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Interview avec Daniel Cefai,                                                   membre du comité exécutif de BioAlpsDaniel ...
INTERREG B – Un regard sur la pratique     COMUNIS     Stratégie pour une promotion intercommunale     des sites industrie...
Interview avec Nathalie Stumm,                                                   collaboratrice scientifique à la Haute Éco...
INTERREG B – Un regard sur la pratique     CLISP     Améliorer la capacité d’adaptation des instruments     d’aménagement ...
Interview avec Melanie Butterling,                                                       collaboratrice scientifique à l’AR...
INTERREG B – Un regard sur la pratique     iMONITRAF!     Réduire les retombées négatives du trafic poids lourds transalpin...
Interview avec Rainer Kistler,                                                    directeur de l’Office de la protection de...
INTERREG B – Un regard sur la pratique     CODE24     Assurer la réalisation du Corridor ferroviaire 24     Le projet CODE...
Interview avec Felix Günther,                                                    responsable de programmes de formation   ...
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INTERREG B - Saisir les opportunités

  1. 1. INTERREG B –Saisir les opportunitésUne valeur ajoutée pour la Suisse et pour l’Europe Avec le soutien de 1
  2. 2. INTERREG B – Valoriser ses atouts Sommaire L’Europe se caractérise par une grande semblables du fait de leur situation géogra- diversité sur un petit territoire : les diffé- phique et économique. INTERREG B permet INTERREG B – Valoriser ses atouts 2 rences culturelles et économiques entre à ces pays de réagir de manière coordonnée les pays, mais également entre les diffé- à des problèmes communs. INTERREG B – Déployer des effets tangibles 4 rentes régions des pays, sont parfois très grandes. L’Union européenne (UE) a déve- INTERREG B en Suisse INTERREG B – Un regard sur la pratique 6 loppé il y a quelques décennies sa poli- La Suisse participe à deux programmes ACCESS 6 tique de cohésion en ayant en tête ces INTERREG B, « Europe du Nord-Ouest » et ENERBUILD 8 spécificités. « Espace alpin ». Pour bénéficier du soutien Alps Bio Cluster 10 financier d’un programme, les projets doivent COMUNIS 12 Encourager les économies régionales réunir des partenaires de différents pays de CLISP 14 La politique de cohésion vise la réduction des la zone couverte. Ces projets ont pour objec- iMONITRAF! 16 inégalités économiques entre les régions en tif de renforcer les économies régionales et CODE24 18 soutenant les plus défavorisées d’entre elles. de trouver des réponses aux défis communs DEMARRAGE 20 Parallèlement, la politique de cohésion encou- à ces régions. L’éventail thématique des pro- rage les potentiels qui existent dans les régions jets est vaste, allant des transports à la pro- INTERREG B – Mettre à profit les collaborations 22 aux économies florissantes, en misant sur la motion du développement économique en promotion économique au niveau régional. passant par l’environnement et les technolo- Contact 24 gies de l’information et de la communication. Dépasser les frontières Durant la période de programmation INTER- La politique de cohésion de l’UE encourage REG IV B (2007–2013), pas moins de 26 pro- Impressum également la collaboration transfrontalière jets ont été lancés avec une participation de Éditeur depuis 1990. INTERREG est l’instrument la Suisse (état : mars 2011). Office fédéral du développement territorial (ARE), regiosuisse central de cet engagement ; il s’agit d’un ins- Conception/rédaction/réalisation trument d’encouragement qui poursuit les Les partenaires des projets INTERREG B Gioia Edelmann et Sébastien Rieben Office fédéral du développement territorial (ARE), objectifs économiques de la politique de Innover, c’est dépasser les modes de pensée regiosuisse cohésion tout en renforçant le dialogue entre et de comportement classiques. Des parte- Avec le soutien financier du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) les régions, et en créant des réseaux par-delà naires de tout type peuvent ainsi participer à Réalisation graphique les frontières. La Suisse, située au centre géo- INTERREG B : communes, offices cantonaux Kurt Brunner graphique de l’Europe, participe à INTERREG et fédéraux, instituts de recherche (EPF, univer- Photos Priska Ketterer, Lucerne depuis ses débuts. sités, hautes écoles), entreprises, associa- Alps Bio Cluster, ESRF, Grenoble : p. 10, p. 11 (gauche) Alps Bio Cluster, Bioindustry Park Silvano Fumero : tions, etc. Les projets INTERREG B ont en p. 11 (milieu) INTERREG B commun d’établir des liens entre des parte- ballenbergkurse.ch : p. 8 (gauche) Banque de données photographiques PNRHJ : p. 4 (gauche) Pour compléter les modèles classiques de naires aux origines et aux expériences les Ralph Eichenberger, © re/hslu : p. 8 (droite), p. 9 (gauche) Les autorités portuaires de Gênes : p. 19 (droite) collaboration entre régions frontalières voi- plus diverses ; l’un des partenaires dirige et Hupac SA, Chiasso : p. 5, p. 16 (droite), p. 18, p. 19 (centre) sines (programmes INTERREG A), l’UE a coordonne chacun de ces projets, assurant Urs-Peter Menti, Haute École de Lucerne : couverture Massimiliano Navarria, Province d’Alexandrie : p. 15 (gauche) mis au point des programmes INTERREG B ainsi que les autres partenaires effectuent les www.nena-network.eu : p. 9 (droite) SuisseMobile : pp. 20–21 à la fin des années 1990, afin de promouvoir tâches qui leur ont été attribuées. Land du Tyrol : p. 17 (droite) la coopération transnationale. Ces program- Impression Imprimerie Saint-Paul, Fribourg mes INTERREG B recouvrent de vastes Imprimé sur papier Balance SILK FSC régions en Europe, telles que l’espace alpin, Édition Avril 2011 la région de la mer du Nord ou celle de la Bal- Distribution et téléchargement de la brochure tique. Ces programmes s’étendent sur plu- (français, allemand) : www.interreg.ch sieurs pays qui sont confrontés à des défis2 INTERREG B – Valoriser ses atouts
  3. 3. Participation suisse dans le cadre La NPR cherche en particulier à améliorer les régions. Une exception prévaut pour lesde la Nouvelle politique régionale les conditions économiques pour les activités projets INTERREG B qui peuvent être décla-Comme les régions suisses se différencient entrepreneuriales et à encourager durable- rés d’importance nationale.également dans leurs atouts, la politique régio- ment la création de valeur ajoutée ainsi qu’ànale les soutient de manière ciblée. La Nou- accroître la compétitivité. En Suisse, le suivi et la coordination des pro-velle politique régionale (NPR) a pour objectif grammes INTERREG B relèvent de la res-de renforcer la compétitivité des régions et d’y INTERREG, en sa qualité d’instrument de ponsabilité de l’Office fédéral du dévelop-accroître la valeur ajoutée. Depuis 2008, la politique régionale, est associé à la NPR et pement territorial (ARE). Cet office participeConfédération et les cantons soutiennent par bénéficie de ce fait du soutien financier du à la direction des programmes et à leurs réu-le biais de la NPR les efforts entrepris dans les Secrétariat d’État à l’économie (SECO). Les nions de coordination, assiste les partenai-régions de montagne, les autres espaces ru- projets INTERREG soutenus par des crédits res suisses de projets et assure le suivi de laraux et les régions frontalières de la Suisse en NPR doivent par conséquent répondre aux création de nouveaux projets et prend partvue de valoriser les potentialités de ces ré- critères de la politique régionale suisse, à leur sélection.gions et les démarches qu’elles entreprennent c’est-à-dire encourager l’innovation, la com-pour surmonter les changements structurels. pétitivité et la création de valeur ajoutée dansLes projets à participation Programme «Espace alpin»suisse – Un regard sur la www.alpine-space.eupratiqueCette brochure décrit huit projets des pro-grammes INTERREG B « Espace alpin » et • Durée maximale des projets : 3 ans« Europe du Nord-Ouest ». Des partenaires 2 • Nombre moyen de partenaires 3suisses font part de leurs expériences dans 7 par projet : 13 1des interviews et offrent ainsi un aperçu de • Budget global moyen par partenaireleurs projets. 4 suisse de projet : 256 000 francs 6 5ContactOffice fédéral du développement 1 Suisse 5 Italieterritorial (ARE) 2 Allemagne 6 FranceService des affaires internationales 3 Autriche 7 Liechtenstein 4 Slovénieinterreg@are.admin.chwww.interreg.ch Zone de programmation Programme «Europe du Nord-Ouest» www.nweurope.eu • Durée maximale des projets : 5 ans • Nombre moyen de partenaires par projet : 9 • Budget global moyen par partenaire suisse de projet : 317 000 francs 8 3 2 4 5 1 Suisse 5 Belgique 6 2 Allemagne 6 Luxembourg 3 Royaume-Uni 7 France 4 Pays-Bas 8 Irlande 1 7 Zone de programmation INTERREG B – Valoriser ses atouts 3
