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9Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale
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La Revue sur l’efficacité du développement est une série depublications examinant la contribution de la Banque africainede...
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13Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleL’Afrique est le continent le plus fragm...
Tableau 1 : Progrès de l’Afrique dans les domaines de l’intégration régionale (Niveau 1)Ce tableau résume l’état de dévelo...
15Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionalejusqu’à 90% des exportations de l’Afriqu...
16Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionaleOutre les améliorations à apporter à son infra...
17Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleen Afrique centrale, avec six membres) o...
18Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1financer les infrastructures régionales, afin...
19Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleen atténuant la pression sur les routes ...
20Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1PortsLes ports sont des pièces maîtresses dan...
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2012 Promouvoir l’intégration régionale - BAD

  1. 1. Groupe de la Banque africaine de développementRevue sur l’efficacitédu développementÉDITION 2012PROMOUVOIR L’INTÉGRATIONRÉGIONALERevue thématique
  2. 2. REMERCIEMENTSLa présente édition 2012 de la Revue de la Banque africaine de développement (BAD) sur l’efficacité du développement, consacréeà la promotion de l’intégration régionale, est le fruit d’un effort de collaboration auquel ont participé le Département du NEPAD, del’intégration régionale et du commerce (ONRI) et le Département des résultats et du contrôle de la qualité (ORQR). Au sein d’ONRI,les orientations pour la rédaction du rapport ont été données par Moono Mupotola, Jean-Guy Afrika et Gerald Ajumbo. Au seind’ORQR, Richard Schiere a servi de chef de projet pour cette édition et Helmi Hmaidi a apporté un précieux concours pour lesstatistiques. Nous tenons également à témoigner notre gratitude au personnel ayant contribué directement à la préparation de laprésente édition et notamment à Patrick Agboma, Dovi Charles Amouzou, Vinaye Dey Ancharaz, Stefan Atchia, Karanga Augustin,Abayomi Babalola, Awa Bamba, Gaoussou Diabagaté, Samer Hachem, Calvin Manduna, Patrick Tamba Musa, Emelly Mutambatsere,Musole Mwila Musumali, Jean-Pierre Mutsinzi, Mona Sharan, Shem Simuyemba, Frank Sperling, Monojeet Pal et Timothy Wasswa.Nous remercions tout particulièrement le rédacteur en chef Marcus Cox (Agulhas Applied Knowledge), le graphiste Nadim Guelbi(Belmakett) et la rédactrice Marie Renault, pour leur contribution en tant que consultants.Emmanuel Ebot MbiPremier Vice-Président chargé d’opérationen chefBanque africaine de développementSimon MizrahiDirecteur – Département des résultatset du contrôle de la qualitéBanque africaine de développementAlex RugambaDirecteur – NEPAD, Intégration Régionaleet CommerceBanque africaine de développement© 2012 Groupe de la Banque africaine de développementTous droits réservés. Publié en 2012.Imprimé en Tunisie.Revue 2012 sur l’efficacité du développement – Promouvoir l’intégration régionaleLes opinions exprimées dans la présente revue sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les opinions et les politiques de laBanque africaine de développement(BAD), de son Conseil des gouverneurs ou de son Conseil d’administration, ou des gouvernements qu’ilsreprésentent.La BAD et son Conseil d’administration ne garantissent pas l’exactitude des données contenues dans cette publication et déclinent touteresponsabilité pour les conséquences de leur utilisation.En désignant un territoire ou une zone géographique ou en y faisant référence, ou bien en utilisant le terme ‘pays’ dans ce document, la BAD n’apas l’intention d’émettre un jugement sur le statut juridique ou tout autre statut d’un territoire ou zone géographique.La BAD est favorable à l’impression ou à la reproduction des informations uniquement à des fins personnelles et non commerciales, à conditionqu’elle soit dûment informée. Les utilisateurs ne sont pas autorisés à revendre ou distribuer ce contenu ou d’en dériver des produits à des finscommerciales sans l’autorisation expresse écrite de la BAD.Note : Dans le présent rapport, le terme «dollar» ou le symbole $ désignent le dollar des Etats-Unis et «UC» l’unité de compte (1 dollar =0,64451 unité de compte).Groupe de la Banque africaine de développementAgence temporaire de relocalisationAngle de l’Avenue du Ghana et des rues Pierre de Coubertin et Hédi NouiraB.P. 323 - 1002 Tunis - Belvédèrewww.afdb.org
  3. 3. SommaireSigles et abréviations vAvant-propos 1Résumé analytique 3Introduction 11Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale 13Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale 13Communautés économiques régionales en Afrique 17Routes et chemins de fer 18Ports 20Transport aérien 20Énergie 21Technologies de l’information et de la communication 22Relever les défis transfrontaliers 23Conclusion 25Niveau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale 27Approche de la Banque pour l’intégration régionale 27Transport 30Énergie et changement climatique 31Secteur privé et technologies de l’information et de la communication 32Gestion des eaux transfrontalières 33Initiatives agricoles régionales 34Développement du capital humain 35Développer les capacités régionales et renforcer la collaboration 35Conclusion 36Niveau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration régionale 39Performance du portefeuille de la Banque 39Qualité à l’entrée 41Gestion des savoirs 42Prise en compte du genre et du changement climatique 44Efficacité de l’aide 44Conclusion 45Niveau 4 : Efficience de la BAD dans l’appui aux initiatives d’intégration régionale 47Décentralisation et réalignement 47Ressources humaines 48Efficience des opérations régionales 49Conclusion 49Conclusion et perspectives 51
  4. 4. SommaireListe des tableauxTableau 0 : Cadre de mesure des résultats de la BAD 11Tableau 1 : Progrès de l’Afrique dans les domaines de l’intégration régionale (Niveau 1) 14Tableau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale (Niveau 2) 28Tableau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration région(Niveau 3) 40Tableau 4 : Efficience de la BAD dans l’appui aux initiatives d’intégration régionale(Niveau 4) 48Liste des figuresFigure 1.1 Le commerce entre pays africains demeure d’un niveau faible 16Figure 1.2 La consolidation des initiatives d’intégration régionale est la clé du succès 17Figure 1.3 Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale 18Figure 1.4 Les corridors régionaux d’infrastructure contribuent à réduire la pauvreté 18Figure 1.5 L’Afrique a besoin de meilleures connexions aériennes 20Figure 1.6 Câbles sous-marins en Afrique 22Figure 2.1 La Banque a attiré d’autres investissements du secteur privé dans lesecteur des TIC 33Figure 3.1 Performance du portefeuille 39Figure 3.2 Notes des rapports d’évaluation de projets examinés en 2011 41Figure 3.3 Qualité à l’entrée 42Figure 3.4 Gestion des savoirs 43Figure 3.5 Prise en compte du genre 44Figure 4.1 Organigramme du Département du NEPAD, de l’intégration régionaleet du commerce 47Figure 4.2 Décentralisation 48Figure 4.3 Ressources humaines 49Figure 4.4 Efficience des opérations régionales 49Liste des encadrésEncadré I Évaluation indépendante des opérations multinationales de la BAD 3Encadré 1.1 Les unions monétaires: un tremplin pour l’intégration régionale 16Encadré 1.2 L’intégration régionale stimule la transformation structurelle en Ouganda 19Encadré 1.3 Coût de la fragmentation africaine 19Encadré 1.4 Les pools énergétiques fournissent une énergie fiable et abordable 21Encadré 1.5 S’attaquer aux pénuries d’eau par le biais de la coopération régionale 24Encadré 2.1 La Banque œuvre à la promotion de l’intégration régionale par lerenforcement des capacités des CER 29Encadré 2.2 La Banque investit dans les compagnies aériennes et dans les réseauxafricains 31Encadré 2.3 Priorité accordée par la Banque à la croissance verte en Afrique 32Encadré 2.4 rapide de la Banque à la crise alimentaire africaine 34Encadré 2.5 Renforcer les capacités régionales pour suivre les progrès vers laréalisation des objectifs du Millénaire pour le développement 35Encadré 3.1 Mobilisation de fonds pour des projets d’investissement régionaux complexes 41Encadré 3.2 Une approche innovante pour renforcer l’impact des opérations du secteurprivé 42Encadré 3.3 Approfondir les connaissances sur l’intégration régionale pour éclairerla prise de décisions 43Encadré 3.4 Intégrer l’efficacité de l’aide dans les opérations régionales 45
  5. 5. vRevueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleSigles et abréviationsAEC Communauté économique africaineBAD Banque africaine de développementCAE Communauté de l’Afrique de l’EstCEDEAO Communauté des États de l’Afrique de l’OuestCEEAC Communauté économique des États de l’Afrique centraleCEMAC Communauté économique et monétaire de l’AfriquecentraleCEN-SAD Communauté des États sahélo-sahariensCER Communauté économique régionaleCMR Cadre de mesure des résultatsCOMESA Marché commun de l’Afrique orientale et australeDSIR Document de stratégie d’intégration régionaleEPIP Évaluation des politiques et institutions des paysFAD Fonds africain de développementIGAD Autorité intergouvernementale pour le développementMFPPI Mécanisme de financement de la préparationdes projets d’infrastructureNEPAD Nouveau Partenariat pour le développementde l’AfriqueONRI Département du NEPAD, de l’intégration régionaleet du commercePIB Produit intérieur brutPIDA Programme pour le développement des infrastructuresen AfriqueSADC Communauté de développement de l’Afrique australeTIC Technologies de l’information et de la communicationUA Union africaineUMA Union du Maghreb arabeZMC Zone monétaire commune
  6. 6. ©AfDBviRapprocher les peuples d’AfriqueLa Banque est engagée dans l’appui à la vision de l’Afrique commeun espace économique intégré où les opportunités économiques sontpartagées entre tous les peuples du continent.
