Press Book TEMOIN

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  1. 1. POUR VOS DÉPLACEMENTS DANS LES ÉTATS SCHENGEN CHOISISSEZ “ L’ASSURANCE VOYAGE CNART” CNART INDÉPENDANCE  : 55, Av Albert Sarraut Tél  : 842.46.06 (Bureau Référence) CNART SIEGE  : Rocade Fann Bel-Air  : 831.06.06 Bureaux de Proximité & Agences Régionales N.B: Remboursement Garanti en cas de non obtention de Visa ATTESTATION SÉCURISÉE Le Hebdomadaire d’Informations Générales TSemaine du Jeudi 02 au Mercredi 8 Mai 2013 EMOINN° 1123 23 ème année - Prix 300 FCfa informer juste et vrai (Page 6) (Page 2)Elles ont diminué de 70 milliards au cours du premier trimestre. MadeMba sock, aPogée et décLin d’un Leader insatiabLe La Médina pleure Papa samba ndir FinanceS publiqueS Les recettes de L’etat en chute Libre conSeil economique, Social et environnemental CommentmmeAminAtAtAll AfAillibouder Plus de 100 organisations féminines vent debout contre le président de la République. Outrée d’avaler des couleuvres sans cesse, la pré- sidente de la troi- sième Institution du pays a failli rendre le tablier… (Lire en page 4) nécrologie page 3 SyndicaliSme
  2. 2. tteennddaannccee//bullesbullesLE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales 2 Le TEMOIN SIEGE SOCIAL Cert-volant lot n°11 / ISSN n°850 99 72 Tél. : 33 824 32 22 BP. 384 - CP 18523 DAKAR RP Email : letemoinhebdo@yahoo.fr Directeur de la Publication : Mamadou Oumar Ndiaye Rédaction Alassane Seck Guèye, Mamadou Oumar Ndiaye Pape Ndiaye, Sophie Bâ, Serigne Saliou Guèye, Maïmouna Faye Moustapha Boye, Moussa Kamara (photo) Infographie EAG Opératrices de saisie : Yacine Niang Thioye, Daba Guèye Impression : Africome Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 kayama le billet de Moussa kamara De nombreux lecteurs se plaignant d’éprou- ver des difficultés pour trouver leur hebdo préféré — du fait de problèmes de distribu- tion auxquels nous sommes confrontés, l’ADP n’ayant plus son réseau d’antan ! —, nous vous rappelons que le plus sûr moyen de rece- voir « Le Témoin », c’est… de s’abonner. - Abonnement simple : 1 an (20.000 francs, frais de port compris pour la région de Dakar). - Abonnement de soutien : 1 an (à partir de 50.000 francs). Pour tout renseignement, appeler Sokhna Diallo et Manuel Thibault, tous les jours, du lundi au vendredi, de 9 à 18 heures au 33.824.32.22. Dépêchez-vous ! abonnez-vous au « témoin » ! Le fils de Thione Ballago Seck a réussi la prouesse de remplir le Grand Théâtre. La performance mérite d’être saluée d’autant plus que ce temple culturel a une capacité de 1800 places. Et quand on sait que trois jours avant le spectacle, il n’était plus pos- sible de trouver un seul ticket d’entrée… C’était samedi dernier à l’occasion de la célébration de son quatrième anniversai- re. Waly Seck est-il entré définitivement dans la cour des Grands de la musique sénégalaise ? C’est la seule question qui vaille après sa première sortie réussie au Grand Théâtre de Dakar. Le jeune chanteur Waly Ballago Seck a réussi son pari de remplir le Grand Théâtre. Il a célébré avec faste le quatriè- me anniversaire de son groupe dans ce nouveau temple de la culture sénégalaise. A cette occasion, il a assuré avec brio. Un spectacle de haute facture qui duré trois tours d’horloge a permis au fils de Thione de confirmer enfin. Des artistes comme Thione Seck, son père, Ndiolé, Aida Samb, Salam Diallo, Ismaël Lo, Doudou Ndiaye Rose, Mapenda Seck, Ousmane Seck, Alioune Mbaye Nder et Fata ont aussi pris part à la fête, tenant à pousser la chansonnette avec le fils du « crooner » Thione Seck. Le public composé en majo- rité de jeunes filles a communié avec le chanteur durant trois tours d’horloge. L’ambiance était à son paroxysme et le spectacle féérique a conquis plus d’un. Certaines personnes friandes d’exhibi- tionnisme comme Paco Jackson, Mbaye Sène et Collé Faye ont rivalisé d’ardeur pour distribuer des billets de banque sur scène. Ce qui a contribué à donner une image peu reluisante de cette fête. Toujours est il que Waly, qui affirmait dans nos colonnes qu’il était conscient de l’ampleur de la tache, a réussi avec brio à mettre un pied dans la cour des grands. Il a démarré son show par le titre « Mbeuguél » avant de boucler par le mor- ceau Bamba. C’est à guichets fermés que le fils de Thione a joué. Ce qui constitue une première pour un artiste de son âge. Il reste à espérer qu’il réussira à poursuivre sur cette prometteuse lancée au contraire de certains artistes qui n’ont pas réussi à rester constants. Le plus dur commence pour lui. quatrième anniverSaire de Waly Seck Le fils de thione relève avec succès le défi du grand théâtre « Travaillez dans ce monde comme si vous deviez vivre éternellement et priez comme si vous deviez mourir demain » recommandait le Prophète Mohamed (Psl) à ses disciples. En liant à la fois ces deux concepts pratiques et philoso- phiques, le grand entrepreneur et enfant prodigue de la Médina, Pape Samba Ndir s’est activé durant toute sa vie dans le social comme s’il devait vivre éternelle- ment. Hélas, Dieu a fait qu’il n’a pas vécu longtemps sur terre, autant en tout cas que l’auraient souhaité les habitants de cet ensemble de quartiers, puisqu’il est parti la semaine dernière à la fleur de l’âge laissant d’innombrables orphelins de ses multiples bienfaits. Une courte vie certes, mais pleine de bienfaits. Décédé à son domicile sis à la rue 6x19 de la Médina à Dakar, Pape Samba Ndir était un des hommes les plus généreux que le Sénégal ait jamais connus. Il avait toujours la main à la poche, à aider les veuves, les orphelins, les démunis. Il était à lui seul une sécurité sociale ambulante qui réglait discrètement les arriérés de loyers, payait les factures d’eau, d’électri- cité, du téléphone, volait au secours des mosquées, soutenait les jeunes, finançait baptèmes, mariages, cérémonies funérai- res… C’est bien simple d’ailleurs, quand les riches de se pays se calfeutrent dans leurs bunkers, mettent des « chiens méchants » derrière leurs hauts murs, éteignent leurs téléphones portables, se deceS de pape Samba ndir une étoile filante de générosité s’en est allée font escorter par des gardes du corps et vont habiter loin de leur quartier de nais- sance, Papa Samba Ndir, lui, mettait sa chaise plainte devant chez lui, à la Médina, tous les soirs pour mieux rece- voir les visiteurs. Oui, sa vie durant, « Zambo », comme il était surnommé, aidait les plus démunis et assistait les populations déshéritées. Dans les mos- quées comme dans les foyers de la Médina, les nombreux gestes de solidari- té de Papa Samba Ndir étaient envelop- pés de discrétion. Qui n’a jamais croisé cet homme plein d’enthousiasme et de bonne humeur dans les rues de ce quar- tier traditionnel ? Au cours de ses funé- railles, la Médina n’a pas désempli d’ano- nymes et d’humbles venus témoigner, les larmes aux yeux, des bienfaits que le défunt leur a rendus à l’abri des regards et des oreilles indiscrets. Papa Samba était à la fois le père et la mère de la plupart des veuves et orphelins de la Médina mais sa renommée de générosité s’étendait bien au-delà de la région de Dakar. Et pour cause, la survie quotidienne de dizaines de gens dépendait de « Grand Pape Samba » ou « Moussé-le-Maire » comme on l’appelait dans le voisinage. « Nous ne savons pas ce que demain nous réservera, mais je reste convaincu que beaucoup de pères ou de mères de famille peineront un jour à trouver un mouton de Tabaski. Parce que chaque année, et pendant long- temps, c’est Pape Samba Ndir qui distri- buait des moutons de Tabaski à beaucoup de familles… » a témoigné son ami et vrai frère Nago Diop. Lequel était venu parti- ciper à l’émission spéciale que la Top Fm, la radio du « Témoin », a rendue mercre- di à l’illustre disparu. Plein de générosité et d’amour pour les siens et pour tant d’autres aussi, Pape Samba Ndir était un « mauvais » politicien dans le sens où il laissait ses adversaires récolter les fruits de son travail politique. Cet homme aux multiples facettes que la Médina pleure encore aurait voulu avoir plusieurs vies pour pouvoir offrir davantage de son temps et de sa fortune à ses semblables. Partenaires comme adversaires. C’est ce qui explique que, lors de ses funérailles, l’observateur ne savait pas à quel parti politique se vouer pour pouvoir identifier le camp de l’illustre disparu. Parce que les leaders politiques issus de l’Apr, du Ps, du Pds et de Rewmi ont eu à faire presque le même témoignage élogieux sur le défunt. « Papa Samba était un frère et un camara- de de parti. Il était loyal et fidèle. Il était généreux et pieux. La Médina perd un illustre fils… » Encore Pape Samba Ndir, lui, le grand humaniste ! Toujours déterminé à mener des actions de terrain aux bénéfices des autres. Comme ce fut le cas lors du décès des neuf talibés de la Médina où il a pris en charge certaines familles rescapées. Ses amis vous le diront, le défunt aimait vivre en solidarité. Et ceux qui l’ont côtoyé avaient toujours de quoi laisser à la maison avant de revenir prendre le thé à ses côtés. Du thé qu’il aimait également partager avec n’importe quelle personne, histoire de rabaisser sa modeste person- ne. « Vous connaissez les pharmaciens ambulants ? Ce sont les petits vendeurs de médicaments de la rue… Eh bien, il n’était pas rare qu’un pharmacien ambu- lant échoue devant la porte de la maison pour y boire du thé avec Pape Samba… » ajoute Nago Diop. À ses amis, voisins et camarades ainsi que sa famille éplorée, « Le Témoin » — notre journal dont il était un grand lecteur — présente ses condoléances attribuées. Que la terre de Touba — où le Mouride « Sadikh » qu’il était a été enterré — lui soit légère. Pape NDIAYE bLeu bLanc Foot On a tous, quelque part en nous, au cœur, au corps et dans les replis de notre mémoire, un petit bout ou un morceau de JA, de Jaraaf. Ces deux clubs de notre enfance et de notre adolescence, charis- matiques et historiques, causes de tant de rêves et aussi de cauchemars. Qu’en reste- t-il aujourd’hui ? Presque rien ou en tout cas pas grand-chose. Des soupirs et des souvenirs. Beaucoup de torts et des remords en attendant la mort. Oui, la mort des clubs traditionnels à la gestion informelle. Depuis que nos deux clubs si chers sont passés aux mains de dirigeants sans envergure, sans culture sportive, les plus purs et les plus sûrs des fidèles ne pouvaient que les fuir. Pour créer d’autres entités qui fleurent bon la modernité sur tous les plans. La Jeanne d’Arc qui se morfond dans les tréfonds d’un champ- ionnat de seconde zone, qui l’eut cru ? Quand le Jaraaf, l’éternel rival, ennemi intime et non moins cousin voulu par le destin, parvient au prix d’une remise en cause cathartique à toujours voguer dans les flots du foot national, la Vieille Dame, elle, sans jeu de mot, se crame à petit feu ! Quand Le Témoin titrait que trop de presse tue la presse, j’acquiesce pour ajouter que trop de liberté tue aussi la liberté. Quand on laisse des manants sub- itement riches de millions sans traçabilité postuler à des postes aussi prestigieux que président de club, voila où ça nous mène ! Vers les abysses ! Jeanne d’Arc, Jaraaf, Gorée, les seuls clubs nationaux avec des supporters partout, d’un bout à l’autre du pays. De Ziguinchor à Podor, en passant par Tambacounda, Malicounda, Nioro et Mboro, à Kayar et à Ndar, tous les footeux en pincent pour l’équipe loca- le, certes, mais sont aussi au vrai Jaraafmen ou Ja men. ‘’C’est ça la réalité ‘’ pour paraphraser notre bon cher papa Bescaye Diop, parti il y a quelques années, laissant beaucoup de supporters de la JA dans l’embarras. Que meure donc cette JA là. Et vive une autre JA. La renaissan- ce d’une JA, gérée par ses fils et petits fils formés à bonne école qui ne dédaigneront pas de faire appel à la sagesse et à l’exper- tise de membres éminents du club. Une JA où la parodie de démocratie du plus grand nombre ne serait plus de mise. Les erreurs de casting qui avaient écarté et isolé de brillants sujets au profit de com- binards et loubards sans scrupule servi- ront de leçons. Diriger la Jeanne d’Arc est sans commune mesure avec la direction d’une écurie de … gros bras. Un club de foot professionnel où l’on brasse des milliards fruits de transferts et d’achats de joueurs stars entre les mains d’un ignare du star-système, sans entrée à la City, sans connexion à Paris, Wall Street et Zurich ne humera jamais l’air de la cour des grands…
