"Entreprendre autrement"

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"Entreprendre autrement"

  1. 1. Alternatives Economiques Poche poche p o c h e Entreprendre autrementEntreprendre autrement en Poitou-Charentes en Poitou-Charentes ■ Une économie écologique, solidaire et créatrice d’emplois ■ Tout savoir pour créer son entreprise et consommer autrement En partenariat avec
  2. 2. Alternatives Economiques PocheFondateur, conseiller de la rédaction :Denis ClercEditorialiste : Philippe FrémeauxRédaction : 28 rue du Sentier 75002 Paris Entreprendretél. : 01 44 88 28 90redaction@alternatives-economiques.frDirecteur de la rédaction : Thierry PechRédacteur en chef : Guillaume DuvalSecrétaire général de la rédaction : Daniel SallesResponsable des Alternatives Economiques autrementPoche : Camille DorivalCoordination de ce numéro : David BelliardOnt également participé à ce numéro :Gaëtan Briard, Pascal Mercat, Juliette RaynalSecrétariat de rédaction : Charlotte Chartan,Francis GimeletRédactrices graphistes : Isabelle Alexandre, en Poitou-CharentesOdile Al Daghistani et Marie-July BerthelierService de presse : Hélène Creix, Véronique OrlandiDirecteur du développement : David BelliardPartenariats : Camille DorivalDirectrice commerciale : Hélène ReithlerChargée de promotion diffusion : Aïssata SeckPublicité : L’autre régie www.lautre-regie.frDirecteur de régie : Jérémy MartinetDirecteur de clientèle : Nicolas ChabretChef de publicité : Anne PichonnetService relations clients :12, rue du Cap-Vert, 21800 Quétigny Une économie écologique,tél. : 03 80 48 10 25 – fax : 03 80 48 10 34abonnements@alternatives-economiques.frAbonnement : 6 numéros, 38 � ; Institutions : 46,50 � solidaire et créatrice d’emploisDiffusion : en kiosque : Transports presseen librairie : Dif’pop, 81 rue Romain Rolland,93260 Les Lilas, tél. : 01 43 62 08 07, Tout savoir pour créerfax : 01 43 62 07 42Inspection des ventes : Sordiap : Delphine Pellan,tél. : 01 42 36 92 04, dpellan@sordiap.fr son entrepriseCouverture : crédits A. Montaufier – F. Roch/RégionPoitou-Charentes – MiaPhotogravure-impression : Imprimerie de et consommer autrementChampagne, Langres (Haute-Marne)CPPAP 0314 I 84446 - ISSN 1291-1704ISBN 2-35240-056-2 Dépôt légal à parutionImprimé en France/Printed in Francesur papier certifié PEFCEdité par la Scop-SA Alternatives Economiques,Directeur de la publication : Philippe Frémeaux© Alternatives Economiques. Toute reproduction, mêmepartielle, des textes, infographies et documents parusdans le présent numéro est soumise à l’autorisationpréalable de l’éditeur. Toute copie destinée à un usagecollectif doit avoir l’accord du Centre français du droit decopie (CFC) : 20 rue des Grands-Augustins, 75006 Paris,tél. : 01 44 07 47 70, fax : 01 46 34 67 19.www.alternatives-economiques.fr
  3. 3. Avant-proposUne autre économieest possible F ace à la crise que nous traversons, il existe une économie sociale, solidaire et écologiquement responsable, dont la finalité n’est pas que financière. Celle-ci tente de restaurer les équilibres sociaux, territoriaux et environnementaux, et contribue à l’élaboration d’un autre modèle pour vivreautrement. En Poitou-Charentes, ce mouvement, incarné notamment par lesacteurs de l’économie sociale et solidaire (associations, coopératives, mutuelleset fondations), est actif depuis très longtemps. Elaboré en collaboration avec le conseil régional de Poitou-Charentes, ceguide d’Alternatives Economiques a pour ambition d’illustrer une des formes quepeut emprunter cette « autre » économie, qui entend promouvoir une économiesoutenable. Vous y trouverez des informations pratiques et des portraits de celleset ceux qui en sont les acteurs. Economie pour vivre autrement, croissance verte, nouveau dialogue social… :autant d’expressions que les trois premières parties de ce guide tentent d’illustrerpar des focus sur des initiatives aussi diverses que, par exemple, la productionde voitures électriques ou les groupements d’employeurs. Si vous avez des projets pour créer une entreprise ou réorienter votre pro-duction vers des biens plus écologiques, si vous souhaitez vous investir dansl’économie sociale et solidaire, la quatrième partie, « Entreprendre autrement »,vous aidera à choisir le statut le mieux adapté et vous donnera des pistes pourcréer et développer votre activité. La cinquième partie de ce guide s’adresse plus particulièrement à celles et ceuxqui cherchent à consommer autrement. Alimentation, logement, santé, servicesaux personnes, mais aussi biomatériaux, photovoltaïque… : les domaines sontnombreux où chacun d’entre nous, par ses choix de consommation, peut par-ticiper à une économie plus humaine. Dans tous les aspects de la vie courante,des entreprises et des associations proposent des produits qui s’inscrivent dansune démarche écologiquement et socialement responsable. Enfin, ce guide se conclut sur les actions conduites au niveau international,car l’élaboration de nouvelles solidarités entre les populations et les cultures sontaussi l’une des expressions d’un nouveau modèle économique plus équilibré. Ainsi, que vous soyez consommateurs, épargnants, élus locaux, créateursd’entreprise ou salariés, ce guide a pour vocation de vous accompagner dans larecherche d’une économie ancrée dans son territoire régional ; une économiequi tient compte des enjeux sociaux et environnementaux. David Belliard Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 -
  4. 4. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iUne économiepour vivre autrement Une économie pour vivre autrement C’est en s’appuyant sur une économie sociale et solidaire depuis longtemps présente sur son territoire que la région Poitou-Charentes fait face aux défis sociaux et environnementaux actuels. F. Roch - Région Poitou-Charentes Constructions basse consommation près de Niort, dans les Deux-Sèvres. Développer une économie pour vivre autrement, c’est notamment soutenir de nouvelles filières, comme celle de l’éco-construction. - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  5. 5. Une économie pour vivre autrementUne économie sociale,solidaire et écologiqueLa région peut s’appuyer sur de nombreuses expériences, parfois an-ciennes, pour développer une économie sociale, solidaire et écologique.L e Poitou-Charentes est depuis très longtemps un lieu où s’inventent de nouvelles formes d’économie et de solidarité entre les populations etles territoires. Ainsi, pour répondre aux besoins ponctuels de main-d’œuvredes exploitants agricoles et des artisans, tout en permettant aux salariés debénéficier d’un véritable contrat de travail, des groupements d’employeursse sont développés dès les années 1980. Ils représentent aujourd’hui unmodèle alternatif à celui du travail intérimaire, qui répond tout à la foisaux besoins de flexibilité des entreprises et à ceux des salariés de voir leursparcours professionnels sécurisés (voir page 33). Vers un nouveau modèle Autre exemple emblématique, plusieurs mutuelles d’assurance ont leursiège dans les Deux-Sèvres, notamment à Niort. Plusieurs d’entre elles,comme la Maif, la Macif ou la Maaf, sont des poids lourds dans le secteurde l’assurance des biens et des personnes. Organismes à but non lucratif,elles constituent une alternative aux assurances privées. Au départ, elles neregroupaient que quelques milliers de personnes. Aujourd’hui, elles comp-tent plusieurs millions de sociétaires. Elles marquent la réussite, dans le L’économie sociale et solidaire en Poitou-Charentes Née au XIXe siècle afin d’orienter la production compte autour de 70 000 emplois, répartis dansde biens et de services vers l’intérêt du plus grand près de 7 000 structures, dont plus de 5 500 asso-nombre, l’économie sociale applique une gouver- ciations, 1 167 coopératives, 224 mutuelles et 14 fon-nance fondée sur le principe « une personne = une dations. Le secteur est en pleine croissance. Envoix ». C’est dans les années 1970 que le concept témoigne sa progression dans la région depuisd’économie solidaire fait quant à lui son apparition, 2004 : 30 % d’entreprises et 20 % de salariés enmettant en avant des activités économiques alter- plus. Cette économie représente désormais 1 sala-natives pour les personnes en situation d’exclusion. rié sur 6 dans le secteur privé.En 1981, l’économie sociale et solidaire (ESS) est L’ESS en Poitou-Charentes voit une part importanteofficiellement reconnue. Gestion démocratique, de ses activités consacrées à la finance et à l’assu-mixité des ressources, non-lucrativité individuelle, rance. Cette spécificité vient de son histoire, la villeutilité collective ou sociale du projet constituent de Niort étant connue pour être la capitale desles piliers de cette autre économie (voir également mutuelles. La préfecture des Deux-Sèvres abriteencadré page 37). ainsi les sièges nationaux de grandes mutuelles Sur la base d’une exploitation de l’étude « Connais- d’assurance comme la Maif, la Macif ou la Maaf.sance locale de l’appareil productif » de l’Insee (2008), Gaëtan Briardce secteur représenterait 12,5 % de l’emploi salariéen Poitou-Charentes. Une proportion qui place la • Pour en savoir plus : le site de l’Observatoire natio-région en troisième position des régions françaises nal de l’économie sociale et solidaire www.cncres.org/dans ce domaine. L’économie sociale et solidaire y accueil_cncres/observatoire_de_less Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 -