  7. 7. L’Afrique compte plus de 50 pays. Cette fragmentation du continent a un coût économiqueélevé. La majorité des Africains vivent dans des pays dont les marchés nationaux sontsimplement trop petits pour réaliser les économies d’échelle nécessaires pour devenircompétitifs au plan international.La solution à ce problème est bien connue : l’intégration économique régionale, qui favorisela libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux entre les marchésnationaux, est fondamentale pour parvenir à une croissance robuste et équitable en Afrique.Ce n’est qu’en garantissant aux producteurs africains l’accès aux marchés régionaux et en lesintégrant dans des chaînes de valeur plus sophistiquées que nous pouvons espérer les rendrecompétitifs dans un monde interconnecté. L’intégration régionale est la clé de l’accroissementde la productivité et de l’amélioration durable du niveau de vie.À maintes reprises, les gouvernements africains se sont engagés à œuvrer à la promotion del’intégration économique régionale. Toutefois, les priorités nationales continuent de prévaloirsur les priorités régionales. C’est la raison pour laquelle ces gouvernements éprouvent souventdes difficultés à honorer leurs engagements en matière d’intégration régionale. Il est doncimpérieux que la Banque contribue à l’accélération des progrès dans ce domaine clé.L’intégration régionale a toujours été au cœur du mandat de la Banque africaine dedéveloppement. Notre objectif est ambitieux — aider à libérer l’immense potentiel économiquede l’Afrique et reliant mieux ses populations et en intégrant ses économies. Ces cinq dernièresannées, nous avons investi 11 milliards de dollars dans la construction des infrastructuresnécessaires à l’Afrique pour stimuler son commerce et sa croissance économique. Dans les cinqrégions africaines, nous avons financé des routes, des ponts, des postes frontières, des fibresoptiques, des pools énergétiques des chemins de fer, des aéroports et des ports qui ont réuni lesAfricains et ont relié leurs marchés au reste du monde.Nous sommes bien conscients que l’intégration ne se résume pas à l’infrastructure «dure»,il s’agit également d’institutions et de réglementations. En d’autres mots, l’infrastructure«immatérielle» dont l’Afrique a besoin pour encourager la libre circulation des biens, desservices, des capitaux et des talents humains. Nous soutenons les Communautés économiquesrégionales africaines et leurs pays membres dans leurs efforts pour dépasser les barrièresréglementaires et institutionnelles qui bloquent le commerce et l’intégration financière. Nouscollaborons également avec des partenaires tels que l’Union africaine et la Commission desNations Unies pour l’Afrique, pour promouvoir un dialogue politique sur les obstacles communset pour renforcer la voix de l’Afrique dans les grandes assises politiques mondiales.Cette édition de la Revue sur l’efficacité du développement présente les résultats de l’appui de laBanque à l’intégration régionale en Afrique. Elle constate que, conjointement avec nos partenaires,nous avons apporté une importante contribution dans ce domaine d’une importance cruciale.À terme, toutefois, il faudra des ressources financières plus substantielles pour éliminer lesbarrières entravant l’intégration régionale. Nous avons besoin du solide engagement desdirigeants politiques africains à placer l’intégration régionale au centre de leurs stratégiesnationales de développement. Nous nous tenons prêts à leur apporter un appui à cette fin.Avant-proposRevueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale1Gilbert MbesherubusaVice-Président en charge de l’infrastructure,du secteur privé et de l’intégration régionale
  8. 8. ©AfDBAppuyer les communautés économiques régionalesÀ travers nos stratégies d’intégration régionale, nous aidons lescommunautés économiques régionales d’Afrique en leur apportant unappui adapté aux défis auxquels ils sont confrontés.2
  9. 9. Résumé analytiqueLa présente Revue sur l’efficacité du développement fait partiede la série de revues que la Banque africaine de développement(la «BAD» ou la «Banque») produira au cours de la période2011-2013, suite à notre première Revue annuelle sur l’efficacitédu développement, afin de mettre en exergue les progrès quenous avons réalisés dans des secteurs ou domaines particuliers duportefeuille de la Banque. La présente Revue examine les initiativesd’intégration régionale de la Banque.Il convient de noter que les décideurs africains reconnaissentclairement le fait que l’intégration régionale est une conditionpréalable à une croissance forte et équitable. Avec ses 54 États etsa faible densité de la population, l’Afrique est le continent le plusfragmenté. L’intégration économique est d’une importance crucialepour la réalisation d’économies d’échelle et pour la compétitivitéinternationale. Elle permet également de garantir le partage desretombées de la croissance.Toutefois, l’intégration régionale n’est guère facile à réaliser etl’engagement clair pris au niveau politique ne s’est pas encore traduitpar des progrès soutenus. Certes, les communautés économiquesrégionales (CER) d’Afrique sont parvenues à des accords sur certainesinitiatives ambitieuses, mais la mise en œuvre de ces accords aété freinée par un manque d’engagement politique et de capacitésadministratives au niveau national.Depuis sa création, la BAD s’est fermement engagée à soutenir cettedimension essentielle au développement de l’Afrique. Le présentrapport évalue la contribution que nous avons apportée à cet égard.Il est structuré en quatre chapitres correspondant aux quatre niveauxde notre Cadre de mesure des résultats (CMR). Le premier chapitreprésente un aperçu des progrès de l’Afrique dans le domaine del’intégration régionale. Le deuxième examine la contribution de laBanque à ces progrès, en présentant des données d’ensemble surnos opérations régionales et en décrivant certaines de nos initiativesdestinées à appuyer l’intégration aux niveaux continental et régional.Le troisième chapitre examine notre degré d’efficacité dans lagestion de notre portefeuille d’opérations d’intégration régionale.Quant au quatrième chapitre, il examine le degré d’efficience desdispositions que nous prenons pour réaliser des résultats dans ledomaine de l’intégration régionale.Progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionaleLe programme d’action en matière d’intégration régionalecomporte une large gamme d’objectifs. Il s’agit notamment degarantir aux producteurs africains l’accès aux marchés régionauxet de les intégrer dans des chaînes de valeur régionales plusproductives. Cela passe notamment par l’intégration des marchésfinanciers pour permettre aux capitaux de circuler plus aisémententre les économies nationales, ainsi que par la promotion de lalibre circulation de la main-d’œuvre pour accroître l’efficience desmarchés régionaux du travail et améliorer l’accès à une main-d’œuvre qualifiée en vue d’une production spécialisée. Tous cesobjectifs sont fondamentaux pour la transformation structurelle deséconomies africaines, le renforcement du rendement par travailleuret, partant, l’amélioration du niveau de vie.La promotion de la libre circulation des biens, des services, dela main-d’œuvre et des capitaux requiert des investissements à3Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleLe commerce intra-africain a plus que doublé entre 2005et 2011, sa valeur passant de 49 milliards de dollarsà 108,4 milliards de dollars.Périmètre — Cette évaluation indépendante a vérifié, sur plus d’une décennie (2000–2010), la pertinence du Cadre stratégique et opérationnel de laBanque pour la promotion de l’intégration régionale, ainsi que l’efficience, l’efficacité et la viabilité des opérations multinationales de la Banque.Constats — L’évaluation montre que la Banque a élaboré un cadre stratégique et opérationnel d’une cohérence croissante pour guider son appuià l’intégration régionale. Elle montre également que les opérations multinationales ont apporté une réponse aux besoins des pays membresrégionaux. Elle fait en outre ressortir la nécessité de prendre les enseignements tirés en compte dans les nouvelles opérations multinationales etd’affiner notre modèle de gestion.Recommendations — L’évaluation a recommandé les réformes suivantes :Clarifier l’orientation stratégique de l’approche de la Banque enmatière d’intégration régionale;Mettre en place un mécanisme de rétroaction systématique etd’apprentissage fondé sur l’expérience de la Banque en matièred’opérations multinationales;Aligner les mandats et ressources du Département de l’intégrationrégionale;Définir les rôles, les responsabilités et la division du travail entredépartements;le modèle de gestion aux spécificités des opérations multinationales.Encadré I Évaluation indépendante des opérations multinationales de la BAD
  10. 10. Pour le niveau 1, la performance relative de l’Afrique est mesurée en comparant ses progrès avec les progrès accomplis par les groupes pairs (pays du mondeà revenus bas et intermédiaires). Pour le niveau 2, la performance de la Banque est mesurée en comparant les résultats attendus et réels pour toutes lesopérations achevées; pour les niveaux 3 et 4, les progrès de la Banque sont mesurés à travers les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs fixés pour2012 tels qu’ils figurent dans le Cadre de mesures des résultats de la Banque.Progrès accomplis: amélioration de plus de la moitié des indicateurs du groupe par rapport aux données ou groupes de référence;Progrès limités: résultats mitigés, avec autant d’indicateurs indiquant une amélioration que peu de progrès ou une régression;Progrès bloqués ou en régression: plus de la moitié des indicateurs du groupe montrent une stagnation des progrès ou un recul durant deux périodesd’examen ou plus;Progrès non mesurables du fait du manque de données.Résumé du tableau de bord de la performance 2012NIVEAU 3 : EFFICACITÉ DE LA BAD DANS LA GESTIONDE SES INITIATIVES D’INTÉGRATION RÉGIONALEPerformance du portefeuilleQualité à l’entréeGestion des savoirsPrise en compte du genre et du changement climatiqueNIVEAU 2 : CONTRIBUTION DE LA BAD À L’INTÉGRATIONRÉGIONALE EN AFRIQUETransportÉlectricitéSecteur privé et TICGestion des ressources transfrontalières en eauet agricultureDéveloppement du capital humain (santé,éducation, eau et secteurs sociaux)NIVEAU 4 : EFFICIENCE DE LA BAD DANS L’APPUI AUXINITIATIVES D’INTÉGRATION RÉGIONALEDécentralisationRessources humainesEfficience des opérations régionalesNIVEAU 1 : PROGRÈS DE L’AFRIQUE DANS LES DOMAINESDE L’INTÉGRATION RÉGIONALE ET DES INFRASTRUCTURESPolitique d’intégration régionale et commerceRoutes et chemins de ferPortsTransport aérienÉnergieTechnologies de l’information et de la communicationDéfis transfrontaliers (changement climatique,agriculture et enseignement supérieur)un certain nombre de niveaux. Elle requiert en premier lieu ledéveloppement d’infrastructures «matérielles» ou physiquesadéquates, y compris des liaisons de transport et des réseauxd’énergie et de télécommunications à l’échelle régionale, ainsi quedes dispositions institutionnelles pour leur gestion et leur entretien.Elle requiert en deuxième lieu des infrastructures « immatérielles »ou institutionnelles pour faciliter les transactions transfrontalièreset favoriser l’intégration des marchés nationaux. Cela passenotamment par le démantèlement des barrières réglementairesau commerce et par l’harmonisation des politiques et institutionsessentielles entre les partenaires commerciaux. Il existe égalementune troisième dimension, qui consiste en une action conjointepour s’attaquer à des défis transfrontaliers à caractère régional oucontinental tels que la gestion de l’eau, l’adaptation au changementclimatique, les questions sanitaires transfrontalières et d’autresdomaines affectant la région dans son ensemble.À ce jour, les réalisations de l’Afrique dans les différents voletsde l’intégration demeurent relativement modestes, même sientre 2005 et 2011, le commerce intra-africain a plus que doublé,sa valeur passant de 48,5 milliards de dollars à 108,4 milliardsde dollars. Toutefois, la moitié du commerce intra-africain sefait quasiment dans une seule région, à savoir la région de laCommunauté de développement de l’Afrique australe (SADC),où l’Afrique du Sud anime les échanges commerciaux avec sesvoisins. Dans l’ensemble, l’Afrique demeure, sous certains angles,la région en développement la moins économiquement intégrée.4Résumé analytiqueL’appui financier extérieur aux infrastructures africainesest passé de 37 milliards de dollars en 2007 à 56 milliardsde dollars en 2010.
