action
                                                                 Philippines


  Un pont pour les e
         Pour t...
action
                                                                            Le massacre des innocents



         n...
lettres
                                                            Roumanie



         Dumitriu, l'exilé
       Petru Du...
lettres
                                                                                        M i c h e l To u r n i e r...
expositions
                                                               Art abstrait



          Malevitch et le
   Un...
expositions


suprématisme
l’encre, datent des années 20 ;                                                                ...
théâtre
                                       Amateurs et professionnels


      Au Théâtre de l'Echo
  En plein cœur du ...
cinéma
Loin du paradis                                                                          La 25e heure

            ...
télévision
                                                                                                               ...
télévision
                                                Une grande richesse visuelle et de la                          ...
J.P.Thomas Despre Petru Dumitriu
J.P.Thomas Despre Petru Dumitriu
J.P.Thomas Despre Petru Dumitriu
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

J.P.Thomas Despre Petru Dumitriu

2 722 vues

Publié le

Publié dans : Spirituel
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
2 722
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
7
Actions
Partages
0
Téléchargements
5
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

J.P.Thomas Despre Petru Dumitriu

  1. 1. action Philippines Un pont pour les e Pour témoigner de son rues de la mégapole quatre nuits et quatre au plus intime de lui-même. C’est une soif jours par semaine à la rencontre de ces spirituelle, celle que Dieu a inscrite dans expérience auprès des enfants gangs d’enfants abandonnés, pour s’en son cœur, trésor dont ces enfants sont rendre compte. pour nous les messagers. Et on peut le lire des rues et des bidonvilles, le Un enfant de la rue, un quot;batang langsa- aisément sur leurs sourires éclatants. P. Jean-François Thomas, nanquot;(2), comme ils s’appellent eux-mêmes, Les questions matérielles - urgentes ne réclame pas d’abord un peu d’argent pourtant - suivent alors, non pas secon- missionnaire aux Philippines, daires mais bien secondes, et ne a écrit un roman poignant, sont une réponse à leur dé- tresse que soutenues constam- où l'espérance vibre au cœur ment par cet amour, un amour de la plus sombre misère. vrai, de bienveillance, aurait dit saint Thomas, celui qui tient sa © ANAK ou un bon lit, un nouveau tee-shirt ou quelque nourriture pour apaiser sa faim, mais auprès d’un éducateur, sûr qu’il ne recevra pas l’aide super- ficielle des centaines de passants qu’il apitoie chaque jour en men- I l vaut mieux ne pas voir que de voir source de Dieu. D’ailleurs, qui peut aimer Qui peut aimer son sans aimer.(1) Monsieur Gustave Thi- son prochain et supporter ce qui porte bon me pardonnerait cet emprunt, et atteinte à sa dignité ? Qui aime vraiment le prochain et supporter ce une telle maxime serait reprise sans miséreux sans haïr sa misère ? qui porte atteinte à sa hésitation par le Père Jean-François L’action du père Jean-François Thomas Thomas, prêtre jésuite en mission aux Phi- et de son équipe, en majorité philippine, dignité ? lippines depuis plusieurs années et direc- est essentielle car les teur de la fondation quot;Tulay ng Kabataanquot; besoins sont grandissants (quot;Un pont pour les enfantsquot; en philippin). diant et qui se confond bien et les conditions de vie des Il est confronté jour après jour à la dé- souvent avec leur mépris, il enfants des rues de Manille tresse des enfants laissés pour compte demande : quot;Veux-tu être de plus en plus lamen- dans les rues de Manille et connaît la pro- mon ami ?quot;. Il veut exister tables. Certains enfants fondeur d’une sentence ainsi prononcée. aux yeux de quelqu’un, être dont l’enfance est volée, En même temps elle n’est pas seule- vu avec amour. Autrement l’existence ignorée, vont ment une parole d’ancien mais bien aussi dit, il sait naturellement que jusqu’à se réfugier dans un le cri du cœur de ces enfants, et il suffit de son plus grand besoin est cimetière, paroxysme de © ANAK suivre l’équipe des éducateurs de la fon- d’aimer et être aimé. Voilà l’horreur et symbole de dation Tulay ng Kabataan, qui arpentent les ce que crie son existence ces vies auxquelles on n’offre que la mort. La prostitution, qu’ils subissent journellement et à tout âge dans Le père Jean-François Thomas, exceptionnellement de passage en France, ce cadre macabre, reflète l’estime anéan- donnera une CONFÉRENCE le mardi 18 mars, à 20h, au lycée Stanislas à tie qu’ils ont de leur dignité bafouée et Paris (22, rue Notre-Dame des Champs, 6e). Entrée libre. Venez nombreux ! leur seul moyen de lutter dans cette jungle FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 20
