La faillite d'entreprise, champ d'application privilégié...

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La faillite d'entreprise, champ d'application privilégié...

  1. 1. La faillite dentreprise, champ dapplication privil¶gi¶ des m¶thodes quantitatives en e e e gestion par Didier Van CaillieIntroduction1 La recherche en matiµre de faillite dentreprise sest d¶velopp¶e, e e edepuis le tout d¶but du XXµme siµcle d¶jµ, a la frontiµre de la recherche e e e ea µ een ¯nance dentreprise, en strat¶gie et en statistique. Riche de plusieurs ecentaines darticles publi¶s et de milliers de contributions non publi¶es, e ecette recherche, fondamentalement transdisciplinaire, se caract¶rise epar 3 phases successives : - Dabord, elle sest focalis¶e sur lidenti¯cation dindicateurs ¯- e nanciers susceptibles de mesurer le risque de d¶faillance dune e entreprise et donc de pr¶dire, avec plus ou moins dacuit¶, sa e e prochaine faillite. La dimension pr¶diction des faillites " est e alors dominante. - Ensuite, elle a cherch¶ a d¶composer la dynamique qui sous- e µ e tend tout processus de d¶gradation de la sant¶ dune entreprise, e e en visant µ mettre en ¶vidence non seulement des sympt^mes a e o annonciateurs dune prochaine d¶faillance, mais surtout les causes e op¶rationnelles ou strat¶giques r¶elles de cette d¶faillance et la e e e e structuration temporelle de ces causes. La dimension " pr¶vention e passive des faillites " prend alors le pas sur la simple dimension pr¶dictive. e - En¯n, elle tente µ pr¶sent de mettre en ¶vidence des trajectoires- a e e types de d¶faillance, dont la connaissance de la dynamique per- e mettrait en¯n de mettre r¶ellement et e±cacement en place des e strat¶gies actives de pr¶vention des faillites, permettant ainsi e e v¶ritablement la mise en oeuvre dune dimension de pr¶vention e e active des d¶faillances dentreprise". e 1 Cette recherche constitue le volet th¶orique et conceptuel dun projet de erecherche plus vaste, intitul¶ Approfondissement du concept de `R¶sultat ajout¶ e e een tant quindicateur de pr¶vention des d¶faillances dentreprises" et ¯nanc¶ par- e e etiellement par un subside de recherche octroy¶ par la Banque Nationale de Bel- egique. 1
  2. 2. A chacune de ces phases furent associ¶es une ou plusieurs m¶thodes e equantitatives particuliµres, dont l¶mergence alors r¶cente trouvait e e esouvent dans le domaine de la faillite dentreprise un champ dappli-cation fertile en donn¶es utilisables et potentiellement riche en en- eseignements pour des d¶cideurs avides d¶tayer leur prise de d¶cision e e epar une analyse rigoureuse dun ph¶nomµne hautement complexe. e eAux modµles essentiellement lin¶aires (discriminants ou logistiques) e ecaract¶ristiques de la dimension pr¶diction des faillites" ont ainsi e esucc¶d¶ des approches non ou moins lin¶aires (modµles factoriels en e e e ecomposantes principales ou en correspondances multiples, arbres declassi¯cation, ensembles °ous, . . .) davantage aptes a faire ¶merger µ edes facteurs strat¶giques ou organisationnels annonciateurs de fail- elite, en exploitant parfois lexpertise accumul¶e par des analystes ede cr¶dit con¯rm¶s (systµmes experts, systµmes daides a la d¶cision e e e e µ emulticritµres). Plus r¶cemment, la mise en oeuvre de techniques de e elogique °oue et de r¶seaux de neurones a en¯n permis, quoique en- ecore trµs partiellement, de faire ¶merger de v¶ritables trajectoires de e e ed¶faillance. e La pr¶sente contribution poursuit dµs lors 3 buts : e e 1. Elle dresse dabord un panorama structur¶ et critique de l¶tat e e de la recherche men¶e (tant dans les contextes anglo-saxons e que francophones) en matiµre de faillite dentreprise et met en e ¶vidence les multiples facettes de ce champ de recherche. e 2. Elle dresse ensuite un parallµle entre l¶mergence de chacune des e e 3 phases de cette recherche et le d¶veloppement dune ou de e quelques m¶thodes quantitatives particuliµres, montrant ainsi e e le r^le contingent jou¶ par ces m¶thodes quantitatives sur le o e e d¶veloppement de ce champ de recherche. Elle montre en cons¶quence e e comment cette recherche est pass¶e dµs lors progressivement e e dune optique de pr¶diction statique du risque de faillite em- e preinte du sceau dune saine gestion du risque de cr¶dit a une e µ optique plus dynamique, dabord r¶active puis proactive, de e pr¶vention de la d¶faillance dentreprise empreinte de la volont¶ e e e de g¶rer activement l¶volution strat¶gique de la vie de lentre- e e e prise. 3. Elle met en¯n en ¶vidence des pistes de d¶veloppement futures e e permettant de combler, µ tout le moins partiellement, les la- a cunes ou zones dombre encore laiss¶es par la recherche exis- e 2
  3. 3. tante, extr^mement marqu¶e par les facteurs contingents pe- e e sant sur les multiples chercheurs qui se sont attaqu¶s a cette e µ probl¶matique. Laccent y est mis sur la n¶cessit¶ dexploiter e e e mieux les outils existants ou didenti¯er de nouveaux outils quantitatifs aptes µ en¯n permettre la mise en oeuvre e®ec- a tive de politique de pr¶vention des faillite dµs que les premiers e e signes dune ¶volution dune entreprise vers une trajectoire de e d¶faillance type sont identi¯¶s : la focalisation de la recherche e e en matiµre de faillite dentreprise sur le sous-domaine de li- e denti¯cation de trajectoires types de d¶faillance est en e®et e aujourdhui devenu une n¶cessit¶, compte tenu a la fois des e e µ cons¶quences ¶conomiques, sociales et ¯nanciµres de toute fail- e e e lite et du contexte ¶conomique turbulent et di±cile dans lequel e ¶voluent lensemble des ¶conomies r¶gionales et nationales. e e e1 La faillite dentreprise, un champ de recherche aux multiples facettes Limportance ¶conomique et sociale du ph¶nomµne de la faillite e e edentreprise est en e®et reconnue depuis fort longtemps, tant dans lemonde anglo-saxon que dans le monde francophone, comme en attestepar exemple l¶tude historique men¶e par Marco (1984)[29]. e eCette importance, qui se mat¶rialise depuis le d¶but du XXµme siµcle e e e eet les travaux de Rosendale (1908)[36] par la publication de plusieurscentaines darticles scienti¯ques et la r¶alisation de contributions ou ede recherches non publi¶es encore plus nombreuses (Altman [3], 1984) e(Daubie & Meskens [18], 2001) (Guilhot [25], 2000) (Morris [32],1997), sexplique fondamentalement par deux ¶l¶ments distincts. eeDabord, la faillite dune entreprise signi¯e, au plan micro¶conomique, elarr^t des activit¶s ¶conomiques g¶n¶r¶es par la mise en commun e e e e eedun ensemble unique de ressources rares (humaines, techniques, im-mat¶rielles et ¯nanciµres), rassembl¶es, agenc¶es et coordonn¶es pen- e e e e edant une p¶riode de temps plus ou moins longue pour permettre eaµ lorganisation qui en d¶coule de remplir une fonction de concep- etion, de production et de distribution de biens et de services (r^le o¶conomique de lentit¶ entreprise " cr¶atrice de valeur ¶conomique).e e e eElle signi¯e aussi la ¯n dune aventure entrepreneuriale dans laquelle,g¶n¶ralement, un ou plusieurs entrepreneurs ont fortement investi leur e e 3
