SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  163
Le Brésil face à la crise
Christophe-Alexandre PAILLARD
Directeur du domaine « armement et économie de défense », IRSEM
Observatoire de l’Amérique latine DGRIS (ministère de la Défense)
Ecole de Guerre économique, Paris
27/28 janvier et 1er février 2016
19/01/2016
Le pessimisme domine aujourd’hui sur le
Brésil. Est-ce fondé ?
2Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Eviter les interprétations extrêmes sur le
Brésil. Ne pas jouer à « The Economist » !
3Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Introduction
4Christophe-Alexandre PAILLARD
Propos introductifs
19/01/2016
Propos introductifs
5Christophe-Alexandre PAILLARD
Un constat pour comprendre l’ampleur du défi :
• Face à la très grave crise économique, sociale et financière qui le touche depuis
2013, le Brésil semble s’enfoncer toujours plus avant, sans véritable capacité de
rebond. C’est la pire crise économique depuis 1931.
• Parmi les paramètres les plus dégradés, la récession (encore +0,2% en 2014, -3,1%
en 2015 et probablement -1,9% en 2016), le chômage (7,5% en 2015), le déficit
public (-2% du PIB, soit 28 Mds€, alors que les autorités prévoyaient un excédent
budgétaire de +1,2% du PIB), l’inflation (10,67% en 2015, dont +51% pour
l’électricité en 2015, loin de l’objectif de 4,5% des autorités brésiliennes), les taux
d’intérêt (taux directeur à 14,25% fin 2015 contre 0,05% pour la France en décembre
2015).
• L’activité dans le bâtiment s’est effondrée (les JO de Rio ne changent rien à
l’affaire); l’investissement stagne ou recule suivant les secteurs; les recettes fiscales
plongent; les ménages s’endettent.
• Le pouvoir politique fait face à de multiples scandales, tout particulièrement autour
du groupe pétrolier Petrobras. Le discrédit pèse sur la présidence de Dilma Rousseff.
19/01/2016
Un contexte politique de plus en plus
nauséabond
6Christophe-Alexandre PAILLARD
• La période 2013/2016 a été marquée par la tenue des élections présidentielles
d’octobre 2014 qui a obligé la classe politique brésilienne à se concentrer sur la
priorité intérieure majeure du pays : faire face à la crise sociale déclenchée en
juin 2013 et à l’ampleur de la contestation par l’opinion publique brésilienne des
dépenses liées à la coupe du monde de football de 2014 et aux jeux olympiques
de 2016.
• Le scandale Petrobras menace toujours de faire exploser le système politique. A
partir d’une simple station-service, les enquêteurs ont mis à jour début 2014
l’existence d’un cartel de sous-traitants incluant les plus grandes entreprises de
construction du pays, qui versaient des dessous-de-table à certains directeurs de
Petrobras pour obtenir de juteux contrats.
• Des entrepreneurs de construction, des parlementaires et d’ex-responsables du
groupe pétrolier sont soupçonnés d’être impliqués dans cette affaire. Une partie
de ces pots-de-vin étaient reversés à des parlementaires, principalement de la
coalition au pouvoir. D’anciens ministres, les présidents des deux chambres du
Parlement sont concernés tout comme des proches de Dilma Rousseff. Le
scandale se rapproche de l’ancien président Lula da Silva.
19/01/2016
Une fracture géographique qui perdure,
reflet des inégalités brésiliennes
7Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Cartographie économique du Brésil
8Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Image dégradée, crise systémique, le Brésil
a-t-il une stratégie pour s’en sortir ?
9Christophe-Alexandre PAILLARD
• Durant sa présidence, le Président Lula da Silva a adopté
un ton volontaire et combatif sur le plan économique,
révélateur de la volonté de puissance du Brésil en ce début
de XXIe siècle. Les aspirations brésiliennes semblaient
fondées. Un rapport de la banque d’investissement
Goldman Sachs de 2003 incluait le Brésil dans le groupe
des quatre économies émergentes (Brésil, Russie, Inde et
Chine) allant dépasser les puissances établies au cours du
XXIe siècle. Est-ce vraiment crédible ?
• L’agriculture est le moteur du commerce et l’agrobusiness
brésilien est redoutable sur les marchés internationaux.
Bien que le Brésil se soit efforcé de diversifier son
économie de 1994 à 2013, en investissant dans les hautes
technologies et les énergies nouvelles, c’est toujours sur le
terrain agricole que se joue l’affrontement entre les
puissances émergentes, Brésil en tête, et les puissances
économiques traditionnelles.
19/01/2016
Comment surmonter cette crise ? Que faire
face à ses concurrents, Chine en tête ?
10Christophe-Alexandre PAILLARD
• La Chine est le premier partenaire commercial du
Brésil, devant les Etats-Unis et l’Argentine. Le Brésil a
su saisir l’opportunité du réveil chinois, conscient que
la montée en puissance de la demande asiatique est
en train de redessiner la carte commerciale. Mais si ce
« partenariat » a montré à quel point le Brésil était à
l’affût sur le champ de bataille de l’économie
internationale, le lien avec la Chine n’a pas du tout
aidé l’économie brésilienne à se diversifier. Au
contraire, l’économie brésilienne se « reprimarise »,
perpétuant sa vulnérabilité. 75% du commerce
brésilien vers la Chine est en effet constitué de
produits de base : soja, cellulose, minerai de fer,
viande, jus d’oranges, etc. et non de produits
transformés. 16% des importations brésiliennes
viennent de Chine et 18% des exportations en 2015.
• On peut se reporter aux quatre ouvrages présentés
dans la colonne de droite pour mieux comprendre les
principaux enjeux socio-économique brésiliens.
19/01/2016
Le Brésil, lieu d’investissement des
capitaux chinois ?
11Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Une dépendance trop forte aux matières
premières qui repart à la hausse
12Christophe-Alexandre PAILLARD
Source : http://atlas.cid.harvard.edu/explore/tree_map/export/bra/all/show/2012/
19/01/2016 13Christophe-Alexandre PAILLARD
La Chine prend d’importantes parts de marché aux Brésiliens et se contente
de leur acheter des matières premières non-transformées
Un rapport déséquilibré avec la Chine
19/01/2016
Le Brésil peut-il rebondir par ses produits ?
14Christophe-Alexandre PAILLARD
minerais ; 15%
pétrole et
dérivés; 11%
transport; 11%
soja; 8%sucre et alcool;
7%
produits
chimiques; 7%
viande; 6%
machines et
équipements;
4%
papier et
cellulose; 3%
café; 3% autres ; 17%
UE; 22%
Europe
autre; 5%
Chine ; 15,30%
japon; 3,80%
Etats-Unis;
9,60%
Mercosul; 10%
amérique autre;
13%
Afrique; 7%
Moyen Orient;
5%
Exportations brésiliennes par destinationsExportations brésiliennes par secteur
19/01/2016
Plan
15Christophe-Alexandre PAILLARD
I. Comprendre le Brésil, ses clichés, ses illusions, ses
atouts, ses blocages, ses données économiques.
II. Le Brésil et ses secteurs stratégiques.
III. Le Brésil, les questions de sécurité et sa défense.
19/01/2016
Première partie
16Christophe-Alexandre PAILLARD
I. Comprendre le Brésil, ses clichés, ses illusions,
ses atouts, ses blocages, ses données
économiques.
19/01/2016
Comprendre le Brésil de 2016
17Christophe-Alexandre PAILLARD
Un « grand pays d’avenir » devenu une grande puissance économique du présent :
 Connu comme le « pays du futur », le Brésil est difficilement un « pays du présent ».
 Pour rappel, son extension continentale est de plus de 8,5 millions de km2
 Son marché intérieur, malgré ses 204 millions d’habitants (début 2016), s’est effondré.
 Il dispose d’une énergie renouvelable, abondante et propre. 46% de son portefeuille
énergétique provient de sources renouvelables. Cette situation n’empêche pas
l’augmentation des prix de l’électricité.
 Il possède la plus grande réserve de biodiversité de la planète (30%).
 La découverte récente de pétrole offshore a fait passer ses réserves de 14 à 33 Mds/b.
 Ses notations chez Standards & Poors, Fitch Ratings et Moody’s se dégradent.
 Le Real (BRL) continue de reculer par rapport au dollar américain (USD) : -32,6% en un
an, favorisant les exportations, mais renchérissant les importations clefs comme les
biens intermédiaires; ce qui est mauvais pour la compétitivité.
 La balance commerciale est passée dans le rouge en 2014 pour la première fois depuis
1998, soit -3,93 Mds$, après +2,38 Mds$ en 2013, +19,4 Mds$ en 2012 et +29,8 Mds$
en 2011. Elle a connu un rebond en 2015 avec +19,6 Mds$.
19/01/2016
Economie brésilienne
18Christophe-Alexandre PAILLARD
I.1 L’économie brésilienne en crise :
• Toutes les grandes données macroéconomiques
brésiliennes se dégradent dangereusement.
• Le pays court un risque de plus en plus élevé de
chaos économique.
• Aucun indice ne vient tempérer ce constat.
19/01/2016
L’économie brésilienne est-elle vraiment
arrivée à maturité ?
19Christophe-Alexandre PAILLARD
Les prévisions pessimistes s’accumulent : sont-elles fondées ?
L’ouvrage de Felipe Miranda paru en 2014 revient sur 20 ans de politiques
économiques brésiliennes depuis la mise en place du plan Real. Il
s’interroge sur un scénario d’argentinisation de l’économie brésilienne.
Voir Empiricus Research : http://www.empiricus.com.br/
19/01/2016
Le rapport Real/Dollar sur un an
20Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Une croissance pas toujours anémique en
Amérique latine (sources : CEPAL)
21Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
La croissance brésilienne est trop faible
pour réduire les problèmes structurels
22Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Le Brésil n’est pas un relai de croissance
dans le monde
23Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
La forte hausse des défaillances
d’entreprises au Brésil : +25% en 2015
24Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Conséquence : la dégradation du Brésil par
toutes les agences de notation
25Christophe-Alexandre PAILLARD
Fitch est passé à BB+ fin 2015
19/01/2016 26Christophe-Alexandre PAILLARD
Après -3,25% du PIB de déficit budgétaire en 2013, le déficit passe à -6,7% du
PIB en 2014. En 2015, le Brésil fait -10%. La dette publique est passée de
54,8% du PIB en 2012 à 67,6% en 2015. Conséquence, le ministre des
finances, Joaquim Levy, a démissionné le 19 décembre 2015.
L’Etat brésilien tient-il encore ses comptes ?
19/01/2016 27Christophe-Alexandre PAILLARD
Des comptes courants qui se dégradent
depuis 2008
19/01/2016 28Christophe-Alexandre PAILLARD
La balance commerciale était longtemps
positive et se dégrade sur le MT
19/01/2016 29Christophe-Alexandre PAILLARD
Le chômage était contenu, mais il
augmente rapidement : 8,2% en 2016 ?
19/01/2016 30Christophe-Alexandre PAILLARD
Le Brésil disposait d’une meilleure maîtrise de l’inflation depuis le lancement
du plan Real en 1994.
Conséquence : la stabilité politique et sociale était au rendez-vous.
Mais, avec 6,1% en 2013, 6,3% en 2014, 10,67% en 2015 et 7% prévus en
2016, le Brésil retrouve les problèmes d’une inflation de plus en plus élevée
Le Brésil ne parvient plus à maîtriser son
inflation
19/01/2016 31Christophe-Alexandre PAILLARD
Résultat, tout est plus cher au Brésil :
l’exemple des Iphone 4 et 5
19/01/2016 32Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le 21 janvier 2015, la Banque centrale du
Brésil a relevé son taux directeur d’un
demi-point de pourcentage, de 11,75% à
12,25%, dans l’espoir de freiner l'inflation
dans la première économie d’Amérique
latine, qui subit un sévère ralentissement.
Il monte de nouveau à 13,25% le 30 avril
2015.
• « Evaluant le contexte macroéconomique
et les projections de l’inflation », le Comité
de politique monétaire (Copom) de la
banque centrale « a décidé à l’unanimité
de relever le taux SELIC ».
• Le 30 juillet 2015, la BCB engage une
nouvelle hausse du taux directeur pour
contenir l’inflation : 14,25%, son plus haut
niveau en 9 ans. Le 22 octobre 2015, la BCB
confirme maintenir ce taux.
Des taux directeurs qui restent très élevés
19/01/2016 33Christophe-Alexandre PAILLARD
• Selon la BCB, en 2014, le stock total de crédit du système financier
progresse de 1,3% en novembre 2014 à 2.963 MdsBRL, soit 58% du PIB.
• En 2015, le stock total de crédit enregistre une hausse de 9,1% sur un an à
3.160 MdsBRL (près de 800 Mds$) en septembre (après +9,6%
respectivement en août sur un an) soit 55% du PIB.
• La très légère progression récente du crédit est due au crédit administré,
qui connait une croissance de 13,8% sur 12 mois, alors que le crédit dit «
libre » (50,9% du total du crédit dans l’économie) progresse d’un très léger
4,9% sur 12 mois.
• Le taux d’intérêt moyen annuel progresse sur 12 mois à 29,3% en
septembre 2015 (46,2% pour les crédits libres et 9,8% pour les crédits
subventionnés), contre 21,3% en 2014 (33% pour les crédits « libres » et
7,9% pour les crédits subventionnés).
• Le taux de défaut reste stable à 3,1% fin 2015 (3,9% pour les ménages et
2,4% pour les entreprises).
• Le taux moyen du crédit dépasse les 35% pour les ménages. Il reste contenu
à moins de 20% pour les entreprises.
Les taux brésiliens du crédit paralysent
l’activité économique
19/01/2016 34Christophe-Alexandre PAILLARD
• Pour limiter les risques liés à l’endettement des
ménages, le gouvernement a mis en place des
formations gratuites appelées Écoles
d’Education Financière qui s’adressent aussi
bien aux salariés qu’aux retraités et aux
étudiants. Elles visent à sensibiliser la
population sur les risques liés à la
multiplication des crédits à la consommation.
• L’objectif est de leur faire comprendre qu’en
achetant de manière impulsive ils peuvent se
mettre en danger financièrement.
• En plus d’acheter beaucoup à crédit, les
Brésiliens sont abusés par les organismes
financiers puisque le taux d’intérêt moyen des
emprunts est de 44%. Le crédit revolving
atteint 85% avec des cartes de crédit.
• Mi-2015, La consommation des ménages a
diminué de 2,1% d’un trimestre à l’autre
Des ménages de plus en plus endettés et
menacés : 61,1% du PIB au 1/1/2016
19/01/2016 35Christophe-Alexandre PAILLARD
Le dérapage massif des coûts de
l’immobilier et la hausse du crédit
19/01/2016
Economie brésilienne
36Christophe-Alexandre PAILLARD
I.2 Comment sortir d’une telle crise conjoncturelle et
systémique ?
19/01/2016
Quels seraient les points forts du Brésil ?
37Christophe-Alexandre PAILLARD
• Il dispose encore d’une
réserve internationale en
devises de 356 milliards
d’US$ en novembre 2015.
• Son système financier est
réglementé et résiste pour le
moment aux risques.
• La stabilité politique du pays a
été consolidée depuis 1994,
favorisée par un contexte
régional stable.
• Après un déficit de 3,9 Mds$
en 2014, la balance
commerciale reste
excédentaire en 2015 de 19,6
Mds$. Cette situation est
entre autre liée au recul des
prix du pétrole.
• Il est le plus grand exportateur mondial
de produits agroalimentaires. Cette
situation lui garantit un fort volume
d’affaires, indépendamment du contexte
intérieur et de la crise mondiale.
• Son marché externe est diversifié, avec
des partenaires commerciaux dans le
monde entier et des biens dont la valeur
ajoutée pourrait augmenter.
• C’est le pays émergent ayant le
portefeuille énergétique le plus
« propre », grâce à l’hydroélectricité.
• Le PIB brésilien garde un vrai potentiel,
malgré la récession.
• Le Brésil reste la 9ème économie
mondiale.
19/01/2016
Le Brésil, 9ème économie mondiale, au
risque de la défaillance ?
38Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le PIB du Brésil était au 15ème rang mondial en 2000. Il a dépassé le Royaume-
Uni en 2010, devenant la 6ème économie mondiale, mais le Royaume-Uni est
repassé devant le Brésil fin 2012.
• Le PIB brésilien devait dépasser la France en 2015; ce ne fut pas le cas. C’est le
Royaume-Uni qui a dépassé la France en décembre 2014. En 2014, le Brésil
restait le 7ème PIB mondial. En 2015, l’Inde et l’Italie sont passées devant le
Brésil.
19/01/2016
Economie brésilienne
39Christophe-Alexandre PAILLARD
I.3 La crise a aussi
des raisons structurelles.
19/01/2016 40Christophe-Alexandre PAILLARD
Le sud conserve sa
suprématie industrielle
et tertiaire
Les grands déséquilibres socio-
économiques régionaux persistent
19/01/2016 41Christophe-Alexandre PAILLARD
• La concentration des populations sur les côtes et au sud provoque un engorgement des
infrastructures.
• La population est estimée à 204 millions d’habitants en 2016.
• Les prévisions démographiques prévoient 210 millions d’habitants en 2020 et 222 millions
en 2050.
• Le taux de fécondité est tombé à 1,82 enfant/femme.
• La population est urbaine à 85%.
Fort impact sur les infrastructures
La majorité de la population vit au sud et
sur les côtes
19/01/2016 42Christophe-Alexandre PAILLARD
Le trafic portuaire reste surtout concentré à
Rio et dans la région de São Paulo
19/01/2016 43Christophe-Alexandre PAILLARD
Le cas emblématique des ports commerciaux.
L’état des infrastructures mécontente les
entrepreneurs
19/01/2016 44Christophe-Alexandre PAILLARD
Il n’existe pas de vrai
réseau national
Le réseau ferroviaire est inadapté aux
besoins croissants en transports du Brésil
19/01/2016 45Christophe-Alexandre PAILLARD
Un projet chinois de contournement de
Panama par le rail
En visite au Brésil en mai 2015, le Premier
ministre Chinois Li Keqiang a signé pour
plusieurs milliards de dollars d’accords
économiques dont le plus important est le
financement d’une voie ferrée
transcontinentale qui va relier le Brésil au
Pérou; c’est à dire l’Océan Atlantique à
l’Océan Pacifique et à l’Asie .
19/01/2016 46Christophe-Alexandre PAILLARD
On peut citer l’élargissement
des routes, les créations
d’autoroutes et de radiales
(rodovia radial), etc.
Des efforts sont faits pour adapter le
réseau routier aux nouveaux besoins
19/01/2016
Comprendre le Brésil par l’analyse des
clichés : le syndrome « o maior do mundo »
47Christophe-Alexandre PAILLARD
En matière de compréhension des enjeux stratégiques, une analyse des clichés, des
pratiques sociales et culturelles ou des lieux communs peut se révéler très utile. Cette
méthode est souvent peu utilisée :
• Un cliché, définition : lieu commun, banalité qu’on redit souvent et dans les mêmes
termes, poncif. Exemple : « le Brésil est le pays du football ».
• La méthode d’analyse : partir des clichés et analyser les tics culturels comme la
manière de négocier, les comportements vestimentaires, les discussions types dans les
dîners en ville, les dernières telenovelas, l’état du championnat de football, les
derniers restaurants à la mode, les non-dits de la société, etc.
• Mieux appréhender la réalité : à titre d’exemple, « les Brésiliens ont le culte du
corps ». Or, plus du tiers des Brésiliens sont en surcharge pondérale. Conclusion : la
malbouffe et les inégalités sociales sont de vrais marqueurs de la société brésilienne,
plus que les questions esthétiques qui impactent surtout les quartiers aisés de Rio, la
« zona sul », ou de São Paulo. C’est un cliché typique.
Voir Business France : les clefs de l’implantation au Brésil 2015
http://export.businessfrance.fr/bresil/001B1507816A+les-cles-de-l-implantation-au-
bresil-2015.html , Brésil, expat book; ou bien communiquer avec vos interlocuteurs
brésiliens de Nathalie Lorrain (AFNOR, 2014).
19/01/2016
Confronter la réalité du Brésil à ses clichés :
une démarche relevant de l’analyse I.E.
48Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Un cliché vrai et traditionnel : la taille du
Brésil
49Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Le Brésil est effectivement un continent
50Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Le Brésil est-il prisonnier de ses clichés ?
51Christophe-Alexandre PAILLARD
Que sont ces clichés ? Principalement :
1. Les loisirs : plage, carnaval, etc.
2. Le sport : football, beach volley, frescobol, capoiera, etc.
3. La musique : samba, bossa nova, etc.
4. La mode : les tongs havaianas, les biquinis « fio dental ».
5. Les Brésiliens : la fille d’Ipanema, le Carioca « nonchalant ».
6. La société : favelas, pauvreté, violence, « la cité de Dieu », les telenovelas, etc.
7. Les paysages : Amazonie, pain de sucre, Copacabana, chutes d’Iguaçu, etc.
En résumé, le Brésil garde l’image positive d’un pays de plage et de soleil où il fait bon
rester lézarder en dégustant une caïpirinha, en regardant passer la « garota de Ipanema »
en bikini et en tapant dans un ballon. Certes, il y a la pauvreté et la violence … D’un point
de vue plus économique, par contre, avec de tels clichés, il peut être considéré comme
difficile d’investir avec confiance. Le soupçon d’amateurisme n’est jamais loin.
19/01/2016
Cliché contre cliché : à chacun sa caricature
52Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Le Brésil et les aspects positifs des clichés
53Christophe-Alexandre PAILLARD
1. L’architecture, le design et l’urbanisme : Oscar Niemeyer, Roberto Burle-
Marx, Sérgio Magalhães, etc.
2. Les produits « brésiliens » naturels : açaï (Natura), café, chocolat, etc.
3. La reprise des atouts « plage et soleil » : les films Rio, Rio 2, Rio sex comedy,
ou la culture de la plage.
4. Des terminologies compréhensibles par tous : le pain de sucre, seleção, etc.
5. La beauté des couleurs (phénomène « auriverde ») et de la mode.
19/01/2016
De l’utilité de vraiment comprendre ce pays
avant de s’engager !
54Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Economie brésilienne
55Christophe-Alexandre PAILLARD
I.4 Le Brésil a-t-il fait les bons choix politiques et
économiques depuis 2002 ?
19/01/2016
Une réalité tout de même : le constat de
l’émergence sous Lula da Silva
56Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Le Brésil, acteur passif ou actif de la
mondialisation ? Lula a caché l’essentiel.
57Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Des entreprises mondialisées mais qui
subissent souvent à l’international
58Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Le ressenti du Brésil en France : un
positionnement marketing élitiste et bobo
59Christophe-Alexandre PAILLARD
Des campagnes marketing efficaces mais trop ciblées : le Brésil a un
problème de positionnement en Europe beaucoup trop haut de gamme,
alors qu’il fait face aux forteresses de ce secteur : France, Italie, GB.
19/01/2016
La faiblesse internationale des marques ou
des positionnements reste un marqueur
60Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Deuxième partie
61Christophe-Alexandre PAILLARD
II. Le Brésil et ses secteurs stratégiques
19/01/2016
Secteurs stratégiques du Brésil
62Christophe-Alexandre PAILLARD
II.1 Le Brésil a-t-il une stratégie économique,
industrielle ou technologique ?
19/01/2016
La protection des secteurs stratégiques
63Christophe-Alexandre PAILLARD
1. Le Brésil est un grand exportateur de produits agroalimentaires : 1er exportateur
de café, 2ème exportateur de poulets, 4ème exportateur de viande bovine, etc.
2. Le mobilier reste une branche en croissance : 2 million de salariés, 13.000 PME. En
5 ans, multiplication par 10 des exportations.
3. Le textile : 30.000 entreprises; 1,4 million de salariés. Exportations dans plus de 40
pays, dont les Etats-Unis et l’Union européenne.
4. C’est le quatrième constructeur aéronautique mondial grâce à Embraer.
5. Un secteur électronique en pleine expansion et une industrie informatique
dynamique.
6. Grande puissance pétrolière mondiale avec un géant de l’offshore, Petrobras, et
une volonté affichée de concurrencer les grandes Majors. C’est devenu le sous-
traitant de nombreuses grandes compagnies (comme le Mexicain PEMEX).
Petrobras s’est installé au Moyen-Orient et en Afrique.
7. Un géant en devenir des médicaments génériques. Anápolis (état de Goiás) est en
train de devenir l’un des plus grands pôles mondiaux.
8. Avec Vale (3ème entreprise mondiale des minerais), l’industrie minière brésilienne
compte sur la scène mondiale. On peut aussi citer CBMM (niobium).
9. Le bras armé financier de l’Etat brésilien, la BNDES, joue un rôle clef.
19/01/2016
La stratégie “soft power” du Brésil
64Christophe-Alexandre PAILLARD
Comment le Brésil agit sur la scène internationale :
1. Le Brésil développe une stratégie d’influence ciblée. Par exemple, pour attirer
les investissements, il cache ses problèmes sociaux et met en avant l’idée de la
« nation arc en ciel ».
2. Dans le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Venezuela + deux
pays associés : Chili et Bolivie), le Brésil prend des positions commerciales ou
financières dominantes : créations de JV, achats d’entreprises, etc.
3. En position de force, le Brésil libéralise son régime commercial pour forcer ses
partenaires à ouvrir leurs marchés : l’Union européenne a dû démanteler en
2006 l’OCM (organisation commune des marchés) sucre créée par la PAC.
4. Au sein du G22, il développe des alliances avec l’Inde ou l’Afrique du Sud. Il
intervient beaucoup à l’ORD de l’OMC.
5. Il s’est opposé aux Etats-Unis à Cancún en décembre 2010 pour la mise en
œuvre de la Zone de libre-échange des Amériques.
6. Point noir : il continue de perdre des parts de marché face aux Chinois sur ses
produits industriels traditionnels dans les pays OCDE (textiles, chaussures,
etc.).
19/01/2016
Le Brésil reste la première puissance
économique de l’Amérique latine
65Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Mais la compétitivité brésilienne reste un
vrai problème
66Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Secteurs stratégiques du Brésil
67Christophe-Alexandre PAILLARD
II.2 Le Brésil et son énergie
19/01/2016
Premier secteur stratégique : l’énergie
68Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Premier secteur stratégique : l’énergie
69Christophe-Alexandre PAILLARD
