Twitter comme élémentconstitutif d’un “journalisme           ambiant”           Nikos Smyrnaios         Université de Toul...
Problématique                       Deux présupposés:1. Des mutations à l’œuvre dans le journalisme (pratiquesprofessionne...
Pourquoi Twitter ?- Des échanges en grande partie publiques et archivables- Des données accessibles via des APIs- Un outil...
Cadre théorique1. Twitter comme « écosystème conversationnel » passimplement canal de diffusion (boyd & al., 2010)2. Conte...
Cadre théorique5. “Networked production of news”: news emerges fromnetworked actors who span different professional andorg...
MéthodeSocio-économie des médias- Situer les interactions en ligne dans le cadre des processussocioéconomiques à l’œuvre- ...
Les usages de TwitterSynthèse d’études par questionnaire + entretiens semi-directifs:1. Perception and use of social media...
L’actualité sur TwitterApport de trafic faible pour les sites d’info:En 2012 1% en moyenne aux USA (Nielsen), 0,5% enFranc...
L’actualité sur TwitterConsultation de l’actualité via Twitter globalement faiblemais…- c’est une « tâche de fond » (activ...
Twitter et les journalistesClivage générationnel: surreprésentation des jeunesjournalistes parmi les utilisateurs intensif...
Principales utilisationsRecherche d’information: institutions, RP, autres médias,autres journalistes, internationalRecherc...
Twitter vu comme un graphe- Echantillon intégral (Cha et al. 2010): nécessite une logistiquemassive + des permissions spéc...
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Résultats                            Sur l’échantillon global                            l’usage de Twitter suit les      ...
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Les journalistes sur Twitter vus       comme un graphecomptes = nœuds, retweets et mentions = liens (arêtes)- Sur les 1 81...
Résultats             Comparaison:    journalistes / non journalistes    Moyenne de tweets            262,16          264,...
Carte 1: Vue d’ensemble de la Twittosphère journalistique française. La taille et la couleur des nœuds est fonction   de l...
Carte 2: Réseaux d’affinités à l’intérieur de la Twittosphère journalistique
Carte 3: variable: nombre de tweets. Les plus actifs/productifs ne sont pas forcement les plus cités.
Carte 4: Variable: nombre de followers. Les plus suivis ne sont pas forcement les plus cités.
Carte 5: Variable nombre de retweets émis. En présence de différentes « stratégies »
Carte 6: Variable betweeness centrality. Des positionnements réussis en termes de notoriété
Carte 7: Variable Url spread. Des usages promotionnels limités
Carte 8: Variable retweets vers journalistes. Tendance forte à l’endo-citation mais inégalement distribuée
Limites et perspectives- Intérêt principal de cette démarche: avoir une vue d’ensemble,  découvrir des problématiques invi...
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Présentation au séminaire Web & Sciences sociales, Paris, 27 juin 2012

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Twitter comme élément constitutif d’un journalisme ambiant

  1. 1. Twitter comme élémentconstitutif d’un “journalisme ambiant” Nikos Smyrnaios Université de Toulouse Seminaire Web & Sciences sociales, 27 juin 2012
  2. 2. Problématique Deux présupposés:1. Des mutations à l’œuvre dans le journalisme (pratiquesprofessionnelles, champ journalistique, environnementéconomique et technique)2. Une utilisation croissante des réseaux socio-numériques(Twitter, Facebook, LinkedIn) par les journalistes, par lessources (institutions, ONG, militants, politiques, blogueurs etc.)et par le publicComment Twitter s’intègre dans les processus de production et de diffusion de l’actualité ? Quels en sont les enjeux socioéconomiques pour le journalisme ?
