Histoire architecture 1899 tome2

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Histoire architecture 1899 tome2

  1. 1. HISTOIRE DEL AR(~HITE CTURE.
  2. 2. ~.,--~-~ ". FIGURES GH,-ÉES EX lAILLE-DOUCE PAR J. 5UL118ET lRACSFORMÉES EX CLICHÉ S lYPOGRAPHIQUES PAR FERXIQ1:E ET F1LS. J:fPRBIERIE GADlHIER-VILL."-RS.
  3. 3. AUGUSTE CHOISY. EIISTOIRE DELARCI-IITECTURE TOME 11. PARIS) GA UTHIER-V ILLAHS, IMPRIME U R-LIBRAIREDU BUREAU DES LO:íGITUDES, DELÉCOLE POLYTECHNIQUE, 5;), Quai des Grancls-Augllstins, 55. 1899
  4. 4. HISTOIRE DE LARCHITECTURE. XIII. RÉNOVATION CHRÉTIENNE ; DES ARTS ANTIQUES: ARCHITECTURE LATINE; ARCHITECTURES DES PEUPLES CHRÉTIENS DE LORIENT. Linstant où no~s sommes parvenus est celui où le christia-nisme va marquer de son empreinte les architectures du vieuxmonde. Nous diviserons les architectures chrétiennes en deuxgroupes: 10 Celles qui se lient au passé par filiation immédiate, lesarchitectures latine, byzantine, -arménienne, rejetons directsdes arts du paganisnle; 2l Celles qui se constituent en Occident après la rupture detraditions causée par les invasions barbares, les architecturesromanes et celles quon a coutume de désigner sous le nomde gothiques. Entre les deux groupes sinterposeront, par raison de chro-nologie et par raison dorigine, les architectures musulmanes,
  5. 5. ) AHCHITECTURES DU BAS-EMPIRE-véritables sœurs de celles de lOrient chrétien, comme ellesissues de cette source commune des arts asiatiques qui est laPerse. PREMIERS ESSAIS DE LARCHITECTURE CHRÉTIENNE. Lhistoire de larchitecture chez les premières nations chré-tiennes se résume dans les essais tentés pour approprier auxexigences du nouveau culte des types dédifices empruntés àla vie civile des anciens Romains. Le christianisme traversasans posséder de temples les trois siècles qui précédèr~ntConstantin: les assemblées religieuses se tenaient dans lesmaisons; les seuls monuments étaient des galeries de carrièresabandonnées où les chrétiens ensevelissaient leurs martyrs.Larchitecture ne joue quun rôle très effacé dans ces sépul-tures dont le mérite principal était déchapper aux regards. De cette condition de culte opprimé, le christianisme passebrusquement à celle de religion dÉtat (lan 313). Trois sièclesde persécution lavaient peu préparé à sa situation nouvelle:heureusement ses besoins étaient assez nets pour permettredarrêter sans hésitation un programme. Le christianismenétait point une religion dinitiés, des temples étroits et ferméslui convenaient mal;. conviant sans distinction tous les hOll1mesà ses fêtes, il lui fallait de grands espaces largement ouvertsà tous: le plan de la basilique civile satisfaisait à.ce programme,les architectes chrétiens ladoptèrent. Quant aux moyens de le réaliser, ils devaient répondre à lafois à lempressernent de consacrer le triomphe, et à la modi-cité des ressources de lEmpire sur son déclin. Le mode an-tique de construction massive à voûtes concrètes avait cessédêtre possible: né avec la toute-puissance romaine, il sétaitperpétué pendant le Haut-Empire à la faveur dune organisationdes forces ouvrières et dun régime de centralisation dont lesliens con1mençaient h se détendre. Ce ne furent pas les basi-liques voûtées telles que celle de Maxence que les chrétiens
  6. 6. LES DÉBUTS DE LART CHRÉT[E~. 3imitèrent, ils at;ceptèrent le modèle de la basilique à combleen charpente: une toiture portée sur des files darcades, tel futle type général de leurs églises. Lépoque de la formation de larchitecture chrétienne estcelle des pren1ières menaces des barbares dont la pression vadéterminer le démembrement de ROllle. Vingt ans à peine aprèsle triomphe du christianisme, lunité romaine se brise et lonvoit se constituer à sa place deux empires: lempire dOcci-dent, qui végétera pendant un siècle et demi pour seffondrerau jour des grandes invasions; lempire dOrient, qui vivra sixsiècles encore. Lempire dOccident, dont lexistence est chaque jour miseen question, ninnove point: telles ont été les basiliques con-stantiniennes, telles seront les basiliques dHonorius, tellesles basiliques qui sélèveront jusquen plein moyen âge sur lesruines de lancienne Rome. Lempire dOrient, moins directement attaqué et relative-ment prospère, possède seulles ressources nécessaires pOUltenter une architecture nouvelle: le progrès vient des provincesasiatiques ou grecques; elles inaugurent tout un système deconstruction voûtée qui nexige ni la masse de matériaux ni ladépense de main-d œuvre des concrétions de lâge antérieur;elles adoptent une forme de voûte presque étrangère à lart duHaut-Empire, la coupole sur pendentifs; enfin et surtout ellesrégularisent et érigent en n1éthode le lllode dexécution sanscintrage . Mais il nest point de nouveauté qui nait ses attaches dansle passé: cette architecture chrétienne de lOrient puise sesprincipes aux plus vieilles traditions de lAsie; et cest lécoleorientale de lart romain qui établit un lien entre elle et lesarchitectures mères dont elle découle: Nous lavons observé en étudiant les 1110numentsdu Haut-Empire, lart na janlais e,u,dans limmense étendue du monde
  7. 7. 4 ARCHrTECTURES DU BAS-EMPIRE.romain, cette uniformité quon est trop enclin à lui prêter:lunité romaine était purement gouvernementale. Sous cette unité factice les procédés de lart, comme lesinstitutions, comme la langue même, différaient dune provinceà lautre; et les variétés dinstitutions, de langage et darchi-tecture se groupaient en deux grandes familles qui répondentau partage du territoire en provinces latines et provincesgrecques: division profonde qui exista de tout temps et à la-quelle la scission des deux empires ne donne en somme quunesanction légale. A linstant des invasions lempire dOccident disparaît" etlart occidental séteint. LEmpire grec seul survit et sauve les traditions darchitecture qui lui sont propres. Non seulement ces traditions se conservent, mais, cessant dêtre influencéespar lOccident, elles se dégagent et saccentuent. En même temps il se fait, au contact de la civilisation sassa-nide qui fleurit en Perse, un apport de procédés asiatiques; unefusion déléments romains, grecs et perses saccomplit sur lesol de lAsie Mineure, où le commerce des caravanes apporteles produits et les idées de la haute Asie; dans la province deSyrie, autre entrepôt de lAsie; dans lArménie, où sexercentdirectement les influences de lart sassanide; enfin et surtoutà Constantinople, qui est devenue le centre du monde. Partout les principes perses de la construction sans cintragepénètrent, sacclimatent; et les procédés, se modifiant suivantles ressources, suivant les traditions locales, donnent naissanceil des architectures où la coupole est le trait dominant et dontle chef-dœuvre c.st Sainte-Sophie de Constantinople. On a dit que lart byzantin trou-va sa première manifestationh Sainte-Sophie de Constantinople: auparavant larchitecturechrétienne de lEmpire grec se serait confondue avec cettearchitecture latine dont la basilique h charpente est le type:En fait, une lente transition sest opérée entre la basiliflue ilcharpente et léglise à coupole; nous avons à suivre ce lentacheminement, analyser les essais (lui en ont signalé les prin-cipales étapes, et décrire les solutions n1ultiples auxf1uel1es
  8. 8. PROCÉDÉS. 5r effortcommun aboutit dans les diverses contrées do lOrientchrétien. MÉTHODES DE CONSTRUCTION. 1. - LES PROCÉDÉS DE LOCCIDENT LATIX. Les constructions de lOccident étant presque exclusivementdes basiliques, leurs éléments se réduisent à dos murs, desarcades et des combles. Le nua. - Des murs de faible épaisseur nauraient pu sexé-cuter sans risque par le procédé simple des lits alternatifsde cailloux et de mortier: de telles concrétions ne doiventleur solidité quà leur masse. Aussi les Romains, même auxmeilieures époques, se gardaient détendre cette n1anière debàtir aux habitations privées où les murs sont minces: aPompei nous avons indiqué un procédé consistant dans lem-ploi de moellons grossièrement équarris, posés à bain de mor-tier; de temps à autre une assise de grandes briques faisantarase. Cest ce genre de construction qui devient, à lépoquedes basiliques, le mode usuel de lOccident. Larcade sur colonnes. - Larchitecture officielle du Haut-Empire nadmettait point larcade portant directement sur descolonnes: larcade romaine reposait par lintermédiaire duneimposte sur des pieds-droits carrés, la colonne nintervenait(torn. l, pag. 558) quà titre dapplique purement décorative.A peine existe-t-il à Pompei un~exemple isolé de larcade ayantsa retombée sur des colonnes; dans les Gaules, quelques co-lonnettes qui paraissent disposées pour recevoir des retombéeselarcades (voir tom. l, pag. 514 et 609); la première appli-cation de larcade sur colonnes à la construction monun1cntale,se trouve à Spalatro et date du temps de Dioclétien. A partir de lépoque des basiliques,- ce mode exceptionnelse généralise sans réserve:
  9. 9. 6 ARCHITECTÙRES DU BAS-EMPIRE. Dans les basiliques (ng. 1), toujours larcade prend sa nais-sance en T, sur le tailloir du chapiteau. 1 Quand la colonnade présente laspect dune construction hplates-bandes B, larc existe à titre de décharge; et lentable-n10nt, interposé entre larc et la colonne, joue fort utilementle rÔle dun chaînage qui annule les effets de poussée. Lorsque lentablernent nexiste point, lusage est de luisubstituer un cours de poutres; et ce chaînage de bois restefranchement apparent. Quelquefois on interrompt lordonnance par des piles-culéestelles que P (ng. 2). 2t . 0 . . p . Dans tous les cas, pour combattre leffort de la poussée, ona soin de terminer la file darcades par un éperon de butée Cet, suivant lusage antique, toujours on place cet éperon. à .lintérieur. Les voûtes des absides et les charpentes des nefs. - La seule.partie voÙtée de la basilique est labside, et la voûte qui labriteconsiste invariablement en une demi-coupole, dont lexécution , . .n eXIge aucun cIntre. Nous avons décrit (ton1. l, pag. 531) les fermes de Saint-Paul-hors-les.:Murs comme résumant les traditions de la char-penterie romaine; la fig. 3 montre leur adaptation à la basilique :.
