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Springsteen se produisait à Berlin-Est ...
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Bien évidemment, tout au long de ces 
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« Raval est un territoire socialement responsable. 
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Bruxelles : les « Quartiers 
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L’idée de « Quartiers durables citoyens » ? Impliquer les habitants et u...
communication et un soutien financier pour 
lancer des projets et financer de l’expertise 
dans les domaines qui les intér...
Tot Raval : renforcer 
la cohésion sociale d’un 
quartier de Barcelone 
L’association Tot Raval porte de nombreux projets ...
Qualité de vie 
Entre autres actions, l’amélioration de la qualité 
de vie des enfants et adolescents de Raval et 
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Le Zeybu solidaire 
Des habitants d’un quartier d’Eybens, près de Grenoble, ont créé une association 
où le lien social, l...
Ces produits issus du don des producteurs 
sont achetés par les adhérents qui le 
souhaitent, en surcroît de leur commande...
Un musée d’un nouveau genre 
pour les habitants 
du Haut-Adige 
Le « Musée ouvert sur la cité » est une démarche participa...
Il s’agit d’un concept de musée élargi, qui 
inclut les espaces publics promouvant la 
citoyenneté active, ce que l’on peu...
Jardiner pour 
la bonne cause à Porto 
Habitants et organisations locales participent à une démarche à la fois 
­novatrice...
Les personnes engagées dans le pro-gramme 
de jardins collectifs peuvent ainsi 
bénéficier de l’assistance d’experts en 
j...
Quand la solidarité avec les 
Roms aboutit à des initiatives 
de développement 
Suite à l’expulsion de 73 familles roms à ...
la décharge pour y offrir régulièrement 
des activités éducatives et des loisirs aux 
enfants les plus vulnérables de la z...
Tous pour un, un pour tous 
Imre Mata, alias « Zorro », est l’initiateur d’une démarche locale qui a abouti à la 
création...
En 2005, la fondation s’engage dans le 
programme PNUD-Cserehát dans le cadre 
duquel elle parvient, en collaboration avec...
« Spazio Ragazzi » : 
l’agriculture sociale 
pour les jeunes 
Le modèle italien d’« agriculture sociale » a été introduit ...
Le centre, devenu une plateforme et un point 
de ralliement pour les deux fermes partici-pant 
à ce projet, propose de déc...
SEWA, au service 
des femmes travailleuses 
indépendantes 
SEWA, association de femmes travailleuses indépendantes, s’est ...
leurs demandes de petits prêts destinés 
à acheter des matières premières ou des 
marchandises à vendre, demandes que 
rej...
Les femmes 
plus autonomes à Kavar 
Dans l’une des régions les plus pauvres de Turquie, le Projet de développement 
rural ...
Une série d’initiatives ont vu le jour dans le 
cadre de ce projet : 
• La formation en apiculture et la fourniture 
d’équ...
Locality, le réseau anglais 
du développement local 
Répondre aux besoins des communautés locales d’Angleterre est la rais...
microcrédit et la consultance en la matière, 
ainsi que la médiation de dettes. Les autres 
champs d’intérêt s’étendent qu...
« Union Gewerbehof », 
centre d’entreprises 
coopératif 
À Dortmund, des chômeurs ont créé leur propre emploi en convertis...
Une subvention régionale de 2 millions 
d’euros a par ailleurs permis de couvrir les 
coûts de rénovation du bâtiment, qui...
REALIS, l’écosystème 
de l’innovation sociale 
en Languedoc-Roussillon 
En 2006, l’innovation sociale n’était pas encore à...
>> COEPTIS, une école de management coo-pératif. 
Destinée aux dirigeants et cadres 
dirigeants, l’école de l’Entrepreneur...
« Torino Social Innovation » 
À Turin, vingt-six organisations partenaires ont adhéré à un nouveau dispositif 
d’appui à l...
Expertise des partenaires 
Chaque partenaire s’engage, dans son 
champ d’expertise propre, à promouvoir 
l’« innovation so...
La coopération, 
clé de la revitalisation 
de Southill à Limerick 
Southill Development Co-operative (SDC), récemment reba...
C’est dans un contexte de chômage élevé 
que la SDC est créée en 1984 sous la 
forme d’une coopérative communautaire 
comp...
Un emploi pour chacun 
En Thessalie, un projet mobilisateur a permis de mettre en place une coopéra-tive 
sociale qui vise...
mais fabrique également des produits à 
partir des matières recyclées (moquettes et 
tapis, sacs, jouets, coussins, dessus...
Samsø, l’île des 
énergies renouvelables 
Les habitants de l’île danoise de Samsø ont réussi à devenir autosuffisants en 
...
Plusieurs propriétaires privés ont quant 
à eux remplacé leur brûleur à mazout par 
des panneaux solaires, des systèmes de...
ECOLISE : quand le local 
montre la voie vers 
une société sobre en carbone 
ECOLISE, le réseau européen des initiatives l...
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«L’INITIATIVE LOCALE RÉINVENTE L’EUROPE»: LE LIVRE
(06 octobre 2014) - L’AEIDL publie aujourd’hui une compilation des conclusions et des initiatives présentées à la conférence «L’initiative locale réinvente l’Europe» organisée à Bruxelles les 19-20 février 2014 à l’occasion de son 25ème anniversaire.

L’ouvrage de 88 pages illustrées reproduit le texte des conclusions et perspectives, ainsi que la présentation de chacune des 25 «initiatives porteuses d’avenir» sélectionnées par l’AEIDL pour la conférence.

Disponible en français et en anglais, en versions papier et électronique, la publication se veut un tremplin d’idées pour poursuivre et approfondir la réflexion engagée en février dernier.

La version imprimée peut être commandée à l’AEIDL.

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L’initiative locale réinvente l’Europe

  1. 1. L’initiative locale réinvente l’Europe Une conférence et 25 initiatives porteuses d’avenir pour célébrer les 25 ans de l’AEIDL
  2. 2. 2 | L’initiative locale réinvente l’Europe Table des matières 25 ans de développement local 3 Repenser le projet européen à partir des citoyens et des territoires 5 25 initiatives porteuses d’avenir 16 Grand succès 68 Et TOUTE l’Europe vivra ! 72 « L’initiative locale réinvente l’Europe » : Acte premier 87 Contributeurs : Chris Brooks, Yves Champetier, Michael Dower, Marjorie Jouen, Márta Márczis, François Saint-Ouen L’AEIDL tient à remercier les membres du Parlement européen, représentants des initiatives, intervenants et collaborateurs qui ont contribué au succès de la conférence et à la réalisation de cette publication. Journalisme : Jean-Luc Janot Editing : Yves Champetier, Jon Eldrige, Jean-Luc Janot, Wendy Jones, Eamon O’Hara Mise en page : Kaligram Photos (pages) : AEIDL (3, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 68, 69, 71, 72, 73, 74, 76, 79, 80, 83, 84, 87, 88), initiatives participantes (8, 12, 15, 18-67, 75, 77, 78, 82, 85). This publication is also available in English. © 2014 Association européenne pour l’information sur le développement local (AEIDL)
  3. 3. L’initiative locale réinvente l’Europe | 3 25 ans de développement local L’AEIDL est née à un moment charnière de l’histoire de l’Europe. 1988 fut en effet marquée par des changements majeurs sur notre continent. En juin de cette année là, la Commission européenne dirigée par Jacques Delors a redynamisé le processus de l’intégration européenne en finalisant le marché intérieur et en jetant les bases pour l’introduction de la monnaie unique. Cette même année, la communication de la Commission européenne, « L’Avenir du monde rural », a constitué le premier plaidoyer fort pour une politique rurale européenne. Elle soulignait la nécessité d’expérimenter de nouvelles approches de développement et d’impliquer les communautés rurales dans la recherche de solutions appropriées, jetant ainsi les bases de l’Initiative communautaire LEADER. L’AEIDL allait jouer un rôle important dans ce programme et se faire ainsi connaître dans toute l’Europe. Márta Márczis Dans un tout autre registre, à l’est, c’est également en 1988 que Mikhaïl Gorbat-chev annonce la « Perestroïka ». C’est aussi l’époque du second Solidarité en Pologne et l’apogée de Lech Wałęsa. C’est également l’année qui voit les sociétés civiles d’Europe centrale et orientale faire à nouveau entendre leur voix, annonçant ainsi les bouleversements politiques qui allaient se produire dans les pays communistes. >>>
  4. 4. 4 | L’initiative locale réinvente l’Europe Par un beau soir de l’été 1988, Bruce Springsteen se produisait à Berlin-Est devant 300 000 jeunes Allemands. Il s’est avancé vers le micro et a expliqué à la foule les raisons qui l’avaient décidé à jouer là : « Je ne suis pas ici pour soutenir tel ou tel gouvernement, ni pour m’y opposer. Je suis venu pour jouer du rock ‘n’ roll pour vous, espérant qu’un jour tomberont les barrières qui séparent les pays et les peuples. » L’année suivante, c’était la chute du mur de Berlin. 25 ans plus tard, nous sentons qu’est revenu le temps de faire tomber certains murs symboliques et de réinventer l’Europe que nous aimons, une Europe véritablement « intelligente, durable et inclusive ». La conférence « l’initiative locale réinvente l’Europe » que nous avons organisée les 19 et 20 février 2014 à Bruxelles et les « 25 initiatives porteuses d’avenir » qui y ont été présentées sont en quelque sorte le premier jalon de cette ambition. Márta Márczis Présidente de l’AEIDL >>>
  5. 5. L’initiative locale réinvente l’Europe | 5 Contribution de l’AEIDL Repenser le projet européen à partir des citoyens et des territoires Le projet européen a besoin d’un renouveau ! Sa déconnexion croissante avec ses citoyens menace la légitimité démocratique de l’UE. ▲ Participants à la conférence devant le Parlement européen (19 février 2014). L’Association européenne pour l’information sur le développement local (AEIDL) a été fondée en 1988 par des femmes et des hommes convaincus que la construction européenne pouvait contribuer de manière significative à l’épanouissement des indivi-dus, des initiatives, des territoires. Elle se fixait pour objectif de contribuer à une Europe plus proche des citoyens, riche des échanges entre tous ceux qui, au niveau local, souhaitaient ouvrir de nou-velles perspectives de développement. Depuis sa création en 1988, l’AEIDL a vécu diverses étapes significatives de la construction européenne, marquées par cette recherche du difficile équilibre sou-haité par Jacques Delors : « la compétition qui stimule, la coopération qui renforce, la solidarité qui unit ».