  6. 6. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iUne économiepour vivre autrement secteur de l’assurance, d’un modèle mutualiste qui s’appuie sur des valeurs de solidarité et de coopération. Aujourd’hui, face à la crise économique et écologique et à l’accroisse- ment des inégalités, ces valeurs constituent des ressources pour inventer un nouveau modèle de développement qui intègre les contraintes envi- ronnementales et participe à réduire les fractures sociales et territoriales. Création de produits écologiques, mise en place de nouveaux modes de production rejetant moins de gaz carbonique, développement d’une agri- culture biologique…, cette croissance verte (voir pages 16 et suivantes) ouvre de nouvelles perspectives pour l’amélioration de la qualité de vie et génère des emplois d’un nouveau type. Les pouvoirs publics en première ligne Dans cette transformation de notre modèle de développement, les pouvoirs publics ont un rôle important à jouer. Ainsi, la Région Poitou-Charentes a engagé une politique qui se traduit par la création et la mise en place d’un ensemble d’outils et de dispositifs. Ces derniers permettent à la fois d’ini- tier de nouveaux projets et de les accompagner, et tentent aussi de garantir leur pérennité. La Région constitue un interlocuteur essentiel pour les entreprises qui souhaitent orienter une partie ou la totalité de leur activité vers des productions écologiques et des modes d’organisation favorisant la coopération et le respect des salariés. Financeur, mais aussi partenaire dans le cas de certains projets, comme pour Mia Electric et la production d’automobiles électriques (voir article ci-après), le conseil régional soutient de nouvelles filières industrielles. Soucieux de développer l’activité régionale, il encourage une économie de proximité, qui bénéficie d’abord aux territoires sur lesquels elle est im- plantée. Pour cela, il favorise les circuits courts, c’est-à-dire réduisant le nombre d’intermédiaires et la distance géographique entre le producteur et le consommateur, et a mis en place des outils de sécurisation des parcours professionnels (voir pages 27 et suivantes). Cette stratégie intègre les volets social, écologique et économique, et ce d’autant plus que la collectivité régionale soutient le développement d’un marché pour les produits issus de la croissance verte. En effet, afin de favo- riser leur utilisation par les consommateurs, des aides sont proposées. Par exemple, la Région a soutenu l’acquisition par les particuliers de panneaux solaires. De la même manière, les investissements en matériels d’aménage- ment, d’équipement et de stockage des eaux de récupération peuvent faire l’objet de subventions. Comment ce modèle économique, porteur d’un mieux-vivre ensemble, se met-il en place dans la région ? Cette partie est là pour répondre à la question. David Belliard 10 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  7. 7. Une économie pour vivre autrementUne logique différenteGérard Andreck, président du groupe Macif, revient sur les principesde fonctionnement des mutuelles et les valeurs qui les fondent.Vous soulignez sur le site de la Macif que celle-ci n’est pas une entreprise D. R.d’assurances tout à fait comme les autres. Pouvez-vous préciser ? La Macif est une entreprise d’économie sociale. A ce titre, elle n’est pasdans la même logique économique qu’une société d’assurances tradition-nelle. Cette dernière se situe dans une démarche de rentabilité à court termeet défend des intérêts individuels, son bénéfice est reversé aux actionnaires Gérard Andreck,selon leur apport en capital. Alors que la Macif est une société de personnes président du groupe Macifrassemblées autour d’un projet commun : se protéger mutuellement auxmeilleures conditions possibles. Ainsi, nos sociétaires sont collectivementassureurs et individuellement assurés ; les fruits de la performance profitentà tous de la même manière.Pour quelles raisons les mutuelles se sont-elles créées et/ou installéesen Poitou-Charentes ? Deux raisons expliquent l’implantation historique des mutuelles dans lebassin niortais. La première est qu’il existe en Poitou-Charentes une cultured’économie sociale très ancienne, particulièrement en matière de coopéra-tives agricoles. C’est de cette culture que se sont inspirés les instituteurs pourcréer leur mutuelle d’assurance en 1934 : la Maif. La seconde raison résidedans le phénomène de « contagion » qui a eu lieu ensuite dans cette région.Devant le succès rencontré par la Maif, les artisans ont repris l’idée, et c’estainsi qu’est née la Maaf en 1950. Dix ans plus tard, des petits commerçantset des patrons de PME, soutenus par la Maif et la Maaf, ont à leur tour crééleur propre mutuelle, la Macif, mutuelle d’assurance des commerçants etindustriels de France.Comment expliquez-vous le succès des mutuelles depuis leur création ? Les mutuelles en général, qu’elles assurent des personnes ou des biens,agissent en quelque sorte comme des groupements de consommateurs quitirent leur force de leur nombre. La finalité de ce collectif, une fois encore, estde se protéger aux meilleures conditions possibles, selon le meilleur rapportqualité/prix, en faisant jouer la solidarité. Si l’on y ajoute une gestion démo-cratique et la recherche d’un développement durable, je pense que l’on a lesprincipales raisons qui font le succès des mutuelles, et plus globalement del’économie sociale. Propos recueillis par D. B. Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 11
  8. 8. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iUne économiepour vivre autrement Des initiatives pour inventer une autre économie Deux initiatives illustrent l’évolution de l’économie régionale vers un modèle favorisant la production de biens innovants, plus respectueux de l’environnement, ou de nouveaux liens de solidarité entre les salariés. Mia ou la voiture électrique comme défi régional La Mia est une « Nous avons atteint nos prévisions ! La production de nos voitures élec- voiture d’appoint, triques commencera avant l’été 2011, et plusieurs contrats de vente avec des  destinée aux entreprises collectivités comme La Rochelle, Nice, Niort ou Caen ont été signés. Nous  et aux collectivités, devrions atteindre nos objectifs de vente. » Laurent Buffeteau, PDG de Mia mais aussi aux particuliers.. Electric, ne cache pas sa satisfaction de voir bientôt sortir des chaînes de production ces véhicules électriques d’un nouveau genre destinés en premier lieu aux entreprises et aux collectivités, mais aussi aux particuliers, comme voitures d’appoint non polluante. Il faut dire que la société revient de loin. En 2009, le sous- traitant automobile, qui s’appelait alors encore Heuliez, a été menacé de liquidation judiciaire et a essuyé le refus d’aide du Fonds stratégique d’investissement (FSI), piloté par l’Etat, de lui accorder une aide de 10 millions d’euros. Mais la mobilisation de ses salariés et de sa direction ainsi que celle des collectivités locales, comme le conseil régional, ont permis à l’entreprise de ne pas disparaître et de mettre au point un modèle de véhicule électrique novateur. La Région actionnaire Dès janvier 2008, un appel à projets régional a été lancé pour développer une filière de pro- duction de véhicules électriques sur le territoire picto-charentais. En investissant 5 millions d’euros dans Mia Electric, la Région a ainsi permis à cette entreprise d’assurer la phase de conception de ses nouveaux produits. Les fonds débloqués ont en outre favorisé sa recapitalisation dans le cadre d’un parte- nariat avec Kohl, un industriel allemand, qui en est aujourd’hui l’actionnaire principal. « L’investissement  de la Région était certes risqué, mais la collectivité  est devenue un partenaire stratégique majeur pour  D. R. Mia Electric », souligne Laurent Buffeteau. Loin de 12 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  9. 