  3. 3. Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 aaccttuueeLL LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales3 De Charybde en Scylla. Vous vous attendiez à une amélioration de la situation des finances publiques ? Détrompez-vous ! Oh certes, beau- coup d’efforts ont été réalisés sur le plan macro-économique et, de fait, le déficit budgé- taire a été sérieusement réduit. De même, des gestes ont été faits dans le sens du paiement de l’énorme dette intérieure. Le ministre de l’Economie et des Finances, M. Amadou Kane, a même prétendu avec un bel aplomb, à la veille de la tenue de la réunion des ministres des Finances de la zone Franc dans notre pays, il y a trois semaines, que tous les arriérés rela- tifs à cette dette ont été épongés. Une déclara- tion qui a été aussitôt démentie par de nomb- reux opérateurs économiques qui courent der- rière les créances que l’Etat leur doit, souvent depuis plusieurs années. Et puis, pas plus tard que la semaine dernière, des confrères ont révélé que les propriétaires d’immeubles loués à l’Etat n’ont pas été payés depuis plusieurs mois… Bref, la situation des finances publiques, on le savait, n’était pas très reluisante. Eh bien, elle vient de se dégrader sérieusement depuis le début de l’année en cours. La faute à une insuf- fisante maîtrise du nouveau Code général des Impôts dont la mise en œuvre de certaines dispositions s’est révélée plus difficile que prévu. Des errements auxquels s’ajoute la morosité économique ambiante. Résultat : les recettes fiscales de l’Etat ont baissé de 70 milliards de francs au cours du premier trimes- tre 2013. Et ce par rapport aux objectifs fixés par les autorités. Ce déficit est plus grand au niveau des impôts et taxes intérieurs collectés par la Direction générale des Impôts et Domaines, puisqu’il atteint le chiffre abyssal de 55 milliards de francs. Un manque de perfor- mance dû, encore une fois, aux difficultés ren- contrées dans l’application du nouveau Code général des Impôts entré en vigueur au début de cette année. Quant à la Douane, elle affiche un gap de 15 milliards de francs par rapport à ses objectifs. Et ce même si, sur le papier tout au moins, l’ad- ministration des gabelous a plutôt atteint ses objectifs. Seulement voilà : ces 15 milliards qui manquent dans les caisses correspondent effectivement aux droits que la Senelec lui doit au titre de l’importation des hydrocarbures devant faire tourner ses centrales électriques. L’électricien national étant dans une situation financière catastrophique ne peut évidemment pas payer cette somme qu’elle doit effective- ment. Et pas question pour la douane de blo- quer ses camions citernes, au risque de provo- quer des émeutes de l’électricité dans le pays ! Or, quand on sait que les finances publiques étaient déjà déficitaires en temps normal, ce gap de 70 milliards de francs — en trois mois tout de même — dans les recettes fiscales ne va évidemment pas arranger les choses ! En temps normal, quand les administrations fiscales sont extrêmement performantes et que l’économie tourne à plein, ces recettes fiscales de l’Etat font 105 milliards de francs en moyen- ne. La Direction générale des Impôts et Domaines y contribue pour 60 milliards de francs tandis que sa grande rivale, l’administra- tion des Douanes, crache au bassinet à hauteur de 40 milliards. Le reste a des origines diverses. Seulement voilà, au cours des trois premiers mois de l’année 2013 en cours, ces recettes n’ont atteint — et encore avec beaucoup de peine ! — que 92 milliards par mois. Or, si ces recettes de l’Etat ont piqué du nez, les charges, elles, restent constantes. Le principal poste de dépenses est représenté par les salaires et pen- sions qui atteignent 53 milliards mensuels en moyenne. Le reste est constitué par les échéan- ces de dette intérieure et extérieure pour les- quelles le Trésor public décaisse 50 milliards de francs par mois. Les recettes sont déjà pulvéri- sées depuis longtemps ! Et ce même si l’Etat reçoit des appuis budgétaires de la part de ses partenaires pour une enveloppe qui varie entre 10 et 15 milliards tous les trois mois. C’est ce qui permet d’atteindre l’équilibre si les objectifs normaux de recettes fiscales — 105 milliards — sont atteints. Or, on l’a vu, depuis le début de l’année, on est loin du compte. Ce n’est pas tout car il y a aussi le Budget consolidé d’investisse- ment (BCI) qui se monte à 500 milliards de francs par année. Ce qui, rapporté au mois, fait 45 milliards environ. Une somme qu’il faut aussi trouver. C’est tout cela qui fait que l’Etat fait régulièrement appel au marché pour emprunter de quoi combler son déficit budgé- taire. D’où les nombreux emprunts obligataires et autres ventes de bons du Trésor. Les admi- nistrations fiscales se veulent rassurantes, tou- tefois : ces contreperformances sont conjonctu- relles et la courbe des recettes devrait être redressée très vite afin que les objectifs fixés par l’Etat soient atteints. A condition que le cli- mat social ne se détériore pas ! ZérO POINTé POur L’ENErgIE, bONNEs NOTEs POur L’EDucATION ET L’ENsEIgNEMENT suPérIEur Sur un autre plan, les oreilles de la délégation gouvernementale — conduite par le ministre Amadou Kane — ont sifflé il y a deux semaines sur les rives du Potomac, à Washington, où se tenaient les Assemblées du Printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire inter- national. Car si, d’une manière générale, le cadrage macro-économique du Sénégal est bon — pour le plus grand malheur des Sénégal que cette orthodoxie n’arrange pas ! —, le talon d’Achille demeure le secteur de l’Energie où les performances du gouvernement sont jugées catastrophiques. En effet, avec ce langage tout d’euphémisme de la Banque mondiale, l’on considère que ce secteur « n’est pas géré ». Autant dire qu’il n’y a pas de ligne directrice claire, le Sénégal n’indiquant pas un plan pour résoudre durablement la lancinante question du sous-secteur de l’électricité. Dans les cou- loirs de la banque, il se dit que même le patron Afrique de cette institution, notre compatriote Moctar Diop (ancien ministre de l’Economie et des Finances de Wade !) n’oserait même plus défendre le dossier du Sénégal devant le conseil d’administration de la BM où il est régulière- ment titillé sur la question de l’Energie. Et par- ticulièrement des mauvaises performances du sous-secteur de l’électricité qui plombe tant la croissance de l’économie nationale. Car si les institutions de Bretton Woods ont toujours exigé la réduction de la subvention gouverne- mentale accordée à la Senelec, histoire d’appli- quer la vérité des prix — une mesure contre laquelle syndicats et associations de consom- mateurs sont vent debout (cette subvention a malgré tout été réduite de 120 milliards à 80 milliards dans le présent budget)! —, elles exi- gent à présent que le Sénégal restructure carré- ment le secteur et leur propose un plan cohé- rent dans ce sens. Autrement dit, elles veulent une alternative au plan « Takkal » qui lui, au moins, était structuré. Le problème, c’est que les nouvelles autorités ont dénoncé ledit plan sans en proposer un autre ! D’où les sévères remontrances faites à la délégation sénégalaise afin que le gouvernement se grouille enfin pour élaborer cette politique énergétique. Ce qui, en creux, sonne comme un sérieux doute exprimé sur les compétences du ministre Aly Ngouille Ndiaye dont la politique de « mix énergétique » a du mal à prendre forme. Mieux, les Sénégalais se demandent en quoi elle consiste. Il n’y a pas qu’eux seuls à se le demander, appa- remment… S’il y a en revanche deux ministres dont l’action est appréciée par les institutions de Bretton Woods, c’est bien les sieurs Serigne Mbaye Thiam et Maryteuw Niane. Les performances de ces deux ministres qui gèrent un secteur non productif, ¬ c'est-à-dire les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, sont jugées bonnes et comme méri- tant d’être encadrées davantage. En somme, l’éclaircie dans la grisaille gouvernementale… Mamadou Oumar NDIAYE economie Les recettes de l’etat en chute libre durant le premier trimestre 2013 Les institutions de Bretton Woods ont effectivement tancé le gouvernement à propos du dossier de l’Energie. Cette demande de cotation fait suite à l’Avis Général de Passation des Marchés publié le 18 avril 2013 sur les sites web de MCA-Sénégal, Development Gateway Market (DG Market) et de United Nations Development Business (UNDB), de même que dans les journaux locaux suivants : Le Soleil 23 et 25 avril 2013, TEMOIN de la semai- ne du 22 au 28 avril 2013 et l’AS du 24 avril 2013. La Millennium Challenge Corporation ("MCC") et le Gouvernement de la République du Sénégal (le «Gouvernement» ou «GoS») ont conclu un Compact pour l’Assistance de Millennium Challenge Account pour faciliter la réduction de la pauvreté par la croissance économique de la République du Sénégal (le "Compact") pour un montant d’environ cinq cent quarante millions US Dollars (US $ 540.000.000). Le Gouvernement agissant par l’intermédiaire du MCA-Sénégal se propose d’affecter une partie du financement du MCC au règlement des paiements autorisés au titre du présent contrat prévu pour couvrir le coût de la Fourniture et l’installation d’Equipements Hydrométriques pour le PMU SAED de MCA Sénégal. Les équipements et prestations à acquérir, objet de la présente demande de cotation sont essentiel- lement constitués de débitmètres continus, de GPS, et de formation à dispenser. L’entreprise sera sélectionnée conformément aux procédures définies dans les Directives du Millennium Challenge Corporation concernant la demande de cotation (Octobre 2009). La Demande de Cotation sera ouverte seulement aux Soumissionnaires éligibles. Les soumission- naires qui souhaitent participer doivent exprimer leur intérêt par courriel, aux adresses suivantes, en indiquant leurs coordonnées complètes, pour se faire enregistrer : Email: pamsenegal@charleskendall.com ; Copie: info@mcasenegal.org ; procure- ment@mcasenegal.org Les soumissionnaires ainsi enregistrés pourront recevoir la demande de cotation qui leur sera envoyée par courriel. Ils pourront également retirer la Demande de Cotation en la téléchargeant directement à partir du site de MCA-Sénégal (www.mcasenegal.org), après la formalité d’enregistrement. Les cotations portant la mention « Demande de cotation IWRM10 – Fourniture et l’installation d’Equipements Hydrométriques pour le PMU SAED de MCA Sénégal» doivent parvenir sous pli fermé en quatre exemplaires, dont un (01) original et trois (03) copies, au plus tard le vendredi 10 mai 2013 à 12H (Heure de Dakar) à l’adresse suivante : Bureau du Procurement Agent (Charles Kendall & Partners Ltd.) Bâtiment accolé à celui de MCA Sénégal 6 Route de Ngor X Hôtel Ngor Diarama Dakar Les plis qui parviendront après expiration du délai mentionné ci-dessus ne seront pas recevables. Le Directeur Général de MCA SENEGAL gouvernement du Senegal ------------ primature ------------ millennium cHallenge account Senegal (mca-Senegal) aVis de deMande de cotation Pour L’acQuisition et L’instaLLation d’eQuiPeMent hYdroMétriQues Pour Le PMu saed de Mca senegaL
