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Agefi 2012 11-07

  1. 1. 9HRLEMB*jeiaae+[NKAEF La politique fédérale freine les intermédiaires financiers Grande difficulté à anticiper les futures contraintes de diligence en matière fiscale. Avec des pistes pour l’avenir. SÉBASTIEN RUCHE A défaut de connaître les préci- sions du Conseil fédéral sur sa stratégiepourlaplacefinancière, lesintermédiairesfinancierspour- suivent leur adaptation à la stra- tégie de l’argent déclaré. Sans en connaîtrelescontoursprécis,sans obligation positive en droit in- terne et en l’absence de standard international. Revue des points à préciser et des solutions possi- bles avec deux spécialistes gene- vois, la professeure Ursula Cas- sani et Sylvain Matthey, respon- sableduservicejuridiquedeLom- bard Odier. Le16févrierdernier,leGAFIfai- saitdesinfractionsfiscalesgraves des actes préalables au blanchi- mentd’argent.Orlatransposition de ces dispositions dans le droit suisse rencontrera de nombreu- sesdifficultés,estimeUrsulaCas- sani,enseignanteaudépartement de droit pénal de l’Université de Genève, qui s’exprimait hier lors delaJournéededroitbancaireet financier,organiséeparl’Univer- sité de Genève. Dans la pratique, ilfaudradéfinir des infractions fiscales équivalen- tesàd’autrescrimesdudroitsuisse, comme l’escroquerie ou le vol. Comment? Se baser sur un seuil sembletrèsdélicat,tantauniveau de la méthode de calcul que de la valeur elle-même. Un million de francs, comme en matière de dé- lit d’initié et de manipulation de marchés,estjugébientropélevé. Autrescirconstancesaggravantes possibles, la soustraction fiscale parmétierouenbandeorganisée sont des notions «trop peu sélec- tives». Ursula Cassani suggère de rete- nirlecritèredelatromperieastu- cieuse,commel’utilisationdefaux danslestitres,lasurfacturationou l’abus d’un lien de confiance en- vers un fisc étranger (dans le cas de la fiscalité de l’épargne euro- péenne,desaccordsQIou,àl’ave- nir, de Rubik). SUITE EN PAGE 4 Le récent arrêt du Tribunal fédéral sur les rétroces- sions risque de changer plus profondément la structure de la gestion d’actifs en Suisse que les dernières adaptations du cadre légal. Il tranche en fait une question qui jusqu’ici n’était qu’en discus- sion, anticipant non seulement sur les proposi- tions faites par la Finma, mais également sur la ré- glementation internationale dont la tendance va dans la même direction. La place financière ne fait que commencer à s’en rendre compte. Pour mettre en évidence que les effets de cette décision ont de fortes chances de se révéler totalement différents de ceux que les juges auraient souhaité créer. L’intention derrière l’obli- gation faite aux intermédiaires financiers de verser aux clients les commissions qu’ils perçoivent est claire: la sélection de produits doit devenir plus objective, basée sur la création de valeur pour l’in- vestisseur, non pas sur le montant des rémunéra- tions que touche le distributeur. Voilà qui laisse complètement de côté l’une des fonctions essentielles des rétrocessions dans le système de la gestion d’actifs: celle de rémunérer les établissements financiers pour leur rôle de dis- tributeurs de fonds de placement ou d’autres pro- duits financiers.Dans une intervention publiée hier sur son blog, l’Association suisse des banquiers (ASB) souligne que la place durement acquise par l’architecture ouverte, dans le domaine des fonds de placement comme d’autres produits financiers, se trouve remise en question. La sélection d’un véhicule d’investissement plutôt qu’un autre peut se jouer sur une différence de seulement quelques points de base. Le Tribunal fé- déral n’a certes pas fait l’erreur de mettre les fonds de tiers sous un régime qui les défavorise par rapport aux fonds maison, en demandant aussi à ces derniers de déclarer et d’attribuer les rétrocessions internes aux clients. Mais cette correction ne fait que sortir le problème du domaine des fonds de placement. Toutes les tentatives d’empêcher la conséquence logique de l’interdiction d’accepter des rétrocessions sans les reverser aux clients paraissent condamnées à l’échec. Il est impossible d’améliorer la protection des investisseurs en encadrant encore plus le pro- duit déjà le plus fortement réglementé. Au contraire, ces tentatives la détériorent, rendant les fonds de placement toujours moins attrayants du point de vue de l’établissement financier. Celui-ci aura simplement recours à d’autres véhicules d’in- vestissement, comme par exemple les produits structurés, réglementés de manière nettement moins stricte. Les effets contraires d’une surprotection L’essentielducommerceinterna- tionaldesmatièrespremièrestran- site par voie maritime et Genève représente22%decesflux.Leré- seauintègreàlafoislessociétésde trading, les banques, les compa- gniesd’assurances,lesorganismes de certification et les sociétés de transport.Maisbeaucoupd’arma- teurssont,ouvontêtreendifficul- tésfaceauremboursementd’em- pruntsqu’ilsontcontractéssurdes bateaux dont la valeur continue à s’effondrer. Une chute de 50% depuis 2008. En cause, la suren- chère des commandes de la pre- mière partie des années 2000 – due à l’implémentation des dou- ble-coques et à la nécessité d’uti- liserdesnavirescapablesd’affron- ter les glaces en raison des conditions climatiques sévères et delamiseenservicedesportsrus- ses de la région de Saint-Péters- bourg–,lahaussedescoûtsducar- burant, des équipages et de la sécurité.MarcLecoanet,CEOde Riverlake,faitlepointsurunpro- blème structurel qui ne se résou- dra pas à brève échéance. PAGE 11 CRISES DUTRANSPORT PÉTROLIER Le malaise des armateurs de tankers Le groupe confirme son leadership en matière de préservation des marges. Malgré l’environnement. Il n’est pas inutile de rappeler la position singulière du groupe Adecco dans le secteur du place- ment professionnel. Les chiffres autroisièmetrimestrenesontpas une révélation. Les résultats ap- paraissenttrèsenligneaveclesat- tentesettrèsligneaveclesprojec- tions de la direction. Les investisseurs ont tout de même réagi positivement et recherché letitrejusqu’àleporterentêtedu SMI. Preuve qu’Adecco réserve encoredelacapacitéàsurprendre etàprofiterd’uneffetdecontraste aveclescraintesliéesaucontexte conjoncturel. L’Europe n’est pas étrangère à cet effet de surprise: Adecco en est fortement dépen- dant(prèsde65%duchiffred’af- faires), en particulier la France, territoire historique et toujours l’un des principaux débouchés avecprèsduquartduchiffred’af- faires global. Danslesfaits,cequiétaitattendu aétéconfirmé.Côtéinfluencede labasseconjoncture,laFranceaf- fichebeletbienlereculleplusim- portant (-16% du chiffre d’affai- res) et l’Europe a globalement démontrélereculdelademande. Mais c’est typiquement le genre delecturequinefaitplussensau- jourd’hui. PAGE 6 ADECCOTOUJOURS PLUS RENTABLE L’étonnante résistance conjoncturelle ÉDITORIAL CHRISTIANAFFOLTER LES MULTINATIONALESAU ROYAUME-UNI Controverse exacerbée sur leur imposition PAGE 21 JA-PP/JOURNAL — CASE POSTALE 5031 — CH-1002 LAUSANNE Mercredi 7 novembre 2012 | Numéro 200 | Créé en 1950 | Vendu en kiosques et par abonnement | Prix 4,50 CHF (TVA 2,5% incl.) - 3,00 EUR | agefi@agefi.com | Rédacteur en chef: François Schaller GROUPE J. SAFRA HOLDING EN SUISSE L’analyse et rating Standard & Poor’sPAGE 4 CREDIT SUISSE CRÉE AVENTICUM À DOHA Avec l’actionnaire de référence PAGE 3 SCHINDLER ET ENTENTE CARTELLAIRE Verdict européen défavorable PAGE 6 DENTIFRICE ELMEX (COLGATE PALMOLIVE) Fin de la production en Suisse PAGE 5 GROUPE EADS ET AVIONS DE COMBAT Perquisitions jusqu’en Suisse PAGE 24 MONTREUX ART GALLERY (8e ÉDITION) Le second marché de l’art PAGE 7 LE MARCHÉ HORS-BOURSE DE LA BCZ Focus sur les casinos en Suisse PAGE 11 CONCEPT D’ÉCOSAPIN EN SUISSE ROMANDE L’arbre de Noël en location PAGE 24 La duplication sur Verbier LAURENT MICHAUD. Le détaillant horloger multi- marques et indépendant Michaud, basé à Neuchâtel, a ouvert il y a une année un point de vente à Verbier. C’est principalement le potentiel limité du marché neuchâtelois qui a amené l’enseigne familiale cente- naire à tenter sa chance. Le co-propriétaire commente douze mois d’exploitation dans une conjoncture peu favorable. PAGE 7 SMI 6745.74 +0.59% +1.02% DOW JONES 13245.68 6700 6715 6730 6745 13100 13150 13200 13250 MARC LECOANET. Le shipping doit rester un monde institutionnel. CollectionClassique www.breguet.com BOUTIQUES BREGUET – 40, RUE DU RHÔNE GENÈVE BAHNHOFSTRASSE 1 GSTAAD – BAHNHOFSTRASSE 31 ZÜRICH
  2. 2. LES ENTREPRISES FONT UN TRI PLUS SÉVÈRE FACE AUX COHORTES D’UNIVERSITAIRES ARRIVANT SUR LE MARCHÉ. LE CHOIX S’OPÈRE EN ÉCARTANT LES MOINS BONS ÉLÉMENTS. C’EST POUR BEAUCOUP UNE DÉCEPTION. mercredi 7 novembre 20122 FORUMPAGE Le conseiller fédéral Johann Schneider-Am- mann a soulevé une belle indignation média- tique de ce côté-ci de la Sarine après avoir dé- clarédanslaNeueZurcherZeitungqu’ilyavait trop de bacheliers en Suisse. Il aimerait, a-t-il ditensubstance,augmenterlesexigencesd’ac- cèsàlamaturité,afinquelesporteursdeceti- tre soient moins nombreux mais meilleurs et que,parallèlement,davantagedejeunessetour- nentversdesformationsprofessionnelles.Ila en outre évoqué un lien de cause à effet entre lenombredebacheliersetletauxdechômage, citantexplicitementlasituationdescantonsro- mands. Ces propos étaient sans doute maladroits. D’abord,M.Schneider-Ammannauraitdûsa- voir que les critiques adressées aux Romands par des Alémaniques, par presse alémanique interposéedesurcroît,neportentjamaisetne réussissent qu’à exacerber la fierté de la mi- norité francophone. Ensuite, et surtout, il au- rait dû se souvenir que la formation relève de lacompétencedescantonsetque,nonobstant l’existenced’unematuritéfédérale,iln’appar- tient pas à un magistrat fédéral de décider s’il fautaugmenteroudiminuerlenombredeba- cheliers. Pourtant, sur le fond, on aurait tort de rejeter la critique d’un simple revers de main. Notre société,paradoxalement,setarguedecombat- tretouteformed’élitismemais,enmêmetemps, vit plus ou moins consciemment dans l’idée queseuleslesformationsacadémiquesconsti- tuentunevéritable«réussite».L’écoletentede pousser un maximum d’élèves «vers le haut», c’est-à-dire vers la voie gymnasiale, parce que lesautresfilières–tantqu’ilenreste!