Echokarst 67

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Le projet de Lhoist détendre en profondeur l'exploitation à la Boverie ne ne devrait pas être autorisée. La volonté d'exploiter le banc de calcaire Frasnien jusqu'à la cote de 160m assècherait complètement la source et modifierait toute l'hydologie du plateau. Il nous semble sage de s'en tenir au recommandations des géologues et à la convention qui lie la carrière à laVille de Rochefort et qui prévoit de ne pas descendre sous la côte de 220m, la source de Tridaine étant à l'altitude de 210m.En cas de conflits, la priorité devrait être donnée à la gestion et à la conservation de l'eau qui,… rappelons le, constitue un bien fondamental, vital, mais fragile et qui peut être irrémédiablement altéré par certaines activités de surface.

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Echokarst 67

  1. 1. EDITORIALCe premier numéro de lEcokarst 2007 a connu une genèseplutôt mouvementée. En effet, alors que nous nous prépa-rions à publier une édition relativement classique, où il auraitété question de diverses actions menées par la CWEPSS enfaveur du milieu souterrain et de sa protection, lactualité ena décidé autrement. Il a fallu nous adapter dans lurgence etrevoir le contenu du périodique.Tout dabord, nous avons souhaité fournir à nos lecteursquelques informations et reproduire les images spectaculai-res relatives au puits naturel gigantesque qui sest ouvert, ily a moins dun mois, à Guatemala City. Cet effondrement,en plein centre ville, pose de nombreuses questions en sequi concerne la gestion de ce type de risque naturel, maisaussi quant aux problèmes de contamination de la nappeaquifère qu’un tel effondrement ne manquera pas d’entrainer.Mais ce sont surtout les informations inquiétantes relatives àla Source Tridaine, située à Rochefort, qui ont suscité cechangement éditorial. La zone de protection autour de cecaptage remarquable, qui alimente à lui seul en eau potableplus de 15.000 habitants à Rochefort et qui fournit laBrasserie de la Trappiste Rochefort, est à létude actuelle-ment. Cependant, lextension possible de la carrière de laBoverie, située juste au contact de cette prise deau, risque-rait de la mettre à sec. Il sagit dun enjeu important en termesde gestion durable du milieu souterrain karstique, dont il fal-lait nous faire lécho.Nous complétons lEcokarst avec quelques informations surles explorations spéléologiques au nord-est de lInde, ainsique sur une petite découverte réalisée à sur les bords de laMeuse à Hastière… nous reproduisons un avis critique surla parution de deux ouvrages concernant les menhirs etmégalithes en Belgique et enfin nous vous invitons tous ànotre prochaine Assemblée Générale qui se tiendra le 5 maià Fontaine-Valmont. Bonne lecture à tous et à bientôt.Georges MICHELLA SOURCE DE TRIDAINE À ROCHEFORTune eau remarquable méritant une gestion durableLa Ville de Rochefort est lune des rares entités en provincede Namur qui ait conservé une régie communale de produc-tion et de distribution deau. Ce sont les aquifères calcairesdévoniens, puissants et très productifs du plateau du Gerny,qui alimentent la plupart de ces prises deau.Eco Karst 1 N° 67- Mars 2007La Rochefort 8°, lun des " produits" les plus remarquables et recon-nus de la source TridaineLa Commission de Protection des Sites SpéléologiquesLa Commission Wallonne dEtude et de Protection des Sites SouterrainsLa Commission Bruxelloise dEtude et de Protection des Sites SouterrainsPériodique trimestriel commun à:Editeur responsable : G. THYS - Av. Guillaume Gilbert, 20 à 1050 Bruxelles / Tél-fax : 02/647.54.90. / E-mail: cwepss@swing.beN° 67- 1er trimestre 2007Anciennement l’Echo de L’EgoutBelgique - BelgiëP.P.1310 La Hulpe1/4467N° d’Agréation P. 30 24 48
  2. 2. Le captage principal est la Source Tridaine. Ce captage estsitué à 700 mètres au Nord de lAbbaye St Remy et il fournitau réseau de distribution 325.000 m³ deau potable par an(valeur moyenne entre 2000 et 2003), auxquels sajoutent70.000 m³ pour lAbbaye. Ce captage de type "source à lé-mergence" alimente 4.800 abonnés de la ville de Rochefort,ainsi quune bonne partie des habitations de Wavreille etJemelle… Plus de 15.000 personnes voient leurs besoins eneau potable couverts par la Source Tridaine. Cest égale-ment avec cette eau (et leur savoir faire inégalé!) que lesmoines produisent, depuis des siècles, la Trappiste deRochefort. Cet usage particulier de la Source de Tridaine luidonne une "saveur", mais aussi une valeur économique, his-torique et… gastronomique (!), ainsi que des exigences dequalité supplémentaires.La délimitation des zones de prévention et de protectionautour de cette prise deau est en cours détude, afin degarantir durablement son approvisionnement et sa qualité.La source de Tridaine menacée?Nous avons appris que la société Lhoist envisageait déten-dre son exploitation en profondeur dans la carrière de laBoverie, qui jouxte le captage de Tridaine. Recemment, desessais de pompages à partir de forages dans cette partie dela carrière ont dailleurs eu pour conséquence de tarir à deuxreprises la source Tridaine pendant 1 jour!Vu limportance de cette prise deau, la nature karstique decet aquifère, la présence dune cavité intéressante à la ter-minaison de ce réseau et la vulnérabilité générale de ce sys-tème, il nous a semblé intéressant de rédiger une synthèseà ce sujet. Le cas de la Source Tridaine illustre à merveillela nécessité dune gestion intégrée et durable appliquée aumassifs calcaires et à leurs ressources vulnérables.Le cadre hydrogéologiqueLa grotte et la venue deau de Tridaine se situent à la margedu plateau du Gerny, à la limite de cet important massif cal-caire frasnien et givetien. Une partie des eaux qui sont drai-nées dans ce massif (soit de manière diffuse, par infiltrationsur le plateau, soit via les points de perte ponctuels) résur-gent à Tridaine dans le niveau inférieur de la grotte.Le sous-sol du plateau du Gerny, constitué de calcairesgivétien et frasnien, avec des intercalations de bancs deschistes, absorbe rapidement les eaux de précipitation. Leplateau se caractérise par une quasi absence de ruisseaude surface, au profit des circulations karstiques souterrai-nes. En bordure du plateau, au niveau de la Source, du faitdu pendage des couches (75°) et de la localisation de la limi-te entre les roches calcaires (perméables) et les