  4. 4. INTERREG B – Déployer des effets tangibles Les programmes INTERREG B entendent Renforcer les circuits économiques Des réseaux internationaux pour déployer des effets tangibles dans les régionaux par l’innovation promouvoir l’économie régionale régions qu’ils couvrent. Il s’agit notam- L’innovation est un facteur clé de compétitivité Lorsque les entreprises et les institutions de ment d’encourager et de renforcer les cir- pour une économie régionale. Toutefois, les in- recherche se regroupent pour former des cuits économiques régionaux par l’inno- novations n’auront aucun effet si elles se heur- « clusters », elles cherchent à renforcer leur vation et par les réseaux internationaux. tent aux réalités politiques et économiques position sur le marché européen et internatio- L’échange de savoirs et d’expériences per- des régions. L’un des objectifs d’INTERREG B nal. La participation à un réseau international met d’utiliser plus efficacement les res- consiste à encourager les partenariats entre facilite l’accès aux marchés étrangers et consti- sources disponibles au niveau régional. les actrices et les acteurs des domaines d’acti- tue ainsi un atout pour l’économie régionale : INTERREG B sert aussi de plate-forme pour vités les plus variés. Les projets regroupent le site économique est renforcé et des emplois trouver des solutions coordonnées aux par conséquent des partenaires aux origines voient le jour, les objectifs de la NPR et de la problèmes suprarégionaux. institutionnelles et culturelles diverses. Ces par- politique régionale européenne sont ainsi réa- tenariats permettent de développer des solu- lisés. La création de tels clusters est facilitée tions qui correspondent aux besoins, bénéfi- par INTERREG B, qui établit le lien entre les cient d’une large assise et sont transposables partenaires de projets de plusieurs pays. sur le terrain, car elles tiennent compte des réa- lités politiques qui prévalent dans les régions C’est l’approche choisie par le projet Alps Bio concernées. Cluster (p. 10), qui entend établir un réseau d’entreprises de biotechnologie et de techno- Parmi les projets qui cherchent à développer logie médicale dans la région alpine. une innovation basée sur les besoins locaux, citons ACCESS (p. 6), qui développe de nou- velles solutions pour maintenir l’approvision- nement de base dans les régions de montagne ; citons aussi ENERBUILD (p. 8), un projet qui soutient les petites et moyennes entreprises (PME) du domaine de la construction dési- reuses d’acquérir le savoir-faire nécessaire pour réaliser des bâtiments peu gourmands en énergie, un savoir-faire qui leur permet de rester compétitives.4 INTERREG B – Déployer des effets tangibles
  5. 5. Échanger les connaissances et les Résoudre les problèmes suprarégionauxexpériences pour utiliser efficacement en misant sur la coordinationles ressources De nombreuses mesures stratégiques quiLes collaborations transnationales permettent visent le développement économique durabled’économiser des ressources, et d’utiliser d’un espace couvert par un programmeplus rationnellement ces dernières. Une telle INTERREG B n’ont de sens que si elles sontapproche peut, par exemple, s’appliquer au mises en œuvre de manière coordonnée surtransfert de connaissances, à l’échange de l’ensemble du territoire concerné. Les mesuresdonnées, de résultats et de processus effi- mises en œuvre sur une partie seulement ducaces. La Suisse profite ainsi du savoir-faire territoire ne peuvent développer leurs effetsd’autres pays dans différents domaines. Inver- que de manière limitée ; elles risquent mêmesement, la Suisse peut, là où elle est précur- d’avoir des retombées indésirables sur d’autresseur, faire part de son propre savoir-faire et parties de ce territoire. Pour empêcher de telsaméliorer ainsi son image. effets, il convient de développer des solutionsL’échange d’expériences permet aussi d’opti- au niveau suprarégional. Par l’élaborationmiser l’utilisation des ressources. Les régions commune d’idées et par la mise en place de ré-couvertes par les programmes INTERREG B seaux transnationaux, les projets INTERREGont toutes des défis semblables à affronter. B peuvent contribuer à trouver des solutionsPlutôt que de voir chaque pays faire les communes aux problèmes suprarégionaux.mêmes expériences pour résoudre un pro-blème commun, des approches différentes Ainsi, le projet iMONITRAF! (p. 16) veut réduirepeuvent être testées dans chaque pays. Les les retombées environnementales du trafic in-expériences et les recommandations peuvent ternational de poids lourds dans l’espace alpin.ensuite être échangées et transférées dans Le projet CODE24 (p. 18), quant à lui, cherched’autres régions. à mettre en place le Corridor ferroviaire 24 sur l’axe nord–sud (Rotterdam–Gênes). Le pro-Le projet COMUNIS (p. 12), qui vise à déve- jet DEMARRAGE (p. 20), qui cherche à pro-lopper une stratégie commune de position- mouvoir l’itinéraire cyclable le long du Rhin ànement des sites industriels et artisanaux, l’aide d’une signalétique et d’une infrastruc-propose d’échanger les savoirs et les expé- ture internet homogènes, ne peut lui aussiriences acquis entre les différentes régions déployer tout son effet qu’à condition d’êtremodèles. L’échange de connaissances et d’ex- réalisé sur l’ensemble de cet itinéraire.périences est également au centre du projetCLISP (p. 14), destiné à étudier l’adaptationau changement climatique dans le domaine del’aménagement du territoire. INTERREG B – Déployer des effets tangibles 5
  6. 6. INTERREG B – Un regard sur la pratique ACCESS Maintien de l’approvisionnement de base dans les régions de montagne Le projet ACCESS, dont le Groupement Le projet ACCESS, lancé dans le cadre du suisse pour les régions de montagne (SAB) programme « Espace alpin », s’est donné pour est le chef de file, veut développer des in- mission de trouver des solutions à cette pro- novations qui répondent à des besoins blématique. Il développe des approches inno- concrets dans le domaine des services de vatrices, mises en œuvre dans des régions base. En étroite collaboration avec les actri- modèles, qui permettent de proposer les pres- ces et les acteurs locaux et avec les institu- tations de services menacées. La collabora- tions concernées, le projet cherche à mettre tion avec les actrices et les acteurs locaux et en place des solutions assurant le maintien régionaux, ainsi qu’avec les institutions concer- • Durée : septembre 2008 – août 2011 de services menacés dans les régions de nées, est au centre de cette démarche. Dans la • Budget : 2 478 845 EUR montagne, tels qu’écoles, services postaux région modèle du « Nord vaudois », par exem- • Nombre de partenaires : 11 ou commerces de proximité. ple, un système de covoiturage pour les per- • Partenaires suisses du projet : sonnes qui se rendent au travail est mis en Groupement suisse pour les régions Les régions alpines sont nombreuses à tom- place. La région allemande du « Südlicher Ober- de montagne (SAB) ber dans un cercle vicieux. La concentration rhein », située autour de Fribourg-en-Brisgau Association pour le Développement spatiale des services publics entraîne une et d’Offenbourg, quant à elle, développe une du Nord Vaudois (ADNV) dégradation de la qualité d’approvisionnement plate-forme internet qui assure l’approvision- dans les régions périphériques. Par consé- nement en biens et en services quotidiens au www.access-alpinespace.eu quent, l’attractivité des services restants dimi- moyen d’un service de transport. Pour assurer nue, tout comme la demande. Il en résulte une la transférabilité des solutions élaborées, ces diminution générale de l’offre de prestations dernières font l’objet de tests qui débouchent de services, qui à son tour entraîne de nom- sur des recommandations. breux inconvénients dans les régions concer- La collaboration entre les personnes concer- nées, notamment la perte de compétitivité et nées et les prestataires potentiels de services la perte d’attrait pour l’habitation. manquants permet de proposer les services demandés à des conditions qui répondent aux critères du marché. La collaboration transna- tionale de partenaires de projet tels que l’As- sociation pour le Développement du Nord Vaudois (ADNV), la région Lombardie ou l’as- sociation régionale allemande du « Südlicher Oberrhein » permet d’envisager une multitude de projets modèles que plusieurs régions pour- ront mettre à l’épreuve.6 INTERREG B – Un regard sur la pratique – ACCESS
