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Keren Lentschner
@Klentschner
SANTÉ Sanofi, premier laboratoire
pharmaceutique français, et Google ont
annoncé le mois dernier la création d’un
laboratoire d’innovation en santé. Les
deux entreprises, qui n’en sont pasàleur
première collaboration, ne cachent pas
leur ambition : « transformer radicale-
ment le développementdesfuturs médica-
ments et services de santé en tirant parti
de la puissancedesnouvelles technologies
dedonnées».
Depuis cinq ans, la convergence s’est
renforcée entre les « Big Pharma » (Sa-
nofi, Novartis, Pfizer…) et les géantsde la
Tech (Google, Apple, Amazon…). Au
cœur de ces accords : la collecte et l’uti-
lisation de données qui vont révolution-
ner l’industrie de la santé, en pleine
transformation digitale. Leur utilisation
est très prometteuse pour la recherche
et, à terme, pour la prise en charge des
patients. L’objectif est detendre vers une
médecine personnalisée, mieux adaptée
aux besoins de chacun. Hôpitaux, labo-
ratoires, start-up et autres biotechs se
ruent sur ce domaine sans en maîtriser
Tous droits de reproduction réservés
PAYS :France
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SURFACE :91 %
PERIODICITE :Quotidien
RUBRIQUE :Champs libres enquête
DIFFUSION :317225
JOURNALISTE :Keren Lentschner
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encore tous les rouages. « Nous devons
moderniser notre approche de la santé et
devenirune entreprise centrée sur lesdon-
nées», martèle Ameet Nathwani, direc-
teur digital de Sanofi.
DE QUOI PARLE-T-ON ?
Examens de sang, radios, comptes
rendus médicaux, ordonnances, biop-
sies, courbe de poids… : les données de
santé sont au cœur de notre vie. Elles
sont disséminées partout, dans nos ar-
chives personnelles comme dans celles
descabinets médicaux ou des hôpitaux,
sur les fichiers de la Sécurité sociale
comme sur ceux d’Apple ou Samsung.
Longtemps couchées sur papier, elles
sont deplus enplus souvent numériques.
En France, lacréation du dossier médical
partagé représente un premier pas dans
ce sens. Cesdonnées de santé se comp-
tent aujourd’hui en milliards.
En réalité, jamais nous n’en avons autant
généré. Leur multiplication est alimen-
téepar la prise de rendez-vous médicaux
en ligne, la télémédecine, l’utilisation de
capteurs, la création d’applis ou d’objets
connectés dédiés à la santé et au bien-
être… Qui n’a pasun jour compté sespas
quotidiens sur son smartphone ou
contrôlé son poids sur une balance con-
nectée ? L’émergence de forums de pa-
tients comme Carenity (100 000 mem-
bres, 627 000 messagespostés) participe
aussi à la prolifération des données. Une
vraie mine d’or pour les acteurs de la
santé qui ne les ont jamais autant
convoitées et passéesau crible.
Pourquoi ? Parce qu’il existe aujourd’hui
desmoyens technologiques pour les nu-
mériser, les analyser et in fine mieux soi-
gner. Pour transformer ces données en
précieuses informations capables de
simplifier la vie des médecins, biologis-
tes et ingénieurs. L’apparition du cloud
et de l’intelligence artificielle nous a do-
tés dela puissance destockage, d’analy-
se et de calcul qui permettent aujour-
d’hui à ces data de faire progresser la
recherche, lessoins et l’innovation.
« Avec le deep learning, nous pouvons
aujourd’hui apprendre aux algorithmes ce
qu’ils doivent reconnaître sur ces données
(trouver deslésions cancéreuses, faire la
différence entre des tissus…) mais aussi
leur variabilité enfonction despathologies
oudestypes depatients
line Digard, directrice produits numéri-
ques chez GE Healthcare. À condition
d’avoir un volume important de don-
nées.« Celapermet des’assurer dela ro-
bustessedesalgorithmes, ajoute François
Nicolas, directeur du digital de Guerbet
qui planche avec IBM Watson sur un lo-
giciel d’aide au diagnostic du cancer du
foie. Nous avons recueilli auprès de cen-
tres situés dans le monde entier 25 000
images (scanners, IRM…) et nous espé-
rons en détenir 100 000 d’ici deux à trois
ans.»