  3. 3. Pourquoi Twitter ?- Des échanges en grande partie publiques et archivables- Des données accessibles via des APIs- Un outil de communication au croisement de la sphèrepublique et de la sphère privée- Une utilisation professionnelle complexe- Un outil stratégique pour les médias- Un service à usage massif : + de 200M d’utilisateursdont 1% en France-Une surreprésentation des professionsintellectuelles/ingénieurs du social
  4. 4. Cadre théorique1. Twitter comme « écosystème conversationnel » passimplement canal de diffusion (boyd & al., 2010)2. Contexte de communication instable (context collapse),visées communicationnelles & audiences potentielless’entremêlent (Marwick & boyd, 2010)3. «Awareness system » : real-time, networked digitaltechnologies that offer diverse means to collect, communicate,share and display news in the periphery of a user’s awareness(Hermida, 2010a)4. “Media life”: people living in their own personal pervasive &ubiquitous media space (Deuze, 2011)
  5. 5. Cadre théorique5. “Networked production of news”: news emerges fromnetworked actors who span different professional andorganizational identities and contexts (Lotan et al., 2011)6. Twitter as platform for collaborative verification, thatprivileges distributed over centralized expertise (Hermida,2011)7. “Ambient journalism”: networked, digital systems wherenews is ubiquitous in the form of unstructured and fragmenteddata, ingrained in the everyday media experiences of users &journalists (Hermida, 2010)
  6. 6. MéthodeSocio-économie des médias- Situer les interactions en ligne dans le cadre des processussocioéconomiques à l’œuvre- Entretiens semi-directifs, observations ethnographiques,enquêtes par questionnaire (synthèse)«Digital Methods» (Rogers, 2009)- Exploiter des volumes de données conséquents par le biaisd’analyses algorithmiques- Considérer les traces «virtuelles» comme résultant despratiques sociales «réelles»- Nouveaux médias, nouvelles méthodes (aussi)
  7. 7. Les usages de TwitterSynthèse d’études par questionnaire + entretiens semi-directifs:1. Perception and use of social media among journalists in the UK, 2011, n=6672. Les journalistes et les médias sociaux dans l’UE, 2012, Commission européenne, n=1353. Enquête sur les usages des réseaux sociaux par les journalistes français, 2012, Obsweb, n=6004. Entretiens dans le cadre du projet IPRI (Internet, pluralisme et redondance de l’information)5. Twitter et l’actualité (Pew, AT Internet, Médiamétrie, CSA)
  8. 8. L’actualité sur TwitterApport de trafic faible pour les sites d’info:En 2012 1% en moyenne aux USA (Nielsen), 0,5% enFrance (AT Internet), mais…-En France de 0,2 à 0,5% entre 02/2011 et 03/2012-Trafic mesuré uniquement depuis Twitter.com et t.co-Apport proportionnellement variable selon le média:Lemonde.fr 0,5%, Owni.fr 2,3%, @si 4,2% en mars 2011(Médiamétrie)-Twitter génère des visites longues (en moyenne plus de 20minutes pour toutes les visites de plus d’une pagecomparable à l’accès direct)
  9. 9. L’actualité sur TwitterConsultation de l’actualité via Twitter globalement faiblemais…- c’est une « tâche de fond » (active, en continu et collective)qui touche les professions du symbolique, Comby, 2011- s’intensifie aux moments d’actualité forte (15% des Françaislors de la présidentielle, 1,4VU le 6 mai ) et touche desinternautes très actifs politiquement, CSA- dépend davantage des médias et des journalistes parrapport à Facebook (famille & amis préponderants) et génèreun sentiment « d’exclusivité » (Pew)- s’entremêle avec l’usage simultanée d’autres médias
  10. 10. Twitter et les journalistesClivage générationnel: surreprésentation des jeunesjournalistes parmi les utilisateurs intensifs => davantage decrédit à l’information qu’ils y trouventClivage médiatique: surreprésentation des journalistes web etceux des grandes organisations parmi les utilisateursClivage symbolique: forte présence des indépendants,précaires et acteurs à la marge/frontière du journalisme(entrepreneurs)Clivage vie privée/professionnelle: Facebook davantageutilisé lors des relations privées, Twitter professionnellesTension entre expression personnelle et stratégie média
  11. 11. Principales utilisationsRecherche d’information: institutions, RP, autres médias,autres journalistes, internationalRecherche de sources: experts, témoins, « authenticité »,accéder à des mondes sociaux sans ancrageEntretenir un réseau de collègues, faire fonctionner une«supra rédaction» (A. Antheaume), se socialiserElargir son audience, se distinguer de son média d’origine(pe. dans la PQR Jeanne-Perrier, 2012)Cultiver sa notoriété (personal branding), faire la promotion deson travail, gagner des « contrats »
