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Ce document s’adresse aux patients pris en charge
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EN RESUME : LE CANCER DE LA PROSTATE ET SON TRAITEMENT
1- Qu’est-ce qu’un cancer de la prostate ?
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EN RESUME : LE CANCER DE LA PROSTATE ET SON TRAITEMENT
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’ho...
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LEXIQUE
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Figure 1 : Radiothérapie conformationnelle de prostate : de nombreux faisceaux
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Figure 2 : Curiethérapie de prostate : 80 à 100 grains radio-actifs d’Iode 125 sont
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par des aiguilles guidée par éch...
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  1. 1. 1 TRAITEMENT DES CANCERS DE LA PROSTATE LOCALISES Ce document s’adresse aux patients pris en charge à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy et à leur entourage. Son but est d’aider à mieux comprendre cette maladie et les différents traitements possibles. Février 2008
  2. 2. 2 TABLE DES MATIERES EN RESUME : LE CANCER DE LA PROSTATE ET SON TRAITEMENT 1- Qu’est-ce qu’un cancer de la prostate ? 2- Le traitement du cancer de la prostate 2-1 Les traitements possibles LES TRAITEMENTS LOCAUX a- La curiethérapie b- La radiothérapie externe c- La chirurgie : l’ablation de la prostate ou prostatectomie radicale d- Autres traitements locaux : ultrasons ou (ablatherm) cryothérapie (froid) LES TRAITEMENTS MEDICAUX a- Le traitement hormonal b- La chimiothérapie 2-2 Le choix des traitements 2-3 Le suivi du traitement 2-4 Les voies de recherche LEXIQUE ILLUSTRATIONS Les termes soulignés sont expliqués dans le lexique en fin de document.
  3. 3. 3 EN RESUME : LE CANCER DE LA PROSTATE ET SON TRAITEMENT Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il s’agit le plus souvent d’un cancer d’évolution lente. Il peut être totalement silencieux ou responsable de signes urinaires non spécifiques tels qu’une difficulté à uriner ou une envie plus fréquente, mais ces signes sont également rencontrés très souvent en cas de tumeur bénigne (adénome). Au toucher rectal on peut percevoir une augmentation de volume ou une induration de la prostate. Le cancer de la prostate est souvent suspecté devant une élévation de la concentration du PSA dans le sang (> 4 nanogrammes par millilitre). Cependant, seul un examen au microscope de biopsies de la prostate permet d’affirmer le diagnostic de cancer La gravité du cancer est déterminée principalement par trois facteurs : l’extension du cancer (localisé dans la prostate ou débordant la prostate, étendu aux ganglions ou dans d’autres organes), l’agressivité des cellules cancéreuses vues au microscope (score de Gleason : de 2 a 10) et la concentration de PSA dans le sang. Il existe plusieurs moyens pour traiter un cancer de la prostate : - La chirurgie consiste en l’ablation de la prostate de la prostate et des vésicules séminales (prostatectomie radicale) - La radiothérapie externe : rayons envoyés par une machine à l’extérieur du corps par des faisceaux d’irradiation convergeant dans la prostate. Elle s’effectue sous forme de courtes séances chaque jour, pour une durée totale du traitement de 7 à 8 semaines - La curiethérapie : traitement par petits grains radio-actifs implantés dans la prostate à l’aide d’aiguilles sous anesthésie générale. - Les traitements par médicaments reposent sur l’utilisation de : o l’hormonothérapie (analogues de la LH-RH : administrés par injection tous les 3 mois ou anti-androgènes périphériques administrés par la bouche). o la chimiothérapie : administrée le plus souvent voie veineuse. En fonction de la gravité de la maladie et de l’âge du patient, différents traitements peuvent être proposés. Si le traitement est le plus souvent nécessaire, celui-ci est rarement urgent. Il est donc important de prendre le temps de comprendre les différents traitements et leurs effets secondaires. En effet, dans certains cas le patient a le choix entre plusieurs alternatives. Chaque cas est particulier mais on peut schématiser les indications de la manière suivante: - Pour les stades très précoces (T1-2 et Gleason < 6 et PSA < 10), trois traitements ont montré une efficacité équivalente : la chirurgie, la radiothérapie externe et la curiethérapie. Le choix est alors effectué avec le patient, après concertation avec les médecins sur les différentes modalités de traitement et leurs effets secondaires. Dans le cas d’un patient très âgé ou en mauvais état général, une simple surveillance peut être également proposée. - A l’opposé, dans le cas d’une maladie disséminée (présence de métastases), le traitement de référence est le traitement hormonal puis la chimiothérapie en cas de non-efficacité. - Dans les cas intermédiaires, le traitement peut être selon le cas la chirurgie ou la radiothérapie externe associée a l’hormonothérapie.
