SIGLAB : complots et médias sociaux

2 203 vues

Publié le

Le 12 février, j'étais l'invité aux entretiens du Service d'Information du Gouvernement français à propos de la théorie du complot. A cette occasion, j'ai appliqué les méthodes que j'utilise habituellement afin de cerner la propagation de ces théories par les réseaux sociaux.

0 commentaire
2 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
2 203
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
1 460
Actions
Partages
0
Téléchargements
2
Commentaires
0
J’aime
2
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive
  • N'importe quelle organisation est aujourd'hui concernée par les réseaux sociaux. La police ne fait pas exception même si la plupart de ses installations ont été tardives. Ainsi, il a fallu attendre l'année 2013 pour que la Police Fédérale Belge s'installe durablement avec une stratégie. Quels objectifs pour la police ?
  • Producteur de contenu : ont un intérêt à propager du la théorie du complot, car elle vient étayer leur haine du système. À l’extrême, cela peut être un commerce (Dieudonné)

    Relayeur de contenu : le contenu produit vient étayer leurs pensées et théories sur le système politique.

    Les consommateurs d’information : ils tombent sur la news au hasard de leurs visites. Attiré par le fait que les explications ont l’air plus vraisemblables que la vérité. « Il n’est pas possible qu’autant de gens se trompent ! »

  • J’ai pris des comptes qui renvoie du contenu qu’on pourrait qualifier de complotiste. Je ne dis pas qu’ils le sont. Mix des deux sans opacité. `

    Nationaliste identitaire
    Courant dieudonné Soral
    Mix des deux.
  • Ensuite j’ai fait une triangulation.

    J’ai pris les followers de 10 comptes qui m’avaient l’air pertinent :

    Dieudonné et Soral hors analyse.
    5 concordances sur 10.
    Absence de la gauche radicale

  • Des communautés beaucoup plus étendues que les producteurs de contenu.

    Ils apprécient la production de contenu, car elle vient “donner de l’eau au moulin” de leurs croyances. [La France d’avant, les sionistes, la perte du caractère catholique de la France, etc.]

    Attention, note méthodologique : il n’est pas possible de dire qu’il y a absence d’opacité, car la méthodologie est faite pour isoler des communautés connexes (concordance de 5 following
  • Pour le consommateur d’information, il y a finalement un paradoxe : il est critique. Cela lui paraît plus vraisemblable que la vérité dans un Web pour qui la vérité n’est pas celle qu’on croit.

  • Il est en quête de sens. Recherche de rationalité.
    Il est perdu dans la complexité du monde qui l’entoure. (Théorie dont il ne peut vérifier la véracité, mais dont il croit l’expertise exprimée)
  • Monde de l’information de plus en plus rapide et donc de plus en plus d’erreurs. A cause de la fuite..


    Tout le monde peut être apprenti journaliste. De son pc, on peut observer et trouver des informations

    Ces deux constats mènent à la désacralisation des principaux médias : ils ne sont plus le garant d’une information juste et impartiale

    On a l’impression que leur voix n’est pas plus importante qu’une autre. Si vous voyez aujourd’hui un bon article, il yaraur forcemment dans les commentaires : enfin du journalisme.
  • La place du Web est grandissante, car on a plus confiance en des gens comme nous.


    L’importance de Google comme source d’autorité : comme c’est le premier résultt, il apparait soi disant pertinent or vous pouvez voir ici que fausse information media charlie hebdo donne de mauvais résultat.

    “Je l’ai lu sur internet”
  • La place du Web : seul média auquel ont accès les complotistes. D’une simple gazette locale, on passe à un média mondial et accessible à tout un chacun.

    If X =…, then : sur le Web, si l’on cherche un unijambiste franco-algérien acrobate, fan de Céline Dion, on le trouve. Phénomène “there’s an app for that”
  • Les conversations politiques sur Twitter : on prend l’information et on la décrypte dans son camp.

    Gauche à droite
    Et droite à gauche.

  • Le même phénomène que le newsjacking, ils détournent
  • Pour les producteurs et relayeurs de contenu : peu d’espoir.

    Même pour les relayeurs non intentionnels : dissonance cognitive de leur part et l’information “brute” est la même à l’origine.