schistes(imperméables), les eaux souterraines sont ramenées et "poussées " vers la surface.La source exploitée actuellement nest pas une émergencenaturelle. Ce "gisement deau" a été découvert au 18èmesiècle lorsquune galerie de mine de galène a recoupé lanappe. Les écoulements étaient tellement importants quelexploitation minière a dû être rapidement abandonnée.Daprès Vanden Broeck Martel et Rahir (1910), ce drainagebrutal de la nappe à Tridaine a eu certaines conséquences :suite à la venue deau dans la mine, une source située à 200mètres au sud-est du village de Humain (soit à 3 km enamont de lemplacement de Tridaine) sassécha totalement.Cette source de Humain constituait un niveau de déborde-ment supérieur de la nappe, qui devint inactif une fois queles eaux souterraines trouvèrent un exutoire plus bas dansla mine. La source de Humain se situait à laltitude de 225mètres, alors que lémergence actuelle de Tridaine, au fondde la galerie, est à 211,60 mètres.Cest au nord-est de Rochefort, que la Calestienne calcaireprésente sa largeur maximale (plus de 5 km). Cette zone,constituée par le plateau du Gerny, laisse voir assez peudaffleurements. Cependant, la karstification y est bien pré-sente, comme en témoigne labsence découlements en sur-face (au profit des circulations deaux souterraines), ainsique les dolines et effondrements qui trouent la surfacerecouverte de terrains meubles. Par ailleurs, lintensité de lafracturation et la dissolution des calcaires sous-jacents sontbien visibles dans les carrières et, en particulier, dans lesparois de la Boverie où les terrains de couverture ont étéévacués.Nous reproduisons un extrait de lAtlas du Karst Wallon, àcheval sur les cartes 59/3et 54/7, qui couvre la zone la plusproche autour de Tridaine jusquau chantoir de Humain.Inventaires cartographique et desriptif des phénomèneskarstiques a proximité de Tridaine547-005 Grotte Cocrai : petite cavité dans lancienne carrière St-Hubert ; au pied dun affleurement rocheux, petit réduit de 2 mde diamètre se terminant sur un éboulis instable.547-006 Trou des Minières : petite cavité, pas de prolongementsspéléos possibles.547-007 Perte du Ru Entre deux Falleux : perte partielle dans le litdu ruisseau qui alimente les étangs du château.au 7/05/01- le point de perte nest pas facilement repérable dansle lit du ruisseau. Sur dix m à la base de plusieurs arbres le ruis-seau sélargit et son débit devient quasi nul. La perte pourrait sesituer sous ces souches.547-008 Trou du Chien : fissure élargie qui est comblée débouliset dargile.547-011 Puits de la Ferme de Tavy : ce puits agricole se trouve àlaltitude de 280 mètres, à proximité de la ligne de partage deseaux entre la Lesse et lOurthe. Il est utilisé pour les besoins dela ferme. En 2002, un traçage fut effectué à partir du puits, prou-vant sa connexion avec la source de Tridaine. Les égouts de laferme se jettent dans le ruisseau canalisé qui coule à quelquesmètres du puits et qui rejoint les pertes en aval (54/7-12 et 14).Eco Karst 2 N° 67- Mars 2007Entrée du Captage de Tridaine construit par la ville de Rochefort en1892.
  3. 3. 547-023 Doline de Vauzale : dépression de forme allongée situéeen prairie et suivant laxe dun vallon sec ; pas daffleurement visi-ble, ni deau dans le fond de cette dépression fermée ( mai2001).Site non pollué et non clôturé, facilement visible et acces-sible depuis la route menant à la station de radioastronomie.593-001 Source de Tridaine : galerie artificielle de +/- 120m de long,dont lexutoire aboutit à une chambre captante. Cette galerie ser-vait initialement dexhaure pour une mine de galène et est essen-tiellement alimentée par laquifère des calcaires frasniens séten-dant vers Humain et Tavy. Une liaison hydrologique avec la grot-te de On et avec le gouffre de lAgole a pu être établie (traçageDelbrouck - 1973), dans des conditions très particulières (apportdeau massif à la perte).593-002 Grotte de Tridaine : La galerie débute par une tranchéedans le schiste, ouverte a lorigine pour exploiter un filon de galè-ne ; elle recoupe un réseau karstique naturel et descendant, quiaboutit aux sources bouillonnantes et captées via une galeriedrainante (59/3- 1).L entrée supérieure naturelle (appelée égale-ment " trou Genette ") faisait la jonction avec la grotte, mais cetteconnexion est aujourdhui comblée par un bouchon dargile.Cavité fermée, dont la gestion est assurée par la Commune etlAbbaye, ainsi que par la société Lhoist, qui a placé certainsappareillages de mesures pour suivre le débit de la source.593-003 Résurgence de la Carrière Saint Remy : résurgence acti-ve, pénétrable sur quelques mètres.593-004 Grotte de la Boverie : cavité deffondrement avec petit col-lecteur non actif drainant les eaux dinfiltration du plateau vers lasource Tridaine. Site mis à jour par lavancée de la carrière de laBoverie (Lhoist) en 1966. Colmatage sur point deau et éboulis ;remblayé par la Carrière Lhoist.593-075 Nouvelle grotte de On : grotte concrétionnée - ancienne-ment touristique - avec rivière souterraine. Liaison établie avec larésurgence dÉprave (59/2-18) en 260 heures pour 10km [vérifi-cation par traçage]. Une liaison est également possible vers lasource de Tridaine (59/3-2) en période de crues exceptionnelles.Cavité partiellement détruite par lavancée du front de taille descarrières Lhoist à Jemelle.Alimentation de la sourceLorsque lon sintéresse au débit de la Source Tridaine(mesuré aujourdhui en permanence à laide dune sonde àpression dans la galerie du captage), on réalise que celui-citourne autour dun million de m³ par an. En comparant cedébit aux précipitations qui tombent sur le massif du Gerny,Pel et Derycke (1985) arrivaient à la conclusion (selon laméthode de Thornthwaite) que le bassin dalimentation deTridaine devait avoir une superficie dau moins 200 hectares.Ceci implique que les bancs schisteux, qui limitent les len-tilles calcaires constituant le coeur de cet aquifère, ne sontpas imperméables et quil y a des connexions et une alimen-tation (via certains joints et fissurations liés au plissementanticlinal du massif) vers les calcaires frasniens.Par ailleurs, Tridaine est a la fois alimenté par des eaux pro-venant de points de perte bien localisés, mais aussi par delinfiltration diffuse. Suivant le réseau de diaclases et de fis-surations qui affecte le calcaire, ces eaux devenues souter-raines peuvent avoir un temps de transfert relativementimportant ou très rapide jusquà lémergence captée.Eco Karst 3 N° 67- Mars 2007Extrait de l’Atals du Karst Wallon, reprenant certains des phénomènes karstiques situés aux alentours de la Source Tridaine (la zoneconcernée est situées sur deux carte IGN à 1/10.000)