  6. 6. L’AEIDL a été partie prenante de multiples politiques mises en place par l’Europe, avec pour missions l’appui aux initiatives locales, les échanges d’expériences et la communication entre territoires de l‘Union européenne, l’identification de bonnes pratiques, le renforcement des capacités des acteurs locaux, leur mise en réseau, l’appui à la coopération, la capitalisation et la diffusion des enseignements, l’évaluation des résultats. Pour ne citer que quelques unes de ces politiques, ce furent à travers le temps, les Initiatives locales de développement et d’emploi (ILDE), les Carrefours ruraux, les Pactes territoriaux pour l’emploi, les politiques de développement rural, dont l’Initiative communautaire LEADER, sa déclinaison pour les zones dépendantes de la pêche (FARNET), l’Initiative commu-nautaire EQUAL, de multiples programmes de coopération, les initiatives de déve-loppement urbain (URBAN, URBACT), le programme environnemental LIFE, la contribution du développement local aux politiques de cohésion, le rôle des entre-prises sociales et de l’économie sociale et solidaire, etc. A travers ces multiples programmes, c’est une Europe chaleureuse, généreuse, imaginative, solidaire et novatrice que les citoyens ont découvert et ont aimée : que de fierté pour des multitudes d’acteurs locaux, de porteurs de projet, de bénéficier du soutien de l’UE, de pouvoir partager leurs pratiques et leur expériences avec d’autres Européens, de se sentir partie prenante de la construction d’un espace unique au monde par son extrême diversité et la richesse de ses cultures ! Cohésion économique, sociale et… territoriale En 1986, l’Acte unique (en réponse à l’euroscepticisme suscité par la crise pétrolière et la restructuration massive de pans entiers du tissu industriel – charbon-nages, acier, construction navale, textile) avait fait de la « cohésion économique et sociale » une nouvelle compétence de la Communauté, concrètement traduite dans un doublement des fonds structurels en 1988 et leur concentration sur les régions les moins favorisées. La dimension territoriale, qui est au coeur de l’action de l’AEIDL, trouve en 2007 une reconnaissance forte. Avec le Traité de Lisbonne, l’Union européenne se fixe une nouvelle mission : promouvoir, en plus de la cohésion économique et sociale la « cohé-sion territoriale » afin de mettre à profit les points forts de chacun des territoires de l’Union, pour que ces derniers puissent contribuer au mieux au développement durable et équilibré de l’UE tout entière. Au-delà des multiples difficultés rencon-trées, les résultats ont été au rendez-vous : une transformation sans précédent des pays membres, des infrastructures de qualité construites dans toutes les régions, y compris les plus périphériques, une réduction très forte des inégalités entre pays, une baisse très significative des taux de chômage, un modèle social européen qui avait valeur d’exemple à travers le monde… 6 | L’initiative locale réinvente l’Europe
  7. 7. Bien évidemment, tout au long de ces années, les tensions et crises tant au sein de l’Europe qu’au niveau mondial n’avaient pas manqué, illustrant la fragilité de notre modèle économique. La mondialisation s’accompagnait de dérégulations massives avec pour mythe la capacité du « tout marché »1 à résoudre les problématiques du développement de la planète. La croissance restait cependant présente dans nos sociétés occidentales, nous faisant oublier qu’elle se nourrissait pour une grande part des dérèglements qu’elle suscitait, des inégalités sociales, d’une atteinte croissante aux ressources naturelles et qu’elle avait un impact alors insoupçonné sur le chan-gement climatique. Et pourtant, les signaux d’alerte n’avaient pas manqué : rappelons par exemple les avertissements du Club de Rome dès le début des années 1970, ou plus récemment ceux d’Al Gore, prix Nobel de la Paix en 2007 pour sa lutte contre le réchauf-fement climatique. 1. A partir des années 1980, le « consensus de Was-hington » sert de base aux interventions des grands organismes internationaux. Il prône notamment la libéralisation des échanges et des finances, la privati-sation des entreprises publiques, la dérégulation. L’initiative locale réinvente l’Europe | 7 Mondialisation mal maîtrisée et fragilités de la construction européenne La crise des « subprimes » déclenchée par la faillite de la banque américaine Lehman-Brothers en 2008, puis celle des dettes souveraines marquent une rupture majeure. Une troisième crise de plus longue durée s’est approfondie : la crise écologique, à laquelle la récession, les égoïsmes nationaux et les conservatismes ont éludé les réponses et les propositions de politiques de transition Une mondialisation mal maîtrisée, des répartitions de richesse de plus en plus inéquitables, un système financier sans contrôle ayant conduit à toutes les dérives, une spéculation immobilière créant des croissances artificielles ont conduit à une situation sans précédent depuis celle des années 30. Cette situation a été renforcée par la fragilité de la construction européenne, sa difficulté à choisir entre approfondissement et élargis-sement, entre « grand marché » et véritables politiques communes. Des politiques ambitieuses comme par exemple la monnaie unique ont été créés sans, à ce moment là, les instruments de gouvernance adéquats. « Il nous faut réfléchir à la façon d’influencer les mutations et de créer des structures et des règles qui atténuent les effets pervers du système et qui encouragent les individus, entreprises et territoires qui innovent pour répondre aux problèmes de l’avenir. En ce sens, les initiatives locales sont très importantes. Elles représentent un vaste gisement ­d’innovation et d’expérimentation qui sera précieux pour relever les défis de l’avenir ». Chris Brooks, Expert en coopération économique internationale
  8. 8. ▲ Groupe scolaire dans une éolienne à Samsø (Danemak). De manière générale, l’Europe souffre de mécanismes de décision difficiles à com-prendre pour un grand nombre de citoyens. Même si des avancées majeures ont eu lieu, avec en particulier le rôle renforcé du Parlement européen, l’UE est perçue comme d’autant plus lointaine par le citoyen européen que, dans la plupart des pays, la tentation est d’imputer à « Bruxelles » tout ce qui dysfonctionne ! L’Europe que nous aimons est en péril : explosion du chômage, hausse des préca-rités, dumping social et environnemental, perte de confiance des citoyens dans la capacité d’agir des institutions qu’elles soient nationales ou européennes, replis sur soi dangereux, montée des populismes, tentation du protectionnisme, « L’initiative implique le désir de transgresser. L’innovation, c’est une désobéissance qui a réussi. » Michel Dupoirieux, Union régionale des Sociétés coopératives et participatives (SCOP) de Languedoc-Roussillon, France 8 | L’initiative locale réinvente l’Europe
  9. 9. L’initiative locale réinvente l’Europe | 9 « Je ne sais pas si nous aurons une croissance ‘intelligente, durable et inclusive’, mais, notre aspiration commune ne pourrait-il pas être de construire une Union européenne ‘intelligente, durable, inclusive’ et bien sûr, car les deux sont étroitement liés, contribuer à un ‘monde intelligent, durable, inclusif’ ? » Des mutations sans précédent Le monde a changé, non pas aux marges, mais de façon radicale et, comme le disait Albert Einstein, « on ne peut résoudre les problèmes d’aujourd’hui avec des solutions d’hier ». L’Europe est engagée dans des mutations fondamentales liées à la globalisation des échanges et des informations, à l’émer-gence de nouveaux rapports de force au niveau mondial, à des défis écologiques sans précédent : changements climatiques majeurs, perte de biodiversité. En mars 2010, la Commission européenne a présenté sa nouvelle stratégie sur dix ans, destinée à relancer l’économie européenne. Intitulée « Europe 2020 », elle vise à déve-lopper une croissance « intelligente, durable et inclusive ». Au vu du marasme dans lequel semble s’inscrire la plus grande partie du continent, ces objectifs apparaissent bien ambitieux, et constituent de redoutables défis : Yves Champetier, AEIDL >> alors que des pans entiers de l’écono-mie européenne sont sinistrés, que de multiples territoires sont vidés de leurs activités économiques ; >> alors que les enjeux liés à la transition écologique et au changement climatique sont encore si peu pris en compte, et alors que la biodiversité se réduit dangereusement ; >> alors que le chômage touche plus de 11 % de la population active européenne, plus de 50 % des jeunes de moins de 25 ans en Espagne et plus de 60 % en Grèce… En 2011, selon les chiffres d’Eurostat, 27 % des enfants de moins de 18 ans étaient exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, cette proportion s’élevant à 52 % en Bulgarie, 49 % en Roumanie, ou encore 38 % en Irlande. En 2012, plus de 114 millions de personnes (25 % de la population) étaient menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale ; >> alors surtout que la croissance annon-cée est sans cesse reportée.
  10. 10. « J’espère que nous aussi, les entrepreneurs tziganes, trouverons des opportunités dans notre pays et pourrons passer devant des policiers sans faire les courbettes qu’ils attendent de nous. Nous voulons travailler, sans être victimes de préjugés. » celle de la réduction du temps de travail et celle du développement du « troisième secteur », dans lequel les gens s’­auto- ­organisent en communautés assumant une proportion croissante des services dont ils ont besoin ». Aujourd’hui, de nouveaux concepts sont apparus, certains parlent de « prospérité sans croissance », d’autres de « sobriété heureuse », d’autres de « Transition Initia-tives ». Joseph E. Stiglitz, quant à lui, alerte les Européens régulièrement des dégâts causés par la libéralisation à outrance et par la croissante inégalité des revenus ; il insiste sur l’inefficacité des politiques d’austérité qui conduisent l’Europe au suicide et sur la nécessité de rechercher des alternatives. « Il y a un grave danger à laisser monter sans rien faire la pauvreté, le chômage et les discours xénophobes », nous dit Michael D. Higgins, président de la République d’Irlande. Mobiliser « intelligence, durabilité et inclusion » pour rechercher de nouvelles voies En l’absence dans des échéances proches d’une croissance soutenue, le temps n’est il pas venu de mobiliser « intelligence, durabilité et inclusion » pour rechercher de nouvelles voies ? Les mouvements de pensée dans ce domaine ne manquent pas. Pour autant, ils restent relativement marginaux par rapport aux idées dominantes, ils sont certainement insuffisants par rapport aux défis qui sont face à nous. Dans les années 1970, Ignacy Sachs avait introduit le concept d’ »écodéveloppe-ment », le livre « The Limits to Growth » était publié à la demande du Club de Rome et Paul Schumacher mettait en valeur « Small is Beautiful ». En 1995, James Rufkin écrivait dans son livre « La fin du travail » : « Il faut annoncer la transition vers une économie ­post- marchande, définir de nouvelles formes d’activité et de nouveaux modes de distri-bution des revenus. Cela suppose d’agir vigoureusement dans deux directions : Imre« Zorro »Mata, coopérative sociale Kegyetlen, Hongrie 10 | L’initiative locale réinvente l’Europe
  11. 11. L’initiative locale réinvente l’Europe | 11 Des initiatives citoyennes, porteuses d’espoir Sur le terrain, face à la crise, face à l’épui-sement des modèles, au désenchantement par rapport à des changements qui ne se produisent pas, des initiatives fragiles apparaissent et sont porteuses d’espoir : >> les « circuits courts » se développent pour mettre en relation agriculteurs, pêcheurs et leurs clients de proximité ; >> des systèmes d’échanges locaux, de troc, de monnaies locales, de banques du temps voient le jour ; >> des réseaux d’entrepreneurs se mettent en place afin de favoriser les interrelations, promouvoir les échanges de proximité, constituer des masses critiques pour affronter de nouveaux marchés ; >> dans le cadre de politiques volontaristes de « responsabilité sociale et environne-mentale », les entreprises s’impliquent pour agir contre les exclusions, et s’im-pliquer dans la résolution de problèmes environnementaux ; Et, comment ne pas s’associer aux conclu-sions du Forum social mondial (« Un autre monde est possible ») qui s’est déroulé du 26 au 30 mars 2013 à Tunis, même si évidemment tout ceci peut paraître bien utopique ? « L’assemblée souhaite que les acteurs de la société civile articulent au mieux leurs actions pour que l’ensemble des habitants de la planète recouvrent leurs droits et substituent à un système économique fondé sur l’égoïsme individuel, la prédation des ressources, la compétition, la domina-tion masculine et la guerre, une économie de la fraternité, la sobriété, la coopération et la paix entre tous les humains. » 2 Tout simplement, comment donner des raisons d’espérer aux jeunes de 18 à 30 ans qui sont les plus affectés par la contraction des économies, la montée des ostracismes, les égoïsmes cyniques ? 2. http://miramap.org/IMG/pdf/Declaration_Ass_ Conv_ESS-FSM-2013.pdf « Nous sommes aujourd’hui dans une autre époque, que certains ont appelé post-moderne, mais qu’au regard des enjeux environnementaux planétaires, je préfère nommer l’anthropocène. À cette époque, répond parfaitement l’homme ou la femme qui participe au développement local et qui pourrait être l’homo localicus coopératif. S’engager dans une stratégie pour faire prévaloir l’homo localicus coopératif sur l’homo oeonomicus individualiste. Concourir à la victoire d’Ulysse sur le cyclope Polyphème. Ce serait une belle ambition pour les 25 ans à venir ! » Marjorie Jouen, Conseillère spéciale à Notre Europe – Institut Jacques Delors
  12. 12. 12 | L’initiative locale réinvente l’Europe « Raval est un territoire socialement responsable. Nous mettons en pratique des valeurs telles que la tolérance, la reconnaissance et le respect de l’autre, la solidarité, la responsabilité partagée, l’engagement, la participation, le sentiment d’appartenance, la durabilité et la citoyenneté. » >> par l’intermédiaire des réseaux sociaux, de nouveaux types d’échanges se créent, des solidarités s’expriment, des mobilisations s’organisent ; >> de nouvelles formes d’entrepreneuriat apparaissent et se développent : entreprises sociales, citoyennes, coopératives, entreprises en réseau, et la Commission européenne, notam-ment à travers son Initiative pour Elisa Covelo O’Neill, Fundació Tot Raval, Espagne ­l’Entrepreneuriat social, souhaite parti-ciper à la création d’un environnement favorable au développement de l’écono-mie sociale et solidaire en Europe ; >> des innovations sociales dans de nombreux domaines, promues depuis le niveau local, mais dans le cadre de dis-positifs d’appui aux niveaux européen, national ou régional ; ▼ Réunion de quartier interculturelle organisée par Tot Raval (Barcelone).