–sontplu- tôt jugées comme des «échecs». Les universi- tés, à la suite, croulent sous les immatricula- tions; les professeurs y voient arriver des étudiants qui n’ont pas tous le niveau attendu pour des études universitaires, quand ne font pas défaut certains enseignements qui de- vraientnormalementêtreacquisàlasortiede l’école obligatoire. Faceauxcohortesd’universitairesarrivantfi- nalementsurlemarchédutravail,lesentrepri- sesréagissentparuntriplussévère,enécartant les moins bons éléments. Pour beaucoup de jeunes qui ont achevé des hautes études, c’est la déception. Les ingénieurs, les géographes, les avocats et les philosophes ont aussi besoin, pourselogeretsenourrir,debonsouvriers,de bonsélectriciensetdebonsbouchers.Or,dans certainesprofessionsmanuellesouartisanales, on peine parfois à trouver des jeunes pour as- surerlarelève.Lesassociationsprofessionnel- lesconsacrentbeaucoupd’effortsàdévelopper etaméliorerlaformationprofessionnelle,mais ellesseheurtentauxpréjugésdenotresociété – préjugés attisés par les concepts pédagogi- ques officiels – qui établissent une hiérarchie de valeur entre les formations universitaires, considéréescommelesplusachevées,etlesau- tres apprentissages que l’on traite avec moins de considération. La critique du messager ne doit pas nous empêcher d’en- tendre le message: il y a bel et bienundéséquilibreàcorriger. PIERRE-GABRIEL BIERI Centre patronal La voie gymnasiale n’est pas la seule forme de réussite Les propos du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann à propos des bacheliers méritent d’être entendus. Pas sur la forme mais sur le fond. Les décisions des Etats et les choix quotidiens d’achat des consommateurs feront progresser les nouveaux modèles. RENÉ LONGET* Quanddansunjournaléconomi- que il est question de production agricoleoudeconsommationali- mentaire-deuxfacesd’unmême enjeu,onparleravolontiersdetra- dingdegrainoud’huiledepalme, plantationsdesojaouélevagein- dustriel.Maiscen’estqu’unepar- tie de la réalité. De plus en plus, danslemonde,d’autresapproches émergent. Les grands progrès de la produc- tivité permettent aujourd’hui de vaincrelafaimetlescarencesali- mentaires; les obstacles ne sont pas au niveau de la production mais de l’accès à une nourriture adéquate.Grâceàcesacquis,nous pouvons aussi imaginer l’avenir enreprenantcertainsfilsdel’his- toire. Ainsi revaloriser le savoir ancestral sur les successions des cultures permet de réduire for- tement les traitements, remettre envaleurdesespècesanimaleset végétaleslocales,debénéficierde leur résistance naturelle. Cela fait du coup renaître la di- versité des goûts et des couleurs, et on reconnaît de plus en plus le bien-fondé d’une réponse locale àunedemandelocale,lanécessité deprendresesresponsabilitésali- mentaires sur le terrain de la proximité. Ce faisant, on répond au souhait d’assurer un peuple- ment décentralisé et au refus lé- gitimederéduirelepaysanauseul rôle de jardinier du paysage; en- fin le tout est lié à la capacité de payer le juste prix dans une rela- tion commerciale équitable. Ces évolutions dessinent les contoursd’autresscénariosd’ave- nir pour le secteur agro-alimen- tairequeletoujoursplusaumoin- dreprix(cemoindreprixcachant unfortcoûtécologiqueetsocial). Cesmodèlesmisentsurlaqualité, et apportent une réduction de l’empreinte écologique de l’agri- culture.Nécessitantdavantagede main d’œuvre, ils créent des em- plois décentralisés. Ce seront les décisions des Etats en matière de politique agricole, et les décisions quotidiennes d’achat des consommateurs, qui feront que ces modèles puissent progresseretprendrepeuàpeula placed’unproductivismeàlafois dominant et à bout de souffle. Lerécentrassemblementmondial deSlowFoodàTurinamontréla convergence et l’engagement de milliers de producteurs de par le monde, porteurs de valeurs qui n’ontriend’élitistemaisquinous concernent tous, car tous nous mangeons.Lanourriturenousre- lie à la terre et au temps, c’est no- tre vie. Et si Carlo Petrini, le cha- rismatique fondateur de Slow Food, avait raison quand il pos- tule que manger est aujourd’hui un acte politique? L’affirmation peut surprendre de prime abord, maisquandonypense,onnepeut que s’y rallier. *Expert en développement durable Les différents scénarios agricoles envisageables ET SI LE CRÉATEUR DE SLOW FOOD AVAIT RAISON QUAND IL POSTULE QUE MANGER EST AUJOURD’HUI UN ACTE POLITIQUE? Berlusconi tourmentera encore l’Europe L’empreinte de l’ancien Premier ministre sur la politique italienne pendant de nombreuses années reste très présente. PAOLA SUBACCHI* Silvio Berlusconi, l’homme qui a étéaucentredelaviepolitiqueita- lienne durant 20 ans et trois fois Premierministre,aétécondamné à quatre ans de prison - une peine réduitedepuisàunan.Néanmoins, que ce soit en Italie ou en Europe, peu de gens croient qu’il disparaî- tradesitôtdelascènepolitiqueita- lienne ou européenne. Il y a quel- quesjoursiladéclarésonintention de ne pas abandonner la vie poli- tique, même s’il ne brigue pas un quatrièmemandatdePremiermi- nistre. Quel que soit le rôle qu’il choisira de jouer, il ne sera pas marginal. Peut-être ne souhaite-t-il pas être à nouveau le roi, mais contrôlant Mediaset, le principal groupe au- diovisuel italien, il peut certaine- ment être un faiseur de roi. Et commesapopularitéestauplusbas, ilpourraitutilisersonjoker:adop- terunepositionanti-gouvernemen- taleeteuro-sceptiquepouressayer de faire tomber le gouvernement technocratiqueduPremierminis- treMarioMonti. LegouvernementMontiasuccédé àceluideBerlusconiennovembre 2011,aveclesoutienduParlement et un mandat clair: restaurer la confiance des marchés et garantir à nouveau aux partenaires de la zoneeuroetauFMIquel’Italiene vapassuivrelemêmecheminque la Grèce. Le même mois, lors du sommet du G20 à Cannes, l’Italie et l’Europe n’étaient pas loin de l’écroulement, tandis que le gou- vernementBerlusconiétaitprofon- démentdivisésurlapolitiquebud- gétaire à suivre pour diminuer le coût du service de la dette. L’im- passe politique italienne et l’inca- pacité de Berlusconi à parvenir à unesolutionavecl’Allemagneetla France ont conduit à un bond du coûtdurefinancement-l’écartdes tauxitaliensparrapportàceuxdes obligations allemandes dépassant enpermanence500pointsdebase entre juillet et novembre 2011. LegouvernementMontiarestauré laconfiancedesmarchésetlacré- dibilité internationale de l’Italie. Maislasituationdupaysrestefra- gile.L’écartdestauxd’intérêts’est stabilitéauxalentoursde300points de base, ce qui est plus facile à gé- rer,maisilestencoresupérieuràce qu’ilétaitilyatroisans.Parailleurs, les perspectives de l’économie ita- liennerestenttrèsincertaines. Ilsemblequelepaysnevapasbé- néficierdelamodesterepriseéco- nomiquequiauralieuunpeupar- tout en 2013. Selon le FMI, la récessionvaseprolongerenItalie l’annéeprochaine.Lerythmedela contractiondevraitêtreinférieurà ce qu’il est cette année (- 0,7% en 2013contre-2,3%en2012),mais le chômage devrait augmenter - passantde10,6%à11,1%. L’Italiedoitfairedavantageàcourt terme pour stimuler la croissance, à moyen terme pour améliorer sa positionbudgétaireetàlongterme pourmettreenoeuvrelesréformes structurelles destinées à renforcer l’économieetàlarendrepluscom- pétitive. L’Italie se classe 43° dans leclassementduForuméconomi- quemondial,despayslespluscom- pétitifs,loinderrièrelesprincipaux paysdelazoneeuro,enraisond’in- vestissementsinsuffisants(notam- mententermedecapitalhumain) etdesrigiditésstructurellesquifrei- nent la croissance depuis des an- nées. ContrairementàcequeditBerlus- coni,lasolutionauxproblèmeséco- nomiques de l’Italie n’est pas une sortie de la zone euro et un retour àlaflexibilitéqu’apporteunemon- naienationale-cequiapermisdans le passé de doper la compétitivité au moyen de dévaluations irres- ponsables. L’Italie doit apprendre àvivreavecl’euro,auseindelazone euro, ce qui suppose qu’elle ait re- coursnonàladévaluation,maisà unepolitiquedesoutienàlacrois- sance de la productivité et à l’in- novation,commeprincipalmoteur delacompétitivité. Un gouvernement stable, compé- tentetresponsable,disposantd’une majorité parlementaire conforta- ble est un élément essentiel pour poursuivrelapolitiqueengagéepar Monti.Latransitiondevraitsefaire en douceur, mais de nombreuses incertitudespourraientbloquerles réformes. La principale question que l’on se pose dans la zone euro et en Italie même est de savoir si cette dernière parviendra à passer d’ungouvernementdetechnocra- tes à un gouvernement «normal». Dans cette perspective, les propo- sitions de Berlusconi pour l’Italie, et les conséquences qui en décou- leraientpourlazoneeuro,sontin- quiétantes.Alamoindresuspicion que l’Italie puisse retomber dans une paralysie parlementaire (commelorsdesderniersmoisdu derniergouvernementBerlusconi), les marchés douteront de la crédi- bilitéduplandeconsolidationbud- gétaire italien. Cela remettrait en questionlacapacitédel’Italieàre- financer sa dette. Cette dette est la plusimportantedelazoneeuro,en- viron 2000 milliards d’euros, soit 120% de son PIB. Autrement dit, onpeutaiderl’Italie,maispaslasau- ver. L’Italie risquant l’instabilité, Montidoitveilleràcequ’ellepuisse résister à une nouvelle période de volatilitédesmarchés.Lasituation n’estpaslamêmequ’ilyaquelques mois, car aujourd’hui la Banque centraleeuropéennepeutinterve- nir et racheter la dette des pays en difficulté.Pourbénéficierdecemé- canisme,unpaysmembredoitdé- poserunedemandeformelle.C’est cequel’Italiedevraitfairesansdé- lai.Ilestpréférabled’avoiràsadis- positionuncanonquineserviraà rien que de se retrouver désarmé aumauvaismoment. * Cercle de réflexion Chatham House. Project Syndicate Les limites du solaire en plein champ La production d’énergie renouvelable ne doit en aucun cas se faire au détriment des terres cultivées. SANDRA HELFENSTEIN BEAT RÖÖSLI* Les énergies renouvelables ga- gnentenimportanceetl’agricul- turepourraitapporterunecontri- bution importante dans ce domaine. La production d’éner- gienedoitcependantpassefaire audétrimentdesterrescultivées. Le grand nombre de toits encore inutilisés offre suffisamment de place pour des installations pho- tovoltaïques. La nouvelle orien- tationdelapolitiqueénergétique suisse donne plus de poids aux énergiesrenouvelables.L’agricul- ture peut facilement tirer parti desagentsénergétiquesquesont le bois, le biogaz ou le soleil : ils offrent la possibilité de générer des revenus supplémentaires. L’Union suisse des paysans (USP) conseille et soutient les agriculteursquisouhaitentréali- ser des projets de production d’énergie,commelaconstruction d’une centrale à biogaz ou l’ins- tallation de panneaux photovol- taïques sur le toit d’un bâtiment agricole. Ces derniers temps, les discussionsautourdesinstallations photovoltaïques en plein champ se sont encore intensifiées. Il est question de la production d’élec- tricitésurlesterrescultivées,bien sûr,maisaussiduprincipededou- ble utilisation : les panneaux pro- duisent de l’électricité, et les sur- facessurlesquellesilssontinstallés peuventêtregéréesdefaçonàfa- voriser une grande biodiversité. L’USP s’inquiète cependant que de telles installations ne soumet- tentlessurfacesagricolesàencore plus de pression. Sa priorité reste une utilisation respectueuse des terres cultivées. C’est pour cette raisonqu’ellesouhaiteenparticu- lier protéger les surfaces produc- tives,facilementaccessiblesetpou- vant être travaillées avec des machines. L’installation de pan- neaux photovoltaïques dans les champsiraitàl’encontredecetob- jectif deprotection,lequelestaussi soutenu par la population. Dans les zones habitées et les zo- nes agricoles, beaucoup de toitu- res peuvent accueillir des instal- lations photovoltaïques. Il existe enoutred’autresconstructionset installations qui s’y prêtent, comme les pare-avalanches, les mursantibruit,etc.L’USPnevoit pasl’utilitédesacrifierdeprécieu- ses terres cultivables si le type de structures mentionnées ci-avant nesontpastoutd’abordutilisées. Lesinstallationsphotovoltaïques ne doivent être autorisées en de- hors des zones à bâtir que sur des sols peu propices ou impropres à l’agriculture. *Union Suisse des Paysans L’UTILISATION RESPECTUEUSE DES TERRES CULTIVÉES DOIT RESTER VRAIMENT PRIORITAIRE.
