Investissements français en 
  

  

Turquie : retour d’expérience 
  

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Préface 
 
 
 
 
C’est un grand plaisir pour moi de préfacer cette excellente initiative 
que  constitue  ce  premier  Liv...
entreprises  implantées  employant  plus  de  70 000  salariés,  notre  pays  mobilise  dans  ce 
domaine des capitaux d’u...
Introduction 
La  Turquie  est  devenue  depuis  plusieurs  années  une  destination  attractive  pour  les 
investisseurs...
ressources  humaines  aux  fortes  capacités  d’adaptation,  qualifiées,  travailleuses  et 
motivées). 
 
A l’ensemble de...
Le  développement  des  implantations  françaises  en  Turquie  est  un 
    phénomène encore récent (I) 
    

Les trois ...
Bien que la Turquie soit liée à l'Union européenne par un accord d'association depuis 1963, 
    la présence d’entreprises...
des  entreprises  turques,  avant  d’en  reprendre  le  contrôle  et  créer  lui‐même  une  filiale  et 
   une implantati...
L’année  1991  est  aussi  marquée  par  l’arrivée  d’un  des  plus  grands  groupes  français,  le 
pétrolier  Total.  Le...
L'approfondissement des années 2000 
     
   Les  années  2000  sont  marquées  par  l’arrivée  de  nombreuses  entrepris...
 
    Au début de l’année 2009, Aromatech Turquie s’est installée dans ses nouveaux locaux sur 
    3 niveaux à Istanbul. ...
décembre  2006.  En  février  2009,  l’enseigne  comptait  11  magasins,  dont  3  en  dehors 
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L’ENTREPRISE DE TRANSPORT ET LOGISTIQUE PROTEAMEASTEAST  
 
La  sociét...
partie  des  activités.  Progressivement  le  management  de  service  est  venu  s’agréger  aux 
    activités de Sodexo....
Un exemple d’investissement majeur en Turquie : AREVA T&D 
    Le  27  juillet  2008,  M.  Zafer  Caglayan,  Ministre  de ...
ouvert  un  bureau  de  représentation  à  Istanbul  en  1989.  A  l’automne  2004,  il  s’est  porté 
acquéreur  de  50% ...
J’ai  alors  fondé  à  Istanbul  avec  des  partenaires  Turcs  (un  avocat,  un  cadre  bancaire  et 
    plusieurs  homm...
la  société  turque  POLAT  ENERJI  A.S  par  EDF  E.N.,  dont  nous  hébergeons  aujourd’hui  la 
       structure  d’inv...
saturation  qu’Istanbul  et  dispose  d’infrastructures  de  grande  qualité,  notamment  de 
      l’ouverture sur la mer...
plâtre grâce à la coentreprise établie avec Dalsan : si le siège et une usine sont à Ankara, 
            le groupe possèd...
Le poids de la Turquie pour nos sociétés reste encore modeste, avec quelques 
    exceptions, mais son importance est stra...
le 4ème semencier mondial, a acquis, en 2007, la totalité du capital d’Anadolu Tohum 
        afin  de  conforter  ses  po...
Vicat et l’ouverture internationale 

        La production de ciment est la principale activité du groupe Vicat depuis pl...
prescripteurs  turcs,  ou  plus  profondément  la  réévaluation  de  la  stratégie  de 
      développement international ...
L’accès  au  marché  turc  demeure  la  motivation  principale  de 
    l’implantation, mais d’autres facteurs jouent un r...
surtout d’étoffer la présence commerciale pour démarcher plus activement les clients ou 
        mieux contrôler les distr...
des  plus  grands  concepteurs  et  fournisseurs  de  pièces  détachées  destinées  au  marché 
   automobile.  
   Dans l...
Focus sur les énergies renouvelables en Turquie 

    Hydroélectricité 
    Potentiel hydroélectrique de la Turquie : 
   ...
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Livre  Blanc sur les « Investissements 
français  en  Turquie :  retour  d’expérience ». Publié par la mission économique de Turquie, UBIFRANCE et la Chambre de Commerce Franco-Turque. Février 2010.

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Livre Blanc Investissements Turquie

