Ali Mahdavi: un hymne vibrant à la beauté et au glamour
Interview & Texte by Aurelie SiouPhoto © Alex Leblanc, Agence VertuMake Up by Agathe Simard 
Créateur symbolique et contem...
Et cela faisait 15 ans que j’avais envie de m’impliquer dans le show du Crazy Horse qui a été pour moi un choc visuel, est...
Et puis je pense que le fantasme de mise en scène de soi on le retrouve dans l’inconscient collectif de tout l’Occident. E...
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Interview exclusive pour l'agence VERTU

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PHOTOGRAPHIE & DIRECTION ARTISTIQUE : Ali Mahdavi

  1. 1. Ali Mahdavi: un hymne vibrant à la beauté et au glamour
  2. 2. Interview & Texte by Aurelie SiouPhoto © Alex Leblanc, Agence VertuMake Up by Agathe Simard Créateur symbolique et contemplatif obsédé par la perfection esthétique, chacune de ses créations donne à voir sa puissance d’émotion et d’inspiration.Doué dans tout, il n’hésite pourtant pas à remettre son titre honorifique en jeu pour honorer chaque étape importante de sa carrière. Capable de générer une mutation à 360° révélant l’ingéniosité de sa palette artistique et à l’aise avec son pouvoir de remise en question, toujours en accord total avec ses envies du moment, Ali donne à son talent une puissance de séduction illimitée. Couturier doué, photographe admiré, Directeur Artistique du Crazy Horse influent, Ali est une leçon de style à lui tout seul. Ali, l’artisan du glamour un jour, Ali Artisan de la beauté toujours… Ali, sans aucun doute possible , est l’un des Créateurs français les plus doués de sa génération. Ali, peux-tu te décrire de la façon qui te paraît la plus adaptée ? C’est un peu compliqué pour moi . Je n’ai moi-même pas trouvé un titre qui regroupe l’ensemble de mes différentes fonctions même si au final je parle d’univers intérieurs et d’obsessions similaires, et que seul le support change. Pour résumer mon parcours, j’ai débuté en tant que styliste de mode pour Thierry Mugler, ensuite j’ai repris mes études a l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris d’ou je suis sorti, fait assez rare, avec les félicitations du jury à l’unanimité. j’ai repris la peinture (ndlr : Ali peint depuis l’age de 3 ans). J’ai développé ma technique photographique et mes éclairages, en faisant des erreurs et en regardant des films Hollywoodien des années 30 et 40 pour comprendre comment ça fonctionnait, et notamment comment Joseph Von Sternberg obtenait les effets avec Marlène Dietrich. J’ai obtenu mon diplôme en 2000, au même moment j’ai eu ma première exposition personnelle à la prestigieuse Galerie Marion de Beauprais qui a rencontré un véritable succès dans la presse. Je suis devenu un des jeunes artistes contemporains français très prometteurs. On m’a alors demandé de faire des photos de célébrités notamment parce qu’il y avait des références hollywoodiennes dans mon travail. J’ai fait des photos de Mode. Je ne l’ai pas fait pour l’argent comme les gens ont pu le penser, mais parce que j’adorais cela. Le monde de l’Art a alors considéré que comme je faisais de la mode je n’étais plus un artiste, et le monde de la mode lui estimait que j’en étais un , donc ni flexible, ni contrôlable! Hors, je m’adapte très facilement, j’aime bien les contraintes et je suis assez bon pour ressentir l’ADN d’une marque et de la restituer fidèlement.
  3. 3. Et cela faisait 15 ans que j’avais envie de m’impliquer dans le show du Crazy Horse qui a été pour moi un choc visuel, esthétique, émotionnel et qui représente une des facettes de la femme qui m’obsède, cette identité féminine très forte, à la fois glamour, destructrice, fatale, que je n’ai rencontré que très rarement, hormis chez Helmut Newton & Thierry Mugler. Je les ai persécuté jusqu’à ce qu’il soient obligés de me prendre en tant que Directeur Artistique. C’est grâce à Dita Van Teese que cela est réellement arrivé. Je lui ai proposé un numéro, elle m’a fait confiance et le numéro a très bien fonctionné. Quand Philippe Decouflé m’a demandé de venir l’épauler, tout le monde espérait qu’on se tape dessus, ce qui n’a pas été du tout le cas, c’est même devenu une véritable histoire d’amour créative. Dans la même logique, et étant donné que mon travail est assez marqué, on m’a demandé