  4. 4. pouvoir dinnovation, dimagination et dorganisation de ressourcesrares (r^le entrepreneurial de lentit¶ entreprise ") et sans laque- o elle, dans une vision schump¶terienne du r^le de lentrepreneur, il est e oimpossible µ une ¶conomie desp¶rer survivre et se r¶g¶n¶rer. De ce a e e e e efait, la faillite dune entreprise engendre in¶vitablement un gaspillage e¶conomique de ressources rares (utilis¶es de maniµre non e±cientee e eavant la d¶claration juridique de faillite, voire non utilis¶es du tout e eaprµs cette d¶claration) et consacre une r¶duction, ne fut-ce que mar- e e eginale, du pouvoir dinnovation de l¶conomie en g¶n¶ral. e e eEnsuite, lentreprise est aussi assimilable, dans une conception d¶sormais eclassique (Robbins [35], 1990), a un systµme ouvert, ensemble coor- µ edonn¶ et organis¶ de parties interd¶pendantes actif au sein dun envi- e e eronnement en constante ¶volution avec lequel il interagit de maniµre e epermanente. Elle vit de ce fait en ¶troite relation avec les princi- epales composantes de cet environnement (fournisseurs, clients, con-currents, Pouvoirs Publics, fournisseurs de capitaux et de main doeu-vre) et la rupture de cette relation du fait de la faillite engendredµs lors in¶vitablement des cons¶quences indirectes sur le potentiel e e ede cr¶ation de valeur de ces composantes respectives, cons¶quences e edautant plus importantes que lintensit¶ de cette relation est forte2 . eLimpact ¶conomique, social et humain qui d¶coule, directement ou e eindirectement, de la faillite dune entreprise justi¯e donc largementlint¶r^t que nombre de chercheurs ont port¶ a la probl¶matique ee e µ eg¶n¶rale de la faillite dans le domaine global des sciences de ges- e etion et dans les domaines particuliers de la ¯nance, de la strat¶gie, ede la statistique appliqu¶e ou de l¶conomie industrielle au cours des e ederniµres d¶cennies. e eCette recherche nest cependant pas, loin de lµ, uniforme. La multi- aplicit¶ des origines des chercheurs impliqu¶s, leur appr¶hension l¶galiste e e e eou dynamique du concept m^me de la faillite, les deux approches qui een d¶coulent et langle d¶tude du ph¶nomµne de la faillite quils e e e eprivil¶gient conduisent in¶vitablement a peindre le portrait dune e e µrecherche aux multiples visages, riche dune multitude de lectures 2 Lintensit¶ de cette relation est elle-m^me le r¶sultat de la conjonction de e e enombreux facteurs contingents, parmi lesquels la taille de lentreprise (en termesdemplois directs g¶n¶r¶s ou en termes de chi®re da®aires r¶alis¶), la structure e ee e ede sa cha^ de valeur, son insertion dans les r¶seaux productifs et commerciaux ³ne elocaux ou son image en tant que levier de lactivit¶ ¶conomique dune r¶gion ne ee esont pas les moindres. 4
  5. 5. compl¶mentaires possibles3 . e1.1 Des chercheurs en provenance de quatre origines A lanalyse, il nous appara^ ainsi que quatre cat¶gories de chercheurs, ³t edevenus de facto µ la fois observateurs et acteurs du ph¶nomµne de a e ela faillite, ont consacr¶ une part substantielle ou marginale de leur eattention µ la d¶faillance de lentreprise. a eDabord, il y a les chercheurs issus du monde de la ¯nance de march¶ eou qui ont fait leurs les paradigmes propres a la ¯nance de march¶. µ eLentreprise y est alors consid¶r¶e comme un actif ¯nancier, dans eelequel il est possible dinvestir ou qui adresse au march¶ une de-emande de cr¶dit et dont il faut optimiser le couple risque - rende- ementqui lui est associ¶. Dans cette perspective, laccent est alors mis eessentiellement sur la gestion du risque de cr¶dit associ¶ a cette en- e eµtreprise (µ savoir donc le risque de n^tre tenu indemne que dune a epartie seulement de la cr¶ance d¶tenue sur lentreprise) et les outils et e em¶thodes d¶ploy¶s visent essentiellement a mettre en ¶vidence, aussi e e e µ et^t que possible, des signaux (essentiellement dorigine comptable oet/ou ¯nanciµre) annonciateurs dune d¶faillance potentielle. Lop- e etique gestion du risque de cr¶dit " domine clairement ce courant de ela recherche, qui g¶nµre encore actuellement la majorit¶ du °ux de e e erecherches publi¶es dans le champ de la faillite dentreprise. eEnsuite, il y a les chercheurs actifs dans des domaines de recherche aucaractµre quantitatif marqu¶. Chercheurs dans les champs de la statis- e etique appliqu¶e, de lanalyse des donn¶es, de la recherche op¶rationnelle e e eou de lanalyse math¶matique, ils trouvent dans l¶tude pr¶dictive e e edes faillites un domaine dapplication propice µ l¶laboration et µ la a e avalidation dapplications statistiques propres ou au test doutils sta-tistiques ou math¶matiques particuliers. Lampleur et la qualit¶ de e edonn¶es (notamment comptables) disponibles relativement ais¶ment, e eaµ moindre co^t et traitables selon un r¶f¶rentiel largement accept¶ u ee e(largement inspir¶ du champ de lanalyse ¯nanciµre ou de lanalyse e ede bilans) explique la pr¶sence dun grand nombre de recherches, epubli¶es et plus encore non publi¶es, privil¶giant lapplication dune e e e 3 A notre sens, un des principaux reproches a adresser a de trop nombreuses µ µrecherches publi¶es en matiµre de pr¶diction de faillite est leur absence de prise e e een compte des autres lectures possibles du problµme analys¶ et leur absence de e epositionnement clair dans le vaste champ de cette recherche sp¶cialis¶e. e e 5
  6. 6. technique ou dun outil statistique particulier et mettant en exerguesa capacit¶ a pr¶dire e®ectivement correctement, avec un d¶lai plus ou eµ e emoins long, des faillites in¶vitablement pass¶es e e 4 . De ce fait, la dimen-sion gestion du risque de cr¶dit" domine insidieusement ¶galement e ece courant de recherche.Les chercheurs issus du monde du droit ou des milieux juridiques ausens large (curateurs, juges consulaires, . . .) ont ¶galement fourni un enombre consid¶rable d¶tudes, forc¶ment domin¶es par la dimension e e e ejuridique de la faillite dune entreprise. G¶n¶ralement focalis¶es sur e e ele concept juridique m^me de la faillite et sur ses conditions dexis- etence l¶gales (µ savoir, dune maniµre quasi unanimement reconnue e a edans le monde anglo-saxon et francophone, labsence de liquidit¶ de elentreprise et l¶branlement de son cr¶dit et donc de sa solvabilit¶) e e eces contributions ont cherch¶ le plus souvent a mettre en ¶vidence, e µ eparfois a contrario, les conditions µ remplir pour permettre un re- adressement de lentreprise respectueux a la fois des droits de tous ses µcr¶anciers et des int¶r^ts, multiples et souvent divergents, des autres e eeacteurs de son environnement (essentiellement son personnel, maisaussi ses clients, ses partenaires commerciaux ou industriels et lesPouvoirs Publics au sens large). De ce fait, la dimension gestiondu risque juridique" et, plus encore, les dimensions redressement delentreprise" et pr¶vention de la d¶faillance" dominent ce courant de e erecherche.En¯n, les chercheurs issus du champ de la strat¶gie dentreprise, de ela th¶orie des organisations et de la ¯nance dentreprise ont port¶ leur e eattention sur les motivations et les causes, strat¶giques, op¶rationnelles e eou organisationnelles, a lorigine m^me de la d¶faillance. Ils met- µ e etent alors souvent laccent dabord sur la dynamique et lagencementde ces causes profondes et entrouvrent ensuite la voie µ lidenti¯- acation de trajectoires de d¶faillance" types, jalonn¶es d¶tapes au e e etravers desquelles les entreprises en di±cult¶ passeraient et suscepti- ebles dactions correctrices sp¶ci¯ques permettant in ¯ne de pr¶venir et e edemp^cher la d¶faillance ultime de lentreprise. De ce fait, les dimen- e esions redressement de lentreprise" et pr¶vention de la d¶faillance" e edominent elles aussi ce courant de la recherche5 . 4 Pour une pr¶sentation exhaustive des recherches r¶alis¶es dans ce domaine, e e evoir par exemple Dimitras e.a. (1995) ou Zopounidis (1998). 5 Pour une synthµse int¶ressante des r¶sultats de ce type de recherches, voir e e eSheppard (1994). 6
