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PRINCIPAUX AUTEURS CITESMoauin-Tondon.          Sclirad.             Schrader.Montsi.                 Scop.               ...
NOUVEAU D IC T IO N N A IR E                                             DES                          *    *    PLANTES MÉ...
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Dictionnaire de Plantes Medicinales 1895
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  1. 1. •yPLANTES Mfinif.m D E S C R IP T IO N , H ABITA T ET CULT UR E / RÉCOLTE, CONSERVATION, P A R T IE USITÉE ‘ . COMPOSITION C H I M I Q U E , F O R M E S P H A R MA C E U TI QU E S ET* D O S 2 I •* ACTION PHYSIOLOGIQUE USAOES DANS L E T R A I T E M E N T DES MA L / .D ! E S MEMORIAL THÉRAPEUTIQUE Précédé o ’t jic t r v o t o i R à u u * tn L E S » L A N T C * M éûX C SK A L C * > AU P O IX T Dg VUS P O T A X fQ U C , » R A f t M A C K U IIQ L C KT M U S IC A L A K CLtl^ VC .F , ---- - T A D L t A t X DES r i l O P l u t r f t * M E D IC A L E S PAR L E }Y A . H É R A U D Pharm acien en chef c!c la m nrine Profeueur à ÏÈcùlt < m le édecin? natale de Toulon > TR O ISIÈM E ÉDITION R I V U I X T ACGMKXTKK DK L’ÊTCDK DE» PtAXTBS NOU VU.LBMKNT IM P L O Y K U A v e c 2 9 4 fig u r e » I n te r c a lé e * d a n v le « e s t e PARIS> L IB R A IR IE J.-B. B A I L L I È R E et FILS 1 9 , RUE HAUTBPBUILLE..19 *
  2. 2. PRÉFACE La médecine, dès son berceau, emprunta au règne végéta! la plupart de se» remèdes. Plus tard seulement, elle fit appel aux substances tirées des animaux et des végétaux. Les premierê botanistes furent des médeèins, et c’cst grâce à leurs patientes études que la botanique a devancé les autres branches de l’his­ toire naturelle dans la voie du progrès. Cette science, si en honneur chez les anciens médecins, semble pourtant frappée d’une certaine défaveur auprès des praticiens de notre époque. Les causes de cet injuste discrédit sont nombreuses*, j’en retiendrai deux seulement. En première ligne, on doit placer la préférence que l’on accorde aux remèdes étrangers sur les remèdes indigènes. Cette préfé­ rence ne date pas d’hier; Pline la signalait déjà. « C’est là, en cITet. une disposition naturelle de l ’esprit humain, toujours plus porté à estimer ce qu’il ne possède pas ou ce qui est rare et chef, que ce qu’il possède et voit croitre à ses pieds » (Virey). Les Chinois recherchent notre petite sauge, les Orientaux notre angé­ lique, notre valériane. Nous leur demandons leur thé, leur séné, leur casse. Notre sol nourrit pourtant des végétaux pour le moins aussi actifs que ceux que produisent les régions lointaines ; l’aconit, la belladone, le colchique, la digitale, le nerprun, la scille, etc., n’ont rien à envier, comme activité, à certaines plantes tirées à grands frais des pays étrangers. A part le quinquina, toutes les plaites étrangères trouvent des succédanés en France. . Dun autre côté, la chimie n’est point étrangère à ce dédaih à.
  3. 3. Yj prêfac* pour les études botaniques. Avec la découverte des alcaloïdes, on put croire que létude des plantes médicinales était devenue sans objet, puisqu’il a été possible d’extraire, de toutes celles qui - présentent une certaine activité, un ou plusieurs principes dune administration sûre et facile et d’un effet éprouvé. Cette pro- •position est vraie dans un grand nombre de cas, et, s’il en était toujours ainsi, les médicaments végétaux n’auraient plus leur raison d’être. L ’expérience a pourtant démontré que souvent on ne saurait attribuer à l’un des principes immédiats d’une plante, quelque énergique qu’il soit d’ailleurs, les mêmes propriétés mé­ dicales-qu’à la plante elle-même; la quinine ne représente pas plus le quinquina que la morphine ne représente l’opium; la digi* taline, l ’aconitine, suivant leur mode de préparation, présentent des effets thérapeutiques différents. E t puis cette substitution de la chimie à la botanique, de lal­ caloïde ou de l ’extrait à la plante, est-elle toujours possiblo? Oui, < à la ville; mais à la campagne, où le médicament4 chimique,où le médicament étranger font souvent défaut au praticien, que faire? Le médecin va-t-il rester désarmé, alors quautour de lui la col­ line et le vallon, la prairie et la forêt lui fournissent de précieux auxiliaires, qu’il peut appeler à lui, enrôler sous ses ordres, à cette seule conditioh de savoir les reconnaître et les distinguer des espèces voisines, inutiles ou dangereuses? Poser la question, e’est la résoudre. En thérapeutique végétale, deux écueils se présentent qu’il faut . craindre et éviter : la crédulité des anciens, dont la singulière con­ fiance accordait les propriétés les plus actives aux végétaux les plus inoffensifs, et le dédain souvent mal justifié des modernes. Rendre justice aux produits étrangers au sol natal, mettre à con- tribution ceux que la nature offre journellement à nos yeux : telle est la double lAche que je me suis imposée. Celte deuxième édition n’est point d’ailleurs une simple réim- preision.. Le travail primitif a été revu avec soin et a subi toutes le* modification et additions que-nécessitaient les récentes acqui­ sitions de la science. •
  4. 4. Après avoir indiqué les noms français et latins de chaque plante, ainsi que les noms vulgaires les plus connus, je signale la familleet s’il y a lieu la sous-famille dont elle fait partie, et je termine par l’étymologic. Dans la description qui vient ensuite, je me suis efforcé de rendre aussi exact et aussi complet que possible le tableau deacaractères propres à faire reconnaître le végétal ; ces description* ont été tracées soit d’après nature, soit, pour les espèces exoti­ ques, d’après les auteurs les plus recommandables; quand lachose est possible, je désigne l’époque à laquelle la fleur arrive à l ’épanouissement, le fruit à la maturité. Je complète les indica­ tions relatives à la botanique, en faisant connaître le pays dans lequel croit la plante et les soins à lui donner au cas où il est indispensable de la cultiver. Je m’occupe ensuite d énumérer les parties du végétal usitées en médecine, d’exposer les précautions que l’on doit avoir pour les récolter et les conserver ; je passe alors à l’examen des pro* priélés physiques et chimiques de ces substances, et à l’indi­ cation : 4° Des modifications qu’on leur fait subir pour faciliter leur emploi en médecine; 2° Des doses auxquelles on les prescrit ; 3® Des médicaments qu’il faut éviter de leur associer et de ceux qui peuvent les suppléer. Ji> termine enfin p3r l’exposé de l’action que chaque plante exerce sur l ’économie animale, et des applications, soit ration­ nelles, soit empiriques, dont elle a clé l’objet. J ’ai fait précéder cette étude : 1" par des considérations géné­ rales sur le choix, la récolte, la conservation des plantes, leurs formes pharmaceutiques les plus usuelles; 2° par une classification.des plantes d’après leurs propriétés médicales avec clef dichoto­ mique. Elle se termine par un mémorial thérapeutique. L ’ordre alphabétique est celui que j’ai adopté. Sans doute il, a l’inconvénient de rompre les analogies soit bojaniquesi soit mé­ dicales, que permettent d’ailleurs de rétablir la classification
  5. 5. V JIf PAÉPAC» d’après les propriétés, le mémorial thérapeutique et la toUe géné­ rale des matières ; msis, par contre, c’est le plus propre à faciliter les recherches. Cest par conséquent celui qui contenait le mieux jtour un ouvroge pratique destiné à résumer ce que la botanique médical» offre de certain, et par suite de réellement important. d ’ouvrage est accompagné de figures qui représentent les traits des plantes les plus intéressantes, ainsi que les produits les plus remarquables qu’elles fournissent au commerce. j ’ai voulu être court et précis, et j ’ai voulu donner ce que la botanique médicale présente de plus positif et de plus important, cesV-à-dire ce que doivent savoir les étudiants en médecine cl en pharmacie, pour leurs examens, les praticiens, pour l ’exercice • de leur art. Ja i voulu en même temps être utile à ceux qui, à la campagne, ?iù l ’on est souvent éloigné de tout secours médicol, 6’adonnent à élude des plantes ; ce travail leur permettra soit de substituer à une eapèce absente une espèce analogue, soit d’enrayer la marche 4e la maladie en attendant l ’arrivée du médecin, soit de distinguer leâ plantes inertes des plantes actives ou vénéneuses, soit enfin dindiquer aux pauvres gens dont les ressources ne sont pas tou- jours en harmonie avec le luxe des pharmacies de la ville des remèdes qu’ils ont pour ainsi dire sous la main. J ’ai cherché à me mettre à la portée de tous par la clarté des‘ descriptions, par la précision des détails, par l ’abondance des renseignements. Je serai heufeux si j ’ai pu inculquer au lecteur le goû^dc la botanique et augmenter sa confiance dans les propriétés des plantes. Dans cette troisième édition, il a été fait d’importantes addi­ tions pour les plantes nouvellement introduites en médecine; Je; dteral notamment : le Cascara sagrada,& Condurango, le Geissos- permum lave, lHamamelis virginica, VHydrastis canacUnsis, le» Kamala, le Kawa-Kawa, la Kola, Je Laurier rose, le Marrüba blatte, le Parera brava, le Piment de Cayenne, le Strophantus his- pidut, le Viburnup prunifolium, etc., • * ’ à . Héra u d .
