La revue ind isciplinée                                                                       www.mouvement.netM 0 UVEMENT...
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rencontre             Eric Da Silva/Antonin Ménard/Nathalie                 Garraud       77                              ...
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Revue Mouvement Avril Juin 2012

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Revue Mouvement Avril Juin 2012

  1. 1. La revue ind isciplinée www.mouvement.netM 0 UVEMENTI artistes, créations, esthétique et politique i avril-juin?OLZ i numéro 63 L14944 -63-Fi 12,00 ,BD ilffi l]üÏililil1üllil fl tiltil tlff fltNuméro spécial, LZE f riNègres, sauvageset bougnoulesQuand Iart bat en brèche lesrelents colonialistes et racistes.ScènesAllen GinsbergSophie AgnelAlexis ForestierCatherine DiverèsArtistes de CroatiePortfoliosStephan VanfleterenZiad Antar
  2. 2. §fuæ&âræ æffi§resss ærs§ æsE s§€§ §æ§me Part*ut en France surgissent de nouveaux projets de Ëh*âtre pr*f*ndément ar:erÉs dans ˧cole. te drarnatuq* Eric ila 5ilva, Ia c*mp*gnie du zi*u dans §es bleus, ie rnettsur er: scè*e Antcnin MÉnerd et dautres *n *nt f*it un tenrain fertil* püur fæir* éclrre Ieurs cr**ticns.
  3. 3. rencontre Eric Da Silva/Antonin Ménard/Nathalie Garraud 75 SiI est un sujet en apparence consensuel en et metteur en scène, fondateur de exister quoi ? Je ne pourrais pas oiare si je crolais matière de politique culturelle, cest bien lEmballage Théâtre, a voulu concrétiser que je Ïaisais du mal. ,> celui des arts à lécole. Agauche comme à dans un cadre précis. Doù le retour aux élèves du lycée Renoir, droite (facques Chirac évoquait cette question Il avait déjà eu loccasion de fréquenter Ie lycée 26 ans plus tard, pour essayer de deüner avec dès les années 1970), tout le monde saccorde Renoir en 1984, non comme élève, mais pour eux << à quoi peut bien serair cette littêrature , qu,i >> pour dire que la présence de Iart dans le parler avec eux de Ia GrandeetlaPetite a vocation à sincarner pour dire Ie monde, dispositif scolaire, par le biais de Ia présence Manæuure dArthur Adamov (un écrivain sans prétendre pour autant le comprendre concrète dartistes et donc dune réelle tristement oublié), quil présentait au Théâtre et le contrôler. Ces questionnements précieux pratique des formes artistiques, est une de Gennevilliers voisin, alors dirigé par prennent dans ce lieu un relief exceptionnel. exigence pédagogique de premier plan. Bernard Sobel, qui la toujours soutenu, même Et motivent le choix dEric Da Silva de Même si certains répondent aux restrictions dans les périodes les plus difficiles... Ses <, sinstaller,> dans cette école pour y proposerbudgétaires actuelles en misant sur une moments de <, rencontres aaec le milieu scolaire > , une expérience assez inédite . <, Ici, à Renoir, reconversion de la question par Iintroduction lui ont demblée posé question. En ouwant la il était possible daccêder à une compréhension par de cours dhistoire des arts, la présence des porte du théâtre, de son théâtre, à ces jeunes la sensation etlqcpérience. ,> Une manière enseignements artistiques reste la boussole yeux délèves peu <. avertis ,>, il les écoute et de pédagogie qui renverse tranquillement dune grande majorité dacteurs, dans les saisit très üte ce quil peut leur apporter : un la mécanique scolaire ambiante.milieux culturels comme dans celui de <, désordre uiaant >> qui développe chez eux une Mais il est un autre argument, qui est venulEducation nationale. Reconnue et encouragée << intelligence spontanée et déroutante >>. ll reviendra aiguiser le désir de lécrivaln. Le lycéepar tous les ministres successifs, cette politique sept fois au Théâtre de Gennevilliers, avec