9. Une économie pour vivre autrementlimiter ses financements à de simples subventions, la Région est aujourd’hui,avec 30 % des parts, l’un des actionnaires de la PME. C’est la première foisqu’une collectivité régionale participe au capital d’une entreprise privée. Ellela soutient ainsi dans son développement. La garantie pour un prêt bancairede 8 millions d’euros que le conseil régional a apportée afin de permettre àla société de poursuivre son activité en est une illustration. En outre, le maintien de l’emploi et le renforcement des compétencesdes salariés de Mia Electric ont aussi été une des priorités. Le programmede sécurisation des parcours professionnels (voir encadré page 29) a ainsipermis d’éviter des licenciements en proposant aux salariés, pendant la pé-riode d’activité restreinte de l’entreprise, des formations tout en maintenantune grande partie de leur rémunération. Mia Electric peut ainsi s’appuyer surces personnels pour développer sa production. Et alors qu’elle ne comptaitque 35 salariés en 2010, elle en emploie actuellement près de 200, et devraitatteindre les 250 dans la phase de production en série. « Mais le soutien de la Région ne s’arrête pas à ses financements directs,ajoute Laurent Buffeteau. La collectivité nous aide aussi en favorisant l’achat de véhicules électriques et en participant activement à la communication de l’entreprise sur ses produits. » En effet, outre les actions de communicationeffectuées par les représentants du conseil régional, des aides à l’achat devéhicules électriques permettent aux particuliers d’en acquérir un au prixde 13 500 euros, tandis que la Région a déjà passé commande de véhiculespour compléter sa flotte automobile. Connaître les aides du conseil régional de Poitou-Charentes La Région Poitou-Charentes a conçu de nombreuses page 30), mis en place depuis la fin 2010 à desti-aides pour soutenir la formation et encourager nation des 15-25 ans. Les porteurs de projets in-l’entrepreneuriat et la « consommation verte ». Le novants y trouveront également les aides qui leursite du conseil régional, www.poitou-charentes.fr, sont consacrées. Les dispositifs en faveur d’uneprésente dans sa rubrique « La Région vous aide » économie sociale, solidaire et écologique y sontl’ensemble des dispositifs disponibles. eux aussi décrits (voir aussi page 55). De plus, les Pour chaque dispositif, vous pouvez savoir qui personnes souhaitant développer une activité danssont les bénéficiaires potentiels, quel est le mon- les secteurs sanitaire, social ou culturel pourronttant de l’aide, quelles sont les conditions d’ob- trouver des informations précieuses sur les soutienstention et les démarches administratives à ac- financiers créés par la Région.complir. Le portail classe les aides soit par profil Enfin, que vous ayez un projet de création ou dede structures (association, entreprise, etc.), soit reprise en Scop, d’entreprises innovantes ou d’as-par thème (croissance verte et emploi, éducation sociations, que vous cherchiez à consommer autre-et formation, culture et sport, etc.). Cette naviga- ment ou que vous souhaitiez obtenir des informa-tion, très simple, permet de connaître rapidement tions sur des initiatives innovantes en termes deles aides auxquelles vous pouvez prétendre, que dialogue social, ce guide recense de nombreusesvous soyez salarié, entrepreneur, jeune diplômé, aides et soutiens régionaux.ou que vous souhaitiez acheter un véhicule, même G. B.un vélo, électrique ! La Région offre en effet un large éventail de • Retrouvez le détail de toutes ces aides sur le site dusoutiens financiers. Le portail reprend ainsi en conseil régional (www.poitou-charentes.fr/services-en-détail le Pacte pour l’emploi des jeunes (voir aussi ligne/guide-aides) et tout au long de ce guide. Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 13
  10. 10. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iUne économiepour vivre autrement Cepam : de la crise à la Scop « En 2008, nous étions comme un bateau sans capitaine, se souvient Christabelle Chollet, PDG de Cepam, société industrielle spécialiste du lam- bris décoratif. Mais nous n’avions pas envie de couler ! » De cette volonté des cadres de l’entreprise et de ses salariés va naître le projet de reprise sous forme de société coopérative de production (Scop). Alors qu’en septembre 2008, Cepam est à vendre, les salariés se mobilisent pour continuer de livrer les clients et se lancent dans la constitution d’un dossier de reprise de la société. Ils s’appuient pour cela sur l’aide des responsables de l’union régionale des Scop et sur la mobilisation des acteurs locaux (commune de Mauzé-sur-le- Mignon, dans les Deux-Sèvres, la communauté d’agglomération de Niort et le conseil régional). « C’était un très gros travail, souligne Christabelle Chollet, mais nous savions que Cepam bénéficiait d’une compétence et d’un  savoir-faire reconnus en France comme en Europe. » Après un plan social, le projet de reprise aboutit : 62 salariés sur 80 investissent en moyenne l’équivalent de deux mois de salaire dans la coo- pérative (ils seront 70 quelques mois plus tard) et la société bénéficie d’un capital de 360 000 euros (420 000 euros en 2011), suffisant pour répondre aux engagements courants. Des acteurs locaux mobilisés Cette reprise s’accompagne d’un recentrage de l’entreprise, qui s’était fortement diversifiée, sur ses activités historiques liées au lambris décoratif, marché sur lequel elle est très compétitive. « Le rôle des acteurs locaux a été  Un « fonds de résistance » régional pour le photovoltaïque « En France, le secteur du photovoltaïque  estiment que près de 25 000 emplois se- est en surchauffe », a estimé le gouver- raient ainsi menacés. nement, qui craint une importation mas- La Région, qui a développé un plan solaire sive et polluante de panneaux chinois à de près de 400 millions d’euros depuis bas coût. Le 22 février 2010, le Premier janvier 2008, a de ce fait décidé de créer ministre a présenté un « fonds de résistance photovoltaïque ». Le saviez-vous ? La France se situe en quatrième de nouvelles règles Des financements seront alloués pour position sur le marché européen du jeu pour cette aider les installateurs de panneaux à main- de la production d’énergie filière. Principales tenir ou reprendre leur activité. Une société solaire d’origine photovoltaïque. mesures : une baisse d’économie mixte régionale gérera ce Sa puissance photovoltaïque est de 20 % du tarif de dispositif qui sera doté d’un plan d’inves- loin derrière celle de l’Allemagne, de l’Italie et de la République rachat de l’électricité tissement pour développer la capacité de tchèque. Ainsi, sa production était solaire aux particu- production photovoltaïque d’énergie. Plan en 2010 sept fois plus faible que liers, la mise en place d’investissement qui sera financé sur les celle de son voisin d’outre-Rhin. d’appels d’offres crédits du Plan énergie solaire régional, pour les installations en place depuis plusieurs années. L’objec- les plus puissantes et des exigences en- tif de ces mesures est de favoriser la vironnementales accrues. production de panneaux solaires en France Ces mesures sont vues par les acteurs et de créer les conditions économiques de la filière photovoltaïque de la région favorables au développement de la filière. Poitou-Charentes comme un coup dur. Ils Juliette Raynal 14 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  11. 