  13. 13. >> les citoyens se mobilisent pour accom-pagner ces initiatives : par exemple, sur le plan financier depuis les systèmes de tontine, jusqu’au « business angels » en passant par le « crowd funding » ; >> des municipalités, des associations locales, des réseaux (« slow cities », « cool cities »…) s’engagent pour promouvoir des « villes ou territoires en transition » : plans climat locaux, plans d’action énergie, éco-villages, éco-quartiers, « relocalisation » d’activi-tés économiques. Proximité, transition énergétique, nouvelles formes de gouvernances caractérisent pour l’essentiel ces initiatives. Elles naissent portées par des groupes de citoyens à la recherche d’alternatives, bien souvent à l’écart des institutions, qu’elles soient locales, régionales, nationales ou euro-péennes. Par la suite, elles se développent, pour un grand nombre d’entre elles, grâce au soutien des politiques, notamment européennes. L’initiative locale réinvente l’Europe | 13 Contribuer à l’écoute de ce qui émerge et mettre en réseau Les changements radicaux ou les formes de transition ou de ré-aiguillage des politiques, générés par l’indispensable transition énergétique, l’urgence des actions climat, le devoir de sauvegarde des générations futures, la nécessité de nouveaux partages du travail, la « respon-sabilité sociale et environnementale » pour tous, l’invention de nouveaux modèles locaux de développement autour de la « sobriété heureuse et volontaire » ouvrent de larges choix pour l’initiative citoyenne. Consciente de ces défis, l’ambition de l’AEIDL est de contribuer à l’écoute de ce qui émerge au niveau des territoires et au sein de la société civile, à déchiffrer les signes avant-coureurs de l’innovation sociale, à faire le tri entre les indignations légitimes, les colères désespérées, exploi-tées trop souvent par les populismes de tous bords, et les inventions au quotidien de nouvelles valeurs collectives. En facilitant les rencontres et les inter-relations, au sein des territoires, entre territoires, entre territoires et niveaux régional, national, européen, international, « L’approche ‘top-down’ peut créer le cadre institutionnel, la forme, mais pas le contenu d’une citoyenneté européenne. Celle-ci ne peut se faire que de bas en haut, pas de Bruxelles mais par une myriade d’initiatives citoyennes qui permettront de créer – ou de recréer – des communautés de base. » François Saint-Ouen, Secrétaire général du Centre Européen de la Culture
  14. 14. elle est de contribuer la co-construction citoyenne de nouvelles pratiques, de nou-velles politiques publiques, de nouveaux outils à mettre à disposition de ceux qui ont compris que les changements attendus ne sont pas des simples aménagements de l’existant mais des innovations venues d’un ailleurs conceptuel, idéologique et politique à inventer. Elle est d’être à l’écoute des « signaux faibles », mais porteurs d’espérance, de toutes celles et ceux qui, au coeur et à la périphérie des territoires, des institutions, élaborent dans la difficulté de nouvelles réponses aux besoins. Repérer des pratiques, encore marginales, peut-être éphémères, peut-être prémo-nitoires, les faire connaître, les mettre en réseau, en tirer des enseignements, s’inscrire dans un cercle vertueux, porteur de solutions et d’espoirs. Elle est de contribuer à la mise en place de réseaux de centre de ressources, permettant d’identifier, répertorier, diffuser les nouveaux savoir-faire nécessaires à la réussite de cette gigantesque mutation de nos sociétés. Refonder le projet européen à partir des citoyens, des coopérations entre acteurs et entre territoires Notre conviction est que l’approche locale, l’implication citoyenne, l’innovation et l’expérimentation sociale, l’identification et le respect des biens communs, la solidarité entre territoires d’ici et d’ailleurs, l’invention de nouveaux modes de gouvernance multi-ni-veaux et multi-acteurs, peuvent contribuer au renouveau de l’Europe que nous aimons : riche de la diversité de ses paysages, de ses populations, de ses cultures, ouverte au monde, à la recherche de nouveaux équi-libres économiques et sociaux. 25 années d’expérience en matière de développement local nous ont beaucoup appris sur l’inventivité des populations quand acteurs publics, acteurs privés, acteurs de la société, ensemble, se mettent à l’écoute de ce qui bouge sur leur terri-toire et essaient d’apporter ensemble des réponses aux problèmes posés en vue de construire localement un monde meilleur. L’enjeu aujourd’hui face à une mutation sans précédent, face à cette impérative nécessité de réinventer l’avenir, est de redonner capacité d’agir et espoir, d’être à l’écoute des « Indignés » et de ceux qui se « Nous avons la chance de vivre dans un endroit extraordinaire. Notre responsabilité, mais aussi notre plaisir, c’est de prendre soin de la nature - les plantes, les oiseaux, les animaux… C’est notre héritage et notre cadeau pour les générations futures. On sait qu’il faut travailler dur pour la nature mais aussi pour le bien-être social et économique des gens. C’est ça, le vrai développement. » Marta Kamińska, Partenariat pour la Vallée de la Barycz, Pologne 14 | L’initiative locale réinvente l’Europe
  15. 15. taisent faute d’espoir, d’accompagner les initiatives, de mettre en réseau tous ceux qui sont susceptibles d’innover. Il est de promouvoir l’engagement citoyen, de soutenir et encourager tous ceux – acteurs privés et publics, tiers secteur – qui, au niveau local, s’impliquent dans l’ouverture de nouvelles perspectives : projets de territoire, économie et entrepreneuriat social et solidaire, développement alternatif et valorisation des ressources locales, système d’échanges locaux, plans climat locaux… Il est de contribuer à un renouveau de la démocratie locale et de la capacité des populations à se réapproprier leur avenir. Il est de donner toute chance de réussite à toutes les politiques et dispositions susceptibles de promouvoir la créativité des citoyens et des territoires, et en particulier au « développement local mené par les acteurs locaux » pour employer la termino-logie désormais utilisée par les institutions européennes. Il est d’encourager et faciliter les syner-gies et coopérations entre acteurs aux niveaux local, régional, national, européen, international, pour enrichir les réflexions collectives et construire progressivement les outils de la transition écologique et socio-économique et de la construction de nouvelles solidarités. Il est d’expérimenter ces démarches novatrices dans tous les territoires – ruraux, urbains, littoraux, périurbains – où des groupes de citoyens, des acteurs publics et privés, sont susceptibles de porter des projets novateurs. Il est de parier sur la culture, sur l’intelli-gence des populations et des territoires pour relever les défis économiques, ­écologiques et sociétaux qui nous font face, et pour contribuer à refonder le projet européen. ■ ▲ Voie verte dans la “vallée de la carpe” (Pologne). L’initiative locale réinvente l’Europe | 15
  16. 16. 5 25 initiatives porteuses d’avenir 1 1 18 22 25 25 15 15 2 2 3 3 17 23 12 21 4 4 8 8 6 6 21 24 7 20 11 14 13 19 16 10 Les 25 initiatives qui suivent ont été présentées à la conférence de l’AEIDL « L’initiative locale réinvente l’Europe » (Bruxelles, 19-20 février 2014). Cohésion sociale 1 « Quartiers durables citoyens » (Bruxelles, Belgique) 18 2 Tot Raval pour renforcer la cohésion sociale d’un quartier (Barcelone, Espagne) 20 3 Le Zeybu Solidaire (Eybens, France) 22 4 Un musée d’un nouveau genre pour les habitants du Haut-Adige (Bolzano, Italie) 24 5 Jardiner pour la bonne cause (Porto, Portugal) 26 Inclusion des groupes fragiles 6 Quand la solidarité avec les Roms aboutit à des initiatives de ­développement local (Cluj-Napoca, Roumanie) 28 7 Együtt Egymásért : « Tous pour un, un pour tous » (Fulókércs, Hongrie) 30 8 « Spazio Ragazzi » : l’agriculture sociale pour les jeunes (Roccastrada, Italie) 32 9 SEWA, au service des femmes travailleuses indépendantes (Gujarat, Inde) 34 10 Les femmes plus autonomes à Kavar (Bitlis, Turquie) 36 Economie sociale 11 Locality, le réseau anglais du dévelop-pement local (Royaume-Uni) 38 12 « Union Gewerbehof », centre d’entreprises coopératif (Dortmund, Allemagne) 40 13 REALIS, l’écosystème de l’innovation sociale en Languedoc-Roussillon (Montpellier, France) 42 14 Torino Social Innovation (Turin, Italie) 44 16 |
  17. 17. 15 La coopération, clé de la réussite de la revitalisation de Southill (Limerick, Irlande) 46 16 Un emploi pour chacun (Karditsa, Grèce) 48 Environnement et transition énergétique 17 L’île des énergies renouvelables (Samsø, Danemark) 50 18 ECOLISE, le réseau européen des initiatives locales pour le climat et la durabilité 52 19 Totnes en transition : une première mondiale (Totnes, Royaume-Uni) 54 20 Une décharge transformée en parc (Belgrade, Serbie) 56 Développement territorial 21 La Vallée de la Carpe (Basse-Silésie, Pologne) 58 22 Développement local en Laponie (Sodankylä, Finlande) 60 23 Les passerelles de Röstånga (Scanie, Suède) 62 24 Une marque territoriale stimule le développement rural (Nitra, Slovaquie) 64 25 Le Parlement rural letton est lancé (Lettonie) 66 99 L’initiative locale réinvente l’Europe | 17
  18. 18. Bruxelles : les « Quartiers durables citoyens » L’idée de « Quartiers durables citoyens » ? Impliquer les habitants et usagers d’un coin de ville dans une démarche citoyenne collective à l’échelle de leur quartier. Considérant qu’il est du rôle des pouvoirs publics de renforcer et de valoriser les initiatives collectives locales, Bruxelles Environnement (l’administration régionale de l’environnement) lance annuellement depuis 2008 l’appel à projets « Quartiers durables citoyens ». Plus vert et plus convivial Depuis 2008, ce sont une quarantaine de quartiers de Bruxelles qui se sont progres-sivement engagés dans la démarche. Un quartier n’est pas l’autre, et les projets, tout comme les dynamiques développées, peuvent être très variés, en fonction des caractéristiques et besoins du quartier mais aussi des envies des porteurs de projets. Un quartier ciblera par exemple son action sur l’échange et la récupération avec un « Repair café », une « give box », un four à pain collectif… , tandis qu’un autre projet visera l’incitation à la marche urbaine. Un quartier fortement urbanisé travaillera sur la verdurisation, un rucher collectif sur un toit, des espaces de rencontre… alors qu’un quartier de logement sociaux pourra choisir les économies d’énergie, une friche à transformer en potager et l’alimentation durable pour mobiliser les habitants dans la démarche. L’appel à projets s’adresse à tous les citoyens mais aussi aux acteurs privés et publics d’un quartier. Bruxelles Environne-ment prévoit différents appuis. Les quartiers peuvent ainsi bénéficier des conseils d’un coach pour mettre en place une dynamique collective et établir un plan d’action. Ils reçoivent aussi des outils de 18 |