de de collaborer à la réalisation de films, de publicités et de clips. Je m’oriente naturellement vers le cinéma qui requiert toute les compétences que j’ai développées. Je viens de réaliser mon premier court métrage narratif qui s’appelle « Forbidden Love » qui est l’histoire d’une actrice déchue qui perd son enfant et qui pour combattre la douleur devient héroïnomane et qui établit une relation trouble, quasi incestueuse avec son dealer (Ndlr: joué par le talentueux et prometteur Djanis Bouzyani). J’écris un deuxième court métrage avec Jean- Claude Carrière sur la thématique des amours interdites. Parallèlement Je travaille sur 2 sujets de long métrage. On m’a redemandé de dessiner des robes pour la montée des marches lors du diner de l’AMFAR à Cannes pour l’ actrice indienne Mallika Sherawat qui a fait grand bruit en Inde, certains ont dit que je l’avais trop couverte, d’autres trop dévêtue. Les journalistes aiment à parler de tes « réalités masquées » Quelle réalités masquées cherches-tu à dévoiler dans ton approche artistique ? Je ne comprends pas pourquoi on parle de cela. Je n’ai pas de stratégie dans ce sens. Je n’ai pas l’impression de cacher quoi que ce soit, je pense que lorsque l’on dit les choses de la manière la plus sincère qui soit c’est là ou on a la chance d’être le plus convaincant, séduisant et passionnant. Pour un artiste, s’adapter à des formules marketing et stratégiques toutes faites, ne fonctionne pas. Ali, on te prête un talent exubérant, baroque, surréaliste, empreint de glamour et voué au pouvoir de la beauté. Cette description est-elle fidèle à ton travail créatif ? Je ne me pose pas trop la question mais je pense que c’est plutôt flatteur. J’aime me reconnaître dans l’idée d’être un ambassadeur de la beauté et du glamour, cette obsession de rendre le monde qui m’entoure plus beau et à l’image de ma conception de la beauté qui se base sur des cotes séculaires qui n’est pas si différente de la vision de la beauté du buste de Néfertiti à Berlin qui a plus de 5000 ans.
  4. 4. Et puis je pense que le fantasme de mise en scène de soi on le retrouve dans l’inconscient collectif de tout l’Occident. En étant très personnel dans sa vision c’est là ou paradoxalement nous avons le plus de chance de toucher le plus grand nombre. L’exubérance vient aussi du fait que je suis iranien d’origine bien que je m’en éloigne de plus en plus de cette notion. Je l’ai exploré au début par manque de sécurité mais avec d’expérience je ne noie plus le poisson dans des effets et je rends mon propos plus sobre. Je crois que mon univers arrive à maturité. Je n’ai plus d’angoisse de création. Si votre univers n’est pas assez fort pour résister à une éducation artistique, c’est qu’elle n’a pas de raison d’être, le fait d’explorer l’Art sous ses différentes facettes ne fait que la renforcer, l’Art est un métier. Ton empreinte esthétique et artistique est dores et déjà iconique mais qu’aimerais-tu que l’on retienne de toi ? Si on ne devait retenir qu’une chose ? Que j’ai dédié ma vie au glamour pour essayer de permettre aux femmes d’atteindre le paroxysme de leur potentiel de beauté et de séduction. Ta seule et unique dévotion ? Elle est dévouée à une personne en particulier ? A ceux que j’aime et à mes parents en particulier. Et à Marlène Dietrich. Ta plus belle collaboration ? Celle qui a le plus de valeur ? Celle avec Philippe Decouflé. Parce que j’ai énormément appris auprès de lui et que cela m’a permis de voir comment deux personnes pouvaient arriver à la même conclusion en empruntant des chemins totalement opposés. Comment expliques- tu ton parcours exceptionnel ? Par le travail, par la confiance que j’ai dans mon inconscient, et par la psychanalyse et les Beaux Arts de Paris. Le Made in France c’est encore ce qui se fait de mieux au reste du monde ? Incontestablement ! La France est le pays du raffinement absolu, de la sophistication poussée à ses limites, de la maîtrise totale dans le savoir faire, du respect historique des Arts et des artistes, avec ce bémol de toujours avoir honte de reconnaître et de glorifier la suprématie de la France et de penser que c’est un acte de chauvinisme. Hors il faut aimer la France dont le talent est un exemple pour le monde.

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