Groupe de la Banque africainede développementAu centre de latransformationde l’AfriqueStratégie pour la période 2013-2022
La Banque africaine de développement (BAD) et son Conseil d’administration ne garantissent pas l’exactitudedes données con...
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Copyright © 2013 par la Banque africaine de développement.Les voix de l’Afrique« J’aime autant vous dire que l’Afrique est...
iiiAvant-proposEn 2006, un Panel d’éminentes personnalités a aidé la Banque africaine de développement (BAD)à définir une v...
ivLa Stratégie a été élaborée par une équipe dirigée par Kapil Kapoor, Directeur de la Stratégie,Groupe de la Banque afric...
vTable des matièresRésumé analytique 1Partie 1 La transformation de l’Afrique 5La vision de l’Afrique 5Ce que l’Afrique do...
Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-2022viÉtapes importantes de l’histoire du Group...
1RésuméanalytiqueLa Stratégie de la Banque africaine de déve-loppement pour la période 2013 à 2022 tra-duit les aspiration...
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La transformation de l’Afrique7Les principaux facteurs de changement, intérieurs etextérieurs, modifient le paysage de déve...
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10Cette Stratégiepositionnera laBanque en tant quepartenaire de choix,catalyseur, conseiller,courtier du savoir etprincipa...
L’approche stratégique de la Banque11La Banque permettraaux pays membresafricains de mettreen place des filetsde sécurité p...
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L’approche stratégique de la Banque13En appuyant latransition vers lacroissance verte, laBanque adapterases interventionsa...
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L’approche stratégique de la Banque15La Banque utiliseraune proportionnotable deses nouveauxengagements en faveurdu dévelo...
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L’approche stratégique de la Banque17La croissance enAfrique sera tirée parle secteur privé, enétroit partenariat avecle s...
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L’approche stratégique de la Banque19qui consolident l’inclusion financière, com-plétées par des initiatives visant à four...
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  1. 1. Groupe de la Banque africainede développementAu centre de latransformationde l’AfriqueStratégie pour la période 2013-2022
  2. 2. La Banque africaine de développement (BAD) et son Conseil d’administration ne garantissent pas l’exactitudedes données contenues dans cette publication et déclinent toute responsabilité quant aux conséquencesde leur utilisation. En désignant un territoire ou une zone géographique ou en y faisant référence, ou bien enutilisant le terme « pays » dans le présent document, la BAD n’a pas l’intention d’émettre un jugement sur lestatut juridique ou tout autre statut du territoire ou de la zone en question.La BAD est favorable à l’impression ou la reproduction des informations uniquement à des fins personnelleset non commerciales, à condition qu’elle soit reconnue comme en étant la source. Il est interdit aux util-isateurs de revendre, redistribuer ou créer des produits dérivés à des fins commerciales sans l’approbationexpresse et écrite de la BAD.
  3. 3. Groupe de la Banque africainede développementAu centre de latransformationde l’AfriqueStratégie pour la période 2013-2022
  4. 4. Copyright © 2013 par la Banque africaine de développement.Les voix de l’Afrique« J’aime autant vous dire que l’Afrique est en marche ! L’Afrique est en transition ! L’Afrique reste atta-chée à ces processus qui se traduiront par la rationalisation de ses propres ressources naturelles, parl’obligation de rendre compte, la transparence, la mutualité et la responsabilité. »Ellen Johnson Sirleaf, Président de la République du Liberia et Prix Nobel de la paix, 2013« Pourquoi sommes-nous à ce point convaincus que l’heure de l’Afrique a sonné et que nous pou-vons réaliser notre rêve d’ici 50 ans, sinon avant ? Six des 10 économies à croissance la plus rapideau monde sont africaines, et le continent enregistre un taux de croissance de 5 % en moyenne par andepuis plus d’une décennie, en dépit de la crise financière et économique mondiale. Nous avons unepopulation croissante, dynamique, ingénieuse et jeune, se dotant des qualifications qui seront néces-saires pour impulser la transformation de l’Afrique. »Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine, 2013« L’Afrique est de nouveau considérée comme un continent des opportunités — le dernier eldoradoémergent de l’investissement. Nous remarquons cet optimisme dans le nombre et la diversité des entre-prises et des pays qui affluent pour investir sur le continent. C’est un optimisme fondé sur une solidecroissance économique que même la crise financière mondiale n’a pu inverser que brièvement. Et cettecroissance est de plus en plus mise à profit pour diversifier les économies et investir dans les fonde-ments essentiels des sociétés efficaces — l’éducation, la santé et les infrastructures vitales. »Kofi Annan, septième Secrétaire général des Nations Unies, 2011« Il est aujourd’hui de mise de parler de « l’Afrique en marche ». Le « continent désespéré » est devenu lanouvelle frontière de l’investissement, les investisseurs réalisant constamment des rendements impos-sibles ailleurs… La tendance de la gouvernance en Afrique a été positive au cours des dix dernièresannées. Nous assistons à une régression notable des conflits, à un développement économique sou-tenu et à des progrès sensibles en matière de développement humain. Nous sommes plus paisibles, enmeilleure santé et mieux instruits qu’au début du millénaire. »Mo Ibrahim, fondateur du Prix Mo Ibrahim d’excellence en matière de leadership en Afrique, 2012« C’est à cet égard que je vois l’Afrique comme un espoir pour le monde ; l’Afrique offre de très belles pers-pectives pour le monde. Et, à mon avis, l’Afrique pourrait simplement représenter pour le monde la porte desortie de l’actuelle crise économique internationale. Les ressources du continent, sa structure d’âge jeune etsa population croissante ainsi que sa classe moyenne en expansion sont des ressources importantes pourle monde. Le continent peut représenter une source d’idées et de solutions innovantes. De ce fait, l’Afriquedoit occuper une place centrale dans la recherche d’une solution à l’actuelle crise internationale. »Cristina Duarte, ministre des Finances et du Plan, Cap-Vert, 2012« L’Afrique représente désormais un nouveau champ de développement, un important pôle de crois-sance pour la reprise économique et une destination attrayante pour les capitaux. La différence deperception s’amenuise et il y a des investisseurs sérieux qui sont véritablement intéressés par l’Afrique.L’heure de l’Afrique a sonné ! »Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria, 2011« Les informations disponibles donnent à penser qu’au cours des cinquante prochaines années l’Afriqueaura toutes les chances de réaliser son ambition de créer une zone économique dynamique, diversifiéeet compétitive, dans laquelle des sociétés pacifiques, stables et dynamiques ne connaîtront plus l’ex-trême pauvreté. »Groupe de la Banque africaine de développement, 2011
  5. 5. iiiAvant-proposEn 2006, un Panel d’éminentes personnalités a aidé la Banque africaine de développement (BAD)à définir une vision pour le continent et à tracer la voie à suivre pour l’institution. Pour sa part, laBanque s’est inspirée du rapport du Panel – Investir dans l’avenir de l’Afrique – la BAD au XXIesiècle– pour élaborer sa stratégie opérationnelle pour la période allant de 2008 à 2012.La décennie écoulée a vu une accélération sans précédent de la croissance économique enAfrique, accompagnée d’une amélioration sensible des indicateurs de développement humain.L’Afrique se classe actuellement au deuxième rang des continents enregistrant le rythme decroissance le plus rapide. Toutefois, cette performance est atténuée par une crise de l’emploi etune inégalité croissante dans les régions où les fruits de la croissance ne sont pas équitablementpartagés.Par ailleurs, l’Afrique reste confrontée au manque d’infrastructure, à la fragmentation des mar-chés et aux défis liés à des conflits, anciens comme nouveaux.Au cours d’une décennie marquée par de profonds bouleversements de l’économie mondiale,l’Afrique a, néanmoins, déjoué les prévisions des pessimistes et jeté des bases solides pour l’avenir.La croissance économique doit maintenant se traduire par une véritable transformation écono-mique à même de créer des emplois et par des possibilités d’intégration dans les chaînes de valeurmondiales.La prochaine décennie sera, dès lors, cruciale. Et la stratégie de la Banque – qui couvre lapériode allant de 2013 à 2022 – n’en revêt que plus d’importance.Cette stratégie renforce les choix des cinq dernières années, s’inspire des enseignements tiréset entend relever les défis de demain.Dans le nouveau paysage de financement et de flux des capitaux, il est essentiel que la Banquejoue un rôle catalyseur et de levier pour continuer à renforcer l’infrastructure et le capital humain, àmesure que l’Afrique mobilise son épargne et gère mieux ses ressources naturelles.Cette stratégie est portée par une institution résiliente et solide, prompte à réagir et déterminéeà obtenir des résultats.Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui, à l’intérieur et l’extérieur de l’institution, ontapporté leur concours à l’élaboration de cette stratégie. Axée sur la transformation de l’Afrique, ellesera notre boussole durant la prochaine décennie.Donald KaberukaPrésident
