SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  26
Télécharger pour lire hors ligne
Expérience marocaine en
      onco-pédiatrie.


                      Amine BENJELLOUN
                            Pédopsychiatre,
                               Casablanca.
Toulon, Novembre 05
Le cancer :    un parcours
                 phénoménologique ?
   La séparation entre corps et pensée.
   La difficile sortie de la séparation.
   Le cancer et la solitude.
   Le cancer et l’expérience de la perte et de la séparation.
   La séparation-limite : celle d’avec l’humain.
   Le sujet s’est donné tout entier au corps.
   Le sujet séparé de lui même.
   Le témoin et la reconnaissance.
   Le dépassement de la séparation.       D.OPPENHEIM
Dans l’entourage du patient:
 N=200
 13%:
   – Dépression majeure.
   – Troubles paniques (fois 2) et anxiété généralisée.
   – PTSD.
 Moins de la moitié diagnostiqués et pris en
  charge.
 Espérance de vie diminuée et arrêts de travail
  fréquents.            (J. of Clinical Oncology, oct 05)
R.ANTELME :

« Il nous paraissait impossible de combler
  la distance que nous découvrions entre le
  langage dont nous disposions et cette
  expérience que, pour la plupart, nous
  étions encore en train de poursuivre dans
  notre corps. »
P.GUYOTAT:

« Cette récupération, quartier de corps par
  quartier de corps, provoque une mutation de
  mémoire…Ma crainte était que l’articulation
  entre pensée et corps ne soit à jamais brisée…
  Alors on part à la recherche d’une jambe, d’un
  œil, …, comme si l’on devait racheter en des
  lieux interdits au négoce telle ou telle partie de
  son corps atteint par la médecine. »
Le patient:
   USA: à ce jour: 8, 2 M de ’’survivants’’.
   Prévalence des troubles psychiatriques:
     -53%:adaptation au stress et émotionnelle normale.
     -47%: 2/3 troubles anxieux et de l’humeur
     & 1/3 dépression majeure, troubles de la personnalité
       révélés à l’occasion.
     -10% seulement antécédents psychiatriques.
                             ⇓
     VERITABLE BARRIEREAU DIAGNOSTIC ET AU TTT DE LA
            PART DU PATIENT ET DE L’ONCOLOGUE.
Troubles anxieux:

 Le   vécu de la maladie certes, mais aussi
  l’hypoxie, la douleur, le sepsis,troubles e-,
  les mdcts (prédnisone, métoclopramide).
 TTT:Bzd, mais aussi les antidépresseurs
  et les neuroleptiques si agitation
  anxieuse.
Dépression:

 Radiations   cérébrales,chimio, corticoïdes,
  cytokines.
 Risque de suicide deux fois plus élevé
  chez le déprimé cancéreux que non
  cancéreux.
 Psychothérapie + TTT : IRS+++,+/- Bzd,
  +/-hypnotiques;+/- psycho stimulants si
  apathie extrême.
États délirants:

 Tumeur      cérébrale, métas, troubles e-,
  atteinte       rénale   ou      hépatique,
  dénutrition,sepsis, troubles CV.
 TTT      étiologique et symptomatique
  (anxiolytique et neuroleptique).
Anorexie et cachexie:
⇑  morbidité et mortalité, ⇓ survie.
 Altération du cycle de Cori, sécrétion
  inappropriée d’insuline, de lactates…
 Cachectine ou TNF α.
 TTT:     Métoclopramide? Thalidomide?
  Megestrol?GH? Alimentation entérale ou
 travailler sur le goût et l’envie.
La santé mentale de l’enfant en
chiffres:
 INSERM    03: 1Enfant/Ado sur 8 présente un
  trouble mental.
 ACAAP, nov 05: 1 sur 5.

        Quid de l’enfant cancéreux?
    Quid de l’enfant de parent cancéreux?
         Quid de l’enfant et la mort?
« Makink every moment count »
 Université de Stanford, 2001.
 1er programme concernant la prise en charge de la
  douleur en fin de vie chez les enfants cancéreux et
  leurs parents.
 « Accompagnement High-tech »
   – Émotionnel, psychologique et psychiatrique, social
   – Qui continue auprès des « survivants » après la mort de
     l’enfant.
                            bsourkes@stanford.edu
L’annonce de la maladie: (1)
 L’enfant    symptomatique ≠ enfant en bonne
  santé.
 Règles:
  – 1: Certitude.
  – 2: Annonce aux deux parents simultanément.
  – 3: Plusieurs noms à la même maladie.
        Sidération alors: l’équipe l’entend t’elle ?
  – 4: Consentement éclairé aux soins ?
        Vide énorme de la législation marocaine.
La première hospitalisation: (2)
 Questions:
  – Que dire à l’enfant ?
  – Quelle est la signification de la maladie ?
   Des soins (les cathéters, les perfusions ?)
  – Quelle présence autorisée ? La fratrie ?
  – Quid de la douleur ?
  – Pourquoi un « ’’psy quelque-chose’’ » ?
La phase de rémission:(3)
 D’une  phase aiguë à une phase de
  « retour à la vie normale » ?
 Patient « malade » par les médicaments.
 On sort d’un poids terrible mais qu’est ce
  qu’il peut encore nous arriver ?
 Parents très en demande d’aide alors.
La phase d’arrêt de traitement :(4)