  10. 10. PROCÉ DÉS. 7 Sur les nefs latérales, le comble se réduit à un appentis; surles grandes nefs cest un comble à deux versants dont les 3 ~ ,m " 25fermes présentent cette particularité capitale, de posséder UD.entrait fonctionnant comme tirant. Nous avons indiqué à Saint-Paul-hors-les-Murs labsence devoligeage et la présence le long du faîtage dune murette demaçonnerie légère servant de diaphragme dincendie. Dansdautres basiliques la précaution a été poussée plus loin en-core: à Sainte-Praxède, les fermes sont de trois en trois rem-placées par des arcs clont les tympans portent les pannes; etces arcs, qui se retrouveront plus tard à la basilique de Saint-Miniat, à la cathédrale de Modène, etc., avaient originairement(voir tom. l, pag. 532, fig. 17) leurs tympans surélevés au-dessus de la toiture. l , II. - LES PROCEDES BYZANTINE. Les murs byzantins se distinguent de ceux de larchitectureoccidentale par une particularité dont lorigine nous reporteaux plus anciens âges de larchitecture: la plupart présentent,comme les murs mycéniens (tom. l, pag. 228), des longrineset des traverses de bois incorporées dans leur masse. Les maçonneries sont à mortier de chaux et sable, ordinai-rement additionné de tuileaux pilés; et, tandis que dans lOcci-
  11. 11. s ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.dent la voûte est pour ainsi dire abandonnée, la voûte continuede régner dans lEmpire grec. Ainsi que les Ron1ains, les Byzantins proscrivent en principelassociation des charpentes et des voûtes: une voûte est lacouverture de lédifice, elle porte directement les tuiles dela toiture. A peine peut-on citer quelques exemples de voûtes légères(Saint-Vital et le baptistère de Ravenne) qui soient protégéespar des combles: la voûte byzantine est une coque de maçon-nerie surmontée dun garni sur lequel les tuiles sont scellées. LES VOUTES BYZANTINES. Comme les voûtes perses, les voûtes byzantines sont autant~Iuepossible exécutées sans supports auxiliaires: les écolesde Syrie et dArménie, qui emploient presque exclusivementla pierre, devront limiter au cas des dômes les avantages dela construction sans cintres. ~1ais lécole byzantine proprement dite, qui fait un usagesystématique de la brique, bâtit ses voûtes directement danslespace; et les types nouveaux quelle ajoute au fonds antiquede la Perse sont: 10 La voûte à pénétration, la voûte darête, que les Persesnont jamais pratiquée; 20 La coupole à pendentifs en triangle sphérique, au lieu dela coupole sur trompes, la seule (tom. l, page 125) que lesPerses aient connue. a. - Berceaux sans cintrage. - La structure usuelle desberceaux by~antins est celle des berceaux perses (tom. l,page 123) : les diagrammes fige 4 rappelleront le procédé. La première tranche est obtenue en assurant à laide demortier ladhérence des briques contre le mur de tête;
  12. 12. PROCÉDÉS. 9 Puis les tranches sont construites de proche en proche,pour ainsi dire par placages successifs. 4 A -_J B L 1 La coupe A,répond au cas où les tranches sont planes etverticales; B, au cas où lon augmente la stabilité des briques endonnant de linclinaison aux tranches; C, au cas où lon donne à ces tranches de la conicité. b. - Voûte darête par tranches. ~ Cest le procédé partranches tronconiques (détail C) que les Byzantins étendentà la voûte à pénétration: la fig. 5 montre comment il syapplique. 5 ~~ /1111 , s On exécute les tranches dans lordre A, B; A, B; et ainside suite en chevauchant. La perspective M représente la voûte interrompue après lapose de quelques tranches de rive, le détail S indique larran-gement des briques au sommet. Rien dans la méthode ne suppose que la voûte soit obtenuepar la pénétration de deux berceaux cylindriques: aussi, pour
  13. 13. 1.0 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.la plus grande facilité des tracés dans lespace, et en mêmetemps pour obtenir le plus de flèche possible, les .Byzantinsont fréquemment adopté (fig. 6) le mode de génération repré-senté en N : T 6 N Les données sont: le plan (carré ou barlong), et la flèche.La condition quon simpose, afin de pouvoir décrire toutes lescourbes dans lespace à laide de simples fils directeurs (sim-bleaux), est que toutes les lignes de joints soient circulaires:Larc .diagonal est un arc de cercle dont le rayon R est réglédaprès la hauteur disponible; et les quatre panneaux P sontdes surfaces de révolution. De ce mode de génération résulte une voûte surhaussée dontle profil est une courbe FF à flexion dont lallure sembleétrange à première vue: toutes les voûtes darête de Sainte-Sophie présentent et ce surhaussement du sommet et ce pointdinflexion F du profil. c. - Voûtes sur pendentifs constluites par tranches. ~Imaginons que la flèche de la voûte N aille progressivementcroissant: au moment où cette flèche devient égale à la demi-diagonale du rectangle de base, linflexion F du profil sefface;et les quatre panneaux, tout à lheure séparés par des arêtessaillantes, se raccordent en une surface continue qui est rigqu-reusement sphérique: la calotte sur pendentifs en trianglesphérique (T) se présente comme un cas particulier de lavoûte darête byzantine. On voit ainsi sintroduire, comme une variété de la voûtedarête que les Perses nont jamais pratiquée, cet autre type
  14. 14. PROCÉDÉS. ifétranger à lart perse, la calotte sur pendentifs sphériques: lavoûte sur pendentifs en triangle sphérique est essentiellementcaractéristique de lart byzantin; les Perses, depuis lantiquitéjusquà. nos jours, nont jamais admis que le berceau et la cou-pole sur pendentifs en trompe. Un des plus anciens exen1ples datés de la calotte sur pen-dentifs sphériques se trouve à larc de Salonique, monumentque les études de M. Kinch reportent . sans hésitation à lépoquede Constantin. Lexemple qui définit le mieux les cas dapplication de cetype de voûte et ceux de la voûte à pénétration dont il dérive,est celui des collatéraux de Sainte-Sophie; là on saisit nette-ment lesprit qui guida les Byzantins dans leur choix. Les col-latéraux (fig. 7) sont à double étage. A létage inférieur A il 7 A Bfallait, sous peine dexagérer la hauteur totale de lédifice,tenir les voûtes aussi déprimées que possible: les voûtes delétage inférieur sont darête; à létage supérieur B, où rien nelimite la flèche, les voûtes sont des calottes sur pendentifs. d. - VoÛtes sphériques construites par assises. - Concur-remn1ent avec cette structure par tranches,. les Byzantins 8appliquent à la calotte sphérique sur pendentifs le procédépar assises annulaires (fig. 8) : dans ce cas, chaque assise alaspect dun tronc de cône renyersé dont laxe est vertical.
  15. 15. 12 ARCHITECTURES DU BAS-E IrIPIRE. Il est clair que lexécution sans cintres de ces assises tron-coniques sera dautant plus facile, 10 Que linclinaison des génératrices sur lhorizon seramoindre; 2° Que la surface sphérique à laquelle elles sadaptent pré-sentera une concavité plus accentuée, cest-à-dire sera de pluscourt rayon. Pour réduire dans les lits tronconiques linclinaison desgénératrices, les Byzantins saffranchissent résolument de lasujétion de diriger les génératrices vers le centre de courbure: Au lieu de donner à ces lits des directions rayonnantes R, ilsleur donneront par exemple une inclinaison telle que L (fig. 9).D ~ ~, A B Pour augmenter la courbure de la calotte terminale, ils re-noncent à la raccorder avec les pendentifs, et lui donnent(fig. 9 A) une forme hémisphérique. Au pourtour de cette calotte en demi-sphère A, on peut sansdifficulté ouvrir des baies déclairage qui seraient incompa-tibles et avec la forme et avec la structure représentée fig. 5. On peut même séparer la calotte des pendentifs par un tam-bour cylindrique ajouré; et cest là en effet une disposition quipr6yaut à partir du 90 siècle.