  7. 7. Interview avec Thomas Egger, directeur du SABThomas Egger est directeur du Groupe- assurer. D’ailleurs tant la population des blir des relations qui permettent aux autresment suisse pour les régions de montagne régions de montagne que des villes souhaite partenaires de se faire entendre et de partager(SAB), une association qui s’engage pour trouver des paysages entretenus. les responsabilités. D’emblée, le projet étaitle maintien de l’approvisionnement de assez flexible pour leur permettre de s’identi-base dans les régions de montagne. C’est Le projet ACCESS est-il en mesure d’interve- fier à lui et de formuler leurs requêtes. Chacundans ce but que le SAB a lancé et dirige le nir dans un système économique qui cherche est libre d’agir dans le domaine thématique deprojet ACCESS. à centraliser les sites économiques et par consé- l’approvisionnement de base. Cet aspect est quent les emplois ? essentiel pour assurer que le projet soit réelle-En Suisse, on parle du dépeuplement des ACCESS est un projet important dans le ment apte à répondre aux besoins effectifs de larégions de montagne depuis un certain temps domaine de l’approvisionnement de base. population. D’ailleurs, on est parfois surpris dedéjà. Pourquoi faut-il que ces régions demeu- Aucune entreprise ni particulier ne s’établira là voir quelle tournure le projet prend. Dans le casrent des lieux de vie ? où il n’y a ni services postaux, ni raccorde- de PUSEMOR, par exemple, nous pensionsUne mise au point pour commencer : la totalité ments internet à haut débit ou de transports. au début qu’il fallait absolument construire dedes régions de montagne ne sont pas concer- En assurant le maintien de l’approvisionne- nouvelles infrastructures. Mais très rapide-nées par le dépeuplement. Mais dans cer- ment, on assure un standard minimal dans ment, nous avons réalisé que ce n’est pas l’in-taines régions, l’évolution démographique est toutes les régions du pays. Ce principe est frastructure qu’il faut changer, mais son uti-négative. Il s’agit de zones qui ont une écono- malheureusement remis en question périodi- lisation. Pour prendre un exemple concret :mie monostructurée, centrée par exemple sur quement dans le cadre des mesures d’aus- environ 98% du territoire suisse bénéficiel’agriculture ou le tourisme, ou de zones qui térité de la Confédération et par les défen- d’un raccordement à haut débit, mais seule-sont peu accessibles. L’accessibilité est im- seurs de l’économie de marché pure et dure. ment la moitié de la population y a recourt.portante pour le développement économique, La démarche proactive est pour moi essen- Nous essayons donc d’encourager la popula-qui lui-même est le moteur principal de la dyna- tielle. Les communes sont souvent outrées tion à utiliser ces nouvelles ressources.mique de la population. Si l’économie régio- lorsqu’elles reçoivent une lettre de Berne leurnale fonctionne, qu’elle est dynamique et qu’elle annonçant la fermeture de leur bureau de Quels sont les avantages d’INTERREG Boffre des emplois attrayants, l’évolution démo- poste. Face à cette réalité, elles pourraient pour le SAB, selon vous ?graphique sera positive. aussi agir de manière préventive et reconnaî- Pour nous, l’échange d’expériences et la com- tre qu’elles vont devoir prendre des mesures. munauté d’apprentissage formée avec nos par-N’y a-t-il pas des villages où il ne vaut plus De nombreuses communes ne mènent aucune tenaires européens sont les aspects centraux.la peine de proposer des services de base ? réflexion sur leurs objectifs de développe- On commet souvent l’erreur de penser qu’onNe serait-il pas plus efficace de les sup- ment. Le système de milice implique que, sou- doit résoudre seuls les problèmes. Mais lesprimer ? vent, les communes ne peuvent se manifester bureaux de poste que l’on ferme sont, parEn aucun cas. En Suisse, l’espace est limité et que de manière réactive face aux évolutions. exemple, un domaine où nous avons beau-doit être utilisé de manière optimale. Il serait ACCESS joue un rôle de précurseur et es- coup à apprendre et où nous pouvons déve-complètement faux d’abandonner certaines quisse des voies envisageables. Nous espé- lopper ensemble de nouvelles solutions.vallées. L’occupation décentralisée du territoire rons qu’ACCESS sera perçu comme un signal Compte tenu des conditions de départ trèsest inscrite dans la Constitution, nous sommes d’avertissement, mais aussi qu’il sera reconnu différentes des nôtres, nos partenaires ontdonc appelés à mettre en pratique cette dis- comme un modèle transférable à la totalité des idées qui sont très différentes elles aussi.position. Les paysages dépeuplés et laissés à des Alpes. Nous avons donc tout à gagner en procédantl’abandon, tels qu’on en rencontre dans le à des échanges.nord de l’Italie, perdent leur attrait. Si la Suisse Le SAB pilotait déjà le projet précurseur, PUSE-perdait sa diversité paysagère, elle perdrait MOR. Il connaît donc les difficultés inhérentes thomas.egger@sab.chaussi beaucoup de son attrait. La Suisse est aux démarches effectuées au niveau transna-une destination touristique où les voyageurs tional. Comment fait-il face à ces difficultés ?recherchent un paysage attrayant et exploité, Les difficultés sont moindres qu’il n’y paraît àce que seule une population résidente peut première vue. Nous sommes parvenus à éta- INTERREG B – Un regard sur la pratique – ACCESS 7
  8. 8. INTERREG B – Un regard sur la pratique ENERBUILD Savoir-faire pour la construction de bâtiments peu gourmands en énergie ENERBUILD mise sur des innovations qui innovations techniques, de manière à rester répondent à des besoins concrets ; le pro- compétitifs vis-à-vis des grandes entreprises et jet soutient en effet les PME du secteur de être en mesure de mettre en œuvre les exigen- la construction situées dans les régions ces de la clientèle. ENERBUILD soutient les alpines et désireuses d’acquérir le savoir- PME dans cet effort. faire nécessaire pour ériger des construc- • Durée : juillet 2009 − juin 2012 tions peu gourmandes en énergie, un atout ENERBUILD mise sur toute une palette de me- • Budget : 2 961 502 EUR qui leur permettra de rester compétitives. sures, notamment sur le transfert de savoir-faire • Nombre de partenaires : 13 technique. À cet effet, le projet met en place une • Partenaire suisse du projet : Les PME du secteur de la construction sont des banque de données suprarégionale en faisant ITZ (InnovationsTransfer Zentralschweiz) acteurs économiques clés en Suisse, en parti- appel aux entreprises qui détiennent ce savoir- culier dans les Alpes. Elles jouent un rôle essen- faire et aux PME spécialisées. ENERBUILD www.enerbuild.eu tiel à la fois comme employeurs et comme piliers adapte également les offres de formations, des économies régionales. Le débat sur le ré- pour promouvoir l’efficacité énergétique dans chauffement climatique a placé la question des le domaine de la construction aux besoins constructions à efficacité énergétique élevée des PME. Il s’agit à la fois de combler les au centre des préoccupations de l’industrie du lacunes et de coordonner les offres exis- bâtiment : l’avenir appartient aux constructions tantes dans la région alpine. Par ailleurs, Minergie, Minergie Plus et génératrices d’éner- ENERBUILD dresse le panorama de tous gie. Si elles veulent rester compétitives par les labels de construction qui existent dans rapport aux plus grandes entreprises, les PME la région alpine afin que les PME puissent doivent donc veiller à ne pas perdre le fil des comparer facilement les exigences et les normes. Enfin, le projet propose un catalogue d’arguments qui permettent de lutter contre les préjugés encore trop répandus concer- nant les constructions Minergie. Les partenaires d’ENERBUILD sont notam- ment « InnovationsTransfer Zentralschweiz » (ITZ) associé à la Haute École de Lucerne, l’agence de l’énergie de Haute-Styrie et le Bureau de développement régional du Vor- arlberg. Ces partenariats permettent ainsi de conserver des emplois précieux dans les régions alpines.8 INTERREG B – Un regard sur la pratique – ENERBUILD