 Après   2 à 3 ans:
  – Sortir du technique pour retomber dans le
    subjectif.
  – Que va t-il se passer par la suite?
 Les   statistiques:
  ≠ Niveau statistique ≠ Niveau personnel ≠
    Niveau de prédiction !
La rechute : (5)

 Le traitement lourd est arrêté.
 Et ce d’autant que:
  – Parents : usure émotionnelle.
  – Équipes : culpabilité.
 Comment passer du curatif au palliatif ?
  Comment l’annoncer ?
 Grande avancée de la psychopharmacologie+++
« -Bacon, j’ai l’impression que les médecins ne m’aiment
   plus, je les déprime.
-Tu parles, Crane d’Œuf ! Les médecins c’est inusable. Ils
   toujours plein d’idées d’opérations à te faire. Moi , j’en
   ai compté qu’ils m’en avaient promis au moins six.
-Peut être que tu les inspires.          -Faut croire.       -Mais
   pourquoi ils ne te disent pas tout simplement que tu vas
   mourir ?
Là, Bacon, il a fait comme tout le monde dans un hôpital:
   il est devenu sourd. Si tu dis mourir dans un hopital,
   personne n’entend. Tu peux être sur qu’il va y avoir
   un trou d ’air et que l’on va parler d’autre chose. J’ai
   fait le test avec tout le monde. Sauf avec Mamie-
   Rose. »              ’’Oscar et la dame rose’’; E-E-Schmitt.
L’enfant et la mort .

 USA:
  – 5 à 8 % des <18ans sont confrontes à la mort
    d’un parent.
  – 55 000 enfants meurent chaque année par
    maladie.
  – 12, 6 M vivent avec une maladie chronique.
  – Conditions de vie altérées :physique,
    émotionnel , social.
Paroles d’enfants:
«  La mort, c’est les fantômes. » N, 5 ans;
 « La mort, c’est quand on va au ciel et
  grand père nous regarde. ». H, 9 ans.
 « La mort, ça n’existe pas :à la Play
  Station, on ne meurt pas .» M, 10 ans.
 « C’est comme dans le Chaperon Rouge à
  la fin. » H, 4 ans.
 « Laisse moi tranquille .» A, 7 ans.
Eugène Ionesco:

 « J’avais fini par comprendre que l’on
 mourrait parce qu’on avait eu une
 maladie, un accident, que de toute façon
 la mort était accidentelle, et qu’en faisant
 bien attention à ne pas être malade, en
 étant sage, en mettant son cache nez, en
 prenant bien les médicaments, en faisant
 attention aux voitures, on ne mourrait
 jamais ».
L’idée de mort:
 Freud:  ’’Notre    inconscient  ne  croit  pas  à  la 
  possibilité  de  sa  propre  mort  et  se  considère 
  comme  immortel,  c-a-d  les  couches  les  plus 
  profondes de notre ame, celles qui se composent 
  d’instincts  ne  connaissent  en  général  rien  de 
  négatif, ignorent la négation, et par conséquent 
  la  mort  à  laquelle  nous  ne  pouvons  attribuer 
  qu’un  contenu  négatif. ’’
                    Deuil & Mélancolie.
 Thérèse d’Avila:  ’’  Vivre  toute  sa  vie,  aimer 
  tout son amour, mourir toute sa mort.’’
L’idée de mort chez l’enfant:
   Très jeune: pas de mort, que l’absence
   < 5 ans: absence temporaire et réversibilité
    5 & 10 ans:  élaboration  progressive du concept: ce 
    qui bouge, ce  se nourrit…
     – 8 ans: aspect irrévocable de la mort, lié au vivant et 
       indépendant de la volonté » de l’enfant.
     – Notion de décomposition liée à la mort +++  
       cognitivement difficile.
     – Si rencontre avec la mort: maturation accélérée.
     – Le fantôme: un être encore un peu vivant?objet 
       transitionnel ?
     – Le squelette: déni de la décomposition ?
L’ enfant et sa propre mort:
   Processus similaire que chez l’adulte mais sans les 
    processus de maturation…
     – Déni et refus , isolation, avec colère vis à vis des 
       parents et des soignants, responsable de sa mauvaise 
       santé ; jalousie.
     – Pensée magique parfois.
     – Dépression: W= préparation à la perte des objets 
       d’amours et réparation narcissique.
     – « L’après moi ? »: les objets, le ’’testament’’
     – De « L’honneur de vivre »  au « Poids de vivre » 
       (R.Debré.)
La mort d’un parent cancéreux:
   Dépression majeure et anxiété de séparation.+++
   ⇑ taux de suicide chez l’ado.
   Évolution dépend de :
    –   relation parentale et le type d’attachement.
    –   Durée et sévérité de l’état morbide parental.
    –   Mort anticipée ou pas.
    –   Niveau socio économique.
   Approche multidisciplinaire, développementale, 
    pharmacologique et spirituelle.
                  JAMA, Hurwitz et al, 2004
                  New England Journal of Medecine,Kriecberg et al , 2003
Ricœur & Levinas:

 Ricœur    : La visée d une vie accomplie
  serait l’éthique, qui se décline en trois
  points :l’estime de soi, la sollicitude pour
  autrui, des institutions justes et fortes.
 Levinas : la sollicitude pour autrui, promue
  par des institutions justes et fortes, concourt
  à l’instauration de l’estime de soi.