  2. 2. action Le massacre des innocents nfants Enseignant et missionnaire, le Père © ANAK Une rue de Manille, Jean-François Thomas est un jésuite la nuit… conforme au meilleur de la tradition de son ordre. Au sein de la fondation Tulay ng Kabataan, il est le serviteur infatigable des enfants des rues de Manille qu'il tente de tirer de la drogue et de la est de fuir leur propre existence avec la prostitution. Confronté à drogue, en inhalant à longueur de journée l'insupportable, au massacre quotidien des innocents, il éprouve du solvant qui les met dans un état second. aujourd'hui le besoin irrépressible Le rôle d’une fondation telle que celle de rendre compte de son du Père Jean-François Thomas auprès des Deux expérience. Le recours à la fiction petits ces enfants est donc vital et l’on peut dire, lui permet, en toute liberté, sniffeurs sans risquer d’être trop pompeux, qu’il les de colle d'empoigner le lecteur et de le faire sauve. En acceptant en effet cette main ai- entrer dans la peau de l'un de ces mante, les enfants retrouvent le sens pro- enfants perdus livrés sans défense à fond - divin même - de leur vie, ils réap- des hommes changés en fauves. prennent à aimer leur existence, et expri- Nous suivons le drame de Bata et de ment bien vite cette joie par un sourire sa petite sœur Pia, privés, à la mort immense et sincère qu’ils nous offrent de leurs parents, d'une vie simple et spontanément, reflet Rolly de leur enfance re- © ANAK Le P. Thomas Poguy heureuse dans une nature couvrée et cadeau de accueillante, et rejetés sur les cette innocence dont trottoirs d'une mégapole. Accrochés Dieu n’a cessé de les l'un à l'autre, ils tentent de survivre gratifier puisque, en entretenant le souvenir du foyer quot;faibles colonnes du familial disparu. Dans cet univers palais des cieuxquot;, sombre, où le mal est perceptible à nous dirait Léon chaque coin de rue, presque dans © ANAK Bloy, ils sont un chaque geste, les enfants entendent canal privilégié de parfois quot;comme un battement d'ailesquot; son amour pour le monde.(3) qui tire leur regard vers le ciel. Il faudra beaucoup de patience au père Salvador pour les apprivoiser. Car au drame de quot;Dieu est tout mais Il n’a rienquot; écrit l'enfance défigurée s'ajoute celui du prêtre soumis aux tensions les plus extrêmes : encore Gustave Thibon, alors ces enfants immensité des besoins et insignifiance des moyens, colère contre l'indifférence à la misère qui n’ont rien, mais qui sont tant, sont des gens aisés, souvent enrichis par la corruption, et aussi les préférés du Pauvre… et c’est la © ANAK nécessité de composer avec eux afin d'en obtenir moindre des choses. quelque secours, crispation d'une hiérarchie et vœu d'obéissance, vénération des humbles et sentiment de Rigor Matthieu DAUCHEZ ne pas être à la hauteur de la tâche. Un livre chrétien, en ce que le Christ est venu mettre (1) Gustave Thibon, L’échelle de Jacob, Lardanchet, Lyon le feu sur la terre, qui se situe au-delà de la littérature. 1942. (2) quot;Enfant du trottoirquot; en tagalog, langue nationale A la fois appel, plainte et grâce, il donne à voir, à des Philippines. (3) La citation entière introduit le roman sentir, à entendre, pour tout dire, à aimer. Aussi du père Thomas (cf. ci-contre). mérite-t-il d'avoir la plus large diffusion. Didier Decoin l'a bien compris qui, dans une préface superbe, relève : quot;La passionnante aventure humaine qu'il décrit se double en effet d'une aventure des âmes Pour aider l’action du P. Thomas, tout aussi fascinante. Et la force du Père Jean-François qui ne vit que de dons : Thomas est d'avoir réussi à nous bouleverser ASSOCIATION quot;ANAK- également l'une par l'autre.quot; UN PONT POUR LES ENFANTSquot; Jacques BONCOMPAIN 8, rue des réservoirs 78000 Versailles Jean-François Thomas, Comme un bruissement d’ailes, Les enfants du www.associationanak.org fleuve, éd. du Jubilé, 2003, 18,50 €. FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 21
  3. 3. lettres Roumanie Dumitriu, l'exilé Petru Dumitriu, né en amoureux de la langue, des mots, de tous heur réside tout entier en Celui qu'il les mots et de toutes les langues, amou- rejoindra sans partage au cœur de son exil Roumanie en 1924, exilé en reux de l'Etre et des êtres. occidental. Si théologien il fut, malgré lui, Mais par-dessus tout, cet enfant dace il ne connut de Dieu que l'empreinte pres- Occident depuis 1960, est fut un crucifié et un révolté. Sans doute que invisible laissée en chaque créature, mort l'an passé à Metz. Il est peut-on voir en lui, comme cela fut souli- que l'image dans un miroir opaque, à la gné plusieurs fois par des critiques, un manière de tant de mystiques rhéno-fla- enfin reconnu, après une vie Léon Bloy des Carpathes. Il commence mands. Contemplant le tombeau au jour de d'honneurs puis de misère, ainsi sa lecture de l'Evangile selon saint la Résurrection, il confie : quot;Je regarde ce vide. Je n'y vois rien, de même que je comme le géant littéraire du ne distingue rien dans la lumière royaume des Daces, à l'égal blanche au-dessus du Jourdain. Mais tout comme en elle, j'y vois, j'y sens, du poète Mihai Eminescu. j'y reconnais une présence. La seule présence, il n'y a qu'elle, tout le reste est ombre passagère. Dans ce vide, il y P etru Dumitriu a passé son enfance a cette présence, diaphane, invisible, au bord du Danube, là où ses an- indestructible, inépuisable, immuable, cêtres, barbares magnifiques et ruti- vivante. Elle jaillit - mot faux ; elle lants d'or, tinrent tête à Rome avant coule - mot faux ; et je ne dirai pas d'être anéantis à jamais par Trajan, non plus quot;elle émanequot;. Elle sort vers là où Hadrien reçut la promesse d'être nous. Je ne sais pas ce que c'est que empereur, au soir même du suicide du roi la résurrection de Jésus Christ. Mais je Décébale et de ses conseillers dans la cita- suis heureux depuis que je vois ce delle de Sarmizégéthuse. Lui qui commen- tombeau vide au petit matin de prin- ça à écrire en français à l'âge de treize ans, temps.quot; (4) et qui étudia la philosophie à Munich jus- Sans le Christ, il reconnaît que son qu'au jour où les bombes écrasèrent l'uni- existence serait absurde, que son être D. R. versité, il se plongea avec ardeur dans la ne possèderait pas de sens, comme quot;construction du socialismequot;, non point cela fut le cas lorsqu'il bénéficiait du pou- Contre toute espérance, par conviction, mais parce qu'il pourrait voir et des récompenses dans la Roumanie croire que l'être est plus ainsi, pensait-il, écrire pour les masses. communiste. Le cri du malheur et de l'es- Trente-six ans en Roumanie, où il accède