  16. 16. PROCÉDÉS. 13 Les monuments byzantins que nous aurons à décrire offri- ront des exemples de toutes ces variétés de la coupole. e. - Coupole sur pendentifs en tlOJnpe.- Enfin, vers le 11 siècle, les Byzantins ont quelquefois emprunté aux Persans C le Rystème des pendentifs en forme de trompe, qui occupent moins de hauteur. Les trompes dis}?osées aux quatre angles du dôme nont dailleurs de commun avec les trompes persanes que le principe. Quon se figure une petite voûte en calotte sur pendentifs (une voûte du type T, fig. 6) coupée diagonalement : telle est la trompe byzantine. Le croquis B (fig. g) en précise laspect. f. - Cas particuliers. - A côté des procédés courants quiyiennent dêtre décrits, la fig. 10 montre quelques artificeslocaux appliqués à la construction des voûtes sphériques: A est une voûte composée dune succession de trompillonsétagés; ainsi fut bâti dès le 46siècle le dôme de la salle supé-rieure du tombeau de Dioclétien à Spalatro. fO ~ -; ~ Dans lexemple B (Athos), les lits de briques f;ont rem1>lacés par des assises de tuiles creuses qui saccrochent pour ainsi dire les unes aux autres; chaque groupe de deux assises forme une chaîne inextensible, et la coupole est sans poussée. Dans lexemple C (baptistère de Ravenne, Saint-Vital), la coupole est exécutée à laide de drains en poterie emboîtésles uns à la suite des autres et décrivant de la naissance ausommet des spirales continues: une telle voûte joint à lavan-tage de la légèreté celui de constituer comme la précédente
  17. 17. 14 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.une construction qui se chaîne et nexerce point de poussées.Des tubes de même forme, mais employés comme -voussoirs,étaient en usage (tom. l, pag. 527) dans larchitecture romainedAfrique. Ces diverses voûtes sont essentiellement combinées pOUlnavoir pas besoin de cintres. Les rares exemples de voûtesfaites sur cintre appartiennent à des régions de lEmpire grecoù le bois était abondant. La crypte du tombeau de Dioclétienà Spalatro a gardé les empreintes du cintre sur lequel elle futmoulée. Al Athos on rencontre quelques cas de berceaux bâtissur des cintres, et de voûtes darête en briques à lits rayon-nants : lagencement des briques le long de la ligne de péné-tration est gauche et compliqué, autant quil eîlt été naturel et simple avec le système par tranches. Quant aux voûtes concrètes quavaient adoptées les Romains,.elles tombent définitivement en désuétude. Entre les voûtes du Haut-Empire et celles de lEmpire byzan-tin il y a différence de principe: les unes sont essentiellementmoulées, les autres essentiellement construites. Les unes sontdes monolithes artificiels en blocage; les autres, des coques demaçonnerie régulière, avec ou sans garni; les unes exigent unnoyau de cintrage, les autres nont de cintres que dans descirconstances tout à fait exceptionnelles, et répondent ~lcetteincessante préoccupation des Orientaux, de bàtir dans les-pace sans appuis auxiliaires. Par là les méthodes byzantinestranchent sur les méthodes romaines pour se rapprocher destraditions asiatiques de la Perse. LA BUTÉE DES YOUTES ET LES PLANS j~QUIL1BRÉS. Les organes de butée plésentent dans larchitecture hyzan- tine un caractère (lue nous avons déjh remarqué dans les ar- chitectures perse et romaine (tom. l, pag. 12û et 528) : celui dorganes intériems. Lusage des contreforts extérieurs ne se généralisera quà lépoque gothique.
  18. 18. PROCÉDÉS. i:1 Ainsi que les constructeurs romains, les Byzantins font au-tant que possible servir à lépaulement des voûtes les cloisonsmêmes que la distribution de lédifice rend nécessaires: Éviterles masses ayant exclusivement un rôle de butée, reporter cesmasses à lintérieur, telles sont les deux idées dominantes. Dune manière générale, la voûte byzantine affecte une formeen calotte qui entraîne des efforts de poussée sur tout le péri-mètre: il faut donc que la voûte soit enserrée, bridée sur sesquatre faces; et lépaulement quelle exige, les Byzantins lob-tiennent par lune ou lautre des combinaisons indiquées fig.11 : A 11 ~ Ils emploient soit des niches de butée (plan N ),soit desarceaux de tète (plan M), ou bien (plan R) ils associent lesdeux systèmes. Dans le cas des arceaux de tête, ils ont grandsojn de reporter le mur de clôture en A de façon à engloberles culées C dans lenceinte et mettre à profit pour lagrandis-sement de la salle tout lespace S que les culées laissent entre H ~ .~~ T -~ T tt1delles. Souvent ils élégissent le massif dangle C ainsi quil estindiqué fig. 12. La solution :M e t réalisée à Sainte-Sophie de Salonique;
  19. 19. 16 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.Sainte-Sophie de Constantinople sera une gigantesque appli- 2ation de la combinaison R. - Il est dailleurs peu dédifices où des tirants de cha,inage telsgueT (fig. 12) ne viennent ajouter leur tension à la butée desculées pour maintenir leffort des voûtes. Ce chaînage est enmême temps une garantie contre les. commotions du sol sifréquentes dans les contrées de lOrient. A Sainte-Sophie deConstantinople, ces tirants furent maintenus seulement pen-dant la période où les maçonneries prenaient charge, on lesrecépa ensuite: lexpérience paraît avoir prouvé le danger decette suppression, et presque tous les édifices de date récenteont conservé les tirants de leur chaînage. III. - LES PROCÉDÉS PROPRES AUX ÉCOLES SYRIENNE, ARMÉNIENNE ET SLAVE. Ce. qui caractérise les écoles de Syrie et dArménie, cestlemploi presque exclusif de la pierre: la différence des maté-riaux devait entraîner dans les nléthodes de notables diffé-rences. Sur leur sol rocheux, les Syriens ont bâti dès une hauteantiquité à laide de moellons dappareil posés sur lits demortier (tom. l, pag. 607) : ce mode de construction, quilsavaient peut-être eu le mérite dinaugurer, fut le seul usitédans leur architecture chrétienne. En Arménie, où la pierre àchaux est rare, la construction à joints vifs se perpétua enplein moyen âge. En ce qui concerne les voûtes, les procédés byzantins sup-posent expressément des matériaux de brique: seuIl emploi.de la brique permettait délever des berceaux ou des voûtesdarête dans le vide en maçonnant par tranches. La brique,dont il fallait se contenter à Constantinople où la pierre fait dé-faut, était tellement devenue la matière de la construction by-
  20. 20. PROCÉDÉS. 17zantine que,. pour appliquer leurs méthodes, il est arrivé auxByzantins. de recourir à la brique dans les contrées mêmeles plus riches en pierre, telles que Myra en Lycie. Mais cetemploi de la brique en dépit des ressources locales ne pou-vait faire règle: en Syrie, en Annénie la pierre simposait.Et comme des voussoirs en grosses pierres ne peuvent êtremaintenus en place, même temporairement, par des artificesdadhérence, le cintrage des voûtes était presque inévitable;du moins sattachait-on à en atténuer les frais: a. - LES -rOUTESSYRIENNES. Dallages sur arcades. - Nous avons vu, à, propos des con-structions romaines de lOrient, avec quelle habileté les archi-tectes de Syrie sont parvenus à réduire le cintrage dun édificeentier à une seule ferme, un seul arc de charpente sur lequelon bàtit successivement une série darceaux parallèles; cesarceaux (fig. 13 B) portent des tympans, et les tympans undallage: Ce système sest continué pendant tout le Bas-Empire,avec cette seule modification, quune terrasse sur solivagc aremplacé les dalles antiques; ainsi construit-on de nos joursInème à Damas, à Jérusalem, à Beyrout. Voûtains sur arcades. - A la terrasse ou bien au dal1agr.suhstituez une série de voÙtains, vous obtenez (fig.1~3 H) U11 13 J " -- i 1 1 1 ltype de voùte par travées dont 11.Dieulafoy a signal61cxisteneedans la Perse sassanide (tom. l J pag. 127), et dont les nppli- Il
  21. 21. 18 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.cations syriennes sont fréquentes dès les premiers temp~ denotre ère. Lexemple fig.13 H provient de Jérusalem (substruc-tions du Haram). Ce mode permettait de voûter de longues galeries et de prendredes jours sans aborder les difficultés de la voûte darête. La voûte en arc de cloitre et la coupolesur plan carJé.-Les combinaisons de voÙtains, excellentes pour de longuesgaleries, sappliquaient mal aux plans carrés: ici la solutionfranche eût été la voûte sur pendentifs; et les constructeurs deSyrie hésitèrent longtemps à ladopter. Nous trouvons dansun monument syrien du 4° siècle, le prétoire de Mousmyeh(fig. ,14 B) lessai dune voûte en arc de cloître à voussoirsde 111oellon;le pendentif disparaissait, mais il fallait un eintre :grave eomplieation dans un pays où le bois fait défaut. 14 V /::~ B Aussi la solution de Mousmyeh ne se généralisa point: onreeourut à la eoupole qui avait le mérite de nexiger aueUllsupport auxiliaire; et, pour en faciliter lexécution dans les-paee, on exagéra même le profil surhaussé des PeI~saIls(Ezra, etc. . Restait à raeeorder la eoupole avee le eontour reetangulaire(les n1urs : Dordinaire les eonstructeurs syriens du 4° et du 5° sièelcsc eontentent détablir il ehaque angle une dalle plafonnante,un gousset en pan eoupé sur lc(luel ils élèvent la coupole: léJaccord nest pas il proprement parlcr un pendentif ruais Ullsimple encorbellement (Hg. J.} A; Latakieh).