  1. 1.               Investissements français en      Turquie : retour d’expérience        Livre Blanc           [Tapez le nom de l'auteur]    [Tapez le nom de la société]    [Sélectionnez la date]             
  2. 2. Préface          C’est un grand plaisir pour moi de préfacer cette excellente initiative  que  constitue  ce  premier  Livre  Blanc,  intitulé  « Investissements  français en Turquie : retour d’expérience ». Tout le mérite en revient  à  la  section  des  Conseillers  du  Commerce  Extérieur  de  la  France  en  Turquie et tout particulièrement à son Président de 2008 à novembre  2009.  Gérard Lanfrey a en effet, eu la bonne idée de réaliser, avec le  concours  de  la  Chambre  Française  de  Commerce  en  Turquie,  de  la  Mission  Ubifrance  à  Istanbul  et  du  Service  Economique  Régional  de  l’Ambassade de France en Turquie, cette étude qui constitue une documentation unique sur  la manière dont les entreprises françaises conduisent leurs investissements en Turquie.    Si nos relations économiques avec la Turquie reposent sur des bases solides et diverses, ce  livre  Blanc  vise  à  pallier  une  certaine  méconnaissance  des  entreprises  françaises  quant  à  l’accès au marché turc.      Ce  document  se  démarque  des  guides  juridiques  ou  fiscaux.  Le  parti  retenu  a  en  effet  été  celui  de  relater  des  expériences,  les  succès  mais  aussi  les  difficultés  rencontrées  par  nos  entreprises.  Les  témoignages  recueillis  auprès  de  43  entreprises  donnent  une  opinion  générale globalement positive sur l’opportunité d’investir en Turquie.    Au‐delà des chiffres, ce document nous éclaire sur l’histoire de l’investissement français en  Turquie et permet, dans le même temps, de découvrir au hasard des expériences des uns et  des  autres  ce  qu’est  la  Turquie  d’aujourd’hui,  à  savoir  une  économie  dynamique,  la  17e  économie mondiale, membre du G20 et dont l’ambition est de devenir en 2050 l’une des 10  premières économies mondiales. Un pays où les élites sont parfaitement formées et qui est  également  un  formidable  pont  entre  l’Europe  et  le  Moyen‐Orient  avec,  dans  ce  pays  stratégique,  Istanbul  qui  est  devenue  aujourd’hui  une  grande  métropole  d’envergure  mondiale.    Investir  en  Turquie,  ce  n’est  pas  seulement  conquérir  un  marché  intérieur  de  72  millions  d’habitants,  bénéficier  d’un  coût  de  la  main  d’œuvre  ou  d’un  savoir‐faire  attractifs,  c’est  aussi trouver une excellente base pour lancer des investissements au Moyen Orient, en Asie  centrale ou en Afrique.    La  présence  de  nos  sociétés  en  Turquie  a  été  multipliée  par  vingt  au  cours  des  vingt  dernières années. Désormais au second rang des investisseurs étrangers, avec près de 300  2   
  3. 3. entreprises  implantées  employant  plus  de  70 000  salariés,  notre  pays  mobilise  dans  ce  domaine des capitaux d’un montant très significatif. Les témoignages rapportés dans le Livre  Blanc montrent qu’une marge de progression importante existe encore. Malgré la récession  qui  a  frappé  la  Turquie  durant  l’année  2009,  un  nombre  croissant  de  nos  entreprises  envisagent une progression rapide de leurs chiffres d’affaires dans les années à venir.     Les témoignages recueillis montrent également que travailler en Turquie n’est pas toujours  aisé.  Les  difficultés  sont  nombreuses,  qu’il  s’agisse  des  pesanteurs  administratives,  d’obstacles non tarifaires ou de la protection de la propriété intellectuelle.     Le  message  principal  de  ce  Livre  Blanc  est  que  les  difficultés  normales  d’accès  au  marché  turc  n’empêchent  pas,  bien  au  contraire,  nos  entreprises  de  réussir  et  d’envisager  l’avenir  avec  sérénité.  Elles  ont  toutes  pris  conscience  que  se  priver  d’aller  en  Turquie  signifierait  renoncer à des opportunités majeures et négliger le carrefour stratégique que constitue ce  grand  pays  ami.  Oui,  ce  Livre  Blanc  est  bien  une  invitation  à  poursuivre  notre  offensive  économique  pacifique  dans  ce  grand  partenaire  de  la  France  dont  le  rapprochement  avec  l’Union européenne permet aussi de multiplier les opportunités de travail en commun.                                                3   
  4. 4. Introduction  La  Turquie  est  devenue  depuis  plusieurs  années  une  destination  attractive  pour  les  investisseurs.  Un  contexte  politique  stabilisé,  ainsi  que  des  résultats  économiques  impressionnants obtenus grâce à la mise en œuvre de politiques de gestion rigoureuse, ont  en  effet  permis  d’améliorer de façon  significative  l’afflux des  IDE en Turquie.  Depuis  2005,  les flux d’IDE dirigés vers le site turc ont connu une accentuation notable, qui a culminé en  valeur absolue à 22 Mds USD en 2007 et est demeurée à un bon niveau en 2008, à 18,2 Mds  USD.     Des IDE d’origine française qui fournissent un socle d’implantation solide    L'essor des investissements français en Turquie date de la seconde moitié des années 80. La  présence  française  est  ainsi  plus  récente  que  celle  de  certains  concurrents  européens  (Allemagne,  Italie,  notamment),  mais  elle  a  connu  des  avancées  importantes  au  cours  des  quinze  dernières  années.  Le  nombre  d’implantations  est  ainsi  passé  de  15  en  1985  à  un  chiffre  voisin  de  300  aujourd’hui,  concentrant  plus  de  70.000  emplois.  Les  investissements  français  en  Turquie  sont  répartis  pour  63  %  dans  les  services    (dont  27  %  consacrés  à  des  activités  d’import  et  d’export)  et  pour  37  %  dans  l’industrie.  Les  principaux  secteurs  concernés  sont  l’automobile  (y  compris  les  équipementiers),  le  BTP  (matériaux  de  construction,  pour  l’essentiel),  les  services  financiers  (banque,  assurance),  le  textile,  le  matériel électrique, les TIC, et les services de transport et de logistique.     Selon  les  statistiques  françaises,  les  opérateurs  nationaux  ont  investi  657  MEUR  sur  le  territoire turc en 2008, soit 0,5% des flux d’IDE dirigés vers le reste du monde. La Turquie se  classe ainsi au 25ème rang des destinations mondiales (28ème en 2007) privilégiées par notre  pays au cours de l’exercice.   En termes de stocks, notre pays occupe fin 2008 le 2ème rang des investisseurs étrangers en  Turquie, derrière les Pays‐Bas. La Turquie représente ainsi, pour l’IDE français, le 24ème  site  d’accueil à l’échelle mondiale.   Ces  chiffres  minorent  néanmoins  le  poids  réel  de  nos  investissements,  qui  transitent  en  grande partie par des pays tiers et ne sont donc pas comptabilisés comme français. Surtout  l’investissement  tel  qu’il  est  mesuré  ne  donne  pas  une  image  fidèle  de  la  présence  et  de  l’activité  de  nos  entreprises,  dont  l’intensité  capitalistique  est  extrêmement  variable  selon  les secteurs.     Les entreprises françaises ont une carte importante à jouer avec la Turquie   Pour  les  démarches  d’investissements  des  opérateurs  français,  la  Turquie  affiche  des  facteurs  d’attractivité  nombreux  :  un  potentiel  de  développement  et  de  demande  locale  élevé, par suite de l’existence d’une population jeune, ouverte sur le monde et sur le modèle  de  consommation  occidental  ;  des  déterminants  favorables  pour  la  gestion  des  relations  sociales  ou  partenariales  (cadre  juridique  proche  des  standards  européens,  outil  industriel  développé et diversifié, tissu d’entreprises particulièrement dense, façonné autour de PME,  4   
  5. 5. ressources  humaines  aux  fortes  capacités  d’adaptation,  qualifiées,  travailleuses  et  motivées).    A l’ensemble de ces atouts s’ajoutent les capacités de rayonnement offertes  par un pays «  carrefour»,  situé  à  la  croisée  de  plusieurs  continents  et  susceptible  de  favoriser  des  synergies  profitables  avec  les  grands  ensembles  régionaux  voisins  (Union  pour  la  Méditerranée,  ensemble  EUROMED,  BSEC,  Proche  et  Moyen  Orient,  pays  d’Asie  centrale).  Economie  émergente,  de  grande  taille  et  proche  de  l’Europe,  elle  représente,  pour  les  opérateurs  français,  une  destination  particulièrement attrayante.  Au‐delà,  des  liens  d’histoire  particulièrement  anciens  et  des  liens  de  culture  étroits  illustrés  par  la  présence  d’une  tradition  francophone  toujours  vivace  ne  peuvent  qu’aider  notre  pays  et  ses  entreprises à se rapprocher davantage encore, pour l’avenir, d’un partenaire qui a vocation à  tenir une place éminente dans l’effort d’internationalisation du tissu économique français.    Pour  donner  une  image  plus  fidèle  du  développement  de  la  présence  des  entreprises  françaises  en  Turquie,  dans  toutes  ses  dimensions,  le  Service  Economique  Régional  d’Ankara de l’Ambassade de France en Turquie, la Mission économique‐Ubifrance d’Istanbul,  les Conseillers du commerce extérieur de Turquie et la Chambre de Commerce et d’Industrie  française  en  Turquie  ont  conjointement  décidé  de  la  rédaction  d’un  livre  blanc.  Ce  document,  public,  a  été  établi  principalement  sur  la  base  d’un  questionnaire  envoyé  aux  responsables  de  43  sociétés  françaises  implantées  en  Turquie,  ainsi  que  par  le  bais  d’entretiens  réalisés  en  face‐à‐face  avec  certains  d’entre  eux.  Ces  sociétés  ont  été  sélectionnées  pour  obtenir  un  échantillon  représentatif  de  notre  présence  –  même  s’il  est  nécessairement  imparfait  –  en  termes  de  secteur  d’activité,  de  taille  et  de  localisation  géographique.  On  y  retrouve  aussi  bien  CarrefourSA,  premier  employeur  français  du  pays,  avec un peu plus de 7200 salariés, que des entreprises qui y comptent moins de 10 salariés.  Même  si  aucune  entreprise  ayant  échoué  dans  son  implantation  en  Turquie  n’a  été  interviewée – l’intégralité du travail de recherche pour ce rapport ayant été réalisé sur place  –  il  a  été  pris  soin  de  ne  pas  écarter  les  témoignages  d’entreprises  qui  ont  connu  ou  connaissent  encore  des  difficultés,  parfois  importantes,  du  fait  de  leur  implantation  en  Turquie.  La  liste  des  entreprises  interviewées  figure  en  annexe  à  ce  rapport ;  s’y  ajoutent  quelques autres qui ont souhaité témoigner de manière anonyme.  Le  rapport  s’articule  autour  de  quatre  grandes  questions,  auxquelles  il  s’efforce  de  répondre  objectivement,  à  la  lumière  des  expériences  vécues  par  les  entreprises  rencontrées :    Depuis quand et où les entreprises françaises s’implantent‐elles en Turquie ?   Pourquoi ces entreprises viennent‐elles en Turquie ?   Quelles sont les difficultés rencontrées et quelles solutions ont pu être trouvées ?   Quel est l’impact de ces implantations, pour les entreprises comme pour l’économie  française ?  5   