  6. 6. P R IN C IP A U X A U T EU R S C IT ÉS IA ch . A c b t r iu » . F rie*. M o .A d . o n A <Un. A d a n *on . G *rto. O srtn e r.A . D . C. A lo ) io n « t d e Can C ay. G *y- . d o lle G a i. G a lk m o .A *. A gard h . G o d r. G odronA . O ra v . A ?a « r a y . G o m . e l B rot. G o m cr. « t B ro îrr o .A it . A ito n . G ra b . G ra b a m .AU. A llio n i. G r e . o u O re n . G re n ie r.A n dr. A n d re w * . G u ib . G u ib o u rt.A R ,o u K .o u A . l lir h . A . llu *lia rd N lia n e . H a n fo .:k .A rn . A ru OU. lia y . H a y n e.A ub. A u b lo t . H oir. H uifm nnn. B a il. B â illo n . H ook. H ook cr.B a l. BaU otir. H o u tt. llo u t lu y n .B aub. B a u h in . H ow . H ow ard.B en. B r n u r t. H uda. Hudfron.B e n t. B c n lb .iin . U . B. H u m b o ld t e t Bon*B erg. B er,?. plan dB c* . B e ^ -cr. n. b . k . H o m h o ld t Bi»n|»lau«lB ic b . B ie b e l. e t K u n th .B î. o n B lu m , . B lu m e . J te q . J a c q u in .B la ck . B la c k u v ll, Ju*. J u fs ie u .B oU . B o u s ie r. K a*m pf. K % rnpfer.B r . o u R . B r. R o b e rt B row n . K tr. K a ro lin .B ra n d i. B ra n d t. K ar*t. K a rtte io .B rey. B re y n e . K ir. K iriloff.B u l. B u llia rd . KL K lo s is ie b .B ung. B u n g e. K ocb. K och .Buh. B u h «f. K o s t. K o s i^ c t /k y .C er. C ervant^*. K u n th . K u n ib .C ham . C h am i**o. L . o u L in . L in n é .C hev. C h eva lier. L. f. o u L in . dU . L in n é ÛU.C o l. C o lla d o n . Lab. LabiMartlifcrG»C o ie b . C o le b r o o k o . Lag. Laga*&n.C ra n lx . C ra n U . Lam b. L a m b e r t.D . C. l) o C a n d otle. Lam . L a m a rck .D e l. D clile. f /u n x . L am ourou x.D e l. e t B m ich D e lo n d r * c l B on L ér. L é r e illé . ch a rd n t. L l^ r . L h é n t ie r .D c îc . D e s co u r liU . L io k . L in k .D eaf. I)e*fonta»ti e*. L ob. L o b e ).D c* r. D e «ro u * »ca u . L o i*. L o i* e lc u r • D e ^ lo n j•l> od. D od ofcn *., ebanijvs.D on. D on. L yog. L yn cbyo.U ry. D ry a n d e r. M a ri. M a r lio s .D iib . D iin y . M a t. M a lth ioS t.D u fb . D u c h art r c . M ér. Mi* rat.llljr h . K lirlia rJ t. M ic b . M ich a u x .E iid l. K n d k cbor. M il. M ille r .F a le . F a lc o o e r . M iq . M iq u eLF ce. Fée. M œ a. M a*u ch.F o r a i. F o r t !. M o l. M o m a.F lü c k . F lû ck ig e r. ’ M oon. » M oon.
  7. 7. PRINCIPAUX AUTEURS CITESMoauin-Tondon. Sclirad. Schrader.Montsi. Scop. Scopoli.Murray. Ser. Senn g«.Mutit. Sieb. Sieber.Nect von Etenbetk. Soi. Smith.Olivier. Sp«ch. é Sj«ch. •Pâli*sot de Beauroit. Spreng. Sprenge!.Paulet. 8 loin. Steinheil.Pelletan. Sw. SwarU.Perrotlet. T. ou Tour. Tourneîort.Peraoon. Ton Ténor*.Plumier. TU. ou Thun. Tbunherg.Pohl. Thw. Thwaitea.Huiz et P.ivon. Tri cl Pl. Triant et Planchoo.Hampon. Tul. Tulasne.H eu. Tur. Turner.Riw*. Tus. Tu Mac.Roquet. Tent. Vcnlenat.Homoc. W . o o W ild . Willdcnow.Ko.h. W . et Kit. Waldatein et KitaWKoxburgh. bel.Royle. W âU . Wallich.Huvnphius. Wed. Weddel.Silirffer. Wond. Wendland.Schiede Wjght. Wfcht.Scblechlendal.
  8. 8. NOUVEAU D IC T IO N N A IR E DES * * PLANTES MÉDICINALES PREMIÈRE PARTIE L E S P L A N T E S M É D IC IN A L E S E N G É N É R A L Choix, récolta, conservation, classification et formes pharmaceutiques des plantes. Oans l’arl de guérir, il n’est possible d’utiliser les plantes crois­ sant naturellement ou par l’intervention de l’homme qu’autant qu’on saura les connaître, les choisir, les récolter, les conserver. Du mo­ ment que, ces conditions ayant été remplies, on sera en possession de la matière première, il restera encore à lui faire revêtir une forme telle qu’elle puisse servir de médicament. Il n’est donc pas inutile, avant detudier chaque plante en particulier, d’exposer d’uno manière générale les règles qui président : 1° Au choix des végétaux; 2a A leur récolte; 3* A leur conservation; 4° A leur classification daprès leur action physiologique et leur effet thérapeutique ; 8° Aux formes pharmaceutiques quils empruntent. Ces indications, qui forment l’introduction de notre travail, seront précédées des quelques notions relatives à la composition et la nu­ trition des plantes, ainsi qu’aux principes immédiats qu’elles ren­ ferment. I . — C o n sid é ra tio n s p ré lim in a ire s . 4. C o m p o s it io n c » n u t r it io n d e s p la n te » . — Chacun sait que loAqu’on brûle une plante, on obtient comme résidu de la combus- MiRAkO. f U S U S VÉO. 1
  9. 9. 2 LES PLANTES MÉDICINALES tion une certaine quantité de cendres formées par les substances minérales et consistant en sois de chaux, de magnésie, de potasse, de soude, en silice ci en oxyde de fer qui ont échappe à la destruc­ tion. Cea matériaux entrent à peine pour un vingtième dans le poids de la plante, et souvent ce chiffre est moins élevé ; les autres parties constituantes ont disparu par l’action de la chaleur, car elles sont formées de principes soit naturellement gazeux (l’hydrogène, loxy­ gène, lazote), soit capables, comme le carbone, de revêtir la forme gazeuse en entrant dans certaines combinaisons chimiques. Ces • principes, que l’on rencontre non seulement dans les divers organes.de la plante, mais encore dans les substances produites par l’acte végétatif (fécules, sucres, gommes, huiles, essences, corps gras), ont été nommés pour cette raison des éléments organiqxœs. L’origine des substances diverses que présente l’organisation vé­ gétale a été parfaitement mise en lumière par la science moderne ; c’est à la graine, à l’air ou au sol que la plante a emprunté les ma­ tériaux nécessaires à leur élaboration. C’est dans le sol que les ra­ cines puisent les principes minéraux solubles, et c’est la sève qui les distribue dans l’organisme. Les éléments organiques ont pour origine l’eau HO, l’acide carbonique COa et l’ammoniaque AzH*. La plante, admirable appareil de réduction (Dumas), absorbe les corps complexes que je viens d’énumérer, les décompose en leurs élé­ ments et sassimile tout ou une partie de ces éléments. L ’atmosphère et le sol sont donc les réservoirs de ces principes nutritifs. L ’atmosphère fournit leau sous forme de pluie, de neige, de rosée; elle fournit de l’oxygène, de l’acido carbonique, de l’am­ moniaque, parfois de l’acide nitrique à la suite des pluies d’orage, parfois aussi des poussières salines contenant du sel marin, dos sulfates de potasse, de chaux, de magnésie. L ’azote atmosphérique, _ nétant pas assimilable, n’intervient pas dans la nutrition; c’est par •ulte dans l’ammoniaque quil faut chercher l’origine principale del’axote des plantes.- Il convient d’ajouter que l’acide nitrique des ni- tfites que le sol renferme ou qui y sont déposés comme engrais, en ■ubliaant une décomposition sous l’influence des matières organi* que» en vole de désagrégation, peut se transformer en eau et en am- .• monlaque et par suite ajouter un certain apport d’azote à la nutrition. Le carbone na qu’une origine, l’acide carbonique. Ce sont les feuilles et les parties vertes des végétaux qui ont pour mission de décomposer cet acide en oxygène et en carbone; cette réduction sopère par l’intermédiaire des parties vertes et sous l’influence de la lumière solaire. Le carbone est assimilé; l’oxygène est en partie assimilé, en partie rejeté dans latmosphère. Cet effet cesse dans . l’obscurité. L ’atmosphère nest point d’ailleurs la seule source où le t.