  6. 6. ivLa Stratégie a été élaborée par une équipe dirigée par Kapil Kapoor, Directeur de la Stratégie,Groupe de la Banque africaine de développement. Mthuli Ncube, Économiste en chef et Vice-pré-sident, a fourni les orientations générales à l’équipe dont les principaux membres étaient les sui-vants : Cécile Ambert, Denis Brougham, Khadija Dhaouadi, Bitsat Yohannes Kassahun, SeliatouKayode-Anglade, Alan Lukoma, Mateus Magala, Geoffrey Manley, Carlos Mollinedo, Alex Mubiru,John Phillips, Preeti Sinha, Ravi Dhananjayen Soopramanien, Frank Sperling, Kate Tench et Ami-nata Camara Traore.Un groupe de conseillers de haut niveau, comprenant Henock Kifle, Callisto Madavo, EleneMakonnen, Anil Sood et Graham Stegmann, faisait partie intégrante de l’équipe. Il a donné desorientations à chaque stade de la préparation. L’équipe a bénéficié de 22 documents de référencepréparés par les différents complexes de la Banque et coordonnés par le Département de l’écono-mie, sous la direction de Steve Kayizzi-Mugerwa. Bruce Ross-Larson a coordonné l’édition de cedocument.Aly Abou-Sabaa et Hela Cheikhrouhou ont dirigé les travaux sur la transition vers la croissanceverte et Simon Mizrahi et son équipe ont contribué à l’élaboration du cadre de mesure des résultats.Nous apprécions grandement le rôle de nombreux hauts fonctionnaires, notamment les vice-pré-sidents, les directeurs, les chefs de départements dans les différents complexes et des représen-tants de pays.Des observations et des suggestions de fond sur le projet de stratégie ont été reçues desmembres du Conseil d’administration, du Comité de coordination de la Haute direction, des direc-teurs régionaux, des directeurs sectoriels et des représentants résidents qui ont revu le documentà divers stades. Des contributions utiles et un appui ont aussi été reçus de Hawa Adama, John C.Anyanwu, George D. Azagne, Awa Bamba, Kokil Beejaye, Gisela Geisler, Sering Jallow, MarleneM. Kanga, Kpourou Janvier Litse, Charles Leyeka Lufumpa, Nono J.S. Matondo-Fundani, AnthonyO. Nyong, Franck Joseph Marie Perrault, Anthony Musonda Simpasa, Agnes Soucat, LawrenceC. Tawah, Désiré J.M. Vencatachellum, Georg Weiers, Laetitia Yattien-Amiguet et Ginette UrsuleYoman.Remerciements
  7. 7. vTable des matièresRésumé analytique 1Partie 1 La transformation de l’Afrique 5La vision de l’Afrique 5Ce que l’Afrique doit faire pour réaliser cette vision 6Partie 2 L’approche stratégique de la Banque 10Orientations du Panel de haut niveau et enseignements tirés de la Stratégie à moyen terme 10Deux objectifs – croissance inclusive et transition vers la croissance verte 10Priorités opérationnelles de base 13Domaines d’intérêt particulier 21Le programme des objectifs du Millénaire pour le développement de l’après 2015 24Partie 3 Financement de la Stratégie – Mobiliser et démultiplier les ressources 25L’innovation dans les guichets existants 25Expansion des sources de financement 25Mobilisation du capital de la Banque et de nouveaux instruments 28Partie 4 Se transformer pour appuyer la transformation 29Le partenaire de choix 30Renforcement de l’efficacité institutionnelle 32Privilégier les résultats 34Mise en œuvre pratique de la Stratégie 34Conclusion 35Notes 36Annexe Indicateurs de résultats de la Stratégie 37Encadrés1 Facteurs de changement 72 Des infrastructures pour intégrer la région 163 Collaboration avec les partenaires 31Figures1 Côté positif – Le nombre de projets entièrement nouveaux financés par les IDE en Afrique estcomparable à celui des différents pays BRIC . . . de même que la croissance de son PIB réel 62 Côte négatif – La fragilité est un sujet de préoccupation . . . et la plupart des pays africainsont une note inférieure à 5 (sur 10) sur l’Indice de perception de la corruption 2011 deTransparency International 83 L’assèchement du Lac Tchad 124 Les investissements de la Banque dans les infrastructures appuient la chaîne de valeurdans l’agriculture et renforcent la sécurité alimentaire – de l’exploitation agricole à la bouche 225 Sources potentielles de financement 266 Mise en œuvre de la Stratégie à trois niveaux 35
  8. 8. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-2022viÉtapes importantes de l’histoire du Groupe de la Banque africaine dedéveloppement1966 – Côte d’Ivoire La Banque africaine de développement démarre ses opérations avec une basede capital de 250 millions de dollars EU, 33 pays membres africains et un effec-tif de 10 personnes.1972 – Algérie La Banque et 13 pays non régionaux créent le Fonds africain de développe-ment. Ce guichet concessionnel destiné aux pays à faible revenu a mobilisé327 millions de dollars EU pour son premier cycle.1976 – Nigeria Le gouvernement de la République fédérale du Nigeria et la Banque créent leFonds spécial du Nigeria, avec une contribution initiale de 80 millions de dollarsEU.1982 – Zambie Le capital de la Banque est ouvert aux pays membres non régionaux. Le capitalautorisé de la Banque augmente à près de 3,4 milliards de dollars EU en 1983et à 22,3 milliards de dollars EU en 1987, suite à la Quatrième augmentationgénérale du capital de 200 %.2003 – Tunisie La Banque relocalise temporairement ses opérations d’Abidjan à Tunis.2010 – Côte d’Ivoire La Sixième augmentation générale du capital triple le capital autorisé de laBanque, qui se chiffre désormais à 101,4 milliards de dollars EU ; l’institutioncompte alors 77 pays membres (53 africains et 24 non africains) et un effectif de1 900 employés.2010 – Tunisie La douzième reconstitution triennale du Fonds africain de développement mobi-lise 9,5 milliards de dollars EU, le montant le plus élevé de l’histoire du Fonds.Les ressources du Fonds spécial du Nigeria, dont la durée a été prolongée pour10 ans en 2008, se chiffrent à 241,3 millions de dollars EU en 2010.2012 – Tanzanie Le Soudan du Sud rejoint le Groupe de la Banque, et en devient le 54epaysmembre régional.
  9. 9. 1RésuméanalytiqueLa Stratégie de la Banque africaine de déve-loppement pour la période 2013 à 2022 tra-duit les aspirations de l’ensemble du continentafricain. Elle est fermement ancrée dans uneconnaissance et une expérience approfondiedu chemin parcouru par l’Afrique au cours de ladernière décennie et de la destination à laquelleelle souhaite parvenir au cours de la prochaine.L’Afrique s’est engagée dans un processusde transformation économique. Ce processusa enregistré une croissance robuste et soute-nue pendant plus d’une décennie, mais il a étéinégal et sans base solide, et il n’est, à aucunpoint de vue, terminé.Cette Stratégie est conçue pour placerla Banque au centre de la transformation del’Afrique et améliorer la croissance de l’Afrique.Elle vise à élargir et approfondir ce processusde transformation, essentiellement en faisanten sorte que la croissance soit partagée etnon isolée, pour tous les citoyens et pays afri-cains et non juste pour quelques-uns. Elle viseaussi à favoriser une croissance qui ne soit passimplement durable au plan écologique, maisaussi habilitante au plan économique. Lorsquela croissance est aussi bien inclusive que« verte », elle crée les emplois dont le continenta besoin maintenant et dont il aura besoin ennombre encore plus grand à mesure que desmillions d’autres jeunes entrent sur le marchédu travail, avec des énergies et des aspirationsauxquelles il faut répondre.La vision de la Banque est donc la vision del’Afrique, et son avenir est l’avenir de l’Afrique.Les nombreuses réussites de la Banque sont àl’image des réussites du continent qu’elle sert,et les lacunes de ses réalisations traduisent lesobstacles à une transformation véritable deses pays membres régionaux. La réalisation del’objectif d’une Afrique intégrée au plan régionalet diversifiée au plan économique — détermi-née à inclure les jeunes et les personnes âgées,les femmes et les hommes, les communautésrurales et urbaines, tout en étant de plus enplus verte — fera de l’Afrique le prochain mar-ché émergent mondial. La Banque africaine dedéveloppement sera son porte-parole au plandu développement et son partenaire de choixau développement.La Stratégie est axée sur deux objectifs,sous-tendus par cinq priorités opérationnelles,qui sont des domaines dans lesquels la Banquejouit d’un avantage, d’une expertise, d’un accèset d’une confiance inégalés.Deux objectifsCette stratégie décennale sera axée sur deuxobjectifs visant à améliorer la qualité de la crois-sance de l’Afrique : la croissance inclusive et latransition vers la croissance verte.Croissance inclusiveL’objectif premier et fondamental consiste àréaliser une croissance qui soit plus inclusive,se traduisant non pas simplement par l’éga-lité de traitement et d’opportunités, mais pardes réductions profondes de la pauvreté et unaccroissement massif et correspondant desemplois.En permettant d’exploiter le vaste potentieldu continent — et en améliorant ses chancesde tirer parti du dividende démographique – lacroissance inclusive induira la prospérité parun élargissement de la base économique quitranscende les obstacles liés à l’âge, au sexe età la situation géographique. La Banque investiradans une infrastructure qui libère le potentiel dusecteur privé, favorisant l’égalité des sexes et laL’objectif premierconsiste à réaliserune croissance quisoit plus inclusive.Le second objectifconsiste à faire ensorte que la croissanceinclusive soit durable
  10. 10. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-20222La Stratégie décritcinq principauxmoyens par lesquelsla Banque doit menerson action et améliorerla qualité de lacroissance en Afriqueparticipation communautaire. Elle contribueraà améliorer les compétences nécessaires à lacompétitivité et veillera à ce que ces compé-tences correspondent mieux aux opportunitéset aux besoins des marchés locaux du travail.Croissance verteLe second objectif consiste à faire en sorte quela croissance soit durable, en aidant l’Afriqueà faire la transition progressive vers la « crois-sance verte  », qui protégera les moyens desubsistance, améliorera la sécurité hydrique,énergétique et alimentaire, favorisera l’utilisationdurable des ressources naturelles et stimuleral’innovation, la création d’emplois et le dévelop-pement économique.La Banque appuiera la croissance verteen trouvant des modes de développementqui atténuent la pression sur les ressourcesnaturelles tout en gérant plus efficacement lesrisques environnementaux, sociaux et écono-miques. Les actions prioritaires à mener pourréaliser la croissance verte consistent notam-ment à renforcer la résilience face aux chocsclimatiques, à mettre en place des infrastruc-tures durables, à créer des services d’écosys-tème et à utiliser de manière efficace et durableles ressources naturelles – en particulier l’eau,qui joue un rôle central dans la croissance,mais qui est la plus affectée par le changementclimatique.Cinq priorités opérationnellesLa Stratégie décrit cinq principaux moyens parlesquels la Banque doit mener son action etaméliorer la qualité de la croissance en Afrique.D’abord