  6. 6. Le  développement  des  implantations  françaises  en  Turquie  est  un  phénomène encore récent (I)    Les trois vagues successives d’implantation    Les groupes précurseurs des années 1980    L’essor  des  investissements  français  en  Turquie  date  de  la  2e  moitié  des  années  quatre‐ vingt.  En  effet,  au  cours  des  deux  dernières  décennies,  les  sociétés  françaises  ont  pris  le  chemin de la Turquie où le nombre des implantations tricolores s’est accru de 15 en 1985 à  près de 290 fin 2008. L’effectif total employé par les implantations françaises en Turquie –  tous types de structures confondus – dépasse aujourd’hui les 70 000 salariés.   Dans la chronologie des implantations françaises, deux entreprises font figure de pionniers,  avec une implantation antérieure aux années 1980    Air  France,  avec  l'ouverture  d'une  liaison  aérienne  avec  la  Turquie  dès  1933, fait  figure  de  pionnière parmi les entreprises françaises présentes en Turquie. En effet, d'après le rapport  d'exploitation  d'Air  France  du  31  décembre  1933,  la  ligne  Bucarest‐Istanbul  est  exploitée  trois fois par semaine en correspondance avec la ligne Paris‐Bucarest. Bien que la desserte  de la Turquie par Air France soit suspendue en 1935 suite à la concurrence d'une ligne créée  par  la  Lufthansa  entre  Berlin  et  Istanbul,  celle‐ci  reprend dès  la  fin  de  la  deuxième  Guerre  Mondiale. En octobre 1946, la France et la Turquie signent un accord sur les communications  aériennes entre les deux pays qui prévoit notamment une route Paris‐Ankara via Marseille,  Tunis, Le Caire, et une route Paris‐Istanbul‐Ankara, via  l'Europe Centrale.  La création de la société Oyak‐Renault, détenue à l’époque à hauteur de 44% par Renault,  43%  par  Oyak  (caisse  de  retraite  de  l'armée)  et  13%  par  la  banque  turque  Yapı  Kredi,  inaugure  la  présence  industrielle  française  en  Turquie.  Au  début  de  l'aventure  du  groupe  français et selon la législation de l'époque, il fallait obligatoirement, pour pouvoir s'installer  en Turquie,  avoir un partenaire local, le partenaire étranger ne pouvant être majoritaire non  plus.  À  cette  époque,  Oyak  souhaitait  mettre  sur  pied  son  propre  projet  d'investissement  dans  le  secteur automobile  avec  une  tentative d'alliance pour  obtenir une  licence.  Ceci  en  vue  de  créer  une  usine  automobile  en  Turquie  centrée  essentiellement  sur  une  activité  d'assemblage des véhicules qui seraient ensuite commercialisés sur le marché turc à partir  de pièces et organes détachés. Vu l'ampleur de l'investissement, les discussions conduites à  la base en vue de la conclusion d'un contrat de licence ont subitement changé de direction  pour  basculer  vers  une  négociation  visant  un  partenariat.  Les  responsables  de  Renault,  informés  du  projet  d'investissement  d'Oyak  dans  l'industrie  automobile,  ont  alors  proposé  un rendez‐vous de prise de contact. Ce n’est toutefois que lorsque les négociations initiales  engagées avec un autre constructeur européen ont achoppé, que les contacts entamés entre  Oyak  et  Renault  ont  pu  aboutir  en  1969,  posant  la  première  pierre  du  partenariat  franco‐ turc.  6   
  7. 7. Bien que la Turquie soit liée à l'Union européenne par un accord d'association depuis 1963,  la présence d’entreprises françaises et étrangères est restée très limitée durant les années  1960  et  1970.  Mises  à  part  les  exceptions  précitées,  c'est  donc  seulement  vers  la  fin  des  années  1980,  mais  surtout  les  années  1990  que  s’est  enclenché  le  premier  véritable  mouvement d'implantation de nos entreprises en Turquie, avec l'arrivée de grands groupes  industriels.       Chaîne de montage de l’usine Oyak‐Renault à Bursa  Les grands groupes industriels ouvrent la voie à la fin des années 1980    Il faut attendre la fin des années 1980 et l'ouverture économique décidée à cette époque,  notamment  en  ce  qui  concerne  les  importations,  (voir  encadré)  pour  que  les  premiers  grands  groupes  industriels  français  arrivent  sur  le  marché  turc.  Dès  1988,  Rhone  Poulenc,  déjà présent sur le marché pharmaceutique local, de la vaccination, des produits chimiques  et  des  pesticides,  en  collaboration  avec  la  plus  grande  entreprise  pharmaceutique  turque  Eczacıbaşı,  renforce  son  implantation  en  Turquie.  La  filiale  turque  de  Rhodia  reprend  en  1998 les activités chimie de Rhone Poulenc.  Disposant  de  nombreux  réseaux  en  Turquie  depuis  plusieurs  années,  Saint‐Gobain  PAM  y  ouvre  un  bureau  de  représentation  à  Istanbul,  en  1987.  Initialement  situé  au  Liban,  mais  déplacé à cause de la guerre civile, ce bureau a pour objectif de promouvoir des produits tels  que les canalisations et les équipements pour le marché de l’eau, et s’inscrit donc dans une  logique de représentation régionale.   Sanofi‐Aventis,  un  des  leaders  mondiaux  dans  le  domaine  pharmaceutique,  s’implante  lui  aussi en Turquie à la fin des années 1980. Le groupe y accorde des licences de fabrication à  7   
  8. 8. des  entreprises  turques,  avant  d’en  reprendre  le  contrôle  et  créer  lui‐même  une  filiale  et  une implantation industrielle en coopération avec Zentiva Eczacıbaşı.  Dans  le  secteur  automobile,  l'équipementier  Valéo  réalise  en  1989  son  premier  investissement  en  Turquie  et  fonde  une  coentreprise  avec  des  partenaires  locaux  avant  le  rachat de 100% des parts dès 1993.   Dans la perspective de développer ses parts de marchés au sein d’un pays à fort potentiel de  croissance,  L'Oréal  crée  une  filiale  en  Turquie  en  1990.  D'abord  créée  pour  permettre  un  accès direct au marché turc des cosmétiques et la vente de la plupart de ses produits phares,  la  filiale  initie  par  la  suite  un  processus  de  production  pour  certaines  lignes  comme  les  produits capillaires.     Le régime des importations en Turquie  Depuis  les  années  1980,  la  Turquie  a  progressivement  libéralisé  son  régime  des  importations.  Un  accord    douanier  est  entré  en  vigueur  le  1er    janvier  1996  avec  l’Union  européenne, qui a conduit à la suppression progressive et réciproque des droits de douane  sur  les  produits  industriels  importés  et  la  part  industrielle  des  produits  agricoles  transformés  (les  services,  les  produits  agricoles  et  la  part  agricole  des  produits  agro‐ industriels  ne  sont  pas  concernés).  En  vertu  de  cet  accord,  la  Turquie  harmonise   progressivement ses droits de douane pour les importations en provenance de pays tiers  avec  le  tarif  extérieur  commun  de  l’UE.  La  Turquie  a  adopté  en  2002  le  système  de  préférences généralisées (SPG) établi par l’Union européenne, qui consiste à appliquer des  tarifs douaniers préférentiels à des pays tiers. Le SPG concernait en 2002 l’importation de  2450  produits  industriels,  en  provenance  de  178  pays  comprenant  les  pays  en  développement et les pays les moins avancés / PMA (afin de favoriser leurs exportations).  En 2003, 428 produits ont été ajoutés à cette liste. Les produits industriels de Macédoine et  de  Bosnie‐Herzégovine  ont  obtenu  la  possibilité  de  rentrer  sans  droits  de  douane  sur  le  marché turc.      La grande vague des années 1990    Le premier afflux significatif d'implantations françaises en Turquie intervient dans le courant  des années 1990, dans tous les secteurs, mais avec une intensité qui dépend de la maturité  des marchés et des conditions d'accueil des investissements étrangers.     La  présence  française  se  diversifie  sectoriellement,  mais  les  grands  groupes  prédominent  encore    Alors  que  les  grands  groupes  industriels  avaient  initié  le  processus  d'implantation  des  entreprises en Turquie, l'arrivée de Groupama en 1991 témoigne de la progressive ouverture  à d'autres secteurs de l'économie. En 1991, Gan prend ainsi une participation de 30% dans le  capital de Güneş Sigorta, qui a été progressivement renforcée par achat de titres en bourse  pour atteindre un total de 36% du capital.  Dans le domaine de la construction, le cimentier Vicat réalise son premier investissement en  Turquie  en  1991,  avec  le  rachat  d'une  participation  majoritaire  dans  Konya  Çimento,  peu  après le processus de privatisation de l'industrie cimentière dans le pays.   8   
  9. 9. L’année  1991  est  aussi  marquée  par  l’arrivée  d’un  des  plus  grands  groupes  français,  le  pétrolier  Total.  Les  deux  entreprises,  Total  et  Elf,  présentes  depuis  1991,  ont  fusionné  en  2002 sous le nom de Total Oil Türkiye à la suite de la fusion intervenue à l’échelle mondiale.   Sodexo, un des leaders mondiaux des services de restauration collective, fait aussi partie des  entreprises  françaises  qui  ont  choisi de  se  développer  en  Turquie dès  le  début  des  années  1990.  Arrivée  en  1992  avec  pour  seule  activité  la  restauration  collective,  l’entreprise  a  progressivement étendu ses activités dans le pays.   Dans le cadre de sa stratégie de développement international, Carrefour ouvre son premier  hypermarché  en 1993  à  Istanbul  puis  son premier  centre  commercial deux  ans  plus  tard  à  Adana. En 1996, Carrefour prend le nom de CarrefourSA en Turquie après la création d’une  coentreprise avec le groupe Sabanci.   Michelin,  dont  les  pneumatiques  sont  commercialisés  en  Turquie  depuis  1936  par  des  importateurs, décide d’ouvrir une agence commerciale à Istanbul en 1996 et tirer avantage  d’une présence directe dans le pays.      L’importance du secteur automobile en Turquie  L’automobile est un secteur particulièrement dynamique en Turquie, puisqu’il regroupe 15  constructeurs  (dont  5  fabriquent  des  voitures  particulières)  et  plus  d’un  millier  d’équipementiers.  Cette  activité  représente  le  1er  poste  d’exportations  du  pays  (devant  l’habillement)  avec  21,2  Mds  USD  (TIM,  chiffres  2007)  et  le  1er  poste  d’échange  entre  la  France et la Turquie.  L’industrie de l’équipement automobile s’est développée à partir des années 1970, du fait  de l’implantation des constructeurs automobiles – principalement Renault et Fiat ‐ qui ont  attiré  dans  leur  sillage  un  certain  nombre  d’équipementiers  mondiaux.  Il  s’agissait  alors  d’une  industrie  d’assemblage,  orientée  uniquement  vers  le  marché  local  et  protégée  par  des barrières douanières. L’entrée en vigueur, en janvier 1996, de l’accord douanier avec  l’Union européenne a provoqué une mutation rapide du secteur. La Turquie est devenue  aujourd’hui une plate‐forme de production de véhicules destinée tant au marché local qu’à  l’exportation,  notamment  vers  les  marchés  d’Europe  de  l’Ouest.  Entre  2000  et  2007,  les  exportations  de  véhicules  automobiles  ont  été  presque  multipliées  par  plus  de  8  et  représentent  aujourd’hui  75  %  de  la  production.  Quant  aux  importations,  qui  ne  représentaient  que  11  %  des  ventes  locales  en  1995,  elles  se  sont  renforcées  depuis  l’entrée en vigueur de l’accord d’union douanière et représentent aujourd’hui environ 58 %  des  ventes.  Oyak‐Renault  est  le  1er  fabricant  local  de  véhicules  particuliers  (et  le  2ème  producteur automobile en Turquie après Ford), avec 42 % de la production en 2007, suivi  de  Toyota  (25  %  des  VP)  et  de  Tofas‐Fiat  (16  %).  Sur  le  plan  géographique,  les  équipementiers  automobiles  se  concentrent  principalement  dans  la  région  de  Marmara,  notamment à Bursa où l’on trouve 2 unités de production d’automobiles (Fiat, Renault) et  2 zones industrielles dédiées. Les autres sites de production sont situés à Adana, Ankara,  Istanbul, Izmir, Kocaeli, Konya et Manisa.          9   
