Les guillotinés...

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Nouvelle policière écrite par Arthur Perret, élève de 1ère bac professionnel Productions aquacoles du Legtpa Louis Pasteur de La Canourgue, dans le cadre d'un atelier d'écriture mené en novembre 2012 par C. Estevenon, M. Fouché et l'écrivain Sergueï Dounovetz.

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Les guillotinés...

  1. 1. Les guillotinés... Par Arthur PerretSix heures du matin, je me postai devant le hangar de la machine à glace, sortismon paquet de Winston de mon jean troué au genou gauche, à cause desnombreuses chutes en skateboard. Jextirpai avec désespoir ma dernière cigarette.Le compresseur de la machine à glace était cassé, ce qui expliquait ma présence àla criée du Grau dAgde. Ma cigarette finie, je jetai mon gobelet de café et rentrai mecasser la tête sur la tuyauterie complexe de la machine froide. Dans le hangar, lepoisson était entreposé dans les mannes, prêt à partir chez Super U ou Intermarché.Il ne manquait que la glace.Dans un coin du hangar étaient entreposées des mannes, desquelles sévacuait unegrande quantité de sang. Une odeur dabattoir flottait dans latmosphère. Jecommençai machinalement à déplacer les mannes du dessus. Brusquement, jereculai. Un bras, suivi dun autre, ainsi quun morceau de jambe tombèrent sur le sol.Après mêtre ressaisi, je découvris deux bustes sans tête. Horrifié, pétrifié de terreur,blanc de base, je devins vert. Je mempressai alors de sortir, magenouillai au borddu quai quand je sentis un liquide chaud me déchirer la gorge. Cétait mon café quifaisait chemin inverse. Jalertai la patronne de la criée, une ancienne flic à la retraite : - Madame Roseborne ! Venez sil vous plaît, cest horrible ! - Mais pourquoi ? - Cest horrible ! Il y a eu un meurtre sur votre criée ! - Mais non ! Impossible ! répliqua madame Roseborne. - Jinsiste, venez vite, ça craint ! Une fois que nous fûmes arrivés sur le lieu du crime, madame Roseborneconstata avec horreur le drame. Je commençai à expliquer comment je les avaistrouvés :« Je venais de finir ma cigarette, je suis rentré pour travailler sur le compresseur dela machine à glace quand jai aperçu cette flaque de sang. Jai cherché doù ellevenait et je suis tombé sur ces cadavres... » expliquai-je pour ne pas être soupçonné.A ma grande surprise, madame Roseborne me dit de ne surtout pas prévenir lapolice Elle risquait, à mon avis, une éventuelle fermeture de la criée si toutefois cescrimes passaient dans les mains de la presse. Elle mexpliqua que nous devions fairenotre enquête seuls, et quil fallait commencer par identifier ces deux bustes fémininssans tête. Je lui demandai alors dattendre le lendemain pour commencer, le tempsde reprendre mes esprits...Le lendemain matin, personne à la criée. Vide. Simplement madame Rosebornemattendait. Une, deux, trois bises et au travail. La patronne, qui avait gardé de trèsbons contacts avec ses anciens collègues de travail, puisque lun deux était sonmari, envoya les empreintes des victimes à linstitut de recherche criminelle le plusproche avec un petit échantillon de sang. Quand soudain, deux employés apparurent 50
  2. 2. brusquement. Cétait les deux livreurs. Ils avaient lair inquiet, affolé. Ils nousexpliquèrent que hier soir, leurs femmes avaient disparu...Leurs deux femmes... Étrange. Comme nos deux victimes. Deux femmes. Était-ce unrèglement de compte qui avait mal tourné, ou ces deux cadavres navaient aucunrapport entre la disparition des femmes des deux employés ? Beaucoup dequestions se posaient...Madame Roseborne me suggéra dinterroger les deux livreurs sans leurs dire quenous avions deux corps sur le dos: - A votre avis, messieurs, où sont vos femmes ? - Avant-hier, nos femmes qui sont de grandes amis, se sont fait une virée shopping et nous ont prévenus tard dans la soirée quelles ne rentreraient pas à la maison, elles étaient chez une copine et avaient un peu trop bu. - Seulement trop bu, est-ce-que vos femmes consomment une quelconque drogue ? - Pour la femme de mon collègue je nen sais rien. Mais en ce qui concerne ma femme, je lai déjà surprise en train de fumer quelques pétards, mais rien de bien méchant, ne vous inquiétez pas, répliqua le même livreur. - Merci messieurs, allez chez vous, je vous donne votre journée ! sexclama Madame Roseborne.Je me séparai de Madame Roseborne et rentrai chez moi me reposer. Tous cesévénements mavaient secoué.Le lendemain, le test ADN arriva. On apprenait queffectivement cétait bien les deuxfemmes des livreurs. Madame Roseborne convoqua ses hommes.Ils restèrent figés. Ils ne dirent rien. Ils partirent.Notre affaire résolue, nous nous dîmes au revoir madame Roseborne et moi, et jerentrai à mon domicile. Le soir même, je reçus un coup de fil dun nouveau client quime demandait de venir lui réparer son congélateur. Bosseur de nature, je fonçai etpris rendez-vous pour le lendemain.Après une nuit sans rêves, je me retrouvai devant une villa splendide de la dune duGrau dAgde, hyper moderne, blanche cassée, carrée, pleine de passage, de balcon,dimmenses baies vitrées, de gigantesques palmiers et une piscine à débordementsurdimensionnée donnant sur la mer. Lhomme mouvrit, un type « bonnard » Il meconduisit à son congélateur. Très vite je détectai la panne alors que le propriovaquait à ses affaires. Banco ! Cétait le générateur qui avait grillé. Jeus juste letemps daller chercher ma pièce chez Mario, mon fournisseur. Je démarrai commeun malade et ramenai rapidement à la villa la pièce à changer. En traversant le living-room, le propriétaire me demanda si la réparation avançait, je lui répondis : - Impeccable, jai juste le moteur à changer, vous voulez que je vous montre ? - Pourquoi pas ? fit le propriétaire de la villa qui était un petit peu bricoleur. 51
  3. 3. Je posai alors le carton sur la table du séjour et à laide dun cutter, je coupai lescotch. Après avoir ouvert la boite, je regardai à lintérieur stupéfait ! Devant monexpression horrifiée, mon client me demanda ce quil se passait. En ayant du mal àtrouver mes mots, je saisis par les cheveux la tête qui se trouvait dans la boite et lasoulevais brusquement. Le visage dune femme apparut. Le client hurla à la mort:« Ma fille ! Putain les salauds ! Jai niqué leurs femmes et ils me renvoient lamonnaie de ma pièce ! »Estomaqué, je commençais à comprendre le cheminement de la vengeance. 52

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