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Edito revue DHARMA n° 49

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Mise en contexte de la rencontre "Écologie et spiritualité" qui a eu lieu au domaine d'Avalon, les 2, 3 et 4 octobre 2004.

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Edito revue DHARMA n° 49

  1. 1. Écologie&spiritualité Éditod'AlainGrosreyRevueDharman°49
  2. 2. En ramenant l’histoire de la vie à l’échelle d’une année, l’histoire de l’humanité ne représente que 28 secondes. Le temps d’un souffle, la prolifération humaine et les activités industrielles liées à l’hégémonie du modèle économique occidental ont dévasté ce que le monde naturel a mis des millions d’années à façonner. Avant l’apparition de l’homme, la Terre a connu de profonds bouleversements qui ont entraîné parfois la disparition de 50% des espèces. Ce fut le cas il y a 65 millions d’années lors de l’extinction des dinosaures. À chaque fois, la planète bleue est parvenue à retrouver lentement un équilibre. Aujourd’hui, les méfaits de nos actions intensifient la destruction d’organismes vivants sans phase de récupération et à un rythme qui s’accélère au point de menacer l’habitabilité de la Terre. Une étude récente menée sur un millier d’espèces animales et végétales rapporte que 15 à 37% des individus concernés risquent de disparaître d’ici à 2050. Nous savons également que l’exploitation intensive des forêts tropicales accentue l’effet de serre, provoque diverses pathologies fatales aux écosystèmes locaux, anéantit la survie des sociétés ancestrales, nous prive de ressources phytothérapeutiques et induit à terme l’étouffement de l’ensemble du système vivant. Avec la disparition de presque 70% de la couverture naturelle, la situation est devenue alarmante. Édito… revue DHARMA À l’occasion de la rencontre "Écologie et spiritualité" au domaine d'Avalon, les 2, 3 et 4 octobre 2004. Éditions Prajña, septembre 2004 À cela s’ajoute l’empoisonnement généralisé. Des pollutions chimiques résistantes à la dégradation naturelle (les PCB présents entre autres dans les vernis, les peintures, les insecticides ; le DDT ou les dioxines) envahissent la chaîne alimentaire en effectuant des pérégrinations planétaires. Une molécule chimique produite en Europe se retrouvera, par exemple, dans les graisses des ours polaires et le lait maternel des femmes Inuits. Ces pollutions affectent aujourd’hui la quasi-totalité des êtres vivants. Elles sont la cause de cancers, de malformations, d’un affaiblissement des défenses immunitaires et de l’incapacité pour les espèces sauvages à se reproduire. À ce tableau, il faut ajouter la détresse existentielle grandissante et coextensive à la violence qui entraîne l’agonie planétaire. Selon l’OMS, nous serions entrés dans le « siècle de la dépression ». L’éthique individualiste et anthropocentrique nous a conduits dans une impasse. La situation des sociétés de surabondance est devenue absurde. Nous annihilons ce avec quoi nous avons bâti le culte de la satisfaction immédiate. L’état actuel est si complexe et si préoccupant qu’une thérapie d’envergure nécessiterait l’abandon des modèles financiers qui soutiennent l’insatiabilité consumériste et la marchandisation du monde.
  3. 3. Comment sortir de ce labyrinthe dévastateur ? Seul un profond changement de mentalité peut nous permettre d’adopter une conduite respectueuse de l’harmonie du monde vivant. La protection de la vie a été oubliée par les systèmes politiques mais aussi par les religions qui ont parfois recouvert ce devoir de leur dogmatisme. C’est pourquoi, il importe de regarder du côté de l’écologie dans sa dimension essentielle et du côté des spiritualités garantes du sens de l’interdépendance et d’un respect absolu de toute vie. Édito… de la revue DHARMA À l’occasion de la rencontre "Écologie et spiritualité" au domaine d'Avalon, les 2, 3 et 4 octobre 2004. Éditions Prajña, septembre 2004 La personne humaine étant un tissu de relations interdépendantes indissociable de l’immense corps du réel, on peut espérer que l’accomplissement de chacun puisse accroître l’intelligence des sociétés. Souhaitons qu’une aspiration commune à l’harmonie voie naître une éco-spiritualité apte à nous permettre d’habiter le bonheur du monde. L’écologie nous aide à renouer avec la dynamique naturelle de la vie grâce à une éducation aux phénomènes d’interactions. Elle encourage le développement du sens de la responsabilité, la coopération, le partage équitable au travers d’actions éco-citoyennes. Quant aux spiritualités, elles favorisent l’épanouissement complet de la personne humaine. Lorsque la paix et la joie rayonnent en nous, elles se propagent hors de nous. Alain Grosrey (Dr/PhD) Chercheur-associé | Université d'Angers Responsable formation | Université Rimay

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