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1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1     à cause dune procédure de divorce. Un mari jaloux avait des pro-     blèmes avec ...
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Nouvelle chasse-aux-srcières

  1. 1. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Chapitre l Amalgame, propagande et rumeur~ "Si von, <onhaitn vou< <Mban-a,,,, dnn wlMgn, on dnn ron"j rent, laissez entend1"e quil appartient à une secte, de préférence . apocalyptique.. ." a. La Lande) 7Les groupes de pression constitués pour lutter contre certains mou-vements spirituels ou religieux nhésitent pas à utiliser tout ce quilsdénoncent chez autrui : propagation de rumeurs, délation, listesnoires, police secrète (puisque lADFI se targue officiellement de col-laborer avec les renseignements généraux), amalgames, dérision descroyances, etc.Ces groupes de pression sont de véritables fabriques de rumeurs.Comment peut-il en être autrement puisquils refusent toutcontact avec les personnes ou les groupes quils mettent en cause?Ils collectent les témoignages très souvent déformés sous le coupde lémotion de parents apeurés, ou leurs simples interrogations,ou les témoignages dune poignée danciens adeptes qui le plussouvent cherchent à régler des comptes avec le groupe quils vien-7. LeP";II!, 19 septembre 1998. 23
  2. 2. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES nent de quitter, pas toujours, dailleurs, pour des raisons avouables. Ils collectent les articles quune presse plus intéressée par la contro- verse que par la recherche de la vérité publie sur les groupes quelles ont dans le collimateur, sans admettre le biais quils intro- duisent en alimentant les journalistes. Ainsi, une rumeur colportée par ces groupes de pression deviendra une vérité pour ces associa- tions à partir du moment où un journaliste laura publiée après avoir été en contact avec lune de ces associations. La littérature même produite par ces associations est une véritable invitation à la délation sur la base de rumeurs. Dans une brochure intitulée "Les sectes" 9, les ADFI diffusent, par exemple, une liste de symptômes "dappartenance sectaire" (voir planche 2, page 92). Parmi ceux-ci figurent "la modification du comportement, de la tenlte vestimentaire, du vocabulaire, des œntres dÙltérêt, la multiplication des réunions en semaine, le week-end, les déplacements en France Olt à létran- ger, les nombreux appels téléphoniques, le courrier abondant (. . .J". Bref, toute personne senflammant pour une cause nouvelle à laquelle elle décidera de consacrer du temps et de largent pourra, sur la base de cette liste, être suspectée. Quand on connaît la vigueur du tissu associatif et du bénévolat en France, on voit les risques de dérapage quun tel texte peut créer. Par ailleurs, les ADFI reconnaissent travailler en étroite collabora- tion avec les renseignements généraux quelles jugent "essentiels dans leur action" 9 (voir planche 3, page 93). Quand on sait que cette police auxiliaire gère des fichiers nominatifs dans lesquels sont indiquées les convictions politiques, philosophiques et reli- gieuses des intéressés et que, parmi leurs méthodes dinformation, figure la constitution de notes anonymes, les fameux "blancs", on 8. "Les sectes". Association pour la défense des familles ct de lindividu. Brochure non datée. 9. Note de la direction départementale des interventions sociales du déparrcmem de Loire-Atlantique en date du 3 février 1989.24
  3. 3. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1ne peut que craindre le pire sur cette "étroite collaboration" auregard des libertés fondamentales et notamment du respect de lavie privée. Une anecdote illustrera cette connivence. Un chef den-treprise dont le principal collaborateur avait été mis en cause parlADFI alla voir cette association, dans le but de protéger sonentreprise contre la propagation de fausses allégations déstabili-santes pour cette dernière. La présidente de lUNADFI le reçutdans son bureau en compagnie dun prêtre catholique, le pèreTrouslard. Quel ne fut pas son étonnement lorsque ce dernier luiprésenta les photographies de plusieurs manifestations auxquellesavait participé son collaborateur! Doù avaient pu provenir cesphotographies sinon des RG qui sont systématiquement informéslors du dépôt des déclarations de manifestation ?DÉRISION DES CROYANCES 1Les groupes de pression tels que lADFI et le CCMM 10 prétendenttoujours refuser de juger les croyances pour ne dénoncer que lesfaits. Pourtant, leurs écrits regorgent de jugements péremptoiressur les croyances des groupes quils attaquent. Voici quelquesextraits du bulletin de liaison des ADFI : modèles éthiques et intellectuels douteux proposés par ces mouvements. " 11fi •••"... indigence dun message merzJeilleux et peu élaboré dissimulé derrière unephraséologie pompeuse faite de concepts à la mode. Absence de rigueur et floude la pensée, simplisme des condllsim/s." 12"Cest de la science-fiction. Le songe dlm foll. Ces gem se croient sllr Imeautre planète." 13"Une doctrine qui cache son imignifiance sous lm flot de néologismes altJJicreux qlle prétentieux." 1410. Centre contre les manipulations mentales, association créée en 1981 par lécrivain Roger Ikor, vice-présidcm de lUnion rationaliste.Il. UNADFI. BIII/" nO.Il. UNADFI. BIII/" n13.13. UNADFI. Blllk, nlI.14. UN AD FI. Bldl" n18. 25
  4. 4. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 " ... à partir dlin mélange confils de science-fiction et de pratiques psycha- nalytiques, le tout enrichi docCltltisme et dlin fatras dalliances secrètes. JJ 15 "Ces éluCltbrations religieuses et Illédicales ... " 1(, "Un délire ÙlS1üpassable ... " 17 De tels jugements nempêchèrent pas la présidente de lUNADFI de déclarer en 1994 : lUNADFI sest toujours interdit, dam son action, de juger des idéologies, philosophies, doctrines ... " 18 Même rengaine du côté dAlain Vivien, ancien président du CCMM. Dans un même article, il annonce "nous nom interdiso1lS absolulllent de porter tin jugement sllr les mm/ictions, réelles 011 Sltpposées" mais écrit plus loin à propos du fondateur dun mouvement reli- gieux quil déteste: "VOltS pOllvez linterroger tant sur la cltlture du petit pois que sltr les OVNI, /éducation, la défeme, etc. Il est omniscient pour être omnipotent. Som lin verbiage scientifique, le "maître" diffme une pen- sée propre à duper des individm faibles 011 en recherche." 19 Dans le chapitre suivant, nous verrons que ces groupes de pression sont en fait imprégnés dune idéologie matérialiste antireligieuse qui assimile les croyances et pratiques religieuses à des pathologies. 20 Le danger dun glissement du combat mené par ces groupes de pression vers une attaque des religions a été perçu par plusieurs personnalités religieuses lors des débats ayant conduit au vote de la loi About-Picard. Ainsi le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la Fédération protestante de France, déclarait, en juin 15. UNADFI. Bulles n036. 16. UNADFI. B"II" n036. 17. UNADFI. B"II,s n036. 18. Lt: Afrwdt1 des Dé/MfJ, juillet-août 1994. 19. Conférence dAlain Vivien publiée dans ]a revue de: lassociation 11 Nouveaux droîts de lhomme ", 20. I.è docteur Badichc, psychiatre cr ami du fondateur de lAD FI, assimilait ladhésion à une idéologie religîcuse à une psychose passionnelle.26
  5. 5. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 12000 : liEn réalité, derrière la lutte coJttre les sectes, cest lensemble descourants religieux qui doit se sentir menacé." JIDÉLATIONNous sommes en démocratie et les libertés fondamentales sont, enprincipe, protégées, mais les activistes des groupes de pression"anti-sectes" sont toujours prompts pour faire pression sur leslibraires afin de faire retirer de la vente des livres qui "sentent lesoufre", faire pression sur des propriétaires de salles pour empêcherla tenue dune conférence ou dune exposition, dénoncer lapparte-nance dune personne à un mouvement "sectaire", etc.Ainsi, en janvier 1992, apprenant quun mouvement religieuxquelle avait dans le collimateur organisait une conférence dans unhôtel de Nantes, lADFl envoyait une lettre au directeur de lhôtelavec ces propos: "Peut-être ignorez-lious que VOltS allez affaire à une asso-ciation qui pourrait nuire à llotre image de marqlle. (. .. ) Nom nolISsommes fait lm del10ir de 1I0US donner cette information pour que 1I0US pui.f-siez prendre les décisions les meillettres concernant lIotre commerce" 22 (voirplanche 4, page 94). Ce qui nempêchait pas un représentant localde lADFI, un mois plus tard, de déclarer en réponse à la question"les sectes trouvent pourtant des lieux daccueil pour leurs confé-rences ?" : liOn est en démocratie. Tollt le monde a heurmsement le droitde IOller une salle pOlir y mener des actillités. " 23Récemment, un journal niçois mentionnait ainsi lintervention delADFI : LADFl a coJttacté le syndicat des hôteliers qui, en possessiondes deux rapports parlementaires sllr les sectes en France, a alerté ses adbé-rents. Depuis, lAston et le Reldisson ont refltsé de 10ller leurs salles à desmoullements répertoriés comme sectaires. " 2421. La Croix 22 juin 200ft 122. Lettre dADFl Names il Otdînn, datée du 23 janvier 1992.23. "Des sectes et: des hommes" LI N(}/Iti;/k Rf1J11/;/Ùf!1t cl" Cenlre-(Jm:st, 13 février 1992.24. "Dix-huit mOuvements sectaires implantés dans la ville", Nicf-At.TtÙ/, 18 septembre 2001. 27
  6. 6. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Cette utilisation des rapports parlementaires à des fins discrimina- toires est dailleurs parfaitement illégale. INCITATION INDIRECTE À LA VIOLENCE 1 Le plus grave dans cette entreprise de délation fut la circulation de listes noires répertoriant des personnes, des chercheurs dits "favo- rables aux sectes", des entreprises privées ou des associations pré- sentées comme "filiales de sectes" simplement parce quun de leurs dirigeants appartenaient à un mouvement jugé hors normes. En 1991, le CCMM alla même jusquà publier dans une brochure inti- tulée "les sectes" une liste "dentreprises privées 1Itilisant marqltes dépo- sées et techniq1les de Dianétiqlte et Scientologie et/o1l ayant p01lr dJefs des scientologms confirmés" (voir planche 5, page 95) ! Au lendemain dun attentat à la bombe contre les locaux de lEglise de lUnification, Le Figaro, au lieu de dénoncer cet acte odieux en termes virulents, donnait en pâture aux lecteurs dans un article intitulé "Linquiétante prolifération des sectes" une liste dentreprises, décoles, de cabinets privés dont le seul tort était davoir parmi leurs dirigeants des membres de nouveaux mouve- ments spirituels ou religieux! Ce genre de délation peut entraîner des actes malveillants drama- tiques. Depuis lapparition de ces campagnes il y eut pas moins de huit attentats à la bombe contre des mouvements désignés à la vindicte publique par des organisations telles que lADFI ou le CCMM. Le dernier en date valut dailleurs à son auteur une condamnation étrangement clémente à deux mois de prison ferme alors que la bombe qui, heureusement, navait pas explosé était, selon les artificiers, faite pour tuer. Une autre affaire est intéressante à signaler car elle montre les moyens douteux quun dirigeant de lADFI peut employer lors- quil se croit tout permis. En juillet 1998, un couple de sciento- logues recevait un fax portant lentête de "lOrdre des templiers"28