Contenu connexe

Tendances

La responsabilité du pédiatre.ppt;bioethique
La responsabilité du pédiatre.ppt;bioethiqueLa responsabilité du pédiatre.ppt;bioethique
La responsabilité du pédiatre.ppt;bioethiqueAmineBenjelloun
 
L'adolescence est elle pathologique
L'adolescence est elle  pathologiqueL'adolescence est elle  pathologique
L'adolescence est elle pathologiqueAmineBenjelloun
 
Le devoir d'hospitalité
Le devoir d'hospitalitéLe devoir d'hospitalité
Le devoir d'hospitalitéAmineBenjelloun
 
Problématique du traitement des ados incarcérés
Problématique du traitement des ados incarcérésProblématique du traitement des ados incarcérés
Problématique du traitement des ados incarcérésAmineBenjelloun
 
Annonce & responsabilite 1 er mai
Annonce & responsabilite 1 er maiAnnonce & responsabilite 1 er mai
Annonce & responsabilite 1 er maiAmineBenjelloun
 
Ethique et implant cochléaire
Ethique et  implant cochléaireEthique et  implant cochléaire
Ethique et implant cochléaireAmineBenjelloun
 
Psychologie alternative
Psychologie alternativePsychologie alternative
Psychologie alternativeBenoit Fabre
 
Entre neurosciences et éthique
Entre neurosciences et éthiqueEntre neurosciences et éthique
Entre neurosciences et éthiqueAmineBenjelloun
 
Médecins préjugés coupables
Médecins préjugés coupablesMédecins préjugés coupables
Médecins préjugés coupablesRéseau Pro Santé
 
Théories du développement psycho affectif
Théories du développement psycho affectifThéories du développement psycho affectif
Théories du développement psycho affectifAmineBenjelloun
 

Tendances (15)

La responsabilité du pédiatre.ppt;bioethique
La responsabilité du pédiatre.ppt;bioethiqueLa responsabilité du pédiatre.ppt;bioethique
La responsabilité du pédiatre.ppt;bioethique
 
L'adolescence est elle pathologique
L'adolescence est elle  pathologiqueL'adolescence est elle  pathologique
L'adolescence est elle pathologique
 
AFM telethon plaquette 2014
AFM telethon plaquette 2014AFM telethon plaquette 2014
AFM telethon plaquette 2014
 
Le devoir d'hospitalité
Le devoir d'hospitalitéLe devoir d'hospitalité
Le devoir d'hospitalité
 
Problématique du traitement des ados incarcérés
Problématique du traitement des ados incarcérésProblématique du traitement des ados incarcérés
Problématique du traitement des ados incarcérés
 
Annonce & responsabilite 1 er mai
Annonce & responsabilite 1 er maiAnnonce & responsabilite 1 er mai
Annonce & responsabilite 1 er mai
 
Ethique et implant cochléaire
Ethique et  implant cochléaireEthique et  implant cochléaire
Ethique et implant cochléaire
 
Psychologie alternative
Psychologie alternativePsychologie alternative
Psychologie alternative
 
Douleur & Mystere
Douleur & MystereDouleur & Mystere
Douleur & Mystere
 
Entre neurosciences et éthique
Entre neurosciences et éthiqueEntre neurosciences et éthique
Entre neurosciences et éthique
 
Médecins préjugés coupables
Médecins préjugés coupablesMédecins préjugés coupables
Médecins préjugés coupables
 
Un coeur qui bat
Un coeur qui batUn coeur qui bat
Un coeur qui bat
 
En l'ado, le bébé
En l'ado, le bébéEn l'ado, le bébé
En l'ado, le bébé
 
Théories du développement psycho affectif
Théories du développement psycho affectifThéories du développement psycho affectif
Théories du développement psycho affectif
 
conseil génétique
conseil génétiqueconseil génétique
conseil génétique
 

En vedette

Le manuel du généraliste 2 urologie néphrologie
Le manuel du généraliste 2 urologie   néphrologieLe manuel du généraliste 2 urologie   néphrologie
Le manuel du généraliste 2 urologie néphrologiedrmouheb
 
Enfance et sexualité masculine.
Enfance et sexualité masculine.Enfance et sexualité masculine.
Enfance et sexualité masculine.AmineBenjelloun
 
Que se joue t 'il avant 6 ans
Que se joue t 'il avant 6 ansQue se joue t 'il avant 6 ans
Que se joue t 'il avant 6 ansAmineBenjelloun
 
Handicap positions ethique
Handicap positions ethiqueHandicap positions ethique
Handicap positions ethiqueAmineBenjelloun
 
Paroles d’enfants…paroles
Paroles d’enfants…parolesParoles d’enfants…paroles
Paroles d’enfants…parolesAmineBenjelloun
 
253 insuf ren-chron
253 insuf ren-chron253 insuf ren-chron
253 insuf ren-chronlaamlove
 