  11. 11. Cela reflète la dispersion géographique du continent et son énormedéficit en infrastructures. Une proportion de 40% de la populationd’Afrique subsaharienne vit dans des pays sans littoral affichantles plus faibles densités routières au monde. Les réseaux routierset ferroviaires régionaux sont souvent en mauvais état. Les bienséchangés au niveau régional peuvent avoir à traverser plusieursfrontières nationales, d’où le niveau élevé des charges et lesretards considérables.Les 18eet 19esommets de l’Union africaine, qui se sont tenusen 2012, ont approuvé le Programme pour le développementdes infrastructures en Afrique (PIDA) et ont retenu la croissancedes secteurs de production comme une des priorités. Selon lesestimations, un investissement de 70 milliards de dollars dansles infrastructures, au titre du PIDA, permettra de générer unecroissance additionnelle d’une valeur de 172 milliards de dollars.Un certain nombre d’efforts ont été déployés pour relever le niveaude l’investissement dans les infrastructures régionales, notammentle lancement du Consortium pour les infrastructures en Afriquelors du Sommet du G8 tenu en 2005 à Gleneagles. La Chineinvestit également environ 9 milliards de dollars par an dans lesinfrastructures en Afrique, en dépit de la crise financière mondiale.En conséquence, l’appui financier extérieur aux infrastructures enAfrique est passé de 37 milliards de dollars en 2007 à 56 milliardsde dollars en 2010. Toutefois, ces ressources demeurent bieninférieures aux besoins. Pour la prochaine décennie, les besoins dansle domaine des infrastructures en Afrique sont estimés à 93 milliardsde dollars par an, ce qui représente environ 15% du PIB ducontinent, niveau comparable aux investissements de la Chine dansses propres infrastructures au cours de la décennie écoulée.La question des infrastructures «immatérielles» ou institutionnellesfavorisant le commerce est tout aussi importante. Il ressort desdonnées mondiales disponibles que trois quarts des retards dansles expéditions sont imputables à des procédures administrativestelles que le dédouanement ou l’inspection. Certes, les CER ontconvenu en principe de s’attaquer à ces barrières, mais les progrèssont freinés par le manque d’un solide engagement de la part desgouvernements des pays et par le caractère limité des capacitésdes administrations nationales. C’est la raison pour laquelle lecommerce régional demeure confronté à un éventail de barrièresnon-tarifaires, et notamment à des règles restrictives d’origine,à des cadres juridiques et réglementaires inappropriés et à unmanque de facilitation du commerce.La mobilité de la main-d’œuvre constitue un autre domaine oùil s’est avéré difficile de passer des engagements à l’action. Denombreuses CER ont élaboré des systèmes harmonisés de gestionde la migration, mais ces systèmes n’ont pas encore été largementmis en œuvre par les États membres. La Communauté économiquedes États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a instauré l’exemption devisa d’entrée pour les séjours allant jusqu’à 90 jours, mais la plupartdes CER continuent d’appliquer des exigences restrictives en matièrede visa entre leurs États membres. Les plus petits pays se montrentsouvent réticents quand il s’agit de prendre des engagements dansce domaine, craignant que leurs marchés de la main-d’œuvre nesoient inondés par les nouveaux arrivants.Des progrès considérables ont été réalisés en matière d’intégrationdes marchés financiers. Les deux figures de proue à cet égard sontles unions monétaires de deux communautés financières africaines,dont l’une se trouve en Afrique de l’Ouest et compte huit Étatsmembres, et l’autre en Afrique centrale et en compte six. La Zonemonétaire commune (ZMC), composée de l’Afrique du Sud, duLesotho et du Swaziland, constitue un autre tremplin importantpour parvenir à l’intégration financière. De nombreux pays africainsont entrepris des réformes pour développer leurs institutionsfinancières et renforcer leurs marchés financiers. L’expansion rapidedes investissements bancaires et transfrontaliers, et l’émergencede prêteurs à l’échelle de l’Afrique attestent de l’intégrationcroissante des marchés financiers. Les flux financiers demeurentcependant largement en deçà de leur potentiel, et un certainnombre de défis attendent encore d’être relevés, notamment lesfaiblesses de l’infrastructure financière et le niveau insuffisant dedéveloppement des marchés de capitaux.Le continent n’est pas à court d’initiatives ambitieuses enfaveur de l’intégration régionale. En fait, parmi les régionsen développement, l’Afrique est celle qui compte la plusforte concentration d’accords d’intégration et de coopérationéconomiques. La quasi-totalité des 54 pays sont membres d’aumoins un regroupement régional, et environ la moitié de ces paysappartiennent à deux regroupements régionaux ou plus. Cettearchitecture régionale extrêmement complexe a cependant uncoût, imposant des exigences contradictoires aux pays membresde plusieurs CER. Certaines mesures sont actuellement prises poursimplifier la structure, en particulier par le biais de la création d’unezone commune de libre-échange couvrant les trois principales CERd’Afrique australe et d’Afrique orientale.1Ces dernières années, les CER ont réalisé d’importants progrèsqui ont abouti, dans un certain nombre de cas, à la conclusiond’accords de libre-échange. Elles ont mis en place des points focauxchargés de la promotion de la cohérence des politiques ainsi quede l’harmonisation des réglementations entre leurs membres.Ces points focaux sont également chargés de la mobilisation deressources pour développer des infrastructures à l’échelle régionale.Toutefois, les CER comptent principalement sur les autoritésnationales pour mettre en œuvre leurs décisions et, dans certainscas, elles conviennent de mesures d’intégration au niveau régional,avec un faible suivi par les États membres.5Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleLa Communauté économique des États de l’Afriquede l’Ouest a instauré l’exemption de visa d’entrée pourles séjours allant jusqu’à 90 jours.1 Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
  12. 12. D’une manière générale, il reste encore beaucoup à faire pour quela vision d’une Afrique économiquement intégrée ne devienneune réalité. Il ne fait guère de doute que les dirigeants africainsreconnaissent l’importance de l’intégration régionale pour ledéveloppement durable. Mais, les structures et les processusnécessaires pour transformer cet engagement en action soutenuedevront être renforcés.Contribution de la BAD au renforcementde l’intégration régionaleEn tant que première institution de financement du développementen Afrique, avec un important portefeuille infrastructures, laBAD est bien positionnée pour jouer le rôle de chef de file dansla promotion de l’intégration économique sur le continent. Laprésente Revue examine les résultats globaux de nos projetsrégionaux et multinationaux achevés entre 2009 et 2011, évaluésselon notre Cadre de mesure des résultats (CMR). Toutefois, cesprojets ne sont pas les seuls projets de la Banque contribuantà l’intégration régionale. Nombre de nos opérations nationalescontribuent également à la réalisation des objectifs d’intégrationrégionale. Il s’agit notamment des opérations nationales ciblantla construction des tronçons nationaux des corridors routiers oul’aménagement d’installations portuaires. Nos opérations dusecteur privé apportent également une contribution importante, enparticulier dans le secteur des technologies de l’information et dela communication (TIC).L’intégration régionale constitue un volet du mandat de la Banquedepuis sa création en 1963. Au cours de la décennie écoulée, nousavons élaboré une approche plus systématique et focalisée sur cetobjectif. En 2006, nous avons créé le Département du NEPAD, del’intégration régionale et du commerce (ONRI) pour piloter nos effortsdans ce domaine. Notre Stratégie en matière d’intégration régionalepour la période 2009–2012 offre désormais un cadre global à nosefforts. Elle est axée sur le renforcement des politiques d’intégrationaux niveaux national et régional, sur l’élimination des contraintesen termes de capacités et sur la construction des infrastructuresrégionales, tout en reconnaissant que tous ces domaines se renforcentmutuellement. Elle prévoit également un appui ciblé à la promotiondes biens publics régionaux (défis transfrontaliers, notamment lechangement climatique), à l’intégration financière régionale et à l’aidepour le commerce. Elle identifie en outre un éventail d’instrumentsde financement et de mécanismes de mise en œuvre, conformémentau triple rôle de la Banque de facilitateur financier, de médiateur desavoirs et de partenaire.Dans chaque région, nos priorités sont définies dans nos documentsde stratégie d’intégration régionale (DSIR), qui couvrent unepériode de cinq ans. À ce jour, quatre DSIR ont déjà été préparéspour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est etl’Afrique australe. La préparation du DSIR pour l’Afrique du Nordest en cours. Nos DSIR sont étroitement alignés sur les objectifs dedéveloppement régional convenus au niveau de chaque CER, etsont adaptés pour s’attaquer aux défis spécifiques à chaque régionet appuyer les institutions et processus existants. Les DSIR intègrentl’appui au développement des capacités pour les CER et présententdans leurs grandes lignes nos principaux investissements dans lesinfrastructures matérielles et immatérielles.À titre d’exemple, en Afrique centrale, nous apportons notreconcours aux efforts visant à appuyer la gestion conjointe du Bassindu fleuve Congo, la deuxième plus grande réserve de forêts etd’eaux au monde. En Afrique de l’Est, nous sommes en train dedévelopper des corridors de transport pour faciliter la liaison entrequatre pays de la région dépourvus de littoral et les marchés etports régionaux. En Afrique de l’Ouest, nous appuyons la créationd’un système de paiement dans la Zone monétaire ouest-africaine.Au niveau continental, nous soutenons la participation de l’Afriqueaux discussions menées dans des assises internationales telles queles négociations du G20 et les négociations internationales sur lechangement climatique, en renforçant l’élaboration de positionscommunes. Nous avons lancé un éventail d’initiatives continentalespour mobiliser des financements en direction de projets hautementprioritaires ciblant les infrastructures régionales, pour soutenirl’intégration financière et maximiser l’accès aux marchés par lebiais d’initiatives en faveur de l’aide pour le commerce.Le développement des infrastructures, qui est le domaine où nousdisposons d’un avantage comparatif, est le principal bénéficiaire denos ressources financières. Entre 2009 et 2011, la Banque a achevél’exécution de 51 projets de transport d’une valeur de plus de3 milliards de dollars. Ces projets couvrent l’infrastructure routière,aéroportuaire et ferroviaire et les ports maritimes. Nous avonsconstruit ou réhabilité plus de 4000 km de routes et plusieursgrands ponts. Nos opérations du secteur privé, par exemple leprêt octroyé à Ethiopian Airlines pour appuyer la modernisationde sa flotte et les investissements dans les réseaux régionaux detechnologies de l’information et de la communication, constituentégalement une contribution importante à l’intégration régionale.Nous apportons notre concours à la gestion des ressourcesnaturelles transfrontalières, et notamment de l’eau. Noussoutenons un éventail d’institutions et de processusintergouvernementaux pour la protection de l’environnement, telsque l’Organisation de mise en valeur du bassin du fleuve Gambieet la Commission de lutte contre le criquet pèlerin. Nous sommesun organe d’exécution du Fonds de l’environnement mondial quifournit un appui financier et technique dans le cadre des effortsde promotion du développement durable. À travers des initiativestelles que le Programme de développement durable du bassindu Lac Tchad, nous contribuons au financement de réservoirsde stockage et de barrages associés, ainsi que de systèmes departage de l’information sur les ressources en eaux souterraines.6Résumé analytiqueLa Banque a achevé l’exécution de 51 projets de transportd’une valeur de plus de 3 milliards de dollars. Ces projetscouvrent l’infrastructure routière, aéroportuaire et ferroviaire,et les ports maritimes.