recommandés par la revue de 2007du Panel de haut niveau, et concrétisés par lasuite dans la Stratégie à moyen terme pour lapériode de 2008 à 2012, ces domaines sontceux dans lesquels la Banque a le plus grandavantage comparatif et a fait ses preuves.Depuis au moins une décennie, les études dela Banque et d’autres sources n’ont cessé deconfirmer qu’ils offrent un cadre indispensableet cohérent pour ses opérations. La revue de2011 de la Stratégie à moyen terme a montréque l’attention accordée à ces priorités avaitété d’une grande utilité pour les clients de laBanque, mais qu’il était nécessaire d’adop-ter un horizon de planification plus long, ainsiqu’une stratégie à long terme — sous-tenduepar des plans triennaux.Développement des infrastructuresLes besoins infrastructurels de l’Afriquedemeurent considérables. Le continent n’inves-tit dans les infrastructures que l’équivalent de4 % du PIB, contre 14 % en Chine. En comblantson déficit infrastructurel, l’Afrique pourraitaccélérer la croissance de son PIB de 2 pointsde pourcentage par an. La Banque a apportédes contributions notables au développementdes infrastructures en Afrique, et des dizainesde millions d’Africains se trouvent désormaisdans une meilleure situation grâce à ses inves-tissements dans le transport, l’énergie et l’eau.La Banque a l’intention de renforcer considé-rablement le financement des infrastructuresdu continent – non seulement par ses propresprêts, mais aussi en faisant jouer l’effet de levierde ses ressources financières.Intégration économique régionaleL’intégration est indispensable si l’Afrique veutréaliser pleinement son potentiel de croissance,participer à l’économie mondiale et profiter desavantages d’un marché mondial de plus enplus interconnecté. Cette possibilité est sérieu-sement limitée par le fait d’avoir 54 pays indi-viduels qui n’ont souvent pas les moyens phy-siques et économiques nécessaires pour agirde concert. La Banque est bien placée pourjouer un rôle de chef de file dans la promotionde l’intégration économique de l’Afrique, envue de créer des marchés plus vastes et plusattrayants, de relier les pays enclavés, notam-ment les États fragiles, aux marchés internatio-naux et d’appuyer le commerce intra-africain.Développement du secteur privéLa dynamique de la création de richesse etd’emplois en Afrique – et un certain nombre detâches incombant aux gouvernements – est de
  11. 11. Résumé analytique3En mettant en œuvresa Stratégie décennale,la Banque accorderaune attentiontoute particulièreaux États fragiles,à l’agriculture et lasécurité alimentaire,et au genreplus en plus tributaire des fonds privés plutôtque publics. En œuvrant directement commeindirectement avec les gouvernements, laBanque continuera d’être un partenaire de plusen plus actif et un facilitateur de l’investissementprivé en Afrique. En fournissant des concoursfinanciers et des services d’assistance tech-nique et de conseil, elle concevra des activi-tés qui répondent aux besoins, opportunitéset enjeux propres au secteur privé. Elle mettral’accent sur le développement de l’entrepreneu-riat africain, contribuera à éliminer les difficultésauxquelles se heurtent les femmes entrepre-neurs et les jeunes entrepreneurs et appuierale développement des microentreprises et despetites et moyennes entreprises. En renforçantle secteur financier, elle stimulera les prêts auxmicroentreprises et aux PME, contribuera àdévelopper les marchés locaux de capitaux,à promouvoir une meilleure gouvernance et lagestion de risques des institutions financièreset à favoriser l’adoption et l’application desnormes et réglementations financières.Gouvernance et responsabilisationLa croissance économique ne peut se réali-ser que sur les bases les plus solides de gou-vernance et d’institutions administrées par« l’État capable ». En réponse aux demandesvisant l’amélioration de la gouvernance et dela prestation de services de base en Afrique,la Banque aidera les institutions qui appuientles processus d’inclusion et de reddition decompte – notamment en renforçant les capa-cités des parlementaires, des médias et desorganisations de la société civile. Afin d’amélio-rer la gestion des finances publiques, la Banquefera plus d’effort pour soutenir la décentralisa-tion financière et la mobilisation des ressourcesintérieures.Qualifications et technologiesLe chômage est beaucoup trop élevé danstoute l’Afrique, plus particulièrement parmi lesjeunes. Pour améliorer l’offre de travailleursqualifiés, la Banque renforcera l’aide en faveurde la formation technique et professionnelle liéeà des besoins précis sur le marché du travail.L’objectif visé consiste à faire acquérir par lesjeunes les compétences requises pour le sec-teur formel et le secteur informel, y compris lescompétences permettant de créer des petitesentreprises.Trois domaines d’intérêt particulierEn mettant en œuvre sa Stratégie décennale,la Banque accordera une attention toute par-ticulière aux États fragiles, à l’agriculture et lasécurité alimentaire, et au genre, qui font partieintégrante des deux objectifs.États fragilesL’aide aux états fragiles pourrait renforcer leurséconomies, dont la population représente lecinquième de celle du continent et qui contri-buent fortement à sa pauvreté globale. La fragi-lité est à la fois contagieuse et épisodique – elleexige un appui adapté aux besoins divers etune approche régionale et de continuum axéssur le dialogue, l’adhésion locale et la recon-naissance du succès.Agriculture et sécurité alimentaireLe renforcement de l’agriculture et de la sécu-rité alimentaire, par une approche de la chaînede valeur intégrée, peut améliorer les moyensde subsistance des populations africaines quivivent dans les zones rurales. Bon nombre deces populations sont tributaires de l’agricul-ture de subsistance et une proportion consi-dérable est chroniquement exposée aux aléasclimatiques. L’Afrique vit de sa terre, et plus de70 % des Africains exploitent la terre, qui bientrop souvent ne satisfait pas leurs besoins. LaBanque aidera les pays à renforcer leur pro-ductivité agricole et leur compétitivité, en conti-nuant d’investir dans les infrastructures rurales,par exemple, les routes rurales, l’irrigation,l’électricité, les installations de stockage, l’accèsaux marchés, les systèmes de conservation etles réseaux d’approvisionnement. En investis-sant dans les infrastructures régionales et enparticipant au dialogue sur les politiques pouréliminer les obstacles au commerce en vue de
  12. 12. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-20224La Stratégie traduit lavision de l’Afriquepour elle-même– une vision detransformation quiest réalisablefaciliter l’importation de denrées alimentaires etde facteurs de production comme les engrais,elle contribuera à atténuer l’instabilité des prixalimentaires et à réduire l’insécurité alimentaire.GenreLe renforcement des capacités et des opportu-nités pour les femmes et les filles peut stimulerla productivité et la participation de la moitié dela population africaine. Pour promouvoir l’en-treprenariat féminin, il faudrait d’abord mettrel’accent sur l’acquisition des connaissances, ledéveloppement des compétences et la protec-tion des droits juridiques et de propriété. Lesfemmes et les filles supportent plus de la moitiédu fardeau du continent, mais leur potentiel entant que génératrices de revenu est dispropor-tionnellement élevé.Financement de la Stratégie –mobiliser et exploiter de nouvellessources de financement dudéveloppementLes ressources financières de la Banque repré-senteront toujours une modeste fraction desbesoins de l’Afrique. Les difficultés financièresactuelles des pays donateurs portent à croireque l’aide publique au développement pourraitbien stagner en grande partie au cours desprochaines années. La Banque recherchera dece fait des méthodes nouvelles et innovantesde mobilisation des ressources pour appuyerla transformation de l’Afrique, en particulier endémultipliant ses propres ressources.Le Groupe continuera naturellement derenforcer et d’élargir la taille et les opérationspratiques de la Banque africaine de développe-ment comme du Fonds africain de développe-ment. Toutefois, face à l’évolution du paysageéconomique mondial, il étudiera les possibilitésde mobiliser des investissements supplémen-taires auprès des économies émergentes et denouveaux fonds et donateurs, notamment lesfonds souverains et les caisses de retraite. Il uti-lisera mieux ses instruments existants, tout enmettant au point de nouveaux moyens de s’as-surer qu’un dollar investi par la Banque permetde mobiliser beaucoup plus auprès d’autresinvestisseurs. L’utilisation élargie des partena-riats public-privé, des structures de cofinan-cement et des instruments d’atténuation desrisques attirera de nouveaux investisseurs.Se transformer pour appuyer latransformationLa Banque est une entreprise unique en songenre  : en tant qu’organisation africaine auservice des Africains, c’est une locomotive duprogrès et de l’intégration économiques, et leporte-parole de l’Afrique et du développementde l’Afrique sur l’ensemble du continent – etbien au-delà. Elle est bien partie pour renforcerson efficacité au plan du développement grâceà la décentralisation accrue vers les bureauxextérieurs, aux domaines d’engagement stra-tégiquement ciblés et à un solide bilan assortid’une grande capacité à supporter les risques.Tous ces facteurs ont contribué à mainte-nir constamment la note de crédit AAA, quiassure la réputation africaine et mondiale de laBanque.La Banque doit continuer d’évoluer pourrester pertinente. Elle doit devenir plus décen-tralisée, plus intégrée, plus efficace, plus effi-ciente et plus axée sur les résultats, mesurantses progrès à l’aune des améliorations réellessur le terrain. Elle doit aussi continuer de ratio-naliser ses processus opérationnels, institu-tionnels et budgétaires. Et elle doit consoliderson rôle de conseiller, de courtier du savoir, decatalyseur et de rassembleur.Telle est donc la Stratégie décennale dela Banque africaine de développement – dela banque de l’Afrique. Elle traduit la vision del’Afrique pour elle-même – une vision de trans-formation qui est réalisable. ‘Placée au centrede la transformation de l’Afrique’, la Banquemesurera le succès par les changementsdurables qu’elle apporte dans la vie des popu-lations africaines.