  19. 19. communication et un soutien financier pour lancer des projets et financer de l’expertise dans les domaines qui les intéressent. Les quartiers sont accompagnés sur une durée d’environ 24 mois, avec des intensi-tés variables en fonction du rythme propre de chacun d’entre eux. Une majorité des dynamiques initiées se poursuivent de manière autonome au-delà de la période d’accompagnement et certains quartiers, en plus de gérer les projets existants, en développent de nouveaux. Action collective Un projet de quartier durable est souvent géré par un groupe de 5 à 10 habitants motivés, le noyau, autour desquels gra-vitent de 20 à 50 habitants s’impliquant à différents niveaux. Les collaborations avec des partenaires publics, des asso-ciations locales, des centres culturels, des commerçants, etc. sont encouragés. Cette dimension collective et participative peut s’exprimer de différentes façons et à différents moments du projet, en fonction des habitudes et aptitudes de chacun des quartiers. Et pour beaucoup, l’action collec-tive est un véritable apprentissage, riche en émotion, dans lequel ils sont accompagnés. L’initiative locale réinvente l’Europe | 19 Depuis 2013, un système de budget participatif a été développé. Ce type de fonctionnement représente pour les citoyens et autres acteurs des quartiers durables une possibilité de participer aux décisions concernant l’affectation des ressources disponibles. Dans un premier temps, les critères de sélection des projets sont définis en Assemblée, un espace ouvert de réflexion et de décisions qui peut également se prononcer sur les orientations de l’appel à projets. Ainsi, chaque année, le processus est enrichi des expériences précédentes. Ensuite, le Conseil, composé entre autres de représentants des quartiers, applique ces critères afin de répartir les ressources disponibles entre les projets proposés. Quartiers durables citoyens (Bruxelles, Belgique) Contact : Louison Hellebaut Email : lhellebaut@environnement.irisnet.be Site web : www.quartiers-durablescitoyens. be (www. bruxellesenvironnement.be/­quartiersdurables)
  20. 20. Tot Raval : renforcer la cohésion sociale d’un quartier de Barcelone L’association Tot Raval porte de nombreux projets visant à améliorer la ­c­­ohésion sociale et la qualité de vie des habitants de Raval, l’un des quartiers les plus défavorisés de Barcelone. Avec 50 000 habitants sur une superficie d’un peu plus d’un kilomètre carré, le quartier de Raval à Barcelone est l’un des plus densément peuplés d’Europe. Près de la moitié de sa population est d’origine étrangère et la situation socio-économique du quartier compte parmi les plus défavori-sées de la ville. Raval possède néanmoins un vaste réseau de services, d’associations et de collectivi-tés qui, depuis un certain nombre d’années, s’engagent activement et oeuvrent pour l’amélioration du quartier et son adaptation à l’évolution constante et la diversité dont il fait l’objet. Son modèle d’évolution va même jusqu’à servir d’exemple à d’autres territoires et villes européennes qui font face aux mêmes difficultés. Respect mutuel Les activités principales de l’association Tot Raval sont axées sur la mise en oeuvre d’actions communautaires dans divers domaines d’aspects social, éducatif, culturel, professionnel, économique et commercial. Il s’agit essentiellement de promouvoir le respect mutuel entre les dif-férentes communautés vivant ou travaillant dans le quartier et, surtout, de lutter contre toute forme ressentie de xénophobie. Tot Raval poursuit son action associative partagée (en 2012 elle a mené 25 projets et sponsorisé 55 autres) sur fond de stratégies innovantes afin de contribuer au développe-ment local et à la création d’une économie sociale impliquant tout le voisinage. Rien qu’en 2012, plus de 300 organisations et plus de 5 000 personnes se sont ainsi directement engagées dans ces projets et on estime à 39 000 le nombre de celles qui en ont bénéficié. 20 |
  21. 21. Qualité de vie Entre autres actions, l’amélioration de la qualité de vie des enfants et adolescents de Raval et la lutte contre l’échec scolaire en particulier figurent en tête de liste des priorités. Cette action rassemble plus de 30 groupes qui collaborent par exemple à l’amélioration de la lecture et au soutien des écoles. La création d’emplois constitue un autre cheval de bataille de l’association : cet objectif a d’ailleurs donné naissance à un réseau professionnel, Xarxa Laboral del Raval, auquel participent plus de 50 entre-prises ou employeurs potentiels. Ce réseau vise notamment à encourager le placement et l’accompagnement professionnels. L’initiative locale réinvente l’Europe | 21 L’association s’attache surtout à stimuler la dynamique et la cohésion sociale du quartier par la conception et l’organisation de diverses activités culturelles. Le festival culturel de Raval Festival de cultura en est l’exemple le plus illustratif. L’association privilégie par ailleurs l’action interculturelle par le biais de groupes de travail, comme par exemple la célébration commune des différents fêtes religieuses. L’amélioration de la santé est enfin une autre mission capitale pour l’association, qui travaille précisément à l’élaboration d’un plan d’action pour la promotion des soins de santé des habitants de Raval. Plus de 350 professionnels de la santé sont engagés dans cette initiative. Association Tot Raval (Barcelone, Espagne) Contact : Elisa Covelo O’Neill E-mail : cultura@totraval.org Site web : http://www.totraval.org/
  22. 22. Le Zeybu solidaire Des habitants d’un quartier d’Eybens, près de Grenoble, ont créé une association où le lien social, l’éco-citoyenneté et la solidarité se vivent au quotidien autour d’un concept unique de circuit court solidaire : le « Zeybu ». Cette coopérative d’habitants repose sur quelques principes simples : la proximité, la mixité et l’équité entre tous les adhérents de l’association, la mise en relation de producteurs et de consommateurs locaux, en rendant les produits accessibles à tous. La suppression des intermédiaires permet de garder des prix à la fois raisonnables et suffisamment rémunérateurs pour les producteurs. S’ajoute à cela, dans une logique de respect de l’environnement, une volonté de limiter l’impact des transports et d’agir sur la gestion des déchets des produits consommés. Don solidaire Le Zeybu marché a lieu deux mardis par mois, avec une distribution reposant sur le bénévolat. Les adhérents de l’associa-tion commandent à l’avance sur Internet – via le Zeybux, un logiciel développé par un Zeybulien – les produits qu’ils sou-haitent acheter aux producteurs locaux. Le jour du marché, ils récupèrent leurs produits commandés. Chaque adhérent possède un compte qu’il crédite si besoin le jour de la distribution. Proportion-nellement aux produits commandés, les producteurs font librement, un don solidaire en nature, sans contrat, 22 |
  23. 23. Ces produits issus du don des producteurs sont achetés par les adhérents qui le souhaitent, en surcroît de leur commande. L’argent ainsi récolté de la vente devient une monnaie solidaire. En fin de marché, le Zeybu crédite cette somme sur le compte de l’association EAU (Eybens Accueil Urgence) qui gère l’aide alimentaire sur la commune d’Eybens. EAU reventile entièrement la monnaie Zeybu Solidaire en créditant les comptes des adhérents relevant de l’aide alimentaire, et en garantissant l’anonymat des bénéficiaires. Ces personnes en diffi-culté peuvent ainsi accéder aux produits du Zeybu Marché comme n’importe quel autre adhérent et participer à la vie de l’associa-tion sans être stigmatisés. Il s’agit d’un concept mutuellement enrichissant où tous les acteurs contribuent et perçoivent . Autour du marché solidaire se développent des animations, comme les ateliers du « faire ensemble » autour de la cuisine, la fabrication de pain (Zeybu fournil). Des évé-nements festifs gratuits sont organisés et financés avec la monnaie solidaire : Zeybu soupes, Zeybu marché de Noël, la Zeybu fête de la musique, ainsi que l’organisation de stages enfants d’éco-fabrication. L’initiative locale réinvente l’Europe | 23 Reconnaissance et essaimage Le projet du Zeybu a été lauréat du prix Européen REVES Excellence Award 2013 à Bruxelles en juin 2013. Il a aussi fait partie des lauréats du Village de l’innovation sociale aux Etats généraux de l’ESS en juin 2011 à Paris. En plus d’être soutenu par la mairie d’Eybens, le Conseil Régional Rhône-Alpes et la Communauté d’agglo-mération de Grenoble, il est suivi par des chercheurs qui s’intéressent à la mise en pratique de solidarités de proximité. Depuis sa création, le Zeybu solidaire cherche à essaimer ses principes. De nombreux contacts ont été pris, qui donneront peut-être un jour naissance à d’autres projets similaires. Les Amis du Zeybu (Eybens, Rhône-Alpes, France) Contact : Jean-Jacques Pierre E-mail : lesamisduzeybu@gmail.com Site web : www.lesamisduzeybu.fr
  24. 24. Un musée d’un nouveau genre pour les habitants du Haut-Adige Le « Musée ouvert sur la cité » est une démarche participative et citoyenne qui vise à promouvoir les arts et le multiculturalisme dans la province autonome du Sud-Tyrol dans le nord de l’Italie. La cohésion sociale par les arts Le Haut-Adige ou Sud-Tyrol est une province autonome située dans le nord de l’Italie. Elle s’étend sur 7 400 km² et compte environ 500 000 habitants, dont la majorité est de culture austro-bavaroise et parle l’allemand. Près d’un quart ont l’italien comme langue maternelle (surtout dans les villes de Bolzane et Merano) et une minorité parle le ladin. Les personnes d’origine immigrée repré-sentent environ 9 % de la population régionale. Déjà très hétérogène à la base, celle-ci n’a cessé de se diversifier au cours de ces dernières années. Aussi la diversité exerce-t-elle une forte influence sur tous les aspects du quotidien, et en particulier sur les jeunes et les politiques culturelles. C’est dans ce contexte qu’a été créé l’« Open City Museum » (Musée ouvert sur la cité) pour mettre les arts au service de la cohésion sociale de la province. 24 |
  25. 25. Il s’agit d’un concept de musée élargi, qui inclut les espaces publics promouvant la citoyenneté active, ce que l’on peut essen-tiellement observer dans la capitale de la province, Bolzane, et dans les communes de Bressanone et de Chiusa. L’objectif est de faire participer tous les citoyens et plus particulièrement les jeunes et ceux dont les familles ont immigré dans la région, et d’encourager la compréhension mutuelle par le biais des arts. Cultures plurielles Financé par les municipalités, l’université de Bolzane, le département d’Éducation et le secteur privé, le Musée ouvert organise des activités sur plusieurs fronts : événements interculturels, art participatif, initiatives artistiques publiques, ateliers, expositions, débats… Afin de toucher le public le large possible, ces activités ne se déroulent pas uniquement dans des lieux traditionnels tels que les galeries ou musées locaux, mais également dans les rues et dans d’autres espaces privés ou inexploités. Le Musée ouvert s’est lancé dans l’aventure en 2011 avec le projet communautaire « Diversité culturelle de Chiusa », qui consistait en une exposition de photos des personnes qui s’étaient installées dans la ville. Outre des visites guidées données par des jeunes immigrés dans leur langue maternelle, l’initiative proposait un atelier de peinture au henné et une séance photo en famille sur une place publique. Le musée a organisé en 2013 à Bolzane un projet de développement artistique commu-nautaire, qui s’est clôturé par une exposition photo en plein air, le tout avec le concours du centre civique d’Oltrisarco. L’exposition dévoilait une série de portraits d’inconnus issus des archives d’un photographe local, L’initiative locale réinvente l’Europe | 25 auxquels se mêlaient ceux de « nouveaux » résidents venus d’autres régions. En 2014, le Musée ouvert prévoit de lancer une plateforme destinée à stimuler la créativité, surtout auprès des jeunes : « La jeunesse, la relève » mettra ainsi à l’honneur diverses formes de citoyenneté active par le biais, notamment, d’une série d’événements artistiques en extérieur, organisés par les jeunes de Bressanone. Open City Museum (OCM) (Haut-Adige / Sud-Tyrol, Italie) Contact : Martha Jimenez Rosano E-mail : martha.jimenez@cuartel.de Site web : www.cuartel.de