  10. 10. CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES 3végétal puise du carbone, les racines voni en chercher dans tesmatières organiques en décomposition dans le sol. L ’oxygène pro­vient soit de l’eau, soit de lacide carbonique. L’hydrogène estfourni par l’eau, l’ammoniaque et les matières organiques. 2. D e » p r in c ip e » I m m é d ia t» e t d e l e u r fo r m a t io n . — Le?principes immédiats sont les résultats de cette absorption et dos ré­ductions qui la suivent. Ces principes, auxquels les plantes doiventleurs propriétés médicales, sont très nombreux, et on les a divises entrois classes suivant leur composition. A. Dans la première classe, on range les composés ternaires for­més de carbone, d’oxygène et d’hydrogène, ces deux derniers dansla proportion voulue pour former de l’eau, si bien qu’on peut lesreprésenter par du carbone et de l’eau : de là le nom dhydrates decarbone qu’on leur donne quelquefois; ils ont pour formule C,2H*°0*°;ils comprennent la cellulose, l’amidon, les fécules, 1rs gommes, lesmucilages, l’inuline, la lichénlne. On range également dans cetteclasse les divers sucres, tels que le sucre de canne ou saccharoseC,ill,,0I», le sucre de fruit incristallisable ou lévulose C,,H‘2 *, le 01sucre de raisin ou glycose C»*ll**0*2 le sucre interverti, qui n’est ,quun mélange de glycose et de lévulose, provenant de la réactionque les acides végétaux et les ferments particuliers contenus dansles fruits exercent sur le sucre de canne. B. La deuxième classe contient des acides végétaux dans lesquelsl’oxygène est en excès sur les proportions de l’eau. Ce sont lesacides oxalique, tartrique, citrique, tannique, gallique, méconique,peclique, malique; ce dernier est le plus répandu dans l’organisationvégétale. La pectine, que l’on trouve dans les fruits arrivés à unétat de maturation avancée, fait également partie de cette caté­gorie. C. Dans une troisième classe, nous rencontrons des principes chezlesquels l’hydrogène est en excès sur les proportions qui constituentl’eau ; seulement ici tantôt le principe est azoté, tantôt il ne l’estpas. Parmi les principes non azotés de celto catégorie, nous trou­vons : 4° Des substances neutres (amygdaline, bryonine, colocynthine,convolvuline, crocine, daphnine, digitaline, esculine, gaïaeine, gly-cyrrhizlne, Jalapine, salicine, santonine, saponine, etc.), apparte­nant à la catégorie des glycosides, c’est-à-dire des corps suscep­tibles de se dédoubler en glycose et en un ou plusieurs principesnouveaux sous l’influence des ferments et par l’action de certainsréactifs; 2° Des substances colorantes (catéchine, acide cachoutannique,aloetine, etc.);
  11. 11. é LES PLANTES MÉDICINALES 8° Une modère ligneuse constituant le squelette végétal, donnantà la plante sa rigidité ot composée surtout de lignose, de lignonc,de llgnln et de llgnéréose; 4“ Des matières grasse;, de la cire, du caoutchouc; 8° Des huiles essentielles, les unes liquides, les autres solides âla témpératureordinaire, le camphre par exemple; 6» Des résines, des baumes; 7« Des acides, tels que les acides benzoïque, caïncique, colom-blque, Ipécacuanhlque. Dans une deuxième série azotée, nous trouvons : i» Des substances plastiques, telles que lalbumine, la légumineou caséine végétale, la fibrine : leur composition peut être repré­sentée par du carbone et de l’ammoniaque unis aux éléments ôol’eau ; » 29 Des bases végétales, atropine, brucine, cinchonine, codéine,delphfne, émétine, morphine, narcotinc, narcéine, quinine, solanine,Strychnine. ZI. — É le o tto n ou o h o lx des planton. C a ra c tè re s botaniques, p h ysiq u es ot ch im iq u e s d is U n o tllo d e ces plan te». Est-Il possible de reconnaître ù des signes certains si une plantepossède des propriétés thérapeutiques? On comprend combien ilserait Important au point de vue de la pratique médicale de don­ner une solution rigoureuse à cette question. Malheureusement, sil’on essaye de se servir des signes indiqués par les auteurs, on arriveà dusimples présomptions, jamais à des certitudes. Nous allons pas­ser ces signes en revue. 8. Signature des plante». — Les anciens néprouvaient aucunembarras pour attribuer aux plantes certaines propriétés; ils pen­saient en effet que la forme, la couleur du végétal indiquaient clai­rement son emploi. C’est ce qu’ils appelaient la signature de laplante {de iignum, signe). Ainsi les racines à suc rouge, la garance,leratanhla, A cause de leur couleur, devront être prescrites dans leshémorrhogles ; les plantes à suc jaune, l’aloès, la rhubarbe, guéri­ront les maladies du foie; les semences dures et pierreuses du gré-mH seront efficaces contre la gravelle, les saxifrages venus sur lesrocher* seront llthontriptiques. La forme, d’après eux, était un carac­tère non moins sur; le cabaret ou oreille d’homme sera utile danslos maladies de loreille, la vipérine contre la morsure du serpent,la pulmonaire dans les affections du poumon. Le temps a fait jus­tice de Ce* opinions erronées et souvent dangereuses, qu’acceptail•ans peine la robuste confiance do nos aïeux.
  12. 12. ÉLECTION OU CHOIX DES PLANTES B • K. F a m ille d e l a p la n t e e t p r o p r ié t é s m é d ic in a le » d e » p r in c i­p a le » fa m ille s v é g é t a l e » . — Depuis longtemps, on a remarqué, etîle Candolle a coordonné ces observations, que souvent les végétauxd’une même famille naturelle présentaient une grande conformitédons leurs qualités alimentaires, médicales ou toxiques. Ce sont cesanalogies bien constatées qui ont permis à certains navigateurs detirer bon parti des végétaux qu’ils voyaient, pour la première fois,dans des pays inexplorés. Cependant cette identité de propriétén’est point rigoureusement absolue, et l’on rencontre souvent desexceptions dont l’importance n’échappera à personne quand onsaura que certaines familles, celle des Solanées par exemple, peu­vent fournir les aliments les plus sains et les poisons les plus redou­tables, puisque nous voyons la pomme de terre, l’aubergine, la to­mate placées à côté de la belladone, de la Jusquiame, du da-luro, etc. Ces réserves faites, voici les principales propriétés médicinalesdes familles de plantes décrites dans l’ouvrage.A l g u e s ................ — Vermifuges, alimentaires, servant à la préparation de liode.A k e n t a c é e s .......... — Écorces astringentes, fruits alimentaires.A k o jia c k es ............ — Racines féculentes, quelquefois aromatiques et ex­ citantes.A m p k l id é e s (Vitacées). — Rafraîchissantes, béchiques.Ap o c y n é e s ............ — Acres et irritantes.AtiisroLociiiKus.. . — Amères, aromatiques, quelquefois un peu âcres et aromatiques.A n o ïD É E S ..;........ — Féculentes et souvent âcre3 et purgatives, devenant alimentaires quand on les a débarrassées de leur suc caustique.A$ci.KP/ADACéES... — Racines âcres, stimulantes, quelquefois-émétiques et sudoriCques, écorce purgative, suc laiteux âcre el amer.A c iu n t ia c é e s ........ — Stimulantes, rafraîchissantes.B a l s a m if ix ê e s . . . . — Toniques.BsnDÈnioÉes. . . . . . — Écorce astringente; baies acides et rafraîchissantes.BontiAGiNÊES........ — llucilagineuses, légèrement diaphoniques, quelque­ fois astringentes et même un peu narcotiques.Campanulaciîe 3 . Lobbliacéks. — Amères, souvent âcres, émétiques.C a x n a b in é b s ........ — Feuilles narcotiques.CAPBironAcÉES . . — Feuilles astringentes, fruits laxatifs, écorces purga­ tives, fleurs mucilagineuses, diaphoniques.CAHYOPiiYLi.Acf.Es. — légèrement aromatiques ou faiblement toniqnes.C hampignon » ........ — Vénéneux, alimentaires.
  13. 13. 6; LES PLANTES MÉDICINALES , ChénopomacI m .. — Douces, mucilagineuscs, sucrecs, quelques-unes âcres et odorantes. CLftUACin (Outlifères). — Contiennent un suc laiteux plus ou moins àcre et purgatif, âcres et irritantes. CouancACiu (MéUnthacées). — Diurétiques, purgatives. CojartM»......... — Feuilles et écorces astringentes. — Amandes souvent alimentaires, produits résineux, stimulants, vermi­ fuges. Coktoltd ic ta s.. — Les racines contiennent un suc laiteux âcre et forte­ ment purgatif. CoftUUkii........ — Astringentes. CmKartaw......... — Stimulantes, antiscorbutiques, alimentaires, graines oléagineuses. CccciUKTAciw.... — Les fruits souvent alimentaires et laxatifs, quelquefois émétiques et purgatifs, les racines quelquefois pur­ gatives, drastiques, graines mucilagineuses, oléa­ gineuses. DAVHNOTcizs (Daphnacées). — Acres, corrosives. DtMACÉis.......... — Astringentes, amères. Entûixtrs.......... — Acerbes, astringentes, diurétiques. BvMonsuctK* ... — Acres, caustiques, vénéneuses, purgatives. Filigaoées (Fougères). — Rhizomes astringents, fébrifuges, feuilles aroma­ tiques, astringentes, béebiques. Pm iATitACflKS....... — Toniques. Gwtianacées...... — Amères, toniques, fébrifuges. GlUMWiES......... — Alimentaires, adoucissantes, quelquefois diurétiques, diaphoniques. iLtomiss............ — Aromatiques, stimulantes.Imotu............. ... Bulbes féculents et en m e temps émétiques et pur­ êm gatifs; stigmates du safran excitants, emménagogues.J poland£e ».........— Écorce astringente, feuilles stimulantes, astringentes, résolutives, fruits alimentaires. LaDitci............. — Aromatiques, stimulantes diffusibles ou bien simple­ ment toniques, emménagogues, sudorifiques, anti­ spasmodiques.IiAtmofici (Lauracées). — Aromatiques, excitantes, sédatives.LiflVMiXXuici. ... — Alimentaires, purgatives, astringentes, toniques, c.ici- tantes.LtortHAWhu....... — Alimentaires, amères, toniques.I/UA6iM• ......... — Alimentaires, diurétiques, purgatives.Lofioâsi........... • Graines oléagineuses, adoucissantes, émollientes, quel­ — quefois purgatives.LoaAKiACiii....... — Amères, fébrifuges, tétaniques.Ltcomdiaoém.... — Spores absorbantes.M auao I m ......... — Feuilles et fleurs adoucissantes, émolliefites, quelque­ fois purgatives.H taiiM m cilM .. — Racines amères, toniques et astringentes, graines souvent narcotiques.