  7. 7. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1et contenant des menaces de destruction totale (voir planche 6,page 96). Le couple porta plainte et une enquête permit de retra-cer lorigine du fax: il avait été envoyé par le fondateur de lADFldAngers, Yves Damon ! Laffaire est en cours.MANIPULATION DE LINFORMATION 1Le principal ressort de la manipulation de linformation - et par cebiais, de lopinion publique - est la technique bien connue delamalgame qui, à force de répétitions, crée dans le public une faus-se représentation mentale des mouvements spirituels et religieux.Par ailleurs, la dramatisation, par les émotions quelle entraîne,empêche le raisonnement rationnel, ce qui aggrave encore lamal-game.Prenons par exemple le cas, combien douloureux, du suicide.Récemment, un enfant de onze ans sest suicidé dans un établisse-ment laïque de Lyon: cela na entraîné que quelques lignes dans lapresse. Le 21 juin 2001, un enfant de quatorze ans se suicidait dansun village denfants dirigé par une association scoute indépendan-te et une communauté religieuse catholique traditionaliste accu-sées dêtre une "secte" : cela fit la une des journaux locaux et destélévisions nationales. Il est dailleurs troublant de constater quedans ce cas précis, le suicide de ladolescent a eu lieu après que lafamille de son père eut contacté lADFl. 25Le suicide est la seconde cause de mortalité chez les jeunes de 15 à25 ans. Il y a en France 8000 suicides par an, soit un taux de 0,13suicide pour 1000 habitants. Si on appliquait ce taux aux 500 000Français accusés de faire partie de "sectes", on devrait constaterquil se produit chaque année dans ces mouvements au moins 65suicides par an ! On en est loin, même avec le drame du Vercors.25. Suicide du jeune R. au village denfants de Rhumont, Je 21 juin 2001. 29
  8. 8. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES Les sociologues des religions qui essaient détudier scientifique- ment les nouveaux mouvements spirituels et religieux ont des conclusions qui vont à lopposé des affirmations péremptoires pro- pagées par les associations qui luttent contre ces mouvements. U ne autre ficelle de la manipulation de linformation consiste à tronquer cette information. Toute nouvelle qui pourrait entraîner un mouvement de sympathie à légard des nouveaux mouvements spirituels et religieux: actions des bénévoles, témoignages positifs, témoignages de soutien, etc., est soigneusement passée sous silen- ce et fait lobjet dune censure quasi systématique. Tout journalis- te tentant de faire son travail objectivement sera accusé de "servir la soupe aux sectes" ou de se livrer à du "prosélytisme". Comme avec lamalgame, cest ainsi que lon fausse les représentations mentales du public concernant ces mouvements. Nous le verrons dans le chapitre suivant: lADFI et le CCMM uti- lisent un langage stéréotypé, empreint dune idéologie matérialis- te antireligieuse. Lutilisation de stéréotypes pour influencer les personnes allant consulter ce type dassociations a été confirmée par une enquête sociologique réalisé par le "Centre détude sur les nouvelles religions" (CESNUR) auprès des partants de la Nouvelle Acropole, un mouvement étiqueté comme "secte". Le sociologue a dabord constaté que ces partants, dans leur grande majorité, navaient rien à reprocher au groupe quils avaient quitté et quils restaient en bons termes avec lui, ce qui, bien sûr, va à lencontre des idées reçues. Interrogés sur la description de leur vécu dans le groupe, ils employaient des termes très divers. Les quelques par- tants en mauvais termes avec le groupe avaient été, pour la plupart dentre eux, en COntact avec lADFl et dans ce dernier cas ils employaient curieusement les mêmes termes pour décrire leur vécu! 2(j 16. Erude sur les partants de la Nouvelle Acropole, par Ivlassimo Jrucovigne, Ctsnur.30
  9. 9. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES fParfois, les propos frisent carrément la paranoïa, comme ceux quetint la présidente de lUNADFI à lantenne en 1997, lors duneémission consacrée à lassociation "Le Patriarche": "Mais savez-vOlISqui est-ce qui détient la plupart du patrimoine français, déjà ait point deVile immobilier ? Ce ne sont que les sectes. Qtti est capable actml/emelltdacheter ces châteaux et ces manoirs? Eh bien ce sont les adeptes qui sontdes otages et qui sont les esclaves de ces gOltrolts et qui fo1lt tOlite la maindœttvre et qui retapent ces châteallx, donc cest la même chose." 27DESTRUCTION DES FAMILLES rA cause des techniques décrites précédemment, la personne venuese renseigner dans une des associations telles que lADFlou leCCMM repart complètement affolée et souvent incapable de rai-sonner. Ces associations ont beau jeu de faire mine de vouloir ras-surer, tempérer et dédramatiser, alors même quelles viennent defaire tout le contraire; cest lincendiaire qui crie "au feu !" et quise déguise en pompier faisant semblant déteindre lincendie quilvient dallumer. Un exemple illustrera ce propos. Nous avonsvolontairement changé les prénoms.Robert, membre actif dun mouvement religieux, annonce sonmariage avec Véronique à ses beaux-parents. Ces derniers SOnt trèsheureux mais le beau-frère de Robert, alerté sur les convictionsreligieuses de Robert que ce dernier ne cache dailleurs pas (convic-tions partagées aussi par sa future épouse) décide de mener sa"propre" enquête. Robert ne se doute de rien et tout heureux àlidée dune belle cérémonie de mariage, il envoie ses invitations àtoute sa belle famille. Quelle nest pas sa surprise de constaterquau dernier moment la moitié de sa belle famille se décomman-de et refuse dassister à la cérémonie et au banquet! Après enquê- te, il savère que tous les membres de sa belle famille ont reçu dela part du beau-frère une documentation estampillée du tampon27. Emission "Le droit de savoir" surit. thème: "SeCtes: pièges ct magot". TF1, 16 juin 1997. 31
  10. 10. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES de lADFI et du CCMM. Parmi les documents, figure notamment un article de presse mensonger mettant en cause Robert, dont le journaliste avait été condamné quelques années auparavant pour diffamation (bien sÜr aucune mention de cette condamnation ne figurait dans le dossier). Ainsi, la documentation venant de ces associations contenait des informations nominatives, fausses qui plus est, qui étaient communiquées à un membre de la famille pour exacerber un conflit qui, sans cette intervention, aurait cer- tainement pu être résolu. Peut-on encore parler de "défense de la famille" ? On ne compte plus les cas de divorce oÙ lintervention dune asso- ciation "anti-secte" dans la procédure judiciaire a eu des résultats désastreux comme le refus daccorder la garde ou même le droit de visite des enfants à lun des deux époux lorsquil était accusé dap- partenance à un nouveau mouvement religieux ou spirituel. Pourtant la Cour européenne des droits de lhomme a clairement condamné ce genre de pratiques discriminatoires. 28 Les rumeurs colportées par des organisations telles que lADFI ou le CCMM peuvent détruire des réputations et parfois des Vies, comme nous allons le voir. 1 LE CAS DE BERNARD LE14PERT Bernard Lempert est psychothérapeute, spécialiste de la maltrai- tance denfants. Il a fondé une petite association, lArbre au milieu. En 1996, il constata avec stupeur que cette association faisait par- tie dune liste noire de groupes religieux ou spirituels désignés à la vindicte publique dans un rapport parlementaire dit "rapport 28. Arrêt de la Cour européenne des droits de lhomme en dace du 23 juin 1993, affaire Hoffmann c/Autriche. Extrait de larrêt: "Considérer quun groupe minoritaire sera automatiquement marginalisé dun point de vue social méconnaît le principe même dune société démocratique pluraliste (. .. ). Nonobstant tout argument contraire possible, on ne saurait tolérer une distiocrion fondée pour lessen- tiel par des considérations de religions."32
  11. 11. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1Gest-Guyard". Parmi les personnes à lorigine de cette accusationde "secte" figurait la fondatrice dune antenne locale de lADFI.Bernard Lempert avait soigné une jeune femme gravement ano-rexique qui était la fille de la fondatrice de lADFI Finistère. A lasuite de ce traitement, la jeune femme avait préféré sinstaller àAix-en-Provence pour fuir une mère omniprésente. La mère étaitpersuadée que cétait le "gourou" Lempert qui avait enlevé sa fille.Bien que le rapporteur de la commission parlementaire sur les"sectes" reconnût son erreur, et quun jugement du tribunal deRennes rendu en octobre 1998 blanchît Bernard Lempert, larumeur continua à courir et à jeter lopprobre sur lArbre au milieuet sur son fondateur. Aujourdhui encore, on continue à lui refusersa participation à des colloques sur lenfance maltraitée malgré lasolide réputation quil a établie dans ce domaine auprès des assis-tantes sociales, des avocats et des magistrats. Le journal Libérationqui révéla toute laffaire fut lobjet dune plainte en diffamationdéposée par la présidente de lUNADFI le 29 juin 1998. 29 Maistrois jours avant laudience, lUNADFI renonça à poursuivre lejournal. 30LE CAS DANDRÉ POULINDepuis 1996, un brillant économiste genevois, André Poulin, estaccusé, sans la moindre preuve, dêtre un des dirigeants de rOTS.Bien que son principal accusateur, Robert Sévenier, ait étécondamné dès 1997 pour diffamation, la rumeur continua de cou-rir après cette date. Janine Tavernier, présidente de lUNADFI,prit pour argent comptant cette rumeur sans fondement répanduepar Robert Sévenier. Le 23 mai 1997, elle écrivit quAndré Poulin,29, "Deux ans pour éteindre le bûche.·r", par Franck Johannes, Libb:llÙm, 24-25 octObre 1998.Voir aussi: "Enfanrs : silence, On maltraicc", de Gilbert Charles, LE:jweJJ. 26 août 1999.30. LibératioJ1. 5 octObre 1999. 33