  13. 13. Nous avons investi dans la collaboration régionale, et notammentdans les échanges de biens et services agricoles, les fonds d’appuiaux agro-entreprises et les centres de savoirs spécialisés dans larecherche et la vulgarisation agricoles.Dans le secteur de l’énergie, nous avons œuvré de concertavec l’Union africaine pour appuyer la Conférence des ministresafricains en charge de l’énergie, nouvel organe de haut niveauchargé de rationaliser la coordination intergouvernementale etde promouvoir l’harmonisation des politiques de l’énergie. Noussoutenons le renforcement des pools énergétiques régionaux,afin de promouvoir une énergie plus abordable et plus fiable.Nous sommes résolument déterminés à aider l’Afrique àemprunter la voie vers un développement vert, à la faveur de lapromotion des technologies d’énergie propre. Nous travaillons encollaboration avec l’Union africaine et la Commission économiquedes Nations Unies pour l’Afrique sur un éventail d’initiativesconçues pour générer les savoirs et les financements, en appuià un développement présentant un bilan carbone neutre et àl’adaptation au changement climatique.Enfin, nous avons mis un fort accent sur l’enseignement supérieuret la formation technique et professionnelle, afin de garantir l’accèsdes économies africaines aux compétences dont elles ont besoinpour être compétitives au plan international. Notre stratégie couvrele renforcement des centres régionaux et nationaux d’excellence,qui peuvent être des catalyseurs importants de l’intégrationrégionale, notamment par la réduction de la fracture linguistiquetraditionnelle entre pays anglophones et pays francophones, etconstruire un capital intellectuel africain.Au total, notre portefeuille multinational a atteint la majorité descibles que nous nous étions fixées, avec de bonnes perspectivesd’amélioration constante de notre performance dans les années àvenir.Efficacité de la BAD dans la gestion de sesopérations d’intégration régionaleLe portefeuille multinational de la Banque compte environ200 projets en cours, dont près de la moitié ciblent desinfrastructures physiques, 10% des infrastructures «immatérielles»et 10% des biens publics régionaux, le reste n’entrant pas dans unecatégorie précise. Les opérations multinationales sont par essencedifficiles à mettre en œuvre, étant donné qu’elles sont tributairesde la collaboration d’un très grand nombre d’acteurs. Néanmoins,une évaluation de nos opérations multinationales mises en œuvreentre 2001 et 2010 a montré que, dans l’ensemble, ces opérationsenregistrent de meilleurs résultats que les opérations couvrantun pays unique, en particulier pour ce qui est de la pertinence etde l’efficacité. Les opérations multinationales sont apparemmentsoumises à des processus plus rigoureux de sélection, d’évaluationet de plannings, dans une perspective de gestion des risques. Ilest cependant advenu un certain nombre de problèmes qui ont euune incidence sur l’exécution des projets, notamment les faiblescapacités des contreparties, la connaissance insuffisante desprocédures de la Banque, les retards dans la passation de marchéset dans les décaissements, la satisfaction tardive des conditionsrequises et les retards dans la fourniture des fonds de contrepartie.Afin de garantir la qualité de notre portefeuille, nous avonsintroduit un éventail de mesures visant à améliorer la «qualitéà l’entrée» de nos projets, notamment un processus plus rigoureuxde sélection et un cadre de priorisation, en vue de nous assurerque nos opérations sont focalisées sur les priorités en matièred’intégration régionale. Nous avons porté à 59% la proportion desprojets supervisés deux fois par an. Nous avons également agirapidement pour annuler les projets non performants, libérant ainsides ressources à des fins plus productives. C’est ce qui explique quetous nos projets aient été jugés satisfaisants en 2011.Nous avons investi dans un large éventail de produits du savoirsur l’intégration régionale, en appui à notre rôle de médiateurde savoirs. Un certain nombre de nos publications phares ontexaminé les questions d’intégration régionale, et nous avonsrécemment produit une étude, avec la Commission économiquedes Nations Unies pour l’Afrique et l’Union africaine, qui a permisd’éclairer le débat sur les politiques commerciales lors de laConférence des chefs d’État et de gouvernement africains qui s’esttenue en janvier 2012. À mesure que la BAD progresse dans ladécentralisation, les rôles de chef de file dans la production dusavoir et dans le plaidoyer en faveur de l’intégration régionaleincombent de plus en plus à ses départements régionaux.Nous avons animé la réflexion sur la manière d’adapter lesprincipes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide auxbesoins spécifiques en matière d’intégration régionale. À cettefin, nous sommes en train d’élaborer de nouvelles approches definancement des projets régionaux. Nous renforçons égalementles mécanismes de rétroaction à l’échelle de la Banque, pour nousassurer que les enseignements tirés des projets régionaux sontpris en compte et exploités pour éclairer les nouveaux choix deprogrammation.Efficience de la BAD dans l’appuià l’intégration régionaleNotre Cadre de mesure des résultats repose sur dix indicateurs deperformance, attestant ainsi des progrès que nous avons réalisésdans l’adaptation de notre organisation aux défis particuliersrencontrés dans l’appui à l’intégration régionale. L’initiative laplus importante a été la décentralisation progressive de nosopérations, par la création et le renforcement d’un réseau de32 bureaux extérieurs et de deux centres régionaux de ressources,ce qui nous permet de nous doter de l’expertise sectorielle etrégionale requise pour conduire le dialogue sur les politiquesavec les CER. En 2011, une proportion de 47% de nos opérationsmultinationales a été supervisée par nos bureaux extérieurs, et24% par des chefs de projets basés dans les pays, indiquant quela décentralisation est en avance sur le calendrier prévu.7Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale
  14. 14. 8Résumé analytiqueAu nombre des autres mesures figurent le passage d’unprocessus de planification fondé sur les secteurs à un processuscombinant les stratégies sectorielles, nationales et régionales etle perfectionnement des compétences de notre personnel dansde nouveaux domaines, afin de mieux nous outiller pour travaillersur les questions relatives aux infrastructures immatérielles et àla facilitation du commerce. Enfin, nous avons réservé 20% desressources de l’actuel cycle du Fonds africain de développement(FAD), soit près de 2 milliards de dollars entre 2009 et 2011,aux opérations multinationales, tout en veillant à ce que lepersonnel de la Banque ait des incitations financières clairesqui l’encouragent à s’engager dans des initiatives régionalescomplexes.PerspectivesLa BAD maintient son engagement en faveur de l’intégrationrégionale, en utilisant ses ressources, son expertise et sespartenariats pour encourager et soutenir les efforts collectifs del’Afrique dans ce domaine d’intervention difficile mais crucial.Pour la période à venir, nous avons défini un certain nombre depriorités.En premier lieu, nous continuerons à concentrer nos ressourcessur le développement des infrastructures régionales, notammentles liaisons de transport et les pools énergétiques à l’échellerégionale. En particulier, nous allons contribuer à la promotiondu développement des principaux corridors de transport enAfrique, sous forme de «zones-corridors économiques». Grâceà des conceptions plus ambitieuses de planification de l’espace,les grands projets de transport peuvent offrir à de nombreusespopulations des zones riveraines de nouvelles opportunitéséconomiques et sociales, contribuant ainsi à une croissanceéquitable.En deuxième lieu, nous allons contribuer au renforcement de lapolitique industrielle régionale, afin de donner un coup de pouceau commerce intra-africain. Nous soutiendrons les CER et leurspays membres dans leurs efforts pour améliorer le climat desaffaires, afin d’attirer davantage d’investissements. Nous aideronsà identifier et à financer les chaînes de valeur régionales pourappuyer le développement de réseaux régionaux dans le secteurde la fabrication. Il s’agit là du moteur de la transformationstructurelle en Afrique, qui stimule la croissance économique, lacompétitivité et la productivité des travailleurs.En troisième lieu, nous continuerons à mettre au point denouveaux instruments et de nouvelles approches de financementrépondant aux besoins particuliers des projets régionaux, enparticulier dans les environnements «mixtes» impliquantaussi bien des pays à faible revenu que des pays à revenuintermédiaire. Nous rechercherons des solutions de financementinnovantes telles que le fusionnement ou le partage des coûtset la possibilité pour les CER elles-mêmes de devenir desbénéficiaires de prêts ou de dons. Nous étudierons également denouvelles options de financement des biens publics régionaux
  15. 15. 9Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale
  16. 16. ©AfDBConnecter les réseaux électriques d’AfriqueNous contribuons à la connexion des réseauxélectriques nationaux et à la fourniture d’une énergiefiable et abordable à des millions d’Africains.10
  17. 17. La Revue sur l’efficacité du développement est une série depublications examinant la contribution de la Banque africainede développement (la «BAD» ou la «Banque») aux résultats enmatière de développement en Afrique. Depuis la première Revueannuelle sur l’efficacité du développement, publiée en 2011, cettesérie a participé à la transparence de la BAD et à son obligationde rendre compte auprès de ses pays membres et des différentesparties prenantes. Elle nous permet également de nous assurerque nos opérations s’améliorent en permanence. En 2012, nousavons publié une série de revues examinant certains aspectsdu portefeuille de la Banque, notamment les États fragiles, lagouvernance et le programme pays de la Banque au Rwanda. Laprésente revue est consacrée aux progrès que nous avons réalisésdans le domaine de l’intégration régionale.L’intégration régionale est au centre du programme d’actionde l’Afrique depuis de nombreuses années. Compte tenu de lafaible densité de la population du continent, de sa vaste diversitégéographique et de ses faibles niveaux d’urbanisation, lesdirigeants africains ont fait de l’intégration un facteur essentielpour réaliser des économies d’échelle et pour rendre le continentcompétitif au plan international. L’impact de la mondialisation surl’Afrique, au cours de la décennie écoulée, n’a fait qu’accroître cetteimportance. L’intégration régionale peut aider à surmonter lesobstacles géographiques, en concentrant l’activité économique eten élargissant l’accès aux marchés mondiaux.Toutefois, l’intégration régionale n’est guère facile à réaliser. Bonnombre des toutes premières initiatives africaines ont échoué,en partie du fait de la volonté légitime des États nouvellementindépendants de mettre d’abord en place des politiques etinstitutions nationales. L’héritage de ces initiatives est unearchitecture complexe de communautés économiques régionales(CER) qui se chevauchent et dont huit sont reconnues par l’Unionafricaine. Le Traité d’Abuja de 1991 a réitéré l’engagementd’élaborer, en phases successives jusqu’à l’horizon 2028, uneCommunauté économique africaine (AEC) à l’échelle continentale,avec comme piliers les CER existantes. Les