Traitement de suffisance renale chronique mai 2009
Traitement de suffisance renale chronique mai 2009Traitement de suffisance renale chronique mai 2009
Traitement de suffisance renale chronique mai 2009Alain Birbes
 
Diaporama type EPU
Diaporama type EPUDiaporama type EPU
Diaporama type EPUjrlarue
 
Google Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifique
Google Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifiqueGoogle Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifique
Google Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifiqueJulien Sicot
 
Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015
Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015
Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015Marc PERUGINI
 
Sycomore - IHM / Intégration Continue
Sycomore - IHM / Intégration ContinueSycomore - IHM / Intégration Continue
Sycomore - IHM / Intégration ContinueJohann Vallée
 
Diaporéseauxsociauxll
DiaporéseauxsociauxllDiaporéseauxsociauxll
DiaporéseauxsociauxllLucielavandier
 
Guide d'acheteur pour les licences Autodesk
Guide d'acheteur pour les licences AutodeskGuide d'acheteur pour les licences Autodesk
Guide d'acheteur pour les licences AutodeskVieran Hodko
 
Séminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communication
Séminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communicationSéminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communication
Séminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communicationWisembly
 
Guía viveloverde
Guía viveloverdeGuía viveloverde
Guía viveloverdeNancy A.
 

En vedette (20)

Le manuel du généraliste 2 urologie néphrologie
Le manuel du généraliste 2 urologie   néphrologieLe manuel du généraliste 2 urologie   néphrologie
Le manuel du généraliste 2 urologie néphrologie
 
Enfance et sexualité masculine.
Enfance et sexualité masculine.Enfance et sexualité masculine.
Enfance et sexualité masculine.
 
Que se joue t 'il avant 6 ans
Que se joue t 'il avant 6 ansQue se joue t 'il avant 6 ans
Que se joue t 'il avant 6 ans
 
Handicap positions ethique
Handicap positions ethiqueHandicap positions ethique
Handicap positions ethique
 
Paroles d’enfants…paroles
Paroles d’enfants…parolesParoles d’enfants…paroles
Paroles d’enfants…paroles
 
Kaffala & reification
Kaffala & reificationKaffala & reification
Kaffala & reification
 
253 insuf ren-chron
253 insuf ren-chron253 insuf ren-chron
253 insuf ren-chron
 
Traitement de suffisance renale chronique mai 2009
Traitement de suffisance renale chronique mai 2009Traitement de suffisance renale chronique mai 2009
Traitement de suffisance renale chronique mai 2009
 
La prévention des risques psychosociaux
La prévention des risques psychosociauxLa prévention des risques psychosociaux
La prévention des risques psychosociaux
 
Diaporama type EPU
Diaporama type EPUDiaporama type EPU
Diaporama type EPU
 
Google Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifique
Google Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifiqueGoogle Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifique
Google Scholar : un moteur de recherche pour l'information scientifique
 
Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015
Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015
Catalogue formations anticipateacademy_2014_2015
 
Sycomore - IHM / Intégration Continue
Sycomore - IHM / Intégration ContinueSycomore - IHM / Intégration Continue
Sycomore - IHM / Intégration Continue
 
L.E.A.D - Action Plan
L.E.A.D -  Action PlanL.E.A.D -  Action Plan
L.E.A.D - Action Plan
 
Diaporéseauxsociauxll
DiaporéseauxsociauxllDiaporéseauxsociauxll
Diaporéseauxsociauxll
 
Guide d'acheteur pour les licences Autodesk
Guide d'acheteur pour les licences AutodeskGuide d'acheteur pour les licences Autodesk
Guide d'acheteur pour les licences Autodesk
 
Séminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communication
Séminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communicationSéminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communication
Séminaires : 5 bonnes pratiques interactives pour améliorer votre communication
 
Programme
ProgrammeProgramme
Programme
 
Opto u sensor
Opto u sensorOpto u sensor
Opto u sensor
 
Guía viveloverde
Guía viveloverdeGuía viveloverde
Guía viveloverde
 

Similaire à Le vécu du cancer chez l 'enfant

Recherche en médecines pierre st vincent
Recherche en médecines  pierre st vincentRecherche en médecines  pierre st vincent
Recherche en médecines pierre st vincentPierre ST Vincent
 
Huntington Wiki
Huntington WikiHuntington Wiki
Huntington WikiMenhunter
 
Cours 1 Approche à la santé mentale
Cours 1 Approche à la santé mentaleCours 1 Approche à la santé mentale
Cours 1 Approche à la santé mentaleMichel Perrier
 
Adolescence, vulnérabilité, comportements à risques
Adolescence, vulnérabilité, comportements à risquesAdolescence, vulnérabilité, comportements à risques
Adolescence, vulnérabilité, comportements à risquesUniversité des Antilles
 
Les adolescents et la mort
Les adolescents et la mortLes adolescents et la mort
Les adolescents et la mortcarolines06
 
I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -
I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -
I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -ssuser402aa2
 
Libertés carcérales, enfermements psychiatriques
Libertés carcérales, enfermements psychiatriquesLibertés carcérales, enfermements psychiatriques
Libertés carcérales, enfermements psychiatriquesRéseau Pro Santé
 