pérance qu'il pousse d'ouvrage en ouvrage réel que le néant aux plus hautes charges culturelles dans - comme d'ailleurs, pour d'autres raisons, l'appareil de l'état socialiste. Quarante- son compatriote Elie Wiesel -, est celui deux ans en exil, tantôt en Allemagne, tan- Marc : quot;Dans le pire abandon, la pire soli- d'un apologète, à la fois quot;Contra Gentilesquot; tôt en France, où il mangera le pain dur, tude, la pire détresse, le pire dénuement ; et quot;Pro Gentibusquot;, car quot;on les aime comme renié par son pays, ignoré par l'Occident. lorsque la vie se retire de moi, et que je soi-même, et on leur souhaite de savoir ce Comme il l'écrira, quot;(sa) vraie patrie, c'est me retire de la vie ; lorsque je m'écarte que l'on sait .quot; (5) la Galilée des âmesquot; (1) et il fut un prince des humains, et que les humains s'écartent Lui, le mal-aimé, il désire aimer avec dans cette patrie. Résumant en lui tous les de moi ; lorsque tout est désert et froid, toute sa passion slave et latine, malgré le traits du caractère roumain, il n'aurait pas cendres, néant, dégoût, laideur : alors je malheur, ou peut-être à cause de lui, car la été mal à l'aise à la cour de Décébale, pre- trouve ce livre (l'Evangile) ouvert.quot; (3) réalité mystérieuse de cette existence reste- nant à pleines mains tous les plaisirs de la Lui qui se définit souvent comme le ra toujours la souffrance. Contre toute vie, rebelle et poète, quot;carnivore toute (sa) plus malheureux des hommes, il reconnaît espérance, il continue à croire que l'être viequot; écrit-il (2), charmeur et tragique, aussi à longueur de pages que son bon- est plus réel que le néant, que cet être est FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 22
  4. 4. lettres M i c h e l To u r n i e r Quêteur dace de signes voulu par Dieu : quot;Voilà pour quoi je vis. En héritier des contes qu’il se réappro- Conteur merveilleux, Dans l'absurdité, la misère, l'angoisse, l'in- prie, Tournier est un auteur subversif. No- Michel Tournier s’est attaché certitude, menacé par le Mal, éprouvé par tamment quand il affirme qu’il quot;faut se gar- le doute, et voici autour de moi la mort, der de la pureté, le vitriol de l’âmequot;, ce un public grâce à une série peut-être déjà en moi-même la mort (…) qu’il appelle la quot;pseudo-moralequot;. A la fois de romans initiatiques et J'ai mal vécu ; mais j'ai vécu bien. Je vis réaliste et fantastique, il introduit dans le mal ; mais je vis bien. Celui qui n'a pas été monde contemporain les mythes fonda- de contes. Avec son Journal effleuré par la grâce croira que ce que je teurs, avec une fascination particulière extime, il dévoile une autre dis n'a aucun sens. Celui qui sait ce que je pour le charnel, demeurant toujours para- sais, comprendra que ce que je dis n'est doxal. Le personnage de Lester (in Le Roi face de sa personnalité. pas contradictoire. Et j'espère qu'il trouve- des Aulnes) est scatologique. Mais en ra une lueur de force, de courage, d'espoir même temps, c’est lui que l’auteur et de paix dans ce que je dis lorsqu'on me consacre comme celui qui sait déceler les E demande, et que je me demande, pour n vrai romancier, symboles… Car pour quoi je vis.quot; (6) Michel Tournier sait Tournier quot;tout est signequot;. Cet écorché vif, frère de Cioran qui, lui, surprendre, même Ni tout à fait le même, a cédé à la tentation de l'absurde et du avec une matière ni tout à fait un autre, néant, souffrit dans sa chair, jusque dans la connue, voire com- Michel Tournier extime révolte - comme il l'exprimait dans ses mune, qu’il transforme demeure fidèle à ses confidences -, du rejet, ou pire de l'indiffé- comme un alchimiste en grands thèmes. Chaque rence méprisante, dans lesquels le tint quelque chose de pré- détail et réflexion consi- l'Occident qui l'accueillit. Malgré les ro- cieux. Avec ce Journal gnés dans le Journal ren- mans poignants, en partie autobiogra- extime, il se renouvelle. voient à la question du phiques, d'Incognito et de Rendez-vous Autrement dit, il est fidèle quot;signequot; et du quot;sensquot;. Ce © GALLIMARD au Jugement Dernier (7), une chape de à lui-même. Observateur. journal est aux antipodes silence le recouvrit, jusqu'à sa mort. Il doit Tendu comme les tourne- de l’écrit narcissique. Il regarder aujourd'hui d'un œil surpris ou sols vers la lumière ; vers est ouvert sur le monde et goguenard, en compagnie de quelques la vie et les petits même sur les choses Un démiurge peuplant les plus infimes. Ici, autres écrivains qui ont subi le même sort, riens qui enchantent. la préparation de l'édition de ses œuvres notre univers actuel de pas de préambules L’enfant Tournier complètes par l'Académie de Roumanie. Il était fasciné par les symboliques ou de figures mythiques est retourné au silence et à Celui avec qui Contes de Perrault, prolégomènes initia- il s'entretenait dans le silence. (8) quot;Lorsque quot;très méchants, très tiques. Tournier re- la mort manquait, l'éternité aussiquot; écrivait cruelsquot;, qu’il place depuis toujours dans sa vient à une forme d’écriture épurée. No- Eminescu (9). Plus rien ne manque désor- bibliothèque personnelle quot;au même niveau tules, observations météorologiques, cita- mais à l'enfant dace. que les tragédies de Racinequot; - mais pour tions, anecdotes…, recueillies au long des lui, le plus grand, c’est le premier ! L’écri- douze mois d’une année, exsudent une P. Jean-François THOMAS s.j. vain imprégné de ces histoires terribles saveur particulière parce qu’elles sont deviendra tout naturellement un auteur de ennoblies par le verbe d’un grand écrivain. récits cruels. Un démiurge peuplant notre A ce titre, le Journal extime est un ouvrage (1) Zéro ou le point de départ, Cerf, 1981, p.12. (2) Au univers actuel des figures mythiques et de la maturité. Celle d’un écrivain accom- Dieu Inconnu, Seuil, 1979, p.32. (3) Comment ne pas effrayantes qui hantent notre imaginaire pli. l'aimer ?, Cerf, 1981, p.7 (4) Idem, p.315. (5) Lettre commun : c’est l’ogre Tiffauges, garagiste inédite, 5 Août 1981 (6) Zéro ou le point de départ, SALSA BERTIN p.142 (7) Incognito, Seuil, 1962 ; Rendez-vous au de son état du Roi des Aulnes, Arlequin, le Jugement Dernier, Seuil, 1961. (8) Cf. Au Dieu Inconnu, chatoyant, peintre et briseur de couple de Michel Tournier, Journal extime, éd. de La Musardine, p.219. (9) Dans Poezii, La Prière d'un Dace, p. 403, Libra, 1994, Bucarest. Pierrot ou les secrets de la nuit… 240 p., 16 €. FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 23