  3. 3. PIOTR KACZOR La référence aux racines helvéti- ques. Cela peut surprendre mais c’estlaraisonprincipaleinvoquée par le groupe Credit Suisse pour baptiserdunomdel’ancienneca- pitaledel’Helvétieromainelaso- ciété Aventicum Capital Mana- gement. Cette dernière vient en effetd’êtrefondéeentantqueco- entrepriseavecQatarHolding,le premier actionnaire du groupe CreditSuisse,quasimentàégalité avec le conglomérat séoudien Olayan (chacun plus de 6% des droits de votes de CS). «Les raci- neshelvétiquesetlaconnotation internationales car précisément auMoyen-Orient,lesracinessuis- ses sont synonymes de stabilité, fiabilité, qualité et professionna- lisme»expliqueCharlotteNelson, porte-parole de CS à Zurich. On n’en saura pas davantage sur lagenèsesémantiquedelasociété. Ni même sur les modalités de ré- partition entre les deux groupes, autrementditquiestmajoritaire. Cequiestsûr,c’estquelefaitd’en- trer Aventicum dans un moteur de recherche transportera désor- mais l’internaute non plus seule- mentdansl’histoiredel’Helvétie romaine, mais aussi dans la fi- nance et au Moyen-Orient. «Le lancement de Aventicum est une étape clé pour établir Doha entantquecentrefinancierinter- national prééminent. Nous pen- sonsquel’expérienceetlespoints forts de Credit Suisse dans l’as- setmanagement,liésàsonexper- tise des marchés émergents en fontlepartenaireidéalpournous» explique en effet Ahmad Al- Sayed, le CEO et Managing Di- rector du fonds souverain qatari, dans le communiqué diffusé mardi matin. Et quel est l’intérêt de CS dans cette opération? Réponse de son CEOBradyDougan:«Cetaccord estuneopportunitédenousasso- cieràunpartenairetenuenhaute estime et constitue un nouvel exempledenotreengagementde longuehaleinedanscettecontrée. Ce partenariat met en jeu les points forts de Qatar Holding et de Credit Suisse et nous pensons que Aventicum procurera une plateformed’investissementsans pareille,tantauQatarqu’àl’inter- national». Il faut dire qu’après s’être fait tancé par la BNS pour sonniveaudefondspropresjugé un peu juste sous l’angle des fu- tures exigences de Bâle III, Cre- dit Suisse a procédé cet été à une augmentationdecapitalquiaper- misàplusieursfondssouverains, dontQatarHolding,derenforcer leurspositionsd’investisseursstra- tégiques de la grande banque. Cettecoentrepriseentendopérer ses activités à partir de deux cen- tres financiers. En premier lieu Doha, la capitale du Qatar, pour y déployer ses stratégies d’inves- tissement au Moyen-Orient, en Turquie et au sein d’autres mar- chés dits frontières. Mais le nom dudeuxièmecentrefinanciern’a pas été dévoilé et ne le sera qu’en 2013. Il se situe «hors de cette contrée» selon Credit Suisse. Aventicumentendmettreàladis- positiondesinvestisseursinstitu- tionnelsavanttout-maisaussides grandes fortunes privées (UHNWI) - à travers le monde unesériedecatégoriesd’investis- sementsselonlesprocéduresetla gestiondesrisqueséprouvésdela grande banque. La coentreprise sera placée sous la conduite opé- rationnelle de Aladdin Hangari, CEOdeCreditSuisseQatar,alors queMartinKeller,responsablede l’asset management de CS pour la zone EMEA, en assumera la présidence. Lesjointsventures(JV)oucoen- treprisesconstituentl’unedesmo- dalités d’expansion de Credit Suisse au Proche Orient et dans d’autres marchés émergents de- puis plusieurs années. Soit dans des contrées qui présentent une forte croissance des afflux nets d’actifs. Si pareille approche est aussiappliquéeailleurs,parexem- ple en Arabie saoudite ou en Chine, il a été mis fin à une telle coentreprise en Corée après plu- sieurs années souligne Charlotte Nelson. Alors qu’au Brésil par exemple, c’est le mode d’expan- sionparacquisitionsquiestprivi- ligié: ainsi la participation dans Hedging Griffo (asset manage- ment/privatebanking)a-t-elleété portéecetteannéede50%à100%. La grande banque peut ainsi se permettred’avancersespionssur le marché mondial et exploiter la possibilité de recourir aux atouts de plusieurs places finan- cières. A son avantage et à celui de la place financière suisse? La réponse va sans doute dépendre de l’évolution future de la répar- tition de l’actionnariat de réfé- rencedelagrandebanqueet,par conséquent, de sa performance dans les différents métiers. SUISSE AGENDA MERCREDI 7 NOVEMBRE Barry Callebaut:résultats 2011/2012 Holcim:résultatsT3 LifeWatch:résultatsT3 NewVenturetec:résultats 2011/12 OFS:indice des prix à la consommation CPI octobre JEUDI 8 NOVEMBRE BC vaudoise:résultatsT3 Nobel Biocare:résultatsT3 Kuoni:résultats 9 mois Swiss Re:résultatsT3 Swisscom:résultatsT3 Novartis:R&D Investor Day,Boston (USA) BNS:allocution de Fritz Zurbrügg,Apéro monétaire,Genève SECO:chiffres du chômage octobre KOF:sondage conjoncturel octobre,Zurich VENDREDI 9 NOVEMBRE Richemont:résultats S1 Pargesa:résultatsT3 International Minerals:AG CS:conférence de presse:Obama ou Rom- ney? les USA après l’élection présiden- tielle. LUNDI 12 NOVEMBRE ras MARDI 13 NOVEMBRE Weatherford:résultatsT3 Tornos:résultatsT3 Lem:résultats S1 PSP Swiss Property:résultatsT3 Sonova:résultats S1 2012/13 Swiss Life:rapport intermédiaireT3 mercredi 7 novembre 2012 3SUISSE PAGE Plus facile à dire qu’à faire. Il faut avoir la clairvoyance et l’assurance nécessaires pour s’écarter des indices ou ignorer les instincts grégaires. Il faut être suffisamment discipliné pour rester fidèle, à tout moment, à ses convic- tions profondes en respectant ses paramètres de risque. Il faut savoir écouter ses clients et imaginer des solu- tions qui puissent réellement répondre à leurs besoins. Pour offrir à ses clients de meilleurs rendements sur le long terme, il faut savoir composer avec les marées. Vous obtiendrez davantage d’informations en contactant notre Head of Private Clients, Xavier Clavel, par téléphone au 058 426 30 95 ou par e-mail (xavier.clavel@gam.com), ou en visitant notre site Internet www.gam.com*. GAM: une gestion active et indépendante des investisse- ments qui offre une perspective alternative sur le monde. Gestion active des investissements Savoir composer avec les marées Cette annonce est publiée par GAM (Schweiz) AG, Klausstrasse 10, CH-8034 Zurich. *L’accès à www.gam.com peut faire l’objet de restrictions. Co-entreprise pour établir Doha CREDIT SUISSE. Joint venture avec le premier actionnaire du groupe. Aventicum CM vise à renforcer le centre financier qatari. AHMAD AL-SAYED. Le CEO de Qatar Holding considère Credit Suisse comme le partenaire idéal. LES CO-ENTREPRISES CONSTITUENT L’UNE DES MODALITÉS D’EXPANSION DE CREDIT SUISSE SUR LES MARCHÉS ÉMERGENTS. BC LUCERNE. Les volumes ont augmenté alors que les marges sont restées stables. La Banque cantonale de Lucerne (LuzernerKantonalbank,LUKB) aencoreprogressésurlesneuf pre- miersmoisde2012etelleaffiche demeilleursbénéfices.L’instituta relevésesprévisionspour2012et ilattenddésormaisunrésultat«lé- gèrementsupérieur»àceluidel’an dernier.Auparavant,iltablaitseu- lement sur un bénéfice stable d’une année sur l’autre. Le béné- fice brut a augmenté de 2,9% à 177,4 millions de francs sur les neuf premiersmoisdel’année.Le bénéfice net a progressé de 11% à 128,3millions,aprécisél’institut, qui ajoute avoir réduit d’un tiers l’attributionauxréservespourris- ques bancaires généraux. Le produit des neuf premiers mois a atteint 332,4 millions, en hausse de 0,9% a indiqué la ban- que hier. Le produit des intérêts, un pilier important des revenus, a augmenté de 2,95 à 249,5 mil- lions. Selon la banque, les volu- mes ont augmenté alors que les margessontrestéesstables.Lepro- duit des garanties sur variations de taux a aussi évolué positive- ment. Leproduitdescommissionsetser- vices a en revanche diminué de 8,9%à57,8millions.Cettebaisse s’expliqueparl’attitudeprudente des investisseurs en regard de la situationdesmarchés.Parailleurs, «comme prévu», la banque a ré- duitlenombredesesclientsétran- gers depuis 2010. Le produit du négoceaaugmentéde5,15à20,0 millions. Leschargesd’exploitationontdi- minué de 1,35 à 155,0 millions. Tant les charges matérielles que les charges de personnel ont baissé,mêmesil’effectif alégère- mentaugmenté.Lepostecorrec- tifs, provisions et pertes a légère- ment augmenté, mais reste à un faible niveau, selon la banque. Au30septembre,lasommedubi- lan a augmenté de 7,3% à 28,8 milliardsdefrancsparrapportau début de l’année. Les prêts ont progresséde4,8%à22,9milliards, dontunehaussede3,3%pourles créances hypothécaires, hausse quelque peu ralentie par rapport à l’année précédente à pareille époque (+5,4%). Lesdépôtsdelaclientèleontaug- menté de 2,9% à 26,8 milliards. Depuis le début de l’année, l’af- fluxnetd’argentfraisareprésenté 731millions.L’affluxnetd’argent fraisaatteint731millionsdepuis le début de l’année. Les chiffres sont supérieurs aux attentes de la BC de Zurich, dont lesanalystesavaientprévuunpro- duitde331millions,unbénéfice brut de 155,4 millions et un bé- néfice net de 126,2 millions. Pour l’ensemble de l’exercice 2012, la LUKB a revu ses prévi- sions à la hausse et attend désor- mais un bénéfice annuel «légè- rementsupérieur»àceluide2011. Auparavant, elle tablait sur une stabilitédesonbénéfice.Onpeut toujours tabler sur un dividende brutde11francs,aencoreprécisé l’institut. Attentes relevées grâce au produit des intérêts BC Thurgovie: going public programmé La BC Thurgovie (Thurgauer Kantonalbank, TKB) souhaite s’ouvriràunlargepublic.Ellede- vraitlefaireparlebiaisdel’émis- sion d’un bon de participation, a indiqué hier l’institut. La loi doit toutefoisêtremodifiéeaupréala- ble. Selon l’évolution du change- ment de loi, l’entrée en Bourse pourrait avoir lieu vers fin 2013 ou dans le courant de l’année 2014. «Noussommesdésormaisenme- sure d’émettre un bon de partici- pation»,adéclaréRenéBock,pré- sident de la Banque. La BC Thurgovie est tout à fait saine et présentedetrèsbonsrésultatsde- puis des années. «Avec le bon de participation,nouspouvonsren- forcer notre présence sur le mar- ché et offrir à la clientèle, à la po- pulation et à d’autres intéressés un instrument de placement at- trayant», a ajouté M. Bock. Labanqueveutconvertirenbons departicipationunepartieduca- pital mis à disposition par le can- ton. En l’espace de cinq ans, un cinquièmeducapitaldebase,qui semonteactuellementà400mil- lionsdefrancs,seraitconverti,ce qui correspond à une valeur no- minale de 80 millions. La première étape prévoit l’émis- siondebonsdeparticipationpour unevaleurnominalecompriseen- tre 30 mio et 40 millions. Ceux- ci seraient ensuite placés auprès du grand public. La valeur nomi- naledubonetleprixdeplacement seraientfixéssuffisammenttôt.Le cantonconserveraitaumoins80% ducapitalnominaletresteraitainsi le principal propriétaire.