  10. 10. L'approfondissement des années 2000    Les  années  2000  sont  marquées  par  l’arrivée  de  nombreuses  entreprises  françaises  en  Turquie. Jusqu’alors largement dominés par des grands groupes, les investissements français  se  diversifient  et  des  entreprises  de  taille  plus  modeste  font  leur  apparition  en  grand  nombre. Le processus de diversification sectorielle continue.    Des entreprises de taille plus modeste s'implantent    Bien  que  filiale  d’un  des  géants  mondiaux  du  domaine  agroalimentaire,  Danone  Hayat  représente cette dernière génération d’investissements français de plus petite taille, qui se  sont  multipliés  ces dix  dernières  années.  D’abord  établie  sous  la forme d’une  coentreprise  avec  le  groupe  Sabanci  entre  1998  et  2004,  Danone  Hayat  a  continué  en  tant  que  filiale à  100% de la maison mère, dans la production et la commercialisation d’eau minérale, à partir  de 5 usines de production réparties entre  Istanbul, Pozanti, Hendek, Bolu, Izmir et Finike.   Parmi les exemples les plus emblématiques de cette évolution du profil des entreprises qui  investissent  en  Turquie  depuis  une  dizaine  d’année  figure  Aromatech,  créée  en  France  en  1987,  avec  pour  objet  la  production  d’arômes  pour  l’industrie  alimentaire.  Cette  société  compte  aujourd’hui  6  filiales  dans  le  monde :  en  Algérie,  Chine,  Etats‐Unis,  Thaïlande,  Tunisie et depuis 1999, en Turquie. Après plusieurs années de collaboration avec un agent  local,  le  groupe  Aromatech  a  décidé  de  construire  sur  place  un  centre  de  recherche,  développement et de production.     L’aventure d’Aromatech en Turquie  La  société  Aromatech  a  été  créée  en  1987.  Son  siège  social  est  basé  dans  le  Sud  de  la  France,  à  Grasse,  capitale  mondiale  des  arômes  et  des  parfums.  Une  région  dynamique,  dont l’image de marque est reconnue dans le monde entier grâce au savoir‐faire unique de  ses  industriels  et  à  la  qualité  de  ses  produits  aromatiques.  Depuis,  Aromatech  s’impose  comme l’un des principaux acteurs de l’industrie des arômes alimentaires.    Aromatech est présent en Turquie depuis 1999, date de création de la seconde filiale du  groupe à Istanbul. Elle est aujourd’hui un acteur important sur le marché national et dans  la région, avec une part croissante de chiffre d'affaires sur des pays tels que l'Ouzbékistan,  le Turkménistan, l'Azerbaïdjan, la Syrie... et l’Irak.    Le  Groupe  Aromatech  a  exposé  au  salon  Gateway  to  Iraq,  4ème  salon  international  du  Commerce  et  de  l’Industrie  en  Irak  et  2ème  salon  international  de  l’alimentation  et  des  technologies, qui a eu lieu du 21 au 24 mai 2009 à Gaziantep, Middle East Exhibition Centre  (Turquie).    Durant ce salon Gateway to Iraq, Aromatech Turquie a exposé sur le Pavillon France et a  proposé  sur  son  stand  des  dégustations  de  ses  derniers  développements  d’arômes  pour  boissons, sirops, eaux aromatisées, thés glacés, biscuits, confiserie...  10   
  11. 11.   Au début de l’année 2009, Aromatech Turquie s’est installée dans ses nouveaux locaux sur  3 niveaux à Istanbul. Après 2 mois de travaux et d’importants investissements réalisés afin  d’aménager  l’usine  de  production  selon  les  normes  HACCP,  Aromatech  Turquie  est  actuellement  opérationnelle.  Ce  déménagement  a  été  accompagné  d’acquisitions  de  nouveaux  matériels  de  production  et  de  laboratoires.  Ces  nouveaux  locaux  permettent  également  à  Aromatech  Turquie  d’agrandir  ses  laboratoires  d’applications  et  de  développement d’arômes salés.     Le  secteur  vétérinaire  suscite  aussi  l’intérêt  d’investisseurs  français.  Ceva  Santé  Animale,  implanté à Libourne, en Gironde, rachète en 2005 un important laboratoire vétérinaire turc,  Dogu  Ilaç  Veteriner  Ürünleri  (DIF).  Présent  depuis  le  début  des  années  1990  en  Turquie  à  travers un réseau de distributeurs, le groupe français préfère lui aussi créer une filiale, CEVA  DIF  ILAC  A.S.  Cette  filiale,  qui  emploie  aujourd’hui  53  personnes,  fait  fabriquer  par  trois  façonniers  turcs  –  contrat  de  manufacturing  –  certains  de  ses  produits  pharmaceutiques  vétérinaires (soit environ 50% de ses produits).        CEVA DIF ILAC A.S. à la rencontre de nouveaux clients et des éleveurs      Le sous‐secteur du retraitement des déchets industriels est également en pleine expansion  en Turquie, grâce notamment au renforcement des normes environnementales édictées par  les  autorités  turques.  C’est  sur  ce  créneau  qu’opère  Chimirec‐Ekasan,  filiale  du  groupe  français Chimirec depuis 2006 et qui emploie aujourd’hui 24 personnes en Turquie. Après le  rachat  d’une  société  turque  existante,  Chimirec‐Ekasan  s’est  spécialisée  dans  la  vente  de  services  pour  la  collecte  et  le  transit  de  déchets  industriels  dangereux.  Parmi  ses  clients  figurent de grands groupes français, comme Total Oil Türkiye, et étrangers, comme Siemens,  Coca Cola, ainsi que de nombreuses entreprises locales.  En  2006  et  2007,  deux  groupes  français,  Darty et  Sephora,  ont  effectué  un  investissement  remarqué en Turquie dans le secteur de la distribution.  Darty, spécialiste de la distribution  de produits électrodomestiques, après avoir ouvert ses premiers magasins en Italie (2004) et  en  Suisse  (2005)  choisit  la  Turquie  en  mai  2006  pour  continuer  son  développement  international. La société mère, Kesa Electricals, ouvre le premier magasin Darty à Istanbul en  11   
  12. 12. décembre  2006.  En  février  2009,  l’enseigne  comptait  11  magasins,  dont  3  en  dehors  d’Istanbul  (à  Ankara,  Izmir  et  Izmit)  et  un  site  commercial  marchand.  Sephora,  marque  du  groupe français LVMH, après une ouverture puis une fermeture d’un magasin en 2000‐2001,  revient  en  Turquie  en  2007,  sous  la  forme  d’une  coentreprise  avec  UNITIM,  groupe  spécialisé  dans  la  distribution  de  marques  étrangères  en  Turquie.  Cette  filiale  de  Sephora  France possède aujourd’hui 6 magasins en Turquie, à Ankara, Istanbul et Izmir.  Le  secteur  agricole  fait  aussi  partie  des  secteurs  dans  lesquels  les  entreprises  françaises  investissent en nombre. Vilmorin, quatrième semencier mondial, producteur et distributeur  de  plantes  potagères  et  de  grandes  cultures  innovantes  dédiées  aux  marchés  des  productions  maraîchères  et  agricoles,  a  débuté  en  Turquie  en  1986  en  partenariat  avec  la  société Anadolu Tohum à hauteur de 33%. Avec la crise de 2001, les parts de Vilmorin sont  passées  à  47,5%  avant  un  rachat  et  une  implantation  avec  100%  de  capitaux  français  désormais.  Cette  entreprise  fournit  un  service  complet  de  produits  et  de  conseils  aux  agriculteurs  turcs.  La  société  emploie  17  ingénieurs  agronomes  et  des  techniciens,  soit  au  total 45 personnes en contact direct sur le terrain avec les agriculteurs.      Les investissements français et étrangers alimentent de nouveaux investissements français    Le développement important des investissements français durant les années 1990 a entraîné  l’arrivée  d’autres  entreprises  françaises  sur  le  territoire  turc,  venues  fournir,  au  plus  près,  des biens ou services aux entreprises préalablement installées.  PROteameast Istanbul Logistics & project Ltd représente une bonne illustration d’entreprises  françaises  de  taille  plus  limitée  mais  qui  constitue  un  vivier  essentiel  pour  attirer  d’autres  investissements  en  Turquie.  Cette  entreprise  prestataire  de  services  dans  les  métiers  du  transport et de la logistique, installée en Turquie depuis 2003, travaille en effet avec d’autres  sociétés françaises pour lesquelles elle sert parfois d’agent de mise en relation vis‐à‐vis des  entreprises  turques.  Ses  activités,  diversifiées,  couvrent  le  secteur  des  transports  internationaux par la route, la mer, les airs. Elle s’est aussi spécialisée dans le transport de  colis hors gabarits (poids et/ou dimensions), le groupage aérien entre la France et la Turquie  et  les  opérations  de  douane  associées  à  ces  processus.  Si  les  entreprises  qui  font  appel  à   l’expertise de PROteameast sont originaires de différents pays, on retrouve toutefois parmi  sa  clientèle  bon  nombre  d’entreprises  françaises  (Alstom,  Ondeo,  Saint‐Gobain,  Air  Liquide…).       12   
  13. 13.     L’ENTREPRISE DE TRANSPORT ET LOGISTIQUE PROTEAMEASTEAST     La  société  A.  Raymond, spécialiste des  systèmes  de fixation par  clipage et  collage,  d’abord  pour  le  marché  automobile,  puis  pour  l’industrie  et  le  bâtiment,  fait  aussi  partie  des  entreprises  françaises  arrivées  récemment  en  Turquie.  Après  l’achat  de  terrain  et  la  construction de l’usine à Gebze en 2005, le groupe, qui emploie 47 personnes en Turquie, a  pu commencer son activité fin 2006. A. Raymond s’est installée en Turquie sur la demande  de  son  client  Delphi,  un  des  plus  grands  concepteurs  et  fournisseurs  de  pièces  détachées  destinées au marché automobile.   Cet investissement est donc indirectement lié à la forte présence française dans le secteur  automobile turc. De manière plus générale, l’implantation de Renault en Turquie il y a 40 ans  a  attiré    de  nombreux  équipementiers  français :  Valeo,  Faurecia,  Plastic  Omnium,  MGI  Coutier, Mecaplast, EM Technologies.   Présent en Turquie depuis juillet 2002, le groupe de logistique (stockage, supply‐chain, etc.)  et de transport GEFCO,  illustre le cas d’une entreprise ayant fait le choix, à l’origine, de venir  en  Turquie  pour  accompagner  le  développement  des  activités  du  groupe  PSA.  Offrant  des  prestations  de  services  au  marché  automobile  en  priorité,  GEFCO  a  aussi  développé  son  activité vers d’autres secteurs.   SNOP Izmit Metal, implantée à Gebze, fait partie des entreprises les plus récemment arrivées  dans  le  secteur  automobile.  Ce  groupe,  fournisseur  de  pièces  de  structure  automobile,  a  aussi choisi de rejoindre la Turquie en 2008 pour accompagner Renault.      Les sociétés qui avaient déjà investi développent leur présence    La plupart des grands groupes implantés en Turquie depuis la fin des années 1980 ou durant  les années 1990 ont choisi de développer et / ou de diversifier leurs activités depuis le début  des années 2000. Une fois présentes sur le marché local, les entreprises françaises profitent  du potentiel de l’économie turque pour accroître leurs activités.  C’est notamment le cas  du cimentier Vicat. Après avoir réalisé son premier investissement  en  Turquie  à  Konya  en  1991,  grâce  au  rachat  d’une  part  majoritaire  dans  Konya  Cimento,  Vicat rentre au capital de la société Bastas Cimento à Ankara dès 1994, pour devenir ensuite  majoritaire en 1997.  Sodexo,  qui  emploie  plus  de  3500  personnes  actuellement,  a  vu  ses  activités  rapidement  évoluer. En 1992, date d’arrivée du groupe en Turquie, seule la restauration collective faisait  13   