Encore faut-il que ces données soient de
bonne qualité, au même format, prove-
nant d’établissements agréés, sansbiais
(origine ethnique…) et annotées : le ra-
diologue devra, par exemple, entourer la
tumeur sur le cliché pour que son utilisa-
tion soit optimale. Autant de critères,
parfois difficiles à réunir, qui font pour-
tant la valeur d’une donnée.
QUEVONT-ELLES
RÉVOLUTIONNER
DANS LA SANTÉ ?
La santé a longtemps été à la traîne en
matière de digital. Elle reste le secteur
qui génèreet utilise le moins de données,
largement derrière l’énergie ou les
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pour cause. L’exploitation des données
desanté devrait à terme impacter toutes
les étapes du développement d’un trai-
tement. De la recherche àla commercia-
lisation d’un médicament enpassant par
son suivi. De la prévention d’une mala-
die à son diagnostic. Synthétiser et mo-
déliser les données permet de créer des
profils de patients, de faire apparaître
desliens qui n’étaient pas envisagés, de
détecter des anomalies au regard de
l’historique d’une maladie… Des data
scientists sont recrutés par les labos et
biotechs pour opérer ce virage.
En matière de recherche, l’un desenjeux
del’intelligence artificielle consiste à ac-
célérer les essaiscliniques en facilitant le
recrutement des patients. Le laboratoire
suisseNovartis a ainsi noué un partena-
riat avec la start-up TrialSpark qui per-
mettra aux patients de participer à des
essaiscliniques depuis le cabinet de leur
médecin, au lieu de se déplacer jusqu’à
un centre Au préalable sesalgorithmes
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auront identifié les régions avec les pro-
fils de patients les plus recherchés. De
quoi raccourcir les délais et réduire les
coûts.
Le modèle de la recherche clinique
pourrait peu à peu être bouleversé.
« L’intelligence artificielle va accélérer
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que en permettant de tester de nouveaux
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tionnées», explique Alain Livartowski,
oncologue, directeur desdata à l’Institut
Curie, dans « Santé2030 », le rapport du
Leem (Entreprises du médicament). Les
chercheurs caressent l’espoir qu’un jour
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Aujourd’hui, c’est sansdoute en image-
rie que les progrès sont les plus visibles.
La start-up Therapixel, qui s’est spécia-
lisée dans l’aide au dépistage du cancer
du sein, a bâti un algorithme à partir de
plusieurs centaines de milliers declichés
capable d’alerter le médecin un ou deux
ansavant un diagnostic classique. « Chez
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premiers signes étaient apparents dès la
précédentemammographie mais pasvisi-
bles à l’œil nu, explique Pierre Fillard,
fondateur de Therapixel, qui teste son
algorithme auprès de centres pilotes.
L’IA prend tout son sensdans la complé-
mentarité avec le radiologue. Identifier
plus tôt une tumeur permet au médecin
d’avoir le choix desarmes et d’augmenter
les chances de guérison. » Cela réduit
aussiles faussesalertes qui donnent lieu à
des examens complémentaires coûteux,
souvent anxiogènes pour le patient.
QUISONTLES ACTEURS
DE LA DONNÉE?
« Un gigantesque marché est en train de
se constituer, analyse Jean-Baptiste
Guillaume, associéau sein du cabinet de
conseil IAC Partners. Demain, le pouvoir
sera entre lesmains deceux qui possèdent
la donnée et sont capablesde l’agréger. »
Pour y parvenir, grands laboratoires
pharmaceutiques, start-up, PME doi-
vent travailler main dans la main, à
l’unisson avec les pouvoirs publics. Les
Gafa s’invitent également dans la partie,
et sont même déjà incontournables.
