Concours MAD « Sur la route »Par Thibaut WauthionJour 1 : Los AngelesEn cette douce matinée, je débarque de lavion, accomp...
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Thibaut Wauthion

  1. 1. Concours MAD « Sur la route »Par Thibaut WauthionJour 1 : Los AngelesEn cette douce matinée, je débarque de lavion, accompagné de ma moitié toute excitée à lidéedapercevoir quelques étoiles gravées au sol, quelques décors dignes de Disneyland à destination detournages, quelques lettres géantes posées sur une colline et quelques autres attractions pourtouristes désemparés. Après lui avoir signalé que nous verrons tout ça sur carte postale, nos piedsnous conduisent dans les rues labyrinthiques de LA. Enfin, je respire cet air, cet oxygène dont laseule trace qui mest parvenue pendant tant dannées était imprimée dans mon imagination nourriepar cette culture californienne. Je noublierai pas daller casser une bouteille de rhum sur la tombedes Jack Kerouac, Hunter Thompson, Jim Morrison, Jimmy Hendrix sans oublier Thimoty Leary ettoute sa clique bourrée au LSD, tous ces héros qui ont porté ce territoire en cette orgie, si biennommée par quelques musiciens et scénaristes, Californication.Jour 2 : LA – Santa Barbara – San SimeonAprès une nuit agitée et le départ de LA, les paysages défilent lentement, notre regard se laissanttraîner dun côté sur les gigantesques vagues azures de la côte ouest et de lautre sur le sable chauddu désert. Une fois nos yeux bien imprégnés du panorama, je pousse à pleine vitesse notre carrosseque Le Soir nous a bien trop sympathiquement offert pour nos pérégrinations routières. Pied auplancher et capot brûlant, nous dépassons les plages de Santa Barbara pour miraculeusement arriverà San Simeon où la chaleur est aussi envahissante et troublante que la vue soffrant à nos yeux. Lesable fin et blanc brûle nos pieds pendant que nos oreilles explosent de joie devant un concert rétrode surf rock style The Ventures. Rhum et bières coulent à flot pendant toute la nuit.Jour 3 : San Simeon – Monterey – San FranciscoSur la Highway 1 à destination de Frisco, nous voyons de magnifiques animaux marins mais surtoutun super auto-stoppeur qui nous accompagne dès San Simeon. Mi-chemin, je mets mon majestueuxtorse à nu, ne supportant plus cette chaleur insoutenable. Une douce brise bien fraîche me fouette leventre et les poils des seins ce qui me cause une gluante quinte de toux. Assurant à ma copilote,assise à la place du mort, que notre chevauchée fantastique doit momentanément sarrêter afin queje libère ma gorge, celle-ci prend le volant et moblige à cracher par la fenêtre. Je mexécute. Pas dechance, après avoir reçu une grosse claque venteuse dans ma gueule, jen mets plein la portière.Hurlements de dégoûts assurés ! Coup d’œil dans le rétro central : le front de lauto-stoppeur estorné dune matière aussi visqueuse que compacte provenant directement de la raclure de ma gorge.Arrêt de la voiture. Le type se casse aussitôt.Jour 4 : FriscoAprès avoir attaché quelques fleurs aux cheveux de ma compagne et aux miens, nous sommes sortisde lhôtel en terre sainte, territoire du Summer of Love. En perpétuelle recherche de buvards auxcouleurs psychédéliques, nous décidons décumer galeries dart et autres lieux culturels. Notre quêtesavère vaine mais conduit à dautres trouvailles inespérées. À la Highlight Gallery, nousrencontrons un compatriote, un certain Benoît Platéus, artiste de son état exposant dans ce charmantlieu. Nous plongeons dans un doux rêve poétique mêlé tantôt de visions idylliques tantôt de doutessur notre présence. Sommes-nous bien là à Frisco ou nest-ce que la cause dune imagination tropfoisonnante ? Nest-ce là quune envie croissante de liberté spirituelle nourrie de découverte qui meprojette sur ce territoire ? La réalité s’émiette à chacun de mes pas, à chacun de mes regards, àchacun de ces mots... Les œuvres valent le détour.Jour 5 : Frisco – Yosemite National Park - FresnoNos tribulations californiennes nous mènent à quelques contes de fée. Je mattends à voir un lapinblanc sortir de sa cachette au pied dun arbre millénaire. Mes paupières se rebellent, éblouies. Je