premières mesuresprises à cette fin ont abouti à la conclusion de l’Accord tripartite delibre-échange qui consacrera la fusion du COMESA, de la CAE et dela SADC dans une zone de libre-échange unique.La Banque africaine de développement (BAD) accompagne ceteffort de plusieurs manières. La BAD est en effet la principaleinstitution finançant les infrastructures sur le continent, avec unaccent particulier sur la connectivité à l’échelle régionale. Elleœuvre à la promotion d’un espace économique commun, par lebiais de l’harmonisation des législations et institutions nationalesdans des domaines tels que les douanes et le secteur financier.Elle œuvre également au renforcement des capacités des CER et deleurs interlocuteurs nationaux en vue de promouvoir l’intégrationrégionale. Il convient naturellement de faire observer quel’intégration régionale est le fruit de l’effort collectif de nombreusesinstitutions africaines. Pour notre part, nous œuvrons de concertavec d’autres partenaires, en particulier avec l’Union africaine et laCommission économique des Nations Unies pour l’Afrique.La présente Revue examine la contribution de la Banque africainede développement à la promotion de l’intégration régionale enAfrique. Elle comporte quatre chapitres qui correspondent aux quatreniveaux de notre Cadre de mesure des résultats. Le premier chapitreprésente un aperçu des progrès de l’Afrique dans le domaine del’intégration régionale et couvre le commerce, le développementdes infrastructures et la promotion des biens publics régionaux.Le deuxième chapitre examine la contribution de la Banque à cesprogrès et présente les données globales tirées de notre portefeuilled’opérations ciblant l’intégration régionale et les infrastructures,décrivant certaines de nos initiatives visant à appuyer l’intégrationaux niveaux continental et régional. Quant au troisième chapitre, ilexamine notre degré d’efficacité dans la gestion de notre portefeuilled’opérations d’intégration régionale, tandis que le quatrième chapitreest consacré à l’efficience de notre propre gestion pour obtenir desrésultats dans le domaine de l’intégration régionaleIntroduction11Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleNiveau 1Quels sont les progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionale ?Niveau 2Quelle est la contribution de la BAD au renforcementde l’intégration régionale ?Niveau 3La BAD gère-t-elle efficacement ses opérationsd’intégration régionale ?Niveau 4Quelle est l’efficience de la BAD dans l’appuide l’intégration régionale ?Tableau 0 : Cadre de mesure des résultats de la BAD
  18. 18. ©AfDBAssurer la relation entre les producteurs et les marchésNous investissons dans l’infrastructure routière sur tout le continent,aidant ainsi à relier les producteurs à leurs marchés, ainsi que lescommunautés isolées aux opportunités de subsistance.121
  19. 19. 13Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleL’Afrique est le continent le plus fragmenté au monde. Sur les 54 pays qu’elle compte, 28 ont un PIBinférieur à 10 milliards de dollars, 26 une population inférieure à 10 millions d’habitants, et 16 sontsans littoral. Compte tenu de la vaste diversité géographique du continent et de la faible densité desa population, il lui est difficile de réaliser les économies d’échelle requises pour devenir compétitiveau plan international. En conséquence, le continent ne tire pas parti des opportunités additionnelles decroissance qu’apporte l’intégration dans l’économie mondiale, et reste fortement dépendant des exportationsde produits de base à faible valeur ajoutée.Les dirigeants africains ont depuis longtemps reconnu l’importance de l’intégration régionale comme solutionà la fragmentation et à l’isolement relatif du continent. Au titre d’accords successifs, ils ont pris diversengagements en faveur d’une plus grande intégration. Toutefois, ces engagements ne se sont pas toujoursavérés faciles à mettre en œuvre. Dans la pratique, les priorités nationales ont eu tendance à l’emporter surles priorités régionales.L’intégration régionale est un processus complexe, souvent présenté comme comportant trois dimensions. Lapremière, qui porte sur les infrastructures matérielles, couvre le développement des réseaux régionaux detransport, d’énergie et de télécommunications, et la mise en place de mécanismes institutionnels pour leurgestion et leur entretien. La deuxième, axée sur les infrastructures immatérielles, fait référence à la levée desbarrières intangibles entravant la libre circulation des biens, des services, des capitaux et de la main-d’œuvre,ainsi qu’à la mise en place de cadres institutionnels devant favoriser l’intégration des marchés nationaux. Ils’agit notamment d’éliminer les barrières au commerce, d’harmoniser les politiques en vue de promouvoirle commerce intra-régional et l’investissement, de créer des institutions chargées de gérer les marchéstransfrontaliers, et d’améliorer le climat des affaires à l’échelle régionale. La troisième et dernière dimensionporte sur l’action conjointe visant à relever les défis transfrontaliers à caractère régional ou continental, parexemple la gestion de l’eau, l’adaptation au changement climatique, les questions sanitaires transfrontalières,et d’autres domaines affectant la région dans son ensemble.Le présent chapitre passe en revue les progrès globaux réalisés par l’Afrique dans le domaine de l’intégrationrégionale. Il commence par les succès de l’Afrique dans la promotion du commerce régional et l’intégration desmarchés financiers et du travail. Il examine les efforts visant à résorber le déficit en infrastructures régionales, ycompris les routes, les chemins de fer, les ports, et les technologies de l’information et de la communication. Ilexamine également les efforts d’intégration régionale entrepris par les CER. Enfin, il évalue le degré d’efficacitéde la collaboration des pays africains dans la fourniture des biens publics régionaux tels que la gestion desressources transfrontalières en eau, le changement climatique et l’adaptation à ce phénomène, ainsi que dansle développement de centres communs d’excellence dans l’enseignement supérieur, afin de réduire la fracturelinguistique traditionnelle et de consolider le capital intellectuel de l’Afrique.Progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionaleLes pays africains échangent principalement avec d’autrescontinents. Historiquement, les exportations de l’Afrique étaientdestinées à l’Europe et à l’Amérique du Nord. Ces dernières années,les relations commerciales avec les puissances économiquesémergentes telles que la Chine, l’Inde et le Brésil sont devenuesde plus en plus importantes. Selon les statistiques officielles,Niveau 1 : Progrès de l’Afriquedans le domaine de l’intégrationrégionale
  20. 20. Tableau 1 : Progrès de l’Afrique dans les domaines de l’intégration régionale (Niveau 1)Ce tableau résume l’état de développement du continent en matière de intégration régionale entre 2005 et 2011. Pour chaque indicateur, la performance relative est mesurée encomparant ses progrès avec ceux du groupe des pairs en Afrique (les pays à revenu faible à intermédiaire du monde):les progrès de l’Afrique sont plus élevés que ceux de ses pairs dans les paysà revenu faible à intermédiaire;les progrès de l’Afrique sont du même niveau que ceux de ces pairs dans les paysà revenu faible à intermédiaire;les progrès de l’Afrique ont été recul par rapport à la situation de référence; les données ne sont pas disponibles pour mesurer les progrès.INDICATEURPAYS AFRICAINS PAYS FADRéférence2005Dernière valeur2012Référence2005Dernière valeur2012POLITIQUE D’INTÉGRATION RÉGIONALE ET COMMERCEGroupe EPIP sur l’intégration régionale et le commerce (moyenne EPIP) 3,58 3,6C3,59 3,61CIndice de performance logistique: moyenne générale (1 = faible à 5 = élevé) 2,34 2,48 2,32 2,37Part de l’Afrique dans le commerce mondial (%) 2,5 3,1C1,0 1,5CCommerce intra-africain total (milliards de dollars) 48,5 108,4C31,3 68,7CROUTES ET CHEMINS DE FERProportion des routes revêtues par PMR (%) 35 47C14 17CLongueur totale des voies ferrées1(km) 58 000 50 000C25 000 14 000CIPL: qualité de l’infrastructure liée au commerce et au transport (1 = faible à 5 = élevé) 2,12 2,31 2,06 2,19PORTSTrafic des ports dotés de terminaux à conteneurs (conteneur de 20 pieds, EVP) 13,9 19,3C0,4 0,5CPart du commerce mondial par conteneurs (%) 2,8 3,6C0,7 1,0CTemps moyen d’attente au port (nombre moyen de jours à l’import et à l’export) 30,6 25,6C41,6 30,5CIPL: efficacité des procédures de dédouanement (1 = faible à 5 = élevé) 2,19 2,29 2,17 2,18TRANSPORT AÉRIENPart de l’Afrique dans le transport de tous les passagers (%) 2,7 3,9 .. ..Nombre de départs d’avions (décollages d’avions, milliers) 553 761 175 192ÉNERGIEConsommation totale d’électricité (kWh par habitant) 666 690C159 170CUtilisation d’énergie par unité de PIB (par unité de PIB) 697 738C351 449CTECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATIONPays connectés aux câbles sous-marins (nombre) 13 21C8 15CNombre de câbles sous-marins reliant l’Afrique (nombre) 3 19C2 18CCapacité cumulée des câbles (largeur de bande en téra-octets) 2,9 102C1,6 101CAbonnés à des lignes fixes et de téléphonie mobile (pour 1000 habitants) 183 559A86 415AService Internet sécurisé (pour 1 million d’habitants) 16,1 34,2C0,4 2,2CPart de l’Afrique dans le service Internet sécurisé (%) 2,74 2,49C0,05 0,12CDÉFIS TRANSFRONTALIERS (CHANGEMENT CLIMATIQUE, AGRICULTURE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR)Émission de CO2par les pays africains (en milliers de tonnes métriques de CO2) 1075 1131B228 226BPollution urbaine (moyenne des particules fines PM10 dans les villes) 56,1 45,6B59,0 46,5BSuperficie des forêts en Afrique (en milliers de km2) 6 877 6 700B40 490 40 204BPourcentage de la superficie boisée (%) 17 16,7C15,6 15,2CIndice de rendement des cultures de base (valeur de 2002 = 100) 110 115A109 113AValeur ajoutée à l’agriculture par ouvrier (en dollar constants de 2000) 877 1308A393 455AScolarisation dans l’enseignement supérieur (% du taux brut) 6,6 8,0B3,4 5,1B.. = données non disponibles; PIB = produit intérieur brut; EPIP = Évaluation des politiques et institutions des pays; IPL = Indice de performance logistique; C02= dioxyde de carbone;PM10 = Particules dont le diamètre est inférieur à 10 microns.Données les plus récentes disponibles: pour A2009, B2010, C2011.1Le déclin de l’indicateur portant sur la longueur de voies ferrées est dû à une maintenance inadéquate et un manque de capacités dans les PMR pour bien enregistrer les données.Notes: Les pays FAD sont les 39 pays membres de la BAD à faible revenu qui remplissent les conditions pour un financement concessionnel. Il s’agit des pays suivants: Bénin, Burkina Faso,Burundi, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Comores, République du Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée,Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigéria, Rwanda, São Tomé et Príncipe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudandu Sud, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie et Zimbabwe. Le Cap Vert et l’Angola sont en phase de reclassement.Source: Banque africaine de développement; Groupe de la Banque mondiale, Base de données des indicateurs de développement dans le monde, Doing Business 2011; Conseilinternational des aéroports.14Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1