« C’est le recoupement desdonnéeset des
technologies qui pourra faire avancer la
recherche, estime Adeline Digard. Sinous
voulons évoluervers unemédecine depré-
vention et personnalisée,l’IA doit être dé-
clarée priorité nationale. »
La création d’une plateforme nationale,
le Health Data Hub, inscrite dans la loi
Ma Santé 2022, est à cet égard une pre-
mière étape encourageante. De nom-
breuses start-up ont déjà déposé leur
candidature. « Ce hub d’un genre nou-
veau aura un rôle deguichet d’accès uni-
queaux donnéesissuesdelasolidarité na-
tionale (Sécurité sociale, hôpitaux…), ce
qui répondra en partie à la question de
l’accès aux données, cruciale pour faire
avancer la recherche », estime Lambert
Lacostedu cabinet d’études Alcimed.
Si un écosystème est en cours de struc-
turation, la valeur des biens partagés
n’est pas tranchée. Aux États-Unis, la
monétisation des données de santé est
déjàune réalité, mais elle reste taboue en
France. La start-up franco-américaine
Embleema, qui veut créer une place de
marché desdonnées de vie réelle au bé-
néfice des patients, s’efforce d’importer
ce modèle dans l’Hexagone. Cela reste
compliqué en raison d’une culture et
d’une législation radicalement opposées.
La France considère que les données is-
suesdu système de santé doivent pou-
voir être mises gratuitement à disposi-
tion dela recherche et quece n’est pasau
patient de le faire. Toutefois, de nom-
breusesquestions se posent sur le parta-
gede la valeur. Si un cliché médical ap-
partient juridiquement au patient, le
centre de radiologie n’en partage-t-il
pas la propriété en tant que créateur ?
Quelle valeur a une image lorsqu’elle a
été annotée par un médecin ? Les start-
up spécialisées dans l’IA doivent-elles
disposer gratuitement d’images qui leur
servent au final à s’enrichir ? « Il reste
encore à inventer ces modèles économi-
ques», estime Jean-Baptiste Guillaume.
COMMENT PROTÉGER
LESPATIENTS ?
La multiplication de scandales comme
Cambridge Analytica, accusé d’avoir
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partagé sans leur autorisation les don-
néesde millions d’utilisateurs, a refroidi
de nombreuses personnes. Il est rare
d’évoquer la question des données de
santé sans susciter une levée de bou-
cliers. Les patients veulent être sûrs que
leurs informations personnelles ne se-
ront pasvendues à des banques ou à des
compagnies d’assurances qui les utilise-
ront pour modifier leurs prix ou leurs
contrats.
L’obligation d’anonymiser ces données,
en Europe comme aux États-Unis, pour
pouvoir lesexploiter nechange rien àces
appréhensions. Ni celle qui contraint un
organisme à redemander son consente-
ment au patient à chaque nouvelle utili-
sation desesdonnées. Lesentreprises du
secteur marchent sur des œufs. « Nous
avonspassésix moisà mettre enplacedes
garde-fous (process, techniques…) pour
gérer l’utilisation del’IA dans l’entreprise,
explique François Nicolas, de chez Guer-
bet. Nous l’avons fait avec un objectif de
respect desdonnéesdespatients pour as-
surer leur stricte utilisation dans le cadre
de nos projets. » L’ambition du modèle
français est de redonner aux patients le
contrôle de leurs données.
Mêmes enjeux du côté des médecins
dont certains redoutent de voir les ma-
chines prendre leur place. Certaines tâ-
chesseront-elles ringardisées par lesal-
gorithmes ? Comment redistribuer les
compétences médicales ? Qui sera res-
ponsable si une machine se trompe de
diagnostic ? La révolution encours dans
l’industrie de la santé ne se fera passans
un vrai débat politique, juridique et
éthique.