  4. 4. mercredi 7 novembre 20124 SUISSEPAGE PHILIPPE REY ZURICH J.SafraHoldingAG,quiestlaso- ciétémèredugroupeSafradeban- ques de gestion de fortune, de- meure sur une appréciation positive en matière d’analyse de solvabilité (CreditWatch) par l’agence de notation Standard & Poor’s,quiluiattribuedesratings BBB+/A-2 à court et long terme. Par ailleurs, la filiale Banque Sa- fra - Luxembourg est gratifiée d’un rating à court et long terme A-/A-2,avecunCreditWatchpo- sitif.Uneanalysedesnouvellesin- formationsconcernantlegroupe élargiàl’acquisitiondeBanqueSa- rasin en juillet 2012 est prévue dans les 90 prochains jours. J. Sa- fra Holding est domicilié à Bâle. Lavuepositiveenmatièredecré- ditetrisquedecontrepartiereflète l’opinion de S&P selon laquelle le groupe élargi J. Safra profitera probablement, suite à la reprise de Sarasin, d’une taille plus grande ainsi que d’économies d’échelle, d’une plus grande cou- verturegéographique,et,pluspar- ticulièrement, d’une compétiti- vité accrue concernant les actifs déclarésouconformesaudroitfis- cal. Le groupe Safra est un nom hau- tement respecté dans le private banking global avec un chemin historiquepavédesuccès.Lesban- quesdecegroupeincluentBanco Safra, Banque J. Safra (Suisse), Banque J. Safra (Monaco), Ban- que Safra Luxembourg, Bank J. Safra (Gibraltar), Safra National Bankof NewYorketSafraInter- national Bank and Trust, toutes des entités bâties sur de solides fondations financières. Afin2011,legroupeSafradispo- sait dans l’ensemble de capitaux propresd’approximativement12 milliards de dollars et d’actifs to- tauxsousgestionde101milliards de dollars. Les banques Safra se trouvent à 125 endroits dans le monde et occupent plus de 6300 personnes. Ce groupe est géré de manière conservatrice tout en paraissant fortement capitalisé. Les exigen- ces de publication en matière de fonds propres consolidés pour J. Safra Holding faisaient ressortir des fonds propres pouvant être pris en compte de 1,359 milliard de francs à fin 2011 (1,273 mil- liard à fin 2010). Le total des fonds propres requis s’élevait respectivement à 658,6 et 488 millions, dont 365,6 et 257,9millionspourrisquesdecré- dit. Ainsi, le rapport entre les fonds propres pris en compte et les capitaux propres requis selon le droit suisse atteignait respecti- vement2,063et2,61foisen2001 et 2010. Banque Sarasin sera consolidé sous J. Safra Holding AG. Sur la base des informations pu- bliques disponibles, la franchise d’affaires de Banque Sarasin, en particulierdanslesactifsdéclarés, rend ce partenaire très attractif pourSafra,quirenforceàsontour safranchiseavecpeudedoublons en ce qui concerne la plateforme internationale de ce groupe. Le groupe élargi J. Safra s’occu- pera d’actifs sous gestion d’envi- ron130milliardsdefrancsetaura une plus large diversification in- ternationale, selon S&P. Il béné- ficiera également de canaux de distribution supplémentaires pour ses produits et d’un accès à des nouveaux marchés de crois- sance, spécialement en Asie et au Moyen-Orient.Au30juin2012, Banque Sarasin présentait un to- tal du bilan de 16,3 milliards de francsetdesactifssousgestionde 99,1 milliards de francs. La posi- tion de Sarasin dans le private banking se révèle saine et solide, avecunelargediversificationgéo- graphique en termes de sources de revenus. Le ratio de capital Tier 1 de cette banque se montait à 15,5% à fin juin 2012. Ce qui se situe consi- dérablementau-dessusduniveau minimalréglementairerequisde 8% par la Finma. Le ratio affiché par Banque Sarasin est en ligne avec les standards de J. Safra en Suisse, d’après S&P. PourréévaluerleCreditWatchau sujetdeSafra,S&Pexaminerale ratio de capital ajusté du risque pour le groupe élargi et contrô- lera les progrès et la taille de l’in- jectiondecapitalannoncéeparla familleSafra.S&Pévalueraaussi l’importance systémique du groupeSafraélargienSuisse,que l’agence de notation qualifie de soutien à l’industrie bancaire. Une banque conservatrice aux confins de la zone A SAFRA GROUP. La société de tête, J. Safra Holding, est gratifiée d’un rating BBB+/A-2 par S&P. Reste que la provenance de l’in- fraction fiscale demeure un véri- tablenoeudgordien: desactifsdé- posés sur un compte non déclaré proviennent d’activités licites mais dissimulées au fisc par une infraction. La jurisprudence ad- met que les montants soustraits àl’impôtpeuventêtreconfisqués, mais dans des arrêts plutôt am- biguës. Paradoxalement, la création de crimes fiscaux en droit suisse «clarifiera la situation pour les intermédiairesfinanciers»,pour- suit Ursula Cassani. Leurs de- voirs de diligence et de commu- nication au sens de la LBA ne pourront pas se satisfaire d’une autodéclaration du client, men- tionnée dans le message de fé- vrier du CF. L’intermédiaire financier devra vérifierlasituationfiscaledeson clientetenassurerlesuividansla durée. Avec la nécessité d’être «convaincu de la plausibilité» de cette situation. Un examen «cri- tique» des raisons du dépot des avoirsenSuisseetpasdanslepays d’origine du client sera requis. Une volonté d’utiliser une struc- tureoffshoredeviendraunindice de blanchiment. Surlaquestiondelarétroactivité (concernantdesstructurescréées avant l’entrée en vigueur d’une loi définissant les crimes fiscaux, par exemple), la spécialiste gene- voise rappelle le principe de non rétroactivité en matière pénale. «Maisdèsl’entréeenvigueur,l’in- termédiairefinancierserasoumis aux devoirs de communication prévus par la LBA.» Egalement critique envers l’idée d’uneautodéclarationdesclients, SylvainMattheyrelèvequelesal- ternativeslesplusévidentesneva- lent guère mieux. Le renoncement du client au se- cretbancairesignifieraitlafinde la sphère privée, souligne le res- ponsable du service juridique de Lombard Odier (qui s’exprimait à titre personnel dans la Journée de droit bancaire d’hier). Une re- nonciationduclientàsondroitde recours dans le cadre d’une de- mande d’assistance administra- tive pourrait ne pas être légale. Unesolutionacceptableconsiste peut-être à inclure des clauses de miseengardedanslesconditions générales ou la formule d’ouver- ture de compte (comme le prati- que déjà Lombard Odier). Le client y est rendu attentif à ses obligations fiscales et aux possi- bilitésdetransmissiondesonnom danslecadredetraitésinternatio- naux. Est-ce la panacée pour au- tant? Non. L’ancienjuristedel’ASBpropose un modèle de directive interne, quines’appliqueraitqu’auxmai- sons-mèressuisses,etpasauxsuc- cursales à l’étranger. Cetextereconnaîtraitlaprésomp- tiond’honnetetéduclientenma- tièrefiscale,touteninstaurantune obligation pour la banque d’opé- rer des vérifications supplémen- tairesencasd’indicesconcretsde nonconformitéfiscale,surlemo- dèle des règles LBA. «Mais sans que l’intermédiaire financier doive obtenir systématiquement la preuve que les avoirs sont fis- calisés», insiste Sylvain Matthey, qui ne croit pas à une clause de «grandfather» pour les clients existants. Pour ceux-là, il faudra faire preuve de prudence pour éviteruneapplicationabruptedes nouvelles règles. (SR) Erosion de rentabilité SWISSQUOTE. La banque en ligne enregistre un bénéfice net en recul de 30,5% sur neuf mois. Conséquencedel’inquiétudedes investisseurs et d’une activité moindre de ces derniers, Swiss- quote affiche une rentabilité en chute après neuf mois en 2012. Le prestataire de services finan- ciers en ligne basé à Gland a vu sonbénéficenetplongerde30,5% enunanà18,3millionsdefrancs. Lerésultatopérationnelasuivile même chemin, présentant une contraction de 33,9% à 22,3 mil- lionsdefrancs,aindiquéhierl’en- treprise de Gland (VD). Lechiffred’affairesaluiaussiflé- chi,soitde14,9%à85,3millions. Alors que Swissquote a enregis- tré un afflux de nouveaux capi- taux de 805,3 millions de francs (0,8%deplusquel’anpassé)etpu accroîtrelenombredesesclients, -ceux-cidétenantàfinseptembre 201.357 comptes, soit 9,2% de plusqu’unanauparavant-,letas- sement des revenus reflète l’acti- vitéréduitedesinvestisseursdans un contexte de marché difficile. Danslenégoce,chaqueclientaef- fectué en moyenne 11,4 transac- tions, contre 16,5 un an aupara- vant. La baisse des charges d’exploitation de 5,3% à 63 mil- lions,avecenparticulieruneforte réduction en matière de marke- ting (-19,3% à 9,05 millions de francs), n’a elle pas permis de compenser le repli des revenus. Uneprogressionàlaquellelavive demande que rencontre l’offre d’hypothèques en ligne n’est pas étrangère. Swissquotepréciseavoiraccordé jusqu’à présent des prêts à hau- teurde100millionsdefrancs.La sociétéentenddéveloppercesser- vices proposés depuis un an en collaborationaveclaBanquecan- tonale de Bâle- Campagne. Les produits des commissions ont quant à eux diminué de 22,8% à 38,8 millions de francs, en lien avec le ralentissement des activi- tés de la clientèle. Les recettes is- sues du négoce de devises se sont ellesaussinettementréduites,soit de 12,9% à 33,4 millions, en rai- son de la faible volatilité sur les marchés. Sur le seul troisième trimestre, la situation apparaît toutefois sous un jour meilleur, les revenus ayantquasimentstagnéauregard destroismoisprécédentsà28mil- lions de francs (contre 28,1 mil- lions d’avril à fin juin). Dans le mêmetemps,lebénéficenets’est pour sa part amélioré de 9,3% à 6,26 millions. Afinseptembre,Swissquoteem- ployait au total 362 collabora- teurs, soit 7 de plus qu’un an au- paravant. Pour l’ensemble de l’exercice, la société a réduit ses prévisions de chiffre d’affaires à 112 millions de francs, alors qu’elle tablait encore en été sur 120 millions. Arbitrage expansion/coûts positif Compte tenu d’un recul des revenus d’un peu moins de 15% au troisième trimestre 2012 ainsi que sur les neufs premiers mois de l’année, Swissquote n’a pas pu réduire ses charges opéra- tionnelles dans une telle proportion, mais de plus de 8% néanmoins au troisième trimestre et d’un peu plus de 5% sur neuf mois. Le ratio coûts/revenus s’est donc dégradé en un an de 67,8% à 72,8% (de 66,4% à 73,9% sur trois tri- mestres). Reste que cette dégradation s’est révé- lée moins prononcée que redouté. D’où l’impres- sion d’une indéniable maîtrise des coûts, tant au niveau du personnel que du marketing. D’autant que Swissquote poursuit son expansion interna- tionale à la faveur de l’ouverture en octobre, à Malte, de son deuxième site étranger après Du- bai qui lui permet de commercialiser sans restric- tion ses services Forex dans tous les Etats de l’UE avec seulement cinq collaborateurs à Malte. Un déploiement justifié compte tenu du potentiel d’expansion restreint en Suisse. Même si les pre- miers volumes dans le négoce de dérivés OTC de Swiss DOTS, lancé fin mai 2012, témoignent d’un démarrage prometteur et devraient permettre à Swissquote de profiter à l’avenir de son offre aux investisseurs non clients. Parmi les risques inhé- rents à un courtier en ligne, l’affaire présumée d’escroquerie qui entoureASE Investment tend à montrer pour l’instant que la gestion des risques est conduite par Swissquote avec la diligence requise, mais surtout qu’elle le sera encore da- vantage à l’avenir. (Piotr Kaczor) ÉVASION FISCALE: un ancien banquier d’UBS plaide coupable Un ancien gestionnaire de for- tuned’UBS,quiaparlasuitetra- vaillépourCreditSuisse,aplaidé coupabledanslecadredesonpro- cès pour aide à l’évasion fiscale. L’ex-banquier, qui se déclarait jusqu’alors innocent a changé d’avishierdevantuneCourfédé- rale de Floride. Interrogés sur le changement d’attitude de l’in- culpé, des avocats ont indiqué à l’agence de presse Reuters que ce comportementpourraitlaisseren- tendrequel’ex-banquierd’origine grecquecollaboredésormaisavec les autorités américaines. Celles- ci lui reprochent d’avoir aidé pas moins de 150 riches citoyens des Etats-Unisàfrauderlefisc.–(ats) BELLEVUE:Heiko Ulmer nommé Senior-Sales La société de fonds Bellevue As- setManagementanomméHeiko UlmercommeSenior-Salespour la poursuite du développement deladistributiondefondsenAl- lemagne. Pour la société il s’agit defairefaceàunedemandecrois- sancepourdesproduitsdefonds de placement dans les domaines Santé-biotech, Afrique et Entre- preneur, a indiqué hier la société quifaitpartiedeBellevueGroup, hier. L’arrivée d’un expert comme M. Heiko Ulmer consti- tue une étape logique de la stra- tégied’expansion.Heiko Ulmer a notamment travaillé pour JPMorgan et UBS. BPER: nouveau directeur de la filiale luxembourgeoise La Banque Privée Edmond de Rothschild S.A. a nommé Marc Ambroisien à la tête de sa filiale luxembourgeoise,laBanquePri- vée Edmond de Rothschild Eu- rope. Marc Ambroisien devient directeur général et président de soncomitéexécutif,enremplace- mentdeFrédéricOtto,indiquele communiquépubliémardiaprès laclôture.Agéde50ans,M.Am- broisien a également été coopté administrateurduconseild’admi- nistrationdelaBanquePrivéeEd- monddeRothschildEurope,lors desaréunion,aujourd’hui,selon le communiqué. Le nouveau di- recteur général a rejoint la Ban- que Privée Edmond de Roth- schild Europe en 1997 pour y créerl’activitéd’IngénierieFinan- cière et Patrimoniale. Il était di- recteuragrééetvice-présidentdu comitéexécutif depuis2006.Son prédécesseurFrédéricOtto,dont la démission a été annoncée ven- dredi soir dernier, a décidé de ré- orienter sa carrière profession- nelle et de développer sa propre structure de Family Office au Luxembourg. Retour sur les étapes importantes FISCALITÉ. Les pressions ressenties aujourd’hui étaient prévisibles depuis 1998 déjà. ARNAUD COGNE Enmatièred’entraideadministra- tive,lesévolutionssontrapideset importantes.Etlesecretbancaire restelepointcentraldesdifféren- tes négociations. Lors d’un sémi- naire Academy & Finance qui se déroulait hier et jusqu’à ce soir à Genève sur le thème de la fisca- litéfrançaise,quatretournantsont été évoqués. En premier lieu, il s’agit du rapport de l’OCDE de 1998 sur la concurrence fiscale dommageable au sujet duquel la Suisseavaitémisuneréserve.En 2000, un autre rapport de l’ins- titution visait à améliorer l’accès aux renseignements bancaires à des fins fiscales. Ce rapport a été utilisé comme base à l’accord sur lafiscalitédel’épargnesignéavec l’UE mais également aux récen- tes conventions de double impo- sition(CDI).Enfin,ledernierfait remonte au 13 mars 2009, lors- que le Conseil fédéral a déclaré adopterlesstandardsdel’OCDE. Entre-temps, la Suisse a négocié ungrandnombredeconventions fiscalesreprenantlesstandardsde l’OCDE (30conventionsontété ratifiéesdont28sontenvigueur). Dans son ancienne position, la Suisse appliquait les CDI en tant qu’outilnepermettantqued’évi- ter les doubles impositions. La lutte contre l’évasion fiscale est exclueduchampdel’entraidead- ministrative.C’esten2005quele tournant majeur s’est produit, avec la reconnaissance par la Confédérationdel’échanged’in- formations en cas de fraude fis- cale. Cette adaptation s’est basée sur la convention signée avec les Etats-Unisen1996etlespremiè- res jurisprudences qu’elle a créées. SUITE DE LA PAGE UNE Devoirs de diligence