  12. 12. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 "né à Genève, habitant Onex maintenant, a bien été membre de rOTS". Sur une simple dénonciation! Jacques Guyard, rapporteur de la commission denquête parlementaire sur le phénomène sec- taire, reprit lui aussi la rumeur. Le 15 mai 1998 il mit nommément en cause cet économiste ainsi que son père, dans une lettre adres- sée à Lionel Jospin, laissant même entendre quAndré Poulin avait des liens avec un marchand darmes libyenY Plus tard, Janine Tavernier reconnaîtra son erreur. Mais trop tard, rien narrêtera la rumeur, dautant plus que Robert Sévenier pourra utiliser mainte- nant les écrits de Janine Tavernier. André Poulin, qui a dû aban- donner la plupart de ses mandats pour se défendre, a été victime de deux alertes cardiaques. Pour lui, le calvaire continue. LE CAS DE LA FAMILLE A 6 heures du matin, le 9 JUIn 1993, deux communautés dun groupe chrétien appelé "La Famille", lune à Lyon et lautre à Aix- en-Provence, firent lobjet dune descente inattendue et violente de policiers armés. Quatre-vingts enfants furent littéralement arra- chés à leurs parents et enfermés dans des institutions pendant 51 jours dans lisolement et la terreur. Tous les membres adultes des deux communautés furent détenus par la police en garde à vue pendant 48 heures. On les interrogea, parfois sans ménagement, on leur mentit, on les menaça de vio- lence physique et on leur dit quils ne reverraient jamais leurs enfants. Une fois les parents libérés, on les empêcha de voir leurs enfants, ou même de leur parler. On ne leur permit pas de leur envoyer des affaires personnelles, même pas une brosse à dent ou un ours en peluche. 31. Lettre de]. Guyard à LJospin du 15 mai 1998, reproduire dans le magazine Lll/m/ft, en date du 1er juille, 1998.34
  13. 13. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Finalement, après une séparation forcée de sept semaines, les enfants purent retrouver leurs parents le 29 juillet. La forte indi- gnation manifestée dans le monde entier par ces traitements bru- taux incita les juges à libérer les enfants, dont un grand nombre étaient désorientés et en état de choc suite à cette épreuve. Une plainte en justice de lADFI pour mauvais traitement den- fants était à lorigine de cette descente matinale qui déchira des familles et causa des traumatismes indélébiles à de nombreux enfants innocents et à leurs parents. Outre le fait que rien, pendant la garde des enfants et des parents, ne permit de mettre en évi- dence le moindre mauvais traitement, linstruction se poursuivit pendant des années. En janvier 1999, faute de preuves, le juge dinstruction décida quil ny avait pas matière à poursuivre. LAD- FI, dans son acharnement aveugle, fit malgré tout appel de cette décision, mais cet appel fut rejeté le 24 février 2000. A létranger, ce sont de semblables accusations colportées par des associations telles que le CAN qui ont été à lorigine de descentes de police similaires contre dautres communautés de La Famille. Rien ne permit jamais de mettre en évidence le moindre mauvais traitement denfants dans ces communautés. A la suite de ces opérations injustes, lexpert en religion]. Gordon Melton dira: "Les enjânts et les jeunes de La Famille ont véritablement été victimes de malltiaÙ traitements maÙ cest le Cult Awareness NetUJork (CAN) et son éqttivalent /rançaÙ lADF! qui sont directement respon- sables de ces mauvais traitements et de cette soltffrcmce. 111LE CAS DU DOCTEUR JULLIEN 1 Le 6 mars 2000, le docteur Yves ]ullien, marié et père de quatre enfants, mit fin à ses jours. Selon son épouse cet acte avait été déclenché par une rumeur persistante attachée au centre quil avait 35
  14. 14. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 créé au château de lIsle-sur-Serein pour accueillir des toxicomanes et des personnes atteintes de troubles psychiques graves. Cette rumeur faisait de son centre une "secte" et de lui un "gourou". Pourtant, patients, infirmiers et médecins qui le côtoyaient étaient unanimes: les accusations portées contre Yves Jullien et son asso- ciation étaient totalement infondées et le docteur Jullien était irré- prochable. Parmi ceux qui ont colporté cette rumeur et lui ont donné crédit, on trouve lantenne ADFI de lYonne qui confirmait par lettre que trois responsables du centre créé par le docteur Jullien étaient membres dune "secte" (voir planche 7, page 97) et lUNADFI dont la présidente admettra en public avoir confirmé par téléphone quun des dirigeants de ce centre avait séjourné en Inde et connaissait le gourou Saï Baba 32 • En fait, le beau-père du docteur Jullien était indien et lépouse du docteur avait rencontré Saï Baba dans les années soixante-dix! Là encore, les excuses faites sur un plateau de télévision par la présidente de lUNADFI ne répareront pas les vies brisées. LE SUICIDE DUN JEUNE SCOUT 1 Le 21 juin dernier, un enfant de quatorze ans se suicida dans une école dirigée par une association scoute indépendante et une com- munauté religieuse catholique traditionaliste accusées dêtre une "secte". Cet enfant, dont les parents étaient séparés, sétait ouvert de certains problèmes dans son école auprès de la famille de son père qui avait ensuite contacté lADFI et déposé une plainte en justice. Devant la proportion que prit soudain cette affaire, lenfant fut probablement très troublé. Il adressa un courrier à la famille de son père pour dire que désormais tout allait bien. Son suicide inter- vint peu de temps après. 32. Déclararion de Janine Tavernier lors de lémission li Vic privée, vie publique Il de Mireille Dumas. Diffusion France 2, 21 mars 2001.36
  15. 15. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES Chapitre II Une idéologie de lexclusion"Une fois encore, satls recul ni rete1llte, les groupes anti-sectes,quils soient laïques ou religieux, tramposent dam lHexagone undiscours psychiat1"ique forgé aux Etats-Unis dam les annéessoixante-dix. Limitant leur action au lobbyÙlg parleme11taire, auforcing médiatique et à la guérilla judiciaire, ces nouveaux croisésambitio1lne11t dimposer un contrôle social sur des problèmes quirelèvent de la vie personnelle et familiale." (Thierry Pfister)33Lidéologie dexclusion véhiculée par les groupes de pression lut-tant contre certains mouvements religieux prend racine dans uneconception matérialiste de lhomme associant toute pratique reli-gieuse intense à une pathologie.Dans le milieu des années soixante-dix, a été mis en place dans plu~sieurs pays un véritable réseau dassociations chargées de jeter le dis-crédit sur tous les groupes religieux en dehors des grandes religionsclassiques et dorganiser à leur sujet de véritables campagnes de dés-information. Jean Hadot, professeur à lUniversité libre de Bruxelles,a appelé fort justement ce lobby "la secte des adversaires des sectes".)4.33. "Lenn; ouverte aux gardiens du mensonge 1 Je Thierry Pfisrer, Albin Michel, 1998.. 4. "Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes", de Anne MmdIi, Labor, 1997, page 73.3 37
  16. 16. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Aux Etats-Unis, le premier groupe organisé de lutte contre les nouveaux mouvements religieux fut le "Citizens Freedom Foundation" (CFF - la Fondation pour la liberté des citoyens) fondé en 1973 par un militaire à la retraite, William Rambur, et un autodidacte, Theodore Patrick. l5 Peu de temps après, des psy- chiatres antireligieux, dont le docteur John Clark, fondèrent un groupe "dexperts" pour soutenir les actions du CFF ou de groupes similaires. Le docteur Clark était un athée convaincu. Dans la revue The American Atheist, il écrivit en mai 1977 un essai contre la religion dans lequel il sexprimait en ces termes: "La religion cest de la politique, et toujours, la politiqm la plltS autoritaire et la plus réac- tiolllzaire." LA "DÉPROGRAMMATION", UNE ACTIVITÉ ILLÉGALE 1 U ne des actions immédiates du CFF fut la mise au point et la pro- motion dune méthode baptisée "déprogrammation" ("deprogram- ming" en anglais). Il sagissait dune pratique illégale consistant à enlever un membre dun groupe religieux ou philosophique contre son gré et à tenter de lui faire abandonner ses croyances au moyen de techniques psychiatriques ou par la force. Les fondements même de la "déprogrammation" sont simplistes: le mental serait une sorte de bande magnétique sur lequel simprime un program- me modelant le comportement de lindividu; ce programme pour- rait être effacé et la bande magnétique réimprimée afin de modi- fier le comportement et les valeurs dune personne ; les nouveaux mouvements religieux imprimeraient dans la tête dune personne un mauvais programme ; les "déprogrammeurs" seraient là pour effacer cette "erreur de programmation" à laide dun traitement, et le remplacer par un programme acceptable (à 15 000 dollars la tentative, bien sûr)." 35 . 36, lJ Ler our childrcn go", Je Tcd Patrick et Tbm Dulack, Ballaminc Book, 1977, New )(j,-/z TimfJ, du 2 septcmbre 197438
  17. 17. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1Lenlèvement de la victime posait un grave problème mais TedPatrick était persuadé que, sil obtenait la coopération des parentstout au long du processus, des charges ne pourraient guère êtreretenues contre les auteurs de cet enlèvement. En accord avec desparents apeurés, Ted Patrick expérimenta cette technique surdivers membres de groupes religieux en les enfermant contre leurgré, en ridiculisant leurs croyances et en se servant du désarroi deleurs parents pour créer chez eux un sentiment de culpabilité afinquils abandonnent leur groupe. On ne compte plus les scandalesliés à la "déprogrammation" car lusage de la violence était fré-quent. Ted Patrick fut condamné plusieurs fois à des peines de pri-son ferme aux Etats-Unis.Devant le tollé de protestations que cette pratique entraîna, le CFFdÙt déclarer officiellement quil était contre la détention dune per-sonne contre son gré. Le CFF, qui fut rebaptisé plus tard CAN(Cult Awareness Network - Réseau de surveillance des "sectes"),continua néanmoins à soutenir la pratique dune "déprogramma-tion volontaire" (une pratique de consultation psychiatrique oupsychologique au cours de laquelle ladepte est soi-disant libre departir à tout moment). En 1991, on trouvait par exemple dans leconseil dadministration de CAN le Dr Paul Martin, directeur ducentre Wellspring spécialisé dans le traitement danciens adeptes.Le programme de ce centre est édifiant: dans le paragraphe consa-cré au programme de "réhabilitation", on lit quil sagit de corrigerles "pensées tordues" ("distorted thinking"). A la rubrique "usagedu téléphone", il est précisé que les patients nont pas le droit detéléphoner à lextérieur! Les appels durgence ne peuvent être faitsque par le personnel soignant. En janvier 1991, une jeune hôtessede lair membre dun groupe chrétien fut retenue à Wellspringcontre son gré, à la demande de sa mère, et dut y subir des traite-ments quelle estima dégradants. Après sêtre échappé par la ruseavec laide de son mari, elle porta plainte. 39