  22. 22. PROCÉ DÉS. t9 Limitation en pierre du pendentif avait été tentée en Syriedès lépoque romaine ( exemple à Djerach, tom. l, p. 519); lesarchitectes de lépoque justinienne reprennent lidée: à Jéru-salem les porches de la plate-forme du Haram sont voûtésexactement daprès le type des coupoles de Djerach. Voûtes darête en rnoellons. - Obligés par la nature desmatériaux de renoncer aux avantages de la voÙte sans cintre,les Syriens de lépoque byzantine paraissent avoir donné auxprocédés de la voûte darête en moellons un développementque les ruines permettent difficilement de suivre, mais dontles traditions témoignent. Nous avons décrit (tom. l, pag. 518) la voûte darête depierre appareillée « en besace»; cest cette voûte darête quirègne au moyen àge dans toute larchitecture de Syrie: on labâtit en moellons sur mortier au lieu de lexécuter en pierresde taille et à joints vifs. Lépoque où ce type de voûte est définitivement adopté pa-raît comprise entre le 7° et le 11° siècle. Les constructions deJustinien à. Jérusalem ne conservent pas ,de traces de voûtesdarête; au moment où les Croisés sétablissent en Palestineils trouvent la voûte darête absolument entrée dans lusagecourant: apparemment elle sétait constituée pendant la périodede prospérité matérielle et de tolérance religieuse marquée parla domination des khalifes de Damas et de Bagdad. Quoi quil en soit, au 12° siècle la voûte darête était si bienenracinée dans les habitudes syriennes, que les Croisés narri-vèrent jamais à lui substituer la voûte à nervures. En Occident,dès 112O, les Français commençaient à bâtir sur nervures; enPalestine, tant que se ma,intint leur domination, cest-à-direjusquà lan 1180, le progrès accompli fut comme non avenu.la voûte darête régna presque sans partage. Évidemment un tel désaccord ne peut sexpliquer que pmune concession faite à des pratiques locales. Et sil fallait une preuve matérielle de lexistence du systèmeltVant les Croisades, nous citerions la chapelle du Calvaire,
  23. 23. ~o ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE. que les CrOIsés englobèrent dans la grande église du Saint- Sépulcre, et qui remonte au moins aux restaurations exécutées vers lan 1010 après les ravages du khalife Hakem. Logive en Syrie. - Logive, que lÉcole byzantine propre- ment dite na jamais admise, remonte en Syrie à lantiquité romaine (tom. l, pag. 514); elle entre dans la pratique cou- rante vers le 110siècle: A Jérusalem les parties de la rotonde de la Sakhra qui datent du 110siècle présentent exclusivement des arcades plein cintre; Au 120 siècle, lorsque les Croisés acceptent la voûte darête syrienne, logive simpose à eux avec une telle autorité, quils ladoptent sans réserve tandis que leurs contemporains de lOccident en sont encore au plein cintre. Logive syrienne est à deux centres: deux coups de compas dégale ouverture suffisent pour la décrire. Au point de vue statique, elle offre lavantage de pousser moins que la voÙte en demi-cercle; accessoirement, elle charge 1110ins cintres et peut sexécuter avec une moindre dépense les douvrages provisoires. Les régions où logive se développe tout dabord sont des régions soumises aux influences de la Perse, mais où la brique rst remplac(~e par la pierre. Les Perses de lantiquité donnaient à leurs voûtes un grand surhaussement, et une courbure ovale, facile à réaliser il.laide de la brique. Construisant en pierre, les Syriens essaient de mettre à pro- fit les avantages de stabilité de la voÙte surhaussée. Mais, pour reproduire en pierre la courbe des voÙtes perses, il eût fallu changer le tracé des voussoirs chaque fois que le rayon varie. Que rOl~ remplace lovale par une ogive de mème mon-. t6e, la complication cesse: le rayon de courbure étant unifolIl1e, tous les voussoirs peuvent se taillcr SUlun panneau unique. Ainsi logive syrienlle se prèsente comme uu l~lluiYalent de la voÙte surhaussée des Perses: larc perse accollHllOdé aux convenances de la construction Cll111atériaux de pierre. Par là
  24. 24. PROCÉDÉS. 21sexpliquent et son origine asiatique, et son usage dans lescontrées où la pierre est la matière mise en œuvre. b. - LES VOUTESARMÉ.NIENNES. L~ogive en Arménie. - Si logive à deux centres est la formenaturelle de larc surhaussé qui sexécute en pierre, nulle partelle ne convenait mieux quen Arménie: elle y fut admise, ettrès probablement à la date même où elle se généralisait enSyrie. On la voit apparaitre vers lépoque de la cathédrale dAni(1010 environ) ; jusque-là, rare arménien était le plein cintreou le fer à cheval (Dighour, Usunlar, Kouthais, etc.). Le dôme conique. - La coupole arménienne présente(fig. 15) laspect dun cone reposant sur des pendentifs parlintermédiaire dun tambour cylindrique. 15 Le type usuel des pendentifs est le type byzantin, en trianglesphérique: cela dénote des attaches avec Constantinople, quifont de larchitecture arménienne un art mixte, demi-persanet demi-byzantin. Quant à la forme si caractéristique du dôme, elle se justifie,comme logive, par les convenances de la construction en
  25. 25. 22 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.pierre. La coupole sphérique, si facile à bâtir en brique, _ne~appareille en pierre quau prix dune taine compliquée et elleexige dans sa partie supérieure une plate-forme faisant cintre.Lavantage du tracé conique est dabord de simplifier lappa-reil; ensuite et surtout, de permettre la pose sans cintrage:pourvu que linclinaison du cône soit suffisamment raide, lefrottement suffit pour maintenir les pierres en surplomb, et ledôme se monte sans plus de difficulté quun mur droit. Cet ingénieux profil sera celui de tous les dômes bâtis duge au iie siècle en Arménie. De lArménie ce type, franchissantle Caucase, passera aux Turcs Seldjoucides; par une de ceserreurs qui sont le signe des arts de seconde main, les Seld-joucides le traduiront en brique. Ils le porteront dIconiumà Nicée, partout où sétendra leur domination. La voûte à nervures. - Mentionnons aussi la voûte parpanneaux bâtis sur un réseau de nervures. Lexemple fig. 16, tGemprunté à la chapelle arménienne dAkhpat, est attribué au1üJ sièc1e : 1~voûte est conçue exactement c1apr82)l? mÊme
  26. 26. ~) PROCÉDÉS. " -~)esprit que celle du mirhab de Cordoue. Éviden1ment lune etlautre se rattachent à quelque n10clèlecomn1un. C. - LES VOUTESDE LÉCOLE SLAVE. Cette sorte de voÙte par panneaux sur nervures se rctrouyc,Inais à une date récente, dans quelques édifices des régionsdanubiennes, en particulier à Dragomira. Larc en accolade est fréquent dans larchitecture slave. Enfin une forme usuelle de dôme sur pendentifs est eellcquindique la fig. 17 : ~ :;: , E H Ir" , ,1 ~- (" A"- t )~f /c Dans le carré de base ABC., on inserit un earré DE.., et rOllcouvre les quatre écoinçons M à laide de voùtains à 45° quisont de véritables pendentifs. A léeole slave appartient sp(~-cialement le pendentif en berceau: type le plus simple de tous,quon sétonne de voir confiné dans une sorte cle-colonie delart byzantin, et dont lapplication courante ne remonte guèreau delà du 148 siècle. Quelquefois enfin le tambour du dôme est construit àjour aumoyen darceaux qui sétagent les uns au-dessus des autres;188clefs dune rangée darceaux reçoivent les naissances des
  27. 27. 21 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.arceaux de la rangée suivante: plusieurs églises de Moscouprésentent lexemple de cette élégante structure. FORMES. Si nous envisageons les monuments du Bas-Empire aupoint de vue des formes, nous retrouverons une distinctionnette entre les écoles de lOrient et celles des provinces occi-dentales; et parmi les écoles de lOrient, nous saisirons desdifférences profondes entre celles qui, bâtissant en brique, ontbesoin de recourir à des ornements de rapport et celles qui,construisant en pierre de taille, peuvent sculpter les parements: La décoration byzantine proprement dite sera un revêtement,celle de Syrie et dArménie une décoration purement architec-turale. Quant à lOccident, il naura de procédés décoratifs que ceuxquil tient du Haut-Empire ou ceux quil emprunte à lOrientbyzantin. LARCADE. L~arcadc sur colonnes est lélément dominant de la décorationaux temps du Bas-Empire; elle varie notablement de tracé sui-vant les régions: Larcade latine est le plein cintre, rarement surhaussé; lar-Gade byzantine, le plein cintre, presque toujours surhaussé;larc outrepassé en fer à cheval existe da~s de rares édificessyriens tels que léglise de Dana ou dans les arcatures orne-mentales de lArménie; logive, avons-nous dit, apparaît versle 111) siècle en Arménie et est de règle en Syrie à lépoque des .Croisades. La section de larcade est rectangulaire dans toutes les ar-chitectures qui bâtissent en brique. Les figures qui vont suivre (pag. 26 à 2D) offrent des exem-ples darcades empruntés aux diverses écoles:
  28. 28. FORMES. ~~) Lécole byzantine redessine habituellement lextrados aumoyen dun ruban de brique. Dans le placage de marbre des arcades de Sainte-Sophie, ceruban est remplacé par une archivolte profilée, qui se briseet devient horizontale à la hauteur des reins. Larchitecture syrienne, qui emploie la pierre, adopte parsystème cette archivolte moulurée, mais elle conserve auxvoussoirs la section rectangulaire: seule, lécole arménienneprofile ses arcades et admet pour les voussoirs une sectionen boudin. LA COLONliE. École latine. - La colonne antique était le support dunelégère plate-bande; à dater du Bas-Empire, la colonne devient(tom. l, pag. 514) le support dune arcade. Les constructeurs de lécole occidentale se contentent presquetoujours de remployer des colonnes arrachées aux monumentspaïens et, sans prendre le soin de ménager aucune transitionentre le chapiteau et larcade, ils font directement retomberlarcade sur le chapiteau même (Saint-Paul-hors-les-Murs,Sainte- Agnès, etc.). École byzantine. - :Maisces colonnes, à chapiteaux peuévasés, convenaient mal à leur nouveau rôle: Pour servir de support à une arcade, le chapiteau classiqueprésente dordinaire une assiette insuffisante. De plus, il a saface supérieure exactement carrée et, lorsque larcade doitêtre surmontée (lun gros mur, il est nécessaire de donner hsa retombée une section barlongue. . On sauve cette double difficulté en interposant entre la cor-beille du chapiteau et la naissance de lare un « tailloir» T, dontles croquis ci-contre expliquent à la fois les formes usuelleset le rôle. Le tailloir est une conséquence de la retombée delare, il napparaît quavec larc sur colonnes, et cest seule-ment dans larchitecture de lEmpire grec quil trouve un ern-ploi systématique~
  29. 29. 2, ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE. Lécole byzantine fait un pas de plus: Sans abandonner lesformes dérivées des ordres (fig.l C), elle inaugure (fig. 1 A, Bet fige 2) un chapiteau mieux disposé pour porter charge:i ;j A :1 F Le chapiteau, avant tout robuste, a dans la plupart des caslaspect (fig. 2 B) dune demi-sphère coupée par quatre plansverticaux. Sa face supérieure est exactement carrée et ce sontles chanfreins du tailloir qui rachètent la saillie des tympans.,." 1 1 1 A B ;1 Afin de répartir les charges sur une large surface, ordinaire-n1ent on ménage sous la colonne un piédestal en forme de dé. Autant que possible, le fût est monolithe. Pour assurer la
  30. 30. FORMES. 27transmission régulière des pressions, quelquefois on le ter-mine à chaque extrémité par un lit de plomb; et, comme leplomb pourrait sétaler sous le poids, des frettes F le cernentet le retiennent. Les exemples de chapiteaux fige2 proviennent,le premier de Saint-Vital, le second de Sainte-Sophie. La colonne engagée qui, dans nos architectures romanes,sera le support des retombées darcs-doubleaux, paraît étran-gère à lécole de Constantinople. Écoles de Syrie et dArménie. - Tandis que les architectesde Constantinople sefforcent deffacer les naissances de larc-doubleau, par une tendance inverse et qui se retrouvera dansnotre art roman, les architectes de Syrie et dArménie dégagentles arcs dès les naissances et, lorsquun pilier doit recevoirune gerbe darceaux, ils le fractionnent en autant de membresportants quil y a de retombées à soutenir. La colonne engagée existe en Arménie; et nous donnons(fig. 3 R), daprès un monument syrien, lexemple dun pilierqui se décompose pour ainsi dire en un faisceau de pilastres. 3 A R Dans larchitecture syrienne, le décor usuel du chapiteauest une imitation du corinthien antique (porte Dorée à Jéru-salem, etc.). L.Armé:Qieadmet (fig. 3 A) un chapite8.u bulbeux,
  31. 31. 28 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.dont le type sest perpétué en sexagérant dans les architec-tures slaves. BAIES, CORNICHES ET PANS DE MURS. Les fenêtres se présentent ordinairement (fig. 4 D) sous las-pect darcatures jumelles que sépare une colonnette à tailloir.La plupart du temps elles restent vides; quelquefois, à Sainte-Sophie par exemple, elles sont occupées par des dalles demarbre découpées à jour qui font treillis et rompent les cou-rants. Quelquefois des carreaux de pierre translucide sont .incrustés dans les découpures. 4 ::,: Les ornements des façades byzantines se réduisent (fig. 4 A)- à ce quon peut obtenir par des comùinaisons de briques: cor- niches à dentelures de briques posées en biais; bandeaux lisses ou dentelés serpentant au-dessus des archivoltes des baies. Souvent, à partir du 110 siècle, on fait alterner des lits de pierre blanche avec des frises de brique rouge; au besoin (dé- tail A) on recourt à des incrustations de tuiles dans une gangue de mortier il nuance rosée. A Constantinople, la façade de lédifice dit Tekfur-Seraï présente, avec des incrustations de terre cuite, un appoint démail vert. En général, le luxe est réservé pour les intérieurs: seules les écoles de Syrie dérogent à cet usage asiatique. Nous donnons (fig. 5) un exemple de décoration syrienne: un ruban de mou- lures qni raccorde lun avec lautre les chambranles des baie3~
  32. 32. FORMES. 29 En Arménie ces rubans profilés sassocient à des parementstapissés de sculptures et coupés par des zones darcatures. f) JAL rrrl ~ ..J rr LA MODÉNATURE ET LA SCULPTURE DÉCORATIVE. ModénatuJe. - Les profils réunis fig. 6 expriment les ca-ractères généraux de la modénature et les nuances locales: s C 6 ~J Hl ~~ f..-;.-;"- , . ;lif;hâ~. .{/,~.." <.~ .:,.; , .{ , ~, ::-: )" //. "/ , ";// ~ ~/,L,/;,~ ~ t . 1 A ~ La modénature latine est nlo11e et ronde (R); la 11lodénaturebyzantine (5, C), anguleuse, orclinairelnent en simple chan-frein; la modénature syriaque (J, H), refouillée avec des alter-natives sava1l1111entménagées de mouvement et de repos; la1110dénature arnléniennc (A), tlune élégante séchercsse. Lexen1ple S, pré-byzantin, provient de Spab.tro; C, de Sainte-
  33. 33. 30 An CHI TEe TU RES - DU BA S E AIP J RE.Sophie; H, de la Syrie transj ordanienne; J, de Jérusalem(porte Dorée). Sculpture décorative. - La sculpture latine du Bas-Empirenest autre que celle de la décadence romaine: lourde, redes-sinée au trépan, exagérant tous les défauts des modèles an-tiques. . La sculpture byzantine (fig. 7 M) nest en réalité quundessin champ-levé. Elle a son originalité, mais jamais elle ne 7 M .sinspire directement de la nature: ses dessins de feuillage,dun contour tout à fait conventionnel, sétalent en rinceauxsans modelé, sans reliefs, et se détachent sur leur fond commedes broderies à jour. La scuJpture arm(~nienne (fig. 8) emprunte presque tous ses 8 """~ ~~ (~y1110tifs ux lacis de passementerie: des galons nattés encadrent a]e3 pannermx ou font bordure le long des frises, au pourtourdes haies.
  34. 34. DÉCORATIONS COLORÉES. 3l Presque toujours cette décoration est hors déchelle, ce quilui donne un caractère étrange, mais en même temps une puis-sance deffet singulière. Le style des ornements arméniens se reconnaît dans toutelarchitecture de la Russie du Sud et du Bas-Danube; il estsurtout accusé en Serbie. Enfin on observera comn1e un caractère commun à toutesles écoles du Bas-Empire labsence absolue dornements em-pruntés à la représentation dêtres vivants. Les derniers monu-ments de la sculpture figurée ,sont les sarcophages chrétiensde lOccident; en Orient la statuaire expire à lapparition duchristian~sme, limitation de la figure humaine nest bientôtplus admise quen peinture: cest dans lart une manifestationdes tendances iconoclastes de lAsie chrétienne. LA DÉCORATION COLORÉE. École byzantine. - Le luxe intérieur des habitations asia-tiques est celui des tentures: les Orientaux tendent leurs de-n1eures de tapis, les Byzantins revêtent leurs églises de mar-queteries de marbre, denduits peints ou de mosaïques. Partoutoù le n1arbre peut se fixer, sur les aires, sur les panneaux desn1urs, cest le marbre quils adoptent; dans toutes les partiesqui plafonnent, la mosaïque; à défaut de marbres ou de mo-saïques, des peintures exécutées à fresque. !} Nous donnons (fig. 7) en N un exemple des marqueteries de111a1breui tapissent les parois de Sainte-Sophie; en R, le dé- qtail des enr-ad1ements qui fixent les panneaux. Souvent, dansles dallages, la marqueterie sassocie à la mosaïque de marbre,ainsi quil est indiqué fig. g.
  35. 35. 32 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE. Les placages en dalles de marbre ainsi que les aires de mo-saïque étaient en usage dès le Haut-Empire; le dessin seuldiffère: plus libre et plus contourné à lépoque byzantine. La mosaïque de verre, également connue des Romains, nedevient dun emploi courant quau 4° siècle: le fond, toujoursà plat, est dazur ou dor. Aucune autre matière que le marbrenaurait une coloration assez intense, assez profonde poursharmoniser avec ces tons démaux et de verre doré: aussila mosaïque sassocie autant que possible au lambrissage demarbre; cest le cas de Sainte-Sophie, de Saint.:. Vital, de Saint-Marc; ce sera, dans une architecture soumise. aux influencesbyzantines, le cas de léglise de Monreale et de la~chapelleroyale de Palerme. En fait de décorations diaphanes, nous ne connaissons queles carreaux de pierre transparente de quelques rares fenêtres. Que la décoration peinte soit obtenue à laide de mosaïquesou denduits colorés, jamais elle ne recourt aux artifices dutrompe-lœil: même pour les scènes figurées, le rendu se réduittoujours à de simples silhouettes vigoureusement teintées, ac-ceutuées duu trait ferme, un peu raide, qui se lit à distance. La mosaïque nadmet point la lumière frisante qui la faitrniroiter: de Hl sa convenance dans la concavité des dômes. Indépendanul1ent de la facilité avec laquelle elle en épousela courbure, cest là seulement quelle peut prendre toute savaleur. Lécrasante vigueur de cette coloration elémaux explique lescaractères que nous avons reconnus à la sculpture byzantine;le contraste tuerait les nuances dune 1110clénature la modé- :nature sefface. Des chapiteaux à reliefs modelés donneraient en présencedes I110saÏ<lues des I11arbres un effet effacé, indécis: aussi eth~sfeuillages de la corbeille nont Ilue des arêtes vives qui ac- crochent la hUilièrc, scnlevant sur leur fond refouillé eOlllffiO