11. Une économie pour vivre autrementD. R. essentiel, estime Christabelle Chollet. Ainsi, la communauté d’agglomération  Cepam a été reprise par ses salariés niortaise nous vend en crédit-bail les locaux que nous occupons et Cepam en  en coopérative sera propriétaire en 2016. En outre, les salariés qui ont souhaité devenir asso- en 2008. Au final, 70 d’entre eux, ciés de la coopérative ont été aidés par le conseil régional qui a abondé leur  sur 80, ont investi participation à hauteur de 160 000 euros au total », grâce au dispositif Bourse dans son capital. tremplin pour l’emploi. Toutefois, pour assurer sa pérennité, Cepam doit faire face à de nouveaux défis. Si elle connaît une croissance régulière de son chiffre d’affaires, la Scop souhaite se positionner auprès de nouveaux marchés et développer son activité à l’international. Pour cela, elle investit massivement dans la formation de toutes ses équipes, au travers d’un plan qui a reçu l’aide de l’Etat et du conseil régional. L’entreprise, déjà leader sur son marché, semble trouver dans sa transformation en Scop une nouvelle énergie. D. B. • Pour en savoir plus : – Sur Mia Electric : www.mia-electric.com – Sur les aides régionales pour acquérir un véhicule électrique : www.poitou-charentes.fr Cliquez sur « La région vous aide/Particulier », rubrique « Transports propres ». – Sur Cepam : www.cepam.com – Sur les aides pour financer une création ou une reprise d’activité en Scop : voir pages 41 et 55. – Sur le statut de Scop : voir page 38. Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 15
  12. 12. Vivre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiPour une croissanceverte Pour une croissance verte Répondre aux nouveaux enjeux environnementaux et créer des emplois, tel est le double objectif de la croissance verte. A. Montaufier Entreprise SVO Eco-industrie, basée dans la Vienne. Cette société, comme 900 autres ainsi que de nombreux chercheurs, est membre du Pôle des éco-industries créé par la Région afin de soutenir l’innovation en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre. 16 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  13. 13. Pour une croissance verteAllier les exigencesenvironnementales et socialesLes modes de production en Poitou-Charentes intègrent de plus enplus les exigences environnementales tout en favorisant l’emploi. Unetransformation portée par de nombreuses initiatives locales et encou-ragée par la Région.L a dégradation de notre environnement, marquée notamment par de graves dérèglements climatiques, exige de profonds changements dans notre façonde produire et de consommer. Et sur un autre front, les inégalités sociales necessent de se creuser. Notre modèle de développement économique doit doncévoluer pour favoriser l’égalité sociale et répondre aux enjeux environnemen-taux, afin de sortir de la logique d’une production à court terme qui ne prendpas en compte le caractère limité de nos ressources naturelles. L’évolution des technologies et des pratiques, associée à la volonté denombreux acteurs économiques et porteurs de projets innovants, suscitel’espoir de cette transformation et d’une croissance « verte ». Des politiquespubliques fortes et volontaristes soutiennent le développement d’une activitééconomique dont l’objectif est d’allier excellence environnementale et socialeet création d’emplois. Elles favorisent les projets centrés sur l’amélioration denotre qualité de vie, la préservation de nos ressources naturelles, la réductionde notre dépendance vis-à-vis de matières fossiles limitées, comme le pétrole,ou du nucléaire, et une meilleure répartition des richesses produites. Près de 900 millions d’euros investis Le Poitou-Charentes est engagé dans la conversion écologique de sonéconomie. Depuis 2004, l’excellence environnementale est une priorité de lapolitique menée par la conseil régional. Cette orientation s’est traduite parun investissement de plus de 870 millions d’euros dans des projets porteursd’une croissance « verte » et l’adoption, en juillet 2009, d’un Agenda régionalpour la conversion écologique de l’économie et de la croissance verte enfaveur de l’emploi. De nouvelles mesures, annoncées en 2010, concernantla création de villages écologiques, des aides à l’isolation des logements etle triplement de la production d’énergies renouvelables d’ici 2020, viennentrenforcer le panel de celles déjà existantes. Elles sont destinées à développerdes domaines aussi essentiels que l’éco-habitat, les énergies renouvelablesou encore l’agriculture biologique. Pour mener à bien cette politique, de nombreux outils ont été créés à lademande des différents acteurs concernés. Ainsi, les pôles des éco-industriesou de conversion bio sont devenus des interlocuteurs pour les entrepriseset exploitations agricoles (voir respectivement pages 21 et 25). En outre, enparticipant financièrement à des fonds d’investissement ou encore à un centre Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 17
  14. 14. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiPour une croissanceverte d’expertise et de transferts technologiques spécialisé dans la valorisation des déchets (Valagro carbone renouvelable Poitou-Charentes), la Région propose moyens technologiques et savoir-faire aux acteurs industriels qui souhaitent réorienter leurs productions vers les secteurs de la croissance verte. Par ailleurs, depuis plusieurs années, de nombreux appels à projets régionaux concernant les éco-produits et éco-procédés ont été lancés. Ils ont permis le développement de produits innovants à prix compétitifs et la diversification de plus de 100 entreprises. La région Poitou-Charentes affiche aujourd’hui un niveau de créations d’entreprises très élevé, qui a doublé en 2009 par rapport à 2008, pour atteindre plus de 14 000 créations. L’excellence environnementale, la priorité donnée au lien social autour de la valorisation des savoir-faire et des compétences présents sur le territoire, la production décentralisée d’énergies renouvelables et le soutien à des filières industrielles vertes comme le photovoltaïque ou la voiture électrique ouvrent des perspectives de créations d’emplois. Dans ce chapitre, plusieurs éclairages et exemples vous sont donnés pour mieux comprendre la croissance verte et ses enjeux, ainsi que les politiques régionales menées dans ce domaine. David Belliard « La Région a un rôle essentiel d’entraînement » Le conseil régional de Poitou-Charentes mène une politique volonta- riste en matière de mutation écologique, sociale et solidaire de son économie. Explications avec Jean-François Macaire, conseiller régional et président de la commission en charge de ce sujet. En quoi consiste la mutation écologique, sociale et solidaire de D. R. l’économie ? Il s’agit de faire évoluer les acteurs économiques vers des procédés de fabrication et des produits plus respectueux de l’environnement. Par exemple, l’automobile migre vers le véhicule propre ou l’agroalimentaire vers une Jean-François agriculture labellisée « biologique ». Plus largement, ce sont tous les secteurs Macaire, d’activité de la région, les transports, le bâtiment, l’énergie, qui peuvent président de la Commission être réorientés vers ces nouveaux produits et marchés. Les perspectives de croissance verte croissance sont très importantes.et mutation écologique, sociale et solidaire Cette réorientation de notre modèle économique appelle de nombreuses de l’économie au sein du conseil régional activités complémentaires. En travaillant sur des procédés de production qui Poitou-Charentes consomment moins de ressources et génèrent moins de déchets, nous créons de la valeur ajoutée. L’exemple des déchets est à ce titre révélateur. En utilisant l’énergie qu’ils sont en capacité de produire dans des processus industriels, ce 18 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  15. 