  7. 7. 1.2 Une conception l¶galiste de la faillite et une con- e ception dynamique de la d¶faillance eDeux approches di®¶rentes du concept m^me de faillite ¶mergent e e edonc implicitement, et assez logiquement, de ces quatre courants derecherche.Dune part, nous trouvons les auteurs qui d¶¯nissent le concept de efaillite" sur base de sa seule d¶¯nition l¶gale, faisant de lappari- e etion conjointe des deux ¶l¶ments pris en compte par la plupart des eel¶gislateurs nationaux pour d¶¯nir la faillite l¶gale dune entreprise e e e(µ savoir donc son absence de liquidit¶ et l¶branlement de son cr¶dit) a e e ela condition qui permet de distinguer les entreprises faillies des entre-prises non faillies. Ainsi, Beaver (1966) [9], dans un article consid¶r¶ eecomme a la source m^me du °ux ¶lev¶ de recherches consacr¶es a la µ e e e e µpr¶diction des faillites au cours des 3 derniµres d¶cennies, d¶¯nit la e e e efaillite comme r¶sultant de lincapacit¶ dune entreprise µ faire face e e aaµ ses engagements ¯nanciers une fois ceux-ci arriv¶s a maturit¶. Plus e µ eprosaÄ ³quement, de nombreux autres auteurs considµrent que la faillite esurvient simplement lorsque lentreprise introduit auprµs des juridic- etions comp¶tentes le document l¶gal qui ouvre la voie soit a leur e e µliquidation, soit a leur r¶organisation (Collongues [12], 1977 ; Ta²er µ e[39], 1982 ; Bryant [11], 1997 ; Gilbert, Menon et Schwartz [?], 1990).La faillite de lentreprise est alors d¶¯nie sur base de sa conformit¶, e eaµ un instant donn¶, avec les critµres purement l¶gaux retenus par e e eles di®¶rents l¶gislateurs pour d¶terminer lexistence ou non dune e e esituation de faillite l¶gale" dune entreprise. eDautre part, nous trouvons les auteurs qui considµrent l¶tat de e efaillite dune entreprise comme r¶sultant dun processus progressif ede d¶faillance ¶conomique (Argenti [8], 1977) (Koenig [26], 1985) e e(Ooghe, Van Wymeersch [34], 1996), plus ou moins long selon les caset caract¶ris¶ par le fait que, durant tout son d¶roulement, lentreprise e e e(alors appel¶e entreprise en cours ou en voie de d¶faillance") se voit e edans lincapacit¶ de rencontrer de maniµre r¶guliµre les exigences (en e e e etermes de cr¶ation de valeur, de rentabilit¶, de service de la dette, . . .) e eformul¶es a son encontre par les divers acteurs de son environnement. e µLa faillite de lentreprise ne constitue de ce fait que laboutissementultime dun processus de d¶faillance progressif (parfois aussi r¶f¶renc¶ e ee esous le terme spirale de la faillite ou de la d¶faillance") dont il est epossible de sortir moyennant la prise de mesures de gestion correctri- 7
  8. 8. ces judicieuses et elle ne constitue de ce fait que le point ultime dunprocessus de d¶faillance ¶conomique. e e1.3 Entre pr¶diction et pr¶vention : deux angles d¶tudes e e e di®¶rents . . . e Ces deux approches di®¶rentes du concept m^me de faillite ex- e epliquent dµs lors quasi naturellement les deux angles d¶tudes tradi- e etionnellement pr¶sents dans la litt¶rature et permettent dexpliquer e eles raisons pour lesquelles des recherches sont consacr¶es tant^t µ la e o apr¶diction des faillites, tant^t µ leur pr¶vention. e o a eEn e®et, les recherches consacr¶es a la pr¶diction des faillites re- e µ eposent trµs largement sur une d¶¯nition purement l¶gale du con- e e ecept de faillite. Elles visent alors µ identi¯er, sur base dun cer- atain nombre de donn¶es (essentiellement de nature comptable ou e¯nanciµre), des signaux dont lapparition est lindice dune proba- eble prochaine d¶faillance. Bas¶es sur lanalyse statistique compar¶e e e ed¶chantillons (le plus souvent pair¶s6 ) dentreprises faillies et non e efaillies, ces recherches se fondent dµs lors logiquement sur lexamen eex post dun certain nombre de donn¶es et mettent laccent sur li- edenti¯cation des sympt^mes de faillite qui sont les facteurs les plus oapparents des di±cult¶s dune entreprise. Morris (1997) [32] souligne edµs lors que les modµles tendent ainsi a identi¯er le plus petit com- e e µmun d¶nominateur qui lie des entreprises faillies (tels que de faibles eniveaux de pro¯t, un haut degr¶ dendettement ou la taille relative- ement peu ¶lev¶e de la plupart des entreprises faillies), se focalisant e eainsi sur les sympt^mes plut^t que sur les v¶ritables causes sous- o o ejacentes de la d¶faillance. eQuant aux recherches consacr¶es a la pr¶vention des d¶faillances, elles e µ e esattachent par contre µ mettre en ¶vidence les causes profondes de a ela faillite, µ savoir les v¶ritables raisons de l¶chec dune entreprise a e e(Daubie, Meskens [18], 2001) qui permettront, si les facteurs qui con-ditionnent leur apparition sont d¶tect¶s su±samment t^t et si leur e e odynamique est comprise et ma^ ee, de mener a des mesures correc- ³tris¶ µ 6 Le fait de construire des ¶chantillons associant, sur base de critµres souvent e eobjectifs, des entreprises faillites et des entreprises non faillies semblables conduiten fait µ sur-repr¶senter dans les bases de donn¶es ainsi constitu¶es les entreprises a e e efaillies, qui, ¶conomiquement et selon les contextes nationaux ou temporels, ne erepr¶sentent en fait quun maximum de 10 % du tissu ¶conomique consid¶r¶. e e ee 8
  9. 9. trices e±caces permettant cette fois demp^cher la faillite. e1.4 . . .et quatre types dapproches di®¶rentes e La prise en compte de loptique pr¶dictive ou pr¶ventive adopt¶e e e epar les di®¶rents chercheurs en la matiµre et lexamen de la nature e edes analyses men¶es par ces chercheurs conduit en¯n Guilhot (2000) e[25] a consid¶rer que quatre approches de la d¶faillance dentreprise µ e ecoexistent actuellement.Il y a dabord les approches ¶conomiques, qui sattachent µ l¶tude e a edes facteurs ¶conomiques qui a®ectent lexistence de lentreprise, avec eun accent mis notamment sur le ph¶nomµne des crises7 et des cycles8 . e eIl y a ensuite les approches ¯nanciµres, qui examinent les facteurs a e µlorigine de la disparition de lentreprise et formulent lhypothµse im- eplicite que les causes dune faillite potentielle se trouvent in¶vitablement ere°¶t¶es, dans un d¶lai plus ou moins long, dans ses ¶tats ¯nanciers : ee e eune interpr¶tation correcte de ces derniers permet alors soit de d¶tecter e ele risque de faillite, soit didenti¯er des signaux caract¶ristiques dune e¶volution µ lint¶rieur dune spirale de d¶faillance.e a e eIl y a encore les approches strat¶giques, qui sattachent µ lanalyse e ades facteurs qui permettent de situer lentreprise par rapport µ son aenvironnement, avec un accent particulier plac¶ sur lanalyse de len- evironnement de la ¯rme (et notamment lanalyse de son secteur) etsur lanalyse concurrentielle.Il y a en¯n les approches organisationnelles et manag¶riales, focalis¶es e esur une vision entrepreneuriale de lentreprise et qui mettent quantaµ elles laccent sur le r^le du management ou de lentrepreneur par orapport µ la faillite dune entreprise, en consid¶rant surtout les car- a eact¶ristiques personnelles du chef dentreprise, sa personnalit¶, ses e ecomp¶tences et son exp¶rience. e eIn ¯ne, ces approches d¶bouchent sur la mise en ¶vidence dun trµs e e egrand nombre dindicateurs annonciateurs, a une ¶ch¶ance plus ou µ e e 7 Inspir¶es de la th¶orie des catastrophes ou du chaos", ces recherches con- e esidµrent que la faillite dune entreprise nest jamais que le r¶sultat dun ¶v¶nement e e e eimpr¶visible ou impromptu dont les e®ets conduisent a la disparition de lentre- e µprise en raison de l¶tat d¶jµ d¶stabilis¶ du systµme entreprise". e ea e e e 8 La nature du cycle conjoncturel ou structurel dans lequel lentreprise estamen¶e µ ¶voluer d¶termine alors sa capacit¶ µ r¶agir, plus ou moins e±cacement, e ae e ea eaux ¶volutions brutales de son environnement. e 9