  14. 14. ÉLECTION OU CHOIX DBS PLANTES 7M o ré e s............... . — Diurétiques (pariétaire). Les fruits rafraîchissants (ntilrw).M t r is t ic a c é e s . . . . — Aromatiques, stimulantes.My r t a c é b s ............ — Toniques ou stimulantes, suivant que la matiètp as- • tringente ou l’huile volatile prédominent.Ol é a c é e s .............. — Feuilles et écorces amères et astringentes, toniques, fébrifuges, fruits donnant de lhuile, sève donnant » de la manne.Ox b e I l if k r e s ........— Toniques, excitantes, aromatiques, diffusibles, quel­ quefois alimentaires, quelquefois toxiques.OncHioKEs............ — Tubercules féculents, alimentaires, fruits stimulants. P a l m ie r s ............... — Alimentaires, adoucissants, pectoraux, astringents.PAPAvénACfiES — — Calmantes, narcotiques, stupéfiantes,♦quelquefois caus­ tiques et rubéfiantes, graines oléagineuses.P ip é r a c é e s ............— Excitantes, sialagogues.P o l y g a l k k s .......... — Évacuantes, altérantes, émétiques, expectorantes. Les racines du genre krameria très astringentes.P o l y c o s é e s .......... — Astringentes, toniques, fruits quelquefois alimentaires.ItENONCULAcftes.... — Vénéneuses, âcres, purgatives, épispaetiques, graines âcres et amères.R iia m n ê e s ..............— Feuilles et écorces amères, astringentes, toniques, baies purgatives, quelquefois douces, sucrées, mu- cilagineuses.R o s a c é e s ..............— Astringentes, toniques, vermifuges.R u b ia c é k s ..............— Racines âcres, émétiques, purgatives ou diurétiques, écorces presque toujours amères, astringentes, to­ niques et fébrifuges.R u t a c é e s .............. — Amères, excitantes, toniques, fébrifuges.Sapindacées.......... — Vénéneuses, âcres, narcotiques, le paullinia tonique et astringent par exception.S apo tac ées ............— Souvent lactescentes, suc tenace, un peu âcre et amer.ScnoFüLABiÉES____— Peu dunité darfs laction médicale, les unes amères, purgatives, les autres soit aromatiques, soit émol- x lientes. l.a digitale diurétique, tonique du cœur.S i m a r o e b é e s ........— Amères, toniques.S m ila c êes (Asparaginées). — Alimentaires, apéritives, diurétiques, émétiques.S o l a n a c é e s .......... — Généralement vénéneuses, quelques fruits et tuber­ cules alimentaiies.S t v r a c a c é e s ........ — Balsamiques, stimulantes.S y n a n t u é r é e s (Composées). — Am ères, toniques, stimulantes, emména- . gogues, fébrifuges, sndorifiques, diurétiques, an­ tispasmodiques, sialagogues, sternutatoires, quel­ quefois narcotiques.TéRémNTBAcÉEs... — Stimulantes, astringentes.T erss 7 robmiacées. — Stimulantes.T i l î a c é e s .............. — Bractées et fleurs antispasmodiques, calmantes et lé­ gèrement sudorifiques, feuilles mucilagineuses, émoi- lientes.
  15. 15. 8 LES PLANTES MÉDICINALESUhtic4b$........... — Diurétiques, Ioniques. Les figues adoucissantes, laxa­ tives.Valébianéis .... — Racines amères, toniques, stimulantes, fébrifuges, , antispasmodiques, sudoriflques, vermifugesVionnrtM......... — Adoucissantes, calmantes, racines émètique».ZrooPHti.tdEs.... — Bois sudorifique. . 8. Form er des plantes. — La forme de la plante étant de tousles caractères physiques celui qui frappe le plus nos sens, il n’y arien d’extraordinaire que lon ait essayé de faire intervenir ce ca­ractère pour jif^cr à priori des propriétés médicinales d’un végétal.De Candolle a même formulé à ce sujet le précepte suivant : « 1° Los mômes parties ou les sucs correspondants des plantes dumême genre jouissent de propriétés semblables; « 2« Les mêmes parties ou les sucs correspondants des plantes de lamôme famille Naturelle jouissent de propriétés analogues. ® Il suit de là que plus les plantes ont d’analogie de forme, plus la si­militude des propriétés est grande; de sorte que, si l’on connaît bienles propriétés de lune d’elles, on en déduira celles de toutes les plantesdu groupe. On prut opposer à cette régie de nombreuses exceptions ;quoi do plus dissemblable, par exemple, au point de vue physiolo­gique que l’action des feuilles de la ciguë et celle des feuilles du cer­feuil, malgré la ressemblance de ces organes! Néanmoins on peut ad­mettre que celle règle est vraie en général, et c’est sur elle qu’on s’ap­puie dons la recherche des succédanés. 0. Saveur d e s p la n t e s . — Le goût comme la vue peuvent nousnlder à reconnaître les propriétés médicinales des plantes. En effet,une plante insipide est généralement inerte, bien qu’ici encore lesexceptions soient nombreuses, puisque la ciguë, un grand nombredo champignons délétères, sont insipides. Par contre, si une planteoit lapide, elle jouira dune activité ordinairement en rapport avecla lapldlté qu’elle présente. 7. O d e u r des p la n t e s . — Les indications fournies par l’odeurn’ont pas une grande valeur, puisque des plantes très énergiques•ont complètement inodores. On peut dire pourtant que J’ab-icnce complète d’odeur, Jointe l’insipidité, dénote un manquecomplet d’activité. D’ailleurs l’odeur des plantes n’apparaît souventpoint Immédiatement, et alors il faut froisser, déchirer l’organe, pouren développor Pnrome. La dessiccation, qui fait perdre leur odeur àbeaucoup de plantes (violettes, roses), l’exalte au contraire chez plu­sieurs aulrei (rhizome d’iris, fleurs de melilot). 8. Couleur de» plantes. — L ’importance de ce caractère est
  16. 16. ÉLECTION OU CHOIX OP.S PU N T ES 0minime ; on peut pourtant le faire servir à établir quelques présomp­tions. La couleur blanche paraît être l’indice d’une faible activité, sauftoutefois pour les Crucifères dont les espèces à fleurs blanches sontdes antiscôrbutiques plus énergiques que celles à fleurs jaunes ouautrement colorées. La couleur verte indique 1 ’acerbité dans les fruits (verjus, ner­prun) et dans les parties vertes non soumises à Pétiolement. La couleur rouge clair annonce lacidité dans les fruits, le rougefoncé Vastringence (roses de Provins, racines de fraisier) ; le jauneindique souvent les toniques amers (aunée, arnica, racines de gen­tiane cl de rhubarbe). La couleur noire ou brune est souvent le signe d’une action délé­tère (belladone, cabaret), on doit mèm* se. méfier de toute plontoqui présente la couleur noire sur une partie quelconque de sa sur­face (aconit, cigu6). 9. C o m p o s it io n Im m é d ia te . — Si les caractères physiques quenous venons de passer en revue ne peuvent fournir des indicationsprécises sur les propriétés des plantes médicinales, II en est toutautrement de l’analyse chimique immédiate. En effet, non seulementla chimie sépare les principes immédiats, mais encore fait connaîtreleur proportion dans la plante ; dès lors, si l’on tient compte deseffets que ces corps produisent sur l’organisme, il sera possible deprévoir, avec suffisamment d’exactitude, l’action définitive de laplante qu’on étudie. Si le mucilage, la gomme, la fécule, le sucre-abondent, on peut considérer le végétal comme relâchant, adoucis­ sant, émollient. Le tannin et l’acide gallique communiquent aux plantes lastringence et une action tonique; les huiles volatiles les rendent stimulantes; c’est par les acides végétaux que les fruits sont rafraîchissants, tempérants. Les plantes douées de propriétés énergiques doivent cet effet ù la présence d’une ou de plusieurs bases puissantes, la quinine, la morphine, la strychnine, la véra- trine, etc. 10. P r o c é d é d ic h o t o m iq u e e t t a b le a u d ic h o t o m iq u e d e » fa -m llIcH Indigène»* d o n t le?» p la n t e s fig u r e n t dan.n e e liv r e . — Dans une herborisation, si au lieu de rechercher quelles sont celles des plantes trouvées qui possèdent des propriété médicinales, on se proposait seulement de reconnaître, pour les récolter, les plantes dé­ crites dons ce livre, on y arriverait par l’emploi d’une méthode artificielle, connue sous le nom de méthode analytique ou de clef analytique. Son principe est d’opposer toujours l’un à l’autre deux caractères entre lesquels il soit facile de se prononcer, et d’enchaîner successivement une série de ces oppositions, dont la dernière com- l. % %
  17. 17. *0 LES PLANTES MÉDICINALESprend la plante dont on recherche le nom. Ces clefs peuvent pré­senter plusieurs formes ; une des plus habituelles consiste à réunirdes phrases deux par deux, quelquefois par trois, rarement par quatreà l’aide d’accolades. Chaque accolade porte des numéros qui con­duisent de lune à l’autre. C’est cette forme que nous avons adoptéedans le tableau suivant; voici de quelle manière il faut procéderdans les recherches que l’on entreprend avec son secours. Supposons que l’on veuille déterminer la mauve sauvage (Malvasylvestris), qui croit spontanément en France, on consultera la tabledichotomique, page H , et l’on trouvera d’abord l’accolade 1. Plantes phanérogames, c’est-à-dire dans les­ quelles on distingue à l’œil nu des étaminesi. et des pistils............ ............................. 2 Plantes cryptogames, cest-à-dire dans lesquelles on ne peut distinguer ni étamines ni pistils... 56 La (leur obfKrvée ayant des étamines et un pistil, on passe à l’accolade 2. Organes sexuels entourés d’une enveloppe flo­ rale 3 Organes sexuels nus. Arbre de haute taille à feuilles pennées.............................. Oléacébs (genre fraxinus). La fleur portant une enveloppe florale, on passe à l’accolade 3. Plantes hermaphrodites monoïques ou polvga- Imes................................................ 4 Plantes dioïques........................................ La mauve étant hermaphrodite, il y a lieu 49 de consulter l’accolade 4.. | Eavêloppe florale colorée ou herbacée............ 5*•{ — réduite à l’état d’écaille........ 47 Ici, l’enveloppe florale étant colorée, on choisit l’accolade S. j Corolle papllionacée. 40 étamines rarement li-8.1 bras, fruit sec.............................. LÉcuMiNEusEs-PAPiuoNAcéEs. ( Corolle non papilionacée............................... 6 La oorolle n’étant pas papilionacée, ou va à l’accolade fi.Fleuri Insérées sur un réceptacle en capitule « J entouré dun involucre à plusieurs folioles.... Sykantbér& s. * Fleura ni renfermées dans un réceptacle, ni dis­ poses en capitule involucré....................... 8 Comme on ne rencontre point Ici de capi­ tule!. et que les fleurs ne sont pas renfer-
  18. 18. ÉLECTION OU CHOIX DES PI ANTES H mces dans un réceptacle, on opte pour laccolade 8. ( 2 enveloppes florales.................................. ®8.] 1 seule enveloppe florale (sur 2 rangs), les 3 ( externes simulant quelquefois ua calice......... 36 La mauve présentant un calice et une co­ rolle, on passe à l’accolade 9.. { Corolle polypéUle................... ................... *03-( Corolle monopètale..................................... 23 La corolle étant polypétale, il y a lieu de consulter l’accolade 10. f Pétales indépendants du calice insérés avec lesm , étamines sur le réceptacle.................. ........ ( Pétales insérés avec les étamines sur le calice... 18 Les pétales étant Indépendants du calice, on passe à l’accolade 11. Étamines nombreuses soudées en un tube que • recouvre l’ovaire, pétales quelquefois réunis , par les filets staminaux..................................... Ma l v a c é e s . Étamines nombreuses, soudées en faisceau...... 42 Étamines nombreuses libres, fruit sec.............. 13 10 étamines au plus, libres........................... 1* Les étamines étant soudées en un tube, la plante que l’on étudieCSl Une MALVACÉR. On cherchera alors à la table alphabétique le mot Malvacées; onsaura ainsi quelles sont les plantes de la famille qui ont été décritesdans ce livre, et on verra quelle est la description qui se rapporte àla plante étudiée. Il est évident que l’on aurait pu faire pour les genres et les es­pèces une clef dichotomique analogue à celle des familles; maisceci n’était guère compatible avec la forme de ce livre, et de plusnous aurait entraîne hors des bornes que nous nous étions fixées.Il sera facile de suppléer à cette insuffisance en consultant uneFlore française, celle de Gillet et Magne par exemple, à laquellenous avons emprunté les éléments principaux de la clef dichoto­mique des familles. Voici maintenant le tableau dichotomique des familles indigènesdont les plantes figurent dans ce livre : Plantes phanérogames, c’est-à-dire dans les­ quelles on distingue à l’oeil nu des étamines . et des pistils.......................................... 2 Plantes cryptogames, c’est-à-dire dans les­ quelles on ne peut distinguer ni étamines ni pistils.................. .................... ........... 5J <