  9. 9. Interview avec Willy Küchler, administrateur d’ITZWilly Küchler est l’administrateur d’ITZ, une Comment la collaboration entre ITZ et les par- comme c’est par exemple le cas dans le do-institution qui a pour tâche de promouvoir la tenaires du projet qui ont une origine institu- maine de la transformation du bois au Vor-compétitivité des PME de Suisse centrale. tionnelle différente, comme l’agence de l’éner- arlberg. Ces contacts ouvrent ensuite de nou-ITZ organise notamment le transfert de gie de Haute-Styrie, se passe-t-elle ? velles possibilités.savoirs et de technologies tant entre les Pour nous, la possibilité de collaborer avec cesPME qu’entre ces dernières et les hautes partenaires de l’espace alpin constitue une INTERREG B est un programme transnatio-écoles ou les universités. chance énorme. D’une part, la collaboration au nal. Les cantons de Suisse centrale profitent- sein d’ENERBUILD nous a permis de créer un ils réellement de la participation d’ITZ à un pro-L’acquisition de connaissances dans le do- réseau de relations précieux. D’autre part, jet comme ENERBUILD ?maine des techniques nouvelles du bâtiment nous pouvons profiter des activités des autres Sans aucun doute. La région lucernoise, parnécessite un investissement en temps et en partenaires. Les partenaires ayant tous une spé- exemple, se penche sur les moyens à mettreargent de la part des PME. Comment les PME cialité, il y a quelque chose à apprendre chez en œuvre pour une utilisation plus efficace deconcernées réagissent-elles aux nouvelles chacun d’entre eux : comment mettre en œuvre l’énergie. Le Vorarlberg a valeur d’exempletechniques de construction selon vous ? les mesures ? Quelles solutions élaborer ? pour nous dans ce domaine, car il a quelquesEn principe, les PME réagissent très rapide- Notre motivation à participer au projet était longueurs d’avance sur nous pour ce qui estment aux nouveaux besoins du marché. On aussi qu’il facilitait l’accès de nos propres de la commercialisation et de l’utilisation effi-constate toutefois que malgré tout, il leur PME aux autres régions partenaires. Par cace de l’énergie. Par l’intermédiaire du projetmanque des connaissances approfondies exemple, si l’une de nos PME cherche à tra- ENERBUILD, nous avons pu nous procurerpour mettre en œuvre les technologies deman- vailler en Styrie, nous pouvons examiner les des connaissances sur place que nous allonsdées par le marché, et ce pas seulement dans possibilités de soutien avec le partenaire local pouvoir mettre en œuvre telles quelles dans lale secteur de la construction. Prenons l’exem- d’ENERBUILD ; le fonctionnement est com- région de Lucerne.ple du label Minergie. Les entreprises de cons- parable à celui d’une Osec (le centre de com- Autre exemple : lors de la construction d’un lotis-truction et les architectes ont répondu rapide- pétences qui aide les entreprises suisses et sement dans le canton d’Obwald, nous avonsment à l’introduction de ce label et proposent liechtensteinoises à développer leurs activités pu organiser, dans le cadre d’ENERBUILD,des maisons Minergie à leur clientèle. Dans à l’étranger et propose pour ce faire des actions un transfert d’innovations entre la Haute Écolela pratique, le savoir-faire manque, en parti- de promotion économique ciblées), tout en de Lucerne et le bureau de planification situéculier en ce qui concerne les questions de étant d’un accès beaucoup plus aisé. dans le canton de Nidwald. Dans ce cas, ladiffusion de la vapeur lorsqu’on a à faire à Haute École de Lucerne a produit une étudedes façades et à des fenêtres extrêmement ITZ collabore étroitement avec des entreprises qui montre comment effectuer les installa-étanches. Les erreurs qui en découlent sont en- privées. Ces entreprises sont plutôt sous- tions électriques de manière à utiliser efficace-suite associées au label Minergie, que l’on assi- représentées dans les projets INTERREG B. ment l’énergie électrique, aujourd’hui commemile à une mauvaise qualité de l’air. Voilà qui Quels sont, selon vous, les avantages que demain. L’objectif d’ITZ est justement d’assurernuit aux PME, mais aussi au label Minergie. l’économie privée peut retirer d’une participa- ce type de transfert, la participation aux projetsENERBUILD intervient à ce niveau : prêter tion à un projet INTERREG B ? INTERREG B n’est pas une fin en soi.main-forte aux PME pour leur permettre de Pour nous, en Suisse centrale, les projetsbien faire leur travail. INTERREG B sont très importants, car nous wk@itz.ch sommes la seule région en Suisse qui n’a pas de frontière avec l’étranger, ce qui nous prive d’ac- cès aux projets INTERREG A. INTERREG B nous permet d’entrer en contact avec des ré- gions situées hors du pays ; le programme nous permet par exemple d’entreprendre les pre- mières démarches dans le domaine de l’ex- portation ou de l’internationalisation, en faci- litant l’organisation de visites réciproques, INTERREG B – Un regard sur la pratique – ENERBUILD 9
  10. 10. INTERREG B – Un regard sur la pratique ALPS BIO CLUSTER Mettre en réseau les secteurs biotechnologique et médical Alps Bio Cluster met en place un réseau fois atteindre la taille critique pour être compé- d’entreprises actives dans le secteur bio- titive à l’échelle globale. L’intérêt d’une collabo- technologique et médical dans l’espace ration est donc évident. Le projet prévoit en alpin. Il s’agit à la fois de renforcer la posi- particulier de constituer un service commun tion de ce secteur sur le marché mondial et de marketing international pour les PME. de favoriser les échanges entre les entre- Un autre objectif du projet consiste à faciliter prises et les institutions de recherche. la collaboration entre les hautes écoles, les cen- tres de recherche et l’industrie afin d’améliorer • Durée : octobre 2008 – septembre 2011 Alps Bio Cluster a pour objectif de constituer le potentiel d’innovation des entreprises dans • Budget : 1 862 505 EUR un réseau transnational de clusters dans le l’espace alpin élargi. La confiance réciproque • Nombre de partenaires : 8 secteur biotechnologique et médical, et plus et les contacts directs, deux composants qui • Partenaire suisse du projet : particulièrement dans les domaines de la « mé- font souvent défaut dans le contexte transna- BioAlps – Lake Geneva Life decine personnalisée », du « diagnostic médi- tional, comptent parmi les clés du succès Science Cluster cal » ainsi que de « l’adaptation des traitements lorsqu’il s’agit d’encourager le transfert de tech- et des soins en vue d’accroître l’autonomie nologies et les processus innovateurs dans www.alpsbiocluster.eu des personnes qui nécessitent des soins ». les PME. Alps Bio Cluster est destiné à favo- Des hautes écoles et des acteurs privés de six riser la mise en contact et la constitution des régions alpines participent à ce projet, qui réu- relations de confiance nécessaires à cet effet. nit ainsi des partenaires de l’Allemagne, de la Il est prévu de constituer deux réseaux théma- France, de l’Italie, de l’Autriche et de la Suisse. tiques destinés à perdurer une fois le projet Chacune de ces régions compte déjà un sec- arrivé à échéance. teur Sciences de la vie performant, sans toute- En Suisse, Alps Bio Cluster est piloté par BioAlps, le centre romand des sciences de la vie. BioAlps réunit sept cantons, des univer- sités, des hautes écoles et pas moins de 750 entreprises actives dans ce domaine.10 INTERREG B – Un regard sur la pratique – Alps Bio Cluster
  11. 11. Interview avec Daniel Cefai, membre du comité exécutif de BioAlpsDaniel Cefai est chargé d’affaires à l’Uni- et aux instituts de recherche des échanges domaines complémentaires, ils pourront envi-versité de Neuchâtel, dans le secteur Valo- d’expériences et des partenariats potentiels sager de lancer un projet de recherche euro-risation de la recherche. Il s’y occupe du afin d’agir sur un marché plus grand que le mar- péen commun. Créer des consortiums àtransfert des technologies et occupe la ché suisse. Parallèlement, Alps Bio Cluster per- l’échelle européenne est parfois très difficile.fonction de contact régional pour le réseau met à BioAlps d’encourager l’innovation dans C’est en tous cas une constatation que noussuisse Euresearch. Il est par ailleurs mem- les sciences de la vie en Suisse occidentale. avons souvent faite dans le cadre d’Eure-bre du comité exécutif de BioAlps, le par- Indépendamment de ces mécanismes de pro- search. Alps Bio Cluster peut proposer destenaire helvétique de Alps Bio Cluster, motion, on peut toujours apprendre des régions soutiens en réunissant les domaines de com-et participe à ce titre à la mise en œuvre de voisines. Elles ont des modèles d’affaires, d’in- pétences complémentaires qui viennent dece projet. novation et de financement différents. Le bilan différents pays européens. de la situation des systèmes de santé dans les Enfin, Alps Bio Cluster propose des ateliersQuelle est l’importance du secteur des bio- régions partenaires de Alps Bio Cluster a par de réflexion sur la manière de préparer destechnologies et des technologies médicales exemple mis en évidence qu’il y a de grandes projets pour les prochains appels, notammenten Suisse occidentale ? différences dans les systèmes de prise en dans le cadre du 7e Programme cadre de l’UELe domaine des sciences de la vie, qui com- charge des patients et de remboursement des (FP7), destiné à encourager la collaborationprend notamment les secteurs des biotechno- médicaments et des thérapies. scientifique en Europe.logies et des technologies médicales, repré- Dans le cas précis de la télémédecine, c’estsente en Suisse occidentale environ 25 000 en faisant travailler ensemble ces différents Qu’est-ce que Alps Bio Cluster peut apprendrechercheuses et chercheurs, répartis dans 750 partenaires des différents pays qu’on pourrait aux PME et aux institutions de recherche ?entreprises