  10. 10. moins proche, dune ¶ventuelle d¶faillance de lentreprise. Le suivi e er¶gulier de ces indicateurs permet alors de d¶tecter lapparition de e esignaux dalarme, qui permettent µ leur tour soit de pr¶dire la prob- a eable faillite prochaine de lentreprise, soit de mettre en oeuvre desm¶canismes de pr¶vention de la d¶faillance en r¶action a lappari- e e e e µtion de ces signaux, ce qui explique la pr¶sence de ces 4 approches eaµ la fois parmi les ¶tudes qui privil¶gient langle de la pr¶diction des e e efaillites (optique essentiellement ¯nanciµre de gestion dun risque de ecr¶dit) et parmi celles qui privil¶gient langle de la pr¶vention des e e ed¶faillances (optique essentiellement manag¶riale de gestion du re- e edressement dune entreprise).Toutefois, leur int¶gration dans une v¶ritable strat¶gie coh¶rente et e e e estructur¶e de pr¶vention proactive de la d¶faillance dune entreprise, e e einscrite le plus souvent dans une politique macro¶conomique plus evaste de r¶duction du nombre de faillites dentreprise et tellement esouhaitable compte tenu des cons¶quences dramatiques de toute d¶faillance e ed¶crites ci-avant, implique pr¶alablement de comprendre la dynamique e eet les interrelations qui se nouent entre ces facteurs ; or, µ ce jour, trµs a epeu de recherches envisagent cette approche particuliµre. e2 L¶volution des m¶thodes quantitatives, fac- e e teur contingent de l¶volution de la recherche e en matiµre de faillite dentreprise e Ayant ainsi dress¶ le portrait g¶n¶ral de la recherche en matiµre e e e ede faillite dentreprise, interrogeons-nous µ pr¶sent sur les ¶l¶ments a e eecontingents qui ont contribu¶ au d¶veloppement tout particulier de e ece champ de recherche.Fondamentalement, deux facteurs expliquent µ nos yeux essentielle- ament l¶volution et le nombre des contributions consacr¶es a ce do- e e µmaine de recherche.Dabord, il y a le d¶veloppement de la qualit¶ et du volume des e edonn¶es disponibles, µ savoir essentiellement des ¶tats ¯nanciers tenus e a eselon des rµgles comptables r¶glement¶es et strictes dans la plupart e e edes pays industrialis¶s et n¶cessairement ¶tablis par des entreprises e e edont la taille a sans cesse ¶t¶ revue a la baisse selon des exigences du- ee µniformit¶ de forme, de publicit¶ et de tenue de plus en plus s¶vµres, e e e e 10
  11. 11. ce qui en rend a la fois la disponibilit¶ de plus en plus ais¶e, la µ e equalit¶ de plus en plus uniforme et la comparabilit¶ de plus en plus e e¶lev¶e. Par ailleurs, au delµ de ces seules donn¶es ¯nanciµres, il y ae e a e ele d¶veloppement dapproches de recherches plus organisationnelles eet qualitatives, bas¶es sur lobservation compar¶e de cas r¶els et e e ed¶bouchant sur lobtention de donn¶es qualitatives qui viennent compl¶ter e e eet enrichir les bases de donn¶es essentiellement ¯nanciµres utilis¶es e e ele plus fr¶quemment par les chercheurs en ce domaine. Lanalyse ed¶taill¶e des contours de ce facteur contingent et des ¶l¶ments qui e e eeen conditionnent l¶volution m¶riterait µ elle seule une contribution e e asp¶ci¯que, raison pour laquelle nous ne labordons pas davantage ici. eEnsuite, il y a le d¶veloppement des outils de traitement de ces edonn¶es, quil sagisse des capacit¶s de traitement informatique des e edonn¶es ou, plus encore, des outils statistiques danalyse de donn¶es e ed¶velopp¶s initialement par des chercheurs sp¶cialis¶s dans le champ e e e ede la statistique et qui ont trouv¶ dans le champ de la faillite den- etreprise un terreau riche en donn¶es et concret dans lequel tester et eappliquer des techniques toujours plus sophistiqu¶es. e2.1 Lanalyse univari¶e de ratios ¯nanciers et la mise e en ¶vidence du m¶canisme fondamental µ la base e e a de toute faillite Historiquement (Rosendale [36], 1908) (Fitz Patrick [23], 1932),les premiµres ¶tudes consacr¶es a la probl¶matique de la faillite den- e e e µ etreprise partent de lanalyse statistique simple de quelques indicateurs¯nanciers, parfois exprim¶s sous la forme de ratios, et dont les valeurs eet le comportement sont ¶tudi¶s tour µ tour, le plus g¶n¶ralement dans e e a e eune perspective d¶volution temporelle et sur base des valeurs quils ea±chent pour un nombre limit¶ dentreprises faillies et non faillies. eDes tests d¶galit¶ de moyenne et des tests d¶galit¶ de dispersion e e e esont alors calcul¶s, manuellement et sur base dun nombre trµs limit¶ e e ede donn¶es. eDµs 1966 et gr^ce aux travaux essentiels de Beaver, cette approche e ad¶bouche sur la mise en ¶vidence dun modµle, dit le modµle du e e e er¶servoir de °ux", qui d¶compose la m¶canique et la dynamique des e e e°ux ¯nanciers qui conduisent une entreprise a la faillite. µCe modµle, qui sous-tend implicitement lensemble des travaux publi¶s e epar la suite et bas¶s sur lanalyse de donn¶es essentiellement ¯nanciµres, e e e 11
  12. 12. assimile simplement lentreprise a un r¶servoir de °ux ¯nanciers. Lors µ ede sa cr¶ation, ce r¶servoir est aliment¶ par les fonds propres (le cap- e e eital social essentiellement) mis a la disposition de lentreprise par µses actionnaires et par les fonds (les dettes) mis µ sa disposition par adivers pr^teurs, essentiellement bancaires. En p¶riode dactivit¶ d- e e eexploitation, ce r¶servoir est ensuite vid¶ progressivement sous l- e ee®et des versements (sorties de fonds) faits par lentreprise pouracqu¶rir (achats de marchandises, achats de services ou bien divers, e. . .) ou pour r¶mun¶rer r¶ellement lensemble des facteurs de produc- e e etion internes (ressources humaines, outils de production) ou externes(ressources ¯nanciµres) quelle utile. Simultan¶ment, il est rempli par e elarriv¶e des °ux de fonds (entr¶es de fonds) vers¶s par les clients de e e elentreprise.Selon ce modµle, domin¶ par la dimension °ux de fonds" et donc e efocalis¶ sur la dimension gestion de la tr¶sorerie de lentreprise"9 , e ela faillite juridique dune entreprise survient lorsque le r¶servoir de efonds de lentreprise est ¶puis¶ et la d¶faillance de cette entreprise e e esamorce dµs que la vitesse avec laquelle le r¶servoir se vide est plus e eimportante que la vitesse avec laquelle il se remplit. Mais au delµ deacette simple dynamique de °ux ¯nanciers, ce modµle napporte aucun eenseignement quant aux causes, ¯nanciµres ou organisationnelles, ou equant µ lagencement des causes qui conduisent a ce d¶s¶quilibre de a µ eetr¶sorerie. eEn fait, Beaver lie la taille de ce r¶servoir de fonds µ la proba- e abilit¶ du risque de d¶faillance dune entreprise : la faillite peut en e ee®et provenir soit dun r¶servoir ¶puis¶ (par manque de cash-°ows e e eou par suite dune di®¶rence de vitesse entre le taux de remplis- esage du r¶servoir li¶ au niveau des activit¶s et le taux de vidange e e edu r¶servoir, li¶ quant µ lui aux d¶penses dinvestissement et aux e e a ed¶penses dexploitation courantes), soit dun r¶servoir mal dimen- e esionn¶ a lorigine de lentreprise (en raison de la sous-capitalisation de eµlentreprise). A la base, Beaver s¶lectionne un ensemble de 30 ratios, eregroup¶s en six groupes (ratios de cash-°ows, ratios li¶s aux revenus e enets g¶n¶r¶s par lentreprise, ratios de solvabilit¶, ratios de liquidit¶, e ee e eratios d¶quilibre ¯nancier et ratios de rotation des activit¶s), et, se e e 9 Cette dimension est dailleurs la seule prise en compte par le l¶gislateur elorsquil d¶¯nit la faillite dune entreprise comme r¶sultant de son incapacit¶ a e e e µfaire face µ ses engagements de tr¶sorerie de court terme - crise de liquidit¶ - et de a e eson incapacit¶ µ g¶n¶rer des rentr¶es de fonds additionnelles - crise de solvabilit¶. ea e e e e 12
