% sur le marché international. élevée dans les zones urbaines que dans • Entre le début de l’an 2000 jusqu’à mi les zones rurales. Les agrégats mondiaux 2008, le prix du beurre et du lait a triplé, et régionaux sur la couverture en eau et et le prix des volailles a presque doublé. en assainissement ne montrent pas les • Les prix ont baissé à partir de mi 2008 grandes différences existant entre les pays. grâce à des perspectives positives en termes de production alimentaire mon- tendances et situation actuelle de diale, du ralentissement général de l’utilisation de l’eau dans l’agriculture l’économie mondiale et de la baisse du • L’agriculture représente 70% des prélève- prix du pétrole. ments d’eau douce provenant des bassins versants, des lacs et des aquifères, et de quelle manière la bioénergie va-t- jusqu’à plus de 90% dans certains pays en elle affecter l’utilisation de l’eau? voie de développement. • Près de 10% de la fourniture totale • L’agriculture pluviale couvre 80% des d’énergie provient de la biomasse, et terres cultivées dans le monde, et est la majorité de ces 10% (80%) provient responsable d’approximativement 60% de d’une source «traditionnelle» de bio- la production végétale. masse : bois, fumier et résidus de culture. • Aujourd’hui, l’agriculture irriguée couvre • Au niveau mondial, l’eau d’irrigation 275 millions d’hectares, soit 20% de la allouée à la production de biocarburants terre cultivée, et représente 40% de la est estimée à 44 km3, soit 2% de l’en- semble de l’eau d’irrigation.35 Dans l’état production alimentaire mondiale. actuel des conditions de production, • Le succès rencontré dans la production il faut une moyenne d’environ 2.500 agricole a mené à 30 ans de baisse des litres d’eau (dont environ 820 litres est prix des aliments dans la majorité des de l’eau d’irrigation) pour produire 1 pays (voir Figure 7.6), une tendance qui a litre de biocarburant (la même quantité duré jusqu’à très récemment. nécessaire en moyenne pour produire de • La croissance de la demande mondiale la nourriture pour une personne pendant en aliments reflètera la croissance une journée).10 Le 3é RAppORt MOndiAL des nAtiOns Unies
  11. 11. • La part de l’eau d’irrigation utilisée Chapitre 8 pour la production de biocarburants est négligeable au Brésil et dans l’Union Les impacts de l’utilisation de l’eau européenne, elle est estimée à 2% en sur les systèmes hydrologiques et Chine et 3% aux États-Unis.36 l’environnement• La mise en œuvre de toutes les poli- • En moyenne, les populations d’espèces tiques et des plans nationaux actuels d’eau douce ont été réduites de moitié en matière de biocarburants nécessite- entre 1970 et 2005, une baisse plus raient 30 millions d’hectares de terres marquée que pour d’autres biomes. cultivées et 180 km3 d’eau d’irrigation • En 2000, on comptait plus de 50.000 supplémentaires. grands barrages en exploitation.L’eau pour l’industrie et l’énergie • Quelque 589 grands barrages ont été construits en Asie entre 1999 et 2001.• L’industrie et l’énergie représentent • Sur les 292 plus grands systèmes flu- conjointement 20% de la demande en viaux du monde en 200539 (représentant eau. 60% du ruissellement dans le monde),• La consommation d’eau pour l’industrie plus d’un tiers (105) ont été considérés n’est que partiellement liée au niveau comme fortement touchés par la frag- d’industrialisation d’un pays, comme mentation, et 68 modérément touchés.40 le montrent les grandes différences constatées en termes de productivité de Les risques sociaux, économiques et l’eau entre deux pays à hauts revenus : environnementaux plus de 138 USD par mètre cube au • Une étude récente sur l’économie de Danemark et moins de 10 USD par mètre l’eau des régions du Moyen-Orient cube aux Etats-Unis (voir Figure 7.8). et d’Amérique du Nord estime que• Dans le pourtour méditerranéen, la la déplétion des ressources en eaux demande en eau saisonnière de l’indus- souterraines a réduit substantiellement trie du tourisme augmente la demande le PIB de certains pays : en Jordanie de en eau annuelle de 5 à 20%. 