  19. 19. 12 , LES PLANTES MÉDICINALES Organes sexuels entourés dune enveloppe flo- I ...................................................... Organes sexuels nus. Arbre de haute taille à feuilles pennées............................ Oléacéss genre Frasinut). 3 ( Plantes hermaphrodites, monoïques ou polv- 8. game*.................................................................. ( Plante» dloiques......................................... Enveloppe florale colorie ou herbacée.............. Corolle çapilionacée . 10 l’état d’écaille....... léduite à étamines rarement 46 B. . libre», fruit »ec............................ Légume „ . ... . . .. LÉGUMINEDSES-PAWUONACéRS. Corolle non papitionacée................................... f , g Fleur» Insérées sur un réceptacle, en capitule entouré d’un involucre à plusieurs fo lio le s .... 7 6. Fleur» ni renfermées dans un réceptacle, ni dis­ posée» en capitule involucré............................. 8 Toute» les fleure en capitules, anthères adhé­ rente»................................................................... S t n a n t h é r é e s . Toute» le» fleurs en capitules, anthères libres, ovaire a d » rc n t, fruit sec entouré par l*invo- lucelle, feuilles opposées................................... DiwncÉes. S enveloppes florales............................................. 9 1 seule enveloppe florale (sur 2 rangs), les 3 externes simulant quelquefois un calice............ 3$ Corolle polypétale.................................................. 10 9. — monopétale................................................ . 23 Pétale» indépendants du calice, insérés avec les10 étamines sur le réceptacle................................. 11 Pélalos insérés avec les étamines sur le calice.. 18 Étamine» nombreuses soudées en un tube qui ! recouvre lovaire, pétales quelquefois réunis par le* filets staminaux.................................... Ma l v a c é e s . Etamine» nombreuse# soudées en faisceau.......... 12 Élim ines nombreuses libres, fruit sec.................. 13 1 0 étamines au plus, l ib r e s . . . : ........ ................... 14. j j F ru it petit, sec, indéhiscent.................................. T il ia c é b s . ( Ffolt grt>», charnu............................................ H u t a c ébs .A u r a x t ia c é k l lèpale» caducs, 4 sépales,- fruit capsulaire ou I •lllquiforme........................................................ 8 »4p»le» au moin*, fruit en follicule.................. P a pa véra c kbs. Rbnoxculackes. Cille» tubuleux, arbrisseau à fruits bacciformes,16, 11 pétale* adtiéreuts par le sommet en calotte . . . Ampélidées. C ille» * divisions libres ou légèrement soudées à l i baie.............................................................. 15Fruit Indéhiscent, ou s’ouvrant eu 2 valves......... 16Frolt con»i«t.nii en une capsule déhiscente.......... 17Frttlt composé de 3-5 coques ou carpelles.......... R d ta c ées.Fruit bicciformc.................................................... Uk iib é r id a c é e s . 4 a é p illi, 6 étamines tétndvnames..................... CRtcirfcRtB. 1 I lépalfl», fleur Irrégulière, étamines en 2 grçu- P » t ...................................................................... FUMARIACéÇS.
  20. 20. ÉLECTION 01! CHOIX DES PLAKTES 43 S étamines à anthères convergentes surmontées dun appendice membraneux, fleurs irrégu­47. lières.................................................................... V io l a r ié e s . Etamines 8 ou 40, dressées, non appendiculées, fleurs régulières.................................................. L in a c éd s . Etamines nombreuses, en nombre indéterminé. 491S .| Etamines en nombre égal ou double de celui ( des pétales........................................ . 21 4 st^le...................................................................... 2»40. Plusieurs stylés...................................................... Ro s a c é e s . Calice cadac, fruit charnu à noyau................... R osacées Am y c d a l è e s .2 0 . Calice persistant, fruit rougeâtre et gros, fleurs rouges.............................................................. M y r t a c ée s -Giu n a t é f .s . Fruit charnu ou drupacé....................................... 2221. Fruit sec composé de deux a k è n e s ...................... OMBELLirtims. Arbres ou arbrisseaux résineux ou laiteux, feuilles0••»1 alternes, sans stipules....................................... T é r ê b ix t h a c é e s . Arbres ou arbrisseaux non résineux, étamines opposées aux pétales......................................... R h am n a c ées . 5 étamines soudées en tube s’insérant sur le * calice...................................................... Cam pa n u la c ées -Lo b k l ia c é e s .2< Étamines libres insérées sur le réceptacle, ar­ brisseaux à fruit charnu, ovaire libre........... E r ic in é e s Ar b d t a c é es . Étamines libres ou soudées insérées sur la co­ rolle...................................................................... 2* Ovaire adhèrent .................................................... 252*. Ovaire libre............................................................ ’ 27 Fruit formé par 2 carpelles globuleux ou 2 baies, feuilles vcrticillées............................................. R i b i a c é e s .25. Fruit sec,indéhiscent, presque nu ou couronné par te calice accrescent....................................... V a l é r ia n é e s . Fruit charnu............................................................ 26 Fleurs unisexuelles, tiges grimpantes, 5 étami­ ! nes réunies 2 à 2, la 5* libre............................. Cucorbitacées. Fleurs hermaphrodites, 1 style, 4 stigmate.......... S t y r a c a c é e s .27. S étamines en deux groupes, fltets en lames, corolle irrégulière.............................................. P o ly o a l a c é es . Étamines libres ou légèrement soudées, tilcls noD en lames...................................................... 28 2 étamines, arbres ou arbrisseaux, corolle à28. 4 divisions.......................................................... Ol é a c é e s . 2 étamines, plantes herbacées ou sous-frotescen- tes, lige tétragoue, feuilles opposées. Labiées (talvia, rom arinvs). Plus de 2 étamines.................................................. 2999 4 étamines didynames............................................ 30 4-5 étamines plus uu moins alternes avec les30. lobes de la corolle.............................................. 31i i 4 akènes libres, feuilles opposées....................... L a b ié e s . 34. Capsules i 2 valves, corolle irrégulière’.............. Scrofihahiacées. Fruit charnu, baociforme...................... Solanacées (atropa, solanm ). 32. Fruit sec. .............................................................. 32 2-4 fruits distincts................................................ 33 4 fruit indéhiscent capsulaire.............................84
  21. 21. 14 LES PLANTES MÉDICINALES 4 carpelles monospermes, feuilles alternes, sou­ Î vent rudes.......................................................... B o b u a o ix é e s . 4 carpelles, feuilles opposées........ ....................... L a b i é e s . Plantes aquatiques, feuilles trifoliolée3................ U én t a x t h a c ék s .34. Plantes terrestres à feuilles opposées ou radi­ cales ..................................... ............ GbxtiaKacées Plantes terrestres à feuilles alternes, 5 étamines. 355 étamines inégales.................................... Schokulariées (verbascum). ■ 5 étamines égales, capsules il 4 angles au p lu s .. Convolvulacées.* 0 ,J S étamines égales, graines nombreuses........ S o lanacées (hyoscÿamut, datura, nicoliana. Feuilles à nervures ramifiées................................. 37 ! Feuilles à nervures parallèles (M o. ocottlédo - n Nê e s ) .................................................................... Ovaires et fruits nombreux, styles latéraux......... Renoncvlaoées. 44 I 6 stigmates sessiles, disposés en étoiles sur38. l ’ovaire, feuilles échancrées à la base.............. Ar is t o l o c h ié e s . 5 stigmates ou m o in s ..,....................................... 8 étamines sur 2 rangs, périgone & 4 divisions.. D a p h n o ïd é e s .89. Plus ou moins de 8 étamines ou 8 étamines sur un seul ra n g ...................................................... 39 Arbres, arbustes ou arbrisseaux........................... 4040. Plantes herbacées................................................... 41 Fleurs monoïques, mâles en chaton, femelles so­ litaires ou agglomérées, feuilles composées. . J c c l a n o ées . Fleurs unisexuelles ou hermaphrodites, jamais en chatons, baie noire, périgone à 4 divisions, 8-12 étamines, feuilles simples......................... LauracéesFrnit enveloppé par le périgone, persistant, i feuilles simples................................................... 42 Fruit non enveloppé par le périgone; plantes à fleurs herm aphrodites....................................... B ü ph o r bia c ér s . I 1 stigmate presque sessile, périgoue herbacé à 42.} 4 divisions, 4 étamines..................................... U r t ic é e s . t 2, 3, 4 styles, ou 2, 3 stigmates .......................48, 3-3 étam ines, feuilles ordinairement alternes k stipules engainantes....................................... P o lyg o n a c ées . 3-5 étamines, feuilles ordinairement alternes, sans stipules engainantes , périgone deve­44. nant charnu ou ligneux, Heurs petites, ver­ dâtres.................................................................... CllÉKOPODACÉES. Périgone coloré pétaloide....................................... 45 Périgone scarieux, à 6 divisions; plantes crois­46. 8 étamines libres, 3 stylesuouid estigmates....... I ridackes. sant dans les lieux h m 3 s ........................... Aroïdées. 6 iétamines libres, 3 capsules ou 1 capsule à 3ir­ -2 étamines insérées sur le pistil, périgone loges..................................................... régulier..................................... .......................... Orchidées. Cipiule» b 3 loges, à 3 valves repliées en dc- dioi et formant les cloisons....................... Colchicacées .M . Cipiule* Il 3 loges, à 3 valves portant les cloi­ son», ovaire libre..................... ............ ^ LiLucéw.