  4. 4. 4 1- Qu’est-ce qu’un cancer de la prostate ? La prostate est une des glandes de l'appareil génital masculin. Elle se situe sous la vessie et en avant du rectum (elle est donc palpable par un toucher rectal, c’est à dire en mettant un doigt dans le rectum). De la taille et de la forme d'une châtaigne (pointe vers le bas), elle entoure le début de l'urètre, canal par lequel s'évacue l'urine collectée dans la vessie. Elle est constitue de deux lobes et est entourée d’une capsule. A sa partie supérieure arrondie, émergent de chaque cote latéralement et vers le haut deux petits « sacs », les vésicules séminales. La prostate produit un liquide visqueux qui, avec les spermatozoïdes issus des testicules, forme le sperme, évacué lors de l’éjaculation. Le fonctionnement normal de la prostate dépend d'une hormone mâle, la testostérone, fabriquée par les testicules. Le cancer de la prostate est le plus souvent d’évolution lente. Il peut, s’il grossit, comprimer l’urètre et donc gêner l’évacuation de l’urine. Il peut également coloniser les ganglions du bassin ou donner des métastases plus à distance par exemple dans les os. Le cancer de la prostate concerne une population d’homme âgés de plus de 50 ans. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 70 ans. Le bilan initial comporte un toucher rectal, un dosage sanguin de PSA (le taux de PSA est souvent augmenté en cas de cancer de la prostate), des biopsies de la prostate. Celles-ci permettent le diagnostic de cancer mais aussi d’en apprécier l’agressivité selon un score de 2 à 10 (score de Gleason). Par la suite d’autres examens peuvent être nécessaires comme un scanner ou une scintigraphie osseuse. Dans certains cas, l’examen au microscope des ganglions situés à proximité de la prostate est nécessaire. Cela nécessite une intervention chirurgicale (curage ganglionnaire). 2- Le traitement du cancer de la prostate 2-1 Les traitements possibles Il existe diverses méthodes de traitement du cancer de la prostate, qui sont alternatives ou complémentaires. On distingue les traitements locaux (comme la curiethérapie, la radiothérapie, la chirurgie) et les traitements généraux (comme l’hormonothérapie ou la chimiothérapie) basés sur l’utilisation de médicaments qui diffusent dans l'ensemble de l'organisme. Chacun de ces traitements a des avantages et des inconvénients (ou effets secondaires) spécifiques. Dans la description des effets indésirables, on distingue ceux qui surviennent pendant le traitement ou dans les suites immédiates et ceux survenant de façon retardée. Ces complications peuvent être temporaires ou permanentes.