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ÉVOLUTIONDUMARCHÉDELASANTÉDANSLEMONDE,
enmilliardsdedollars
ÉVOLUTIONDUMARCHÉDELASANTÉ
PARZONEGÉOGRAPHIQUE,enmilliardsdedollars
Un m arché qui va croît red'au moins 300 milliards de dollars d'ici 20231
NOMBRED'AUTORISATIONSACCORDÉESÀDENOUVEAUXMÉDICAMENTS
PARLAFOODANDDRUGADMINISTRATION(2)
Un m arché ti répar l'innov ation2
VOLUMEDEDONNÉESGÉNÉRÉESPARSECTEURD'ACTIVITÉEN2018,enexabytes(1EB=1milliarddegigabytes) ÉVOLUTIONDUVOLUMEDEDONNÉESGÉNÉRÉES
D'ICI2025PARSECTEURD'ACTIVITÉ
ÉVOLUTIONDUMARCHÉDESDONNÉES
DESANTÉ,enmilliardsdedollars
Lesdonnées de santé,nouveau mo teur de la croissance de cem arché
3
10
20
30
40
50
60
Unvolumededata
encorefaibleen2018...
68,75
31,1214,25
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
2009
Industrie Commerce Finance Télécommunications
(3)
Médias Santé Transport Énergie Autres Industrie Finance Média 2017 2025SantéMoyenne
monde
10 11 12 13 14 15 16 17 2018 19 20 21 22 États-Unis Europe
(1)
Japon Paysémergents 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 20192023
1205
3584
2212
2 017
1555
1296
717
280
4 239
1218
+ 36%
+ 27%
1505-1535
2018 2023
485
178
625-655
195-225
86 89-95
286
355-385
20
54
(1)Allemagne,Espagne,France,Italie,Royaume-UniSource:IQVIAInstitute Source:Moody’s (2)Autorité sanitaireaméricaine
Estimations
Sources: IDC,TheDigitizationof the World– FromEdgeto Core (3)Etservicesauxcollectivités
+ 30%
+26%
+ 25%
Dontles États-UnisDontles États-Unis
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Le figaro 13_20190708220000

  • 1. CHAMPS LIBRESÉCONOMIE # Keren Lentschner @Klentschner SANTÉ Sanofi, premier laboratoire pharmaceutique français, et Google ont annoncé le mois dernier la création d’un laboratoire d’innovation en santé. Les deux entreprises, qui n’en sont pasàleur première collaboration, ne cachent pas leur ambition : « transformer radicale- ment le développementdesfuturs médica- ments et services de santé en tirant parti de la puissancedesnouvelles technologies dedonnées». Depuis cinq ans, la convergence s’est renforcée entre les « Big Pharma » (Sa- nofi, Novartis, Pfizer…) et les géantsde la Tech (Google, Apple, Amazon…). Au cœur de ces accords : la collecte et l’uti- lisation de données qui vont révolution- ner l’industrie de la santé, en pleine transformation digitale. Leur utilisation est très prometteuse pour la recherche et, à terme, pour la prise en charge des patients. L’objectif est detendre vers une médecine personnalisée, mieux adaptée aux besoins de chacun. Hôpitaux, labo- ratoires, start-up et autres biotechs se ruent sur ce domaine sans en maîtriser Tous droits de reproduction réservés PAYS :France PAGE(S) :13 SURFACE :91 % PERIODICITE :Quotidien RUBRIQUE :Champs libres enquête DIFFUSION :317225 JOURNALISTE :Keren Lentschner 9 juillet 2019 - N°NC
  • 2. encore tous les rouages. « Nous devons moderniser notre approche de la santé et devenirune entreprise centrée sur lesdon- nées», martèle Ameet Nathwani, direc- teur digital de Sanofi. DE QUOI PARLE-T-ON ? Examens de sang, radios, comptes rendus médicaux, ordonnances, biop- sies, courbe de poids… : les données de santé sont au cœur de notre vie. Elles sont disséminées partout, dans nos ar- chives personnelles comme dans celles descabinets médicaux ou des hôpitaux, sur les fichiers de la Sécurité sociale comme sur ceux d’Apple ou Samsung. Longtemps couchées sur papier, elles sont deplus enplus souvent numériques. En France, lacréation du dossier médical partagé représente un premier pas dans ce sens. Cesdonnées de santé se comp- tent aujourd’hui en milliards. En réalité, jamais nous n’en avons autant généré. Leur multiplication est alimen- téepar la prise de rendez-vous médicaux en ligne, la