2,1%, au Yémen de 1,5%, en Égypte de 1,3% et en Tunisie de 1,2%.41Consommation d’eau pour laproduction énergétique Risques croissants : pollution et• L’hydroélectricité fournit environ 20% dégradation de la qualité de l’eau de l’électricité mondiale,37 une part qui • Plus de 80% des égouts des pays en est restée stable depuis les années 90. voie de développement se déversent• Il est prévu, selon l’Agence internatio- sans traitement, polluant les rivières, nale de l’énergie, que la production les lacs et les zones côtières. d’électricité issue de l’hydroélectricité • De nombreuses industries – certaines et d’autres sources d’énergie renou- connues pour être très polluantes velables augmente d’un taux moyen (comme le tannage des peaux ou la annuel de 1,7% de 2004 à 2030, ce qui chimie)- se relocalisent des pays à hauts signifie une augmentation générale de revenus vers les économies de marché 60% d’ici 2030. émergentes.42Les prix du pétrole et les choix • Bien que selon les estimations les popu-énergétiques lations rurales d’Asie devraient rester stables au cours des 20 prochaines• Il est prévu que la part de l’énergie années, les populations urbaines vont renouvelable dans la production mondiale d’électricité diminuera légè- certainement augmenter de 60% avant rement, passant de 19% en 2004 à 16% 2025, ce qui entraine des perspectives en 2030, du fait que la croissance de de pénurie d’eau.43 la consommation mondiale de char- • Globalement, le problème de qualité de bon et de gaz naturel utilisés pour la l’eau le plus préoccupant est l’eutrophi- production d’électricité excède celle des sation, résultat d’une forte concentration sources d’énergie renouvelable. en nutriments (principalement phos-• Alors que la consommation d’énergie phore et nitrogène), ce qui réduit signifi- commerciale moyenne dans les pays cativement l’exploitation utile de l’eau. à hauts revenus est d’approximative- • En 1998, approximativement 90% ment de 5.500 kilogrammes équivalent des biotopes côtiers et marins de pétrole par habitant, il reste toujours la mer Baltique étaient menacés en dessous de 500 kilogrammes dans par une réduction d’espace ou une les pays à faibles revenus.38 réduction de la qualité de l’eau due àFAits et ChiFFRes 11
  12. 12. l’eutrophisation, la contamination, les Chapitre 10 pêcheries et les constructions urbaines. Aperçu du cycle hydrologique mondial • Aujourd’hui, près de 70 millions de personnes au Bangladesh sont exposées • L’eau douce ne représente que 2,5% du à une eau contenant plus de 10 micro- volume total sur la planète. Les précipi- grammes d’arsenic par litre, limite tations constituent l’ultime source d’eau établie par l’Organisation Mondiale de la douce. Santé (OMS). Selon les estimations, près • Une étude montre que 85% de la popu- de la moitié des 10 millions de puits du lation mondiale réside dans la moitié la Bangladesh pourraient être contaminés plus aride de la Terre.49 Plus d’un milliard à l’arsenic. de personnes, vivant dans des régions • La pollution naturelle à l’arsenic de arides et semi-arides, dispose d’un accès l’eau potable est maintenant considérée à des ressources en eau peu ou non comme une menace globale affectant renouvelables. près de 140 millions de personnes dans • Il est estimé que moins de 20% des bas- 70 pays, sur tous les continents.44 sins de drainage dans le monde montrent • Une étude récente sur l’eau potable en une qualité d’eau presque parfaite et que France a estimé que plus de 3 millions le transport fluvial du nitrogène inorga- de personnes (5.8% de la population) nique et du phosphore a été multiplié au sont exposées à une qualité d’eau non cours de ces 150-200 dernières années.50 conforme aux standards de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) (En ce qui Chapitre 11 concerne les nitrates, une non-confor- mité était relevée dans 97% des