  18. 18. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Les preuves montrant les liens entre le CAN et la pratique de la déprogrammation forcée, même après la récusation officielle de cette technique par le CAN, sont accablantes. Plusieurs dépro- grammeurs ont témoigné sous serment être entrés en contact avec les parents de leurs victimes grâce au CAN. En 1993, un dépro- grammeur notoire, Galen Kelly, fut condamné pour enlèvement et séquestration et passa plus dun an en prison avant de bénéficier dune libération conditionnelle. Or Galen Kelly avait été le direc- teur de la sécurité lors du rassemblement national du CAN en 1991. En 1992, il devait aussi tenir ce poste mais son arrestation len empêcha. Le coup de grâce vint en 1995 lorsque la justice américaine statua que le CAN était partiellement responsable de la "déprogrammation" du jeune Jason Scott, membre dun groupe pentecôtiste. Le CAN fut condamné à verser une amende dun million de dollars au plaignant, ce qui entraîna la faillite de cette association (voir planche 8, page 98) 37. Il est intéressant de noter que le "déprogrammeur" de Scott, Rick Ross, un individu douteux au passé judiciaire chargé, était celui qui, en tant quexpert "anti- secte" "conseilla" le Bureau de contrôle des alcools, tabacs et armes à feu (ATF) tout au long du siège de Waco qui se solda, comme on le sait, par une énorme bavure: un assaut désastreux et la mort des 86 membres de la communauté. VERS UNE LÉGISLATION DEXCEPTION En 1979, fut créée une autre association, étroitement liée au CFF, appelée American Family Foundation" (AFF - Fondation de la fa- mille américaine) sous limpulsion du psychologue américain Georges Swope et du psychiatre John Clark. Dans les statuts de cette association, les buts apparaissaient clairement : "... La Fondation supportera les recherches psychiatriques et médico-légales dans les 37. Tribunal fédéral des Erats-UnÎs, district de WashingtOn Ouest. Cas nO C94-79C Jugement du 3 o([obre 1995.40
  19. 19. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRESzones de modificettion dit comportement et fera connaître ces informatio1lS aupublic." LAFF était une sorte de bras séculier du CFF plus spécia-lement chargé dinfluencer les législateurs afin gue des lois soientpromulguées contre les nouveaux mouvements religieux. 38Les associations "anti-sectes" américaines militèrent en faveur denouvelles législations permettant aux professionnels de la santémentale de "traiter" les membres de nouveaux mouvements reli-gieux. Richard Delgado, lavocat conseil du CFF, les psychiatresClark et West .39 tentèrent par exemple de faire adopter dans diversétats américains une telle proposition de loi. Cette proposition pré-voyait gue "toute personne gui a fait lobjet de persuasion coerci-tive de la part dune secte" puisse être mise sous une tutelle pro-visoire par décision dun juge sur demande dun parent, dun ami,dun conjoint, etc. Le tribunal pouvait demander gue ladepte soitexaminé par un psychiatre ou un psychologue diplômé. Lordre demise sous tutelle devait inclure un programme approuvé par le tri-bunal destiné à faire gue ladepte revienne à la raison au terme desa période de tutelle:oCette proposition de loi fut rejetée aux Etats-Unis, comme dautrestentatives similaires.Le député français Alain Vivien sen inspira néanmoins. Dans unrapport au gouvernement sur les "sectes" publié en 1985, il tentadadapter ce projet américain dans sa proposition numéro 6. Cecientraîna un tollé de protestations dont celle du président de laFédération protestante de France. 41 38. Incorporation papecs - American Farnîly Founciarit)n, 1979. 39. Le psychiatre Louis ]tJlyon Xest est connu pour avoir causé la mort de léléphant Tusko, en 1962, au zoo dOklahoma, en lui administrant une trop forte dose de LSD lors dune expérience Ct pour avoir publié des érudt.·s particulièrement racistes. 40. Senate BilI 8421 - Assembly Bill 10555.2 mars 1982. 41. Rapport: Les senes en France, JAlain Vivien, Documentation française, 1985. DécIMation du pasreur Maury, président de la Fédération protestante de France, cérémonie de la Com~ mémoration de la révocation dt lédit dt, Nances, 11 octObre 1985. 41
  20. 20. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Dans un article publié dans lArizona Law Relliew}ollrJlal, Richard Delgado se vantait du "soutien du gouvernement français en la personne de M. Alain Vivien" sur sa "loi anti-sectes" ! 42 UN MOUVEMENT COORDONNÉ DANS PLUSIEURS PAYS, VÉHICULANT LES THÈSES DES PSYCHIATRES ANTIRELIGIEUX Curieusement, des avatars du CFF apparurent au même moment dans plusieurs pays dEurope et au Canada. Il semble donc quil y ait eu une certaine coordination car rien, dans lactualité, ne justi- fiait une telle simultanéité. En Allemagne et au Danemark, Haack et Aagard fondèrent leurs propres mouvements, suivis de près par les Français Guy et Claire Champollion qui fondèrent à Rennes lAssociation pour la défense de la famille et de lindividu (ADFI), les Anglais, sous la conduite de Daphne Vane, les Canadiens, sous la conduite de Mac Pherson. Tous ces mouvements opéraient sur les mêmes bases : utiliser des avocats et des hommes politiques pour faire passer leurs messages et tenter de modifier la législation en vigueur, véhiculer les thèses de psychiatres antireligieux qui assimilent lappartenance à une "secte" à une maladie mentale, notamment celles de Clark, de West et de Singer. LADFI a régulièrement promu ces thèses et notamment celles de John Clark (voir planche 9, page 99). Dans une étude de Clark, distribuée et commentée par lADFI, il est par exemple écrit: "Il faltt dire tOllt dabord qlle sil) a lme schizophrénie évidente et classiqlle chez la plttpart des cOllllertÙ, lellr état mental ne réagit pas allx médica- ments anti-psychotiqlles Olt à tOlites les tmtres formes de traitement normallx dam ces cas-là. Ce nest pas par ces méthodes qlle le psychologlle petit réta- blir lm processlls de pensées l1017Jlaies (sic) et ceci dalitant pills qlle daprès 42. il1"izond Lm; rezitU.!oIl17lûl, 1986.42
  21. 21. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1les lois qui sont actttellement en lligllem; on ne pellt garder slt/fisammentlongtemps lm contrôle physiqtte POlir appliquer des thérapies de confronta-tion. Cest-à-dire 1I1le thérapie qlli pourrait avoir lm certain sllccès, pOlirrétablir la personnalité dorigine, par exemple comme cela a étéfait avec lesanâellS prisonniers de gtterre de Corée. Les médicaments anti-psychotiqllessont toujollrs actifs pOlir les callses aiglliiJ, mais ils nont aUClme influencesllr les changements mentallx de ces personnes.La méthode qlle lon appelle maintenant le déprogramming obtient généra-leme1lt, si elle est bien faite, !!Il succès relativeme1lt rapide, mais actuelle-ment et pour des raisotlJ juridiqttes, il est impossible de recommander cettethérctpie. "45Le bulletin dinformation de lAFF communiquait régulièrementdes nouvelles des organisations "anti-sectes" étrangères, telles queFAIR (Family Action Information and Rescue) en Angleterre,Elterninitiative en Allemagne, lADFI en France. LADFI y étaitmême désignée comme étant une "organisation de ressourcesoutre- Atlantique" .+1En 1978, lADFI engagea une attachée de presse permanente dunom dAlexandra Schmidt. A. Schmidt, de nationalité américaine,était une étudiante en sociologie, spécialiste des "sectes en URSS".Elle devint rapidement la tête de pont des associations américainesen Europe.i5Alexandra Schmidt tenta de mettre sur pied, en collaboration avecle psychiatre Antoine Lazarus, un centre détude et de documenta-tion qui serait devenu, sil avait réellement vu le jour, un labora-toire de recherche largement subventionné par lEtat. Ce projet,appelé "CEDOS", faisait suite à une directive du psychiatre Clark43. Etude du Dr Clark. Document Adfî, 1978.44. "Amcrican Farnily Foundati(jn- Research ànd education about destructive cultism", AFF, 1987.!~5. Curriculum Vitae, Alexandra Schmidt, annc:.:xé au projet CEDQS, 1981. 43
  22. 22. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 qui demandait la création "dune étroite coopération internationa- le sous la forme dune association qui pourrait être un lieu de recherches inter-spécialisé, et de traitement de données". Cette directive de Clark était jointe en annexe au projet de création du CEDOS. 4<> Le soudain départ dA. Schmidt de lADFI mit fin à ce projet. A cette époque, A. Schmidt venait dêtre inculpée suite à lenlève- ment et à la séquestration, en 1982, de la jeune membre de lEglise de lUnification, Claire Chateau (voir planche 10, page 100)17. La tentative de "déprogrammation" fut infructueuse et Claire Chateau ne renia pas sa foi. Elle décida par la suite de retirer sa plainte en justice afin de ne pas mettre en cause ses parents qui avaient fait appel aux déprogrammeurs. Selon plusieurs témoignages, dautres enlèvements du même type eurent lieu en France. A la fin des années soixante-dix, plusieurs jeunes adultes appartenant à de nouveaux mouvements religieux furent kidnappés et détenus contre leur gré, en France et en Suisse. Pour renforcer les liens entre les associations "anti-sectes" de divers pays, dont lADFI, et les psychiatres, plusieurs réunions donnant une tribune à ces psychiatres et réunissant ces associations eurent lieu: Paris, en 1980, Bonn, en 1981, Arlington, en 1982. Suite à ce dernier colloque, Claire Champollion commentera en ces termes la "déprogrammation" dans le bulletin de lADFI : "Notre respect de la loi, il fallt lavoller, nest somient qm la peur dtt gendarme. Les circons- tances et les mentalités sont différentes attx Etats-Unis, oit chaClln est pills habitllé à p/endre avant tOllt ses responsabilités, quitte à en sllpporter les conséqltences. "48 11 46. Projet de crêation dun Centre Jétude et de documentation sur les organisations sectaires ", 1981. 47. LiMrali01J. 8 mars 1982. 0 4.8. Bill/es, n 4.44