  4. 4. Enfin, la carrière Lhoist de la Boverie (dont la limite sud estsituée à quelques dizaines de mètres de Tridaine) ainsi queces extensions vers le nord a supprimé certains terrains decouverture, ce qui a pu modifier la vitesse dinfiltration deseaux. Lapprofondissement de lexploitation a pour effet quele fond de la carrière nest plus situé qua une dizaine de mèt-res du niveau de base de la source Tridaine.Compte tenu de limportance du captage, de nombreusesinvestigations et études hydrogéologiques ont été réaliséessur le système. Ces études ont eu pour objet de définir dansle bassin dalimentation les zones sensibles en vue de pré-venir une modification de la qualité, mais aussi de la quanti-té, des eaux à la source. Il sagit en particulier de tenir comp-te :- de la carrière de la Boverie, qui exploite la lentille calcaire surtoute sa largeur en amont de Tridaine ;- des activités agricoles sur le plateau et de leur impact éventuelsur la qualité chimique des eaux (élevage intensif, épandage,culture et pesticide,…) ;- de lhabitat à proximité de chantoirs et de points de perte(notamment dans la région de Humain) et des risques liés auxrejets deaux usées dans cette zone.Traçages et liaisons hydrologiquesDes traçages effectués pour caractériser les circulationsdeaux souterraines ont été réalisés. Il sagissait de mettre enévidence la communication plus ou moins directe entre lesdifférents secteurs du plateau du Gerny et la source Tridaine.- En 1974, R. Delbrouck, alors quil étudiait les écoulementsdepuis la Wamme jusquà la résurgence dEprave, a retro-uvé des traces du colorant injecté à la Grotte de On (dansla vallée de la Wamme au nord-est de Jemelle, de lautrecoté du massif du Gerny, à 3400 mètres de Tridaine), après60 heures à la Source Tridaine. Vu les conditions hydro-géologiques dans lesquelles ce traçage a été réalisé (lecolorant fut "poussé" par un volume énorme deau de lava-ge de la carrière), il est probable que cette connexionhydrogéologique soit "fossile" en conditions normales etquelle ait été artificiellement réactivée. Par ailleurs, lesconcentrations de fluorescéine relevés à Tridaine à cetteoccasion et le taux de restitution très faible noffrent pas degarantie quant à la validité de ces résultats. Limpact dunetelle circulation sur la délimitation des zones de préventionautour de Tridaine (qui imposerait détendre celles-ci consi-dérablement vers le sud) justifierait que cette colorationsoit reproduite dans des conditions normales et à laide desméthodes dinvestigations actualisées.- Le 12 octobre 2001, Aline Renson a établi, à laide duneinjection de 20kg de chlorure de lithium, une relation direc-te et très rapide (7 heures pour 3160 mètres, soit une vites-se de 450m/h pour la première restitution) entre le chantoir" Entre Deux Falleux " (site 54/7-7 dans lAKWA) et la sour-ce Tridaine. De telles vitesses indiquent que le chantoir estsitué sur un drain majeur en connexion avec le captage.Des précautions quant a la qualité des eaux doivent êtreprises autour du chantoir, mais il faut également surveillertout cet axe de drainage vers laval, au départ duquel desinfiltrations depuis la surface et une connexion rapide avecTridaine sont possibles. La dynamique karstique (formationet remblaiement des points de perte) est telle sur le Gernyquil est insuffisant de définir des zones de protection surbase de la seule position des phénomènes karstiquesconnus à un moment donné. Le principe de précautionimposerait que le massif dans son ensemble, et en parti-culier les vallons secs et les zones où le calcaire est affleu-Eco Karst 4 N° 67- Mars 2007Tranché daccès (creusée dans le schiste) donnant accès à lentréede la Grotte de Tridaine. Celle-ci est aujourdhui protégée par uneporte métallique pleinePhoto satellite du Gerny, qui met en évidence la proximité et lex-tension de la carrière en bordure de la Source Tridaine
  5. 5. rant, fassent lobjet de mesures uniformes et assez strictesen matière de qualité des eaux et de gestion des effluents.Il en va de même pour le "trou" de la carrière, qui fonction-ne comme un vaste cône dinfiltration dont on a réduit lé-paisseur et supprimé les terrains de couverture moins per-méables.- Le 5 août 2002, un traçage a été effectué depuis le puitsn°2 (puits agricole) à la ferme de Tavy (1200 mètres au sudde Aye et situé à 5230 mètres de Tridaine). Le puits culmi-ne à une hauteur de 280 mètres et se situe sur la ligne departage des eaux entre le bassin Lhomme et Lesse (vers lesud-ouest) et celui de lOurthe (vers le nord-est). Cetteinjection visait à vérifier à quel bassin hydrogéologiqueappartenait cette zone, afin de linclure ou lexclure du péri-mètre de prévention de Tridaine. Une injection de 3 kgs defluorescéine a été effectuée dans ce puits, suivi dunechasse de 14m³ deau. Les résultats de ce traçage font étatdune liaison établie entre le puits (site 54/7-11 danslAKWA) et la Source Tridaine (premier pic de restitutionaprès 70 heures). La concentration moyenne de la flores-céine dans les eaux du captage augmente ensuite avec unmaximum 150 heures après linjection. Il faut noter que lacourbe de restitution est extrêmement étalée et que laconcentration maximale observée est inférieure à 2.5 ppb(part par milliard). Cette valeur nest pas fort éloignée du"bruit de fond" (fluorescence naturelle) mesuré dans leseaux à Tridaine (atteignant 0,7 à 1 ppb) préalablement autraçage. Ceci complique les interprétations et rend touteaffirmation claire sur les temps de passage et sur la vulné-rabilité de Tridaine a partir de ces puits assez difficile. Lorsde cette même injection, des restitutions plus nettes on puêtre relevées a la Source de Préhyr (également captée parla ville de Rochefort à 500 mètres au nord de la ville), ainsique dans les ruisseaux situés à lest de la Ferme de Tavyet dans le ruisseau dentre Deux Falleux.