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la construction de logements en nombre important, de limplantation dentreprises etautres, est un impératif. Ce nest pas un...
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La séparation des activités du gestionnaire dinfrastructures et de lopérateur detransport na pas été couronnée de succès à...
En termes de politique dentreprise, Ie curatif sur le matériel,les infrastructures, trouverapidement ses limites. Les cons...
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Lettre ouverte-gallois-unsa-ratp-a-ministre-cuvillier

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Lettre ouverte-gallois-unsa-ratp-a-ministre-cuvillier

  1. 1. Laurent GALLOISDélégué syndical détablissement Lettre ouverteRER RATP Saint-Rémy-lès-Chevreuse, le 23 janvi er 20L3 Monsieur le ministre, fe viens de prendre connaissance de la feuille de route transmise à Monsieur lePrésident-Directeur général de la RATP, en date du 17 décembre 20t2.La lecture de celle-ci, me laisse dubitatif sur plusieurs sujets, sujets auxquels je vais dansce courrier vous apporter mon avis dagent du terrain, conducteur de train depuis 24ans, et responsable syndical à IUNSA RATP.De plus, vous aviez répondu par laffirmative le 0B novembre 20LZ sur le plateau dl-Télévision, à ma proposition de vous informer de la réalité de la situation, situationvécue au quotidien par les usagers et salariés des transports ferroviaires. Le transport ferroviaire est un élément fondamental pour léconomie de la régiondlle-de-France, il doit être une priorité pour les responsables politiques, pour unemeilleure cohésion sociale.Longtemps délaissé, le réseau ferroviaire est en grande partie vétuste, celui-ci na pas eudepuis des années lentretien nécessaire au maintien dune qualité doffre de transportdigne de ce nom. La Cour des Comptes la dénoncé le 16 avril 2008, dans son rapport surla SNCF << côté investissements, la Cour souhaite une priorité plus forte donnée àlentretien par rapport à lextension du réseau, notamment la création de lignes TGV,coûteuses et pas toujours rentables, jusquici "chouchoutées". >>.A cela sajoute des matériels vieillissants qui occasionnent des pannes à répétition.Une fois ce constat fait, il faut se donner les moyens pour pallier à cette situation. Votre approche des difficultés rencontrées sur les lignes de RER, aurait dû avanttoute chose, se faire avec une concertation la plus large possible.Cette écoute est primordiale, comme il est mentionné page 18 du rapport parlementairenuméro 4458 (Le défi du RER : placer les usagers au centre du système) :<< Une écoute plus attentive des usagers, des personnels et des élus savère impérative.La commission a acquis la conviction que certaines des remarques de bon sens quils ontexprimées devant elle, méritent dêtre autrement considérées>>.
  2. 2. Vous faites mention de votre attachement important et tout particulier à laréalisation des objectifs contenus dans le contrat signé, entre lopérateur RATP et leSTIF.Certains objectifs sont purement utopiques, ils ne sont que théoriques, le terrain nousrappelle vite à la raison, à la réalité.Différents exemples pour vous démontrer chiffres à lappui, du fossé qui ne cesse de secreuser entre les décisionnaires et la réalité de la situation.Régularité des les lignes A et B du RER pour les années de 2008 à 201.1, avec commeobjectif 960/o. _ RER A : BB,5 o/o,89,1, o/o,83,3 0/o,86,4 o/0. - RER B : 84,0 o/o,83,0 o/o,BZ,9 o/o,83,3 o/oUn autre exemple, celui de la volonté de vouloir faire passer un certain nombre de trainsdans le tronçon central des lignes A et B du RER.La ligne A du RER, a comme objectif de faire circuler 30 trains à lheure de pointe.La moyenne du nombre de trains passée à lheure de pointe sur les 5 dernières années(2007 /Z0L1J, est de24,86.La ligne B du RER, où il est prévu fin de cette année, de