15. Pour une croissance verte qu’on considérait comme inutilisable prend de nouveau de la valeur. C’est le principe de l’écologie industrielle qui, sur certaines zones d’activité, voit des entreprises échanger qui l’énergie produite par de la vapeur, qui des matières usagées. Ce qui est inutile pour les uns devient utile pour les autres. Quelles sont les conséquences de cette transformation sur le travail ? Ce modèle a deux avantages pour les salariés. D’abord, il crée de l’emploi par la multiplication de nouvelles activités liées à la mise en œuvre de la mutation écologique de l’économie. Car les entreprises sont incitées à chercher au plus près de leurs lieux de production leurs fournisseurs et leur main-d’œuvre. La croissance verte s’appuie sur une logique de solidarité territoriale forte, et limite les délocalisations de l’activité. Le second avantage pour les salariés réside dans l’amélioration de leurs conditions de travail et un dialogue social de qualité. La conversion de l’économie ne peut être obtenue sans l’adhésion des salariés à ce nouveau modèle de production. ZOOM / VIENNE Objectif zéro énergie fossile pour le lycée Kyoto Le lycée Kyoto de Poitiers a accueilli ses premiers La conception architecturale a également été élèves en septembre 2009. Nommé ainsi en référence optimisée via une enveloppe isolante qui entoure au traité international de réduction des émissions les bâtiments. Les murs en béton conservent ainsi de gaz à effet de serre signé en 1997, il a pour la chaleur ou la fraîcheur ambiante selon les saisons. particularité de fonctionner entièrement avec des De la sorte, l’inertie thermique est garantie. énergies propres. Une installation de panneaux solaires photo- Sous la direction de l’architecte François Gillard et voltaïques de 800 m2 permet quant à elle de chauf- à l’initiative de la Région, le projet a débuté en 2004. fer les lieux et assure une partie de la production L’idée était de construire un complexe écologiquement électrique. Celle-ci est agrémentée d’un système propre d’une superficie totale de 16 500 m², pouvant de micro-cogénération [1] qui fonctionne à partir accueillir 500 lycéens des branches hôtelières et d’huile de colza. Toutefois, la production énergétique agricoles et un internat de 54 logements. L’économie des panneaux solaires reste insuffisante pour cou- d’énergie a été placée au cœur des travaux de construc- vrir l’ensemble des besoins du lycée. Ainsi, la partie tion. L’été, ce sont les ouvertures situées au plafond cuisine est contrainte d’utiliser du gaz. La consom- de la verrière qui assurent la ventilation naturelle. mation du bâtiment en chauffage reste cependant L’hiver, une cuve de 1 000 m3 stocke l’eau qui est 12 fois moins importante que celle d’un lycée chauffée grâce à un incinérateur d’ordures proche. conforme aux normes thermiques 2004 et celle en électricité est 32 fois inférieure. Depuis son inauguration, le lycée Kyoto s’efforce d’ancrer son activité dans une démarche respectueuse de l’environnement. Ainsi, de nombreuses manifes- tations sont régulièrement organisées autour de ce sujet : débats autour de la déforestation, projection de documentaires ou encore expositions et animations sur le thème de la réduction des déchets ménagersRégion Poitou-Charentes réalisées par les élèves. Juliette Raynal [1] La cogénération est un principe de production simultanée d’électricité et de chaleur, la chaleur étant issue de la produc- tion électrique ou le contraire. Le terme de micro-cogénération désigne un système de très petite puissance électrique fonc- tionnant selon ce principe. Le lycée Kyoto, à Poitiers, a une consommation en chauffage douze fois plus faible que celle d’un lycée bâti selon les normes • Pour en savoir plus : 26 av. de la Fraternité, 86000 Poi- thermiques 2004. tiers, www.lycee-kyoto.eu Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 19
  16. 16. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiPour une croissanceverte Quel est le rôle du conseil régional dans ce changement ? Ces changements ne se feront pas simplement par une évolution du marché. La Région a un rôle essentiel d’entraînement. Elle initie, soutient et accompagne cette transformation. Nous menons donc dans ce cadre une politique très volontariste. Ainsi, par une série d’aides incitatives, la Région accompagne les consommateurs et les acteurs économiques dans de nom- breux domaines. Un fonds régional d’excellence environnementale, accessible aux particuliers, mais aussi aux entreprises et aux collectivités, encourage les achats plus respectueux de l’environnement et les entreprises à reconvertir leur production vers ces nouveaux produits. En outre, la Région impulse des projets et prend une part active dans leur réalisation, comme pour la voiture électrique et le développement du photovoltaïque [voir l’article page 12, traitant notamment de Mia Electric, ZOOM La Scic Poitou-Charentes énergies renouvelables De nombreuses entreprises montrent par leur activité et leur développement la pertinence de la conversion écologique de l’éco- nomie. Il en est ainsi de la société coopérative d’intérêt collec- Région Poitou-Charentes tif (Scic, voir page 42) Poitou- Charentes énergies renouvela- bles (PCER), créée début 2008. Basée à Poitiers, elle fait figure de projet pilote en matière de développement du photovoltaïque Lycée Paul-Guérin, à Niort. La Scic Poitou-Charentes énergies renouvelables exploite dans la région. Développeur et quatre centrales photovoltaïques comme celle installée sur le toit de ce lycée. exploitant de centrales de pro- duction d’électricité renouvelable, objectif est d’être un dynamiseur  le Pôle des éco-industries. Cette et dans un premier temps sur le dans ce secteur, précise Guillaume initiative rentre dans le cadre du solaire, la Scic accompagne les Girard, un des deux salariés de Plan énergie solaire régional lancé collectivités territoriales ou le la structure. Le but est de déve- en 2008. Mais l’objectif est de secteur privé dans leur projet lopper des projets visibles pour  développer à grande échelle l’en- d’installation de tels équipements. inciter d’autres personnes à in- semble des énergies renouvelables Son principe est de leur proposer vestir  le  créneau  de  l’énergie  pour assurer une production et des montages clés en main. photovoltaïque. »  une consommation d’électricité La coopérative intervient à tou- Après plus de deux ans d’acti- plus responsables et respectueuses tes les étapes du projet : de la vité, le bilan est globalement de l’environnement. « Les recettes  pose des panneaux à leur main- positif : au premier trimestre 2011, générées par les premiers projets  tenance, en passant par leur la production de l’ensemble des doivent  servir  à  en  financer  exploitation. En effet, la Scic gère installations s’élevait à plus de d’autres », explique Guillaume également l’exploitation de l’élec- 324 000 kWh, ce qui équivaut à Girard. Pour la Scic, l’activité ne tricité ainsi produite, celle-ci la consommation de 129 foyers devrait donc pas faiblir. pouvant être consommée sur composés chacun de quatre per- Gaëtan Briard place ou acheminée vers un réseau sonnes. de distribution. A moyen terme, A l’origine de ce projet, le conseil • Contact : Scic Poitou-Charentes la coopérative ambitionne d’in- régional, EDF et la Caisse des dé- é n e r g i e s r e n o u v e l a b l e s, 3 r u e vestir sur plus de 22 000 m 2 de pôts et consignations ont fédéré Raoul-Follereau, 86000 Poitiers, toitures dans la région. « Notre  des partenaires régionaux comme tél. : 05 49 50 77 25, site : www.pcer.fr 20 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  17. 17. Pour une croissance verteainsi que, sur le photovoltaïque, le « Zoom » page ci-contre et l’encadrépage 14, NDLR]. Pour cela, nous nous appuyons sur le réseau de petiteset moyennes entreprises de Poitou-Charentes en mettant à leur disposi-tion des moyens afin de s’orienter vers les nouveaux marchés créés par lacroissance verte et en favorisant les collaborations, comme le fait le Pôledes éco-industries, labellisé pôle régional de compétitivité. Par ailleurs, leFonds de co-investissement Poitou-Charentes (FCI) permet d’investir dansdes PME régionales (voir page 22).Quels sont vos prochains chantiers ? Nous travaillons actuellement sur l’épargne salariale. Les épargnants sontdes acteurs économiques importants, qui peuvent participer au financementd’une économie régionale. La création de fonds d’épargnants pourrait êtreune piste à développer… Propos recueillis par D. B.« Notre pôle a pour prioritéde réduire les émissionsde gaz à effet de serre »Le Pôle des éco-industries a pour mission de réduire, par l’innovation, D. R.les émissions de gaz à effet de serre. Pour ce faire, cette structure ras-semble et soutient des entreprises, des chercheurs et des formateurs,impliqués dans les éco-industries et les éco-activités. Entretien avecJacques Barbier, son président. Jacques Barbier,Comment est né le Pôle des éco-industries de Poitou-Charentes ? président du Pôle des éco-industries Celui-ci est né à la suite de plusieurs forums participatifs organisés en de Poitou-CharentesPoitou-Charentes, à l’initiative du conseil régional, avec des industrielsautour de la question : peut-on créer de la richesse dans la région, et donc Le Pôle des éco-industries Le Pôle des éco-industries est un pôle de com-pétitivité régionale dont la mission est de soute- climatiques et pour la préservation de l’environ-nir l’innovation et d’accompagner le développement nement, trouvent dans le pôle un soutien pourdes entreprises de Poitou-Charentes qui contri- développer des travaux de recherche, ainsi quebuent à réduire les émissions de gaz à effet de concevoir et mettre en œuvre de nouveaux pro-serre. Il regroupe 900 entreprises, qui représentent cédés, produits et services innovants.environ 18 000 emplois, et anime un réseau de700 chercheurs sur toute la région. Ces acteurs, • Contact : http://eco-industries.poitou-charentes.fr,impliqués dans la lutte contre les dérèglements tél. : 05 49 44 64 96. Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 21