  21. 21. 15Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionalejusqu’à 90% des exportations de l’Afrique prennent maintenant ladirection du reste du monde. Elles sont principalement composéesde produits de base non valorisés. Du fait de sa base industriellelimitée, le continent n’est pas à même de tirer un grand parti de lavaleur additionnelle de ses exportations de produits de base.L’intégration régionale vise à changer la donne et à accroître ladensité des liens économiques entre les pays africains, de sorteque les producteurs puissent trouver des marchés régionaux pourleurs biens. Il s’agit de relier entre elles les capacités productivesde l’Afrique et de créer des chaînes de valeur régionalespermettant de tirer parti de la spécialisation locale et de réaliserdes économies d’échelle afin de soutenir plus efficacement laconcurrence sur les marchés internationaux. Il s’agit égalementd’établir des liens entre les zones économiquement marginales ducontinent et ses pôles régionaux de croissance, de sorte que lesavantages de la croissance soient plus équitablement partagés.À ce jour, les progrès réalisés dans le domaine de l’intégrationrégionale ont été modestes. Le commerce intra-africain1a plusque doublé entre 2005 et 2011, sa valeur passant de 48,5 milliardsde dollars à 108,4 milliards de dollars. Si l’on tient compte ducommerce transfrontalier informel, le chiffre est probablementbien plus élevé. Toutefois, la moitié des échanges intra-africainsa lieu au sein d’une même région, à savoir la Communauté dedéveloppement de l’Afrique australe (SADC), où l’Afrique du Sudéchange avec ses voisins. Au total, le continent demeure de loin larégion la moins économiquement intégrée.Cette situation, en conséquence, limite la part de l’Afrique dansle commerce mondial. La part du continent dans le commerceinternational en 2011 est d’à peine 3,1%. Si ce chiffre représenteune hausse par rapport à celui de 2005 qui était de 2,5%, il estlargement en deçà des 6% enregistrés il y a 25 ans. Les pays FADà faible revenu représentent à peine 1,5% du commerce mondial.La part du commerce interafricain est de seulement 12%, bienen dessous d’autres régions telles que l’Asie et la région Pacifique(39%) et l’Amérique Latine (21%) (voir Figure 1.1).Limited trade integration is a reflection of Africa’s dispersed geographyand its fragmentation into separate national markets. Forty percentof sub-Saharan Africans live in landlocked countries with the lowestroad densities in the world. Regional road and rail networks are oftenin poor condition. Goods traded regionally may have to cross severalnational borders, encountering significant delays.Les limites à l’intégration du commerce reflètent la dispersiongéographique de l’Afrique et sa fragmentation en marchésnationaux distincts. 40% de la population d’Afrique subsahariennevit dans des pays sans littoral affichant les plus faibles densitésroutières au monde. Les réseaux routiers et ferroviaires régionauxsont souvent en mauvais état. Les biens échangés au niveaurégional peuvent avoir à traverser plusieurs frontières nationales,ce qui entraîne des retards considérables.Les 18eet 19esommets de l’Union africaine, qui se sont tenusen 2012, ont approuvé le Programme pour le développementdes infrastructures en Afrique (PIDA) et ont retenu la croissancedes secteurs productifs comme une de leurs priorités. Selon lesestimations, un investissement de 70 milliards de dollars dansles infrastructures au titre du PIDA générera une croissanceadditionnelle d’une valeur de 172 milliards de dollars. Cesdernières années, des efforts soutenus ont été déployés pourmobiliser les ressources nécessaires. Géré par la BAD, le PIDA porteprincipalement sur le développement de l’énergie, des transportset de l’infrastructure des TIC, ainsi que sur la gestion des ressourcestransfrontalières en eau. Le Consortium pour les infrastructures enAfrique, lancé au Sommet du G8 tenu en 2005 à Gleneagles etapprouvé par l’Union africaine, constitue un autre mécanisme demobilisation des ressources pour le financement des infrastructures.D’autres acteurs internationaux, notamment des fonds chinois etarabes, jouent également un rôle important. La Chine continued’investir dans les infrastructures en Afrique, à hauteur d’environ9 milliards de dollars par an, en dépit de la crise financièremondiale. Certains investissements chinois sont structurés autour del’exploitation des ressources pétrolières et minières, y compris dansles États fragiles. Les investissements chinois ciblent notammentles routes et les ponts en République démocratique du Congo;les chemins de fer en Angola, au Gabon et en Mauritanie; et lescentrales électriques en Zambie. Mais la Chine investit égalementdans les grandes infrastructures régionales et nationales. Elle esten train de construire des lignes de transport d’électricité à hautetension pour l’interconnexion des pays d’Afrique australe, ainsi quedes systèmes de transport public au Nigéria et un réseau national decommunications en Éthiopie. Les engagements du secteur privé enfaveur du secteur des infrastructures sont également considérables,signe positif montrant que le développement des infrastructuresdemeure un domaine qui attire les investisseurs.L’appui financier extérieur global aux infrastructures en Afrique,provenant de ces diverses sources, s’est accru, passant de 37 milliardsde dollars en 2007 à 56 milliards de dollars en 2010. Toutefois, lesressources demeurent largement en deçà des besoins. Selon lesestimations, les ressources nécessaires pour les infrastructures enAfrique au cours de la prochaine décennie s’élèvent à 93 milliards dedollars par an.2Ce chiffre représente environ 15% du PIB du continentet est comparable aux investissements de la Chine dans ses propresinfrastructures au cours de la décennie écoulée.1 Une puce jaune indique que les progrès de l’Afrique sont du même niveau que ceux de ces pairs dans les pays à revenu faible à intermédiaire.2 Diagnostic pays des infrastructures en Afrique.Trois quarts des retards dans les expéditionssont imputables à des procédures administrativestelles que le dédouanement et l’inspection.
  22. 22. 16Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionaleOutre les améliorations à apporter à son infrastructure physique,le commerce régional requiert une infrastructure «immatérielle»ou institutionnelle. Les données mondiales disponibles démontrentl’importance d’une telle infrastructure institutionnelle. Par exemple,trois quarts des retards dans les expéditions sont imputables àdes procédures administratives telles que le dédouanement oul’inspection.3Bien que des solutions soient en cours dans les CER àcet égard, le commerce régional demeure confronté à un éventailde barrières non tarifaires, et notamment à des règles restrictivesd’origine, aux faiblesses des cadres juridiques et réglementaires etau manque de facilitation du commerce. Ces facteurs requièrentdes investissements coordonnés dans la réforme des cadresréglementaires, en parallèle avec un renforcement des capacités.Le développement des capacités permet également aux paysafricains de mettre en œuvre les accords de l’Organisationmondiale du commerce et de jouir de l’expansion du commercequi en résulte. Ces dernières années, cependant, les capacitésinstitutionnelles en matière d’intégration régionale et decommerce, mesurées dans le cadre de l’évaluation des politiqueset institutions des pays (EPIP) conduite par la Banque, n’ont connuqu’une légère amélioration.Si le commerce constitue un important indicateur d’intégrationrégionale, la mobilité de la main-d’œuvre et l’intégration financièreen sont également des composantes clés. S’agissant de la mobilitéde la main-d’œuvre, de nombreuses CER ont conçu des systèmesharmonisés de gestion de la migration, mais ces systèmes n’ontpas encore été mis en œuvre par les États membres. La CEDEAOa instauré entre ses États membres une exemption de visa àl’entrée pour les séjours allant jusqu’à 90 jours. Les États membresde la SADC et du COMESA continuent d’exiger des visas d’entréeà leurs voisins. L’Union du Maghreb arabe (UMA) a enregistréquelques avancées, avec la libre circulation entre la Libye, le Marocet la Tunisie, et l’exemption de visa entre l’Algérie et la Tunisie.En règle générale, les pays les plus petits se montrent souventréticents quant il s’agit de prendre des engagements de libertéde mouvement, craignant que leurs marchés du travail ne soientenvahis par les nouveaux arrivants. Ainsi, au sein de la CEMAC,le Gabon et la Guinée équatoriale continuent d’exiger des visasd’entrée aux ressortissants des autres états membres.La libre circulation de la main-d’œuvre est souvent un sujetlitigieux en politique nationale. Les CER et leurs États membresdoivent déployer des efforts plus soutenus en matière decommunication sur les avantages de ce principe et relever leniveau du débat public. Il est également nécessaire d’entreprendreun plus grand nombre d’analyses sur les coûts et les avantages dela migration de la main-d’œuvre, ainsi que sur la façon de gérercette migration, afin de préserver les intérêts tant des travailleurslocaux que des travailleurs migrants.En ce qui concerne l’intégration financière, le niveau des fluxfinanciers intra-africains n’est pas particulièrement élevé àl’heure actuelle, mais il existe un potentiel considérable pour lacroissance de ces flux, dans la mesure où les marchés financiersnationaux et régionaux sont encore largement inexploités. Denombreux pays africains déploient d’importants efforts pouraméliorer et harmoniser leurs institutions et réglementationsfinancières, et pour renforcer leurs marchés financiers. Les deuxunions monétaires de la Communauté financière africaine (l’uneen Afrique de l’Ouest, comptant huit États membres, et l’autre1Il existe en Afrique deux unions monétaires de la Communautéfinancière africaine – l’une en Afrique de l’Ouest (avec huit Étatsmembres), et l’autre en Afrique centrale (avec six États membres).Ce dispositif est un héritage de la décolonisation, au cours delaquelle la plupart des anciennes colonies françaises ont choiside rester dans une union monétaire arrimée au franc français etplus tard à l’euro, avec l’appui du Trésor français. Les zones de laCommunauté financière africaine ont contribué à l’existence d’uncadre macroéconomique stable et à la stabilité des prix en Afrique.L’intégration monétaire constitue un important tremplin pourl’intégration régionale, dans la mesure où elle favorise l’intégrationfinancière, améliore l’accès aux ressources disponibles pour lefinancement des infrastructures, encourage la libre circulation desbiens, des services et des personnes et aide à diversifier les activitéséconomiques dans les pays tributaires des industries extractives, ensoutenant la stabilité du taux de change et en limitant l’inflation.Encadré 1.1 Les unions monétaires: un tremplinpour l’intégration régionaleFigure 1.1 Le commerce entre pays africains demeured’un niveau faibleMoyen-OrientAfriqueAmeriquelatineEuropede l’EstAsie-PacifiqueEuropede l’Ouest 396161693121 79881210 9039Intra-régionalExtra-régionalPart du commerceintra-régional parrégion%Commerce intra-régional en AfriqueLa moitié du commerce régional intra-africain confinée en Afriqueaustrale6%12%3%28%51%COMESACEDEAOUMACEEACSADCNon déterminéNote: En raison des chevauchements, la CAE, la CEN-SAD et l’IGAD ne sont pas prises en compte.Source: Banque africaine de développement; données du fonds monétaire international3 Djankovet et al, 2010.
