Bruno Collin : icône de l’avant-garde et prophète de la bible urbaine
Interview & Texte by Aurelie SiouPhoto By Julien Toty ©Agence VERTU 
Il rêve d’un retour à des valeurs essentielles comme ...
Arrives-tu à mesurer l’impact de WAD sur la société ? Ce sont les marques qui mesurent notre influence en réalité. Nous av...
Ton savoir vivre et ton savoir être 
Mon savoir vivre c’est de ne rien prévoir à l’avance et de vivre au jour le jour et d...
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PRESSE / MEDIAS: Bruno Collin

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Interview de Bruno Collin pour l'agence VERTU

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PRESSE / MEDIAS: Bruno Collin

  1. 1. Bruno Collin : icône de l’avant-garde et prophète de la bible urbaine
  2. 2. Interview & Texte by Aurelie SiouPhoto By Julien Toty ©Agence VERTU Il rêve d’un retour à des valeurs essentielles comme la simplicité, l’authenticité, la convivialitéLa simplicité, l’authenticité, la convivialité…C’est lui ! Il rêve d’un marché moins abusif et que le génie des créateurs prescripteurs de tendances s’inscrivent avant tout dans un réel confort. Le prescripteur de tendances…C’est lui ! A la tête du magazine qui ose tout, « le WAD* » on l’assume ou pas, Bruno Collin n’en finira jamais de nous émerveiller ! Démarche ostentatoire, démarche d’avant-garde indémodable, ton irrésistible, positionnement « fashion » inspirant et déconcertant abstrait/concret inédit, mécanique à dimension humaine qui consacre les stars de demain, WAD c’est la très grande classe inclassable ! Un quart d’heure d’interview avec Bruno Collin c’est un quart d’heure de « fresh air » de retour aux sources, un « very good trip », dans lequel on se plonge comme lorsque l’on ouvre les premières pages du magazine iconique et « so popular ». On est à la Favela Chic, au Brésil, à Ibiza… WAD, house of fun, back to basic, photos de science et nature (je veux dire naked for real!), crazy melty fashion trip where everything looks dreamy , une révolution dans nos têtes, ou la vérité se déniche dans les détails, ou la mode n’est pas juste une gravure de magazine, une égérie surréaliste, et ou la beauté réside dans le regard de ceux qui la portent. Bruno, tu peux te décrire sous la forme d’un pitch? Fondateur du magazine WAD, j’ai fait aussi beaucoup de consulting pour des marques. Ces deux dernières années je me suis occupé de la Direction Artistique de Diesel en particulier pour la reconstruction de la femme et le lancement du parfum l’Overdose qui est un immense succès. Dans quelle démarche s’est inscrite la création de WAD ? En 1998 Brice Compagnon, mon associé, et moi-même, nous avons décidé de lancer le magazine qui devait être un « fanzine ». Nous l’avons créé parce que la mode que nous portions n’avait pas du tout de place dans les magazines à l’époque. Pour certains un jean c’est un jean alors que pour nous il s’inscrit dans une démarche. C’était important de donner de la place à des marques comme G-Star et à cette mode dite «urbaine». D’autant qu’aujourd’hui le vrai marché de la mode se fait sur les marques urbaines. Le 1er numéro est sorti et nous avons été contactés immédiatement par Jean-Luc Delarue. Nous avons fait Ça se Discute avec David & Cathy Guetta qui étaient aux Bains et au Palace à l ‘époque. Il y a eu un buzz incroyable autour du magazine, le lendemain de sa sortie il était déjà épuisé, nous avons été obligé de le faire réimprimer 2 fois. Nous sommes devenus tout de suite un référent pour le milieu sachant que j’étais vraiment un spécialiste du produit et que mon associé Brice Compagnon lui était un spécialiste de l’image, des mannequins, des photographes. Ça a collé tout de suite. Nous voulions nous adresser à une cible de prescripteurs de tendances, de gens pointus au niveau de la mode, qui s’intéressent aux produits et aux marques. Finalement ça a intéressé beaucoup plus de monde et d’un magazine de niche nous sommes devenus un magazine de mode.
  3. 3. Arrives-tu à mesurer l’impact de WAD sur la société ? Ce sont les marques qui mesurent notre influence en réalité. Nous avons participé à en faire découvrir. Adidas Original, G-Star parce que j’étais un des seuls qui y croyaient. Pierre Morisset par exemple, le styliste qui a créé le L Wood, l’idée la plus magique du XXème siècle, puisque quand le 1er jean est sorti en 1996 ils ont en vendu des wagons. Personne n’y croyait, nous avons été un des seuls magazines à le suivre. Aujourd’hui c’est la marque de jean la plus innovatrice. Ils ont inventé le jean 3D alors que personne n’y avait pensé ! Il n’y a pas de secret, une marque née toujours dans un petit circuit et étend ses gammes petit à petit, se fait connaitre