et centres de recherche. Ces cen- arriver à défi nir un standard européen de Alps Bio Cluster permet tout d’abord d’appré-tres, tels que l’EPFL, les universités et les transmission de données. hender les différents systèmes de santé mishautes écoles spécialisées, sont de véritables en place par les pays et de prendre connais-pépinières de l’innovation. L’arc lémanique est Comment faites-vous pour impliquer concrè- sance des diverses solutions mises en œuvre.reconnu pour être la région la plus dynamique tement les PME dans les activités du projet ? Par ailleurs, on réalise qu’un petit nombre d’in-en termes d’innovations dans le domaine Les PME peuvent participer aux manifesta- novations débouche finalement sur un objec-des sciences de la vie en Europe. Le cluster tions et aux séances des groupes de travail de tif. C’est précisément cette réflexion sur desBioAlps a enregistré une croissance au cours Alps Bio Cluster, ce qui leur donne l’occasion solutions possibles et sur des potentialitésdes récentes années, alors que le bilan des de rencontrer, le temps d’un ou deux jours, innovatrices qui peuvent se traduire par desautres grands clusters des sciences de la vie, un grand nombre d’institutions de recherche projets de recherche et des partenariats ciblés.tels que la Boston Area, était plutôt négatif. et d’entreprises qui travaillent dans le domaine Ce sont de tels messages que nos entreprisesL’arc lémanique étendu se positionne beau- qui les intéresse. Cette réunion de spécia- et nos chercheurs ramènent des événementscoup mieux dans ces domaines que d’autres listes permet de nouer beaucoup de contacts, organisés dans le cadre du cluster. Une PMErégions à forte tradition biotechnologique, voire des partenariats, en un seul lieu et en saura que l’une ou l’autre collaboration avec lesmais qui ont plus de mal à se renouveler. peu de temps. instituts de recherche ou une autre PME issue Alps Bio Cluster crée donc des événements du Alps Bio Cluster lui sera utile, parce qu’elleQuels sont, selon vous, les avantages de la sociaux en marge des congrès, par exemple va par exemple envisager de nouvelles solu-coopération transnationale pour BioAlps ? en mettant à disposition des salles pour des tions ou technologies. Elle sera ainsi enBioAlps représente en tout premier lieu les séances individuelles. mesure de réagir aux défis et besoins nou-entreprises et les institutions des sept cantons veaux de la société et de l’économie, ce qui luide l’arc lémanique élargi actives dans les Est-ce que Alps Bio Cluster intéresse éga- permettra de rester dans le coup.sciences de la vie. À ce titre, Alps Bio Cluster lement les chercheurs des universités ou despermet à BioAlps de proposer aux entreprises hautes écoles ? daniel.cefai@unine.ch Tout à fait. Les chercheurs de différentes régions pourront se rencontrer. Lorsqu’ils s’apercevront qu’ils travaillent dans des INTERREG B – Un regard sur la pratique – Alps Bio Cluster 11
  12. 12. INTERREG B – Un regard sur la pratique COMUNIS Stratégie pour une promotion intercommunale des sites industriels et artisanaux Le projet COMUNIS mise sur l’utilisation Toutefois, la promotion commerciale des sites rationnelle des ressources, en permettant à par les communes se limite fréquemment à des régions modèles de mettre au point des réagir aux demandes ponctuelles des entre- instruments capables de mettre en valeur prises isolées. En général, la vue d’ensemble les atouts individuels des sites. Les expé- sur l’économie et le marché du travail régio- riences et les connaissances disponibles naux manque, ce qui occasionne la perte de dans chacune des régions concernées font ressources. Une démarche plus prometteuse l’objet d’échanges en vue d’optimiser les consiste, pour les communes, à se profiler • Durée : juillet 2009 – juin 2012 stratégies de promotion individuelles. comme région et à regrouper leurs atouts afin • Budget : 2 110 663 EUR de soumettre aux entreprises intéressées • Nombre de partenaires : 11 COMUNIS est un projet du programme « Es- toute une palette de possibilités attrayantes. • Partenaires suisses du projet : pace alpin ». Il regroupe des partenaires tels COMUNIS a pour objectif de mettre au point HES-SO Valais que la Haute École Spécialisée de Suisse une stratégie qui permet de promouvoir en- Canton du Valais occidentale du Valais (HES-SO Valais), la semble les sites industriels et commerciaux. Association suisse pour le service Chambre du commerce de Lyon, le bureau de Cette stratégie, qui tiendra compte des condi- aux régions et communes (SEREC) développement régional du Vorarlberg ou le tions spécifiques qui prévalent dans les com- canton du Valais. munes alpines, sera élaborée, mise à l’épreuve www.comunis.eu Les communes sont en concurrence lors du dé- et développée dans plusieurs régions modèles. veloppement industriel et commercial, car un COMUNIS ne se contente pas d’élaborer des tel processus est essentiel en vue de créer de lignes directrices qui expliquent la mise en nouveaux emplois aux niveaux régional et local. œuvre de la stratégie décrite ; le projet montre Ce processus prévient l’exode de la main- également comment organiser le travail dans d’œuvre qualifiée et permet de proposer des les communes et comment les insérer dans le activités en dehors du secteur touristique. cadre juridique. Enfin, COMUNIS crée des structures durables dans les régions modèles afin de garantir la mise en œuvre de la stratégie commune adoptée pour promouvoir les qualités industrielles et commerciales du site. Ces struc- tures doivent avant tout favoriser la collabora- tion entre les communes, ce qui se manifeste par exemple dans la planification coordonnée des zones industrielles et artisanales.12 INTERREG B – Un regard sur la pratique – COMUNIS
  13. 13. Interview avec Nathalie Stumm, collaboratrice scientifique à la Haute École Spécialisée de Suisse occidentaleNathalie Stumm est collaboratrice scien- Qu’est-ce que cela signifie pour la HES-SO commune pour éviter que l’engagement detifique à la Haute École Spécialisée de Valais d’être chef de file de COMUNIS ? terrain se délite au moment où commence laSuisse occidentale. Elle assure la partici- C’est à la fois un défi et un investissement pour phase concrète.pation à COMUNIS et s’occupe d’autres nous. Nous sommes à la fois les coordinateursprojets, tels qu’INCUBUS ou l’étude de fai- et les meneurs du projet : nous devons faire Quel impact économique les régions et les com-sabilité d’un observatoire cantonal du tou- respecter le calendrier de mise en œuvre des munes peuvent-elles attendre d’un tel projet ?risme en Valais. activités et assurer une couverture médiatique Les régions pilotes du projet COMUNIS en optimale. Par ailleurs, nous devons rendre Suisse sont le Valais romand et plus particuliè-Où voyez-vous une plus-value au terme d’une compte des activités de communication entre rement la région de Sierre et la zone indus-collaboration transnationale dans le cadre du le chef de file et le secrétariat du programme. trielle des Iles Falcon. Un projet pilote d’écolo-projet COMUNIS ? Il faut évidemment aussi informer les parte- gie industrielle est en train d’être mis sur piedD’une manière générale, les projets transfron- naires de tout ce qui touche au projet. La ges- dans cette zone : des mesures améliorant àtaliers permettent de rapprocher les régions tion de conflits fait aussi partie de nos tâches. la fois les performances économiques et lesqui appartiennent à un même ensemble et, ce Nous devons aussi garantir l’utilisation adé- performances environnementales des indus-faisant, de rapprocher les populations qui sont quate des fonds qui sont alloués au projet. tries seront lancées. L’occasion est ainsi don-concernées. L’approche transnationale permet En notre qualité de chef de file, nous avons la née aux entreprises établies sur place de redé-de réunir des participants qui n’ont en général possibilité d’orienter le projet dans le sens que finir leurs activités sous l’angle de l’écologiepas l’habitude de collaborer. C’est le cas de nous souhaitons, ce que nous faisons dans industrielle. Nous espérons en outre attirer deCOMUNIS, qui regroupe des entités très dif- une certaine mesure, tout en assurant un maxi- nouvelles entreprises sur le site des Iles Falconférentes : des universités, des entreprises, des mum de marge de manœuvre aux partenaires. à Sierre.régions et même un ministère. Leurs approches Même si l’écologie industrielle est fortementsont différentes, ce qui permet de générer des Dans la Suisse fédéraliste, la plupart des com- axée sur la protection de l’environnement,synergies très intéressantes. Par ailleurs, nous munes tiennent à leur autonomie. Comment les elle n’empêche pas les entreprises de résisteravons accès à des bonnes pratiques non appli- communes ont-elles réagi à l’invitation de à la pression