  5. 5. mercredi 7 novembre 2012 5SUISSE PAGE AUJOURD’HUI, BIEN CHOISIR SES FONDS D’INVESTISSEMENT EST UNE QUESTION D’ADRESSE. www.iamfunds.ch Toute la gamme des fonds d’investissements IAM en un seul clic. IAM – Un style de gestion pour institutionnels au service des privés. LA PERFORMANCE DE L’INDÉPENDANCE Les prospectus, rapports annuels et semestriels des fonds IAM sont à disposition sur notre site web www.iamfunds.ch ou auprès de la direction du fonds Swiss & Global Asset Management Ltd, Prime Tower, Hardstrasse 201,P.O. Box, CH-8037 Zurich. Les données sont informatives et ne constituent pas une offre. Les performances passées ne sont pas une garantie des performances futures. LaSuisseromandeestunerégion- clé pour les fondations. Ces dix dernières années, le nombre de fondationsd’intérêtpublicyapra- tiquementtriplé.LecantondeGe- nève en particulier détient avec 183% le plus fort taux de crois- sance sur cette période. Les can- tons de Vaud et de Genève, avec respectivement1407et1080fon- dations d’intérêt public (à fin 2011), appartiennent aussi en chiffres absolus aux quatre can- tons suisses comptant le plus de fondations.Al’occasiondel’inau- gurationdelaMaisondesFonda- tions à Genève (L’Agefi du 5 no- vembre), la question s’est posée de savoir si la Suisse avait besoin d’une stratégie pour ses fonda- tions.ThierryLombardyrépond dansuneinterviewdonnéeàTiré à Part. (Extrait) Les gens ignorent quelle est l’ac- tivité réelle de la plupart des fondations. Voilà qui écorne un peu l’image, non? Leur visibilité est effectivement faible, et leur collaboration, tou- jours aussi rudimentaire. La col- laboration est l’un des éléments clés de la prospérité des fonda- tions. Ce sont déjà des objectifs importants: davantage de colla- boration, davantage d’échanges et d’apprentissage réciproque. Nousavonsbeaucoupd’atouts,le potentiel est là, il ne suffit pas de leconstater,ilfautl’utiliser.Etcela dans le futur immédiat! Car la concurrence n’attend pas. Le Luxembourg nous montre ce qu’il arrive lorsqu’un gouverne- ment manifeste soudain l’ambi- tiondefairedesonpaysuneterre de fondations. Les conditions semblent favora- bles. En Suisse, il y a de nom- breux entrepreneurs excellents, beaucoup de banquiers… …laplupartdesmanagersdeban- quenesontmalheureusementpas desentrepreneurs…(ilrit).C’est cequ’onavudanslecasdeSwatch Group.MonsieurHayekaracheté lesdeuxgrandsgroupeshorlogers SSIHetASUAGpour50millions. Lesbanquesontrenoncéàdescen- tainesdemillions.Aujourd’hui,le SwatchGroupvautplusieursmil- liards. Si les banques avaient été des entrepreneurs, elles auraient agi autrement. Il n’empêche, nous avons des entrepreneurs qui créent des fondations, une place financière qui offre les services correspon- dants et des universités qui éla- borent un savoir-faire utile aux fondations. Franchement, ne croyez-vous pas que nous pou- vons faire de la Suisse la meil- leure nation d’accueil pour les fondations? Notredispositif législatif concer- nant les fondations a vu le jour très tôt et il est très ouvert. Il per- met de créer une fondation assez facilement.Deplus,enSuissero- mande, la renommée internatio- naledeGenèvecontribueàceque les gens fortunés décident d’ins- taller leur fondation dans cette ville.Maisest-cequ’endehorsdu secteur des fondations, les gens sont conscients du rôle joué par ces institutions? Il est à craindre que non. Ils le sont, mais très peu. Seules quelques fondations se sont re- groupées au sein d’une associa- tion représentative. Dans le monde des fondations, la majo- rité ignore même qu’il existe des associations. Nous avons donc beaucoup d’ingrédients, mais je ne suis pas sûr que nous ayons la volonté de les mélanger harmo- nieusement.LaGrande-Bretagne fait les choses de la bonne ma- nière: là-bas, ils ont nommé un ambassadeur de la philanthropie ilyaquelquesannées;ilfautdire quedesurcroîtlesmédiasbritan- niques s’intéressent bien davan- tage aux questions sociales. Un ambassadeur de la philan- thropie peut être utile, mais ce qui, économiquement, devrait jouer un rôle sans doute plus important, c’est que notre place financière suisse fait face à un avenir incertain et qu’elle doit chercher de nouveaux clients. Là,permettez-moidevouscontre- dire:l’avenirdelaplacefinancière n’est pas incertain. Il y a d’autres industriesetmétiersquipourront disparaître parce qu’ils se sont trompés de technologie ou qu’ils ont pris de mauvaises décisions. En revanche, le secteur financier résistera. Il vit de notre compé- tence dans la gestion de fortune. Et la gestion de fortune est sûre: il y a aujourd’hui du capital en abondanceetceseraégalementle cas demain. Je ne me fais absolu- mentpasdesoucipournotremé- tier. La seule question qui se pose aujourd’hui est: quel genre de clientèle pourrons-nous servir à l’avenir à partir de la Suisse? Et faceauxdéveloppementsactuels, comment s’adapter progressive- ment aux clients du futur? C’est là que la partie va se jouer. Plus concrètement: est-ce que cette nouvelle orientation de la place financière suisse profitera au secteur des fondations? Le monde des fondations pourrait atténuer des pertes éventuelles en utilisant un savoir-faire finan- cier renouvelé. Incontestablement,unepartiedes services offerts par les banques suissess’adresseauxfondationset àlaphilanthropie.C’estdéjàlecas aujourd’hui. Les fondations suis- sespossèdentuncapitalde30à80 milliards de francs. Ce n’est déjà pasmal.Etcepourraitêtredavan- tagesileursfortunessontbiengé- rées. Mais je ne crois pas que la place financière réussira sa réor- ganisation grâce à la philanthro- pie. Ce qui compte ici, comme danslesecteurdesfondations,c’est la compétence. Et c’est bien ainsi. INTERVIEW: FLORIAN RITTMEYER Extrait tiré de Semer et Moisson dans Tiré à Part n°6 de novembre 2012 Les perspectives d’une région-clé FONDATIONS. Le canton de Genève détient le plus fort taux de croissance dans le domaine. Mais quelle stratégie adopter à l’avenir? THIERRY LOMBARD. «Quel genre de clientèle pourrons-nous servir à l’avenir à partir de la Suisse?» EP SYSTEMS. L’américain Aptargroup ferme son site neuchâtelois qui produisait des pompes pour le domaine médical et les parfums. BASILE WEBER Lesited’EPSystemsàNeuchâtel va fermer courant 2013, entraî- nant la suppression de 108 em- plois.LeDépartementneuchâte- loisdel’économieacommuniqué la nouvelle hier: «Le DEC ap- prend avec regret la décision d’Aptargroup, basé à Chicago et propriétairedelasociéténeuchâ- teloise EP Systems, de transférer ses activités en Allemagne et en France de manière progressive durant l’année 2013». La société, situéedansleshautsdelaville,est active dans le secteur des sprays et pompes pour le domaine mé- dical et les parfums. Elle occupe un bâtiment propriété du Fonds desœuvressocialesdeCaractères. Cet ancien fleuron de l’industrie neuchâteloise, Caractères em- ployait près de 500 personnes dans les années 1980. Il était lea- der mondial des caractères pour machines de bureau dans les an- nées 1970 avant l’avènement de l’informatique. «EPSystemssouhaiteaugmenter sacompétitivitésurlelongterme etaméliorerl’efficacitédesonor- ganisation.C’estpourcetteraison quedanslecadredesrestructura- tionstouchantd’autressiteseuro- péens, le groupe envisage sérieu- sement de fermer le site de production de Neuchâtel», pré- ciseleDEC.Ilsouligneque«pour desraisonsdecompétitivité,lesite deproductiondeNeuchâtel,avec desactivitésdeproductionàgros volumesetàfaiblevaleurajoutée, est contraint de cesser ses activi- tés.» La production sera transfé- réeprèsdeConstance,enAllema- gne, d’ici à fin 2013. Aptargroupindiqueque170col- laborateurs seront touchés par cette restructuration. Deux sites européensserontfermés,dontce- luideNeuchâtel.Lasociétéamé- ricaineentendéconomiser9mil- lions d’euros grâce à ce plan d’optimisationdesopérationseu- ropéennes. StephenHagge,CEOetprésident d’Aptargroup, souligne dans un communiquéquecesactionsfont partiedelastratégieàlongterme du groupe pour nous préparer à safuturecroissance.«Nousbéné- ficions de notre capacité à nous adapter au changement des be- soins des marchés que nous ser- vons.Nousexaminonsnoslignes deproduction,chaînesd’approvi- sionnementetcapacitédeproduc- tionpouroptimiserlarépartition de nos activités.» La phase de négociation avec les collaborateursauralieujusqu’au 16novembre.Siaucuneautreso- lution n’est trouvée d’ici là, il est prévuqueleslicenciementsaient lieu par phase dans le courant de l’année 2013. Un plan social pour tous les em- ployés,quicomprenddesindem- nitésdedépartainsique,selonles circonstances, un service de re- classement, est prévu. – (L’Ex- press/L’Impartial) La trop faible valeur ajoutée du site suisse THIERRYWEBER.COM: nouveau nom et filiale à Singapour L’agencedecommunicationdigi- tale ThierryWeber.com, basée à Lausanne, a présenté sa nouvelle filialedeSingapouretdévoiléson nouveaunom,Breew.Ouvrirune filialeàSingapourreprésente«une opportunitéformidablederayon- nerenAsie,tantpourlesclientsin- ternationauxquepourlaclientèle suissedésireusededévelopperson marché dans cette région du globe», selon un communiqué. Breewestuneagencedecommu- nicationdigitalequioffredespres- tations de service dans les domai- nes du conseil stratégique en marketing online, de la création d’images et de contenus ainsi que de leur diffusion. ANERGIS: un traitement entre en phase IIb Anergis, laboratoire spécialisé dans le développement de nou- veauxvaccinsetdethérapiesim- munitaires, basé à Epalinges, dé- marredestestscliniquesdephase IIb pour un traitement de l’aller- gie aux pollens de bouleau. Ils sontprévuspourdurerdeuxmois, a indiqué la société vaudoise. Il s’agitd’évaluerl’efficacitéetlato- lérancedu«AllerT»administréen cinq injections. Les essais clini- ques seront effectués dans trente centres situés en Suisse, au Da- nemark, en France, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne et en Suède,auprèsde300patientspré- sentant des allergies moyennes à fortes aux pollens de bouleau. RINGIER: phase finale de la reprise d’Onet.pl RingierAxelSpringerMediaAG a finalisé le rachat du portail in- ternetpolonaisOnet.pl.Lacoen- treprise germano-suisse a reçu le feu vert des autorités anticartels pour le rachat de 75% du capital deOnet.pl.Leprécédentproprié- taire de Onet.pl, TVN S.A., une des premières chaines TV polo- naises,conserveles25%restants. L’abandon delaproduction dedentifrices GABA. L’entreprise annonce des suppressions de postes. 98 emplois sont concernés à Bâle. Gaba,actif dansl’hygiènebuccale avec notamment les marques El- mex,AronaletMeridol,annonce lasuppressionde240emplois.La mesure intervient huit ans après l’acquisitionparlegroupeaméri- cain Colgate-Palmolive de la so- ciétébâloise.Gabaprévoitdesup- primer 98 postes sur son site de Therwil (BL) au cours des deux prochaines années, a communi- quémardilasociété.Elleconfirme ainsiuneinformationpubliéesur le portail en ligne alémanique 20minuten.ch. A Therwil, égale- ment siège social de Gaba, l’en- trepriseoccupequelque250per- sonnes. Si celle-ci prévoit cesser laproductiondesolutionsderin- çagebuccal,lesdivisionssciences médicales et recherche & déve- loppement devraient en revan- che être épargnées. Outre-Rhin, la localité frontalière de Lörrach verra142postespasseràlatrappe dans un délai de douze mois, a précisél’entrepriseàl’ats.Lapro- duction de pâtes dentifrices sera abandonnée,maislesservicesad- ministratifsserontmaintenus.Se- lonuncommuniquédelaDirec- tion de l’économie publique de Bâle-Campagnediffusémardi,le groupe Gaba entend délocaliser laproductionverslaPologne.La procédure de consultation mise en place mardi court jusqu’au 7 décembre, signale la même source. – (ats) BOXAL: période de consultation prolongée pour la deuxième fois Boxal Suisse prolonge à nouveau la période de consultation des tra- vailleurs. Une décision devrait tomber le 7 décembre. Active dans la manufacturedepionsenaluminiumdestinésàl’industriedel’embal- lage,lasociétédeBelfaux(FR)aannoncéle21septembreuneimpor- tanterestructuration.Pasmoinsde59personnessontconcernées.Afin de permettre des rencontres entre la direction et des investisseurs po- tentiels,aveclesoutiendelaPromotionéconomiqueducantondeFri- bourg, la date de clôture de la consultation est prolongée pour la deuxième fois, a indiqué hier l’entreprise dans un communiqué.