  26. 26. Jardiner pour la bonne cause à Porto Habitants et organisations locales participent à une démarche à la fois ­novatrice et utile : créer un grand nombre de nouveaux jardins potagers dans la banlieue de Porto. Le projet de jardins collectifs « Horta à Porta » pour la culture bio de fruits, de légumes, de fleurs et d’herbes aromatiques est une initiative de LIPOR, l’entreprise qui gère le traitement des déchets de huit municipalités sur les onze que compte la région. L’idée consiste à faire du jardinage un moyen d’encourager les gens à renouer avec leurs racines, de stimuler la partici-pation active de chacun et de mobiliser les communautés locales par l’engagement. Lancés en 2004, ces nouveaux jardins potagers collectifs se situent principale-ment dans la banlieue nord de Porto (env. 2 millions d’habitants) à Porto, Matosinhos, Maia, Povoa de Varzim et Vila do Conde. Liste d’attente Le projet est doté d’un budget d’environ 240 000 euros cofinancé par le programme européen LIFE+, le Fonds de cohésion et LIPOR. Il existe à ce jour 23 jardins répartis sur une superficie de quatre hectares qui devrait encore s’étendre dans un avenir proche, les résidents et communautés locaux manifestant un intérêt croissant pour l’initiative. Selon les données de LIPOR, plus d’un millier de personnes se trouvent sur liste d’attente, prêts à s’investir dans l’un ou l’autre projet écologique. Le projet repose sur la candidature spontanée des particuliers, quartiers ou associations qui manifestent leur intérêt de constituer un nouveau jardin potager « Horta à Porta » au sein du réseau. Une fois la demande enregistrée, chaque jardin potager est géré sous la forme d’une entité à part entière, c’est-à-dire avec ses objectifs spécifiques et un espace qui lui est propre. Il n’en demeure pas moins que certaines stratégies sont mises au point en partenariat avec d’autres jardins potagers et avec le concours de LIPOR, qui apporte sa pierre à l’édifice en offrant support technique, assistance et formation. 26 |
  27. 27. Les personnes engagées dans le pro-gramme de jardins collectifs peuvent ainsi bénéficier de l’assistance d’experts en jardinage et compostage, ainsi que de formations en recyclage et d’une aide dans la prise de décision. Dynamique locale Le réseau de jardins potagers bénéficie d’une dynamique locale forte. Tandis que la production et la gestion de chaque parcelle est du ressort de chaque personne en particulier, les responsabilités générales sont partagées et, dans certains cas, pra-tiquement autogérées. Plutôt que la vente des produits de la terre, l’échange entre jardiniers est largement encouragé dans le but de promouvoir une certaine reconnais-sance mutuelle et d’améliorer globalement la qualité du jardinage. Il faut enfin souligner que les jardins potagers sont très prisés par le public et les populations locales. L’initiative locale réinvente l’Europe | 27 À l’occasion d’une enquête de satisfaction, les habitants du quartier de Maia (aux abords de Porto), parmi lesquels de nom-breuses familles, ont souligné l’importance de ces espaces pour la communauté. Qui plus est, l’une des personnes interrogées expliquait qu’elle s’était progressivement éloignée de sa fille pendant 25 ans, mais que le jardin potager lui avait permis de s’en rapprocher dans un nouveau contexte. Horta à Porta (Porto, Portugal) Contact : Ana Lopes E-mail : ana.lopes@lipor.pt Site web : http://www.lipor.pt/pt/ educacao-ambiental/horta-da-formiga/ horta-a-porta/
  28. 28. Quand la solidarité avec les Roms aboutit à des initiatives de développement Suite à l’expulsion de 73 familles roms à Cluj-Napoca, au nord-ouest de la ­Roumanie, un ensemble ­d’interventions coordonnées ont été développées par un large éventail d’acteurs du développement local, à commencer par les familles concernées. Pata Rât est un bidonville, géographi-quement isolé, installé à proximité d’une décharge située dans la périphérie de Cluj-Napoca (300 000 habitants) et où vivent quelque 300 familles. Il comporte quatre zones constituées au cours des 20 dernières années, au rythme des expulsions répétées de familles pauvres, essentiellement roms, du centre-ville. Certaines de ces familles avaient quitté leur village pour trouver du travail en ville. La collecte sélective dans la décharge constitue le principal moyen de subsistance pour plus de la moitié d’entre elles. Lutter contre la ghettoïsation Dans la nuit du 17 décembre 2010, 73 familles roms ont été expulsées du centre-ville pour être relogées dans la zone de Pata Rât, tandis que leur ancienne demeure était démolie. Un mouvement civil fort s’est déclenché autour de la fondation Desire et de l’association Amare Phara pour s’opposer à cette ghettoïsation des Roms en marge de la ville et revendiquer la justice sociale. Avec le soutien de militants et d’intellectuels, ce mouvement a donné naissance au Groupe de travail des organisations de la société civile (www. gloc.ro) en janvier 2011. L’année suivante a vu le lancement d’un ensemble d’inter-ventions coordonnées par la municipalité de Cluj et une équipe locale du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Une initiative populaire forte a vu le jour face aux besoins les plus urgents, notam-ment celui d’assurer l’aide et la sécurité des enfants vivant près de la décharge. Un groupe de bénévoles composé d’étudiants et d’experts a mis sur pied la première tente pour enfants en 2012 sur le site de 28 |
  29. 29. la décharge pour y offrir régulièrement des activités éducatives et des loisirs aux enfants les plus vulnérables de la zone. L’initiative a reçu le soutien de la direction des Services sociaux et médicaux de la municipalité. Éducation et activités communautaires Au cours de l’été 2013, Fundatia pentru Dezvoltarea Popoarelor lance un projet pour les enfants de la décharge et c’est à ce moment-là que les deux équipes fusionnent. Elles proposent aujourd’hui des activités éducatives et de garde d’enfants dans un centre mobile géré par la munici-palité non loin de la décharge. La communauté expulsée du centre-ville a quant à elle fondé en 2012 l’Association des Roms de Coastei, avec le soutien de militants et d’organisations des droits de l’homme et a pris des mesures concrètes pour améliorer ses conditions de vie. L’initiative locale réinvente l’Europe | 29 Entre autres réussites, l’association a fait construire un centre communautaire en trois semaines à peine, utilisant ses propres ressources matérielles et humaines avec l’appui de dons, locaux pour la plupart. Projet du PNUD pour l’intégration des Roms à Cluj (Cluj-Napoca, Roumanie) Contact : Gabriella Tonk ou Eniko Vince E-mail : gszabo2002@yahoo.com Site web : www.gloc.ro
  30. 30. Tous pour un, un pour tous Imre Mata, alias « Zorro », est l’initiateur d’une démarche locale qui a abouti à la création d’une coopérative sociale dans la région de Cserehát, l’une des plus pauvres de Hongrie. Le projet vise à améliorer le niveau de vie des habitants, essentiellement roms, du village de Fulókércs à travers une série d’activités locales et en offrant des possibilités d’éducation et de création d’emplois. C’est en 1995 que Zorro et sa femme Katalin lancent leur projet avec une fondation néerlandaise qui soutient le développement local dans la région. La fondation donnait des pommes de terre à Zorro pour per-mettre à la population rom de les cultiver. Trois ans plus tard, mari et femme perdent leur emploi, ce qui ne leur laisse désormais pas d’autre choix que de se concentrer pleinement sur leurs activités agricoles et forestières, qui étaient jusqu’alors de simples occupations secondaires. Deux années de collaboration fructueuse donne-ront naissance à la création de leur propre fondation, « Un pour tous, tous pour un », qui à son tour sera à l’origine de toutes les initiatives du couple depuis lors. École pour les enfants roms Première mission de la fondation : débar-rasser les zones forestières de tout leur bois « sans valeur », pour le redistribuer aux familles des travailleurs. Parallèlement, la fondation crée une école du samedi ouverte aux enfants roms et offre des bourses d’études à des jeunes Roms et non-Roms. Elle initie par ailleurs plusieurs programmes, dont l’initiative « Lait pour les enfants », des cours de tâches ménagères et de tissage destinés aux femmes, ainsi qu’un système de donation communautaire (de pommes de terres, de haricots et de chaussures, entre autres dons). 30 |
  31. 31. En 2005, la fondation s’engage dans le programme PNUD-Cserehát dans le cadre duquel elle parvient, en collaboration avec le centre de ressources du PNUD et des animateurs, à accroître les compétences et le potentiel des acteurs locaux et à fixer des objectifs stratégiques d’avenir qui répondent à la demande du marché. Coopérative sociale Dix années de dur labeur plus tard, la nécessité d’établir une coopérative sociale s’impose en 2010 et l’équipe parvient à décrocher une subvention du Fonds social européen (FSE). La coopérative peut rénover son siège, assurer la formation adéquate des travailleurs, renouveler son équipement en vue de commandes plus importantes et employer 10 personnes pendant un an. Un autre des programmes soutenus par le FSE, à savoir l’école du soir en alternance gérée par la fondation de Zorro, a connu des avancées majeures au cours de l’année dernière. L’école pour enfants roms est, quant à elle, désormais accessible tous les jours. La coopérative sociale est aujourd’hui à l’origine de 8 à 31 emplois (en fonction de la saison) dans le village et l’école du soir en alternance accueille désormais 45 enfants. L’initiative locale réinvente l’Europe | 31 La coopérative bénéficie également d’une aide FEADER-LEADER qu’elle compte investir dans l’achat d’un nouveau tracteur, d’une remorque et d’une machine à fendre du bois. Prochaine étape ? L’ouverture d’une petite usine de briquettes, l’objectif principal étant d’employer 30 personnes durant toute l’année. Coopérative sociale régionale Kegyetlen (Fulókércs, Cserehát, Hongrie) Contact : Imre Mata E-mail : teeromaa@freemail.hu Site web : www.szocszovfulokercs.hu
  32. 32. « Spazio Ragazzi » : l’agriculture sociale pour les jeunes Le modèle italien d’« agriculture sociale » a été introduit dans la province de Grosseto, en Toscane, en 2009. L’une des initiatives qui en sont issues concerne les enfants et les jeunes. En Italie, l’agriculture sociale renvoie à un éventail de services accessibles aux personnes vivant en zones rurales et péri-urbaines : la rééducation ou thérapie des personnes handicapées, la formation et le placement professionnel, ainsi que la for-mation et l’éducation de groupes défavorisés (jeunes, émigrés, etc.). L’agriculture sociale s’appuie sur le soutien du gouvernement et la participation du secteur privé et des particuliers. Cette démarche très innovante concerne l’agriculture et l’élevage de bétail, la production alimentaire et la fourniture de services de proximité à la population. C’est ainsi qu’a été lancé le programme « Amiata Responsabile » en 2009 dans plusieurs communes situées au pied du mont Amiata, en vue de mettre en oeuvre plusieurs initiatives d’agriculture sociale. Centre pour les jeunes « Spazio Ragazzi » (Espace Jeunes) en est un des nombreux exemples : doté d’un budget de 295 323 euros, il est géré par le groupe d’action locale LEADER « Fabbrica Ambiente Rurale Maremma » et a contribué à la mise sur pied d’un centre communau-taire rural pour les jeunes de 6 à 14 ans, dans la municipalité de Roccastrada. 32 |