Poster "Comment parler de l'AVC ?"
Poster "Comment parler de l'AVC ?"Poster "Comment parler de l'AVC ?"
Poster "Comment parler de l'AVC ?"Catherine LE BRAS
 
Orodietologie anorexie et sommeil
Orodietologie anorexie et sommeilOrodietologie anorexie et sommeil
Orodietologie anorexie et sommeilAmineBenjelloun
 
Art thérapie et tspt partie1
Art thérapie et tspt partie1Art thérapie et tspt partie1
Art thérapie et tspt partie1Josiane Gagnon
 
SYNDROME DEPRESSIF.ppt
SYNDROME DEPRESSIF.pptSYNDROME DEPRESSIF.ppt
SYNDROME DEPRESSIF.pptKhaoula509835
 
Les_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdf
Les_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdfLes_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdf
Les_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdfJoPi6
 
SOS Hépatites_Rôle des associations.ppt
SOS Hépatites_Rôle des associations.pptSOS Hépatites_Rôle des associations.ppt
SOS Hépatites_Rôle des associations.pptodeckmyn
 
Histoire pensee psychiatrique
Histoire pensee psychiatriqueHistoire pensee psychiatrique
Histoire pensee psychiatriqueAmineBenjelloun
 

Similaire à Le vécu du cancer chez l 'enfant (20)

Perception sociale de la fin de vie et aide médicale à mourir
Perception sociale de la fin de vie et aide médicale à mourirPerception sociale de la fin de vie et aide médicale à mourir
Perception sociale de la fin de vie et aide médicale à mourir
 
Recherche en médecines pierre st vincent
Recherche en médecines  pierre st vincentRecherche en médecines  pierre st vincent
Recherche en médecines pierre st vincent
 
Clin doeil-folie
Clin doeil-folieClin doeil-folie
Clin doeil-folie
 
LA DIFFERENCE, LA PERTURBATION MENTALE HUMAINE
LA DIFFERENCE, LA PERTURBATION MENTALE HUMAINELA DIFFERENCE, LA PERTURBATION MENTALE HUMAINE
LA DIFFERENCE, LA PERTURBATION MENTALE HUMAINE
 
Huntington Wiki
Huntington WikiHuntington Wiki
Huntington Wiki
 
Cours 1 Approche à la santé mentale
Cours 1 Approche à la santé mentaleCours 1 Approche à la santé mentale
Cours 1 Approche à la santé mentale
 
Adolescence, vulnérabilité, comportements à risques
Adolescence, vulnérabilité, comportements à risquesAdolescence, vulnérabilité, comportements à risques
Adolescence, vulnérabilité, comportements à risques
 
Les adolescents et la mort
Les adolescents et la mortLes adolescents et la mort
Les adolescents et la mort
 
L'anamnèse pour tous...
L'anamnèse pour tous...L'anamnèse pour tous...
L'anamnèse pour tous...
 
I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -
I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -
I heredite monofactorielle-i--2018-2019- - - - -
 
Libertés carcérales, enfermements psychiatriques
Libertés carcérales, enfermements psychiatriquesLibertés carcérales, enfermements psychiatriques
Libertés carcérales, enfermements psychiatriques
 
Poster "Comment parler de l'AVC ?"
Poster "Comment parler de l'AVC ?"Poster "Comment parler de l'AVC ?"
Poster "Comment parler de l'AVC ?"
 
nl20_fr
nl20_frnl20_fr
nl20_fr
 
Orodietologie anorexie et sommeil
Orodietologie anorexie et sommeilOrodietologie anorexie et sommeil
Orodietologie anorexie et sommeil
 
Art thérapie et tspt partie1
Art thérapie et tspt partie1Art thérapie et tspt partie1
Art thérapie et tspt partie1
 
SYNDROME DEPRESSIF.ppt
SYNDROME DEPRESSIF.pptSYNDROME DEPRESSIF.ppt
SYNDROME DEPRESSIF.ppt
 
Chercheurs de connaissance, science et technique en santé physique et psychiq...
Chercheurs de connaissance, science et technique en santé physique et psychiq...Chercheurs de connaissance, science et technique en santé physique et psychiq...
Chercheurs de connaissance, science et technique en santé physique et psychiq...
 
Les_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdf
Les_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdfLes_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdf
Les_100_remèdes_naturels_qui_font_trembler_Big_Pharma_version_non.pdf
 
SOS Hépatites_Rôle des associations.ppt
SOS Hépatites_Rôle des associations.pptSOS Hépatites_Rôle des associations.ppt
SOS Hépatites_Rôle des associations.ppt
 
Histoire pensee psychiatrique
Histoire pensee psychiatriqueHistoire pensee psychiatrique
Histoire pensee psychiatrique
 

Plus de AmineBenjelloun

Tabac.les parents modeles sanitaires
Tabac.les parents  modeles sanitairesTabac.les parents  modeles sanitaires
Tabac.les parents modeles sanitairesAmineBenjelloun
 
Representations sociales et drogues
Representations sociales et droguesRepresentations sociales et drogues
Representations sociales et droguesAmineBenjelloun
 
De l'attachement à la dependance
De l'attachement à la dependanceDe l'attachement à la dependance
De l'attachement à la dependanceAmineBenjelloun
 