  6. 6. mercredi 7 novembre 20126 SUISSEPAGE La Poste, La libellule et Ou bien?! sont les lauréats 2012duPrixSuissedel’Ethique.Lancéeenmaider- nier, la huitième édition s’est achevée hier soir au Conservatoire de Lausanne par une cérémonie of- ficielle au cours de laquelle le jury a rendu public sonverdict.Lestroisorganisationslauréatessesont vues remettre leur prix par Pascal Broulis, conseil- ler d’Etat vaudois et président d’honneur du Jury. LaPosteSuisseadécidédeporterattentionàlapro- venancedes300.000uniformesqueportentchaque année38.000desescollaborateurs.Elleaainsichoisi decollaboreravecl’organisationdecertificationin- dépendante FairWearFoundation.LaPosteentend poursuivre cette démarche sur le long terme et en- visage de l’étendre à d’autres domaines. L’association La libellule, créée en 2003 à Genève, viseàsensibiliserlapopulationàlanature.Aufildes années,elleaacquisunecrédibilitéendéveloppant tant sa structure que la palette de ses activités. A ce jour, l’association passe dans les écoles primaires et secondaires, forme des guides «nature» et participe àl’insertionsocialeetprofessionnelledechômeurs. ElleaégalementouvertlecentrePlantamouràGe- nève. Ce déploiement a permis de sensibiliser plu- sieurs dizaine de milliers de personnes de tous les âges. L’association a réussi à intégrer dans sa struc- turetantladimensionsocialequ’environnementale du développement durable. Ou Bien!? a été créée en 2011 à Genève. L’idée de baseétaitdedévelopperunealternativesaineetfrui- tée aux barres aux céréales et au chocolat classi- ques en créant un snack de fruits secs. Ou Bien?! a axésonproduitsurle100%bio.Danscetteoptique, elle a décidé de travailler directement avec des pro- ducteurs locaux afin de réduire au maximum les émissions de CO2 dues au transport des produits. Ou bien?! est même allée plus loin dans sa démar- che environnementale et éthique: elle n’utilise que ducartonetdupapierfilm100%biodégradable.Par ailleurs, le conditionnement est assuré par la Fon- dationFoyerHandicap,participantainsiàl’intégra- tion professionnelle des personnes handicapées. Lancé en 2005 par la Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), le Prix Suisse de l’Ethique est un prix indépendant qui en- tend promouvoir l’éthique, le développement du- rableetlaresponsabilitésocialedanslastratégiedes entreprises et des collectivités. Son objectif est que cesdémarchesdeviennentnaturellesetévidentes.Il récompenseainsichaqueannéedesprojetsconcrets, susceptiblesd’êtrereprisouimités.Autotal,28can- didatures avaient été retenues cette année. Tenues fair trade, formation verte et fruits bio RESPONSABILITÉ SOCIALE. Le Prix Suisse de l’Ethique a été remis hier à trois organismes pour des plans de développement durable. Un rendez-vous instauré en 2005. STÉPHANE GACHET ZURICH Iln’yapasfondamentalementde changement depuis les journées aux investisseurs tenues à Paris enseptembredernier.Iln’yapas non plus d’ajustement des objec- tifsstratégiquesprésentéslorsdes journéesdeMiami,en2009etim- plémentés depuis. Adecco n’en conserve pas moins une certaine capacité à surprendre (positive- ment).Lesrésultatssontapparus plutôtenligneaveclesprojections etlesnégociantsontconfirméleur position (Vontobel et Sarasin à l’achat), ce qui n’a pas empêché les investisseurs de rechercher le titre. Plusieurs éléments laissent àpenserquelepotentieldehausse estencoreconséquent.Première- ment, le groupe a réitéré ses ob- jectifs de marge opérationnelle Ebitda de 5,5% à moyen terme (contre4,4%actuellement)etl’ac- tions’échangetoujoursàdesmul- tiplesinférieursàlatendancehis- torique. L’élémentclédel’appréciationgé- nérale à l’œuvre hier reste la dé- monstrationdelamaîtrisedesaf- fairesetleseffetsconvaincantsde ladisciplineentermesdepricing et de contrôle des coûts. De quoi permettre au final à Adecco de maintenir l’amélioration de sa rentabilité. Un domaine où le groupe basé à Zurich démontre clairement son leadership sur la concurrence: Manpower a pré- senté des résultats sur neuf mois en recul général et Randstad a tout juste réussi à stabiliser sa marge. Une performance dans un contexte redouté et particulière- ment peu engageant pour le pla- cement professionnel. Adecco n’affiche d’ailleurs pas une résis- tance particulière aux tendances conjoncturelles, même si le mo- dèle se comporte de manière beaucoup plus nuancées. Les craintessurlereculenEurope,par exemple, expliquent en grande partielaretenuedesinvestisseurs avant la publication. Les chiffres ont confirmé cette crainte. La France, premier débouché, affi- che un chiffre d’affaires en recul de16%.L’Italie,leBenelux,L’Es- pagne sont dans la même ten- dance.LaSuisseestaussienrecul, avecdesrevenusenpertede11%. La situation n’est toutefois pas univoque. La région Allemagne Autricheafaitmieuxquelemar- ché en limitant la baisse à 1%. La Grande-Bretagneetl’Irlandeins- crivent une hausse de 9%, au même niveau que les régions à forte croissance. Les pays scandi- naves ont progressé de 6%. Sur- tout,lesEtats-Unisprésententune progression de 3%, alors que les craintes étaient importantes, en particulier sur le placement dans lesmétiersdel’informatique,qui contrarie les attentes avec une amélioration de 6%. LemodèleAdeccon’estpaspour autant anticyclique, mais la ré- ponse apportée à un contexte en mutation(shiftdel’emploiàbasse qualificationversl’Asie,chômage structurel en Europe) et à forte tendance négative semble tou- jours plus convaincante. La cible c’est la marge et les moyens pour yparvenirreposentsurlerééqui- librage complet du modèle d’af- faires,géostratégiqueetmixpro- duits et services. Le pilier restant la montée en puissance du place- ment professionnel, nettement plusrentablequeleplacementgé- néraliste. Ce dernier, service de volume par essence, fait l’objet d’une pression toujours plus grandesurlesprix,l’offres’adres- sant en majorité aux grands comptestrèsportéesàlanégocia- tion des tarifs. En outre, le place- ment généraliste est naturelle- ment plus coûteux, parce que nécessitantunréseaud’agencesà maillageserré(lepersonnelnon- qualifié apparaît aussi comme le plus sensible à la proximité). Sur les dernières années, le dé- ploiement vers le professional staffing, s’est essentiellement construitsurlesacquisitions.Une étape achevée selon la direction, qui a confirmé lors des journées deParisqu’ilnedevraitpasyavoir d’intégrationdansles18à24pro- chains mois. Le shift vers le pla- cementprofessionnelestdéjàclai- rement visible et démontre ses effets.Lesservicesgénéralistesaf- fichentunefortedécroissanceau niveau du groupe, avec un recul de 7%. Le placement qualifié af- ficheenrevancheunecroissance de2%àtauxdechangeconstant, avec des pics, comme les Etats- Unis, en croissance de 5%. Lesprojectionsrestentnéanmoins prudentes. La direction note une progression très différenciée d’unerégionàl’autre.Latendance baissièreduchiffred’affairesglo- balsepoursuitsurseptembre,avec une baisse de 3%. Dans le détail, le recul de la France et du Japon (-15% au troisième trimestre) se stabilise. Les Etats-Unis conti- nuent de se développer, dans les servicesprofessionnelsetgénéra- listes.Ladirectionprécise:«Etant donné les tendances actuelles, nous continuons de nous focali- sersurladisciplinedesprixetsur l’alignement de la base de coûts sur l’évolution du chiffre d’affai- res.» L’optimisation (restructura- tion)sepoursuitdonc.Legroupe anticipe d’ailleurs un investisse- ment de 15 millions d’euros sup- plémentaires,additionnésaux65 millions déjà annoncés. Rentabilité renforcée malgré le contexte ADECCO. La stratégie de croissance axée sur les marges confirme ses effets positifs. Adecco affiche des résultats en baisse au troisième trimestre 2012,reflétantlesrestructurations en cours. Le numéro un mondial du placement de personnel a vu sonbénéficenetfléchirde18%en unanà118millionsd’euros(142 millions de francs). Tenant compte des coûts de ré- organisation,lerésultatopération- nelEBITAadiminuéde7%pour s’établir à 210 millions d’euros, a communiqué mardi le groupe baséàGlattbrugg(ZH).Horsces éléments,ilaatteint232millions d’euros (-3% à taux constants). Le chiffre d’affaires du groupe a quantàluistagnéà5,28milliards d’euros, mais accuse un recul de 5%àtauxconstants.L’activitédu placement permanent a notam- mentenregistréundéclinorgani- quede10%lorsdutrimestresous revue, précise Adecco. Les charges de restructuration s’élèvent à 22 millions d’euros, dont 19 millions pour la France, premiermarchédugroupe,1mil- lion pour l’Allemagne et 2 mil- lions pour l’Amérique du nord. Adecco a battu partiellement les attentes des analystes, qui pré- voyaient un bénéfice net de 109 millionsd’eurosetdesrevenusde 5,274 milliards. Le titre a été très recherché dès l’ouverture. Attentes partiellement battues VOCSCAN: lauréat du Prix Liechti 2012 HébergéeparNeodeàlaChaux-de-Fonds,l’entrepriseVOCscanrem- porte le Prix 2012 de la fondation Liechti d’un montant de 50.000 francs. Ce prix permettra de réaliser une étude visant à déve- lopper un kit de diagnostic médical innovant. Sous le slogan «Souf- fler au lieu de se faire piquer» VOCscan souhaite développer des ai- desauxdiagnosticsrapidesetnoninvasifsquipermettrontdedétecter par exemple, des infections mais aussi des cancers. Baptisée «Expiro- métrie» cette technique analysera et classifiera l’air expiré pour des diagnosticsnoninvasifs.GrâceàcePrix,VOCscanpourraconfirmer ses premiers résultats positifs et offrir ainsi une nouvelle catégorie de tests performants pour le dépistage de certains cancers. La politique d’acquisitions maintenue KABA. La division Access + Data Systems doit accéder à une position - clé dans l’innovation technologique. Kabavapouvoircontinueràcroî- tre de manière profitable en ap- pliquant sa stratégie, qui com- prend aussi des acquisitions. Le groupe a confirmé ses objectifs 2014/2015danslecadredesaren- contre avec les investisseurs (ca- pital market day), soit une crois- sanceorganiquede5%à6%pour une marge EBITDA à 18%, contre 16% actuellement. La hausse de la marge sera obte- nue pour 1,3 point par le pro- grammedecroissanceorganique pour les marchés et les produits. Une hausse de près de 0,7 point sera réalisée par une augmenta- tiondel’efficacitéopérationnelle. «Pour atteindre la croissance vi- sée, nous investissons dans les marchés et les produits et appli- quons notre programme d’aug- mentation de l’efficacité opéra- tionnelle»,aindiquéleCEORiet Cadonau. Dans le domaine Access + Data Systems, M. Cadonau veut avoir unepositionclédansl’innovation technologique et défendre sa po- sition au niveau des coûts dans KeySystems.«Notrepositionstra- tégiquesurlemarchéserarenfor- cée par la croissance organique, desacquisitionsstratégiquesetdes coopération»,selonleCEO.«Dans ce cadre-là, cinq critères doivent être au moins remplis avant qu’uneentreprisenesoitconsidé- rée comme une cible. Nous nous trouvons actuellement dans la phased’évaluationetdespremiers résultats sont attendus à la fin de l’année à venir», a précisé M. Ca- donau. Le marché des systèmes de sécurité et contrôles d’entrées estévaluéà40milliardsdefrancs par année. Concernantlasituationfinancière du groupe, le CFO Beat Mala- carneaindiquéquele«cashflow a augmenté, le groupe a mainte- nant une position de cash net». LeCFOaconfirmélesprévisions annuelles 2012, légèrement re- levéesenseptembre.Lacroissance organiquedoitatteindre1%à2%, etlamargeEBITDAestattendue entre 15,5% et 16,5%. Le groupe prévoit une stagnation économi- que de la zone euro sur 2012/2013, et à nouveau une croissance en 2014/2015. La plus haute juridiction de l’UE confirme les dommages et intérêts réclamés aux entreprises d’ascenseurs accusées d’entente. LaCommissiondel’UEaledroit d’intenter une action en répara- tiondupréjudicesubiparl’Union suite à une entente, a estimé hier la Cour de justice de l’Union eu- ropéenne. Le jugement fait réfé- rence au cartel des ascenseurs épinglé en 2007. La Commission avait infligé à Schindler,Otis,KoneetThyssen- Krupp des amendes de près d’un milliard d’euros. Les groupes avaient participé à des ententes surlemarchédelavente,del’ins- tallation,del’entretienetdelamo- dernisation d’ascenseurs et d’es- caliers mécaniques en Belgique, enAllemagne,auLuxembourget aux Pays-Bas. Parallèlement, la Commission avait formé en 2008 une de- mande de dommages-intérêts pour un montant de 7 millions d’euros(8,4millionsdefrancsau cours actuel). Elle faisait valoir que l’UE avait subi un préjudice financier en Belgique et au Luxembourg en raison de cette entente. L’UEestimaitavoirpayétropcher poursespropresinstallationsdans les différents bâtiments des insti- tutions européennes ayant leur siègedanscesdeuxpays.Letribu- nal de commerce de Bruxelles a danscecontextedemandéàlaplus hautejuridictiondel’Unioneuro- péennesilaplaintedelaCommis- sion était recevable. Selon la Cour de justice, la Com- missionesthabilitéeàreprésenter laCommunautédevantlajuridic- tion nationale, sans qu’il soit né- cessairequ’elledisposed’unman- datspécifiqueàceteffet.LaCour dejusticedel’UEaégalementes- timéquelaCommissionétaitau- torisée à demander des domma- ges-intérêtsdanslescasd’entente, même si c’est elle qui a constaté l’existence du cartel. – (ats) Le jugement européen défavorable à Schindler BURCKHARDT COMPRESSION: progression solide Burckhardt Compression a réalisé un solide premier semestre 2012, clos fin septembre. Le fabricant zurichois de compresseurs à piston a vusonbénéficenetbondirdeprèsdemoitié(+49,3%)surunan,pour s’établir à 22,1 millions de francs. Le chiffre d’affaires a augmenté de 11,3% à 160,7 millions de francs, a indiqué hier dans un communi- qué l’entreprise basée à Winterthour (ZH). Quant au résultat avant intérêts et impôts (EBIT), il s’est étoffé de 39,6% à 29,6 millions. La marge opérationnelle ressort à 18,4%, contre 14,7% un an plus tôt. Seuleombreautableau,lesentréesdecommandesontlégèrementdi- minué, de 2,7% à 192,4 millions de francs. Les marchés du groupe continuent à se développer de façon positive, malgré une situation conjoncturelle difficile, relève Burckhardt Compression. – (ats) IMPLENIA: mandat pour un tunnel à Neuhausen LegroupedeconstructionImpleniaadécrochélemandatpourleper- cement,lerevêtementetl’aménagementintérieurd’unnouveautun- nelduGalgenbuckàNeuhausen.Levolumeducontratestde78mil- lionsdefrancs,aprécisél’entreprise.LetunnelduGalgenbuckestsitué sur la tangente urbaine de l’A4 à Neuhausen Am Rheinfall, dans le cantondeSchaffhouse.Depuissonouverture,ilaconnuuneaugmen- tation vertigineuse du nombre de véhicules qui l’empruntent, ac- tuellement plus de 25.000 par jour. Il a donc été décidé de réaliser un nouveau tunnel, long de 1138 mètres. C’est un consortium composé d’Implenia et Walo Bertschinger qui a été chargé des travaux.