de la concurrence. Une économiequées sur notre territoire. Enfin, la couverture COMUNIS à collaborer au niveau intercom- régionale qui peut s’appuyer sur la connais-médiatique du projet est accrue de par sa munal ? sance et l’innovation technologique disposedimension européenne. Le travail avec les communes constitue un as- d’une image de marque porteuse. L’écologie pect essentiel du projet COMUNIS. Les com- industrielle pourrait bientôt se révéler un atoutDans quelle mesure est-ce que la HES-SO pro- munes sont nos partenaires sur le terrain. pour le site en question et même marquerfite de la participation à un projet INTERREG B ? Ce sont elles qui connaissent les conditions l’identité régionale. Si le projet est un succès,La seule participation constitue déjà un avan- locales et qui participent, dans leur intérêt, il devrait être étendu à d’autres communes entage pour l’institution et pour ses collabora- à l’organisation de la mise en œuvre. Ce sont Valais et ailleurs.teurs. Elle nous permet de nous familiariser aussi elles qui doivent prouver que le projetavec de nouvelles techniques de travail et d’en- pilote qu’elles veulent mener sur leur territoire nathalie.stumm@hevs.chtrer dans des réseaux qui nous étaient fermés est faisable. Mais on observe au sein du parte-auparavant. La participation à COMUNIS est nariat qu’elles sont parfois un peu frileuses.aussi une sorte de publicité : nous pouvons La coopération peut s’avérer difficile, notam-améliorer notre image de marque et nous faire ment lorsqu’elles ne voient pas véritablementconnaître sur la scène européenne. Voilà un le bénéfice du projet ou lorsqu’elles sont déjàavantage majeur. désabusées par rapport à la coopération inter- communale. Il faut aussi évoquer l’aspect financier : les communes ne touchent rien pour prendre part au projet et il est donc difficile de les faire participer. Nous avons donc de- mandé l’engagement officiel des présidents de INTERREG B – Un regard sur la pratique – COMUNIS 13
  14. 14. INTERREG B – Un regard sur la pratique CLISP Améliorer la capacité d’adaptation des instruments d’aménagement du territoire au changement climatique L’échange de connaissances et d’expé- tefois pouvoir recourir à des procédures adé- riences entre partenaires et régions mo- quates pour pouvoir jouer ce rôle-clé. CLISP dèles est également au centre du projet s’est donné pour objectif d’étudier l’adéqua- CLISP ; ce projet a pour vocation d’analyser tion des systèmes d’aménagement du terri- les adaptations faites dans le domaine de toire face aux défis posés par le changement l’aménagement du territoire en réponse au climatique. Cette étude intervient dans des changement climatique. régions modèles ; en Suisse, il s’agit du can- ton des Grisons. CLISP cherchera notamment • Durée : septembre 2008 – août 2011 Les Alpes réagissent de manière plus sensible à répondre aux questions suivantes : la législa- • Budget : 2 522 990 EUR aux effets du changement climatique que les tion en vigueur contient-elle déjà des possibi- • Nombre de partenaires : 14 régions du Plateau. Ces réactions ne sont pas lités de s’adapter au changement climatique ? • Office du développement territorial sans effet sur l’espace vital alpin. Les événe- Existe-t-il des instruments et des procédures du canton des Grisons ments extrêmes tels que vagues de chaleur qui permettent de piloter les adaptations Office fédéral du développement ou inondations sont plus fréquents, avec les requises ? Il s’agit en premier lieu d’améliorer territorial (ARE) risques qu’ils comportent pour les popula- l’aptitude des régions et des communes tions et les infrastructures. Ces événements alpines à réagir aux changements climatiques. www.clisp.eu ne portent pas seulement atteinte à l’espace CLISP permet aussi d’aiguiser la prise de vital ; ils réduisent aussi les possibilités de dé- conscience des organes de décision et de la veloppement et entraînent des conflits d’inté- population pour les répercussions du change- rêts toujours plus fréquents entre les diffé- ment climatique. Cette prise de conscience rentes utilisations du territoire, comme par doit à son tour assurer la mise en œuvre exemple entre la prévention des risques et concrète des résultats de l’étude dans les dif- l’utilisation des surfaces. férentes régions. Ce sont les conflits de ce type qu’aborde La collaboration des partenaires du projet, CLISP, en recourant à l’aménagement du ter- aux origines institutionnelles diverses (Office ritoire comme outil pour piloter les adaptations du développement territorial du canton des requises par le changement climatique, pour Grisons, Institut de recherche EURAC à Bol- réduire la vulnérabilité et pour accroître la ré- zano, Office fédéral du développement terri- sistance. L’aménagement du territoire doit tou- torial ARE) assure des résultats solidement fondés. Chacune des régions modèles se concentre sur des points forts thématiques tels que la gestion de l’eau ou le tourisme hivernal. Cette division des tâches permet d’obtenir les conditions nécessaires à l’échange d’expé- riences entre les régions et à une utilisation efficace des ressources.14 INTERREG B – Un regard sur la pratique – CLISP
  15. 15. Interview avec Melanie Butterling, collaboratrice scientifique à l’AREMelanie Butterling est collaboratrice scien- niveau stratégique et conceptuel. Notre rôle ne À mon sens, les difficultés résident avant touttifique à l’Office fédéral du développement consiste bien évidemment pas à dessiner des dans l’emploi de la langue anglaise et dans laterritorial (ARE). Elle assure la participation plans. Pourtant, nous disposons d’une vaste communication à distance. J’ai eu l’impressionde l’ARE au projet CLISP et s’occupe en palette d’instruments. L’ARE travaille sur la à plusieurs reprises que les partenaires, locauxpremier lieu de l’évaluation des instru- législation, mais aussi à des concepts, tels que surtout, éprouvaient une certaine gêne à s’ex-ments communaux et régionaux d’aména- le Projet de territoire Suisse. Par ailleurs, nous primer durant les séances du fait de leurgement du territoire en termes de capacité étudions la possibilité d’intégrer les résultats du niveau d’anglais. Ces mêmes personnes ontd’adaptation au changement climatique. projet CLISP à la Stratégie pour le développe- ensuite discuté de certains aspects avec moiPar ailleurs, elle est en charge de la contri- ment durable de la Confédération, élaborée par en allemand, durant le souper commun.bution de l’ARE à la Stratégie suisse d’adap- l’ARE. C’est enfin dans les plans sectoriels de Un projet comme CLISP est très instructif.tation aux changements climatiques. la Confédération que sont définies les grandes En réalisant que des approches et des procé- orientations de l’aménagement du territoire au dures différentes sont possibles pour aborderQuel est selon vous l’intérêt de l’ARE à partici- niveau des cantons et des communes. un même questionnement, on découvre deper au projet CLISP ? nouvelles manières de résoudre un problème,L’ARE peut intégrer directement les résultats Comment les connaissances acquises grâce auxquelles on n’aurait pas pensé si l’on s’étaitdes expériences faites dans le cadre du projet à CLISP sont-elles mises en œuvre ? contenté de travailler au niveau national. La col-CLISP dans la Stratégie suisse d’adaptation Le canton des Grisons peut appliquer dans sa laboration transnationale sert en quelque sorteaux changements climatiques. En Suisse, les politique climatique cantonale les connais- de source d’inspiration pour des approchesGrisons servent de région pilote pour le projet sances obtenues dans sa région pilote. L’ARE, et des solutions qu’on n’aurait pas choisiesCLISP. Pour nous, en notre qualité d’office pour sa part, travaille à des projets de suivi, soi-même et qui se révèlent finalement utilesfédéral, ce projet permet un excellent échange destinés à appliquer dans des projets modèles et adéquates.avec le niveau cantonal. Nous pouvons sen- les recommandations et les résultats généréstir ce qui s’y passe au quotidien et définir les par CLISP. Notre but est de mettre au point Avez-vous développé des instruments pourbesoins et les souhaits des cantons pour les une approche intégrée de l’aménagement du surmonter les difficultés surgies dans le projettransmettre à l’ARE et à la Stratégie suisse territoire, assortie d’incitations, de manière à CLISP ?d’adaptation aux changements climatiques. motiver les acteurs locaux et cantonaux à s’en- Entre-temps, nous essayons de baser nosCLISP a permis d’aiguiser les sensibilités à gager davantage dans le domaine du change- séances sur une approche plus interactive :l’intérieur de l’ARE pour le rôle joué par l’amé- ment climatique. nous renonçons aux longs monologues desnagement dans le contexte du changement CLISP essaie aussi de distiller, à partir des