  36. 36. PROPORTIO;-.(S. 33sur champ hoir. Seule une telle sculpture pouvait résister à cevoisinage de lémail. Ecoles syriaque et arménienne. - Les écoles qui bâtissenten pierre ont un mode de décoration qui leur est propre: Chez elles la sculpture reprend son importance et la cou-leur nest plus quun accessoire; la marqueterie de marbre, lamosaïque de verre, si elles ne sont pas absolument proscrites,sont réduites à un rôle tout à fait secondaire: A Jérusalem, les dômes des porches du Haram ne sont pointrevêtus de mosaïque, la pierre est laissée apparente et unetapisserie de sculpture remplace seule la tapisserie démail. En Arménie, cest aussi le parement de la pierre qui rest(~visible, et la couleur se réduit à un jeu de tons oùtenu par lal- ternance dassises blanches et grisâtres (Ani, etc.). , , , , LES PROPORTIONS ET L ASPECT GENERAL DES EDIFICES. Les architectes du Bas-Empire paraissent avoir puisé leursInéthodes de proportions aux sources asiatiques doù découlentleurs lnéthodes de construction, leurs formes décoratives; letl~acé de leurs édifices accuse la préoccupation et des rapportssin1ples et des combinaisons graphiques: Lemploi de la brique dans lécole de Constantinople entraîneune loi de rapports plus ou moins simples où la dimension dela brique simpose comme module. Quant aux combinaisons qui subordonnent la compositionà une loi géométrique, nous en donnons, page suivante, unexemple provenant de léglise des Saints-Apôtres dAthènes: Lédifice présentait originairen1ent quatre principales ab-sides, dont une a été détruite, et quatre autres de moindreirnportancè qui se sont conservées intactes. Il comporte quatre axes de symétrie: deux principaux fer-mant croix; deux secondaires orientés ~l 4,5°. II
  37. 37. 34 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE. Toutes les absides ont leurs centres (fig. 10) sur une circcn-férence de rayon OA. Larc-doubleau qui porte la coupole se projette au milieu Mdu rayon OA. . Partagez en quatre parties égales le demi-cercle générateUI,vous obtenez les ouvertures des grandes absides. Tracez la ligne AB: cette ligne prolongée donnera la direc-tion des pieds-droits BD; etc. 10 A H a Des combinaisons de ce genre se retrouveraient dans la plu-part des édifices. Ainsi reliés par un tracé méthodique, les accessoires nen-gendrent ni complication deffet ni confusion: on sent quuneloi règne dans ces groupements darcades, dabsidioles, decoupo]es. La décoration, dont les dessins et les couleurs serésolvent en une tonalité moyenne bien uniformément répartie,achève de marquer les grandes masses: si bien que ces édificesà détails si multiples laissent comme impression celle duneunité puissante qui rachète la petitesse quelquefois surpre-nante des dimensions. Ce nest pas seulement le sentiment de lunité quon éprouveen face dun intérieur byzantin, mais aussi une sorte de tran-quillité et de calme qui nest autre que la pleine satisfaction delesprit devant une œuvre où toutes les combinaisons déqui-libre sont nettement apparentes. Les édifices de notre archi-tecture gothIque éveillent une sorte dinquiétude et de malaise
  38. 38. ÉGLISES. ~~)qui tient surtout à ce que les organes de butée sont rejetés ~udehors: à première vue on ne se rend pas compte de léquilibr<~:tout autre est leffet des constructions byzantines. Ici (p~g. 1:-))tous les organes de butée sont intérieurs. Lœil embrasse Üumême coup la voûte qui couvre lédifice et les contreforts quila maintiennent, il ne voit rien quil ne sexplique: cest laclarté même de lart grec. MONUMENT Edifices païens appropriés au culte chrétien. - Linfluent (du christianisme sur larchitecture romaine ne se manifestepoint par une réaction systématique et violente contre lostypes de larchitecture païenne: presque tous les temples (luinous sont parvenus ont été sauvés par leur affectation au nou-veau culte. Non seulement les chrétiens se les approprièren t,mais ils sefforcèrent de sanctifier par une sorte de consécra-tion chrétienne les légendes du paganisme dont ces templesrappelaient le souvenir. Cest ainsi que les temples de la viergepaïenne, les temples de Minerve, devinrent des églises de laVierge: les temples du Soleil (Hélios) furent mis sous linvo-cation de saint Hélie; en plein 7e siècle, le temple de tous lesDieux, le Panthéon païen devint le temple de tous les Saints. En général ces sanctuaires, faits pour abriter lidole et nonla foule, étaient trop resserrés pour les fêtes chrétiennes: ilfallait des salles dassemblée, des « églises». Les édifices civibdu paganisme étaient mieux disposés comme lieux de réunion:sans doute un grand nombre furent convertis en églises; pOUlne citer quun exemple authentique, en Syrie la basilique deChegga conserve la trace de son ancienne destination, desemblèmes martelés témoignent dune origine païenne. ProgramJne général de -léglise chrétienne. - Toutes lesconvenances du culte chrétien se lisent au premier coup dœildans le plan dune basilique: de longues nefs où peut se dé-ployer la pompe des proce;:sions~. 8.lextrémité, une tribune où
  39. 39. 36 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.se dressera lautel; entre cette tribune et les nefs, un chalci-dique qui deviendra le chœur. Le chalcidique coupe transver-salement les nefs, et donne à lédifice une forme en croix àlaquelle sattachera bien vite une idée symbolique; la basiliquesemble conçue en vue du nouveau culte, les architectes chré- tiens nimagineront rien de mieux. Lorsquils nemprunteront pas au paganisme ses basiliques,ils les prendront pour modèles: lexemple le plus frappant deces imitations est Saint-Paul-hors-les-Murs, qui reproduit labasilique IDpienne non seulement par ses dimensions générales,mais par le nombre même de ses colonnes. f ... ... ... " . ~ + ru: . ~. . . . . . . . . . , ., . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . A B . . . . . . . . . . . . . . ., . . . , ,. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . r"""-- . . . . 1 31/ r-ta.:l-- 1. 1 :""" ": l .; 1 . . Toutefois, avant de sarrêter au plan de la basilique commeit un typc consacré, lart chrétien travcrse une période dhés>tation où le plan à sanctuaire central se rencontre concurrenl-ment avec le plan à nefs allongées: Nous passerons en revue les applications de ces cleux typrsdans les principales écoles. 1. - LES ÉGLISES DE r/oCCIDENT LATIN. En Occident, nous lavons dit, lintroduction du christianismerépond h l 6poque oÜ les Barbares envahisscnt le territoirc
  40. 40. ÉGLISES LATINES. 37romain: lOccident, menacé et appauvri, nélève que des églisesil combles de charpente. . a. - LÉGLISE EN FORME DE BASILIQUE. Les tracés A et B ftg. 1 résument les dispositions caracté-ristiques du plan latin à nefs parallèles: Le plan A répond au cas dune basilique à trois nefs dé-pourvue de chalcidique (Sainte-Marie-Majeure). Le plan B montre la basilique à cinq nefs avec chalcidiqueDUtransept (ancien Saint-Pierre). Ordinairement une cour à p)rtiques, un atrium, précèdelédifice. > "" La fig. 2 (Saint-Paul-hors-les-Murs) montre laspect dunede ces basiliques, avec ses rangées darcades et la dispositionde ses combles. On remarquera lindépendance absolue descombles des deux nefs qui se croisent; point de pénétration,une simple noue. Cest pour soutenir le comble transversal.quest jetée en travers de la grande nef cette arcade monumen- t~Je qui annonce si dignement lentrée du 2anctuaire.
  41. 41. 38 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE. Pour caractériser les variétés de la distribution intérieure,nous donnons (fig. 3) en A une travée de basilique avec colla-téral à un seul étage; en B, une travée de basilique avec col-latéral entresolé. Dans tous les cas, la nef centrale est éclairéepar des baies ouvertes au-dessus de la toiture des nefs laté-rales qui laccompagnent. 3 -~-~ A ce type général appartiennent presque toutes les églisesélcyées en Italie clu 4" au 11° siècle: à Rome, les basiliques(le Saint-Pierre et de Saint-Jean de Latran, fondées par Con-stantin; Sainte-Agnès (fig. 3 B), refaité au 7° siècle, mais dontles dispositions remontent à lépoque constantinienne; Sainte-Pudentienne (fig. 3 A) qui, clans son ensemble, appartient aussiau 4° siècle; Sainte-~farie-~fajeure et Saint-Paul-hors-les-Murs,fondés par Honorius vers lan 400; Saint-Laurent, construitp~lllimpératrice Placidie au début du 5" siècle. Puis, du 8e au10C siècle, Saint-Clément, Sainte-Marie-in-Cosmedin, où 10.1-donnance de colonnes est interrompue (pag. 6) par des piles-cuIées; Sainte-Praxède, où les fermes (pag. 7) sont de deux entleux remplacées par des arCéaux; au 12° siècle, Sainte.,.Marie-in-Transtevere; A Ravenne, les deux églises de Saint-Apollinaire, dont unertlte de làge arien de Théodoric;
  42. 42. ÉGLISES LATINES. 3n Près de Florence, léglise Saint-Miniat (fig. 4, 11° siècle),dont les cornules reposent sur des arceaux alternant avec desfermes; 4 SMiNXi ./ 5 A Modène, la cathédrale, qui offre la même particularité. Dans la Gaule mérovingienne le plan de la basilique seretrouve, suivant les descriptions de Grégoire de Tours, àSaint-Martin de Tours; Il existe dans la région rhénane à Trèves, à Reichenau. Saint-Remi de Reims, bâti au 10° siècle, est conçu COlnnleune basilique romaine. b. - LÉGLISE A SANCTUAIRECENTRAL. Comme exemple latin déglise à sanctuaire central, nous re-présentons (fig. 5, pag. suivante) lensemble de Saint-Étienne-lt;-Rond, éJevé vers le 5Gsiècle.