  14. 14. partie  des  activités.  Progressivement  le  management  de  service  est  venu  s’agréger  aux  activités de Sodexo. Ce marché a été ouvert par Sodexo, qui en demeure le leader.  Après avoir ouvert son premier hypermarché en 1993 à Istanbul, Carrefour, qui est devenu  CarrefourSA après la création d’une coentreprise avec le groupe Sabanci en 1996, n’a cessé  d’accroître  son  activité.  La  partie  la  plus  visible  de  ce  développement  sont  les  opérations  immobilières et l’ouverture de nouveaux magasins dans la plupart des régions de Turquie. Le  16  avril  2009,  Carrefour  a  ainsi  ouvert  son  23ème  hypermarché  à  Pendik,  dans  la  banlieue  d’Istanbul.  Dans  la  catégorie  supermarché,  CarrefourSA  Express  a  ouvert  sa  100ème  implantation à Ankara en février 2008. Le groupe français a aussi procédé à l’ouverture en  Turquie de certaines autres de ses marques, comme le premier supermarché Champion en  2000 ou à l’acquisition de la chaîne de supermarchés Gima en 2005.    Les grands groupes confirment leur intérêt pour la Turquie    La  fin  des  années  1990  et  le  début  des  années  2000,  s’ils  ont  permis  la  diversification  sectorielle et l’arrivée d’entreprises de moins grande taille, ont aussi été caractérisés par des  investissements,  plus  ou  moins  importants,  de  grands  groupes  français,  comme  ALSTOM.  ALSTOM entretient depuis très longtemps des liens étroits avec la Turquie, sans forcément y  être implanté : les trains électriques E‐8000, dont le contrat a été signé en janvier 1952, sont  toujours en service commercial et les centrales hydro‐électriques Seyhan 1 et 2, en service  depuis  1956,  fournissent  toujours  au  réseau  turc  une  puissance  de  120  Méga  Watts.  C’est  donc dès les années 1950, date à partir de laquelle le besoin de partenaires industriels s’est  fait  sentir  que  ce  pays  a  pris  de  l’importance  pour  ALSTOM.  Mais  c’est  seulement  depuis  1999  qu’a  été  créée  la  filiale  de  droit  turc  ALSTOM  Turquie.  Si  ALSTOM  ne  produit  pas  en  Turquie, elle est présente aujourd’hui pour la vente d’équipements électromécaniques pour  la production d’énergie électrique – notamment des turbines et générateurs – ainsi que pour  la fourniture de service de maintenance et de réhabilitation de centrales électriques, pour la  vente  de  matériel  ferroviaire  roulant  ainsi  que  pour  certaines  infrastructures  ferroviaires  (partie électromécanique : électrification, pose de la voie, signalisation).      14   
  15. 15. Un exemple d’investissement majeur en Turquie : AREVA T&D  Le  27  juillet  2008,  M.  Zafer  Caglayan,  Ministre  de  l’industrie  de  Turquie,  et  M.  Ghislain  Lescuyer,  Vice‐président  Exécutif  de  la  Business  Unit  Produits  d’AREVA  T&D,  ont  posé  la  première pierre de la nouvelle usine de transformateurs de distribution de Gebze, dans la  région  de  Kocaeli.  Cette  cérémonie  d’ouverture  s’inscrivait  dans  un  programme  d’investissement  de  75  millions  d’euros,  destiné  à  faire  de  Gebze  la  plus  grande  zone  industrielle d’AREVA T&D à ce jour.  AREVA  T&D  est  parfaitement  positionné  pour  accompagner  l’essor  de  la  demande  d’électricité en Turquie. Ce programme d’investissement massif va lui permettre de doubler  ses capacités dans cette région, tout en continuant à exporter ses produits dans le monde  entier.  Le programme  sera  en  outre  secondé  par  un  plan de  recrutement  ambitieux  : 850  nouveaux  emplois  directs  vont  être  créés,  ce  qui  portera  l’effectif  total  à  2400  salariés.      «  Cette  nouvelle  usine  est  un  investissement  clé,  destiné  à  satisfaire  la  demande  toujours  plus forte d’équipements électriques en Turquie, où nous sommes présents depuis cinquante  ans. De plus, elle renforcera l’orientation stratégique mondiale d’AREVA T&D qui fait de la  Turquie  un  pôle  régional  pour  suivre  notre  croissance  dans  la  région  et  dans  le  monde  entier.»  a  souligné  Philippe  Guillemot,  Président‐Directeur  Général  d’AREVA  T&D.    Le  pôle  Transmission  et  Distribution  d'AREVA  joue  un  rôle  actif  dans  le  monde  entier.  Il  conçoit,  fabrique  et  met  en  service  une  gamme  complète  d'équipements,  systèmes  et  services lors des divers stades du transfert d'électricité, du générateur à l'utilisateur.    La présence des constructeurs automobiles français en Turquie n’est pas seulement assurée  par  Renault.  Le  groupe  Peugeot,  devenu  PSA,  est  implanté  en  Turquie  depuis  les  années  1980. En 1981, Peugeot a démarré une activité industrielle à travers un licencié, Karsan, pour  la production de véhicules utilitaires. Plus récemment, en 2007, le constructeur s’est associé,  dans  le  cadre  d’un  accord  de  coopération,  au  tandem  Tofas‐Fiat,  pour  la  production  d’un  véhicule  utilitaire  d’entrée  de  gamme,  le  Bipper,  commercialisé  sur  les  marchés  étrangers  par chacun des trois partenaires. En matière commerciale, on retiendra, de 1995 à 2000, la  présence en Turquie de deux réseaux de distribution distincts : d’une part, le réseau Peugeot  Otomotiv  AS,  filiale  à  100%  du  groupe  PSA,  qui  a  distribué  pendant  5  ans  les  véhicules  particuliers Peugeot, et d’autre part, Karsan Pazarlama pour la production et la distribution  des véhicules utilitaires. En mars 2000, la société Peugeot Otomotiv Pazarlama AS, filiale du  groupe PSA, en joint‐venture avec le groupe Kiraça, voit le jour pour distribuer la totalité de  la gamme de produits Peugeot. Depuis décembre 2002, avec la cession des parts de Kiraça,  la société est devenue filiale à 100% du groupe PSA.   Dans  le  domaine  bancaire,  le  groupe  BNP‐Paribas  a  manifesté  de  longue  date  son  intérêt  pour le marché turc. Paribas fut l’un des actionnaires historiques de la Banque Ottomane et  la BNP a conclu en 1985 un accord de partenariat avec AK Bank pour créer ce qui devait par  la suite devenir la BNP AK DRESDER Bank A.Ş (fusionnée avec AK Bank en 2005). Le groupe a  15   
  16. 16. ouvert  un  bureau  de  représentation  à  Istanbul  en  1989.  A  l’automne  2004,  il  s’est  porté  acquéreur  de  50%  du  holding  de  tête  du  groupe  bancaire  TEB,  opération  concrétisée  en  février 2005. Le groupe TEB, qui compte aujourd’hui près de 7000 employés, offre une large  gamme  de  services :  leasing  (TEB‐leasing),  factoring  (TEB‐factoring),  assurance  (TEB‐ Insurance),  opération  de  haut  de  bilan  (TEB  Investment).  L’établissement  est  également  présent  dans  l’activité  de  conseil  financier  et  de  la  gestion  d’une  clientèle  de  particuliers  haut de gamme (gestion de fortune).   Les investissements personnels de Français en Turquie    Même si le phénomène existe depuis plusieurs années, en particulier depuis l’ouverture de  l’économie  turque  à  la  fin  des  années  1980,  un  nombre  non  négligeable  d’entreprises  ont  été  créées  en  Turquie  avec  des  capitaux  français,  parfois  sous  forme  d’investissement  personnel.  Bien  que  souvent  de  petite  taille,  leurs  activités  diverses  n’en  demeurent  pas  moins essentielles pour le développement des implantations françaises en Turquie.  Le cabinet de conseil « LDS Consulting & Business Developement Ltd », implanté en Turquie  depuis 1992, fait partie de ces entreprises de petites tailles qui contribuent à faciliter l’accès  au  marché  turc  pour  les  grands  groupes  et  les  PME  françaises.  Après  avoir  quitté  l’administration  française  en  1990  et pris  la direction, pour  deux  ans,  d’un  groupe  français  présent  en  Turquie,  Yves‐Marie  Laeounan  fonde  en  1992  avec  des  partenaires  turcs  une  activité de conseil en implantation, orientée vers les sociétés françaises. Avec de nombreux  clients tel que Sodexho – entreprise de restauration collective, devenue Sodexo –, Carrefour  ou  encore  Saint‐Gobain,  Yves‐Marie  Laouenan  et  ses  partenaires  ont  permis  d’apporter  l’expertise ainsi que la connaissance du terrain tant recherchées des nouveaux investisseurs.  Si    PROteameasteast  Istanbul  Logistics  &  project  Ltd.  représente  une  catégorie  atypique  puisque  l’entreprise  n’a  pas  de  société  mère  en  France,  elle  n’en  demeure  pas  moins  une  bonne  illustration  de  l’arrivée,  ou  la  naissance,  sous  forme  d’investissements  personnels,  d’entreprises  françaises  de  taille  plus  limitée  en  Turquie  mais  qui  constitue  un  vivier  essentiel pour attirer d’autres investissements.   En 2005, M. Vincent lance sa propre agence de publicité « Bed and Breakfast » après avoir  découvert  le  potentiel  de  l’économie  turque  quelques  années  auparavant  en  tant  qu’expatrié,  d’abord,  pour  une  agence  basée  à  Paris,  puis  pour  une  agence  américaine.  Si  « Bed and Breakfast » n’a pas de maison‐mère en France, elle inscrit sa présence en Turquie  dans  le  cadre  d’un  partenariat  avec  le  groupe  français  de  communication  Aastuce,  qui  possède 49% de son capital.     Interview de Yves‐Marie Louenan, LDS Consulting & Business Development Ltd.  « Nommé en Turquie en 1986 par la DREE (Ministère de l’Economie et des Finances) en tant  que  Chef  du  Poste  d’Expansion  Economique  d’Istanbul,  j’ai  décidé  de  quitter  l’administration  française  début  1990  pour  prendre  la  direction  de  la  filiale  turque  de  Ciments  Français  (2500  salariés),  constituée  à  la  suite  de  la  privatisation  de  trois  cimenteries  acquise  par  ce  groupe  à  l’Etat  Turc.  Lors  de  la  cession  du  groupe  Ciments  Français à la société italienne ITALCIMENTI, j’ai dû quitter mes fonctions fin 1992.   16   