  5. 5. expositions Art abstrait Malevitch et le Une petite mais intelligente 1 exposition proposée par le Musée d'Art moderne de Paris permet d’apprécier le parcours de Malevitch, inventeur, au même titre que Mondrian, de l’abstraction radicale en peinture. L a Femme au journal (1906) - tou- che impressionniste et papillotante - introduit cette exposition, brève et savoureuse : 24 peintures, dont une douzaine de gouaches et quelques cinquante dessins, forment l’ensemble res- treint mais parfaitement significatif d’une œuvre radicale, montrée depuis sa nais- sance jusqu’à son invention de l’abstrac- tion. Très vite - dès 1911- les gouaches sur papier aux vives tonalités dévoilent leur parenté fauviste, une intention portée par l’amour de la vie ; L’homme au sac, Le jardinier, montrent un contraste affirmé entre les jaunes et rouges éclatants des personnages et le blanc du fond, opposé D.R. aux zones fortes de verts crus foncés et de Un caractère hiératique noir. Les Frotteurs de parquet, quoique la lumière, le blanc dégradé jusqu’au noir. plus contournés, accusent eux aussi une Il y a une fraternité avec Léger aussi, dans primitif et sauvage, dans concision dans leur vigueur expressive. la hardiesse de ce clair-obscur mêlé à des L’Autoportrait peint à la même époque et teintes franches. la vivacité et le robuste à l’huile est de la même veine. Rythmant Avec les toiles qui suivent, Dame à dynamisme de l’image ces grandes pages, d’autres dessins, sym- l’arrêt du tramway, Officier de la garde bolistes cette fois, et peints à la même ou Un anglais à Moscou, la représentation Difficile de ne pas penser à Cézanne, époque, surprennent par leur mysticisme figurée se brise en éléments disparates lui qui affirmait que la nature se réduit au inspiré, presque byzantin. dont chacun signifie le tout : de l’Officier cylindre, à la sphère et au cône ! Les En 1912, les traits s’accusent nette- par exemple, ne demeure qu’un fragment formes du Bûcheron, une huile de 1912, ment ; les figures, plus tranchées, ont quel- de brandebourg et quelques broderies illustrent littéralement ce choix. On voit que chose de Gauguin avec leur caractère éparpillées. que le schématisme entraîne vers l’abstrac- hiératique primitif et sauvage aussi, dans la Toute une série d’études minuscules, tion, contrebalancée toutefois par le jeu de vivacité et le robuste dynamisme de l’image. faites avec un grand soin au crayon ou à FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 24
  6. 6. expositions suprématisme l’encre, datent des années 20 ; obliques, à peine bleuies, contre- 3 elles font découvrir le travail disent son orientation. assidu, raisonné, qui laisse augu- Trois ans plus tard, la croix rer le prochain bouleversement divise à nouveau la composition dans les principes mêmes de la mais cette fois la quot;noire/rougequot;, peinture : la croix simplifiée, bri- décalée vers la gauche, touche sée, répétée, par exemple. Ce les bords, indiquant ainsi l’infini. sont les étapes progressives vers D’autres dessins explicitent l’abstraction totale d’un monde l’aventure de ces variations : quot;sans objetquot; : l’un de ces dessins crayonné en valeur, un visage se nomme Suprématisme en dont les traits orthogonaux mar- perspective ; cet autre, un cro- quent le signe d’une croix, quis de paysage, montre com- redoublé sur l’horizontale : celle ment les formes naturelles se des yeux, de la bouche qui sont transforment en une géométrie, séparés par la verticale du nez. abstraite, se résumant au quadri- Dernier tableau, la Croix latère, au cercle, à la croix. noire sur un ovale rouge est Nous voici prêts à aborder les une belle expression plastique de cinq tableaux réunis dans une la transfiguration d’un visage, petite salle, au centre de l’œuvre résumé au d’un extraordinaire précurseur. signe. L’Autoportrait en deux di- Malevitch, mensions est encore bigarré de éclaireur rus- couleurs, de l’outremer au noir se, a inventé en passant par l’ocre rouge ou quasiment à jaune ; selon des formes minima- lui seul l’abs- listes, carré, trapèze, un cercle traction, qu’il comme un anneau qui figurerait appelait quot;su- l’œil, et des barres obliques mul- prématismequot;. tipliées. A côté, les quatre formats Et voici com- 2 alignés se nomment Supré- ment il ré- matisme : l’un est fait d’un tri- sume cette aventure : quot;Je me suis angle bleu et d’un rectangle noir transfiguré dans le zéro des D.R. sur le fond blanc, le second porte formes et suis allé au-delà du L’abstraction voulue par ces mêmes barres rouges inégales et posées zéro vers la création, c’est-à-dire vers le en biais ; on voit la portée des études suprématisme, vers le nouveau réalisme Malevitch est bien le fruit menées précédemment sur la croix, incli- pictural, vers la création non figurative quot; d’une simplification née, se couchant davantage vers le sol et toujours vue en perspective. L’abstraction Ariane GRENON exprime ainsi une vision particulière… La voulue par Malevitch est bien le fruit d’une toile intitulée Blanc sur blanc (1917) simplification, d’une vue résumée et non Malevitch, un choix dans les collections du Stedekijk Mu- séum d’Amsterdam. Jusqu’au 27 Avril, du mardi au di- n’est pas toute blanche ; le sous-titre une construction voulue uniquement par manche de 10 à 19 heures, sauf le lundi, au Musée d’Art indique d’ailleurs son objet : la quot;sensation l’esprit. moderne de la ville de Paris, 11, avenue du Président Wilson, de la dissolution (non-être)quot; ; un grand 75016 Paris, tel. 01 53 67 40 00. Le blanc qui constitue le fond est lui- Légendes des photos : 1 Frotteurs de parquet ; 2 rectangle, d’un gris évanoui, se perd sur le même sensible, tantôt posé en touches Autoportrait en deux dimensions ; 3 Croix noire sur fond comme une brume tandis que deux fouettées ou bien fissuré, craquelé. Chacun un ovale rouge. FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 25