Le meurtre de soi à l’adolescence 2
Le meurtre de soi à l’adolescence 2Le meurtre de soi à l’adolescence 2
Le meurtre de soi à l’adolescence 2AmineBenjelloun
 
Le meutre de soi à l'adolescence 1
Le meutre de soi à l'adolescence 1Le meutre de soi à l'adolescence 1
Le meutre de soi à l'adolescence 1AmineBenjelloun
 
Le suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophie
Le suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophieLe suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophie
Le suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophieAmineBenjelloun
 
Théorie del'attachement
Théorie del'attachementThéorie del'attachement
Théorie del'attachementAmineBenjelloun
 
Sun beach seduire adolescence
Sun beach seduire adolescenceSun beach seduire adolescence
Sun beach seduire adolescenceAmineBenjelloun
 
Prévalence des troubles mentaux en milieux socio éducatif
Prévalence des troubles mentaux  en milieux socio éducatifPrévalence des troubles mentaux  en milieux socio éducatif
Prévalence des troubles mentaux en milieux socio éducatifAmineBenjelloun
 
Précarite et santé mentale
Précarite et santé mentalePrécarite et santé mentale
Précarite et santé mentaleAmineBenjelloun
 
Plate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficile
Plate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficilePlate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficile
Plate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficileAmineBenjelloun
 

Plus de AmineBenjelloun (16)

Thada top & addiction
Thada top  &  addictionThada top  &  addiction
Thada top & addiction
 
Tabac.les parents modeles sanitaires
Tabac.les parents  modeles sanitairesTabac.les parents  modeles sanitaires
Tabac.les parents modeles sanitaires
 
Representations sociales et drogues
Representations sociales et droguesRepresentations sociales et drogues
Representations sociales et drogues
 
De l'attachement à la dependance
De l'attachement à la dependanceDe l'attachement à la dependance
De l'attachement à la dependance
 
Cyberaddiction
CyberaddictionCyberaddiction
Cyberaddiction
 
Adolescence et cannabis
Adolescence et cannabisAdolescence et cannabis
Adolescence et cannabis
 
Addictions generalites
Addictions generalitesAddictions generalites
Addictions generalites
 
How to keep them alive
How to keep them aliveHow to keep them alive
How to keep them alive
 
Le meurtre de soi à l’adolescence 2
Le meurtre de soi à l’adolescence 2Le meurtre de soi à l’adolescence 2
Le meurtre de soi à l’adolescence 2
 
Le meutre de soi à l'adolescence 1
Le meutre de soi à l'adolescence 1Le meutre de soi à l'adolescence 1
Le meutre de soi à l'adolescence 1
 
Le suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophie
Le suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophieLe suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophie
Le suicide un eclairage autre apport de la littérature et de la philosophie
 
Théorie del'attachement
Théorie del'attachementThéorie del'attachement
Théorie del'attachement
 
Sun beach seduire adolescence
Sun beach seduire adolescenceSun beach seduire adolescence
Sun beach seduire adolescence
 
Prévalence des troubles mentaux en milieux socio éducatif
Prévalence des troubles mentaux  en milieux socio éducatifPrévalence des troubles mentaux  en milieux socio éducatif
Prévalence des troubles mentaux en milieux socio éducatif
 
Précarite et santé mentale
Précarite et santé mentalePrécarite et santé mentale
Précarite et santé mentale
 
Plate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficile
Plate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficilePlate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficile
Plate forme d 'enseignement concernant l 'ado difficile
 