  33. 33. Le centre, devenu une plateforme et un point de ralliement pour les deux fermes partici-pant à ce projet, propose de découvrir la vie rurale et les cycles de production à l’aide d’activités récréatives. Une ferme éducative explique par exemple la culture des légumes et autres produits de l’agriculture. Le centre s’occupe aussi de promouvoir les diverses façons d’améliorer le paysage, la protection de l’environnement, la préservation de la biodiversité et la production d’électricité à partir d’énergie solaire. Le projet propose en outre des activités d’été, comme des camps à la campagne, et offre aux enfants et aux jeunes la possibilité d’expérimenter sur le terrain et pendant les vacances scolaires le lien entre agriculture et nature. Des ateliers enseignent à des groupes d’une soixantaine de jeunes tout ce qu’il faut savoir sur les cycles de plantation, les animaux, le jardinage et l’apiculture. Approche ascendante L’espace pour jeunes est une initiative ascendante qui prend ses racines dans la communauté locale (les familles et asso-ciations). Participent également à cette L’initiative locale réinvente l’Europe | 33 initiative les organismes publics, le groupe d’action locale FAR Maremma et l’uni-versité de Pise, en plus des deux fermes précitées (Pietratonda et Panierino) et de la coopérative sociale gérant le centre rural. Plusieurs autres organisations et asso-ciations agricoles ont également rejoint le projet. La structure elle-même appartient à la commune de Roccastrada. Elle est gérée par Coeso, un consortium d’organismes publics et privés, et par des coopératives sociales privées. L’agriculture sociale favorise la diversifica-tion des activités agricoles et l’engagement des jeunes dans certains aspects du quotidien qui sinon leur échapperaient. Le modèle peut être appliqué à d’autres territoires ruraux. Spazio Ragazzi (Espace Jeunes) (Roccastrada, Toscane, Italie) Contact : Catia Segnini E-mail : info@farmaremma.it Site web : www.farmaremma.it
  34. 34. SEWA, au service des femmes travailleuses indépendantes SEWA, association de femmes travailleuses indépendantes, s’est inspirée des valeurs promues par Gandhi – entraide, solidarité, cohésion locale – pour faciliter la promotion sociale des femmes défavorisées et ce tout au long de leur vie, tant privée que professionnelle. L’association a été fondée en 1972 sous la forme d’un syndicat défendant les droits des femmes qui travaillent sans contrat formel. L’un des objectifs de SEWA consiste à aider ces femmes à améliorer leurs conditions de vie et de travail en négociant des salaires plus avantageux. Établie à Ahmedabad dans l’État du Gujarat, cette association indépendante compte plus de 350 000 membres. Elle déploie également son expertise dans la mise en oeuvre de programmes similaires dans d’autres pays comme l’Afghanistan et le Sri Lanka. SEWA a mis sur pied une série d’activités à cet effet (services bancaires, micro-finance-ment et retraites, cours d’alphabétisation et commerce équitable de produits artisanaux), en fonction des besoins de ses membres tout au long de leur vie. Une banque coopérative pour les femmes Cette approche basée sur les cycles de la vie a par exemple donné naissance à un service bancaire exclusivement réservé aux femmes afin de répondre à 34 |
  35. 35. leurs demandes de petits prêts destinés à acheter des matières premières ou des marchandises à vendre, demandes que rejetaient les banques ordinaires. Le service bancaire de SEWA, en revanche, offre des produits et services répondant à des demandes spécifiques comme le prêt financier pour l’achat de produits destinés à la revente, pour les naissances, mariages, funérailles, la formation professionnelle, l’achat d’une maison, etc. Pour garantir l’autonomie des emprunteurs vis-à-vis des prêteurs, SEWA encourage ses membres à l’épargne sur le long terme, condition sine qua non pour bénéficier de micro-financements. La banque propose également un compte de dépôt à terme qui produit un taux d’intérêt composé. Nombre des membres étant illettrées, l’association utilise des vidéos pour enseigner aux femmes à calculer le taux d’intérêt. En 2010, la banque de SEWA enregistrait 330 000 clientes qui ont épargné un total de plus d’un milliard de roupies (environ 20 mil-lions d’euros). Un succès qui encourage d’ailleurs le gouvernement indien à envisa-ger l’ouverture d’une banque exclusivement réservée aux femmes. L’initiative locale réinvente l’Europe | 35 Centres de ressources SEWA En dehors d’Ahmedabad, SEWA aide les femmes dans d’autres lieux défavorisés en leur offrant de nombreux services. Un centre communautaire situé dans la zone rurale de Pij offre ainsi son aide dans la syndicalisation des femmes travaillant dans l’industrie du tabac. Ce soutien se concré-tise par des formations lors desquelles les femmes apprennent à se servir d’un ordinateur, ainsi que des ateliers mis en place pour le traitement de produits locaux tels que les épices et les légumineuses. D’autres centres similaires ont vu le jour sur l’ensemble du Gujarat, qui partagent les ressources locales comme celles fournies par les centres régionaux de SEWA. SEWA – Association des femmes travailleuses indépendantes (Gujarat, Inde) Contact : Jyostna Patel E-mail : jyotna.patel@aeidl.eu Site web : www.sewa.org/
  36. 36. Les femmes plus autonomes à Kavar Dans l’une des régions les plus pauvres de Turquie, le Projet de développement rural du bassin de Kavar a ­permis à des centaines de femmes non seulement de toucher des revenus mais aussi de jouer un rôle actif dans la conception et la mise en oeuvre d’une série d’initiatives locales. En Turquie, 39 % de la population rurale vit dans la pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 3 euros par jour. La Fondation Husnu M. Özyeğin a entrepris de s’attaquer à ce problème et de démontrer qu’une approche intégrée et multisectorielle impliquant différents acteurs socioéconomiques peut déboucher sur la création d’un modèle de vie rurale décent. Lancé à l’automne 2008, le Projet de développement rural du bassin de Kavar concerne six villages et cinq hameaux de la province de Bitlis, dans le sud-est de la Turquie. Cette région est l’une des plus pauvres du pays. La moitié de sa popula-tion a moins de 15 ans. La région a de fait été évacuée dans les années 1990 au cours du conflit armé qui a opposé les militants kurdes à l’armée turque. Développement local intégré Le projet visait plusieurs objectifs spé-cifiques, tels que le développement du potentiel économique, l’amélioration du bien-être social, la responsabilisation des femmes, l’amélioration de l’utilisation durable des ressources naturelles, l’établissement de partenariats pluripartites et l’évolution des politiques rurales vers un modèle participatif. 36 |
  37. 37. Une série d’initiatives ont vu le jour dans le cadre de ce projet : • La formation en apiculture et la fourniture d’équipements adéquats pour 40 femmes de Kavar (ces femmes ont produit 4,5 tonnes de miel en 2013). • La fondation d’une coopérative qui organise la collecte quotidienne de lait et sa vente à une laiterie de Van. • L’implantation de vergers de noyers et de cerisiers pour 124 familles. Pour tous les cultivateurs, une formation en gestion des vergers, taille, élagage et greffe. • L’amélioration des conditions sanitaires des étables. • La création de 5 salles communes à Kavar. La construction d’un centre communautaire et l’installation de 2 fours à pain communaux en vue d’alléger la charge de travail des femmes. • La construction d’une école primaire en vue d’augmenter les taux de scolarisation. Deux écoles maternelles, des plaines de jeux et un dortoir pour les instituteurs. • Une bourse pour les étudiants universi-taires et une formation en informatique et des cours préparatoires à l’entrée à l’université pour les jeunes. • La mise en place d’un choeur d’enfants et l’organisation de festivals d’été. • Des cours d’alphabétisation et de soutien pour les femmes. Durabilité Grâce à ses activités « économiques », le projet a permis à des centaines de femmes de bénéficier d’un revenu, en plus de jouer un rôle dans la conception et la gestion des initiatives elles-mêmes. L’initiative locale réinvente l’Europe | 37 Le projet a enfin contribué à la construction de conduites d’eau dans les pâturages et à la formation de bergers dans la protection et l’amélioration des pâturages. Par le biais d’ateliers de plantation d’arbres et de « fêtes des semences », le projet espère que la sensibilisation accrue des jeunes aux questions environnementales les encou-ragera à transmettre leur savoir-faire aux générations à venir. Projet de développement rural du bassin de Kavar (Bitlis, Turquie) Contact : Murat Bayramoglu E-mail : bayramoglu_murat@yahoo.com Site web : http://www. husnuozyeginvakfi.org.tr/en/
  38. 38. Locality, le réseau anglais du développement local Répondre aux besoins des communautés locales d’Angleterre est la raison d’être de Locality, premier réseau britannique d’associations de développement, de centres d’action sociale et d’entreprises solidaires. Locality a vu le jour en 2012 à la suite de la fusion entre les deux organisations établies de longue date que sont l’association des fonds pour le développement (Develop-ment Trusts Association) et l’association britannique pour l’habitation et les centres d’action sociale (British Association of Settlements and Social Action Centres). Le réseau compte plus de 480 organismes membres qui cumulent ensemble un revenu annuel de quelque 389 millions d’euros (dont plus de deux tiers proviennent d’activités commerciales) et un actif total de plus de 784 millions d’euros. Les communautés sont au yeux de Locality des lieux de vie offrant maintes possibilités, de la fourniture de services aux parcs, en passant par les commerces, les logements, les lieux d’autonomisation, la création de richesse ou encore la justice sociale. Esprit d’innovation L’organisation s’efforce de donner un nouveau souffle à l’esprit d’innovation et d’entreprise en vue de promouvoir la construction de communautés fortes dont les membres sont fiers d’y vivre et d’y travailler. Ces membres varient considérablement en fonction des objectifs visés et de l’éventail des activités déployées. Quand il s’agit de répondre à la demande locale, ces activités recouvrent généralement les initiatives de recyclage, les améliorations environnemen-tales, la gestion des espaces publics, le 38 |
  39. 39. microcrédit et la consultance en la matière, ainsi que la médiation de dettes. Les autres champs d’intérêt s’étendent quant à eux du service d’aide aux familles à la formation professionnelle, en passant par les services de garderie, l’organisation de festivals et d’événements artistiques, les programmes de subventions communautaires, les loge-ments accessibles, la formation spécifique et le bénévolat. Dans une optique de justice sociale, les membres sont également très actifs là où le marché présente quelques dysfonctionne-ments, précisément là où l’État et le secteur privé rencontrent quelques difficultés. Exemples Voici quelques exemples d’accomplisse-ments des membres du réseau : • Coin Street Community Builders : établie sur la rive sud de la Tamise à Londres, cette entreprise génère un chiffre d’affaires d’environ 9,7 millions d’euros et son actif s’élève à plus de 36 millions d’euros. Elle gère un centre de proximité, un centre pour enfants, 320 unités d’habitation, un grand centre commercial et d’affaires (dont l’emblématique Oxo Tower), en plus d’organiser des événements artistiques et culturels. www.coinstreet.org • Goodwin Development Trust : situé à Hull, dans le nord-est de l’Angleterre, le fonds possède et gère 14 bâtiments. Il emploie plus de 300 personnes et représente à ce titre l’employeur privé le plus important de la ville. Entièrement géré par les résidents d’une grande cité de logements sociaux, il propose un large éventail de services, dont des garderies, des pro-grammes de formation en entreprise et des projets liés à la santé et au bien-être. www.goodwintrust.org/ L’initiative locale réinvente l’Europe | 39 • Glendale Gateway : située dans une région rurale du nord de l’Angleterre, Glendale dirige un centre communau-taire, une bibliothèque, une auberge de jeunesse, neuf unités de logement et plusieurs magasins. L’association propose également des services d’aide aux entreprises, en plus de gérer l’office du tourisme local, un site web commu-nautaire et plusieurs activités de loisirs. www.wooler.org.uk/glendale-gateway-trust. Locality (Angleterre, Royaume-Uni) Contact : Steve Clare, Directrice générale déléguée E-mail : steve.clare@locality.org.uk Site web : http://locality.org.uk/