  7. 7. théâtre Amateurs et professionnels Au Théâtre de l'Echo En plein cœur du vingtième charnière entre professionnalisme et ama- pas… La politique de Mourad Berreni, teurisme : les jeunes professionnels y sont metteur en scène et directeur du lieu, est arrondissement, dans une aussi accueillis pour y présenter leurs pre- claire : jamais de représentation devant une miers travaux. salle au trois quarts vide. On joue peu, petite rue, une porte. Au- Comment l'éclosion d'un tel mais pour du dessus, l'inscription quot;Théâtre lieu a-t-elle été possible ? Ce public, que ce Mourad Berreni fut, comme toujours, une ques- soit pour les de l'Echoquot;.(1) Joli nom, et tion de travail et d'altruisme pièces présen- programme réjouissant pour pratique. Mourad Berreni a tées à titre ama- commencé par ouvrir un cours teur ou profes- toute la famille. de théâtre à Saint-Blaise pour sionnel. les enfants, puis un second, Car il pré- A ujourd'hui au Théâtre de l'Echo, puis un cours pour adultes. Les sente aussi, avec une troupe amateur donne Sous les locaux devenant trop petits, il a des comédiens yeux des femmes garde-côtes (2) demandé aux HLM un local. Là, professionnels, de Pal Békés, un auteur hongrois. non seulement il a continué le Cabaret La Ce soir de la seconde, qui est la Fontaine (3), sé- son travail en direction du représentation de tous les dangers lorsque lection de fables jeune public et des habitants du la première a été bonne, il y a aura des choisies en fonc- quartier mais il s'est mis à don- © PIERRE FRANÇOIS trous de mémoire ou des savonnages, mais tion de la lisibili- ner des représentations. quelle ambiance !!! La dimension familiale té de leur sens et Parallèlement, une partie du lieu est palpable, et les comédiens rat- de la richesse du lieu est consacrée à l'ac- trapent avec brio des situations imprévues - du vocabulaire cueil d'expositions, de préfé- une bouteille qui se casse, une autre qui se qu'elles contiennent. Le tout est joué en fai- rence d'artistes locaux, toujours dans le renverse ! sant appel à des ressources artistiques même souci de participation à la vie du Quel texte aussi ! Loufoque à souhait, variées, comme la musique, le mime, une quartier. Aujourd'hui, une nouvelle étape comme savait l'être la société communiste voix off, etc. Un enfant du quartier dit à l'is- se joue pour le théâtre de l'Echo ; un des années soixante en Hongrie. Plus de sue d'une représentation : quot;J'ai rien com- théâtre qui a su cultiver son genre familial, brancard pour transporter le précédent lo- pris mais c'était super !quot; Rien compris ce qui le rend d'emblée si attachant. cataire mort ? Le croque-mort a emprunté peut-être, mais la langue et les façons de la porte de l'appartement, qui n'est pas s'exprimer se sont néanmoins imprimées Pierre FRANÇOIS revenue, mais comme le logement possède en lui. le seul téléphone de l'immeuble, aucune Un théâtre qui a su cultiver (1) Théâtre de l'Echo, 31-33 rue des Orteaux, 75020 Paris, importance. Le nouveau venu apprend à Tél. : 01 43 71 07 67. ses dépens que son prédécesseur servait de son genre familial, ce qui le www.echotheatre.com, theatre.echo@free.fr (2) Sous les yeux des femmes garde-côtes, de Pal Békés. standard à tout l'étage… Tant pis pour son Avec Michel Bioulac, Karen Peyrard, Benoît de Saint Léger, rend d'emblée si attachant travail urgent. Chacun suit son idée : trou- Christian Bodiger, Pélagie Sanchez, Michèle Achouche, Alain ver le mot juste ou un homme à séduire, un Achouche, Benoît Raviart ; mis en scène par Mourad Berreni. La troupe quot;Coulisses et complicesquot; peut être contactée chez endroit où ne pas geler ou une victime à Pour Mourad Berreni, il est exclu d'é- Michèle Achouche (06 68 08 38 19, achouche@club-inter- ensorceler, un esclave ou une âme sœur. carter les enfants du théâtre ou de leur in- net.fr), Karen Peyrard (06 86 78 45 36) ou au théâtre. (3) Cabaret La Fontaine, avec Patricia Marmoras et Hélène Au fur et à mesure que le temps passe, la fliger des textes bêtes. C'est avec des en- Dubiel, mis en scène par Mourad Berreni. Tous les mercre- fants qu'il a monté Molière Circus(4), une situation devient de plus en plus absurde, dis à 14h 30 et tous les jours de la 2° semaine des vacances compilation d'extraits significatifs du maî- pour la plus grande joie de la douzaine de Pâques (du 14 au 18 avril), avec conte le matin et fable l'après-midi. Places à 8,50 €. tre traités dans un style burlesque. Ils sont d'enfants assis sur les tapis de l'avant-scène (4) Molière circus, par la troupe des Echoliers (Marwann 12 à donner ce spectacle, avec une réelle et des cinquante adultes entassés derrière. Berreni, Bilal Berreni, Benjamin Achouche, Mathilde Raviart, Paul Raviart, Flore Dallènes, Helena Dubiel, Jonathan Levy, motivation. On revient ici à un mode de Peu de dates pour cette pièce, les re- Clèmentine Coulon-Leblanc, Perrine Delpy-Troussard, fonctionnement amateur, avec des dates présentations suivantes sont programmées Jonathan Thuault, Solène Henrys-Vaurès). Les 22 mars à 20h irrégulières mais le lieu reste un endroit pour les 25 et 26 avril. Après, on ne sait 30, 23 mars à 17h et 27 avril à 17h. Places à 8 et 6 €. FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 26