  43. 43. 40 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE. Au lieu dune nef oblongue bordée de collatéraux, on dis-tingue un vaisseau circulaire enveloppe dune galerie tour-nante; lautel, au lieu dêtre le point daboutissement dune 5 / .. . ". . . . . . ~ 10principale nef, occupe le centre de lédifice. AlI lieu de latrium,des courettes sans toiture C donnent. accès aux galeries dupourtour: tous les éléments que nous venons de reconnàîtredans la basilique se retrouvent ici, mais adaptés au plan cir-culaire. II. - LES ÉGLISES DE LEMPIRE BYZANTIN. 10 ÉGLISES NON VOUTÉES. a. - Églises à sanctuaire central. - Dans lEmpire grec, leplan à sanctuaire central paraît offrir une certaine généralitépendant les IJT-€miersâges de lart chrétien:
  44. 44. ÉGLISES BYZANTINES. 41 Eusèbe nous a laissé la description de léglise cons tan ti-nienne dAntioche, cétait une salle octogone. Cest aussi sur plan octogone que le père de saint Grégoirede Nazianze avait bâti léglise fondée par lui dans sa villenatale. Les récits et les croquis des pèlerins permettent de rap-porter à ce type général léglise du mont des Oliviers, ainsique le sanctuaire construit, après les dévastations du 10csiècle,sur lemplacement de la basilique constantinienne du Saint-Sépulcre. On a gardé le souvenir dune charpente fort anciennequi sélevait en forme de tronc de cône au-dessus du tambourcirculaire et laIssait à découvert la partie centrale de la ro-tonde. 6 /~-- / . 1 /;:~). ~ / ,- ~1 l i . , " "- /.~ L_-Ir::-"" ( ~ ~ . (( )) ) ~ .. - ~~t ,W/) , 1 ""<:-=> // - / 1 l 1 "-- ./ i ---:. - l -, 1 Dans lexemple fig. 6, la rotonde est remplacée par unesalle carrée, entourée dune galerie à double étage: ce planest celui dune église dAndrinople qui, selon toute apparence,remonte aux premiers temps de larchitecture chrétienne, et~lui a été transformée vers le 12° siècle en église à coupole. b. - Basiliques à cornbles de charpente. - Passons auxéglises orienta]es qui se rapportent au type de la basiliqne :
  45. 45. 42 ARC HITE C TURE S DU BAS-E M.PIRE. Le plan à nefs allongées est celui de la plupart des églisesque Constantin éleva dans sa nouvelle capitale; la ruine pré-coce de ces édifices atteste la fragilité de leur structure: à laplace quoccupe aujourdhui Sainte-Sophie, il nexista long-temps quune simple basilique. Cest sur la donnée de la basi-lique que sélèvent léglise constantiiÜenne du Saint-Sépulcre,léglise de Bethléem, la basilique de Pergame; puis, à unedate plus récente, Saint-Jean de Constantinople; léglise justi-nienne de la Vierge, aujourdhui mosquée EI-Aksa à Jérusa-lem, Saint-Dimitri, lEski-Djouma de Salonique. La fig. C (pag. 36) rnet en regard de deux basiliques occi-de~tales le plan de la basilique probablement constantiniennede Bethléem: la particularité qui la distingue est davoir troisabsides. 7 -i A Kn:ryès (Athos), 10plan en basilique e~)tréalÎ;)) non .poirt
  46. 46. ÉGLISES BYZANTINES. 43à laide dune série darcades séparant les nefs, mais au moyendune arcade unique (fig. 7).PREMIERS ESSAIS DÉGLISES VOUTÉES; MONUMENTS INTERMÉDIAIRES ENTR~ , , L ARCHITECTURE DU HAUT-EMPIRE ET L ARCIIITECTURE BYZANTINE. Nous passons aux combinaisons où la voûte intervient.LOrient pouvait seul, à la faveur dun reste de prospérité quildevait à son éloignement des incursions barbares, sengagerdans la voie des constructions durables: nous essaierons desuivre les progrès de son architecture voûtée depuis la pé-riode des débuts jusquà cet âge déclat qui est marqué par lerègne de Justinien et le chef-dœuvre de Sainte-Sophie. Pour les églises voûtéés, les hésitations sur le parti généralse compliquèrent de toutes celles quentraîna le choix défi-nitif dun système de voûtes. Quelques essais furent tentés enyue daccommoder la voûte romaine au plan byzantin: EnAsie Mineure, Hiérapolis présente lexemple dune basiliquechrétienne des premiers temps où les voûtes sont des ber-ceaux en pierre de taille; Sardes (fig. 8 A), une basilique oùlés voûtes sont darête et peuvent être comptées parmi les der-nières applications de la structure concrète à lits horizontaux. 8 A B , C i 20 Léglise de la Trinité dÉphèse, B, bâtie avec toute lam-
  47. 47. 44 ARCHITECTURES DU BA.S-EMPIRE. . .1 Apleur des monuments antIques, parait aVOIreu comme vouteun berceau interrompu en son milieu par un dôme. A Saint-Georges de Sardes, C, la voûte sphérique est résolu-ment adoptée: la nef est couverte par trois calottes sur pen-dentifs, massives comme les voûtes romaines, à parement debrique empâté dun garni de maçonnerie brute. Une demi-coupole abrite le sanctuaire. 9 10, - La même donnée générale se retrouve (fig. 9) à la basi-lique dAla Shehr, lancienne Philadelphie: larchitecture duHaut-Empire semble se. survivre dans ces constructions vrai-ment romaines. Il nest pas sans intérêt dobserver que les monuments decette architecture intermédiaire entre lart romain et larchi-tecture byzantine appartiennent à lAsie Mineure: la contréeoù ils sélèvent a gardé lesprit grec et, par sa situation géo-graphique, elle se place entre les influences romaines de lOc-cident et le rayonnen1ent asiatique de la Perse; Pergame,Sardes, Éphèse sont des points où les deux influences de Romeet de la Perse se rencontrent: rien détonnant à y trouver latrace des deux courants didées qui sy croisent.
  48. 48. ÉGLISES BYZANTINES. 4r) Nous avons atteint lépoque où larchitecture byzantineachève de se dégager d~ lart du Haut-Empire. Lf~POQUE JUSTINIENNE ET LE SYSTÈME DÉFINITU DES ÉGLISES BYZANTINES VOUTÉES. Les édifices voûtés de lécole byzantine proprement ditepeuvent être classés en trois groupes, selon que leur coupolerepose sur un plan circulaire, octogone ou carré. 10 Églises à coupole sur plan circulaire. - Ce groupe,comme celui des basiliques à coupole, se place chronologi-quement à la limite de lart byzantin et de lart romain: tousles édifices quil embrasse sont visiblement apparentés auPanthéon de Rome (tom. l, pag. 529), tous ont comme lui nntambour annulaire élégi par d~ grandes niches. Doit-on lesrattacher à lart oriental? convient-il au contraire de rapportcrle Panthéon de Rome aux influences asiatiques? Cette der-nière hypothèse, qui donnerait au Panthéon des ancêtres dansles régions où il a ses principaux dérivés, paraît la plus plau- 10 Bsihle. Cest sur un tambour circulaire quo sélève la coupoledu tombeau de DioClétien à Spalatro ainsi que celle de Sainl-Georges de Salonique (Hg. 10 A)., à Pergame, les deux rotondc~
  49. 49. 46 AiCHITECTURES DU BAS-EMPIRE.qui accompagnent la basilique sont voûtées en coupole;. aumême type appartiennent les deux rotondes autrefois annexéesà Saint-Pierre, ainsi que les tombeaux de sainte Hélène et desainte Constance. 2° Coupole sur plan octogone. - Après la rotonde qui sup-prime les pendentifs, la salle polygonale est celle dont la réali-sation est le plus facile, à raison de la faible importance despendentifs quelle exige. La coupole sur plan octogone paraîtindiquée par les substructions de léglise justinienne du montGarizim (fig. 10 TI); elle nous est parvenue dans deux édificesauthentiquement élevés par Justinien: Saint-Serge de Constan-tinople et Saint-Vital de Ravenne. fi S VITAL !> SEf<.Ct:: if . ..... L ~J!-. . ~-. - , lU - ., A Saint-Serge (fig.11 A), le tambour octogone de la coupoleest épaulé SUI f{lmtrû de ses faces par des niches de butée,
  50. 50. ÉGLISES BYZANTINES. 47sur les quatre autres par des arceaux. La coupole est à côtes:ce qui a perrnis, ainsi que le montre la figure, de la faire re-poser sans intermédiaire de pendentifs, sur la dernière assisedu tambour. Un collatéral à double étage entoure la coupole et sinscritdans une enceinte carrée. A Saint-Vital (fig. 11 B), la coupole est construite en tubesemboîtés (pag. 13). Elle est lisse et se relie par des raccordsen forme de pendentifs avec le tambour octogone qui la porte. Huit niches accompagnent ce tambour et concourent à labutée. Les nefs latérales sont à double étage comme celles deSaint-Serge, mais sinscrivent dans une enceinte octogone. Saint-Vital est un des rares édifices byzantins dont les voûtessoient abritées sous des combles (pag. 8) : la légèreté de lastructure explique cette dérogation à la règle. 3° Coupole sur plan carré. - Nous arrivons à la solutionqui prévaut à dater du 68siècle pour se perpétuer jusquà nosjours, léglise à coupole sur plan carré. La coupole, vers laquelle tout converge, met dans la com-position une unité que les Byzantins se gardent de rompre enallongeant la principale nef: à peine lui donnent-ils un surcroîtdimportance; ils adoptent le plan en croix grecque, tel quilrésulte du mode de butée indiqué pag. 15. Et ce plan, ils lappliquent avec un égal succès soit à desconstructions colossales, soit à ces diminutifs déglises commela cathédrale dAthènes, dont la coupole mesure à peine3 mètres. Nous avons (page suivante, fig. 12) un bel et grand exemplede ce parti à léglise Sainte-Sophie de Salonique, dont la date .probable est le 6° siècle. La coupole sélève sur quatre grands pendentifs en trianglesphérique: cest autour de la coùpole que toute la composit~onse groupe.