- Dautres traçages ont été réalisés en 2004-2005, à par-tir des chantoirs au nord dArgimont. Ils nont pas établi deconnexions vers Tridaine, mais bien vers la Source dePréhyr. Ces colorations confirment que lalimentation de laTridaine se limite à une bande assez étroite, sétirant versle nord-est jusquà la ferme de Tavy.Description de la grotte de TridaineSituée à mi-hauteur sur le flanc boisé du vallon du ruisseau "Le Biron ", à 700 mètres à vol doiseau de labbaye St Remy,cette cavité en partie artificielle (ancienne mine qui exploitaitun filon de galène) et en partie naturelle, se développe entiè-rement dans le calcaire frasnien, si lon excepte les quatrepremiers mètres de la galerie, creusée dans les schistes.Lentrée principale de la cavité a été élargie afin dassurerlexhaure de la mine de galène et permettre lévacuation duminerai. Par la suite, les galeries inférieures et la galerie decaptage (galerie drainante réunissant les eaux de trois " sour-ces souterraines ") ont été construites, en 1892, par la ville deRochefort, pour pouvoir exploiter cette venue deau. Au boutde quelques mètres dun parcours horizontal, la galerie den-trée de la grotte bute sur une chicane de faille presque verti-cale, qui se prolonge vers le haut, par une cheminée deve-nant rapidement très étroite, et vers le bas, par le réseau infé-rieur de la cavité.- son intérêt minéralogique : Cette cavité ne présente pasun concrétionnement classique de grottes (stalactites,gours, plancher en calcite,…).On y retrouve par contre de nombreux fossiles fort bien misen relief (en particulier des coraux) et ce tant dans la par-tie schisteuse que dans la zone constituée de roche cal-caire. Dans le puits donnant accès au réseau inférieur sesont des cristaux cubiques remarquables qui ressortentsur plus de 5cm de la paroi. La formation de ces cristauxest à mettre en parallèle avec les différentes phaseshydrologiques qua connu la grotte ; ils " colonisent " enparticulier le plan de faille.Eco Karst 5 N° 67- Mars 2007Dalle à cristaux cubiques dans le puits de la cavitéTopographie de la Grotte et de la galerie du Captage de Tridaine
  6. 6. - Son intérêt biologique : La cavité fait lobjet de relevéschiroptérologiques par LInstitut des Sciences Naturellesde Belgique. Par le passé, pas moins de cinq espèces dif-férentes ont été observées, dont trois sont aujourdhuigrandement menacées en Région Wallonne et disposentdun statut de protection européen (espèces figurant àlannexe II de la " Directive Habitat "). Lors dune visitedans la grotte, en novembre 2002, une dizaine de chau-ves-souris ont été relevées, principalement dans la galeriesupérieure de la cavité (espèces non identifiées).- La faune invertébrée : La cavité a fait lobjet de relevésconcernant la faune terrestre invertébrée dès 1928, par R.Leruth. Il sagit donc dun point de référence dans cedomaine.Pour la biodiversité des eaux souterraines, létude de cesite est prometteuse car cette cavité est lun des seulspoints daccès possible aux eaux souterraines du plateaudu Gerny. Cinq échantillons ont été prélevés dans la cavi-té. Le tri et lidentification des organismes invertébrésquils contiennent sont en cours à lInstitut Royal desSciences Naturelles de Belgique.Au vu de ces différents intérêts et du potentiel de rechercheet de découverte dans la Grotte de Tridaine, la CWEPSSavait proposé, en 2002, la mise sous statut de CavitéSouterraine dIntérêt Scientifique (CSIS) pour la grotte.Malgré un accord avec la commune et labbaye, labsencedune convention signée avec la Carrière Lhoist na pas per-mis de finaliser ce dossier de protection.Protection du site souterrain et de la prise deauCertaines des activités sur le plateau du Gerny peuvent avoirune incidence qualitative et quantitative sur les eaux deTridaine. Le massif nest pas boisé, mais constitueune zone agricole importante, avec des cultures, de lélevageet de la prairie. Les intrants agricoles et la problématique deslisiers ont été pris très au sérieux, ceci dautant plus que lesconcentrations en nitrate dans les eaux augmentaient régu-lièrement jusquil y a peu (27 mg/l de NO3 mesuré en 2002).En collaboration avec le Centre dEconomie Rurale (CER),un code de bonnes pratiques agro-environnementales a étémis en place dans les différentes exploitations agricoles surle plateau et le taux de nitrate dans les eaux est aujourdhuistabilisé, et même à la baisse. Des mesures complémentai-res seront certainement proposées au moment de la mise enplace de la zone de prévention du captage. Toute nouvelleinstallation délevage intensif (batteries de porcs ou de pou-lets) sur un tel terrain et avec les zones dépandage réduiteset assez vulnérables nous semble risquée et incompatibleavec une gestion durable des eaux souterraines.La présence dune vaste carrière de pierre calcaire aucontact de la source qui exploite la lentille de Frasnien cons-tituant laquifère principal de la Tridaine nécessiterait égale-ment des règles " extracto-environnementales " strictes. Lesgéologues J. Pel et F. Derycke, conscients de limpact majeurde la carrière sur les ressources en eau, ont établi, dès 1985un ensemble de règles et de recommandations à appliqueraux établissements Lhoist à la Boverie. Nous reprenons ci-après la synthèse de leurs recommandations, qui restentdactualité." … les recommandations suivantes ayant pour but absoludéviter toute modification des eaux (débit et qualité) de lasource Tridaine :a) Dans toute la zone correspondant au bassin dalimentation de lasource de Tridaine, toute exploitation de roches (couvertures, cal-caires et/ou schistes) devra toujours rester à un niveau de 5msupérieur à celui des plus hautes eaux dans la nappe phréatiqueet ne descendra en aucun cas en dessous de la côte de +220m.b) Les tirs en masse nécessaires à lexploitation des massifs Fr2h &Fr2d seront calculés de manière à conserver la fissuration dansson état actuel.c) Dans tout le bassin dalimentation de la source, tout pompage ettout travail dexhaure sera interdit. Afin déviter un déséquilibreentre bassins voisins ; tout pompage sera soumis à étude pré-alable dans le bassin situé au nord dHumain prolongeant sur1800m environ en direction N-E jusque Tavi le bassin versant deTridaine.d) Tout déversement de produits chimiques et dimmondices estEco Karst 6 N° 67- Mars 2007Filtre placé sur l une des trois venues deau, au fond de la cavité,pour y prélever la faune stygobieVue de la carrière de la Boverie depuis la ligne de crête qui séparece vaste trou d’exploitation de la Grotte de Trdaine. le front de tailleest situé a moins de 100m des réseaux de la grotte et des exutoi-res de la Source (situation en mars 2007).