• Une croissance exponentielle des besoins en énergie avec plus de 250% en 25 ans.
• Le Brésil doit donc maîtriser ses besoins autour des trois axes suivants :
1. assurer l’indépendance de l’approvisionnement,
2. contenir les dépenses d’investissement,
3. satisfaire une demande importante.
• La demande énergétique brésilienne va augmenter de 60% en 10 ans.
• L’agro-industrie représente 25% du PIB. Utilisation intense d’engrais, d’eau
(problème des nappes phréatiques) et d’énergie.
• 45% de population brésilienne seulement est connectée à un réseau sanitaire. Sur
ce réseau 38% des eaux sont traitées.
• Le problème des déchets est crucial: 40 millions de personnes de plus dans la classe
moyenne.
• Le projet de code forestier limite la progression du front pionnier, mais n’est pas
encore voté.
• Le Brésil est devenu un grand pays pétrolier.
19/01/2016 70Christophe-Alexandre PAILLARD
Des besoins qui augmentent
19/01/2016
Les principales questions énergétiques
touchant le Brésil
71Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le pétrole : l’autosuffisance et les conséquences de l’effondrement des prix du
baril. Menacent-ils le secteur pétrolier brésilien ? Un baril à 30 $ est-il tenable ?
• Le gaz : va-t-on vers une consolidation du marché gazier ou au contraire une plus
grande fragilisation liée à la baisse des prix de l’énergie ?
• L’énergie nucléaire : les avancées restent à consolider et Angra III risque d’être le
seul projet brésilien viable.
• Les biocarburants : quelles perspectives de développement au Brésil et dans le
monde ? Faut-il nourrir les humains ou les moteurs ?
• L’énergie hydraulique : le Brésil détient un potentiel de 30% des richesses
mondiales. Faut-il rester sur ce créneau au détriment des autres ?
19/01/2016 72Christophe-Alexandre PAILLARD
Petrole et dérivés
37,6%
Gaz naturel 10,3%
Charbon 5,2%
Uranium 1,4%
Hydraulique 14,0%
Biomasse de canne
à sucre et autres
27,5%
Autres 4,0%
Petrole et dérivés
36%
Gaz naturel
25%
Charbon
20%
Uranium
11%
Hydraulique
2%
Biomasse
5%
Autres
1%
Matrice énergétique
brésilienne
Matrice énergétique
mondiale
Qu’utilise le Brésil pour son énergie ?
19/01/2016 73Christophe-Alexandre PAILLARD
Petrole et dérivés
3,6%
Gaz naturel 6,8%
Charbon 1,3%
Nucléaire 2,7%
Hydraulique 74,0%
Biomasse 4,7%
Éolien 0,4%
Importations 6,5%
Matrice électrique par source
Le poids de l’hydroélectricité
19/01/2016 74Christophe-Alexandre PAILLARD
• 1953 : création de Petrobras, entreprise nationale monopolistique.
• 1971 : le gouvernement étend la limite des eaux territoriales de 12 à 200 milles,
intégrant dans la ZEE les gisements en eaux profondes du bassin de Campos (Rio de
Janeiro) et du bassin d’Agua Grande (Bahia).
• 1997 : le monopole pétrolier est aboli.
• 2001 : crise électrique.
– Réactions:
• 2001 : ouverture du secteur pétrolier à la compétition.
• Création de l’ANP (Agence Nationale du Pétrole) : introduction du marché libre
dans le secteur du pétrole. Petrobrás détient 7% des réserves.
• Prospection du pétrole pour atteindre l’autosuffisance en 2005.
• Intégration énergétique avec les voisins (Bolivie, Venezuela). Le Brésil importe
les deux-tiers du gaz produit en Bolivie.
Le pétrole reste tout de même un
incontournable : le poids des transports
19/01/2016 75Christophe-Alexandre PAILLARD
Le Brésil, grande puissance pétrolière ?
19/01/2016 76Christophe-Alexandre PAILLARD
Les principaux champs pétroliers offshore
19/01/2016 77Christophe-Alexandre PAILLARD
• Les revenus pétroliers aident à la réduction de la dette publique.
• Leur exploitation permet de réduire la dépendance vis-à-vis du gaz bolivien.
• La maîtrise technique (offshore profond) permet le lancement de coopérations
techniques avec le Venezuela (PDVSA) ou le Mexique (PEMEX).
• Le pétrole favorise les investissements d’entreprises étrangères au Brésil : Shell,
Exxon, Texaco, ONGC (Inde). Les taxes imposées assurent un revenu stable au
Brésil.
• Une croissance durable est basée sur les excédents commerciaux générés par ces
revenus.
• La construction de nouvelles infrastructures diminue le chômage et les écarts
sociaux.
• Petrobras conclut de larges partenariats et diversifie ses ressources : Golfe
persique, Afrique centrale, etc.
• Mais, le recul des prix du pétrole risque de réduire les efforts brésiliens du fait de
coûts d’extraction trop élevés. C’est toute l’économie pétrolière du Brésil qui est
aujourd’hui menacée.
Les enjeux politiques de l’exploitation du
pétrole et ses conséquences sur le Brésil
19/01/2016
Que fait Petrobras ? Un scandale majeur !
78Christophe-Alexandre PAILLARD
• Petróleo Brasileiro SA (Petrobras) est la plus importante société brésilienne,
spécialisée dans les activités pétrolières, leader dans le domaine de l’extraction dite en
eau profonde et ultra profonde, et important investisseur dans le domaine énergétique
dans le monde. Son budget est de 108,6 Mds$ pour la période 2015-2019, dont 86% est
dédié au développement de la production, 12% à l’exploration et 3,2% au soutien.
• Le principal actionnaire est l’Etat brésilien, qui détient 50,3% des parts. Il y a deux
types d’actionnaires au sein de la société. Les détenteurs d’actions ordinaires ont un
droit de vote au congrès des actionnaires, contrairement à ceux qui détiennent des
actions préférentielles, qui donnent uniquement droit à des dividendes.
• En 2014, les autorités brésiliennes ont avoué le rôle central tenu par Petrobras dans
une affaire majeure de corruption impliquant de nombreuses entreprises et politiciens
brésiliens. Les investisseurs ont perdu confiance. La capitalisation et le cours de l’action
ont fortement chuté. L’entreprise ne peut plus emprunter sur les marchés financiers. La
cohérence de sa politique d’investissement est très critiquée. L'équipe de direction a
donc été remplacée en février 2015, en particulier le PDG, Maria das Graças Foster.
19/01/2016 79Christophe-Alexandre PAILLARD
• Les réserves : les réserves gazières du Brésil connaissent un véritable boom avec la
découverte de réserves dans la baie de Santos. Le Brésil dispose de 221,7 milliards
de m3 de réserves du gaz estimées et il dispose d’un potentiel encore plus
important.
• Le marché : l’augmentation de la consommation du gaz de 12/15% par an
s’explique par si une croissance moyenne de 3,5/4% de l’économie brésilienne. Le
Brésil est capable de produire et de fournir le marché domestique pour 100
millions de m3 de gaz par jour.
• Les investissements : Petrobras investit dans l’infrastructure gazière. Le gazoduc
reliant la Bolivie et le Brésil a coûté 2 milliards de dollar. La construction du futur
réseau nord/sud et des gazoducs d’Urucu et de Manaus s’élèvera à 3 milliards de
dollars.
• Le gaz venant de Bolivie : le contrat avec la Bolivie approvisionnant le marché
brésilien pour un volume de 24 à 30 millions m3/jour a été signé pour une période
de 20 ans et se terminera en 2019.
• La baie de Santos : d’après Petrobras, la production atteint 30 millions m3/jour. La
production de la baie de Santos contribue à la consolidation du marché brésilien
du gaz naturel.
• Le GNL (Gaz Naturel Liquéfié) : le Brésil ne produit pas de GNL, mais pourrait le
faire à long terme (d’ici 10 ans). Une étude de faisabilité pour construire un
terminal de liquéfaction, près du port de Sepitiba (Rio de Janeiro), a été lancée.
Vers une consolidation du marché gazier ?
19/01/2016 80Christophe-Alexandre PAILLARD
Le Brésil du gaz
19/01/2016
Le nucléaire au Brésil : Angra dos Reis
81Christophe-Alexandre PAILLARD
• La centrale nucléaire Almirante Álvaro Alberto, située à Angra dos Reis, est formée de
trois sites : Angra 1, Angra 2 et Angra 3, qui appartiennent à Eletronuclear, filiale de
l’entreprise électrique Brésilienne Eletrobrás.
• Les trois usines sont le résultat d’un long programme nucléaire entamé dans les
années 50 avec la création du Conseil National de Développement Scientifique et
Technologique. Le Brésil possède deux réacteurs nucléaires fonctionnels sur le site
d’Angra dos Reis: Angra 1 (626 MW, commandé à Westinghouse et mis en service en
1985), et Angra 2 (1.270 MW, commandé à Siemens et mis en service en 2001).
• Angra 3 (1.394 MW), dont les travaux ont repris, après vingt-cinq années
d’interruption, et dont l’installation sera en partie financée par l’entreprise Siemens,
en vertu d’un accord signé entre les deux pays en 1975, a également fait l’objet d’un
contrat signé avec AREVA en 2008.
• Le pays maîtrise la quasi-totalité des technologies nucléaires : extraction d’uranium
(le Brésil dispose de 158.000 tonnes d’uranium, soit 6 % des réserves mondiales),
conversion et enrichissement d’uranium, fabrication de combustible, fabrication de
composants lourds, exploitation de centrales, etc.
• Le président Luís Inacio Lula da Silva a signé en 2008 un accord avec l’Argentine pour
le développement conjoint d’un programme nucléaire.
• Le volet militaire est soutenu par une volonté de construction de sous-marins
nucléaires, justifiée par la nécessité de protéger les réserves maritimes de pétrole.
19/01/2016 82Christophe-Alexandre PAILLARD
Le nucléaire : le projet Angra III
19/01/2016 83Christophe-Alexandre PAILLARD
Le nucléaire : le site d’Angra
19/01/2016
L’hydraulique au Brésil
84Christophe-Alexandre PAILLARD
• Les premiers aménagements hydrauliques brésiliens ont été faits sous la pression de
la nécessité (sécheresse du Nordeste). Alors que le total annuel des précipitations au
Brésil dépasse presque partout 1.250 mm, le Nordeste intérieur ressort sur toutes les
cartes comme une zone semi-aride.
• Le Brésil possède le plus important potentiel hydroélectrique au monde, de l’ordre de
150.000 MW, dont un tiers dans le bassin de l’Amazone, un peu moins dans celui du
Paraná, 10 % dans celui du São Francisco, le reste, environ un quart, sur les petits
fleuves côtiers et pour une part minime sur les rios Paraguay et Uruguay. Ce potentiel
est fort loin d’être utilisé en totalité. Le holding Eletrobras est le maître d’œuvre réel
de l’équipement des fleuves brésiliens. Il contrôle la distribution, notamment depuis
la nationalisation de la compagnie Light qui dominait les marchés de Rio et São
Paulo.
• Le barrage de Belo Monte est un barrage actuellement en construction sur le Rio
Xingu, dans l'État fédéral du Pará. Il a fait l’objet de longues controverses et le
chantier a été plusieurs fois interrompu sur décision de la justice. Le coût du barrage
est estimé entre 11 et 16 Mds$. Le projet devrait employer durant la construction
environ 18.000 personnes de manière directe et 80.000 de manière indirecte. Il
devrait produire 11.223 MW. Ce sera le troisième barrage du monde, derrière le
barrage des trois gorges (Chine) et celui d’Itaipu.
19/01/2016 85Christophe-Alexandre PAILLARD
L’hydraulique en carte (Dessous des cartes)
19/01/2016 86Christophe-Alexandre PAILLARD
Les barrages géants : Itaipu et Belo Monte
19/01/2016
Les agrocarburants
87Christophe-Alexandre PAILLARD
• Les agrocarburants sont produits à partir de matériaux de la biomasse (canne à sucre,
graines de colza, blé, paille, bois) transformés en carburants pour les transports. Leur
avantage réside dans le niveau théoriquement peu élevé d'émissions de gaz à effet
de serre que permet leur utilisation. La production d’agrocarburants constitue pour le
Brésil une source de revenus et offre des opportunités d'emploi pour ses agriculteurs.
• Le Brésil fut un pays pionnier dans l’usage des agrocarburants. Il a choisi la canne à
sucre et l’éthanol qui représente près de 40% de l’énergie utilisée dans les transports.
La production et le rendement de la canne à sucre s’accroissent fortement, tandis que
le processus industriel s’améliore constamment.
• Le programme Proalcool, lancé en 1975 en réponse à la crise du pétrole de 1973,
correspond à un choix stratégique effectué par les différents acteurs concernés par la
production et l’usage d’alcool et de biodiesel. La mise au point du moteur Flexfuel
réconcilie assez bien ces différents intérêts.
• La production brésilienne d’éthanol provient pour 60% des états du Sud-Est (surtout
São Paulo) et du Centre-Ouest et pour 40% du Nord-Est. Elle représente
approximativement un tiers de la production mondiale. Plus de trois millions de
véhicules circulent avec l’alcool distribué par 30.000 stations services. 320 usines se
partagent la transformation de la canne à sucre.
19/01/2016 88Christophe-Alexandre PAILLARD
Les agrocarburants en carte
19/01/2016
Secteurs stratégiques du Brésil
89Christophe-Alexandre PAILLARD
II.3 Le Brésil et ses ressources minières
19/01/2016
Secteurs stratégiques : la mine au Brésil
90Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le secteur minier représente 4% du PIB brésilien. Ce secteur a généré un chiffre
d’affaires à l'exportation de 43,6 Mds$ en 2011 et 50 Mds$ en 2012. Le Brésil importe
aussi pour 10 Mds$ de produits miniers, dont du charbon et des phosphates pour ses
engrais.
• Sans secteur minier, la balance commerciale brésilienne serait extrêmement
déficitaire, montrant ainsi la dégradation forte de la compétitivité industrielle
brésilienne sur les marchés mondiaux, face à la concurrence des produits chinois.
C'est en fait le retour d'une forme de dépendance de l'économie brésilienne aux
matières premières, alors que les politiques publiques brésiliennes poussent
l'économie depuis quinze ans en direction des nouvelles technologies comme
l'aéronautique, les biotechnologies ou les logiciels libres. Le poids de ce secteur
devrait continuer de croître.
• L’IBRAM, l'Instituto brasileiro de mineração (le BRGM brésilien), espère atteindre la
valeur de 75 milliards de dollars de minerais exportés d'ici 2016. Le ralentissement de
la croissance chinoise devrait toutefois limiter ces ambitions. Les chiffres contenus
dans cette note sont pour l'essentiel tirés des rapports annuels des compagnies
minières présentes au Brésil, des rapports du ministère brésilien des mines et des
rapports de l'IBRAM : www.ibram.org.br
19/01/2016
Secteurs stratégiques : la mine au Brésil
91Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Secteurs stratégiques : la mine au Brésil
92Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le secteur minier occupe 165.000 emplois directs et deux millions d'emplois
indirects. 8% des entreprises brésiliennes travaillent dans le secteur minier, soit
7.932 entreprises officiellement recensées en 2010.
• Il existe 2.600 mines au Brésil, dont 98% sont exploitées à ciel ouvert et 71% sont
des mines de petite taille. Le Brésil devrait concentrer 20% des investissements
miniers mondiaux prévus d'ici 2016. Le Brésil dispose de 70 ressources naturelles
différentes en quantités réellement exploitables, dont 21 métaux.
• Ses principales ressources minières métalliques ou non-métalliques sont le fer, le
manganèse, l'or, la bauxite, l'étain, le zinc, le nickel, l'uranium, le niobium, les
phosphates, le potassium et le cuivre. L'Etat du Minas Gerais représente 48% de la
production minière brésilienne et celui du Pará, 28%.
• Le Brésil produit 14% de la bauxite mondiale, 2% du cuivre, 2,3% de l’or, 20% du
manganèse, 28% du tantale et 2,4% du zinc. Il aurait 50% des réserves mondiales de
tantale.
19/01/2016
Secteurs stratégiques : la mine au Brésil
93Christophe-Alexandre PAILLARD
• La refonte du code minier : le 18 juin 2013, le Brésil a décidé de refondre son code
minier. Le projet de texte comportait d’importants changements pour le pays. Parmi
eux, citons une augmentation des redevances imposées pour l’exploitation des
ressources naturelles et la modernisation du système d’octroi des droits miniers. La
nouvelle proposition relève le taux plafond des redevances de 0,2/3% à 4% et laisse au
gouvernement le soin de décider par décret du taux propre à chaque type de minerai.
• En mai 2011, le ministère brésilien des mines et de l’énergie a publié son plan
stratégique des métaux et des minerais intitulé "plano nacional de mineração 2030".
Ce document visait à décrire le contexte économique et stratégique de l’activité des
métaux et des minerais à l'échelle mondiale et nationale (entre autre l’offre, la
demande et les exportations brésiliennes de métaux et de minerais); recenser les
ressources naturelles présentes sur le territoire brésilien et les capacités brésiliennes à
les exploiter (état des réserves, ressources humaines, ressources financières,
ressources techniques); définir une politique gouvernementale brésilienne des métaux
et des minerais pour les 25 prochaines années et ses conséquences sur l’activité.
19/01/2016
Que fait Vale CVRD ?
94Christophe-Alexandre PAILLARD
• Vale est le leader de la production mondiale de fer avec environ 350 millions de tonnes
par an, c’est à dire 15% de la production mondiale. Vale est aussi second de la
producteur mondiale de manganèse avec 2,3 millions de tonnes par an et le plus
important producteur mondial de Nickel.
• Vale S.A. a été créée en 1942. Appelée CVRD (companhia Vale do Rio Doce), celle-ci
représentait dès 1950 80% des exportations brésiliennes de fer. Vale créa en 1966 son
propre port appelé à Tubarão. C’est encore aujourd'hui le port le plus important pour
l’exportation de minerais de fer au Brésil. C’est en 1974 que Vale devint le premier plus
grand exportateur mondial de minerais de fer.
• Vale est aussi une entreprise de logistique. Si Vale tend à diversifier ses activités,
notamment en matière de transport et de logistique, c'est uniquement pour faciliter
son exploitation minière et la rentabiliser au maximum. L’entreprise possède
entièrement ou en partie de nombreuses centrales de productions d’énergie,
notamment des barrages hydroélectriques, dont le controversé barrage de Belo Monte.
19/01/2016
Secteurs stratégiques : le cas du niobium
95Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le niobium est un métal utilisé pour 89% de sa production mondiale pour la
fabrication d'aciers de haute qualité, 9% pour la production de superalliages, en
mixant par exemple le niobium et le titane, et 2% pour les applications de
supraconductivité. L'adjonction de niobium à l'acier augmente son élasticité et sa
résistance aux torsions comme aux températures extrêmes.
• Le principal producteur mondial de niobium est le Brésil, avec 80% de la production
(le Canada est deuxième avec 15%) et 95% des réserves mondiales connues de
niobium. Celles-ci sont concentrées sur trois sites : Araxá (état du Minas Gerais),
Catalão (état de Goiás) et São Gabriel da Cachoeira (état d'Amazonas) où se
déroulent actuellement des campagnes d'exploration géologique.
• Le premier acteur industriel du secteur est l'entreprise minière brésilienne CBMM
(Companhia Brasileira de Metalurgia e Mineração) qui exploite le site d'Araxá. Ce
site concentre à lui seul 75% des réserves brésiliennes. Des entreprises coréennes,
japonaises et chinoises sont entrées dans le capital de CBMM en 2011. L'entreprise
reste toutefois contrôlée par la famille Moreira Salles qui détient 70% du capital.
• Les besoins en niobium ne cessent de croître dans le monde. La Chine reste le
premier marché avec 25% de la consommation mondiale, du fait de la croissance
continue de ses besoins en acier inoxydable. Or, le niobium reste un élément clef de
la fabrication de nombreux alliages pour les technologies de pointe.
96
Secteurs stratégiques : la mine au Brésil
19/01/2016 Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Secteurs stratégiques du Brésil
97Christophe-Alexandre PAILLARD
II.4 Le Brésil et son industrie agroalimentaire
19/01/2016
Un univers tiraillé entre les ressources
« bio » et la grande industrie
98Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
L’industrie agroalimentaire brésilienne est
un leader mondial
99Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016 100Christophe-Alexandre PAILLARD
Le cheptel bovin au Brésil
19/01/2016
L’agroalimentaire et la grande distribution
101Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Une exception dans le paysage brésilien :
InBev, un géant mondial
102Christophe-Alexandre PAILLARD
1. Le brasseur brésilien InBev a racheté le britannique SABMiller (Coors, Foster’s ou
Peroni) à l’automne 2015 pour 112 Mds€, après avoir fusionné avec le Belge Anheuser-
Busch (Leffe, Hoegaarden, etc.) en 2008.
2. Un cinquième du capital d'InBev appartient au fonds d’investissement brésilien 3G
Capital, qui appartient à la première fortune du Brésil, Jorge Paulo Lemann. La société
détient aussi Burger King, Heinz et Kraft, en partenariat avec Warren Buffett.
3. En plus des marques Hoegaarden et Corona, la marque possède, au Brésil, les bières
Skøll, Brahma et Antartica, qui sponsorisait par exemple le dernier carnaval de Rio de
Janeiro.
4. C’est aujourd’hui le géant mondial de la bière, avec le contrôle d’une bière sur trois
dans le monde.
19/01/2016
Les Français dans la grande distribution
103Christophe-Alexandre PAILLARD
1. Le groupe Casino réalise un chiffre d’affaires de 48,5 Mds€ en 2015, dont 58% des
ventes à l’international (45,4% en 2011). Le Brésil représente 19,4 Mds€ de ventes
(40% du groupe), soit plus de deux fois Casino France.
2. La réussite de Casino était liée au rachat d’un opérateur local de distribution, Pão de
Açúcar ou Companhia Brasileira de distribuição. Casino est rentré au capital en 1999 et
en prend le contrôle en juin 2012.
3. Carrefour s’est implanté en 1975. Le groupe reste le premier distributeur du pays et le
Brésil est le deuxième contributeur aux résultats du groupe avec 14,5% du total (XX
Mds€). Il possède 605 enseignes : 172 hypermarchés, 49 supermarchés et 376 hard-
discounters (groupe Dia). En 2007, Carrefour a racheté le groupe Atacadão (34
hypermarchés).
4. Carrefour a commis l’erreur de négocier directement des rabais avec les producteurs
sans passer par les centrales d’achat du groupe, contraignant le groupe à passer des
provisions pour charges exceptionnelles.
5. Carrefour a présenté le 23 octobre 2013 sa réorganisation : rénovation des magasins,
accélération de l’expansion.
6. La grande distribution est clairement en crise au Brésil. Casino est directement
impacté par la crise brésilienne.
19/01/2016
Secteurs stratégiques du Brésil
104Christophe-Alexandre PAILLARD
II.5 Le Brésil, le textile, le prêt-à-porter et la mode
19/01/2016
II.4 Quatrième secteur stratégique : le prêt
à porter et la mode
105Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le modèle brésilien du prêt-à-porter a du mal à
s’exporter. La seule réussite véritable à l’international
reste l’entreprise Alpargatas qui possède Havaianas,
surtout connue pour ses tongs.
• Le Brésil a un problème clair de positionnement pour
ses marques, rarement connues en dehors de ses
frontières.
• Le Brésil fait face à une concurrence redoutable de la
Chine qui lui a pris nombre de ses marchés à
l’international, par exemple dans la chaussure.
• Le Brésil ne parvient pas à trouver son créneau.
• Dans le secteur du luxe, malgré le succès d’opérations
comme la Rio Fashion week, le Brésil n’est pas
associé à une image haut de gamme à l’international.
• Un comité Colbert brésilien reste à créer autour de
marques comme le joailler H. Stern, Fasano
(hôtellerie) ou Tania Bulhões (décoration).
19/01/2016
Dans le luxe, les Brésiliens achètent
d’abord des marques étrangères
106Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Pour M. tout le monde, le prêt à porter au
Brésil, c’est le monde de la plage
107Christophe-Alexandre PAILLARD
Le Brésil a tout pour réussir dans ce secteur
d’activité. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Cette
situation est le reflet de ce qui ne fonctionne pas
dans l’économie brésilienne.
19/01/2016
Le cliché du Brésil pays de la plage : il ne
s’impose pas sur le marché des maillots
108Christophe-Alexandre PAILLARD
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Women
swimwear
Men
swimwear
Girls
swimwear
Boys
swimwear
• 4% du marché mondial à
l’exportation est contrôlé par les
Brésiliens. C’est peu.
• Le marché mondial du maillot
de bain, c’est 13,25 Mds$ en
2012; 17,6 Mds$ en 2015.
• C’est l’un des marchés les plus
dynamiques du monde du fait
de la croissance du tourisme et
de la croissance démographique
des côtes.
Les parts de marché
19/01/2016
Le Brésil, là comme ailleurs, se heurte à la
Chine
109Christophe-Alexandre PAILLARD
Pays Etats-Unis Chine Brésil France
Taille des marchés
(en US $)
3,3 milliards 617 millions 1,9 milliard 600 millions
• Le marché chinois a cru de 27% par an entre 2007 et 2010.
• La Chine est aussi devenu le premier exportateur mondial avec 70% du
marché.
• Certains pays jouent un rôle de faiseur d’opinion, comme la France ou
l’Italie, avec leurs marques Pain de sucre, Erès, La Perla, etc. ou d’autres,
sur le registre de la provocation : American Apparel. De fait, un tiers du
marché mondial est dans l’UE et 25% aux Etats-Unis (en valeur).
• Les géants de la presse spécialisée ne sont pas brésiliens, comme Sports
Illustrated. Du coup, le rêve en maillot s’appelle Miami Beach, Hawaï ou
Malibu, mais pas Ipanema ou Leblon.
• Les marques grand public dominantes sont Speedo, Arena, H&M, Adidas,
Nike, Rip Curl, Quicksilver, etc. Aucun Brésilien ne figure dans cette liste.
• Où est le Brésil alors qu’il tient 26% du marché mondial pour la production
de maillots féminins (70% du marché mondial) ?
19/01/2016
Le Brésil se repose sur ses clichés
110Christophe-Alexandre PAILLARD
Le Brésil fait autorité en
matière de mode de
plage
Il a une longue tradition
d’industrie textile
Il a une main d’œuvre