  4. 4. Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 aaccttuueeLLLE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales 4 Chassée du secrétariat général de la prési- dence de la République, Mme Aminata Tall semble être une alliée encombrante pour les faucons qui reprennent du service dans l’en- tourage du président Macky Sall. Même le fait de l’avoir éloignée de la présidence de la République en la nommant présidente du Conseil économique, social et environne- mental (CESE) n’a apparemment pas suffi à satisfaire l’ostracisme de ces responsables de l’APR (Alliance Pour la République). Lesquels voulaient apparemment faire de cette dame connue pour sa forte personnali- té, une présidente potiche, c’est-à-dire sans pouvoirs et qui ne serait là que pour la gale- rie. A preuve par la récente nomination des membres de ce CESE où il a fallu que l’an- cienne secrétaire générale de la présidence de la République — et ancienne mairesse de Diourbel — tape sur la table et menace de démissionner pour que le président de la République lui-même revienne sur une éniè- me tentative de lui faire avaler des couleuv- res. Il faut dire que la dernière était trop grosse puisque le successeur de Wade vou- lait tout simplement former à sa place son propre cabinet en y affectant des personna- ges connus de lui seul ! Niet catégorique de Mme Bâ Aminata Tall, qui a mis sa démis- sion sur le plateau de la balance. Sentant qu’elle ne plaisantait pas, le Président a recu- lé. Il faut dire que c’était l’humiliation de trop que Mme Tall ne pouvait pas accepter. En effet, pour ce qui est de la nomination des membres du CESE, le Président n’avait donné à la patronne de cette institution qu’un seul (vous avez bien lu !) poste. Ce que l’hégérie libérale lui a retourné gentiment en expliquant qu’un tel poste représentait un cadeau emposonné et lui créerait plus de problèmes qu’il n’en résoudrait. En effet, en dehors des organisations socio-profession- nelles qui ont eu à proposer leurs candidats, le président de la République s’était appro- prié l’exclusivité de la nomination des per- sonnalités dites qualifiées, en fait des responsables de son parti. Ayant les mains liées, Mme Aminata Tall n’avait aucune marge de manœuvre politique pour nommer des proches. Surtout que, comme pour rec- tifier sa générosité à l’Assemblée nationale où l’Apr, son parti, ne dispose que de 64 députés, le président Macky Sall avait fait du Cese son affaire personnelle. A preuve, il n’a octroyé à un grand parti allié comme le PS… qu’un seul poste ! Même sucette pour la pré- sidente du Conseil économique, social et enrinnemental qui, sur 120 membres, n’a eu droit qu’à un seul et unique poste destiné à son fief de Diourbel. À prendre ou à laisser ! Mme Aminata Tall a choisi de décliner cette offre aux allures de cadeau empoisonné. En effet, elle ne savait pas quoi faire avec un seul maroquin qui risquait de provoquer des frustrations mortelles au sein de son mouve- ment « Set-Sellal » et fragiliser sa base poli- tique. « Président ! Je ne peux rien faire avec ce poste, reprenez-le ! » aurait déclaré poli- ment Mme Aminata Tall dont les propos nous ont été rapportés par ses proches. Politiquement très mûre, la Dame de fer du Baol savait en effet que ce cadeau insigni- fiant risquait de s'avérer empoisonné pour plusieurs raisons. À peine cette page tour- née, le président Macky Sall faisait mine de vouloir lui former son cabinet, c’est-à-dire de trouver à Mme la présidente du Cese des hommes et des femmes qu’il faut aux places disponibles au CESE. « Là Président ! De grâce, laissez-moi constituer mon propre cabinet… » aurait répondu Mme Tall au pré- sident de la République. La sentant braquée, le président avait fini par faire machine arrière. Chose faite ! Souhaitons qu’à ce niveau au moins, c’est-à-dire au sein de son cabinet, Mme Aminata Tall pourra caser quelques militants et alliés à des postes de conseillers spéciaux. Pour rappel, le défunt président Ousmane Masseck Ndiaye en avait une vingtaine. Pendant ce temps, les 100 organisations féminines du Sénégal ruminent leur colère pour le non-respect de la parité au sein du nouveau Conseil économique, social et envi- ronnemental. Ce qui est surtout déplorable, c’est l’absence de cette institution de femmes pionnières qui, jusque-là, symbolisaient l’en- treprenariat féminin au Sénégal. Il s’agit des « Ouvrez le ban ! » Pour ce coup-ci, ce n’é- tait ni le ban annonçant l’arrivée de l’autori- té suprême, ni celui destiné à présenter les armes, mais plutôt le ban de l’excellence ! Un ban du savoir que le colonel Abdourahim Kébé a fait ouvrir en soutenant avec succès une thèse de doctorat. C’était le samedi 27 avril dernier à l’amphi- théâtre de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). A l’occasion de ce grand banquet de l’esprit, ils étaient venus, ils étaient tous là, parents, amis, étudiants et frères d’armes. Au premier rang de cet aréo- page, il faut saluer la présence remarquable du chef d’Etat major général des Armées (Cemga), le général Mamadou Sow « Nogass ». Après avoir bouclé ses humanités sur les « Etudes Anglophones et Comparées », l’an- cien patron de la Dirpa (Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées), le colonel Abdourahim Kébé, devait donc soutenir sa thèse de doctorat sur le sujet : « Action humaine et le sens de la responsabilité : Les récits d’Herman Melville, Stephan Crane et Ernest Hemingway ». Devant un jury composé des professeurs Oumar Sougou, Oumar Ndongo et Cheikh Ahmadou Dieng comme président, l’ancien chef de la Dirpa, le colonel Abdourahim Kébé a brillamment survolé son sujet de littératu- re américaine. Face aux membres du jury, et tout en prenant à témoin le nombreux public, le colonel Kébé a expliqué que, du XIXème au XXème siècles, l’interrogation sur la pertinence de l’action humaine et le sens de la vie dans un univers hostile et chao- tique a été au cœur des préoccupations de la littérature en général et américaine en parti- culier. Il s’est notamment posé les questions suivantes : « La vie est-t-elle le fruit du hasard ? A-t-elle un but précis, ou se limite- t-elle simplement à être ? Vaut-elle la peine d’être vécue ? Est-il possible de la rendre plus conforme à nos aspirations, ou agit-elle de manière aveugle et arbitraire ? ». A ces inter- rogations, le colonel Kébé, qui vient d’être promu attaché de défense du Sénégal à Washington, a notamment répondu que cette quête de sens, portée par tous les cou- rants littéraires de l’époque (19° et 20° siè- cles), découle de la misère spirituelle de l’homme. Et d’expliquer qu’avec la « corrup- tion » du monde chrétien et civilisé, la bruta- lité de la société américaine, les troublants enseignements de Charles Darwin et les catastrophes engendrées par les deux guer- res mondiales, le Dieu des puritains est mort, laissant l’homme face à une vision d’un monde sans Dieu. » Pour l’officier supérieur de l’armée sénégalaise, il fallait, dès lors, comme Sisyphe, que l’homme justifiât son existence par son courage et sa fière révolte contre les forces irrationnelles qui l’entou- rent. « Seulement, par rapport aux idéologies de l’époque, l’action humaine devient insen- sée, car l’homme reste trivial et à la merci des circonstances qui, seules, décident de son sort. Ses efforts pour maîtriser son environ- nement sont toujours vains, car le destin est souvent détourné en parodie ou en simulac- re » a-t-il fait comprendre dans son cours magistral. Pour tenter de convaincre le jury, le colonel Abdourahime Kébé précise que la réaction de l’homme face à la tragédie de la vie et la futilité de son existence (…) ne doit nullement conduire à la contemplation ; l’homme doit agir malgré tout, car son action n’est pas forcément sans signification. » Dans sa thèse soutenue devant une auguste assemblée, le colonel Kébé a aussi fait ressor- tir que la ressemblance sur certains points des positions philosophiques des trois romanciers étudiés, malgré leur appartenan- ce à des courants littéraires différents, cette ressemblance montre la continuité histo- rique, thématique et littéraire de la pensée américaine, notamment en ce qui concerne l’absurdité de la vie et la réaction de l’homme face à l’inconnu. « Parce que leurs œuvres participent de ce que Camus appelle le “sen- timent de l’absurdité“ » dit-il tout en révélant qu’une partie de ses études a porté sur la nature de la quête des personnages princi- paux des trois romans de référence. Et sur- tout du romancier américain Moby Dick et sa fameuse « Baleine blanche » qui se trouve être un cachalot blanc particulièrement féro- ce et d'une taille impressionnante, qui lui a arraché une jambe par le passé. À travers le voyage de son personnage principal, le colo- nel Kébé campe le débat littéraire et philoso- phique du Bien et du Mal ainsi que celui de l'existence de Dieu. Il a aussi abordé l’aspect de la mort et l’absence totale d’une quel- conque expérience puisque aucune personne n’est revenue de sa tombe. Au terme de quatre heures d’un exposé dense, le public, accroché aux lèvres de l’im- minent impétrant a pu se convaincre que les concepts « action », « humanisme », « réalisme », « fatalité », « naturalisme », « absurde », « désillusion », « Dieu » etc. sont les principaux mots clés qui ont jalonné toute cette dure épreuve académique à laquelle était soumise le colonel Abdourahim Kébé face à ses « bourreaux » de professeurs membres du jury. Un véritable parcours du combattant… intellectuel au bout duquel le brillant officier de l’Armée a pu s’en sortir indemne et, surtout, haut la main. A preuve, après s’être retiré pour délibérer, le jury est revenu dans la salle pour élever Abdourahim Kébé au grade de Docteur. Et ce avec la men- tion « Très honorable ». Un résultat accueilli par une salve d’applaudissements, ce qui était bien le moins. Qui a donc dit que les fantassins n’ont que leurs muscles pour se faire valoir ? Le colonel Abdourahim Kébé vient de soutenir le contraire… Le « Témoin » adresse ses chaleureuses félicitations à cet officier qui s’est signalé, durant toutes les années où il a officié à la tête de la Dirpa, pour sa grande disponibilité à l’endroit des journalistes… Pape NDIAYE eXcluSiF : nomination deS membreS du conSeil economique Social et environnemental comment Mme aminata tall a décliné l’unique poste de conseiller qui lui a été octroyé Sous la bannière de la parité, les organisations de femmes en guerre contre le président Macky Sall. grandes opératrices économiques comme Adja Dior Diop, présidente du Rasef, Mme Oulimata Dioum, présidente de l’Afepes, Mme Khady Fall Tall de l’Afao (Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest) et Khady Ndao du réseau des Femmes Rurales. Sans compter une battante comme Mme Maïmouna Dieng, directrice de l’Ecole internationale de Coiffure. Mmes Adja Dior Diop et Oulimata Dioum surtout, s’activent depuis des décennies dans tous les domai- nes d’activités économiques, mais aussi dans le social, pour aider et assister leurs sœurs opératrices en les initiant aux méca- nismes de l’entreprenariat féminin. Et pour avoir mis leur dynamisme au profit du social et de l’économie, ces deux grandes importa- trices, Adja Dior Diop et Oulimata Dioum avaient été décorées par le président Abdou Diouf de la médaille de l’Ordre national du Mérite. Sous Me Abdoulaye Wade, aussi, elles ont été distinguées et singularisées. Il a fallu l’arrivée du président Macky Sall pour qu’elles soient oubliées. En lieu et place, c’est Mmes Tiné Ndoye et Abibatou Ndiaye, deux femmes inconnues du monde de l’en- treprenariat féminin, qui sont entrées par effraction dans l’institution dirigée par mme Aminata Tall. Mme Tall qui va certainement se demander d’où viennent ces deux dames. Une chose est sûre : les associations de fem- mes ne comptent pas baisser les bras puisque, sous la bannière de la parité, elles ont décidé de combattre politiquement le président Macky Sall. Et on voit mal ce der- nier s’en sortir politiquement indemne compte tenu de la capacité de mobilisation des femmes, particulièrement de toutes ces grandes dames laissées en rade. Par Pape NDIAYE pour avoir Soutenu avec SucceS une tHeSe de doctorat Le colonel abdourahim kébé ouvre le ban de l’excellence à l’ucad