  40. 40. « Union Gewerbehof », centre d’entreprises coopératif À Dortmund, des chômeurs ont créé leur propre emploi en convertissant des bâtiments industriels ­désaffectés en un centre d’entreprises coopératif performant. Depuis le milieu des années 1980, « Union », la banlieue ouest de la ville de Dortmund a souffert de la fermeture progressive d’une aciérie et de brasseries. Nombreux furent ceux à délaisser la banlieue en raison des conditions de logement médiocres et parmi ceux qui sont restés, 38 % bénéficient de l’aide sociale tandis que 50 % appar-tiennent à des minorités ethniques ou sont de nationalité étrangère. L’Union Gewerbehof fut lancée en 1986 par un groupe de 13 personnes sans emploi, dont la plupart avaient déjà été enrôlées dans un programme de création d’emplois (ABM ou Arbeitsbeschaffungsmaßnahme). S’inspirant de leurs propres expériences, les membres du groupe ont décidé de créer leur propre emploi. À cet effet, ils ont commencé par rénover un bâtiment industriel désaffecté pour ensuite convertir les installations en espaces commerciaux partagés (à faible loyer) à l’intention de petites et moyennes entreprises (PME). Autre objectif du groupe : intégrer le plus possible des aspects environnementaux au projet en utilisant par exemple des maté-riaux de construction plus écologiques et des systèmes de chauffage peu gourmands en énergie. Le pouvoir de l’entraide Preuve éclatante du pouvoir de l’entraide, presque tout le capital de départ nécessaire à l’initiative provenait des membres eux-mêmes, qui étaient parvenus à lever un total de 51 000 euros sur la base de 67 actions à 767 euros. Un syndicat a apporté sa pierre à l’édifice en consentant un investissement supplémentaire de 10 000 euros. 40 |
  41. 41. Une subvention régionale de 2 millions d’euros a par ailleurs permis de couvrir les coûts de rénovation du bâtiment, qui fut achevée en 1992. À cela s’est ajoutée une petite intervention des services du dévelop-pement économique de la ville. Le centre accueille aujourd’hui 90 entreprises qui emploient un total de 270 personnes. Et bien qu’il abrite des entreprises plus grandes, la majorité de ses locataires sont des micro-entreprises ou des indépendants exerçant seuls qui, pour la plupart, sont actifs dans les secteurs de la création, de la formation et de la consul-tance. Un modèle simple L’Union Gewerbehof se caractérise par un mode de fonctionnement simple : le centre n’a en effet pas besoin de faire de la publicité pour trouver des occupants et, malgré un renouvellement des locataires plus élevé que la moyenne, les espaces restent rarement vides plus de deux mois. Outre les espaces et les commodités, les seuls services officiellement proposés sont la mise à disposition de salles de réunion, L’initiative locale réinvente l’Europe | 41 de toilettes, d’une photocopieuse et d’une machine à café. On y trouve également une cantine végétarienne et un café, qui sont toutefois gérés de façon autonome. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le modèle fonctionne. En effet, en générant un chiffre d’affaires annuel de quelque 500 000 euros, l’Union Gewerbehof est financièrement indépendante. Le loyer s’élève en moyenne à 5 euros (plus environ 2,40 euros pour les charges) par mois et par mètre carré. L’atout majeur du centre réside dans l’absence de garantie locative qui incombe habituellement aux locataires, ce qui le rend d’autant plus accessible à tous les entrepreneurs. Union Gewerbehof (Dortmund, Allemagne) Contact : Hans-Gerd Nottenbohm E-mail : hans-gerd@union-gewerbehof.de Site web : www.union-gewerbehof.de
  42. 42. REALIS, l’écosystème de l’innovation sociale en Languedoc-Roussillon En 2006, l’innovation sociale n’était pas encore à la mode, mais c’est depuis cette année-là que l’Union ­régionale des SCOP (coopératives de production) construit progressivement un ensemble de dispositifs ­complémentaires pour le développement de l’économie sociale en Languedoc-Roussillon. Le Languedoc-Roussillon est une région qui a une double caractéristique : une des plus fortes croissances démographiques d’Europe – la qualité de vie, les conditions climatiques attirent beaucoup de monde -, mais aussi un des taux de chômage les plus importants de France (14,5 %). Activités novatrices C’est à compter de 2006 que des respon-sables des organisations de l’économie sociale ont fait le constat que de multiples personnes avaient des velléités de se lancer dans la création d’activités nou-velles sans pour autant vouloir ou pouvoir créer des entreprises classiques. Il était particulièrement difficile d’accompagner ces personnes et pourtant elles pouvaient représenter un potentiel d’activités et d’emplois conséquents tant en satisfaisant des besoins sociaux aujourd’hui peu ou mal pris en compte. Forts de ces constats, ces « militants coo-pératifs » ont décidé de travailler ensemble, et ont construit patiemment et progres-sivement un ensemble d’outils pour accompagner ces projets émergents, très souvent fragiles, et pourtant porteurs de belles perspectives de développement. Réseau d’outils Ainsi, au bout de quelque sept ans, avec un fort appui du Conseil Régional et de l’Europe, ont été ainsi mis en place : >> ALTER’INCUB, l’incubateur des projets d’économie sociale. Depuis sa création en 1998, ALTER’INCUB a facilité la création d’une trentaine d’entreprises d’économie sociale dans des domaines d’activité très variés, mais avec une prédominance environnement, TIC, santé et culture. >> REPLIC, société coopérative avec des sociétaires publics et privés, crée des entreprises d’utilité sociale et environ-nementale en réponse à de besoins répertoriés sur le territoire. Aujourd’hui REPLIC, ce sont 8 coopératives créées dans le domaine du recyclage, transport, éco mobilité, restauration. L’ensemble représente 70 salariés, dont 35 en insertion. 42 |
  43. 43. >> COEPTIS, une école de management coo-pératif. Destinée aux dirigeants et cadres dirigeants, l’école de l’Entrepreneuriat en économie sociale s’attache à rendre plus lisibles les spécificités managériales et les pratiques de gouvernance des entreprises de l’économie sociale. 10 permanents, 45 professeurs consultants, 3 cycles diplômants, 200 stagiaires par an. >> COVENTIS, une convention annuelle d’affaires des entreprises de l’Economie sociale et solidaire. S’adressant aux professionnels comme au grand public, durant deux jours, COVENTIS est l’occasion pour plus de 130 exposants de présenter leurs actions, services et prestations aux visiteurs. >> L’Hôtel d’entreprises REALIS, inauguré le 13 décembre 2013. D’un coût de 10 millions d’euros, financé par la Région et l’Europe, REALIS peut accueillir de 30 à 50 entreprises d’économie sociale. Il est devenu également le principal point de rencontre de tous les acteurs de l’écono-mie sociale de la région. Pour compléter l’ensemble de ces outils, des financements spécifiques ont été mis en place afin d’accompagner la création et le développement de ces entreprises. L’initiative locale réinvente l’Europe | 43 Tous ces outils sont fédérés sous la marque REALIS, le réseau actif pour l’innova-tion sociale en Languedoc-Roussillon. Aujourd’hui, plusieurs régions françaises s’inspirent de REALIS pour développer leur politique d’appui à l’économie sociale. REALIS a été un des 5 projets retenus par le Prix REVES (Réseau Européen des Villes et des Régions de l’Economie Sociale et Solidaire). REALIS (Languedoc Roussillon, France) E-mail: fbellaredj@scop.coop Site web: www.laregion-realis.fr/
  44. 44. « Torino Social Innovation » À Turin, vingt-six organisations partenaires ont adhéré à un nouveau dispositif d’appui à la création de structures d’innovation sociale par de jeunes entrepre-neurs. Plus de 30 PME vont en bénéficier dès cette année. Les villes font aujourd’hui face à de nouveaux défis qui résultent de change-ments économiques, environnementaux et démographiques. Elles doivent donc concevoir de nouveaux modèles afin de s’inscrire dans une croissance durable, intelligente et inclusive. C’est justement ce genre de modèle que promeut la municipalité de Turin, au nord de l’Italie (900 000 habitants) : Torino Social Innovation (TSI) est un ensemble de straté-gies et d’instruments destinés à soutenir les nouvelles entreprises qui répondent à des besoins sociaux (en matière d’éducation, d’emploi, de mobilité et de santé) tout en prônant des valeurs économiques et sociales. En voici les principaux objectifs : • Favoriser une culture d’innovation sociale et sensibiliser la population et surtout les acteurs économiques et sociaux à une telle culture, • Attirer de jeunes talents innovants par le développement de communautés créatives, • Soutenir des formes inédites d’économie collaborative. Soutenu par l’Italie et l’Union européenne, le programme de TSI – intégré dans le programme européen URBACT – rassemble plusieurs acteurs au sein d’une même plateforme qui compte plus de 26 partenaires représentant la Ville, la Région et la Province, d’autres organisations des secteurs public et privé ainsi que l’Université de Turin. 44 |
  45. 45. Expertise des partenaires Chaque partenaire s’engage, dans son champ d’expertise propre, à promouvoir l’« innovation sociale ». Les partenaires fournissent un large éventail de services couvrant six domaines : 1. Locaux – dont des espaces de travail partagés et des logements sociaux à l’intention des jeunes travailleurs étrangers à la municipalité. 2. Information – formation (ateliers sur l’innovation sociale, cours et événements ponctuels). 3. Soutien technique – intégration de procédures de test et assistance dans la réalisation de prototypes. 4. Accompagnement – aspects juridiques et économiques, consultance en finances et études de marché. 5. Ressources financières – subventions publiques, prêts privés, fonds de garantie publics et nouveaux instruments finan-ciers innovants comme l’équité sociale. 6. Suivi et évaluation – examen des retom-bées sociales des mesures prises. FaciliTo Giovani est la première action découlant du programme TSI, une initiative qui aura cours jusque fin 2015 et vise à soutenir les entreprises actives dans l’innovation sociale. Les bénéficiaires de cette initiative sont les jeunes âgés de 18 à 40 ans, les futurs entrepreneurs et peut-être les spin-offs en activité lancées au cours des quatre dernières années (à condition que la majorité des actionnaires ou représentants légaux soient des jeunes). L’initiative locale réinvente l’Europe | 45 Plans d’activité Entre autres avantages, cette initiative fournit un service d’accompagnement destiné à exploiter les idées des plans d’activité prometteurs qui lui sont soumis et à subventionner des entreprises sociales et innovantes. Cet encadrement est assuré par quatre partenaires, dont l’école polytechnique et l’université de la ville, la municipalité et la Province de Turin. Le budget public total alloué à cette initiative s’élève à 1,65 million d’euros, dont 200 000 euros servent à couvrir les services, 650 000 euros à financer les subventions (fournissant jusqu’à 20 % des coûts éligibles par projet) et 800 000 euros à garantir jusqu’à 80 % des prêts à faible taux du secteur privé. Torino Social Innovation (TSI) (Turin, Italie) Contact : Fabrizio Barbiero E-mail : fabrizio.barbiero@comune.torino.it Site web : www.torinosocialinnovation.it/