  5. 5. 5 Le choix du traitement dépend du type de cancer, de son extension, de l’âge et de l’état général du patient. En cas de cancer très peu agressif chez un patient très âgé, une simple attitude de surveillance peut même être proposée. Lorsque le cancer de la prostate est découvert à un stade précoce, il existe plusieurs alternatives d’efficacité comparable mais dont les effets secondaires sont différents : le choix du traitement est alors décidé par le patient conjointement avec le médecin. Il est donc important, pour faire ce choix, de bien comprendre les traitements et les effets secondaires qui leur sont propres. Certains traitements peuvent être effectués directement à l’Institut Gustave- Roussy et d’autres dans des services d’urologie à l’Institut Mutualiste Montsouris, au CHU du Kremlin Bicêtre ou dans d’autres hôpitaux. LES TRAITEMENTS LOCAUX a- La curiethérapie Principe de la curiethérapie La curiethérapie est une modalité de radiothérapie, elle utilise un rayonnement ionisant (photons) de haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses. La curiethérapie consiste à implanter la source de rayonnement, des petits grains d’Iode radioactifs, dans la prostate sous anesthésie générale avec contrôle par échographie (Figure 2). La curiethérapie permet de délivrer une forte dose de rayons pendant une longue durée et dans un volume limité à la prostate (en épargnant la vessie et le rectum). Les progrès conjugués de l’imagerie (échographie endorectale) et de l’informatique (calcul de distribution de dose) ont permis aux Etats-Unis le développement de cette technique dès les années 90. Elle est actuellement en pleine expansion et le recul concernant les résultats de cette technique pour de nombreux patients est de plus de 12 ans. Entre 2001 et 2005, environ 200 patients ont été traités par curiethérapie à l’Institut Gustave-Roussy. La technique se fait le plus souvent en deux temps : - échographie endo-rectale de repérage : cet examen est effectué en 1/2h environ. Une sonde échographique est positionnée dans le rectum et une sonde urinaire est mise en place le temps de l’examen pour visualiser l’urètre (qui traverse la prostate). Les images échographiques sont traitées par ordinateur et permettent de prévoir où seront placés précisément les grains dans la prostate. - implantation des grains : Elle se fait sous anesthésie générale environ 1 semaine après le repérage: 75 à 100 grains d’Iode sont déposés de façon définitive dans la prostate à l’aide d’aiguilles guidées par échographie, en piquant dans le périnée (c’est à dire sous les bourses) (Figure 3). Il n’a donc pas d’incision ni de cicatrice. Une courte hospitalisation est nécessaire. Un scanner de contrôle est habituellement effectué un mois après l’implantation.
  6. 6. 6 Cette technique ne peut être proposée que si le cancer est localisé et sous réserve de certaines conditions : absence de troubles urinaires importants, pas de résection d’adénome prostatique auparavant et si la prostate n’est pas trop volumineuse (< 50- 60 cc). Le repérage et l’implantation se font au 3eme étage de l’Institut Gustave-Roussy (Service de curiethérapie). Le repérage est précédé ou suivi d’une consultation d’anesthésie nécessaire pour l’implantation. Effets secondaires de la curiethérapie La décroissance rapide de l’activité radioactive des grains d’iode et la très faible énergie du rayonnement font que le patient ne présente pas de risque d’irradiation ni pour lui ni pour son entourage. Il est néanmoins recommandé pendant quelques mois l’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels. Dans les 3 mois qui suivent l’implantation, il existe très souvent des signes d’irritation urinaire: envie fréquente d’uriner, petites sensation de blocage ou de brûlure. Un traitement anti-inflammatoire peut être prescrit s’ils sont importants. Ces signes disparaissent le plus souvent ensuite. Le risque d’incontinence urinaire est pratiquement nul. Il y a très peu d’irritation rectale. Le risque d’impuissance (environ 30%) est inférieur a celui observé après radiothérapie externe. Des médicaments peuvent être efficace en cas de troubles de l’érection. b- La radiothérapie externe Principe de la radiothérapie externe La source de rayonnements est située à distance du corps. Plusieurs faisceaux d’irradiation convergent vers la prostate et les vésicules séminales (et dans certains cas, les ganglions du bassin) (Figure 1). Cette technique d’irradiation ciblée en 3 dimensions est dite conformationnelle. Dans certains cas, une irradiation plus complexe peut être effectuée avec « modulation du faisceau d’irradiation » ou IMRT. La première étape est une étape de repèrage : elle consiste à effectuer un scanner pour définir des points de repère sur la peau (minuscules points de tatouage), une semaine environ avant de débuter l’irradiation. Pour le traitement lui-même, le patient est allongé sur le dos sous l’appareil (accélérateur linéaire) qui délivre le rayonnement. L’irradiation externe est délivrée en une trentaine de séances (le plus souvent une séance par jour, 4à 5 jours par semaine pendant 7 à 8 semaines ). Chaque séance dure quelques minutes et n’est pas douloureuse. L’hospitalisation n’est pas nécessaire. Ce traitement s’effectue dans le 2eme sous-sol de l’Institut Gustave-Roussy (Département de Radiothérapie) par des appareils identifiés par des noms tels que : Varian, Vega, Primus… Une fois par semaine, le patient est vu par le médecin pour faire le point et s’assurer de la bonne tolérance du traitement.