  22. 22. ELECTION OU CHOIX DES PLANTES 15 Plantes h acé< au moins 2 écailles opposées erb Plantes herbacées, 47. pour chaque fleur, gaine Tendue........................ G r a m in é e s . Plantes ligneuses.................................................... 48 Ecailles femelles devenant charnues, arbres à feuil­ les courtes. appliquées sur les ra m e a u x .... Conifères (jvriperus). 48. Ecailles femelles ligneuses sur un support li­ gneux, feuilles filiformes persistantes.... Conifères (pinus, abits). r Enveloppe florale formée par une seule écaille, t plante herbacée à feuilles opposées................ UnTrcéss-CANNABiNées 49 (pieds femelle*). Enveloppe florale tubuleusc ou verlicilléc au­ tour des organes sexuels................................... 50 1 seule enveloppe florale herbacée....................... 51 5t) 2 enveloppes florales ou l seule pétaloîde.......... 54 Feuilles alternes, stipules engainante», fraie en­ 5 :. touré par lepérigonc.................................... P oltgonacéf .s (ruinez). Feuilles opposées................................................... 52 6-12 étamines, capsules à 2, 3 coques membra­ 52 neuses..................................................... E ip h o r b ia c ë s s (fn«rc«m /û). Moins de 6 étamines, 1 seul fruit monosperme.. 53 Fleurs mâles à 4 divisions, 5 étauiiues femelles r, i à 2-4 divisions. ................................................. ü r t ic é e s (partie). ° Fleurs mâles à 5 divisions, 5 étamines.............. U k t ic é e s -cann abin ébs [piedt mâles). Enveloppe florale k 6 divisions, les 3 externes quelquefois calicinales......................................... S m il a c ées .5 t. Enveloppe florale à 5 divisions sur un rang. 3 stigmates, fruit drapacé, feuilles pennées. TéRÉBixTHAcér.3 (pislacia). Deax enveloppes florales, corolle m onopétale.... 35 Calice à 5 divisions, tige grimpante ou rampante, 1 fruits charnus....................................................... CucvnBvrAcéis. Calice tubuleux, plante herbacée......................... V a l é r ia n a c é e s .Plantes à racines, à tiges et a feuilles: accrois­ sement se faisant ordinairement par lextérieur cg ) d’un axe plus ou moins apparent...................... 57 ■ Plantes où l’on ne distingue ni vraies racines, ni tiges, ni feuilles, croissant par toute la cir­ conférence............................................................ 68 Sporanges 5 fructification pulvérulente, nue ou couverte dune pellicule mince naissant sur la face intérieure des feuilles ou sur des pédon­ cules qui ne sont que des feuilles contrac­ tées ...................................................................... F o ü o èr es . Sporanges bivalves naissant à la base des feuil­ les petites imbriquées........................................ L tcopodiackes .Plantes aquatiques ou des lieux humides; utri- 53 J eûtes servant à la nutrition et à la respiration. Aloubs. Plantes terrestres avant des utricules destinées à la nutrition et dautres à la reproduction.... 50 Plantes charnues, fongueuses ou filamenteuses,59. naissant d’un mycélium radicolaire, toujours dépourvu de matière verte............................... Championons . Plantes coriaces, constituées par nue expansion membraneuse...................................................... Ijc h e n s ,
  23. 23. <0 t LES PLANTES MÉDICINALES m . — R è co lto dos p la n te s . 1® D e la kécolte en g énéral . On ne doit récolter les plantes médicinales que lorsqu’elles ren­ferment le maximum de propriétés curatives, ccst-ù-dirc de prin­cipes Immédiats. Il convient donc de passer en revue les circonstancesqui Influent sur la production et la proportion de ces principes im­médiats. 11. I n flu e n c e d e la c u lt u r e . — Les changements qu’elle produitsont Incontestables. On sait que, par cUc, on rend inermes les plan­tes qui sont munies d’épines à l’état sauvage, quon transforme enplantes bisannuelles les plantes annuelles en les abritant du froid.C’est par elle que nous voyons le sucre remplacer les acides man­que et tannique des fruits des Drupacées et des Rosacées si acerbesà l’état sauvage, que l’on atténue la saveur forte et désagréable desChlcoracécs. Néanmoins quelquefois, au point de vue médical, laculture est plutôt nuisible qu’utile; c’est ainsi que la digitale cul­tivée est moins active que celle venue spontanément; l’odeur decertaines Labiées sauvages est plus prononcée que chez les mômesplantes quand on les cultive. Par contre, Ifes Crucifères, la violette,beaucoup d’Ombellifères aromatiques, les Malvacécs gagnent en octlvlté quand 011 les cultive. 12. In flu e n ce du c lim a t. — On ne saurait la mettre en dotile. Le ricin, herbacé et annuel à Paris, devient bisannuel ou vivace dans le midi de l’Europe, tandis qu’en Amérique c’est un arbre du port de nos platanes. Le chanvre d’Europe, plus vigoureux que celui d*Aslef donne un hachisch qui ne possède pas les propriétés eni­ vrantes du produit indien. Les arbres qui produisent les baumes de copahu ot de tolu n’en laissent point exsuder dans nos climats. Les frênes do nos forêts ne produisent point la manne comme en Sicile. Le tabac do l’Irlande contient à peine la moitié de la nicotine que l’on rencontre dans le tabac de Virginie. Les propriétés ténifuges de lAcorce de racine de grenadier de Portugal surpassent beaucoupcelles que possèdent les écorces de France. Les Labiées du Midi sont bien plus riches en essence que celles du Nord; la menthe poivrée fait exception L’aconit des montagnes est plus actif que celui des plaines. En général, les plantes des climats chauds sont plus riches en principes actifs que celles des climats froids : il faut donc, par suite, récolter chaque végétal dans sa patrie. 18, In flu e n ce d u terra in . — Elle est reconnue depuis long­ tem ps; en effet, les terrains marins, marécageux ou terrestres pré-
  24. 24. RÉCOLTE DES PLANTES 17 •sentent une flore spéciale. Chacun de ces terrains, suivant la naturedes éléments qui le constitue, se couvre d’une végétation particu­lière. C’est ainsi que les chardons, le coquelicot, la ronce, les Labiées,la scabieuse,.croissent spontanément dans les sols calcaires; la sapo­naire, le tussilage, la laitue vireusc, poussent bien dans les terrainsargilo-calcaires; la germandrée, le rosier sauvage, dans les terrainscrayeux; lo chiendent, le pin maritime, le chêne, les fougères pros­pèrent dans les terrains siliceux ; le chènc-liège dans les terrainsschisteux. Suivant d’ailleurs que ces terrains sont secs ou humides,ils modifieront les propriétés des végétaux que l’on y rencontre. LesOmbcllifères aromatiques perdent leur odeur dans les terrains hu­mides et paraissent pouvoir devenir vénéneuses. La valériane venuedans un terrain bas et marécageux est presque inerte (Haller). LesSolanées, les Crucifères sont plus actives aux environs des habita­tions, parce qu’elles rencontrent en ces lieux une plus grande quan­tité dammoniaque. La bourrache, la pariétaire se plaisent dans lessols nltrés; la belladone, la jusquiame, le datura, dans les terrainslégers ; la mercuriale, la fumeterre, dans les terres meubles et amen­dées. Les arbres venus dans les terrains secs et pierreux sont plusdenses, plus riches en matières tannantes cl colorantes que les indi­vidus de même essence provenant d’un sol gras et humide. La digi­tale possède, dit-on, son maximum d’efficacité quand elle provientd’un terrain granitique et exposé au midi. Les bulbes viennent mieuxdans une terre sèche, les racines sèches dans un sol poreux. En gé­néral, on doit récolter les plantes là où elles croissent naturellementavec vigueur; on les choisira dans les endroits élevés, dans unebelle exposition au levant ou au midi. i. In flu e n ce d e lâ g e . — L ’âge exerce une grande influence surles propriétés des végétaux ; les jeunes plantes ne renferment guèreque de l’eau et des principes muqueux, et, à part quelques plantesmucilagineuses, il n’en est aucune quon puisse récolter avec avan­tage à cette époque, et encore la racine de guimauve trop jeune est-ellemoins émolliente que celle arrivée à un âge un peu plus avancé.Il no faudrait point pourtant pousser le précepte à l’extréme, éar lesvieilles écorces, les vieilles racines sont à peu près inertes. En gé­néral, c’est à l’époque qui précédé la fructification que la plante estla plus active; dès que la graine, ce butdernier de la vie végétative,est formée, le végétal annuel ou bisannuel est épuisé. De nombreuses modifications se sont opérées dans l’intérieur delàplante entre le moment de la naissance et celui de la maturationdes graines, modifications qui en altèrent singulièrement les pro­priétés. En voici quelques exemples : en-Suède, on mange impuné­ment les jeunes pousses de l’aconit; le principe amer de la chicorée