sept dAsnières est équipé dun magnifique petitde Iart à lécole avait été largement renforcée spectacles qui tous tournent résolument le dos théâtre, de dimension modeste certes, maissous les mandats de Jack Lang et de Catherine au répertoire quil avait transmis au départ. parfaitement équipé, avec des cintres, desTasca à la tête des ministères de la Culture et En traduisant Tiollus et Cressido de Shakespeare, coursives, des pendrillons, des coulisses et desde lEducation nationale - même sil y eut des il se rend compte quil doit quitter les mots du loges. Un équipement qui, aujourdhui,difficultés à mettre en æuvre une véritable maitre pour apprendre à ülre avec les siens, semblerait incongru, presque déplacé, maispolitique transministérielle. parce que ce sont les mots daujourdhui qui qui témoigne de la politique menée dansAu terme de dix ans de gouvernements de nous font üwe la üe daujourdhui, quitte les années 1970 par les maires communistesdroite, le dispositif mis en place par les à embarquer les spectateurs dans des contrées de ladite <. banlieue rouge >>. Une formule quisocialistes a fondu comme neige au soleil et la imprévisibles. nétait pas un slogan et qui cherchaitwaiment,pérennité des projets à finalité culturelle et par tous les moyens, à démocratiser Ia culture.artistique est de plus en plus difficile à tenir Dans leur esprit, IEcole méritait un véritablepour le corps enseignant comme pour les Pour certâins théâtre et non un préau au rabais. Si lart doitartistes invités. Mais, paradoxalement, dans entrer dans Ienceinte des lycées, il doit le fairece contexte sinistré, précarisé et sans boussole, artistes, IEcole par la grande porte. Da Silva est lhéritier deon observe Iirruption de projets singuliers, cette conüction, même sil nest pas dupe.portés par des artistes, eux aussi singuliers, est devenue un Il a beaucoup pratiqué les ateliers dinitiationqui ont choisi dinvestir le milieu scolaire, pratique (toujours au Lycée Renoir) et il enpour y inscrire de véritables propositions vénitable médiurn a bien mesuré les contradictions.artistiques. Dans leur esprit, IEcole nest plus Quand il commence à mener des expériencessimplement une institution où ils dispensent de leur créatlon, de pratique plus encadrées par la structure duleur pratique, leur savoir-faire ou leurs lycée, il fait ce constat lucide : <,Las,latalement,connaissances, elle devient un véritable Car, pour Eric Da Silva, lécrivain na pas pour les choses ont perdu ileleurJluidité - cétait courumédium de création, où Iartiste reçoit autant fonction de nous consoler, bien au contraire, dauance -, dès lors que Iobligation ou la trop fortequil donne. il donne forme et vie à des <. personnages de attente de résultats manquèrent à lappel réJlexe deCest de sa propre initiative quEric Da Silva déroutes et pourtant dacharnement », de ceux linstant. » II sagit donc dêtre très clair : IEcolea frappé à la porte du lycée Renoir à Asnières qui, selon lui, sont nés à partir des voix na pas pour vocation de former des artistes,pour sy installer durant toute lannée scolaire. collectées par le sociologue Pierre Bourdieu, mais, pour autant, elle a tout à gagner, enIl venait dobtenir une résidence grâce au dansLaMisèredumonde. Le cortège de ces senrichissant par dautres typesprogramme de soutien aux écrivains du êtres invisibles, absents de la scène théâtrale dexpériences : se laisser gagner par la forceConseil régional dIle-de-France, qui stipule dominante, a pris des proportions hors des <, inuisiblesJaits et gestes que sont les mots et lesque les auteurs retenus consacrent 30 % normes, au point de devenir une <, saga de phrases dune littérature pour le plateau >>.de leur temps, outre lécriture, à entrer dix pièces ,>. Quand ils ont commencé à prendre Doù le projet radical de la résidence dEricen relation avec lenüronnement qui accueille vie sur la scène, Eric Da Silva sest trouvé Da Silva. Avec son équipe artistique, ilIeur résidence. Une préconisation générale confronté à une question très simple, mais accompagne durant toute Iannée une classeun peu floue que le comédien, écrivain abyssale ; <. Faire du théôtre bien sûr, mais pour.faire de première en option théâtre, avec un