  7. 7. 7 Effets secondaires de la radiothérapie externe Compte tenu de la situation anatomique de la prostate, une petite partie de la vessie et du rectum est irradiée. Environ deux semaines après le début de l’irradiation et pendant 2 à 4 mois peuvent donc apparaître des signes d’irritation, en général modérés: - pour la vessie (cystite) : envie d’uriner plus fréquente, sensation de brûlures, ou de blocage, présence d’un peu de sang dans les urines - pour le rectum (rectite) : légères sensations de brûlures en allant à la selle, (ré-) apparition d’hémorroïdes, selles un peu glaireuses, mais le plus souvent pas de diarrhée. Il n’est pas nécessaire de suivre un régime alimentaire particulier mais de boire suffisamment. Ces troubles disparaissent le plus souvent ou s’ils persistent sont le plus souvent très modérés. Il existe, aussi un risque d’impuissance (environ 50% des patients).Dans ce cas, la prise de médicaments comme le Viagra a montré une certaine efficacité. Le risque d’impuissance est également augmenté en cas d’autres maladies associées telles que le diabète. c- La chirurgie Principe de la chirurgie L’intervention chirurgicale est la prostatectomie radicale. Elle consiste à enlever la prostate en totalité avec les vésicules séminales. Le chirurgien essaie de conserver autant que possible (en fonction du stade du cancer) • les bandelettes vasculo-nerveuses c’est à dire l’endroit par où passent les nerfs dits "érecteurs" car ils contrôlent l'érection, • ainsi que le muscle (sphincter) contrôlant le passage de l'urine dans l'urètre (continence). La prostatectomie radicale peut être associée à une ablation des ganglions du bassin, opération appelée curage ganglionnaire, afin de rechercher d’éventuels foyers cancéreux dans ces ganglions. L’intervention peut être réalisée par chirurgie classique (le chirurgien ouvre le ventre) ou par coelioscopie (le chirurgien pratique une petite incision au niveau du nombril par où il introduit les instruments pour opérer). L'une et l'autre de ces techniques ont leurs avantages et inconvénients respectifs dont vous discuterez avec votre chirurgien. La chirurgie de la prostate ne s’effectue pas à l’Institut Gustave-Roussy mais à l’Institut Mutualiste Montsouris, au CHU de Bicêtre ou dans d’autres hôpitaux. Effets secondaires de la chirurgie L’effet secondaire le plus fréquent de la prostatectomie radicale est l’impuissance. Si le chirurgien ne peut pas préserver les bandelettes vasculo-
  8. 8. 8 nerveuses, l’impuissance est habituelle et définitive. Le risque dépend également de l’âge du patient et de l’activité sexuelle du patient avant l’intervention. L’incontinence urinaire est fréquente au décours immédiat de l’intervention. Cependant, une rééducation permet habituellement le retour à une continence normale (le jour, puis la nuit) dans la majorité des cas. d- Autres traitements locaux (en cours d’évaluation) Du fait de la lenteur d’évolution généralement observée pour les cancers de la prostate, un recul de nombreuses années (minimum 5 à 10 ans) est nécessaire pour affirmer l’intérêt et la place d’une nouvelle technique. Deux techniques en particuliers sont en cours d ‘évaluation (en dehors de l’Institut Gustave-Roussy). Les ultrasons (ou ablatherm) La prostate est repérée par échographie sous anesthésie générale. Des ultrasons sont alors délivrés dans la prostate pour détruire par la chaleur la tumeur. Cette technique est relativement récente. Elle est proposée à l’Institut Mutualiste- Montsouris. Le froid (ou cryothérapie) Comme la technique précédente, la cryothérapie