  23. 23. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1Il y eut aussi la réunion de Barcelone, en 1987, à laquelle assistaientles psychiatres Louis West et John Clark, la psychologue MargaretSinger et lADFI. A cette réunion, Louis West déclara: "En tant quemédecin, je me sem attelé à une gmrre contre une maladie. Laugmentationdu taux de personnes prises par les sectes depuis vingt am permet de classercette maladie comme lme épidémie sur laqmlle on devrait orienter le travailde la santé publique.!! 49 A propos de cette "épidémie", le docteurWest avait déclaré deux ans auparavant : "De toute évidence, le plusgrand des facteurs perpétuant cette épidémie est le protectionnisme de laliberté: la liberté de religion, la liberté de parole, la liberté de réunion, laprotection des citoyens contre lingérence du gouvernement".50 Comme onle voit, ces psychiatres qui influencèrent les associations "anti-sectes" françaises nétaient pas de farouches défenseurs des libertésfondamentales.Les conclusions de la réunion de Barcelone allèrent dans le sens dela médicalisation du phénomène des "sectes" : "Nécessité de létude dumécanisme législatifqui pe1771ettra aux parents qui ont lm enfant dam lmeserte de len faire sortir pendant lme période déterminée pour le faire exa-miner et éventuellement soig1Je1: (. .. ) Impliquer ladministration pOlirquelle comidère que les divers dysfonrtioJZ11ements psyrhologiques que pré-sente lm individu qui se trouve dans une secte font partie dll domaine de lasanté mentale et que par amséqmilt son traitemellt devrait être assimilédam la nomenclature de la santé publique aux traitements des effets de ladépendance (alcool) drogue).!! 51Un bulletin du CAN de juin 1990 mentionnait quune réunioninternationale des groupes déducation sur les "sectes" avait eu lieuà Paris en avril et quelle était organisée par lAmerican Family49. BII/!<S, n"!7.50. Dr Louis Jolyon West. Conférence du 28 octobre 1983. Cicizens Preedom Foundaeion.51. BIIII", nO!7. 45
  24. 24. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Foundation (AFF) et lUnion Nationale des Associations de Défense des Familles et de lIndividu (UNADFI) (voir planche 11, page 1Ol). Le président de lAFF, M. Herbert Rosale et la prési- dente de lUNADFI de lépoque, Mme Lasserre, co-présidaient cette réunion. Dans le bulletin il était indiqué que la conférence sétait intéressée à la création dun organisme permettant de découvrir des domaines où une coopération entre les organisations serait possible. 52 A lépoque Margaret Singer était membre consul- tatif du conseil dadministration de CAN. LADFI trouva même le moyen de prendre la défense du CAN après sa condamnation par la justice américaine, parlant à son pro- pos de "collègues américains".5) Drôles de collègues en effet, impliqués dans des affaires denlèvement et de séquestration et for- tement condamnés par la justice... LADFI eut également des liens étroits avec des psychiatres fran- çais véhiculant les mêmes thèses que leurs collègues américains, assimilant les membres des nouveaux mouvements religieux à des malades mentaux. Ainsi une lettre de lADFI de 1979 faisait état dune collaboration avec la psychiatre Jacqueline Renaud. 54 Pour cette dernière lengagement dans ces mouvements était dû à la présence dans le cerveau de zones "archaïques" où la raison ne pénétrait pas ! 55 Pendant plusieurs années, la psychiatre Sophie BeaI fut chargée du suivi des anciens adeptes à lADFI. Au cours dun entretien elle résuma dune formule lapidaire toute la complexité de lengage- 52, Cult Awarencss Network News, Juin 1990, 53. BlllleJ 0°52, page 18. 54, Lerm: circulaire de lADFI, 12 janvier 1979, 55. "Lempire des sectes. Des zones du cerveau Où la raison ne pénètre pas". Jacqueline Renaud. Saàlü. Et Ilje, janvier 1979, 56. Fd/Ni/k AJilgaz;/{, Mai 198946
  25. 25. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRESment dans les nouveaux mouvements religieux: "Un membre dtlnesecte nest pas tlne personne authentique, cest lm personnage fabriqtlé qtlivit dam lm état de comâence altérée. 1. 56Bien sûr, ce que lADFI omit de révéler dans ses publications estque toutes ces thèses psychiatriques assimilant ladepte à un mala-de mental étaient largement contestées par la plupart des scienti-fiques œuvrant dans ce domaine. Le Dr Clark, par exemple, si sou-vent cité par lADFI, fut lobjet dun blâme de son conseil delordre pour avoir établi un diagnostic de maladie mentale sur laseule base des convictions religieuses du patient. Ce diagnostic serévéla infondé. 57 La psychologue Margaret Singer, citée plus haut,fut officiellement désavouée par son ordre professionnel en 1987. 58LA CRÉATION DU CCMMUn homologue de lADFI, le Centre contre les manipulationsmentales (CCMM), fut fondé en 1981 par lécrivain Roger Ikor,vice-président de lUnion rationaliste, après le suicide de son fils.Bien que lécrivain soit décédé depuis, son nom continue de figu-rer sur le papier à en-tête du CCMM. Or, les écrits de Roger Ikordans les Cahiers rationalistes font froid dans le dos. 59 Car cet écrivainnhésitait pas à y tourner en dérision les grandes religions avec un"sens de lhumour" fort douteux:Ji lorigine de totltes les sectes, VOltS trouverez cette demi-douzaine-là quidailleurs sont quelqttefois /lne douzaine pleine, si llO/lS voyez ce que je lletlXdire. (...) Nmffois ml dix, VOltS avez comme Père Fondateur /In bonhom-me qui savance sur le devatzt de la scène et proclame avec conviction: Moi,57. Etat du Massachusetts. Board of Regîstrarion and Discipline in Medicine. Lettre du 16.01,1980.58. En mai 1987. JAmerkan Psychological Association (APA) reîeta un rapport sur les "méthodes indi-rectes et trompeuses de persuasion Ct de contrôle" soumis par .M. Singer au motif que "dune façon géné HraIe, le cappon manque de la rigueur scientifique et de lapproche critique équilibrée nécessaires pOUfbénéficier de limprimatut de lAPA.59. Lt.S Cahiers ra/ÙmalisflJ. Décembre 1980. 47
  26. 26. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 je suis le fils de Dieu. Jai reçu la Rézlélation. En somme, Dieu lui a parlé de derrière tm pilier; Olt dam une grotte, Ott près de ses motttom. Variantes possibles, all lieu dêtre le fils de Diett, il en est le Messie. Oll, att minÎtlltttn, le prophète. De toute faço11 , il est couplé par fil direct au Seigneur qui Ilti dicte le message à tra1lJmettre. De vous à moi, sm tous ces points, on trolt- tlerait dil/ustres précédents, Mahomet, le Christ, Moise .. .Nayez crainte, nom y reviendrons." Quant aux solutions à adopter pour chasser "lirrationnel", Roger Ikor ny allait pas par quatre chemins: "Si nous nolts écotttiom, nom mettrions tm terme à toutes ces billevesées, celles des sectes, mais amsi celtes des grandes religions. (. .. ) On peut difficilement demander à la loi de trancher dlitt COttp toutes les têtes de lhydre ,. ce serait POttltant la sellte manière dempêcher qutme settle repomse. " La nouvelle loi "About-Picard" poussée par Alain Vivien et ses exé- cutants -le CCMM et lADFI - a justement été conçue pour tran- cher dun coup toutes les têtes de lhydre! Il faut dire quAlain Vivien, avant dexploiter lappareil de lEtat au travers de la MILS, pour tenter de détruire les nouvelles formes de spiritualité, était le président du CCMM. Son épouse occupe aujourdhui au CCMM un poste de direction rémunéré. Continuons avec les propos du fondateur du CCMM, qui suent une haine pathologique: "II faut cogner, détmire ces sectes qui pullllient sllr notre pourriture. Quand stt/fisamment de gem iront mettre les locaux des sectes à sac, ils remueront sans dottte (ndlr : les pouvoirs publics). " 60 "On ira f .. la m... dam ces antres de mort que sont les sectes. Flanquer en lair les restaurants macrobiotiques, les centres Krishna et autres. A ce moment là, les pOIlt/oirs publics y prêteront peut-être plus dattention. " 6] 60. Le Matin, 26 janvier 1981. 61. LUniJi, 5 février 198 L48
  27. 27. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1Le CCMM voue une haine farouche à de nombreux mouvementsreligieux même si ces mouvements sont parfaitement acceptésdans plusieurs grandes démocraties. De son côté la Chine, aujour-dhui, persécute lorganisation Falun Gong quelle qualifie de"secte destructrice". Falun Gong est un mouvement dinspirationbouddhiste qui prône lexercice dune pratique pourtant ancestra-le en Chine, le Qi Gong, ou régulation de lénergie vitale, mais quia limmense tort davoir fait de nombreux émules parmi les cadresdu Parti communiste. Les positions du CCMM plaisent suffisam-ment aux autorités chinoises pour que ces dernières aient cru bondinviter lassociation française à participer à un colloque sur les"sectes destructrices", organisé à Pékin les 9 et 10 novembre 2000.La délégation française, outre trois membres du CCMM dontlépouse dAlain Vivien, comportait aussi Alain Vivien, présidentde la MILS, présent officiellement à titre "dobservateur ". Maisque pouvait bien observer Alain Vivien? La féroce répression chi-noise de Falun Gong qui a conduit à linterpellation de 35 000adeptes, à la mort en détention dune centaine dentre eux, à lin-ternement psychiatrique de certains adeptes notoires refusantdabjurer leur foi? Officiellement, avec ce colloque, il sagissaitpour les autorités chinoises de confronter leur expérience de la"lutte anti-sectes"avec celle dautres pays. Le bulletin du CCMM,Regards, daté de décembre 2000, soulignait dailleurs que "les repré-sentants français invités au symposillm ont reçu lm accueil chaleureux etfait lobjet dune écoute partimlièrement attentive" (voir planche 12, page 102). Le même bulletin reproduisait aussi, sanS le moindre commentaire critique, la prose officielle chinoise contre FalunGong.Il faut croire que cette écoute "attentive" des méthodes françaisesna pas inspiré la Chine dans le sens dune plus grande modération:en décembre de la même année, les principaux responsables en 49
  28. 28. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Chine de lorganisation Falun Gong étaient condamnés à dix-huit ans de ptison sur la seule base de leur appartenance au mouvement ! La répression chinoise ne concernait dailleurs pas que Falun Gong. Le 13 décembre, une dépêche de lAFP indiquait que les autorités chinoises avaient fermé et, dans certains cas, fait dynamiter, quelque 450 édifices religieux construits "illégalement" dans lest de la Chine. Il sagissait déglises catholiques et protestantes, ainsi que de temples bouddhistes et taoïstes. Par un curieux effet du hasard, on apprenait la création, après ce colloque, dune association "anti-secte" chinoise dont le program- me ressemble à sy méprendre à celui des associations françaises financées par les pouvoirs publics. Association fondée notamment par He Zuoxiu, le père de la bombe atomique chinoise. Une délé- gation de cette association sest empressée fin décembre de rendre visite à son homologue française ... le CCMM. Selon le magazine LExpress, cette délégation aurait même été reçue par la MILS. 62 62. "Secte Falungong: Pékin voit rouge", par Anne Loussouarn, LExprtJJ, 24 mai 2001.50