échan- Changements dans le cycle tillons d’eau souterraine).45 hydrologique mondial • Il existe un consensus parmi les experts Le contrôle de la pollution industrielle du climat : le réchauffement planétaire va s’améliore intensifier ou accélérer le cycle hydrolo- • On constate une augmentation constante gique mondial.51 du nombre d’entreprises demandant la • Le mécanisme le plus souvent cité est que certification ISO 14001, la norme interna- le réchauffement des températures de l’air tionale pour la gestion environnementale donne lieu à une plus haute pression de gérée par l’Organisation internationale de vapeur saturante (environ 7% plus élevée normalisation. par degré Kelvin) et qu’il augmente le • Fin 2002, près de 50.000 entreprises dans contenu en vapeur d’eau atmosphérique. 118 pays avaient reçu la certification Certains avancent que les récentes obser- ISO 14001.46 vations par satellite ne supportent pas la faible sensibilité. Ils signalent également des augmentations du contenu en vapeur Chapitre 9 d’eau, des précipitations et de l’évapora- Gérer la concurrence pour l’eau et les tion à hauteur d’environ 6% par degré pressions exercées sur les écosystèmes. Kelvin.52 • La concurrence pour l’eau existe à tous • Le GIEC a trouvé des hausses moyennes les niveaux et il est attendu qu’elle mondiales des températures de l’air des augmente avec les demandes d’eau dans surfaces terrestres de 0,74°C ± 0,18°C sur presque tous les pays. la période 1906-2005.53 • En 2030, 47% de la population mondiale vivra dans des zones de stress hydrique Chapitre 12 élevé.47 des dangers en évolution et des • Plus de 5 milliards de personnes, soit 67% opportunités émergeantes de la population mondiale, ne seront peut- être toujours pas raccordées aux systèmes • Un rapport sur les changements récents du d’assainissement en 2030.48 cycle hydrologique mondial basé sur plus de 100 études (fondées sur des observa- • Le dessalement est rarement utilisé pour tions) a identifié des tendances mon- l’agriculture (1%), mais son utilisation diales et régionales à la hausse en ce qui pour des cultures de haute valeur en concerne le ruissellement, les inondations serres augmente progressivement. Le et les sècheresses, et d’autres évènements dessalement représente seulement 0,4% et variables liés au climat au cours de la de l’eau utilisée en 2004 (près de 14 2ème moitié du 20ème siècle, appuyant la kilomètres cubes par an), mais il devrait perception d’une intensification du cycle doubler d’ici 2025. hydrologique.5412 Le 3é RAppORt MOndiAL des nAtiOns Unies
  13. 13. • Les écosystèmes méditerranéens sont • Généralement, les zones très arides (site diversifiés, vulnérables et sensibles aux avec un indice de sècheresse de Palmer changements dans les conditions hydro- de 3,0 ou inférieur) ont plus que doublé logiques. Même avec une hausse des tem- depuis les années 70 (d’environ 12 à 30%), pératures de 2ºC, le Sud méditerranéen avec un grand bond au début des années risque de perdre 60 à 80% de ses espèces. 80 en raison de la baisse des précipitations• La toundra et les régions arctiques font liées à l’oscillation australe de El Niño et face à la perte de pergélisol et au poten- des hausses consécutives dues en premier tiel de rejets de méthane dû à un réchauf- lieu au réchauffement de surface.58 fement accentué dans les pôles. • La conversion de la végétation indigène• Les montagnes observent des périodes pour l’agriculture s’est manifestée par une de neiges et de fontes plus courtes et augmentation du taux de l’érosion des plus précoces ainsi que des changements sols de 10 à 100 fois plus élevée.59 liés constatés dans les crues. En haute • Avec des terres agricoles occupant désor- altitude, l’augmentation des neiges hiver- mais environ 37% des zones sans glaces nales peut donner lieu à un retard de la des continents, il est évident que l’agricul- fonte des neiges. ture a eu un impact considérable sur les• Les zones humides seront affectées négati- taux d’érosion mondiaux. vement dans les cas de baisses du volume d’eau ainsi que de hausses des tempéra- Chapitre 13 tures et de l’intensité des précipitations.