  5. 5. Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 5 LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales aaccttuueeLL PrEAMbuLE Les éditeurs de programmes audiovisuels souscrivent à un cahier des charges pour encadrer la conception et la mise en œuvre des contenus proposés. L’une des principales obliga- tions précisées dans ce cadre concerne la mise en place d’une commission de visionnage, chargée de proposer à l’é- diteur une classification des programmes, dont la composi- tion est portée à la connaissance de l’autorité de régulation. L’existence de cette instance interne permet d’anticiper les éventuels dérapages et participe des efforts de protection des consommateurs, particulièrement du jeune public. Respect du cahier des charges. Force est de constater cependant, la carence des éditeurs de programmes audiovisuels sur ce point. L’absence d’infor- mations complètes sur les grilles de programmes proposés par les éditeurs rend plus difficile la mission de supervision et de contrôle du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel. Le respect des stipulations contractuelles des cahiers des charges garantit une activité des médias confor- me aux attentes des populations. Au demeurant, la liberté d’expression exige de tous les acteurs un sens aigu des responsabilités afin de prévenir des dérapages préjudiciables à la paix sociale et la stabilité de nos institutions. Certains propos de responsables poli- tiques, comme de certains militants de partis politiques, ou d’autres catégories de citoyens, relayés par les médias, heurtent la sensibilité du public. Ils peuvent constituer des menaces à la cohésion sociale et à l’entente cordiale entre les différentes communautés de notre pays. Présomption d’innocence et secret de l’Instruction Dans le même ordre d’idées, le traitement des affaires pen- dantes devant la Justice doit se faire dans le respect de la présomption d’innocence, du secret de l’Instruction, en prenant toutes les dispositions pour éviter la violation du principe du contradictoire dans la présentation des faits. Ces différents constats résultent d’un échantillonnage des activités de monitoring des services du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel, qui couvre la période du 1er janvier au 31 mars 2013. Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel, confor- mément aux dispositions de l’article 14 de la loi n°2006-04 du 04 janvier 2006, et après en avoir délibéré en sa séance du 25/04/2013, rend public le présent Avis portant sur les dysfonctionnements relevés dans les programmes des dif- férents organes de communication audiovisuelle. Des recommandations sont formulées dans le sens de corriger ces manquements au profit du public. I. DYsFONcTIONNEMENTs ET MANQuEMENTs Au cours de cette période, les dysfonctionnements et man- quements constatés ont trait : 1. A l’exposition des téléspectateurs et des auditeurs, particulièrement le jeune public, à certains programmes caractérisés par la violence sous toutes ses formes, l’exposi- tion de cadavres et l’utilisation d’un langage grossier et outrancier, notamment dans les programmes suivants : • « SEN COMEDIE SHOW » de la télévision SENTV du 03 janvier 2013 à 10 heures avec des acteurs parlant des imams en des termes insultants et irrévérencieux ; • « WAX SA XALAAT » de SUD FM du 07 janvier 2013 à 17 heures, avec des injures adressées aux membres du gouvernement par un auditeur intervenant à l’antenne ; • « KINKELIBA » de la RTS du 16 janvier 2013, montrant sans avertissement, ni signalétique, des images insoutenables de personnes tuées au Mali, suite à des bom- bardements ; • Journaux télévisés de WALF TV relayant des pro- pos injurieux d’un animateur de la TFM à l’égard de ses col- lègues ; • « VILLA 145 » de la TFM du 28 janvier 2013, où l’un des animateurs s’exprime en des termes particulière- ment grossiers ; • Journal Télévisé de la TFM du 04 février 2013 avec des images de cadavres d’enfants, brulés dans l’incendie survenu à la Médina ; • « TEUSS » de Zik FM du 12 février 2013 avec les confessions d’un homosexuel dans un langage particulière- ment obscène ; • Journal Télévisé de SENTV des 28 février et 15 mars 2013, images insoutenables de cadavres ; • Les images dégradantes des reportages sur les sui- cides et les tentatives de suicide ; • Les images indécentes, impudiques et rétrogrades de billets de banques jetés, à même le sol, sur la scène lors de soirées festives ou dans certaines publicités et vidéos clips. 2. A l’émission « KEUR GUI » de la 2STV du lundi 04 mars 2013 consacrée à une affaire de viol pendante devant la Justice, avec une présentation des faits ne comportant que le point de vue d’une seule partie au procès. 3. Au développement, malgré les recommandations du dernier Avis trimestriel, dans les programmes des servi- ces de radio et de télévision, d'incitations à utiliser des ser- vices SMS ou téléphoniques surtaxés, notamment en vue de participer à des jeux-concours. 4. A La propagation, à la suite d’un meeting politique, à travers la station de radio AIDA FM de Linguère, de pro- pos à très forte connotation éthniciste susceptibles d’instal- ler un climat propice à l’éclatement de violences intercom- munautaires. 5. A la diffusion, en « prime time » des premiers épi- sodes d’« un Café Avec » sur la TFM. Elle met en scène des séances de tortures simulées avec des instruments tran- chants, des bagarres sanglantes, des règlements de comptes entre trafiquants de drogue et des courses poursuites avec enlèvements (rapt) de victimes ensanglantées et ligotées. Certaines scènes comportent également les images d’une jeune fille demandant à se faire offrir un whisky par des hommes d’âge mûr dans un hôtel de luxe. Elles montrent, à plusieurs reprises, l’actrice principale fumant une cigarette et consommant du champagne. De telles images d’une extrême violence diffusées aux heures où les familles sont en général devant la télévision, posent problème, notam- ment pour le jeune public particulièrement sensible et vul- nérable. II. rEcOMMANDATIONs Face à de tels dysfonctionnements et manque- ments, qui constituent une violation des dispositions des textes législatifs, réglementaires et des cahiers des charges en vigueur au Sénégal dans le domaine de l’audiovisuel, le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel recom- mande : 1. De veiller, lors de la diffusion de certains contenus susceptibles de nuire gravement à l’épanouissement des enfants, à ce que ceux-ci ne puissent normalement y avoir accès (protection par la signalétique conformément aux sti- pulations des cahiers des charges) et, en évitant la program- mation de ces émissions à des heures de grande écoute. Le CNRA rappelle que la protection du jeune public dans les médias audiovisuels nécessite que chacun prenne conscien- ce des enjeux éducatifs, sociaux et économiques relatifs à l’exposition des mineurs à ces médias, en tant que consom- mateurs de contenus, cibles publicitaires, et parfois même acteurs de productions et de spots les mettant en scène ; 2. Le respect des dispositions de l’article 10 de la loi n°2006-04 du 4 janvier 2006 qui prescrivent à tous les édi- teurs de programmes audiovisuels de s’équiper obligatoire- ment d’un système de retardement de la voix d’au moins trois secondes pour leurs émissions interactives ; 3. La plus grande vigilance dans le traitement des affaires pendantes devant la Justice, en veillant au respect de la présomption d’innocence, à la préservation de l’ano- nymat et au caractère contradictoire de la présentation des faits, en garantissant l’égal accès aux émissions, de toutes les parties au procès, conformément aux dispositions de l’article 18 du cahier des charges applicable au titulaire d’une autorisation de diffusion de programme de télévision. 4. Le renforcement des règles de protection du public contre les risques qui pourraient résulter du développe- ment de ces programmes incitant à participer à des jeux concours en utilisant des services SMS ou téléphoniques surtaxés, grâce à une parfaite information des téléspecta- teurs sur le coût des communications et sur l’identité des promoteurs du jeu. Ce coût doit être porté à la connaissance des téléspectateurs dans les mêmes conditions que les coordonnées du service SMS ou téléphonique. En cas d'inscription à l'écran, il doit donc être exposé dans des caractères identiques à ceux du numéro du service. 5. D’éradiquer la diffusion à la radio ou à la télévision de propos discriminatoires et dévalorisants pouvant inciter à la xénophobie, à l’exclusion, et porter atteinte à la paix sociale, à l’unité nationale ou à l’intégrité du territoire. 6. De soustraire les images montrant les billets de banques jetés à même le sol, sur les scènes, au cours de spectacles, afin de préserver les populations de comporte- ments attentatoires à la dignité et aux bonnes mœurs dans un contexte de pauvreté, de rareté des ressources, et parfois même d’indigence. L’amplification, par le canal de la télévision diffusant en clair, de mœurs, de comportements et d’attitudes qui peu- vent être assimilés à des phénomènes de transgression, voire de déviance sociale, comporte un risque majeur de reproduction de modèles aux impacts négatifs sur des fran- ges importantes de populations vulnérables. Dans le même ordre d’idées, la diffusion de « télénovelas », de sujets de « téléréalité » doit renforcer l’exigence chez les éditeurs de programmes audiovisuels, de la recherche d’é- quilibre entre l’ouverture au monde extérieur, la préserva- tion de nos valeurs fondatrices et la protection du public. La sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, le soutien des efforts de promotion de mesures d’hygiène sociale et de santé publique, doivent être privilégiés. Le CNRA appelle les éditeurs de programmes audiovisuels au respect rigoureux des dispositions législatives, régle- mentaires et des stipulations des cahiers de charges afin d’éviter les dérapages et autres situations regrettables, pré- judiciables au développement harmonieux du paysage audiovisuel et à la protection des populations. Le CNRA apprécie hautement l’esprit de coopération et la disponibilité, aussi bien de la plupart des acteurs et des par- tenaires, que des personnes concernées par la conception, la production et la diffusion de programmes audiovisuels. Il les encourage dans cette dynamique. Pour l’Assemblée du cNrA Le Président republique du Senegal un peuple – un but – une Foi conSeil national de regulation de l’audioviSuel immeuble tamaro – rue moHamed v X JuleS Ferry boite poStale : 50059 – dakar rp tel: 33849.52.52 – FaX: 33821.86.14 cnra@cnra.Sn aVis triMestrieL n °001/2013 du 25 aVriL 2013 (JanVier - FeVrier - Mars)