  13. 13. basant sur l¶volution de leur valeur moyenne durant une p¶riode de e ecinq ans avant la faillite, il conclut a leur d¶gradation croissante au µ efur et µ mesure que lann¶e de la faillite se rapproche. Il arrive ainsi a eaµ la conclusion que les entreprises faillies g¶nµrent des cash-°ows et e edes liquidit¶s moindres que les entreprises en activit¶ au cours des e e5 ann¶es pr¶c¶dents la faillite et met en lumiµre le pouvoir pr¶dictif e e e e e¶lev¶ des ratios Cash-Flows / Dettes totales" et R¶sultat net / Actife e etotal", ouvrant ainsi une premiµre voie vers lidenti¯cation potentielle ede trajectoires de d¶faillance" et soulignant ainsi que, au plan pure- ement ¯nancier, la faillite dune entreprise est laboutissement dunprocessus caract¶ris¶ par une insu±sance de rentabilit¶ qui, coupl¶e e e e eaµ une solvabilit¶ d¶t¶rior¶e, engendre une crise de liquidit¶ fatale µ e ee e e alentreprise.Mais ce type dapproche unidimensionnelle, de par sa conceptionm^me, ne permet pas davoir une vision globale et transversale des edi®¶rents facteurs explicatifs susceptibles dannoncer lapparition dun eprocessus de d¶faillance, ni davoir une vision claire des interrelations eentre ces facteurs. Doµ l¶mergence assez rapide, dans la foul¶e des u e etravaux de Beaver (1966) [9], dapproches multidimensionnelles sup-pos¶es lever cette limite m¶thodologique. e e2.2 Lanalyse ¯nanciµre et la mise en ¶vidence de sympt^mes e e o ¯nanciers par des m¶thodes lin¶aires e e Selon Dambolena et Shulman (1988) [17], deux types d¶tudes ese d¶gagent ensuite du courant de recherche focalis¶ sur lanalyse e e¯nanciµre des entreprises faillies qui se d¶veloppe dµs la ¯n des ann¶es e e e e60 et la parution de la trµs c¶lµbre contribution de Altman (1968) e ee[2].Dune part, il y a les ¶tudes qui tentent didenti¯er des ratios ¯- enanciers pertinents, g¶n¶ralement regroup¶s en 4 familles (ratios de e e eliquidit¶, de solvabilit¶, de pro¯tabilit¶ et de±cience, allant ainsi des e e eindicateurs les plus symptomatiques a court terme aux indicateurs µles plus fondamentaux µ long terme (Ooghe, Van Wymeersch [34], a1996)), et qui pourraient permettre de pr¶dire la faillite a un hori- e µzon de temps d¶termin¶, moyennant lutilisation doutils statistiques e eou math¶matiques ad¶quats (voir par exemple les ¶tudes typiques de e e eBeaver (1966) [9], Altman (1968) [2], Wilcox (1971) [42], Collongues(1977) [12] et Dambolena et Khoury (1980) [16]). Les modµles de e 13
  14. 14. pr¶diction de faillites qui r¶sultent de ce courant de recherche utilisent e ealors une multitude de m¶thodes µ pr¶sent multivari¶es, dont les e a e eplus r¶pandues sont indubitablement lanalyse discriminante, les tech- eniques de r¶gression lin¶aire, les technique de r¶gression logistique, les e e ealgorithmes de partitionnement r¶cursif, les analyses de survie ou les esystµmes-experts ou les systµmes daides a la d¶cision, µ base parfois e e µ e aplus qualitative.Toutefois, lutilisation de ces m¶thodes et la pertinence des enseigne- ements sur lesquels elles d¶bouchent font alors fr¶quemment lobjet de e equerelles de chercheurs, en raison notamment du fait que nombre deces m¶thodes sont appliqu¶es et mises en oeuvre sans syst¶matiquement e e ev¶ri¯er avec tout le s¶rieux voulu leur applicabilit¶ statistique : Eisen- e e ebeis (1977) [22] souligne ainsi tout particuliµrement sept limites inh¶rentes e eµ lutilisation de lanalyse discriminante, µ savoir des contraintesa aou des limites de multi-normalit¶ de la distribution des variables, ed¶galit¶ dans la dispersion des groupes de r¶f¶rence utilis¶s, din- e e ee eterpr¶tation et de signi¯cation de variables a la multicolin¶arit¶ sou- e µ e event ¶lev¶e, de r¶duction de la dimension initiale du problµme pos¶, e e e e ede d¶¯nitions des groupes de r¶f¶rence, de choix des probabilit¶s µ e ee e apriori et destimation des taux derreurs de classi¯cations. Des ques-tions telles que la normalit¶ de la distribution des variables utilis¶es, e ela nature des corrections µ apporter pour traiter de maniµre e±ciente a ela pr¶sence de donn¶es exceptionnelles ( outliers "), la pertinence e ede la constitution d¶chantillons pair¶s, . . .donnent aussi lieu a une e e µmultitude de remises en cause et de r¶ponses parfois virulentes, qui evont jeter temporairement le discr¶dit sur un pan de recherche alors een pleine expansion.Dautre part, il y a les recherches, telles que celles de Beaver (1968)[10] ou de Aharony, Jones et Swary (1980) [1], qui se fondent surlanalyse du comportement des titres des entreprises cot¶es a¯n den epr¶dire la d¶faillance ¶ventuelle, se basant ainsi sur le paradigme e e ede march¶s parfaitement e±cients dont les acteurs sont capables edint¶grer dans leur appr¶ciation des titres dune entreprise toute lin- e eformation disponible relative µ cette entreprise. a 14
  15. 15. 2.2.1 Lanalyse du comportement de ratios ¯nanciers per- tinents Peu aprµs la contribution fondamentale de Beaver (1966) [9], une eautre ¶tude capitale appara^ celle de Altman (1968) [2]. Cet auteur e ³t,est en fait le premier a proc¶der µ une analyse multivari¶e (bas¶e µ e a e esur le recours a une analyse discriminante) dune batterie de ratios µ¯nanciers reconnus par la litt¶rature comme pertinents pour juger ede la performance ¯nanciµre dune entreprise ; cette approche, qui ese distingue de lapproche de Beaver non seulement pas son aspectmultivari¶ mais aussi par le fait quelle ne prend pas en compte ex- eplicitement la dynamique du processus de d¶gradation progressive de ela sant¶ ¯nanciµre de lentreprise, a le m¶rite de grouper cinq indi- e e ecateurs ¯nanciers cl¶s dans une fonction lin¶aire simple dutilisation e e(notamment dans une perspective d¶valuation du risque de cr¶dit) e eet d¶tablir une pond¶ration de ces indicateurs en fonction de leur e epouvoir discriminant.Le modµle de Altman, plusieurs fois r¶vis¶ par la suite (Altman [5], e e e1983), a±che dembl¶e dexcellentes capacit¶s de pr¶diction d¶jµ deux e e e eaans avant la d¶faillance et savµrera par la suite dune extraordinaire e erobustesse au ¯l des ans et dans de multiples contextes ¶conomiques eou ¯nanciers (Altman [3], 1984), devenant ainsi une r¶f¶rence essen- eetielle ou un point de comparaison incontournable de toute recherchemultivari¶e portant sur la pr¶diction des faillites. e eCe modµle se pr¶sente, dans sa forme la plus g¶n¶rale, comme suit : e e e e Z = 0:012X1 + 0:014X2 + 0:033X3 + 0:006X4 + 0:999X5 fond de roulement netavec X1 = actif total r¶serves e X2 = actif total r¶sultat avant charges ¯nanciµres et imp^ts e e o X3 = actif total valeur de march¶ des fonds propres e X4 = valeur comptable des dettes totales ventes X5 = actif total Z = Score discriminantChaque entreprise se voit donc attribuer une valeur Z, score pond¶r¶ eefonction de la valeur prise par ces cinq indicateurs ¯nanciers, et estclass¶e dans le groupe des entreprises en faillite ou en activit¶ en e e 15