compétitive
Il est créatif
Le bikini brésilien a une
image stéréotypée
Cette industrie manque
de traditions
exportatrices
Ses points d’appui à
l’étranger sont limités
19/01/2016
Clarifier les stratégies à l’exportation
111Christophe-Alexandre PAILLARD
Il s’agit d’un marché mondialisé hautement compétitif.
• Les Brésiliens ont besoin d’investissements importants dans le marketing, d’un bon
accès aux réseaux de distribution et d’une différenciation produit.
• Les lignes directrices de ce marché sont : la nécessité d’avoir des codes
vestimentaires plus relâchés, un intérêt réel des populations asiatiques, tenir compte
du vieillissement des pays développés, vendre la qualité des textiles brésiliens,
engager une stratégie conjointe avec l’industrie du bien-être.
• La concurrence est vive : sportive (Speedo, Arena, Adidas, Nike), surfwear (O’Neill,
Quicksilver, Billabong, Oxbow), plage. L’orientation se fait sur le prix plus que sur la
qualité, entre 24,5 et 29,5 US $ le maillot féminin (UE, USA, Japon). Le prix moyen
mondial est à 17,9 US $.
• Les problèmes du Brésil : une industrie fragmentée, un échec de la stratégie du haut
de gamme à l’international (Rosa Chá), un repli sur les prix (Companhia maritima),
mais sans vraie valeur ajoutée.
• Quelques réussites : Lenny, Salinas.
19/01/2016
Le Brésil a-t-il bien compris où étaient les
marchés ?
112Christophe-Alexandre PAILLARD
La croissance des marchés est
surtout là (âge, masse corporelle,
cultures locales, etc.)
Alors que le Brésil est surtout là
19/01/2016
Faire de la mode brésilienne de la plage un
incontournable ? Ce n’est pas gagné.
113Christophe-Alexandre PAILLARD
Quel business model ?
19/01/2016
Faut-il prendre ses désirs pour des réalités?
Un travers persistant au Brésil
114Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Pour les Hommes, le choix est plus réduit
115Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Un fait, être brésilien ne suffit pas dans le
prêt à porter pour réussir
116Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Troisième partie
117Christophe-Alexandre PAILLARD
III. Le Brésil, les questions de sécurité et
sa défense.
19/01/2016
Le Brésil et les questions de sécurité et de
défense
118Christophe-Alexandre PAILLARD
III.1 La sécurité au Brésil est d’abord tributaire des
questions sociales
19/01/2016
Sécurité intérieure : la prégnance de la
question sociale
119Christophe-Alexandre PAILLARD
Les inégalités sociales demeurent :
• Les chiffres de la pauvreté et des inégalités restent préoccupants malgré de vrais
progrès accomplis en 20 ans.
• Environ 40 millions de personnes vivent encore avec moins de 2 dollars par jour.
• La très grande pauvreté touche encore 11,5% des Brésiliens, soit 20 millions de
personnes. Elle a été divisée par deux en vingt ans.
• 52,3 millions de personnes vivent dans les quartiers déshérités des villes brésiliennes,
dont au moins 13 millions dans des favelas (dont 2,5 millions à Rio).
• Le Brésil vient après l’Afrique du Sud et des pays comme la Bolivie dans le classement
mondial des inégalités de revenu (indice de GINI).
• Les 20% les plus pauvres du pays gagnent 2,4% du revenu du Brésil, alors que le
pourcentage est de 63,2% pour les 20% les plus riches.
• De fortes inégalités ethniques et géographiques demeurent.
• La concentration de la propriété de la terre reste une réalité économique : 45% des
terres sont dans les mains de 1% des propriétaires.
19/01/2016
Le Brésil, champion des inégalités sociales ?
120Christophe-Alexandre PAILLARD
Selon la Banque mondiale, le Brésil garde un indice de Gini très mauvais avec 0,56
en 2013 (0,291 en France et 0,63 en Afrique du Sud) et 0,54 en 2014.
Alors que les inégalités au Brésil, mesurées par l’indice de Gini, avaient connu la plus forte baisse
au monde au cours de la période 2001-2007 (de 0,61 à 0,54 selon les données de la Banque
Mondiale, après un maximum de 0,633 en 1989), l’institut brésilien de géographie et de
statistique (IBGE) montre que cette baisse s’est interrompue depuis 2011. Dans les Etats les plus
pauvres (Amazonie, Rondônia, Acre, Parà, Amapa), l’indice de Gini est même remonté au cours
de la période, témoignant d’un accroissement des inégalités.
19/01/2016
Sécurité : des tentatives de réduire les
inégalités sociales dans les années 2000
121Christophe-Alexandre PAILLARD
D’importants programmes sociaux ont été mis en place depuis 2002, comme
la bolsa familia.
19/01/2016
Le pouvoir d’achat des Brésiliens s’était
amélioré, mais il est touché
122Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016 123Christophe-Alexandre PAILLARD
La pauvreté s’est effectivement réduite
19/01/2016
La persistance durable des favelas
124Christophe-Alexandre PAILLARD
On attend 55 millions d’habitants dans les quartiers déshérités du Brésil en
2020 selon l’ONU, contre environ 52,3 millions aujourd’hui. La croissance
reste donc modérée.
19/01/2016
Malgré les JO et le boom pétrolier, Rio
reste la ville de toutes les inégalités
125Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Les classes moyennes brésiliennes sont-
elles menacées ?
126Christophe-Alexandre PAILLARD
La diminution progressive de la pauvreté depuis 10 ans est un fait, de même que
l’augmentation de la classe moyenne, mais rien n’est vraiment acquis
• Classe A: supérieure à
16.350 BRL
• Classe B: De 8.175 à 16.350
BRL
• Classe C: De 3.270 à 8.175
BRL
• Classe D: De 1.090 à 3.270
BRL
• Classe E: jusqu’à 1.090 BRL
19/01/2016
L’insécurité alimentaire a reculé. Va-t-elle
remonter ?
127Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
La criminalité demeure très élevée et la
crise n’arrange rien
128Christophe-Alexandre PAILLARD
Les villes sont coincées entre insécurité et trafics de drogue. La criminalité dans les
grandes villes présente un coût élevé pour les personnes et pour l’économie (au moins
600.000 morts depuis 2000) :
• L’extension du kidnapping «express» est un fléau.
• Se concentrent dans les favelas les gangs et les guerres de la drogue.
• Les Etats les plus dangereux sont l’Alagoas, le Ceará et le Rio Grande do Sul. Les
trois états les moins dangereux sont le Tocantins, le Mato Grosso do Sul et le
Paraná.
• Précarité et violence touchent surtout la jeunesse.
• 143 personnes sont assassinées chaque jour en moyenne au Brésil. Le Brésil a
battu de nouveaux records : 56.337 homicides en 2012; 55.878 en 2013; 58.559
homicides en 2014. Les personnes les plus touchées par les homicides sont les
femmes pauvres et noires.
• Les chiffres sont produits par le think tank « Mapa da Violencia »
(http://www.mapadaviolencia.org.br/) basé à São Paulo. Leurs sources sont les
certificats de décès, totalisés ensuite dans le Système d'informations sur la
mortalité du ministère brésilien de la santé. Ils montrent une hausse constante des
meurtres commis au Brésil depuis 15 ans.
19/01/2016
La sécurité intérieure est un enjeu de
première importance
129Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
La déforestation progresse en Amazonie :
comment surveiller cette région ?
130Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
L’importance de l’océan vert
131Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
L’Amazonie, une région menacée
132Christophe-Alexandre PAILLARD
Les atteintes à
l’environnement persistent,
entraînant une réduction de
la biodiversité et une
atteinte aux futurs produits
issus de l’Amazonie
(médicaments, parfums,
etc.)
19/01/2016 133Christophe-Alexandre PAILLARD
Une priorité : le contrôle de l’Amazonie
19/01/2016
Le Brésil et les questions de sécurité et de
défense
134Christophe-Alexandre PAILLARD
III.2 Les forces armées jouent un rôle limité dans la
vie économique et sociale brésilienne. Du coup, leur
poids politique reste faible.
19/01/2016
Une politique de défense encore en
devenir : la Marine
135Christophe-Alexandre PAILLARD
Trois missions:
1. Défense côtière : 7.367 km de côte
2. Défense des eaux territoriales : 4.5
Mkm2
3. contrôle de l’Amazone : 6.700 km
La marine:
• 48.600 hommes
• 5 bases océaniques, 2 fluviales
• 4 sous-marins tactiques
• 15 frégates
• 4 corvettes
• 1 porte-avions
• 47 navires de patrouille
• 30 divers navires de soutien
• 25 avions de combat, 54 hélicoptères
La marine brésilienne
https://www.marinha.mil.br/
PA São Paulo
AF-1/1-A Skyhawk
Contre-torpilleur Para
Lynx hélicoptères d’attaque
19/01/2016 136Christophe-Alexandre PAILLARD
Tendances principales :
• Grands systèmes achetés sur un marché global
– frégates, porte avion, sous-marins, aéronefs
– missiles, radars, C3
• Chantiers locaux s’occupent de:
– patrol boats, sous-marins, corvettes
– rénovations
– L’intégration de contenu étranger/brésilien
• Peu d’exportation.
Principales industries :
• Arsenal da Marinha de Rio de Janeiro
• Estanave de Manaus
• Maclaren de Niteroi
• Instituto de Pesquisas da Marinha (Institut de
recherche navale)
Chantier naval d’Inace
Arsenal da Marinha
L’industrie navale brésilienne
Une politique de défense encore en
devenir : la Marine
19/01/2016 137Christophe-Alexandre PAILLARD
• Construction : 5 navires de surveillance, 4
OPV (offshore patrol vessel), 2 TCD, 6
frégates, 5 sous-marins
• Rénovations : 6 frégates, 8 patrol boats,
systèmes tactiques du PA Sao Paulo
Développement :
• SNAC 2, sous-marin d’attaque à propulsion
nucléaire
• RENAP-11, réacteur nucléaire
Quelles missions ?
• La patrouille du fleuve Amazone
• « L’Amazonie bleue »
• Contraintes budgétaires
Les programmes en cours
Une politique de défense encore en
devenir : la Marine
19/01/2016 138Christophe-Alexandre PAILLARD
Força Aérea Brasileira (FAB) « garantir
l’intégrité du territoire »
Trois MISSIONS :
• Patrouilles maritimes : 9 avions, 100 hélicos.
• Défense aérienne et attaque : en recomposition.
• Projection de forces (intérieur et extérieur) :
• 140 transporteurs.
Une politique de défense encore en
devenir : l’armée de l’air
19/01/2016
Fallait-il focaliser sur Rafale ?
139Christophe-Alexandre PAILLARD
• Avec l’élection de Dilma Rousseff, le Rafale n’avait plus aucune chance de remporter le
contrat FX2. Le Gripen resta invariablement le mieux placé à partir de 2010, malgré le
retour en force en 2013 du Sukhoi 35.
• Le F18 avait été écarté du fait de l’existence de tensions diplomatiques avec les Etats-
Unis liées aux dossiers Snowden et Prism. Ces tensions conduisirent à l’annulation de la
visite de Dilma Rousseff aux Etats-Unis prévue le 23 octobre 2013 et à la suspension
des négociations engagées pour l’acquisition du F18 Super Hornet Block.
• Le retrait annoncé des forces aériennes brésiliennes des 12 Mirage 2000 pour le 31
décembre 2013 était un signe. A cette date, le Brésil ne disposait plus que de chasseurs
F-5M Northrop Grumman très âgés.
• Une habile campagne de presse a trompé les Français sur la date du choix du contrat
FX2 : dans un article de son édition du 26 septembre 2013, le magazine brésilien de
référence Valor econômićo a confirmé que la présidente Dilma Rousseff avait pris sa
décision de reporter son choix à 2015 pour l’avion multirôle (programme FX2). Or, le 18
décembre 2013, le Brésil a annoncé qu’il choisissait le Gripen de Saab.
19/01/2016 140Christophe-Alexandre PAILLARD
Le SIVAM (SIstema de Vigilância da
AMazônia) installé en 2002 : contrôle &
souveraineté sur l’Amazonie
Tucano armé pour l’attaque au sol
Satellites et stations radars au sol
3 EMB-145 de surveillance terrestre avec radar et senseurs
Défendre l’espace aérien de l’Amazonie
19/01/2016 141Christophe-Alexandre PAILLARD
Plan stratégique de défense + stratégie militaire de défense autonome (Amazonie)
Doctrine : Art. 142 Constitution 1988 / Loi n°69, 23 Juillet 1991
« garants de l’unité territoriale du Brésil, et de l’ordre et du progrès »
« coopérer au développement de la nation et à la sécurité civile »
+ Autonome et complète
+ 189.000 H (40.000 cpts) / réserve 1.300.000 H
+ 450 TK (178 TKL) / 500 ART / 19 HCPT
+ 7 QG (12 régions militaires)
+ 12 brigades
- 4 brigades mécanisées
- 4 brigades « Jungle »
Une politique de défense encore en
devenir : l’armée de terre
19/01/2016 142Christophe-Alexandre PAILLARD
Nouvelles missions :
- Sécurité intérieure (crime organisé, trafics, insécurité)
- Économique et sociale
- Protection des frontières (défense de l’Amazonie)
- Participation aux opérations de l’ONU
+ Opération Surumu en 1994
+ 5 opérations militaires de grandes envergures en 2005
+ 1200 H, Haïti dans MINUSTAH
Mais…
+ « Sous-équipée et sous-financée en matériel et en technologie »
et en logistique
+ Effectif réduit (2,5x peuplé, 17x vaste)
+ Amazonie = nouveau Vietnam ? Réticences de l’armée
+ Intérêt pour des blindés ?
Une politique de défense encore en
devenir : l’armée de terre
19/01/2016 143Christophe-Alexandre PAILLARD
En 1980, autosuffisance :
+ IMBEL (Indústria de Material Bélico do Brasil)
Engesea (Engenheiros Espacializados)
4x4, camions, blindés et tanks à roues
+ Systèmes simples / Bon marché / Facile à construire / solide => Exportation TM
Mais, en 1991…
+ Saut technologique / Effondrement des marchés MO / Difficultés économiques internes
+ Industrie des armes = niche économique inefficace et reconversion ratée
+ Exportations : 0,7 % (1988-1991), 0,2% (1992-1996). Arrêt.
+ Tripode : entreprises d’Etat + secteur privé national + fabricants transnationaux
+ Avenir incertain / Ambition floue / Industrie dépendante
Commando 4 x 4
E-9 Engensa Cascavel
L’industrie de l’armement terrestre
Une politique de défense encore en
devenir : l’armée de terre
19/01/2016 144Christophe-Alexandre PAILLARD
Une politique de défense encore en
devenir : l’armée de terre et l’Amazonie
19/01/2016
Le Brésil et les questions de sécurité et de
défense
145Christophe-Alexandre PAILLARD
III.3 Les technologies comme relais pour les forces
armées ?
19/01/2016 146Christophe-Alexandre PAILLARD
• São Paulo et
Campinas
• Rio de Janeiro
• Pôrto Alegre
• Recife
Les grands pôles technologiques
19/01/2016 147Christophe-Alexandre PAILLARD
• D’une politique de protection de l’industrie naissante :
– Tarifs protectionnistes
– Programmes en matière de sciences & technologie
– 1985 : ministère des sciences et de la technologie
• A une politique d’ouverture accompagnée :
– Baisse des tarifs
– Diverses politiques pour le développement informatique
• Loi sur l’informatique 1991/2001
• Les fondations d’appui à la recherche (FAPES)
• PRSOFT
• Programme national de certification de logiciels - CMM
• Programme d’exportations de logiciels et des services
• Incubateurs et technopôles
Les grands étapes d’une politique
technologique
19/01/2016 148Christophe-Alexandre PAILLARD
• Open source et logiciels libres : priorité est donnée aux logiciels libre par rapport
aux logiciels propriétaires pour des raisons de coût, d’indépendance technologique
et de sécurité informatique.
• Télécommunications : Brazisat, technologies américaine et canadienne, Embratel
(société brésilienne de gestion).
• Spatial scientifique et d’observation :
– Programme SCD : collecte de données (ressources naturelles, minières,
surveillance du territoire), SCD-1 est le premier satellite entièrement brésilien.
– Programme SSR : observation de l’Amazonie, observation limitée à la zone
équatoriale.
– La surveillance de l’Amazonie est un impératif sécuritaire avec le projet SIVAM
réalisé en collaboration avec les Etats-Unis, auquel participe Raytheon.
– Programme CBERS ou China Brazil Earth Resources Satellite : participation
brésilienne à hauteur de 30% pour CBERS 1 et 2; de 50% pour CBERS 3 et 4. Le
but est la surveillance de la déforestation, des feux, de la biodiversité, des
ressources hydrauliques, des parcelles cultivables et des activités criminelles.
Sa diffusion des images sur le net est gratuite, mais limitée au territoire
national. Il fait de la Chine un allié stratégique, réduit la dépendance face aux
Etats-Unis (Landsat) et à la France (Spot) et concurrence les pays développés
en constituant une réelle alternative.
Les grandes priorités technologiques
19/01/2016 149Christophe-Alexandre PAILLARD
Alcântara :
1. Centre de lancement.
2. Situation attractive (proximité de
l’équateur : diminution des coûts
de lancement)
3. Volonté d’exploitation et de se
positionner sur le marché mondial
(intérêt ukrainien)
4. Départ du premier engin latino-
américain envoyé dans l’espace
sans appui extérieur en 2003.
São José do Campos :
1. Principale station de réception de
données.
2. Pôle aérospatial et aéronautique
(siège d’Embraer et de l’association
d'entreprise de l’industrie
aéronautique).
Le pôle spatial brésilien
19/01/2016 150Christophe-Alexandre PAILLARD
L’accident d’Alcantara de 2003 a limité les
ambitions spatiales brésiliennes
19/01/2016 151Christophe-Alexandre PAILLARD
Une priorité : le contrôle de l’Amazonie par
l’observation spatiale
19/01/2016 152Christophe-Alexandre PAILLARD
Les biotechnologies sont l’utilisation de systèmes cellulaires en vue de générer de nouveaux
produits et de développer des processus industriels. Plusieurs initiatives gouvernementales ont
été entreprises afin de renforcer les compétences du Brésil dans ce domaine :
• Programme National pour l’Alcool (PNA, 1975).
• Programme National de Biotechnologie (PRONAB, 1981). Il succède au Programme Intégré de
Génétique (PIG, 1975) et au Programme Intégré d’Ingénierie Génétique (PIEG).
• Sous-Programme de Biotechnologie (PADCT/BIO) et Secrétariat Spécial pour la Biotechnologie
(SBIO, 1985).
• Programmes PDTI/PDTA (élevage et agriculture).
• Parc de la Science et de l’Industrie pour la Biotechnologie (BIO-RIO).
Mais une efficacité relative :
• Aléas du financement public au sein d’un contexte économique hautement inflationniste.
• Mauvaise gestion des ressources et fonds.
• Retards dans les importations de matériel et d’équipement scientifique.
• Insuffisance des taxes, crédits et incitations susceptibles de mener à la commercialisation des
résultats de la R&D.
Les biotechnologies brésiliennes
19/01/2016 153Christophe-Alexandre PAILLARD
• Importants investissements consacrés à la recherche génétique (projet « Génome CANCER
National », société Biobras du Minas Gerais).
• Vaste programme de lutte contre le sida : non-respect de la réglementation internationale
sur les brevets et fabrication de médicaments génériques par des laboratoires publics.
• « Pouvoir innovant » de la copie des inventions étrangères : identification et développement
de nouvelles molécules antivirales, perfectionnement des procédés actuels.
• Rôle régulateur du Brésil sur les prix de la trithérapie anti-sida et approvisionnement
d’autres pays en antiviraux avec des conventions de coopération incluant des transferts de
technologie.
• Aujourd’hui, deux défis majeurs :
– Relancer le programme de copie en l’élargissant aux nouvelles générations de
molécules brevetées.
– Étendre et consolider les réseaux d’innovation pharmaceutique en aidant les
coopérations technologiques entre universités et laboratoires.
Le domaine biomédical
19/01/2016
Conclusions
154Christophe-Alexandre PAILLARD
CONCLUSIONS
Comment se projeter à 20 ans ?
19/01/2016
Conclusions
155Christophe-Alexandre PAILLARD
Deux scénarii d’avenir se dégagent pour le Brésil :
• Un premier scénario, plutôt positif, s’appuie sur l’estimation que le Brésil disposerait des moyens
d’améliorer son environnement social, culturel et politique. Le Brésil se doterait des capacités
nécessaires à ses ambitions désormais mondiales, en lui donnant des outils pour s’affranchir plus
encore de la dépendance étrangère en matière économique. Le Brésil aurait alors les moyens de
devenir une véritable grande puissance mariant harmonieusement les nouvelles technologies,
plus d’équité sociale, le football et l’art de la plage. En France, la commission économique du
Sénat a adopté cette option dans son rapport de 2007 intitulé « le géant vert » consacré à la
montée en puissance du Brésil. Cette option semble trop optimiste.
• Un second scénario, plus réaliste, serait le reflet fidèle d’un tassement des performances sociales,
politiques et économiques du Brésil lié à ses problèmes structurels les plus criants : inégalités
sociales, inéquité face à la police et à la justice, violences urbaine et rurale, manque de
compétitivité, innovation industrielle insuffisante, manque de main d’œuvre qualifiée,
administration défaillante et tatillonne, infrastructures vétustes ou inexistantes. Malgré sa forte
attractivité, l’art de vivre à la brésilienne n’est pas tout. Il doit être effectivement partagé par la
majorité de la population pour rendre ce pays vivable au quotidien. Un tel scénario limite
clairement les ambitions de ce pays à peser concrètement sur la scène internationale. La récente
crise sociale que traverse le Brésil conforte ce scénario. Le Brésil doit d’urgence repenser son
modèle politique, économique et social pour ne pas s’enfoncer dans le modèle « gueule de bois »
au-delà des JO de 2016 et limiter l’impact de la crise sociale déclenchée en juin 2013.
19/01/2016
Dans ce panorama, où en sont nos relations
économiques avec le Brésil ?
156Christophe-Alexandre PAILLARD
• En 2012, nos échanges bilatéraux avec le Brésil ont atteint 8,8 Mds €, avec un solde
excédentaire pour la France de 404 M€, le premier depuis 2002. En 2013, le solde a
atteint +1,3 Md€ (rappel : -1 Md€ en 2003). Au cours des dix dernières années, les
exportations françaises vers le Brésil augmentent en moyenne de 12%/an, contre 3%
pour les importations.
• En 2013, la part de marché de la France au Brésil poursuit sa remontée entamée en
2012, pour s’établir à 2,7%. La France est le 10ème fournisseur du Brésil, et le 3ème
européen, après l’Allemagne (8,4% de parts de marché) et l’Italie (2,8%).
• Mais, avec la crise, les échanges bilatéraux entre la France et le Brésil sont en retrait
en 2014 avec -12,1% sur un an. Le Brésil ne constitue plus un moteur de croissance
pour les exportations françaises. Notre excédent commercial atteint +1,5 Md€.
• Les excédents proviennent des points forts de la spécialisation française
(aéronautique, chimie, pharmacie), à l’exception notable du secteur agroalimentaire.
Les ventes de l’aéronautique génèrent le plus gros excédent bilatéral. Quelques
contrats clefs récents : Total (champ pétrolier de Libra), Areva (usine nucléaire Angra
III), Bull (super-calculateur) et Thales (satellite géostationnaire dual).
• La présence de la France au Brésil passe davantage par les filiales de groupes français
qui y sont implantées : plus de 50 Mds€ de CA (par exemple ENGIE).
19/01/2016
Les jeux olympiques de 2016
157Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Le coût des JO pour le Brésil
158Christophe-Alexandre PAILLARD
• Le Brésil doit financer la construction d'infrastructures sportives ainsi que les
infrastructures générales. L’état actuel des infrastructures est tel pour la voirie, les
aéroports et les systèmes ferroviaires qu'elles sont évidemment insuffisantes pour
accueillir l’ensemble des visiteurs prévus. De plus, il faut que de nouveaux stades
soient construits, ou que ceux qui existent soient modernisés. Le coût des
infrastructures est estimé à plus de 13 Mds€ pour les JO (pour un budget de départ
de 8,5 Mds). L'essentiel du financement vient des fonds publics.
• Il semble que le gouvernement se montre prudent, tenant compte de sa dernière
expérience de la coupe du monde de 2014. Il reste peu de temps aux entreprises de
construction pour finir leurs projets. La qualité de la construction devrait s'en
ressentir. Néanmoins, les entreprises comme Odebrecht, un des plus grands
conglomérats brésiliens, ont confiance quant à leurs capacités à finir à temps ces
projets.
• Le montant massif des projets augmente le niveau d’inflation du Brésil.
19/01/2016
Le coût de la sécurité des JO pour le Brésil
159Christophe-Alexandre PAILLARD
• La sécurité devient un enjeu d’autant plus crucial qu'il est résolument prioritaire.
Pour assurer la sécurité des deux événements (Mundial de 2014 et JO de 2016), le
gouvernement a investi dans de nouvelles technologies, par exemple l’« Ex-Eye »
créé par la compagnie « Ex-Sight.com ». Ce sont des lunettes capables d’identifier les
visages des criminels pour que l’équipe de sécurité puisse les faire exclure ou les
expulser.
• D’autre part, la force aérienne brésilienne (FAB) va restaurer cinq avions de modèle
E99 qui ont la capacité de « détecter la partie supérieure, suivre et identifier les
cibles aériennes et de transmettre ces informations aux centres de contrôle ».
• Le gouvernement a aussi modernisé les forces de police.
• Face à la menace du terrorisme, le budget consacré à la sécurité est de 1,25 Md €, un
montant qui perçu comme excessif par les Brésiliens. Le responsable de la sécurité
considère toutefois qu’un tel montant est nécessaire pour garantir sa sécurité.
• Afin de combattre les activités illicites des gangs, le gouvernement brésilien utilise
une force policière appelée BOPE (Batalhão de Operações Policiais Especials) pour
éradiquer les trafiquants de drogue et leurs chefs, et l’UPP (Unidade de Polícia
Pacificadora), un type de police installé sur le terrain. Son but est de « pacifier » la
communauté, en offrant des services sociaux et de la sécurité, au lieu des gangs qui
l’ont fournie.
19/01/2016
Quelques lectures récentes
160Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Quelques revues et magazines récents sur
le Brésil
161Christophe-Alexandre PAILLARD
19/01/2016
Pour aller plus loin dans la découverte de la
société brésilienne
162Christophe-Alexandre PAILLARD
Fin de la présentation
Questions/réponses