  6. 6. LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales 6ddoossssiieerr :: FFêêttee dduu ttrraaVVaaiiLL Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 Evoquer le nom de Mademba Sock, c’est se ressouvenir de ces trois jours durant lesquels les Sénégalais ont été doulou- reusement privés d’électricité en 1993. Pendant cette année de « plan d’urgence » Sakho-Loum, l’Etat du Sénégal annon- ce sa volonté de privatiser la société nationale d’électricité (Senelec). Ce, contre la volonté des travailleurs et de leur syndicat, le Sutelec, dirigé alors — et jusqu’à présent, du moins en partie — par Mademba Sock. Affecté par la crise, l’Etat du Sénégal est financièrement incapable d’assurer l’entretien et les investissements au niveau de cette boîte déficitaire. S’opposant à la politique de privatisation tous azimuts dictée par les institutions de Brettons Woods et appli- qué aveuglément par le régime socialiste, le redoutable secrétaire général du Syndicat Unique des Travailleurs de l'Electricité (Sutelec), en l’occurrence Mademba Sock, n’hésite pas à plonger le Sénégal dans le noir pendant trois jours. Les pompes de la Société nationale d’ex- ploitation des Eaux du Sénégal (SONEES) fonctionnant à l’électricité, une pénurie d’eau se greffe à la pénurie d’électricité. Le pays est au bord de l’é- meute. Les rues de la capitale sont enva- hies par des femmes, des enfants et des adultes munis de leurs seaux, bassines, jerricans et autres récipients pouvant contenir le liquide précieux. La pénurie d’eau s’ajoutant à la coupure d’électrici- té, les nerfs s’échauffent et des assem- blées populaires se forment pour exiger le rétablissement du courant. Des experts venus de la France au deuxième jour du black-out sont restés impuis- sants pour rétablir l’électricité. Malgré les menaces du gouvernement et l’ébulli- tion populaire, Mademba Sock est resté imperturbable jusqu’au 4e jour où, vers 15 h, les premières lueurs des lampadai- res percent la clarté solaire et commen- cent à envahir la capitale. Et dans un hourra indescriptible et expressif du sou- lagement ressenti par tout un peuple, l’é- lectricité est rétablie. Mais ces jours de souffrance ne resteront pas impunis. Mademba Sock est cueilli par la police au domicile de sa deuxième épouse, fille de Fambèye Fall Diop, ex-ministre déléguée chargé des Emigrés. Ces hauts faits d’a- lors avaient conduit l’actuel ministre du Tourisme, Youssou Ndour, alors chan- teur à succès à sortir un tube pour demander au gouvernement de ne pas embastiller le leader du Sutelec. En même temps, le lead-vocal du Super Etoile suppliait Mademba Sock de ne plus priver les Sénégalais d’électricité. Le paysage syndical venait de connaitre un charismatique nouveau leader contesta- taire et la c l’Union nationale des syndi- cats autonomes du Sénégal (Unsas), la centrale que Sock dirige, se dresse face à la toute-puissante Confédération natio- nale des travailleurs du Sénégal (CNTS) de Madia Diop, figure emblématique du collaborationnisme syndical appelé pudiquement la participation responsa- ble. Depuis son action téméraire de 1993, Mademba Sock est devenu une icône incontournable dans le champ politico- syndical. En 1998, lors de la privatisation de la Senelec, ses menaces de recourir à l’arme de la coupure d’électricité, ne feront pourtant reculer le gouvernement, lequel avait pris toutes ses dispositions pour éviter la réédition du syndrome de 1993. Mademba Sock change de fusil Empêtrée dans les limbes de la participation responsable mal- gré la rupture « idéologique» engagée en 1982 par le Renouveau syndical du timonier Madia Diop, la CNTS a res- senti durement les licenciements de travailleurs et le délite- ment de ses bassins de militants après les restructurations industrielles des années 90. L’ouvriérisme populiste de Madia autant que son clientélisme politique avec le pouvoir socialiste en déliquescence, tout cela avait érodé ses discours devenus plus convenants et politiquement corrects. Aussi l’émergence de l’UNSAS (Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal) dont le noyau dur était constitué par le SUTELEC (Syndicat unique des travailleurs de l’électricité) a permis de dégager un nouvel espace de combat syndical, celui du radica- lisme corporatiste, autonome et indépendant des partis poli- tiques. Cette rivalité à la fois personnelle et doctrinale, s’est traduite en opposition frontale entre les deux têtes de file des deux centrales : Madia Diop, un ancien du PRA (Parti de la renaissance africaine) et Mademba Sock, un syndicaliste aris- tocrate, au discours séduisant, mais verbeux, entêté et jus- qu’au boutiste, courageux et même téméraire, quand les cir- constances – ou ses intérêts — l’exigeaient. L’opposition des deux hommes a pris même des allures hystériques, jusque devant les tribunaux. Il ne s’agissait pas simplement d’une guerre de générations, mais presque d’un passage de témoin entre un septuagénaire usé et émoussé largement compromis entre ses rentes de PCA, de député, ses longs séjours organisés par le BIT, et ses liaisons incestueuses avec le milieu des gros- ses entreprises, et un jeune syndicaliste quadragénaire frin- gant, combatif, au langage pompeux mais nouveau. A présent, l’impression qui se dégage est que l’histoire tourne à rebours. Aujourd’hui, Mademba Sock, englué dans ses contradictions, apparaît comme un vieux bouc très atteint à 60 ans seulement. La cassure du SUTELEC, aujourd’hui divi- sée en deux, sonne le glas du syndicaliste mythique, et sans doute une certaine forme de militantisme rigoureux à ses débuts et trop alimentaire par la suite. Bref, tout comme pour la classe politique, il semble bien que l’heure du renouvelle- ment de la classe syndicale ait bien sonné. Mademba Sock l’a- t-il compris ? Grandeur et décadence de Mademba Sock mademba Sock apogée et déclin d’un insatiable d’honneurs et de privilèges d’épaule. Il entame un combat politique contre le régime d’Abdou Diouf qu’il veut renverser en s’appuyant sur sa base syndi- cale. C’est ainsi qu’en 2000, lors de la pré- sidentielle, le syndicaliste en chef du Sutelec annonce sa candidature. Son objectif, c’est de profiter de sa notoriété syndicale pour peser sur la défaite électo- rale du président Abdou Diouf qui se pro- file à l’horizon. Même si l’annonce de sa candidature est différemment perçue au sein de la population sénégalaise, Sock ne fait pas d’illusions quant à ses chances face à des candidats comme Abdoulaye Wade ou Moustapha Niasse. En effet si, en termes de pression psychologique sur le candidat Abdou Diouf, cette candidature pouvait se concevoir, en termes de poids électoral, elle apparaissait plutôt folklo- rique et de division. Sans surprise donc, le candidat Sock recueille au finish 0,56 % des suffrages et se place dernier parmi les huit candidats en lice. Score humiliant pour un homme qui pensait pouvoir sur- fer sur sa popularité syndicale pour grap- piller les voix des électeurs. Mais son objectif qui était celui de mettre Diouf dans une posture qui le contraindrait à un second tour était atteint. Diouf battu au second tour, Abdoulaye Wade devient président et reconsidère la privatisation de la Senelec. Mademba Sock, qui a tou- jours viscéralement lutté contre un tel projet, a beaucoup pesé de sa personnalité pour pousser le nouveau président à cas- ser la privatisation. Chose faite, Mademba devient un collaborateur invétéré du régi- me libéral. MADEMbA sOck : Au cArrEFOur DEs POsTEs ET sINécurEs Il est nommé PCA de l’Aser (Agence séné- galaise d’électrification rurale) en 2001 où il perçoit un salaire de 3,5 millions avec divers autres avantages afférents à un véhicule, du carburant, un forfait télépho- ne. Dans le même temps, il est vice-prési- dent du défunt Conseil Economique et Social. Après deux mandats de trois ans, il ne doit plus rempiler mais avec la compli- cité du pouvoir libéral et surtout de l’alors ministre de l’Energie, M. Samuel Sarr, qui l’a ferré et bâillonné, il continue d’occuper illégalement son poste au sein de l’Aser. Les dénonciations n’y font rien. Mademba continue de jouir des délices pécuniaires de l’Aser. En même temps, il a occupé pendant deux ans le juteux poste de prési- dent du conseil d’administration de l’IPRES (Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal). Durant les onze pas- sés à l’Aser sous le régime libéral, il est resté aphone et amorphe au plan syndical à part quelques sorties comminatoires sur les téméraires qui remettaient en cause la prolongation illégale de son mandat à l’Aser. Jamais, il ne s’est prononcé sur les délestages sous le régime de Wade. Il n’a jamais fait grief du plan Takkal. Depuis 2011, il a pris sa retraite au niveau de la Senelec. Mais cela ne semble pas officiel puisqu’il continue d’occuper son poste de PCA à l’Aser. Il continue d’occuper illéga- lement le poste de Secrétaire général du Sutelec et, par voie de conséquence, celui de l’Unsas. Aujourd’hui, il est membre du Conseil économique social et environne- mental. En aout 2012, il avait annoncé qu’il ne serait pas candidat à sa succession lors du 7e congrès ordinaire du Sutelec qui devrait avoir lieu les 2 et 3 mars 2013. Ainsi le 20 avril dernier, le congrès du Sutelec s’est terminé avec deux secrétaires généraux, Aliou Bâ et l’inamovible Mademba Sock. Après 27 ans passés à la tête du Sutelec, Mademba refuse de tirer sa révérence. Au sein de l’Unsas, il est contesté. C’est cela qui explique que des syndicats affiliés à l’Unsas comme l’Uden, le Sntpt et le Saes ont préféré ne pas s’ali- gner sur les directives de l’Unsas lors de la célébration de la fête du 1er mai. Aujourd’hui, le leader contesté du Sutelec qui évoque systématiquement les textes statutaires et réglementaires pour s’accro- cher à ses nombreux postes est considéré comme celui a beaucoup œuvré pour le recul de la Senelec. Certains agents de cette société nationale soutiennent d’ailleurs qu’il utilise ses affidés au sein de l’entreprise pour mettre les différents directeurs généraux sous sa coupe. Et d’a- près les mêmes, ’il s’est toujours opposé à la privatisation de la Senelec, c’est pour ne pas perdre son pouvoir d’influence et, conséquemment, ses privilèges et autres avantages. Il a toujours usé de la super puissance que lui offre le syndicat qu’il dirige pour promouvoir ses béni oui oui, lesquels lui obéissent au doigt et à l’œil. Aujourd’hui, il vise un poste au Bureau international du travail (BIT). In fine, la boulimie de Sock est difficilement insatia- ble. Triste sortie de scène pour un homme qui eut tous les honneurs mais qui oublia de quitter la scène quand les applaudisse- ments fusaient encore et qui se retrouve soudain surpris par les huées… Par serigne saliou guèye