  7. 7. strictement interdit. Une surveillance continue dans la zoneexploitée (ou à exploiter) doit empêcher tout dépôt sauvage dansles endroits de versage des terres de couverture.e) Lexploitation des calcaires doit être réalisée sans contaminationde la nappe par les engins de carrière.f) La découverture de gisements et lexploitation exécutée parerreur par les établissements Lhoist dans la zone de protectiondes 250m doit faire lobjet dune remise en état urgente.Il est bien acquis quaucune activité ne peut être tolérée dans unrayon de 250m autour de la source Tridaine…. Compte tenu de laprésence dans le sol de joints ouverts NW-SE, cette zone devrait êtreétendue et portée au moins à 400m. "ConclusionsLa source de Tridaine est un captage remarquable, à biendes titres. Il alimente en eau potable (depuis plus dun siècle)la majorité des habitants de Rochefort. Une partie de ceseaux souterraines entrent dans la fabrication de la bière trap-piste de Rochefort, dont la brasserie est située à moins d1km du point démergence.Sa position en hauteur (cote de 211 mètres) par rapport à laville et à lAbbaye permet à la distribution deau de se faire demanière entièrement gravitaire, sans lusage dune pompe oule moindre moteur.Une station de chloration équipe, depuis de nombreusesannées, la chambre de visite du captage. Cependant, la qua-lité des eaux à Tridaine est telle que cette station na jamaisdû être mise en service. Les eaux sont donc distribuées tel-les quelles, de la source au robinet du consommateur !Lémergence subit certaines fluctuations de débit, suivant lesprécipitations annuelles. Cependant, même en 1976 (annéearide où la Lhomme était, par exemple, totalement à sec àRochefort !), le débit annuel mesuré à la Tridaine était de500.000 m³, couvrant sans problème les besoins de lentité etde labbaye.Bref, cette source est vraiment une… bénédiction. Sa gestiondurable est une priorité absolue car tant la ville que les acti-vités brassicoles de labbaye ne peuvent se passer de cetapport deau de grande qualité. La délimitation dune zone deprévention autour de cette prise deau est dès lors une trèsbonne chose, qui doit contribuer à assurer le maintien en lé-tat (du point de vue qualitatif et quantitatif) de cetteémergence et à gérer les conflits éventuels avec dautresactivités économiques en surface qui pourraient menacer laTridaine.Le projet de Lhoist détendre en profondeur lexploitation à laBoveriene devrait pas être autorisée. La volonté dexploiter lebanc de calcaire Frasnien jusquà la cote de 160m assèche-rait complètement la source et modifierait toute lhydologie duplateau. Il nous semble sage de sen tenir au recommanda-tions des géologues et à la convention qui lie la carrière à laVille de Rochefort et qui prévoit de ne pas descendre sous lacôte de 220m, la source de Tridaine etant à laltitude de210m.En cas de conflits, la priorité devrait être donnée à la gestionet à la conservation de leau qui,… rappelons le, constitue unbien fondamental, vital, mais fragile et qui peut être irrémé-diablement altéré par certaines activités de surface.Georges MICHEL &Georges THYSRéférences bibliographiques concernant la GrotteTridaineBILTRESSE, C. & DELBROUCK, R. 1965. Conclusions généralessur la mine de plomb de Saint-Rémy et les environs. Electron - spé-léo club de Bruxelles Les Stalacs. 12: 30-37COLLIGNON, M. 1972a. A propos de la Grotte de Tridaine et du TrouGenette à Rochefort. Bulletin de la Société Spéléologique de Namur.25: 7-13DAMIAEN, G. 1965. Lhydrologie de la région calcaire: Wamme-Lomme-Lesse moyenne. Actes du Colloque Spéléologique. ,14/11/65, 15ème aniversaire. S. S. N. , Namur, pp.4-27DELBROUCK, R. 1974c. Expérience de traçage des eaux souterrai-nes de la Wamme et de la Lhomme. Ministère de l Agriculture, Serv.Hydraulique Agricole, District V, Namur. 127p.LERUTH, R. 1939b. La biologie du domaine souterrain et la faunecavernicole de Belgique. Mémoire du Musée dHistoire Naturelle deBelgique. 87: 487p.PEL, J. et DERYCKE, F. 1985. Géologie et hydrologie du plateau deGerny: protection de la source Tridaine à Rochefort. ColloqueInternational de Karstologie Appliquée (Annales de la SociétéGéologique de Belgique). Liège, 31 mai au 3 juin 1984RENSON, A. 2002. Hydrogéologie du plateau du Gerny entreMarche et Rochefort. Mémoire en vue de lobtention du diplômedIngénieur Civil Géologue - Université de Liège. 189p.SAGOT, D. 1995. Les phénomènes karstiques du bassin Wamme-Lomme. Région de Rochefort, Belgique. Organisation des écoule-ments et indices sur la nature des paléocourants. Mémoire de maî-trise de Géographie. Université des Sciences et Technologies deLille. 110 p.SOCIETE SPELEOLOGIQUE DE NAMUR. 1966. Activités - TrouGenette et grotte de Tridaine à Rochefort. Bulletin de la SociétéSpéléologique de Namur. 1: 1p.VAN DE ROY, J. -L. 1984. Le trou Germay et labbaye de Saint-Rémy. Société Belge de Recherches et Etudes des Souterrains. 9:pp.8-13.Eco Karst 7 N° 67- Mars 2007Cuves à Brassage dans l’abbaye de Rochefort directement alimen-tées par la source de Tridaine
  8. 8. AU YUCATAN, LA PLUS LONGUE RIVIÈRESOUTERRAINE DU MONDEDeux spéléos-plongeurs viennent de réaliser la jonction entredeux rivières souterraines et ont ainsi établi la plus longuepercée hydrogéologique recensée à ce jour, soit 153 km!La péninsule du Yucatan est considérée comme la " Mecque" de la plongée souterraine. Ce gigantesque plateau calcaire,dont lépaisseur atteint plusieurs centaines de mètres, faitlobjet de recherches souterraines depuis la fin des années1970. Les cavités qui caractérisent ce calcaire se présententsous la forme de gouffres noyés (appelés cénotes).Considérés autrefois par les Mayas comme des "bouchesdivines", ces puits offrent aux spéléos amphibies une multitu-de daccès au milieu souterrain.Il a fallu quatre années defforts et un total de plus de 500plongées (chacune de 3 à 5 heures!) pour explorer lensem-ble de ce réseau de galeries noyées et réaliser la liaisonentre les deux rivières souterraines.Cet exploit majeur en matière dexploration et de plongéesouterraines a été mené a son terme, le 23 janvier 2007, pardeux plongeurs-spéléos, Steve Bogaerts (Britannique) etRobbie Schmittner (Allemand). ils sont parvenus à démontrerque les deuxième et troisième plus longues rivières souter-raines du monde , à savoir Sac Actun (ou "La Cave blanche",en maya), doù venait lune, et Nohoch Nah Chich ("Le Nid deloiseau géant"), doù arrivait lautre, ne formaient en réalitéquune seule rivière. Avec ses 153 kilomètres, il sagit donc dela plus longue rivière souterraine répertoriée à ce jour.Lancien record, de 143 km , était détenu jusquà présent parle réseau labyrinthique et