  12. 12. Twitter vu comme un graphe- Echantillon intégral (Cha et al. 2010): nécessite une logistiquemassive + des permissions spéciales- Echantillon aléatoire pour obtenir la représentativité:impossibilité de faire une analyse fine (pe. un sujet)-Echantillon “thématique” par mots-clés: très utilisé mais limitéà un sujet/conversation, risque d’échantillon partiel-Echantillon basé sur des « marqueurs » (géolocalisation,langue, logiciel utilisé): faible fiabilité-Echantillon « réticulaire » à partir des interaction pe.friend/follower, retweets (théories de graphes)-Echantillon manuel: approche qualitative
  13. 13. Le projet IPRIDans le cadre du projet IPRI (Internet, Pluralisme etRedondance de l’Information) quatre objectifs:1. Echantillon basé sur des comptes utilisateur plutôt que desthématiques, pouvoir examiner une variété de sujets2. Echantillon essentiellement français/francophone3. Intéressé par l’actualité générale et politique4. Echantillon suffisamment grand pour permettre d’avoir unaperçu des utilisations de Twitter en France.Données récupérées par la plateforme Tweetism(B. Rieder & R.Velt. Les visualisations ont été réalisées avec gephi
  14. 14. Méthodologie- Point de départ: 496 comptes séléctionnés manuellement(politiciens, journalistes, militants, blogueurs, chercheurs)-Totalité de leurs friends et followers =>326.532 comptes-Gardé seulement les comptes reliés à au moins 10 utilisateursdans notre noyau de départ- Echantillon final de 24 351 comptes Twitter, collecte de tweetspendant deux mois : du 15/02 au 15/04 2011-Requête mot clé «journaliste» dans la description + nettoyageet ajout manuel- Echantillon final : 1 816 comptes de journalistes auto-déclarés,dont 1 683 publics, 441 219 tweets sur 2 mois
  15. 15. Résultats Sur l’échantillon global l’usage de Twitter suit les rythmes sociaux: travail, vie scolaire et familiale, actualitéL’usage des hashtags suit des logiques sociales de proximité thématique
  16. 16. Résultats L’écosystème informationnel de Twitter est composé de plateformes UGC et de médiasLes sources les plus citées sont des sites PQN Sous-représentation des portails, gratuits, TV/radio Surreprésentation des pure-players, technos et sites étrangers
  17. 17. Résultats L’agenda des médias dominants fait la Une de Twitter mais….…la Longue traîne existe et elle est politique et technologique
  18. 18. Les journalistes sur Twitter vus comme un graphecomptes = nœuds, retweets et mentions = liens (arêtes)- Sur les 1 816 comptes de léchantillon, 1 358 (74,8%) constituent un seul, grand composant connecté- Sur les 938 comptes d’utilisateurs intensifs (>50 tweets), 98% (920) connectés dans un composant très dense- Diamètre: 7, average path length: 2,7 (cest le fameux "6degrees of separation") Il s’agit d’une véritable communauté dont les connexions sont très denses
  19. 19. Résultats Comparaison: journalistes / non journalistes Moyenne de tweets 262,16 264,26 % de tweets avec URL 40,67 % 48,44 % URL spread 0,475 0,389 Moyenne citations de 20,85 % 5,13 % journalistes émises Moyenne citations de 26,80 % 5,51 % journalistes reçues Moyenne retweets reçus 0,165 0,07Journalistes aussi bavards, moins prompts à envoyer des liens, mais davantage cités notamment entre eux
  20. 20. Carte 1: Vue d’ensemble de la Twittosphère journalistique française. La taille et la couleur des nœuds est fonction de leur taux de citation. Les liens gris correspondant à au moins cinq interactions (retweets, mention, etc.) réciproques entre deux utilisateurs pendant la période d’observation de deux mois.
  21. 21. Carte 2: Réseaux d’affinités à l’intérieur de la Twittosphère journalistique
  22. 22. Carte 3: variable: nombre de tweets. Les plus actifs/productifs ne sont pas forcement les plus cités.
  23. 23. Carte 4: Variable: nombre de followers. Les plus suivis ne sont pas forcement les plus cités.
  24. 24. Carte 5: Variable nombre de retweets émis. En présence de différentes « stratégies »
  25. 25. Carte 6: Variable betweeness centrality. Des positionnements réussis en termes de notoriété
  26. 26. Carte 7: Variable Url spread. Des usages promotionnels limités
  27. 27. Carte 8: Variable retweets vers journalistes. Tendance forte à l’endo-citation mais inégalement distribuée
  28. 28. Limites et perspectives- Intérêt principal de cette démarche: avoir une vue d’ensemble, découvrir des problématiques invisibles à « l’oeil nu »- Pas un Top 50 des « influenceurs »Limites:-une photographie à un instant t d’un champ mouvant-une logistique lourde, beaucoup des problèmes techniques-nécessité de compléter par des approches qualitatives: entretiensavec des journalistes et analyse fine du conten Pistes de recherche:réseaux socionumériques lieux de socialisation des jeunes journalistes ? De redéfinition des normes professionnelles ? Intégration de l’«influence» sur ces réseaux dans le capital journalistique ?
  29. 29. http://nikos.smyrnaios.free.fr/cantine.p ptx

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