  18. 18. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiPour une croissanceverte de l’emploi, en imaginant une industrie qui proposerait des produits plus respectueux de l’environnement ? Cette démarche, qu’on appelle aujourd’hui la « croissance verte », a donc été initiée dès le début avec les industriels. Devant le succès de ces forums, il a été décidé de créer une association, devenue l’actuel Pôle des éco-industries de Poitou-Charentes. Centrée sur le soutien à l’activité économique régionale, la structure est labellisée Pôle de compétitivité régionale et regroupe aujourd’hui les industriels, les cher- cheurs et les formateurs impliqués dans les domaines des éco-industries et éco-activités. Quel est l’objectif du pôle ? Notre priorité est de réduire les émissions de gaz à effet de serre en nous appuyant sur l’innovation. Nous travaillons sur deux versants pour atteindre cet objectif : la substitution du carbone fossile par du carbone renouvelable et l’économie de carbone fossile. Dans ce cadre, quelles sont vos principales missions ? Au-delà de la définition d’axes de développement stratégiques sur le territoire, qui permettent d’impulser des projets et des actions dans ces domaines, nos missions sont de fédérer les compétences régionales dans le domaine des éco-industries, d’accompagner les programmes de recherche et développement pouvant conduire à la création d’éco-industries dans la région et, enfin, de développer des actions pour accompagner les dé- marches initiées par les industriels vers l’éco-industrie, notamment par de la formation. Le pôle intervient donc sur toute la chaîne de création et de développe- ment des éco-industries… Il faut se rappeler que l’essentiel des entreprises de la région sont de petite ou moyenne taille. Elles n’ont donc pas les moyens humains, logistiques et financiers de développer des projets d’envergure. Le pôle intervient donc en soutien pour ce tissu d’entreprises très variées. Par exemple, nous les mettons en relation les unes avec les autres ou nous les accompagnons dans le montage de leur dossier pour des aides financières. En outre, nous menons des actions d’accompagnement pour les entreprises qui souhaitent obtenir des certifications reconnaissant leurs actions en faveur du respect de l’environnement. Notre action se traduit aussi par le soutien à des projets de recherche dans les domaines de l’agro-industrie, du développement de nouveaux carburants ou encore des plantes aromatiques… Le pôle assure parfois le portage et la coordination de projets regroupant plusieurs entreprises et centres de re- cherche, comme ce fut le cas pour le développement de contenants horticoles biodégradables (pots, bacs...). Dans ce cadre, notre équipe accompagne les porteurs de projet pour l’obtention d’aides financières auprès de partenaires publics. Ainsi, certains d’entre eux ont pu bénéficier de financements, au 22 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  19. 19. Pour une croissance verte travers de la mise en place d’un appel d’offres intitulé « Eco-produits, éco- procédés », avec le conseil régional, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), l’Etat et Oséo. De plus, le pôle soutient le développement de pilotes industriels, qui sont des prototypes permettant de s’assurer de la faisabilité industrielle des recherches menées. Et qu’en est-il de la formation ? Des formations sont proposées pour accompagner la mise en œuvre de nouvelles technologies. Un exemple : la vente de voitures électriques exige que des mécaniciens aient le savoir-faire et les compétences pour effectuer l’entretien de ces nouveaux produits. Les éco-industries appellent la création de nouveaux métiers, et donc de formations spécifiques. Le pôle a de ce fait pour mission d’identifier les nouveaux besoins en for- mation de ses adhérents et de solliciter les universités et écoles pour adapter les formations existantes aux évolutions technologiques. Des salariés ou adhérents de l’association interviennent ainsi dans le cadre d’enseignements universitaires pour sensibiliser et former les étudiants sur l’éco-conception ou encore l’éco-habitat. En parallèle, le pôle propose avec ses partenaires des formations ponctuelles, comme sur l’utilisation du logiciel « Bilan produit » avec l’Ademe ou encore sur l’éco-communication. Quels sont les axes d’intervention du Pôle des éco-industries ? Le réseau est aujourd’hui très bien structuré et travaille sur de nombreux thèmes définis comme prioritaires : l’agro-industrie, l’éco-conception, la mobilité durable ou encore les énergies renouvelables. Dans le domaine des déchets, les perspectives de croissance sont très importantes : au regard ZOOM / VIENNE Futuramat, et le plastique devient « vert » ! On a aujourd’hui oublié que les premiers plastiques fabrique et commercialise des agro-plastiques. Son étaient réalisés à base de bois ou d’autres matières crédo : « La protection de l’environnement devient  que le pétrole. Depuis 2005, l’entreprise Futuramat, un facteur de compétitivité. » Elle propose une installée à Vouneuil-sous-Biard, dans la Vienne, en gamme de produits composites à base de matières partenariat avec le centre de recherches spécialisé végétales (comme le blé ou la fibre de bois) qui sont Valagro carbone renouvelable, à Poitiers, et avec le à la fois adaptés aux besoins de l’industrie plastur- soutien du Pôle des éco-industries de la région, gique et partiellement ou totalement biodégradables. Outre que les matériaux végétaux utilisés sont re- nouvelables, les agro-plastiques émettent moins de gaz à effet de serre tant au moment de leur fabri- cation que de leur destruction. G. B.Région Poitou-Charentes • Contacts : – Futuramat, 7 allée des Fauvettes, 86580 Vouneuil-sous- Biard, tél. : 05 49 89 04 50, site : www.futuramat.fr – Valagro carbone renouvelable Poitou-Charentes, 40 av. du Recteur-Pineau, 86022 Poitiers Cedex, tél. : Futuramat produit des agro-plastiques à base de matières 05 49 45 40 28, site : www.valagro-rd.com, courriel : végétales qui sont tout ou partie biodégradables. contact@valagro-rd.com Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 23