télémédecine, l’utilisation de capteurs, la création d’applis ou d’objets connectés dédiés à la santé et au bien- être… Qui n’a pasun jour compté sespas quotidiens sur son smartphone ou contrôlé son poids sur une balance con- nectée ? L’émergence de forums de pa- tients comme Carenity (100 000 mem- bres, 627 000 messagespostés) participe aussi à la prolifération des données. Une vraie mine d’or pour les acteurs de la santé qui ne les ont jamais autant convoitées et passéesau crible. Pourquoi ? Parce qu’il existe aujourd’hui desmoyens technologiques pour les nu- mériser, les analyser et in fine mieux soi- gner. Pour transformer ces données en précieuses informations capables de simplifier la vie des médecins, biologis- tes et ingénieurs. L’apparition du cloud et de l’intelligence artificielle nous a do- tés dela puissance destockage, d’analy- se et de calcul qui permettent aujour- d’hui à ces data de faire progresser la recherche, lessoins et l’innovation. « Avec le deep learning, nous pouvons aujourd’hui apprendre aux algorithmes ce qu’ils doivent reconnaître sur ces données (trouver deslésions cancéreuses, faire la différence entre des tissus…) mais aussi leur variabilité enfonction despathologies oudestypes depatients line Digard, directrice produits numéri- ques chez GE Healthcare. À condition d’avoir un volume important de don- nées.« Celapermet des’assurer dela ro- bustessedesalgorithmes, ajoute François Nicolas, directeur du digital de Guerbet qui planche avec IBM Watson sur un lo- giciel d’aide au diagnostic du cancer du foie. Nous avons recueilli auprès de cen- tres situés dans le monde entier 25 000 images (scanners, IRM…) et nous espé- rons en détenir 100 000 d’ici deux à trois ans.» Encore faut-il que ces données soient de bonne qualité, au même format, prove- nant d’établissements agréés, sansbiais (origine ethnique…) et annotées : le ra- diologue devra, par exemple, entourer la tumeur sur le cliché pour que son utilisa- tion soit optimale. Autant de critères, parfois difficiles à réunir, qui font pour- tant la valeur d’une donnée. QUEVONT-ELLES RÉVOLUTIONNER DANS LA SANTÉ ? La santé a longtemps été à la traîne en matière de digital. Elle reste le secteur qui génèreet utilise le moins de données, largement derrière l’énergie ou les transports. Mais elle est aussi celui où la croissance à venir sera la plus forte. Et pour cause. L’exploitation des données desanté devrait à terme impacter toutes les étapes du développement d’un trai- tement. De la recherche àla commercia- lisation d’un médicament enpassant par son suivi. De la prévention d’une mala- die à son diagnostic. Synthétiser et mo- déliser les données permet de créer des profils de patients, de faire apparaître desliens qui n’étaient pas envisagés, de détecter des anomalies au regard de l’historique d’une maladie… Des data scientists sont recrutés par les labos et biotechs pour opérer ce virage. En matière de recherche, l’un desenjeux del’intelligence artificielle consiste à ac- célérer les essaiscliniques en facilitant le recrutement des patients. Le laboratoire suisseNovartis a ainsi noué un partena- riat avec la start-up TrialSpark qui per- mettra aux patients de participer à des essaiscliniques depuis le cabinet de leur médecin, au lieu de se déplacer jusqu’à un centre Au préalable sesalgorithmes Tous droits de reproduction réservés PAYS :France PAGE(S) :13 SURFACE :91 % PERIODICITE :Quotidien RUBRIQUE :Champs libres enquête DIFFUSION :317225 JOURNALISTE :Keren Lentschner 9 juillet 2019 - N°NC