  17. 17. J’ai  alors  fondé  à  Istanbul  avec  des  partenaires  Turcs  (un  avocat,  un  cadre  bancaire  et  plusieurs  hommes  d’affaires)  une  activité  de  Conseil  en  Implantation,  orientée  vers  les  sociétés Françaises.  Mon  premier Client  fût SODEXHO  (Restauration  Collective)  dont  je  rencontrai  le  Président  Pierre BELLON pour l’informer d’une opportunité d’implantation au travers d’un partenariat  avec une Fondation Educative Turque. Conclu après un an de négociations, ce partenariat  fût dissous deux ans plus tard lorsque SODEXHO racheta les parts de son associé local, ce  qui permit à ce Groupe Français de devenir aujourd’hui le premier ou le deuxième opérateur  de son secteur en Turquie, où il emploie plus de 5000 salariés.   Mon  deuxième  Client  fût  le  Groupe  CORA‐MATCH  (supermarchés  et  hypermarchés)  pour  lequel  j’ai  recherché  et  contribué  à  négocier  un  partenariat  local  et  jeté  les  bases  d’un  programme de développement immobilier.  CORA‐Match  ayant  renoncé  à  son  projet  d’implantation  deux  ans  après  pour  des  raisons  « intestines », j’ai alors présenté deux projets majeurs d’implantation immobilières mis au  point pour ce Groupe à CARREFOUR Turquie, qui en fît l’acquisition, ce qui m’a également  amené  ensuite  à  engager  une  collaboration  libre  avec  CARREFOUR  Turquie  pour  trois  autres sites (m’associant personnellement dans l’acquisition de deux d’entre eux, pris à bail  ensuite par CARREFOUR).  Par la suite, et après l’entrée de la Turquie dans l’Union Douanière,  j’ai également coopéré  avec le GIE DOUANEXPORT, SLIGOS et BULL pour la négociation de la cession aux Douanes  de Turquie de «SOFIX », système d’automatisation des procédures douanières.  A  la  suite  du  décès  de  mon  principal  associé  Turc  en  2004,  j’ai  engagé  une  collaboration  libre  au  sein  de  ma  structure  avec  un  autre  associé,  Jacqueline  de  SORIA  (HEC  ISA ;  précédemment  en  charge  du  développement  « Turquie »  pour  le  Groupe  ACCOR  et  également  CCEF),  qui  y  exerce  aujourd’hui  une  activité  indépendante  dans  le  secteur  de  l’Hôtellerie et du Tourisme, tout en contribuant à des projets communs.  Depuis trois ans, notre Cabinet s’est adapté à l’évolution du marché :  ‐  en  2006‐2007,  nous  avons  piloté  l’implantation  industrielle  de  deux  PME  françaises  du  secteur  de  la  sous‐traitance  automobile  (A‐RAYMOND,  Grenoble  /  EMT  Composants  –  CAEN),  pour  lesquelles  nous  avons  développé  des  prestations  de  « sourcing »  de  sites  industriels  et  organisé  et  supervisé  la  construction  de  leurs  usines  respectives  (6.500  m2  couverts chacune)  dans des zones industrielles d’IZMIT.  ‐ en 2007‐2008 : sourcing de deux sites industriels dans la région d’Istanbul pour des filiales  locales de production du Groupe Saint Gobain.  ‐ en 2007‐2008 : initiation et aide à la négociation d’une prise de participation de 50% dans  17   
  18. 18. la  société  turque  POLAT  ENERJI  A.S  par  EDF  E.N.,  dont  nous  hébergeons  aujourd’hui  la  structure  d’investissement  locale,  dans  laquelle  nous  détenons  une  participation.  Cette  opération, qui gère aujourd’hui une production de 50 MW qui sera portée à 120 MW d’ici  quelques mois et à près de 400 MW en 2012) se donne pour objectif de devenir le premier  opérateur  du  secteur  de  l’énergie  éolienne  en  Turquie  et,  également,  de  développer  ultérieurement dans ce pays une activité de référence dans le secteur de l’Energie Solaire   (Photo‐voltaïque) ».    La présence géographique de nos entreprises se diversifie peu    La présence française en Turquie peut être estimée, selon les dernières données recueillies  par  la  Mission  économique  –  Ubifrance  d’Istanbul,  fin  2008,  à  près  de  290  entreprises  employant près de 70.000 personnes, contre 258 fin 2007 et 240 fin 2006. En 1985, au début  de l’ouverture internationale de l’économie turque, seulement 15 sociétés françaises étaient  implantées.   La répartition géographique de la présence française reste très inégale sur le territoire turc,  à  l’image  des  inégalités  dans  le  développement  économique  du  pays :  Istanbul  concentre  71%  des  implantations  françaises  contre  7%  pour  la  capitale  Ankara,  5%  pour  la  région  d’Izmir, 5% pour la région de Bursa, et 7% pour le reste du pays. A titre comparatif, fin 2007,  la  répartition  géographique  de  l’ensemble  des  entreprises  présentes  en  Turquie  était  la  suivante :  Istanbul  (18,7%) ;  la  région  de  Marmara  (15,3%) ;  la  région  égéenne  (16,5%) ;  la  région méditerranéenne (12,8%) ; l’Anatolie de l’Ouest (10,3%) ; l’Anatolie centrale (4,8%) ;  la région de la Mer Noire (10,8%) ; l’Anatolie de l’Est (5%) et l’Anatolie du Sud‐Est (5,8%).    Parmi  les  entreprises  françaises  interrogées,  présentes  en  Turquie  et  implantées  dans  une  autre ville qu’Istanbul, on peut citer les exemples suivants :    La  région de  Kocaeli‐Gebze,  qui  constitue  en quelque  sorte un  continuum  industriel  de  près de 200km avec la région d’Istanbul, est une région à forte implantation industrielle.  Les  entreprises  françaises  y  sont  présentes,  notamment  depuis  la  fin  de  la  crise  qu’a  connue  la  Turquie  en  2001.  Chimirec‐Ekasan,  qui  s’est  spécialisée  dans  la  vente  de  service  pour  la  collecte  et  le  transit  de  déchets  industriels  dangereux,  est  présent  à  Gebze  depuis  2006 ;  SNOP  Izmit  Metal,  également  implantée  à  Gebze,  fait  partie  des  entreprises les plus récemment arrivées en tant que fournisseur de pièces de structure  automobile. Areva T&D, même si son siège social ne se situe pas dans cette région, y est  fortement  implantée,  notamment  depuis  la  construction, lancée  en  juillet  2008,  d’une  nouvelle usine de transformateurs (cf. encadré)   La  région  de  Bursa  est  marquée  par  l’activité  de  nombreuses  entreprises,  françaises  et  étrangères,  dans  le  secteur  automobile :  plusieurs  filiales  de  sociétés  françaises  y  sont  présentes  et/ou  exercent  une  activité  de  production  comme  Renault,  Plastic‐Omnium,  Valeo, Peugeot.    La  région  d’Izmir  et  plus  généralement  la  région  égéenne :  on  constate  une  augmentation  récente  des  investissements  français  dans  cette  région  qui  semble  bénéficier  des  nombreux  atouts.  Elle  présente  en  effet  l’avantage  d’une  moindre  18   
  19. 19. saturation  qu’Istanbul  et  dispose  d’infrastructures  de  grande  qualité,  notamment  de  l’ouverture sur la mer Egée grâce au port d’Izmir, le plus important de Turquie. Parmi les  entreprises  interrogées,  la  réussite  de  l’implantation  de  Schneider  Electric,  présente  depuis  1987,  semble  avoir  favorisé  de  nouveaux  investissements,  plus  récents :  GFI  aerospace,  devenue  LISI  aerospace,  a  racheté  en  2001  FT  Bestas,  une  usine  où  sont  fabriquées  des  fixations  pour  l’industrie  aéronautique ;  Larth  havlu,  filiale  du  groupe  Atlantic  Industries,  fabrique  dans  la  région  d’Izmir,  des  sèche‐serviettes  depuis  l’été  2007 ;   A noter, enfin, l’investissement de Veolia Eau en 2003 dans la région d’Izmir : le groupe  français  exploite  et  gère  les  services  eau  et  assainissement  avec  le  syndicat  de  communes de Cesme et Alaçati.    Schneider a créé un réseau de 100 partenaires et exporte à partir de la Turquie  Schneider  Electric,  l’un  des  premiers  fabricants  mondiaux  d’équipements  de  distribution  électrique et d’automatismes industriels (marques Merlin Gerin, Square D, Télémécanique)  est implanté en Turquie depuis 1987. A l’époque, le groupe, qui a réalisé en 2002 plus de 9  milliards  d’euros  de  chiffres  d’affaires,  arrive  en  Turquie  en  créant  en  direct  une  filiale  baptisée Schneider Electric Turquie détenue à 100% par Schneider Electric SAS. L’objectif  est de profiter de l’essor économique du pays, de mettre un pied sur un territoire au fort  potentiel  industriel.  Bref  de  capter  la  demande  d’un  pays  émergent  où  les  dépenses  en  matériels électriques sont toujours très importantes.   Au  fil  des  années,  la  présence  de  Schneider  va  se  renforcer,  accompagnant  le  développement du pays, la demande en équipements électriques évoluant parallèlement à  la  montée  en  puissance  du  réseau  électrique  du  pays  ainsi  que  du  développement  du  secteur du BTP. Aujourd’hui, Schneider dispose d’une organisation commerciale complète  avec 13 agences et un réseau de 100 partenaires, d’un site de production avec une usine à  Izmir  ainsi  que  d’un  centre  de  distribution  près  d’Istanbul.  Le  numéro  1  mondial  des  disjoncteurs, interrupteurs et autres prises électriques emploie désormais un total de 400  personnes en Turquie.   «  Le  bilan  est  positif  »  juge  le  groupe  lorsqu’on  l’interroge  sur  les  principaux  enseignements  de  sa  présence  dans  le  pays.  Il  souligne  notamment  la  qualité  du  site  de  production d’Izmir. L’usine a été choisie pour satisfaire les besoins mondiaux de Schneider  Electric pour la fourniture de tableaux de moyenne tension. Un signe de reconnaissance du  travail fourni à Izmir et du savoir‐faire turc.     La capitale, Ankara, accueille aussi quelques entreprises françaises : Vicat, présent dans  le  secteur  cimentier, du  béton  prêt  à  l’emploi et  des  granulats  en  Turquie depuis  1991  suite à acquisitions et développement organique ; Lafarge est présent dans le secteur du  19   
  20. 20. plâtre grâce à la coentreprise établie avec Dalsan : si le siège et une usine sont à Ankara,  le groupe possède aussi une autre usine à Gebze.   Relativement  peu  d’entreprises  françaises  sont  présentes  dans  les  autres  régions  de  Turquie. Özmaya Sanayi A.S, filiale à 100% du groupe Lesaffre, qui possède, depuis 1992,  une usine à Amasya, un bureau commercial à Ankara, une compagnie de distribution à  Istanbul, Izmir et à Ankara, et dont la direction générale et une usine de production sont  à Ceyhan (Adana) est l’exception qui confirme la règle.    Témoignage de Jose Juan Berruga, Directeur général d’Özmaya  La Turquie est une puissance mondiale en levure    « Sa  consommation  annuelle  est  l’une  des  plus  importantes  du  monde  et  sa  capacité  de  production  installée  est  pratiquement  trois  fois  supérieure  à  la  demande  interne.  La  Turquie est donc l’un des plus grands exportateurs de levure de boulangerie du monde. Le  secteur  de  la  boulangerie  en  Turquie  est  en  train  de  changer  très  rapidement  et  de  s’orienter vers la spécialisation et la diversification pour abaisser les coûts de production  et  élargir  la  gamme  de  pains  proposés.  En  même  temps,  les  exigences  de  respect  des  réglementations  sanitaires  deviennent  chaque  jour  plus  importantes.  Dans  ce  contexte,  nous  avons  décidé  d’accompagner  les  boulangers  dans  leur  démarche  pour  les  appuyer  techniquement et commercialement en diversifiant et en adaptant notre offre de produits  et  services.  La  compagnie  Özmaya  est  détenue  à  100  %  par le  Groupe  français  Lesaffre,  leader mondial dans la production de levures de boulangerie. Lesaffre a acheté les usines  d’Amasya et de Ceyhan en 1992 et a investi un total de 100 M EUR. Aujourd’hui, Özmaya  est  leader  sur  le  marché  turc  et  exporte  ses  plus  de  10  types  de  levures  vers  plus  de  25  pays  d’Afrique,  du  Moyen  Orient  et  d’Asie  centrale.  Nous  avons  été  les  premiers  à  commercialiser les produits dérivés de nos unités de dépollution des eaux résiduaires, dans  les  domaines  de  l’alimentation  animale  et  des  fertilisants.  Forte  d’une  équipe  de  300  collaborateurs et d’un réseau de plus de 250 distributeurs, Özmaya base sa stratégie sur  une  technologie  leader  et  sur  la  connaissance  du  métier  de  la  boulangerie,  grâce  à  son  centre de recherche en boulangerie situé à Ceyhan. »                    20   