  13. 13. 5L’Afrique se voitdevenir un continentprospère caractérisépar une croissancede qualité quicrée davantage depossibilités d’emploispour tous, et enparticulier pour lesfemmes et les jeunesPARTIEuneLa transformationde l’AfriqueLa décennie écoulée, caractérisée par une crois-sance et une stabilité inégalée, a changé pour lemieux les impressions concernant l’Afrique. De2000 à 2010, six des 10 économies à la crois-sance la plus rapide au monde se trouvaienten Afrique et les économistes prévoient que lacroissance demeurera robuste. Les prix élevésdes produits de base ont joué un rôle, mais lespolitiques macroéconomiques améliorées et lesréformes soutenues ont fait de même, ainsi quedes structures de gouvernance plus solides etde meilleures conditions pour le développementdu secteur privé. Les conflits demeurent un sujetde préoccupation, tout en ayant diminué, ce quia réduit la contagion des pays voisins et renforcéla confiance des investisseurs dans de nom-breuses régions. Et bon nombre de pays sontbien partis pour réaliser les Objectifs du millé-naire pour le développement.Grâce à de nouveaux investissements et àune croissance accélérée, l’Afrique a manifes-tement la possibilité de devenir, au cours de laprochaine décennie, le prochain marché émer-gent et un pôle de croissance mondial (Figure1). La demande extérieure (et intérieure) crois-sante des produits d’exportation de l’Afriquepourrait faciliter cette transition, si l’Afrique peutexploiter son potentiel dans le secteur de l’eau,de l’agriculture, des énergies renouvelables etd’autres secteurs, plus particulièrement ceuxdu pétrole, du gaz et d’autres minerais.La vision de l’AfriqueL’Afrique se voit devenir un continent prospèrecaractérisé par une croissance de qualité quicrée davantage de possibilités d’emplois pourtous, et en particulier pour les femmes et lesjeunes. Dans le cadre de cette vision, des poli-tiques saines et de meilleures infrastructuresfavoriseront la transformation de l’Afrique enaméliorant les conditions propices au déve-loppement du secteur privé et en stimulantl’investissement, l’esprit d’entreprise et le déve-loppement des microentreprises et des petiteset moyennes entreprises. Dans ce contexte,la transformation signifie la diversification dessources de croissance économique et d’op-portunités de manière à promouvoir un niveaude productivité plus élevé, se traduisant par unecroissance économique soutenue et inclusive.Elle signifie également l’appui au développe-ment des industries qui renforcent l’impact dessources existantes d’avantage comparatif etaméliorent la compétitivité globale de l’Afrique.Dans cette transformation, la croissance,qui en sera en fait le moteur, deviendra nette-ment plus inclusive, allant au-delà de certainspays, certains secteurs et certains travailleurs.De nombreux États fragiles d’Afrique serontengagés dans la voie de la croissance et durelèvement. Des institutions de gouvernance(nationales et régionales) plus solides renforce-ront l’État de droit, faciliteront la transparenceet la responsabilisation ainsi que le règlementpacifique des conflits. L’Afrique attirera davan-tage d’investissements privés de sourcesétrangères. Une croissance plus rapide, uneactivité économique plus formelle et la gestionaméliorée de la richesse renforceront sensi-blement la mobilisation des ressources inté-rieures, réduisant la dépendance à l’égard del’aide étrangère. Et davantage de capitaux del’Afrique seront investis dans les pays, et nonconservés à l’étranger. Mais une transformationefficace nécessite un leadership visionnaire etdéterminé.L’Afrique tirera parti d’une croissanceplus verte et plus durable pour devenir plus
  14. 14. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-20226résiliente face au changement climatique. Enintégrant les principes verts dans les plans dedéveloppement, les pays africains améliore-ront l’accès à l’eau, à l’énergie et au transport,stimuleront la productivité agricole et créerontde nouveaux emplois et de nouvelles compé-tences. Ils édifieront aussi des villes durables etexploiteront leurs ressources naturelles tout enréduisant le gaspillage. Ils traceront leur proprevoie vers une croissance verte – en consoli-dant et non en compromettant leurs efforts dedéveloppement.L’Afrique en tant que continent sera bienplus intégrée. Les biens, services et per-sonnes circuleront entre pays et régions, ce quicontribuera à créer de plus vastes marchés,à améliorer la compétitivité des entreprises età accroître les possibilités d’échanges com-merciaux intra-africains. La promotion de lacoopération au sein des bassins transfronta-liers appuiera la croissance, la paix et la sta-bilité. De telles approches régionales permet-tront également d’utiliser plus efficacement lesressources.Cette vision reflète ce que la Banque aentendu lors de ses consultations à grandeéchelle avec les gouvernements, les acteurs dusecteur privé, les universitaires et les représen-tants de la société civile. Elle coïncide avec lesambitions des dirigeants africains et la visiondu Nouveau partenariat pour le développementde l’Afrique de l’Union africaine, qui est celled’un continent où la croissance est inclusive –englobe ses jeunes, ses femmes et ses Étatsfragiles – et durable. La vision coïncide éga-lement avec les ambitions des pays membresrégionaux telles qu’elles sont énoncées dansleurs stratégies de réduction de la pauvreté etde développement à long terme1.Ce que l’Afrique doit faire pourréaliser cette visionCette vision ne sera pas facile à réaliser (Enca-dré 1). Plusieurs économies du continentdemeurent fragiles et l’infrastructure demeurepeu développée, ce qui entrave l’intégrationrégionale et réduit la compétitivité des entre-prises (Figure 2). De nombreuses économiesafricaines sont tributaires des matières pre-mières, leurs structures de production étant peudiversifiées. Les taux de pauvreté sont encorebeaucoup trop élevés. L’inégalité est également02468102022201920172015201320112009200720052003CroissanceduPIB(%)BRICAfrique05001 0001 5002 00020112009200720052003Nombredeprojetsd’IDEentièrementnouveauxChineIndeAfriqueBrésilRussieFigure 1 Côté positif – Le nombre de projets entièrement nouveaux financés par les IDE enAfrique est comparable à celui des différents pays BRIC . . . de même que la croissancede son PIB réelSource : CNUCED 2011 (gauche) ; BAD utilisant les données du FMI 2012 (droite).
  15. 15. La transformation de l’Afrique7Les principaux facteurs de changement, intérieurs etextérieurs, modifient le paysage de développement enAfrique, avec des conséquences profondes pour lecontinent et pour la Banque.Démographie. La population de l’Afrique est jeune ets’accroit, et un nombre de demandeurs d’emplois enaugmentation rapide doit être intégré dans le marchédu travail (figure ci-dessous). Le nombre de diplômés del’enseignement supérieur a triplé en Afrique subsaha-rienne de 1999 à 2009, et pourtant les jeunes repré-sentent 60 % environ des chômeurs de la région. Lestaux d’accroissement démographique sont encore plusélevés dans les villes, où vivrait 40 % de la populationde l’Afrique. D’ici 2030, les populations urbaines aug-menteront encore de 300 millions de personnes.Gouvernance. Les gouvernements et les organisationsrégionales et continentales ont pris la responsabilitéde régler les conflits et de renforcer les institutions,l’éthique de responsabilité et l’État de droit, favorisantainsi la stabilité économique. De même, de nombreuxpays mettent en œuvre des réformes en vue d’améliorerl’environnement des affaires.Sécurité hydrique. Les ressources en eau de l’Afriquesont abondantes, mais inégalement réparties dansle temps et dans l’espace – 5 % seulement des res-sources en eau disponibles du continent sont exploi-tées. Des investissements considérables dans le dé-veloppement et la gestion intégrés indispensables à lasécurité hydrique, alimentaire et énergétique durable envue d’une croissance verte et inclusive.Climat. La variabilité du climat et le changement cli-matique pèsent sur les infrastructures économiqueset sociales et la productivité des sols et menacent lesmoyens de subsistance des populations rurales, avecdes répercussions défavorables sur la sécurité hy-drique, alimentaire et énergétique.Financement du développement. Le paysage de l’aidea changé, avec de nouveaux partenaires et l’entrée deséconomies émergentes, non pas seulement en tant quepartenaires commerciaux et investisseurs, mais aussien tant que partenaires au développement. L’investis-sement privé augmente par rapport à l’aide, avec un re-cours accru au financement axé sur le marché. Davan-tage de pays financent leur développement avec leurspropres ressources, notamment les impôts et taxes, lesfonds envoyés par les migrants et les redevances ver-sées par les industries extractives.Évolution de la structure des échanges commerciaux etdes investissements. D’importantes modifications desflux d’échanges et de capitaux à destination et en pro-venance de l’Afrique changent la donne et les écono-mies émergentes, comme les BRIC, influent sur la crois-sance en Afrique.Science, technologies et innovation. L’Afrique peutmettre à profit la nouvelle infrastructure de communica-tion haut débit et la prolifération des services bancairesmobiles et d’autres applications sans fil pour sauterl’étape des méthodes anciennes et accélérer la crois-sance et la création d’emplois.Demande mondiale de ressources. La persistance de lasolide demande mondiale d’eau, d’énergie, de mineraiset de denrées agricoles offrira de nouvelles opportuni-tés de croissance, mais posera aussi des défis de tailleau plan des politiques et de la gestion des ressources.La population économiquement active augmenteEncadré 1 Facteurs de changementSource : Africa Progress Panel, Jobs, Justice and Equity: Seizing Opportunities in Times of Global Change, 2012, utilisant lesdonnées de la BAD.0 100 200 300 400 500 600 700 8002030202020102000Millions de personnesAfriquecentraleAfriquede l’EstAfriquedu NordAfriqueaustraleAfriquede l’Ouest51 % de lapopulation totale42 % de la population totale37 % de la population totale39 % de la population totale
  16. 16. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-20228Un élément essentielde la croissance ducontinent consistera àstimuler la productivitéagricole sur uneplateforme durablede sécurité hydriqueélevée : six des 10 pays les plus inégalitaires dela planète se trouvent en Afrique. Les récentescrises alimentaires mondiales et la lutte qui sepoursuit contre la faim dans certaines régionsdu continent, en particulier dans la Corne del’Afrique, mettent en évidence la nécessité d’uneplus grande sécurité alimentaire. L’Afrique doitaussi mobiliser davantage de son propre capi-tal – humain, naturel et financier – pour investirdans le développement futur.Pour relever de tels défis redoutables, il fau-dra un nouvel état d’esprit, consistant pour lesdirigeants et les peuples d’Afrique à assumerpleinement la responsabilité de leur développe-ment tout comme la Chine, l’Inde, la Républiquede Corée et Singapour l’ont fait. Et la commu-nauté internationale devra poursuivre son aidepour consolider les efforts et les ressources del’Afrique et mettre en place des États capables,dotés d’administrations publiques robustes.Un élément essentiel de la croissance ducontinent consistera à stimuler la productivitéagricole sur une plateforme durable de sécu-rité hydrique. L’Afrique est le seul continentoù la production de denrées alimentaires parhabitant a diminué au cours des 30 dernièresannées. Et le chômage doit être réduit demanière significative. En 2009, le taux de chô-mage était de 23,4 % en Afrique du Nord etde 12,1 % en Afrique subsaharienne2. Il faudraitdéployer des efforts importants et soutenuspour appuyer des programmes de protectionsociale productifs et accroître la participationdes femmes, des jeunes et des groupes défa-vorisés ou marginalisés. L’Afrique doit ainsirendre la croissance plus inclusive.L’Afrique doit aussi tirer parti des nom-breuses possibilités offertes par sa transitionprogressive vers la croissance verte, en ripos-tant aux défis du changement climatique eten réduisant l’empreinte écologique sur soncapital naturel, pour promouvoir le dévelop-pement. L’agenda vert consolide la trajectoiredu développement du continent et les effortsdéployés par les différents pays. Conscients dufait que la mise au vert de leurs économies créedes opportunités de croissance et de créationd’emplois, des précurseurs tels que l’Éthiopie,le Rwanda et l’Afrique du Sud montrent déjà lavoie à suivre.L’Afrique doit en outre redoubler d’effortsen vue d’édifier des États efficaces, résilients et012345678910IndicedeperceptiondelacorruptionBotswanaCap-VertMaurice RwandaDjiboutiSomalieSoudanSoudan du SudÉgypteLibyeTunisieTchadRép. centrafricaineRép. dém. du CongoBurundiComoresZimbabweCongoMaliTogoLiberiaSierra LeoneGuinée-BissauGuinéeCôte d’IvoireÉtats fragilesInstabilité récenteAutresFigure 2 Côte négatif – La fragilité est un sujet de préoccupation . . . et la plupart des pays africainsont une note inférieure à 5 (sur 10) sur l’Indice de perception de la corruption 2011 deTransparency InternationalSource : ONU et BAD 2012 (gauche) ; Transparency International 2011 (droite).