  • 3. auront identifié les régions avec les pro- fils de patients les plus recherchés. De quoi raccourcir les délais et réduire les coûts. Le modèle de la recherche clinique pourrait peu à peu être bouleversé. « L’intelligence artificielle va accélérer considérablement le développement clini- que en permettant de tester de nouveaux médicaments sur des populations sélec- tionnées», explique Alain Livartowski, oncologue, directeur desdata à l’Institut Curie, dans « Santé2030 », le rapport du Leem (Entreprises du médicament). Les chercheurs caressent l’espoir qu’un jour la dernière phase des essaiscliniques, la plus coûteuse, pourra être menée « en vie réelle », avec des patients vivant chez eux, sélectionnés en fonction de leur profil génomique… Aujourd’hui, c’est sansdoute en image- rie que les progrès sont les plus visibles. La start-up Therapixel, qui s’est spécia- lisée dans l’aide au dépistage du cancer du sein, a bâti un algorithme à partir de plusieurs centaines de milliers declichés capable d’alerter le médecin un ou deux ansavant un diagnostic classique. « Chez 25% des personnes diagnostiquées, les premiers signes étaient apparents dès la précédentemammographie mais pasvisi- bles à l’œil nu, explique Pierre Fillard, fondateur de Therapixel, qui teste son algorithme auprès de centres pilotes. L’IA prend tout son sensdans la complé- mentarité avec le radiologue. Identifier plus tôt une tumeur permet au médecin d’avoir le choix desarmes et d’augmenter les chances de guérison. » Cela réduit aussiles faussesalertes qui donnent lieu à des examens complémentaires coûteux, souvent anxiogènes pour le patient. QUISONTLES ACTEURS DE LA DONNÉE? « Un gigantesque marché est en train de se constituer, analyse Jean-Baptiste Guillaume, associéau sein du cabinet de conseil IAC Partners. Demain, le pouvoir sera entre lesmains deceux qui possèdent la donnée et sont capablesde l’agréger. » Pour y parvenir, grands laboratoires pharmaceutiques, start-up, PME doi- vent travailler main dans la main, à l’unisson avec les pouvoirs publics. Les Gafa s’invitent également dans la partie, et sont même déjà incontournables. « C’est le recoupement desdonnéeset des technologies qui pourra faire avancer la recherche, estime Adeline Digard. Sinous voulons évoluervers unemédecine depré- vention et personnalisée,l’IA doit être dé- clarée priorité nationale. » La création d’une plateforme nationale, le Health Data Hub, inscrite dans la loi Ma Santé 2022, est à cet égard une pre- mière étape encourageante. De nom- breuses start-up ont déjà déposé leur candidature. « Ce hub d’un genre nou- veau aura un rôle deguichet d’accès uni- queaux donnéesissuesdelasolidarité na- tionale (Sécurité sociale, hôpitaux…), ce qui répondra en partie à la question de l’accès aux données, cruciale pour faire avancer la recherche », estime Lambert Lacostedu cabinet d’études Alcimed. Si un écosystème est en cours de struc- turation, la valeur des biens partagés n’est pas tranchée. Aux États-Unis, la monétisation des données de santé est déjàune réalité, mais elle reste taboue en France. La start-up franco-américaine Embleema, qui veut créer une place de marché desdonnées de vie réelle au bé- néfice des patients, s’efforce d’importer ce modèle dans l’Hexagone. Cela reste compliqué en raison d’une culture et d’une législation radicalement opposées. La France considère que les données is- suesdu système de santé doivent pou- voir être mises gratuitement à disposi- tion dela recherche et quece n’est pasau patient de le faire. Toutefois, de nom- breusesquestions se posent sur le parta- gede la valeur. Si un cliché médical ap- partient juridiquement au patient, le centre de radiologie n’en partage-t-il pas la propriété en tant que créateur ? Quelle valeur a une image lorsqu’elle a été annotée par un médecin ? Les start- up spécialisées dans l’IA doivent-elles disposer gratuitement d’images qui leur servent au final à s’enrichir ? « Il reste encore à inventer ces modèles économi- ques», estime Jean-Baptiste Guillaume. COMMENT PROTÉGER LESPATIENTS ? La multiplication de scandales comme Cambridge Analytica, accusé d’avoir Tous droits de reproduction réservés PAYS :France PAGE(S) :13 SURFACE :91 % PERIODICITE :Quotidien RUBRIQUE :Champs libres enquête DIFFUSION :317225 JOURNALISTE :Keren Lentschner 9 juillet 2019 - N°NC