  4. 4. 76 Eric Da Silva/Antonin Ménard/Nathalie Garraud rencontre complètement la répartition des tâches et des savoirs - condition sans 1aquelle la résidence dEric Da Silva naurait jamais pu avoir lieu. En plus du travail hebdomadaire, certains élèves de ia classe tiennent un b1og, formés et accompagnés par un ingénieur informaticien. Un blog entièrement pris dans 1e cadre scolaire des « TPE ,>. La compagnie dEric Da Silva a investi dans Iachat de matérie1 informatique, financé par la résidence, mais destiné à rester durablement dans le lycée. Une décision qui pose cette question cruciaie : comment les élèves dun lycée peuvent-ils rendre compte dune te1le expérience ? Ce médium peut-il leur permettre dexprimer 1expérience que Ie théâtre leur permet de faire ? A quelles conditions ? . â.-.àf {i + Ë*t L,iàE T§; .*Tëȧ aÉi+* l,* += tÈ!*ËEê1 $ËÈ {TÆ Y.; : rë=i"æF t É=tr!§* lç.Ë-r".* dt * !ê=" +c*â à*êË EËi + i!èÆÈ*f !i-FÈ $ I - ::: :: : :.::: : Ë 4 1if.i f"i,3t} Ë :iiFBt # È*cË Ces questions sont au cæur du nouveau projet de 1a compagnie marseillaise du zieu dans les bleus, animée par Nathalie Garraud et Olivier Saccomano. Après avoir interrogé pendant plusieurs années la présence du tragique dans notre monde à travers un triptyque alignant Eschyle, Sophocle, 1e dramaturge anglais Howard Barker et un jeune écrivain, FéIix Jousserand, la compagnie a lancé un nouveau cycle de créations sur le thème de ladolescence, ce moment de la vie qui en concentre toutes Ies contradictions. entre 1engouement et la désorientation. La première étape de cette recherche doit se dérouler durant toute 1année scolaire dans différents établissements, où seront présentées devant les élèves des formes brèves, appelées << études >, des petits dialogues entre deux interlocuteursprogramme peu banal : la traversée intégrale de théâtre, Marie-Christine Boncour, a accepté désaccordés. Un nombre détapesde sonDécalogue loic. Dix mois pour dix pièces de consacrer Iensemble des heures disponibles impressionnant, de Fécamp à Marseille, enUn défi qui na de sens quà la condition de à cette expérience artistique. Sans plus séparer passant parAmiens et la banlieue parisienne,trouver une réponse concrète et active de la les heures de théorie, normalement assurées pour partager un récit et des questions, avecpart des principaux enseignants de la classe. par ses soins, et les heures datelier de un public actifet concerne.Et cest ce qui sest passé pour cette classe de pratique, elle propose et assume une Le principe décriture repose sur 1e pillagepremière L, dont la professeure de français et configuration du travail inédite qui réorganise et Ie démontage (Brecht, Godard), de sorte
  5. 5. rencontre Eric Da Silva/Antonin Ménard/Nathalie Garraud 77 Ies-ügnes, dans le cadre du Festival des caves rli:l:l:a::i::i::::la§::::::ll initié par Guillaume Dujardin. La danse nest §§t§t§:il:l pas en reste, elle non plus. Des résidences tiiâiiit§§§ similaires ont été proposées à la chorégraphe l:!X:,4::l::ili:::laiilllta:tll:iaa:a:::lii:i:::i::i::l::,:i::li:aa: ralliiiiiai:ailillit:i:iaiill:la:::alil::la::llll:ii:liill:iiil::aiaail:ii: s§§§ Nathalie Pernet dans un lycée professionnel de Lons-le-Saunier, ou au danseur Sylvain Groud, :ta::::rl.