  17. 17. La transformation de l’Afrique9La consolidationdes communautéséconomiquesrégionales etd’autres partenariatsrégionaux facilitera laplanification régionaleet l’intégrationéconomiquecapables, fondés sur des institutions opération-nelles, qui ont un rôle de premier plan à jouerdans la croissance tirée par le secteur privé.Elle doit améliorer le climat d’investissement,évalué par la facilité de la pratique des affairespour tous les types d’entreprises – nationales,étrangères, des secteurs formel et informel.Elle doit lier le renforcement des compétenceset les systèmes d’éducation aux marchés dutravail. Et elle doit renforcer les mécanismesréglementaires, institutionnels et financiers, setraduisant par un État de droit plus efficace etla réduction de la corruption. Seuls des Étatsstables au plan politique peuvent promouvoirune plus grande inclusion, dans la mesure oùleurs citoyens ont davantage leur mot à diredans la prise de décision.Avec l’aide de l’Union africaine et des com-munautés économiques régionales, l’Afriquedoit adopter l’intégration, utiliser plus efficace-ment ses ressources humaines, consolider sesmarchés intérieurs et rendre l’utilisation des res-sources plus efficace grâce à des approchesrégionales. Le renforcement des infrastructuresde transport et de communications améliorera laconnectivité physique et virtuelle. La consolida-tion des communautés économiques régionaleset d’autres partenariats régionaux facilitera la pla-nification régionale et l’intégration économique,ce qui permettra aux biens et aux personnes defranchir plus aisément les frontières, créera desmarchés régionaux plus vastes et plus attrayantset stimulera le commerce intra-africain. Seulesdes communautés économiques régionalesayant des moyens d’action peuvent véritable-ment répondre aux besoins des populationsdiverses de l’Afrique.Pour réaliser la croissance durable, l’Afriquedoit développer et gérer durablement sesvastes ressources naturelles, l’eau jouant unrôle central dans l’agriculture, l’énergie, l’in-dustrie et les mines. Qu’ils soient riches eneau, en pétrole, en terres ou en minerais, lespays africains doivent instituer des cadres quiattirent les investissements et les compétencesnécessaires et mettre en place les structuresde gouvernance appropriées. Ils devraientfaire en sorte que des avantages substantielsreviennent aux populations locales et aux éco-nomies nationales, en préservant l’environne-ment et en fournissant les services sociaux debase.Si l’Afrique accomplit tout cela, elle peutdevenir le prochain marché mondial émergent.
  18. 18. 10Cette Stratégiepositionnera laBanque en tant quepartenaire de choix,catalyseur, conseiller,courtier du savoir etprincipale institutionde promotion dudéveloppementen AfriqueLa Banque tirera parti de ses réalisations et deses avantages comparatifs en tant qu’institutioncontinentale résiliente et digne de confianceavec un caractère africain unique et une noto-riété élevée. Au cours de la prochaine décen-nie, elle répondra aux nombreux changementsliés à l’environnement global de développementde l’Afrique. Grâce à une nouvelle orientation,cette Stratégie positionnera la Banque en tantque partenaire de choix, catalyseur, conseiller,courtier du savoir et principale institution depromotion du développement en Afrique.Orientations du Panel de hautniveau et enseignements tirés de laStratégie à moyen termeEn 2007, le Panel de haut niveau a défini les élé-ments fondamentaux de la Stratégie à moyenterme de la Banque pour la période 2008-2012.Il a aussi proposé un cadre incontournablepour les opérations de l’institution en Afriquesur le long terme3.Pour accompagner le développement del’Afrique, la Banque deviendra le porte-parolede l’Afrique sur la scène internationale, partici-pant à des partenariats stratégiques, avec unecapacité accrue à diffuser le savoir et à dirigerde nouvelles initiatives stratégiques. La sélecti-vité deviendra un facteur déterminant de l’effi-cacité de l’aide, un programme ambitieux met-tant l’accent sur la croissance et l’intégrationéconomique.La revue de 2011 de la Stratégie à moyenterme a montré que la sélectivité et l’accent missur les principaux domaines d’avantage com-paratif avaient été très utiles aux clients, maisqu’elle avait besoin d’un horizon de planifica-tion plus long et une stratégie à long terme. Lesprincipales priorités opérationnelles mises enévidence pour faire l’objet d’un appui continucomprenaient le développement du secteurprivé, l’intégration régionale, la gouvernance etle renforcement des compétences, l’infrastruc-ture étant identifiée comme un solide domained’avantage comparatif pour la Banque et unbon point d’entrée sectoriel pour l’obtentiondes résultats. D’autres objectifs prioritaires dela Banque consistaient à prendre en comptela dimension genre dans toutes les activités,amplifier les interventions dans les États fragileset aider l’Afrique à faire face au changement cli-matique et à l’insécurité alimentaire.Ces priorités opérationnelles et domainesd’intervention de base demeurent les principauxéléments de cette Stratégie. La nouveauté,après une année de consultations avec lesclients, bailleurs de fonds et bénéficiaires, résidedans l’adoption explicite de la croissance inclu-sive et de la transition vers la croissance vertecomme étant les deux objectifs de la Stratégie.La nouveauté consiste également à trouver desmoyens nouveaux et innovants de mobiliser desressources pour accompagner la transforma-tion de l’Afrique – et les nombreux moyens parlesquels la Banque travaillera différemment pourrationaliser ses processus opérationnels en vuede répondre avec plus d’efficacité et de flexibi-lité aux besoins des différents pays.Deux objectifs – croissance inclusiveet transition vers la croissance verteLa stratégie poursuivra deux objectifs visantà améliorer la qualité de la croissance enAfrique. Le premier objectif qui est fondamen-tal consiste à rendre la croissance inclusive enélargissant l’accès pour un plus grand nombrede personnes, de pays et de régions, tout enprotégeant les vulnérables.PARTIEdeuxL’approche stratégiquede la Banque
  19. 19. L’approche stratégique de la Banque11La Banque permettraaux pays membresafricains de mettreen place des filetsde sécurité pourréduire la vulnérabilitéet renforcerl’intégration desgroupes défavoriséset marginalisésLe second consiste à rendre la croissancedurable en aidant le continent à réaliser pro-gressivement la transition vers la croissanceverte. L’amélioration de la qualité de la crois-sance peut mettre l’Afrique sur la trajectoire dela transformation structurelle – le passage de laproduction de produits primaires à la fabricationde produits à valeur ajoutée et la prestation deservices. En appuyant cette quête, la Banquemaintiendra son orientation stratégique tout enrépondant aux nombreux défis nouveaux.Croissance inclusiveLa croissance inclusive comprend quatre élé-ments  : l’inclusion économique, l’inclusionsociale, l’inclusion spatiale et l’inclusion poli-tique. En dépit des augmentations du PIB aucours de la dernière décennie, la croissanceen Afrique a été étroitement concentrée dansquelques secteurs et zones géographiques.Elle n’a pas été assez inclusive, et n’a pas nonplus abouti à des réductions significatives dela pauvreté et de l’inégalité. C’est pourquoicette Stratégie de la Banque met l’accent surl’accès élargi aux opportunités économiquespour les Africains indépendamment des diffé-rences d’âge, de sexe et de situation géogra-phique4. Elle aidera les pays à éliminer les obs-tacles qui limitent la participation des femmeset des jeunes à l’économie et aidera les Étatsfragiles à mobiliser les ressources financières età acquérir les connaissances nécessaires pourmettre en place des institutions dotées descapacités requises. La Banque permettra auxpays membres africains de mettre en place desfilets de sécurité pour réduire la vulnérabilité etrenforcer l’intégration des groupes défavoriséset marginalisés. Ces filets de sécurité, qui s’ins-crivent dans le cadre d’un programme élargi deprotection sociale, s’attaqueront aux risques, àla vulnérabilité et à l’exclusion sociale auxquelsces groupes font généralement face.• Élargissement des opportunités écono-miques pour les femmes. Cet élargissementest important en soi et en tant qu’induc-teur de compétitivité, car les économiesqui exploitent l’énergie et les talents desfemmes réussiront mieux que celles qui nele font pas. Des études montrent que desrègles du jeu équitables pour les femmespeuvent stimuler la productivité, en parti-culier dans l’agriculture, et réduire les iné-galités5. La fourniture des services de baseallégera la tâche des femmes et leur per-mettra d’avoir plus de temps à consacrer àdes activités plus productives. La démar-ginalisation des femmes est aussi liée à demeilleurs résultats pour les enfants.• Élargissement des opportunités écono-miques pour les jeunes. Une grande majo-rité des jeunes en Afrique sont sans emploi.Ils représentent jusqu’à 60 % du chômagede la région6. Même lorsqu’ils travaillent, laplupart des jeunes occupent des emploisà faible productivité et de qualité médiocre,essentiellement dans l’économie informelle.D’après les estimations de l’Organisationinternationale du Travail, près de 90 % desemplois de la région se trouvent dans l’éco-nomie informelle. La productivité des jeunestravailleurs est entravée par leur manquede compétences techniques et entrepre-neuriales et l’absence d’informations sur lesemplois et les besoins du marché.• Élargissement des opportunités écono-miques pour les États fragiles. Les États fra-giles d’Afrique, avec une population de plusde 200 millions d’habitants, sont en proie àun ensemble de défis ardus : jusqu’à 80 %de cette population vit de l’agriculture desubsistance et plus de 50 % a un revenuinférieur à 1,25 dollar EU par jour. L’insuffi-sance des infrastructures diminuerait leurproductivité de 40 %. Leur cohésion socialelimitée, leurs faibles institutions et proces-sus de gouvernance et un niveau élevéde chômage, de pauvreté et d’inégalitépeuvent être sources d’insécurité et d’insta-bilité dans les pays voisins. Pour toutes cesraisons, les États fragiles doivent impérati-vement faire l’objet d’une grande attention.• Accompagner les pays dans la mise en placedes programmes de protection sociale.Les programmes de protection sociale
  20. 20. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-202212En renforçant lasécurité alimentaireet en réduisant lestress hydrique,une croissance plusverte peut améliorerles moyens desubsistance desmillions d’Africainssont inextricablement liés à l’inclusion età la réduction de la pauvreté des groupesles plus vulnérables et les plus défavori-sés. Ils atténuent les chocs économiqueset sociaux, contribuant ainsi à intégrer lesexclus et les vulnérables aux processus per-mettant de bénéficier des avantages desopportunités économiques élargies.Afin d’améliorer la transparence, la respon-sabilisation et l’établissement de rapports, laBanque élaborera un indice pour mesurer etsuivre les progrès en matière de croissanceinclusive en Afrique.La transition vers la croissance verteL’empreinte écologique de l’Afrique a aug-menté de 240 % entre 1961 et 2008 – résul-tat de l’accroissement des populations et de laprogression de la consommation par habitant.Certaines des dégradations de l’environne-ment qui en résultent sont visibles (Figure 3). Àl’avenir, et en supposant que les contraintes deressources ne limitent pas la croissance, l’em-preinte écologique de l’Afrique devrait doubler àl’horizon 2040. En juillet 2011 à Malabo (Guinéeéquatoriale), les Chefs d’État et de gouverne-ment de l’Union africaine ont exhorté les Étatsmembres à s’assurer que l’intérêt porté parl’Afrique aux questions d’économie verte dansle contexte du développement durable, de l’éra-dication de la pauvreté et des cadres institution-nels pour le développement durable soit définiet pris en compte à la Conférence des NationsUnies sur le développement durable de 2012(Rio+20). Ils ont en outre exhorté la Banque, etd’autres partenaires, à soutenir cette position.Rio+20 a mis en évidence les différents modesde développement à la disposition de chaquepays, conformément aux circonstances et prio-rités nationales, pour réaliser le développementdurable. Il a défini la croissance verte non pascomme une fin en soi, mais comme une voieimportante vers le développement durable etla création de richesse dans le contexte de lacroissance inclusive.L’intérêt que porte l’Afrique à la transitionvers une économie verte se manifeste clai-rement dans l’appui que ses dirigeants ontapporté à la participation à cette conférence. Eten juillet 2011 à Addis-Abeba, le Sommet desChefs d’État et de gouvernement de l’Unionafricaine a demandé à la Banque et à d’autrespartenaires de continuer à œuvrer avec les paysà la mise en œuvre des résultats de Rio+20.Les dirigeants africains ont pris acte desefforts déployés par plusieurs pays africains en1963 2001NigerTchadNigériaCamerounNigerTchadNigériaCamerounEau Ancien rivage VégétationFigure 3 L’assèchement du Lac TchadSource: Philippe Rekacewicz, UNEP/GRID-Arendal.