  8. 8. cinéma Loin du paradis La 25e heure 24 heures de sursis Dans les années 50, Cathy Whitaker est une jeune et jolie mère de famille, véritable gravure de mode, qui mène une vie paisible et conventionnelle auprès de son mari et de ses enfants. La présence de son jardinier noir, avec lequel elle entretien une relation min de rédemption d’un homme. En 24 Un drame poignant sur amicale, la rassure. Mais sa vie bascule un heures, son jeune héros va plonger au les dernières heures de liberté jour, lorsqu’elle surprend son mari en train fond de lui-même pour découvrir pour- d’embrasser un jeune homme. d’un homme. quoi il s’est égaré sur les chemins de la Au cœur d’une éblouissante reconstitution de vie. Un voyage initiatique que le specta- l’époque, Todd Haynes a installé un I l y a des villes mythiques qui collent teur effectue avec lui, à travers les rues mélodrame, dans la grande tradition du genre. parfaitement à la personnalité d’un magnifiques de la ville. Edouard Norton Mais un mélodrame dynamité par l’intrusion artiste. Il en va ainsi de New York confirme qu’il appartient à la race des du racisme et de l’homosexualité. Dans cet avec Woody Allen, comme avec Spike très grands comédiens, car il apporte à univers de conventions, l’héroïne, Lee. Mais un New York blessé et son personnage une humanité et une sin- magnifiquement interprétée par Julianne Moore, va voir son monde si propret et si net cérité rares, avec dévasté par le 11 s’effondrer. Le plus étonnant est que ce film, une économie de septembre. Dans ce stylisé à l’extrême, réussit à émouvoir du moyens extraordi- sombre drame, début jusqu’à la fin. Une grande réussite. naire. Mais tous les Spike Lee filme son autres comédiens M.-C. A. triste héros dans sa habitent leurs per- ville meurtrie. Drame américain (2002) de Todd sonnages avec une Il ne reste plus Haynes, avec Julianne belle densité. Au tra- à Monty Brogan, un Moore (Cathy Whitaker), Dennis vers de ses conver- jeune dealer de Quaid (Frank sations avec les uns haut vol, que 24 Whitaker), Dennis Hyasbert (Raymond et les autres, le hé- heures de liberté, Deagan), Patricia Un homme ros va découvrir sa avant d’aller purger Clarkson (1h47). Sortie le 12 mars 2003. vérité et devenir ses sept ans de pri- à la croisée des chemins enfin adulte. La mise son. Ces quelques Coup de foudre déambule dans une ville en scène est légère, heures de liberté, il à Manhattan meurtrie et blessée les caractères sont veut les passer avec bien dessinés, et, sa fiancée, ses deux Marisa élève seule son jeune fils, Ty, tout en amis d’enfance et son père. Avec eux, il va malgré une fin ambiguë et un peu déce- travaillant comme femme de chambre dans tenter de comprendre pourquoi il en est vante, on sort bouleversé de la projection. un grand palace new-yorkais. Un concours de arrivé là. Marie-Christine d’ANDRÉ circonstances lui fait rencontrer Christopher Depuis quelques années, Spike Lee Marshall, un richissime homme politique, qui e semblait se perdre dans des films inutiles La 25 heure. Drame américain (2002) de Spike Lee, avec la prend pour une milliardaire. Edward Norton (Monty Brogan), Philip Seymour Hoffman ou ennuyeux. Il fait un retour en force (Jakob Elinsky), Barry Pepper, Rosario Dawson (Naturelle), Il est difficile de faire plus conventionnel que avec cette œuvre puissante, véritable che- Anna Paquin, Brian Cox). Sortie le 12 mars 2003. cette intrigue à la Cendrillon. Mais le charme de la belle et volcanique Jennifer Lopez et la Stupeur et tremblements fluidité de la mise en scène de Wayne Wang font que l’on prend beaucoup de plaisir à Amélie, une jeune Belge, a toujours conservé la nostalgie du suivre ces aventures charmantes. Certes, on Japon, où elle est née et qu’elle a dû quitter à l’âge de cinq ans. attendait davantage de Wayne Wang, le Aussi est-elle très heureuse d’obtenir un contrat d’un an comme réalisateur des brillants «Smoke» et «Brooklyn interprète dans une grande entreprise japonaise, à Tokyo. boogie», mais, dans le genre comédie Cantonnée dans des tâches subalternes, elle va vivre une relation romantique, c’est aussi réussi que distrayant. étrange avec sa supérieure hiérarchique directe. Marie-Lorraine ROUSSEL Nul doute que cette brillante (et très fidèle) adaptation du roman d’Amélie Nothomb va susciter des appréciations contrastées. Certains spectateurs risquent de trouver bien Comédie américaine ennuyeuses ces joutes entre deux femmes, sur fond de pesanteur hiérarchique. Les autres (2002) de Wayne Wang, avec Jennifer Lopez seront fascinés par cette plongée ironique au cœur d’une culture si différente de la nôtre. Et (Marina Ventura), Ralph comme la réalisation est d’une grande rigueur, l’interprétation exceptionnelle et l’humour Fiennes (Christopher Marshall), Natasha constant, on se régale. Richardson, Stanley Tucci, M.-C. A. Tyler Garcia Posey, Bob Hoskins (1h45). Sortie le Comédie dramatique française (2002) de Alain Corneau, d’après le roman d’Amélie Nothomb, avec 12 mars 2003. Sylvie Testud (Amélie), Kaori Tsuji (Fubuki), Taro Suwa, Bison Katayama (1h47). Sortie le 12 mars 2003. FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 27