  46. 46. La coopération, clé de la revitalisation de Southill à Limerick Southill Development Co-operative (SDC), récemment rebaptisée « Tait House », est une coopérative de citoyens qui soutient le développement local dans un des quartiers les plus défavorisés de Limerick. 299 actionnaires Le quartier de Southill naît et se déve-loppe dans le sud de Limerick au cours des années 1960 et 1970. Il fournit des logements sociaux aux familles ainsi que la main d’oeuvre industrielle nécessaire pour occuper les nouveaux emplois dans la ville. Cette création d’emplois est le résultat d’une stratégie parvenue à attirer des investissements directs étrangers et, dans leur sillage, de nouvelles usines. La fermeture de ces industries dans les années 1980 et 1990, toutefois, ne sera pas sans répercussion sur la population locale, entraînant notamment un taux de chômage élevé. Alors que la situation connaît une légère amélioration au cours des années de croissance économique entre 2000 et 2006, la ville subit de nouveaux revers à la suite de la crise de 2008 et 2009. Un retournement de situation qui se traduit en 2011 par un taux de chômage culminant à 47 % à Southill. 46 |
  47. 47. C’est dans un contexte de chômage élevé que la SDC est créée en 1984 sous la forme d’une coopérative communautaire comptant 299 actionnaires. Elle prend ses quartiers dans la Tait House à partir de 1986, un bâtiment classé appartenant aux autorités locales et se trouvant alors dans un état de délabrement avancé. Le site connaîtra alors une série de rénovations au fil des ans, grâce au soutien d’institutions publiques et du secteur privé. Entreprises sociales Ces dernières années, la coopérative s’efforce de repenser sa stratégie pour faire face aux nouveaux défis que posent les conditions économiques contraignantes et, surtout, afin de moins dépendre des subventions publiques et davantage de la création de ses propres revenus. Le chan-gement de nom en « Tait House » s’inscrit dans cette évolution. Les services fournis par la coopérative portent sur l’information des citoyens sur leurs droits et les questions juridiques, les services d’information et de développement communautaire, la formation des chômeurs et la création d’entreprises, ainsi que l’entrepreneuriat social et l’accès aux offres éducatives. Cette démarche entraîne à son tour un travail de terrain et le développement de programmes éducatifs et de formations visant la multiplication des offres d’emploi à l’intention des jeunes (ex. apprentissage en réparation automobile et garage géré sous la forme d’une entreprise sociale). La coopérative a d’ailleurs récemment étendu ses programmes d’action à la pro-motion de l’emploi des chômeurs de longue durée. Elle emploie en tout de 103 per-sonnes dont 50 s’occupent actuellement de ces programmes. L’initiative locale réinvente l’Europe | 47 En 2012, ses revenus s’élevaient à quelque 1,5 million d’euros provenant d’un ensemble de subventions destinées à la mise en oeuvre de programmes spécifiques (20 %) et des revenus découlant de ses activités (80 %). La coopérative produit un surplus qui est ensuite réinvesti dans ses activités, dont une garderie d’enfants, l’isolation des maisons et les services de mise en conformité à la disposition des ménages de la ville et des comtés environnants, ainsi que la gestion immobilière (ex. architecture paysagère, tonte de pelouses et réparations domestiques). Southill Development Co-operative (SDC) (Limerick, Irlande) Contact : Tracey Lynch, Directrice, Tait House Community Enterprise E-mail : tlynch@taithouse.ie Site web : www.taithouse.ie
  48. 48. Un emploi pour chacun En Thessalie, un projet mobilisateur a permis de mettre en place une coopéra-tive sociale qui vise à créer quelque 90 emplois locaux pour les chômeurs. « Un emploi pour chacun » est une initia-tive conjointe de la Grèce et de l’Union européenne lancée en 2012 et menée par l’agence du développement de Karditsa, l’une des trois municipalités participantes de la région administrative de Thessalie, les deux autres étant Mouzaki et Lac Plastiras. Selon une étude (« Analyse du marché local », 2011) menée avant le début du projet en septembre 2012, ces municipalités ont une population cumulée d’environ 91 000 habitants. Les dernières données régionales en date (2013) fixent le taux de chômage de ce territoire à 25,6 %. Recyclage de produits mis au rebut Le projet bénéficie d’un budget total de 480 000 euros cofinancé (à 80 %) par le Fonds social européen et par le ministère grec du Travail, de la Sécurité sociale et de l’Aide sociale. Ses principaux objectifs consistent à fournir un emploi à quelque 90 chômeurs de longue durée et à créer une entreprise coopérative sociale (ECS) pour la collecte et la gestion de vêtements et d’autres produits textiles usagés pouvant être recyclés. Les bénéficiaires du projet sont des chômeurs de longue durée sélectionnés sur la base de critères spécifiques (écono-miques et sociaux, durée du chômage et expérience professionnelle), d’entretiens et d’évaluations. Ils sont concernés par deux actions principales : un accompagnement (dont des sessions individuelles avec un assistant social et un psychologue à l’entame du projet) et une formation sur la réutilisation et le recyclage des vêtements, ainsi que la gestion des matériaux. Faire du neuf avec de l’ancien Les principaux objectifs visés par l’ECS « Changement » sont multiples : mettre sur pied une entreprise sociale viable qui non seulement fournisse un service de collecte répondant à la demande du marché local (collecte et recyclage de vêtements et produits textiles mis au rebut), 48 |
  49. 49. mais fabrique également des produits à partir des matières recyclées (moquettes et tapis, sacs, jouets, coussins, dessus-de-lit en patchwork, etc.). L’ECS organise leur vente, par exemple à l’occasion de festivals locaux et d’un marché de Noël. Bien qu’elle n’en soit qu’à ses débuts, l’initiative a déjà exercé une influence positive sur les personnes concernées. Elle commence à se faire connaître et bénéficie d’un soutien local. Participent actuellement au projet 16 personnes (dont 4 hommes et 12 femmes de 29 à 62 ans) qui ont toutes déjà travaillé par le passé mais ont perdu leur emploi à cause de la crise économique. Face à l’activité croissante de la coopéra-tive sociale, de nouveaux emplois seront créés en vue de couvrir ses besoins et contribueront ainsi à réduire le chômage. L’initiative locale réinvente l’Europe | 49 L’ECS « Changement » peut également ouvrir la voie à des initiatives semblables dans d’autres régions ou États membres de l’UE, qui utiliseraient ou non les mêmes matériaux tout en s’appuyant sur le même concept, à savoir le recyclage ou la réutili-sation de produits mis au rebut. « Un emploi pour chacun » (Karditsa, Grèce) Contact : Chrysavgi Sengi E-mail : segi@anka.gr Site web : www.anka.gr ou www.topeko-entos.gr
  50. 50. Samsø, l’île des énergies renouvelables Les habitants de l’île danoise de Samsø ont réussi à devenir autosuffisants en énergie : la totalité de leur électricité provient d’éoliennes et plus de 70 % de leurs besoins en chauffage sont satisfaits grâce à l’utilisation de technologies basées sur les énergies renouvelables. C’est en 1997 que l’île de Samsø, qui compte un peu plus de 3 000 habitants, est bapti-sée l’« île des énergies renouvelables » du Danemark, sur la base d’objectifs ambitieux à atteindre à l’horizon 2008 pour devenir autosuffisante en énergie. Cet objectif devient réalité deux ans plus tôt que prévu, en 2006, grâce aux 11 éoliennes érigées sur l’île. Le réseau d’éoliennes génère aujourd’hui suffisamment d’énergie verte pour satisfaire la demande en électricité de toute la communauté de Samsø. Lorsque, par temps peu venteux, ces éoliennes ne peuvent produire assez d’élec-tricité, c’est le réseau principal du Danemark qui prend le relais en alimentant celui de l’île en énergie. En échange, lorsqu’il y a du vent, Samsø exporte son énergie éolienne vers le réseau national. Bilan électrique positif L’île présente de fait un bilan électrique net positif, parce qu’elle exporte bien plus d’énergie vers le continent qu’elle n’en reçoit (chaque éolienne produit assez d’électricité pour alimenter 2 000 foyers par an). Les ménages et les entreprises des plus grandes localités bénéficient du chauffage et de l’eau chaude grâce à des centrales de chauffage à distance alimentées en sources d’énergie renouvelables. Sur la pointe nord de l’île entre les villages de Nordby et de Maarup, c’est une installation de 2 500 m2 de panneaux solaires qui fournit l’eau chaude destinée au chauffage des maisons des villages. Une chaudière alimentée en copeaux de bois provenant des déchets forestiers de Brattingsborg vient compléter le premier système. Dans le sud de l’île, les communes de Tranebjerg, d’Onsbjerg, de Brundby et de Ballen sont raccordées à des centrales de chauffage à distance. 50 |
  51. 51. Plusieurs propriétaires privés ont quant à eux remplacé leur brûleur à mazout par des panneaux solaires, des systèmes de chauffage géothermique et des poêles à copeaux de bois et à pellets. Tous ces efforts réunis permettent de générer de la chaleur qui provient à plus de 70 % de sources d’énergie renouvelables. Académie de l’énergie L’esprit innovant des habitants de l’île ne s’arrête pas là puisque Samsø possède son « Académie de l’énergie », une agence pour l’énergie qui fournit aux habitants comme aux touristes des informations sur les économies d’énergie et les technologies basées sur les énergies vertes. Samsø s’est même vue décerner plusieurs récompenses pour sa transition réussie vers les énergies renouve-lables. Un projet pilote actuellement en cours à l’Académie étudie l’utilisation du colza et des hautes herbes pour le chauffage. L’initiative locale réinvente l’Europe | 51 L’engouement croissant pour les solutions plus durables ne concerne pas uniquement les énergies renouvelables : l’Académie explore d’autres technologies plus vertes à destination du secteur des transports, comme celle qui consiste notamment à uti-liser l’huile de colza et l’hydrogène comme carburants. D’aucuns prévoient déjà que les voitures et camions rouleront bientôt à l’hydrogène généré par les éoliennes. Dans l’intervalle, si la majorité des véhicules circulant sur l’île, y compris pour les trois ferries qui relient Samsø au continent, utilisent encore les carburants traditionnels à base d’hydrocarbures, les émissions qui s’en échappent sont contrebalancées par l’utilisation d’éoliennes en mer. Île des énergies renouvelables (Samsø, Danemark) Contact : Søren Hermansen Site web : www.energiakademiet.dk
  52. 52. ECOLISE : quand le local montre la voie vers une société sobre en carbone ECOLISE, le réseau européen des initiatives locales pour le climat et la durabilité, fédère à travers l’Europe ­plusieurs organisations citoyennes engagées locale-ment dans des actions en faveur du développement durable. Les membres d’ECOLISE comprennent des réseaux internationaux, nationaux et parfois régionaux d’initiatives locales, ainsi que d’autres organismes actifs à l’échelle européenne dans la recherche, la forma-tion, la communication ou d’autres activités, qui soutiennent des actions citoyennes en matière de changement climatique et de développement durable. En rassemblant ces organisations, ECOLISE vise à mettre sur pied une stratégie commune au niveau européen ainsi qu’une plateforme pouvant faciliter des actions collectives. 04 24 10 07 02 23 16 22 15 08 20 11 05 03 25 09 06 17 18 21 13 14 15 19 11 12 01 52 |

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