et finit par habiller Monsieur tout le monde. Décris-moi… Le créateur le plus doué et le plus talentueux de sa génération Pierre Morisset, pour le coté fonctionnel, pratique, « easy to wear ». Mais forcément, j’ai beaucoup d’admiration pour des créateurs comme Jeremy Scott qui a apporté une touche à Adidas et qui défile à New York. Il a signé un style que l’on reconnait. J’ai notamment la veste traditionnel de Adidas en léopard. Je la mets souvent et les gens me disent « ah c’est la Jérémy Scott d’ Adidas ». Il y a aussi Bernard Willhelm pour ses créations avec Camper et son style ! Cette génération là de créateurs a compris qu’il fallait faire des associations avec des grandes marques pour pouvoir faire un produit qui allait se voir dans la rue. Bernhard Willem a quand à lui inventé la semelle Waffle, c’est quelque chose auquel aucun chausseur n’avait pensé avant. Il a inventé la chaussure hybride. La rencontre entre une basket et une chaussure « dressy ». Il a mixé les tendances. Il a fait un excellent mariage avec Campeur, la chaussure de demain. La tendance qui a le plus de sens à tes yeux La tendance la plus importante c’est le confort. Ce n’est pas une matière, ce n’est pas un produit, c’est un confort. Il y a eu beaucoup trop d’abus, notamment avec les délavages. Aujourd’hui en Turquie il y a des mecs qui n’ont même pas 30 ans qui ont déjà des cancers parce qu’ils ont respiré trop de sable. Les industriels le savaient et ce sont eux qu’il faut montrer du doigt. On revient à quelque chose de plus « raw » de plus brut, de plus essentiel et de plus confortable aussi bien dans le masculin que le féminin. La femme d’aujourd’hui a envie d’être à la fois jolie, chic, mais surtout à l’aise. C’est ce qui ressort de tous les focus group que nous avons faits avec les consommateurs. On sort d’une sale période avec les jeans « slim » qui ne vont qu’aux mannequins, aujourd’hui l’essentiel est que la tendance doit appartenir aux consommateurs et non plus aux créateurs ! Un des génies des créateurs qu’était Yves Saint Laurent, si on se souvient d’un de ces produits finalement on se rend compte qu’il était lui aussi précurseur. Il a relancé la saharienne. Les filles ont besoin d’avoir des poches et pas de sacs. Il avait pensé à la jeune fille moderne qui va mettre son rouge à lèvres et son téléphone dans ses poches mais qui va avoir de l’allure. Le confort c’est aussi quelque chose qui a de l’allure.
  4. 4. Ton savoir vivre et ton savoir être Mon savoir vivre c’est de ne rien prévoir à l’avance et de vivre au jour le jour et de surtout profiter de la vie. Ces derniers temps on voit trop de monde qui part trop vite à cause du stress. Le mot d’ordre pour moi c’est de l’éviter. Mon secret c’est d’aller au sport tous les jours et de beaucoup voyager pour ne pas m’enfermer dans un carcan de penser savoir tout savoir. En fin de compte on ne sait rien. C’est la soif d’apprendre et de rencontrer des gens qui fait que le marché évolue. C’est la recette première. C’est aussi d’essayer de rencontrer les gens au bon moment. Bernhard Willem qui peut paraître un peu dur quand il fait ses défilés ou des interviews, je l’ai rencontré à l’occasion d’un diner donné par Vivienne Westwood, c’est le mec le plus charmant de la terre ! Ils sont obligés de se donner cette image de paraitre qu’on voudrait voir disparaitre de ce marché. On voudrait que les gens soient plus sincères, plus honnêtes et beaucoup plus calmes. Le meilleur exemple c’est Andréas (Kronthaler), le Directeur Artistique de Vivienne Westwood qui est un mec super gentil et très respectueux. On revient à de vraies valeurs : le confort, la simplicité, l’honnêteté, la convivialité, les bons moments. Ton rêve d’enfant c’était quoi? Et ton rêve d’adulte? Mon rêve d’enfant était de travailler dans la mode ou d’être vétérinaire. Je voulais prendre ma retraite tôt et j’espère y arriver parce que mon rêve d’adulte c’est de prendre le temps de vivre. Best Of « Bernard Willem a inventé la chaussure hybride. La rencontre entre une basket et une chaussure dressy ». « La tendance la plus importante c’est le confort. On revient à quelque chose de plus « raw » de plus brut, de plus essentiel et de plus confortable aussi bien dans le masculin que le féminin ». « Aujourd’hui l’essentiel est que les tendances appartiennent aux consommateurs et non plus aux créateurs ! « Le confort est aussi quelque chose qui a de l’allure ». « Il ne faut pas s’enfermer dans un carcan de penser savoir tout savoir. En fin de compte on ne sait rien. C’est la soif d’apprendre et de rencontrer des gens qui fait que le marché évolue. C’est la recette première». *WAD for « We are different »

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