représentants de chacun des secteurs de tra-climatique. expériences effectuées dans les régions vail et misons davantage sur les échanges.Enfin, c’est à CLISP que nous devons les excel- pilotes, des recommandations opérationnel- Cette manière de faire contribue à responsa-lentes conditions d’échange qui existent entre les valables au niveau transnational. Cette dé- biliser davantage les partenaires et à renforcerl’ARE et les milieux de la recherche, par exemple marche interviendra vers la fin du projet, lorsque l’esprit d’équipe.avec l’Institut fédéral de recherches sur la les expériences des régions pilotes auront été J’estime que les repas et les autres activitésforêt, la neige et le paysage WSL. Ce sont ces évaluées. Nous sommes curieux de voir dans communes ont un rôle important à jouer à cetcontacts qui permettent à l’ARE d’être au fait quelle mesure des recommandations à validité égard. Ce sont dans ces moments que lesdes développements les plus récents dans la générale pourront être formulées, dans la problèmes et les incertitudes peuvent être dis-recherche sur le changement climatique. mesure où l’aménagement repose sur des sys- cutés dans un contexte informel et au niveau tèmes très différents selon les pays. Ces diffé- bilatéral s’il le faut. De plus, c’est le moment oùL’aménagement du territoire est une activité rences permettent toutefois à leur tour d’obte- les partenaires locaux peuvent s’adresser àqui intervient essentiellement au niveau com- nir des renseignements intéressants. moi en allemand.munal et cantonal. Dans quelle mesure l’AREpeut-il, en sa qualité d’autorité nationale, contri- Quelles sont les difficultés rencontrées par melanie.butterling@are.admin.chbuer au projet CLISP ? le projet CLISP dans le cadre de l’approcheLe travail de l’ARE intervient avant tout au transnationale ? INTERREG B – Un regard sur la pratique – CLISP 15
  16. 16. INTERREG B – Un regard sur la pratique iMONITRAF! Réduire les retombées négatives du trafic poids lourds transalpin Le projet iMONITRAF! cherche à réduire les réduire des retombées se soldent simplement retombées négatives du trafic poids lourds par le report du trafic vers les corridors de transalpin en coordonnant des mesures sur transit des autres régions. l’ensemble de l’espace alpin. C’est ce défi qu’entend aborder le projet iMO- NITRAF!, en créant un réseau politique fonc- Le trafic de transit à travers les Alpes a tionnel à long terme. Ce réseau est destiné à presque doublé au cours des vingt dernières donner une voix commune qui pourra se faire années. Il est important que les régions entendre tant aux niveaux régional et national • Durée : juillet 2009 – juin 2012 concernées prennent des mesures. Mais com- qu’à celui de l’Union européenne. En organi- • Budget : 1 734 768 EUR ment faire pour réduire les retombées négati- sant chaque année un « Forum des transports », • Nombre de partenaires : 10 ves du trafic de transit ? C’est ce défi qu’aborde le projet permet aux politiciens, aux personnes • Partenaires suisses du projet : le projet iMONITRAF!. Chacun des pays intéressées et aux personnes concernées de Conférence des directeurs de l’environ- concernés prend déjà des mesures destinées s’informer, mais aussi de s’exprimer, sur les ré- nement de Suisse centrale (ZUDK) à réduire les retombées négatives du trafic de sultats obtenus. iMONITRAF! a publié un Office de l’aménagement du territoire transit. Aucune coordination n’existe toutefois guide des bonnes pratiques qui énumère les du canton du Tessin entre ces initiatives. Pourtant, la dimension mesures prises par les différents pays et transnationale constitue un facteur essentiel si régions ; ce guide montre dans quelle mesure www.imonitraf.org l’on veut éviter que les mesures destinées à elles sont applicables dans les autres régions de transit. L’adoption d’une stratégie com- mune permettra de mettre en œuvre le plus efficacement possible les mesures choisies. iMONITRAF! réunit toutes les grandes régions de transit touchées par les corridors alpins suivants : Fréjus, Mont-Blanc, Saint-Gothard, Brenner et Tauern.16 INTERREG B – Un regard sur la pratique – iMONITRAF!
  17. 17. Interview avec Rainer Kistler, directeur de l’Office de la protection de l’environnement du canton de ZougRainer Kistler dirige l’Office de la protection Les objectifs de iMONITRAF! sont déjà transnationaux. D’autre part, nous souhaitonsde l’environnement du canton de Zoug. ancrés dans la Constitution en Suisse, suite à que la valorisation commune des donnéesSecrétaire de la Conférence des directeurs l’acceptation de l’initiative des Alpes. Pour- telle qu’elle intervient dans le cadre de iMONI-de l’environnement de Suisse centrale quoi ce projet est-il nécessaire malgré tout ? TRAF! se poursuive après le bouclement du(ZUDK), il est aussi chef de file du projet Effectivement, du point de vue de la Suisse, projet.iMONITRAF!. La Suisse centrale assure le projet iMONITRAF! n’est pas une nécessitéd’ailleurs la direction du projet au niveau absolue. Pourtant, des mesures qui ne seraient Comment une stratégie pour le trafic de transiteuropéen. Les offices de la protection de mises en œuvre qu’en Suisse n’ont qu’un effet transalpin doit-elle être conçue pour être réel-l’environnement des cantons d’Uri, de limité et sont difficiles à appliquer du point de lement efficace ?Schwyz, d’Obwald, de Nidwald, de Lucerne vue politique. Il s’agit donc de rendre attentifs iMONITRAF! nous permet d’approcher cetteet de Zoug coopèrent étroitement dans ce les autres pays alpins à la politique des trans- question. Dans le guide de bonnes pratiquescontexte ; ils participent à des projets et des ports suisses et à les encourager à prendre des que nous avons publié, nous avons analysé etactions communs. mesures identiques ou comparables. Ne l’ou- présenté les mesures que les différentes blions pas : la loi suisse est conforme aux sou- régions ont déjà prises. Dans une prochaineLa plus-value d’une approche transnationale telle haits formulés par les régions participant à étape, c’est une stratégie commune pour lequ’elle est pratiquée dans le projet iMONITRAF! iMONITRAF!, ce qui n’est pas le cas pour trafic de transit à travers les Alpes qu’il s’agiraest-elle réellement considérable ? d’autres pays, tels que l’Autriche. Le Tyrol est d’élaborer. Voilà la quadrature du cercle : la po-Le projet iMONITRAF! n’a de sens que s’il se donc à la recherche de partenaires étrangers pulation locale tient beaucoup à la bonne acces-base sur une approche transnationale et inter- qui poursuivent les mêmes buts que lui. Ainsi, sibilité, tout en souhaitant un minimum d’émis-régionale. Toutes les régions alpines ont pris iMONITRAF! constitue un canal qui permet sions dues au trafic de transit. Pour aboutir,des mesures pour réduire les effets néga- à la Suisse de commercialiser sans heurts une stratégie doit probablement viser le trans-tifs du trafic poids lourds à travers les Alpes. sa politique des transports. À Vienne, l’intérêt fert d’un maximum de trafic de transit de laMais les mesures prises par un pays risquent pour les politiques des transports telles qu’elles route vers le rail, mais sans pour autant évincerde générer un report du trafic dans d’autres sont appliquées en Suisse n’est pas le même le trafic voyageurs du rail.régions, ce qui n’est ni conforme aux exi- si c’est la Suisse elle-même qui la présente ou Il n’existe actuellement pas de ligne de conduitegences du développement durable, ni sensé. si c’est le Tyrol. qui rallie tous les suffrages. Je constate toute-Nous devons donc mettre au point une solu- Enfin, iMONITRAF! nous permet de profiter fois qu’il existe une grande ouverture face auxtion basée sur la solidarité. des solutions et des expériences des autres mesures prises par les régions tierces. UnDe plus, certaines régions sont trop petites régions. autre obstacle réside dans le fait que le degrépour que certaines mesures déploient leurs d’autonomie des différentes régions est trèseffets. C’est par exemple le cas de l’interdic- iMONITRAF! aimerait influencer la politique, variable, tout comme leur marge de ma-tion de rouler la nuit pour certains tronçons dans les pays alpins, mais aussi à Bruxelles, nœuvre. L’unanimité règne à propos de deuxdans le Tyrol : les poids lourds se concentrent où se fait la politique des transports de l’UE. aspects : ne pas générer de report de trafic etdevant ces tronçons le soir et redémarrent si- La poursuite de la collaboration au-delà de utiliser de manière optimale les infrastruc-multanément le lendemain matin. La concen- la fin officielle du projet iMONITRAF! est- tures ferroviaires existantes et futures.tration de polluants dans l’air connaît alors un elle prévue ?pic et par conséquent, c’est l’inverse de l’effet Nous espérons qu’une partie au moins des rainer.kistler@zg.chescompté qui se produit. Pour qu’une mesure structures mises en place subsistera au-delàde ce type soit réellement efficace, elle doit du projet. D’une part, nous essayons de créers’appliquer sur des territoires étendus et se un réseau politique ; nous souhaitons que lesbaser sur une solution concertée au plan liens formés lors des trois « Forums des trans-transnational. ports » subsisteront et que de tels forums seront organisés après la fin du projet. L’en- gagement politique constitue un facteur dé- terminant de la réussite durable des projets INTERREG B – Un regard sur la pratique – iMONITRAF! 17