Contenu connexe

Tendances

Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...
Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...
Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...Marie-Reine HASSEN
 
Revue Echos finances #3
Revue Echos finances #3Revue Echos finances #3
Revue Echos finances #3senmfb
 
Objectif Zéro Déficit
Objectif Zéro Déficit Objectif Zéro Déficit
Objectif Zéro Déficit Fondation iFRAP
 
Echos finances #14
Echos finances #14Echos finances #14
Echos finances #14senmfb
 
Revue Echos finances #4
Revue Echos finances #4Revue Echos finances #4
Revue Echos finances #4senmfb
 
Revue Echos Finances #6
Revue Echos Finances #6Revue Echos Finances #6
Revue Echos Finances #6senmfb
 
Budget : Risque de dérapage
Budget : Risque de dérapage Budget : Risque de dérapage
Budget : Risque de dérapage Fondation iFRAP
 
Revue Echos finances #16
Revue Echos finances #16Revue Echos finances #16
Revue Echos finances #16senmfb
 
PREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCE
PREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCEPREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCE
PREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCEFabrice CLAMAGIRAND
 
Revue Echos Finances #5
Revue Echos Finances #5Revue Echos Finances #5
Revue Echos Finances #5senmfb
 
S minaire m__akesbi_najib
S minaire m__akesbi_najibS minaire m__akesbi_najib
S minaire m__akesbi_najibbou bnbadri
 
Revue Echos Finances #12
Revue Echos Finances #12Revue Echos Finances #12
Revue Echos Finances #12senmfb
 
Revue Echos Finances #7
Revue Echos Finances #7Revue Echos Finances #7
Revue Echos Finances #7senmfb
 
Business act-grand-est
Business act-grand-estBusiness act-grand-est
Business act-grand-estLucieDUPIN3
 
Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...
Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...
Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...senmfb
 
Echos Finances édition 15
Echos Finances édition 15Echos Finances édition 15
Echos Finances édition 15senmfb
 
Blanchiment d`argent et Ministère des finances
Blanchiment d`argent et Ministère des financesBlanchiment d`argent et Ministère des finances
Blanchiment d`argent et Ministère des financesSylvie Spattz
 
Ofce dette 180412_note17
Ofce dette 180412_note17Ofce dette 180412_note17
Ofce dette 180412_note17francoisleray
 
Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...
Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...
Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...Gildas Nzingoula
 
LA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONARO
LA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONAROLA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONARO
LA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONAROFernandoAlcoforado1
 

Tendances (20)

Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...
Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...
Marie-Reine Hassen, une candidature symbole du changement en Centrafrique, Di...
 
Revue Echos finances #3
Revue Echos finances #3Revue Echos finances #3
Revue Echos finances #3
 
Objectif Zéro Déficit
Objectif Zéro Déficit Objectif Zéro Déficit
Objectif Zéro Déficit
 
Echos finances #14
Echos finances #14Echos finances #14
Echos finances #14
 
Revue Echos finances #4
Revue Echos finances #4Revue Echos finances #4
Revue Echos finances #4
 
Revue Echos Finances #6
Revue Echos Finances #6Revue Echos Finances #6
Revue Echos Finances #6
 
Budget : Risque de dérapage
Budget : Risque de dérapage Budget : Risque de dérapage
Budget : Risque de dérapage
 
Revue Echos finances #16
Revue Echos finances #16Revue Echos finances #16
Revue Echos finances #16
 
PREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCE
PREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCEPREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCE
PREUVATION ARGUMENTEE SYSTEME RETRAITAL SUR PERIODE DOUZENNALLE FRANCE
 
Revue Echos Finances #5
Revue Echos Finances #5Revue Echos Finances #5
Revue Echos Finances #5
 
S minaire m__akesbi_najib
S minaire m__akesbi_najibS minaire m__akesbi_najib
S minaire m__akesbi_najib
 
Revue Echos Finances #12
Revue Echos Finances #12Revue Echos Finances #12
Revue Echos Finances #12
 
Revue Echos Finances #7
Revue Echos Finances #7Revue Echos Finances #7
Revue Echos Finances #7
 
Business act-grand-est
Business act-grand-estBusiness act-grand-est
Business act-grand-est
 
Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...
Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...
Www.budget.gouv.sn projet portant_loi_de_finances_pour_l_annee_2021_2020-10-2...
 
Echos Finances édition 15
Echos Finances édition 15Echos Finances édition 15
Echos Finances édition 15
 
Blanchiment d`argent et Ministère des finances
Blanchiment d`argent et Ministère des financesBlanchiment d`argent et Ministère des finances
Blanchiment d`argent et Ministère des finances
 
Ofce dette 180412_note17
Ofce dette 180412_note17Ofce dette 180412_note17
Ofce dette 180412_note17
 
Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...
Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...
Propositions de politiques pour le rélévement et la relance de l'économie cen...
 