  20. 20. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiPour une croissanceverte de la limitation de nos ressources naturelles, à l’instar de ce qui se passe pour le cuivre, la réutilisation de nos déchets est un enjeu écologique et économique de première importance. Pour y répondre, le pôle a lancé des initiatives dans le domaine de la valorisation des déchets. Mais il va encore plus loin, puisqu’il souhaite accompagner ses adhérents vers une démarche de performance globale. Au-delà du recyclage ou de l’utilisation de maté- riaux plus respectueux de l’environnement, il encourage les entreprises à adopter une approche en termes de « cycle de vie » ou d’éco-conception, une démarche d’écologie industrielle ou de responsabilité sociale et envi- ronnementale. Propos recueillis par D. B. Pour une autre agriculture Si les coopératives agricoles restent très dynamiques dans la région, la conversion des exploitations au bio n’en est encore qu’à ses débuts. A vec plus de 22 000 exploitations, le secteur agricole en Poitou-Charentes compte de nombreuses coopératives. Elles ont pour principe de re- grouper des exploitants, les plus connues étant celles qui offrent des services en amont et en aval de l’activité agricole [1]. On trouve ainsi des coopératives d’approvisionnement, qui achètent du matériel, des engrais… Il peut aussi s’agir de coopératives agroalimentaires, qui stockent et commercialisent les produits sous une forme brute ou transformée, parfois sous un label valorisé. Certaines peuvent proposer d’autres services, à l’instar des coopératives d’uti- lisation de matériel agricole (Cuma), qui peuvent embaucher du personnel qu’elles mettent à disposition de leurs membres : elles deviennent alors des groupements d’employeurs. Cependant, si la coopération est bien implantée dans la région, seulement 4 % des exploitations sont consacrées à des productions biologiques. Pourtant, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à être à la recherche de denrées de qualité, produites selon des modalités respectueuses de l’envi- ronnement et dans un souci de préservation de la santé. Les produits issus de l’agriculture biologique répondent parfaitement à cette demande. Mais la conversion des exploitations à ce type d’agriculture n’est pas simple, elle exige notamment l’acquisition de compétences spécifiques et des investissements importants. C’est la raison pour laquelle la Région Poitou-Charentes a mis en [1] Pour en savoir place un plan agriculture biologique pour la période 2008-2012. Du dévelop- plus, allez sur www.coopdefrance. pement de l’agriculture biologique à celui des circuits courts, en passant par coop, le site la promotion d’une alimentation de qualité, huit actions prioritaires ont ainsi de la Fédération des coopératives de été développées. En outre, des outils ont été mis en place via la création en France, qui regroupe les coopératives 2010 du Pôle conversion bio Poitou-Charentes (voir ci-après). agricoles. D. B. 24 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  21. 21. Pour une croissance verte« Les conversionsà l’agriculture bio : unedémarche de longue haleine »Le Pôle conversion bio Poitou-Charentes est une plate-forme d’informa- D. R.tion et d’échanges entre acteurs du monde agricole impliqués dans le dé-veloppement du bio. Entretien avec son directeur, Jean-Pierre Gouraud.Quel est le principe du Pôle conversion bio ? Si on veut que l’agriculture biologique se développe dans la région, il faut Jean-Pierre Gouraud,mettre toutes les structures qui accompagnent le monde agricole autour de la directeur du Pôletable : chambres d’agriculture, banques… Tous ces acteurs qui ne se côtoient conversion bio Poitou-Charentespas forcément peuvent, dans le cadre du pôle, travailler ensemble. En outre,ils ont avec notre structure la possibilité de mutualiser leurs ressources et derelayer des informations sur l’agriculture biologique, ses acteurs, ses débouchéset les aides qui existent dans ce domaine.ZOOM / DEux-SèVRES Sèvre Belle : une coopérative laitière pas comme les autres 38 millions d’euros de chiffred’affaires, 180 salariés et prèsde 450 producteurs. Même si GuyBonneau, directeur deSèvre Belle, continue de parlerd’une « petite  PME  parmi  les  Région Poitou-Charentesgrands groupes », la coopérativelaitière a fait sa place. Fondéeen 1893 par des producteurs delait du Poitou-Charentes, Sè-vre Belle a développé des pro-duits de haute qualité dans le La coopérative laitière Sèvre Belle, fondée en 1893, emploie aujourd’hui 180 sala-beurre et les fromages, présents riés et regroupe quelque 450 producteurs.dans tous les circuits de distri-bution. « 20 % des ventes se font  ce  dernier  et  je  lui  rends  des  gique. Toutefois, les producteursà  l’international »,  souligne comptes  au  moins  une  fois  par  de lait bio sont très disséminésd’ailleurs Guy Bonneau. mois. » Pour le directeur, ce fonc- sur le territoire, rendant la collecte Preuve qu’une coopérative tionnement « parfois  un  peu  journalière de lait très onéreuseagricole peut tout à la fois se lourd » permet toutefois de « met- et les produits finaux peu com-développer et maintenir des rè- tre  l’homme  au  cœur  du  projet  pétitifs. Ces contraintes rendentgles de fonctionnement démo- de l’entreprise et de garantir un  d’autant plus saillant le besoincratiques propres au statut coopé- réel investissement des produc- d’un accompagnement spécifiqueratif, « les producteurs adhérents  teurs ». La coopérative s’appuie pour le développement de ce typecontinuent  de  se  retrouver  en  sur cette cohésion pour se dé- de produits. D. B.assemblée générale et votent à  velopper.bulletin secret pour leurs repré- Et si elle affiche sur ses produits • Contact : Société coopérative agri-sentants  en  conseil  d’adminis- leur origine « sans OGM », elle cole Sèvre Belle, 79370 Celles-sur-tration,  explique Guy Bonneau. cherche aussi à constituer une Belle, tél. : 05 49 32 89 09, site : www.Pour ma part, je suis nommé par  offre issue de l’agriculture biolo- coop-sevrebelle.fr Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 25
  22. 22. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiPour une croissanceverte Quelles sont les actions du pôle pour soutenir les producteurs souhaitant convertir leur exploitation à l’agriculture biologique ? Des conseillers sont à disposition pour accompagner ces producteurs dans leur projet de conversion. Ils définissent avec eux des objectifs en fonction de la situation de l’exploitation, ils assurent une formation et Bon à savoir ! La Corab Centr’Atlantique est les assistent pour le montage des dossiers de demande une coopérative de 120 producteurs d’aides financières. C’est particulièrement important biologiques de Poitou-Charentes pour les investissements nécessaires à la conversion, qui propose des graines et semences comme l’achat de nouveaux matériels. Enfin, le pôle a brutes ou transformées à des réseaux récemment mis en place un numéro Vert pour faciliter de distribution spécialisés, des huiliers, des malteurs, etc. l’accès à ces services. • Contact : 40 F av. de Rochefort, 17400 Saint-Jean-d’Angély, Quels sont les premiers résultats de votre action ? tél. : 05 46 32 00 20, Les conversions se sont multipliées en 2010. Nous site : http://corab.pagesperso-orange.fr, espérons que le pôle va amplifier les choses ! Notre courriel : corabsca@orange.fr démarche est de longue haleine : il s’agit de diffuser les principes de l’agriculture biologique auprès d’ac- teurs et d’organisations plus « classiques » et d’offrir au plus grand nombre d’exploitants la possibilité de faire le choix de l’agriculture biologique. Propos recueillis par David Belliard et Pascal Mercat • Contact : Pôle conversion bio Poitou-Charentes, numéro Vert : 0 800 510 620, site : www. penser-bio.fr/-Passer-au-bio- 26 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  23. 23. Inventer un autre dialogue social Inventer un autre dialogue social Mettre en place un modèle économique basé sur les logiques de la croissance verte s’accompagne d’un renouvellement des formes du dialogue social et de la création d’outils de sécurisation des parcours professionnels.F. Roch - Région Poitou-Charentes Apprentissage, sécurisation des parcours professionnels, groupements d’employeurs… : de nombreux outils existent en région Poitou-Charentes pour favoriser l’emploi et améliorer le dialogue social. Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 27