  23. 23. 17Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleen Afrique centrale, avec six membres) ouvrent la voie. La Zonemonétaire commune formée par l’Afrique du Sud, le Lesotho et leSwaziland est également un tremplin idéal pour l’harmonisationdes systèmes financiers.Au total, le nombre des bourses de valeurs africaines est passéde huit en 2002 à 20 en 2009, la capitalisation des marchés auniveau des cinq principales bourses de valeurs triplant au cours decette période. L’expansion rapide des investissements bancairestransfrontaliers et l’émergence de prêteurs à l’échelle de l’Afriqueattestent de l’intégration accrue des marchés financiers. Il subsistecependant un certain nombre de défis à régler. Il s’agit notammentdes faiblesses de l’infrastructure financière et du caractère limité dudéveloppement des marchés des capitaux.Certaines CER ont signé des accords pour promouvoir les fluxd’investissements et de capitaux, en appui aux initiativesd’intégration régionale. La Zone commune d’investissement duCOMESA et le Protocole sur la finance et l’investissement de laSADC sont des instruments régionaux importants qui concourentà l’intégration financière. Au niveau continental, l’Union africaineœuvre à la création des trois institutions financières panafricainesprévues dans l’Acte constitutif de l’Union africaine, à savoir laBanque africaine d’investissement, la Banque centrale africaine etle Fonds monétaire africain.Les données sur les flux d’investissements intra-africains sont certesrares, mais les données disponibles montrent que ces flux sontconcentrés dans quatre grands secteurs: les mines, les carrières etle pétrole; la finance; les services aux entreprises; et les transports,le stockage et les communications. Il existe un potentiel latentconsidérable dans d’autres secteurs, du fait de la taille restreintedes marchés nationaux et du manque d’un solide engagement auniveau national en faveur des mécanismes d’intégration régionale.L’investissement direct étranger intra-africain cible essentiellementle financement des fusions et acquisitions, et non les nouveauxinvestissements, ce qui donne à penser que l’investissement directétranger intra-africain pourrait offrir des opportunités attrayantes auxpays privatisant les entreprises publiques ou cherchant à accroître laproduction des entreprises existantes.Communautés économiques régionalesen AfriqueParmi les régions en développement du monde, l’Afrique compte laplus grande concentration d’accords d’intégration et de coopérationéconomiques. La quasi-totalité des 54 pays du continent sontmembres d’au moins un regroupement régional, et environ lamoitié d’entre eux appartiennent à deux regroupements ou plus.La figure 1.2 présente les diverses communautés économiquesrégionales (CER) et les chevauchements fréquents dans leurcomposition.Les CER constituent le principal instrument de promotion del’intégration régionale en Afrique. Le Traité d’Abuja envisagela mise en place, par phases successives, d’une Communautééconomique africaine (AEC) dont les CER constitueront lespiliers. D’ici 2017, les CER devraient avoir formé des zonesde libre-échange et des unions douanières régionales quifusionneront ensuite pour constituer une union douanière àl’échelle continentale et, le moment venu, un marché commun.Conformément au principe de «géométrie variable», chaque CERdétermine la cadence et la séquence de ses propres activités. Cesefforts sont intégrés dans un cadre commun par le Programmeminimum d’intégration de l’Union africaine (daté de mai 2009) quidétermine les priorités globales et définit les processus de suivi etd’évaluation.Toutefois, cette architecture d’intégration régionale, excessivementcomplexe, présente de toute évidence des limites. Les CER ont leurspropres mandats et approches en matière d’intégration régionaleet imposent des exigences conflictuelles aux pays membres deplusieurs regroupements, en plus de disperser les faibles ressourcesadministratives et financières disponibles. Le système compliqueégalement la négociation de traités commerciaux bilatéraux avecl’Union européenne et les États-Unis.Les CER sont les points focaux pour la promotion de la cohérencedes politiques et l’harmonisation des réglementations entre leursmembres. Elles sont chargées de mobiliser les ressources pourUMAAlgérie, Libye, MauritanieMaroc,TunisieCEEACAngola, Burundi,RDC, Guinée,São Toméet PríncipeCOMESAEgyptCEPGLBurundi, Ouganda,RwandaSADCAngola, RDC, Malawi, Maurice,Zambie, ZimbabweIOCSeychelles,MadagascarCAECEMACGuinée équatoriale,République du Congo, RCA, Tchad,Gabon, CamerounTRIPARTITEARRANGEMENTCEN-SADComoresIGADÉthiopie,KenyaSACUAfrique du sud,Botswana,Lesotho,NamibieCEDEAOWAEMUBénin, Burkina Faso,Côte dIvoire,Guinée-Bissau, Mali,Niger, Sénégal,TogoMRULibéria,Sierra Leone,GuinéeGambie, Ghana,Niger, Nigéria,Sénégal, TogoDjibouti,Érythrée,SoudanTanzanieKenyaComoresRDCSoudanSwazilandFigure 1.2 La consolidation des initiativesd’intégration régionale est la clé du succèsNote: En plus des huit CER susmentionnées, il y a également la Communauté économiqueet monétaire de l’Afrique centrale, la Communauté économique des pays des Grands Lacs, laCommission de l’Océan Indien, l’Union du fleuve Mano, l’Union douanière d’Afrique australe etl’Union économique et monétaire ouest-africaine.L’Accord tripartite de libre-échange consacrera la fusiondu COMESA, de la CAE et de la SADC, créant ainsi une zonede libre-échange unique comptant 26 pays.
  24. 24. 18Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1financer les infrastructures régionales, afin de favoriser une plusgrande connectivité et la libre circulation des personnes et desbiens entre pays. Elles sont également responsables des actionsconcernant les biens publics régionaux. La figure 1.3 présentesuccinctement les progrès réalisés dans les huit CER reconnues parl’Union africaine.Les capacités sont limitées au sein des CER elles-mêmes. Les CERcomptent principalement sur les autorités nationales pour mettreen œuvre leurs décisions, ce qui s’est avéré être une entravemajeure à leur efficacité. Certaines des initiatives régionales lesplus complexes peuvent exercer une pression considérable surles ressources humaines limitées des CER. Dans certains cas, lesmesures en faveur des zones de libre-échange ou des unionsdouanières ont été convenues en principe, mais on constate peu desuivi par les États membres. Dans certaines régions, en particulierdans la Corne de l’Afrique et dans certaines zones en Afriquede l’Ouest, l’absence de paix et de sécurité entrave les effortsd’intégration et limite l’investissement.Compte tenu des limites de cette architecture complexe, on constateaujourd’hui un intérêt considérable pour la rationalisation desmandats des CER. L’initiative la plus ambitieuse est l’Accord delibre-échange tripartite lancé en 2008, qui se traduira par la fusiondu COMESA, de la CAE et de la SADC, créant ainsi une zone delibre-échange unique. Les échanges entre les 26 pays membres del’Accord tripartite se sont accrus, leur valeur passant de 7 milliardsde dollars en 2000 à 27 milliards de dollars en 2008. En Afriquecentrale, deux CER nanties en ressources, à savoir la CEMAC et laCEEAC, prévoient leur fusion, et la CEEAC a déjà commencé à modifierses règles d’origine et ses tarifs, aux fins de convergence avec laCEMAC. Par ailleurs, la CEDEAO travaille avec l’Institut monétaireouest-africain, l’Union économique et monétaire de l’Afrique del’Ouest et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à lacréation d’une union monétaire de la CEDEAO à l’horizon 2020.Routes et chemins de ferL’intégration économique de l’Afrique est freinée par d’importantsdéficits dans ses infrastructures de transport. La figure 1.4 montreles principales liaisons régionales pour le transport en Afrique.Une proportion significative du réseau routier est constituée deroutes non revêtues, et de nombreuses routes traversent des Étatsfragiles ou affectés par des conflits, dans lesquels l’entretien debase est souvent négligé. Selon nos estimations, un investissementde 32 milliards de dollars dans l’amélioration et l’entretien duréseau routier africain se traduirait par une augmentation des fluxcommerciaux à hauteur de 250 milliards de dollars sur une périodede 15 ans, et les principaux bénéficiaires seront les zones les plusisolées.En janvier 2012, le sommet de l’Union africaine a approuvé leProgramme pour le développement des infrastructures en Afrique(PIDA) et son Plan d’action pour la mise en œuvre. Appuyée parle G20, cette initiative contribue au renforcement des capacitésen vue de la préparation des propositions de projets ciblantl’infrastructure routière. La mobilisation des ressources destinées audéveloppement des infrastructures est en cours, en collaborationavec le secteur privé, par le biais d’obligations pour lesinfrastructures. L’Afrique du Sud et le Kenya ont utilisé avec succèscette méthode pour obtenir des financements privés destinés audéveloppement du sous-secteur des routes.Les chemins de fer sont essentiels pour l’intégration régionaleen Afrique. Ils permettent le transport de marchandises à descoûts sensiblement inférieurs à ceux du transport routier, toutFigure 1.3 Progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionaleCERAnnéede créationZone delibre-échangeUniondouanièreMarchécommunUnionmonétaireSADC 1996CAE 2001CEDEAO 1975COMESA 1994CEEAC 1983UMA 1989CEN-SAD 1998IGAD 1998Réalisé Envisagé Non envisagé0 1000kilomètresRoutes transafricaineset ports principauxRoutes revêtuesRoutes non revêtuesCapitale nationaleAutres villes/citésPortPlus de 100Densité de la pauvreté ruraleNombre de personnes pauvres au km2De 76 à 100De 51 à 75De 26 à 50De 11 à 25De 6 à 10De 2 à 5Moins de 1Figure 1.4 Les corridors régionaux d’infrastructurecontribuent à réduire la pauvreté