• Le rapport du GIEC suggère que d’ici 2050, Améliorer l’observation la moyenne annuelle des ruissellements De nombreux réseaux hydrologiques ter- aura augmenté de 10 à 40% en haute restres déclinent pour plusieurs raisons : altitude et diminué de 10 à 30% dans cer- • Les enregistrements disponibles satis- taines régions arides de latitudes tempérées font les besoins actuels d’information et semi-arides de latitudes équatoriales.55 hydrologique.• De manière générale, le nombre de • En apparence, il n’existe aucune utilisa- grandes inondations à l’intérieur des tion directe des informations hydrolo- terres étaient deux fois plus important giques qui soit justifiable d’un point de par décennie entre 1995 et 2005 qu’entre vue économique (par exemple dans des 1950 et 1980, et les pertes économiques bassins vierges ou des stations fermées induites étaient cinq fois plus élevées. aux embouchures de fleuves ou dans les Les moteurs dominants de ces tendances zones de deltas). à la hausse sont les facteurs socio-écono- miques tels que la croissance démogra- • Problèmes logistiques. phique, le changement dans l’utilisation • Problèmes budgétaires ou de ressources. des sols et une utilisation abusive des Les données hydrologiques provenant zones vulnérables. d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale,• Des tendances attestées d’inondations des Caraïbes, d’Europe et d’Asie méditerra- montrent qu’il n’existe pas de preuves néenne sont largement plus conséquentes d’un changement généralisé à l’échelle que dans d’autres régions. mondiale.• Des sécheresses plus intenses, affectant Chapitre 14 davantage de personnes, et liées à une hausse des températures et une baisse des Les options au sein du secteur de l’eau précipitations, ont été observées au cours Des programmes et des activités qui abor- du 21ème siècle.56 dent directement l’évaluation, l’allocation• Une étude sur les changements spatio- ou la protection des ressources en eau sont temporels affectant l’assèchement des actuellement en cours dans le monde entier. cours d’eau, utilisant un ensemble de Améliorer la gouvernance de l’eau implique données de plus de 600 enregistrements de gérer de manière plus efficace les ressources journaliers des cours d’eau européens en eau disponibles et son utilisation actuelle provenant des archives européennes de et anticipée, et d’informer les usagers de l’eau du Programme FRIEND (Régime l’eau, les parties prenantes et les décideurs des de Flux déterminés à partir des séries conséquences de leurs actions (ou manque de Renseignements Expérimentaux d’actions) pour répondre à ces problèmes. Internationaux et de Réseau) de Mettre en oeuvre une gestion intégrée l’UNESCO, n’a mis en évidence aucun des ressources en eau s’avère plus difficile changement significatif pour la majorité que prévu. Des exemples prometteurs des stations.57 Cependant, on a trouvé de solutions au sein du secteur de l’eau des différences régionales indéniables. comprennent :FAits et ChiFFRes 13
  14. 14. • Le développement des compétences insti- 17. Oxfam.2007.AdaptingtoClimateChange– tutionnelles et humaines afin de préparer What’sNeededinPoorCountries,andWho les institutions à relever les défis actuels et ShouldPay.OxfamBriefingPaper104,Oxfam International,Oxford,UK. futurs de l’eau et liés à l’eau. 18. UNDP(UnitedNationsDevelopment • Une législation de l’eau, tant officielle que Programme).2007.HumanDevelopment coutumière, comprenant également les Report2007/2008:FightingClimateChange. régulations d’autres secteurs qui affectent la HumanSolidarityinaDividedWorld.NewYork: gestion des ressources en eau. PalgraveMacmillan. 