Le vécu du cancer chez l 'enfant

  • 1. Expérience marocaine en onco-pédiatrie. Amine BENJELLOUN Pédopsychiatre, Casablanca. Toulon, Novembre 05
  • 2. Le cancer : un parcours phénoménologique ?  La séparation entre corps et pensée.  La difficile sortie de la séparation.  Le cancer et la solitude.  Le cancer et l’expérience de la perte et de la séparation.  La séparation-limite : celle d’avec l’humain.  Le sujet s’est donné tout entier au corps.  Le sujet séparé de lui même.  Le témoin et la reconnaissance.  Le dépassement de la séparation. D.OPPENHEIM
  • 3. Dans l’entourage du patient:  N=200  13%: – Dépression majeure. – Troubles paniques (fois 2) et anxiété généralisée. – PTSD.  Moins de la moitié diagnostiqués et pris en charge.  Espérance de vie diminuée et arrêts de travail fréquents. (J. of Clinical Oncology, oct 05)
  • 4. R.ANTELME : « Il nous paraissait impossible de combler la distance que nous découvrions entre le langage dont nous disposions et cette expérience que, pour la plupart, nous étions encore en train de poursuivre dans notre corps. »
  • 5. P.GUYOTAT: « Cette récupération, quartier de corps par quartier de corps, provoque une mutation de mémoire…Ma crainte était que l’articulation entre pensée et corps ne soit à jamais brisée… Alors on part à la recherche d’une jambe, d’un œil, …, comme si l’on devait racheter en des lieux interdits au négoce telle ou telle partie de son corps atteint par la médecine. »
  • 6. Le patient:  USA: à ce jour: 8, 2 M de ’’survivants’’.  Prévalence des troubles psychiatriques: -53%:adaptation au stress et émotionnelle normale. -47%: 2/3 troubles anxieux et de l’humeur & 1/3 dépression majeure, troubles de la personnalité révélés à l’occasion. -10% seulement antécédents psychiatriques. ⇓ VERITABLE BARRIEREAU DIAGNOSTIC ET AU TTT DE LA PART DU PATIENT ET DE L’ONCOLOGUE.
  • 7. Troubles anxieux:  Le vécu de la maladie certes, mais aussi l’hypoxie, la douleur, le sepsis,troubles e-, les mdcts (prédnisone, métoclopramide).  TTT:Bzd, mais aussi les antidépresseurs et les neuroleptiques si agitation anxieuse.
  • 8. Dépression:  Radiations cérébrales,chimio, corticoïdes, cytokines.  Risque de suicide deux fois plus élevé chez le déprimé cancéreux que non cancéreux.  Psychothérapie + TTT : IRS+++,+/- Bzd, +/-hypnotiques;+/- psycho stimulants si apathie extrême.
  • 9. États délirants:  Tumeur cérébrale, métas, troubles e-, atteinte rénale ou hépatique, dénutrition,sepsis, troubles CV.  TTT étiologique et symptomatique (anxiolytique et neuroleptique).
  • 10. Anorexie et cachexie: ⇑ morbidité et mortalité, ⇓ survie.  Altération du cycle de Cori, sécrétion inappropriée d’insuline, de lactates…  Cachectine ou TNF α.  TTT: Métoclopramide? Thalidomide? Megestrol?GH? Alimentation entérale ou travailler sur le goût et l’envie.
  • 11. La santé mentale de l’enfant en chiffres:  INSERM 03: 1Enfant/Ado sur 8 présente un trouble mental.  ACAAP, nov 05: 1 sur 5. Quid de l’enfant cancéreux? Quid de l’enfant de parent cancéreux? Quid de l’enfant et la mort?
  • 12. « Makink every moment count »  Université de Stanford, 2001.  1er programme concernant la prise en charge de la douleur en fin de vie chez les enfants cancéreux et leurs parents.  « Accompagnement High-tech » – Émotionnel, psychologique et psychiatrique, social – Qui continue auprès des « survivants » après la mort de l’enfant. bsourkes@stanford.edu
  • 13. L’annonce de la maladie: (1)  L’enfant symptomatique ≠ enfant en bonne santé.  Règles: – 1: Certitude. – 2: Annonce aux deux parents simultanément. – 3: Plusieurs noms à la même maladie.  Sidération alors: l’équipe l’entend t’elle ? – 4: Consentement éclairé aux soins ?  Vide énorme de la législation marocaine.
  • 14. La première hospitalisation: (2)  Questions: – Que dire à l’enfant ? – Quelle est la signification de la maladie ? Des soins (les cathéters, les perfusions ?) – Quelle présence autorisée ? La fratrie ? – Quid de la douleur ? – Pourquoi un « ’’psy quelque-chose’’ » ?
  • 15. La phase de rémission:(3)  D’une phase aiguë à une phase de « retour à la vie normale » ?  Patient « malade » par les médicaments.  On sort d’un poids terrible mais qu’est ce qu’il peut encore nous arriver ?  Parents très en demande d’aide alors.
  • 16. La phase d’arrêt de traitement :(4)  Après 2 à 3 ans: – Sortir du technique pour retomber dans le subjectif. – Que va t-il se passer par la suite?  Les statistiques: ≠ Niveau statistique ≠ Niveau personnel ≠ Niveau de prédiction !
  • 17. La rechute : (5)  Le traitement lourd est arrêté.  Et ce d’autant que: – Parents : usure émotionnelle. – Équipes : culpabilité.  Comment passer du curatif au palliatif ? Comment l’annoncer ?  Grande avancée de la psychopharmacologie+++
  • 18. « -Bacon, j’ai l’impression que les médecins ne m’aiment plus, je les déprime. -Tu parles, Crane d’Œuf ! Les médecins c’est inusable. Ils toujours plein d’idées d’opérations à te faire. Moi , j’en ai compté qu’ils m’en avaient promis au moins six. -Peut être que tu les inspires. -Faut croire. -Mais pourquoi ils ne te disent pas tout simplement que tu vas mourir ? Là, Bacon, il a fait comme tout le monde dans un hôpital: il est devenu sourd. Si tu dis mourir dans un hopital, personne n’entend. Tu peux être sur qu’il va y avoir un trou d ’air et que l’on va parler d’autre chose. J’ai fait le test avec tout le monde. Sauf avec Mamie- Rose. » ’’Oscar et la dame rose’’; E-E-Schmitt.
  • 19. L’enfant et la mort .  USA: – 5 à 8 % des <18ans sont confrontes à la mort d’un parent. – 55 000 enfants meurent chaque année par maladie. – 12, 6 M vivent avec une maladie chronique. – Conditions de vie altérées :physique, émotionnel , social.
  • 20. Paroles d’enfants: « La mort, c’est les fantômes. » N, 5 ans;  « La mort, c’est quand on va au ciel et grand père nous regarde. ». H, 9 ans.  « La mort, ça n’existe pas :à la Play Station, on ne meurt pas .» M, 10 ans.  « C’est comme dans le Chaperon Rouge à la fin. » H, 4 ans.  « Laisse moi tranquille .» A, 7 ans.
  • 21. Eugène Ionesco: « J’avais fini par comprendre que l’on mourrait parce qu’on avait eu une maladie, un accident, que de toute façon la mort était accidentelle, et qu’en faisant bien attention à ne pas être malade, en étant sage, en mettant son cache nez, en prenant bien les médicaments, en faisant attention aux voitures, on ne mourrait jamais ».
  • 22. L’idée de mort:  Freud:  ’’Notre  inconscient  ne  croit  pas  à  la  possibilité  de  sa  propre  mort  et  se  considère  comme  immortel,  c-a-d  les  couches  les  plus  profondes de notre ame, celles qui se composent  d’instincts  ne  connaissent  en  général  rien  de  négatif, ignorent la négation, et par conséquent  la  mort  à  laquelle  nous  ne  pouvons  attribuer  qu’un  contenu  négatif. ’’ Deuil & Mélancolie.  Thérèse d’Avila:  ’’  Vivre  toute  sa  vie,  aimer  tout son amour, mourir toute sa mort.’’
  • 23. L’idée de mort chez l’enfant:  Très jeune: pas de mort, que l’absence  < 5 ans: absence temporaire et réversibilité   5 & 10 ans:  élaboration  progressive du concept: ce  qui bouge, ce  se nourrit… – 8 ans: aspect irrévocable de la mort, lié au vivant et  indépendant de la volonté » de l’enfant. – Notion de décomposition liée à la mort +++   cognitivement difficile. – Si rencontre avec la mort: maturation accélérée. – Le fantôme: un être encore un peu vivant?objet  transitionnel ? – Le squelette: déni de la décomposition ?
  • 24. L’ enfant et sa propre mort:  Processus similaire que chez l’adulte mais sans les  processus de maturation… – Déni et refus , isolation, avec colère vis à vis des  parents et des soignants, responsable de sa mauvaise  santé ; jalousie. – Pensée magique parfois. – Dépression: W= préparation à la perte des objets  d’amours et réparation narcissique. – « L’après moi ? »: les objets, le ’’testament’’ – De « L’honneur de vivre »  au « Poids de vivre »  (R.Debré.)
  • 25. La mort d’un parent cancéreux:  Dépression majeure et anxiété de séparation.+++  ⇑ taux de suicide chez l’ado.  Évolution dépend de : – relation parentale et le type d’attachement. – Durée et sévérité de l’état morbide parental. – Mort anticipée ou pas. – Niveau socio économique.  Approche multidisciplinaire, développementale,  pharmacologique et spirituelle. JAMA, Hurwitz et al, 2004 New England Journal of Medecine,Kriecberg et al , 2003
  • 26. Ricœur & Levinas:  Ricœur : La visée d une vie accomplie serait l’éthique, qui se décline en trois points :l’estime de soi, la sollicitude pour autrui, des institutions justes et fortes.  Levinas : la sollicitude pour autrui, promue par des institutions justes et fortes, concourt à l’instauration de l’estime de soi.