  16. 16. fonction dun seuil critique d¶¯ni sur base de lanalyse du comporte- ement de ce score Z au sein dun ¶chantillon repr¶sentatif dentreprises e efaillies appari¶ a un ¶chantillon dentreprises saines. eµ eAu plan ¯nancier, ce modµle sanctionne lapparition conjointe dun efonds de roulement insu±sant par rapport au volume de lactif, ladi±cult¶ dauto¯nancement pass¶e de lentreprise, la faiblesse de sa e erentabilit¶ ¶conomique, une solvabilit¶ r¶duite (appr¶ci¶e par le bi- e e e e e eais dune valeur de march¶ des fonds propres) et une rotation trop efaible de lactif (donc un niveau dactivit¶ insu±sant par rapport aux emoyens d¶gag¶s par lentreprise pour ¯nancer ses op¶rations) ; au- e e ecune indication claire nen ¶merge toutefois quant µ lencha^ e a ³nementdes ¶l¶ments ¯nanciers susceptibles de conduire une entreprise µ la ee afaillite.A la suite des travaux de Altman, une multitude de fonctions multi-vari¶es, discriminantes ou non, viennent enrichir la litt¶rature. e eNous avons choisi den retenir quatre, qui toutes pr¶sentent µ nos yeux e aune innovation m¶thodologique ou conceptuelle majeure par rapport eau modµle initial de Altman : e - En 1971, Wilcox ¶labore un modµle stochastique, calqu¶ sur le e e e modµle de Beaver, mais qui semble donner de meilleurs r¶sultats e e de pr¶diction quatre ans avant la faillite. Son modµle part de e e lid¶e quune entreprise peut se situer dans di®¶rents ¶tats qui e e e repr¶sentent chacun un niveau de bien-^tre ¯nancier. La for- e e mule suivante permet alors de calculer la probabilit¶ quune e entreprise ¯nisse dans un ¶tat de d¶faillance : e e ½ 1 sip ∙ q P (Faillite ultime) = q p( p )N autrement N = les ¶tats, estim¶s sur base e e dune position de tr¶sorerie ajust¶e /¾ e e ¾ = la taille estim¶e de lintervalle entre les ¶tats e e avec adjacents en termes de tr¶sorerie e q = la probabilit¶ de passer a N ¡ 1, l¶tat pr¶c¶dent e µ e e e p = la probabilit¶ de passer a N + 1, l¶tat suivant e µ e p + q = 1. Ce modµle fait donc le postulat explicite que la d¶faillance dune e e entreprise r¶sulte dun processus progressif, caract¶ris¶ par un e e e certain nombre d¶tats interm¶diaires caract¶ristiques en ter- e e e 16
  17. 17. mes de tr¶sorerie (doµ une conception du ph¶nomµne de la e u e e faillite r¶duite a une simple dimension de crise de liquidit¶s) e µ e par lesquels lentreprise en voie de d¶faillance (ou, a contrario, e en cours de redressement) va in¶vitablement passer. e- En 1972, Edmister (1972) [21] ¶labore ¶galement une fonction e e discriminante, form¶e par la combinaison de sept ratios : e N4 = 9:5¡4:23X1 ¡2:93X2 ¡4:82X3 +2:77X4 ¡4:52X5 ¡3:52X6 ¡9:24X7 avec ½ cash-°ow 1 si dettes a court terme µ < 0:05 X1 = 0 sinon ½ fonds propres 1 si chi®re da®aires < 0:07 X2 = 0 sinon 8 fonds de roulement net > 1 < si ventes divis¶ par la e X3 = moyenne sectorielle est < ¡0:02 > : 0 sinon 8 dettes a court terme µ > 1 < si fonds propres divis¶ par la e X4 = moyenne sectorielle est < 0:48 > : 0 sinon 8 stocks > 1 < si ventes divis¶ par la moyenne sectorielle e X5 = a un trend ascendant et est < 0:04 > : 0 sinon 8 r¶alisable et disponible e > 1 > si divis¶ par la e > > dettes a court terme µ < moyenne sectorielle a un trend ascendant X6 = > > > > et est < 0:34 : 0 sinon 8 r¶alisable et disponible e > 1 < si dettes a court terme µ divis¶ par la moyenne e X7 = sectorielle a un trend ascendant > : 0 sinon Loriginalit¶ de son approche r¶side dune part dans le fait e e quil utilise pour la premiµre fois des variables explicatives sec- e ondaires prenant une forme dichotomique en fonction du fait que les variables explicatives primaires qui y sont associ¶es fran- e chissent certains seuils sp¶ci¯ques, dautre part dans la prise en e compte explicite, dans la d¶¯nition de ces seuils, de comporte- e 17
  18. 18. ments propres au secteur dactivit¶ des entreprises ¶tudi¶es, re- e e e connaissant de ce fait implicitement limportance des facteurs structurels et conjoncturels (en loccurrence, en lespµce, le com- e portement moyen au sein du secteur) en tant que facteurs ex- plicatifs du risque de faillite dune entreprise. - En 1977, Collongues ¶labore deux fonctions discriminantes, con- e struites dans un contexte dhyper-in°ation rendu hautement in- stable en raison des chocs p¶troliers du d¶but des ann¶es 70. e e e Ces deux fonctions lin¶aires sont d¶¯nies comme ceci : e e Z= 4:9830X1 + 60:0366X2 Z= 4:6159X4 ¡ 22:0000X5 ¡11:8348X3 ¡1:9623X6 avec avec frais de personnel frais de personnel X1 = valeur ajout¶e e X4 = valeur ajout¶e e frais ¯nanciers r¶sultat dexploitation e X2 = chi®re da®aires hors taxes X5 = chi®re da®aires hors taxes fonds de roulement net fonds de roulement net X3 = total du bilan X6 = stocks Au plan ¯nancier, elles font appara^ ³tre pour la premiµre fois e limportance accord¶e au volume de valeur ajout¶e g¶n¶r¶ par e e e ee lentreprise et a la part qui en est attribu¶e au facteur de pro- µ e duction le plus rigide, a savoir le personnel, lorsque lentreprise µ traverse une p¶riode dincertitude conjoncturelle caract¶ris¶e e e e par une grande volatilit¶ de son environnement. e - En¯n, en 1980, Dambolena et Khoury d¶veloppent un modµle e e dont la caract¶ristique principale est son int¶gration explicite de e e la stabilit¶ au ¯l des ans des ratios ¯nanciers ¶tudi¶s (par le biais e e e de la prise en compte de l¶cart type des ratios sur la p¶riode de e e temps ¶tudi¶e, mesure qui savµre par ailleurs ^tre la meilleure e e e e mesure possible de cette stabilit¶). Il ressort de leur ¶tude quil e e existe une instabilit¶ assez importante du comportement des e ratios ¶tudi¶s, qui saccro^ au fur et µ mesure que le moment e e ³t a de la faillite se rapproche.Au vu de ces diverses ¶tudes, il semble donc bien quune analyse e¯nanciµre a base de plusieurs ratios pertinents permette de pr¶dire e µ ela faillite dune entreprise dans un d¶lai de un a cinq ans avant la e µd¶faillance. eToutefois, la mise en oeuvre dune telle approche se heurte µ plusieurs afacteurs µ caractµre m¶thodologique qui en limitent la port¶e : a e e e 18