  25. 25. 18 LES PLANTES MÉDICINALES •n’exlsle pas dans les plantes Jeunes ; l’écorce de garou Jeune est vé-slcante; vieille, elle est presque Inerte; les baies de geoévricr con­tiennent, suivant l’âge, de l’essence, puis un mélange d’essence et derésine, et enfin de la résine seulement. La plupart des fruits, dabordacerbes«et astringents, deviennent sucrés en mûrissant. On pourraitmultiplier ces exemples. 18. I n f lu e n c e d e l’é t a t d e n a n t i. — La maladie produisant lal­tération des organes et par suite des principes immédiats, il fautchoisir les végétaux sains, vigoureux, et rejeter ceux qui sont rabou­grit et mal venus. 10. I n flu e n c e d e l ’é t a t d e l’ a t m o « p liè r e . — Les plantes récol­tées par un temps sec et chaud so conservent beaucoup mieux quecelles recueillies par un temps humide et froid. On choisira doncpour faire la récolte un temps sec; si la terre est couverte de rosée,on attendra que celle-ci se soit dissipée. Les plantes recueillies dansces conditions sèchent plus promptement, elles sont moins suscep­tibles de se pourrir pendant la dessiccation, et elles sont plus activestl on les emploie fraîches. C’est surtout aux feuilles et aux plantesentières que s’applique ce précepte. 17. Influence de la nal-son. Époque de la récolte. Calendrierpharmaceutique végétal. — En général, on ne doit récolter lesplantes ou les parties de plantes que lorsquelles ont acquis le maxi­mum de propriétés curatives. L ’expérience a fait connaître quel étaitle moment de l’année où cet état se manifestait; c’est ce que VanHelmont appelait le temps balsamique. Il est d’ailleurs évident quece temps doit suivre les phases de la végétation, puisque les di­verses parties des plantes, tiges, feuilles, fieurs, fruits, ne so déve­loppent que successivement. Pour les plantes bisannuelles ou vivaces,la considération du temps balsamique est subordonnée à celle del’âge. Le tableau suivant fait jconnattre l’époque de la récolte des plantesdécrites dans ce livre et qui croissent en France; il faut, en le con-lulttmt, ne point oublier que cette époque peut varier d’environquinze Jours suivant la latitude et l’altitude. JANVIER. Violette (fleurs). A V R IL .Aconit (racines). M ARS. Gléehome hêdéracé (pl.Polypof* tmadouvier. fleurie).Polypore commun. Anémone pulsatille. Jusquiame (feuilles). Chêne rouvre (écoicc. I.amier blanc (feuilles). Sapin (bourgeonsj. Violettes (fleurs). rtrwiR. Tussilage (fleurs). M A I.Anémone pointillé, Vigne (sève).flaoln (bourgeon»). Violettes (fleurs). Asperges (turions).
  26. 26. RÉCOLTE DES PLANTES 19 Cerberls (feuilles). Colchique (semences). AOÛT, Bourrache (feuilles). Fraises. Chanvre (feuilles). Froment (fruit). t* FEUILLES. Cochléaria (feuilles). Absinthe. Colchique (semences) JU ILLET Belladone. Fraises. Dalura.Gléchome hédéracé (pl. !• FEUILLES. l-obélie enflée. fleurie). Absinthe. Tabac.Gnaphale diôlque Belladone. (fleurs.l Ciguë. 2 * FLEU RS ET SOMMITÉS FLEURIES.Grenade (fleurs). Cochléaria.Jusquiame (feuilles). Dalura. Ambroisie du Mexique.Lamier blauc (fleurs*. Genévrier savinier. Armoise vermifuge.Mélisse (feuilles). Mauve. Bouillon blanc. Bourrache. JDIN. 2 » FLEURS CT SOMMITÉS Colchique. 1 * FEUILLES. FLEU RIES. Dictame.Aconit. Armoise vermifuge. Erythrée petite centau­Armoise. Arnique. rée.Antique. Bouillon blanc. Germandrée aquatique.B e r b e r is . Camomille. Menthe. Bourrache. Chanvre. Oranger. Chicorée. Dictame. 3 * FRUITS ET SEMENCES.Ciguë. Erythrée petite centau Achc.Cochléaria. rée. Grenade. Angélique.Digitale. Ams étoilé.Guimauve. Guimauve. Anis vertIjiirier-cerise. Lavande. Ciguë.Mauve. MéliloL Coqueret.Oranger. Oranger. Cumin.Saponaire. Scabieuse. Tilleul. Lyco^de (microspores).Scabieuse. Véronique.2» F L ÏC R S CT SOMMITÉS Phellandrie aquatique. f l e u r ie s . 3 » PLANTE ENTIÈRE. 4 ° d iv e r s .Camomille. Germandrée aquatique. Colchique (bulbe).Chanvre. Rue. Noix (brou de).Lavande. Sauge. Verjus.Roses. Thym.Rue. SEPTEMBRE. 4 » PRÜITS ET 8EM B3CES.Sureau. 1 » RACINES.Véroniqae. Avoine. Froment. Angélique. 3 * PLANTS ENTIÈRE Houblon (cônes). Camomille pyiètbre. FLBUR1B. Lycopode(microspores). Chicorée.Chardon bénit. Patience.Fumeterre. Orge. Réglisse.Germandrée aquatique. Pavot. 2 * RHIZOMES. — petil-chène. Canne de Provence. 5 » DIVERS.Laitue. Fragon piquaut.Pariétaire. Angélique (tige). Froment rampant.Sauge. Cochléaria de Bretagne 4 » DIVERS. (racine). 3 » FEUILLES. Colchique (bulbe). Belladone.Angélique (tige). Orchis (tubercule). • Lobélie enflée.
  27. 27. 20 L E S PLANTES MÉDICINALESMényanthe trèfle deau. Phellandrie aquatique. Figues.Tabac. Pistaches. Genièvre. Raisins. Grenades.4 » FEUILLES ET SOMMITÉS Sureau. Jujubes. FLEURIES. Lin. 6» DIVERS. Nerprun. Colchique. Menthe. Pomme de terre. Raisins. Safran (stigmates5 * F R U IT S R S I M E X C KS Verjus. 2« DIVKRS.Ache. OCTOBBK. Belladone (racine).Ani». Pomme de «erre ;tubcr-Berberl». 1# f r u it s rr sem en ces. cules).Chanvre. Safranjsligmntes).Ci$ue. Amandier. Saponaire (racines).Coings. Aneth.Co^uerot. Angélique. • NOVRMflRE.Coriaudre. Bardane.Cumta. Belladone. Citrons.Datura. Berberis. Colchique (bulbes).-Figdei. Chicorée. Oranges.Grenades. Coings. Scille (bulbes).Jujubcr. Courge.Moutarde. Datura. nCUH. ÜKUK•Nerprun. Dauphinelle staphisai-Noix. gre. Bistorte (racine). 2» D e la récolte en pa r t ic u lie r . — D es pa r t ies queL ’on doit réc o lter . — L ocalisation des pr in c ipesI MMÉDI ATS. Lexpérience nous a appris quelles sont les parties des végétauxloi plus propres aux usages de la médecine. Ce sont en général lesplus sapldes et les plus odorantes; nous excepterons pourtant lesvégétaux ômolllcnts, qui sont inodores et insipides. Si donc on veutexpérlmonter une planto nouvelle, c’est le goût et l’odorat qui doi­vent servir spécialcmeot de guide. A ces données fournies parles sens, on Joindra celles fournies par l’analogie. On sait que chezles Loblées le calice est la partie la plus odorante; que dans lesAmomées c’est la racine ; que dans les Laurinées toute la plantepossède une odeur forte; on sait aussi que dans les Malvacées ilfout rechercher les principes émollients dans la racine, que dans les Graminées on trouve les matières féculentes dans les fruits. Les principes immédiats paraissent souvent se localiser dans unorgane spécial. C’est ainsi que l’on rencontre les principes acidesdans les fruits charnus; l’amidon dans les graines, les racines et lestiges des Monocotylédonées, dans les racines, les fruits, les tuber­cules des DJcolylédonées; les matières huileuses dans les graines;les substances astringentes dans les feuilles et les écorces. Il fuut
  28. 28. RÉCOLTE DES P U M E S 21a» moment de la récolle tenir compte du principe que l’on veututiliser et rechercher |wrmi les organes d’une plante donnée celuiqui le renferme en plus grande quantité. En effet, un même végétal présente souvent des propriétés < ii-verses; ainsi le fruit du chêne est nourrissant el l’écorce de cetarbre est astringente. Les fleurs de loranger sont calmantes, lesfouilles toniques, les fruits rafraîchissants, les graines stimulantes;les fleurs du sureau ne possèdent pas les propriétés purgatives descs baies. Enfin, il arrive quelquefois qu’un seul organe peut êtreutilisé en médecine : les fleurs, par exemple, dans le tilleul, le ro­sier; ou bien la proportion des principes immédiats d’un organelemporte tellement, les principes aromatiques dans la racine chezles Amomées, par exemple, que cette partie doit être exclusivementchoisie. Dailleurs, pour certaines espèces, cette localisation duprincipe immédiat est souvent plus complète qu’on pourrait lesupposer : la partie inférieure de la tige de la canne mellifère ren­ferme plus de sucre que le sommet ; les alcaloïdes occupent dansl’écorce de quinquina une zone spéciale. Cette localisation existepeut-être au même degré dans toutes les plantes, el l’on comprendcombien il serait avantageux pour la thérapeutique que la chimievint faire connaître le point exact d’un organe présentant le maxi­mum d’activité. Malheureusement celte étude est à peine ébauchée. 18. R é c o lt e d e » r a c in e s , d e » t u b e r c u le » e t d e » r h iz o m e » . —Les racines doivent être récoltées au printemps, quand les feuillescommencent à poindre; à l’automne, après la chute totale desfeuilles et celle de la tige dans les plantes bisannuelles. Il est facilede comprendre pourquoi on choisit ce moment. Au printemps, encfTet, la végétation se réveille, la racine élabore de nouveaux sucsdevant servir au développement des feuilles. Il ne faut donc pasattendre que ce développement soit complet, car les sucs curaientalors abandonné l’organe qui leur a donné naissance. En automne,les sucs do la ligu, n’étant plus nécessaires au développement desgraines, redescendent dans les racines, qui prennent ainsi delaccroissement jusqu’au moment où le froid vient interrompre lavégétation. A laquelle de ces deux époques de l’année faut-il donner la pré­férence? A ne consulter que l’apparence des racines, on se pronon­cerait volontiers en faveur du printemps, car à celte époque cesorganes son! plus gonflés, plus succulents; mais cetaspeci est trom­peur, la succulence ne provient que d’un excès d’eau de végétationqui rend la dessiccation difficile; de plus, les racines recueillies àcette époque se conservent moins bien et sont plus Sujettes à êtrepiquées par les vers. Lautomne est d :ic préférable. Dans tous les <