  9. 9. télévision Samedi 15 mars Wild wild West Adolescents Mardi 18, sur France 2, à 20h55 Le grand concours des enfants. Aux Etats-Unis, en 1869, les agents spéciaux James West et Divertissement. Artemus Gordon ont du mal à travailler ensemble, même si TF1, à 20h50. l’addition de leurs activités complémentaires peut faire des La chanson n°1 «Spéciale France merveilles au service du président qui les commande. Le Gall/Michel Berger». Divertissement. France 2, à 20h55. méchant docteur Arliss Loveless est disposé à soumettre le T’a voulu voir la mer... J. Téléfilm président à son bon vouloir, grâce à ses armes fantastiques. avec Patachou, Annick Alane, Robin Ce film, fidèle au style de Barry Sonnenfeld, est un hybride Renucci. Sympathique, mais ou- de plusieurs genres cinématographiques. Il relève du western par trancier. l’époque, le lieu de l’action et quelques personnages, mais, avec France 3, à 20h55. son méchant mégalomane opposé aux agents secrets, il renvoie L’aventure humaine «Evolution au genre James Bond. Il y a aussi une bonne dose de science-fic- DR (5/5) : Le big bang de l’esprit» J. tion, représentée par les armes futuristes du docteur Loveless. Enfin, des éléments de film catastrophe, avec des effets Captivant, mais l’évolution spéciaux spectaculaires. On est donc bien loin de la vieille série télévisée «Les mystères de l’Ouest», inspiratrice loin- est présentée comme un fait certain. taine du film. Barry Sonnenfeld et son équipe ont appliqué les mêmes recettes qu’avec «Men in black», pour ce qui est Arte, à 20h40. des films d’extraterrestres. Le résultat en est une œuvre amusante et pleine d’inventions, dans le genre parodique. La trilogie du samedi : «Small- Il s’agit, au départ et à l’arrivée, d’une histoire fantaisiste sans problèmes particuliers, mais qui n’évite pas, en ville», «Buffy contre les vampires». cours de route, quelques glissades vers des scènes qui auraient pu être scabreuses, sans la surveillance des producteurs, M6, à 20h50. désireux que le produit final soit visible par tout public. Six feet under. Série. Canal +, à 21h00. Les mercredis de l’histoire Faut pas rêver : «Brésil : Danseurs à «Dieu protège l’Amérique (1/2) : Les premiers croisés» louer», «France : La toilette du pé- Adolescents Mercredi 19, sur Arte, à 20h45 riph». Magazine. A l’heure où l’Amérique se prépare à la guerre, ce passionnant documentaire France 3, à 22h30. permet de mieux comprendre de quelle manière le politique et le religieux se La nuit X-Files. mêlent dans la politique américaine. M6, à 23h15. En reprenant l’histoire des Etats-Unis, des années 50 à nos jours, l’auteur de ce fascinant documentaire retrace celle du mouvement fondamenta- liste aux USA. Depuis l’association «Youth for Christ» de Billy Graham, avec ses meetings religieux transformés en gigantesques shows à l’américaine, jusqu’au soutien des candidatures de Richard Nixon, puis de Jimmy Carter (un baptiste DR qui affirmait, selon les paroles du Christ, être «né du Saint-Esprit» («born again», en américain), ce qui surpris tout le DR monde, et surtout ceux qui ne comprenaient pas ce que cela signifiait), on suit, avec un étonnement grandissant, ces Une bête sur la lune GA. Théâtre citoyens qui confondent religion et politique. «La religion, c’est du commerce, et, en Amérique, c’est un commerce très de Richard Kalinoski, avec Simon lucratif», dit un des intervenants. Le téléspectateur demeure partagé devant ce mélange de naïveté et de foi vibrante. Un Abkarian, Corinne Jaber. Une pièce bouleversante sur le génocide mélange assez inquiétant. arménien. Mais c’est très dur. France 3, à 00h00. Samedi 15 mars 18.30 KTO Magazine. L’autisme 20.45 Le Messie de Haendel par le King’s 20.45 Rembrandt. Le retour du fils prodigue Dimanche 16 mars College. Direction : Stephen Cleobury Rembrandt, une vie marquée par l’amour, la richesse, le Une journée en enfer GA. Aven- Dimanche 16 mars deuil, les honneurs puis la disgrâce. Vers la fin de sa vie, tures (1995) de John McTiernan, avec 12.00 Angélus, en direct de Rome alors que tout l’abandonne, il peint une de ses œuvres Bruce Willis, Jeremy Irons (2h08). 18.00 KTO Magazine. Spécial - Psychologie, société et majeures : Le retour du fils prodigue. Plus qu’un tableau Un excellent suspense, un religion pour lequel quot; Dieu lui-même a pris la pose quot;, une réflexion rythme nerveux et beaucoup d’hu- 19.15 Conférences de Carême. Mère Teresa, le Christ pour sur le pardon. mour. Mais c’est assez violent. les pauvres Jeudi 20 mars TF1, à 20h50. 20.45 La vie des saintes. Sainte Bernadette 18.30 KTO Magazine. Les aumôniers du ciel Le collectionneur A. Drame Lundi 17 mars 20.45 Grands écrivains. Jack London (1997) de G. Fleder, avec Morgan Free- 15.15 Arménie, mémoire et devenir Vendredi 21 mars man, Ashley Judd (1h51) (- 12 ans). 20.45 La vie de Marianne (1ère partie) – Film 18.30 L’œil des médias. Présenté par Dominique Chivot Un bon suspense, mais c’est Marianne (Virginie Ledoyen), une jeune orpheline ne sait KTO se doit d’être à l’écoute de ce qui se passe dans le compliqué et très violent. rien de ses parents et se retrouve seule au monde. Elle n’a monde et de se faire l’écho de toute cette actualité variée. En France 2, à 20h55. que sa vertu pour éviter les pièges que lui tend la vie, et que invitant chaque semaine des journalistes de diverses Inspecteur Barnaby «Vendetta». son cœur pour succomber au charme du beau seigneur origines, elle entend plus que jamais faire de ce carrefour Téléfilm avec John Nettles. qu’interprète Melvil Poupaud. d’actualité un lieu de rencontre et de discussion ouvert à France 3, à 20h55. Mardi 18 mars tous. Soirée thématique «King Kong» 18.30 KTO et 21.40 Magazine. Mère Teresa L’émission doit permettre de poser un regard serein et King Kong «La 8 e merveille du Mercredi 19 mars réfléchi sur cette actualité et de le confronter à celui des monde» J. Fantastique en NB (1933) de Ernest Schoedsack et Merian Cooper, 10.30 Audience générale du Pape Jean Paul II, en direct de autres. avec Fay Wray, Bruce Cabot (2h). Rome KTO sur le câble et le satellite (Canalsatellite et TPS) Un grand classique. FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 28