  7. 7. mercredi 7 novembre 2012 7SUISSE PAGE Le détaillant en bijouterie et en haute horlogerie, Michaud, basé àNeuchâtel,estétablidanslasta- tiondeVerbierdepuisuneannée. L’enseigne familiale, créée en 1909, active sur un marché local aupotentield’évolutiontropres- treint, a saisi l’opportunité de se développer pour la première fois de son histoire. L’un des trois di- recteursetpropriétaires,Laurent Michaud,incarnantla4egénéra- tion de la société, dresse un pre- mierbilanpositif decetteimplan- tation,malgréunenvironnement économique difficile. Il évoque également les défis auxquels est confrontée une entreprise fami- liale de ce type. L’enseigne Michaud est établie à Neuchâtel depuis plus d’un siècle, pourquoi avoir choisi d’ouvrir un second point de vente à Verbier? L’idée d’une expansion de notre commerce de Neuchâtel ne date pas d’hier. Du temps de nos pa- rents déjà plusieurs projets avaientétéétudiés.Cependant,ce qui nous a probablement permis de faire le pas dernièrement c’est le fait d’être aujourd’hui trois à la tête de la société. Pour nous, il atoujoursétéprimordialdecréer et entretenir une relation directe avecnosclients,cequenouspou- vons uniquement faire en étant présent sur place et en dirigeant personnellement les points de vente.D’autrepart,d’unpointde vue économique, le potentiel d’évolution local demeurant li- mité, il est indispensable d’évo- luer vers d’autres marchés. Le choixdeVerbiern’estbiensûrpas anodin.Lastationrestaitunmar- ché relativement vierge, contrai- rement à des endroits comme Crans-Montanaparexemple.En effet, la station valaisanne était sousreprésentéeentermedecom- merce de bijouterie/horlogerie, avecunseulpointdevente.Nous sommes venus en tant que chal- lenger. Cette implantation s’est réalisée en deux phases. Nous avionstoutd’abordouvertendé- cembre2009unepetiteboutique monomarqueHUBLOT.C’était pournousunefaçonrapided’en- trersurlaplace.Lapremièreidée était de créer un concept éphé- mèrequidevaitdurerunesaison. Les résultats étant probant, ceci nousaconfortédansl’idéededé- velopper notre propre boutique. Nousavonsd’ailleursgardélesta- tutdeboutiqueHublot,maisdans une enseigne multimarques. De plus, les contacts que nous avons tissésdurantcettepremièrephase nousontpermisdetrouverdeslo- cauxtrèsbienpositionnés.Unas- pect bien entendu primordial dans ce marché. Est-ce la première étape d’une stratégie de développe- ment vers d’autres stations? Une expansion vers des stations n’est pas nécessairement une fin ensoi.Peut-êtrequedanslefutur nous pourrions continuer et ou- vrir d’autres points de ventes. Mais aujourd’hui nous nous concentrons sur le développe- mentetlaconsolidationdenosac- quis. Il reste encore beaucoup à faire. Quel bilan tirez-vous de cette première saison ? Nous sommes très satisfaits de cette première saison pour Mi- chaud Verbier, bien que la situa- tion économique n’était pas au mieux: un francs fort, une fré- quentationenbaissedutourisme enSuisse…Noussommescepen- dant très positifs sur l’évolution desaffairesàVerbier,notamment grâce aux importants projets hô- teliersetinfrastructurelsquiver- rontlejourcesprochainesannées. En tant qu’indépendant, comment parvenez-vous à vous maintenir dans cet environne- ment hautement concurrentiel, principalement dominé par de grands groupes? Ces groupes sont probablement plusintéressésparlesgrandesvil- les et surtout les grands marchés touristiquesquisontaujourd’hui Lucerne et Interlaken. La ten- dance de la verticalisation de la distributionpardesouverturesde boutiques mono marque, la plu- partdutempsgéréesparlesmar- queselles-mêmes,nenoustouche par directement non plus. Ces boutiquesétantconcentréesdans lesgrandscentresetleszonestrès touristiques.ANeuchâtel,où80% de notre clientèle est locale, les commerces d’horlogerie / bijou- terie présents sur la place ne sont pas en concurrence directe, dans lamesureoùchacunatrouvéson proprepositionnement.Dansun marché de la taille du nôtre, il est indispensable de pouvoir propo- serdesproduitsenexclusivitéré- gionale. Cependant le marché neuchâtelois est très particulier cartrèsprochedesmilieuxhorlo- gers. La concurrence ne vient donc pas toujours forcément des commerces. Toutefois, au- jourd’hui nous ne pouvons plus uniquementconsidérerlaconcur- rencelocale,c’estlemarchérégio- nal, voir international qu’il faut prendre en compte. Comment assurer la pérennité d’une entreprise familiale telle que la votre? Avecmonfrèreetmasœur,nous incarnons la 4e génération. Il y a toujours une certaine pression lorsque l’on reprend une affaire familiale. On cherche à garder le mêmeniveauantérieur,construit parnosparentsetarrièresgrands parents tout en étant original et en adéquation avec les contrain- tes du marché actuel. C’est en of- frantunserviceirréprochable,ori- ginal et personnalisé que des commerces familiaux comme le notreparviendrontàsurvivreface aux grands groupes et aux mar- ques. INTERVIEW: YOANN SCHENKER La prudence d’un multimarques MICHAUD. L’enseigne horlogère basée à Neuchâtel a inauguré il y a une année un second point de vente à Verbier. Premier état des lieux. «LE CHOIX DE VERBIER N’EST PAS ANODIN. LA STATION RESTAIT UN MARCHÉ RELATIVEMENT VIERGE. CONTRAIREMENT À CRANS-MONTANA.» MONTREUXART GALLERY. Le salon ouvre ses portes aujourd’hui. FRANÇOIS PRAZ Devenu habituel, cet événement automnal dédié à la création contemporaines’apprêteàconnaî- tresahuitièmeédition.Lerendez- vousartistiquemontreusiensepré- sente comme étant le deuxième plusimportantdugenreenSuisse. FondéparJean-FrançoisGailloud, qui est le directeur de la société MAG, il se déroulera du 7 au 11 novembre. L’anpassé,prèsde15.000visiteurs avaient fréquenté en l’espace de cinq jours ces salles d’exposition quisedéploientsurunesurfacede 8.000m2 . Au total, une cinquan- taine de galeristes feront le dépla- cementdelaRivieracesjourspro- chains. À leurs côtés, 70 artistes indépendants seront également présents.«Nousavonsdeshabitués deslieux,maisaussidesnouveaux venus. En ce qui concerne les in- dépendants, nous avons reçu de nombreuses demandes de parti- cipation,cequiestunsignedevi- talité», explique Marie-Hélène Heugshem qui fait partie du co- mitéd’organisationdusalonvau- dois. Un hommage spécial sera rendu à la Commune de Mon- treuxquicélèbreen2012lejubilé de ses 50 ans d’existence. A cette occasion, 50 pièces dues à des ar- tistesissusdelarégionouquil’ont choisiepourexercerleurartseront présentées. En choisissant le Bré- silcommeinvitéphare,lesorgani- sateurscomptentapporteràlafois de la couleur et de la chaleur à ce nouvel opus. Une quinzaine d’ar- tistesoriginairesdecepaysinves- tiront le Palais des Congrès de Montreux.«Ils’agitd’unsalontrès international,puisquel’Europe,la Chine et Singapour seront repré- sentéscetteannée»,préciseMarie- HélèneHeugshem.D’unpointde vuepratique,levernissageofficiel auralieucemercredi7novembre à 18h00. Les jours suivants, des événementsspécifiquesserontpro- posésaupublic.Ilestàreleverque le jeudi 8 l’économie sera à l’hon- neur. Un repas gastronomique qui ras- semblera250participantsactifsau seindel’économierégionaleetsu- prarégionaleestprévu. Cetemps fort aura lieu au cœur même de l’exposition. La «suissité» sera par ailleurs abordée au travers d’une exposition consacrée à Farinet. Cette présentation illustrera l’en- gouement que l’histoire du faus- saireaugrandcœurasuscitédans lemondeartistique.LaSociétédes EntrepôtsdeVevey,Montreux-Ve- veyTourismeetPromove(l’orga- nismedepromotionéconomique de la région) sont les partenaires institutionnels du salon. La Ban- queprivéeEdmonddeRothschild, Finstral et la Nationale Suisse fi- gurentquantàeuxparmisesprin- cipaux mécènes privés. «Si la Ri- viera démontre une si solide résiliencesurleplanconjoncturel, celaestengrandepartiedûaudy- namismedeplusieurspersonnali- tésquineménagentpasleurpeine pour qu’elle reste un aimant fort dansledomaineculturelettouris- tique. C’est notamment le cas des dirigeantsdeMAG»,faitobserver Florent Roduit, le Directeur de Promove. Huitième édition d’un second marché de l’art La restructuration consolide les volumes CYTOS. La perte nette s’est établie à 5,3 millions de francs sur neuf mois. Elle était de 16,1 millions un an auparavant. Amputé de la moitié de ses effec- tifsdepuisledébutdel’annéedans lecadredesarestructuration,lela- boratoirezurichoisCytosBiotech- nology a réduit sa perte nette sur neuf moisà5,3millionsdefrancs. Un an auparavant, celle-ci attei- gnaitencore16,1millions.Lechif- fred’affairespourlapériodesous revue a atteint 850.000 francs, contre1,3millionpourlapériode de référence de 2011, selon les donnéespubliéesmardiparlaso- ciété en proie à des difficultés de- puis plusieurs années. L’essentiel des revenus, soit 750.000 francs, provient d’un contrat de licence avec le groupe pharmaceutique bâlois Novartis. La perte opéra- tionnelle sur ces neuf mois s’est chiffrée à 8,5 millions de francs, réduitedeprèsdemoitiéenunan. Les coûts d’exploitation notam- ment,refletdesréductionsdeper- sonnel,ontchutéà9,3millionsde francs contre 17,6 millions pour janvier-septembre 2011. Effectif fortement réduit Fin septembre, Cytos ne comptait plus que 17,7 emplois à plein temps. L’effectif s’élevaitencoreà36,4équivalents plein temps à la fin 2011 et à 82 unanplustôt.Surleseultroisième trimestre,lapertenetteestressor- tieà5,2millionsdefrancs,contre 6,1 millions un an plus tôt, pour un chiffre d’affaires inchangé d’une année à l’autre de 300.000 francs.Lesmoyensfinanciersdis- poniblesàlafindelapériodesous revues’affichaientà34,1millions defrancs,contre28,8millionsàla fin 2011. Cytos continue pour l’heure à tabler sur le développe- ment de son traitement candidat CYT003pourl’asthmeliéàdesal- lergies. Des essais cliniques sont agendés à partir du trimestre en cours dans le cadre de l’étude cli- nique en phase IIb de ce traite- ment,portantsurquelque360pa- tients.Lespremiersrésultatssont attendus en 2014. La société s’est par ailleurs dotée d’une nouvelle direction.Elleanommédirecteur général(CEO)ChristianItin,en- tré en fonction le 5 novembre. Docteur en biologie moléculaire, il succède à Thomas Hecht, en poste depuis août 2011. Celui-ci remet aussi son mandat de prési- dentduconseild’administration, qu’ilexercedepuisavril2010.L’as- semblée générale extraordinaire convoquéele20novembreestin- vitée à élire au conseil d’adminis- tration M. Itin et à lui en accor- der la présidence. Christian Itin (48ans)adirigélasociétébiotech américaineMicrometduranthuit ans,jusqu’àsarepriseparlegroupe américain Amgen en mars 2012 pour 1,2 milliard de dollars. Bien (trop) financé Le Cytos actuel n’est et ne sera jamais plus autre chose que le pâle reflet de ce que la société a pu être.Le titre se reprend,certes,de- puis la restructuration franche et sonnante en 2011,mais à un ni- veau insignifiant en comparaison historique (le titre a dépassé 400 francs,il est à près de 4 francs).Les chiffres trimestriels publiés hier ne racontent en réalité pas grand chose sur la société,si ce n’est la réussite partielle des mesures d’assainissement.Ce qui pa- rait plus étonnant est le niveau de financement,à plus de 34 mil- lions de francs,couvrant les opérations jusqu’à fin 2014.Un filet tout à fait extrême et inhabituel pour le secteur.D’autant plus que Cytos n’a quasiment plus de pipeline à défendre - il ne reste qu’une phase II.Ce financement excessif reflète en revanche la nouvelle structure du capital et la présence du véhiculeVenbio,en mains d’Amgen.Une proximité encore renforcée par la (bientôt) double présidence de Christian Itin,lié àAmgen depuis la vente de sa société,Micromet.Nul doute que les rumeurs d’une opération seraient plus vives si le titre était plus suivi.