  51. 51. 48 ARCHITECTURES DU BAS-BA/PIRE. Aux quatre angles de la coupole, quatre massifs formentéperons et maintiennent leffort diagonal de poussée quetransmettent les pendentifs. t2 Des voûtes en berceau relient ces massifs deux à deux etcouvrent les quatre branches du plan en croix. Tout le système déquilibre est intérieur; cest en vue deInailltenir et daccompagncr la coupole. que toutes les dispo-sitions sont 1116nagées: lensemble, où tout~s les parties s(subordonncnt il cc 11lotifprincipal, produit une impressioudune saisissante netteté. Sainte-Sophie de Constantinople, le nlonument byzantin pm. excellence, répond ~tcette donnée densemble ou, plus pr{~ei- sélnent, à la variété N du type général défIni png. 15. La ng.13 explique les dispositions, (lui peuvent sc résumer conuue il suit: Une coupole snr prn(lrntifs de dimension colossale (plus de-
  52. 52. ÉGLISES BYZANTINES. 49trente mètres douverture); deux faces contrebutées par desvoûtes en forme dabsides; les deux autres, maintenues pardes arcs formerets épais, et épaulées par des contreforts. t3 . [ Les deux grandes absides de butée répondent lune à len-trée, lautre au sanctuaire; les deux arcs formerets corres-pondent aux deux fâces latérales. A droite et à gauche sedéveloppent des collatéraux à double étage; et, soit quil sa-gisse des voûtes des collatéraux ou des voûtes mêmes de lapartie centrale, les massifs de butée prennent leur point dappuidans lenceinte même de lédificr. II
  53. 53. 50 ARCHITECTURES D] BAS-EMPIRE. Sainte-Sophie fut élevée sous Justinien vers lan 530 par lesarchitectes Isidore de Milet et Anthémius de Tralles. La conception, merveilleuse daudace, nétait pas sans quelquetémérité; les avaries qui suivirent de près lachèvement destlavau;xrévélèrent bien vite les points défectueux: Les contreforts étaient trop faibles; la butée de la coupolesur les faces latérales, insuffisante. Il fallut donner de lamasse aux contreforts, et pour cela combler en partie lesniches décoratives qui les élégissaient, rétrécir ou même sup-primer les escaliers qui y étaient ménagés; il fallut doubleren sous-œuvre les arceaux des nefs latérales qui traversentles contreforts, lester les reins de la coupole. Puis les tremblements de terre obligèrent à plusieurs re-prises de reconstruire la coupole elle-même. Originairementelle était trop aplatie: on lui donna plus de hauteur, et cettecoupole rebâtie porte encore la trace de plusieurs réfectionspartielles; lédifice ne nous est parvenu que renforcé, repris,consolidé. En somme, il a traversé douze siècles et, n1algréles restaurations quil a dû subir, une pareille durée témoignedune œuvre viable et fortement conçue. Comme entente de la mise en -scène architecturale, Sainte-Sophie est un chef-dœuvre: la science des effets, lart desoppositions, la puissance décorative ne sauraient être poussésplus loin. En avant, un double portique sombre fait valoir par con-traste les splendeurs lumineuses de limmense vaisseau. Dès lentrée, grÙce à la disposition de la conque qui précèdeb gland dÔIne, lœil découvre le daIne dans son ensemble, lasurface entière clesvoiltes de la nef ccntrale sc développe sansatTêt, sans obstacle. Le long de cette 11cf, partout les détails sencadrent dnns
  54. 54. EGLISES BYZANTINES. 51de très larges divisions =les lignes maitresses produisent uneimpression simple; les détails, multipliés avec mesure, fonLressortir la grandeur. Supprimez les colonnades latérales, rien.naccusera lextraordinaire ouverture des formerets de la cou-pole, il les faut pour donner léchelle et épargner à Sainte-Sophie ce singulier éloge quon a fait de Saint-Pierre, que rienny. indique quil est grand. La décoration donne la mesure du luxe byzantin: les pa-rois lambrissées de panneaux en marqueterie des marbresles plus rares, les voûtes entièrement revêtues de mosaïques;pas un, pan de mur qui ne soit tapissé de marbre; Toutes les voûtes brillent des lueurs mobiles et transpa-rentes de lor efde lémail. La grande coupole, illuminée sur tout son pourtour par unecouronne de fenêtres ouvertes dans ses reins, semble isolée etcomme suspendue dans lespace. Les piliers soutenant les quatre pendentifs du dome se dé-robent derrière les galeries latérales: on nen aperçoit quelangle, mais cela suffit pour faire sentir la présence de lamasse de butée et rassurer lœil; lœuvre étonne, mais à pre-mière vue elle sexplique. Jamais la stabilité et la hardiesse,léclat de la couleur et la pureté des lignes, jamais le géniede Rome et celui de lOrient ne sassocièrent dans un plussurprenant et plus harmonieux ensemble. 4° LJéglise en croix à cinq coupoles. - Tandis que Sainte-Sophie réalisait lidéal de lédifice à coupole unique, les archi-tectes de Justinien élevaient sur un plan en croix à. cinq cou-poles féglise des Saints-Apôtres de Constantinople. Léglise des Saints-Apôtres a disparu et ne nous est connueque par une description de Procope. Mais nous en possédonsdeux copies exécutées vers le 12°siècle: Saint-Marc de Yenise,qui nous est parvenu avec toute la splendeur de son décorasiatique; Saint-Front de Périgueux, plus imposant dans sasévère nudité que Saint-Marc sous léclatante enveloppe de ses1110saïques et de ses marbres.
  55. 55. ~,! AR CHI.TE CT URE S DU BAS.EJIPIRE., La fig, 14 montre laspect de Saint-Marc; en regard (flg. .15)~ous avons tracé une vue de Saint-Front.H l 10 VE:N:SE Dans lun et dans lautre édifice, les coupoles reposent SUldes piles élégies, et amortissent leur poussée contre de puis-sants formerets. Saint-Marc, élevé dans une ville en relation incessante aveclOrient, procède directement du modèle byzantin; Saint-Frontne sy rattache que par lintermédiaire de Saint-Marc. Peut-être à Veuise limitation fut-elle entravée par la néces-sité de garder dune ancienne basilique des pans de murs quenotre plan indique par une teinte de hachures: nlais sans nuldoute le parti général fut respecté. On observera la présence darcades sans utilité réelle, quibordent la nef et paraissent inspirées dun modèle où les colla-téraux auraient été, comme à Sainte-Sophie, h double étage;~tSaint-Front, le souvenir de cet entresolenent des nofs laté-
  56. 56. ÉGLISES BYZANTINES. 5Blales ne subsiste plus que dans les arcatures qui se développentle long même des parois. i~t 0 10 Les types récents de léglise byzantine. - Le plan à cinqcoupoles ne convenait que pour de très grands édifices, et leséglises qui sélèvent aux derniers temps de lart byzantin sontdune exiguïté de dimensions extrême: il fallait un type plussimple, et cest dans les monastères de lAthos que ce typeparaît sêtre définitivement constitué. Envisagé dans son ensemble, le plan est celui de Sainte-Sophie de Salonique (pag. 48), moins les collatéraux: un plan .en croix à branches très courtes, avec coupole centrale. Un narthex ou vestibule sélève en avant de lentrée. Les quatre branches de la croix ont pour voûtes des tronçonsde berceaux, et laJ>oussée principale sexerce aux quatreangles des pendentifs que ces berceaux enserrent: cest là quedoit être .appliquée la butée.
  57. 57. ~ ARCHITECTURES DU BAS-EMPIl1E. Un massif à chaque angle de la coupole semblerait indiqué:]ès Byzantins comprennent quen réalité une culée creuse petItsuffire, pourvu quelle soit convenablement lestée: le massifdangle sélégit (pag. 1:-». tG VATOPEDJ 5 Lexemple fig. 16 provient de Vatopedi (Athos); lexemplefig. 17, de cette église athénienne dont les tracés ont été ana- ]ysés page 36. On retrouve le même parti au Catholicon et à~la KapnikarœadAthènes; à lAthos, dans léglise de Lavra; à Constantinople, dans les églises de la Théotocos, du Pantocrator, de Kora.Autant quon en peut juger par la description de Photius, cestdaprès cet ordre didées quétait conçue la grande église duPalais élevée au go siècle par lempereur Basile: cest, peut-on.dire, le type normal. Vers le 98 siècle commence lusage de surhausser les dômessur des tambours cylindriques (fig. 16 et 17): lintention estlisiblement de permettre douyrir sous 1: c8]oH8 de hautes
  58. 58. ÉGLISES BYZANTINES. ~5baies décla.irage, mais peu à peu on en vient à étendre cetteforme surhaussée à des tambours aveugles (Théotocos deConstantinople, etc..). 17 --! A partir du 106 siècle, non seulement la forme surhausséesaccentue, mais le nombre des dômes tend à semultiplicl" :les quatre petites voûtes sphériques situées aux angles de lacoupole centrale se surélèvent en dômes et accusent au dehorsles dispositions intérieures. Un des plus anciens exemples de ces groupes. de dômes scprésente à Saint-Bardias de Salonique; léglise des Saints-Apôtres de la même vine nous en offre une 4es plus élégantesapplications.
  59. 59. ~6 ARCHITECTURES DU BAS-EMPIRE. Jusquîci toutes les coupoles étaient sur pendentifs entriangle sphérique. Vers le 11e siècle sintroduit le pendentif entrompe; et cette innovation entraîne dans le plan le change-ment indiqué fig. 18 : 18 /s Une pile prend place sous chaque retombéè de trompe. Enréalité cest sur une base octogone que sappuie la coupole. Cette variante, moins hardie à coup sûr que le type normal,est réalisée à Daphni (fig. 18), à Saint-Nicodème dAthènes,~ Saint-Luc du Parnasse, à Saint-Nicolas de Mistra. PARTICULARITÉS DES ÉGLISES DE LA SYRIE CENTRALE. a. - É,f}lises à toitures en dalles; églises à conlbles SUI" arceaux. - Sur le fond général de larchitecture byzantine tranchent deux écoles syriennes que les travaux de MM. Rey et de Vogüé nous ont fait connaître: lune répond à la vallée de lOronte, lautre à la région au sud de Damas, le Haurân. Partout le bois est rare; au sud de Damas il manque totale- ment, et de plus il y a pénurie de pierres propres à la fabri- cation de la chaux, rien que des basaltes:
  60. 60. ÉGLISES SYRIENNES. 57 Il faut partout épargner, et sur certains points proscrire nonseulement la charpente mais même la maçonnerie, construiretout ou presque tout à laide de dalles de basalte posées iljoints vifs. i9 ~ 1- Nous avons analysé (tom. 1, pag. 517) les méthodes issuesde cette nécessité étrange; nous donnons fig.19 deux exemplesde constructions, correspondant lune aux plaines du sud deDamas, lautre à la vallée de lOronte: la basilique dont nousreproduisons en A une travée (Tafka) est couverte par desdalles; lautre B (Roueiha) présente une toiture en cparpenteportée par des fermes alternant avec des arceaux de pierre. b. - Eglises à dômes. - Larchitecture de Syrie, sans aban-donner jamais la basilique h. toitures de dalles sur arcades,admet vers le 5° siècle des coupoles., mais rarement elle abordele plan carré. Nous avons cité (pag. 19) les voûtes sur pendentifs appa-reillés du Haram: ce sont des exceptions; dans les édificesà coupoles de la Syrie transjordanienne, presque partout onremplace les pendentifs par ces combinaisons dencorbellementque nous avons décrites pag. 18; et lon sattache à réduire leporte à faux en adoptant le plan polygonal. Saint-Georges dEzra est le type de léglise syrienne à cou-~ole: dôr.n:jsur plan octogone porté par des écoinçons de :pierrû,

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