est une nouvelle technique en cours d’évaluation. Elle est basée sur l’utilisation du froid pour détruire la tumeur. LES TRAITEMENTS MEDICAUX a- Le traitement hormonal Principe du traitement hormonal L’objectif initial de l’hormonothérapie consiste à empêcher le corps de produire de la testostérone, hormone mâle qui stimule la croissance des cellules cancéreuses prostatiques. Pour cela, deux solutions : soit l’emploi d’injections mensuelles ou le plus souvent trimestrielles (appelées « agonistes de la LHRH), soit une intervention chirurgicale afin de pratiquer l'ablation d’une partie des testicules (opération appelée pulpectomie). Dans certains cas, l’hormonothérapie utilise des médicaments administrés par la bouche (les anti-androgènes périphériques). Enfin, les œstrogènes peuvent être utilisés. Les médicaments hormonaux peuvent être utilisés seuls ou associés entre eux pendant une certaine durée (un agoniste de la LH-RH et un anti-androgène périphérique par exemple). La durée du traitement hormonal varie selon le stade de la maladie et selon l'évolution clinique et/ou biologique (variations du taux de PSA). Actuellement, de nombreux spécialistes ont adopté le principe d'un traitement intermittent.
  9. 9. 9 Effets secondaires du traitement hormonal - L'hormonothérapie ( par analogues de la LHRH ou par pulpectomie) entraîne une impuissance sexuelle et parfois des bouffées de chaleur. Ce traitement peut également entraîner une prise de poids modérée, une fragilisation des os à long terme, un ralentissement (habituellement modéré) psychique et moteur. - Les anti-androgènes périphériques peuvent également entraîner un gonflement ou une sensibilité des seins, une modification du fonctionnement du foie détectable sur la prise de sang. - Les oestrogènes augmentent le risque de phlébite et peuvent parfois entraîner des nausées chez certains patients. b- La chimiothérapie Principe et mode d’administration de la chimiothérapie Si le traitement hormonal n’est plus assez efficace, un traitement par chimiothérapie peut être proposé. La chimiothérapie à pour but de détruire les cellules cancéreuses. Elle a souvent aussi un effet sur certaines cellules saines. La chimiothérapie s’administre en général par voie intra-veineuse. Elle est effectuée le plus souvent toutes les 3 a 4 semaines. Elle ne nécessite pas obligatoirement une hospitalisation. Sa durée dépend de son efficacité et de la tolérance de l’organisme. Effets secondaires de la chimiothérapie Les médicaments de chimiothérapie utilisés pour le traitement du cancer de la prostate sont dans l’ensemble bien tolérés. Les effets secondaires les plus fréquents sont : une chute réversible de cheveux (elle est habituellement évitée grâce au port d’un casque réfrigérant lors de la perfusion), une baisse des globules blancs sanguins ou des plaquettes, une diminution d'appétit, des nausées. Ces effets secondaires disparaissent à l'arrêt du traitement. 2-2 Le choix des traitements Le choix du traitement est fonction : - de la gravité du cancer : déterminée à partir : du taux de PSA, du stade de la maladie et du score de Gleason - de l’âge du patient, de son état général et de l’existence éventuelle d’autres maladies associées Chaque situation est particulière et le traitement est décidé à l’Institut Gustave- Roussy de façon collégiale par plusieurs médecins de spécialités différentes (urologue, radiothérapeute, oncologue médical). Il est difficile de donner une règle absolue de décision dans le choix de traitement, mais un schéma de décision théorique est présenté ci-dessous.