  29. 29. *22 LES PLANTES MÉDICINALES cas, on devra toujours prendre en considération la durée de la plante. Si le végétal est annuel, il est évident qu’il ne faut point attendre l’automne, car l’individu a parcouru toutes les phases de son déve­ loppement et va mourir; dailleurs, on recueille rarement les raci­ nes des plantes annuelles, car elles sont en général Inertes. On pro­ cédera à la récolte des plantes bisannuelles à la fin de la première année et â une époque de l’hiver aussi avancée que possible. Les racines d’angélique récoltées dans ces conditions sont aromatiques, tandis que celles qui ont été arrachées en juin et dont la tige a servi à préparer la conserve dangélique ou bien celles des plantes qui ont fourni les graines à l’automne de la deuxième année sont à peu près privées d’essence. Les racines des plantes vivaces, telles que l’asperge, launéo, la réglisse, la valériane, ne seront arrachées qu’après quelques années de végétation; on les trouve alors remplies de suc coloré et propres à l’usage médical. Du reste, il est certain que, si l’on ne doit uti­ liser que l’écorce (lhapsia, cynoglossc), il est Impossible do Ie9 récolter plus tôt, puisque c’est seulement alors que ces parties ont acquis suffisamment d’épaisseur. Quant aux racines des sous-arbrisseaux et des arbres, on les récolte le plus tard possible, sans toutefois attendre qu’elles aient perdu leurs propriétés médicales, et lorsqu’elles sont encore succu­ lentes, flexibles et peu ligneuses. Les racines, une fois arrachées, doivent être complètement sépa­ rées de la terre qui les salit. A cet effet, on les lave, en les agitent avec la main ou avec une pelle de bois, en ayant soin de ne pas entamer l’épiderme. On enlévo ensuite les radicelles, les collets, les parties altérées, on les fend ou on les coupe en tranches. Enfin on les enfile dans des cordes et on les soumet à la dessiccation. Quelques personnes préfèrent sécher les racines sans les laver et faire tomber la terre en les secouant dans un sac en toile. La récolte des tubercules (pomme de terre, orchls môle) se fait de la même manière que celle des racines. Celle des rhizomes (canne de Provence, fougère mâle, fragon, bistorte) s’opère dans les ,tnêmes conditions : elle est rendue plus facile par la direction ordi­ nairement horizontale que prennent les rhizomes et leur peu de, profondeur dans lo sol. * 19. R é c o l t e d e s t a r io n s , d e » b u l b e » e t d e * b o u r g e o n * . — Les turlons des végétaux herbacés sont les bourgeons des nou* velles tiges qui apparaissent sur le collet de la racine. On les coupe peu après leur apparition au-dessus du sol, lorsque les fibres ligneuses ne sont pas encore développées (aspergesf. L ’époque do la récolte des bulbes est l’automne (bulbes de colchique et de scille).
  30. 30. RÉCOLTE DES P LA ITTES Les bourgeons (sapin, peuplier) doivent être recueillis au prin­temps, lorsquils commencent û se développer; on les sèche facile­ment à Pétuve on au séchoir. 20. K é c o lt e d e s t i g e s , d e s b o l » e t de** é c o r c e s . — La tlgO«le douce-amère est presque la seule tige Indigène usitée. On larécolte en automne après la chute des feuilles, et on choisit lespousses de lannée; on la fend dun bout à* lautre, on la coupeen petits morceaux et on la fait sécher. La tige fraîche d’angé-lique est recueillie en juin c» juillet. Les bois doivent être récoltés en hiver, car à cette époque ilssont plus denses, plus riches en matières extractives, dune des­siccation plus facile. On a proposé d’écorcer les arbres dont on veutrécolter les bois. Cette pratique, qui aurait pour effet d’enrichir lebois en empêchant la sève de descendre par les vaisseaux del’écorce, serait sans doute avantageuse, mais elle n’est pas em­ployée. Dailleurs, à part le bois de genévrier, tous les bois em­ployés en médecine sont exotiques. Ils doivent provenir d’arbresJeunes, puisque le tissu ligneux, qui est inerte, augmente avecl’âge Les écorces seront prises sur des individus ou sur des partiesd’individus ni trop jeunes ni trop vieux; dans le premier cas, lesprincipes immédiats ne sont pas encore formés; dans le second, ilssont remplacés par du ligneux, des sels, etc. Le moment le plusfavorable pour la récolte est soit le printemps, soit l’automne. Larécolte du printemps est la plus facile, car en ce moment la planteétant en sève la décortication est aisée; il suffit de faire deux Inci­sions circulaires à une certaine distance l’une de l’autre et de lesréunir par une ou plusieurs incisions longitudinales, pour détacherl’écorce, qu’on divise en lanières; c’est ainsi qu’on procède à larécolte des écorces de chêne, de garou, de sureau, de racines degrenadier, de cynoglossc. L ’écorcc des branches ne doit être déta­chée qu’autant que ces branches ont une certaine grosseur et appar­tiennent à des arbres arrivés à leur entier développement. L ’écorcedu sureau est appelée deuxième écorce, parce qu’on l’a privée de«on épiderme en la raclant avec un couteau. 2 1 . R é c o lt e d o * fe u ille » . — On doit les récolter au moment oùles organes floraux commencent à poindre. Plus tôt, elles sont tropaqueuses, plus tard, les principes immédiats les ont abandonnées auprofit des fle:i"s. Cette règle n’est pas sans exception, car la petitecentaurée est plus amère, la mercuriale plus purgative pendant lafloraison et la fécondation qu’avant celte époque. Lorsque les feuilles,oomme dans les Labiées, contiennent le même principe que lesfleurs, et que ce principe augmente par la végétation, Il faut allen*
  31. 31. 24 . LES PLANTES MÉDICINALESdro la floraison. On a observé que dans cette famille, le principearomatique allant en augmentant de la base au sommet de la plante,les parties foliacées supérieures diffèrent peu de la fleur; on lesrécolte ordinairement ensemble : e’est ce qu’on appelle tommitésfleuries. On fera la récolte des feuilles par un temps Scc, deux ou troisheures après le lever du soleil; on rejettera celles qui sont rongéespar les vers, salies p.ir la terre, ou bien encore celles qui sontsèches et étiolées. 22. R é c o lt e d e s fle u r s . — On y procède, en général, au momentoù la fécondation va s’opérer, ce qui arrive lorsque l’épanouissementcommence. Plus tard, les sucs cessent de se porter sur les enve­loppes florales, qui dépérissent rapidement. Ce précepte souffrepourtant plusieurs exceptions. C’est ainsi qu’il faut cueillir à létatde bouton la fleur des Synanthérées (armoise, arnique, camomille,tussilage) dont le développement continue encore à se foire aprèsla cueillette et pendant la dessiccation, car ces fleurs trouventmatière à développement dans les sucs dont sont gorgés leursréceptacles charnus. On récolte encore en boulon la rose de Pro­vins, p;irce que les principes colorants et astringents y sont plusdéveloppés en ce moment. Les fleurs de bourrache, de camomille,de guimauve, de mauve, présentant des propriétés identiques danstoutes leurs parties, on les récolte entières. Au contraire, on séparerales calices des fleurs de coquelicot, de violette, de roses de Provins,qui non seulement altéreraient la couleur des infusés, mais encorepourraient par leur astringence contrarier l’effet des pétales. C’est àcause de son astringence que l’on préfère le calice à la corolle dugrenadier. Dans la fleur du safran, on ne prend que les stigmates,car c’est la seule partie qui renferme les principes colorants etaromatiques. J ’ai déjà indiqué pourquoi les fleurs des Labiées sontcueillies accompagnées des feuilles qui les avoisinent (sommitésfleuries); il y a ici identité dans l’action des deux organes. Le mêmeprécepte est appljcable à l’ambroisie du Mexique, à la tanaisle, à lavéronique. Les fleurs en cymes, en corymbes, en ombelles sont récoltées avec leur support commun. SI les fleurs doivent être séchées, on n’en fera la récolte que lors­ que la rosée a disparu ; lorsqu’au contraire on doit les soumettre à la distillation (hydrolats, essences), on n’alténdra pas que les rayons du soleil aient dissipé en grande partie leurs principes aro­ matiques. 23. R é c o l t e d e s p la n t e s e n t i è r e s . — Elle rentre en général dans les deux cas précédents, soit qu’on emploie la plante avant la floraison (fumetçire, laitue, p iriélaire), soit qu’dn se serve de la

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