  2. 2. redoute loverdose. Est-ce possible quun seul homme puisse supporter tant de beauté ? Il faut croireque oui. La route fut longue jusquici, presque toute une vie ; pourtant, il existe des jours pendantlesquels chaque chose est une redécouverte. Les paysages yosemitiens sont à couper le souffle.Nous restons longtemps à errer dans les dédales naturels du parc, peut-être inconsciemment à lavaine recherche de la cabane dun Thoreau du XXIe siècle. Nous reprenons la route pressés par letemps. Nous parcourons les derniers cent kilomètres de la journée en un temps record, portés parnotre enthousiasme bouillonnant. Il faut continuer pour voir, voir davantage et voir plus encore.Jour 6 : Fresno – Bakersfield – Las VegasRéveil contrastant à souhait ! La richesse de la nature laisse bientôt place à sa sécheresse, plus belleque jamais. Les déserts laissent songeur. Départ de Fresno, étrange cité située au milieu de parcforestier, de la côte et du désert ; passage rapide à Bakersfield que nous voyons à peine, et nousarrivons dans cette cité aux milles paillettes plus fausse que jamais et pourtant si attirante. Si lesnazis avaient remporté le match de 45, peut-être que le monde ressemblerait à cela, à cette mauvaiseblague pour laquelle on soblige à sourire. Lalcool coule autant que largent. Boire pour jouer, jouerpour boire, le slogan de la soirée ! Parfois, on sy perd... Mais ce qui se passe à Vegas reste à Vegas.Je serais obligé dabandonner ces mots dans cet endroit si je prenais le temps de les écrire. Je préfèrereprendre la route et continuer la traversée californienne.Jour 7 : Las Vegas - LARetour à LA après un nouveau périple nous conduisant au terme de la route 66 ! La voiture estexploitée dans ses plus extrêmes retranchements. Il en est de même pour lestomac de mon copilote,qui explose littéralement en une fontaine de morceaux de hamburger mal digérés. Après plusieursheures de négociations houleuses agrémentés de quelques aller-et-retours au toilette, notre visite deLA débute par le Los Angeles Music Center. Destination Walt Disney Concert Hall, majestueuxédifice dont son frère jumeau se trouve à Bilbao, tous deux issus de larchitecture déconstructiviste :les surfaces se multiplient jusquà nous donner une impression de vertige ; le style de Picasso etBraque transposé à la brique, une forme de cubisme architecturale en somme. Pour nous, la journéeet la ville sarrêtent à ce lieu et à un concert dun ensemble philharmonique coréen. Musiqueenvoûtante et reposante qui ponctue à merveille cette journée agitée !Jour 8 : LADernier jour. Nos pieds nous mènent jusquaux studios hollywoodiens, lieu particulièrementintéressant dabord pour son histoire chargée de noms plus spectaculaires les uns que les autres etsurtout pour cette capacité à créer dincroyables fictions qui deviennent de véritables mythes àdestination de masses asservies. Nos tribulations en terre cinématographique enchantent notreimagination chevaleresque et nous poussent dans quelques carambolages entre faux policiers ettruands déguisés, dans quelques romances idéalisant un amour pour prince charmant et princessedéconfite et, enfin, dans un duel où quelques cow-boys déchargent leur grand pistolet sur leurspartenaires de jeu. Lassés par cette industrialisation du rêve, nous quittons les studios pour marcher,flâner et voir le plus possible, simprégner de cette culture. Plages, galeries dart, walk of fame,architectures imposantes, parcs dattraction, bars, tout passe devant nos yeux à une vitessehallucinante.Jour 9 : Belgique (lettre pour Le Soir)Cher journal Le SoirJe profite dune moitié de journée à me tourner les pouces au septième ciel pour vous envoyerquelques lignes sur le road trip réalisé grâce à vous. Vous constaterez que lallure de ce carnet deroute ressemble à sy méprendre à celui qui ma valu le prix de votre concours. Soyez sans crainte,le vrai trip est bien au-dessus du fruit de mon imagination. Sans tomber dans une flagornerieoutrancière, je tiens à saluer linitiative pour le moins intéressante, bien quil aurait été des plusjudicieux et bienvenus de me laisser un petit blog sur votre site pour narrer mon expédition. Jaurais
  3. 3. été ravi de me plonger dans une forme de journalisme gonzo pour loccasion. Enfin, ma remarqueest davantage le reflet dun conseil plutôt que dune véritable critique. Après tout – mais sans chuterdans une banalité excessive – mon séjour aura été mon plus beau cadeau depuis au moins le dernier.Et rien que pour ça, je vous en remercie !

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