19. IEA(InternationalEnergyAgency).2006.World • La consultation des parties prenantes et EnergyOutlook2006.Paris:Organisationfor l’obligation de rendre des comptes concer- EconomicCo-operationandDevelopment,and nant la planification, la mise en oeuvre InternationalEnergyAgency. et la gestion afin de créer un climat de 20. Gichere,Samuel,RichardDavis,andRafikHirji. confiance, car une gestion efficace implique 2006.ClimateVariabilityandWaterResources une gouvernance pluraliste, de la transpa- DegradationinKenya:ImprovingWater rence et des interactions entre parties aux ResourcesDevelopmentandManagement. intérêts divergents. WorldBankWorkingPaperSeries69,World Bank,Washington,DC. • L’utilisation d’options financières et d’ins- 21. Biemans,Hester,TonBresser,HenkvanSchaik, truments économiques afin de soutenir la andPavelKabat.2006.WaterandClimate fiabilité et la qualité des services assurés. Risks:APleaforClimateProofingofWater • L’innovation et la recherche afin de déve- DevelopmentStrategiesandMeasures.4thWorld WaterForum,CooperativeProgramonWater lopper des solutions durables, réalistes et andClimate,Wageningen,TheNetherlands. appropriées. 22. UnitedNations.2008.WorldEconomicand • Le paiement pour les services environne- SocialSurvey2008:OvercomingEconomic mentaux en tant que mesure incitative afin Insecurity.NewYork:DepartmentofEconomic d’améliorer les efforts en termes de gestion andSocialAffairs,UnitedNations. de l’eau et de soutenir des écosystèmes www.un.org/esa/policy/wess/wess2008files/ wess08/overview_en.pdf. durables et la sécurité hydrique. 23. DfID(DepartmentforInternational • La création d’un climat d’investissement Development)SanitationReferenceGroup. favorable par les décideurs du secteur de l’eau. 2008.WaterIsLife,SanitationIsDignity,Final Draft1.DfIDSanitationPolicyBackground Paper,DepartmentforInternational notes Development,London.www.dfid.gov.uk/ 1. HuttonandHaller2004. consultations/past-consultations/water- 2. WHO2006. sanitation-background.pdf. 3. WHOandUNICEFJointMonitoringProgramme 24. WorldBank.2007.WorldDevelopmentReport 2008,pp.8and13. 2008:AgricultureforDevelopment.Washington, DC:WorldBank. 4. WHOandUNICEFJointMonitoringProgramme 2008,pp.8and13. 25. WHO(WorldHealthOrganization).2007. WorldHealthStatistics2007.Geneva:World 5. Hinrichsen,Robey,andUpadhyay1997. HealthOrganization. 6. UnitedNations2007. 26. Prüss-Üstün,A.,R.Bos,F.Gore,andJ.Bartram. 7. UNFPA2007. 2008.SaferWater,BetterHealth: 8. UnitedNations2006a. Costs,BenefitsandSustainabilityofInterventions 9. WorldBank2008. toProtectandPromoteHealth.Geneva:World 10. TransboundaryFreshwaterDisputeDatabase HealthOrganization. (www.transboundarywaters.orst.edu). 27. Laxminarayan,R.,J.Chow,andS.A.Shahid- 11. TransparencyInternational2008. Salles.2006.InterventionCost-Effectiveness: OverviewandMainMessages.InDisease 12. UNDP2006. ControlPrioritiesinDevelopingCountries, 13. OECD(OrganisationforEconomicCooperation 2ndedition,ed.D.T.Jamison,J.G.Breman, andDevelopment).2005.Bridge over Troubled A.R. Measham,G.Alleyne,M.Claeson, Waters: Linking Climate Change and Development. D. B. Evans,P.Jha,A.Mills,andP.Musgrove. Paris:OrganisationforEconomicCo-operationand Washington,DC:WorldBank,andNewYork: Development. OxfordUniversityPress. 14. Stern,N.2006.The Stern Review: The Economics 28. ComprehensiveAssessmentofWater of Climate Change.London:CabinetOffice, ManagementinAgriculture.2007.Water HM Treasury. forFood,WaterforLife:AComprehensive 15. WorldBank.2006.CleanEnergyandDevelopment: AssessmentofWaterManagementin TowardsanInvestmentFramework.PaperDC2006- Agriculture.London:Earthscan,andColombo: 0002.DevelopmentCommittee,WorldBank, InternationalWaterManagementInstitute. Washington,DC. 29. WorldBank.2007.WorldDevelopmentReport 16. UNFCCC.2007b.InvestmentandFinancialFlowsto 2008:AgricultureforDevelopment.Washington, AddressClimateChange.Backgroundpaper,United DC:WorldBank. NationsFrameworkConventiononClimateChange, 30. BluePlan,MAP(MediterraneanActionPlan), NewYork. andUNEP(UnitedNationsEnvironment14 Le 3é RAppORt MOndiAL des nAtiOns Unies

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