  7. 7. Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 ddoossssiieerr :: FFêêttee dduu ttrraaVVaaiiLL LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales7 Le fait est assez rare pour ne pas être souligné : les cinq principales centra- les syndicales de notre pays, à savoir la cNTs, la csA, l’uNsAs, l’uDTs et la cNTs Fc ont, ce 1er mai, fait front commun pour célébrer, symbolique- ment, la Fête du Travail. un regroupe- ment monstre et coloré au stade Iba Mar Diop, des discours enflammés de secrétaires généraux, et pour tout cou- ronner une procession la main dans la main, jusqu’au palais présidentiel pour la remise rituelle des cahiers de doléances au chef de l’Etat. Alliance stratégique, démarche unitaire, nou- velle culture syndicale ou, tout simple- ment, nécessité faisant loi, l’indigence financière commune qui frappe les sénégalais et les syndicats aussi les a contraints à une solution plus écono- mique d’un regroupement idyllique mais sans lendemain. une solution « technique » plus productive que les défilés coûteux, joyeux et ludiques sans plus. En ces temps durs d’austéri- té économique, si les syndicats s’appli- quent une cure financière, ils auront au moins en partie compris la dure réalité d’une gestion de structure. Peu importe si cette leçon s’apprend au détri- ment de l’orthodoxie syndicale et, surtout, d’un rite qui n’a pas encore pris trop de rides. A preuve, même en Europe frappée par la crise économique, les centrales syndicales ont tout de même accepté de sacrifier à la tradition, même en ordres dispersés, du défi- lé, le muguet à la main. Entre une marche en désordre et un regroupement en ordre, les centrales syndicales sénégalaises ont appa- remment choisi la solution de l’image valori- sante de l’unité syndicale et économique- ment supportable. Sans doute, cette option eût été plus compréhensible si la vingtaine de centrales syndicales que compte notre pays s’était retrouvée derrière une seule et unique bannière. Mais mercredi, il en a été autrement. Les cinq grandes centrales ont choisi de se liguer pour se retrouver au stade Iba Mar Diop. Les quatorze autres, sous la houlette du tonitruant Sidya Ndiaye et de la Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS), ont préféré investir la place de l’Obélisque à Colobane. Autre divergence dans l’approche, si les dirigeants des « cinq» ont décidé de reconduire le rite de la remise des cahiers de doléances, les quatorze avaient semblé vouloir se passer de ce qu’ils considèrent juste comme une sempiternelle rengaine, sans lendemain et sans effet réel sur la résolution des problèmes des tra- vailleurs. VIEILLEs PrATIQuEs sYNDIcALEs Cette césure est loin d’être fortuite. Elle découle sans doute des conséquences directes des élections de représentativité organisées avec brio par l’ancienne ministre du travail, Mme Innocence Ntap Ndiaye, en avril 2011. Pour la première fois, au Sénégal, de telles compétitions syndicales par voie d’urnes se tenaient, après maintes et maintes vaines tentatives. Des générations de minist- res y ont laissé leurs dents, tellement la tenue de ces élections à risques semblait relever du rêve. Refus de se compter des syndicats, fichier peu représentatif de la population laborieuse, inscription sur les listes électora- les chaotique et, surtout, absence de moyens conséquents pour leur organisation sur fond de manipulations politiciennes des plus inimaginables. En effet, autant le pouvoir d’alors tenait à leur organisation, autant il posait tous les actes tendant à déstabiliser la ministre en charge du dossier, elle-même engoncée dans un inextricable enchevêtre- ment de contradictions avec le Premier ministre d’alors, Souleymane Ndéné Ndiaye, le ministre d’Etat Abdoulaye Baldé, son ex- allié devenu ennemi juré, et last but not least, Mme Aminata Tall, alors Secrétaire générale de la présidence de la République. En somme, tous les ingrédients d’échec de cette tentative étaient réunis pour que le poids électoral de chaque centrale ne fût pas connu. Mais c’était compter sans l’opiniâtre- té de Mme Ndiaye qui, déployant son rou- leau compresseur, déjouant ça et là les intri- gues et les tours de passe passe de ses frères libéraux, avait réussi contre vents et marées à organiser ce scrutin. Sans parler de l’hosti- lité ostensible de Mademba Sock et son UNSAS, ainsi que de Cheikh Diop et la CNTS FC peu empressés de voir tomber les ver- dicts, synonymes de représentativité. Une alliance entre les divers adversaires de Mme Ndiaye a failli avoir sa tête, quand elle fut soupçonnée de pervertir par l’argent la CNTS de Guiro et le CSA de Mamadou Diouf. Et même quand l’ancien président de la République avait décidé tout simplement de confier le soin d’organiser les élections au Premier ministre avant de se raviser. Le manifeste encouragement fait par les autorités à la scission au sein de la CNTS FC (où Mme Bakhao Diongue a créé une centra- le rivale), n’a fait qu’ajouter à la confusion et au brouillage des repères. Il semblerait que, devant un tel imbroglio, le président Wade fut même tenté de remettre à plus tard le projet d’élection. En effet, la fête du 1er Mai approchant, il la voulait plus sereine. Mais dure comme un roc, Mme Ndiaye donna un coup d’accélérateur, et à la faveur de la parti- cipation des structures déconcentrées de l’Etat (gouvernances, préfectures et inspec- tions régionales du travail), elle réussit tout de même à reconstituer bon an mal an le fichier, malgré l’opposition manifeste de l’UNSAS et de la CNTS FC. Peine perdue pour ces centrales, les élections ont bien eu lieu sur fond d’accusations de fraudes et de contestations très symboliques. A l’arrivée, le verdict fut sans appel : la CNTS qu’on croyait enterrée franchit la première la ligne, suivie de l’UNSAS, de la CSA, de l’UDTS et de la CNTS FC. Paradoxalement, plutôt que d’a- voir droit à des fleurs et une promotion méri- tée, la ministre du Travail paiera son « outre- cuidante audace ». Contre toute attente, elle sera limogée du gouvernement, victime sans doute de ses contradictions politiques à l’in- térieur du PDS. Mais, elle aura surtout subi les foudres du patron de l’UNSAS, Mademba Sock, qui la rendit responsable de son échec électoral. Alors que le Sénégal préparait sa participa- tion à l’assemblée générale du Bureau International du Travail (BIT) avec une forte délégation, le président Wade, sentant l’ani- mosité très forte entre sa ministre et son allié syndical, Sock, décida de les convoquer nui- tamment pour une réconciliation qui ren- drait plus vivable la cohabitation entre les deux adversaires lors des travaux de Genève. Dès que Mademba Sock apprit la manœuvre, il déclina l’offre d’audience présidentielle. Mme Ndiaye dut ronger ses freins au palais avant que le président ne lui demandât de retourner chez elle et de se mettre à l’écoute d’une autre convocation. Celle-ci a bien eu lieu mais sans elle. Mademba Sock, face au président Wade, n’eut qu’une seule déclara- tion à la bouche : « Président, c’est elle ou moi » sur fond de menace de boycott des assises du BIT et de surchauffe syndicale du pays, si la ministre restait dans le gouverne- ment. ENTrE LA FOurMI guIrO ET LA cIgALE sOck Ironie du sort, Mme Ndiaye, en pos- session de son ordre de mission pour Genève, apprit par les radios son limogeage et son remplacement par Sada Ndiaye. Mais pour l’UNSAS et Mademba Sock, la pilule reste dure à avaler. Malgré le discret appui du pouvoir libéral, la CNTS, encore alliée à un PS bien ancré dans l’opposition, a rem- porté la timbale. La fourmi Guiro a eu raison de la cigale Sock. A la CNTS, la relève est assurée, certes timidement, mais assurée quand même. Quant à Sock et l’UNSAS, ils entreront dans une nouvelle turbulence qui affectera durablement les ressorts de la cen- trale. Depuis, les choses ne semblent pas s’arranger pour cette centrale syndicale et son mythique patron. Sock, à l’image de Madia Diop, tira les mauvaises leçons de son leadership. Après d’irréalistes et infructueu- ses incursions en politique, il dut se résoudre à optimiser ses plates-bandes syndicales, en engrangeant les prébendes tirées des prési- dences tournantes au poste de PCA de l’IPRES et d’autres niches dont le président Wade était si prodigue. En réalité, au-delà des résultats, les élections de représentativité réussies en dépit d’un taux de participation très bas d’à peine 30 %, auront au moins permis de réta- blir l’ordre des choses. Le gouvernement, malgré le départ précipité de Mme Innocence Ntap Ndiaye, détient par devers lui un excellent outil de travail et d’organisa- tion des négociations syndicales. Selon toute logique, seules les trois premières centrales syndicales devraient être invitées aux tables de négociations. Si une telle disposition était respectée, la CNTS, l’UNSAS et la CSA auraient seules le privilège légal de discuter avec le gouvernement et, surtout, d’avoir des places de représentation dans les institutions sociales paritaires. Autrement dit, dans ce cas échéant, Sock ne devrait pas diriger de manière tournante l’IPRES dont la présiden- ce du Conseil reviendrait exclusivement à la CNTS. De même que les centrales UDTS et CNTS FC ne pourraient plus réclamer de bon droit des postes dans ces institutions. Encore moins dans les missions extérieures du BIT et de l’OIT. C’est fort de ces chiffres et de ce classement que le président Wade avait, du reste, enta- mé une véritable reprise en main des rela- tions avec les centrales. Il s’est même permis de taquiner gentiment les leaders syndicaux dont les centrales étaient arrivées en queue de la compétition électorale et en commen- tant avec malice les résultats des élections représentatives, les premières au Sénégal depuis l’indépendance. Paradoxalement, aucune leçon véritable n’a été en apparence tirée de ces joutes électora- les, qui auraient dû servir de baromètre et de tableau de bord pour réguler les négociations entre centrales syndicales et l’état. Pis enco- re, aucune disposition ne semble être prise pour l’organisation de nouvelles élections de représentativité l’année prochaine, puisque leur périodicité est fixée à trois ans. Pourquoi l’actuelle équipe gouvernementale, qui béné- ficie d’un terrain bien préparé, ne cherche-t- elle pas à capitaliser cet acquis ? C’est tout de même étonnant qu’elle maintienne encore en vie les anciennes pratiques en voulant ménager les centrales syndicales de faible représentativité. Et, a contrario, en évitant de donner à la CNTS le statut de première cen- trale que lui ont conféré par les urnes les élections d’avril 2011. Malgré cette complici- té gouvernementale, les centrales syndicales n’en sont pas pour autant satisfaites. Lors de leur première rencontre avec le président Macky Sall en mai 2012, ce dernier s’était engagé à les recevoir au moins deux fois par an. Il n’en est rien pour l’heure. De la kyriel- le de promesses faites l’an dernier par le nou- veau président, rien de significatif n’a été fait, notamment sur la baisse tant attendue des prix des denrées de consommation courante, de l’électricité, de l’eau et sur l’emploi. Et les rares acquis de la lutte syndicale pro- viennent des confrontations, notamment dans le secteur éducatif où les centrales indé- pendantes des organisations de la vieille garde, ont conquis leur autonomie et conso- lidé leur force de frappe. Mais même à ce niveau les syndicats nouveaux issus des corps émergents sont plus performants que leurs doyens d’âge, le SUDES, l’UDEN, le SYPROS noyés dans les centrales de premiè- re génération. A l’évidence, la célébration de la fête du Travail version 2013 n’aura rien apporté de nouveau dans les rapports des syndicats avec l’Etat. Et il y a de fortes chances que cette cuvée 2013 reproduise les mêmes effets que celles des années antérieures. Avec la seule différence que le pouvoir actuel ne s’ap- puie en réalité sur aucune centrale puissante qui pourrait comme à l’époque du pouvoir socialiste lui servir d’indéfectible soutien. Mais cette évolution avait déjà commencé durant le règne de Wade où, déjà, la CNTS gardait une grande capacité d’action sans vraiment chercher en user. Elle a préféré se restructurer en interne plutôt que de risquer la confrontation avec un pouvoir puissant, entêté et prêt à en découdre. Surtout à une période où le PS, groggy après sa défaite de 2000, avait écarté toute idée de se servir de la CNTS comme bras armé pour secouer, sur le terrain social, le pouvoir libéral. Opposition républicaine, certes, mais aussi aveu d’impuissance devant l’évolution des mœurs syndicalo-politiques qui ont vu le cordon ombilical coupé entre le PS et la cen- trale à l’époque, affiliée de taille, devenue un bien timide allié. uNITé DE FAçADE Face à un pouvoir qui n’a pas de grande expérience dans ses rapports avec les syndicats, les centrales syndicales n’ont d’au- tres choix que de mutualiser leur combat. Mais le pourront-elles vraiment au regard de leurs divergences passées exacerbées par les élections de représentativité qui demeurent jusqu’à une autre compétition la seule réfé- rence dans l’appréciation des forces des 20 centrales en activité dans notre pays. Comment dès lors apprécier les embrassades entre un Guiro trop accommodant et un Sock en perte de vitesse ? Si l’on ne s’arrêtait qu’à cette image, on pourrait croire que la hache de guerre est définitivement enterrée entre des centrales que tout, dans un passé encore récent, avait séparé et opposé : la compétition, les allian- ces, le conflit de générations et même les bases sociologiques de leurs militants. Certes, la forte et historique implantation de la CNTS dans tous les secteurs de la produc- tion prévalait, en dépit d’une érosion percep- tible et l’émergence de nouvelles figures emblématiques. Par Aly samba Ndiaye Fête du travail : mobiliSation à la place deS déFiléS Quand les centrales pratiquent le minimum syndical