|:i.::,:r::::a:i:::::,ar:§.ia,t:,,t:::ii::::::: ii::a:liaii:::ill dans Iinternat du lycée Cuüer de Montbéliard, rl::iiil::ll:l:§ll::ilil::l::i::lll::l:lil:i:r:l::::i:::l l§§:it.:ll.t§t Côté arts plastiques, certains Fonds régionaux 8q§t:§:§iria dart contemporain relèvent également le défi, comme à Dunkerque ou, à linvitation du Frac 1§§:l.,:::r::::::Fl 槧§§:l:.::: Nord-Pas-de-Calais, le photographe Régis §::lt:::iia::: §§tt§i§t:i Baudy a rencontré des élèves du collège Àubrac :Siaaiii:iaii::i:lia::r.i: et créé une série photo et üdéo. Par-delà leurs différences esthétiques, tous ces projets ont ,!§ii:*ert, !f§§ll$::i;a::.:ili choisi le terrain de lécole pour éclore, et i§§§llr§::lilii:l:ll:§§§s!5§is§ltâsl titiiuiiiut:J,I §§r::i::i:::::i::4,:t démontrent de façon exemplaire les richesses §§ttai;lt: dune véritable rencontre entre Iart et IEcole, §§i§§i::ii::: dans le respect de Ieurs exigences réciproques. rl§l§p§::::::]irr:r]: §§§itrtl:l::ii Quand on pense au nombre de lycées qui irÊ8:iri"i:11ta :::a maillent le territoire, on se dit que §§ii:t::aiari décidément, il ny aura jamais trop de ri::::::i::,:::::,::i:i:1: §§:t:i:::iirt compagnies théâtrales en France ! Itiii.::iit:::lr:li: Bruno Tackels que <. Ies ocfeurs jouent des masques contemporains, et Ia présentation du spectacle Randonnée.Tous empruntant auc masques au passé r>. Parce quil mangent sur place et dorment à proximité. sagit détudier lamour, Ihistoire ou Une véritable traversée qui a donné1économie, des scènes décrivant une situation Iimpulsion du nouveau projet de laactuelle seront confrontées à des scènes compagnie. Les spectacles sélaborent en effetdautres époques. Une nouvelle manière, pour en contact direct avec le thème traité. Pour les élèves, de réüser leurs connaissances. Ces Randonnée, la compagnie est partie enétudes serviront ensuite dimpulsion pour randonnée deux fois quinze jours ! Lorsquellelécriture de la prochaine création du zieu dans travaillait sur la folie, le spectacle a été répétéles bleus, NotreJeunesse, qui se veut résolument dans un hôpital psychiatrique.Pout Deoant1111s <. pièce historique ,>, regardant notre nous, consacré à ladolescence, il était donc époque comme si elle nétait pas la nôtre. Dans dautant plus évident de simmerger à nouveau cette démarche novatrice, on reconnaît Ia dans Ie milieu représenté sur le plateau. Cest même curiosité que celle dEric Da Silva, le dans sept lycées de Basse-Normandie que la même désir de faire repasser les questions création sest construite, avant dêtre dans le camp de ceux qui nous les adressent. interprétée... dans dautres lycées, toujours Le metteur en scène Antonin Ménard, basé sous la forme dune réelle résidence immersive à Caen, est lui aussi convaincu de limportance dune semaine, comme en janüer dernier au de IEcole dans son cheminement artistique. lycée Paul Cornu de Lisieux.A condition que le rendez-vous soit bien pensé. La Franche-Comté nest pas en reste sur ces Doù cette proposition dune véritable sujets, avec une politique active de résidences <, immersion » dans un établissement scolaire. dartistes dans les écoles, conduites par la Drac. Pendant une semaine entière, Ies acteurs de la Des périodes de travail conséquentes de trois compagnie CHanTier2lTHéâTre proposent semaines, qui accordent aux artistes un waitrois §pes dinterventions, des performances temps de création. Loin dune simple logiquependant les récréations, des interventions à danimation, la priorité est véritablementIintérieur des cours, préparées avec les donnée à la création, comme ce fut le cas pourenseignants de français, de mathématique, de Raphaël Patout dont Ia compagnie Mala Nochephilosophie, de biologie, danglais et de sport, a créé Le Salut de Narcisse au collège de Pouilley-

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