  29. 29. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES Cha pitre III Des dirigeants ou des membres plusieurs fois condamnés "Quelques parlemetltaires de toutes origitles, au prix de grossiers amalgames, dressetlt la liste des coupables dam des cOllditiotls qui IJaudraietlt au moitldre Jollimlaire les fôudres de la dix-septième chCl1Jlbre. Chamn pO/wallt emuite brandir ce docu11letlt, la chasse aux sorcières sorgatlise, révélant chez les traqueurs des comporte- ments aumoim altSsi sectaires que parmi le gibier." Thierry Pfister3Derrière la façade respectable que présentent à des journalistes pastrès curieuxù4 les groupes de pression qui luttent contre les nou-velles religions, pointent de biens sordides affaires. En voiciquelques exemples.LES ÉPOUX DORYSSELe 28 juillet 1992, sous les yeux horrifiés des passants, RogerDorysse tira plusieurs coups de carabine sur son beau-fils, Jean-Richard Miguères. Après avoir rechargé son fusil, le meurtrierrevint achever froidement sa victime. Les époux Dorysse étaient63. "Lertre ouverte aux gardiens du mensonge", Thierry Pfister, Albin Michel, 1998.64. !t)Îr par exemple larticle intitulé "Janine Tavernier. Uoc mamie COntre les sencs". LI: Po/m.IÔ novembre 1996. 51
  30. 30. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 membres de lADFI. Le gendre, Jean-Richard Miguères, était le fondateur du Ceirus, Centre européen dinitiation à la recherche ufologique à caractère scientifique. Il donnait souvent des confé- rences où il faisait salle comble. Son association était étiquetée comme "secte UFO" (sic) par lADFI. Roger Dorysse fut arrêté par la police et incarcéré. Le 25 janvier 1995, il fut jugé coupable de meurtre avec préméditation et condamné à 6 ans de réclusion. Deux jours après le drame, un article paru dans Le Figaro Lyon chargea entièrement la victime au lieu de condamner lassassin. Son sous-titre était même dun humour douteux : "Cette fois les extraterrestres nont rien pit faire. Le président dltne association dltfologie est mort mardi à la Croix-Roltsse, abattit par son beait-père. " Cet article citait largement lADFI pour expliquer que le Ceirus avait bien les caractéristiques dune secte! Dans cet article la journaliste expli- quait que "les Dorysse avaient appris à connaître les activités sltspectes de Jean Migttères lorsqltils étaient en relation avec lAssociation de défense des familles et de lindividtt" (voir planches 13 et 14, pages 103 et 104). 6S Un autre article, publié dans Le Figaro Lyon avait la même tonali- té et chargeait entièrement la victime. Le journaliste citait les pro- pos de membres de lADFI qui ridiculisaient ses croyances: "1/prê- chait lexistence datttres vies et datttres existences. 1/ se disait habité par SNobe, le chefsttprême des a/mées intergalactiqltes." 66 Loin de condam- ner fermement lassassin, le journaliste concluait simplement son article en expliquant lassassinat comme le geste dun grand-père "désespéré par la récente union de sa fille" et qui, sachant que sa petite-fille allait quitter la France "a eu peur et sest fait justice". Drôle de justice! Le 1" août 1992, Lyon Figaro récidivait en don- nant la parole à Mme Dorysse : "Cest lm cri dalarme qtte je vettx lan- cer attjottrdhui, Si mon mari en est arrivé là, cest que pers01l11e na bottgé 65. Au nom de jenfant, pa, Nathalie Blanc. Le Figa,.o Lyon. 30 juillet 1992. 66. Le nouvel âge des senes, par Christine Mérigor. Le Progrès. 31 juilJcr 1992.52
  31. 31. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1le petit doigt avallt.. "II faltt maintenallt qlte lon colltinlte notre combat. "Mon mari regrette bien slÎr son geste. Mais il est totalement soltlagé etserein. Il a fait çà dam llll seltl bltt, saltver notre petite-fille des griffes dece dangereltx personnage." Et le journaliste denchaîner dans un hal-lucinant renversement où lassassin devient la victime: "Depltis plltsd"llle année, les Dorysse sont cort/rolltés à llll phénomène de société de plllSen plllS fréqltellt : les sectes. ,. 67 Extraordinaires complaisances pour unassassinat commis de sang-froid.LES SŒURS BOUVIER DE CACHARD 1Les sœurs Bouvier de Cachard étaient membres de lADFI. Lunedelles accepta même denvoyer un témoignage écrit en faveur decette association. En 1991, elles prétendirent que leur fille et nièce,Anne-Catherine, une brillante normalienne, était membre dune"secte". Alors, sous prétexte de la soustraire à une emprise malé-fique, elles décidèrent, en août 1991, denlever et de séquestrer lajeune fille, avec la bénédiction du vicaire général de Verdun. Anne-Catherine fut conduite de force dans un hôpital psychiatrique oùon lui injecta des neuroleptiques puissants. Son fiancé, qui entretemps avait porté plainte, réussit à faire libérer sa compagne. Lamère, la tante et le prêtre furent mis en examen pour enlèvementet séquestration. Cette procédure fut ensuite annulée pour les kid-nappeurs suite à un vice de procédure incroyable : le réquisitoiredu procureur de la République nétait pas signé!En fait, Anne-Catherine nétait membre daucune "secte" commeune enquête approfondie de la justice le révélera. Selon les dires dela jeune fille, la mère et la tante ne supportaient pas quelle puissevivre sa vie de femme loin delles avec un homme qui ne leurconvenait pas.67. Le plaidoyer dune grand-mère, par Nathalie Blanc. Le Figaro Lyon. 1er août 1992. 53
  32. 32. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES Mais pendant des années les deux sœurs sacharneront à répandre leurs affabulations. Elles iront même jusquà créer une association au nom accrocheur, "Secticide", dans laquelle elles purent donner libre cours à leurs penchants liberticides. LAFFAIRE DU CHÂTEAU DU MAGNET 1 Les occupants dun château berrichon situé à Mers-sur-Indre, le Château du Magnet, avaient su transformer ce château et son parc de 65 hectares en pôle touristique majeur, en reconstituant dans son enceinte la vie quotidienne du Moyen Age. Un restaurant pro- posait aux visiteurs des mets cuisinés selon les recettes de lépoque ; des animateurs en costume dépoque offraient de nombreuses acti- vités : tir à larc, calligraphie, tournois de chevalerie, arts courtois, arts martiaux... Cette animation originale qui avait bénéficié dar- ticles très élogieux dans la presse locale et nationalé 8 attirait chaque année une dizaine de milliers de visiteurs. Soudain, en 1991, des rumeurs se mirent à circuler dans le pays accusant les animateurs davoir constitué une "secte". On vit même Janine Tavernier faire le déplacement à Châteauroux, accompagnée de labbé Jacques Trouslard et dun responsable dantenne locale de lADFI, le doc- teur Richard, pour dénoncer les activités du Château du Magnet. 69 Cette croisade eut des effets désastreux pour lactivité touristique. En 1992, le château ne comptait plus que deux mille visiteurs. Les habitants du château contre-attaquèrent et décidèrent de porter plainte contre lADFI. Le tribunal de grande instance de Paris condamna lADFI à payer aux propriétaires du château un franc à titre de dommages-intérêts et enjoignit lADFI de retirer du dos- sier relatif au Château du Magnet des passages litigieux. 70 68, Voir par exemple larticle: ., Ils vivent comme au Moyen Age ", FliI1Uff-Soir, 28 mai 1991. 69. ,.;Magner : saura-t-on un jour ?" L:I N()md/( RfjJuhliqlh" 29 seprcmbre 1992, 70. Jugement du tribunal de grande instance de Paris, 1re chambre, 1re section, du 27 mai 1991.54
  33. 33. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1Par ailleurs, dans un autre procès, Mme Tavernier, présidente delUNADFI, ainsi quune journaliste, furent condamnées à verser àchaque plaignant du Magnet la somme de 5000 francs à titre dedommages-intérêts. La cour dappel de Paris confirma ce jugement(voir planche 15, page 105).71LE JUGEMENT DE DOUAI 1La présidente de lADFI Lille, Mme Ovigneur, avait tenu à lan-tenne dune radio de Racquinghem des propos rudes contre lesTémoins de Jéhovah, traitant leurs dix dirigeants internationauxde "dealers", "proxénètes" et "desclavagistes". Les Témoins avaientdécidé de réagir et de porter laffaire devant un tribunal. En pre-mière instance Mme Ovigneur fut relaxée mais la cour dappel deDouai la condamna au civil - laction pénale étant forclose - auxdépens des actions civiles et à verser un franc de dommages et inté-rêts pour diffamation à chacun des dix dirigeants 72 (voir planche16, page 106). Interrogée par La Voix dll Nord après sa condam-nation, Mme Ovigneur non seulement ne regrettait pas ses proposmais encore elle faisait part de son étonnement: Je me demande sidans ce pays nOlis avons encore la liberté de nOlis exprimer oralement, Il 73LAFFAIRE PAUWELS 1Léditorialiste Louis Pauwels avait écrit un article intitulé "Sectes:lesprit dinquisition. La liberté de croire, de se réunir et de tenterde convaincre alltYlli fait partie des droits fondamentallx", publié le24 octobre 1996 par Le Figaro, Dans cet article, le journalistedénonçait une "gllerre contre les sectes" qui "réveille lesprit dinquisitionet sapparente dans bien des cas aux procès en sorcellerie Ott la rtlmellr tenait71. Arrêt de la cour dappel de Paris du 5 janviet 1994.72. Arrêt du 15 janvier 1997 de la (Our dappel de Douai,73. LI vbixd/l Nord, 16 janviet 1997. 55
  34. 34. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 lieN de prmve." Mise en cause dans cet article, lUNADFI avait décidé de porter plainte pour diffamation. Le tribunal de grande instance de Paris débouta lUNADFI de cette demande. Le juge- ment comporte la mise en garde suivante : "En définitive, larticle incriminé traduit, de la part du journaliste, une mise en garde contre les excès pouvant porter atteinte à la liberté de pensée et dexpmsion, aimi qUfOl appel à la tolérance dans la légalité" (voir planche 17, page 107).74 LAFFAIRE MONTJOIE 1 LADFI est parfois au sein de bien curieuses alliances. Ainsi, en octobre 1993, avait lieu au Mans le procès de six éducateurs dune association daide à lenfance, lassociation Montjoie. Lobjet de linculpation était la non-dénonciation dun viol de mineur. Un jeune homme de dix-huit ans avait, en décembre 1992, violé un jeune garçon de sept ans placé dans la même famille daccueil. Le psychiatre et les éducateurs chargés du suivi des deux enfants navaient pas jugé bon de prévenir la justice. Alertés par la famille daccueil, les éducateurs avaient replacé le jeune homme dans une autre famille. Ils ne sétaient pas préoccupés du suivi médical de la victime. Lagresseur avait avoué avoir commis un précédent viol deux ans et demi auparavant, alors quil était déjà suivi par un des éducateurs, et là aussi les faits navaient pas été dénoncés à la jus- tice. Au procès, la présidente de lUNADFI, Janine Tavernier, vint témoigner en faveur dun des inculpés! Un comité de soutien aux inculpés du Mans se constitua même avec, parmi ses membres, lantenne locale ADFI Sarthe (voir planche 18, page 108). En juillet 1994, la cour dappel dAngers condamna à de lourdes peines de prison avec sursis et damendes les six salariés de lassociation Montjoie pour non-dénonciation de viol et non-assistance à per- 74. Jugement du tribunal de grande instance de Paris, 17e chambre, cn date du 12 septembre 1997.56