  21. 21. L’approche stratégique de la Banque13En appuyant latransition vers lacroissance verte, laBanque adapterases interventionsaux circonstancesspécifiques despays africainsvue de déterminer les opportunités et les enjeuxde la transition progressive vers une écono-mie verte. En renforçant la sécurité alimentaireet en réduisant le stress hydrique, une crois-sance plus verte peut améliorer les moyensde subsistance des millions d’Africains. En fait,réaliser la transition vers une économie verteconsiste à créer des emplois et non pas à leslimiter. Elle peut aussi atténuer la pression surles ressources naturelles grâce à la gestion desrisques environnementaux et sociaux et éco-nomiques. Il s’agit donc de maintenir le capitalnaturel, non pas simplement gérer l’utilisationde l’eau, du gaz, du pétrole et du charbon.Mais la croissance verte ne sera réalisée sur lecontinent qu’à travers une transition progres-sive, adaptée aux circonstances nationales,appuyant les stratégies nationales de dévelop-pement et fournissant des options de politiquesans devenir un obstacle à l’investissement.La Déclaration consensuelle africaine noteque la transition vers la croissance verte néces-sitera davantage d’investissement, un accèsplus large aux technologies vertes et un renfor-cement considérable des capacités. La Banquefera par conséquent preuve de proactivité dansla mobilisation de ressources supplémentairesauprès de la communauté internationale pourcompléter les ressources nationales et s’assu-rer que les investissements dans la croissanceverte ne se traduisent pas par de nouvellesconditionnalités.La croissance verte en Afrique signifie lapromotion et l’optimisation des opportunitésoffertes par la croissance économique, par lebiais des mesures suivantes :• Renforcement de la résilience. Les popu-lations et les économies africaines doiventdevenir plus résilientes face aux chocs,qu’ils soient déclenchés par des évé-nements environnementaux ou socio-économiques. À cet effet, il faudra identifierdes mesures d’adaptation et d’atténuationpour réduire les risques climatiques, éco-nomiques et sociaux et éviter les pertes devies, de revenus et de biens de production.Les options consistent notamment à mettreen place des infrastructures à l’épreuve duclimat, à élaborer des programmes d’as-surance plus solides, à créer des dispo-sitifs de protection efficaces et à gérer lesrisques pour faire face à l’instabilité des prix.• Gestion efficace et durable des ressourcesnaturelles. L’Afrique peut utiliser ses abon-dantes richesses en eau, forêts et mineraispour promouvoir la croissance tout en pré-servant sa biodiversité et ses écosystèmes.L’innovation dans les technologies vertesoffre de nouvelles possibilités de croissanceet d’emplois productifs.• Promotion des infrastructures durables.L’Afrique peut développer des systèmes detransport compatibles avec les préoccu-pations environnementales. Elle doit aussimettre en place des infrastructures inté-grées de l’eau pour appuyer l’agriculture,l’énergie, le transport et l’industrie et pourpromouvoir la santé et l’hygiène. Et face àl’urbanisation croissante, elle peut réduire lapollution, améliorer la prestation de servicesde base et bâtir des villes durables pourlimiter les risques de catastrophe. Elle peutaussi déployer davantage d’efforts pouraméliorer sa sécurité hydrique et énergé-tique en exploitant l’énergie éolienne, solaireet hydraulique.En appuyant la transition vers la croissanceverte, la Banque adaptera ses interventions auxcirconstances spécifiques des pays africains etsaisira l’occasion pour aider les pays à atténuerla pression qui s’exerce sur leur capital naturel.Tout en limitant les conséquences environne-mentales et sociales négatives de ses opéra-tions conformément aux politiques de sauve-garde de la Banque, elle cherchera à tirer partides opportunités compatibles avec les prioritésnationales et la croissance inclusive. Mais, unefois encore, elle n’imposera pas de condition-nalité verte dans son portefeuille.Priorités opérationnelles de baseLes interventions de la Banque appuierontles deux objectifs de croissance inclusive etde transition vers la croissance verte, afin de
  22. 22. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-202214réaliser la vision de l’Afrique qui consiste à deve-nir un continent stable, intégré et prospère. LaBanque améliorera la qualité de la croissancesur le continent en limitant son engagement àcinq priorités opérationnelles de base.• Développement des infrastructures. LaBanque investira dans l’infrastructure quilibère le potentiel de croissance et de déve-loppement du secteur privé, encouragel’ajout de valeur et la transformation struc-turelle, améliore la productivité agricole et lasécurité alimentaire et consolide la partici-pation communautaire. Le développementdes infrastructures présente les plus grandsavantages pour les États fragiles et il a unimpact sur les chances des jeunes et desfemmes.• Intégration régionale. La Banque optimiserason appui financier en utilisant son savoir etson pouvoir fédérateur pour aider les paysà mobiliser des ressources supplémen-taires, soit intérieures soit extérieures, etpar le biais de partenariats public-privé, lecas échéant. Les bassins hydrographiquestransfrontaliers de l’Afrique offrent uneopportunité unique de faciliter l’intégrationrégionale. La Banque appuiera les bassinstransfrontaliers et les organisations de bas-sins en vue de promouvoir la coopérationet d’améliorer l’intégration à travers l’Afrique.• Développement du secteur privé. LaBanque renforcera l’aide aux microentre-prises et aux petites et moyennes entre-prises ainsi qu’aux entreprises sociales7, entant que moteurs de création d’emplois etd’inclusion.• Gouvernance et responsabilité. La Banqueappuiera le développement d’  «  Étatscapables » fondés sur des institutions effi-caces, de la bonne gouvernance et de laréglementation propice à la croissance éco-nomique, portant plus particulièrement surles droits de propriété, l’accès égal à la jus-tice effective et la participation accrue à laprise de décision.• Qualifications et technologies. La Banqueinvestira dans les qualifications aux fins decompétitivité et veillera à ce que les quali-fications soient plus adaptées aux oppor-tunités et aux demandes des marchés dutravail.La Banque n’interviendra que dans les sec-teurs où elle a un avantage comparatif avéré.Développement des infrastructuresLa Banque continuera de réduire les insuffi-sances considérables de l’Afrique en matièred’infrastructures. L’insuffisance des infrastruc-tures d’eau et d’assainissement coûte àl’Afrique l’équivalent de 5 % du PIB. Les coûtsélevés du transport ajoutent 75 % au prix desmarchandises africaines et près de 30 pays ontdes pannes d’électricité chroniques. L’élimina-tion de ces carences pourrait ajouter 2 pointsde pourcentage à la croissance annuelle du PIBde l’Afrique.Depuis 2008, la Banque a contribué àla construction et à la remise en état de25 000 kilomètres de routes principales et depistes de desserte, reliant les zones rurales àdes corridors de transport et des marchés, etprofitant à plus de 10 millions de personnes.Elle a aussi contribué à l’expansion de la pro-duction d’électricité de 3 000 mégawatts et à laconstruction, la remise en état et l’installation de15 000 kilomètres de lignes de transport et dedistribution, au profit de plus de 13 millions depersonnes. Et elle a contribué à l’accroissementde l’accès à l’eau potable au moyen de 24 000puits, forages et installations sanitaires, au profitde plus de 12 millions d’Africains. Elle a appuyéle développement d’infrastructures polyvalentesde stockage d’eau et de réseaux d’irrigation afind’améliorer la productivité agricole, produire del’énergie et réduire les inondations et les séche-resses. Et elle a facilité la coopération dansles bassins transfrontaliers. Ces améliorationsdépassent les limites sectorielles en favorisantl’intégration régionale, le développement dusecteur privé et en améliorant la gouvernancedans les États fragiles, autant de facteurs contri-buant directement à la croissance inclusive.