  21. 21. Le poids de la Turquie pour nos sociétés reste encore modeste, avec quelques  exceptions, mais son importance est stratégique     Le  caractère  récent du phénomène  d’implantation  des  sociétés françaises  en  Turquie  et  le  manque de maturité de certains marchés, qui commencent juste à décoller, expliquent que  la Turquie ne représente encore, bien souvent, qu’une petite fraction de l’activité mondiale  de nos sociétés.   A quelques exceptions près, la Turquie ne contribue encore que faiblement à l’activité globale  de nos sociétés    Quelques groupes se singularisent par le fait que la Turquie représente déjà une fraction très  importante de leur chiffre d’affaires, supérieure à 10%.   C’est le cas d’Anadolu Tohum, société spécialisée dans la production et la vente de graines et  de  semences  agricoles.  Le  chiffre  d’affaires  réalisé  par  cette  entreprise,  filiale  à  100%  de  Vilmorin,  représente  en  effet  18%  du  chiffre  d’affaires  de  cette  dernière1.  Cette  situation  reflète  l’importance  du  marché  turc  pour  les  semences  et  la  fourniture  de  services  aux  exploitations agricoles. Anadolu Tohum, en plus de produire des graines, fait bénéficier aussi  ses  clients  de  ses  activités  de  conseils  aux  agriculteurs,  grâce  à  l’expérience  de  ses  17  ingénieurs agronomes.     L’expansion internationale de Vilmorin  Le français Vilmorin est devenu, grâce à l’intégration en 2006 du pôle « grandes cultures »  de son actionnaire principal, la coopérative Limagrain, le 4ème semencier mondial, derrière  les géants américains Monsanto, Pionner (Dupont) et le suisse Syngenta.   La  stratégie  de  Vilmorin  passe  par  la  recherche,  un  large  portefeuille  de  marques  et  l’expansion  à  l’international.  Le  groupe,  déjà  présent  dans  de  nombreux  pays  comme  les  Etats‐Unis, l’Australie, Israël, le Japon et plusieurs pays européens, est parti à la conquête  du marché indien en 2006.   Son implantation progressive en Turquie s’est faite en trois phases principales :    - Création  en  1986  de  la  société  Anadolu  Tohum  Üretim  ve  Pazarlama  inc.  en  partenariat avec deux entrepreneurs locaux. Vilmorin détient le tiers des parts de la  société. Les activités de la nouvelle société sont les suivantes : création de nouvelles  marques sur le marché turc, production, conditionnement, distribution, importation  et  exportation  de  semences  végétales.  Anadolu  Tohum  entre  sur  le  marché  des  semences en important les produits de la société Vilmorin.   - Avec  la  crise  de  1994,  l’actionnariat  d’Anadolu  Tohum  évolue ;  Vilmorin  détient  désormais 47% du capital, le solde  appartenant à l’entrepreneur Yavuz Batur.  - Dans le cadre d’une stratégie de développement à l’international, Vilmorin, devenu                                                              1  Même si Vilmorin fait partie du groupe Limagrain, seul le chiffre d’affaires de Vilmorin est considéré ici.  21   
  22. 22. le 4ème semencier mondial, a acquis, en 2007, la totalité du capital d’Anadolu Tohum  afin  de  conforter  ses  positions  en  Turquie.  Celle‐ci  est  ainsi  devenue  une  filiale  à  100% française.     La  semence  potagère  constitue  l’activité  principale  d’Anadolu  Tohum.  Celle‐ci  s’adresse  aussi  bien  aux  professionnels  de  l’agriculture  qu’aux  jardiniers  et  aux  agriculteurs  amateurs. Anadolu Tohum est présente à tous les niveaux du marché des semences avec  186  points  de  vente,  13  chaînes  de  distribution  et  106  magasins.  Elle  dispose  également  depuis  2004  d’un  centre  de  recherche  et  développement  à  Antalya.  Elle  travaille  sur  le  marché  turc  via  12  marques  dont  les  plus  connues  sont  Vilmorin,  Anadolu,  Vita,  Genta,  Green  Way,  Ferry  Morse,  Mantel  Holland,  Helin  et  Elfer.  Son  effectif  est  constitué  de  65  personnes dont 17 agronomes permanents.      Le  cimentier  Vicat  fait  aussi  figure  d’exception  avec  plus  du  quart  de  ses  ventes  ciment  réalisées en Turquie. Depuis 1991 et son entrée au capital de Konya Cimento, puis en 1994  dans Bastas Cimento à Ankara, la Turquie représente une composante majeure du groupe.  Quelques autres groupes réalisent en Turquie un chiffre d’affaires non négligeable, compris  entre 2% et 10% de leur total mondial.  C’est notamment le cas d’Özmaya, filiale turque de Lesaffre, qui représente presque 10% de  l’activité mondiale du groupe. C’est aussi le cas d’Oyak Renault qui a réalisé, en 2008, 6,9%  de son chiffre d’affaire total en Turquie. Avec un chiffre d’affaires de plus de 2,6 milliards €  en  2008,  la  Turquie  représente  aujourd’hui  l’un  des  principaux  marchés  pour  Renault  et  constitue une base de production et d’exportation d’une grande compétitivité qui contribue  très favorablement aux résultats du groupe.  A  un  niveau  moindre,  on  peut  citer  CEVA  DIF  ILAC  A.S.,  filiale  de  Ceva  Santé  Animale,  présente  depuis  le  début  des  années  1990,  et  qui  réalise  4,1%  du  chiffre  d’affaires  de  la  maison mère en Turquie, grâce à la vente de ses produits pharmaceutiques vétérinaires.   Le secteur des banques et des assurances,  où deux établissements réalisent plus de 2% de  leur  chiffre  d’affaires,  est  significatif.  La  joint‐venture  établie  entre  TEB  et  BNP  Paribas  réalise presque 3% du chiffre d’affaires du Groupe BNP Paribas. Groupama, implanté depuis  bientôt  20  ans  dans  le  secteur  de  l’assurance,  réalise  2,7%  de  son  chiffre  d’affaires  en  Turquie.  Pour  l’immense  majorité  des  groupes,  la  contribution  de  la  Turquie  au  chiffre  d’affaires  mondial  demeure  très  modeste,  avec  moins  de  2%.  Appartiennent  notamment  à  cette  catégorie  les  grands  groupes suivants  :  Peugeot  (0,5%),  Total  (0,9%) ;  Valeo (1%),  Alstom  (0,8%), Carrefour (1,2%).   Pour les PME, la situation est en réalité assez peu différente, avec une grande majorité qui  réalise  en  Turquie  moins  de  2%  du  chiffre  d’affaires,  comme  Chimirec‐Ekasan  (1,7%),  A.Raymond (1%), SNOP (1,3%).             22   
  23. 23. Vicat et l’ouverture internationale  La production de ciment est la principale activité du groupe Vicat depuis plus de 150 ans,  avec  la  découverte  du  ciment  artificiel  en  1817,  par  Louis  Vicat  puis  la  création  de  la  Compagnie Vicat en 1853.   D’abord située en Rhône‐Alpes, l’activité de l’entreprise s’est rapidement étendue sur tout  le territoire français entre 1960 et 1980. Depuis 1974 et l’acquisition d’une cimenterie aux  Etats‐Unis, le groupe n’a cessé d’accroître sa présence à l’international. Ainsi Vicat a investi  en Turquie en 1991 et 1994,  au Sénégal en 1999, en Suisse en 2001, en Egypte et en Italie  en 2003, au Mali en 2004, au Kazakhstan en 2007 puis en Inde en 2008.  Le groupe emploie aujourd’hui 6700 personnes à travers le monde, dont 1400 en Turquie,  et dispose d’une capacité de production de 21 millions de tonnes de ciment.    La Turquie représente néanmoins déjà un enjeu jugé stratégique  L’implantation récente de nos entreprises laisse envisager un renforcement du poids de la  Turquie dans les activités     >>  L’activité  en Turquie  de  la  majorité  de  nos entreprises  est  encore modeste  en  termes  relatifs,  mais  sa  croissance  est  bien  souvent  telle  que  celles‐ci  anticipent  une  situation  passablement différente d’ici quelques années seulement.  Si  la  contribution  à  la  croissance  des  entreprises  françaises  de  leurs  implantations  turques  est  encore  modérée,  parce  qu’elle  est  atténuée  par  la  taille  relative  des  opérations  en  Turquie, elle pourrait devenir majeure d’ici quelques années, sous réserve naturellement de  profiter de la croissance du marché turc. Ce réservoir de croissance, qui existe dans d’autres  pays émergents, est d’autant plus valorisé que la croissance demeure atone et en tout cas  structurellement inférieure sur les  marchés européens et américains, qui sont plus matures  voire saturés.     >> L’impact de la présence en Turquie dépasse l’enjeu du seul marché turc  Le caractère stratégique d’une présence en Turquie ne se résume en effet pas à un pari sur  un  gain  de  croissance  –  profitable  si  possible.  Certaines  caractéristiques  du  pays  –  notamment  la  faiblesse  de  ses  coûts  conjuguée  à  un  niveau  de  développement  déjà  élevé  dans certaines régions – expliquent en effet qu’une implantation puisse avoir des effets sur  la compétitivité d’ensemble d’une entreprise. Ces effets peuvent être de deux ordres :   ‐ Directs,  si  l’implantation  en  Turquie  permet  soit  d’améliorer  la  compétitivité‐prix  par  l’optimisation de la politique d’achat ou par l’exportation de produits finis à moindre  coût, soit de développer des capacités d’innovation ;  ‐ Induits,  et  souvent  initialement  non  prévus  lors  de  l’implantation,  si  celle‐ci  favorise  l’obtention  de  marchés  en  pays  tiers,  par  le  contact  avec  des  clients  ou  des  23   
  24. 24. prescripteurs  turcs,  ou  plus  profondément  la  réévaluation  de  la  stratégie  de  développement international en fonction de l’analyse des forces et des faiblesses des  principaux concurrents turcs.  L’analyse des motifs de l’implantation de nos entreprises en Turquie montre précisément la  richesse de l’enjeu.                                            24   
  25. 25. L’accès  au  marché  turc  demeure  la  motivation  principale  de  l’implantation, mais d’autres facteurs jouent un rôle croissant (II)    Un  examen  d’ensemble  des  motivations  des  sociétés  françaises  dans  leur  démarche  d’implantation  en  Turquie  permet  d’en  distinguer  quatre,  qui  correspondent  chacune  à  la  recherche de l’optimisation d’une fonction de base de l’entreprise :    vendre : l’implantation permet d’aborder le marché turc dans les meilleures conditions,  en prolongeant une démarche d’exportation depuis la France qui rencontre souvent des  limites ;   produire : dans un certain nombre de cas, l’établissement d’une unité de production en  Turquie ne  répond pas  uniquement  –  voire aucunement  –  à une  stratégie  de  vente en  Turquie, mais à la volonté de créer une base d’exportation à faible coût d’investissement  et de fonctionnement.   acheter : certaines sociétés consacrent une part significative de leurs moyens en Turquie  au « sourcing » ou recherche de fournisseurs pour l’ensemble de leurs entités mondiales.   innover :  certaines  entreprises  commencent  à  développer  en  Turquie  une  véritable  capacité d’innovation, qui va au‐delà de l’adaptation des produits au marché local.   Pour nos entreprises, la Turquie est donc à la fois un marché, une base de production à coût  relativement  bas,  une  plate‐forme  d’achat  au  meilleur  prix  et  un  réservoir  de  capacité  d’innovation. Plus marginalement, pour quelques grands groupes, l’implantation en Turquie  répond  également  à  des  considérations  stratégiques  d’identification  et  d’observation  de  concurrents turcs mais  surtout étrangers émergent.  Les  témoignages  des  entreprises  consultées  montrent  que  les  poids  relatifs  des  quatre  principaux  motifs  d’implantation  sont  très  inégaux.  L’attrait  du  marché  turc  se  détache  nettement  et  cette  situation  devrait  perdurer  dès  lors  que  le  développement  économique  accroît les débouchés commerciaux sur place. En dynamique toutefois, l’implantation de nos  entreprises  semble  se  complexifier  et  s’enrichir,  prenant  mieux  en  compte  les  possibilités  d’exportation, d’innovation et de sourcing qu’offre la Turquie.    Les  implantations  répondent  principalement  à  une  ambition  commerciale  en  Turquie    La production locale n’est, dans l’ensemble, que très faiblement exportée    Chaque entreprise a certes des produits, une culture et une histoire qui lui sont propres  et  qui  influencent  son  modèle  de  développement  en  Turquie.  Il  existe  néanmoins  des  tendances  lourdes  et  beaucoup  suivent  des  schémas  d’implantation  comparables.  La  dynamique  de  développement  la  plus  fréquemment  rencontrée  commence  par  des  exportations  vers  la  Turquie depuis  une  base française  ou  européenne ;  à  ce  stade,  un  simple bureau de représentation peut suffire pour assurer la liaison avec les clients ou  avec un réseau de distribution externe. Une deuxième étape est parfois franchie avec la  création  d’une  filiale  commerciale,  ce  qui  permet  de  facturer  en  monnaie  locale  et  25   