  35. 35. LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRESsonne en danger. Dans ses attendus, la cour dappel se montraextrêmement sévère avec les prévenus, estimant que les faits quileur étaient reprochés étaient "caractérisés" et quils devaient"valoir à leurs auteurs une application sévère de la loi pénale". lacour estima que les salariés de lassociation sétaient "montrés sou-cieux de minimiser, voire de dissimuler les faits" alors quilsauraient dû en informer immédiatement le juge pour enfants. 7575. "Le silence condamné <:n appel." La NOllrdÜ RljJ/lbliqllè dit Cm/re Omsl. 13 et 14 juillet 1994. 57
  36. 36. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Chapitre IV Un financement sur fonds publics~ C"" ",m<ll. dMU aax "mim bl"ijiÛ d" ",bÛdo de lEh" d,l:eptùm, dit JI1lttÎen JallJ réjlexÙm deJ médiaJ. " (Ll1l1Ù PalllueÙ) jles associations telles que lADFI ou le CCMM sont largementfinancées par les pouvoirs publics, administrations centrales ou col-lectivités territoriales, et ceci est très étonnant dans un pays laïquedont la Constitution garantit la neutralité religieuse, compte tenudu fait que ces associations délivrent au public une informationpartisane. les demandes de subvention de ces associations fontapparaître que linformation du public et des journalistes repré-sente lessentiel de leur activité. Or cette information ne pem êtreobjective puisque ces associations indiquent que leur rôle est delutter contre les "sectes".Ces financements publics sont très superIeurs au montant desdonations que ces associations recouvrent de leurs membres, ce quicontribue dailleurs à relativiser la portée du "problème des sectes"car une véritable cause nationale na aucun mal à trouver des finan-cements privés. lassociation "Solidarité Enfants Sida", parexemple, nest financée quà hauteur de 15% par des fonds publics.76. LfFigilro. 24 octobre 1996. 59
  37. 37. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Pour lUNADFI, les ADFI et le CCMM, la proportion sinverse et cest la part de fonds privés qui est minoritaire! Ainsi, lUNADFI a reçu en 2000 un montant de subventions de lEtat français séle- vant à 2 325 000 F alors que les dons privés, supposés provenir du soutien populaire, sélevaient à 19 884 F (voir planche 19, page 109). Les familles et les individus que lUNADFI est censée aider ne semblent pas très disposés à financer ses activités l Une associa- tion reconnue dutilité publique devrait pourtant disposer de fonds importants provenant du public concerné par sa cause. Lexamen attentif des comptes montre que lUNADFI et les ADFI vivent au crochet de lEtat et des collectivités publiques et que, sans leur sou- tien financier, elles ne survivraient pas une semaine. Dans le même temps, le bilan 2000 de lUNADFI fait apparaître des placements financiers très importants, sous forme de SICAV. Parmi les recettes de lannée 2000, les produits financiers sélèvent à 107 906 F. Pour la même année, la rémunération du personnel de lUNADFI a coûté la coquette somme de 1 757 853 F alors que le nombre de permanents sélevait à 9 personnes à temps plein et une personne à mi-temps, soit presque 190000 F par personne. On gagne bien sa vie dans cette association, aux frais du contribuable. Le CCMM nest pas en reste. On apprenait récemment par la pres- se que la directrice administrative du CCMM, qui nest autre que lépouse dAlain Vivien, président de la MILS, serait allée négocier directement à Matignon loctroi dune subvention de 4,5 millions de francs pour lachat dun nouveau siège du CCMM. La somme lui aurait été allouée en février 2001, sur la ligne budgétaire de la "défense des droits de lhomme".77 Dans dautres pays le financement public de ce type dassociations a été jugé illégal. Le tribunal administratif fédéral allemand décida, 77. "Sectes. Les pourfendeurs se déchirent", par ChristOphe Ddoire. Le Paim, 19 octobre 2001.60
  38. 38. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1par un jugement rendu le 27 mars 1992, quen labsence de bien-fondé juridique, le gouvernement fédéral ne pouvait plus souteniravec le budget de lEtat une association qui combattait les "nou-velles religions" et "nouvelles sectes". Dans un jugement pronon-cé parallèlement et pour les mêmes raisons, le tribunal adminis-tratif fédéral déclara illicite le soutien financier accordé par la VilledEssen à une association agissant sur un plan local contre les "nou-velles religions" ou "nouvelles sectes".Au Québec, le pendant de lADFI, lassociation "INFO-SECTE"sest vu refuser un financement du ministère de la Santé et desServices sociaux. Les raisons invoquées sont édifiantes: "I/nest pasdam le mandat du ministère de la Santé et deJ Services sociaux de simpli-quer dam 1111 secteur oÙ la liberté religiettse et ses différentes pratiques solltmises en came. 78 . La même année en France, le ministère des JJ _Affaires sociales accordait à lUNADFI une subvention de 250 000 F(voir planches 20 et 21, pages 110 et Ill) !78. Gouvernement du Québec. Ministère de la Santé ct des Services sociaux. Lenre du 24 octObre 1991au directeur dInfo-secre. 61
  39. 39. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 Chapitre V Vies détruites, fa mi lles et CIl" CI, carneres rUlnees "Il se développe, SOIiS cOllvert de llitte contre les sectes, lm climat de méfiance à légard de tous les mouvemel1ts religiellx, qui pOllrrait confil1er à mie véritable hystérie, et menacer les grandes libertés et la laïcité qlti sllppose le plllralisme et la liberté de cot/science et dopinion." (Alain Boyer)?"Pour enquêter sur les conséquences de la chasse aux sorcières quisévit en France contre les nouvelles formes de spiritualité et de reli-giosité, une commission dexperts sest réunie le 3 mars 2000 àParis. Cette journée était organisée par différentes minorités spiri-tuelles avec la participation de lOmnium des Libertés, une asso-ciation loi 1901 constituée pour défendre la liberté de conscienceau lendemain de la publication du premier rapport parlementaire,en 1996, mettant 172 groupes religieux ou spirituels à lindex.La commission était constituée par :-le révérend Lheureux du Conseil national des Eglises chrétiennesà New York,- Irving Sarnoff, président de lONG "Les Amis des Nationsunies", vétéran de la défense des droits de lhomme aux Etats-Unis,79, RifO>7lIe. 23 juin 1999. 63
  40. 40. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 - Joël Labruyère, président de lassociation "Omnium des Libertés", - Gabrielle Yonan, sociologue allemande, - le pasteur Hostetter, premier pasteur de lEglise protestante libé- rale de Belgique, - Philippe Gast, docteur en droit. Plusieurs dizaines de personnes venues de différentes régions de France ont témoigné de la discrimination dont elles ont été vic- times du fait de leurs croyances ou de leurs idées (voir planche 22, page 112). Face à laffluence des témoignages de membres de près dune qua- rantaine de minorités spirituelles, parmi lesquelles : Sukio Mahikari, lEglise universelle du Royaume de Dieu, lEglise de Scientologie, La Famille, Hare Krishna, Galaeteus, La Maison de Jean, lEglise de lUnification, Horus, lOrdre dAvallon, le Temple initiatique, lEglise raëlienne, Energie et Créativité, etc. , il a été décidé de rendre cette commission denquête permanente et itiné- rante de façon à recueillir des témoignages dans les principales villes de France. Les personnes faisant lobjet de discrimination se sont fédérées en une Coordination des associatiollS et partimliers pOlIr la liberté de C01ZSczence. Cette Coordination a été créée avec lappui des experts présents. La commission denquête permanente sest ensuite rendue à Marseille, le 29 mars, à Lille, le 19 avril, à Lyon, le 28 avril, à Rennes, le 17 mai, à Bruxelles, le 26 mai, à Auxerre, le 10 juin, et à Tours, le 29 juin. Les récits qui suivent sont extraits des 150 témoignages recueillis lors des audiences.64
  41. 41. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 11. Orthophoniste et naturopathe, il est dénoncé comme "gou_rou". Dans une petite vine de province, cela ne pardonne pas.PB. naturopathe de formation exerçant dans le Sud-Ouest a étélobjet dune campagne médiatique qui a eu pour résultat de luifaire perdre son emploi."Je viens témoigner pour un ami, P.B., qui habite dans le Sud-Ouest et qui ne peur être présent aujourdhui. Naturopathe de for-mation depuis seize ans à Bayonne, il pratique liridologie, laro-mathérapie et le traitement par les huiles essentielles.Orthophoniste depuis huit ans, il pratique aussi le Radja Yoga desBrahma Kumaris.Dès 96, lADFI a mené, dans le Sud-Ouest, une campagne din-formation dans les écoles primaires et secondaires ainsi que dans lesuniversités sur le danger que représentent toutes les minorités spi-rituelles quils qualifient de "sectes" et dont les Brahma Kumarisfont partie. Sur Radio-France Pays Basque, PB. présentait bénévo-lement depuis plus dun an et demi des émissions sur la naturopa-thie. LADFI a prétendu que PB. était le gourou de la "secte" desBrahma Kumaris. Suite à ces pressions, la direction de la radio luia interdit de continuer ses émissions. PB. exerçait sa profession dorthophoniste à Saint-Palais, petiteville de quinze cents habitants, juste à côté de Bayonne où il était connu de tous les habitants. En 1997, une réunion de lADFI dénonçait les activités des "sectes" en général en France et ils Ont consacré plus de la moitié de cette réunion à PB. Cela a représen- té un énorme choc pour ses amis et tous les gens qui le connais- saient dans cette ville. Ensuite, en 1998, un article est paru dans le journal Suc/-Ouest qui mettait les Brahma Kumaris en première ligne. Larticle parlait de PB. sans citer précisément son nom, mais avec suffisamment de détails pour quon puisse le reconnaître. Suite à cela, il a perdu 60 % de sa clientèle. Il a reçu de nombreux appels téléphoniques anonymes, des menaces, des moqueries, même de nuit. Ensuite on lui a demandé de quitter le bureau dune association qui organisait des confé- 65