Notes de l'éditeur

  1. TT
  2. Huriet: symbole de vie d’un coté et d’expérimentation de l’autre.Qui doit signer alors :P+M. Et l’enfant en age de consentement ? Le diagnostique n’appartient pas au médecin . Vide juridique et dans le code de déontologie marocain. Il n’y a pas de bonne manière d’annoncer un mauvais diagnostique;il n’y a pas de patient heureux d’apprendre une mauvaise nouvelle; il n’y a pas de médecin heureux d’annoncer une mauvaise nouvelle. Le microbe: ’’ on m’ a dit que c’était le microbe du cancer ’’. Les autres, eux , ils ont le cancer.
  3. L’enfant non demandeur immédiatement d ‘ un diagnostique (en contradiction avec ce que j’ai dit précédemment. Demandeur de soins et surtout de ce qui lui arriver et de ce qui va être fait, des gestes sur son corps.Les differents travaux psy montrent que jusqu’à 15 ans il vaut mieux répondre directement aux questions posées , avec explications physiopathologiques; l’expérience montre que avant , dès l’age de compréhension.Aux parents de répondre avec leur sensibilité et aux équipes de dirent  « si vous n’y arrivé pas, décharger vous sur nous ».Faut il lui dire le nom de sa maladie comme préconisé par certains seulement avec l’accord des parents? La encore, non!
  4. Les parents ont besoin le plus d’aide à ce moment là.
  5. Déification, piège de la médecine . Comment investir la vie dehors alors que jusque la aux mains de la médecine . Exemple de Sabir : ’’il me reste la fermeture de la coloplastie ’’et c’est son seul horizon .
  6. Guérison de plus en plus tenue au fur et à mesure. Exemple de cette adolescente défigurée par des métastases mandibulaires sup. et inf. qui demandait l’arrêt des oins, chose inn entendable à la fois par certains médecins et certaines infirmières de l’équipe mais surtout par les parents mis dans une situation impossible par les frères et sœurs de l’ado’’ mais vous n’allez pas la laisser faire, vous pouvez pas nous abandonner »