LA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONARO
LA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONAROLA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONARO
LA CATASTROPHE ECONOMIQUE AU BRÉSIL AVEC LE GOUVERNEMENT BOLSONARO
 

Similaire à Présentation économie brésilienne janvier 2016 Ecole de Guerre économique

Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...
Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...
Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...Frédéric Donier
 
COVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi FranceCOVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi FranceSaatchiFrance
 
Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018
Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018
Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018Redaction InfosCaraïbes
 
2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...
2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...
2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...Laurence KNECHT
 
Brésil vers le collapse économique
Brésil vers le collapse économiqueBrésil vers le collapse économique
Brésil vers le collapse économiqueFernando Alcoforado
 
What Worries the World - Septembre 2018
What Worries the World - Septembre 2018What Worries the World - Septembre 2018
What Worries the World - Septembre 2018Ipsos France
 
COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6
COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6
COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6SaatchiFrance
 
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2SaatchiFrance
 
Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016
Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016 Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016
Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016 Frédéric Donier
 
Les carnets de nocom - numero 3
Les carnets de nocom - numero 3 Les carnets de nocom - numero 3
Les carnets de nocom - numero 3 CabinetNoCom
 
Réussir son export vers le Brésil - Par Exportice
Réussir son export vers le Brésil - Par ExporticeRéussir son export vers le Brésil - Par Exportice
Réussir son export vers le Brésil - Par ExporticeJoanice Guimbretière
 
LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...
LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...
LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...Stanleylucas
 
Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...
Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...
Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...HEC Paris
 
COVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi FranceCOVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi FranceSaatchiFrance
 
COVID-19 - Reconfinement insights #SEMAINE5
COVID-19  - Reconfinement insights #SEMAINE5COVID-19  - Reconfinement insights #SEMAINE5
COVID-19 - Reconfinement insights #SEMAINE5SaatchiFrance
 
Les carnets de nocom - numero 2
Les carnets de nocom - numero 2 Les carnets de nocom - numero 2
Les carnets de nocom - numero 2 CabinetNoCom
 
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE1
COVID 19 -  reconfinement insights #SEMAINE1COVID 19 -  reconfinement insights #SEMAINE1
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE1SaatchiFrance
 
PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39
PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39
PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39SPATPortToamasina
 
L'optimisme des Français en recul
L'optimisme des Français en reculL'optimisme des Français en recul
L'optimisme des Français en reculIpsos France
 

Similaire à Présentation économie brésilienne janvier 2016 Ecole de Guerre économique (20)

Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...
Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...
Brésil conjoncture : malgré les incertitudes, les entreprises françaises se r...
 
COVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi FranceCOVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 10 & 11 - Saatchi & Saatchi France
 
Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018
Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018
Publication en ligne muzac magazine, juillet 2018
 
2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...
2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...
2016 03 le marché brésilien (agri, tic, oil&gaz,aeronautique)-presentatio...
 
Brésil vers le collapse économique
Brésil vers le collapse économiqueBrésil vers le collapse économique
Brésil vers le collapse économique
 
Rapport sia 2018
Rapport sia 2018Rapport sia 2018
Rapport sia 2018
 
What Worries the World - Septembre 2018
What Worries the World - Septembre 2018What Worries the World - Septembre 2018
What Worries the World - Septembre 2018
 
COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6
COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6
COVID-19 reconfinement insights SEMAINE 6
 
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE 2
 
Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016
Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016 Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016
Au Brésil, le jour d'après - L'Echo 12.05.2016
 
Les carnets de nocom - numero 3
Les carnets de nocom - numero 3 Les carnets de nocom - numero 3
Les carnets de nocom - numero 3
 
Réussir son export vers le Brésil - Par Exportice
Réussir son export vers le Brésil - Par ExporticeRéussir son export vers le Brésil - Par Exportice
Réussir son export vers le Brésil - Par Exportice
 
LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...
LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...
LE PARTI FUSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES HAÏTIENS (PFSDH) FAIT SA RENTRÉE POLIT...
 
Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...
Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...
Le "Baro éco" de septembre 2016 Viavoice pour HEC Paris - BFM Business - L’Ex...
 
COVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi FranceCOVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi France
COVID-19 - Cahier d’insights 6 - Saatchi & Saatchi France
 
COVID-19 - Reconfinement insights #SEMAINE5
COVID-19  - Reconfinement insights #SEMAINE5COVID-19  - Reconfinement insights #SEMAINE5
COVID-19 - Reconfinement insights #SEMAINE5
 
Les carnets de nocom - numero 2
Les carnets de nocom - numero 2 Les carnets de nocom - numero 2
Les carnets de nocom - numero 2
 
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE1
COVID 19 -  reconfinement insights #SEMAINE1COVID 19 -  reconfinement insights #SEMAINE1
COVID 19 - reconfinement insights #SEMAINE1
 
PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39
PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39
PortEcho Bulletin trimestriel d'information du Port de Toamasina N°39
 
L'optimisme des Français en recul
L'optimisme des Français en reculL'optimisme des Français en recul
L'optimisme des Français en recul
 

Plus de Christophe-Alexandre PAILLARD (7)

French view of strategic risks London March 2015 Westminster Risks
French view of strategic risks London March 2015 Westminster RisksFrench view of strategic risks London March 2015 Westminster Risks
French view of strategic risks London March 2015 Westminster Risks
 
Rio climate change and security November 2015
Rio climate change and security November 2015Rio climate change and security November 2015
Rio climate change and security November 2015
 
Strategic Minerals IHEDN October 2015
Strategic Minerals IHEDN October 2015Strategic Minerals IHEDN October 2015
Strategic Minerals IHEDN October 2015
 
ENSEC COE NATO September 2015
ENSEC COE NATO September 2015ENSEC COE NATO September 2015
ENSEC COE NATO September 2015
 
Minerais Acfci 22052012
Minerais Acfci 22052012Minerais Acfci 22052012
Minerais Acfci 22052012
 
CyberséCurité Et Vie PrivéE
CyberséCurité Et Vie PrivéECyberséCurité Et Vie PrivéE
CyberséCurité Et Vie PrivéE
 