faire circuler 32 trains à lheurede pointe,20 trains de la ligne B etL2 de la ligne D.Cette liste nest pas exhaustive, dautres exemples sont à votre disposition. Il faut savoir que la circulation des trains sur une ligne, horaires, contenu de lamission dun train, (train direct, omnibus), etc. est planifiée dans un document appelé:Graphique horaire.Ce graphique horaire résulte des éléments théoriques susmentionnés,Les conséquences de cette gestion théorique, sont pour les usagers contre-productives. - Train omnibus qui devient direct. - Train supprimé. - Train qui ne va pas au bout de sa mission prévue.Il faut impérativement avoir une politique doffre de transport qui soit réaliste, afinaprès avoir pris en considération tous les critères de faisabilité, de construire unGraphique horaire rationnel, pour offrir un service à la hauteur des attentes légitimesdes usagers. Vous mentionnez que les indicateurs de régularités pour cause internes ne sontpas à la hauteur des espérances, sur les ligne A et B du RER.Lespérance nest pas une politique volontaire damélioration des transports, il nousfaut la provoquer.Subodorer quessentiellement les causes internes sont la conséquence desdysfonctionnements des transports, nest pas exhaustif dans lanalyse du sujet dans sonintégralité. En plus des causes de dysfonctionnement susmentionnées, laménagementdu territoire dans son ensemble est un facteur prépondérant et non gérable par lesopérateurs. Le réseau express régional dÎle-de-France est arrivé à saturation, du fait delévolution des bassins géographiques dhabitations et demplois. Lobligation deséloigner de la capitale, conséquence de laugmentation des loyers et des prix deslogements à Paris et dans sa petite couronne, se traduit par des temps de transportdomicile/travail de plus en plus longs. Anticiper la demande de transport qui résulte de
  3. 3. la construction de logements en nombre important, de limplantation dentreprises etautres, est un impératif. Ce nest pas une fois les chantiers terminés, que lon doit sepréoccuper des moyens pour sy rendre. Afin davoir un aperçu de lévolution du trafic sur certaines gares, en millions devoyages, voici quelques exemples de comparaison avec les chiffres de lannée 2006 et20tL:Ligne A du RER: - Gare de Nanterre-Préfecture 20,906/23,053 - Gare de La Défense 32,289 /34,605 - Gare de Châtelet-les-Halles 32,229 /34,05L - Gare de Lyon 36,?.?9 /39,050 - Gare Val dEurope 2,282/3,16L - Gare Chessy-Marne la Vallée 3,946/4,579Lisne B du RER: - Gare du Nord 52,556/56,3L6 - Gare de Châtelet-les-Halles 22,04/z3,BZ3 - Gare de Cité Universitaire 4,323/6,359 - Gare de Croix de Berny 0,856/2,832 - Gare de Massy-Palaiseau 6,1,L9 /8,479Ces exemples nous démontrent, sil en est besoin, la nécessité davoir une réellepolitique daménagement du territoire, une politique où lensemble des partiesprenantes soient acteurs dans les décisions prises. Vous faites référence à la nécessité dun travail coordonné entre les deuxopérateurs de la ligne B du RER, objectif auquel je souscris pleinement.Malheureusement le constat est amer à la lecture du dossier afférant au rapprochementdes deux co-exploitants de cette ligne.Le projet dorganisation commune dédiée à lexploitation de la ligne B, aurait dûcontenir trois axes indissociables : -1. Quantifier et déterminer une à une, les causes de perturbations : Les infrastructures (voies, signalisation, etc.), la réglementation, le manque de personnel à certain endroit, le matériel,loffre de transpolt, etc. Pour ce premier point, le retour dexpérience est là pour nous aider. Linteropérabilité est en service depuis plus de trois ans, source dune meilleure compréhension des deux entités. -2. Une fois quantifiées et déterminées les causes de dysfonctionnement, il faut les réduire. Ce point est prioritaire, le préventif plutôt que le curatif est la base de toute politique responsable.