  19. 19. Ainsi, Eisenbeis (1976) [22] souligne que, si les ratios ¯nanciers sem-blent ^tre de bons moyens de pr¶diction ex post, ils ne peuvent e e^tre justement calcul¶s qua posteriori et donc ce nest quune foise elentreprise faillie que lanalyste, dans cette optique, peut identi¯erles causes de la d¶faillance en examinant les changements survenus edans la valeur des ratios ¯nanciers de lentreprise. En fait, commele concµde Altman, la question nest pas tant de savoir si une entre- eprise va tomber en faillite parce quelle pr¶sente une valeur donn¶e e epour certains ratios ¯nanciers caract¶ristiques, mais si ces sympt^mes e osont semblables µ ceux dautres entreprises qui, dans le pass¶, ont a econtinu¶ a voir leur sant¶ ¯nanciµre se d¶t¶riorer pour ¯nalement e µ e e eeaboutir µ la faillite : en ce sens, les ratios ¯nanciers ne permettent apas v¶ritablement didenti¯er les causes de la faillite mais ils peuvent epermettre de mesurer l¶tendue de la mauvaise performance dune eentreprise.Dautre part, les ratios doivent ^tre compar¶s a un standard, sans quoi e e µleur analyse nest pas signi¯cative, mais la question de la d¶termination ede ce standard reste pos¶e.eEn¯n, les ratios mµnent µ une analyse statique, puisque calcul¶s sur e a eune p¶riode ¯xe, alors que la faillite appara^ clairement comme le e ³tr¶sultat dun processus dynamique. e2.2.2 Lanalyse du comportement des titres des entreprises faillies Beaver (1968) est aussi un des premiers chercheurs a utiliser les µdonn¶es de march¶ pour pr¶dire la faillite dune entreprise : alors e e equen 1966, sa premiµre recherche ¶tait destin¶e a analyser la capacit¶ e e e µ epr¶dictive, dans une perspective de d¶tection de faillite, dune s¶rie e e ede ratios ¯nanciers, en 1968, il montre que la variation du prix demarch¶ de laction dune entreprise permet ¶galement de pr¶dire la e e efaillite.En fait, constate-t-il, ces deux moyens de pr¶diction sont li¶s puisque e eles investisseurs utilisent de facto les ratios ¯nanciers pour appr¶cier ele degr¶ de solvabilit¶ dune entreprise et que les modi¯cations de e eprix des actions traduisent le fait que les investisseurs ¶tayent leur ejugement sur base de ces ratios, incorporant de ce fait dans les prix dumarch¶ linformation contenue dans la valeur du ratio. Concrµtement, e eBeaver analyse le lien entre le prix du march¶ et la valeur de certains e 19
  20. 20. ratios ¯nanciers au moyen dune analyse s¶rielle, dont lobjet est de ed¶terminer le d¶lai avec lequel des investisseurs, comparativement e eaµ la valeur a±ch¶e par quatre ratios ¯nanciers, peuvent pr¶voir la e ed¶faillance. Concrµtement, lhypothµse est faite que, a un moment e e e µdonn¶, une d¶t¶rioration substantielle de la solvabilit¶ de lentreprise e ee edevient ¶vidente au point quelle se traduit pas une premiµre chute e eimportante du cours du titre de lentreprise. Au terme de son ¶tude,eBeaver constate que le march¶ pr¶dit plus rapidement la faillite que e eles ratios ¯nanciers mais que, n¶anmoins, les ratios de Cash-°ow / eDettes" et de Revenu net / Actif total" en arrivent µ une pr¶diction a epresque aussi bonne.En 1980, Aharony, Jones et Swary comparent les caract¶ristiques de erisque et de rendement dentreprises faillies et non faillies une foisappliqu¶ le modµle du MEDAFE. Ils constatent que la variance to- e etale du rendement du titre, mesure du risque total qui pµse sur ce etitre, est plus ¶lev¶e pour les entreprises en faillite sur une p¶riode e e eallant de 226 semaines avant la faillite a 120 semaines avant, mais µque le risque syst¶matique (mesur¶ par le coe±cient ¯) reste con- e estant sur la p¶riode ¶tudi¶e. Ils constatent ainsi que, lorsquon com- e e epare l¶chantillon dentreprises faillies et l¶chantillon de contr^le, il e e oappara^ des di®¶rences substantielles dans le comportement des vari- ³t eances de la moyenne, tant au niveau global quau niveau du risqu¶ esp¶ci¯que µ lentreprise, et ce, jusquµ quatre ann¶es avant que la fail- e a a elite formelle ne soit annonc¶e. De plus, la performance globale du titre eest n¶gative environ quatre ans avant la faillite et, sur une p¶riode de e e4 ann¶es avant la faillite, le rendement moyen du portefeuille dentre- eprises faillies est signi¯cativement inf¶rieur a celui du portefeuille de e µcontr^le, que qui implique une d¶t¶rioration inattendue importante, o eeen moyenne, pour le groupe des entreprises faillies et traduit le faitque les investisseurs se sont ajust¶s continuellement aux situations de esolvabilit¶ d¶clinantes de ces entreprises durant une p¶riode denviron e e equatre ans.2.3 De lanalyse ¯nanciµre µ lanalyse organisationnelle e a des causes de d¶faillance gr^ce µ l¶mergence pro- e a a e gressive de m¶thodes non lin¶aires e e Di®¶rents auteurs (Altman et Loris [6], 1976 ; Vernimmen [41], e1978 ; Collongues [12], 1977, . . .) ont trµs vite soulign¶ que lap- e e 20
  21. 21. proche purement ¯nanciµre de la d¶faillance d¶bouche certes sur une e e emeilleure compr¶hension des m¶canismes ¯nanciers qui conduisent e eune entreprise µ la faillite, mais que ces modµles pourraient ^tre utile- a e ement enrichis en tenant compte de variables qualitatives repr¶sentatives ede facteurs endogµnes li¶s au fonctionnement interne de lentreprise e eet de facteurs exogµnes li¶s a la nature de lenvironnement concur- e e µrentiel dans lequel elle sinsµre (telles que lexp¶rience des managers, e ela °exibilit¶ du march¶ ou encore la nature de lavantage comp¶titif e e eacquis par lentreprise). Lint¶gration de telles variables qualitatives epermettrait donc de passer dune analyse a posteriori des sympt^meso(essentiellement ¯nanciers) annonciateurs dune ¶ventuelle d¶faillance e eaµ une v¶ritable analyse strat¶gique des causes r¶elles de faillite (or- e e eganisationnelles, structurelles ou autres).Argenti (1976) [8] est le premier chercheur a explorer cette voie. Il µ¶labore ainsi un modµle, appel¶ le A-score", de nature fondamentale-e e ement organisationnelle. Estimant que les ratios ¯nanciers ne sont quedes sympt^mes ais¶ment manipulables de la faillite dune entreprise o eet sont de ce fait incapables daider a la compr¶hension du processus µ ede d¶gradation qui mµne a la d¶faillance, Argenti propose un modµle e e µ e edynamique fond¶ sur lactivit¶ de lentreprise et sur sa structure de e emanagement et qui se veut repr¶sentatif des processus de d¶gradation e equi d¶bouchent sur la faillite. eSelon ce modµle, le processus de faillite est bas¶ sur un certain nom- e ebre de d¶fauts inh¶rents µ lorganisation et µ la structure ¯nanciµre e e a a ede lentreprise. Ces faiblesses et d¶fauts produisent des modi¯cations edans lenvironnement macro-¶conomique de lentreprise et la surve- enance de hasards normaux des a®aires" (tels que la perte dun clientimportant ou une hausse brutale des taux dint¶r^ts) conduit µ une ee acrise susceptible de provoquer la mort de lentreprise.Le processus de d¶faillance au sens strict se compose alors de trois ephases successives :La premiµre phase se caract¶rise par la rigidit¶ de lorgane de direc- e e etion, qui r¶sulte elle-m^me de la combinaison des faiblesses suivantes, e ele plus souvent dorigine interne, dont chacune a pour cons¶quence de erestreindre la capacit¶ de la direction a recueillir et a traiter conven- e µ µablement les informations pertinentes : la pr¶sence, a la t^te de len- e µ etreprise, dun ou plusieurs autocrates" r¶gissant de main de ma^ e ³tretoute la gestion quotidienne et strat¶gique de lentreprise, refusant e 21