Smart Grids IAPP
Smart Grids IAPPSmart Grids IAPP
Smart Grids IAPP
 

Présentation économie brésilienne janvier 2016 Ecole de Guerre économique

  • 1. Le Brésil face à la crise Christophe-Alexandre PAILLARD Directeur du domaine « armement et économie de défense », IRSEM Observatoire de l’Amérique latine DGRIS (ministère de la Défense) Ecole de Guerre économique, Paris 27/28 janvier et 1er février 2016
  • 2. 19/01/2016 Le pessimisme domine aujourd’hui sur le Brésil. Est-ce fondé ? 2Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 3. 19/01/2016 Eviter les interprétations extrêmes sur le Brésil. Ne pas jouer à « The Economist » ! 3Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 5. 19/01/2016 Propos introductifs 5Christophe-Alexandre PAILLARD Un constat pour comprendre l’ampleur du défi : • Face à la très grave crise économique, sociale et financière qui le touche depuis 2013, le Brésil semble s’enfoncer toujours plus avant, sans véritable capacité de rebond. C’est la pire crise économique depuis 1931. • Parmi les paramètres les plus dégradés, la récession (encore +0,2% en 2014, -3,1% en 2015 et probablement -1,9% en 2016), le chômage (7,5% en 2015), le déficit public (-2% du PIB, soit 28 Mds€, alors que les autorités prévoyaient un excédent budgétaire de +1,2% du PIB), l’inflation (10,67% en 2015, dont +51% pour l’électricité en 2015, loin de l’objectif de 4,5% des autorités brésiliennes), les taux d’intérêt (taux directeur à 14,25% fin 2015 contre 0,05% pour la France en décembre 2015). • L’activité dans le bâtiment s’est effondrée (les JO de Rio ne changent rien à l’affaire); l’investissement stagne ou recule suivant les secteurs; les recettes fiscales plongent; les ménages s’endettent. • Le pouvoir politique fait face à de multiples scandales, tout particulièrement autour du groupe pétrolier Petrobras. Le discrédit pèse sur la présidence de Dilma Rousseff.
  • 6. 19/01/2016 Un contexte politique de plus en plus nauséabond 6Christophe-Alexandre PAILLARD • La période 2013/2016 a été marquée par la tenue des élections présidentielles d’octobre 2014 qui a obligé la classe politique brésilienne à se concentrer sur la priorité intérieure majeure du pays : faire face à la crise sociale déclenchée en juin 2013 et à l’ampleur de la contestation par l’opinion publique brésilienne des dépenses liées à la coupe du monde de football de 2014 et aux jeux olympiques de 2016. • Le scandale Petrobras menace toujours de faire exploser le système politique. A partir d’une simple station-service, les enquêteurs ont mis à jour début 2014 l’existence d’un cartel de sous-traitants incluant les plus grandes entreprises de construction du pays, qui versaient des dessous-de-table à certains directeurs de Petrobras pour obtenir de juteux contrats. • Des entrepreneurs de construction, des parlementaires et d’ex-responsables du groupe pétrolier sont soupçonnés d’être impliqués dans cette affaire. Une partie de ces pots-de-vin étaient reversés à des parlementaires, principalement de la coalition au pouvoir. D’anciens ministres, les présidents des deux chambres du Parlement sont concernés tout comme des proches de Dilma Rousseff. Le scandale se rapproche de l’ancien président Lula da Silva.
  • 7. 19/01/2016 Une fracture géographique qui perdure, reflet des inégalités brésiliennes 7Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 8. 19/01/2016 Cartographie économique du Brésil 8Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 9. 19/01/2016 Image dégradée, crise systémique, le Brésil a-t-il une stratégie pour s’en sortir ? 9Christophe-Alexandre PAILLARD • Durant sa présidence, le Président Lula da Silva a adopté un ton volontaire et combatif sur le plan économique, révélateur de la volonté de puissance du Brésil en ce début de XXIe siècle. Les aspirations brésiliennes semblaient fondées. Un rapport de la banque d’investissement Goldman Sachs de 2003 incluait le Brésil dans le groupe des quatre économies émergentes (Brésil, Russie, Inde et Chine) allant dépasser les puissances établies au cours du XXIe siècle. Est-ce vraiment crédible ? • L’agriculture est le moteur du commerce et l’agrobusiness brésilien est redoutable sur les marchés internationaux. Bien que le Brésil se soit efforcé de diversifier son économie de 1994 à 2013, en investissant dans les hautes technologies et les énergies nouvelles, c’est toujours sur le terrain agricole que se joue l’affrontement entre les puissances émergentes, Brésil en tête, et les puissances économiques traditionnelles.
  • 10. 19/01/2016 Comment surmonter cette crise ? Que faire face à ses concurrents, Chine en tête ? 10Christophe-Alexandre PAILLARD • La Chine est le premier partenaire commercial du Brésil, devant les Etats-Unis et l’Argentine. Le Brésil a su saisir l’opportunité du réveil chinois, conscient que la montée en puissance de la demande asiatique est en train de redessiner la carte commerciale. Mais si ce « partenariat » a montré à quel point le Brésil était à l’affût sur le champ de bataille de l’économie internationale, le lien avec la Chine n’a pas du tout aidé l’économie brésilienne à se diversifier. Au contraire, l’économie brésilienne se « reprimarise », perpétuant sa vulnérabilité. 75% du commerce brésilien vers la Chine est en effet constitué de produits de base : soja, cellulose, minerai de fer, viande, jus d’oranges, etc. et non de produits transformés. 16% des importations brésiliennes viennent de Chine et 18% des exportations en 2015. • On peut se reporter aux quatre ouvrages présentés dans la colonne de droite pour mieux comprendre les principaux enjeux socio-économique brésiliens.
  • 11. 19/01/2016 Le Brésil, lieu d’investissement des capitaux chinois ? 11Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 12. 19/01/2016 Une dépendance trop forte aux matières premières qui repart à la hausse 12Christophe-Alexandre PAILLARD Source : http://atlas.cid.harvard.edu/explore/tree_map/export/bra/all/show/2012/
  • 13. 19/01/2016 13Christophe-Alexandre PAILLARD La Chine prend d’importantes parts de marché aux Brésiliens et se contente de leur acheter des matières premières non-transformées Un rapport déséquilibré avec la Chine
  • 14. 19/01/2016 Le Brésil peut-il rebondir par ses produits ? 14Christophe-Alexandre PAILLARD minerais ; 15% pétrole et dérivés; 11% transport; 11% soja; 8%sucre et alcool; 7% produits chimiques; 7% viande; 6% machines et équipements; 4% papier et cellulose; 3% café; 3% autres ; 17% UE; 22% Europe autre; 5% Chine ; 15,30% japon; 3,80% Etats-Unis; 9,60% Mercosul; 10% amérique autre; 13% Afrique; 7% Moyen Orient; 5% Exportations brésiliennes par destinationsExportations brésiliennes par secteur
  • 15. 19/01/2016 Plan 15Christophe-Alexandre PAILLARD I. Comprendre le Brésil, ses clichés, ses illusions, ses atouts, ses blocages, ses données économiques. II. Le Brésil et ses secteurs stratégiques. III. Le Brésil, les questions de sécurité et sa défense.
  • 16. 19/01/2016 Première partie 16Christophe-Alexandre PAILLARD I. Comprendre le Brésil, ses clichés, ses illusions, ses atouts, ses blocages, ses données économiques.
  • 17. 19/01/2016 Comprendre le Brésil de 2016 17Christophe-Alexandre PAILLARD Un « grand pays d’avenir » devenu une grande puissance économique du présent :  Connu comme le « pays du futur », le Brésil est difficilement un « pays du présent ».  Pour rappel, son extension continentale est de plus de 8,5 millions de km2  Son marché intérieur, malgré ses 204 millions d’habitants (début 2016), s’est effondré.  Il dispose d’une énergie renouvelable, abondante et propre. 46% de son portefeuille énergétique provient de sources renouvelables. Cette situation n’empêche pas l’augmentation des prix de l’électricité.  Il possède la plus grande réserve de biodiversité de la planète (30%).  La découverte récente de pétrole offshore a fait passer ses réserves de 14 à 33 Mds/b.  Ses notations chez Standards & Poors, Fitch Ratings et Moody’s se dégradent.  Le Real (BRL) continue de reculer par rapport au dollar américain (USD) : -32,6% en un an, favorisant les exportations, mais renchérissant les importations clefs comme les biens intermédiaires; ce qui est mauvais pour la compétitivité.  La balance commerciale est passée dans le rouge en 2014 pour la première fois depuis 1998, soit -3,93 Mds$, après +2,38 Mds$ en 2013, +19,4 Mds$ en 2012 et +29,8 Mds$ en 2011. Elle a connu un rebond en 2015 avec +19,6 Mds$.
  • 18. 19/01/2016 Economie brésilienne 18Christophe-Alexandre PAILLARD I.1 L’économie brésilienne en crise : • Toutes les grandes données macroéconomiques brésiliennes se dégradent dangereusement. • Le pays court un risque de plus en plus élevé de chaos économique. • Aucun indice ne vient tempérer ce constat.
  • 19. 19/01/2016 L’économie brésilienne est-elle vraiment arrivée à maturité ? 19Christophe-Alexandre PAILLARD Les prévisions pessimistes s’accumulent : sont-elles fondées ? L’ouvrage de Felipe Miranda paru en 2014 revient sur 20 ans de politiques économiques brésiliennes depuis la mise en place du plan Real. Il s’interroge sur un scénario d’argentinisation de l’économie brésilienne. Voir Empiricus Research : http://www.empiricus.com.br/
  • 20. 19/01/2016 Le rapport Real/Dollar sur un an 20Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 21. 19/01/2016 Une croissance pas toujours anémique en Amérique latine (sources : CEPAL) 21Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 22. 19/01/2016 La croissance brésilienne est trop faible pour réduire les problèmes structurels 22Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 23. 19/01/2016 Le Brésil n’est pas un relai de croissance dans le monde 23Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 24. 19/01/2016 La forte hausse des défaillances d’entreprises au Brésil : +25% en 2015 24Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 25. 19/01/2016 Conséquence : la dégradation du Brésil par toutes les agences de notation 25Christophe-Alexandre PAILLARD Fitch est passé à BB+ fin 2015
  • 26. 19/01/2016 26Christophe-Alexandre PAILLARD Après -3,25% du PIB de déficit budgétaire en 2013, le déficit passe à -6,7% du PIB en 2014. En 2015, le Brésil fait -10%. La dette publique est passée de 54,8% du PIB en 2012 à 67,6% en 2015. Conséquence, le ministre des finances, Joaquim Levy, a démissionné le 19 décembre 2015. L’Etat brésilien tient-il encore ses comptes ?
  • 27. 19/01/2016 27Christophe-Alexandre PAILLARD Des comptes courants qui se dégradent depuis 2008
  • 28. 19/01/2016 28Christophe-Alexandre PAILLARD La balance commerciale était longtemps positive et se dégrade sur le MT
  • 29. 19/01/2016 29Christophe-Alexandre PAILLARD Le chômage était contenu, mais il augmente rapidement : 8,2% en 2016 ?
  • 30. 19/01/2016 30Christophe-Alexandre PAILLARD Le Brésil disposait d’une meilleure maîtrise de l’inflation depuis le lancement du plan Real en 1994. Conséquence : la stabilité politique et sociale était au rendez-vous. Mais, avec 6,1% en 2013, 6,3% en 2014, 10,67% en 2015 et 7% prévus en 2016, le Brésil retrouve les problèmes d’une inflation de plus en plus élevée Le Brésil ne parvient plus à maîtriser son inflation
  • 31. 19/01/2016 31Christophe-Alexandre PAILLARD Résultat, tout est plus cher au Brésil : l’exemple des Iphone 4 et 5
  • 32. 19/01/2016 32Christophe-Alexandre PAILLARD • Le 21 janvier 2015, la Banque centrale du Brésil a relevé son taux directeur d’un demi-point de pourcentage, de 11,75% à 12,25%, dans l’espoir de freiner l'inflation dans la première économie d’Amérique latine, qui subit un sévère ralentissement. Il monte de nouveau à 13,25% le 30 avril 2015. • « Evaluant le contexte macroéconomique et les projections de l’inflation », le Comité de politique monétaire (Copom) de la banque centrale « a décidé à l’unanimité de relever le taux SELIC ». • Le 30 juillet 2015, la BCB engage une nouvelle hausse du taux directeur pour contenir l’inflation : 14,25%, son plus haut niveau en 9 ans. Le 22 octobre 2015, la BCB confirme maintenir ce taux. Des taux directeurs qui restent très élevés
  • 33. 19/01/2016 33Christophe-Alexandre PAILLARD • Selon la BCB, en 2014, le stock total de crédit du système financier progresse de 1,3% en novembre 2014 à 2.963 MdsBRL, soit 58% du PIB. • En 2015, le stock total de crédit enregistre une hausse de 9,1% sur un an à 3.160 MdsBRL (près de 800 Mds$) en septembre (après +9,6% respectivement en août sur un an) soit 55% du PIB. • La très légère progression récente du crédit est due au crédit administré, qui connait une croissance de 13,8% sur 12 mois, alors que le crédit dit « libre » (50,9% du total du crédit dans l’économie) progresse d’un très léger 4,9% sur 12 mois. • Le taux d’intérêt moyen annuel progresse sur 12 mois à 29,3% en septembre 2015 (46,2% pour les crédits libres et 9,8% pour les crédits subventionnés), contre 21,3% en 2014 (33% pour les crédits « libres » et 7,9% pour les crédits subventionnés). • Le taux de défaut reste stable à 3,1% fin 2015 (3,9% pour les ménages et 2,4% pour les entreprises). • Le taux moyen du crédit dépasse les 35% pour les ménages. Il reste contenu à moins de 20% pour les entreprises. Les taux brésiliens du crédit paralysent l’activité économique
  • 34. 19/01/2016 34Christophe-Alexandre PAILLARD • Pour limiter les risques liés à l’endettement des ménages, le gouvernement a mis en place des formations gratuites appelées Écoles d’Education Financière qui s’adressent aussi bien aux salariés qu’aux retraités et aux étudiants. Elles visent à sensibiliser la population sur les risques liés à la multiplication des crédits à la consommation. • L’objectif est de leur faire comprendre qu’en achetant de manière impulsive ils peuvent se mettre en danger financièrement. • En plus d’acheter beaucoup à crédit, les Brésiliens sont abusés par les organismes financiers puisque le taux d’intérêt moyen des emprunts est de 44%. Le crédit revolving atteint 85% avec des cartes de crédit. • Mi-2015, La consommation des ménages a diminué de 2,1% d’un trimestre à l’autre Des ménages de plus en plus endettés et menacés : 61,1% du PIB au 1/1/2016
  • 35. 19/01/2016 35Christophe-Alexandre PAILLARD Le dérapage massif des coûts de l’immobilier et la hausse du crédit
  • 36. 19/01/2016 Economie brésilienne 36Christophe-Alexandre PAILLARD I.2 Comment sortir d’une telle crise conjoncturelle et systémique ?
  • 37. 19/01/2016 Quels seraient les points forts du Brésil ? 37Christophe-Alexandre PAILLARD • Il dispose encore d’une réserve internationale en devises de 356 milliards d’US$ en novembre 2015. • Son système financier est réglementé et résiste pour le moment aux risques. • La stabilité politique du pays a été consolidée depuis 1994, favorisée par un contexte régional stable. • Après un déficit de 3,9 Mds$ en 2014, la balance commerciale reste excédentaire en 2015 de 19,6 Mds$. Cette situation est entre autre liée au recul des prix du pétrole. • Il est le plus grand exportateur mondial de produits agroalimentaires. Cette situation lui garantit un fort volume d’affaires, indépendamment du contexte intérieur et de la crise mondiale. • Son marché externe est diversifié, avec des partenaires commerciaux dans le monde entier et des biens dont la valeur ajoutée pourrait augmenter. • C’est le pays émergent ayant le portefeuille énergétique le plus « propre », grâce à l’hydroélectricité. • Le PIB brésilien garde un vrai potentiel, malgré la récession. • Le Brésil reste la 9ème économie mondiale.
  • 38. 19/01/2016 Le Brésil, 9ème économie mondiale, au risque de la défaillance ? 38Christophe-Alexandre PAILLARD • Le PIB du Brésil était au 15ème rang mondial en 2000. Il a dépassé le Royaume- Uni en 2010, devenant la 6ème économie mondiale, mais le Royaume-Uni est repassé devant le Brésil fin 2012. • Le PIB brésilien devait dépasser la France en 2015; ce ne fut pas le cas. C’est le Royaume-Uni qui a dépassé la France en décembre 2014. En 2014, le Brésil restait le 7ème PIB mondial. En 2015, l’Inde et l’Italie sont passées devant le Brésil.
  • 39. 19/01/2016 Economie brésilienne 39Christophe-Alexandre PAILLARD I.3 La crise a aussi des raisons structurelles.
  • 40. 19/01/2016 40Christophe-Alexandre PAILLARD Le sud conserve sa suprématie industrielle et tertiaire Les grands déséquilibres socio- économiques régionaux persistent
  • 41. 19/01/2016 41Christophe-Alexandre PAILLARD • La concentration des populations sur les côtes et au sud provoque un engorgement des infrastructures. • La population est estimée à 204 millions d’habitants en 2016. • Les prévisions démographiques prévoient 210 millions d’habitants en 2020 et 222 millions en 2050. • Le taux de fécondité est tombé à 1,82 enfant/femme. • La population est urbaine à 85%. Fort impact sur les infrastructures La majorité de la population vit au sud et sur les côtes
  • 42. 19/01/2016 42Christophe-Alexandre PAILLARD Le trafic portuaire reste surtout concentré à Rio et dans la région de São Paulo
  • 43. 19/01/2016 43Christophe-Alexandre PAILLARD Le cas emblématique des ports commerciaux. L’état des infrastructures mécontente les entrepreneurs
  • 44. 19/01/2016 44Christophe-Alexandre PAILLARD Il n’existe pas de vrai réseau national Le réseau ferroviaire est inadapté aux besoins croissants en transports du Brésil
  • 45. 19/01/2016 45Christophe-Alexandre PAILLARD Un projet chinois de contournement de Panama par le rail En visite au Brésil en mai 2015, le Premier ministre Chinois Li Keqiang a signé pour plusieurs milliards de dollars d’accords économiques dont le plus important est le financement d’une voie ferrée transcontinentale qui va relier le Brésil au Pérou; c’est à dire l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique et à l’Asie .
  • 46. 19/01/2016 46Christophe-Alexandre PAILLARD On peut citer l’élargissement des routes, les créations d’autoroutes et de radiales (rodovia radial), etc. Des efforts sont faits pour adapter le réseau routier aux nouveaux besoins
  • 47. 19/01/2016 Comprendre le Brésil par l’analyse des clichés : le syndrome « o maior do mundo » 47Christophe-Alexandre PAILLARD En matière de compréhension des enjeux stratégiques, une analyse des clichés, des pratiques sociales et culturelles ou des lieux communs peut se révéler très utile. Cette méthode est souvent peu utilisée : • Un cliché, définition : lieu commun, banalité qu’on redit souvent et dans les mêmes termes, poncif. Exemple : « le Brésil est le pays du football ». • La méthode d’analyse : partir des clichés et analyser les tics culturels comme la manière de négocier, les comportements vestimentaires, les discussions types dans les dîners en ville, les dernières telenovelas, l’état du championnat de football, les derniers restaurants à la mode, les non-dits de la société, etc. • Mieux appréhender la réalité : à titre d’exemple, « les Brésiliens ont le culte du corps ». Or, plus du tiers des Brésiliens sont en surcharge pondérale. Conclusion : la malbouffe et les inégalités sociales sont de vrais marqueurs de la société brésilienne, plus que les questions esthétiques qui impactent surtout les quartiers aisés de Rio, la « zona sul », ou de São Paulo. C’est un cliché typique. Voir Business France : les clefs de l’implantation au Brésil 2015 http://export.businessfrance.fr/bresil/001B1507816A+les-cles-de-l-implantation-au- bresil-2015.html , Brésil, expat book; ou bien communiquer avec vos interlocuteurs brésiliens de Nathalie Lorrain (AFNOR, 2014).
  • 48. 19/01/2016 Confronter la réalité du Brésil à ses clichés : une démarche relevant de l’analyse I.E. 48Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 49. 19/01/2016 Un cliché vrai et traditionnel : la taille du Brésil 49Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 50. 19/01/2016 Le Brésil est effectivement un continent 50Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 51. 19/01/2016 Le Brésil est-il prisonnier de ses clichés ? 51Christophe-Alexandre PAILLARD Que sont ces clichés ? Principalement : 1. Les loisirs : plage, carnaval, etc. 2. Le sport : football, beach volley, frescobol, capoiera, etc. 3. La musique : samba, bossa nova, etc. 4. La mode : les tongs havaianas, les biquinis « fio dental ». 5. Les Brésiliens : la fille d’Ipanema, le Carioca « nonchalant ». 6. La société : favelas, pauvreté, violence, « la cité de Dieu », les telenovelas, etc. 7. Les paysages : Amazonie, pain de sucre, Copacabana, chutes d’Iguaçu, etc. En résumé, le Brésil garde l’image positive d’un pays de plage et de soleil où il fait bon rester lézarder en dégustant une caïpirinha, en regardant passer la « garota de Ipanema » en bikini et en tapant dans un ballon. Certes, il y a la pauvreté et la violence … D’un point de vue plus économique, par contre, avec de tels clichés, il peut être considéré comme difficile d’investir avec confiance. Le soupçon d’amateurisme n’est jamais loin.
  • 52. 19/01/2016 Cliché contre cliché : à chacun sa caricature 52Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 53. 19/01/2016 Le Brésil et les aspects positifs des clichés 53Christophe-Alexandre PAILLARD 1. L’architecture, le design et l’urbanisme : Oscar Niemeyer, Roberto Burle- Marx, Sérgio Magalhães, etc. 2. Les produits « brésiliens » naturels : açaï (Natura), café, chocolat, etc. 3. La reprise des atouts « plage et soleil » : les films Rio, Rio 2, Rio sex comedy, ou la culture de la plage. 4. Des terminologies compréhensibles par tous : le pain de sucre, seleção, etc. 5. La beauté des couleurs (phénomène « auriverde ») et de la mode.
  • 54. 19/01/2016 De l’utilité de vraiment comprendre ce pays avant de s’engager ! 54Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 55. 19/01/2016 Economie brésilienne 55Christophe-Alexandre PAILLARD I.4 Le Brésil a-t-il fait les bons choix politiques et économiques depuis 2002 ?
  • 56. 19/01/2016 Une réalité tout de même : le constat de l’émergence sous Lula da Silva 56Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 57. 19/01/2016 Le Brésil, acteur passif ou actif de la mondialisation ? Lula a caché l’essentiel. 57Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 58. 19/01/2016 Des entreprises mondialisées mais qui subissent souvent à l’international 58Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 59. 19/01/2016 Le ressenti du Brésil en France : un positionnement marketing élitiste et bobo 59Christophe-Alexandre PAILLARD Des campagnes marketing efficaces mais trop ciblées : le Brésil a un problème de positionnement en Europe beaucoup trop haut de gamme, alors qu’il fait face aux forteresses de ce secteur : France, Italie, GB.
  • 60. 19/01/2016 La faiblesse internationale des marques ou des positionnements reste un marqueur 60Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 61. 19/01/2016 Deuxième partie 61Christophe-Alexandre PAILLARD II. Le Brésil et ses secteurs stratégiques
  • 62. 19/01/2016 Secteurs stratégiques du Brésil 62Christophe-Alexandre PAILLARD II.1 Le Brésil a-t-il une stratégie économique, industrielle ou technologique ?
  • 63. 19/01/2016 La protection des secteurs stratégiques 63Christophe-Alexandre PAILLARD 1. Le Brésil est un grand exportateur de produits agroalimentaires : 1er exportateur de café, 2ème exportateur de poulets, 4ème exportateur de viande bovine, etc. 2. Le mobilier reste une branche en croissance : 2 million de salariés, 13.000 PME. En 5 ans, multiplication par 10 des exportations. 3. Le textile : 30.000 entreprises; 1,4 million de salariés. Exportations dans plus de 40 pays, dont les Etats-Unis et l’Union européenne. 4. C’est le quatrième constructeur aéronautique mondial grâce à Embraer. 5. Un secteur électronique en pleine expansion et une industrie informatique dynamique. 6. Grande puissance pétrolière mondiale avec un géant de l’offshore, Petrobras, et une volonté affichée de concurrencer les grandes Majors. C’est devenu le sous- traitant de nombreuses grandes compagnies (comme le Mexicain PEMEX). Petrobras s’est installé au Moyen-Orient et en Afrique. 7. Un géant en devenir des médicaments génériques. Anápolis (état de Goiás) est en train de devenir l’un des plus grands pôles mondiaux. 8. Avec Vale (3ème entreprise mondiale des minerais), l’industrie minière brésilienne compte sur la scène mondiale. On peut aussi citer CBMM (niobium). 9. Le bras armé financier de l’Etat brésilien, la BNDES, joue un rôle clef.
  • 64. 19/01/2016 La stratégie “soft power” du Brésil 64Christophe-Alexandre PAILLARD Comment le Brésil agit sur la scène internationale : 1. Le Brésil développe une stratégie d’influence ciblée. Par exemple, pour attirer les investissements, il cache ses problèmes sociaux et met en avant l’idée de la « nation arc en ciel ». 2. Dans le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Venezuela + deux pays associés : Chili et Bolivie), le Brésil prend des positions commerciales ou financières dominantes : créations de JV, achats d’entreprises, etc. 3. En position de force, le Brésil libéralise son régime commercial pour forcer ses partenaires à ouvrir leurs marchés : l’Union européenne a dû démanteler en 2006 l’OCM (organisation commune des marchés) sucre créée par la PAC. 4. Au sein du G22, il développe des alliances avec l’Inde ou l’Afrique du Sud. Il intervient beaucoup à l’ORD de l’OMC. 5. Il s’est opposé aux Etats-Unis à Cancún en décembre 2010 pour la mise en œuvre de la Zone de libre-échange des Amériques. 6. Point noir : il continue de perdre des parts de marché face aux Chinois sur ses produits industriels traditionnels dans les pays OCDE (textiles, chaussures, etc.).
  • 65. 19/01/2016 Le Brésil reste la première puissance économique de l’Amérique latine 65Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 66. 19/01/2016 Mais la compétitivité brésilienne reste un vrai problème 66Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 67. 19/01/2016 Secteurs stratégiques du Brésil 67Christophe-Alexandre PAILLARD II.2 Le Brésil et son énergie