  8. 8. LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales 8 Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 eeccoonnooMMiiee En justifiant la décision de réviser le Code minier, le directeur général des Mines a révélé que les exonérations ont coûté plus de 400 milliards fcfa à l’Etat du du Sénégal entre 2005 et 2012. Des chiffres qui ne concernent que ce seul secteur. Dès lors, il est permis de demander ce qu’il en est des autres, notamment du commerce, et plus précisément des activités d’importation et d’exportation de marchandises. Les chiffres sont alarmants bien que personne ne puisse dire avec exactitude combien ces différents trafics ont coûté à l’économie nationale. Selon des sources dignes de foi, rien qu’ent- re 2010 et 2012, c’est-à-dire durant les deux années précédent la dernière élection prési- dentielle, et au début de l’année électorale, la valeur des titres d’exonérations fiscales et douanières aurait dépassé la barre des 900 milliards fcfa. Soit beaucoup plus que les 694 milliards de francs cfa que M. Karim Wade est accusé d’avoir détournés ! Un montant avancé par une source en servi- ce au « Bureau des Exonérations » sis minis- tère de l’Economie et des Finances. Une source douanière haut placée tient cepen- dant à relativiser ce chiffre en indiquant que le dernier rapport produit sur la question et datant de 2008 avait fait apparaître effecti- vement que ces exonérations coûtaient 300 milliards de francs par an au Trésor. Toutefois, indique-t-elle, du fait des difficul- tés financières rencontrées par l’Etat et des pressions exercées alors sur lui, Wade avait levé le pied à partir de 2010 et mis fin à beaucoup d’exonérations. Mais toujours est- il que la saignée continuait même s’il est plus raisonnable de la chiffre à plus de 100 milliards par an, ce qui était toujours trop. C’était d’autant plus excessif que, jusqu’au départ du président Abdou Diouf de la magistrature suprême en 2000, l’exonéra- tion constituait une exception qui ne s’obte- nait qu’au prix d’un véritable parcours du combattant. Il fallait en effet montrer patte blanche à une incroyable chaîne de déci- deurs administratifs pour avoir le privilège de bénéficier d’une exonération. Et ce même si les véritables dons tels que les vivres ou les ambulances destinés aux associations et organismes à caractère humanitaire, bénéfi- ciaient de l’exonération de droits et taxes. Sans oublier les manuels scolaires, les médi- caments et autres lots d’habillement pour les populations en détresse sociale. Des exo- nérations qui n’étaient octroyées toutefois qu’à l’issue de contrôles rigoureux pour s’as- surer aussi bien de l’origine et de la nature des dons, que des véritables destinataires de ceux-ci. Autrement dit, pour encourager les personnes de bonne volonté et les associa- tions communautaires à s’activer dans l’hu- manitaire et la bienfaisance, le régime du président Abdou Diouf appliquait une poli- tique d’exonérations ciblées. Dieu sait que les bénéficiaires en faisaient bon usage. Toujours est-il qu’à l’époque, on voyait très rarement des marabouts et autres hommes d’affaires indélicats s’aventurer sur le terrain glissant de la délinquance fiscale. Ils crai- gnaient d’être traqués par des brigades de contrôle fiscal qui veillaient rigoureusement sur tout détenteur de titre d’exonération, histoire de décourager tout détournement d’objectif. Il convient de préciser que l’admi- nistration des Douanes ou la direction des Impôts et Domaines n’était pas habilitée à accorder des exonérations. Lesquelles rele- vaient des pouvoirs exclusifs du président de la République et du ministre de l’Economie et des Finances. Il a fallu attendre l’avènement de l’alternan- ce de 2000 avec l’arrivée de Me Abdoulaye Wade au pouvoir pour que cette politique d’exonération soit détournée de ses objectifs originaux. Et durant les douze ans de pou- voir de Me Abdoulaye Wade, les titres d’exo- nérations sont devenus malheureusement des instruments d’enrichissement illicite pour de nombreux marabouts et autres charlatans dont la plupart sont originaires de Touba et de Kaolack. Pour la petite histoi- re, « Le Témoin » vous rappelle l’affaire de ce marabout « mbacké-mbacké » à qui le président Wade avait octroyé des titres d’exonération d’une valeur de 300 millions fcfa. Pour bénéficier de ces faveurs fiscales de l’Etat, ce marabout doublé d’un homme d’affaires avait soutenu qu’il allait construire une mosquée et un « daara » à Touba. Et pour les besoins de ces « travaux », il lui fal- lait importer du marbre, des carreaux, du fer à béton, des sanitaires etc… Et ce en très grande quantité. Puis, muni de ses titres d’exonération le dispensant des droits et taxes de douanes, l’homme d’affaires aux longs chapelets s’é- tait rapproché d’un grand commerçant pour lui vendre ses titres d’exonération à 200 millions fcfa. Et le tour était joué ! C’est ainsi que, pendant plusieurs mois, l’heureux opé- rateur économique a eu à importer des dizaines de conteneurs renfermant des car- reaux, du fer et du marbre sans acquitter des droits de douane. Un an plus tard, le même chef religieux a bénéficié d’autres titres d’exonération par le biais de son Ong « isla- mique » qui n’était autre qu’une « Ong » maffieuse. Cette fois-là, il avait demandé des exonérations sur le lait, le sucre et l’hui- le du fait que, prétendait-il, il lui fallait nourrir les milliers de talibés pensionnaires de son « daara ». C’est d’ailleurs ce trafic de trop qui a fait découvrir le pot aux roses. Car, après avoir racheté les titres d’exonéra- tion du marabout, son complice le commer- çant véreux avait non seulement importé et enlevé du lait et du sucre, mais aussi du poi- vre considéré à l’époque comme le produit le plus cher sur le marché agroalimentaire. Alertés sur cette affaire de fausse déclaration portant sur plusieurs millions fcfa, les doua- niers étaient allés épingler le pauvre com- merçant. Et le cerveau qui se trouve être le « mbacké-mbacké » ? Eh bien, il s’était tout bonnement réfugié derrière une immuni- té… religieuse. Cela dit, et comme nous le confirme la même autorité douanière citée plus haut, « ces exonérations sociales accordées à des marabouts ne coûtent que 20 milliards envi- ron au Trésor. Le problème, c’est qu’elles portent sur des filières assez fragiles que toute importation de marchandises en gran- de quantité et en exonération de droits et taxes peut destabiliser. D’où un coùt pour l’économie en réalité beaucoup plus élevé que le manque à gagner de la douane en tant que tel. Mais les exonérations qui font perd- re le plus d’argent au Trésor concerne effec- tivement des secteurs comme les mines, les cimenteries etc. » confie notre interlocuteur. Vous conviendrez donc avec nous que, sous le régime de Wade, ils étaient très nombreux à s’être enrichis sur la base des titres d’exo- nération douanière et fiscale plus rentables que les titres fonciers de la zone des Almadies ou des environs du « Terrou bi ». Et surtout durant la période 2010-2012 cou- vrant la période de la campagne pré-électo- rale où les personnes politiquement « influentes » n’ayant pas pu bénéficier de ter- rains de Wade, se sont rabattues sur les tit- res d’exonération. Le président en avait tel- lement distribué au point que des piliers de l’économie ont failli s’effondrer. D’ailleurs, du fait de ces multiples abus, nombreux sont ceux qui se demandaient comment la Douane et les Impôts & Domaines réussis- saient le miracle d’atteindre leurs objectifs de recettes financières. « A ma connaissan- ce, je peux vous avancer que l’abus des exos aurait atteint la barre des 1.000 milliards fcfa durant les années 2009 et 2011 » nous confie un fonctionnaire en service au minis- tère de l’Economie et des Finances. Un chif- fre que, nous l’avons dit, il convient de minorer un peu. Pour dire à quel point les exonérations accordées aux à certaines entreprises, aux « Ong », marabouts et autres hommes d’affai- res ont constitué un véritable crime fiscal qui a plongé l’économie nationale dans une profonde agonie. Souhaitons donc que le président Macky Sall fasse de la suppression de ces exonéra- tions de complaisance son affaire personnel- le. Sinon, il risque d’homologuer des canaux d’enrichissement illicite qu’il a pourtant promis de nettoyer à grande eau. eXonerationS FiScaleS et douaniereS abuSiveS : Quand industriels, marabouts et « ong » se « sucraient » au détriment du trésor public La Voix de l’amérique, c’est sur la top Fm 107.0 Au moment où l’actualité mondiale s’emballe, suivez les infos de la Voix de l’Amérique (VOA) PrINcIPALEs éDITIONs Du JOurNAL PArLé : 06 heures du matin - Midi - 19h 30 La VOA, c’est des infos de première main, des commentai- res, des analyses et… de la bonne musique ! La VOA, tous les jours sur TOP Fm 107.0 Face aux exonérations douanières et fiscales abusives et exagérées, les administrations des Impôts et Domaines mais aussi des Douanes avaient décidé de poser un garrot pour arrêter l’hémorragie. Hélas, c’était sans compter la générosité légendaire de l’ancien président de la république, Me Abdoulaye Wade, qui exonérait à tour de bras ! Et ce, pour des raisons purement politiciennes ou confrériques dans la plupart des cas. ce faisant, il ouvrait un large boulevard aux trafi- quants de tout acabit. un boulevard dans lequel se sont engouffrés des marabouts, grands et petits, des charlatans ainsi que des ong « isla- miques ». bref, toute une faune qui, pour des raisons prétendument humanitaires, sollicitait et obtenait des exonérations avant de se livrer à toutes sortes de trafics. rien qu’entre 2010 et 2012, les titres d’exo- nérations fiscales et douanières auraient fait perdre au Trésor public près de 900 milliards fcfa, nous confie-t-on. « Le Témoin » a cherché à en savoir plus… Par Pape NDIAYE