  23. 23. L’approche stratégique de la Banque15La Banque utiliseraune proportionnotable deses nouveauxengagements en faveurdu développementde l’infrastructureL’Afrique a besoin de près de 100  mil-liards de dollars EU pour satisfaire ses besoinsannuels d’investissement dans l’infrastructure,alors que les investissements réalisés à cejour ne représentent que la moitié environ dece montant. Comme l’a noté le Panel de hautniveau, « Le rôle de la Banque dans le sec-teur de l’infrastructure doit être considéré ausens plus large comme une action visant àfaciliter l’essor de la productivité et de la crois-sance, qui contribue directement à l’obtentionde résultats dans d’autres secteurs  ». Uneroute devient l’espace de marché sur lequelles populations rurales vendent leurs biens etgagnent un revenu, ce qui stimule le commerceintrarégional et réduit les inégalités spatialesnon seulement entre les pays mais aussi à l’in-térieur des frontières nationales. L’électrificationrurale crée des emplois et renforce la sécuritéénergétique, réduisant la pauvreté rurale. Lesinfrastructures mises en place pour appuyer leschaînes de valeur agricoles améliorent la sécu-rité alimentaire.Cette Stratégie vise à augmenter sensible-ment les investissements dans l’infrastructure,en vue d’améliorer la productivité et la com-pétitivité, d’approfondir l’intégration physique,économique et sociale, de créer des opportu-nités et de promouvoir l’inclusion, ainsi que decontribuer à une transformation économiquedurable.La Banque utilisera une proportion notablede ses nouveaux engagements en faveur dudéveloppement de l’infrastructure pour amé-liorer le transport et les chaînes de logistique,répondre à la demande croissante d’énergie,renforcer le développement des ressources eneau et accroître les télécommunications hautdébit. Elle aidera à gérer la croissance urbaineet à développer des systèmes d’infrastruc-ture urbaine durables, plus particulièrement letransport urbain et l’eau, l’assainissement et lagestion des déchets urbains. En plus de l’in-frastructure physique, la Banque appuiera lesréformes des politiques, des institutions et desréglementations, en vue de promouvoir la par-ticipation privée et d’améliorer l’efficacité et laviabilité des investissements dans l’infrastruc-ture. Et pour conserver son rôle de chef de filedans des initiatives d’infrastructure continen-tales, telles que le Nouveau partenariat pour ledéveloppement de l’Afrique et le Consortiumpour l’infrastructure en Afrique, la Banque ren-forcera ses capacités d’analyse et de conseildans le domaine de l’infrastructure.Intégration régionaleCompte tenu de l’existence d’une multitudede petites économies africaines, l’intégrationrégionale est indispensable pour permettre aucontinent de réaliser son potentiel de crois-sance durable et inclusive, participer à l’éco-nomie mondiale et profiter des avantages d’unmarché mondial de plus en plus interconnecté.Depuis 2009, la Banque a financé plus de 70opérations multinationales pour un total de3,8 milliards de dollars EU, donnant lieu à laconstruction de 467 kilomètres de routes trans-frontalières et la construction et la rénovationde 776 kilomètres de lignes de transport trans-frontalières. Elle a accompagné la réforme et lamodernisation des douanes, le renforcement etle développement de postes-frontière à guichetunique, la mise en œuvre d’accords de facili-tation du commerce à l’Organisation mondialedu commerce et le développement de servicesde logistique. Ces interventions ont permis unecroissance appréciable du commerce intra-afri-cain, qui a plus que doublé, passant de 47 mil-liards de dollars EU en 2005 à 108 milliardsde dollars EU en 2011. De même, la part del’Afrique du commerce mondial s’est améliorée,passant de 2,5 % en 2005 à 3,1 % en 2011.La Banque est bien placée pour promou-voir l’intégration économique de l’Afrique, envue de créer des marchés plus vastes et plusattrayants, de relier les pays enclavés aux mar-chés internationaux et d’appuyer le commerceintra-africain. Étant donné que l’infrastructurejoue un rôle déterminant pour le commerce,la Banque adoptera une approche intégrée auplan régional en matière de développement de
  24. 24. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-202216La Banque estbien placéepour promouvoirl’intégrationéconomique del’Afrique, en vue decréer des marchésplus vastes et plusattrayants, de relierles pays enclavés auxmarchés internationauxet d’appuyer lecommerce intra-africainl’infrastructure. L’Afrique compte environ 80bassins hydrographiques transfrontaliers, quioffrent des possibilités considérables de pro-motion de la coopération entre États riverainsen vue d’exploiter conjointement de grandesinfrastructures, de partager équitablement lesavantages et de promouvoir la paix et le déve-loppement. Les routes, les ports, les lignesde transport et les TIC joueront un rôle crucialdans ce processus. Les investissements natio-naux dans l’infrastructure seront des élémentsessentiels pour le développement de l’in-frastructure régionale, qui permettra à l’Afriquede mettre en place des grands marchés reliéset compétitifs pour remplacer les marchésactuels qui sont étriqués, isolés et inefficaces(Encadré 2).L’Afrique doit aussi s’intéresser aux aspects«  immatériels  » de l’intégration régionale.D’après l’Organisation mondiale du commerce,la valeur des exportations africaines a aug-menté de 11,3 % par an entre 2000 et 2009,contre une moyenne mondiale de 7,6 %8. Mais12 % seulement de ce commerce est intraré-gional, soit le niveau le plus faible au monde.Pour permettre d’écouler les marchandises etd’obtenir des résultats, les pays doivent simpli-fier et harmoniser les procédures et réglemen-tations commerciales et douanières complexeset fastidieuses, rationaliser les règles d’originerestrictives et éliminer la corruption et d’autresobstacles informels au commerce.À travers les États fragiles et à traversle continent, l’intégration régionale relie lespopulations de l’Afrique et leur permet de tra-verser les frontières et d’explorer les possibilitéscommerciales et les marchés. La Banque favo-risera les cadres juridiques et réglementairesqui facilitent la circulation de la main-d’œuvreet des capitaux, en inscrivant ses interventionsdans une perspective régionaliste. En plus dudialogue sur les politiques, elle investira dansles postes-frontière à guichet unique et les ser-vices nationaux d’immigration dotés d’agentsbien formés et motivés. La Banque aideraégalement les Africains à acquérir les compé-tences nécessaires pour tirer parti d’économiesplus intégrées.La Banque aidera les gouvernements etles institutions régionales à veiller à ce que lesprojets d’infrastructure soient intégrés et inclu-sifs, en donnant accès aux zones rurales etaux foyers pauvres, en créant des liens avecles microentreprises et les petites et moyennesentreprises, en augmentant la part des tra-vailleurs locaux qualifiés et en transférant lessavoirs aux entreprises et autorités locales. LaBanque les aidera également à faire en sorteque les projets soient viables et élaborés à tra-vers un processus consultatif tenant comptedes normes environnementales et socialesinternationales. Et pour élaborer davantage deprojets d’infrastructure « bancables », elle aug-mentera ses concours financiers pour la prépa-ration de projets régionaux. Ces initiatives pré-sentées plus en détail dans le nouveau Cadred’intégration régionale de la Banque aiderontles pays à stimuler leur commerce en Afrique.Investie d’un mandat précis de l’Union africaine, laBanque contribuera à diriger le Programme de déve-loppement des infrastructures en Afrique (PIDA), uneinitiative de portée continentale. Adopté par les Chefsd’État africains en janvier 2012, le PIDA canalise les ef-forts déployés par l’Afrique en vue de développer lesprincipales infrastructures régionales. La réussite deces efforts passe par l’engagement et la responsa-bilisation au plus haut niveau des gouvernements ducontinent, ainsi que par le leadership financier au plannational et régional. La responsabilité de la préparationde projets « susceptibles de bénéficier d’un concoursfinancier » et de la promotion de leur mise en œuvreincombe aux communautés économiques régionales,aux mécanismes de préparation de projets et aux or-ganismes d’exécution. Mais ce sont les gouverne-ments nationaux (appuyés par des institutions commela Banque) qui contrôleront l’environnement réglemen-taire et juridique pour attirer les concours financiersnécessaires.Encadré 2 Des infrastructures pour intégrer la région
  25. 25. L’approche stratégique de la Banque17La croissance enAfrique sera tirée parle secteur privé, enétroit partenariat avecle secteur publicDéveloppement du secteur privéLes membres de la Banque considèrent le sec-teur privé comme le principal moteur de crois-sance et de création d’emplois. De ce fait, laBanque aidera l’Afrique à renforcer considéra-blement l’investissement national et étranger etelle encouragera les entreprises et entrepre-neurs africains, en appuyant l’instauration d’unclimat propice et en fournissant un éventail deservices financiers et non financiers.Il est généralement convenu que la croissanceen Afrique sera tirée par le secteur privé, enétroit partenariat avec le secteur public. Le sec-teur privé en Afrique contribue près de 80 % duPIB du continent et crée environ 90 % de tousles emplois. Les microentreprises et les petiteset moyennes entreprises, dont 65 % sont infor-melles, créent 70 à 80 % des emplois et contri-buent à hauteur de 30 à 35 % au PIB. Mais il ya un chainon manquant, car les entreprises detaille moyenne n’emploient que 20 à 30 % dela main-d’œuvre. Et les microentreprises et lespetites entreprises, qui constituent la base dela pyramide, opèrent en dehors de l’économieformelle, ce qui entrave leur accès à la finance,aux marchés et aux services, et partant leurcapacité à se développer et à créer de la valeuret des emplois.Au cours des cinq dernières années, laBanque est devenue un partenaire et un faci-litateur de l’investissement privé en Afrique, etelle continuera à jouer ce rôle. De 2009 à 2011,elle a investi dans le secteur privé plus de 5 mil-liards de dollars EU, dont 61 % dans les pays àfaible revenu, se traduisant par des économiesde devises de 2,8 milliards de dollars EU et desrecettes publiques de 1,9  milliard de dollarsEU. Avec un effet multiplicateur catalytique de5 à 7, ces investissements devraient permettrede mobiliser plus de 30 milliards de dollars EUd’investissements auprès d’autres sources.Pour accompagner le développement despetites et moyennes entreprises au Kenya, auCameroun et en République démocratique duCongo, la Banque en a aidé au moins 200 000à obtenir des prêts de montant modeste pourfinancer les activités dans le secteur informel.Ces investissements ont produit 650 millionsde dollars EU de nouveaux chiffres d’affaires etcréé ou permis de conserver près de 350 000nouveaux emplois.Les services de conseil et l’appui institution-nel au niveau des politiques et des projets sontdes facteurs essentiels de développement dusecteur privé, et la Banque appuiera les initia-tives en cours au plan continental visant à amé-liorer le climat des affaires. Elle mettra l’accentsur les instruments financiers novateurs avecde solides caractéristiques d’amélioration ducrédit, telles que les garanties et autres instru-ments de réduction du risque. Elle renforcerases activités de syndication et de mobilisa-tion des ressources, auprès de sources tantpubliques que privées. Elle exploitera les pos-sibilités et les approches intégrées de cofinan-cement grâce à une plus grande collaborationinterne entre les départements sectoriels. Afinde catalyser de nouveaux investissements endehors de son enveloppe de ressources pourun pays, la Banque appliquera le principe dedéveloppement intégré de l’infrastructure quicombine les ressources concessionnelles avecle financement non souverain garanti. Elle utili-sera, le cas échéant, son savoir et ses solutionsde financement pour appuyer des initiatives etdes institutions privées et exploitées à des finscommerciales, afin que ses opérations encou-ragent les opérateurs commerciaux, plutôt quede les évincer.La Banque appuie également l’entrepriseprivée par le biais de ses investissements etde son soutien institutionnel. En investissantdans l’infrastructure, le développement descompétences et la mise en place d’un environ-nement porteur, la Banque contribuera à créerun climat favorable aux affaires. En fournissantun soutien institutionnel, elle aidera les gou-vernements à renforcer la qualité et l’efficacitédes services administratifs aux entreprises. LaBanque appuiera aussi les liens de la chaînede valeur et les groupes d’entreprises, plusparticulièrement dans l’agro-industrie et les