    Pour les consommateurs d’information :
    Des médias plus intègres qui vérifient leurs sources. Peu d’espoir.
    Éducation à l’esprit critique et à la consommation d’information sur Internet.
    Surveiller les différentes théories et agir dès qu’une prend de l’ampleur : expert, informations, sensibilisation.
  • SIGLAB : complots et médias sociaux

    1. 1. École de Communication ESPO Les entretiens du SIG Complots et médias sociaux
    2. 2. • Producteur de contenu : ont un intérêt à propager du la théorie du complot, car elle vient étayer leur haine du système. À l’extrême, cela peut être un commerce (Dieudonné) • Relayeur de contenu : le contenu produit vient étayer leurs pensées et théories sur le système politique. • Les consommateurs d’information : ils tombent sur la news au hasard de leurs visites. Attiré par le fait que les explications ont l’air plus vraisemblables que la vérité. « Il n’est pas possible qu’autant de gens se trompent ! » I. Complotistes : qui sont-ils ? (sous l’angle de la propagation de l’information)
    3. 3. I. Complotistes : le producteur de contenu Courant Dieudonné /Soral : antisioniste, anti-juif, anti- islam Nationaliste identitaire Mix des deux Pas d’opacité : Ils se suivent l’un l’autre Note méthodologique : compte avec quelques contenus « complots » mais pas forcément complotiste.
    4. 4. I. Complotistes : le relayeur de contenu Méthodologie : • Dieudonné et Soral hors analyse. • 5 concordances sur 10. • Absence de la gauche radicale
    5. 5. Complotiste extrême Droite politique (de « modéré » à « extrême Catholique extrême Nationaliste identitaire
    6. 6. I. Complotistes : le relayeur de contenu • Des communautés beaucoup plus étendues que les producteurs de contenu. • Ils apprécient la production de contenu, car elle vient “donner de l’eau au moulin” de leurs croyances. [La France d’avant, les sionistes, la perte du caractère catholique de la France, etc.] • Attention, note méthodologique : il n’est pas possible de dire qu’il y a absence d’opacité, car la méthodologie est faite pour isoler des communautés connexes (concordance de 5 following
    7. 7. • Paradoxe : il est critique. Cela lui paraît plus vraisemblable que la vérité dans un Web pour qui la vérité n’est pas celle qu’on croit. I. Complotistes : le consommateur d’information
    8. 8. I. Complotistes : le consommateur d’information • Il est en quête de sens. Recherche de rationalité. • Il est perdu dans la complexité du monde qui l’entoure. (Théorie dont il ne peut vérifier la véracité, mais dont il croit l’expertise exprimée)
    9. 9. • Monde de l’information de plus en plus rapide et donc de plus en plus d’erreurs. • Tout le monde peut être apprenti journaliste. Ces deux constats mènent à la désacralisation des principaux médias : ils ne sont plus le garant d’une information juste et impartiale. II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ?
    10. 10. • La place du Web est grandissante, car on a plus confiance en des gens comme nous. • L’importance de Google comme source d’autorité II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ?
    11. 11. • La place du Web : seul média auquel ont accès les complotistes. D’une simple gazette locale, on passe à un média mondial et accessible à tout un chacun. • If X =…, then : sur le Web, si l’on cherche un unijambiste franco- algérien acrobate, fan de Céline Dion, on le trouve. Phénomène “there’s an app for that” II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ?
    12. 12. II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ? • Les conversations politiques sur Twitter : on prend l’information et on la décrypte dans son camp. Gauche Droite
    13. 13. II. Les médias sociaux : facilitateur de propagation ? • Même phénomène pour le complotiste: le newsjacking.
    14. 14. III. Contre les théories du complot : que faire ? Pour les producteurs et relayeurs de contenu : peu d’espoir. Même pour les relayeurs non intentionnels : dissonance cognitive de leur part et l’information “brute” est la même à l’origine. Pour les consommateurs d’information : • Des médias plus intègres qui vérifient leurs sources. Peu d’espoir. • Éducation à l’esprit critique et à la consommation d’information sur Internet. • Surveiller les différentes théories et agir dès qu’une prend de l’ampleur : expert, informations, sensibilisation.

    ×