  26. 26. surtout d’étoffer la présence commerciale pour démarcher plus activement les clients ou  mieux contrôler les distributeurs.  Mais  rapidement,  un  constat  fréquent  se  dégage :  pour  vendre  en  Turquie,  il  faut  y  produire,  et  ce  pour  de  multiples  raisons :  compétitivité‐coût,  maîtrise  des  délais  de  livraison,  offre  d’un  service  après‐vente  performant,  réactivité à  l’évolution  de  la  demande ou encore exigences des autorités en termes de localisation.  Les entreprises,  notamment  celles  qui  produisent  des  biens,  préfèrent  donc  souvent  une  exploitation  directe en Turquie que de servir seulement le marché turc depuis la France.   Il  est  en  effet  frappant  de  constater  que  l’essentiel  des  capacités  de  production  des  entreprises  française  présentes  en  Turquie  répond  à  cette  logique  commerciale,  ce  qu’atteste  la  faiblesse  des  taux  d’export.  La  quasi‐totalité des  entreprises  industrielles  indique  exporter  hors  de  Turquie  moins  du  quart  de  leur  production  et  ce  chiffre  est  d’ailleurs  même  le  plus  souvent  inférieur  à  10%.  Parallèlement,  aucun  cas  d’export  de  services à partir de Turquie n’a été identifié.  La  deuxième  caractéristique  majeure  de  la  production  (mais  aussi  de  services)  par  nos  entreprises en Turquie est qu’elle s’accompagne fréquemment d’exportations à partir de  la France ou d’Europe, soit pour les produits finis les plus hauts de gamme, soit pour des  composants critiques. L’exemple de L’Oréal témoigne de ce phénomène : si l’entreprise  est présente en Turquie pour la vente de presque toutes les marques du groupe, elle doit  importer bon nombre de ses produits, sa capacité de production en Turquie se limitant,  pour l’instant, aux produits capillaires.  La  situation  reste  donc  très  éloignée  d’un  schéma  de  délocalisation  où  la  Turquie  prendrait le relais de la France comme base exportable.     Quel marché ?    Les opportunités d’investissements concernent de nombreux secteurs en Turquie, aussi bien  pour la production de biens que de fournitures de services. Il ne s’agit pas ici de répertorier  et de classer les secteurs qui devraient faire l’objet d’investissements plus massifs de la part  des  sociétés  françaises,  mais  plutôt  de  montrer,  à  partir  d’exemples  d’entreprises  rencontrées, la diversité et l’attractivité du marché turc.  L’accompagnement des clients historiques    Bien souvent, l’idée de venir en Turquie est suggérée, avec plus ou moins d’insistance, par  certains clients français ou internationaux.  Tel  a  été  le  cas  en  particulier  des  équipementiers  automobiles,  comme  Valéo,  dont  l’implantation  en  Turquie  en  1989  a  été,  certes  guidée  par  l’ambition  de  développer  les  marchés  voisins  d’Iran,  de  Russie,  de  Roumanie  et  du  Moyen‐Orient,  mais  motivée  en  premier lieu par le besoin de fournir les clients locaux comme Renault. Le groupe Renault a  aussi  encouragé  l’arrivée  d’autres  entreprises  françaises  comme  SNOP  Izmit  Metal,  implantée  à  Gebze  et  dont  l’activité  principale  est  de  fournir  des  pièces  de  structure  automobile.  La  société  A.  Raymond,  spécialiste  des  systèmes  de  fixation  par  clipage  et  collage,  d’abord  pour  le  marché  automobile,  puis  pour  l’industrie  et  le  bâtiment  fait  aussi  partie des entreprises françaises arrivées en Turquie à la demande de son client Delphi, un  26   
  27. 27. des  plus  grands  concepteurs  et  fournisseurs  de  pièces  détachées  destinées  au  marché  automobile.   Dans le domaine des services, de nombreux exemples témoignent aussi de l’importance de  l’accompagnement des clients historiques. Tel est le cas du groupe de logistique (stockage,  supply‐chain, etc.) et de transport GEFCO, présent en Turquie depuis juillet 2002 et qui a fait  le choix, à l’origine, de venir en Turquie pour accompagner le développement des activités  du groupe PSA.   Le marché proprement turc    Avec une population de 71,5 millions d’habitants, âgés de moins de 25 ans pour plus de la  moitié,  le  marché  turc  constitue,  en  soit,  un  des  marchés  les  plus  attractifs  pour  les  entreprises  françaises  et  étrangères.  La  très  grande  majorité  des  entreprises  contactées  citent la taille et le dynamisme du marché turc comme première justification pour le choix  de leur implantation. Complémentaire de la taille du marché, la proximité géographique de  la  Turquie  avec  la  France,  et  donc  de  l’Europe,  figure  aussi  en  tête  de  la  liste  de  ces  justifications :  la  Turquie  est,  en  effet,  non  seulement  très  proche  de  la  France,  mais  constitue aussi un carrefour commercial stratégique.  Le  marché  turc  est  devenu  aussi  particulièrement  attractif  pour  les  entreprises  françaises  depuis la mise en œuvre des réformes structurelles à la suite de la grave crise économique et  financière de 2001 .On constate d’ailleurs que de nombreuses implantations de PME, se sont  matérialisées depuis la fin de cette crise. La perspective du rapprochement avec l’ensemble  européen a aussi favorisé la dynamique de rattrapage et accéléré l’effort d’harmonisation du  tissu économique pour se mettre en adéquation avec les standards mondiaux.   Ce  double  mouvement  a  eu  des  effets  particulièrement  positifs  sur  le  développement  d’opportunités  sur  le  marché  turc,  et  qui  explique,  en  partie,  la  croissance  constatée  ces  dernières  années.  Cités  par  de  nombreuses  entreprises  françaises,  les  chiffres  de  la  croissance  turque  ont  été  en  effet  impressionnants  jusqu’à  l’automne  2008 :  l’expansion  moyenne du PIB a été de sept points par an, entre 2002 et 2006.   De nombreux secteurs à forte croissance suscitent un intérêt tout particulier de la part des  entreprises françaises, mais aussi étrangères, pour le marché turc. C’est le cas, par exemple,  du secteur de l’énergie : si le bouquet énergétique turc fait la part belle aux énergies fossiles  qui  représentent  70%  de  l’ensemble,  les  investissements  dans  les  infrastructures  hydroélectriques  ainsi  que  dans  les  énergies  renouvelables  sont  une  des  priorités  du  gouvernement depuis quelques années.                         27   
  28. 28. Focus sur les énergies renouvelables en Turquie  Hydroélectricité  Potentiel hydroélectrique de la Turquie :  brut : 433 Md kWh/an ;  technique : 216 Md kWh/an ;  économique : 150 Md kWh/an.  En 2007, les 148 centrales hydroélectriques installées sur le territoire, qui représentent une  capacité  installée  de  13  393  MW,  ont  produit  près  de  47  590  GWh.  La  Turquie  utilise  aujourd’hui seulement 32 % de son potentiel économique. 158 centrales hydroélectriques  sont actuellement en construction ce qui représente une capacité installée additionnelle de  6 564 MW et une production additionnelle de 23 620 GWh/an. La valorisation du potentiel  hydroélectrique de la Turquie demeure une priorité majeure du nouveau gouvernement.    Eolien  La  Turquie,  considérée  comme  un  pays  plutôt  riche  en  potentiel  éolien,  dispose  actuellement d’une puissance éolienne installée de près de 200 MW. Selon les évaluations  conduites  par  l’association  des  investisseurs  privés  du  secteur  éolien  et  hydraulique  (RESSIAD) sur la base de mesures du vent depuis 7‐8 ans, les experts estiment que près de  10  000  MW  (soit  30  milliards  de  kWh  par  an)  pourraient  être  produits  par  des  turbines  éoliennes  en  Turquie.  Ce  chiffre  correspondrait,  selon  l’association,  en  valeur  à  près  de  2  Md  USD  par  an.  Les  études  de  faisabilité  sur  le  développement  de  l’énergie  éolienne  en  Turquie,  menées  par  l’EIE  (Direction  générale  des  études  pour  les  travaux  électriques  du  ministère  de  l’Energie  et  des  Ressources naturelles),  sont pour  les  investisseurs  des pistes  de  réflexion  intéressantes  sur  le  choix  des  sites  à  un  fort  potentiel.  Un  atlas  éolien  de  la  Turquie recoupe les données de base utiles pour tout investisseur : carte des vents, zones  naturelles protégées, réseau de transport d’électricité.    Solaire  Le  potentiel  de  production  d’énergie  solaire  est  relativement  important  en  Turquie.  Des  études ont ainsi montré que la Turquie recevait en moyenne 2 640 heures d’ensoleillement  par  an  avec  une  intensité  de  3,6  kWh/m²/jour.  Le  solaire  thermique  et  l’utilisation  de  collecteurs pour l’eau chaude des habitations sont répandus sur le territoire turc.    Géothermie  La Turquie possède un potentiel géothermique considérable estimé à près de 31 500 MW th  (7e potentiel à l’échelle mondiale). La direction générale de la recherche et de l’exploration  minière en Turquie a identifié, à ce jour, 170 champs géothermiques avec des températures  pouvant  monter  jusqu’à  292°C.  Ils  sont  situés,  pour  la  plupart,  dans  les  régions  de  la  mer  Egée  et  de  l’Anatolie  centrale,  autrement  dit  dans  les  zones  où  la  concentration  démographique est la plus élevée. Le potentiel de développement est donc important pour  le  chauffage  urbain  et  la  production  électrique.  Dans  le  cadre  de  la  libéralisation  des  marchés  de  l’énergie,  la  Turquie  a  lancé  en  août  2008  un  projet  de  privatisation  de  33  champs et 32 puits géothermiques appartenant actuellement à MTA (société nationale pour  l’exploration minière).    28   

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