  26. 26. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-202218industries extractives. Elle fournira des finan-cements sous forme de fonds propres et dedette par le biais des fonds multipays de capi-tal-investissement pour injecter des ressourcesà long terme. Sur une base limitée, elle finan-cera directement des moyennes entreprises,notamment dans les États fragiles et les pays àfaible revenu. Et elle déploiera des instrumentsde mutualisation de risques à travers des inter-médiaires financiers tels que les banques com-merciales, les institutions de microfinance et lesinstitutions nationales et régionales de finance-ment du développement.Le secteur financier formel de l’Afriquese trouve à ses premiers stades de dévelop-pement. Il se heurte à des difficultés liées àl’échelle, l’instabilité, la liquidité à long terme etl’impression négative du risque de la part descontreparties mondiales. Pour approfondir etélargir les marchés financiers et de capitaux,la Banque appuiera des initiatives visant àencourager la création d’un ensemble d’insti-tutions et de services financiers (par exemple,les fonds de capital-risque, le crédit-bail, etc.),le développement de nouveaux mécanismesde réglementation en étroite coordination avecd’autres institutions financières internationales,notamment dans le domaine de la réglemen-tation transfrontalière, et le développementdes instruments financiers (par exemple, lesobligations, les actions, les garanties) pouvantmobiliser le financement à terme et des pro-grammes visant à augmenter les emprunts enmonnaie nationale pour financer des projetsdu secteur privé. Elle soutiendra des initiativesdestinées à améliorer l’« infrastructure finan-cière » de l’Afrique, notamment les registresdes garanties, les centrales de crédit, lesnotations de crédit et les systèmes de paie-ment et de règlement, autant de mécanismeset dispositions qui sont tous nécessaires à lapromotion de la stabilité financière et au fonc-tionnement efficace de marchés financiersintégrés modernes. Un secteur financier sain,efficace et stable demeure la pièce maîtressed’une stratégie de développement tiré par lesecteur privé.Les entreprises africaines ont besoin decrédit commercial abordable. En réponse àl’effondrement du financement commercialdepuis la crise financière mondiale, la Banquea piloté une initiative sur ce type de finance-ment. Ses enseignements, et ceux d’autresinstitutions multilatérales qui ont des initiativessimilaires, ont enrichi un programme opéra-tionnel de financement du commerce privilé-giant l’agriculture, les petites entreprises et lesmarchés à risque élevé en tant que principauxbénéficiaires.Cette approche multiforme en matière definancement et de contribution au renforce-ment des capacités financières locales jouitd’un large soutien, mais des voix s’élèvent pourdemander à la Banque de faire plus, en particu-lier pour aider les microentreprises et les petiteset moyennes entreprises. Les entreprises àvocation sociale – en tant qu’initiative recon-nue favorisant l’inclusion, le développement dusecteur privé, l’innovation sociale et l’entrepre-neuriat – peuvent être combinées à la micro-finance pour renforcer son efficacité, l’impactsur le développement et la viabilité. Ces entre-prises représentent de nouveaux domainesporteurs que l’on peut piloter pour obtenir deseffets d’entrainement permettant d’accroitrela prestation des services de base et des ser-vices d’écosystème qui font cruellement défaut.Les entrepreneurs sociaux ont déjà fait leurspreuves en tant que nouveaux fournisseursdans les domaines de la microfinance, de l’édu-cation, de la santé, de l’eau potable, de l’éner-gie et d’autres besoins sociaux, essentiellementaux communautés défavorisées, notammentles femmes et les jeunes. Mais l’octroi effi-cace de prêts directs aux microentreprises etaux petites et moyennes entreprises nécessitedes ressources humaines spécialisées et unesolide présence locale. Il nécessite égalementune appétence pour le risque et des processusnon compatibles avec les politiques de crédit etde vérification préalable actuelles de la Banque.De ce fait, la Banque envisagera d’autresoptions pour financer ou appuyer davantagede telles entreprises, ainsi que les initiativesEn investissant dansl’infrastructure, ledéveloppementdes compétenceset la mise en placed’un environnementporteur, la Banquecontribuera à créerun climat favorableaux affaires
  27. 27. L’approche stratégique de la Banque19qui consolident l’inclusion financière, com-plétées par des initiatives visant à fournir desgaranties et des mécanismes d’assurance, telsque le Fonds africain de garantie. La Banqueétudiera également les initiatives connexes quiaméliorent l’inclusion financière. Dans cetteperspective, elle mettra à profit cette opportu-nité pour accompagner les activités de micro-finance et renforcer l’appui qu’elle accorde auxentreprises à vocation sociale dans le contextede la croissance inclusive, du développementdu secteur privé et du financement innovant dudéveloppement.La constitution d’un pool de ressourcespour financer des études économiques et sec-torielles et des services d’assistance techniquespécifiques permettra de réaliser des opéra-tions de savoir. La Stratégie de développementdu secteur privé la guidera dans la réalisation detous ces objectifs, y compris dans la manièredont la Banque entend mettre en œuvre sonéventail de services financiers et non financiers.Gouvernance et responsabilitéLes gains soutenus en matière de gouvernanceamélioreront l’aptitude de l’« État capable » àassurer la qualité de la croissance. La Banque,de concert avec d’autres bailleurs de fonds,appuiera les initiatives qui renforcent la respon-sabilité pour la prestation des services essen-tiels et aidera les pays à mieux gérer leursressources naturelles pour financer une plusgrande diversification, la compétitivité et l’em-ploi productif.De 2008 à 2011, la Banque a consacré à desopérations de gouvernance plus de 22 % deses ressources en vue de renforcer la capacitéet l’aptitude des institutions d’État. Ce niveaude ressources était supérieur à l’objectif de laStratégie à moyen terme, et les investissementsdans la gouvernance devraient se poursuivreau cours des prochaines années. Les straté-gies de la Banque par pays et par région serontaxées sur l’amélioration de la gouvernance etde la responsabilité. L’évaluation récente desclients a indiqué que la Banque a un rôle depremier plan à jouer dans ce domaine, consis-tant en particulier à aider les pays membresrégionaux à renforcer les capacités des orga-nismes gouvernementaux et d’autres institu-tions de promotion de la voix citoyenne et de laresponsabilité.Dans les 14 pays où la Banque a investipour renforcer les systèmes de recettespubliques, les recettes fiscales en proportiondu PIB ont augmenté de 10,5 % à 14,7 %, alorsque les taux d’imposition des entreprises dimi-nuaient de 93,6 % des bénéfices commerciauxà 53,9 %. Dans les 24 pays où la Banque aappuyé les réformes de la gestion des financespubliques, l’indice moyen d’évaluation des poli-tiques et des institutions nationales en ce quiconcerne la qualité de la gestion budgétaire etfinancière est passé de 3,22 sur 6 en 2005 à3,78 en 2011, dénotant des budgets plus cré-dibles et une capacité améliorée à orienter lesressources vers les programmes de dévelop-pement et les services de base. Dans les 18pays où la Banque a accompagné les réformesdu secteur privé, le temps requis pour créerune entreprise a diminué de 43 jours en 2005à 23 en 2011, l’investissement direct étrangernet a augmenté, passant de 4 % du PIB à 6 %.En tant qu’institution africaine crédible surtout le continent, la Banque appuiera les initia-tives africaines visant à suivre la transparenceet la bonne gouvernance, et sera plus impli-quée dans le Mécanisme africain d’évaluationpar les pairs. Elle soutiendra les initiatives descitoyens qui tiennent les gouvernements etles prestataires de services comptables d’unemeilleure prestation. Elle s’emploiera à renfor-cer la capacité et l’influence des parlemen-taires, en particulier pour les comités chargésdes comptes publics et des budgets. Elle enfera de même pour les organisations de l’Étatet de la société civile qui se consacrent à lalutte contre la corruption, à la transparencedans les industries extractives et à la responsa-bilité en matière de dépenses publiques et deprestation de services. Au titre de son action derenforcement des capacités, la Banque aidera
  28. 28. Au centre de la transformation de l’Afrique Stratégie pour la période 2013-202220Au titre de sastratégie de croissanceinclusive, la Banquerenforcera les activitésde promotion de lagouvernance pour lesindustries extractiveset l’investissementdans les infrastructuresconnexesles pays membres régionaux à consolider leurcapacité de gestion de la dette, pour leur per-mettre d’élaborer, adopter et mettre en œuvreles politiques d’emprunt prudentes, visantà garantir la viabilité à long terme de la dettepublique.La gestion des finances publiques continuede poser un défi de taille pour de nombreuxpays membres régionaux, et la Banque peutjouer un rôle utile dans le domaine de la passa-tion des marchés et de l’audit, plus particulière-ment dans les États fragiles où d’autres dona-teurs ont du mal à fournir des financementsprévisibles. La Banque coordonnera son aideavec celle d’autres donateurs, pour garantir uneapproche intégrée sans faire double emploi.Elle élargira son approche en matière de ges-tion des finances publiques, pour s’intéresseraux domaines suivants :• Gouvernance sous l’angle de la demande.La Banque s’attachera davantage à renfor-cer les moyens des acteurs non étatiquespour leur permettre de participer aux méca-nismes de responsabilisation.• Décentralisation des finances publiques.Afin d’améliorer la gouvernance locale, laBanque appuiera la demande croissante degestion renforcée des finances publiquesau niveau infranational.• Mobilisation des ressources intérieures. LaBanque aidera les gouvernements à mobi-liser davantage de ressources intérieures età développer des systèmes sains de ges-tion des finances publiques.Au titre de sa stratégie de croissance inclu-sive, la Banque renforcera les activités de pro-motion de la gouvernance pour les industriesextractives (mines, eau et foresterie) et l’inves-tissement dans les infrastructures connexes(eau, énergie, routes et transport). Pour conseil-ler davantage les industries extractives enmatière de contrats, de valeur ajoutée localeet d’utilisation durable des flux de ressources,il faudra introduire des réformes au plan despolitiques et des institutions et renforcer lagestion environnementale et sociale. Il faudraégalement des partenariats et l’engagementstratégique avec la société civile, le secteurprivé et les institutions régionales et internatio-nales en vue d’améliorer la gouvernance desressources naturelles.Afin de soutenir la transparence dans lagestion des ressources naturelles, des contratséquitables et la responsabilité, la Banque ren-forcera la capacité et la portée de la Facilitéafricaine de soutien juridique. L’Initiative pourla transparence dans les industries extractivesreprésente une première mesure utile, mais ilfaudrait consolider les cadres réglementaireset la capacité de négociation des contrats pourfaire en sorte que cette génération et les géné-rations futures jouissent d’avantages durablesprocurés par la vaste base de ressources ducontinent.Le nouveau cadre de promotion de la gou-vernance de la Banque indique la manière dontelle accompagnera les efforts de l’Afrique pouraméliorer la gouvernance et utiliser les res-sources à des fins de développement inclusif.Qualifications et technologiesPour promouvoir la croissance inclusive, laBanque aidera la jeunesse africaine à renforcerles compétences afin de trouver des emplois.À l’horizon 2020, 250 millions d’Africains serontâgés de 15 à 24 ans : le défi auquel l’Afrique estconfrontée ne consiste pas seulement à créerdes emplois assez rapidement pour faire face àcet accroissement démographique, mais aussià doter chacun de compétences nécessairespour faire partie de la main-d’œuvre productive.Il existe un décalage entre les compétencesproduites par le système d’éducation et cellesqui sont recherchées par le secteur privé. Laqualité de l’éducation laisse souvent à désirer :les aptitudes de lecture et de calcul des élèvesafricains sont les plus faibles au monde. Afinde répondre aux demandes en évolution rapidedes économies africaines, le système d’éduca-tion doit renforcer les compétences dans lesprofessions classiques (enseignants, infirmierset juristes, par exemple) et dans les sciences,

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