  10. 10. télévision Une grande richesse visuelle et de la rens, Antoine Audouard, Dominique TF1, à 20h55. A l’ombre de King Kong J. poésie pour ce beau remake. Mais Bona, Macha Meryl, Marthe Blau, Ro- Envoyé spécial «Guérir par l’es- Passionnant. l’anthropomorphisme nécessite un bert Hossein, etc. TF1, à 00h30. prit». Magazine. Chang «Un drame de la vie sauvage». jugement formé. France 2, à 20h55. Documentaire en NB et VO. Amistad A/Ø. Drame (1997) de Canal +, à 21h00. Arte, à partir de 20h40. Un œil sur la planète «L’autre Steven Spielberg, avec Morgan Free- Zone interdite «Lycées sous haute guerre : La Tchétchénie». Magazine. man, Nigel Hawthorne (2h55). tension». Magazine. France 2, à 23h10. Un réquisitoire assez bien M6, à 20h50. Grand format «Yönden» J. fait contre l’esclavagisme, mais c’est L’équipe du dimanche. Des images magnifiques, mais des outrancier et avec des violences atroces. DR Canal +, à 20h30. longueurs France 3, à 20h55. S.O.S. Titanic GA. Aventures (1976) Carmen GA. Film opéra (1984) de Arte, à 22h15. de William Hale, avec David Janssen Un homme est mort A. Policier Francesco Rosi, avec Julia Migenes- (1h40). Spectaculaire, mais (1972) de Jacques Deray, avec Angie Johnson, Placido Domingo, Ruggero un peu long. Dickinson, Jean-Louis Trintignant Raimondi (2h27). Super- TF1, à 23h15. (1h46). Un solide policier, be, mais très sensuel. Secrets d’actualité : «L’homme qui mais des images peu discrètes. France 2, à 01h00. DR a voulu tuer le président», «20 ans France 3, à 23h10. après, Grace de Monaco», «Les Bleus : Mercredi 19 mars 2001 : L’odyssée de l’espace Les coulisses d’une défaite». Magazine. Mardi 18 mars GA. Science-fiction en VO (1968) de Football «Ligue des Champions : FC M6, à 22h55. Men in black GA. Comédie (1997) Stanley Kubrick, avec Keir Dullea Valence/Arsenal». Acte de violence GA. Drame en VO de B. Sonnenfeld, avec Tommy Lee (2h21). Un chef-d’œuvre, TF1, à 20h35. et NB (1948) de Fred Zinnemann, avec Jones (1h34). Affligeant de mais c’est très long et peu fait pour le Le printemps Ela. Divertissement. Van Heflin, Robert Ryan (1h21). débilité. petit écran. France 2, à 20h55. Un remarquable thriller, TF1, à 20h55. Arte, à 20h45. Vie privée, vie publique «Le poids mais un thème et un milieu très durs. Wild wild West J. Aventures (1999) Xchange «Dans la peau d’un autre». du secret». Magazine. France 3, à 00h05. de Barry Sonnenfeld, avec Will Smith, Téléfilm avec Stephen Baldwin (1h45). France 3, à 20h55. Lundi 17 mars Kevin Kline, Kenneth Branagh, Salma M6, à 20h50. Les mercredis de l’histoire «Dieu Hayek (1h42). (Voir notre analyse) Les amants du Nil GA. Drame protège l’Amérique (1/2) : Les premiers Joséphine, ange gardien «Le France 2, à 20h55. (2002) de Eric Heumann, avec Emma croisés» J. (Voir notre analyse) compteur à zéro». Téléfilm avec Mimi Les dossiers de France 3 «Black, de Caunes, Eric Caravaca (1h27). Arte, à 20h45. Mathy. blanc, beur» Un beau film, mais une fin Des parents pas comme les au- TF1, à 20h55. contestable. tres. Téléfilm avec Louise Monot, Tribus : «Les télé-maniaques», «La France 3 - Pierre Boyer Canal +, à 21h00. Elisabeth Bourgine (1h27). tribu du quot;neuf troisquot; (93)», «Les drui- M6, à 20h50. Vendredi 21 mars des». Magazine. Blow A. Drame (2001) de Ted Dem- France 2, à 20h55. Qui veut gagner des millions ? me, avec Johnny Depp, Penelope Cruz Le mur de l’Atlantique GA. Co- «Spéciale associations». (1h59). Un film sur la dro- médie dramatique (1970) de Marcel Pierre et Farid J. Téléfilm avec Vic- TF1 à 20h50. gue intéressant et bien fait, mais un Camus, avec Bourvil (1h41). tor Lanoux, Kamel Belghazi. La Crim’ «Le syndrome de Korsakov» peu figé. Des violences. Une bonne idée de départ, mais il y a Sympathique, mais peu crédible. GA. Téléfilm avec Isabel Otéro Canal +, à 21h00. trop de longueurs et de redites. Débat en régions «Black, blanc, (0h52). Poignant. Amato ou l’amour de l’opéra France 3, à 20h55. beur». France 2, à 21h05. «Un opéra de poche à New York». Peau neuve GA. Drame (1999) de France 3, à partir de 20h55. Thalassa «Escale en Belgique». Arte, à 21h40. Emilie Deleuze, avec Samuel Le Bihan, Soirée thématique «L’Amérique France 3, à 20h55. Ça se discute «Nos petits défauts peu- Marcial Di Fonzo Bo (1h36). latine dans la tourmente» Masculin/féminin «Demain et tous vent-ils avoir de graves conséquen- Original et bien fait, mais c’est un peu Coup d’Etat contre Hugo Chà- les jours après» GA. Téléfilm avec ces ?». ennuyeux. vez. Documentaire. Hélène Fillières, Edouard Baer (1h36). France 2, à 23h10. Arte, à 20h40. L’Uruguay gagné par la crise. Cocasse et bien fait, mais un Culture et dépendances «Com- Lettres à un tueur GA. Thriller Colombie «Les enfants de la cocaïne». peu lassant. ment la France maltraite ceux qui (1998) de David Carson, avec Patrick Arte, à partir de 20h40. Arte, à 20h40. souffrent». Magazine de F. O. Giesbert, Swayze (1h39). Un bon Normal, paranormal : «Les flashes Astéroïde. Téléfilm avec Michael avec Alexandre Jollien, P. Douste-Blazy, suspense, mais beaucoup de violences. de voyance», «Les murs ont-ils une Biehn, Annabella Sciorra (2h55). le Père Bernard Bro, A. Comte-Spon- M6, à 20h50. mémoire ?», «Des inconnus aux pou- M6, à 20h50. ville, Howard Butten, Julia Kristeva. voirs paranormaux...», «Une maison Greenmail. Téléfilm avec Stephen France 3, à 23h20. hantée», «Médecine paranormale : Baldwin, Tom Skerritt (1h33). Jeudi 20 mars Attention charlatans !», «L’astrologie Canal +, à 21h00. des stars». Magazine. A mi-mots «Erri De Luca» J. Julie Lescaut «La tentation de Julie» M6, à 20h50. Une nouvelle collection littéraire très GA. Téléfilm avec Véronique Genest. Football «Grande soirée de Cham- intéressante. Assez moyen. DR pions League». La planète des singes GA. Repères T : Tout public Canal +, à 20h45. Science-fiction (2001) de Tim Burton, Ø : Œuvre (ou scène) nocive J : Adolescents : Elément positif Vol de nuit «Amours, toujours». Ma- avec Mark Wahlberg, Tim Roth, Helena GA: Grands adolescents : Elément négatif gazine de P. Poivre d’Arvor, avec Marek Bonham Carter (1h55). A : Adultes Halter, Tahar Ben Jelloun, Camille Lau- FRANCE CATHOLIQUE N°2873 - 14 MARS 2003 29

×