  9. 9. Semaine du Jeudi 02 Mai au Mercredi 8 Mai 2013 n° 1123 rreePPoorrttaaggee LE TEMOIN Hebdomadaire d’Informations Générales9 Il est dix heures en ce vendredi, la tempéra- ture ambiante affiche les trente degrés dans les rues sablonneuses du quartier de Thiaroye. Ici, il faut se frayer un chemin entre les maisons et les étals des femmes vendeuses aux coins des rues. Accompagné du chef de la sécurité de la Sar, nous avons tous troqué nos tenues traditionnelles contre des tuniques bleues pour les uns et des com- binaisons de pompiers pour les autres, avec, pour tout un chacun, une paire de chaussu- res de sécurité. Ici, c’est ce qu’on appelle : « les équipements de protection individuelle (EPI) ». Sur le chemin, il faut s’arrêter un moment, laisser passer de petits écoliers habillés de blouses souvent mauves ou ocres, symboles de leurs appartenances à un éta- blissement. D’un autre coté, des vieux assis à l’ombre d’un bâtiment ont étalé un drap à côté de la route pour recueillir quelques piè- ces de monnaie pour le financement des tra- vaux d’une mosquée en réfection. Laquelle n’est pas loin de l’emprise des pipes de la Sar. Mais ici, on préfère ignorer le danger et se ranger dans un fatalisme. Dans ces quartiers, les maisons et lieux de culte, à défaut de jouxter les pipes, sont par- fois construits sur ceux-ci. M. Sembene, en véritable passionné des questions sécuritaires et visiblement impa- tient de montrer l’impact de l’agression dont est victime le réseau de la Sar, nous conduit vers les lieux dans sa voiture. Son téléphone n’arrête pas de sonner, il coordonne avec le responsable de l’équipe de la Sagam. Malgré ses communications régulières, il nous retra- ce l’historique des installations entre deux appels. Avec ses trente-deux années de présence à la Sar, M Sembene connait le circuit comme sa poche. Par ses hochements de tête, on peut aisément comprendre le chagrin de cet homme quand il relate les histoires des sinis- tres que « son » réseau a eu à subir au fil du temps. Avec l’œil vif d’un maniaque de la sécurité il jette des regards furtifs de chaque côté du trajet et n’hésite pas à descendre de son véhicule pour interpeller un contrevenant sur la gravité de son acte. Mais comme si chacun voulait rejeter la responsabilité sur les autres, les propriétaires ayant construit sur les pipes ne manifestent aucun signe de regret. Pire, tous semblent connaitre l’am- pleur et la gravité de leurs gestes, mais ils préfèrent attendre, disent-ils en chœur, que la Sar leur demande de casser les installa- tions anarchiques sur le réseau ou dans la zone d’emprise avant de s’exécuter. « Si vous cassez ma construction, vous le ferez dans le tout Thiaroye », nous lance ce chef de famille alerté par les interpellations de deux jeunes filles qui se trouvaient à l’in- térieur de sa maison et qui nous deman- daient pourquoi nous prenions des photos de leur « maison ». Outre l’occupation de la zone d’emprise, ou les constructions sur les pipes, la Sar devra aussi faire face à un projet immobilier d’une entreprise de fabrication de produits alimen- taires. En effet, cette entreprise voisine du circuit des pipes de la Sar a affecté une partie de ses terres à ses employés pour un projet immobilier ; mais il se trouve que les pipes de la Sar passent au milieu du terrain en question. Alors, pour ne pas connaître les mêmes problèmes qu’ailleurs, le chef de la sécurité préconise une concertation avec les responsables de cette entreprise pour un respect scrupuleux des règles de sécurité vis- à-vis des installations de la Sar. Depuis sa création dans les années soixante, les autorités gouvernementales et celles de la Sar ont pris les devants pour délimiter le domaine de la raffinerie. C’est ce qui justifie son implantation dans la banlieue dakaroise. Une zone exclusivement réservée aux entre- prises évoluant dans le secteur des hydrocar- bures. Aujourd’hui, avec l’urbanisation galopante et un peu anarchique, les installations de la Société africaine de raffinage ne respectent plus les normes sécuritaires habituelles, tel- lement les habitations se sont rapprochées des équipements tels que les pipes. Les pipes, c’est le réseau composé par l’en- semble des tuyaux utilisés pour le transport des produits pétroliers (avant et après le traitement de ceux-ci) vers les dépôts. Ils sont enfouis dans le sol à une profondeur variant entre quatre vingt centimètres et un mètre quatre-vingt, et jouxtés par une zone d’emprise de cinq mètres de part et d’autre, (ce qui en constitue la zone d’emprise). Aujourd’hui, les pipes de la Sar subissent tout le long du réseau des agressions qui en font de véritables « bombes à retardement ». Il n’est que de voir les photos pour s’en reportage : sur le réseau agressé des pipes de la sar Il est parmi les fondamentaux de la société africaine de raffinage (sar), l’aspect sécurité. En effet, à l’instar d’au- tres raffineries, la sécurité du personnel, celle des installations et de l’environnement immédiat fait l’objet d’une attention toute particulière. Toutefois, le réseau de la sar fait les frais de l’urbanisation anarchique des quartiers environnants. retour sur une visite de terrain. Doyenne des raffineries africaines, la Société africaine de Raffinage (sar) est aujourd’hui dans un tournant décisif. Très secouée par les fluctuations des prix des produits pétro- liers, sa principale matière première, la tor- che trône encore malgré tout et rejette son trop plein d’énergie dans les parois gazeuses de l’atmosphère. Comme si elle y cherchait un souffle quotidien, la colonne enturbannée de la flamme fumante illumine et réchauffe encore tant bien que mal les ménages qui s’approvisionnent chez elle. Comme l’oxygène dont les humains ont besoin, la Sar a aussi besoin de son énergie pour pouvoir raffiner encore et encore à défaut de son fric. Ici, à n’en point douter, le raffinage pour soulager les consommateurs est le mobile le mieux partagé par les salariés de l’entreprise. Mais du fait d’un cours mon- dial insaisissable et d’un refus quasi catégo- rique des détenteurs d’une licence « d’im- portateurs de butane » de faire venir le pro- duit, la vieille puise encore et encore dans ses dernières ressources pour que la flamme ne s’éteigne pas. Depuis 2005, les autorités de la Sar ont pro- cédé à des recrutements pour renouveler et rajeunir le personnel. Presque dans tous les Départements, le constat est unanime : le personnel technique et d’appoint de la Sar est jeune. A côté de l’expérience des anciens, la jeune garde apporte l’énergie dont a besoin la raffinerie pour exister encore. Un bon dosage d’une fougue de jeunesse et d’un capital expérimental qui, s’il s’adosse sur un accompagnement et une volonté politique, pourrait effectivement libérer les énergies nécessaires pour que le secteur de l’énergie retrouve ses lettres de noblesse. Ce qui redonnerait aussi à la Sar une seconde jeu- nesse. Que de sacrifices pour en arriver là ! Les dif- férentes entités de la Sar se triturent les méninges à longueur de journée pour trou- ver la bonne solution. A côté des efforts de l’Etat du Sénégal, la Sar tente tant bien que mal de satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante et dont le statut n’est plus celui d’un simple consommateur mais de « consom-acteurs». Car plus question pour elle (la clientèle) de rester chez elle attendant l’arrivée d’un buta- nier ou d’un tanker en provenance de pays gâtés par la nature, laquelle les a dotés de ces liquides précieux dans leur sous-sol. Non, désormais, les « consom-acteurs » exi- gent, donnent leurs avis. Mieux, ils attri- buent des notes et apprécient, d’où l’urgen- ce pour l’entreprise de s’ouvrir à eux en pre- nant en compte leurs désidératas. L’utilisation des réseaux sociaux peut aider à « embellir » l’image de la Sar indexée sou- vent à tort en cas de rupture. Aussi, elle doit prendre la température des bénéficiaires de ses produits. La bouffée d’oxygène tant attendue La récente visite du roi du Maroc au Sénégal ainsi que le dernier voyage du chef de l’Etat aux Etats-Unis en compagnie du ministre de l’Energie ont redonné de l’espoir aux popula- tions. Vivement la concrétisation de ces accords signés par le ministre de l’Energie à hauteur de cent vingt milliards de francs cfa aux Usa. Que le gaz liquéfié de la Louisiane inonde les pipes de la Sar au moment où d’autres sources d’énergies, dites propres, balaient les stigmates de corrosion sur des installations de l’usine par des produits pétroliers en tout cas moins nobles. La Sar peut et doit continuer à assurer son rôle et c’est possible. Il lui faut pour cela l’accompa- gnement permanent et sans équivoque de l’Etat. La belle histoire qui a commencé au 20e siè- cle, poursuivons-la ensemble au 21e. Par O. Ndiaye libérer leS énergieS La vieille a encore ses gènes de jeunesse convaincre. Les quartiers de Thiaroye sur mer, situés en pleine banlieue, à quelques encablures de la Sar, sont traversés par les pipes de cette der- nière. Mais du fait de l’absence d’une poli- tique d’urbanisation ou de lotissement cohérente, des populations de la localité ont construit sur la zone d’emprise ou enco- re sur les pipes mêmes, cela malgré la maté- rialisation de la zone sécuritaire par des balises visibles le long du réseau. En plus des constructions à usage d’habita- tion, des lieux de culte sont parfois installés sur les pipes même de la Sar. Les responsa- bles de la sécurité sont souvent mis devant le fait accompli à cause de l’absence de réac- tion des autorités étatiques chargées de faire appliquer le respect des distances réglementaires par rapport à l’emprise des pipes. Toujours dans le souci de prévenir ces installations anarchiques et limiter les risques de perçages clandestins, les autori- tés de la Sar se sont attachées les services d’une société de gardiennage de la place qui sillonne le tracé des pipes 24h sur 24. Ceci n’empêche pas cependant la découver- te d’installations nouvelles sur l’emprise des pipes presque chaque semaine (Hélas, compte tenu de l’absence de moyens sur- tout motorisés pour faire des rondes sur le réseau, les chargés de la sécurité découvrent des installations sur les pipes quelques semaines après). Il s’y ajoute que le nombre de préposés à la sécurité est souvent insuf- fisant pour surveiller les points sensibles ou à haut risque. Pour lutter contre les vols répétés de ses produits, la Sar a entrepris nombre de cara- vanes de sensibilisation dans les quartiers riverains traversés par les pipes. Des ren- contres périodiques ont été organisées pour sensibiliser les habitants de ces quartiers sur les risques liés à de telles pratiques, mais aussi quant à l’occupation de la zone d’emprise. Aussi, pour permettre une intervention rapide des responsables de la sécurité de la Sar en cas de découverte d’une installation ou occupation irrégulière, un numéro vert à été mis à la disposition des populations de ces quartiers. Les relations sociales étant très denses dans ces quartiers. Avec l’existence des groupe- ments de femmes ou d’associations reli- gieuses ou de jeunes, la Sar avait mis à contribution ces groupes sociaux pour nouer des partenariats afin de toucher le maximum de populations dans le cadre de la sensibilisation. C’était aussi un moyen pour elle (la Sar) de contribuer au dévelop- pement de la localité par des actions socia- les concrètes au bénéfice des habitants de ces quartiers (voir photo). La proximité entre les installations de la Sar et les habitations occasionne souvent des feux de paille. Ce fut le cas en fin de semai- ne dernière, lorsque le responsable de la sécurité avait été saisi par les agents de sécurité de la Sagam suite à l’intervention des sapeurs pompiers de Dakar pour mai- triser un début de feu au niveau du marigot de Thiaroye au quartier dit « Cotonnière ». En réalité, il s’agissait d’un cas isolé de feu de paille un peu éloigné du reste des instal- lations de la Sar, mais des cas de ce genre sont légion dans ce quartier. Il convient de signaler, d’ailleurs, que les tuyaux de la Sar sont enfouis à près d’un mètre cinquante sous terre dans cette zone. Outre les feux de paille, les cas de vol des produits pétroliers constituent également un véritable casse-tête pour les responsa- bles de la sécurité. Comme mentionné plus en haut, l’approche des fêtes religieuses est une période pen- dant laquelle, les cas de vol deviennent plus récurrents. Des malfrats « siphonnent » des produits pétroliers pour les revendre au marché noir. Malgré les innombrables campagnes de sensibilisation et les actions sociales en faveur des populations habitant le long des pipes, force est de constater qu’il existe encore des cas sérieux d’agression des installations. Bref, la lutte contre les occu- pations des emprises de la Sar est un vérita- ble travail de Sisyphe, sans cesse entrepris, jamais terminé et toujours recommencé. Par Ousseynou Ndiaye

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