  • 68. 19/01/2016 Premier secteur stratégique : l’énergie 68Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 69. 19/01/2016 Premier secteur stratégique : l’énergie 69Christophe-Alexandre PAILLARD • Une croissance exponentielle des besoins en énergie avec plus de 250% en 25 ans. • Le Brésil doit donc maîtriser ses besoins autour des trois axes suivants : 1. assurer l’indépendance de l’approvisionnement, 2. contenir les dépenses d’investissement, 3. satisfaire une demande importante. • La demande énergétique brésilienne va augmenter de 60% en 10 ans. • L’agro-industrie représente 25% du PIB. Utilisation intense d’engrais, d’eau (problème des nappes phréatiques) et d’énergie. • 45% de population brésilienne seulement est connectée à un réseau sanitaire. Sur ce réseau 38% des eaux sont traitées. • Le problème des déchets est crucial: 40 millions de personnes de plus dans la classe moyenne. • Le projet de code forestier limite la progression du front pionnier, mais n’est pas encore voté. • Le Brésil est devenu un grand pays pétrolier.
  • 71. 19/01/2016 Les principales questions énergétiques touchant le Brésil 71Christophe-Alexandre PAILLARD • Le pétrole : l’autosuffisance et les conséquences de l’effondrement des prix du baril. Menacent-ils le secteur pétrolier brésilien ? Un baril à 30 $ est-il tenable ? • Le gaz : va-t-on vers une consolidation du marché gazier ou au contraire une plus grande fragilisation liée à la baisse des prix de l’énergie ? • L’énergie nucléaire : les avancées restent à consolider et Angra III risque d’être le seul projet brésilien viable. • Les biocarburants : quelles perspectives de développement au Brésil et dans le monde ? Faut-il nourrir les humains ou les moteurs ? • L’énergie hydraulique : le Brésil détient un potentiel de 30% des richesses mondiales. Faut-il rester sur ce créneau au détriment des autres ?
  • 72. 19/01/2016 72Christophe-Alexandre PAILLARD Petrole et dérivés 37,6% Gaz naturel 10,3% Charbon 5,2% Uranium 1,4% Hydraulique 14,0% Biomasse de canne à sucre et autres 27,5% Autres 4,0% Petrole et dérivés 36% Gaz naturel 25% Charbon 20% Uranium 11% Hydraulique 2% Biomasse 5% Autres 1% Matrice énergétique brésilienne Matrice énergétique mondiale Qu’utilise le Brésil pour son énergie ?
  • 73. 19/01/2016 73Christophe-Alexandre PAILLARD Petrole et dérivés 3,6% Gaz naturel 6,8% Charbon 1,3% Nucléaire 2,7% Hydraulique 74,0% Biomasse 4,7% Éolien 0,4% Importations 6,5% Matrice électrique par source Le poids de l’hydroélectricité
  • 74. 19/01/2016 74Christophe-Alexandre PAILLARD • 1953 : création de Petrobras, entreprise nationale monopolistique. • 1971 : le gouvernement étend la limite des eaux territoriales de 12 à 200 milles, intégrant dans la ZEE les gisements en eaux profondes du bassin de Campos (Rio de Janeiro) et du bassin d’Agua Grande (Bahia). • 1997 : le monopole pétrolier est aboli. • 2001 : crise électrique. – Réactions: • 2001 : ouverture du secteur pétrolier à la compétition. • Création de l’ANP (Agence Nationale du Pétrole) : introduction du marché libre dans le secteur du pétrole. Petrobrás détient 7% des réserves. • Prospection du pétrole pour atteindre l’autosuffisance en 2005. • Intégration énergétique avec les voisins (Bolivie, Venezuela). Le Brésil importe les deux-tiers du gaz produit en Bolivie. Le pétrole reste tout de même un incontournable : le poids des transports
  • 75. 19/01/2016 75Christophe-Alexandre PAILLARD Le Brésil, grande puissance pétrolière ?
  • 76. 19/01/2016 76Christophe-Alexandre PAILLARD Les principaux champs pétroliers offshore
  • 77. 19/01/2016 77Christophe-Alexandre PAILLARD • Les revenus pétroliers aident à la réduction de la dette publique. • Leur exploitation permet de réduire la dépendance vis-à-vis du gaz bolivien. • La maîtrise technique (offshore profond) permet le lancement de coopérations techniques avec le Venezuela (PDVSA) ou le Mexique (PEMEX). • Le pétrole favorise les investissements d’entreprises étrangères au Brésil : Shell, Exxon, Texaco, ONGC (Inde). Les taxes imposées assurent un revenu stable au Brésil. • Une croissance durable est basée sur les excédents commerciaux générés par ces revenus. • La construction de nouvelles infrastructures diminue le chômage et les écarts sociaux. • Petrobras conclut de larges partenariats et diversifie ses ressources : Golfe persique, Afrique centrale, etc. • Mais, le recul des prix du pétrole risque de réduire les efforts brésiliens du fait de coûts d’extraction trop élevés. C’est toute l’économie pétrolière du Brésil qui est aujourd’hui menacée. Les enjeux politiques de l’exploitation du pétrole et ses conséquences sur le Brésil
  • 78. 19/01/2016 Que fait Petrobras ? Un scandale majeur ! 78Christophe-Alexandre PAILLARD • Petróleo Brasileiro SA (Petrobras) est la plus importante société brésilienne, spécialisée dans les activités pétrolières, leader dans le domaine de l’extraction dite en eau profonde et ultra profonde, et important investisseur dans le domaine énergétique dans le monde. Son budget est de 108,6 Mds$ pour la période 2015-2019, dont 86% est dédié au développement de la production, 12% à l’exploration et 3,2% au soutien. • Le principal actionnaire est l’Etat brésilien, qui détient 50,3% des parts. Il y a deux types d’actionnaires au sein de la société. Les détenteurs d’actions ordinaires ont un droit de vote au congrès des actionnaires, contrairement à ceux qui détiennent des actions préférentielles, qui donnent uniquement droit à des dividendes. • En 2014, les autorités brésiliennes ont avoué le rôle central tenu par Petrobras dans une affaire majeure de corruption impliquant de nombreuses entreprises et politiciens brésiliens. Les investisseurs ont perdu confiance. La capitalisation et le cours de l’action ont fortement chuté. L’entreprise ne peut plus emprunter sur les marchés financiers. La cohérence de sa politique d’investissement est très critiquée. L'équipe de direction a donc été remplacée en février 2015, en particulier le PDG, Maria das Graças Foster.
  • 79. 19/01/2016 79Christophe-Alexandre PAILLARD • Les réserves : les réserves gazières du Brésil connaissent un véritable boom avec la découverte de réserves dans la baie de Santos. Le Brésil dispose de 221,7 milliards de m3 de réserves du gaz estimées et il dispose d’un potentiel encore plus important. • Le marché : l’augmentation de la consommation du gaz de 12/15% par an s’explique par si une croissance moyenne de 3,5/4% de l’économie brésilienne. Le Brésil est capable de produire et de fournir le marché domestique pour 100 millions de m3 de gaz par jour. • Les investissements : Petrobras investit dans l’infrastructure gazière. Le gazoduc reliant la Bolivie et le Brésil a coûté 2 milliards de dollar. La construction du futur réseau nord/sud et des gazoducs d’Urucu et de Manaus s’élèvera à 3 milliards de dollars. • Le gaz venant de Bolivie : le contrat avec la Bolivie approvisionnant le marché brésilien pour un volume de 24 à 30 millions m3/jour a été signé pour une période de 20 ans et se terminera en 2019. • La baie de Santos : d’après Petrobras, la production atteint 30 millions m3/jour. La production de la baie de Santos contribue à la consolidation du marché brésilien du gaz naturel. • Le GNL (Gaz Naturel Liquéfié) : le Brésil ne produit pas de GNL, mais pourrait le faire à long terme (d’ici 10 ans). Une étude de faisabilité pour construire un terminal de liquéfaction, près du port de Sepitiba (Rio de Janeiro), a été lancée. Vers une consolidation du marché gazier ?
  • 81. 19/01/2016 Le nucléaire au Brésil : Angra dos Reis 81Christophe-Alexandre PAILLARD • La centrale nucléaire Almirante Álvaro Alberto, située à Angra dos Reis, est formée de trois sites : Angra 1, Angra 2 et Angra 3, qui appartiennent à Eletronuclear, filiale de l’entreprise électrique Brésilienne Eletrobrás. • Les trois usines sont le résultat d’un long programme nucléaire entamé dans les années 50 avec la création du Conseil National de Développement Scientifique et Technologique. Le Brésil possède deux réacteurs nucléaires fonctionnels sur le site d’Angra dos Reis: Angra 1 (626 MW, commandé à Westinghouse et mis en service en 1985), et Angra 2 (1.270 MW, commandé à Siemens et mis en service en 2001). • Angra 3 (1.394 MW), dont les travaux ont repris, après vingt-cinq années d’interruption, et dont l’installation sera en partie financée par l’entreprise Siemens, en vertu d’un accord signé entre les deux pays en 1975, a également fait l’objet d’un contrat signé avec AREVA en 2008. • Le pays maîtrise la quasi-totalité des technologies nucléaires : extraction d’uranium (le Brésil dispose de 158.000 tonnes d’uranium, soit 6 % des réserves mondiales), conversion et enrichissement d’uranium, fabrication de combustible, fabrication de composants lourds, exploitation de centrales, etc. • Le président Luís Inacio Lula da Silva a signé en 2008 un accord avec l’Argentine pour le développement conjoint d’un programme nucléaire. • Le volet militaire est soutenu par une volonté de construction de sous-marins nucléaires, justifiée par la nécessité de protéger les réserves maritimes de pétrole.
  • 82. 19/01/2016 82Christophe-Alexandre PAILLARD Le nucléaire : le projet Angra III
  • 83. 19/01/2016 83Christophe-Alexandre PAILLARD Le nucléaire : le site d’Angra
  • 84. 19/01/2016 L’hydraulique au Brésil 84Christophe-Alexandre PAILLARD • Les premiers aménagements hydrauliques brésiliens ont été faits sous la pression de la nécessité (sécheresse du Nordeste). Alors que le total annuel des précipitations au Brésil dépasse presque partout 1.250 mm, le Nordeste intérieur ressort sur toutes les cartes comme une zone semi-aride. • Le Brésil possède le plus important potentiel hydroélectrique au monde, de l’ordre de 150.000 MW, dont un tiers dans le bassin de l’Amazone, un peu moins dans celui du Paraná, 10 % dans celui du São Francisco, le reste, environ un quart, sur les petits fleuves côtiers et pour une part minime sur les rios Paraguay et Uruguay. Ce potentiel est fort loin d’être utilisé en totalité. Le holding Eletrobras est le maître d’œuvre réel de l’équipement des fleuves brésiliens. Il contrôle la distribution, notamment depuis la nationalisation de la compagnie Light qui dominait les marchés de Rio et São Paulo. • Le barrage de Belo Monte est un barrage actuellement en construction sur le Rio Xingu, dans l'État fédéral du Pará. Il a fait l’objet de longues controverses et le chantier a été plusieurs fois interrompu sur décision de la justice. Le coût du barrage est estimé entre 11 et 16 Mds$. Le projet devrait employer durant la construction environ 18.000 personnes de manière directe et 80.000 de manière indirecte. Il devrait produire 11.223 MW. Ce sera le troisième barrage du monde, derrière le barrage des trois gorges (Chine) et celui d’Itaipu.
  • 86. 19/01/2016 86Christophe-Alexandre PAILLARD Les barrages géants : Itaipu et Belo Monte
  • 87. 19/01/2016 Les agrocarburants 87Christophe-Alexandre PAILLARD • Les agrocarburants sont produits à partir de matériaux de la biomasse (canne à sucre, graines de colza, blé, paille, bois) transformés en carburants pour les transports. Leur avantage réside dans le niveau théoriquement peu élevé d'émissions de gaz à effet de serre que permet leur utilisation. La production d’agrocarburants constitue pour le Brésil une source de revenus et offre des opportunités d'emploi pour ses agriculteurs. • Le Brésil fut un pays pionnier dans l’usage des agrocarburants. Il a choisi la canne à sucre et l’éthanol qui représente près de 40% de l’énergie utilisée dans les transports. La production et le rendement de la canne à sucre s’accroissent fortement, tandis que le processus industriel s’améliore constamment. • Le programme Proalcool, lancé en 1975 en réponse à la crise du pétrole de 1973, correspond à un choix stratégique effectué par les différents acteurs concernés par la production et l’usage d’alcool et de biodiesel. La mise au point du moteur Flexfuel réconcilie assez bien ces différents intérêts. • La production brésilienne d’éthanol provient pour 60% des états du Sud-Est (surtout São Paulo) et du Centre-Ouest et pour 40% du Nord-Est. Elle représente approximativement un tiers de la production mondiale. Plus de trois millions de véhicules circulent avec l’alcool distribué par 30.000 stations services. 320 usines se partagent la transformation de la canne à sucre.
  • 89. 19/01/2016 Secteurs stratégiques du Brésil 89Christophe-Alexandre PAILLARD II.3 Le Brésil et ses ressources minières
  • 90. 19/01/2016 Secteurs stratégiques : la mine au Brésil 90Christophe-Alexandre PAILLARD • Le secteur minier représente 4% du PIB brésilien. Ce secteur a généré un chiffre d’affaires à l'exportation de 43,6 Mds$ en 2011 et 50 Mds$ en 2012. Le Brésil importe aussi pour 10 Mds$ de produits miniers, dont du charbon et des phosphates pour ses engrais. • Sans secteur minier, la balance commerciale brésilienne serait extrêmement déficitaire, montrant ainsi la dégradation forte de la compétitivité industrielle brésilienne sur les marchés mondiaux, face à la concurrence des produits chinois. C'est en fait le retour d'une forme de dépendance de l'économie brésilienne aux matières premières, alors que les politiques publiques brésiliennes poussent l'économie depuis quinze ans en direction des nouvelles technologies comme l'aéronautique, les biotechnologies ou les logiciels libres. Le poids de ce secteur devrait continuer de croître. • L’IBRAM, l'Instituto brasileiro de mineração (le BRGM brésilien), espère atteindre la valeur de 75 milliards de dollars de minerais exportés d'ici 2016. Le ralentissement de la croissance chinoise devrait toutefois limiter ces ambitions. Les chiffres contenus dans cette note sont pour l'essentiel tirés des rapports annuels des compagnies minières présentes au Brésil, des rapports du ministère brésilien des mines et des rapports de l'IBRAM : www.ibram.org.br
  • 91. 19/01/2016 Secteurs stratégiques : la mine au Brésil 91Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 92. 19/01/2016 Secteurs stratégiques : la mine au Brésil 92Christophe-Alexandre PAILLARD • Le secteur minier occupe 165.000 emplois directs et deux millions d'emplois indirects. 8% des entreprises brésiliennes travaillent dans le secteur minier, soit 7.932 entreprises officiellement recensées en 2010. • Il existe 2.600 mines au Brésil, dont 98% sont exploitées à ciel ouvert et 71% sont des mines de petite taille. Le Brésil devrait concentrer 20% des investissements miniers mondiaux prévus d'ici 2016. Le Brésil dispose de 70 ressources naturelles différentes en quantités réellement exploitables, dont 21 métaux. • Ses principales ressources minières métalliques ou non-métalliques sont le fer, le manganèse, l'or, la bauxite, l'étain, le zinc, le nickel, l'uranium, le niobium, les phosphates, le potassium et le cuivre. L'Etat du Minas Gerais représente 48% de la production minière brésilienne et celui du Pará, 28%. • Le Brésil produit 14% de la bauxite mondiale, 2% du cuivre, 2,3% de l’or, 20% du manganèse, 28% du tantale et 2,4% du zinc. Il aurait 50% des réserves mondiales de tantale.
  • 93. 19/01/2016 Secteurs stratégiques : la mine au Brésil 93Christophe-Alexandre PAILLARD • La refonte du code minier : le 18 juin 2013, le Brésil a décidé de refondre son code minier. Le projet de texte comportait d’importants changements pour le pays. Parmi eux, citons une augmentation des redevances imposées pour l’exploitation des ressources naturelles et la modernisation du système d’octroi des droits miniers. La nouvelle proposition relève le taux plafond des redevances de 0,2/3% à 4% et laisse au gouvernement le soin de décider par décret du taux propre à chaque type de minerai. • En mai 2011, le ministère brésilien des mines et de l’énergie a publié son plan stratégique des métaux et des minerais intitulé "plano nacional de mineração 2030". Ce document visait à décrire le contexte économique et stratégique de l’activité des métaux et des minerais à l'échelle mondiale et nationale (entre autre l’offre, la demande et les exportations brésiliennes de métaux et de minerais); recenser les ressources naturelles présentes sur le territoire brésilien et les capacités brésiliennes à les exploiter (état des réserves, ressources humaines, ressources financières, ressources techniques); définir une politique gouvernementale brésilienne des métaux et des minerais pour les 25 prochaines années et ses conséquences sur l’activité.
  • 94. 19/01/2016 Que fait Vale CVRD ? 94Christophe-Alexandre PAILLARD • Vale est le leader de la production mondiale de fer avec environ 350 millions de tonnes par an, c’est à dire 15% de la production mondiale. Vale est aussi second de la producteur mondiale de manganèse avec 2,3 millions de tonnes par an et le plus important producteur mondial de Nickel. • Vale S.A. a été créée en 1942. Appelée CVRD (companhia Vale do Rio Doce), celle-ci représentait dès 1950 80% des exportations brésiliennes de fer. Vale créa en 1966 son propre port appelé à Tubarão. C’est encore aujourd'hui le port le plus important pour l’exportation de minerais de fer au Brésil. C’est en 1974 que Vale devint le premier plus grand exportateur mondial de minerais de fer. • Vale est aussi une entreprise de logistique. Si Vale tend à diversifier ses activités, notamment en matière de transport et de logistique, c'est uniquement pour faciliter son exploitation minière et la rentabiliser au maximum. L’entreprise possède entièrement ou en partie de nombreuses centrales de productions d’énergie, notamment des barrages hydroélectriques, dont le controversé barrage de Belo Monte.
  • 95. 19/01/2016 Secteurs stratégiques : le cas du niobium 95Christophe-Alexandre PAILLARD • Le niobium est un métal utilisé pour 89% de sa production mondiale pour la fabrication d'aciers de haute qualité, 9% pour la production de superalliages, en mixant par exemple le niobium et le titane, et 2% pour les applications de supraconductivité. L'adjonction de niobium à l'acier augmente son élasticité et sa résistance aux torsions comme aux températures extrêmes. • Le principal producteur mondial de niobium est le Brésil, avec 80% de la production (le Canada est deuxième avec 15%) et 95% des réserves mondiales connues de niobium. Celles-ci sont concentrées sur trois sites : Araxá (état du Minas Gerais), Catalão (état de Goiás) et São Gabriel da Cachoeira (état d'Amazonas) où se déroulent actuellement des campagnes d'exploration géologique. • Le premier acteur industriel du secteur est l'entreprise minière brésilienne CBMM (Companhia Brasileira de Metalurgia e Mineração) qui exploite le site d'Araxá. Ce site concentre à lui seul 75% des réserves brésiliennes. Des entreprises coréennes, japonaises et chinoises sont entrées dans le capital de CBMM en 2011. L'entreprise reste toutefois contrôlée par la famille Moreira Salles qui détient 70% du capital. • Les besoins en niobium ne cessent de croître dans le monde. La Chine reste le premier marché avec 25% de la consommation mondiale, du fait de la croissance continue de ses besoins en acier inoxydable. Or, le niobium reste un élément clef de la fabrication de nombreux alliages pour les technologies de pointe.
  • 96. 96 Secteurs stratégiques : la mine au Brésil 19/01/2016 Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 97. 19/01/2016 Secteurs stratégiques du Brésil 97Christophe-Alexandre PAILLARD II.4 Le Brésil et son industrie agroalimentaire
  • 98. 19/01/2016 Un univers tiraillé entre les ressources « bio » et la grande industrie 98Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 99. 19/01/2016 L’industrie agroalimentaire brésilienne est un leader mondial 99Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 101. 19/01/2016 L’agroalimentaire et la grande distribution 101Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 102. 19/01/2016 Une exception dans le paysage brésilien : InBev, un géant mondial 102Christophe-Alexandre PAILLARD 1. Le brasseur brésilien InBev a racheté le britannique SABMiller (Coors, Foster’s ou Peroni) à l’automne 2015 pour 112 Mds€, après avoir fusionné avec le Belge Anheuser- Busch (Leffe, Hoegaarden, etc.) en 2008. 2. Un cinquième du capital d'InBev appartient au fonds d’investissement brésilien 3G Capital, qui appartient à la première fortune du Brésil, Jorge Paulo Lemann. La société détient aussi Burger King, Heinz et Kraft, en partenariat avec Warren Buffett. 3. En plus des marques Hoegaarden et Corona, la marque possède, au Brésil, les bières Skøll, Brahma et Antartica, qui sponsorisait par exemple le dernier carnaval de Rio de Janeiro. 4. C’est aujourd’hui le géant mondial de la bière, avec le contrôle d’une bière sur trois dans le monde.
  • 103. 19/01/2016 Les Français dans la grande distribution 103Christophe-Alexandre PAILLARD 1. Le groupe Casino réalise un chiffre d’affaires de 48,5 Mds€ en 2015, dont 58% des ventes à l’international (45,4% en 2011). Le Brésil représente 19,4 Mds€ de ventes (40% du groupe), soit plus de deux fois Casino France. 2. La réussite de Casino était liée au rachat d’un opérateur local de distribution, Pão de Açúcar ou Companhia Brasileira de distribuição. Casino est rentré au capital en 1999 et en prend le contrôle en juin 2012. 3. Carrefour s’est implanté en 1975. Le groupe reste le premier distributeur du pays et le Brésil est le deuxième contributeur aux résultats du groupe avec 14,5% du total (XX Mds€). Il possède 605 enseignes : 172 hypermarchés, 49 supermarchés et 376 hard- discounters (groupe Dia). En 2007, Carrefour a racheté le groupe Atacadão (34 hypermarchés). 4. Carrefour a commis l’erreur de négocier directement des rabais avec les producteurs sans passer par les centrales d’achat du groupe, contraignant le groupe à passer des provisions pour charges exceptionnelles. 5. Carrefour a présenté le 23 octobre 2013 sa réorganisation : rénovation des magasins, accélération de l’expansion. 6. La grande distribution est clairement en crise au Brésil. Casino est directement impacté par la crise brésilienne.
  • 104. 19/01/2016 Secteurs stratégiques du Brésil 104Christophe-Alexandre PAILLARD II.5 Le Brésil, le textile, le prêt-à-porter et la mode
  • 105. 19/01/2016 II.4 Quatrième secteur stratégique : le prêt à porter et la mode 105Christophe-Alexandre PAILLARD • Le modèle brésilien du prêt-à-porter a du mal à s’exporter. La seule réussite véritable à l’international reste l’entreprise Alpargatas qui possède Havaianas, surtout connue pour ses tongs. • Le Brésil a un problème clair de positionnement pour ses marques, rarement connues en dehors de ses frontières. • Le Brésil fait face à une concurrence redoutable de la Chine qui lui a pris nombre de ses marchés à l’international, par exemple dans la chaussure. • Le Brésil ne parvient pas à trouver son créneau. • Dans le secteur du luxe, malgré le succès d’opérations comme la Rio Fashion week, le Brésil n’est pas associé à une image haut de gamme à l’international. • Un comité Colbert brésilien reste à créer autour de marques comme le joailler H. Stern, Fasano (hôtellerie) ou Tania Bulhões (décoration).
  • 106. 19/01/2016 Dans le luxe, les Brésiliens achètent d’abord des marques étrangères 106Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 107. 19/01/2016 Pour M. tout le monde, le prêt à porter au Brésil, c’est le monde de la plage 107Christophe-Alexandre PAILLARD Le Brésil a tout pour réussir dans ce secteur d’activité. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Cette situation est le reflet de ce qui ne fonctionne pas dans l’économie brésilienne.
  • 108. 19/01/2016 Le cliché du Brésil pays de la plage : il ne s’impose pas sur le marché des maillots 108Christophe-Alexandre PAILLARD 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% Women swimwear Men swimwear Girls swimwear Boys swimwear • 4% du marché mondial à l’exportation est contrôlé par les Brésiliens. C’est peu. • Le marché mondial du maillot de bain, c’est 13,25 Mds$ en 2012; 17,6 Mds$ en 2015. • C’est l’un des marchés les plus dynamiques du monde du fait de la croissance du tourisme et de la croissance démographique des côtes. Les parts de marché
  • 109. 19/01/2016 Le Brésil, là comme ailleurs, se heurte à la Chine 109Christophe-Alexandre PAILLARD Pays Etats-Unis Chine Brésil France Taille des marchés (en US $) 3,3 milliards 617 millions 1,9 milliard 600 millions • Le marché chinois a cru de 27% par an entre 2007 et 2010. • La Chine est aussi devenu le premier exportateur mondial avec 70% du marché. • Certains pays jouent un rôle de faiseur d’opinion, comme la France ou l’Italie, avec leurs marques Pain de sucre, Erès, La Perla, etc. ou d’autres, sur le registre de la provocation : American Apparel. De fait, un tiers du marché mondial est dans l’UE et 25% aux Etats-Unis (en valeur). • Les géants de la presse spécialisée ne sont pas brésiliens, comme Sports Illustrated. Du coup, le rêve en maillot s’appelle Miami Beach, Hawaï ou Malibu, mais pas Ipanema ou Leblon. • Les marques grand public dominantes sont Speedo, Arena, H&M, Adidas, Nike, Rip Curl, Quicksilver, etc. Aucun Brésilien ne figure dans cette liste. • Où est le Brésil alors qu’il tient 26% du marché mondial pour la production de maillots féminins (70% du marché mondial) ?
  • 110. 19/01/2016 Le Brésil se repose sur ses clichés 110Christophe-Alexandre PAILLARD Le Brésil fait autorité en matière de mode de plage Il a une longue tradition d’industrie textile Il a une main d’œuvre compétitive Il est créatif Le bikini brésilien a une image stéréotypée Cette industrie manque de traditions exportatrices Ses points d’appui à l’étranger sont limités