  10. 10. 10 a- Tumeurs de stade T1-2 et score de Gleason < 6 et PSA < 10 Les traitements suivants ont montré, avec un recul suffisant, une équivalence d’efficacité : - prostatectomie radicale (patient plutôt jeune) - OU curiethérapie (patient plutôt jeune) - OU radiothérapie externe (patient plutôt un peu plus âgé) Le patient peut donc faire un choix entre ces différentes techniques, d’efficacité identique mais d’effets secondaires différents. Pour ces tumeurs, les taux de guérison sont élevés (environ 90%). Pour un patient plus âgé (> 75 ans) : une simple surveillance peut suffire. En cas d’évolution, le traitement hormonal pourrait être utilisé. Un traitement par ultra-sons peut également être proposé. b- Tumeurs de stade T1-T2 et PSA 10- 20 - prostatectomie radicale - OU radiothérapie externe, associé ou non à un traitement hormonal c- Tumeurs de stade T3 ou PSA > 20 ou score de Gleason ≥ 8 - radiothérapie externe et traitement hormonal prolongé (3 ans environ) d- Tumeurs métastatiques - hormonothérapie et en cas d’inefficacité : - chimiothérapie - traitement spécifique des os (« biphosphonates », « irradiation métabolique ») - radiothérapie en cas de douleurs osseuses Le tableau ci-après résume les arguments en faveur d’un traitement plutôt que d’un autre.
  11. 11. 11 Tableau récapitulatif des arguments en faveur d’un traitement plutôt que d’un autre pour les cancers localisés de la prostate. Synthèse des effets secondaires des traitements. Patient Chirurgie (ouverte ou coelioscopique) Radiothérapie externe curiethérapie Age en dessous de 75 ans ++ + ++ Age au delà de 75 ans - + + Mauvais état général - + + / - Maladies associées - + + / - Tumeur Extension à 1 lobe de la prostate ++ + ++ Extension aux 2 lobes + + - Extension capsule + / - ++ - Score de Gleason > 7 + / - ++ - Volume de la prostate > 50 cc ++ + - Taux de PSA inférieur à 10 ng/ml ++ + ++ Taux de PSA entre 10 et 20 ng/ml + + - Taux de PSA > 20 + / - ++ - Effets secondaires Incontinence Habituelle mais régressive dans la majorité des cas non non Impuissance Possible / systématique si non préservation des bandelettes Possible retardée Rare retardée Irritation de la vessie non Possible Fréquente transitoire Irritation du rectum non Possible Rare modérée 2-3 Le suivi du traitement Des examens de surveillance réguliers sont nécessaires chez toute personne ayant été traitée pour un cancer de la prostate. En général, la surveillance est basée sur l’examen clinique (toucher rectal) et sur le dosage sanguin du PSA. D’autres examens (scintigraphie, etc.) peuvent être demandés dans certains cas.
  12. 12. 12 En cas de troubles de l’érection, il ne faut pas hésiter à en parler au médecin. Des traitements sont proposés. 2-4 Les voies de recherche Le cancer de la prostate fait l’objet de nombreuses recherches, dans des domaines très différents, en particulier à l’Institut Gustave-Roussy. La séquence (ou la durée) des différents traitements combinés n’est probablement pas complètement optimisée. Des études visent donc actuellement à tester plusieurs schémas d’administration : modifications de durée ou de chronologie des traitements. De nouveaux anticancéreux ayant des mécanismes d’action originaux sont également à l’étude. De nouveaux traitements ciblant les os sont en cours d ‘évaluation chez les patients ayant une atteinte osseuse ou à risque de développer celle-ci. Des techniques d’irradiation sophistiquées font également l’objet de recherche pour augmenter la dose dans la tumeur (augmenter l’efficacité) et diminuer la dose dans les tissus sains (diminuer la toxicité). Elles visent à améliorer la distribution de dose tout en contrôlant très précisément la position de la prostate sous l’appareil de traitement. Conformément à la loi française, toutes ces recherches sont effectuées dans le cadre d’essais thérapeutiques, qui vous seront peut-être proposés.