  42. 42. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 rences, lUniversité détudes libres. On le tenait pour responsable de la perte des adhérents, des cotisations, du public, vu la suspi- cion qui régnait sur son appartenance à une "secte". On lui a demandé de quitter cette association. Dernier épisode, P.B. était visiteur de prison depuis huit ans à titre de naturopathe. Le directeur du service régional pénitentiaire de Bordeaux lui a retiré son agrément parce quil était membre dun "mouvement à caractère sectaire"." 2. Il Ya eu une perquisition dans les locaux avec des interroga- toires systématiques de notre entourage et de membres assez proches. Les policiers ont essayé de faire passer ces personnes pour des victimes, et quand les gens refusaient davouer ou de reconnaître des choses qui nexistaient pas, alors, ils devenaient complices de nos agissements. La technique est simple: soit vic- times, soit complices... Claude; jétais, à lépoque, un des responsables de la Maison de Jean, une école de recherche et de réflexion spirituelle. Jétais éga- 1ement gérant dune SARL. Jétais bénévole pour ces deux activi- tés. Par ailleurs, javais un travail rémunéré puisque jétais cadre de direction dans un organisme de formation. Avec une amie assez proche, qui na jamais été membre de lasso- ciation, nous avons eu un conflit qui serait trop long à expliquer ici. Comme nous étions une association spirituelle, elle a trouvé malin de nous accuser dêtre une "secte" pour nous nuire au maxi- mum. Pour assouvir sa vengeance, elle est allée voir lADFI, la pré- fecture du département ainsi que quelques-unes de nos relations avec la volonté détouffer notre mouvement. Les attaques en correctionnelle et au civil ont commencé contre le président du mouvement, sans aucun résultat. Nous avons essayé de prendre contact avec lADFI pour savoir ce quon pouvait nous reprocher, mais chaque fois il y a eu refus de dialogue. Nos ennemis sont donc passés à la vitesse supérieure en nous dénonçant à la préfecture sur un ensemble dopérations complète-66
  43. 43. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1ment inventées, mais qui a suffi à déclencher une enquête. Unbeau matin, la police a débarqué dans nos locaux en perquisition-nant aussi nos domiciles privés. Jai été interpellé sur mon lieu detravail pour 48 heures de garde à vue. Je rappelle que jétais cadrede direction. Ensuite, nous avons été amenés au palais de Justice àParis où nous avons passé la nuit en cellule, avec des cafards etautres bestioles !Pendant ce temps-là, il y a eu une perquisition dans les locaux avecdes interrogatoires systématiques de notre entourage et demembres assez proches. Les policiers ont essayé de faire passer cespersonnes pour des victimes, et quand les gens refusaient davouerou de reconnaître des choses qui nexistaient pas, alors ils deve-naient complices de nos agissements. La technique est simple: soitvictimes, soit complices ...Les comptes des dirigeants de lassociation et de la SARL Ont étébloqués, ce qui a conduit au licenciement des personnes salariées.Pendant la perquisition, la police a récupéré des factures adresséesà nos clients. Elle a communiqué ces pièces à nos détracteurs quiOnt contacté nos clients pour leur dire que nous étions une "secte".Sans la communication par la police de ces pièces à des personnesextérieures, nous naurions pas eu les dommages que nous avonssubis. Ensuite nous avons eu un contrôle fiscal sur lensemble despersonnes physiques et des personnes morales.Quand la police a vu que rien ne bougeait dans lentreprise où jetravaillais, ils sont venus à quatre inspecteurs -le grand jeu - pourinterroger mon employeur et savoir si je ne faisais pas de prosély-tisme dans lentreprise. Mon employeur a tenu bon pendant unmois et quand la police a su que je nétais toujours pas parti, ils ontmenacé le directeur dun scandale. La police a tout fait pour que jesois licencié. Donc, etlectivement, je me suis retrouvé au chômage avec une carrière brisée puisque je suis un autodidacte et que javaisgrandi professionnellement dans lentreprise, où jétais arrivé à un poste correspondant au numéro trois.Jai dû vendre un appartement dont je ne pouvais plus payer les 67
  44. 44. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 échéances. Jai recherché du travail après, sans en trouver, la po- lice sarrangeant aussi pour faire connaître ce quon me reprochait. En 95, dans nos locaux, se déclencha un incendie dorigine indé- terminée. Lassurance avait accepté de régler le sinistre sans pro- blème jusquà la parution du rapport parlementaire de 96 où nous étions cités. Suite à cela, la compagnie dassurance a refusé de régler lincendie et a porté plainte contre X. Cela a donné lieu à une nouvelle perquisition, dans nos nouveaux locaux, avec encore des gardes à vue, pour un incendie dans lequel nous navions rien à voir. Enfin ça sest soldé par un non-lieu, mais aujourdhui encore nous sommes toujours en procès avec la compagnie dassurance pour être réglés et le seul motif est: "Cest une secte, ils ont mis le feu à leurs locaux." En ce qui concerne les médias, nous avons eu droit à toutes les recettes et calomnies utilisées contre les minorités spirituelles. Une chaîne comme CANAL+ nous a traînés dans la boue sans que nous puissions rien faire. Nous sommes actuellement en procès pour diffamation, faux et usage de faux contre FR 3." 3. 1E1l1I tôl1l1lt IQIll.le formatell.lrs, si 1l1IOII.IS vOll!loD1ls travailler IP0II.III de graD1ldes orga1l1lisathms ell!rolPéeomes Oll! fraD1lçaises IQIll!i (mt lu le ralPlP0rt "ILes sectes et largell1lt", je dois aller demander à lADIFll: 11.I111I certificat de bOIlII1l1IE! COD1ldll.lite. Christian: "En tant que psychosociologue, je dirige un organisme de formation depuis une quinzaine dannées. Mon premier "tort" est denseigner différentes disciplines psychologiques, notamment la PNL - programmation neurolinguistique - dont on a dit, ici et là, depuis plusieurs années, que cétait une "secte". Dans les sémi- naires que je peux animer dans de grandes entreprises et des admi- nistrations, je parle assez régulièrement et très librement de spiri- tualité. Je nai jamais appartenu à aucune organisation spirituelle, religieuse, ou mystique. En 1994, jai lancé un mouvement politique qui a présenté une liste aux élections européennes, pour défendre notamment la liber- té de conscience et les libertés thérapeutiques.68
  45. 45. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1Il faut croire que tout cela a dû agacer un certain nombre de gensau pouvoir qui ont réussi à faire passer ma société de formationpour une filiale de la Scientologie, dans le rapport parlementaire dejuin 1999 intitulé "Les sectes et largent". Et cela alors même queje nai jamais eu une quelconque relation avec la Scientologie.En 1996, mon entreprise était Horissante avec un peu plus de sixmillions de francs de chiffre daffaires. Aujourdhui, nous avons unpeu de mal à faire la moitié de ce chiffre daffaires parce que, pourobtenir la même clientèle, je dois faire à peu près trois fois plusdefforts pour faire face aux suspicions et aux questions. Jai perduplusieurs marchés depuis quelques mois avec un certain nombre demes clients ou futurs clients.Un de mes associés est allé demander à Mme Janine Tavernier uncertificat de "bonne secte" - pour avoir le droit de travailler. Celle-ci lui a dit: lIh, ne me demandez pas de papier. .. " Nous en sommes là,aujourdhui. En tant que formateurs, si nous voulons travaillerpour de grandes organisations européennes ou françaises qui ont lule rapport "Les sectes et largent", je dois aller demander à lADFI un certificat de bonne conduite !"4. IUJD1I mari jaloux avait des problèmes avec sa femme quaD1lt autravail de développemeD1lt persoD1lD"llel que suivait SOIll épouse avecD1lotre collaboratrice. liIIous D1l0US sommes dOD1lc retrOllDvés fichés àlAillA et étiquetés "secte". Les rel1lseiglllemeD1lts généraux OD1ltété impliqués daD1ls laffaire, et ils D1I0US diseD1lt quil D1ly a que çaCOD1ltre D"Ilous.Marie: Je suis présidente de lassociation Espace Manuel à Aix-en-Provence. Notre équipe associative anime un centre de développe-ment personnel et artistique qui propose diverses activités, que cesoit en groupe ou à titre individuel: danse créative, relaxation, etc.Nous organisons également des conférences. Nous avons démarréen septembre 92 sous le nom "Association Energie et Création Aix-Lubéron". On a été très surpris de découvrir le 18 juillet 96, dansle journal LExpress, que nous étions assimilés à une "secte". Et cela 69
  46. 46. 1 LA NOUVELLE CHASSE AUX SORCIÈRES 1 à cause dune procédure de divorce. Un mari jaloux avait des pro- blèmes avec sa femme quant au travail de développement person- nel que suivait son épouse avec notre collaboratrice. Il a utilisé le fait que cette personne faisait un travail de développement per- sonnel en groupe pour se venger et apporter de leau au moulin de son divorce. Il a donc déposé une plainte à Besançon en 1995. Nous nous sommes donc retrouvés fichés à lADFI et étiquetés "secte". Les renseignements généraux ont été impliqués dans laf- faire. On a eu des contacts avec eux et ils nous disent quil ny a que ça contre nous comme élément. A partir de ce moment-là, nous avons été considérés comme des pestiférés et des bannis par les autorités locales dAix-en-Provence. Donc en septembre 97 nous avons créé une autre association qui sappelle Espace Manuel, avec des statuts différents, plus proches de nos activités et de la situation du moment. De 96 à 99, lOffice du tourisme de la ville dAix a refusé de diffuser nos documents. Ensuite, en septembre 97, la maison des associations qui organise ASSAGORA, la foire des associations à Aix, a refusé notre partici- pation. Elle a donné notre place à une autre association et, depuis, nous navons plus notre place à ASSAGORA. Actuellement, nos documents sont toujours refusés systématiquement dans toutes les Maisons des jeunes et de la culture, et les établissements reliés à la ville dAix-en-Provence. On a eu un problème aussi au salon "Millepertuis et Sarriette" à Puyricard, en février 2000, parce que ce salon était relié à la municipalité de Puyricard, et comme nous étions une "secte", nous navions donc pas notre place au salon. Finalement, ils ont accepté. Il y a eu aussi lassociation "Graine de vie" qui a eu du mal à avoir une subvention de la ville dAix parce que justement cette association travaillait avec lEspace Manuel. On a été refusés au salon "Artemisia" à Marseille, en novembre 99. Donc, depuis janvier 96, nous entendons toujours des propos dif- famatoires qui concernent notre association et notre travail. Depuis 96, nous navons eu aucun contact avec les autorités poli- tiques ou administratives de la ville dAix. Personne nest venu se70

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