noyé voisin dOx Bel Ha ("Les TroisVoies deau").La spéléo-plongée dans de vastes réseaux noyés est unediscipline particulièrement exigeante. Contrairement à laplongée classique, qui consiste à effectuer des déplacementsmajoritairement verticaux (descendre et remonter) surdassez courtes distances, elle consiste à réaliser des trajetsde plusieurs kilomètres à lhorizontale et à demeurer sousleau des heures durant, sans possibilité de remontée rapide.Cette technique suppose la maîtrise dun matériel sophisti-qué, dont des engins de traction à hélice (sorte de motosscooters souterrains dignes dun film de James Bond), vu lesdistances à parcourir.Outre les intérêts hydrogéologiques et cartographiques évi-dents quelle présente, cette exploration, ainsi que la jonctionréalisée, met en lumière la nécessité absolue de préserverces grottes de toute pollution, à un moment où lindustrie tou-ristique se développe. En effet, un seul point deau souillé etcest un vaste complexe hydrologique, où lhomme puise soneau potable depuis la nuit des temps, qui serait dégradé.Basé sur un article publié dans "Le temps",journal suisse, le 23 fevrier 2007PUITS NATUREL "PUISSANCE 10"AU GUATEMALA!IntroductionLa région du Tournaisis, situé à louest de la Belgique et dontle sous-sol est constitué de calcaires carbonifères sous cou-verture, connaît depuis les années 1950 des phénomènesdeffondrement. Ces dolines aux parois verticales (dont lesplus importantes ont 10m de rayon pour 15m de profondeur!)et qui souvrent de manière soudaine se situent dans unrayon de 15km autour de la ville de Tournai, cest pourquoielles furent baptisés "puits naturels du Tournaisis".Leur fond est généralement colmaté par les sédiments meu-bles de couverture. Dans quelques cas favorables, le puits adonné accès à une courte grotte creusée dans le calcairesous-jacent. Ces trous béants qui crèvent la surface de sol,souvent en labsence daffleurements visibles, sont le résultatde la remontée dun "vide" (karstification) dans les calcairescarbonifères, qui va se propager par effondrements de voûtesuccessifs dans la couverture jusquà la surface.Eco Karst 8 N° 67- Mars 2007Evolution du niveau piezométrique mesuré dans la nappe aquifèreCarbonfière dans le Tournaisis entre 1960 et 2003. La baisse duniveau est constante jusqu’en 1978, où suite à un “accident” (perted’une partie des eaux de l’Escaut dans un puits naturel); on assisteà une réalimentation temporaire mais très importante de la nappe.Carte générale de la péninsule de Yucatan, situant la zone où lesexplorations ont été menées par des plongeurs spéléos.
  9. 9. Plus de 150 puits naturels se sont formés de cette manièredans le Tournaisis. Tous se localisent dans une zone où lerabattement de la nappe aquifère est important suite auxpompages excessifs dans la région de part et dautre de lafrontière franco-belge (tant pour les captages deau potableque pour lexhaure des carrières). Les puits naturels actuelssont en effet tous sous-jacents à la zone de dénoyage desterrains paléozoïques, et la très grande majorité dentre euxsont apparus là où le socle est dénoyé de plus de 20 mètresà la suite de lexploitation abusive de la nappe !Ce dénoyage a provoqué la réactivation de paléokarsts et àvidé certaines galeries de ses eaux et de ses sédiments quisoutenaient la structure fragilisée en place.Il est donc assez paradoxal dappeler ces puits NATURELSalors quils sont liés à la surexploitation par lhomme de lanappe aquifère (induisant un déséquilibre hydrostatique)…Quant à leur référence au tournaisis, on constate depuis unequinzaine dannée que des phénomènes similaires se for-ment plus a lest dans les calcaires carbonifères (et ce jus-quà Florennes par exemple). A une échelle mondiale, onretrouve ce même type de processus ailleurs en Europe etdans le monde. Cest ainsi que le 24 février dernier, un"Monstre puits" sest ouvert à Guatemala city même!Un puits au centre de Guatemala CityLe 24 février 2007, un énorme puits estimé a 100m de pro-fondeur sest brutalement ouvert dans le centre duGuatemala city, emportant une dizaine de maisons et tuantau moins 2 personnes. Ce phénomène majeur sétant produitdans un quartier très peuplé, pas moins de 1000 personnesfurent déplacées pour créer un périmètre de sécurité autourde ce gouffre.Les autorités pensent que se sont les pluies diluviennes et larupture dune importante canalisation dégout qui sont à lori-gine de la formation de ce phénomène. Le puits dégage uneodeur infâme et on entend un écoulement deau tumultueuxau fond de celui-ci. On craint dailleurs de voir le puits sélar-gir ou que dautres effondrements se forment sur le parcoursde cet écoulement souterrain dont lexutoire reste inconnujusquà présent.Les opérations de secours ont été menées à laide dun héli-coptère (!). Un pompier a été hélitreuillé sur un câble directe-ment dans le puits et a ramené a laide dune vidéo din-croyables images qui permettront aux spécialistes de com-prendre la genèse dun tel gouffre et surtout dessayer de pré-venir la formation de nouveaux effondrements de ce type.Le bassin dorage proche a été mis en fonctionnement et lacanalisation de légout a été fermée pour tenter de réduirelapport en eau dans le puits et éviter lactivation de nouveauxeffondrements. Des travaux dans le gouffre même sont pré-vus une fois que le niveau deau sera stabilisé et revenu à lanormale. La zone était déjà suivie quelques jours avant lou-verture du puits par le service géologique du Guatemala quiavait enregistré sur leurs sismographes des secousses etune activité anormale au surplomb du puits.Encore bien des questions a résoudreLouverture dun tel puits pose bien des questions, quant à lagenèse dun tel gouffre. Vu le volume énorme que représen-te ce puits, il doit y avoir dans le sous-sol de Guatemala citydes vides souterrains très importants. Si ces vides karstiquesconcernent dautres quartiers que celui où sest formé leffon-drement en février 2007, il y a alors un risque de voir de nou-veaux puits trouer la surface et ceci en pleine zone urbaine.Des mesures de remédiation paraissent difficiles vu les volu-mes de vide dont il est question. Il faut probablement en prio-rité agir sur les eaux afin de réduire les flux tumultueux quipeuvent pénétrer sous terre et réactiver ces vides.Quen est-il des conséquences du déversement dun égoutmajeur dans la nappe en se qui concerne la qualité des eauxet des risques de contamination qui pourraient faire bien plusde dégâts que leffondrement lui-même?Eco Karst 9 N° 67- Mars 2007Vue aérienne de l’ouverture béante de l’Effondrement dansGuatemala city même. Ce “puits naturel” a entre autre engouffré toutun paté de maison!
