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  1. 1. : "L'Europe va‐t‐elle sortir de l'histoire?" | Institutions | L'Europe avec EurActiv.fr http://www.euractiv.fr/europe‐sortir‐histoire‐analyse?utm_source=EurActiv.fr&utm_campaign=b... EURACTIV.FR | 07.10.2010 | INSTITUTIONS PARTAGER | ENVOYER | IMPRIMER Dans une tribune publiée par EurActiv.fr, le sénateur Pierre Bernard-Raymond (UMP), ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, s'inquiète "du jeu de pouvoirs à sommes nulles" qu'est devenue l'Europe. Le rythme de la construction Européenne n’est plus adapté au défi de la mondialisation. En quête d’une meilleure visibilité au plan international et d’une plus grande efficacité dans son processus de décision, l’Europe aura mis dix ans pour adopter le traité de Lisbonne ; dix ans c’est aussi l’horizon qu’elle s’était donnée pour bâtir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Le bilan est consternant. Avec le Traité, il s’agissait notamment de donner une voix et un visage à l’Europe : un président charismatique représentant d’un pouvoir fort et efficace capable de parler d’égal à égal avec les plus grands chefs d’Etat de la planète. On a finalement choisi un homme qui n’était pas candidat, dont les qualités personnelles de conciliateur ne sauraient être mises en doute, mais qui visiblement, est plus à l’aise dans un rôle de bons offices que de Président. Sensée se rapprocher du modèle de pouvoir des grandes nations, l’Europe a finalement choisi celui de la confédération helvétique. Comment s’étonner dès lors du peu de poids dont nous disposons dans les négociations internationales comme à Copenhague par exemple. Comment s’étonner que le Président Barak Obama espace ses visites ne sachant pas s’il doit s’adresser au Président permanent du Conseil, au Président semestriel ou au Président de la Commission ou aux trois à la fois ou encore aux chefs les plus en vue de nos vingt-sept Etats ? Comment être crédible à l’extérieur quand on constate que nos réponses à la crise financière ont été essentiellement nationales et que le budget de l’Union ne représente que 1 % du P.I.B. des 27 ? Comment parler fort et se faire respecter quand la plupart de nos pays accumulent les déficits et quand on annonce pour 2010 un taux de 1 sur 3 08/10/2010 23:31
  2. 2. : "L'Europe va‐t‐elle sortir de l'histoire?" | Institutions | L'Europe avec EurActiv.fr http://www.euractiv.fr/europe‐sortir‐histoire‐analyse?utm_source=EurActiv.fr&utm_campaign=b... croissance de plus de 10 % en Chine, de 7 % en Inde et de 2 % en Europe confirmant ainsi que la crise financière internationale creuse l’écart entre les pays amortis et les pays émergents. Quelle image donne-t-on au reste du monde quand il faut improviser dans l’urgence la façon d’aider la Grèce qui, par son laxisme et ses dissimulations, s’est offerte aux désirs de la spéculation ; quand on songe à créer un S.M.E. qui nécessiterait un traité et donc plusieurs années de gestation ; quand on reproche à nos voisins d’outre-Rhin d’être trop vertueux prenant le risque d’ébranler la solidité du couple franco-allemand, noyau dur de la construction Européenne ? Quand on se montre incapables de mettre en place une politique commune d’immigration, de sécurité et d’intégration prenant le risque de graves dissensions entre états. "Une ou deux décennies" L’Europe, conçue à l’origine comme une puissance mondiale en devenir au service d’un idéal de paix, de liberté et de démocratie, est devenue un jeu de pouvoirs à somme nulle, une mécanique routinière qui fonctionne de crises en compromis mais qui est de plus en plus incapable de transcender les intérêts nationaux. Pendant ce temps, le centre du monde qui siégea jadis en Méditerranée puis dans l’Atlantique s’organise, sans nous, autour du Pacifique. Si l’Europe ne prend pas conscience qu’il ne lui reste plus qu’une ou deux décennies pour devenir une vraie puissance politique et se forger une nouvelle compétitivité, elle disparaitra en une poussière d’états, pulvérisés par les pays émergents à travers le processus de la mondialisation. Il y a le feu dans la Maison Europe. Celle-ci doit mettre de l’ordre dans sa gouvernance, ne pas renoncer à l’objectif à long terme d’une fédération décentralisée, au moins avec les pays de la zone euro, et consentir pour cela à d’importants abandons de souveraineté. Il faut, de façon urgente, engager des politiques budgétaire puis fiscale et sociale de plus en plus communes assorties de disciplines strictes respectées par tous. Il faut bâtir des politiques économiques, industrielles et de recherche communautaires tant il est vrai que la taille de chacun de nos états ne correspond plus aux exigences de la compétition avec des « pays – continents » qui ont décidé de se lancer avec succès dans l’aventure de la croissance, fut-elle durable. Il faut engager une nouvelle réflexion sur le principe de la préférence communautaire et défendre une nouvelle gouvernance des échanges au niveau mondial. L’Europe qui a inventé le libéralisme et qui s’est développée grâce à lui va-t-elle périr de ce même libéralisme ? Les économistes et les hommes politiques débattent beaucoup du sens et des objectifs des réformes mais s’interrogent peu sur le rythme optimal 2 sur 3 08/10/2010 23:31
  3. 3. : "L'Europe va‐t‐elle sortir de l'histoire?" | Institutions | L'Europe avec EurActiv.fr http://www.euractiv.fr/europe‐sortir‐histoire‐analyse?utm_source=EurActiv.fr&utm_campaign=b... qu’il convient d’adopter pour atteindre leurs buts aux moindres coûts humains. La volonté de supprimer sans discernement tout obstacle aux échanges le plus rapidement possible mettant ainsi brutalement en communication des économies qui ne vivent pas la même époque de leur développement et qui ne respectent pas les mêmes disciplines, notamment sociales, sanitaires et environnementales, engendre des chocs dévastateurs. Russie, Ukraine, Turquie Ne faut-il pas concevoir un développement du libéralisme au sein de vastes ensembles continentaux qui présentent une certaine homogénéité et un degré de développement voisin tandis que les relations entre espaces continentaux très différents pourraient être réglés au sein de l’O.M.C. non pas avec le souci de libéraliser le plus rapidement possible mais d’organiser l’ouverture progressive et ordonnée des échanges à un rythme qui reste compatible avec l’histoire et la situation de chacun. Ainsi, par exemple, face aux géants d’Asie, et indépendamment des limites de l’Union Européenne, ne devrions-nous pas organiser une coopération économique continentale plus forte et plus étroite avec la Russie, l’Ukraine et la Turquie ? Bref, le temps n’est plus au bricolage et si notre environnement n’a plus rien à voir avec celui qu’ont connus les pères fondateurs de l’Europe, c’est toujours la même utopie, la même inspiration, la même clairvoyance, la même ambition, et le même courage dont nous avons besoin aujourd’hui. Pierre Bernard-Raymond Vice-président de la commission des Affaires européennes du Sénat 3 sur 3 08/10/2010 23:31

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