  • 4. partagé sans leur autorisation les don- néesde millions d’utilisateurs, a refroidi de nombreuses personnes. Il est rare d’évoquer la question des données de santé sans susciter une levée de bou- cliers. Les patients veulent être sûrs que leurs informations personnelles ne se- ront pasvendues à des banques ou à des compagnies d’assurances qui les utilise- ront pour modifier leurs prix ou leurs contrats. L’obligation d’anonymiser ces données, en Europe comme aux États-Unis, pour pouvoir lesexploiter nechange rien àces appréhensions. Ni celle qui contraint un organisme à redemander son consente- ment au patient à chaque nouvelle utili- sation desesdonnées. Lesentreprises du secteur marchent sur des œufs. « Nous avonspassésix moisà mettre enplacedes garde-fous (process, techniques…) pour gérer l’utilisation del’IA dans l’entreprise, explique François Nicolas, de chez Guer- bet. Nous l’avons fait avec un objectif de respect desdonnéesdespatients pour as- surer leur stricte utilisation dans le cadre de nos projets. » L’ambition du modèle français est de redonner aux patients le contrôle de leurs données. Mêmes enjeux du côté des médecins dont certains redoutent de voir les ma- chines prendre leur place. Certaines tâ- chesseront-elles ringardisées par lesal- gorithmes ? Comment redistribuer les compétences médicales ? Qui sera res- ponsable si une machine se trompe de diagnostic ? La révolution encours dans l’industrie de la santé ne se fera passans un vrai débat politique, juridique et éthique. Tous droits de reproduction réservés PAYS :France PAGE(S) :13 SURFACE :91 % PERIODICITE :Quotidien RUBRIQUE :Champs libres enquête DIFFUSION :317225 JOURNALISTE :Keren Lentschner 9 juillet 2019 - N°NC
  • 5. ÉVOLUTIONDUMARCHÉDELASANTÉDANSLEMONDE, enmilliardsdedollars ÉVOLUTIONDUMARCHÉDELASANTÉ PARZONEGÉOGRAPHIQUE,enmilliardsdedollars Un m arché qui va croît red'au moins 300 milliards de dollars d'ici 20231 NOMBRED'AUTORISATIONSACCORDÉESÀDENOUVEAUXMÉDICAMENTS PARLAFOODANDDRUGADMINISTRATION(2) Un m arché ti répar l'innov ation2 VOLUMEDEDONNÉESGÉNÉRÉESPARSECTEURD'ACTIVITÉEN2018,enexabytes(1EB=1milliarddegigabytes) ÉVOLUTIONDUVOLUMEDEDONNÉESGÉNÉRÉES D'ICI2025PARSECTEURD'ACTIVITÉ ÉVOLUTIONDUMARCHÉDESDONNÉES DESANTÉ,enmilliardsdedollars Lesdonnées de santé,nouveau mo teur de la croissance de cem arché 3 10 20 30 40 50 60 Unvolumededata encorefaibleen2018... 68,75 31,1214,25 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 2009 Industrie Commerce Finance Télécommunications (3) Médias Santé Transport Énergie Autres Industrie Finance Média 2017 2025SantéMoyenne monde 10 11 12 13 14 15 16 17 2018 19 20 21 22 États-Unis Europe (1) Japon Paysémergents 2005 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 20192023 1205 3584 2212 2 017 1555 1296 717 280 4 239 1218 + 36% + 27% 1505-1535 2018 2023 485 178 625-655 195-225 86 89-95 286 355-385 20 54 (1)Allemagne,Espagne,France,Italie,Royaume-UniSource:IQVIAInstitute Source:Moody’s (2)Autorité sanitaireaméricaine Estimations Sources: IDC,TheDigitizationof the World– FromEdgeto Core (3)Etservicesauxcollectivités + 30% +26% + 25% Dontles États-UnisDontles États-Unis Tous droits de reproduction réservés PAYS :France PAGE(S) :13 SURFACE :91 % PERIODICITE :Quotidien RUBRIQUE :Champs libres enquête DIFFUSION :317225 JOURNALISTE :Keren Lentschner 9 juillet 2019 - N°NC