  22. 22. tout dialogue et toute aide des travailleurs ou conseillers potentielsde lentreprise ; la concentration aux mains dune seule et m^me per- esonne ou de quelques acteurs seulement des pouvoirs de gestion etdes droits de propri¶t¶ de lentreprise ; la restriction des comp¶tences ee eaµ un domaine particulier de la gestion, ce qui conduit potentiellementaµ labsence dun produit parfaitement adapt¶ aux besoins du march¶ e eet/ou µ une faible connaissance des questions ¯nanciµres. a eLa deuxiµme phase du processus de d¶faillance est ensuite marqu¶e e e epar lapparition derreurs de gestion, strat¶giques et/ou op¶rationnelles, e etelles que la lenteur de r¶action aux modi¯cations de la technologie, eune mauvaise politique de communication, lexistence de malversa-tions et de fraudes, la prise en consid¶ration insu±sante des facteurs ede co^t (notamment en matiµre de recherche et de d¶veloppement), u e eun endettement ¯nancier ¶lev¶. e eCes erreurs amorcent en¯n la troisiµme phase du processus de d¶faillance, e eau cours de laquelle les sympt^mes critiques de d¶faillance, quils o esoient ou non ¯nanciers, apparaissent au grand jour et se mat¶rialisent eclairement en des signaux rep¶rables par tout observateur externe µ e alentreprise.Argenti souligne par ailleurs que la pr¶sence de facteurs externes, tels eque le poids des Syndicats et des Pouvoirs Publics ou des ¶v¶nements e enaturels impond¶rables, est susceptible dacc¶l¶rer le parcours de len- e eetreprise au travers de ces trois phases, constitutives dun processusprogressif, a vitesse d¶volution non constante, non lin¶aire et idiosyn- µ e ecratique puisque d¶pendant des caract¶ristiques organisationnelles et e edes choix strat¶giques de chaque entreprise et de la personnalit¶ de e eses dirigeants.Ult¶rieurement, Cormier et al. (1994) [14], Dimitras et al. (1995) e[20], Slowinski et Zopounidis (1995) [38], Greco et al. (1998) [?] etZopounidis et Doumpos (1999) [45] vont dµs lors aussi int¶grer, dans e eleur mod¶lisation du processus de d¶faillance dune entreprise, des e einformations qualitatives relatives a lexp¶rience des managers, au µ epositionnement de march¶ de lentreprise, µ la nature de sa tech- e anologie ou a son infrastructure technique, µ son mode dorganisation, µ aaux avantages comp¶titifs quelle d¶veloppe et au niveau de °exibilit¶ e e equelle acquiert vis-µ-vis de son march¶. a eA linverse de Argenti, a la m¶thodologie danalyse fondamentalement µ eempirique et bas¶e sur lexpertise de quelques cas limit¶s consid¶r¶s e e ee 22
  23. 23. par lauteur comme typiques, ces auteurs vont toutefois utiliser loutilstatistique et les m¶thodes quantitatives les plus diverses pour nour- erir et ¶tayer leur r¶°exion. Les modµles de probabilit¶ conditionnelle e e e ede type logit ou probit (Ohlson [33], 1980) (Zavgren [?], 1985), lal-gorithme de partitionnement r¶cursif (Frydman e.a. [?], 1985), les etechniques de logique °oue, lapproche par arbres de classi¯cation etlincontournable approche par accumulation de r¶gressions logistiques evont alors ¶merger tour µ tour dans la litt¶rature et donner lieu µ la e a e apublication dun grand nombre de contributions oµ la description de ula technique et de son int¶r^t conceptuel prend souvent le pas, a notre ee µsens, sur linterpr¶tation et lanalyse critique des apports concrets de eces techniques a la compr¶hension de la m¶canique de la d¶faillance µ e e ede lentreprise.En 1994, Sheppard propose en¯n une int¶ressante synthµse des fac- e eteurs dorigine organisationnelle ou strat¶gique mis en lumiµre dans la e elitt¶rature comme pertinents dans la perspective dune compr¶hension e eaccrue du processus de d¶faillance dune entreprise. eIl procµde ainsi a une analyse en 4 niveaux de ces facteurs (niveau de e µla strat¶gie globale de lentreprise, niveau des di®¶rentes strat¶gies e e edactivit¶, niveau du d¶veloppement de strat¶gies coop¶ratives et en- e e e e¯n niveau des strat¶gies ¯nanciµres). Il en ressort quaucun ¶l¶ment e e eeconstitutif de la strat¶gie globale de lentreprise nappara^ conduire µ e ³t aune meilleure compr¶hension du processus de d¶faillance, quil existe e eune relation positive entre la part de march¶ relative de lentreprise et esa survie ainsi quentre l¶volution de la taille de la ¯rme (et donc la emaniµre dont elle gµre activement sa croissance) et sa survie, que lac- e ecroissement de lexpertise manag¶riale disponible dans lentreprise est eclairement associ¶e a une r¶duction du risque de d¶faillance et, sans e µ e ev¶ritable surprise, lexistence dune relation signi¯cativement positive eentre le volume des ressources ¯nanciµres a la disposition de lentre- e µprise et sa probabilit¶ de survie. e 23
  24. 24. 3 Des sympt^mes aux causes : un concept de o trajectoire de d¶faillance" en qu^te doutils e e quantitatifs pour ^tre en¯n explor¶ . . . e e Un consensus est donc apparu assez t^t dans la litt¶rature selon o elequel la faillite dune entreprise est le r¶sultat dun processus ¶volutif, e elent et progressif, caract¶ris¶ par une multitude d¶v¶nements. Len- e e e echa^³nement de ces ¶vµnements qui, th¶oriquement, se succµdent avant e e e edaboutir µ la discontinuit¶ de lentreprise peut, sil est correctement a eidenti¯¶, ^tre judicieusement mod¶lis¶ sous la forme dune ou de e e e eplusieurs trajectoires de d¶faillance ", caract¶ris¶es id¶alement par e e e edes faits particuliers (concentration du chi®re da®aires sur quelquesgros clients, perte signi¯cative de parts de march¶s, retrait dun ac- etionnaire important, . . .) dont lapparition, si elle est d¶tect¶e su®- e eisamment a temps, peut alors conduire a la prise de mesures correc- µ µtrices e±caces et permettre le d¶ploiement de v¶ritables strat¶gies e e ede pr¶vention de faillite, si souvent esp¶r¶es et si rarement mises en e eeoeuvre avec succµs. ePourtant, les chercheurs ont ¶tudi¶ assez tardivement, et en nombre e epeu important, ces chemins qui semblent mener a la faillite. Parmi µeux, certains ont toutefois permis un apport conceptuel appr¶ciable. eAinsi, au terme dune ¶tude historique et ¶pist¶mologique du con- e e ecept de faillite et de ses causes et cons¶quences, Marco (1989) [30] epropose un modµle th¶orique purement conceptuel et dinspiration e e¶conomique, repr¶sentatif du processus de faillite appel¶ Spiralee e edentr¶e en faillite". Suivant ce modµle, des erreurs de gestion (essen- e etiellement op¶rationnelles) provoquent initialement des d¶s¶quilibres e e e¯nanciers, puis un certain recul sur le march¶ conduit µ une chute e as¶vµre des pro¯ts, ce qui renforce les di±cult¶s de tr¶sorerie ; en¯n, e e e elinqui¶tude des cr¶anciers et la m¶¯ance des banquiers qui mettent e e eun terme a leur cr¶dit conduit tout droit la ¯rme µ la cessation de µ e apaiements et donc µ sa mise en faillite. a 24
  25. 25. Ce modµle, relativement simple, permet de faire le lien entre le proces- esus de d¶gradation ¯nanciµre connu dans la litt¶rature sous le nom e e ede Chemin de la Faillite" (d¶crit ci-aprµs) et les erreurs de gestion e equi en sont la cause premiµre, un pont ¶tant ainsi dress¶ entre les fac- e e eteurs et indicateurs ¯nanciers les plus symptomatiques et les facteursqualitatifs ou de gestion qui en sont la cause v¶ritable. Par ailleurs, il eprend en compte les int¶r^ts des di®¶rents agents int¶ress¶s a la ges- ee e e e µtion de lentreprise, en int¶grant explicitement dans le processus le epoint de vue des clients, des cr¶anciers et des banquiers et int¶grant e eainsi laspect contingent li¶ a limmersion de lentreprise dans son en- eµvironnement. Toutefois, force est de constater que ce modµle nintµgre e eencore que trµs partiellement la dynamique d¶volution de lentreprise e e 25

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