(SG) 0 2 4 6 Cytos (six mois) +5,84% hier. Telekurs Les ménages redoutent le non-emploi CLIMAT DE CONSOMMATION. Le moral reste stable. Mais les Suisses craignent une augmentation du chômage. Le moral des ménages suisses est resté stable au troisième trimes- tre, ressort-il de l’enquête sur le climat de consommation établie sur mandat du SECO et publiée hier. Son indice est demeuré in- changé à -17 points, niveau légè- rement inférieur à la moyenne pluriannuelle. Enavrildernier,l’indiceduclimat de consommation avait affiché uneprogressionde11pointspour s’établir à -8 points. Cette touche d’optimisme a toutefois été dou- chéetroismoisplustardet,enjuil- let,l’indiceperdait9points,pour s’établir à -17, niveau qu’il a conservéavecl’enquêted’octobre. Sur les quatre sous-indices for- mant l’indice principal, celui des attentes des quelque 1100 ména- gessondésconcernantl’évolution de la situation économique sont restées pratiquement identiques à celles exprimées en juillet (-23 pointscontre-20),constateleSe- crétariat d’Etat à l’économie (SECO). Lesestimationssurlasituationfi- nancière personnelle ont fait de même(-2pointscontre-3).Quant auxpossibilitésd’épargnedurant les mois à venir, elles ont été ju- gées plus positives (+25 contre +15). Les perspectives quant à l’évolution du chômage se sont parcontrenettementobscurcies: lesménagesestimentquecelui-ci vaaugmentercesprochainsmois (+67pointsenoctobrecontre+62 enjuillet).Uneappréciationfaite en l’occurrence avant l’annonce desdernièresgrossessuppressions d’emplois, chez UBS, Swisscom et Lonza en particulier. «L’explication est liée à la struc- ture de l’enquête, dont l’échan- tillon retenu, pour être représen- tatif,comprendenvirondeuxtiers d’actifs sur le marché du travail. Ces personnes ressentent très ra- pidement l’évolution de l’am- biance sur la place de travail», re- lève à ce sujet Bruno Parnisari, chef du secteur conjoncture du SECO interrogé par l’ats. «A ce titre, on peut dire que dans cedomainel’enquêteestpresque un indicateur avancé, car il faut un certain temps pour que l’évo- lutiondelasituationressentieau sein des entreprises se répercute sur les statistiques officielles de l’emploiouduchômage»,ajoute- t-il.Laplupartdesautressous-in- dices de l’enquête, qui n’entrent toutefoispasdanslecalculdel’in- dice général, sont restés stables d’un trimestre à l’autre. Avec quelques exceptions toutefois, comme l’évolution des prix au coursdesdouzederniersmois,où lesconsommateursontrevuleurs estimations à la hausse (+32 points en octobre contre +22 en juillet). Les anticipations d’inflation ont aussiétéreconsidéréesàlahausse (+39 points contre +32). Mais le SECOremarquequecesvaleurs continuentàsesituerbienendes- sous des valeurs moyennes plu- riannuelles. – (ats)
  8. 8. mercredi 7 novembre 20128 SUISSEPAGE PIERRE BESSARD Les mutations des structures de pouvoir globales en économie commeenpolitiquemodifientles rapportsentreEtats.PourlaSuisse, l’un des pays traditionnellement lesplusouvertsetlesplusmondia- lisés, l’émergence d’un monde multipolaire est moins préoccu- pantequepourlesgrandesnations oùlesprétentionsdegouvernance et de dominance sont autrement plusrépandues.C’estpourévaluer lanouvelledonnequisembles’être accélérée avec la situation de l’en- dettement dans les pays avancés quelevingt-quatrièmeForumeu- ropéen a approfondi la question cesdeuxderniersjoursàLucerne. La rencontre n’a pas apporté de perspectives surprenantes, mais confirmé les changements en cours à la marge. Indépendammentdesrégimesqui sesuccèdent(etseressemblent),les Etats-Unisnevontpasabdiquersi vite en leur qualité de superpuis- sance:l’ampleurdesdépensesmi- litaires,entermesabsoluscomme relatifs,restetrèslargementau-des- sus de toute autre région et repré- sente même la majorité des enga- gementsdecetypedanslemonde. Dans un environnement encore dominé par les Etats, ce n’est pas anodin.Etmalgréladernièrecrise, qui reste d’actualité avec l’expan- sionsansprécédentdesbilansdes banquescentrales,lemonden’aja- mais été aussi florissant, a rappelé MartinNeff,chef économistechez Credit Suisse. Le jeu illusoire qui consisteàgagnerdutempsensau- vant les banques, la conjoncture, puis les Etats, en déversant des li- quidités à chaque correction des marchés, peut encore déboucher sur une crise des instituts d’émis- sionetdesEtats.L’économistes’at- tend dès lors à une normalisation delaproductiondemonnaie(sans qu’ilsoitclairquelleformecetajus- tement prendra), mais aussi à un transfert tendanciel de responsa- bilité et de compétence de l’Etat vers le citoyen à l’avenir. Cequelemondeestentraindevi- vreavecl’émergencedenouvelles puissancespotentiellesrelèvedonc davantage d’une diffusion que d’une nouvelle concentration du pouvoir.LaChineaurabiensûrun rôle croissant à jouer à l’avant- scène,maisavecunPIBparhabi- tantquinzefoisinférieuràceluide laSuisse,resteraunpaysendéve- loppement pendant encore plu- sieurs décennies. «La fin de la do- minance occidentale ne doit pas signifierlafindesvaleursocciden- tales»,soulignelepolitologuealle- mand Volker Perthes. Le monde est dynamique, mais se dirige en partie dans la direction de l’Occi- dentdémocratique,aussiauniveau économique, avec l’autonomie croissantedesindividusgrâceaux communications, à la prospérité découlantdeséchangesetàl’inter- connexioninternationale.End’au- tresmots,lecapitalismegagnedu terrain. Pourl’Europe,quiaperduenres- sourceseteninfluenceavecsacrise del’endettement,celaimpliquede s’investir pour le règne du droit, l’instaurationdenormesetunmul- tilatéralisme efficace. «Elle pour- raityparvenirens’alliantavecde nouvelles puissances démocrati- ques», estime Volker Perthes. Le risquedemeurecependantqu’elle négociebeaucoupdechosesqu’elle ne soit pas en mesure de faire ap- pliquer ensuite. Enl’occurrencecesontlesrelations avecunenon-démocratie,laChine, quisemblentavoirlapriorité.L’en- gagement à hauteur de 43 mil- liardsdedollarsenfaveurdelaré- gionauseinduFMIatransformé les deux espaces en communauté de destin. L’absence de contrarié- tés géopolitiques y contribue sen- siblement, comme l’a noté Ken Wu, ambassadeur de Chine en Suisse. L’immense avantage de la mondialisationcontinuedestimu- ler les relations. C’est encore da- vantage le cas avec la Suisse, avec laquellelevolumed’échangesen- tre 2010 et 2011 a augmenté de 50%, pour atteindre 30 milliards dedollars.Lesnégociationsactuel- lesenfaveurd’unaccorddelibre- échange entre les deux pays pro- mettent d’intensifier encore ces rapports. «N’appartenant pas à l’Union européenne, la Confédé- ration dispose d’atouts considéra- bles»,relèveKenWu.Elleseraitle premierEtateuropéenàconclure un tel traité avec la Chine. Le congrèsduParticommunistechi- noisdèsdemaindoitamorcerune nouvelleépoquederéformes,d’ou- verture et de modernisation, pro- met Ken Wu. Aveclapolitiqueéconomiqueex- térieureoffensiveduConseilfédé- ral envers l’Asie, l’Amérique du Sud et d’autres régions, et sans grandesvelléitésdevouloirfaçon- ner le monde selon ses préjugés (l’oxymoredela«neutralitéactive» misàpart),ilressortduForumeu- ropéenquelaSuisseestbienposi- tionnée pour faire face aux nou- velles réalités. La Suisse plutôt bien placée FORUM EUROPÉEN. La diffusion du pouvoir au niveau international est une réalité. Il faut savoir en tirer parti. MARTIN NEFF. Le citoyen devra moins compter sur l’Etat à l’avenir. NATIONAL: refus de supprimer la lex Koller Au vu de la surchauffe immobilière, la Suisse ne doit pas abroger la lex Koller limitant l’achat de biens immobiliers par des étrangers. Par 15 voix contre 5, la commission de l’aménagement du territoire du National a enjoint le Conseil fédéral de maintenir le statu quo. La demande sur le marché immobilier suisse a explosé aux cours des dernières années. Cette tendance est renforcée par le fait que l’im- mobilier fait de plus en plus office de secteur de placement rentable. La lex Koller est en ce moment le seul rempart existant pour contrer cette évolution, a jugé la commission dans un communiqué publié mardi.Sasuppressionsusciteraitunepousséesupplémentairedesprix déjà élevés des objets en vente ou des loyers. La commission craint aussi des pertes de recettes fiscales et des pression sur le franc. DCS: les services ont aidé 10.000 personnes En 2011, les services cantonaux de désendettement membres de l’as- sociation Dettes Conseils Suisse (DCS) ont soutenu 4482 ménages, soit près de 10.000 personnes. Le total des dettes gérées dépasse les 288millionsdefrancs,soitunecréancemoyennede64.373francspar ménage, écrit mardi la DCS. Déjà importants, ces chiffres représen- teraient moins de 5% des personnes endettées en Suisse, si l’on tient comptedel’enquêtede2008del’Officefédéraldelastatistique(OFS): 570.000 personnes vivaient alors en Suisse avec des dépassements decomptesetdesarriérésdepaiementscritiques.Selonl’OFS,lesper- sonnes les plus touchées par les découverts et retards de paiement étaientlesétrangers,lespersonnesn’ayantsuiviaumieuxquel’école obligatoire, les ménages avec enfants ou/et les ménages ayant un re- venu mensuel de moins de 3357 francs. AVIATION: compétitive mais proche de la saturation L’aviationsuissefournitdesprestationsd’uneefficacitéetd’unequa- lité supérieures à la moyenne en comparaison internationale, selon une étude. La saturation des infrastructures, aéroports de Genève et Zurichentête,constituenéanmoinsunobstacle.L’aviationcivilesuisse est compétitive dans de nombreux domaines, souligne un rapport d’évaluationcommandéparlesmilieuxconcernésetpubliémardipar le Département fédéral des transports. Les experts font par exemple état d’une forte proportion de passagers aériens par rapport aux au- tres pays et d’un niveau de sécurité élevé. Les conditions-cadres poli- tiques et fiscales pénalisent néanmoins l’aviation suisse, d’après eux. Lesfraisliésàlasûretéetàlaprotectiondel’environnement,parexem- ple,sontplusimportantsqu’ailleurs.Malgrétout,lacompétitivitédes compagnies aériennes demeure élevée, à commencer par Swiss qui présente un bon niveau de productivité et de rentabilité par rapport à ses concurrentes étrangères, relève le rapport.

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