  4. 4. On ne peut prétende supprimer tous les dysfonctionnements, cest pour cette raison quil faut une réactivité optimum dans les traitements des incidents. Cette réactivité est primordiale, afTn de limiter leffet domino sur Iensemble de Ia Iigne, voire sur plusieurs lignes suivant le lieu de Iincident. fVoir le 07 novembre 20L2). -3. Avoir une harmonisation de la gestion de la ligne B du RER en situation perturbée, voire fortement perturbée. Cette gestion est primordiale, il faut une adaptation commune du plan de transport, une amélioration des prises de décision, des mises en æuvre de stratégies communes lors dincidents, avoir une vision transversale et partagée de celle-ci. Une équipe RATP/SNCF/RFF au service des usagers et de la qualité de service, une information voyageurs cohérente, une vision ligne tout simplement.Le projet dorganisation commune RATP/SNCF/RFF dédiée à lexploitation de la ligne B,manque cruellement dambition pour cette ligne. Linformation des voyageurs, est comme vous le mentionnez, un élémentimportant, et ce surtout en situation dégradée.|e vous rappelle que jai moi même déposé une alarme sociale sur ce sujet. Alarmesociale déposée en décembre 2008, avec comme titre : << Carence au niveau delinformation des voyageurs, lors dincident dexploitation>>.Au jour daujourdhui, nous connaissons de grosses lacunes sur ce thème, lesévènements du 07 novembre 20L2 sur la ligne B, sont là pour nous le rappeler.Quelle soit visuelle, sonore, linformation voyageurs doit être réactive en cas dincident.Des informations précises et claires, afin de permette aux usagers de modifieréventuellement leur trajet, de ne pas se retrouver bloqués en ligne, etc. Votre encouragement à la poursuite de la modernisation du métro, dans lacontinuité de lautomatisation des lignes de métro, est un choix politique.Dans la conjoncture actuelle, où lemploi est la priorité du gouvernement, avoir commeobjectif la suppression de postes est difficilement compréhensible, sans oublier le coûtfinancier, qui je vous le rappelle a été denviron 850 millions deuros pour la ligne 1 dumétro.Ce choix de société à venir, où lautomatisation remplace au fil du temps les salariés,avec comme finalité des cotisations sociales en baisse, un chômage en augmentation,nest pas la ligne politique pour laquelle jai apporté mon vote au Président de laRépublique.Lautre conséquence, se concrétise sur le terrain par une désertification des espacespublics de transport. Entre lautomatisation des ventes de titre de transport et celle de lacirculation des trains, nous nous orientons vers une déshumanisation des servicespublics. Louverture progressive du marché Francilien, nest pas au regard des différentsexemples dans dautres filières, source dune amélioration pour les usagers, que ce soiten terme doffre de service ou de prix. 4
  5. 5. La séparation des activités du gestionnaire dinfrastructures et de lopérateur detransport na pas été couronnée de succès à la SNCF, avec la création de RFF. Preuve enest de la volonté de vouloir revenir en arrière sur ce choix.Pourquoi vouloir continuer cette politique à la RATP ?La mise à concurrence des services publics avec Ie système privé, ne peut êtrecompatible avec le service public à la Française, service public auquel nous sommesattachés.Cela ne nous dédouane aucunement daméliorer nos prestations, afin de répondre à unedemande en constante évolution des usagers. Evolution qui résulte des changementstant sur le plan des déplacements professionnels que de celui des loisirs.Il va de soi que ces changements ne peuvent se faire quavec un dialogue social enamont, digne de ce nom. Le Grand Paris doit apporter les réponses aux demandes de demain, avec entreautre la grande ceinture appelée à son origine ORBITALE (organisation régionale dubassin intérieur des transports annulaires libérés des encombrements), permettant auxusagers de ne plus être dans lobligation de rentrer dans Paris pour des trajets debanlieue à banlieue.Les annonces sur les grands projets de la région et de létat ne laissent pas une placeassez importante à la modernisation du réseau existant.Le rattrapage suite au manque dinvestissement (infrastructures, matériels) doit êtreaussi une priorité. Il faut une corrélation entre les deux, pour une meilleure dynamiquedu territoire, Lier les deux oui, ne se focaliser que sur les grands projets peut avoir unrésultat contre productif. Le projet de la desserte de laéroport de Roissy-Charles-de-Gaule par leconsortium : RATP/SNCF/RFF/Aéroport de Paris, est aussi un choix politique. Améliorerla desserte de cet aéroport via les lignes existantes, avec un investissement conséquentsur celles-ci, pourrait améliorer les conditions de transport de lensemble des usagers dece secteur. Le dialogue social au sein de mon entreprise nest pas celui que vous décrivezdans votre lettre de mission. Les alarmes sociales avec des constats de désaccordssaccumulent, nos interpellations restent lettre morte.fe suis pour une vision contractuelle du syndicalisme, mais pour cela il faut être deux,syndicats/direction. La responsabilité de chacun est dautant plus importante au regarddes conséquences pour les usagers dues aux mouvements sociaux, qui résultent dundialogue social en déperdition.Ce nest que dans un esprit de respect et découte que des relations socialesconstructives peuvent sétablir dans mon entreprise, dans notre pays. Les entreprises de transport ferroviaire se doivent dêtre irréprochables en termede sécurité ferroviaire. Nous ne pouvons attendre quune catastrophe se produise, pourquenfin le nécessaire soit fait.Le dialogue social, doit prendre toute sa place lorsque des sujets concernent la gestionferroviaire. Lexploitation des lignes de RER ne peut être compatible avec une gestionaléatoire, une gestion au coup par coup.