  10. 10. Enfin… vers où résurge toute cette eau quon entend gronderet couler au fond du puits???Bien des questions donc qui ont évidemment un intérêt scien-tifique mais dont les réponses sont surtout essentielles pourla sécurité et le bien-être des gens du Guatemala!Georges MICHELCONVOCATION À L’ASSEMBLÉEGÉNÉRALE DE LA CWEPSS (5/5/2007)Nous avons le plaisir d’inviter tous nos membres àl’Assemblée Générale 2006 de la CWEPSS qui se tiendra lesamedi 5 mai 2007 à 14h00 à Fontaine Valmont.L’AG sera organisée aux Etangs du Chaffour - Commune deLobbes près de Thuin (c/o M. L. Magitteri, rue du ChaffourN°32 à 6567 Fontaine Valmont - tel: 071/593.416.).Ordre du Jour de l’Assemblée Générale:a) Lecture et approbation du Procès Verbal de l’Assemblée 2005.b) Rapport et bilan d’activité 2006 par le Président.c) bilan financier 2006 par le Trésorier et rapport des vérificateursaux comptes.d) Approbation du bilan d’activité et des comptes 2006.e) Projet de budget et plan d’activité pour l’année en cours.f) Divers.ATTENTION, l’Assemblée Générale sera précédée d’unrepas convivial à 13h00 également au Chaffour.Par ailleurs la matinée sera consacrée à une petite visite deterrain des sites karstiques de la Région Beaumont , com-mentée par JP Liégeois et Ch. Van Driessche.La visite de terrain ainsi que le repas sont accessibles à tousavec réservation préalable indispensable à la CWEPSS(02/647.54.90... ou par mail) avant le samedi 28 avril 2007.Pour la CWEPSSGeorges THYS - PrésidentSPÉLÉOLOGIE À MÉGHALAYAvue d’ensemble des recherches menées dans “LaMaison dans les Nuages” - Inde du Nord-EstUne équipe internationale forte d’une trentaine spéléologuesa passé trois semaines et demie (du 5 au 28 février) à explo-rer les grottes dans la région des collines Jaintia deMeghalaya. Lexploration était centrée sur les secteurs spé-léologiques de la crête de Shnongrim près du village deShnongrim dans le Nongkhlieh Elaka, la vallée de Lukha ausud de la crête ainsi que la région de Semasi au nord-est. 24grottes au total ont été explorées, photographiées et topo-graphiées et ont rajouté près de 16 kilomètres de nouvellesgaleries au réseau souterrain de l’Inde du Nord-Est. 16 deces grottes explorées, sont des cavités entièrement nouvel-les. Parmi les résultats les plus importants des rechercheseffectuées cette année, citons:- lexploration et la liaison de plusieurs dépressions du système degrottes de Krem Um Im-Liat Prah (la plus longue grotte de lInde),la prolongeant jusquà une longueur totale de 25.225m ;- lexploration de la grotte Krem Iabbit Moolesgni (Khaidong), laprolongeant de 649m à 3.775m et la raccordant à la résurgencede Krem Rubong, créant un réseau de 4.590m ;- le prolongement de Krem Tyngheng dans la région de Semasi de7.752m à 9.221m de longueur ;- le prolongement de Pielklieng Pouk/Sielkan Pouk dans la valléede Lukha de 10.428m à 12.434m de longueur. De plus, léquipea accompli plusieurs sorties de 3.5km dans cette grotte parcou-rue par une rivière impressionnante, qui est sous eau la majeurepartie du temps ;- la découverte de plusieurs nouvelles grottes qui ont complété lessections précédemment vides de la carte globale des grottes dela crête de Shnongrim. Deux de ces cavités, en cours dexplora-tion, sont la dépression de Krem Umsngad (actuellement1.265m) et la résurgence Kdong Thloo (actuellement 1.185m) ;- la découverte et lexploration des grottes sur la crête, faisant pas-ser la longueur totale des galeries de la crête de Shnongrim à untotal de 138kms. Il sagit de la plus grande concentration régio-nale de cavités du sous-continent indien ;- le raccordement de deux grottes existantes, Krem Umthloo etKrem Synrang Labbit, au moyen dune rampe, et une dépressionsupplémentaire, Krem Wah Lukor, pour créer un système dunelongueur de 18km et, donc, le troisième plus long réseau de grot-tes en Inde ;- la poursuite de la topographie complète des crêtes de Shnongrimpour montrer lampleur de la karstification du massif et pour situerla juxtaposition de la majorité des grottes sur la crête. Ce levétopographique a révélé pas mal de secrets quant à la structuregénérale de cette crête calcaire, contribuant à la localisation et àlexploration des systèmes additionnels de grottes commedétaillées ci-dessus et donnant une meilleure compréhension dela façon dont les grottes ont été formées.Eco Karst 10 N° 67- Mars 2007La résurgence Ste Anne, fait partie des sites qui seront visités lorsde l’excursion dans la région de Beaumont précédant l’assembléegénérale (photo JP Liégeois).