  13. 13. 13 LEXIQUE AGONISTES DE LA LHRH Médicament ressemblant à la LHRH (voir ce mot). ANATOMOPATHOLOGISTE Médecin spécialisé dans le diagnostic des maladies à partir de l'examen au microscope des cellules et tissus prélevés dans l'organisme. ANTIGENE PROSTATIQUE SPECIFIQUE (PSA) Protéine dont l'augmentation du taux dans le sang est souvent associée à un cancer de la prostate. BIOPSIE Prélèvement d'un fragment de tissu pour examen au microscope afin de rechercher d'éventuelles cellules cancéreuses. ECHOGRAPHIE Technique d’imagerie fondée sur l'utilisation d'ultrasons EJACULATION Ejection de sperme et de liquide séminal par le pénis. GANGLIONS (lymphatiques) Petites structures en forme de haricot, répandues le long des vaisseaux constituant le système lymphatique. En filtrant la lymphe, les ganglions retiennent les bactéries ou les cellules cancéreuses (en vue de leur destruction dans un fonctionnement normal) qui pourraient avoir emprunté le système lymphatique. Les cellules cancéreuses peuvent se multiplier dans les ganglions a partir de la tumeur primitive. IMPUISSANCE Incapacité d'avoir une érection. INCIDENCE Nombre de nouveaux cas d'une maladie par an. INCONTINENCE Pertes d’urines allant jusqu’à l’absence complète de possibilité de se retenir LHRH (initiales de "Luteinizing Homone-Releasing Hormone") Hormone assurant le contrôle des hormones sexuelles chez l'homme et la femme. LYMPHATIQUE (système) Ensemble des tissus et organes comprenant la moelle osseuse, la rate, le thymus, les amygdales et les ganglions, qui produisent et gardent en réserve les cellules chargées de combattre l'infection. METASTASES Dissémination d'un cancer de son foyer initial (tumeur primitive) à un autre organe. Les cellules de la tumeur métastatique (secondaire) sont le plus souvent de même type que la tumeur primitive.
  14. 14. 14 ŒSTROGENES Hormones sexuelles femelles. ORCHIDECTOMIE OU PULPECTOMIE Ablation chirurgicale des testicules. RECTUM Partie terminale du tube digestif située entre le côlon (15-20 cm) et l'anus. SCANNER (ou TOMODENSITOMETRIE) Technique radiologique informatisée donnant des images détaillées selon des plans de coupe successifs. STADE Degré d'évolution du cancer. On distingue classiquement 4 stades de 1 à 4 de gravité croissante. TESTICULES Paire de glandes, de forme ovoïde, où se forme le sperme. TESTOSTERONE Hormone sexuelle mâle. URETERE Canal par lequel l'urine passe du rein dans la vessie. URETRE Canal par lequel s'évacue l'urine provenant de la vessie et le sperme provenant des testicules et de la prostate. UROLOGUE Médecin spécialisé dans les maladies du système urinaire chez la femme et celles du système uro-génital chez l'homme. VESSIE Organe creux situé dans le pelvis recueillant l’urine provenant des reins par les uretères.
  15. 15. 15 ILLUSTRATIONS Figure 1 : Radiothérapie conformationnelle de prostate : de nombreux faisceaux d’irradiation viennent converger dans la prostate. Le scanner montre le « ciblage de la distribution de dose ».
  16. 16. 16 Figure 2 : Curiethérapie de prostate : 80 à 100 grains radio-actifs d’Iode 125 sont placés dans la prostate. Radiographie permettant de visualiser ces grains.
  17. 17. 17 Figure 3 : Curiethérapie de prostate : des grains d’iode sont déposés dans la prostate par des aiguilles guidée par échographie endorectale, sous anesthésie générale.

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