  • 111. 19/01/2016 Clarifier les stratégies à l’exportation 111Christophe-Alexandre PAILLARD Il s’agit d’un marché mondialisé hautement compétitif. • Les Brésiliens ont besoin d’investissements importants dans le marketing, d’un bon accès aux réseaux de distribution et d’une différenciation produit. • Les lignes directrices de ce marché sont : la nécessité d’avoir des codes vestimentaires plus relâchés, un intérêt réel des populations asiatiques, tenir compte du vieillissement des pays développés, vendre la qualité des textiles brésiliens, engager une stratégie conjointe avec l’industrie du bien-être. • La concurrence est vive : sportive (Speedo, Arena, Adidas, Nike), surfwear (O’Neill, Quicksilver, Billabong, Oxbow), plage. L’orientation se fait sur le prix plus que sur la qualité, entre 24,5 et 29,5 US $ le maillot féminin (UE, USA, Japon). Le prix moyen mondial est à 17,9 US $. • Les problèmes du Brésil : une industrie fragmentée, un échec de la stratégie du haut de gamme à l’international (Rosa Chá), un repli sur les prix (Companhia maritima), mais sans vraie valeur ajoutée. • Quelques réussites : Lenny, Salinas.
  • 112. 19/01/2016 Le Brésil a-t-il bien compris où étaient les marchés ? 112Christophe-Alexandre PAILLARD La croissance des marchés est surtout là (âge, masse corporelle, cultures locales, etc.) Alors que le Brésil est surtout là
  • 113. 19/01/2016 Faire de la mode brésilienne de la plage un incontournable ? Ce n’est pas gagné. 113Christophe-Alexandre PAILLARD Quel business model ?
  • 114. 19/01/2016 Faut-il prendre ses désirs pour des réalités? Un travers persistant au Brésil 114Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 115. 19/01/2016 Pour les Hommes, le choix est plus réduit 115Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 116. 19/01/2016 Un fait, être brésilien ne suffit pas dans le prêt à porter pour réussir 116Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 117. 19/01/2016 Troisième partie 117Christophe-Alexandre PAILLARD III. Le Brésil, les questions de sécurité et sa défense.
  • 118. 19/01/2016 Le Brésil et les questions de sécurité et de défense 118Christophe-Alexandre PAILLARD III.1 La sécurité au Brésil est d’abord tributaire des questions sociales
  • 119. 19/01/2016 Sécurité intérieure : la prégnance de la question sociale 119Christophe-Alexandre PAILLARD Les inégalités sociales demeurent : • Les chiffres de la pauvreté et des inégalités restent préoccupants malgré de vrais progrès accomplis en 20 ans. • Environ 40 millions de personnes vivent encore avec moins de 2 dollars par jour. • La très grande pauvreté touche encore 11,5% des Brésiliens, soit 20 millions de personnes. Elle a été divisée par deux en vingt ans. • 52,3 millions de personnes vivent dans les quartiers déshérités des villes brésiliennes, dont au moins 13 millions dans des favelas (dont 2,5 millions à Rio). • Le Brésil vient après l’Afrique du Sud et des pays comme la Bolivie dans le classement mondial des inégalités de revenu (indice de GINI). • Les 20% les plus pauvres du pays gagnent 2,4% du revenu du Brésil, alors que le pourcentage est de 63,2% pour les 20% les plus riches. • De fortes inégalités ethniques et géographiques demeurent. • La concentration de la propriété de la terre reste une réalité économique : 45% des terres sont dans les mains de 1% des propriétaires.
  • 120. 19/01/2016 Le Brésil, champion des inégalités sociales ? 120Christophe-Alexandre PAILLARD Selon la Banque mondiale, le Brésil garde un indice de Gini très mauvais avec 0,56 en 2013 (0,291 en France et 0,63 en Afrique du Sud) et 0,54 en 2014. Alors que les inégalités au Brésil, mesurées par l’indice de Gini, avaient connu la plus forte baisse au monde au cours de la période 2001-2007 (de 0,61 à 0,54 selon les données de la Banque Mondiale, après un maximum de 0,633 en 1989), l’institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE) montre que cette baisse s’est interrompue depuis 2011. Dans les Etats les plus pauvres (Amazonie, Rondônia, Acre, Parà, Amapa), l’indice de Gini est même remonté au cours de la période, témoignant d’un accroissement des inégalités.
  • 121. 19/01/2016 Sécurité : des tentatives de réduire les inégalités sociales dans les années 2000 121Christophe-Alexandre PAILLARD D’importants programmes sociaux ont été mis en place depuis 2002, comme la bolsa familia.
  • 122. 19/01/2016 Le pouvoir d’achat des Brésiliens s’était amélioré, mais il est touché 122Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 123. 19/01/2016 123Christophe-Alexandre PAILLARD La pauvreté s’est effectivement réduite
  • 124. 19/01/2016 La persistance durable des favelas 124Christophe-Alexandre PAILLARD On attend 55 millions d’habitants dans les quartiers déshérités du Brésil en 2020 selon l’ONU, contre environ 52,3 millions aujourd’hui. La croissance reste donc modérée.
  • 125. 19/01/2016 Malgré les JO et le boom pétrolier, Rio reste la ville de toutes les inégalités 125Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 126. 19/01/2016 Les classes moyennes brésiliennes sont- elles menacées ? 126Christophe-Alexandre PAILLARD La diminution progressive de la pauvreté depuis 10 ans est un fait, de même que l’augmentation de la classe moyenne, mais rien n’est vraiment acquis • Classe A: supérieure à 16.350 BRL • Classe B: De 8.175 à 16.350 BRL • Classe C: De 3.270 à 8.175 BRL • Classe D: De 1.090 à 3.270 BRL • Classe E: jusqu’à 1.090 BRL
  • 127. 19/01/2016 L’insécurité alimentaire a reculé. Va-t-elle remonter ? 127Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 128. 19/01/2016 La criminalité demeure très élevée et la crise n’arrange rien 128Christophe-Alexandre PAILLARD Les villes sont coincées entre insécurité et trafics de drogue. La criminalité dans les grandes villes présente un coût élevé pour les personnes et pour l’économie (au moins 600.000 morts depuis 2000) : • L’extension du kidnapping «express» est un fléau. • Se concentrent dans les favelas les gangs et les guerres de la drogue. • Les Etats les plus dangereux sont l’Alagoas, le Ceará et le Rio Grande do Sul. Les trois états les moins dangereux sont le Tocantins, le Mato Grosso do Sul et le Paraná. • Précarité et violence touchent surtout la jeunesse. • 143 personnes sont assassinées chaque jour en moyenne au Brésil. Le Brésil a battu de nouveaux records : 56.337 homicides en 2012; 55.878 en 2013; 58.559 homicides en 2014. Les personnes les plus touchées par les homicides sont les femmes pauvres et noires. • Les chiffres sont produits par le think tank « Mapa da Violencia » (http://www.mapadaviolencia.org.br/) basé à São Paulo. Leurs sources sont les certificats de décès, totalisés ensuite dans le Système d'informations sur la mortalité du ministère brésilien de la santé. Ils montrent une hausse constante des meurtres commis au Brésil depuis 15 ans.
  • 129. 19/01/2016 La sécurité intérieure est un enjeu de première importance 129Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 130. 19/01/2016 La déforestation progresse en Amazonie : comment surveiller cette région ? 130Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 131. 19/01/2016 L’importance de l’océan vert 131Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 132. 19/01/2016 L’Amazonie, une région menacée 132Christophe-Alexandre PAILLARD Les atteintes à l’environnement persistent, entraînant une réduction de la biodiversité et une atteinte aux futurs produits issus de l’Amazonie (médicaments, parfums, etc.)
  • 133. 19/01/2016 133Christophe-Alexandre PAILLARD Une priorité : le contrôle de l’Amazonie
  • 134. 19/01/2016 Le Brésil et les questions de sécurité et de défense 134Christophe-Alexandre PAILLARD III.2 Les forces armées jouent un rôle limité dans la vie économique et sociale brésilienne. Du coup, leur poids politique reste faible.
  • 135. 19/01/2016 Une politique de défense encore en devenir : la Marine 135Christophe-Alexandre PAILLARD Trois missions: 1. Défense côtière : 7.367 km de côte 2. Défense des eaux territoriales : 4.5 Mkm2 3. contrôle de l’Amazone : 6.700 km La marine: • 48.600 hommes • 5 bases océaniques, 2 fluviales • 4 sous-marins tactiques • 15 frégates • 4 corvettes • 1 porte-avions • 47 navires de patrouille • 30 divers navires de soutien • 25 avions de combat, 54 hélicoptères La marine brésilienne https://www.marinha.mil.br/ PA São Paulo AF-1/1-A Skyhawk Contre-torpilleur Para Lynx hélicoptères d’attaque
  • 136. 19/01/2016 136Christophe-Alexandre PAILLARD Tendances principales : • Grands systèmes achetés sur un marché global – frégates, porte avion, sous-marins, aéronefs – missiles, radars, C3 • Chantiers locaux s’occupent de: – patrol boats, sous-marins, corvettes – rénovations – L’intégration de contenu étranger/brésilien • Peu d’exportation. Principales industries : • Arsenal da Marinha de Rio de Janeiro • Estanave de Manaus • Maclaren de Niteroi • Instituto de Pesquisas da Marinha (Institut de recherche navale) Chantier naval d’Inace Arsenal da Marinha L’industrie navale brésilienne Une politique de défense encore en devenir : la Marine
  • 137. 19/01/2016 137Christophe-Alexandre PAILLARD • Construction : 5 navires de surveillance, 4 OPV (offshore patrol vessel), 2 TCD, 6 frégates, 5 sous-marins • Rénovations : 6 frégates, 8 patrol boats, systèmes tactiques du PA Sao Paulo Développement : • SNAC 2, sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire • RENAP-11, réacteur nucléaire Quelles missions ? • La patrouille du fleuve Amazone • « L’Amazonie bleue » • Contraintes budgétaires Les programmes en cours Une politique de défense encore en devenir : la Marine
  • 138. 19/01/2016 138Christophe-Alexandre PAILLARD Força Aérea Brasileira (FAB) « garantir l’intégrité du territoire » Trois MISSIONS : • Patrouilles maritimes : 9 avions, 100 hélicos. • Défense aérienne et attaque : en recomposition. • Projection de forces (intérieur et extérieur) : • 140 transporteurs. Une politique de défense encore en devenir : l’armée de l’air
  • 139. 19/01/2016 Fallait-il focaliser sur Rafale ? 139Christophe-Alexandre PAILLARD • Avec l’élection de Dilma Rousseff, le Rafale n’avait plus aucune chance de remporter le contrat FX2. Le Gripen resta invariablement le mieux placé à partir de 2010, malgré le retour en force en 2013 du Sukhoi 35. • Le F18 avait été écarté du fait de l’existence de tensions diplomatiques avec les Etats- Unis liées aux dossiers Snowden et Prism. Ces tensions conduisirent à l’annulation de la visite de Dilma Rousseff aux Etats-Unis prévue le 23 octobre 2013 et à la suspension des négociations engagées pour l’acquisition du F18 Super Hornet Block. • Le retrait annoncé des forces aériennes brésiliennes des 12 Mirage 2000 pour le 31 décembre 2013 était un signe. A cette date, le Brésil ne disposait plus que de chasseurs F-5M Northrop Grumman très âgés. • Une habile campagne de presse a trompé les Français sur la date du choix du contrat FX2 : dans un article de son édition du 26 septembre 2013, le magazine brésilien de référence Valor econômićo a confirmé que la présidente Dilma Rousseff avait pris sa décision de reporter son choix à 2015 pour l’avion multirôle (programme FX2). Or, le 18 décembre 2013, le Brésil a annoncé qu’il choisissait le Gripen de Saab.
  • 140. 19/01/2016 140Christophe-Alexandre PAILLARD Le SIVAM (SIstema de Vigilância da AMazônia) installé en 2002 : contrôle & souveraineté sur l’Amazonie Tucano armé pour l’attaque au sol Satellites et stations radars au sol 3 EMB-145 de surveillance terrestre avec radar et senseurs Défendre l’espace aérien de l’Amazonie
  • 141. 19/01/2016 141Christophe-Alexandre PAILLARD Plan stratégique de défense + stratégie militaire de défense autonome (Amazonie) Doctrine : Art. 142 Constitution 1988 / Loi n°69, 23 Juillet 1991 « garants de l’unité territoriale du Brésil, et de l’ordre et du progrès » « coopérer au développement de la nation et à la sécurité civile » + Autonome et complète + 189.000 H (40.000 cpts) / réserve 1.300.000 H + 450 TK (178 TKL) / 500 ART / 19 HCPT + 7 QG (12 régions militaires) + 12 brigades - 4 brigades mécanisées - 4 brigades « Jungle » Une politique de défense encore en devenir : l’armée de terre
  • 142. 19/01/2016 142Christophe-Alexandre PAILLARD Nouvelles missions : - Sécurité intérieure (crime organisé, trafics, insécurité) - Économique et sociale - Protection des frontières (défense de l’Amazonie) - Participation aux opérations de l’ONU + Opération Surumu en 1994 + 5 opérations militaires de grandes envergures en 2005 + 1200 H, Haïti dans MINUSTAH Mais… + « Sous-équipée et sous-financée en matériel et en technologie » et en logistique + Effectif réduit (2,5x peuplé, 17x vaste) + Amazonie = nouveau Vietnam ? Réticences de l’armée + Intérêt pour des blindés ? Une politique de défense encore en devenir : l’armée de terre
  • 143. 19/01/2016 143Christophe-Alexandre PAILLARD En 1980, autosuffisance : + IMBEL (Indústria de Material Bélico do Brasil) Engesea (Engenheiros Espacializados) 4x4, camions, blindés et tanks à roues + Systèmes simples / Bon marché / Facile à construire / solide => Exportation TM Mais, en 1991… + Saut technologique / Effondrement des marchés MO / Difficultés économiques internes + Industrie des armes = niche économique inefficace et reconversion ratée + Exportations : 0,7 % (1988-1991), 0,2% (1992-1996). Arrêt. + Tripode : entreprises d’Etat + secteur privé national + fabricants transnationaux + Avenir incertain / Ambition floue / Industrie dépendante Commando 4 x 4 E-9 Engensa Cascavel L’industrie de l’armement terrestre Une politique de défense encore en devenir : l’armée de terre
  • 144. 19/01/2016 144Christophe-Alexandre PAILLARD Une politique de défense encore en devenir : l’armée de terre et l’Amazonie
  • 145. 19/01/2016 Le Brésil et les questions de sécurité et de défense 145Christophe-Alexandre PAILLARD III.3 Les technologies comme relais pour les forces armées ?
  • 146. 19/01/2016 146Christophe-Alexandre PAILLARD • São Paulo et Campinas • Rio de Janeiro • Pôrto Alegre • Recife Les grands pôles technologiques
  • 147. 19/01/2016 147Christophe-Alexandre PAILLARD • D’une politique de protection de l’industrie naissante : – Tarifs protectionnistes – Programmes en matière de sciences & technologie – 1985 : ministère des sciences et de la technologie • A une politique d’ouverture accompagnée : – Baisse des tarifs – Diverses politiques pour le développement informatique • Loi sur l’informatique 1991/2001 • Les fondations d’appui à la recherche (FAPES) • PRSOFT • Programme national de certification de logiciels - CMM • Programme d’exportations de logiciels et des services • Incubateurs et technopôles Les grands étapes d’une politique technologique
  • 148. 19/01/2016 148Christophe-Alexandre PAILLARD • Open source et logiciels libres : priorité est donnée aux logiciels libre par rapport aux logiciels propriétaires pour des raisons de coût, d’indépendance technologique et de sécurité informatique. • Télécommunications : Brazisat, technologies américaine et canadienne, Embratel (société brésilienne de gestion). • Spatial scientifique et d’observation : – Programme SCD : collecte de données (ressources naturelles, minières, surveillance du territoire), SCD-1 est le premier satellite entièrement brésilien. – Programme SSR : observation de l’Amazonie, observation limitée à la zone équatoriale. – La surveillance de l’Amazonie est un impératif sécuritaire avec le projet SIVAM réalisé en collaboration avec les Etats-Unis, auquel participe Raytheon. – Programme CBERS ou China Brazil Earth Resources Satellite : participation brésilienne à hauteur de 30% pour CBERS 1 et 2; de 50% pour CBERS 3 et 4. Le but est la surveillance de la déforestation, des feux, de la biodiversité, des ressources hydrauliques, des parcelles cultivables et des activités criminelles. Sa diffusion des images sur le net est gratuite, mais limitée au territoire national. Il fait de la Chine un allié stratégique, réduit la dépendance face aux Etats-Unis (Landsat) et à la France (Spot) et concurrence les pays développés en constituant une réelle alternative. Les grandes priorités technologiques
  • 149. 19/01/2016 149Christophe-Alexandre PAILLARD Alcântara : 1. Centre de lancement. 2. Situation attractive (proximité de l’équateur : diminution des coûts de lancement) 3. Volonté d’exploitation et de se positionner sur le marché mondial (intérêt ukrainien) 4. Départ du premier engin latino- américain envoyé dans l’espace sans appui extérieur en 2003. São José do Campos : 1. Principale station de réception de données. 2. Pôle aérospatial et aéronautique (siège d’Embraer et de l’association d'entreprise de l’industrie aéronautique). Le pôle spatial brésilien
  • 150. 19/01/2016 150Christophe-Alexandre PAILLARD L’accident d’Alcantara de 2003 a limité les ambitions spatiales brésiliennes
  • 151. 19/01/2016 151Christophe-Alexandre PAILLARD Une priorité : le contrôle de l’Amazonie par l’observation spatiale
  • 152. 19/01/2016 152Christophe-Alexandre PAILLARD Les biotechnologies sont l’utilisation de systèmes cellulaires en vue de générer de nouveaux produits et de développer des processus industriels. Plusieurs initiatives gouvernementales ont été entreprises afin de renforcer les compétences du Brésil dans ce domaine : • Programme National pour l’Alcool (PNA, 1975). • Programme National de Biotechnologie (PRONAB, 1981). Il succède au Programme Intégré de Génétique (PIG, 1975) et au Programme Intégré d’Ingénierie Génétique (PIEG). • Sous-Programme de Biotechnologie (PADCT/BIO) et Secrétariat Spécial pour la Biotechnologie (SBIO, 1985). • Programmes PDTI/PDTA (élevage et agriculture). • Parc de la Science et de l’Industrie pour la Biotechnologie (BIO-RIO). Mais une efficacité relative : • Aléas du financement public au sein d’un contexte économique hautement inflationniste. • Mauvaise gestion des ressources et fonds. • Retards dans les importations de matériel et d’équipement scientifique. • Insuffisance des taxes, crédits et incitations susceptibles de mener à la commercialisation des résultats de la R&D. Les biotechnologies brésiliennes
  • 153. 19/01/2016 153Christophe-Alexandre PAILLARD • Importants investissements consacrés à la recherche génétique (projet « Génome CANCER National », société Biobras du Minas Gerais). • Vaste programme de lutte contre le sida : non-respect de la réglementation internationale sur les brevets et fabrication de médicaments génériques par des laboratoires publics. • « Pouvoir innovant » de la copie des inventions étrangères : identification et développement de nouvelles molécules antivirales, perfectionnement des procédés actuels. • Rôle régulateur du Brésil sur les prix de la trithérapie anti-sida et approvisionnement d’autres pays en antiviraux avec des conventions de coopération incluant des transferts de technologie. • Aujourd’hui, deux défis majeurs : – Relancer le programme de copie en l’élargissant aux nouvelles générations de molécules brevetées. – Étendre et consolider les réseaux d’innovation pharmaceutique en aidant les coopérations technologiques entre universités et laboratoires. Le domaine biomédical
  • 155. 19/01/2016 Conclusions 155Christophe-Alexandre PAILLARD Deux scénarii d’avenir se dégagent pour le Brésil : • Un premier scénario, plutôt positif, s’appuie sur l’estimation que le Brésil disposerait des moyens d’améliorer son environnement social, culturel et politique. Le Brésil se doterait des capacités nécessaires à ses ambitions désormais mondiales, en lui donnant des outils pour s’affranchir plus encore de la dépendance étrangère en matière économique. Le Brésil aurait alors les moyens de devenir une véritable grande puissance mariant harmonieusement les nouvelles technologies, plus d’équité sociale, le football et l’art de la plage. En France, la commission économique du Sénat a adopté cette option dans son rapport de 2007 intitulé « le géant vert » consacré à la montée en puissance du Brésil. Cette option semble trop optimiste. • Un second scénario, plus réaliste, serait le reflet fidèle d’un tassement des performances sociales, politiques et économiques du Brésil lié à ses problèmes structurels les plus criants : inégalités sociales, inéquité face à la police et à la justice, violences urbaine et rurale, manque de compétitivité, innovation industrielle insuffisante, manque de main d’œuvre qualifiée, administration défaillante et tatillonne, infrastructures vétustes ou inexistantes. Malgré sa forte attractivité, l’art de vivre à la brésilienne n’est pas tout. Il doit être effectivement partagé par la majorité de la population pour rendre ce pays vivable au quotidien. Un tel scénario limite clairement les ambitions de ce pays à peser concrètement sur la scène internationale. La récente crise sociale que traverse le Brésil conforte ce scénario. Le Brésil doit d’urgence repenser son modèle politique, économique et social pour ne pas s’enfoncer dans le modèle « gueule de bois » au-delà des JO de 2016 et limiter l’impact de la crise sociale déclenchée en juin 2013.
  • 156. 19/01/2016 Dans ce panorama, où en sont nos relations économiques avec le Brésil ? 156Christophe-Alexandre PAILLARD • En 2012, nos échanges bilatéraux avec le Brésil ont atteint 8,8 Mds €, avec un solde excédentaire pour la France de 404 M€, le premier depuis 2002. En 2013, le solde a atteint +1,3 Md€ (rappel : -1 Md€ en 2003). Au cours des dix dernières années, les exportations françaises vers le Brésil augmentent en moyenne de 12%/an, contre 3% pour les importations. • En 2013, la part de marché de la France au Brésil poursuit sa remontée entamée en 2012, pour s’établir à 2,7%. La France est le 10ème fournisseur du Brésil, et le 3ème européen, après l’Allemagne (8,4% de parts de marché) et l’Italie (2,8%). • Mais, avec la crise, les échanges bilatéraux entre la France et le Brésil sont en retrait en 2014 avec -12,1% sur un an. Le Brésil ne constitue plus un moteur de croissance pour les exportations françaises. Notre excédent commercial atteint +1,5 Md€. • Les excédents proviennent des points forts de la spécialisation française (aéronautique, chimie, pharmacie), à l’exception notable du secteur agroalimentaire. Les ventes de l’aéronautique génèrent le plus gros excédent bilatéral. Quelques contrats clefs récents : Total (champ pétrolier de Libra), Areva (usine nucléaire Angra III), Bull (super-calculateur) et Thales (satellite géostationnaire dual). • La présence de la France au Brésil passe davantage par les filiales de groupes français qui y sont implantées : plus de 50 Mds€ de CA (par exemple ENGIE).
  • 157. 19/01/2016 Les jeux olympiques de 2016 157Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 158. 19/01/2016 Le coût des JO pour le Brésil 158Christophe-Alexandre PAILLARD • Le Brésil doit financer la construction d'infrastructures sportives ainsi que les infrastructures générales. L’état actuel des infrastructures est tel pour la voirie, les aéroports et les systèmes ferroviaires qu'elles sont évidemment insuffisantes pour accueillir l’ensemble des visiteurs prévus. De plus, il faut que de nouveaux stades soient construits, ou que ceux qui existent soient modernisés. Le coût des infrastructures est estimé à plus de 13 Mds€ pour les JO (pour un budget de départ de 8,5 Mds). L'essentiel du financement vient des fonds publics. • Il semble que le gouvernement se montre prudent, tenant compte de sa dernière expérience de la coupe du monde de 2014. Il reste peu de temps aux entreprises de construction pour finir leurs projets. La qualité de la construction devrait s'en ressentir. Néanmoins, les entreprises comme Odebrecht, un des plus grands conglomérats brésiliens, ont confiance quant à leurs capacités à finir à temps ces projets. • Le montant massif des projets augmente le niveau d’inflation du Brésil.
  • 159. 19/01/2016 Le coût de la sécurité des JO pour le Brésil 159Christophe-Alexandre PAILLARD • La sécurité devient un enjeu d’autant plus crucial qu'il est résolument prioritaire. Pour assurer la sécurité des deux événements (Mundial de 2014 et JO de 2016), le gouvernement a investi dans de nouvelles technologies, par exemple l’« Ex-Eye » créé par la compagnie « Ex-Sight.com ». Ce sont des lunettes capables d’identifier les visages des criminels pour que l’équipe de sécurité puisse les faire exclure ou les expulser. • D’autre part, la force aérienne brésilienne (FAB) va restaurer cinq avions de modèle E99 qui ont la capacité de « détecter la partie supérieure, suivre et identifier les cibles aériennes et de transmettre ces informations aux centres de contrôle ». • Le gouvernement a aussi modernisé les forces de police. • Face à la menace du terrorisme, le budget consacré à la sécurité est de 1,25 Md €, un montant qui perçu comme excessif par les Brésiliens. Le responsable de la sécurité considère toutefois qu’un tel montant est nécessaire pour garantir sa sécurité. • Afin de combattre les activités illicites des gangs, le gouvernement brésilien utilise une force policière appelée BOPE (Batalhão de Operações Policiais Especials) pour éradiquer les trafiquants de drogue et leurs chefs, et l’UPP (Unidade de Polícia Pacificadora), un type de police installé sur le terrain. Son but est de « pacifier » la communauté, en offrant des services sociaux et de la sécurité, au lieu des gangs qui l’ont fournie.
  • 161. 19/01/2016 Quelques revues et magazines récents sur le Brésil 161Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 162. 19/01/2016 Pour aller plus loin dans la découverte de la société brésilienne 162Christophe-Alexandre PAILLARD
  • 163. Fin de la présentation Questions/réponses