  11. 11. A ce jour, plus de 1100 grottes ont été localisées, dont 653ont été explorées pour donner plus de 310 kilomètres degaleries explorées. Une partie de ces cavités explorées cons-tituent un réseau de grottes, de rivières et de galeries fossi-les énormes qui créent des systèmes karstiques de mêmetaille et dune égale beauté à ce que lon peut trouver ailleursdans le monde, mettant Meghalaya solidement sur la cartemondiale de la spéléologie.Fin 2006, une action juridique a été intenté par lAssociationdes Aventuriers de Meghalaya auprès la cour suprême delInde, afin de protéger la région de la crête de Shnongrimcontre lextraction excessive de calcaire et de charbon. Cetteaction a soulevé l’opposition de la communauté charbonniè-re qui exploite diverses mines dans le secteur et qui a pourambition d’étendre son activité extractive aux zones concer-nées par les cavités. Pour règler ce différent; une réunion aété tenue entre les dirigeants de lexpédition et les chefs delunion minière ; le dialogue qui sen suivit rassure ces der-niers que laction en justice ne menacerait pas leurs moyensdexistence. Lexpédition pouvait ainsi continuer avec le sou-tien des habitants et des compagnies dexploitation locales.Le Projet “Spéléologie dans la Maison des Nuages” est rede-vable à lAssociation des Aventuriers de Meghalaya, à lOfficedu tourisme de lInde, au service de tourisme de létat deMeghalaya, aux fonctionnaires et services gouvernementauxau Meghalaya, et, en priorité, les habitants de Meghalaya,pour lassistance et le soutien reçu.Simon Brooks/Mark BrownLA GROTTE DES DEUX GALERIES ÀWAULSORT (HASTIÈRE)Cette petite cavité est située dans la vallée de la Meuse (enrive gauche) sur le territoire de la commune de Hastière; àapproximativement un kilomètre en aval du pont dHastièrepar-delà. Elle souvre à la base des "falaises" de calcaire quimarquent la rive gauche de la Meuse, à un des endroits où lefond de la vallée est dailleurs le plus étroit de tout le parcoursbelge de la Meuse. Pour y accéder, il faut franchir la ligne dechemin de fer (qui passe juste à côté de la route) et longer laparoi jusquà ce que lon découvre le porche daccès plutôtimposant de cette petite cavité. Ce sont deux membres duSCAIP qui ont "redécouvert" la cavité en février 2007. Lagrotte se compose dun terrasse dentrée qui sétiresur une dizaine de mètres de long et qui présente une hau-teur maximale de 5 mètres. Le porche dentrée se poursuitsouterrainement par deux petite galeries latérales, pénétra-bles chacune sur une dizaine de mètres.Malgré que cette grotte soit facile daccès et située à proxi-mité dun important axe routier, ces spéléologues nont retro-uvé aucune mention de cette cavité dans la littérature (elle nefigure ni dans le VMR, ni dans Anciaux... pas plus que danslAKWA!). Lors de leur première visite dans la cavité, les deuxgaleries latérales ne présentaient aucune trace de désobs-truction. Par contre, en février 2007, lorsquils sont retournéssur le site, des traces de fouilles étaient alors visibles...Il fut néanmoins décidé de réaliser la topographie de ce petitréseau karstique fossile et, en labsence de nom, la cavité futbaptisée Grotte des deux galeries. Afin de rentrer en contactavec les personnes qui ont entamé des recherches dans lacavité et pour éviter de donner limpression de "jouer" sur lechantier dautres équipes, un message fut laissé dans lagalerie.Eco Karst 11 N° 67- Mars 2007Méga gours dans un des nouveaux réseaux découverts lors desexplorations en 2007 (photo Rainer Hoss - Allemagne)Porche d’entrée de la cavité avec belle terrasse offrant toutes lescaractéristiques d’un “bon” site préhistorique!Grotte des deux galeries à WaulsortPROVINCE: Namur - VALLEE : De la Meuse - Carte : 53/7-8Coordonnées Lambert : 183,780 - 100,450 - 136MTopo du S.C.A.I.P. en date du 10/02/2007LIEGEOIS JP, MARECHAL F, avec la participation de CIMINO Ph
  12. 12. Celui-ci signale les coordonnées du SCAIP et invite les per-sonnes qui réalisent les recherches sur le site en question àprendre contact avec le SCAIP pour un échange dinforma-tions sur la petite cavité, et une collaboration éventuelle.A lheure actuelle, cette demande de renseignements est res-tée sans suite... Par lentremise de cet article, le SCAIPremercie toute personne de la communauté spéléo etarchéologique qui aurait des renseignements a propos de cesite et des recherches qui y auraient été entamées de bienvouloir les contacter.Jean-Pierre LiégeoisMENHIRS ET DOLMENS DE WÉRIS ETDAILLEURSLecture critique de deux ouvrages paru sur le sujetHerman Clerinx avait publié en 2003 un beau livre quildédiait aux amateurs de mystères et aux promeneurs animésde lesprit de découverte : Dolmens et menhirs, secrets etfantasmes (Versant sud, Louvain-la-Neuve, 175 p.). Louvragesattache à lorigine et à la signification de ces monuments.Un premier chapitre décrit des mégalithes, propose des dateset explique leur mode dédification. Un second se lance à larecherche des explications de leur origine. Un dernier chapi-tre décrit plus particulièrement les mégalithes de Belgique, etsurtout ceux de Wéris. Disons que lauteur fait la part belle àlésotérisme.En 2006, a paru sur le même sujet, un ouvrage de Jean-Claude Delsupexhe: Légendes et mystères des pierres(Editions Dricot, Bressoux, 191 p.). Cet ouvrage présente ungrand nombre de contre-vérités et dincohérences. On y litpar exemple (p. 55) que les mégalithes ont été édifiés quand" cétait encore lère glacière (sic) ".Les glaciations étaientfinies depuis longtemps quand les mégalithes ont été édifiés.On apprend aussi avec surprise (p. 44) que Vercingétorix,après la bataille dAlésia, " pour ne pas montrer sahonte et de (sic) se montrer un vendu aux yeux de son peu-ple, se suicidera ". Vercingétorix, emmené captif par Jules,est mort à Rome.Plusieurs pages cependant sont très bien rédigées et necomportent pas derreurs. Ce sont les pages qui ont été inté-gralement copiées dans louvrage de Herman Clerinx, ce queJean-Claude Delsupexhe omet de signaler. Il reste au lecteurà choisir lequel de ces deux ouvrages il achètera et duquel ilfera léconomie...EAU SOUTERRAINES ET GROTTESEN PÉRILLa photo du gouffre Belvaux qui illustre lencart de cetEcokarst correspond aux première et deuxième pages de labrochure grand public réalisée en 1988 par la CommissionNationale de Protection des Sites Spéléologiques. La tabledes matières détaille le contenu de ce fascicule de 36 pagesrichement illustré de photos couleur et schémas. Toute la pro-blématique du milieu souterrain karstique y est présentée demanière simple mais complète.Ces brochures sont disponibles au prix de 2,75 Euros + 1,5Euros de frais de port à verser au compte 000-1587381-73de la CPSS. Réduction de 0,25 Euros pour les membresCPSS et CWEPSS.JP BartholeynsLA CPSS ETLA CWEPSSAvenue Guillaume Gilbert, 20 1050 BruxellesTél / Fax : 02/647.54.90 / Email : cwepss@swing.beL’EcoKarst est publié avec l’aide de la CommunautéFrançaise de Belgique.COTISATION ET SOUTIEN À LA CWEPSSVous avez dans les mains le dernier N°de l’Ecokarst 2006....Il est donc temps de renouveller votre cotisation. Vous pou-vez le faire en versant la somme au compte N° 001-1518590-34 de la CWEPSSRenouvellement des cotisations pour 2007.La cotisation à la CWEPSS comprenant l’abonnement àl’Ecokarst (4 numéros par an) est la suivante:- 10 Euros par membre adhérent (14 Euros à létranger).- 15 Euros pour devenir membre effectif (si vous souhaitezparticiper à nos activités de manière plus directe et avoirle droit de vote à l’assemblée générale de l’association)Les dons de minimum 30 Euros sont déductibles des impôts.De petits dons mensuels sont tout aussi valables. Un ordrepermanant vous facilitera les choses. vous recevrez uneattestation à joindre à votre déclaration. Ces montants sont àverser au compte de la C.P.S.S. N° 000-1587381-73 .Eco Karst 12 N° 67- Mars 2007

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