  25. 25. 19Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleen atténuant la pression sur les routes africaines. Cependant,l’essentiel du réseau ferroviaire du continent a été construit durantl’ère coloniale, et les coûts des chemins de fer vieillissants etsouvent dysfonctionnels, avec des écartements de rails différents,sont à présent évidents.Plusieurs pays ont reconstruit leur réseau ferroviaire par le biaisde concessions conjointes. C’est le cas du Kenya et de l’Ouganda,qui l’ont fait par le truchement des Rift Valley Railways. Cetteapproche permet à plusieurs pays de mobiliser conjointementles investissements substantiels requis. Des plans directeurs deschemins de fer ont également été élaborés dans un certain nombrede régions, afin de faciliter la réhabilitation et le développement dutransport ferroviaire.Toutefois, les capacités limitées en matière de gestionet d’entretien affectent la durabilité à long terme de cesinvestissements. À titre d’exemple, le projet de chemin de ferTanzanie-Zambie a été une réalisation technique spectaculaire,avec la pose de plus de 1800 km de voie, la plus grande partiedans des régions montagneuses, et la construction de 320 ponts.Et pourtant, du fait du sous-investissement au cours des troisdernières décennies, la compagnie de chemin de fer a connudes difficultés financières et l’infrastructure est maintenant malutilisée.Durant la période d’ajustement structurel des années 1990,les dépenses d’équipement ont été largement négligées, enparticulier dans le cadre des grands projets d’infrastructures. Plusrécemment, les coûts occasionnés par les mauvaises routes, entermes de perte de compétitivité et de faible sécurité routière,ont contraint les pays africains à commencer à investir dans leursinfrastructures routières. Les pays sans littoral sont confrontésà des difficultés particulières pour importer et exporter desmarchandises, en raison du mauvais état de l’infrastructureroutière et ferroviaire régionale.À la suite de l’accroissement des investissements, la proportionmoyenne des routes revêtues4dans toute l’Afrique est passée de34,6% en 2005 à 47,2% en 2011. Dans les pays à faible revenu,cette proportion est sensiblement inférieure, mais elle est tout demême passée de 13,7% à 17,4% sur la même période. Toutefois,durant cette période, la longueur totale des chemins de ferutilisables5a baissé dans toute l’Afrique, en particulier dans lespays à faible revenu, tombant respectivement de 58 000 km à50 000 km, et de 24 700 km à 14 200 km. Ce déclin est dû à unmauvais entretien et à un manque de compétences chez les paysmembres régionaux dans le domaine de l’enregistrement desdonnées.À l’instar de nombreux pays africains, l’Ouganda s’est fixé pourobjectif à long terme d’accéder au statut de pays à revenuintermédiaire, et il lui faudra à cette fin doubler son revenu parhabitant actuel. Ce pays doit donc œuvrer à la transformationstructurelle de son économie, par l’amélioration substantielle dela productivité des travailleurs et par la compétitivité. Toutefois, àl’heure actuelle, des pans importants de l’économie ougandaise sontcaractérisés par une très faible productivité. Confrontés à une faibleconcurrence sur le marché intérieur, les producteurs manquent à lafois de motivation et de moyens pour renforcer leur compétitivitéet la porter au niveau requis pour soutenir la concurrence avec lesmarchés mondiaux. Étant donné que de nombreux intrants sontutilisés pour la production des biens, l’économie dans son ensembleest piégée dans un faible équilibre de productivité.L’intégration régionale peut aider des pays comme l’Ouganda àsortir de ce faible équilibre. L’accès aux marchés régionaux constitueun tremplin permettant aux producteurs locaux de commencerà exporter sans d’abord devenir compétitifs au plan mondial,en particulier étant donné que les exportations ougandaises àdestination des pays de la CAE ne sont assujetties à aucun droitde douane. L’accès aux marchés régionaux permet également auxproducteurs locaux de réaliser des économies d’échelle et de réduireleurs coûts unitaires, renforçant ainsi leur compétitivité.Source: Résumé d’un discours du Dr Louis Kasekende, Vice-gouverneur de la Bankof Uganda, 5 octobre 2012.Encadré 1.2 L’intégration régionale stimulela transformation structurelle en OugandaL’Afrique paie un coût économique élevé pour sa fragmentation enmultiples juridictions nationales et pour la lenteur de ses progrèsen matière de facilitation du transit aux frontières nationales. Àtitre d’exemple, pour un voyage de 3000 km de Lusaka à Durbanil faut huit jours: quatre jours de temps de voyage et quatre joursde temps passé au franchissement des frontières. Même si lescamions roulent à 50–60 km/h, leur vitesse effective n’excède pas12 km/h tout au long du voyage. Pour un camion d’interconnexionà huit essieux, le temps perdu aux frontières peut coûter jusqu’à300 dollars par jour.1Mettons cette situation dans un contexte international: il fautdeux à trois semaines pour transporter du cuivre de la Républiquedémocratique du Congo jusqu’au port de Mombasa; en Europe, onmettrait 48 heures pour couvrir la même distance; au Danemark,il faut trois documents et deux signatures pour les formalitésd’expédition de marchandises à l’étranger; au Burundi, le mêmeprocessus requiert 11 documents, 17 visites à des bureaux officielssitués dans différents endroits et 29 signatures; alors qu’il fautà un exportateur danois cinq jours pour achever le processus dedocumentation et préparer un conteneur pour expédition, au Burundiun exportateur a besoin de 67 jours en moyenne, simplement pourtransporter les marchandises de l’usine au navire.1Voir Banque mondiale. Infrastructures africaines: une transformation impérative.Encadré 1.3 Coût de la fragmentation africaine4 Une puce verte indique que les progrès de l’Afrique sont plus élevés que ceux de ses pairs dans les pays à revenu faible à intermédiaire.5 Une puce rouge indique que les progrès de l’Afrique ont été recul par rapport à la situation de référence.
  26. 26. 20Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1PortsLes ports sont des pièces maîtresses dans le puzzle de l’intégrationrégionale. Les plus grands ports d’Afrique fonctionnent comme descentres logistiques, non seulement pour les pays où ils sont situés,mais également pour la région au sens large, en particulier dansles endroits où ces ports sont appuyés par des réseaux routierset ferroviaires. Ils sont des éléments essentiels pour raccorder lesproducteurs africains aux marchés régionaux et mondiaux.Les ports les plus importants d’Afrique, notamment Port Saïd, Tanger,Abidjan, Dar es-Salaam, Djibouti, Durban et Mombasa, desserventles marchés régionaux. De façon globale, le volume du fret transitantpar ces ports s’est accru substantiellement ces dernières années,tant en termes de marchandises générales (cargaisons hétérogènes,sèches et liquides) que de trafic en conteneurs. Les ports d’Afriqueaustrale, en particulier ceux de Durban et de Maputo, ont enregistréla croissance la plus rapide pour les marchandises générales,tandis que les ports d’Afrique de l’Ouest ont connu une croissancephénoménale du trafic conteneurisé.La plupart de ces ports n’ont cependant pas été conçus dansl’optique d’un marché régional, et leur croissance rapide pose desdifficultés majeures. Le temps d’attente moyen au port pourles conteneurs et les marchandises générales a été ramené à25,6 jours à travers l’Afrique, mais on dépasse de beaucoup cettedurée dans plusieurs ports importants. Mombasa, Dar es-Salaam etTema ont de sérieux problèmes de capacités, Mombasa et Dar es-Salaam ayant atteint leurs limites pour ce qui est de l’entreposagede conteneurs. Durban est sous une pression constante, tandis queLuanda est également en limites de capacités. L’équipement decertains de ces ports est très dégradé, ce qui limite son efficacité.De façon générale, les ports africains fonctionnent bien en deçà desnormes internationales, ce qui se traduit par des tarifs plus élevéset des délais de traitement plus lents.Le secteur portuaire africain a de toute urgence besoin d’unerefonte de ses politiques et réglementations. De nombreux portssont gérés par des institutions statutaires et ont une autonomielimitée par rapport à leurs gouvernements, ce qui attestenégativement de leur statut en tant qu’actifs stratégiques. Cettesituation réduit leur capacité à innover. La privatisation et lacommercialisation des opérations portuaires pourraient faciliterla modernisation des services. Une intégration modale s’avèrenécessaire pour relier les ports à d’autres formes de transport,tout comme une simplification des procédures administratives afinde permettre aux autres prestataires de services (par exempleles compagnies ferroviaires et de transport routier, les servicesdes recettes et des douanes) de fonctionner efficacement. Denombreuses CER déploient actuellement des efforts pour améliorerla planification axée sur les ports régionaux et pour relier ceux-ci àla gestion des corridors de transit.Dans l’ensemble, le trafic conteneurs à travers l’Afrique aenregistré une hausse considérable entre 2005 et 2011, passantde 13,9 millions à 19,3 millions de conteneurs. La part dutrafic portuaire mondial gérée par les pays africains s’estégalement accrue, passant de 2,8% à 3,6%. La période aégalement enregistré certaines améliorations dans l’infrastructureimmatérielle, avec une réduction du nombre moyen de documentsrequis pour l’importation et l’exportation.Transport aérienEnviron 120 000 personnes sont directement employées dans lesecteur du transport aérien en Afrique, et 20% des emplois dansle secteur du tourisme sont liés aux voyages aériens. Le fret aérienjoue un rôle vital pour les principaux commerces d’exportation,et notamment pour le commerce des fleurs du Kenya ou celui dupoisson de Tanzanie et d’Ouganda.Au cours des cinq dernières années, le nombre d’aéroports enAfrique est resté stable. Pour le moment, il existe une capacitésuffisante pour gérer le niveau actuel du trafic, bien qu’une plusgrande efficacité soit possible grâce à une meilleure programmation,à des investissements modestes dans des voies de circulationparallèles et à des améliorations aux terminaux. Le transportaérien en Afrique subsaharienne demeure coûteux au regard desnormes internationales. Les redevances d’atterrissage sont élevées,Le temps d’attente moyen au port pour les conteneurset les marchandises générales a été ramenéde 30,6 jours à 25,6 jours.Lignes aériennes africaineset hubs principauxHubAéroportCaireTripoliCasablancaDakarLagos Addis AbebaNairobiPretoriaFigure 1.5 L’Afrique a besoin de meilleuresconnexions aériennes

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