  6. 6. En termes de politique dentreprise, Ie curatif sur le matériel,les infrastructures, trouverapidement ses limites. Les conséquences peuvent être lourdes pour les usagers,usagers auxquels nous devons un service à la hauteur de leurs attentes.Comment expliquer cette nouvelle politique ? Rentabilité accrue ne serait telle pas laréponse ?Il est encore temps de changer dorientation politique. Les conséquences sur le terrain deviennent préoccupantes, des trains circulantavec des dysfonctionnements signalés en amont, et laissés en circulation, occasionnentdes stationnements en ligne suite à des avaries sur le matériel.Stationnements qui peuvent aller jusquà limmobilisation totale dun train, avec commeseule solution, le secours apporté par le train suivant qui va le pousser.Cet exemple nest pas exhaustif, dautres sont à votre disposition.Le retour dexpérience est-il toujours dactualité ? Pourtant celui-ci est fondamental, afinde ne pas revivre des situations dangereuses pour les usagers et agents. A agir de la sorte, tous les facteurs pour revivre des évacuations spontanées sontcréés.Le préventif doit être le socle de toutes entreprises de transport. Gardez en mémoire, Monsieur le Ministre, que les agents dexploitation subissentde plein fouet les conséquences sur le terrain des éléments susmentionnés portés àvotre connaissance. fe finirai par cette fable de Monsieur fean de la Fontaine :Une Montagne en mal denfantfetait une clameur si haute,Que chacun au bruit accourantCrut quelle accoucherait, sans faute,Dune Cité plus grosse que Paris :Elle accoucha dune Souris.Quand je songe à cette FableDont le récit est menteurEt le sens est véritable,fe me figure un AuteurQui dit : fe chanterai la guerreQue firent les Titans au Maître du tonnerre.Cest promettre beaucoup : mais quen sort-il souvent ?Du vent. Pourquoi cette fable ? Elle nous rappelle lattention particulière que nous devonsporter aux effets dannonces. La déception des usagers est à la hauteur des attentesdamélioration annoncées par les responsables des transports.Lexemple de la suppression de la relève conducteurs à la Gare du Nord, est significatif.8n2007, une étude réalisée par Egis Rail (avec le concours de la SNCF et de la RATP) amontré que la suppression des relèves conducteurs, pourraient entraîner à elle seule un 6
  7. 7. gain de régularité de 20 %o et un meilleur service que le doublement du tunnel entre lesgares de Châtelet et Gare du Nord (page L19, du rapport parlementaire susmentionné).Après plus de trois ans de mise en place de linteropérabilité, le constat est sévère quantaux objectifs théoriques prévus concernant la régularité. Au fil des années, mon travail avec des associations dusagers, des élus, desurbanistes de différents secteurs géographiques dl-D-F, se concrétise par un climat deconfiance réciproque.Ce travail a pour objectif dêtre entendu des décisionnaires, afin daméliorer le quotidiende millions de Francilien.Attachons-nous, Monsieur le Ministre, à construire lavenir des transports, avec toutesles parties prenantes.La considération de chacun est la base dun travail qui se doit dêtre constructif etobjectif. )e reste à votre disposition afin, si vous le souhaitez, de vous apporter le retourdexpérience des agents du terrain. Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en lassurance de mes sentiments lesmeilleurs. , -1 a// ;,//s1 s Laurent GALLOISMonsieur Frédéric CUVILLIERMinistre délégué chargé des TransportsDe la mer et de la pêche.Hôtel de Roquelaure246, boulevard saint-Germain75007 Paris.

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