  24. 24. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiiInventer un autredialogue social Pour une implication de tous Les politiques en faveur de l’emploi, encore plus en période de crise, doivent se bâtir en collaboration avec tous les acteurs du territoire, en premier lieu les syndicats d’employeurs et de salariés, mais aussi les collectivités, les représentants de l’Etat, la société civile, etc. U n dialogue social de qualité est un des fondements d’une économie plus respectueuse des hommes et des femmes qui y participent. Historique- ment organisé autour de la relation entre les représentants des employeurs et les syndicats de salariés, le dialogue social se transforme. Ce nouveau type de dialogue regroupe l’ensemble des formes de négociation, de consultation ou simplement d’échange d’informations entre tous les acteurs (économiques, sociaux et politiques) du territoire. Il associe des représentants des services déconcentrés de l’Etat, des collectivités territoriales, des organisations profes- sionnelles et de la société civile sur des questions d’intérêt commun. Des outils relatifs à la sécurisation des parcours professionnels, à la for- mation continue et à la valorisation de l’expérience ainsi que des structures dont l’objectif est d’améliorer le dialogue social ont progressivement été mis en place, avec tous les acteurs socio-économiques : les entreprises et leurs organisations représentatives, les syndicats de salariés, les associations, les structures d’insertion, les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les orga- nismes de formation… Il s’agit d’enrichir le rôle traditionnel de représentation des organisations syndicales et de répondre à une double exigence : de securité professionnelle pour les salariés et de flexibilité pour les entreprises. Cela est d’autant plus vrai dans un contexte de reconversion des modes de production et de transformation des emplois que celle-ci implique. Au-delà de son soutien en matière de veille économique, de santé au travail et du handicap, ou encore de promotion de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, la Région Poitou-Charentes prend activement part à cette évolution. Vous trouverez dans ce chapitre un descriptif des actions menées ainsi que les informations pratiques qui vous permettront, que vous soyez employeurs ou salariés, de prendre contact avec les acteurs impliqués dans l’élaboration de ce nouveau dialogue social. David Belliard 28 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011
  25. 25. Inventer un autre dialogue socialDes outils de reconversionPour accompagner les salariés face aux mutations des modes de pro-duction, des dispositifs spécifiques ont été mis en place.Le contrat régional de sécurisationdes parcours professionnels Via ce dispositif, la région Poitou-Charentes garantit un revenu équivalentà 90 % du salaire net antérieur, dans la limite de 18 mois, aux salariés quis’engagent rapidement dans une formation professionnelle qualifiante aprèsun licenciement économique.• Contact : Région Poitou-Charentes, Direction formation, apprentissage et enseignementsupérieur, service formation, 15 rue de l’Ancienne-Comédie, BP 575, 86021 Poitiers Cedex, tél. :05 49 55 76 02.Les plates-formes de reconversion Suite à des plans sociaux, les plates-formes de reconversion permettent,dans certains bassins repérés par la Région, de mobiliser, en fonction des Accompagner la reconversion en sécurisant les parcours professionnels : l’exemple d’Heuliez « C’était difficile, surtout que  sonnel. Bruno Diguet bénéficie j’ai tout de suite accepté », racontenous ne nous y attendions pas.  alors du programme de sécurisa- le conducteur de ligne.Nous avions l’impression que nous  tion des parcours professionnels, Mis pendant trois mois au chô-étions solides, que nous pouvions  dispositif né d’un accord entre mage technique, pendant lesquelstraverser toutes les turbulences », l’Etat, l’organisme paritaire col- l’entreprise s’attache à développerse souvient Bruno Diguet, 49 ans, lecteur agréé (Opca) de la métal- ses nouveaux produits, Brunodont trente passés au sein du lurgie et la Région. Cette dernière Diguet continue de percevoir lacarrossier Heuliez. Recruté à l’âge finance le programme à hauteur quasi-intégralité de son salaire. Ilde 17 ans pour un poste d’opéra- d’environ 2,5 millions d’euros. a ensuite intégré Mia Electric pourteur de production, Bruno Diguet Ce dispositif comportait une aide assurer la supervision d’une desa fait toute sa carrière au sein de exceptionnelle au plan de forma- lignes de montage. « 50 de mes l’entreprise, comme son père tion ainsi que diverses mesures collègues d’Heuliez ont été sauvés auparavant, montant les échelons destinées à encourager des solu- du licenciement en recevant le « petit à petit ». tions alternatives de reclassement. même type de proposition. Nous  Devenu ensuite conducteur de L’un des objectifs étant d’éviter sommes revenus travailler pro-ligne, il avait la responsabilité du de licencier des salariés expéri- gressivement,  en  fonction  de bon déroulement d’une ligne de mentés dont l’entreprise aura l’avancement du projet et des montage du constructeur, et était besoin pour mettre en œuvre son besoins en personnel. »ainsi l’un des garants de la qualité projet de production de véhicules Aujourd’hui, les salariés ayantdes produits. Jusqu’au jour où il électriques. Bruno Diguet entre bénéficié de ce dispositif sont deapprend que la « grande maison », dans cette catégorie de salariés nouveau en activité et mettentcomme l’appellent les habitants et se voit proposer une offre de leurs compétences et savoir-fairede Cerizay, la ville où le fabricant reclassement au sein de la nouvelle au service du projet, tandis queautomobile s’est installé et déve- entité de production de véhicules Mia Electric recrute de nouveauloppé, est en grande difficulté électriques baptisée Mia Electric du personnel pour assurer la pro-financière et contrainte de se (voir également article page 12). duction en série de ses véhicules.séparer d’une partie de son per- « Quand j’ai reçu cette proposition,  D. B. Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011 - 29
  26. 26. Entreprendre autrement en Poitou-Charentes – Chapitre iiiInventer un autredialogue social besoins des salariés, un accompagnement individuel, ainsi que des actions de formation et de conseil pour la validation des acquis de l’expérience (VAE). En outre, elles intègrent le contrat régional de sécurisation des parcours professionnels présenté ci-avant. Ainsi, lorsque le bassin d’emploi du Châtelleraudais a dû faire face à la fermeture du site France Champignon et de la société Amor (au total plus de 550 emplois concernés), une telle plate-forme a été mise en place. • Contact : Région Poitou-Charentes, Direction de l’économie, service emploi, économie de proximité et réseaux, 15 rue de l’Ancienne-Comédie, BP 575, 86021 Poitiers Cedex, tél. : 05 49 55 77 00. Les comités de bassin d’emploi Les comités de bassin d’emploi sont des associations ayant pour objectif de contribuer au développement local. Ces structures sont composées d’élus, d’entreprises, de syndicats et de représentants du secteur associatif intervenant sur l’emploi. Elles s’inscrivent dans une logique partenariale et agissent sur un territoire donné. Ce sont des acteurs importants dans la mise en œuvre des dispositifs de reconversion et de reclassement, ainsi que dans la promotion de la formation et de la validation des acquis de l’expérience (VAE). • Contacts : – Maison de l’emploi du pays thouarsais, 7 rue Anne-Desrays, 79100 Thouars, tél. : 05 49 66 76 60. – Maison de l’emploi du pays du bocage bressuirais, 27 bd du Colonel-Aubry, 79300 Bressuire, tél. : 05 49 81 19 20. – Comité de bassin d’emploi niortais, 3 rue Archimède, 79000 Niort, tél. : 05 49 77 11 60. – Comité de bassin d’emploi mellois, 1 chemin du Simplot, 79500 Melle, tél. : 05 49 27 97 17. – Maison de l’emploi et de l’entreprise Vals de Saintonge, rue Michel-Texier, 17400 Saint-Jean- d’Angély, tél. : 05 46 33 39 72. Les jeunes, une priorité Particulièrement touchés par le chômage, les jeunes constituent une priorité de la politique régionale, au travers notamment du Pacte régio- nal pour l’emploi des jeunes. L es 15-25 ans sont une catégorie particulièrement touchée par la crise et le chômage. Grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs (entreprises, associations et collectivités), la région soutient un grand nombre d’initiatives les concernant. Bourses pour entreprendre, aide au passage du permis de conduire, aide Bon à savoir ! L’engagement Première chance est un dispositif pour les jeunes sans aux entreprises qualification qui souhaitent se former et acquérir une expérience professionnelle. 300 jeunes ont déjà bénéficié de ce dispositif depuis sa création, et plus de 500 places pour le recru- supplémentaires vont être ouvertes. Pour en savoir plus, contactez la mission locale t e m e nt d’ u n la plus proche de chez vous. Les adresses sont disponibles sur http://lannuaire.service- public.fr/navigation/poitou-charentes_­mission_­locale.html jeune diplômé ou son tutorat 30 - Alternatives Economiques - Hors-série poche - juin 2011

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