  18. 18. INTERREG B – Un regard sur la pratique CODE24 Assurer la réalisation du Corridor ferroviaire 24 Le projet CODE24 entend lui aussi relever du Corridor 24. Dès que les lignes affluen- un défi qui nécessite une approche coor- tes auront été aménagées en conséquence, donnée : il se propose de combler les la- l’Europe disposera d’une liaison nord-sud per- cunes et les goulets d’étranglement sur le formante. Actuellement, quelques tronçons Corridor européen de transit 24, qui relie manquants importants et quelques goulets les ports de Rotterdam, d’Anvers et de d’étranglement empêchent ce corridor de Gênes, afin de garantir la mise en place fonctionner de manière performante et nuisent d’une liaison ferroviaire performante sur à la qualité de la desserte. • Durée : octobre 2008 – décembre 2013 l’axe nord-sud. • Budget : 6 696 755 EUR Le projet CODE24, initié dans le cadre du • Nombre de partenaires : 16 Le transfert des marchandises de la route vers programme « Europe du Nord-Ouest » a pour • Partenaire suisse du projet : le rail constitue l’un des objectifs principaux de objectif d’assurer la réalisation de la totalité du EPF de Zurich, Institut du développement la politique suisse des transports. Pour y par- Corridor 24 et l’accélération des travaux. territorial et paysager (IRL) venir, il s’agit de proposer les capacités de Il s’agira notamment d’accroître les performan- transports requises non seulement en créant ces économiques du fret et des réseaux logis- www.code-24.eu les infrastructures nécessaires à l’intérieur du tiques. L’accélération des travaux d’aménage- pays, mais aussi en assurant le développe- ment et l’accroissement des capacités de ment correspondant sur l’ensemble de l’axe transport seront organisés de manière à pro- ferroviaire nord-sud. Le Corridor européen de mouvoir le développement économique et transit 24 relie les ports internationaux de spatial, tout en réduisant les nuisances écolo- Rotterdam et d’Anvers au port méditerranéen giques du trafic ferroviaire. Un guide de pla- de Gênes. Cet itinéraire voit défiler 700 mil- nification sera ainsi créé pour favoriser l’uti- lions de tonnes de marchandises par an, lisation de systèmes antibruit innovateurs, à savoir environ la moitié du fret ferroviaire qui contribuera à la réussite de ce projet. Le pro- total transitant sur l’axe nord-sud. Les deux jet doit aussi renforcer le rôle des actrices et tunnels de base situés en Suisse, à savoir des acteurs régionaux qui œuvrent le long celui du Lötschberg et celui du Gothard, ont du Corridor 24. valeur d’exemple pour le développement futur L’Institut du développement territorial et pay- sager (IRL) de l’EPF de Zurich, soutenu par le « Comité pro Gothard » est le partenaire suisse du projet. De nombreux autres partenaires sont impliqués dans le projet, tels que les autorités portuaires de Gênes, la région de la Ruhr et l’entreprise de logistique Transcare.18 INTERREG B – Un regard sur la pratique – CODE24
  19. 19. Interview avec Felix Günther, responsable de programmes de formation continue à l’EPFZFelix Günther travaille à l’IRL de l’EPFZ. CODE24 implique des partenaires aussi dif- riences de ce type. Aux Pays-Bas, l’aména-Il est en charge du projet CODE24 et dirige férents que les autorités portuaires génoises, gement est fortement marqué par les directi-les programmes de formation continue MAS l’entreprise de logistique Transcare ou l’IRL. ves nationales.en aménagement du territoire et CAS en dé- Est-il réellement possible d’aboutir à un déno- La comparaison des systèmes constitue d’ail-veloppement territorial de l’EPFZ. minateur commun ? leurs un objectif accessoire du projet CODE24 : Il est bien clair que nous défendons chacun il s’agit de réunir les connaissances et les expé-CODE24 s’est donné pour tâche d’effectuer les des intérêts qui peuvent diverger jusqu’à un riences dont disposent les différents pays, puisaménagements requis par le Corridor 24 de certain point, surtout si on compare ceux de comparer les différentes approches afin d’enmanière à ne porter qu’une atteinte minimale à d’une région comme celle de la Ruhr et ceux tirer des informations applicables en Suisse.l’environnement. Comment entendez-vous pro- des autorités portuaires. Les régions souhai-céder concrètement ? tent en principe un minimum d’émissions, CODE24 est votre première expérience avecLe professeur Bernd Scholl, qui travaille dans alors que les ports sont intéressés à pouvoir un projet INTERREG B. Comment percevez-notre institut, a lancé ce projet dans le cadre bénéficier de voies d’accès aussi dégagées vous la collaboration avec les partenaires ded’INTERREG B, car jusqu’à présent, la ques- que possible. CODE24 leur donne l’occasion pays tiers qui ont des fonctionnements institu-tion des éventuels conflits d’intérêts relatifs à de débattre de ces intérêts opposés. Si ce dé- tionnels différents ?l’utilisation du territoire n’a guère été évoquée bat est occulté, le projet d’aménagement risque Cet aspect est particulièrement intéressantdans les débats concernant les aménage- de finir dans un débat sur les infrastructures, pour moi. J’ai acquis une expérience internatio-ments sur le tracé du Corridor 24. Aujourd’hui, qui va se matérialiser par une masse de procé- nale dans le cadre de mes emplois antérieurs,sur certains tronçons, l’opposition de la popu- dures judiciaires destinées à s’opposer aux pro- mais plutôt avec des acteurs privés. CODE24lation est telle qu’elle peut remettre en ques- jets d’aménagement du chemin de fer. Un tel me donne l’occasion de collaborer avec des re-tion l’objectif du transfert dans son ensemble. scénario reviendrait à bloquer les travaux pen- présentants des pouvoirs publics européens.CODE24 ne doit pas seulement établir la liste dant des décennies. C’est un risque d’autant Les origines culturelles différentes sont révéla-des conflits existants, mais aussi contribuer à plus grand que les milieux économiques trices : nous avons par exemple adressé la mêmeleur résolution. Une planification test est concernés souhaitent faire avancer les tra- question et la même invitation à un nombreactuellement en cours à titre de projet pilote vaux. Ce risque concerne aussi les investis- égal de personnes à Gênes et aux Pays-Bas.dans la région d’Oberhausen-Emmerich. Dans sements effectués dans d’autres espaces Lors de la séance organisée à Gênes, il y avaitcette région, la voie ferrée doit être aménagée économiques européens, dont la création de 30 personnes ; lors de la séance organisée auxpour relier les voies à grande vitesse qui exis- valeur est peut-être moins élevée. Pays-Bas, il y en avait quatre.tent en Allemagne et aux Pays-Bas. Or, le pro- CODE24 doit permettre de faire le lien entre Au moment de lancer la collaboration, le contactjet prévoit de traverser plusieurs villages et les milieux scientifiques, ceux de l’aménage- personnel est indispensable pour permettre dela population craint les retombées d’un tel ment et ceux de la politique. cerner les personnes en vue d’une collaborationouvrage. La planification test a pour but d’éla- fructueuse. Il faut dire que ces contacts person-borer une solution acceptable pour la région Les pays disposent de systèmes d’aménage- nels exigent beaucoup de temps. J’espère qu’àen impliquant les actrices et les acteurs lo- ment du territoire très différents. Dans quel l’avenir, nous pourrons communiquer plus fré-caux, les autorités du land de Rhénanie du domaine la Suisse a-t-elle quelque chose à ap- quemment par vidéoconférence et par courriel.Nord-Westphalie et les compagnies ferro- prendre des partenaires du projet CODE24 ?viaires. Nous estimons qu’il est indispensable Il existe de nombreuses approches intéressan- fguenther@ethz.chque les différents groupes d’intérêts partici- tes qui nous permettent d’acquérir des connais-pent à un même dialogue. sances nouvelles. En Italie, par exemple, les méthodes d’aménagement informelles que nous connaissons (lignes directrices, concep- tions de développement, procédures test de planification, procédures participatives) ont en partie été intégrées dans les procédures for- melles. La Suisse n’a pas effectué d’expé- INTERREG B – Un regard sur la pratique – CODE24 19

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